= a ■co = 00 = C£) 00 f-J-iL :!';t\,-vft;iK:i'; Umv.o / / LA PLANÈTE MARS ET SES CONDITIONS D'IIABIT.ABILITÉ. ŒllYRES DE CAMILLE FLAMMARION Astronomie populaire. Exposition des i^ratides décovivcrtes de r.Vstronoinie moderne. In vol. in-8°, ilhislrv de 40(1 figures, cartes célestes, etc. Ouvrage coufonné par l'Académie française. Nouvelle édition, l'.)OS. 12.V' nulle 12'' •• Les Étoiles et les Curiosités du Ciel. Supplénn'nl de VAstninorine populaire. Desr.riptioii noniplète du Ciel, ('toilo par étoile. Instruments, Catalogues, etc. Un vol. in-> L'Atmosphère. Méténrologie populaire. Illustrée de 300 ligures 8 » Le Monde avant la création de l'Homme. Origines du monde. Origines de la vie. Origines de l'hunianité. Un vol. in-S°. illustré de «lOO ligures, .j ai[narellc;s. 8 cartes en couleur. hO" mille 12 » Études sur l'Astronomie. Recherches sur diverses questions. 9 vol. in-lS. Le volume 2 .')0 Uranie, roman sidéral. Un vol. in-12, illustrations de Faléro, E. Bayard, etc. 34' mille 3 âO Stella, roman sidéral. Un vol. in-18. 12* mille 3 ,i0 Dans le Ciel et sur la Terre Perspectives et, harmonies. Un vul. in-12 3 'M La Pluralité des Mondes habités, au point de vue de l'Astronomie, de la Phy- siologie et de la Philosophie naturelle. 30" éditioili. Un vol. in-12 avec figures. 3 50 Les'Mondes imaginaires et les Mondes réels. Revue des 'l'héories humaines sur les haliitants des Astres. 23' édition. Un vol. in-12 3 .')0 Dieu dans la Nature, uu le Spiritualisme et le Matérialisme dev;int la Science moderne. 211' l'diiioii. Un fort volume in-12, avec portrait 3 àO Récits de l'Infini. — Lumen. I/d Vie universelle et éternelle. Un vol. in-12... 3 .")0 Les Derniers Jours d'un Philosophe. Entretiens sur la Nature et sur les Sciences de sir Hunipliry Davy. Traduit de l'anglais et annoté. Un vol. in-12. 3 50 La Fin du Monde. Un vol. in-12, illustr('' ^ 3 50 Mes Voyages aériens. Journal de hord de douze voyages en Ijallon, avec plans iopographii[ues. Un V(jl. iu-12 3 50 Contemplations scientifiques. Un vul. in-12 3 50 Les Merveilles célestes. Lectures du soir. Un vol. iii-8°, illustre, il' mille 2 60 Astronomie des Dames. Un vol. in-12, illustré 3 50 Initiation astronomique ])our les enfants). Un vol. in-12, illustré 2 <> L'Inconnu et les Problèmes psychiques. Un vol. in-12. 20" mille 3 50 Les Forces naturelles inconnues. Un fort vol. in-12, avec photogr. 10° mille. 4 » Les Phénomènes de la Foudre. Un vol. in-S°, illustré 4 50 Éruptions volcaniques et Tremhlements de terre. Un vol. in-12 3-50 Lumen. (lollecliMn des auteurs i-élèb'res. Petit in-18. 04" mille u (iO Rêves étoiles. .Même coliection. Petit in-18. 33" mille » GO Copernic et la découverte du système du Monde. Petit in- 18 » 00 Qu'est-ce que le Ciel? Précis d'Astronomie, avec figures. 20" mille » 110 Clairs de Lune. Petit in-18. 14' mille » liO Excursions dans le Ciel. Petit inIS » i;0 Curiosités de la Science. In- 1 8 » 1)0 Les Caprices de la Foudre. In-18 » tiO Grand Atlas céleste contenant plus de cent mille étoiles 45 » Grande Carte céleste, contenant toutes les étoiles visibles :i l'œil nu, étoiles (loiil'les, iiél'uleuses, etc. Grand format : 1°',20 sur 0".90 6 » Planisphère mobile, donnant la position des étoiles visibles tous les jours de l'année à une lieure 'inelciini|ue. .Monti'; sur fort carton 8 » Carte géographique de la Lune, (iiand formai : diamètre 0"',l>4 S » Globes géographiques de la Lune et de la planète Mars 7 u Annuaire astronomique, |)Our chai|ue année 1 50 LA PLANÈTE MAUS rONDlTlONS D'IIARITABILITÉ. ENCYCLOPÉDIE GÉNÉRALE DES OBSERVATIONS MARTIENNES, PAR CAMILLK FLAMMAUIOX. TOME II ILLKSTRÉ DE 4','6 DESSINS TÉLESCOriQUES ET 1 G ' CARTES. l'JOI. OBSICIIVATIÔXS FA1TI■:^^ 1)K 1800 A 1 ^P'^J, yl PARIS, GAUTHIER-VILLARS, HIPRIMI' Ull-LIBRAIRE DE L 0 B S E R V A T f) 1 P. E D E I' A \\ I S, Quai des Grands-Augustins. 55 1909 .-^"■' '1 ■ \\ 1- ;/, l Published , .Jnnuary 30, ninotpen Iiundred nnd n'ine. Pr'wUeije of Copyrujht in tlie United States reserved under tlbe. Act approved march 3td nineteen hundred and five, bij A. GaLdJiier-]'iUars. 0"^ QUATRIEME PEUIODE. OBSERVATIONS ET ÉTUDES DEPUIS 1892. OUATRIEME PERIODE. OBSERVATIONS ET ETUDES DEPUIS 18!J2. Les travaux discutés dans uotru [ireniii/r Aiiluiiic sur la iiluivlc Mars. publié en 1892, s'arrêtent à cette annei'-là, et plusieurs même anierieurs à celte date n'ont pas été examinés ijnrre ijuils n'avaient pas encore i-li- pu- bliés ou communiqués. Suivant l'ordre cliruuolo,t;ii[ue que nous avons adopte dès les premières pages de cet Ouvrage, nous continuerons noire l'Iude eu exposant, comparant et discutant successivement toutes les i.ibservations. Nous devons même, pour counnencer, n'uionter jusiju'à l'année 1883. à propos d'un important Mi'moire de M. Scbiaparelli. qui n'a ete rédigé et publié qu'en 189G. L'illustre Directeur de l'Observatoire de Milan a présenté cetle annce-la aux astronomes son quatrième Mémoire sui' la planète Mars ('), coniprenaiit ses observations faites pendant l'opposition de 1883-1884, du ô novembre au 9 mai. En voici le rèsumi'' : CXLIV. — Observations de M. Schiapauei.li ex 1883-18^4. L'opposition avec le Soleil a eu lieu le :il janvier. L'hémisphère boréal ou inférieur, incliné vers nous, était au printemps dans les conditions suivantes : .Saisons martiennes Équino.^e de printemps. Éqiiino.\e d'automne. 20 octûlire 188:'. Solstice d'été. Solstice d'hiver. 13 mai l^Si. Il n'y a guère eu que seize bonnes nuits (lourles uljservations, 'pii unt surtout porté sur les régions comprises entre lU" et GU" de longitude. On était, disons-nous, au printemps de l'hi^misphère boréal, précisément incliné vers nous, do sorte que les investigations ont pu être poussées assez loin du coté du pi'jle nord. (') Voir les trois premiers, t. I, pages 288, 32G et oil. 4 LA rLÂNKTE MARS. Des trente et une géininations de canaux observées eu 1881-1S.S2, dix-huit seu- lement ont été revues, celles des canaux Achéron, Ceraunius, Cerbère, Cyclops, Heplirestus, Érobc. Euplirato, Eunostos, Gigas, Ilyblœus, Hydraotos, Nilus, ..,,«sjs?s^'''îr^®î5«^ X / y-r'r \ "^^.^ :>'"'.- 4 y C D Fig. 1-4. — ObservaUiiiis île Mars faites a l'Observatoire de IMilan en l.SS:i-IS8i. Orontes, Plii^iun, TlmtJi, Tyiilioiiius, ainsi que des lacs Ismenius et de la Lune. Sept gémiiiatiiius noiuolles ont été constatées: Chrysorrlioas, Isis, La'stryt;on, Styx, Uranius, le lac l'ropoutis et Triviuai Cliarontis. Les lignes ou canaux, simples ou doubles, se sont montrés parfois en si grand nombre qu'ils présentaient une sorte d'inextricable réseau, et que ridentification d'un canal "U iTunc lu-anche parallèle était extrêmement difficile. Les change- ments do positions obserV('s peuvent être dus à ce que tantnt une branche et tantôt une autre a été visible. SC.HIAPARKI I.I. Ul'l'OSlTlt).\ DE 1883-I.S8'i. 5 Nous sommes heureux de iiietlre sous les yeux de nos lecteurs les huit figures sucressives ainsi que ];i nouvelle ("arte d'enseuihle qui aiconi- pagnent le Mémoire de M. Schiaparelli. Un y remanjue au premier coup f \ «MS.- \ ■*-^. V ..^•' \ G H Fis;. h-S. — Suite des oliservatinn* de Mars faites à Milan en lssn-ISS5. d'œil l;i vaste ('alolte polaire inférieure, ainsi que l'aspect ttéométrique régulier d'un certain nombre de canaux doubles parallèles entre eux. Mais, avant de donner une description sommaire de chacun de ces dessins, arrêtons-nous un instant sur les observations qui concernent la direction de Taxe de rotation. Peudaot les mois de novembre, décembre et janvier, la taclie polaire boréale F., II. 6 LA PLANÈTE M.VKS. (la seule visible) s'est toujours nioutrét' plus ou moins inclinée, avec son côté précédent dans la corne boréale de riiéniisphèi'c obscur, ce qui a empêché de faire d^s observations précises sur l'annb' dr |M>sition. l^e 28 janvier, elle était entièrement dégagée, et elle resta ainsi jusiju'a la (in d'avril, époque :'i ]iartir do laquelle la phase obscure apparut de Tauti-o ciité. Pendant cet intervalle., tjl mesures de position ont été prises. Elles, sont toutes réunies dans un tableau, et les fil équations qui on résultent ont donné pour résultat : A = -l-jm ± 0",235, 0 ^ 3î3% 5-2 ± 5«,;i0. Les observations de 1877 restent les plus précises, à eause de la grande dimension de la planète (2ô') et de la petitesse bien limitée de la calotte polaire. Mais celles-ci sont très bonnes également. Le diamètre de la neige polaire a varié de 'lO" à 20" pendant les observations. Cette tache polaire boréale n'était pas centrée sur le pôle, en février et mars IS8'i, mais en déviait de 2°, G;', dans la direction de la corne d'Ammon. (Il y a II", 07 à retrancher du nombre ). donné plus haut, parce que le pôle boréal se trouvait à une distance d'environ 13", en moyenne, du terminateur de riiémisphère visible.) Un écart analogue avait é'té observé en 1882, du milieu de février à la fin d'avril. D'avril 1882 k février 1884, il y a 22 mois, c'est-à-dire luie révolution entière des saisons martiennes. Le centre de la neige, relativement au pôle, est à peu près le même, avec une dill'éreucc de :!7", car en I8S2 ce centre était vers b» nu''ridien II". Ce caractère d(ï périodicité uK'ritc attention : il sera inté'ressaut de voir dans les oppositions futures si cette (b'^viation est, sinon permanente, du moins périodique et en ra,pi)ort avec les saisons. L'angle de position de l'axe du globe de Mars demanderait une correction de+0", 70. Dans ce Mémoire, coaiine dans les précôdenLs, le siivaiil observateur s'est ix'ciipé et préoeciipé, avec la plus grande attention, des aspects de la planète et des caractères de sa conslilulion physique, encore si mysté- rieuse et d'aiipareuces si conlradicloii'es. Kvidemment, le plus important ]iiiur iH>ti'i' iiisiruclion, ce sont îles observations, des dessins, i>l encore et toujours, d(.'s ol)s(!rvations et des dessins. Voici une descri[)Li()n succincte ,....„„; ;w£ - il ' ?^44 ; -"i T!^-^^«3^~-^ -? «"'"I- j'j -' c z J 2* ■*■• -y-î^-^ »* ''" o«* 3 s: . "."-"■■^.j ;^ 4»f-^^ ,';-?ï ■ — SCllIAPARF.LLI. OrPOSITION DE 1S8:MS84. 7 Fir/. B. — Lougitude du centre = 24» (4 février). \'ue peu dilToroiite de la pre- cddento. Elles se confirment mutuellement. Fig. C. — Longitude du centre = 71» (9 marsi. En haut, le lac du ^^oleil. Vers le centre, le lac de la Lune, séparé en deux, et en forme de paralléloL^raunne. Le Chrysorrhoas se montre gémin('. Fig. D. — Lougitude du centre = 130° (2ô janvier). Le lac du Soleil, en haui, à gauche. Le Gigas, double, traverse la planète comme une ceinture. Quels sin- guliers aspects! Quelles largeurs de canaux! Pas de détails. Fig. E. — Longitude du centre = 139" |2Î décembre 1S83|. Position peu diffé- rente de la précédente. De la mer des Sirènes, d'où descend, sur la figure précédente, un seul canal, le Titan, en partent deux : le Titan et le Tartare, qui vont aboutir au Trivium Charontis, dédoublé, nù aboutit aus.-^i l'Erèbe. /•'(■;;. F. — Lougitude du centre = lOU" |27 février 1884). De la merdes Sirènes descend le Titan, comme une ligne droite verticale. l'Erèbe, double. Triviura Charontis, double. Propontis, double. Entre le Trivium Charontis et la mer Cimmérienne, Lc-estrygon, double. Fig. G. — Longitude du centre = 220° (18 janvier). Le dessin n'a pu être ter- miné. Vers le centre, l'Elysée, entouré d'un anneau double, formé par les canaux géminés, Cerbère, Styx, Hybla3us et Eunostos, et paraissant suspendus à la mer Cimmérienne par le Cyclops, également dédoublé. Mystères sur mystères! Fig. H. — Longitude du centre = 295" ( 19 février). La mer du Sablier ou Grande Syrte, singulièrement étroite, est à gauche du méridien central. Libye maréca- geuse ou couverte de végétaux. Népenthès. Petite Syrte, prolongée par le Thoth et le Boreosyrtis, très foncée. Phison. Euphrate. Lac Ismenius. Pas de lac Mœris. .4 ces huit dessins, qui font le tour de la idanéie, nous avons ajoiUé la Carte d'ensemlile tracée par l'haliile astronûiiie de Milan sur toutes ces observations . Que le lecteur en examine avec soin les détails : nulle description ne pourrait remplacer cet examen. Le ton relatif des diverses contiguratious arcogra- phiques en a été exactement conservé dans cette reproduction en fac-similé. On voit ijue certaines lignes à peine estompées sont vraiment à la limite de la visiliilité. Ce planisphère martien s'arrête au 70'= degré de latitude, au nord comme au sud. Mais nous venons de voir par les huit sphères précédentes que le pôle boréal ou inférieur a été parfaitement observé pendant cette opposition. L'inclinaison de l'axe était de -r-13° à — 17°. Du IS décembre au 9 mai, c'est-à-dire de 147 h 4 jours avant le solstice d'été de l'hémisphère boréal, la neige polaire a diminué de iQ" environ de diamètre à lô", c'est-à-dire de 2400 à 900 kilomètres. Elle était à peu près centrée sur le pôle nord. Le 5 février, une observation fort curieuse a été faite sur cette neige polaire. La mer foncée qui entourait la calotte neigeuse pénétrait comme un sillon obscur 8 LA PLANETE MARS. : ayant La forme d'une trombe, semblant séparer la neige en deux parties inégales sans pourtant que la S('paration fiit complète. Le croquis ci-dessous i ftg . III) montre l'aspect observé. Les observations établissent qu'une cinquantaine de jours après l'équinoxe de printemps, environ cent cinquante jours avant le solstice d'été, la neige polaire atteint un maximum d'éclat et d'étendue, et qu'elle s'entoure d'une zone foncée qui la liniilo nettement pendant toute la suite des observations. Cette zone est certainement due au liquide provenant de la fonte des neiges polaires à mesure que le Soleil les échauffe. Ces neiges polaires sont d'autant plus éclatantes qu'elles se présentent à nous moins obliquement. C'est pour cette raison qu'elles ont été mieux vues en 1S84 Kig. \'K — La nt-igu ih^iI.'ui'l' borL^;ile de .M.ir.--, le 5 lévrier 1.SS4. Cr'Kniis 'le M. .Siiii.ip;iiL'llî. qu'en 1S8;'. C'est le contraire pour certaines régions blanch.itres, telles que Hellas, Argyrc, Thulé, Tenipé, et d'autres, qui perdent leur blancheur à mesure qu'elles s'éloignent du liord, absolument comme si le Soleil, en s'élcvant au- dessus d'elles, faisait diminuer et disparaître le voile blanc. Ces blancheurs indiquent-elles des gelées blanches? Soraient-ce des brumes légères'? E.\tr;iil d'une Ictlre du l'J féviier 1S07 à M. Flnrnmario)!. u ... Comment pouvons-ncju-; nous expliquer les changements de position des canaux, rhangenients qui ont lieu entre des limites assez étroites, mais qui ce]ien- dant Sont encore sensibles à nos moyens d'observation? L)ans uu article dcmt vous recevrez un exemplaire avec cette lettre, j'ai essayé d'en rendre compte d'une manière iilnusible en posant jiour base l'hypothèse que ces bandes colorées soient |]i'iiduiles jiar des phénomènes de végétation. Mais c'est 1;\ un simple /(/.sxx iiiiji-iiii. 11 y a d'autres phénomènes qui ne s'accommodent pas de cette théorie, surtout les géminations courtes et larges qui se forment dans les espaces appek'S /;ir,s ; ces géminations peuvent prendre des directions très dilVérenfes, ainsi que je l'ai expliqué à la fin du paragrapliu (j'.i."i de mon Mémoire. Vuyez aussi votre propre ( luvrage sur Mars, ;\ la page 45:1. » Ces cliauLiements ont été observi's, non seulement sur le Lnru.-i I.'iineiiius et sur le I.urnu Lwiw, mais aussi sur le Tririiim ('li.iroiiti!^ et sur le L;ii'us SolU. Il La iluplii-ité ilii Ti iriitm ('hnruiil i.'^ dans la direction tlCHr.\P.\RELLI EN 1880. M. Sciiiaparelli ;i [)uldie en KS'JT snu oinrjuiiuiie Mémoire sur Mars, rom- preuaiit ses observations pendant Tannée 188(j. L'opposition a en liiMi le (j mars, avec uu diamètre niaxinuim Je 14". U. I.a planète s'olfrait dans la situation suivante : Saisons mautie.nnes nrlnispbèrt. horij.il. nrniispbL'n- austral. Equinoxe de printem|is. Équinoxe d'automne. 1SS5, 12 septembre. .Solstice d'été. Solstice d'hiver. 18S0, 30 mars. Equinoxe d'automne. Équiii'jxe de printemps. ISSO, iS septemijre. Pôle boréal incliné vers la Terre. Mars est passé à l'aphélie le 8 février ISSG, soit ÎG jours avant l'opposition avec le ."Soleil. Les observations ont été réparties sur Oi nuits, du 3 janvier au 'i juin. Le nombre de bonnes nuits n'a été que de ','0. Les instruments ([ui ont servi :\ ces travaux ont été le S pouces, du 3 janvier au i8 avril, et le IS pouces du P'' mai au ."i juin. L'anteur n'a p;is donné de planisphère général de la planète cette aiim'e; mais scsoliscrvations de 188(J ont heuretisement complété nos connaissances aréii,L;rapliiqnes par un examen rigoureux des ré.iîions boréales ; nous publions l/if/. 11) la belle carte iju'il ou a donnée. Voici un résumé succinct du nouveau .Mémoire de l'aslronome de .Milan : 1. De la Grande Syrte à l'Indus. La vaste région qui s'étend au nord do l'équateur, entre -^'.JU" et '-U' de longi- tude, était tout entière traversée par la grande ligne Euplirates-Arnoii-lvison, suivant le méridien pres((ue exactement, pour dévier légèrement à l'Est ilans le voisinage du pôle. \'ers les latitudes de -iO" et 0.3°, cette ligne l'oriiiait les lacs Lsmenius et Arethusa, sorte d'étoiles, ou encore de rend(.'/,-v(ius de |diisienrs ca- naux. L'Euplirate était large, mais non double, ainsi que l'asait idj'^ei\é M. Per- rotin; et on ne voyait que le bras droit de la gémination do Iss,'. Les mêmes remarques s'appliquent au Phison; mais ici c'est le bras gamdie de i>!-<î qui était visible. Typhonius a été observe une seule fois seuleiiient, le 3 avril; l'Uronte était plus évident. 10 LA PLANÈTE MARS. Les deux cornes du golfe Sabaîus (baie du Méridien) ont été particulièrement difficiles à dédoubler en ISSG, Fastigium Aryn se montrant parfois estompé. Le Gehon était indistinct; l'IIiddekel plus visible; Astaboras très pâle; l'Anubis de 1882 n'a pas été revu. KlL'. 11. L'iiémisphci-e borc-al de Mars en I8S6. Du pôle Nonl au 41)" degré de latitud Le lai; Ismenius était une grosse tache noire circulaire confuse, mesurant- 10" dans le sens du méridien. Le lac Aréthuse, aussi très sombre, offrait de moindres dimensions. Ces deux lacs étaient très évidents sur le disijue. L'Arnoii n'avait guère l'aspect de 1884, ressemblant plutôt à un détroit unissant les deux lacs. Ije Kison, découvert le l^'' avril, était noir, large et irrégulier, formant, là uii il aboutissait à la calotte polaire, un no'ud sombre, sorte de troisième lac analogue à Ismenius et Aréthuse, et do proportions non négligeables. Protonilus et Deuteronilus ont été invisibles en avril et en mai. Deuteronilus proIong(.!ait l'Oxus, recourbé di, Ismenius Lacus h l'Indus. Le nœud ilc rencontre (Dirci.', l'ousi, \'u en 18Si sur l'intersection avec Joi'danis, était invisible. Xenius SC.lllAI'Alîi: I.l.l. OPPOSITION DE ISSU. Il était d'une grande ilifficultc. P;ir contre, Callirrlioc s'est moutrée avec une ('vi- denoo extraonihiairc, mettant, avec le paie Cedron, le lac Arcthuse en conunu- nieatii>n avec Marc Aeidaliuiu. Plcrius. entrevu en ISSl et IS.^'i. a été liien observé en 1880. Enlin le continent vers Aéria était parfois particulièrement lilanr. 2. De rindus au Gaflge. L'indus n'a rien offert .l'anormal en issu. Il en a été di! ukuho de l'IIydaspes. Jamuna était large et formait un arc de grand cercle; elle a paru sini|de à M. Schiaparelli, double à jM. Perrotin avec la grande lunette de 0'",:i8 de l'Obser- vatoire de Nice. Sa direction ne .semble pas avoir été toujours la même. Le lac de la Lune n'était plus dédoublé comme en 1881. Nilokeras semblait rectiligue. Des 31 géminations de 1881-1882, et des 18 de lss3-188'i, il n'en subsis- tait qu'une seule en 1886, celle de l'IIydraotes-Xilus, mais grandiose et occupant un sixième du rayon en largeur, soit envirnn U)". Ceraunius a été vu sous la forme de deux liandes confuses. Aucune trace de Dardanus ou de l'Issedon. La traînée blanche traversant le canal Fortuna et le Nil dédoublé en 1870 I'). a été revue en 1886. Les -7 et ?8 mars de cotte année, la traînée lumineuse s'é- tendait du Taua'is à l'Agathodaîmon, et semblait parallèle à la ligne Nilokeras- Chrysorrhoas. La gémiuation de l'Hydraotes-Nilus la divisait en trois parties, dont la boréale des extrêmes traversait Tenipé, l'australe Tliarsis. Le 2 avril, elle a (•té vue seulement sur Tempe, sans prolongement vers la calotte polaire boréale. Chrysé s'est montrée très blanche parfois vers le limbe. 3. Lacus Niliacus, Mare Acidaliura, Lacus Hyperboreus. Le lac Niliacus n'a pas offert de changement en 1886; bien limité vers le pont d'Achille, il devenait enfumé vers ses limites méridionales, ce qui rendait parfois ses dimensions variables, suggérant des variations périodiques. Le pont d'Achille, très visible, avait une largeur de 3° environ. La mer Acidalienne s'est montrée pour la [iremière fois dans toute son étendue, avec ses afiluents, jusqu'au pi'>le boréal. (Jn peut comparer la partie septeutriimale de cette « mer » soit à un continent coupé de vastes canaux, soit à une mer rem- plie d'iles nombreuses et très vastes. La partie supérieure de cette mer était très foncée, comme d'habitude (c'est la partie la plus noire de toute la planète ) ; elle formait un pentagone, ayant une base droite vers le Pons Achillis, deux autres, recourbées vers Cydonia et Teuqié, et encore deux vers Ortygia et Baltia-NeriLros, vues comme une seule ile en 1886. La petite ile Scheria, remarquée dans cette mer en 1882, n'a pas été revue depuis. Le Taua'is ressemblait moins à un canal qu'à un bras de mer; il s'étendait du '■') Voit- tome I, p. 335, flg. 190. Cette nouvelle observation nous conduit à conclure quec'est vraiment là une sorte de neige et nonunebande denuagesoumêmede In-ouillard. lî LA PI.ANÈTK MAIiS. 50'' au \'20'-' degré de longitude, et était très somljre. A l'endroit où il se rencon- trait avec le Sirenius.'on remarquait une tache foncée, à laquelle M. Schiaparelli a donné le nom de Palus Mapotis. L'exploration des régions hyperboréennes a décelé le véritaljle cours de riaxarie. qui est un canal parallèle au Fretum Tanaïs, mettant en communication / l'J Mars. 28 Jlars. "^. -%. m ■-^. , -M|8P* >,-^^:- . ^ % I" Avril. 5 Avril. Fi;-'. 1M.1. — Observations tic Mars, faites a l'Observatuire .le Milau eu ISSR. le pentagone austral de Mare Acidaliuni ;tvec le Lacus iIy]ierboreus. La |iarli<' la pltis occidentale i suivante) de l'ancien laxarte, entre le Lacus Ilyperboreus et le Palus Ma-otis séq.'arant Nerigos de la nouvelle ile d'Ierne, a été baptisée du nom dili]il>.-ilus. Le Lacus Ilyperboreus était absolument noir en ISSO et contrastait d'une ma- nière l'ra])pante avec les régions brillantes d't_)rtygia et d'Ierne. Cependant il est moins (■■vident parfois, soit à cause des neiges polaires qui le recouvrent, soit encore probablement par des condensations l)rtimeuses de l'atmosphère martienne en ces régions. 11 l'tait invisible en JsiS'i, lorsqtie les neiges polaires s'étendaient SC.HIAI'ARELLI. OPPOSITldN DI- 1880 i:i sur un rayon de l.">", et, en elTet, il devait se coufondrc avec la bande sombre qui environnait la calotte boréale; mais M. Schiaparelli soupçonne, avec beaucoup de raison, croyons-nous, que la grande brèche observée dans les neiges infé- rieures le 5 février l8Si tvoir plus haut, fig. 10) pourrait bien avoir été produite par le Lticus Ilyperboreus. La conclusion est importante, comme prouvant que i; Mars. 17 Mars, ■J6 Mars. "^.-. 27 Mars. ,..>' \ ... y :iO Mars. 1" Avril. . Fig. 16-21. — Aspects du pôle boréal Je Mars, en 188G. les taches soml.ires de la iplanète sont moins favorables à la conservation des neiges que les continents jaunes. M. Schiaparelli a eu, de plus, le bonheur d'assister à la f<:irmatiou du Lacus Hyperboreus. Il n'y avait aucune tache sombre en cet endroit le -(i mars 1886. Le 27, riaxarte présentait un gonflement vers la calotte polaire ( roù- la ligure ci- dessus). Le 28, le lac Hyperboreus était complètement formé. Mêmes aspects les 30 (figure ci-dessus) et 31 mars, l<"', 3 et."j avril. Nous avons ain^i un exemple bien documenté et incontestable de l'apparition, eu deuxjoui's, dune tache noire de 600 kilomètres de diamètre, à l'endroit où, auparavant, on ne di.-tinguait qu'une surface continentale jaune. 11 est bien difticile d'offrir une explication satisfaisante 14 LA PLANETK MAKS. de ces phénomènes, — ;\ moins que ce ne soit tout simplement de l'eau prove- nant do la fusion des neiges polaires. Ce Lacus Hyperboreus communique avec le Kison jiar un bras de mer, avec le LacLis Arseuius par l'Arionis Pretum. 4. Du Gange au Phase. Thaumasia, Solis Lacus, etc., étaient très défavorablement placés pour l'obser- vatiim en 1S8G. Rien de remarquable dans AurcaCherso; la Fontaine de Jeunesse est restée invisible. Les canaux de Fortun;e, Iris et Urauius étaient pâles. Le Gange et le Cbrysorrhoas étaient plus distincts. Tbarsis a iiaru très blanche dans la seconde moitié du mois de mars. 5 Mer Erythrée. Malgré sa grande uldi^iuité, cette mer était très foncée eu 1S86. Deucalionis et Pyrrhre llegioues ont été assez bien vues, mais l'rotei Hegio a été manquée. Argyre brillait d'un éclat fidgurant au limbe supérieur. Noachis aussi paraissait l)lauclie près du bord, ainsi qu'en iss'i. H est à remarquer ipie cette île n'a pas été vue Idanche aux oppositions de 1877, 1879 et 1881-1882. M. ydiiaparelli invoque ici, a\cr raison, la plus grande obliquité des rayons solaires en !88i et 1886. 6. Du Phase au Titan. La merdes Sirènes était assez sombre en iSxd. Icaria et Pha'tontis très claires; Memnonia très blanche. Le canal l'yriplilégéthon était très lin; l'hlégéthon très visible et noir, le 18 mars; Achéron, difficile, formait une petite tache sombre à son intersection avec Sirenius; Gigas, large, et niuntrant quelques traces de gémination, le 20 mars; Eumenides, difficile; Sirenius était large au centre, fin vers les bords. Le Nodus OorJii, formé de l'intersection de rflumenides avec le Sirenius, le Gigas l't 11' l'yriplilégéthon, a été vu comme une tache enfuméu et indécise. Il a l'ti' difficile de bien voir le Titan en I.SSC; il formait le bord gauche des deux l'i'dpontis, se prolongeant au del;\ jusqu'au lac Arsenius et l'Arionis I''ri'liiiii. 1,'lladès avait aussi un proloiigeinent semblable. L'IUissus, séparant r.Vrcadia de la Scaudia, était visible. Ces deux lies étaient assez blancdies. Une pi.'tili^ tache blanche remarquable a été vue sur Icaria par 117" de luiigi- lude et 'M'i" de latitude australe, du 19 mars au ■> juin. Un était alors là en plein hiver. L'explication ]iai' la neige est donc touf indi([uée. 7. Elysmm et régions comprises entre le Titan et la Petite Syrie. Le peni.-igone d'l';iysium a ét(; vu unifcirinéinent clair sur toute son étendue. Aucune trace du Cialaxias. Les canaux diHerminant h^ périmètre d'Llysimn étaient faibles, surtout Luuostos et Cerberus; Styx et liyblaïus étaient plus marqués. ?;C1II.U'A[iKI.LT. 0?PO>ITION DE ISSr,. If, iEthiops et Lctho étaicut assez visibles. Cyelops droit, noir et simple; il a\ait uuo inclinaison de 12" sur le méridien. Le Trivium Charontis olïrait l'aspect d'une tache rectangulaire confuse 11 on a été de mcnie d'IIephœstus, dont la connexité avec le Trivium a r[r souprounée par M. Schiaparelli en 18Si. A l'exception d'Avernus, tous les canaux compris entre le Titan et Elysium ont été revus. I.'Orcus était tellement difticile, qu'on pouvait à peine en affirmer l'existence; Tartarus très évident; il en a été de même de Lwstrygon. L'Erebus offrait l'aspect d'une ligne légère, faisant suite à l'Achéron; l'IIadès s'est montré toujours très large et très sombre, se dirigeant à droite du pôle, dans le voisinage duquel il rencontrait le Titan vers Arionis Fretum. Toute la région comprise entre le 40" parallèle et le pùle et les longitudes de l.")0'' et Î50° présenta de grandes difficultés à l'examen télescopique. On remar- quait, entre autres, deux ombres très allongées, diffuses et compli(iuées, repré- sentées sur les dessins; l'une de celles-ci comprenait plusieurs nceuds sombres sur les prolongements du Titau et de l'Hadès, jusqu'à la l'asse d'Arion; l'autre suivait le cours de l'Anian, ja-olongé jusqu'au Kison. Il semblait y avoir d'autres lignes en grand nombre, suivant des directions peu différentes des parallèles. Les contours de l'ombre de gauclie diminuant lentement d'étendue, l'ondjre se concentra autour de trois noyaux qui formèrent plus tard les deux l'ropontides et le lac Arsenius. La métamorphose était rléjà complète le IG mars, et le îl mars toutes ces nodosités étaient entièrement noires. Les deux Propontides étaient séparées par un petit intervalle clair, formant une géminatiou imparfaite, et d'une largeur sans précédent jusqu'ici, car du bord supérieur de l'ropontis I (australe) au bord inférieur de Propontis II (boréale) ou ne comiitait pas moins de 12° à l.D». Propontis I était incomplète d'abord, se montrait plus étroite et plus courte que l'autre, ne s'étendaut pas jusqu'à l'Hadès, qu'elle a fini par re- joindre. Pro]iontis II s'étendait, dès le début, du Titan à l'Hadès, se montrant en outre plus sombre que sa voisine australe Elle était large vers l'iJuest, ou elle formait le Gynde. L'auteur considère les deux Propontides comme constituant une gémination colossale. 8. Mers intérieures et terres australes de 130 à 310' de longitude. La mer des Sirènes était trop mal placée pour l'observation en issij. Cependant, malgré la forte diffusion atmosphérique, elle était très sombre, parfois ttoirc dans la région supérieure du disque. De même, les observations de la partie de la mer Cimmérienne conqirise entre ITÙ" et 210» étaient gênées par la forte oldiquité. Pour la même raison, Atlautis n'a pas été vue. La partie inférieure de la mer Cimmérienne était beaucoup plus facile, et assez sombre; aucune trace de l'ile Cimmeria, vue en 1882. Ilesperia n'a rien offert d'anormal ; elle était toujours très évidente, et coupée, à angle droit, par un prolongement de l'Euripe. M. Schiaparelli a en outre suivi pendant deux mois une tache blanche située 16 LA PLANÈTE MAUS. ' , vers ;.!i3" de longitude et — 55", :i de latituile, dans le golfe de Prométhée, à un endroit ùéi)ourvu de « terre ». C'est pour la première fois que l'on observe une taclie aussi persistante dans des régions grises, ce genre de phénomène montrant une tendance à se former presque exclusivement sur les régions continentales. 9. La Grande Syrte et son entourage, La mer du Sablier s'est montrée très sombre pendant cette opposition. Cepen- dant lilê d'Œnotria. prolongeant l'extrémité nord-ouest d'Ausonia, était évidente en ISSCi, tandis qu'on n'avait pu en voir la moindre trace en 1S83-I884. Nilosyrtis était moins marquée que d'habitude; le 5 avril elle semblait interrompue vers le ■yi"^ j)arallèlo, sous une longitude de 35'i'> ; effet de perspective. De pareilles inter- ruptions de la Nilosyrtis ont été notées par Mailler et Kaiser. Parfois la Nilosyrtis parait interrompue par un olïet d'irradiation des régions avoisiuantes. Astusapes a été vu dans toutes les circonstances favorables, du 7 mars au v!3 mai. il était courbe, comme en 1S83, et l'ilo de Meroë paraissait elliptique. Népenthès était assez visible sous furiae ilc ligne largo et obscure, légèrement recourbée, comme aux oppositions précédentes. Le lac Mœris, examiné les îi et ■23 mai avec un grossissement de 1050, au 18 pouces, s'est montré noir et très voisin de la mer du Sablier. La distance qui le séparait de la Grande Syrte était plus petite que son diamètre. En conqjarant ses observations, M. Schiaparelli constate {remarqw importantes que l'envahissement progressif de la Grande Syrte n'avait pas fait beaucoup de progrès en 1886. L'Athyr de 1882 était invisible. Rien de nouveau vers la Petite Syrte. La Libye était toujours rouge et sombre ; son contour semblait moins arrondi que d'habitude, formant un angle assez mar- qué vers le Sud-Ouest; mais il n'y avait pas de « jiont » dirigé vers Hellas. Les journées des 11 et 12 mars ont montré que la teinte rouge de la Libye s'é- tendait jusqu'à l'Ainentlies et Isidis Regio. Plus tard (22 mail, la région d'isis parut très blanche. Le 22 mai, M. Schiaparelli crut assister ù une résurrection de la Xix Atlantica, vue en IS77, 187'J et 1881-1882; mais cette constatation n'a pas été coulirmée le lendemain. 11 serait extrêmement intéressant pour nos connais- sauces sur la constitution physique de Mars de voir reparaître cette curieuse formai in 11. M. Sc!ua]iarelli a constaté, comme eu IS8i, que la tache pnlaire infé'rieure (bnr.'alei était légèrement excentrique au pôle en 1886. Voici ses résultats (|ui conrnrdeut avec ceux obtenus indépendamment par M. O. Lohse, à Potsdam : ISSJ Scliiaparelli Distance au polo = 2", ti'J = 0% 23 Longitude - .Tio-jô i ô\3 ISSG Lohse » l,3i — 0,43 » -28.) ,0 = 10 ,7 ISsi Schiaparelli » 1,27 — 0,10 » 1\)j ,\ =-- 5,7 Les neiges se sont montrées éloignées du pôle d'une centaine do kilomètres, dans la direction de la Grande Syrte. Ou sait que pour le pôle austral cette excen- t.-icité des neiges polaires est considérable. Le minimum du diamètre des neiges si;iiiai'aui:lli. ium'Osition di- I88S. 17 (3»,5) est arrivé dans la seconde moitié de mai, soit plus d'un mois et deini après le solstice d'été. Le Irait caracléristique de l'apposition de 1886 paraît avoir iMé l'absence de géniinations. Laissant de eôlé le dédoublement de Gerauniiis, ainsi que celui de la Propontis, on peut dire (ju'il n'y a eu (jue la grande gémination de Hydruotes-Nilus. Cependant, M. Perrotin croit avoir dédoublé l'Euphrale, le Pliison, l'Orontc et la Jamuna. La calotte polaire boréale, du Gii^ degré au pôle, montre des régions dasiiccts différents : 1° Surfaces jaunes continentales, s'étendant du îiiiK degré de longitude au lH'', sur une longueur de liO»; •> Taches grises comparables aux mers do l'autre hémisphère, telles que la mer Boréale et le lac Ilyperboreus ; 3" Demi-teintes analogues aux terres de Mare Erythrreum, telles que Baltia- Nerigos, Lemuria, Panchaia, Uchronia et entourées d'estompages plus ou moins larges i Lacus Arsenius, Cephissus, Gyudesi. Toutes ces régions sont assujetties à de très grandes variations de tons. Ces nouvelles études ont apporté un nouveau progrès à notre connaissance de l'hémisphère boréal de la planète. Elles continuent de mettre en évidence les variations extraordinaires qui s'accomplissent perpétuellement à la sur- face de ce monde voisin et confirment absolument les déductions des obser- vations comparées que nous avons affirmées depuis longtemps. CXLVI. — OnpERVATiONS DE M. Si'-inAPAREi.r.i en Iî^SS. I,e sixième Mémoire des observations de M. Srhiaparelli sur la planète Mars a été publié en 1899 et contient les observations faites pendant l'oppo- sition de 1888 par l'habile Directeur de l'Observatoire de Milan, à l'aide de l'équatorial de Merz-Repsold dont le diamètre est de 18 pouces (485 milli- mètres) et la distance focale de 7 mètres, installé à Milan en 18SG. L'objectif est considéré comme tout à fait excellent. Les grossissements vont jusqu'à 1000 et davantage pour les étoiles. Pour les aspects de Mars, les plus employés ont été ceu.\ de "216, S.'iO, 513 et twi. Voici les données essentielles de ce Mi}nioire et leur discussion comparée : La variation de la mise au point, suivant la fatigue de l'ieil, le grossissement de l'oculaire et la lumière du disque ont été l'objet d'une élude constante de la part de l'observateur. F., IL -2 18 LA l'I.ANKTH M Ali S. Le ilianiètrc apiiarent de la planète a varie dans la proportion suivante : 2 avril ii,iilit;re .lustr.-ïl. Solstice d'été. Solstice d'hiver. Ki février 1888. Équinoxe d'automne. Équinoxe de printemps. 15 aoiil 1888. Ce Mémoire renferme quatorze dessins de détails obtenus avec les grossisse- ments de ."il3 et 674 et deux projections polaires stéréographiques. l'une représen- tant riiémisphèro boréal entier, l'autre, sur une plus grande éelielle, les régions voisines du pôle qui n'ont pu être reproduites avec un détail suffisant sur la pre- mière. 1/une des grandes difficultés, écrit l'auteur, a été de représenter fidèlement les nombreuses lignes doubles. Comme elles sont parallèles entre elles, elles devraient rester équidistantes sur la représentation graphique. Si on les conserve ainsi, on désobéit aux règles de la projection, ("est le parti que l'auteur avait préféré eu 1882 et 1884. Cette fois-ci, il a préféré l'exactitude de la projection, de sorte que ces lignes doubles cessent de paraître parallèles tout en l'étant eu réalité. Cette carte de l'hémisphère boréal {fuj. 2i] est plus complète et plus exacte que celle que nous avons reproduite dans le premier volume de cet Ouvrage, p. 44i), parce que, écrit M. Schiaparelli, la i)remièro a été construite en 188') avant la discussion complète des observations de 1888, terminée seulement aujourd'hui, et n'avait qu'un caractère provisoire. Il y a ici plus de détails et un grand nombre d'objets et de noms n(juvcaux. De toutes les observations faites pendant cette opposition de 1888, la plus éton- nante, la plus extraordinaire, la plus incroyable est certainement celle que nous allons décrire. Reportons-nous d'abord à l'aspect de la planète en 1886, ou au globe que nous avons publié il y a quelques années (' ). La fig. 23 représente l'hémisphère boréal dressé par M. Schiaparelli d'après ses observations de cette époque. Voyez, entre les 330° et 310" de l'équateur, vers 336", une longue traiuée droite qui part de là et vient aboutira la gauche du pôle. Cette traînée s'appelle l'Eifp/ira/e tiepuis l'équa- teur jusqu'à la première tache, nommée le lac Isménius, ensuite ÏArnon jusqu'à (M Librairie Bertaux, à Paris. SCllIAPARI'IJ.I. OPPOSITION L)K 188^. 19 la seconde tache, appelée le lac Aréthuse, et en troisième lieu le Kison jusqu'iui canal voisin du pôle. Cotte longue traîne'e se voit également sur un beau dessin du 5 avril 188G ilhj. ii). Eh bien, en 1888 1/13. 2î), ce long canal rectilignc à triple désignation, Eui;liralc- Arnon-Kison, avec ses deux lacs Isuiénius et Aréthuse,a c/ta?igé de p/ncc' Tout en partant du même point, tournant comme une règle autnur d'un clou, il s'est écarté Fig. 22. — Carie générale des observations failes |iar 31. Sehiaparelli en 1S5S sur rhémisphère boréal de Mars. vers la droite, et au lieu d'aboutir à la gauche de la neige polaire, vers la lon- gitude 245°, aboutit à droite, vers la longitude r,.j\ juste à l'opposé' La /?;/. •?."', prise le ? juin 1888, montre ce changement, absolument incompréhensible, et toutes les observations de mai et juin 1.-^88 .le confirment. Comparer aussi les deux cartes de 1888 {fuj. îî et 26 1. Remarquons que du point d'aboutissement de 1886 à celui de 188>*, la distance est de 10", c'est-à-dire de fiOO kilomètres. 20 LA PLANETE MARS. Cette même direction se voit sur un dessin fait à Nice par >L Perrotiii (La pla- nète Mars, l. p. 410). Ce changement ressemble à ce qui se passerait sur la Terre si le "olle et le canal de Suez, au lieu d'aller aboutir à Alexandrie, tournaient vers l'est et allaient se diriger vers la Palestine ! 2.3. — L'hémisphère boréal de Mai-s en 1886. C'est comme un tapis de marche qu'on aurait déplacé. On peut se demander si tout le tapis a été déplacé d'un seul morceau, si toute la bande a tourné d'une pièce. Il pourrait se faire que du point de départ resté fixe (le port Sigée) jusqu'au lac Isménius, il n'y ait pas eu de change- ment et que l'Arnon et le Kison aient seuls tourné, ou bien que la dernière sec- tion (leKiSon) seule se soit déplacée. Mais, dans ces deux suppositions, l'Arnon et le Kison auraient fait un angle assez grand avec la direction de l'Euphrate, tandis que l'ensemble est resté droit. C'est donc l'ensemble tout entier qui s'est déplacé. Sr.llIAPAUEI.I.I iiPrOSITKtX DE 1888. 21 Le tout s"est montré parfaitement doulile pendant tonte la diin'c des observa- tions. Ce n'est pas la calotte polaire i(ui a ijuitté le pôle, très certainement. (_'e mouvement incompréhensible et certain du système Euphrate-Arnou-Kisnn s'est elïectué entre le mois d'avril 1886 et le mois de juin 1888, pendant l'absence des observations de Mars. La gémination du sj'Stème n'a pas montré suii parallélisme hatùtnel : les deux composantes allaient en s'écartant du pôle à l'équateur, comme si la force centri- fuge due à la rotation de la planète avait une action sur cette gémination! Ninis restons eu plein mystère. Fig. 21. — Di'ssiii 'lu 6 avril l.ssG. Si. au lien de considérer le sinus Sabœus et le port Sigée comme le point de départ de ce système hydraulique ou végétal Euphrate-Arnon-KIson, nous regar- dions les neiges polaires et leur fusion comme l'origine, peut-être le changement observé serait-il moins difficile à concevoir. En admettant que ces neiges polaires soient pins élevées, qu'une plaine basse s'étende du pôle à l'équateur, l'eau pro- venant de ces neiges ne pourrait-elle s'écouler en des directions différentes selon les saisons et les années et donner naissance à des canaux, h des lacs, à des marécages, à des prairies.' Touto:> les conjectures sont ouvertes. D'autres variations presque aussi stupéfiantes ont été l'objet d'observations précises. L'une des plus remarquables est celle du canal Pierius qui va dn lac Aréthuse au canal Casius (voir lig. iO). Tandis que celui-ci s'est montré composé de deux lignes écartées de près de 10', le Pierius était près de moitié moins large dans sa gémination et le Callirhoe est resté simple. De plus, comparé au Proto- nilus, le Pierius s'est montré tantôt plus foncé, tantôt plus clair. C'est une nou- velle vérification du fait que les variations rapides d'un jour à, l'autre dans la visibilité de certains canaux sont réelles et non pas dues aux conditions atmo- sphériques changeantes de l'observateur terrestre. 22 LA PLANETE ^fARS. La vaste région qui s'étend à la droite de la mer du Sablier et qui a reçu le nom d'Aeria a paru souvent très blanche, sous des inclinaisons de vues fort diverses. Il eu a été de même pour la Cidonia, l'Arabie et d'autres contrées. Nous ne pouvons présenter ici toutes les observations exposées dans ce volu- mineux Mémoire de 1 14 pages in-4°, en petit texte. Ce qui nous frappe le plus, ce sont les variations constatées. Outre la grande ligne Euplirate-Arnoii-Kisou dont nous avons [larlé, remarquons encore, à sa droite, sur les figures de 1886 et 1888, le canal qui descend di; la baie fourchue du méridien, celui de droite, le Gehon. En X / ^- ^/-e Fig. 35. — De.ssin du 2 juiu 1S88. 1886 (l'ig. -J'i) il tourne à droite, va couper l'Oxus en décrivant une courbe, et aboutit à la mer Acidaliennc. En 1888 {jlg. 25) au lieu d'être courbe, il est recti- ligue, et l'on retrouve, au puint uù il coupe l'Cxus, la fontaine de Siloi', vue en 1884, disparue en 1880. Si l'on veut, du reste, se donner le plaisir de comparer avec attention les détails de ces deux dessins, on sera stupéfait des diiïérences. Toutes ces variations de cours d'eau ou de tapis végétaux qui paraissent et disparaissent tour à tour me rappellent ce qui se passe dans un pays de la Terre que j'ai visité plus d'une fois dans mon enfance : la Meuse, entre Bourmont et Neu- rhàteau, disparait aussi et réparait tour à tour, selon la quantité d'eau des pluies. Pendant les sécheresses, elle liltre entièrement à travers un sol poreux, et au lieu tl'un cours d'eau on a h\ un terrain sec et de fertiles [u-airies sur lesquelles paissent les troupeaux. .Sun cours est souterrain du moulin de Bazoilles à Non- court, sur une longueur d'environ 6 kilomètres. Dans les saisons pluvieuses, au contraire, la rivière no disparait pas. Il y a, en France seulement, plusieurs exemples analogues de rivières souterraines. Les variations martiennes sont peut- SCHI.VPAHKLI.I. OPPOSITION DR I88S. 23 être de cette nature, mais dans des proportions plus vastes et plus générales, et pour des causes diflërentes puisqu'il n'y a pas de pluies : fusion des neiges et infiltrations ? La haie du Méridien a offert dos aspects vraiment curieux. M. Schiaparelli écrit sur son registre, à la date du :!0 mai : « Stupoiido il goll'o Sabeo ; corni larglii, belli veramente e benissimo separati ». Le lendemain : ■• Goll'o Sabeo doppio bello, Fig. ÎG. — DL-lt>ils .le riL-misphèro boréal d.' Mars iu~ in' m .".O" ■lri:r.- île .listaûro a.; jinle | ISSS). largo, biforcato c ucro ». Le S juin : « I duc corni nerissiini c grossissimi ". Le 0, l'observation montre non seulement ces pointes noires et fortes, mais s'ccartant l'une de l'autre, au lieu de suivre le mi'ridien, et prolongées par riliddekel et le Gelion. La pointe de droite est noire et allongée, et le Gehou est très marqué (uoy. aussi la fig. 25, du 2 juin). Il y a là une région soumise à de per- pétuels changements, comme je l'ai montré tlésla première édition des Tcrresdu Ciel (1877). L'Arcadie a paru couverte de neige, et la neige olympique de 1879 a été revue. 24 LA PLANÈTE MARS. Dans presque toutes les régions environnant le pôle boréal jusque vers le 30" parallèle s'est manifestée une tendance notable à la formation de taches noires ou de lacs, notamment dans les points où aboutissent les canaux. Cette tendance a étendu ses effets jusqu'aux limites de l'Elysée. Le lac d'Hécate a été l'un des résultats de cette actiou climatologique. Le fameux Trivium Charontis (Carrefour de Charou) qui en IS.s'i .s'éiait montré '> è Fig. 37. — Dessin Ju .'■ juin ISSS. géminé dan.s la direction de l'Orcu?, et qui suivait encore cette direction en 188G, a vu eu 18SS sa forme déterminée par le cours du Cerbère et de lÉrèbe (voy. jig. v'î, sur le î!00« méridien!. En I8Si. sagémiuation avait la direction de l'Orcus, en 1888 celle de lÉrèbe. L'influence de la direction de cours d'eau ne parait-elle pas évidente ici? Des variations analogues ont été observées pour le lac Isménius et pour le lac ds la Lune. Le Trivium Charontis s'est parfois présenté avec des contours si vagues qu'il était impossible de le dessiner. C'est l'une des régions de la planète les plus variables. La mer des Sirènes et le lac du Soleil ont paru très noirs, malgré leur obliquité. La mer du Sablier i Grande Syrte ), qui reste toujours pour nous la conûguration la plus caractéristique de la planète, a été l'olijet d'observatious importantes. Examinons un instant ensemble la fi(j. '27, faite le 5 juin 1888. La mer . — 13»,5. MC-ine jour, i'^^O"' matin. L = 2S0». '/. — la», 5. «mai, 3''lll"' malin. L = 2o0°. ■/. — lô",5. Fig. 28-S3. — .Aspect île Mai-s en mai 1S93. Ol'servatoire de Juvisy. Equatorial de 0"'.245. Grossissement : liO ù. :iûO. La mer du .Sablier est plus foncée dans sa région centrale. A ['(Juest, la mer Flammarion est bien visible. Un y remarque aussi, nettement, la mer Main, à l'ouest de la mer du Sablier. Au Sud-Est, près de l'océan Dawes, existe un cap certain. Au nord de ce cap, la mer du Sablier s'avance un peu plus vers l'Est, en forme de golfe. La pointe de la mer du Sablier oblique vers l'Est et descend jusqu'au limbe boréal. La calotte polaire australe est très étendue et bien visible. ('; Les dénominations se rapportent à la '21" cane aréographique {La planète Mars, t. L p. 69). qui était encore, avec celle de Green (?• carte, p. 275;, généralement eu usage en 1892. Les trois Mémoires de M. Schiaparelli qui précèdent ont été puliliés en 1S9G, 1897 et 1899. 28 LA PLANÈTE MAlîS. - Toute la côte orientale (droite) de la mer du Sablier est très blanche. Le limbe oriental = 13"J'). Passage au méridien à h^l"' matin. Lever du soleil à 4''31"'. 3° 8 mai, 3''40'" matin. — Trc.s bonne délinition. Oc 140, -^iO et 300. Les mers JLaraldi, Ilooke et Flammarion se voient admirablement. On voit aussi, nettement, la terre de Burckhardt comprise entre les mers Llooke etMaraldi. La mer ilii Saljlier apparaît sur le bord oriental. Le limbe oriental est ^rè.s blanc. Diamètre = 1H",8. Passage au méridien à ji'S'" matin. Lever du soleil à 4'' 30"'. 4» 10 mai, 4" matin. — Bonne image. Oc. 140 et -210. La calotte polaire australe est bien visible. Elle est très étendue. La calotte pcilairo boréale est un peu visible aujourd'hui. Elle est très petite, mais bien blanche. On remarque une tache très foncée en forme de bande large entrecoupée ici et là par des régions moins sombres. Ce sont probablement les mers Schia- par.jUi, Maraldi et lldoke; mer Australe ('). On ne voit i)as plus de détails. Diamètre = 14", 0. Passage au méridien ;\ 5'' P» matin. Lever du soleil à i^-2~'". h" 18 mai 3i'20"', matin. — Très bonne délinition. Oc. '220. A l'est de la mer Schiaparelli, on remarque un golfe certain. Au nord de la mer .Vnstrale, existe une assez longue bande sombre, verticale, qui va rejoindre une tache située dans l'hémisphère boréal. La calotte polaire australe est très blanche et très étendue. Diamètre = l-j", 3. Passage au méridien à 4''4."i"'. Lever du soleil à 4''llj"'. G" Même jour, 4''4.j"' matin. — Atmosphère très pure. Très bonne délinition. Pliage admiraljlement nette et calme. <).-■. V-O et :iOO. La calutte polaire australe est très blanche et très étendue. Au pôle nord, on ne distingue rien de particulier. Les mers Schiaparelli et .Vustrale sont très sombres. Une mer longue et verti- cale va rejoindre une autre mer au Nord, KUe passe an méridien central, A l'est de cette mer, on remarque une ligne grise, très mince, mais certaine, et inclinée vers l'Est. Serait-ce un canal? La ligne est plus sombre et, par conséquent, mieux visildc an Sud qu'au Nord. Pour ne pas éti'o chipe d'une illusion, l'oliservateur reste ;'i l'oculaire pondant plus d'une heure. (La mtr verticale correspondrait au canal des Titans, et le canal oblique de droite au Tartare, mais on ne voit pas ce qui correspond à la mer inlV'rieure.) ■ • Le continent Iluygens, à droite, est très l'ouge. Du reste, aujourd'hui, la teinte générale de Mars est plus rouge que d'habitude. La planète était encore très éloignée de la Terre, et son disque, de 1;'" ou 13', ne montrait pas encore beaucoup de détails appréciables. Il semble même que les neiges supérieui-es, australes, qui occupent une vaste étendue, n'avaient pas de limites précises, comme on le voit, au contraire, si souvent : les tons se fon- OliSl-UVATDllU-: DE JUVISV, IS'Ji. iO daiPiit inseasiblement du blanc au gris. Le solstice d'été do cet hémisphèi-c ne devait arriver que le I.'i octobre. On n'était donc qu'au milieu du [irintemps, et peut-être une brume vague s'étendait-elle sur ces régions et les neiges polaires se confondaient- elles avec des neiges saisonnières plus étendues. La mer du '24 mai, '.'<'• ilu malin. :ï i mai. l'';;ô'" ilu matm. Même jour, J''DJ™. 31 mai, !'• du malin. Fig. .tl-37. — Suite de?; observations faites ,à Juvisy en ISM. ■Sablier était néanmoins très foncée; mais on remarquait une traînée blanche le 'long de son rivage de droite. Mars continua de s'approcher de la Terre et brilla de tout son éclat dans notre ciel du soir. Il passa en opposition le 4 août. Voici la suite des obser- Tations précédentes /?;/. 35-37), dues au même observateur : 21 mai, 3i> du matin. — Mer Terby visible non loin du bord occidental, la terre ■qui l'entoure est grise. Le limbe oriental est très blanc. Grand continent rou- geàtre. Calotte polaire blanche éclatante, mais sans limite nette et précise. En tas, blancheurs vers les régions polaires boréales. Passage au méridien à Ai-ji'". Lever du soleil à 4''9"'. 30 LA PLANÈTE MARS. 30 mai, l''30™ du matin. — Image très nette et très calme. La baie du Méridien vient de passer au méridien central; elle est très foncée. Au-dessus, région blanche : Deucalion? Calotte polaire supérieure sans limite pr('cise. Limbe orien- tal très blanc. Même jour, 3''5"j™. — Bonne image. Longitude du centre 4j». On voit très sûre- ment et très nettement un prolongement gris de l'océan de la Rue, qui doit être la Manche (Gange de Schiaparelli). A l'Ouest, on aperçoit la baie Burton et sans doute l'embouchure de l'Indus. Le limbe oriental est toujours très blanc. La ca- lotte polaire est perpendiculaire à la verticale. ol mai, î*" du matin, — Excellente image. La baie du Méridien est au centre du disque. Par moments, on croit voir une petite ligne grise partant tie lextrémité de la l)aie et se dirigeant vers le Nord. La région de Deucalion est bien blanche. Le continent au-dessous de la baie du Méridien est très rougedtre. Les (iliservalions suivantes ont clé faites au môme ÛLservaloire par iM. SchmoU (voir //;/. 38-43). lu juin, -,"'50'" du matin. — Assez, lionne image, « La calotte polaire se détache éclatante do Idanclieur. Après avoir fait le dessin, je cherche à identifier avec la Carte. On reconnaît la mer du Sablier, puis, à sa droite, un prolongement vers le détroit d'IIerscbel II et, à sa gauche, une pointe qui occupe l'emplacement de la baie Gruithuisen. Ile Dreyer et terre de Lockyer. » Longitude du méridien central : -^.SO". Passage au méridien ;\ 3''5'2"'. Lever du soleil ;\ 3i'."i'.l'". 13 juin, 4'' du matin. — Assez bonne image. Calotte polaire très blanche. Longi- tude du méridien central : 271 ". (J'est la mer du Sablier que l'on voit, sans doute: sur son rivage gauche, la mer Main (lac Mœris). Mer Flammarion, puis baie de Gruithuisen. Région pâle au-dessus de la mer du Sablier. 1 II juin, 3'' 10'" du matin. ^ Image encore indécise. La calotte blanclie du juMe sud a toujours la même extension. Longitude du méridien central: 231°. C'est donc la mer Maraldi, la mer Ilooke et la mer du Sablier que l'on croit apercevoir. 24 juin, :i'' l.'j"' du matin. — Bonne définition. Calotte australe très blanche, net- tement limitée par une mer très foncée, au delà de laquelle on voit une région blanclie, puis une autre mer foncée. Long, du méridien central : l.'iS". Sans doute, mer Cottiguez, terre de Gill, mer Maunder, mer Maraldi et mer Oudemans. 27 juin, 2''Ci"' du matin. — Très bonne image. Calotte polaire bordée jtar deux mers sombres que sépare un continent. Longitude du méridien central: 1 11". Mer Terby à l'Ouest, non noire. fi juillet, 2"Ô0'" du matin. — Excellente image, définition parfaite. Calotte jiolaire netlemcnt terminée. Longitude du nKh'idien central : 51". A droite, mer Tcriiy; ()u>i:uv \Tiiiiii-: ni' .luvisv, isd,!. 3i à gaucho, sans doute la baie ilii Méridien. 'J'rois sinus certains près du centre. Océan de la Uue assez foncé. Deux régions claires. Au Nord, c[uelqucs taches moins certaines. Passage au méridien ;\ î'';!!»'. Lever du soleil ;\ '{''b"'. En même lcmp.s, M. Mabire faisait au m("'mc 01)servaloire les observations suivantes ivoiv fig. i4-4i}): 1) juin, :ii':iU'" du matin. — Assez bonne définition, du remarque surtout deux allongements on pointe, dmit l'une, très foncc-e, s'avance vers le Nord et l'autre vers le Nord-Est. Longitude du méridien central : 300'. Donc mer du Sablier et détroit d'IIerschel. Calotie polaire très blanche. 10 juin. Si'îO™ du matin. — Atmosphère calme. La mer du Sablier est évidente. Détroit d'IIerschel, d.'troit .\rago, régions blanchâtres. Calotte polaire très blanche. Mer Flaunnarion très sombre. Aucune trace de la mer ^Lain. 13 juin, 0''.")0"'du matin. — Atmosphère agitée. Néanmoins, uue observation atten- tive permet de constater que la forme générale de la tache sombre a une grande analogie avec celle des jours précédents. Mer du Sablier. Dillerences dues ;\ la rotation. Calotte polan-e australe toujours très étendue et très blanche. 2T juin, ^li'iô'» du malin. — Calme, bonne définition. Calotte polaire australe très blanche, bordée nettement par uue mer noire, au delà de laquelle se voit une région claire suivie d'une mer sombre. Longitude centrale : 138". Mer Cottignez, terre do Gill. mer Maunder et au-dessous traces de la mer Schiaparelli. Mer Terby à l'CJccident, peu foncée. Autres taches grises au Nord. 5 juillet, •'i'' du matin. — v ers le lever du soleil. Atmosphère très calme. Excellente image. Calotte polaire australe d'une [larfaite netteté et d'une éclatante blan- cheur, surtout dans sa partie supérieure. Longitude centrale: GS'. Océan de la Rue très foncé; rivages très nets. Mer Terby très pâle. Baie Christie double. Baie Burtoii évidente aussi. 11 juillet, 3''3(l"' du iniiiu. — lionne définition. Calotte polaire toujours très blanche. Long, ceniraje : .")". Baie du Mériilien. Détroit d'IIerschel. Régions blan- châtres au-dessus. Eu bas, vers la région boréale, légère blancheur. Nous |iublioiis ces cr rjiiis tels qu'ils ont été obtenus; ils ont été ensuite l'objet d'une disciissioc. ei d'une identification avec l'aréGgraphic. Le faille plus caiaciéristique signalé par ces observations de 1S9'2 a été la fusion i-apidc' des n ig.'s polaires supérieures australes sous la clialeur du soleil d'été. L'bemispbére a ..-Ir-l de Mars a eu son équinoxe de printemps le v'O mai et son solstice ii'i-i. e 1:5 octobre. Néanmoins, la neige polaire australe avait dé; I perdu en aoùi les trois quarts do son étendue. On en jugera en compa- rant les dessins. ■■ i vuii au premier coup d'œil comlnen grande a été la diminution du ca o ilaire supérieur. .3? LA rLAiNÈTE M AU S. . ) |ii juin, '2*'4h" ilu inaliii. 1:; juin ;'■ iln rn lin , IC juin. 3I' lO" du nialin- ■.'i juin, 3'' lô™ (lu ni.-.liii. ,'7 juin, ."■G™ du matin. J juillet, '."'50™ du malin. Fig. 38-i:). — Dessi.ns iiE M.iris f.mis ,\ LOiisi;nv.A.TuinE niî Juvisv en 181).! OUSKin ATOlliK OH .lUVISV. IS'.t:. 3:î y jum, :;'0U -,'0"' (lu matin. Observateur : M. Léon Guiot. — La mer tlu Sablier arrive au méridien central. Au-dessu.s de cette mer on remarque la terre de Loc- kyer ou Hellas, coupée par une bande grise. A srauche, le commencement de la mer Maraldi, la terre de Burckhardt, la mer Ilooke et la terre de Cassini {fig. .jIM. En haut, neige polaire australe. Même jour, î'"].")™ du matin. Ob^iervateur : .1/. Flam)narion. — Calotte polaire très blanche. Mer du Sablier très foncée en son centre ; on distingue avec certitude son prolongement boréal ou passe de Nasmyth. Continent Becr jaune orangé. Continent Herschel jaune clair. Au-dessus de la mer du Sablier, région blan- châtre : terre de Lockyer ou Ilellas ifig. .51 ). Ces deux dessins ont été faits séparément, sans correspondance entre les ob- servateurs. 22 juillet, 2'' 1 j™ du matin. Obserratcur : M. L. Guiot. — On remarque au centre la pointe de la mer Maraldi et celle de la baie Gruithuisen. La mer Maraldi est séparée de la mer Ilooke par la terre de Burckhardt iHespériei. La mer du Sablier arrive par le bord oriental. Au-dessus d'elle la terre de Lockyer ou Hellas traversée par une bande grise. On reconnaît aussi la terre de Cassini, beaucoup plus blanche {fig. û2). 23 juillet, l''30'" du matin. Même obsei-vateur. — On voit la mer Cimniérienne, au-dessus une i>lage blanche, l'IIespérie, et au-dessus la mer Tyrrhénienne. De celle-ci descend un canal, un peu plus large à son embouchure que dans son cours : c'est le Léthé. Il paraît aboutir à un marais i fig. 53). 24 juillet, 11" du matin. Même observateur. — Mer Maraldi, terre de Burckhardt, mer Ilooke, terre de Cassini. On remarque à la pointe de la baie de Gruithuisen un canal, celui que nous venons do voir dans la figure précédente, le Léthé {pg. 54). 31 juillet, I''30'" du matin. .l/é)»e observateur. — On voit la mer Sirenum et l'Atlantis. Quatre canaux étaient visibles : le premier à droite est le Tartare, le second est le Gigas, le troisième le Gorgon; le quatrième est le canal des Eumé- nîdes {ftg. 55). l"' août, 1'' du matin. Même observateur. — On voit à gauche le lac circulaire du Soleil, assez pâle ( il est souvent très foncé, mais cette année nous l'avons tou- jours vu très pâle). Cinq canaux ont été dessinés. Le premier à droite est le Gigas, le second est le Gorgon, le troisième est le canal des Euménides, le quatrième, qui descend perpendiculairement sur le cinquième, est l'Iris, et le cinquième paraît être le Pyriphlégéton, qui aurait changé de cours {fig. 5(>|. f) août. 11'" du soir. Observateur : M. Flammarion. — On remarque la mer Terby ou lac du Soleil à droite, assez pâle, entourée par l'océan de la Rue. 3G LA PLANÈTE MARS. 1" aoiit. 1*' liu riiatiû. I) aoiit, 11'' du sou-. 7 aoQI, U''UU" du matin. 7 août, I P' du soii'. Il août, '.''•'M"' ilu soir. H août. 10'' du soir. Fig. 5G-GI. — Suite fies ouserv.vtions jji; Mars faites e.n ISM a L'OnsEnvAioinE ue Juvisy. OlîSERV ATOIKE ni- .ll'VISV, ISOe. ;Î7 A gauche, la baie Christie et la Manche (Gange de Schiaparelli). Knsuite la haio Burton, ou Margaritifer Sinus, avec l'embouchure de l'Indus. En haut, à gauche. l'Argyre très ckiirc, et à droite Ogygis Regio, moins claire ifnj. ."i7). (Le meilleur oculaire pour l'observation est le 2^0. Avec le GUO ou distingue la calotte polaire et rien de plus. Avec le 'lOO, on distinguait en plus IWrgyre. ) 7 août, 0^30"^ du matin. Observalcur : M. L. Guiot. — La mer Torby au méridien central, très pâle. Au-dessus, Ogygis et, h gauche, l'Argyre. A gauche de la mer Terby, probablement l'ile neigeuse de Hall ou la région de Protée. Deux canaux sont visibles, à droite l'h-is, à gauche le Jamuiia. Le pôle sud est très diminué de grandeur et d'éclat {fig. j^!). 7 août, 11'' du soir. Même obserrateur. — La double pointe à gauche est la baie du Méridien. Le premier canal X gauche est l'Indus et le second à droite est le .lamuna. Ils se rejoignent en un point nommé le lac Niliacus. Il n'y a là, pour le moment, que la iiointe d'intersection (/7g. ôll;. 11 août, 9113O"' du soir. Observateur : M. Quènissct. — La mer du Saldier dis- paraît vers la gauche. Le détroit d'IIerschel traverse la planète vers sa région centrale. La première baie vers le centre est la baie de Schniidt ; celle ([ui est vers le bord, à droite, est la baie du Méridien. Au-dessus du détroit d'IIerschel on reconnaît la région de Deuealiûu et celle de Pyrrha ; à gauche, la terre de Lockyer ou Hellas. Lin canal a été dessiné: C»xus (/?;;. GO). Même jour, 10'' du soir. Observateur : M. L. Guiot. — Position sensiblement analogue à la précédente. Les trois iles qui traversent le disque dans le sens d'un parallèle paraissent être la Japj'gie, une partie de Deucalion et de Pyrrha; les deux supérieures, llellas et Argyre. Quatre canaux ont été dessinés ; ce sont, de droite à gauche, le Gehon, l'IIiddekel, l'Oronte et le Phison. L'Oroute traverse une partie du disque de l'Est à l'Ouest ifig. Gl). Le 12 août, à GiiSO", le disque de Mars était identiquement pareil, canaux compris. A ces deux dates, les images ont été excellentes. 13 août, 11'' du soir. Observateur : M. Quénisset. — La liaie du Méridien passe au méridien central. La mer du Sablier disparaît à gauche. La baie Burton arri\e vers la droite du disque. On distingue trois canaux qui sont, de gauche à droite : l'Hiddekel, le Gehon et l'Oxus. La région de Deucalion est bien visible, elle est plus blanche à l'E-St qu'à l'Ouest. La région Pyrrha est reconnaissable. A gauche, terre de Lockyer ou Hellas (fig. 62). Même jour, M'-'iô'" du soir. Observateur : M. L. Guiot. — La baie du Méridien vient de passer par le centre. On distingue au-dessus de cette baie trois iles allongées dans le sens d'un parallèle et qui paraissent correspondre à la région de Deucalion surmontée par celle de Pyrrha. Tout à fait au bord du disque, la terre de Lockyer ou Hellas se couche. Quatre canaux ont été dessinés, ils s'identifient de droite à gauche avec le Gehon, llliddekel, l'uroute et le Phison {fig- G3). 3S LA PLANÈTE MARS. IG août, lU'' du suir. du soir. J.T août, O'' li- du soir. Fig. (i2-65. — Suite riKs omsehvations de M.\rs faites e.\ IS'.W a l'Ouseuvatouie de Juvisy. "l.) août, '.)''LV" du soir. OhxerDalenr : M. L. Gitiot. — La mer Maraldi occupe la ]Misiticjii i-('iitrale; elle est si'^paréo de la mer llonk(î ]iar l'istlimo de Niestcn. Les canau.\ sont, do la droite vers la gauche : le Li'tho, r.l'Uliicijjs, le Cerbôre, et le canal à droite du celui des Liestrygons. Les deux canaux supérieurs paraissent être le Xantliuset le Scamandrc (//y. 115). (iHsr:R\ AKUiti; de .irvisv. 189-2. wj { Le meilleur moyeu de savoir si les observateurs sout dupes de quelque illusion, dans l'observation comme dans la représentation de détails aussi délicats, c'est évidemment pour chacun d'eux de faire son dessin d'une manière absolument indépendante et sans connaître en aucune façon leurs observations respectives. C'est le soin qu'ils ont toujours pris à Juvisy, et je recevais ces dessins avant toute communicatiou. Comparer, par exemple, ceux du II août, ceux du 10 juillet, etc.) 25 août, 10'' 30" du soir. — Passage au méridien à lOii-J'-i'". Diamètre = î.!",:^. Image très nette, splendide, comme on en voit rarement. Calotte polaire bien diminuée. La mer Maraldi va en se dégradant vers le Sud; elle est séparée de la mer Hooke par un isthme étroit qui se termine en pointe vers la gauche. Un distinguo avec certitude et précision les canaux. Les deux d'en haut sout : le mince, à. droite, le Xanthus, et le large, à gauche, le Scamandre. Au-dessous d^'S 2: août, lUi-Si"" du soir. .'7 .-mut. 'J''. Fig. 6CJet 67. — SriTE des observation.-^ de JtjvisY. mers, ce sont, de la droite vers la gauche : le Létlié ou l'.Ethiops, le Cerbère, le Galaxia, le Cyclops, l'Auta^us et l'Oroute, le La'Strygon. A la jonction du Cerbère et du Cyclops, on voit un lac qui se réduit à un simple point d'inter- section quand la vision est parfaitement nette. Plus la vision est nette, plus les mers et les lacs se rétrécissent. Observateur : M. Guiot (/(;/. Oti). 27 août, fj"". — Passage au méridien à lOi'SO". Diamètre = -23", 0. Ciel nuageux, mais images parfaitement nettes. On reconnaît la mer Sehiaparelli à gauche, puis, après im isthme, la mer Maraldi dans toute sou étendue. On compte dix canaux. Les trois du haut sont, de la droite vers la gauche, le Xanthus, le Scamandre et le Simoïs. Ceux du grand continent sont : l'Antseus, le Cerbère, le Cyclops, le La^strygon, le Tartare, le Titan et le Gigas. En bas, le lac Trivium Charoutis {ftçi. 67). 40 LA PLANETE MARS. Nous coiiiplélerons ces ol^servalions par deux pat;es de dessins dues, les six figures de la première (22-30 août) à M. Quénisset, et les six du la seconde (30 aoûl-18 septembre) à M. L. Guiot. 22 août, Oii^S™ du soir. — Passage au méiàdien à 10''42"'. Diamètre = 23",". Image excellente; très bonne défluitiou. La calotte polaire australe diminue d'étendue de jour en jour. La mer australe est très foncée. On voit bien les terres de Weblj et de Cassini, séparées par une traînée grisâtre qui peut être le Xan- tlius. La terre de Lockyer ou Ilellas apparaît sur le limbe oriental, ainsi que la mer du Sablier. Au méridien central, la baie Gruithuisen ou Syrtis Parva, d'où partent deux canaux; le premier est large et estompé, on le suit jusqu'à une sorte de lac : rilephrcstus. Au nord de la mer Cimméricnne, on distingue, de plus, trois canaux : iEtliiops, Galaxia etCyclops; le premier va rejoindre le Léthé; le Cyclops semble aussi finir dans une traînée grise. 25 août, 11''20™. — Passage au méridien à lu''29"'. Diamètre = 23", 3. Image assez bonne. Calotte polaire australe légèrement penchée vers l'Ouest. Terres de Webb et de Cassini séparées par le Xanthus. la région australe de la dernière, indiquée par un ponctué, est très blanche. Au méridien central. Syrtis Parva, avec deux canaux, le Léthé et l'Oronte, se rendant à une tache grise, l'Hephasstus. On devine à l'Ouest le Cyclops. La mer du Sablier arrive par le bord est. 20 août, 1'' du matin. — Image parfaitement nette. La mer du Sablier, aperçue il y a deux heures, arrive au centre; elle est très foncée dans sa région centrale; la mer Main ou lac Mœris se voit sûrement. La terre de Lockyer ou Ilellas montre sa croix. Les deux grands continents sont d'un beau jaune orange. 27 août, 9'' 38'" du soir. — Passage au méridien à 10''20"'. Diamètre 23", 0. Image onduleuso, bonne par moments. Calotte polaire australe très petite et très blanche, mer Australe somljre. Terres de Webb et de Cassini ; Scamandrect Xanthus. i »n voit nettement quatre canaux, qui sont : de gauche à droite, le Tartare, le Cyclops, le Cerbère et l'.Ethiops. On reconnaît Trivium Charoulis à la rencontre des canaux Tartare, Cyclops et Cerbère. 2S août, 10'' du soir. — Passage au méridien à 10'' 15"'. Diamètre = 22°, 8. Image admirablement nette et calme, excellente délinition. Oc. 300. Calotte polaire austrahi plus iietite qu'hier et éclatante de blancheur; mer .\u>trale sombre. Scamamlre et .Xantlrus. Mer Cimmérienne en plein disque, foncée. Atlanlis, pâle. Cinq canaux sont bien visibles dans l'hénnsphèrc boréal; ce sont, de gauclie à droite : le Titan, courbé probablement par la perspective et visible jusqu'au limbe Ijoréal; le Tartare, ipii va rejoindre Trivium Charontis au Nord; le Cycl(]|)S et le Cerbère qui se rendent à une sorte de mer boréale, et r.l:;thi17"». Diamètre = 20",2. lionne atmosphère, image très nette. La baie du Méridien vient de passer au centre du discjue; l'IIiddekcl et le Gehon on descendent. A droite, on voit un troisième canal, l'Oxus. L'ile d<; droite, eu haut, est éblouissante de blancheur; OBSi: lîv ATiiiii !•: ni- .irv;>v, iso:. 43 ::) août. ',i''3'i"'. 1^' >eptemliro, '," 6 septembre, ""AJ 9 septembre, 9'' 30" 12 septembre, T^iû-. I'* septembre. 6" soir. Fig. 74-79. - Fis des observations de Mars faites en 1892 .^ l'Observatoire de JtrfisY. 44 LA PLANETE .MARS. c'est l'Argyre. Le pôle est encore plus brillant. Grand continent jaune clair. Phase sensible. 18 septembre, G'' soir. — Passage au méridien à SiiST'". Diamètre = 10", 1. Atmosphère très claire, image splemlide. Phase marquée. Mer du Sablier, océan Dawes, détroit d'Herschel. Le canal vertical est le Phison; l'horizontal, courbé, est l'Oronte. Mais le plus curieux de tout est la croix de l'IIellas ou terre de Lockyer, qui se voit nettement. Cette terre devient très blanche quand elle arrive au bord du disque. Si l'on compare entre eux les dessins des deu.x observateurs précédents — qui n'ont jamais communiqué entre eux pendant les observations, — on remarque certaines divergences qui s'expliquent par la difficulté même des observations à la limite de la visibilité. N'oublions pas que Mars est tou- jours resté très bas au-dessus de notre horizon. Les faits suivants ressortent de ces observations. Variations au nord du lac du Soleil (comparez les fig. 48, 57, 58, 7G, 77); Hellas vaste et claire [fig. 64, 70, 79); baie du Méridien bien marquée, prolongée par l'Hiddekcl et le Gehon [ftg. 61, 62, 63, 65); mer Cimmérienne et mer Tyrrhénienne bien séparées par la blanche Hespérie [fig. 52, 53, 54, C5, 66, 67, 68, 69, 71. 74, 75) ; un certain nombre de canaux parfaitement visibles. V.miATIOX DES NEIGES POI URES. J'ai principalement dirigé les observations précédentes (en dehors de la représentation des configurations aréographiques) dans le but de nous rendre compte aussi exactement que possible de la variation des neiges polaires australes, ce pùle étant incliné vers nous de 15°, 16°, 15°, 14°, 13° et 12°, de mai à septembre, c'est-à-dire en d'assez bonnes conditions d'obser- vation. L'équinoxe de printemps austral arrivait le 20 mai et le solstice d'été le 13 octobre. La planète n'a pu être suivie jusqu'à cette dernière date. En mai, le contour du cap polaire est resté vague. A partir de juin, il a été nettement déâni. Si l'on compare l'ensemble des dessins, on constate que ces neiges polaires ont diminué dans la proportion suivante : 15juin 46' 2700^"" 15 juillet Sî" \'m 15aoùt l'J- IMU 15 septembre 1'-° ~-'0 ce qui représente, connue on le voit, une diminution du diamètre de ces neiges de 2760'"" à 720''"', fusion considérable et rapide qui a précédé de beaucoup le solstice. OBSEKVATOIIU' DK .11 VISV. ISO"?. 45 C'est l;ï une ollVoyable quaiilile d'eau qui doit, évidemment, se placer quelque part, rar il est cxtrL'memcnt probable que ces taches l)lanclies polaires sont coiistilui/es par uni- neige analogue à la nôtre et non par des nuages, par de l'acide carbonique, ou par autre chose. Tout se passe, en ell'et, comme si c'était de la neige fondant au soleil. MESUIIE DU DIA.MÈTnE. Il y a une divergence telle entre les valeurs adoptées, qu'elle m'a paru insoutenable, dans l'état actuel de précision de nos connaissances aréogra- phiques. J"ai pris, à 1 (observatoire de .luvisy, de nouvelles mesures qui m"ont donné pour le diamètre équatorial, à la distance I, le nondjre 9'' 39 [voir 1. 1, p. 486). LES CAN.\UX. Les astronomes ne seront sans doute pas de sitôt d'accord sur la nature de ces étranges formations, et il est, en effet, très difficile de se former une idée précise de choses qui n'existent pas sur la Terre et que l'on ne peut observer que de si loin et d'une manière si vague. Que les continents de Mars soient traversés par un réseau de lignes souvent parfaitement droites et d'un aspect géométrique, c'est ce dont ne peuvent douter tous ceux qui ont étudié la question et qui sont au courant des observations astronomiques. Mais quelle est l'origine de ces tracés, c'est ce qu'il est plus difficile de déci- der. Les embouchures des principaux paraissent être celles d'anciens fleuves. Il y a déjà là une indication. Toutefois ce ne sont pas là de véritables fleuves : 1" parce qu'ils ne commencent pas en terre ferme, 2° parce qu'ils vont d'une mer ;\ une autre, 3" parce qu'ils sont rectilignes, et 4" parce qu'ils s'entre- croisent. On est conduit à penser à des cours d'eau de niveau sur des ter- rains plats. Or, il se trouve que l'effet des siècles sur le relief orographique des continents (Mars est plus ancien que la Terre) est précisément de les aplanir : il est presque certain que, dans quatre ou cinq millions d'années, tout sera nivelé également sur la Terre. D'autre part, que ce soit là de l'eau, c'est assez probable, attendu qu'ils ont la couleur des mers martiennes, plus ou moins modifiée, qu'ils communiquent avec elles, et qu'ils changent de lar- geur et même de place. Sont-ils pleins d'eau pour cela"? Rien ne le prouve assurément. De la végétation s'y ajoute-t-elle"? Probablement. Mais revenons encore à leur explication, et avouons qu'il n'est pas scientifiquement interdit de penser que les habitants de Mars aient pu rectifier les anciens fleuves, dans 46 LA PLANÈTE \I A li S. le ]:iut lie faire une répai'litioii i;énérale des eaux devenues rares et cepen- dant pai-fois nienaeanles à la surface des continents aplanis par l'usure des siècles. Sans doute, c'est là une hypothèse; mais elle n'est pas antiscienti- fique, et Ydspccl géométrique intentionnel de ce réseau de lignes droites l'autorise. Il est à craindre que l'on n'arrive jamais à expliquer les canaux de ^lars en éliminant de pai-ti pris la possiliiliti' d'une rectification indu- strielli' des cours d'eau, pas plus que des oliservateurs places sur la Lune u'arriveraii'Hl à expliquer nos réseaux de chemins de fer en s'obstinant à ne pas voulnir admettre à la surface de la Terre autre chose que les forces aveugles de la, nature. Nous ne disons pas: cela est; nous disons: cela VourraU rtrc, et si l'on trouve une explication complète et meilleure de tout ce que l'on observe sur Mai'S, nous sommes prêta raccepter. celle-ci n'i'lanl que provisoire, en attemlant mieux (septembre 1893). Il n'est pas douteux non plus qu'en certaines saisons les canaux sont vus doubles, formés d(_' deux lignes parallèles. Ce phénomène extraordinaire, constaté depuis 1881, est d'une explication encore plus difficile que celle des canaux. N'y aurait-il pas là quelque réfraction atmosphérique produite par des nuages de glace, comme il ai-rive chez nous pour les halos et les parhé- lies, et rappelant de plus ou moins loin la double réfraction du spath d'Is- lande ? (Juoi (ju'il en soit des problèmes actuellement posés par ce monde voisin, nous pouvons dire (jue, de toutes les planètes de notre système, Mars est la plus intéressante, par les ressemblances — et aussi par les diiférences — qu'elle offre avec notre patrie terrestre, et nous pouvons répeter ce que A\'illi;uii HiTscbel disait il y a plus d'un siècle : « Ils inluibilanls probablij nijoij II siinalion in manu l'fspects similar to ours. » Connue Descaries et Pascal, Herschel était plus cju'un savant : c'était un penseur. (;XL\'III. — ÛliSERVATUJNS FAITES A L'OIISEH VATÛIRE LiCK EN 1892. Voici les observations qui ont été faites à la plus puissante lunette du monde, au mont llamilton, pendant la même opposition. M. Huilier, Din'cteiir de l'Observatoire LicU, nous écrivait à la date du il) oc- tobre, que les ipiatro observateurs du mont llainiltoii (MM. Ilolden, RariKini, Camplicll et llusscy) n'ont jias fait moins de cent (bassins. Nou.s reproduisons d'abord ici dcMix de ces vues télescopiques. La première i //';/. 80) o.st du 17 août et a été prise an grand équatorial par M. Hussey; grossissement 350. Longitude du méritlien (-entrai - 8'i". On rccounait en haut la tache polaire, puis, vers le méri- OBSEia ATOIUK LK.K. 18!)e. " 'i? dien central, li^ lac liii Solril. le Gaiifre iJédouLlr, laptHite « Fontaine do .leunossc » et une série de petits adluents du lac du Soleil et de petits laes. Peut-être u"est-ce pas « Gange dédoublé » nu'il faudrait dire. Voyez, en eiïet, la Carte générale de Scliiaparelli (Tome I, p. 440). A droite du Gange, un filet parallèle rattache la Fontaine de Jeunesse au golfe de l'Aurore. C'est ce iîlct qui Fig. 80. — Vue tèlescopique de Mars, au grand rquatorial de l'Observatoire Lick. (Dessin de "M. Hussey, le 17 août. ) est prolongé. Mais comparez d'autre part avec la Carte de 1877 (p. ?9o). Quelles métamorphoses ! La seconde figure (/?(/. 81), du li aoiit, suit la prédédeute comme position: longitude du méridien central, 111". Elle est de M. Campbell, au même instru- ment. Le lac du Soleil est plus avancé par la rotation vers la gauche. Son entou- rage diffère sensiblement du premier. Sont-ce là des difTérences réelles arrivées en trois jours ou des différences de vues et d'appréciation chez les observateurs? Examinons à ce propos uih' autre observation, non moins intéressante, faite au même instrument par M. Ilussey, le 20 août {fig. S-J). Au-dessous du lac du Soleil nous voyons quatre lacs, et même celui de droite parais- sant double. Déjà nous avons appelé l'attention sur celte région comme 48 LX PI.ANETF .MA lis. fiTlili' on surprises (Tome I. p. àTO-oTi). En l'ais;int la. plus large pari ])Ossilile an.\ diverpenees personnelles, on- ne peut vraimrni se ri'fiisrr à vdir là lies variations rérlles. On songe incvilablement à ce qui se passe lous les jours dans la liaie du mont Saint-Michel, où l'eau et le sable alternent sans cesse. Les observations faites au mont llaniillon ont été publiées eu partie dans Publications 0/ ihc Astronomical Society of l/ic Pacific, fondées en 1889 à San Fig. 81. — A'ue telescopiqiie de M;ir.s, au grand équatorial de l'Observatoire Lick. (Dessin de M. Campbell, le 14 aoiit. ) Francisco, en jiartie dans la revue Astroiioinij and .Utro-Plujsirs fouibJe en 1892 à Chicago et devenue The Astrophyxical Journal en 1800. Détachons-en ce ijui concerne notre étude. MM. Holden, Barnard, Schaeberle, Campliell et Hussey ont observé la planète au grand ôquatorial et à la lunelli' i\r \-2 pouces ('). M.M. llolden et Campbell ont pris des photographies, mais clL^s sont inférieures aux dessins imiir tous les détails. Elles peuvent toutefois servir à li.\i'r b's lon.gitudes et latitudes. (') A»troni))ii!/ and Aslro-Pliiisicf:, t. I, p. GG.'i; IS',1^ OBSEIîV ATOIKi: 1 ICK, ISOÎ. 40 • Les grossissemenis employés pourl'oliscrvation au grand éfjualorial on été en général de 350 diainèlres. On n'a i)U les porter à 1000 à cause de la faible altitude de la_ planète.. L'éclat des satellites a été compare. PIkiIhx est notahlemenl [dus hrillaul que Deimos. Le cap polaire a diminué considcralilemcnt pendant l'été martien. On peut se demaniler si un cap formé, non de neiue, mais de nuages denses, J[iie présenterait pas di's variations analogues à cllrs (jur l'on observe. Fig'. S2. — Les environs du lac; du Soleil. Dessin de M. Hussey au grand équatorial Liek, le '0 août. Des jjoints lirillants se projelant sur le ti/rminateur de la [ilaneti' ont été observés en juin et juillet par MM. Ilolden et Schaeberle. On a déterminé leurs positions. En 1890, des observations analogues paraissaient établir que ces projections étaient la prolongation de traîni'es lirillantessurla planéti',sans doute de nuages: celles de 1892 sont plutùl indécises. Un a revu un graml nombre de can:iux : le Gange s'est inoniré double. Des changements remarquables ont été constatés, notainiuent au nord et à l'est du lac du Soleil. Ces changements observrs paraissent inexplicables jiar les analogies terrestres. Que penser, par exemple, de la fontaine de Jeunesse, simple en 1877, invisible en 1879, simple et double en 1892, et simple juste au moment où le canal qui la traversait paraissait double 'i* F.. II. 4 50 l.A PLANÈTE MARS. i Les dessins présentés par le Dirccleur de l'Observa loire Lick ('; sont sin- gulièrement dissemblables; ceux de M. Scliaeberle sont minuscules, faibles, d'un gris pâle, presque impossibles à reproduire. M. Ilolden annonce que l'on publiera tous les dessins daii^ un volume spécial in-8°; mais jusqu'à présent (1901), cette publication spéciale n"a pas encore été faite. L'un des points les plus remarquables de ces esquisses martiennes est l'étroitesse de la mer du Sablier et réloignement du lac Moeris ([ui en est complètement (lélacbr, relie seulement par un mince lilet. l'endanl ijue nous parlons de ces dessins derObservali.iircLick, signalons ceux ijui ont clé présentes dans les volumes suivants de la même jiubli- calion. M. Campbell a pris plusieurs dessins au mois d'août ^-). Ils représentent principalement le lac du Soleil et son voisinage et conflrment le dessin reproduit à la fig. 81. L'habile astronome Barnard [') a observé la planète à l'aide tb's equato- riau.N de 12 pouces et de 3C pouces, principalement avec le premier, le second n'étant pas si souvent disponible. Ce sont les grossissements les plus faibles qui ont jiaru les meilleurs : 260, 320 et parfois 520 pour le 36 pouces ; IT.'J pour le 12 pouces, et davantage lorsqu'il s'agissait de mesures. Le cap polaire a été spécialement suivi pour les phénomènes singuliers (ju'il a présentés. De la fin île juin au commencement de septembre, il a diminué de 10" à 3", ce qui rejjrésente, pour le disque de l'opposition, 12", i à 3", 5. L'étendue de ce cap a donc diminué des 9 di.xièmes. « Si c'est là delà i;lace ou de la neige (et tout nous porte à croire qu'il en est ainsi), l'eau est ilislriluiée dans les régions équatoriales, et ce déplacement peut amener une oscillation de l'axe de rotation. » Un a dit i[ue de larges diffusions foncées allant apparemment du cap polaire à l'eiiuateur représentaient l'ejui produite par la fonte des neiges polaires. C'est là de la pure fantaisie. 11 y a, à vrai dire, de longues aires foncées émanant du cap et tendant vers l'equaleur. ijui peuvent suggérer celte idée. Mais les variations observées là sont si inunenses et si rapides ([u'elles ne pourraient être produites par l'action du Soleil sur le cap de glace, à moins que la glace et la neige ne soient sur Mars d'une autre nature que cln/z nous. I)ans la dernière i|uinzaine de juin, une aire foncée irréguliere a[qiarut (') Astronomical SocicOi of llic Pacific, 1803; p. 117, 131, 133, 134, 135. (') Tome VI, ISUi; p. IG'J. ') Astroitomy and Ai!lro-Pliijx;c3, 181)2; p. GSO. oHsi: UVATOIHI-: i.ick, i.'^Oî. m vers lo milieu du rap iiolairc Elli; semlila, uiir fuis au nidiiis. ilu (on roii- geàtre dos espaces appelés conlinnilan.r. A lafin de juillel, le cap polaire l'utier, préseulc à la Terre, parni obscurci et assunihri. tandis que deux taches Li-i lia ni es se voyaient sur lui. ('c[]eiidant, il reprit son érlat. lialiiluel la ]ireniière semaine d'août. Kn plusieurs circon- Fig. Sû.— Vue ]irise à rériuatoiial Je ]2 pouces. (Dessin Je M, Barii/nJ, le 21 aoiil (SOÎ. ) stances on a vu des parties détachées voisines du i-ap d'oii elh's pro- venaient. Vers le 19 août, une portion irrétrulière, sorte de haie dans le cap, a rié amenée en vue par la rotation de la pjlanète. Le "21, elle se moutrail ahrup- lement terminée à son hord pri'Cedent par une échaucrurc aipue et une ju-ojection. Peu à peu cette pointe fut séparée du cap par un espace foncé. C'était le signe avant-coureur de dislocations plus rapides, car à la tin d'août, toute cette partie du cap polaire l'tait ilissipée. En plusieurs circonstances, la netteté du contour et l'éclat du cap polaire ont été vraiment remarquables. En même temps, la coloration de Mars était très vive et d'un liche orange. Il V a. d'ailleurs, une très erande diversité dans le ton des taches foncées 52 LA PLAN ET 1-: .MARS. Plusieurs sont particulièrement sombres, tandis queilautres sont si claires qu'elles sont à peine marquées, par exemple dans les régions polaires australes. Elles varirui, d des çhan,iiements réels paraissent incontestables. « A une courte distance suivant le Lac du Soleil ou mer Terby on voit une petite tache somlire qui n'existe pas sur les cartes de Scliiaparelli. Elle Fij,'- S4. — Dessin île M. Barnard au giaml èritialorial Ijick, le 10 août ISII'J. liarait varier beaucoup comme ton, et elle s'est moutn/e tour à tour très foncée et très pâle. Un trait mince la rallaclie à la mer australe. 11 y a un ]ielit canal courant au nord du lac du Soleil vers une tache sombre dilfuse (jue l'on ne \()it ]ias non plus sur la carte de Scliiaparelli. Toute celle rét;ion diffère beaucoup de ses cartes. » Ces changements si bizarres nous conduisent à nous demander si ce que nous avons là devant nous dans le ciel est réellement un autre monde dans le genre du nôtre, avrc des continents et des mers ndalivement fixes, ou si ce ne serait jias plulôl un monde analogue à ce qu'ilait la Terre en sou ji'unc àui'. aux h'mps où les continents claient llotlanis « shiftinij » et les océans \aiiabl('s « clian(jing », avant qui' la surface de noire [danèle fùl POINTS l.fMINKUX SIU I K Ti: UM l\ ATI:LH I)1: m AliS. 53 (leveniio stable et ferme par le refroidish^cmcnt. Si Mars était en rct état, il ne pourrait être habité par un ordre Je vie bien élevi'. » Les soi-disant continents ne sont pas uniformes. On voit des espaces clairs et de lon.uues traînées lumineuses qui sont aussi caractéristiijues pour la nature de la planète que les mers. « L'observateur est d'avis cjuc les nuages sont rares el fait remarijuer ipi'il n'a obsin-vc iiu'uii seul as[iert dr; ce genre, le 3 août, tache blanche nouvelle, petite et allongée, de '2" à ;i' de diamètre, parla longitude "219° et 30° h 40= de latitude Nord. Un ne l'a pas revue depuis, malgré les plus attentives recherches. Des deux satellites, Pliobos est décidi'nient le plus l.iriUant. Le 8 juillet. Mars a occulte une étoile qui est passée derrière le cap polaire. L'auteur n'a pu vérifier le di'douldemeni d'aumin canal. Les deux dessins présentés par l'auteur sont du l'J anùl (bmgituile cen- trale 79", 5) et du "21 août (longitude centrale 1C",3). Le premier a été pris au 36 pouces, le second au 12 pouces. Ils sont jdacés ici dans l'oi'dre de leurs longitudes. On remarque sur celui du "21 août la Baie^ du Méridien, très noire et très grande, et cà sa droite le golfe des Perles pi-cdongi; par rOxus, et sur celui du 19 août, le lac du Soleil avec les canaux et les taches diffuses dont il vient d'être question. Telles sont les principales observations faites au mont Hamilton en 1892; mais on y a fait d'autres études, et nous ne quittons pas cet Observatoire. CXLIX. — l'OINTS I.TMINErX sril LF. TEIlMINArErli DE MaHS, par M>L IIoluen et Keelei! (')• Le j juillet 1890. à 10'' du soir. InMire du l'acilîijue, un visiteur à une séance publique de l'Ûbservatoirr^ Lick remarqua une tache blanche ellip- tique se projetant en dehors du terminatenr, connue il arrive pour la Lune. M. Keeler l'examina et la dessina. Elle mesurait de 1 '5 à 2"0 de longueur. A 10''30"' elle était dans l'intérieur du disque, ressortant sur un fond sombre. Le lendemain G, le même aspect a été observé par MM. llolden, Keeler et Schaeberle, de 8'>3"' à S"" 45'". Une autre proji.'Ction voisine se montra pendant plus d'une heure. C'était au nord de Dculeronilus. A 10''2."j"', l'as- pect, qui avait changé, était à peu prés le même que celui de la veille. Les principaux canaux étaient visibles, surtout le (lehon. très marqué. Le dessin relatif à cette importante observation n'a été publié (') Asir. Soc. of the Pacific, t. II, 1800; p. 2-i8. 54 I.A PL AN" ET F MA US. Ftg. 85. — Desïia de Mars, du li juillet ISn.l, par M. Keelei-, aii iirauil ciuatorial de l'Observatoire Liek. i Projections. ) qu'en 18'.i.") ('i. II est de M. Keeler. Nous le reproduisons ici (//;/. 85). Les I'"ig. 80. — Dessin de Mars, «lu .M mai IS'Ji), par M. Iloldeu, au grand tM]ualori.il de rOljservatuire Liek. (' ) Aslr. Soc. oflhc Pacific, t. \'II, p. 'il. Nous avons àfyA signale ces projections (t. I, p. .'iGi;;. MERS F.T TFUUHS SUl! M VUS. 5') deux projections brillanles sur le torniinalmn- frap[M'nl l'alliMilion, c[ leur position précise peut être facilcmenl idcntifir'O pour l'i'lndiî de an [loints luminctix, montagnes ou nuages. La Baie du Mi'ridimi rst hien nette, prolongée par le Gehon et riliddekel. Au lias de la uhm- du Sablier, le Nilosyrtis et le Prolunilus se pn'sentent dans leur l'Iat nnmial. \[. Ilnldiui a publié en même temps l'un de ses dessins, ilu -21 mai. ([ui représente le lac (lu Soleil et toute la région qui s'étend au nord et à l'ouest {/Ig. 8G1. Il eût été regrettable de ne pas posséder ces deux belles représentations dans la collection de ducuments sur hujuelle nnus l'iuidons nnde connais- sance de la planète. Nous reviendrons jdus loin sur les points lumineux du tcrminateur observés en 1892, 1894, et pendant les diverses oppusitions, par plusieurs astronomes. [Il en a déjà été question tout à l'iieure f p. 49; et nous les retrou- verons même à la page suivante. § G.] Pour b' moment, restons aux Etals- Unis, et suivons autant ijue possible l'orilre cbron(dogique. Ci.. — MEns ET Teiuies sur M.\ns, p.\r; M- .'Schaeheiu.e (M. L'Auteur propose tout simplement ici un renverseiuent complet de nos idées sur les configurations géographiques de Mars. D'après lui, les taches sombres représenteraient des continents et les taclies claires des mers. « L'opposition de 1892 devrait servir à décider la question des terres et des eaux à la surface de la planète. » Des changements remarquables ont certainement lieu dans les régions polaires australes. Nous sommes forcés de convenir que de vastes surfaces sont couvertes d'une matière gelée analogue à la neige ou à la glace. Mais il semble qu'il y a des contradictions. » Schiaparelli et Flammarion s'accordent pour considérer les taches sombres comme des étendues d'eau et les régions claires comme continen- tales. Le contraire parait plus probable. Voici les raisons : 1° Si les taches sombres représeutent de l'eau, cùmment expli(]uer les grada- tions irrégiilières de tons que l'on y observe '? 2" Si les taches sombres sont de la terre ferme, ces différences s'expliquent tout naturellement. 3" La lumière réllécliie d'une surface sp'iérique d'eau dans un léger état d'agi- tation devrait varier uniformément d'intensité. A l'époque de l'opposition, le centre de la planète devrait, pour une surface d'eau, paraître le plus brillant. Précisément, les observations montrent qu'en dedans d'une certaine distance du (') Asti: Soc. of Ihe Pacific, 1S'J2, p. 1%. 56 LA PLANÈTE MARS. bord de Mars il y a un accroissement graduel dans l'éclat régulier des régions claires vers le centre de la planète. ■i" Si les régions foncées étaient de l'eau, elles devraient être, d'après ce qui vient d'être dit, moins sombres près du centre. Au contraire, les observations montrent que ces taches y sont plus sombres, plus marquées, en contraste plus fort avec les claires. 5° A certaines époques qui ne peuvent pas être prédites, certaines régions limitées, correspondant h des jiarties de vastes surfaces claires et ordinairement bordées sur deux ou jilusieurs cotés par des taches foncées, se montrent plus brillamment illuminées que d'autres régions du disque, comme si la surface réfléchissante était dans un état d'agitation capable de produire l'effet observé, lequel ressemble à celui qui est produit par le contraste d'une eau calme et d'une eau agitée. .l'ai invariablement observé ces aspects sur les régions claires, ajoute l'auteur, à l'exception des caps polaires. Cj'^ Croisant les taches sombres, des raies ou bandes plus foncées encore les traversent en lignes droites le long de centaines de kilomètres. L'une des extré- mités de ces lignes se termine ordinairement dans la région équatoriale au point où les taches sombres s'avancent dans les contrées brillantes, et ce qu'on appelle des ca)iau.\ parait être la continuation de ces raies foncées. Lorsque ces raies intersectent le limbe de Mars, on voit souvent ^notamment en juin et juillet derniers) des projections brillantes en dehors du terminateur, indiquant que les raies foncées sont des chaînes de montagnes élevées au-dessus du niveau moyen et devenant brillantes en se projetant sur un fond noir. 7° Dans cette manière de voir, les canaux représenteraient des crêtes de chaînes de montagnes presque entièrement immergées dans la mer. Les dédou- blements de ces lignes représenteraient des crêtes parallèles, comme on en voit bien des exemples sur notre globe. 8" Comme argument de conclusion en faveur de la théorie que les régions sombres représentent la terre ferme et que les régions claires représentent la mer, l'autour cite l'observation suivante : i< A iû milles ^40 kilomètres) au nord-ouest du mont Ilatnilton se trouve l'ex- trémité inférieure de la baie de 8au-Francisco. Par le beau temps, la contrée entière du mont llamilton à San-Franeisco, à une distance de 50 milles (80 kilo- mètres), est parfaitement visible. Or, à, toutes les heures du jour, la surface de la baie de San-Francisco vue du sommet du mont Hamilton est beaucoup plus claire que les montagnes et les vallées à la même distance, quoique la ligne de vue fasse un angle de plus de 87» avec la normale à la surface de la baie et que la position de l'observateur varie de toutes façons, depuis l'heure à laquelle il se trouve en ligne droite entre la baie et le Soleil, jusqu'à colle à laquelle le Soleil est presque dans la direction de la baie. » Les réflexions internes dans une atmosiiiière non parfaitement transparente doivent tendre à rendre une surface d'eau située au-dessous plus claire qu'une surface de terre dans la même position. » MERS KT Tl-IUIKS SUli MAKS. 57 Cette nouvelle manière île voii- niérilc assuréinonl toule l'alteulidn des astronomes. Nous rappellerons d'alionl (|ne lidéc de considérer les mers romme plus foncées que les terres remonte à l'nrigine même des observa- tions télescopiques de la Lune : à GAi.u.i-K. ^■oiei notamment ce que le grand astronome fait dire à l'un de ses interlocuteurs, Salviati, dans ses fameux Dialogues sur les systèmes du monde, premii-re journée : « Siccome la superficie del nostro globo o distinta in duo nia.s.siuie parti e cioé uella terrestre c nell' aquatica, cosi nel disco lunare veggiamo uiia distinzion magna di alcuni grau canipi più risplendenti, e di altri uieno; et sur la Terre vue de loin, ajoute-t-il : apparirebbe la superficie del Mare piit oscur.i, e più chiara quella délia terra ( ' i. » Et plus loin, s'étendaut davantage .sur le sujet (-) : « Possiamo intender beuissirno che la reflession del lume, rlie vien dal Jtare, sia inferiore assai a quella che vien délia Terra intendendo pero délia rellessione universale : perché quanto alla particolare, che la superficie deli' acqua quieta manda in un luogo determinato, non ha dubbio, che chi si costituirà ia tal hiogo, vedra nell' acqua un reflesso potentissimo, ma da tutti gli alfri luoglii si vedrà la superficie del' acqua più oscura di quella délia Terra : e per mostrarlo al scnso, audiamo qiia in sala, e versiamo un poco di acqua sul pa\ iuiento. Ditenii ora, non si mostri, egli questo mattone bagnato piii oscuro assai degli altri asciutti? ccrto si, e taie si mostrerà egli rimirato da qualsivoglia luogo, ecceltuatone un solo, e questo è quello dove arriva il reflesso del hinie, che entra per quella finestra : tiratevi adunque iudietro pian piano. I) SimpUcio. Di qui veggo io la parte bagnata più hicida de la retta del resto del pavimeuto e veggo che cio avvieue, perché il reflesso de' lume, che entra per la finestra, viene versu di me. » Salviati. Quel bagnare non ha fatta altro, che riempier quelle piccole cavità, che sono nel mattone, e ridur la sua superficie a un piano esquisito, onde poi i raggi reflessi vanno iniiti verso un medesimo luogo : ma il resto del pavimento asciutto ha la sua asprezza, cioé una iunuraerabil varictà di iuelinazioni nelle sue minime particelle; onde le refiessioni del lume vanno verso tutte le parti, ma più debili che andasser tutte unité insième ; e pero jioco o nieute si varia il suo aspetto per riguardarlo da diverse bande; ma da tutti i ludghi si mostra l'istesso, ma ben men chiaro assai che quella reflession dalla parte bagnata. » Concludo per tanto, che la superficie del mare veduta dalla Luna, siccome apparirebbe egualissima (trattone le isole, e gli scogli), cosi aiiparireLbe men chiara che quella délia terra, montuosa e ineguala. Vi dirci d'aver osservato nella Luna, quel lume secondario, ch' io dico venirle dalla reflession del globe (') Le opère di Galiteo Galitei, t. I, p. 12. Firenze, tS4î. (') Ici., p. HO. 58 M PLANÈTE MAR?. terrestre, esser notabilmeate più cliiaro due o tre giorni avanti la congiiinziore clic dopo, cloé qiiando noi la veggiamo avanti l'alba in oriente, che qiiando si vede la sera dopo il tramontar del Sole in occidente; délia quai differenza ne r causa, che l'emisferio terrestre, che si opponc alla Luna orientale, ha poeo niaïc c assaisissima terra, avondo tutta l'Asia ; dovecchè quando ella è in occidente, r'igiiarda grandissimi mari, cioè tutto l'Oceano Atlantico sino aile Amoriche. Argomeuto assai jn-obaliile del mostrarsi meno splendida la superficie del l'acqua elle ([uella della terra. » Comme on le voit, pniir t^ialilée, l'eau est plus l'onci'i> (jue le sol; il l'ait rexpérienco à son inlerlocuteur eu versant de l'eau sur le pavé, qui s'as- souibiit à l'endroit mouillé parce que la surface liquide est plus plane et ]ilns unie que la surface sèche, pleine de petites aspérités, et il ajoute que 1.1 himiére cendrée de la Lune, due à la ri'flexion de la lumière terrestre, est plus intense le malin que le soir, au dernii'r quartier qu'au premier, parce qu'alors c'est le vaste continent d'Asie qui est tourné vers la I^une orientale, tandis que le soir, aux premiers jours de la Lune occidentale, c'est l'Atlantiijue oliscur. Sans décider si les taches sombres de la Lune repré- sentent des mers, l'inunoi'tel astronome ajoute plus loin que, dans tous les cas, elles représentent des plaines unies, landis que les régions claires sont montagneuses et hérissées d'aspérités. L'opinion de Galilée a été généralement admise par les astronomes, non |i(diit en verlu de l'adage Magisicr di.rit. mais parce qu'elle est rationnelle et justifii^e. L'eau, vue d'un point per]ieiidiculaire au-dessus d'idle, est plus foncée que le sol, même couverl di.' verdure, ;'i part ([uebjnes exceptions. Dans mes voyages en liallon,je l'ai 1res souvent conslalr. Il y a, ilis-je, des exceptions. Ainsi, passant un jour en liallon au-dessus de la Loire, je l'ai trouvée plus claire que les prairies a\-oisinanles et d'un Ion jaun.àlre accenlui'. (''est parce qu'il y avait fort peu d'eau et que les bancs de sable jaune illuminés par le Soleil rayonnaient vers nous une vive lumière. Les expériences de Secclii sur les bords de la Méditerranée nul établi, si j'ai bonne méuKuri', qu'à i)lusde JO mètres d'('paisseur, le l'ond est invisiide et l'absorption dc' himiére presque lot.alc. Le casde la baie de San-Francisco cité par M. Scb.ieberle n'est pas une |U-euve, car l'eau, à cette incidence, réHéchit la lumière du ciel. La Idau- ograpliii]ue proposé par le savant astronome de l'Ofiservatoire I^ick, i/l niiiis alti'ndriius des preuve^ jilus convaincanti's (')• CLI. — Les Couleurs de la I'L.anicte M.\iis, par M. NN'h.llvm IL I'ickerimg (-)■ Alors à Aréquipa, au Pérou, cet astronome écrit à la date du 7 mars 1892, que, pendant l'opposition précédente de la planète, GO peintures et G6 dessins ont été pris à l'aide du i-éfractour de 1"2 pouces de Harvard Collège, à Cambridge, sur des disques de 34""" de diamètre, à l'échelle de .^i,(,(iô,,(,(,„. Les peiidures sont tantôt carmin et tantôt jaunes, et satisfai- santes dans les deux cas. La planète est fréquemment appelée le rouge Mars, el pourtant sa couleur n'est pas aussi rouge (jue celle d'une bougie ordinaire. Pour vérifier ce fait, il suffit de mettre en comparaison la planète Mars, une lumière électrique et une bougie ou un bec de gaz, de telle sorte qu'ils aient sensildement la même intensité. On constate alors que, tandis que la planète est plus rouge (jue la lumière électrique, elle est plus bleue i|ue la bougie et se trouve à peu près entre les deux comme couleur {'}. Lorsqu'on veut repni-senter un disque de Mars avec sa couleur nornuile. il faut faire la peinture à la lumière du jour, car aux lumières artificielles (') Tout récemment (septembre 1901 >, nous examinions de nouveau la couleur du lac Léman vu d'un point rapproché et élevé (le Sisiial, au-des.sus de Lausanne) : le lac était d'an Meu plus funcé ipie le vert des rivages, et les ■-.•gions où d paraissait jilus clair étaient iullucncées par la huaiére du ciel. (') Astronomy ;uul Astro-l'hysics, t. 1, 18'J'2; p. iVJ. {') J'ai fait en IS7J des observations couiparaiives oondinsant :'i la même conclusion; voir t. I, p. 2.38. I.ES C.OUIJ-UHS I)K I.A I' (.AN ET H M VUS. Gl les tons changent et ne sont plus conipnrablcs. La couleur i[ni se rapprorhe le plus de celle de la planète est celle (jue l'on obtient ou mélangeant par moitié la terre de .'^ieiuie et li' sang-de-dragon. Mais le rouge n'est pas la seule couleur visilde sur la planète. Près du limbe, les rouges paraissent jaunâtres, indiquant probablement une absorption atmosphérique de la partie rouge du spectre, ellVt bien dillë- rent de l'action de notre propre atmosphère, qui tend à absorber les rayons bleus. Le vert existe réellement sur la planète et n'est pas du à un contraste. Des expériences comparatives l'ont établi. On en remarque d'ailleurs entre les neiges blanches du pôle et les régions rougeâtres dites conlincniales. Les diverses couleurs du disque, notanunent le vert, s'apprécient mieux la nuit que le jour. Il importe aussi de tenir compta, pour juger des tons, de l'étendue des surfaces; plus la surface est petite, plus le contraste avec les régions voisines est grand, et moins le jugement est sur. M. Pickering est revenu sur le menu,' sujet, dans une lettre du l:i mai, publiée à la page ^A'} du même Recueil. 11 raïqtelle d'abord l'action de n(Jtre propre atmosphère pour modifier la véritable couleur des corps cidestes. Elevons-nous sur une montagne par im ciel nuageux. Les verts éloignés, moins intenses que les proches, deviennent giis soit lorsque l'ombre d'un nuage les couvre, soit lorsijue quelcjue brume s'interpose entre le paysage et l'œil de l'observateur. Les variations rapides de couleur manifestées par certaines régions de Mars sont parfois aussi frappantes. Récemment, pendant une observation de la planète avant le lever du soleil, la calotte polaire australe neigeuse paraissait d'un vert brillant, é.nalant en couleur la bande verte étroite qui lui est contiguc liés que b.' .Soleil eut paru, la couleur de la neige devint d'un jaune brillant, le reste du disque devenant orange. Ensuite plusieurs canaux devinrent visibles, et la neige du pôle de Mars parut aussi incolore que celle des montagnes voisines. Les deux premiers effets étaient probablement dus à une mauvaise image, les tluc- tuations de notre atmosphère superposant sur la neige les couleurs di.'s régions environnantes. On en a déduit la règle de ne jamais ajouter pleine confiance aux colorations des diverses régions martiennes que bu-sque b- cap polaire paraît parfaitement blanc et que le système des canaux est bien défini. Ces conditions concordent toujours avec les meilleures images. En étudiant les plus petites régions somlires, telles qu'à la partie nord- ouest de la mer du Sablier, l'observateur a noté de grandes différences di' couleurs d'une nuit à l'.iutre, et sur certaines aquarelles il y a du gris, sur d'autres du vert, du bleu, du brun et même du violet. Cette dernière colo- C'2 l.A l'LAXETK \IAIiS. ralion a paru si extraordinaire cju'om a essayé de lui en subslituer d'autres, mais sans y réussir. On peut partager la surface de la planète en six sections ou six fuseaux, de fiO degrés de longitude chacun. Le plus caractéristique de ces fuseaux est celui qui contient la mer du Sablier, Grande Syrte, tache en Y. Lorsque cette configu- ration est centrale, avant l'équiuoxe d'automne de l'hémisphère noril, la région à l'est se montre distinctement plus verte que la région à l'ouest. A mesure que la saison avance, la différence de couleur est moins prononcée et la teinte verte est confinée à la contrée qui borde la mer du Sablier à l'est. Eu 1890, les deux bras de l'Y étaient à peu jirès d'égale largeur, comme sur les dessins de (jreen. lOu 1892, le bras oriental e.st le plus large, deux fois plus que l'autre, peut-être. \',n 1890, la région entre les deux bras était d'un vert clair; le 27 juin, toutefois, ou onze jours avant l'équiuoxe de printemps de cet hémisphère, une tache jaune brillante apparut au point nord extrême de ce triangle. Cette tache se dévelojipa ensuite jusqu'à couvrir tout cet espace. En 189-2, cette région se montra d'abord également verte, mais le 9 mai, c'est-à-dire dix-sept jours avant l'équinoxe de lirintemps, ce vert lit également place à du jaune. Des changements à l'est de la Grande Syrte ont été observés de même par Schiaparelli, qui les attribue à des inondations ( ' ). Les variations de couleurs .sont certaines, mais encore trop peu nliservées pour pouvoir i-ien conclure quant à leurs causes. i'LII. — t'H.WdE.MENTS SUR I.A PLANÈTE MaUS, PAU .M. \\'|I.I,IAM II. l'ICKElIlNG ('). D'.Vréquipa, au Péi'Ou, le même astronome écril. ;i la date du 1" aoùl, que les changements sur Mars sont si nomlireux et si évidents que des lunettes de G pouces suflisent pour les constater. Les canaux nul pu èlre observés régulièi'emeul tous li's soirs. Plusieurs concordent avec ceux de Schiapa- relli, d'autres non. On en voit qui traversent les « Océans », ce (jui est uu problème. Lorsque les neiges fondent, il semble qu'il i.loit ri'ellemenl exister là des mers, et l'un a étudié spécialement la lâche sombre à l'extrémité nord de la (jrande Syrte. Elle parail ]iarfois d'une leinle bleu sombre. Une ,'uitre tache de même couleur occupe une partie du Si?nis Subacuf. Les deux taches se sont montrées, près du limbe, d'une Ijelb' c(uileur bleue. Si ce sont réellement des uKirs, elles doivent dans ces couditious rrllri-hir à nos yeux l'alinosphi-re niarlienue, comme le ferait l'eau siu' la Terre. ( ') Voir t. ], li[h 171. (' ) Asli-onom}/ nnd Astro-Pluinics, t. L 189'î. t.llAMlEMENTS SUR \.\ l'I.ANÈTK MAHS. r,:{ Exaininocs avec un prisme à double image, ces lâches, lorsqu'elles sont voisines du limbe, pai-aissent présenter de faibles traces de pnbirisalicui. Klles soûl 1res foncées cl peuvent sans douli' être cousidérées comme de véritables mers, ce qui n'est pas le cas pour toutes les taches sombras. M. Pickering accompagne son article des six crocjuis ci-apivs, (jii'il présente avec le nord en haut. Ainsi placés, ils sont d'une lecture difficile. Nous les reproduisons néanmoins tels (ju'ils oui l'té publii.'S jiar la Socii'tr Astronomique du PaciPupie et par la revui' Aslro-Phijsics. Le meilleur nniven de s'y reconnaître sera donc de retourner cette pa.ui', le haut en bas. Les limites de la mer équatorialu {fty. i\, écrit l'observateur, sont nettement définies. Elle mesure 1300 milles de longueur, de l'est à l'ouest, et 200 milles do lar- geur ('i, eu moyenne, avec deux baies iirofundes légôremout courbées, dirigées vers le sud, à sou extriûiiité occidentale. La surface totale est de \!7."i(iOO milles carrés. La forme de la mer du Xord (/(';/. 3), est celle d'un quadrilatère irré- gulier de 7â0 milles de long sur dOO de large. Au nord, ses contours sont aussi nettement définis que ceux de l'autre mer, mais au sud elle est bordée d'une zone grise sombre qui ne parait jamais bleue et qui doit être plutôt continen- tale. Son aire est presque égale à celle de la mer équatoriale, et d'environ "2'25000 milles carrés. Ainsi les mers martiennes ne surpassent pas en étendue un demi-million de milles carrés. C'est exactement la inoiii<>dc la surface de ta Méditerranée. C'est extrêmement peu, comparé au globe terrestre. Le climat de la petite planète doit être de ce fait le plus sec des deux et il doit y avoir là plus de déserts qu'ici. Les régions vertes situées près des pôles disparaissent prcsifue entièrement après l'équinoxe de printemps, d'après les oliservatious de 1S90. Celles de 18'J- confirment le fait. L'observation du pôle sud a été fructueuse. Le 23 juin, la lindte nord des neiges était à la latitude G5", ce qui Correspondrait pour notre bénùspbère boréal aux latitudes de la Sibérie, de l'Islande et de rAméri([ue britannique boréale. Comme cette date ne représentait que trente jours après l'équinoxe de prin- temps, la ligne de fusion des neiges était plus voisine du pôle qu'elle ne l'est sur la Terre. La surl'ace de ce cap neigeux couvrait 2400000 milles carrés. On apercevait un point noir vers le centre. Cette tache noire s'est agrandie rapi- dement et a formé une ligne coupant le cap en deux. Ce cap neigeux a Inndu rapidement, si raiiidement même que nous sommes forcés de penser que ce dépôt de neige ou de glace est beaucoup moins épais que les glaces de nos pôles. Mais cela n'implique pas pour cela un climat plus chaud, simidemout plus sec. Si la neige tombe sur une moindre épaisseur, une plus grande proportion de la chaleur absorbée dans les hautes latitudes peut être eniplovf'e à élever la ( ') Nos lecteurs savent que le )/ii7e anglais = 1609 mètres. 64 LA PLAXi:TI' MARS. température, et une moindre est absorbée sous forme latente. La température des étés serait un peu plus élevée qu'ici, et les hivers plus longs et plus froids. A la date du 16 juillet, l'étendue de la neige avait diminué de 800000 milles carrés. Donc ICOOOOO milles carrés de neige avaient été convertis en eau dans FlG. 1. Fie 2. Pic. 3. Fie. 4. FiG. 0. Fii;. 87-'J3. — Crcriuis 'le Mars |ii'is en Ixii.', par AI. William l'iekei'ius, à Aréiiiii|ia (Poroiil. I : Ornai.— i: Ujuillcl. —'ù: 10 juillet. — 4: 17 juillet. — û : :;! juillet. — U : îôjuillut. l'espace do trente-trois juurs. Avec nos immenses océans, ce fait n'amènerait aucun changemcat matériel sur la Terre, mais quel ne doit pas être l'oiret sur Mars où l'étendue totale des mers ne s'élève qu'au tiers de cette quantitc' ! Cette eau est transportée sur la surface continentale. Que se passe-t-il? A l'est de la mer en Y, c'est-à-dire au .vud de la Libye, M. Douglas a observé le 8 mai, et ^L l'ickering, indépendamment, le lendemain 0, une région trian- gulaire, avec un triangle clair au centre (/i;;. I), dont les angles étaient si OBSERVATOlllK IIALSTED, 1892. (;r) précis qu'ils ont servi de points niiorométriques de mesures. \'n mois i)lus tard, quand la planète présenta de nouveau la même région aux observateurs, le triangle central clair avait entièrement disparu, offrant la même teinte que le triangle extérieur, de sorte qu'il no put plus servir pour les pointés micromé- triques. La contrée entière était pourtant encore moins foncée que l'Y. Le 17 juillet, cette partie de la région au sud-est de la mer du Nord était devenue très sombre (/ï;;. 4), presque aussi foncée que la mer elle-même, mais grise, tandis que la mer était bleue. Le cap polaire austral s'est montré, le 12 mai, bordé d'une fine ligne noire. Le 23 juin, cette ligne était plus épaisse. Le IG juillet, une large ligne noire bordait le côté occidental de la branche de l'Y tfig- 3i. A partir de cette époque, il j' a eu là des changements incessants. Le 17 juillet, les deux branches de l'Y étaient égales on largeur, comme on les avait vues en 1S90. Le 25 juillet, le bras oriental était réduit à un simple filet. Ces observations s'expli(iuent en pai-tie en remarquant que ces grandes varia- tions sont arrivées à l'époque de la fonte si rapide des nei(jes jMlaircs, qu'un canal foncé est apparu soudain le 12 juillet, qu'il disparut ensuite et que, quelques jours après cet événement, la mer du Nord prit une extension consi- dérable. De ces observations de M. W.-IL Pickering nous tirerons de nouveau la conclusion que des variations certaines se produisent à la surface de Mars, ces variations ne ^'expliquant pas par des effets de nuages. CLIII. — Odseiivations faites a i.'OnsERVAXomE IIalsted, Princeton, PAR M. C.-.A. YOUNG l'I. A l'aide de l'èquatorial do 2.3 pouces (-), armé de grossissements de .500 à 700, M. Young a étudie la planète du G au 3. F., IL 5 f,r, LA PLANETR .MARS. par une liorJure somltrc irréiiuliéro. Le 25, deu.x taches lilanches se voyaient on ilehor.'^, l'une vers la longilude 300" (prohalilement Novissima Thnlc), l'autre v(M's 210" (pro])a]ilemcnt Tluile II). (Tost la carte île Greon, faite à Mailcre en 1877, qui, selon l'oliservateur, repi-i'scnti' b' mieux les aspects de la planète. L'auteur n'a pn ilécouvrii' aucun canal. II a Lien aperçu di' faibles tracés paraissant correspondre avec la position des canau.x. mais des grossis- sements élèves faisaient évanouir ridenlincalion'ei, au lieu de lignes fines, Fig. 3:1. — Mar.'; à l'Obscrv.nli.iro lie Priiicolon ( Elats-Cnis ). le ;6 juillrl IS'.iJ. Dessin ilo M. Yminii:. OU ne distinguait que îles ombres vagues, irn\i;ulirres. indéfinies et souvent disciintinties. A rexiri'niité nord dr la mer du Sablier, la Nilo Syriis et le Nil se mon- li'aii.Mit elairrmcnl, rt l'on apercevait aussi quelques traits dausleconti- in.'nl austral, pouvant corres]iondi-o aux canaux Xanlhus, Scamaiulrr et Sii'no'is. L'OKniilria idail liini in'llr. LeH juillrl, àmiiiuil. la région du lac du Sidril était presqui' centrale; les inia.Lies u'étaienl pas parfaiti's, limtefiiis le dessin ciu'respond bien à celui de (Ireen. Le lî, la baie i'ourcliue du miu-idien a éli'> paiTailemenl vue, mais sans aucune trace de canaux, i|uiiii[uc le disque ail paru couvert d'uni' masse de détails maguiliqiu's. l'n dessin pris le 26 {fir/. 93) luonire bien raspi'cl d'ensemble, surtout en ce qui concerne le cap polail'e. I.elimbe precédcnl elail un jieu luiibri', tandis que le sui\aiit (Folhvriih/. celui de droite) elait lies ( lair, surtout [ires du cap pidaiie. OBSERVATOIRK WASIllirUX. 1802. 67 Les satellites ont éti" hien visibles, même avec In planète dans le ciiamp. Deimos cessait d'r[vz visible vers 10" de distance du liord du ilisqiie, Phohos vers 5". Une observation rare a été faite par M. Yoiuil;, .lans la nuit du 23 an -M juillet : Mars a occulté une petite étoile de 10" grandeur, presque centra- lemenl. L"étoile a disparu environ 15 secondes avant d'arriver en conlacl. La vue était médiocre, de sorte qu'il n'a pas été possible de constater aucuno variation de forme ou de couleur due à l'atmosplière de la planète. C'LI\'. — OBSERVATIONS Di: M. Lewis Swift a r/OnsERVATOiUE AN'arneh. ROCHESTER ('). Le brillant découvreur de comètes dcclare que ses observations de Mars cette année ont été une série de (b'sappointements, à cause de l'agitation de l'atmosphère et de la basse altitude de la planète. Le 16 pouces ne mon- trait pas plus que le 4 pouces. .\ consigner pourtant l'existence d'une petite tache noire ronde, dunt la moitié était posée sur le bord suivant de la calotte polaire et la moitié en dehors. Elle était égale à l'ombre du plus petit satellite de.lupiter. L'ubser- vateur l'a vue trois fois, et un visiteur l'a aperçue également. Il se demande si ce n'était pas là une dénudation du sol causée par la chaleur de l'été antarctique. On n'a rien aperçu qui ressemblât à des canaux, simples ou doublr^. CLV. — OnSERVATIONS DE M. CO.MSTOeK. A I.'OiiSERVATOUiE WaSUHUIIN. MADrsox (',1. Deux séries d'oljservations de notre planète ont été faites à Madisim pendant l'opposition de 189-2. l'une pour h' détermination de sa position relativement aux étoiles voisines, l'autre pour l'examen du po!e. C'est de celle-ci que nous nous occuperons. L'équatorial de 15 pouces 1,2 a servi à mesurer la position du cap polaire sud. Cinquante-quatre observations ont été faites en vingt-neuf nuits; elles indiquent une correction assez forte [—~°] à apporter à l'angle de position adopté dans les éphémérides de M. Marth. La petite distance polaire du centre du cap, comparée aux anciennes déterminations, est particulièrement digne d'attention. A'oiri les prin- cipales : (') Aslronomy anci Asti-o-PlujL Giovann(.>zzi, un voit un canal qui concorde presque exactement avec cette vue. » IV. — 1 1 septembre. S'' .'il'". Curiosité inattendue. A droite du lac du Soleil, un autre lac, presque pareil. Vu le '■), le 11, le 17 et le 18 septembre. C'est tout h fait incompréhensible. LA PLANETE M A US. Fig. 'J7. — JO août. \-. _ 18 septembre, 10'' S'". Ce dessin est, comme le précédeut, de ceux qui sont le plus laits pour nous intriguer et pour témoigner des métamorphoses les plus Fis. 'JS. — 3 septeiiil)i-c. fantastiques. L'anneau de tcire qui entoure lo lac du Soleil (Thaumasia) est plus étroit, quoique les dimen-ious de la tache centrale n'aient pas changé. La mer 01iSi;UVATI()NS lAlTKS AUX MONTS A I l.i:i. Il |;n V. T.) Fig. n9. — Il soptiMiibrc extérieure s'est rapprochée. Le golfe de l'Aurore est également changé. Ou a quelquefois cru deviner, mais sans pouvoir l'affirmer, une ouverture de l'anneau Fig. 100. — 18 Sfptenilirr. vers la gauche. Ce qu'il y a eu de plus inattendu, c'est l'existence de la seconde tache ronde, ressemblant au lac du Soleil, mais moins grande, vue à sa droite. 74 LA PLANÈTE -\L\US. Elle est trop éloignée iiour représeuter le lac du Phénix, quoiqu'elle soit dans sa direction, l'endant plusieurs soirs, aux eus'irons du 18 septembre, ou nota que, lorsque cette tache passait au méridien central, elle occupait juste le centre du disque de Mars et qu'alors la distance entre les centres des deux taches était égale à la moitié du rayon. Sa position serait donc : longitude = 113", lati- tude — I.'!'. Encore ]ilus loin à droite, à environ moitié de la distance du lac du Soleil, ou a]ierccvait une tache plus petite, de l'orme irrégulière, située comme un nœud sur une bande étroite s'étendant vers le uord-ouest. Au-dessus du lac du iSoleil était une grande tache, mais non pas grise, rougeàtre, traversée par une traiuée plus claire. Les régions continentales qui la bordaient t'taient brillantes et rouges. On remarque aussi sur celte vue une projection des neiges polaires, vers lOU" do longiUule. Remarquons enfin que l'auteur n'a pu observer aucune gémination, si ce n'est peut-être celle du Gange, extrêmement large. lionnes observations et dessins excellents. Mais quelle fantasmagorie. Des lacs qui TOyagenl! Jusqu'alors personne n'avait vu de lac à cette place. 11 n'est ijourtanl jias probable que le lac du l'iiénix se soit déplacé de trois ou i|uatre cents kilonièlres en s'agrandissant du triple! Oljservations à rap- procber do celles de .M. A\'ilson, qui nous ont déjà slujiéliés tout à l'iieure. ('L\'III. — OnSEIiVATIO.VS FAITES A L'ObSERVATOIRE FLAMMARION m: ISocoTA, Etats-Unis de Colombie. (Coniniunicatiou de M. .L-JL Gonzalez, Du-ecteur.) Le vaste (■ditice qui constitue aujourd'hui l'ubservatoire Flammarion n'étant pas terminé à l'époque la plus favorable pour l'observation de Mars (août-sep- tembre IS'J;'), et les nouveaux instruments n'étant pas encore installés, nous dûmes nous borner à employer les appareils montés dans l'installation provisoire, savoir -. une excellente lunette équatoriale Sécretan, de 0'", 108, et une lunette Liardou de II"',0'.I5; nonobstant, nous pûmes employer avec succès les plus forts grossissements (|u'elles sujiportent, tant à cause de l'altitude considérable de nutre Observatoire au-dessus du niveau de la mer ('26'i0"') que de la grande hau- teur de l'astre sur l'horizon, de la limpidité du ciel et du calme de l'alnuisphère pendant plusieurs nuits. Convaincu de la grande difficulté qu'ofl're l'observation de Mars, et ne dispo- sant point pour le moment d'appareils assez puissants jiour prétendre étudier les canaux si discutés et si intéressants, nous nous sommes borné à étuilier les configurations et les caractères les plus saillants : nous présentons honnêtement ce (iLio nous avons réellement du. Dans ces dessins, nous avons adopté l'échelle de ".!""" jiour 1". OBSKUVATOllifc: F1.\.M.MA1U(IN Dl- liO(iOTA. 75 Le I" août, à H»'' du soir, par un ciel iiiagiiifiqiie, l'aspect était réellcivieiit admirable; la calotte polaire australe était d'une blauchour éblouissante et encore très étendue, bordée par une ligue sombre assez accentuée poussant une échancruro fortement marquée vers le méridien de :100'. La réiriou boréale était très blanche, ainsi que le contour de l'astre : les parties claires centrales accusaient un blanc 1'^ août, HJi". ?5 août, g'^ÔD". 1^ seplemlire. 7>' lu". Fig. I01-1U4. — Dessins de Mars, faits a rOb.-ervaloiiu Flainmariou de lii.uota, par M. J.-M. Gouzàlez. mat très pur, et les régions sombres montraient un ton gris verdàtre très doux et légèrement foncé au centre. Du 7 au 8 août la calotte australe montrait d'une manière assez nette l'échan- crure sombre du 30U" méridien avec tendance à s'accroiire, et qui atteignit sou maximum du 14 au 17 août. 76 LA PLANETE MARS. Le ?5 août, l'aspect était magnifique : on voyait clairenieut la mer du Sablier et la mer Maiu, la mer Flammarion, locéau Dawcs, ainsi que la mer polaire australe et celle de Zœlluer : la terre de Lockyer se uiontrait d'un Ijlanc mat; les continents Béer et Ilerschel I, ainsi que la terre de Burchardt, se montraient clairement. Le cap polaire était éblouissant et les bords de la planète possé- daient une teinte plus blanche que les régions centrales. 17 septembre. — Neige éblouissante, contour de la planète [dus blanc que les régions du centre; terminateur se fondant graduellement, montrant l'effet de l'atmosphère. Un fait qui nous a frappé singulièrement, c'est de voir toujours la planète dépourvue de teinte rougeàtre au voisinage du zénith. Ce pliénomène s'est reproduit invariablement pendant nos observations dans cet ordre : l'astre possé- dait une teinte rouge bien accentuée au voisinage de l'horizon ; cette teinte prenait ensuite une nuance ro.se qui se perdait au fur et à mesure qu'elle montait, et prenait nne blanclieur très marquée au voisinage du zénith. Ce fait nous a montré que les régions sombres, d'un gris verdàtre, possèdent réellement cette couleur. L'effet de contraste n'existe pas dans ce cas, puisque le jaune orange des régions claires faisait place au blanc pur. Un autre fait digne d'attention est l'échaucrure qui se montra si nettement à partir du 1" aoijt dans le cap austral, laquelle arriva du 14 au 17 à son plus grand développement, pour diminuer ensuite et disparaître bientôt avec le dégel. Nous pouvons résumer ainsi le résultat de nos observations : 1" La couleur de la planète, rouge au voisinage de l'horizon, devient rose à mesure qu'elle s'élève, et au voisinage du zénith elle est complètement blanche. î" Le contour de l'astre est ordinairement plus Idanc que le centre. o" La diminution de la calotte australe a été plus accentuée après l'apparitioa de l'échaucrure observée le 1='' aoiit. 4' La coloration gris verdâlre des taches sombres est réellement gris vert et non i>as un clïet de contraste. 0° La couleur de la calotte polaire, d'une blancheur argentine, est bien plus brillante que les régions claires du reste de la planète. •> Le terminateur se montre d'une teinte indécise, témoignant ainsi de l'exis- tence de l'atmosphère. Nous ne devons point passer sous silence une remarque qui nous a laissé une impression profonde, c'est d'avoir vu d'une manière assez nette des points et des traits nous rappelant les principaux canaux : ce phénomène se répéta à plusieurs reprises, pendant les courts moments oit la pureté et l'immobilité de l'atmosphère semblaient être parfaites; mais ils étaient si fugitifs que, bien qu'ils laissassent une impression indélébile dans l'esprit, il était absolument impossible de les reproduire sur les dessins. Tels sont les faits les plus saillants que nous pouvons tirer de la série de nos observations. LETTRE DE M. SCIIIAPAnELl.I. 77 Ces observations sont particulièrement intéressantes, étant donnée l'alti- tude de cet observatoire établi sur l'équaleur (4''35'48"X). A cette bauteur (le 2640 mètres, l'atmosphère est d'une beureuse limpidité. M. Gonzalez est un observateur consciencieux et sincère. Sur les 24 dessins que le savant fondateur de cet établissement équatorial a bien voulu nous adresser, nous en avons choisi quatre pour être annexes ici à notre documentation générale. Il est remarquable que l'échancrure polaire et la mer Main (lac Mœris) aient pu être suivies à l'aide d'un 108'"". Quant à la diminution de la coloration rouge de la planète avec son élévation dans le ciel, il est possible qu'elle soit due en partie à un effet de notre atmosphère — le même que celui (jui agit sur les colorations de la lune et du soleil — et en partie à l'objectif, moins achromatisé peut-être pour les rayons bleus et violets ('). (LIX. — Lettre de M. !-^chiaparelli. M. Schiaparelli n"a pas publié ses observations de 1892, si ce n'est en quelques fragments. Voici ce qu'il nous écrivait de Milan, à la date du 29 octobre : <. J'ai revu à peu près la planète comme en 1877, mais en de bien plus mau- vaises coniiitions atmosphériques. 11 y a cependant des différences locales coiisi- A. 1XT7 ]i. 1S02 Fig. Iu5. — La mer îles Sirènes en 18T7 et en IS92. (Fac-simi/i- d'un croquis de M. Sclii.iparelli.) dérables. Par exemple, la mer des Sirènes s'est montrée divisée en deux parties fort inégales, chacune des deux aj^ant son propre débouché dans le Sinus Aonius, comme je vous l'indique dans les esquisses ci-dessus. Le croquis A représente ce que j'ai observé en 1877, et le croquis B ce que j'ai observé cette année. Le détroit des Colonnes d'Hercule paraissait remplacé par deux autres semblables. (') M. José Landerer nous écrivait de Tortose (Espagne), à la date du S août, qu'en 1892 la lumière de Mars lui a paru moins rouge que lors des dornières oppositions. Il nous écrivait de nouveau à la date du 14 septembre: 0 Les observations que j'ai continuées depuis ma lettre ne font que confirmer le fait que je vous signalais : décidément la coloration de la planète est maintenant moins rouge que lors des dernières oppositions. C'est même un clTet facile à saisir, pourvu que l'astre soit suflisamment élevé sur l'horizon. » 7§ LA PLANETK MARS. • » I^a mer Ailriatique se prolongeait aussi tout droit en haut, par un canal très visiljlc. Jusqu'au golfe de PrométlK'O, en coupant la Chorsonèsc à sa base. » La grande île Argyre-Noachis se rattachait à la région de Deucalion par un espace clair intermédiaire [x, sur le croquis ci-dessous (/?;/. lOfi)]. eu produisant ainsi l'elTct d'une presqu'île inimease enveloppant toute la mer Erythrée dans sa concavité (M. H est certain qu'en 1877 la région marquée x était bien plus sombre Fisr. l'iil — l'iKingements observés sur Mars. La région de Deucalion en IS'J,' { Fac-simitr d'un croquis de M. Scliiaparelli.) ((ue Noachis et Deucalionis Regio. Il en a écé do même pendant les oppositions suivantes jusqu'en 1890. » Ne croyez pas que je renonce :\ toute spéculation sur la cause do tant d'étranges phénomènes. Mais jni vu qu'il est bon de séparer nettement, les observations des raisonnements techniques. Ala manière de voir sur la consti- tution physique de Mars a peu changé depuis 1877; seulement, il y a des points sur lesquels la lumière tarde à se faire dans mon esprit. Il faut encore des olisorvations, beaucoup d'observations. 1) 11 serait important de savoir, par exemple, si les émissaires du lac du Soleil donnent lieu à un nombre déterminé de variantes, ou bien si les change- ments possibles peuvent varier irrégulièrement et à l'inlini. Et il faut aussi être bien sur do la périodicité de toutes ces variations. >> (jOS oliservalioiiP iiionlronl que do^ chungivneKls prrpcliu'ls se pi'Oiliiisriit à l;i surface de la [danète, coinmo il n'snlle d'ailli'ur.s îles faits puliliés au iircmier volume de cet iiuvragc. Ivui ou végétation'? tjue ce soit l'une ou l'aiilre, ces variations sont rêrllrs. au moins en partie, et ne sont pas des illusions subjectives de la part îles observateurs. CiCla n'ompèclic pas, sans contredit, qu'il >' ait des observations incer- (') Cet éclaircissement se voit aussi sur l'iiii dos dessins de M. Keoler. du 17 août, non renrodiulici. On remarque un elVet analogue sur le dessin de M. Fiai-uard. dii'21 août (p. 51), OBSERVATIONS \)i: M. PF.RHOTIX. 7;) taines, insuffisantes, mauvaises mènii> et sans valeur. Ne soyons exclusifs en rien. Discutons tout sans parti pris. Une autre -impression commence à se [U'ésenter à noli'e esprit, en ce qui concerne les canaux, (-'(^st qu'ils pourraient se composer de ti-aci''s interrompus (p. 66, YouNT.:' p. 76, Cioszu.v.y.). .Niais nr anus pressons pas de conclure. CI.X. — (jBSKIiV.VTIONS DE M. Pi:iU!OTI\, A NlCK. r'nO.IKl'.riOSS. M. Perrotin a i"onlinui\ à Nice, ses lielles oliservalions aux "'([ualoriaiix de 0'",76 et 0",38. Voici son intéressante relation (M. Elle concerne surlmil les projcclinns lu mineuses apparues sur li' terminateur. Il s'agit de renliernents brillaats, de coLdeur et d'éclat comparables à reiix ilc la calotte polaire australe, observés à trois reprises dilTé['eutes, le 10 jidii et b>s 2 et 3 juillet, sur le bord ouest du disque de la planète. La dernière fois, le 3 juillet, il m'a été possible de noter les diverse.-; phases de cette singulière apparition. Ce jour-là, le point brillant a commencé à émerger sur le bord du disque à 14'' 1 1™ (temps astronomique du lieul, d'abord très faible; puis je l'ai vu croître graduellement, passer par un maximum, dimimier ensuite pour disparaître cndn à l."i''i> environ. Les faits ti'auraient pas été dilTérents s'il s'était agi d'une élévation de la surface de Mars traversant le bord éclairé du disque par le seul effet de la rotation de la planète. La phase qui a(Tectait à ce moment le bord ouest de la planète, où le phénomène si^ produisait, n'a pu fpie le modifier dans sa grandeur et sa durée. I..a veille, 2 jnillei, j'é'tais arrivé à la lunette dans la période voisine du maximum, à lihld'". et j'avais pu suivre le point brillant jusqu'à sa complète disparition, jusqu'à I '1'' 10'". Les 2 et :i juillet, les choses se passaient dans la môme partie du disque, vers le TiO" degré de latitude suA PLANËTH MAKS. cordeui pour montrer qu'il y a là une lie couvei'te de hautes montagnes de temps en temps blanchies par 1rs neiges ou par les nuages. L'astronome anglais Dawes a notifié là de curieux changements; il a notamment dessiné une tache blanche parfaitement visible les 21, 22 et 23 janvier ISGJ et, au contraire, complètement invisible les 10 et 12 novembre précédents. 11 Celte ile ( ' ) paraît s'élever au milieu des eaux, cime solitaire, souvent blanchie par les neiges, et peut-être environnée de nuages qui se condensent là comme ceux que l'on voit suspendus aux sommets des Alpes, toutes les fois que l'air hu- mide est un peu rafraîchi. C'est l'ile de Ténériffe de Mars, plus élevée sans doute, mais ne plongeant point, comme nos Alpes et nos Pyrénées, jusque dans la région des neiges éternelles. " Quoique le globe de Mars paraisse [jIus aplani que la Terre, peut-être pos- sède-t-il encore quelques montagnes. Mais ces blancheurs intermittentes pour- raient aussi être produites par des nuages qui se formeraient au-dessus des régions humides et froides, et subsisteraient pendant quelque temps. » Cette île ueiyeuse correspond à la régidu de Protée, des Cartes de Schia- parelli. L'ile d'Argyre paraît dans le inèuie cas. Nous parlions de l'exis- Icnce prohabic de uiontagries sur Mars, en diverses régions de la planète, indi'pendaiiiniriU des points hunineux observés le long du terminateur, mais pouvant les explii|uer. Im/ouIous sur ce sujet un Irrs habile obscrva- leiu-, M. Campbell, de l'Ubservatoire Lick. CLXl. — C.UU'UELL. — PUO.IECTIONS OBSERVÉES SUR LE TERMINATEUR DE Maks [-). Nous traduirons textuellement cette étude. M. Schiaparelli a souvent signalé certaines taches brillantes observées sur la planète, et leur a attribué une très grande importance pour l'étude de la consti- tution physique de Mars. Cet habile observateur n'a jamais vu ces régions bril- lantes projetées au delà du toruiinateur, mais il a dénmntré (■') qu'elles sont beaucoup plus brillantes vers les bords que vers le centre de la planète. Leur caractère permanent montre que ce sont là des phénomènes inhérents à fc. sur- face même de l'astre. M. Terby a observé en huit ou dix nuits, en 1888, trois taches blanches qui, uivisibles tant qu'elles n'approchaient pas du bord du disque, devenaient très brillantes, se montrant projetées hors du limbe par irradiation, comme les neiges (') Déjà signalée dans la première édition du même Ouvrage (1877), p. ■'lîS. (') Puhlirnlions of Ihe Aslronomical Socwty of the l'aci/ic, vol. Yl, lS9i, p. 103. (') Voyez Tome 1, (i. 440-441. PK0.1KC,T1()NS (MiSERVfil-S SUR LE li: l{ M I N \T IT li hi: \l \ ii S. 8:i polaires, .le ue sais .si loutes les observations ilc M, 'l'erhy se rapiiortoiit aux mêmes région.?; c'est probable, et, dans tous les cas, ces iioints senihient ullVir un caractère permanent. Des régions blanches analogues .\ celles observées par MM. Scliiaparclli et Terby ont été frcquoinment observéesà l'observaloire l.ick, en ISSS, is'.iil et IS'.I,'; mais les projections brillantes sur le terniiiiateur, observées ici pour la première fois en 18110, sont d'une nature plus partii-ulière, et sont peut-être, à part les calottes polaires, les phénomènes les plus intéressants ([ue l'dii ait jamais observés sur Mars. Nos observations pour 1890 sont décrites dans les Publications de la Société astronomique du Pacifique, vol. H, p. î'iS-yiO. Nous disions : « Le phénomène remarqual)lo de points lumineux se projetant au delà du terminateur de Mars et présentant à peu près l'aspect des montagnes et cirques lunaires vus de profil au bord de la Lune, a été bien constaté à l'aide du grand équatorial, les 5 et 6 juillet. Un dessin fait par M. Keeler montre une tache blanche, étroite et elliptique, longue de l",5 à 2", 0, et paraissant projetée en bas (vers le Nord), en formant un petit angle avec la ligne du terminateur. La définition était alors excellente, et à 10'' 30™ la tache était encore sur le disque, visible comme une ellipse blanche ressortant sur un fond plus sombre. » Le (i juillet, le même aspect a été observé avec plus de soin par M.M. llolden, Schseberle et Keeler. M. Holden a vu à 8''3'" une tache protubérante qui se recourba vers le haut à 8''45'" pour en rencontrer une plus petite, i" (mviron plus au Sud. M. Schscberle crut saisir une liaison très faible entre ces deux taches. » La tache inférieure, bien qu'elle eût changé considérablement de forme, resta néanmoins visible pendant [dus d'une heure, et parut toujours située à l'extrémité d'un long isthme de la surface de la planète, an nord de Deu- teronilus. L'explication la plus simple du phénomène est ainsi que ces taches étaient considérablement plus élevées que la surface générale de la planète. ■Vers lOi'îô" du IG juillet, l'aspect était à peu près le même que celui de la tache vue la veille, et se montrait, à n'en pas douter, au même endroit de la planète. » On a pu prendre des dessins très soignés de ces aspects bizarres. Il faut dire que la planète n'avait pas été observée les jours précédant et sui- vant les h et G juillet, de sorte qu'on ne saurait dire pendant combien de nuits ces projections ont persisté. Ces phénomènes étaient réels : ils n'étaient pas causés par l'irradiation. Non seulement les points étaient élevés au-dessus du terminateur théorique, mais les plus brillants d'entre eux se recourbaient vers le Nord dans une position paral- lèle au terminateur, et l'extrémité boréale de cette courbe était séparée de la partie non illuminée du disque par une ligne noire de largeur appréciable. La latitude de la tache principale était à peu près de — 40\ Nous avcms 84 LA PLANETE MARS. calculé les longitudes du terminateur, :\ -+- 40°, et nous les avons trouvées égales à : 5 juillet, 11)'' O"' longitude U'.S » 10 30 » 52 .1 (; juillet, 8 4 ». G ,3 » H V) » IS ,!) » 10 Câ » 40 ,7 Ces projections se soûl proiluites vers la région appelée Temyié. l»es projections analogues outété observées sur le terminateur par MM. Ilolden, Schaîberle, llussey et Campbell, à l'opposition de 1892. Quant à moi, j'ai observé ces projections les 10, 1 1 , 12, 13 et 17 juillet 189-2. Per- sonne n'a vu ici ces jirojections apri's le 17 juillet. Elles se sont distribuées de ^2."!» ù — ."lO" de latitude australe. ( 'elles observées par M. Ilusse}- et par moi étaient toutes comprises entre les longitudes 310'' et 9."i<'. Les plus remarquables ont été celles observées les 11 et 13 juillet. Le 11 juillet on voyaitdeux proéminences, dont la plus imporlaute a été remarquée des le déliut des obsL^rvatious, à 12''15"', et est restée constamment en vue pendant deux heures. 8a forme changea considéra- blement. A 13'' 25'" elle était extrêmement proéminente, et son extrémité extérieure était distinctement recourbée vers la calotte polaire sud. D'après les mesures de sa position, sa latitude serait de — 47"; mais cette latitude augmenta continuel- lement. Mes notes à ce sujet disent : " 13''25"', la distance entre la proéminence et la calotte polaire est moindre qu'à 12''5.V" », et « 13''5d"i, proéminence plus petite et encore ]dus rapprochée du pôle ». La longitude de cet objet varia entre 340'' et 7». Ji; n'avais pas réduit ces observations jusqu'en janvier 1894, lorsqu'une comparaison des résultats avec les Cartes de Schiaparelli montra d'une manière concluante que les projections étaient ou centrales sur la région claire Noachis ou bien vers son bord supérieur ou méridional. L'extrémité suivante de Xoachis approche de la calotte polaire, comme les projections. Une projection secondaire et moins importante (latitude — 33'') a été visible de 12''4.j'" à 13''5â"' du 11 juillet. Le 13, les observations du 11 ont été confirmées. La plus australe des deux projections présentait l'aspect recouriié d'une manière frappante à I4''3.'!i'", offrant exactement le même aspect que celle du 11 à !3''25"'. Ainsi, en tenant compte de la dur('e de rotation de Mars, le niéirie point de la jilanète a été observé pendant les deux nuits. La position de la base de la proéminence était en — iO" de lati- tude et par 3."i7° de longitude. La même partie de la planète était au terminateur les 10 et 12 Juillet, et les ijrojections ont été vues aussi à ces deux dates. M. Perrotin, à Nice, a observé ces projections le 10 juin. Je pense qu'elles peuvent être attribuées à des chaînes do montagnes situées sur le terminateur, et probablement couvertes de neiges dans certains cas. Ou peut admettre (pi'il existe.' des montagnes sur .Mars, et ([u'elli-'S peuvent être visibles dans les grands instruments. La distance de la planète à la Terre, le U juillet 1892, était d'environ 63 000000 de kilomètres. Nous pouvions nous servir PROJECTION? OBSERVEES SUR I.E TE I! M IN ATKL'R DI". MARS. Sr> de grossissements variant de 350 à 520 diamètres. Les distances correspondant à. ces rapprochements sont respectivement de ISOOOOet 121000 kilomètres. I,a Lune est éloignée de pins de deux fois ISOOOO et de plus do trois fois 1 21 UOO kilo- mètres. Et cependant nous pouvons observer à l'œil nu des projections brillantes sur le terminateur lunaire, projections causées par les chaînes de montagnes ou les cirques de notre satellite. Lorsque les montagnes entourant le golfe des Iris sont sur ce terminateur, on se demande ce que peut 'Hre cette surélévation brillante que l'on distingue à l'œil nn. On n'a du reste qu'à examiner des photo- graphies de la Lune, à tous les âges de la lunaison, pour voir à quel point les montagnes en relief le long du bord éclairé peuvent devenir évidenti's. Ces pro- jections ne peuvent jamais se voir à l'oîil nu sur la circonférence du disque lunaire. Si donc nous pouvons observer des proéminences sur le terminateur lu- naire, à une distance de 3S4 000 kilomètres, sans la vision tèlcscopique, on ne peut nier que nous puissions apercevoir des phénomènes semblables sur h; terminateur de Mars, lorsque sa distance équivalente au grossissement télescopique est infé- rieure à la moitié delà distance de notre satellite. Comme exemple, considérons l'observation de iL Perrotin du lu juin et donnons à la proéminence sa hauteur maximum, 0", 2. La distance à la Terre de la planète était alors à peu près égale à 84 700000 kilomètres. La longueur apparente de la projection serait donc 84700000 tang 0',2 ou 82 kilomètres. Eu supposant la projec- tion due à une chaîne de montagnes s'étendant jusqu'à la surface non illuminée de Mars, et à une hauteur au-dessus de la surface assez grande pour saisir les ra}"ons du Soleil, tandis que les plaines voisines no sont pas illuminées, la dis- tance de l'extrémité extérieure de la chaîne de montagnes, illuminée au termi- nateur, serait égale à la longueur apparente de la projection divisée par le sinus de l'angle à Mars entre la Terre et le Soleil; c'est-à-dire à 82 kilom. , ..^ , ., <, — ^ ^ 1 13 kilomètres. SI n3r)» La hauteur approchée d'une montagne à une ilistauce de li:i kilomètres du terminateur, pour être juste illuminée, serait ('i \' ( 2, 1 OU ) -^ ^ ( 1 13 r- — 2, lOii ^: 3'-»,U 1 ou un peu plus de 3000 mètres seulement. Toutes choses égales d'ailleurs, si les projections sont dues à des mijutagnes, celles vues en juillet devaient avoir une hauteur d'environ 3000 mètres. Il paraît ainsi que, pour que les montagnes sur Mars soient visibles dans ... 15 IG 17 Ilourt.'. 15'' 2" 12 S 12 :, 13 3 13 '. 10 i Il 8 13 8 12 4 12 2 ni.-imôtre pol.iin-. 24", 3C 24 ,79 25,10 25 ,37 25 ,22 25 , 52 25 , 59 9 25 , 18 24 ,97 Itiam.-trp (' ■(|uat<>ri:i1 2i" , r,2 2'i . 95 25 ,36 25 ,21 25 ,34 25 . 52 25 .7n 24 ,98 On voit, d'une part, que l'aplatissement polaire est insignifiant, puisque, parfois même, les mesures ont donné un nombre plus petit pour le diamètre équatorial que pour le diamètre polaire. On voit, d'autre part, que les diamètres mesure's sont tous plus petits que ceux donnés dans la Connaissance des Temps ainsi que dans les Xautiral AImnnaes d'Angleterre et des Etats-Unis. Ces mesures confirment la déclaration faite plus haut (p. 45). Autres mesures. — A l'équatorial de 0^,40 de l'Observatoire Wa^^hlmni, M. George Comstock a obtenu de son côté les mesures suivantes : 5 août. 6 » 7 u Diamètre pol.iîre. 2.5", 19 25 ,30 25 ,67 Di.aniL'tre t'(iQ.itori.il . 26", or, 25 ,80 26 ,25 L'auteur pense que l'excès du diamètre équatorial sur le diamètre polaire peut être dû à une erreur systématique d<'pendant de l'angle de position de la distance mesurée. Ces mesures, comme les précédentes, confirment donc absolument nos = 1709 milles = Î750 kilomètres. 94S .. 1ô?5 » 708 « 1Î3G » 88 LA PLANÈTE MARS. propres mesures et notre conclusion que : « Le diamètre des Tables de Le N'errier est certainement beaucoup trop grand ('). » CLXIIl. — AsAPH Hall. — Pôle austral et neiges polaires. A l'équatorial de 0"',CG de l'Observatoire de Washington, I\L Asaph Hall a [iris une série de mesures de la largeur de la tache polaire australe de Mars. Eu voici les résultats : Angle :ir«'ocentrùiUv-'. li juillet 1892 40°, 5 12 août 25 ,8 IG septemlM-p 20 ,0 L'auteur remarque que pendant la dernière partie des observations, lorsque la tache fut très réduite, son centre offrait l'aspect d'une dépression ou cavité à la surface de la planète. Pareille apparence avait déjà frappé l'observateur en 1877. M. Comstock, dont nous avons cité tout à l'heure les mesures du diamètre, a trouvé de son côté, jiour cette même étendue des neiges polaires : Distance Au t'entre au pôle. Longitude. 20 juillet 4i- 0%47 341- 18 août 3:. 2 ,9.5 11 19 septembre 22 2 ,9J 36 M. Asaph Hall a trouvé pour la distance du centre du cap polaire au pôle géo- graphique : î°,45. En comparant ces valeurs aux principales pi-écédentes, nous avons : Herschel . 1783 Bessel 1830 Béer et Mad 1er 1837 Secchi 1858 Linsser 18G2 Kaiser 1802 A. Hall 1877 Schiaparelli 1877 A. Hall 1892 Comstock 1892 La tarhe |iolaire est restée très proche du pôle. A l'Observatoire de Juvisy, nous ne sommes pas parvenus à la voir lourner autour du pôle, comme plusieurs astronomes l'avaient constaté dans les oppositions antérieures. (■ j La Plnnele Mars, I. p. 480. 8° 18 G 30 8 0 17 42 20 0 4 IG 5 11 G 15 0 45 2 95 OBSERVATOIRK ROVU. X)]-. RELGIQUE, 1S92. 89 CLXIN'. — Observations faitks a l'Ouskuvatoire kovvl di; Hklc.ique, PAR MM. NiRSTl'.N liT riTUVVAERT (M. Les observateurs so seul bornés ;ui\ aniiolations suivantes : La faible hauteur de Mars sur notre horizon pendant cette apparition et son éclat excessivement vif, dû h sa grande proximité de la Terre, ont rendu les observations do l'aspect physique de cette planète très difficiles. Les taches grises étaient très pâles, et les détails faiblement teintés ne s'aper- cevaient qu'après une attention soutenue. La teinte ocreuse des continents était très prononcée ; plusieurs taches blanches se montraient dans l'hémisphère austral : elles étaient très brillantes quand elles 16 septembre, TtSO". 11 août, 9'' 30". Fig. 107-l(iS. — Dessins faits a l'(3bservatoirc royal de Belgique par MM. Niesten et Stuyvarrl. se trouvaient près des bords de ht planète ; elles correspondaient à Ilellas, Arg3"re, Noachis, Yaonis Regio, L)eucaIionis Rogio. Des taches blanches ovales se sont encore montrées très nettement : 1° aux bords nord de Mare Sireniuni et de Mare Cimmerium; i" entre Fastigium Aryn et Sabaeus Sinus ; 3° à l'est et à l'ouest de l'extrémité boréale de Syrtis Major. Les canaux (nous leur donnons ce nom sans conclure à leur nature) qui ont pu être observés jusqu'à présent présentent l'aspect de bandes grises très faibles, larges, diffuses; ceux qui ont pu être identifiés correspondent à Géhon, Indus, Gange, Titan, Gorgon, Protunilus. La blancheur de la calotte polaire australe était très vive. L'ne déformation limitant cette calotte s'est montrée très apparente lorsque le méridien central était 48". (•) Bulletins de l'Acadihnie roijalo de Delr/ique. 1.S'J2. 90 LA PLANETE MAHS. Celle Note est accompagnée de quatre esquisses un peu incertaines, à cause des conditions défavorables qui viennent d'être rapportées. L'une des plus complètes de ces esquisses, du 11 août, par M. Sluyvaert, s'accorde avec les deux ligures GO et (il de .luvisy puliliées plus haut, en en suppri- mant les canaux. Les îles supérieures sont bien marquées. Nous reprodui- sons deux de ces esiiuisses, représenlant toutes deux la baie du Méridien. Dans la première on rrmanjuera une traînée diiïuse parlant de cette baie et peiuvanl indiquer l'espace compris entre les canaux lliddekel et Gehon, el uneauli'e correspondant sensiblement à l'indus. C'1>X\'. — AltETTI. — OliSEUVATIONS DE ^^■ir,S PENDANT L'OPPOSmON DE 1892 (')■ Ces observations n'ont pas eu pour olijet les taches, les aspects, la con- slitutiiin physique de la planète, mais la mesure de l'angle de position du centri' di- la calotte polaire australe, la phase et le diamètre. Les résultats sont : 0 ^ G0"3G8 = 4'':!87 /. ^- 4° 009 = (1° 300 (Miase II; juillet (l'.'iO 24 .. 0", iO » 5 aoùl 0',05 17 -> 0",':9 21 0",'(4 » '25 » U'.liO Diamètre au cln-onographe Jô-18 août) 24",!'.) » au niicroiiiétre î7",'-8 Ri^duits à l'unilO de distance : 9", 30 et 10", 4S CI,X\'I. — E. W. Malndec. — P>Ai'i'iii!r de la Section ARÉdi^RAPHiQrE DE i.A Llurnsn .Xstroncimd.m. .Assuciation, pour IS9-^. M. Mauniler. directeur de colle .S^clinn, discute les résultais ublenus par lui el ses coUaboralem-s. MM. E. ..\nloniadi, G.-L. Brown. Uev. C.raig, G. -T. Davis, L.-.V. Eddie, 11. Ellis, Rev. Ereeman, W.-E. Gale, l'.-H. Moleswortb. Capitaine Noble, D' Smart, Uev. Waugh, .\. Stanley Williams, .1. Wykes et MM"'- A. Everell et A.-S.-D. RusseU. En voici les conclusiiuis : Eu IS9.\ Deiicalionis Regio a été un peu plus foucëe que le contiuent au nord. Elle peut varier de couleur et d'intensité aux diverses oppositions; peut-être niéiiie eu quelques jours. La Carte de Scliiaiiarelli jiarait exacte dans ses repré- (') Osservn:ioni astronomiche su Marte, fatU' a Padova. lir. gr. iu-S. Koma; 1893. lîAri'ORT ni: i.\ huitisii .\>S()ciati()n. isse. 9i sentations de Mare Erythrœum. On semble avoir éprouve une certaine difficulté à bien définir les fourches du Sinus Sab.Tus. Rien de particulier dans le frolfe des Ferles ; mais celui de l'Aurore a présentt! une sorte de ligament clair à l'em- placement de Protei Uegio. Le lac du Soleil se montre assez pâle sur plusieurs dessins, bien que le contour de Thaumisia reste très distinct. Cependant, comme A. 4 août. Long. = a:». Lat. = !> (H. EllU). B. 4 septembre. Long. = 151". Lat. = l> |.Stanley Williams). C. I.S août. Long. = 190°. Lat. = l-'» (W. (ialel. D. 18 août. Long. = 3o4*. Lat. = l!» (E. Aiitoniaili). Fig. 109-112. — Dessiu.s de Mars fuis en IS'J2 par li?s Membre.^ de la /Jciti.s/i Aflrunomicnl AssorLilion . discordances entre observateurs, rappelons que M. Keeler, aux monts Allegheny, a trouvé le lac du Soleil toujours très marqué en 1892 {voir p. 73l. Un curieux phénomène a été observé dans la mer des Sirènes; ses parties centrales se sont montrées beaucoup plus pâles que les bords, aspect analogue à celui qu'a observé M. Scbiaparelli dans la mer (Jimmérienne en 1882. Elysitim n'était pas 9? LA PLANÈTE MARS. plus cLair ([ue les régions avoisinantes. M. Stanley Williams a soupçonné des traces de gémination du Triviiim Charontis dans le sens de l'Orcus. Les phénomènes observés sur la Grande Syrte étaient encore plus remar- quables. M'" Everett a constaté, le 23 septembre, la présence d'un « pont » coupant la mer du Sablier, vers 10° de latitude boréale, observation que M. Maundcr considère comme constituant une ) L'extraordinaire simplicité de l'explication que je propose me mettrait en garde contre elle, après les innombrables efforts qu'on a faits pour la trouver, si le contrôle expérimental auquel je l'ai soumise ne me paraissait décisif en sa faveui'. » A la si'ance de la Société astronomii^iie de France du luoLs du mai 1898, une discussion s'est élevée à propos de cette explication {géométriquement très contestable, puisque l'écartenient des géminations devrait s'accroître avec la distance au centre du disque, eu qui n'est pas); M. Uuénisset a donné lecture de la lettre suivanli.' du ^1. ,'^c^liaparelli. La théorie de M. Meunier, sur la gémination îles lignes de Mars, est belle, séduisante et ingénieuse, mais elle ne satisfait pas aux phénomènes. Pour s'en convaincre, il suffit d'en faire l'examen à l'aide de la théorie des miroirs sjihé- riques. On verra tout de suite qu'il existe un point sur la surface de Mars pour lequel le rayon, venant du Soleil, est réfléchi directement sur la Terre. Dans ce point, une tache de la surface et son fantôme atmosphérique doivent se superposer pour l'observateur ter- restre : de sorte que toute gémination est impossible. Toute ligne qid passe par ce point ne jioiu-ra subir de gémination, à moins qu'elle ne soit très longue. Si elle est trop longue, Fig. 114. il y jjj^ij.jj yjjg divergence des deux côtés du point en question; kl ciuu'lie réelle et non son image se toucheronfà ce i)oint, comme le montre la figure II 4. Lorsque la ligne aura avancé à droite ou à gauche de A, il y aura gémination : mais cette gémination changera la largeur de son intervalle, et sa disposition. Tout cela est contraire à l'observation. Les gc'Uiinations passent par le i)oint A et dans les environs de A, sans subir le moindre changement : elles 1.1-: DKDiUlil.I-Mf-NT Di:S C VXAIX. 97 existent en A aussi bien (lue irirtoiit ailleurs. Il n'est pas besoin d'expérience pour sentir la vérité de ces conclusioas. Mais elles seront confirmées par l'ex- périeuce pourvu qu'on l'exécute dans dos conditions semblables à celles qu'on suppose sur la planète lorsqu'elle est voisine de l'oiiposition. Quant à l'ijypothèsc de la diplopic monoculaire f 'i, c'est la première que j'ai examinée en janvier et février IS8.', lorsque j'ai dû constater les géminations malgré moi, au joromier coup d'coil, et sans les a\oir cliorchécs. Comme alors Mars s'élevait assez près du zénith (déclin. -i-î7") et la lunette étant presque verticale, j'ai essayé de déplacer la ligne des yeux par rapport au zi'ro du cercle de position. Rien ne changeait : les lignes simples restaient simples, les doubles restaient doubles, leur intervalle était toujours le même. Cet iiitei-vallc ne chan- geait que lentement avec la rotation de la planète par l'elïet de la persi)0ctive. J'ai fait des expériences sur des lîgnes très fines de certaines gravures, et j'ai cherché si des doublements semblables avaient lieu par lespi.-tites étoiles et autres objets célestes. Enfin, je me suis efforcé de ne pas voir double ce qui l'était bien. Ces preuves, la parfaite régularité des images géminées, la facilité et la netteté avec laquelle je les voyais sans effort, m'ont convaincu qu'il ne s'agit pas h\ d'un phénomène subjectif. Au reste, il suffit d'examiner un ([uelcouque de mes des- sins pour reconnaître avec la plus grande évidence l'imijossibilité de leur appliquer la théorie de la diplopie monoculaire. La bande qui est entre les deux ligues m'a paru ordinairement de la même couleur que le champ environnant ; quelquefois j'ai cru voir du blanc, mais très rarement. Dans les géminations parfaites, les deux traits se montrent tout à fait (■'gaux, tracés l'un et l'autre avec la plus grande netteté : les bords de chaque trait bien définis. Le cas de deux traits inégaux s'est présenté aussi iiuelquefois, mais comme exception. Eu ce qui concerne mes i)ropres observations, je dois donc rejeter l'hypothèse de la diplopie. ^Lais il est bien possible qu'elle soit applicable à d'autres obser- vateurs, surtout lorsque l'instrument n'est pas assez puissant, l'atmosphère mau- vaise, l'œil fatigué, et lorsqu'on ne soigne pas bien la mise au foyer (-). Sur la nature de ces dédoublements et sur la cause de leurs changements, je ne puis rien dire. Leurs variations énigmatiques rendent i)lus difficile encore l'étude des changements qui ont lieu dans les configurations iiermanentes de la planète. ^ Après cette lecture, M. Antoniadi, astronome adjoint à rt'ibscrvatoirc de Juvisy, a fait la communication suivante ; Ou sait eu quoi consistent les expériences de M. Stanislas Meunier. Le savant professeur dessine, à l'aide d'un vernis noir, sur une face métallique polie, une (') Proposée parA.de Boë, astronome à Anvers. Voir t. I; p. 3bS. (-) Hypothèse i-eprise par M. Antoniadi, et ;iLandunnée ensuite. F., II. 7 98 LA PLANÈTE MARS. 1892 série de lipnes et, de taches reprrseiitant plus ou moius exactement la carte géographique de Mars, puis il fait tomber sur elle un rayon de soleil, ou de toute autre source lumineuse. Il place alors, à quelques millimètres devant la surface métallique et iiarallèlemeut à elle, une fine mousseline bien transpa- rente, tendue sur un cadre, et il voit aussitôt toutes les lignes et toutes les taches se dédoubler, se géminer, par suite tions ne coïncident avec l'ancien canal... Toute trace de l'ancien canal dispa- 1) rait pour faire placi^ aux deux lignes nouvelles. » iLaPlani'ti2Mars,t. I, p. 448). Nous voudrions ensuite savoir si le parallélisme du canal et de sou ombre subsiste dans toutes les positions de la sphère, car (7 pourrait se faire que la forme sphérique de Mars se prêtât bien moins qu'un disque plat au parallé- lisme ! Dans ses derniers essais, M. Stanislas Meunier s'est servi d'une sphère de 90""" de diamètre, recouverte d'une calotte de verre de 0'""',67 d'c-paisscur en contact innnédiat, on }iiieux, séparée jiar un intervalle de 1""» ;\ 3">™, et sup- portant une fine mousseline. Le premier de ces chifl'res donne, pour la hauteur de la brume au-dessus de la surface, la valeur de -!r du rayon ; la seconde -i ; la troisième ,^- Et comme nos cirri les plus élevés ne paraissent pas se former \.K DKDnURf.EMENT DES CANAUX. 99 au delà do 12300 môtres, soit ^ do rayon turrostrc, on voit qiio lo dernier chiffre de M. Meuuicr donnerait, pour la liautcur de la coiiclio brumeuse au- dessus de la surface de Mars, une hauteur '/3 fois plus cousidérablo que celle do nos cirri, toutes choses égales d'ailleurs. Mais si la pesanteur sur Mars n'est guère qu'un peu plus du tiers do ce qu'elle est ici, la densité de son atmosphère est aussi incomparablement plus faible que celle de la Terre, et nous nous llgunuis très mal des aiguilles de glace en suspension mécanique à 563 kilomètres de hauteur dans un milieu si rarélié. Le mystère de la géniinalinu des canaux n'est donc pas encore résolu par cette liypothcse. CLXIX. — Sun LE DÉDOUBLEMEXr DKS CAXALX DE Mahs. Un correspondant anonyme, qui s'intitule « Un Lecteup. de La planéle Mars », nous a adressé la communication suivante : Dans YInjpothèse d'une construction intentionnelle des canaux de Mars, ne pourrait-i>n admettre l'existence d'un vaste réseau de canaux creusés : 1' pour mettre en communication entre elles les grandes mers, et les canaux entre eux; 2° pour assainir les plaines et favoriser l'agriculture : 3» pour combattre les effets des grandes inondations, périodiques ou non, qui paraissent se proiluire sur ce monde de Jlars'? Les variations constatées dans l'aspect des canaux simples pourraient être attribuées à des modifications résultant soit des forces naturelles, soit des tra- vaux artificiels dont la rapidité peut nous surprendre mais qui pourtant sont concevables, étant données les circonstances spéciales à la planète. La fonte des neiges polaires en été peut occasionner, comme sur la Terre, des débâcles, une accumulation subite d'eau dans les mers circumpolaires, h'ur di'djor- dement et des crues subites dans les fleuves et canaux communiquant avec ces mers. J'emploie avec intention le mot communiquant et non se jetant dans ces mers, parce que les fleuves semblent plutôt produits par le déversement des mers polaires vers l'équateur que par le mouvement inverse. Ceci posé, sur une planète où ce vaste réseau de canaux simples a pu être creusé artinciellement, il est facile d'admettre que l'on ait songé aussi à s'opposer aux effets de ces inondations, peut être même à en tirer parti pour l'agriculture, en utilisant l'excès d'eau des crues. Je suppose donc que, les canaux simples étant sujets à des débordements rapides et périodiques, on a eu l'idée d'en modérer les effets, en creusant parallèlement à ces canaux simples des lits préparés d'avance, prêts à recevoir les eaux des crues et à les empêcher de se propager trop loin. IdO 1,.\ n.ANETE MARS. ■)893 1.0 iiivoau ordinaire d'un canal simple étant par exemple eu AB (fig. 115) mon- terait au moment d'une crue jusqu'en CD, l'eau se déverserait alors par une berge eu iionte douce DE dans le canal latéral, et remplirait penilant quelques heures (lu (luclqucs jours l'espace cjmplet entre C,D,E, F. Les eaux baissant, la partie DE Canal simpl-j primitif MC D Canal later&j Fig. ii:.. serait asséchi'c de nouveau, et il resterait deux canaux simultanément pleins d'eau, ensuite le canal latéral à son tour se viilerait et le canal primitif seul res- terait plein d'eau. Cette hypothèse rendrait compte des diverses circonstances constatées au mo- ment du dédoublement des canaux : 1° Rapidité du dédoublement; i" Aspectincertaiusuccédant à la visibilité nette du canal simple (eaux boueuses au moment des crues, couleur analogue à celle des terres voisines) ; 3" Lignes foncées se dessinant après ce phénomène, avec teinte moins foncée entre ces lignes (cette dernière due à la faible épaisseur de l'eau dans la région intermédiaire DE, et ;\ sa couleur boueuse); 'i r)cux lignes foncées seules visibles (les deux canaux seuls pleins d'eau); 'i" Retour à un canal unique (assèchement du canal latéral). On conçoit que, vu la rapidité des crues, ce phénomène se présente tout le long d'un canal et môme dans un certain nombre de canaux à la fois. D'autre part, la grande largeur de la région intermédiaire DE peut se concevoir. soit à cause de la nature meuble des terres, soit encore par l'idée d'utiliser pour l'agriculture les limons dépiosés sur DE pendant les débordements. Un a constaté une particularité remarquable aux jioints de croisement de deux Fig. HO. canaux sinii)les: « Au moment du dédoublement, les largeurs des canaux dédou- l)lés paraissent plus grandes aux points de croisement. » L'elVet des crues étant plus sensible ;\ ces jioints, on a pu pré\oir, au-dessus du lit nonual, un élargissement dos berges (//;/. li(i) s'étendant à une certaine longueur de chaque côté du point de croisement, de manière à constituer, dès le premier moment, une réserve disponible pour l'accunuilation des eaux. La largeur uniforme du canal, pour le niveau normal, augmenterait alors aux LOCKVl'K. — I \ VIE Slll M.MiS. 101 crues, près des croisements, et ces (■largissenients se prcsenteraieut aussi loiri- quement pour le canal latéral correspondant. La môme explication s'applique, me semblc-t-il, au dédoublement d'un lac traversé par un canal; il y a lieu évidemment de prévoir il l'endroit correspondant du canal de décbarue un lac destiné à recevoir l'excès d'eau do cette partie. Si ces Iiypothèses paraissent hardies, on les excusera en pensant que ce singu- lier réseau de lignes droites n'est pas encore expliqué et que tout le monde peut chercher — sans avoir la prétention do trouver. Un Lecteir m: La jilanùlc Mars, à Clierboiirg (IS93). Xous reviendrons sur ce sujet, à propos d'un article «le .M. Scliiaparclli lui-même. CLXX. — Loi;kvei'. : Mauxder. — La \'iE sur Mars. M. Lockyer, l'habile observateur de Mars auquel la Science doit l'une des plus belles séries d'observations qui aient été faites, dès 1862 ('), a puljlir-, dans le journal anglais Nature, une excellente étude sur notre planète. Rappelant ses observations anciennes, il les résume en montrant que Mars est entouré d'une atmosphère analogue à la uùtre, que sa température n'est pas très différente de la température terrestre, qu'il y a là des continents et des mers, ainsi que des nuages, et que les neiges polaires fondent avec une merveilleuse rapidité lorsque le Soleil du périhélie darde en plein sur elles. M. Lockyer ajoute que les changements observés spécialement dans le ton des taches dépendent des nuages et de la surface, plus ou moins agitée, des eaux. Cette dernière conclusion est tirée du fait que les taches sombres considérées comme représentant des eaux sont plus ou moins enfermées dans les terres, et que les changements observés sont plus évidents dans le voisinage des rivages. D'autre part, la fonte si rai)ide des neiges polaires doit être accompagnée d'inon- dations considérables. L'astronome anglais ajoute que, selon lui, les « canaux » sont de véritables canaux d'eau, qui varient d'aspect selon la quantité d'eau qui les remplit, depuis l'apparence d'un maigre fleuve, comme l'une des branches des bouches du Nil par exemple, et s'élevant parfois jusqu'à l'aspect de la vallée du Nil remplie par une inondation. Les dédoublements observés sur certaines mers, comme par exemi>!e la mer Cimmérienne, le lac du Soleil, le Sinus Saba-us, sont causés, d'après l'auteur, par une bande de nuages étendue au-dessus de ces eaux. M. Lockyer discute aussi l'hypothèse d'une communication possible entre Mars et la Terre. Les journaux anglais viennent, parait-il, de mettre eu présence deux propositions. La première, due à M. Gallon, propose de disposer de grands mi- (') Voir t. 1, p. 150-163. 103 LA PLANÈTE MAlîS. 1893 roirs, de telle sorte qu'ils puissent renvoyer la lumière solaire, par éclairs et éclipses, dans la direetiou de Mars. L'absorption de lumière produite par notre atmosphère sur la marche de ses rayons entre la Terre et Mars au méridien ne serait pas supérieure à celle qui est ju-oduite par une distance horizontale de ICOO mètres. Ces signaux seraient, par conséquent, faits de jour, quoique Mars ne soit pas visible à l'œil nu pendant le jour. La seconde proposition, due à M. Ilavveis, préfère, à la précédente, le coté de la nuit et les signaux électriques. C'est, en elïet, sou hémisphère non éclairé que la Terre tourne vers Mars, aux périodes d'opposition. Chaque nuit, la ville de Londres montre au ciel une surface d'au moins douze milles carrés brillamment illuminée. Cette lumièi-o pnurrait être considérablement accrue par quelques phares électriques. Si l'on pouvait produire des éclipses alternatives dans ce grand foyer de lumière, cela suffirait peut-être pour essayer des signaux nocturnes avec Mars. M. Lockyer l'cproduit ces deux proijositions, et penche du côlé de la der- nière ('). L'observation des satellites de Mars iirouve qu'un foyer de lumière, qui mesurerait \i à \b kilomètres de diamètre, et qui serait aussi lumineux qu'un objet éclairé par la lumière solaire, et projeté sur l'iiémisphère oljscur de la Terre, serait visilde de Mars, à l'aide d'instruments équivalents aux nôtres. Remarquons toutefois qu'une surface de plusieurs kilomètres composée de points lumineux très séparés les uns des autres serait loin d'égaler en éclat celle d'un corps illuminé par la lumière solaire. La Revue scicntilique ;uiglaise Knowledge a publié à la même époque (1893), un fort iiitéTess;int article de M. Maunder, aslronoine à l'Obser- vatoin; ili; tlreeinvich, sur !c climat de Murs. Cotte planète ne recevant du Soleil, à surface égale, que les trois septièmes de la chaleur (juo nous en recevons, et la température de l'espace étant de 273" au-dessous de zéro, l'auteur fait remarquer que la température de Mars devrait être de 130° à LUI" au-dessous de zéro. Si aucune cause ne la relevait, telle serait la température moyenne de l'ensemble de la planète! Toutefois, les zones climatologiques différeraient entre elles, et l'équatoriale serait naturellement la plus chaude. Eu quelle zone du globe terrestre la lumière et la chaleur reçues du Soleil sont-elles les trois septièmes de ce qu'elles sont à sou éi|uateur':' C'est à la latitude do G2" que les rayons solaires arrivent assez oljliquemcnt pour ne pas en donner davantage. M. Maunder en conclut que (') Kans cet Ouvrage classique, il n'a pa»; été question des projets de coiiimunica- tion enli'o Murs et la Terre, malgré les G(l(l jiages du jjreniier Volume. Je rappellerai pourtant ici à ce propos riiig'''nieux projet d'éclairs alternatifs imaginé en 1S69, par mon ami Charles Cros, et que j'ai publie deimis. dans mon petit livre Excursions dans le Ciel- MAlXOEli. - I.A CLIM ATOi.Odir. MAinil'.NM:. 103 la différence entre le climat dArkhaugel et celui de Cayennc doniio liiulication de celle qui doit exister entre les tonipératuros équatoriales des deux planètes. Mais ce n'est pas tout. L'atmosphère de .Mars est beaucoup moins dense que la nôtre. La masse de Mars n'étant que le neuvième do celle do notre irlobe, et sou diamètre étant plus petit, la pesanteur à la surface n'est que les deux cin- quièmes de la pesanteur à la surface de la Terre. Si la force de l'attraction ter- restre était diminuée jusqu'à la valeur do ce qu'elle est sur Mars, notre atmo- sphère s'étendrait deux fois et demie plus haut qu'elle ne l'est actuellement, et la pression à la surface du sol serait réduite dans la proportion de Ï8 ;\ IL Si nous admettons qu'il y ait la même quantité d'air au-dessus de chaque mètre carré de la surface de Mars et de la Terre, cette atmosphère s'élèverait à une plus grande hauteur et exercerait une moindre pression. L'auteur eu conclut que le froid y est par conséquent beaucoup plus vif, analogue, à l'équateur même, fi celui que l'on éprouverait au sommet d'une montagne de tlOOO ou 7000 mètres de hauteur située au Spitzberg. On pourrait imaginer, ajoute-t-il, que l'atmosphère de Mars est assez considé- rable pour exercer à la surface une pression aussi grande que celle qui existe sur la Terre ; il faudrait pour cela, pour chaque unité de surface, cinq fuis plus d'air qu'ici; mais tel n'est pas le cas martien, car alors une telle atmosphère nous voi- lerait les détails de la surface, que l'on distingue si clairement. D'ailleurs, si nous comparons Mars, la Terre, Vénus et Jupiter, uous voyons que plus la planète est grande, plus dense et moins transparente est son atmo- sphère. Pour la Terre, MM. Laugley et Pickering ont montré que la perte de lumière d'un rayon qui arrive du zénith est de la moitié, le reste étant partielle- ment absorbé par notre atmosphère, réiléchi et dilîusé par les fines particules qui la remplissent. Un observateur placé sur Vénus aurait par conséquent lapins grande difficulté à apercevoir, même par le plus beau temps, les configurations géographiques de la surface terrestre. Toutes ces considérations réunies conduisent à penser que Mars est glacé. Si l'atmosphère de Mars est relativement à la masse de la [ilanète dans la même proportion que l'atmosphère terrestre relativement à la masse de la Terre, sa densité à la surface n'est que le 4- de celle que nous respirons. C'est la raréfaetiou que l'on éprouve en ballon à une hauteur de lôOOO mètres! .\insi pense scientifiquement b* savant astronome de l'iHiservatoire de Greenwicli. Seulement... l'observalion de Mars ne s'accorde pas avec ces conjectui'es, puisque les neiges de cette planète fondent même plus com- lilètemenl autour de ses pôles que les nei.ues terrestres, et que tous les changements observés indiquent un état climatologique général an moins aussi élevé que le nôtre. — à moins d'admetlre que ces neiges polaires ne sont pas de même nature que les noires, ce qui d'ailleurs est possible, mais n'est pas probable a priori. dOi l.A l'I.ANÉTK MARS. 18'.I3 M. Mauiiilrr l'ccoimail d'ailleurs lui-nième, de très Lonnc grâce, la 'difiiciillé. L'i'lal acliiel de Mars est, sciiililc- l-il, au moins aussi cliaud que le nôtre. Sans doute la vapeur d'eau JdUi.'-l-elle là un rôle eunsidéralilc dans l'absorption calorifique ! Coninienl concilier des données si contradictoires':' Le premier i)oiiit à ne pas perdre de vue est que la chaleur et la lumière qui arrivent sur une planète ne iJoiuieiit pas la mesure de celles qu'elle possède effec- tivemeiU. Des quantités qui arrivent sur la Terre, la meitié environ est roiroyée dans l'espace par notre atmosphère ello-mème, et une autre quantité est rôdé- chic par les nuages. Toute cette partie est perdue pour l'cchautTement de l'air ou du sol. Si nous admettions que tnug les rayons calorifiques solaires qui arrivent sur Mars soient utilisés ,i récli.iiiffrr, ei'tte seule condition assinulerait ses climats aux climats terrestres. Or, c'est la surface de Mars qui rèlléidut la lumière solaire, plutôt que son atnujsphèrc ou ses nuages, comme dans le cas do la Terre, de Vénus et de .liqiiter. l.a température de cette planète lient donc être très supérieure à celle qui résulterait uniquement de sa distance au Soleil. Mais, d'autre part, comme nous n'oliservons du globe de Mars ([ue le côti> éclairé et chauITé par le Soleil, il est possible (pic ce ([ue nous ne voyons jias, c'est-à-dire le côt(' de la nuit, suit très froid, et qu'il y ait là toutes les nuits de la neige ou de la gelée blanche, qui fondrait au soleil levant. Le ciel peut aussi facilement s'y couvrir pendant la nuit, par suite de la condensation de la vapeur d'eau. L'évaporation doit y être facile et rapide; le point d'ébulliti(Mi y est sans doute vers iljoaa lieu de 100°. La condensation nocturne peutser\ir à conserver \i (dialeur. M. Maunder examine ces considérations et conclut qu'en didiiiiii\ e Mars n'est xn'oljablement pas aussi froid que l'indiijuerail sa dislaiici/. CL.WI. -- ^^\ns, l'Ai; Siu Uoheiit B.^li. (M- L'auteur exauiiiie d'alKjrd la planète au pnini de vue lU' ra!iii(/splièi-e et de la vie. Les êtres vivants, fait- il iiuii arquer, » ulilize llie aluiosi)lierc liy olilain- iiig a priixiiiialc sourci.' (d'iuierny in tiie uniiui of ox;i.;eii willi o.xidi/.ahk! uialerials williin llieir liodies ». l'arlaiil de là, M. Bail pose d'abord, eu prin- cipe, iiue les atinospbères sont en pnipoiiiuii du volume des corps célestes cl cite ciuiiuie exemples exlréum.'s dans noire sysième le .Soleil cl la Lune, le pi en lier eii\ eloppi; d'une aliiiospliere iiiiuiense, le second dé[ionr\ ii d'uin^ atniiis|ili('re ludable. Kpoiisant luisiiile les vues de M. .loliiisloiu' Sloiic), dont Ci l'uhliculwus nf thr Asti: Suc. cf llir l'ai:i/ic, l. V, I8;.)3, p. 'l^. LES SATi:i.i.ri i:s vus ni' i,.v im.am'-.ti-. ioô il sera iiucslion plus loin, il admet la théorie cinétique des gaz. d'après laquelle chaque molécule de gaz est animée d'un mouvement l'apide qui cause des rencontres et des chocs perpétuels entre elles. L'hydrogène repré- senterait la plus grande rapidité : ses molécules circuleraient avec la vitesse moyenne de 1(500 mètres par seconde, à la température de t;i° au-dessous de zéro, qui paraît èlre celle des régions limitrophes de noire almosiihère, et atteindrait en certaines circonstances une rapidité sejjl fois plus grande, supérieure à celle qui serait nécessaire pour lancer un projectile hors de Tattraction de la Terre. L'absence d'hydrogène dans l'air terrestre serait due à celle vitesse qui, aux limites de notre almosphrre, lancerait constanuneut dans l'espace les molécules d'hydrogène (jui y arriveraient. L'absence, ou à peu près, d'atmosphère sur la Lune serait due à ce (jue !a gravité étant très faible à la surface de notre satellite, les vitesses des molé- cules d'oxygène et d'azole sont suffisantes i)our les envoyer dans l'espace. A la surface de Mars, la vitesse qui sei-ait nécessaire pour envoyer un projectile hors de la planète est d'environ 5800 mètr('s. Comme la vitesse des molécules d'hydrogène dépasse souvent cette limite, l'hydrogène liln-e ne peut pas subsister dans l'atmosphère de cette planète. L'oxygène ayant une vitesse moléculaire du (jaart de celle de l'hydrogène peut exister sur Mars. La vapeur d'eau est animée de vitesses égales au tiers de celles des molé- cules de l'hydrogène et peut probablement être retenue par la gravité mar- tienne; mais c'est juste à la limite. Les])lus forts grossissements pratiques appliqués à l'étude de Mars, ceux du grand équatorial de l'Observatoire Lick, étant d'environ 1000, d la dis- tance moyenne de Mars étant de 56000000 de kilomètres, il n'est pres(jue jamais rapproché à moins de 5G000 kilomètres, soit à douze fois la dis- tance (jui sépare les rivages de l'Europe de ceux de rAmériijue. Des aspects de la dimension des Alpes peuvent y èlre reconnus; la dernière limite serait une tache de la dimension de Londres. Un n'y distinguerait ni Liverp(jol ni Manchester. Les détails des variations des neiges polaires y sont bien visibles etlden suivis. Il n'est pas douteux iju'il y ait là un élément solidifié par le froid et fondu par le Soleil, 1res probablement de la neige. Les canaux de Mars plaident aussi en faveur de l'eau. Ils paraissent être des prolongements des mers à travers les continents. L'astronome anglais termine son étude en concluant que Mars est plus ancien que la Terre et que la vie qui a pu se produire là est ]iroliablement beaucoup plus avancée que la notre, peut-être à son déclin, peut-être n;ème disparue. Il n'y a pas de raisons pour qu'elle soit contemporaine de la notre, qui n'occupe qu'une phase temporaire rapide de l'histoire de notre globe. lOG LA rLÂXÈTE MARS. 1893 C'LXXH. — lIussEY. -- Les satellites de Maiïs. vcs de la planète C). La parallaxe joue un très grand rôle dans les aspects des lunes martiennes vues de la planète. La réfraction de l'atmosphère de Mars peut être négligée. Le savant astronome américain admet, pour celte étude, que la planète est spliéri(jiK' ut mesure (J80H kilomrires de diamètre, et que les satellites se meuvent en orliiles circulaires dans le plan de l'équateur, l'hobos à '.1100 kilomètres du centre, Deimos à 23570 kilomètres. La position apparente des satellites dans le ciel de Mars n'est pas la même, vus du centre de la planète ou de dilTércnts points de sa surface. La ililTérence de position est ce qu'un appelle lu parallaxe du salellile: sa valeur est la plus grande lorsque le satellite est à riiorizon, vu de la surface. La parallaxe liorizontale est de 21", 2 pour Pliobos et de 8°, 3 pour Deimos. On sait que celle de la Lune est de moins do 1" : de 57'. Aucun des satellites ne peut éire vu des régions polaires de la planète, à partir de 68", 8 de latitude pour l'Iiobos et de 81", 7 pour Deimos. Mars tourne en 2i''37'"23% et ses deux satellites en 7'- 39'" 14* et 30''17"'54% le tdut dans le même sens, de l'Ouest à l'Est. Le mouvement est de 14", 88 [larlieui'e pdur Mars, de 47°, 04 pour Phojjos, de 11°, 78 pour Deimos. Comme Pholios tourne plus vite (jue la [ilanète, il parait, à un observateur martien, se lever à l'Ouest, courir dans le ciel de l'Ouest à l'Est, et se coucher à l'Est. Deimos, comme tous les autres corps célestes, se lève à l'Orient et se couche à l'Occident. L'intervalle d'un lever au lever suivant, ou d'un coucher au rducher suivant, se calcule eu divisant 360 par la différence de la marche horaire de la iilanète et de ses satellites. Ce calcul donne environ H heures ])Our Phobos et environ 66 pour Deimos. Les intervalles entre les levers et les coucliers sont foi't inférieurs à la moitié de ces nombres, .lu lieu de rester au-dessus de l'horizon pendant une demi-révolution autour du centre de la planète, ou 180°, cette (hirceest raccourcie de deux fois la paral- laxi: horizontale, ce qui donne pour Phobos 137°, G et pour Deimos 163°, 4 : les temps euq)loyés i)Our décrii-e ces arcs sont respectivement 4 heures 18 minutes et 59 heui-es 36 minutes. Tel l'sl le tenii)S pendant leijuel Phobos {.'t Di'iuKis ri'stent au-dessus de i'bniaziin. Le dianieii'c de l'ondjre dr W^ws à l,i distance de Phobos est d'environ 67.'')0 kilonieln.'s et à la distance de Deinins de 6660: ce diamètre varie avec la dislance iK la ijlanèLe an Soleil, mais fort peu, de 8 à 16 kilumetres res- ]iecli\ eiuent. (') Publwalion.-i of Ihe Astr. Soc. of llie Pacific, 1S!J3. (ii'i'osiTitix 1)1-; is'j'i. IU7 Ces sali'llites sont souvent éclipsés, mais non pas à flia(ini' révolution, à cause lie l'inclinaison du plan de leurs orbites sur celui de la planète. Phobos n'est pas éclipsé lorsque la pleine lune arrive à plus de ôS" des nœuds, ni Deimos lorsqu'elle arrive à plus de 19^ Eu moyenne, Phobos est éclipsé environ deux fois sur trois pleines lunes et Deimos deux fois sur neuf. Le maximum de durée d'une éclipse est de 53 minutes pour Phobos et de 8-i pour Deimos. Pendant une nuit sur Mars, un observateur pont parfois observer deux éclipses totales de Phobos, l'une le soir et l'autre le matin suivant, à l'époque des équinoxes, et le satellite se levant vers l'heure du coucher du soleil. A'ers 6'' du soii-, par exemple, sur Mars, on voit, dans ce cas, le satellite, se lever à l'Ouest. Prés de 3 heures et demie plus tard, ou un peu avant 'J''30'", le soleil se trouve vers 50" au-dessous de l'horizon, cl Pholios à 50" à l'est du méridien. L'éclipsé est alors en son milieu, la totalité ayant com- mencé 26 ou '21 minutes auparavant. L'ne demi-hevu-e après la tin de l'éclipsé, Phobos se couche à l'Est. Le matin suivant, il se lève vers 5'', mais totalement éclipsé. Cette éclipse finit un peu plus d'une demi-heure avant le lever du soleil, et alors Phobos plane à 15» ou davantage au-dessus de l'horizon occidental. OPPOSITION- DE isrr,. Celle opposition a ete un peu moins favorable que celle de 18'J"2, la pla- nète étant un peu plus éloignée de la Terre. Mais, d'autre part, elle s'élevait plus haut au-dessus de l'horizon et rohser\alion eu était meillevu-e. Les résultats obtenus sont supérieurs enc(>re aux précédents. A'oici dans quelles conditions elle se présentait : Oljpositiuii 20 octobre. Diamètre à l'opposition 'ît", 7 Distance = 0,43tO ou (ii 219000 kilomètres. (En 1892, ces mêmes valeurs avaient été 0, :i774 et .56000000.) Pôle austral incliné vers la Terre. Latitude du centre du disque — 10' à — 2i'. Equinoxe de printemps austral 7 avril 181)4. Solstice d'été austral ;il août ISDi. Equinoxe d'automne austral 7 février IS'Jô. La lilanète était, pendant la période des observations, au printemps et eu été de son hémisphère austral. Elle est passée à son périhélie le î-'i juillet 1891. 108 r.\ rr.ANKTE mars. 1894 (In voit que c'esl euron' l'iiomisiiliri-i.' aiisli'al qui (Mail le mieux placi' pour les oliservalions, (jui oui eu lieu de mai 189i à avril 1895. Nous allons rxauiiinT l(^s principales études laites pendant cette importante opposition. CLXXIll. — OllSKIlVATlKNS FAriKS A I.'UliSKUVATOUlE LdWELL, A Fla(;staff (Arizona). Un savant enthousiasie, esprit indépendant. (dii'r(li('ur persévérant, et auquid une très agréable situation de fortune jieriuel les plus nobles créa- lions scieiUifiques, a clé insjiiré par l'idée fort heureuse de consacrer un observaldire à r(Mnde spéciale de la planète ^lars. Sacbant déjà par expé- rience que la principab' (juallir' d'un observatoire est sa condition atuio- splii'riqu(.', M. l'ercival Lowell se préoccupa, avant tout, de trouver sur notre planète une position c.ù l'air fût aussi calme que possible. .Vpres un grand nombre d'essais, il fixa son choix sur une montagne de l'Arizona, à Flag- stalf, aux Ktats-l'nis, à 2'2l() nujlres d'altitude (dominant un petit village de 800 baljilauts), et y (•(inslruisit un observatoire muni d'un é(iuatoria.l de 18 (louces (0"',45'| de Lrashear; dislance b)cale : 8 mètres; grossissements i iO el ()!7, et pour le micronn>tre 8li"2 et 1305. M. Lowidl avait pour collaborateurs, ilans celle élude spéciale de .Mars, deux astronomes américains, MM. '\^^-ll. l'ickering el A.-E. Douglass. Les observations ont commencé le 2-4 mai 18'JÎ el ont été continuées jusqu'au 3 avril 1895. On a pu l'aire 917 dessins, sans compter les mesures. Ces observations ont été publiées, d'abord en résumé, dans ïui Livre populaire sur Mars ('), ensuite au complet dans un \ulunie d'.Vnnales ;'-). Nous les exposerons ici. avec C(u1aines remanjues l'ailes [>ar l'auleur lui- même en diverses circonstances. M. l^owi'll est veiui eu France on 18'JC, et d;ins la séance du 8 janvier de la Société As(,rouoiui((ue a présenté lui-même sus vues sur la planète ('). Ilappelaut d'alioi'd uotre Ouvrage sur Mars, il déclare (|uc, [lour lui, il s'est surtout ]>réoccupé de dégager ses observations dos troubles produits sur les images par les mouvomeuts de l'atuujsidière. Les lunettes actuelles sont assez, fortes. Ce qui est plus important désormais que leur puissance c'est ce '/(('// ;/ .■( .-(((A' deux bouts : l'observateur cl l'atmosphère. L'observateur doit avoir une \ALi;ri; PiiiisoNNKi.i.K, un cerveau; l'atniosidière doit i''tre, au cuiUraire, aussi Nui.LK que possible. (') .i/ar.s, hy l'ECiavAi, Liiwei.i.. l vol. in-8", lioston and Xiw-Yurk. 1895. ( = ) Aiiinds of thu Lowell Obsin-calory, vul. 1. lin&ton and Xfw-V.Tl;, 189S. ( ') Llullftin de la Sucidlù Aslronoinique de France, IS'JG, p. iS. otiSKiiVAToiiii: i,o\vi:i,i„ is'.n. loo Il nst facile de remarquer, sur l:i mer en oté, sur une plage chaufTée par le so- leil, la vibration des vapeurs, vibration beaucoup moindre en hiver. Qu'on se représente ces ondulations grossies trois et quatre cents fois. C'est comme un livre que l'on remue et sur lequel on ne [teut rien lire, bien qu'il soit à Ijonne portée, et si nets que soient ses caractères. L'orateur a donc pris soin de rechercher l'air le plus pur qui fut aux IJtats-Unis et l'a trouv(' dans la rcgiou Sud-Ouest, dans l'Ari.'.ona, sur le mont .Vréquipa. 11 est difficile de donner une idée complète de la limpidité et de l'immobilité de l'air dans ces régions. Les fumées s'j- élèvent droites comme des colonnes. Cette heureuse condition a permis ;\ l'observateur de découvrir sur la planète nombre de détails qui n'y avaient pas encore été vus. Dans une série de belles projec- tions, faites d'après ses dessins, il montre d'abord les neiges polaires de la planète, sur lesquelles il signale de longues et larges crevasses, et dont il fait remarquer le décroissement. Il appelle l'attention sur une bordure foncée autour de ces glaces, bordure d'un azur profond, qui a toutes les apparences d'une étendue liquide. Quant aux autres taches sombres, considérées généralement comme des mers, l'observateur fait remarquer qu'elles sont plutôt verdàtro^ que bleues, et s' appuyant sur leurs changements de couleur ou de forme, suivant les saisons, il croit pouvoir les attribuer à de la vigélation. Arrivant à la question des canaux, M. Lowell, en raison de leur couleur également verte, croit qu'ils sont accentués par des bandes de végétation. Il en a découvert un grand nombre de nouveaux, remarquant leurs directions toujours rectilignes, leurs croise- ments géométriques et. à leurs points de jonction, des taches rondes, qu'il nomme oasis, et cette régularité parfaite, évidemment voulue, dénote, selon lui. l'intervention d'êtres animés, sans doute différents de nous, mais d'un degré intellectuel avancé. La très grande inclinaison du pôle austral a permis d'observer les neiges excep- tionnellement bien. On a pu non seulement constater des détails topographiques sur ces neiges, mais encore en étudier les diverses élévations. La calotte polaire s'est montrée constamment bordée dune bande sombre. Cette bande a fidèlement suivi la calotte dans sa retraite vers le pôle, ce qui conduit à penser que celle tache enveloppante doit être liquide et produite par la fonle des neiges. Entre 3Î0" et iîO' de longitude, elle mesurait 500 kilomètres de largeur; plus à l'Est I'), elle n'en avait que la moitié, mais vers 290° de longitude, cette mer polaire forma un immense golfe qui, sous les meilleures conditions atmosphé- riques, s'est montré d'un bleu exquis. Celte calotte a été presque coupée en deux par une grande lirè.dif qui s'est ouverte insensiblement à travers la neige (-). Le 15 juin, la brèche avait 3.5il kilo- mètres de largeur. L'apparition de cette brèche montre que la calotte nei- geuse repose sur des terrains d'élévations inégales, puisque des parties rela- (') On suppose l'observateur placé sur Mars. ( = ) Voir plus loin fuj. 122, p. 119. 110 I.A PLANETE MARS. 18'J4 tivement proches du pôle se sout fondues plus rapidement que les parties exté- rieures. Mais il y a, sur ce sujet, des preuves encore plus frappantes. Le 8 juin, à IfaîG"" du matin (temps moyen de Paris), on remarqua tout d'un coup des points éblouis- sants semblaljles ;\ des étoiles, sur le côté suivant de la calotte polaire. Au bout de quelque temps, ces points avaient disparu. Ils se trouvaient situés vers 291» de longitude et ICt" de latitude aréographique, c'est-à-dire entre la brèche et le grand golfe. Le II), on a vu d'autres points étoiles semblables aux premiers, mais un peu plus à l'Est et moins brillants. Ces observations ont été répétées les 11, 13 et 14 juin. Quelquefois les points brillaient comme des étoiles; en d'autres circonstances, ils apparaissent comme des taches très blanches sur le fond plus jaune de la calotte. Le 12, on a ol)servé des points analogues à l'Est de la calotte, c'est-à-dire de l'autre côté de la grande brèche. Ces observations conduisent l'auteur à admettre l'existence de deux chaînes de montagnes dans la région polaire. C'est de leurs flancs sud-sud-ouest que sont venus les brillants reflets, comme on le trouve en faisant les calculs néces- saires. Les contours des continents ont été bien nets, à l'exception de Thauniasia, qui est la partie la plus australe des terres. Au contraire, la région comprise entre les continents et la calotte polaire neigeuse est restée indécise. Les taches sombres étaient, en général, d'une même teinte, plus ou moins foncée, depuis la mer polaire qui était la plus sombre, jusqu'aux îles dont il était impossible de bien marquer les contours, tant les teintes se confondaient. Les péninsules, qui ressortent quand la saison est plus avancée, ne se voyaient pas. Les choses se passaient tout à fait comme si les régions situées entre la calotte et les continents avaient subi une inondation produite par la fonte des neiges polaires australes. En de bonnes conditions atmosphériques, les couleurs du disque étaient superbes. Quelquefois les continents se montraient d'un rose orange ; les mers d'un vert bleivitre. Au lever du soleil, les océans sont devenus Ijleus (Ideu un peu plus faible que le bleu du ciel à 2200 mètres do hauteur, le ciel de l'Observatoire), tandis que les continents et les îles ont revêtu une teinte rose très remarquable. Les couleurs des mers ne proviennent donc pas d'un effet de contraste puisque, du moment que les continents sont devenus moins jaunes, le contraste aurait exigé que les mers fussent devenues plus jaunes, et non pas bleues. ic En général, ajoute yi. Lowell, les meilleurs moments d'observation se sont manifestes environ trois quarts d'heure après le lever du soleil. Ce n'est pas que l'air fût plus calme à cette heure, mais la clarté du jour tempérait un peu l'éclat. )> .le n'ai point distingué de nuages, quoique l'atmosphère de Mars olVi'it rajipa- rencc de contenir beaucoup de vapeur d'eau. Le bord du disque (côté ouest) s'est montré constanuncnt envcbqqié d'une lumière jaune très épaisse, mais OlîSKKVATOlKi: I.dW I-I.I,. lS9i. III unie, jusqu'à 30" du limbe. Coniuio ce bord ctait ;\ '.i'' du matin sur Mars, 3C° de plus donnent 11'' du matin. Il est impossible d'admettre que les nuages |iroprement dits dureraient enraiement sur toute la zone équatoriale ainsi que sur toute la zone tempérée, jusqu'à cette heure seuleinout et pas au delà. » On remarquera que ces observations ont été prises ix'udant le pi-intemps do l'hémisphère austral i\o. Mars. Or cette étude de printemps conduit à un résultat assez intéressant. C'est que lacirculatiou de l'eau sur Mars, en cette saison, a lieu principalement à travers la surface, non à travers l'atmosphère de la planète; que la fonte des neiges polaires donne lieu à une vaste crue d'eau <\m descend vers l'équateur, et que c'est non par pluies mais par inondations que ces régions, ..?r??#: É • .:J ^f ^S^ ^ '^"%. >■ - '^'M' • ■. 1*.^ 0- Fis. 117. — La n'îion du lac ilii Suleil, le s octobre 1894, d'après M. LowcU. apparemment dépourvues d'eau, reçoivent ce qui leur est utile pour les besoins de la vie organique. » Nous avons quelque raison de penser, dit l'orateur en terminant, que l\[ars est beaucoup plus avancé eu âge que la Terre. Or, une planète doit perdre graduelle- ment l'eau de sa surface se combinant chimiquement eu pénétrant dans l'inté- rieur. Aussi à mesure que les océans se retirent, l'évaporation doit diminuer et les pluies doivent devenir moins abondantes. L'eau disponible devient, par deux causes agissant eu commun, de plus en plus rare. Mais l'eau est absolument nécessaire à toute vie organique. .Si donc une planète a vu la vie animer sa surface — (et Mars ne diffère apparemment pas assez do la Terre pour le nier) — c'est « le problème de l'eau » qui s'impose absolument. De l'eau! de l'eau! serait sans doute le cri suprême d'une humanité aux abois. Les canaux ne répon- dent-ils pas à cette exigence finale'? Nos observations acquièrent d'ailleurs un 11;! LA PLANÈTK MAUS. l!^94 inicrét tout spécial en ce ([u'clles étudient précisément cette circulation de loau : neiges, fonte des neiges, mers et canaux. » Le célélire opticien aim'rirain Alvan Clark, qui, pour la premièrâ fois , assistait à nos séances, a pris la parole après M. Lowell. Il se félicite de se In Hiver au milieu de nos collègues. « Dans les découvertes astronomiques, dil-il, la Science et l'Art se sont mariés. En ce qui concerne la conslruction (les instruments, il y a des courbes très difTiciles à obtenir : on n'y réussit pas toujours et il faut souvent demander à l'inslincl de suppléer aux Mathé- matiques. Il affirme donc la nécessité des « retouches locales » dans les objectifs. L'Optique et l'Astronomie marcheront toujours ensemble. » La Société .\stronomique de France a eu ainsi ce jour-là une sorte de double conférence, iVu't instructive, sur les oliservations et les instruments. Parmi les projections qui l'ont illusln'e, nous conserverons ici (fuj. 117) le 1res curieu.x et 1res inattendu dessin de la région du lac du Soleil présenté par M. Lowell ('). Le lac se montre allongé et double, prolongé par deux canaux jusqu'au Golfe de l'Aurore dans lequel se remarquent des canaux ! C'est de ces observations (jue les astronomes de Flagstaff sont partis pour conclure, comme nous le verrons tout à l'heure, que les «mers » martiennes soiU des plaines végétales, opinion dej.i rendue vraisemblable par les remarques de M. Pickering publiées plus haut (p. Ci?). Avant d'ai-river au détail des observations et aux Annales de l'Observa- toire Lowidl, résumons l'Ouvrage populaire sur Mars que nous avons signale tout ."i l'heure. Le sujet de ce Livre est divisé en six O^iapitres et nous ne pouvons mieux faire (pie de les examiner séparément. Occupons-nous d'abord de la forme de la planète. Le disque de Mars parait généralement (en dehors des phases) parfaitement rond. 1/es mesures faites à l'Observatoire Lowell montrent qu'il est aplati aux pôles. Presque toutes les mesures précédentes donnaient une trop grande valeur à cet aplatissement et la théorie ne pouvait les admettre. La raison de cette apparente dilïérence a été trouvée aiirès une série de mesures soigneuses des diamètres polaires et équatoriaux. Ij'cxplication, qui semble s'accorder très bien avec les faits, est que sur le bord du disque il y a une frange crépusculaire qui affecte inégalement les diamètres équatoriaux et polaires, l^o diamètre cquatorial jiarait toujours trop grand et subit des variations ducs aux dilTérentes positions du Soleil; tandis que. dans le cas du diamètre polaire, les variations sont beaucoup moindres. Les diamètres mesur('S sont en fonction dj la position du Soleil. Le calcul montre ([ue l'arc miinmuni du cr(''])usculc s'élève sur Mars à 10". ('} Ce dessin est extrait de Aslronoyiiy niid A'^tro-Phijfics, IS^i. p 7'i0. OltSKIWATOlItK I.OWK 1.1-, 1894. 113 On sait depuis lungtenips ([ue cette planète possède une atmosphère, et eu vérité il serait difficile d'expliquer les (Changements qui ont eu lieu à sa surface sans l'intervention de cet élément. Cette atmosphère est décrite plus loin comme étant remarquablement libre de nuages, uu nuage étant « un phénomène rare et imituile := 'y Loiiuitul Lon^itule = ISii' Longitude = ?"'■' Fig. 118-1-21. — Ensemble du globe de Mars, par M. Lo«e',l. inaccoutumé ». Ce résultat s'accorde, d'ailleurs, avec l'ensemble des observa- tions antérieures que nos lecteurs ont eu ici sous les j-eux. D'unjautre cô!é, l'auteur n'affirme pas qu'il n'existe jamais de nuages sur Mars, mais seulement que pendant toute la durée de ses observations ils n'ont jamais effacé aucune configuration. F., II. 8 111 l,.\ PLANÈTE MA US. 1894 11 admet cependant que le disque de la planète i)araît parfois d'un éclat inexpli- cable, et que de ])etits points brillants ont été remarqués, mais il n'a observé aucune forme de masses aériennes mobiles. Qu'il y ait des nuages dans l'atmosphère, il le déduit de certains phénomènes visibles au tcnuinateur et observés par M. Dou- glass. Pendant l'opposition de ISO'i. il n'y eut pas moins de 73G irrégularités obser- vées sur le terminateur; quelques-unes ont paru être des projections lumineuses et d'autres des obscurcissements. M. Lowell discute ce sujet assez longuement, et finalement considère que ces irrégularités doivent être produites par la présence de ces der- niers. Ces points lumineux vus sur le terminateur depuis 1890 paraissent indiquer la présence de montagnes sur la surface martienne, de sorte que les défor- mations du terminateur seuibleraient plus probablement dues ;\ cette cause qu'à des bancs de nuages. Nous arrivons maintenant au troisième Chapitre du Livre, la question de re;!i( et des rnerf. Durant ces observations, on vit toujours une bande bleue suivant le cap lorsqu'il se retirait vers le pôle, montrant que l'eau se formait actuellement de la foute des neiges. Les taches signalées par Green et Mitchell ont été vues aussi ; un trouve qu'elles devaient être formées sur un sol à un niveau plus élevé que celui des environs, sortes de talus recouverts de glace qui réflé- chissaient brillamment les rayons du Soleil. J\L Lowell a adopté un plan très simple et très ingénieux pour montrer au lec- teur les aspects différents de Mars. Il a construit un globe portant tous les détails constatés à son Observatoire, et a ensuite photographié le globe de douze côtés différents. Nous reproduisons ici (fig. 118-121) quatre de ces phutogi-aphies, qui suffisent pour montrer l'ensemble de ce globe. Ainsi le lecteur fait, pour ainsi dire, un voyage autour de la ]danète. Le merveilleux réseau des canaux est vrai- ment saisissant, et la quantité de détails observés surpasse tout ce qui avait été obtenu précédemment. Les chapelets d'oa.s/s sont d'un aspect extraordinaire. L'autour conteste l'exis'ence des mers et soutient ipie des faits impor- tants conspirent pour jeter de grands doutes sur leur caractère aquatique. Les deux principaux sont, premièrement, que des centaines de mille de kilomètres carrés disparaissent dans un espace de temps étonnamment court; et, deuxième- ment, que les observations du polariscope ne donnent aucune indicatimi de pola- risation. Deux questions alors se dressent ici : d'abord, que devient l'eau prove- nant de la fonte des neiges polaires ? l'insulte, que représentent les taches d'un ton bleu voit ([ui jiarsèment la surface de la planète? Ces dernières sunt. d'aju-ès M. Lowell. (les plaines couvertes de végétation; on a observé que leurs tons changent avec les saisons; il insinue cependant (ju'autrefois elles ont été des mers, mais que la quantité d'eau a maintenant tellement diminué qu'elle ne circule plus (jue dans les canaux profonds. Il définit les mers martiennes connue intermédiaires en évolution entre les OHSl-liVATOIRE I.OWELL. 18111. 115 mers terrestres et celles do la l.uue. Dans un tel état de choses, dcvaut cette diminution et cette rareté do l'eau, . « S'il v a des habitants, ajoute M. Lowcll, l'irrigation doit être le principal intérêt de leur existence. -■ Si nous portons maintenant notre attention sur les ligues connues sous le nom de canaux, il semble précisément que nous ayons sous les veux ce qui parait être lo plus parfait système d'irrigation imaginable. Ces canaux éten- dent un véritable réseau sur toute la surface de la planète et passent aussi bien à travers les portions sombres que sur les portions claires du dis(iue, d'après les observations de MM. Douglass et Seha?berle. Ces canaux traversent les anciennes mers aussi bien que les continents; leur nombre a été doublé par les oliscrvations nouvelles. De plus, aux points où les canaux se rencontrent, on a observé des taches qui ne sont jamais vues isolées : « Il n'y a pas de tache (pii ne soit réunie au réseau des canaux, non seulement par un canal, mais par plusieurs ■. Los canaux et les taches semblent croître et décroître ensemble. Ces canaux ne sont pas toujours visibles à la surface de la planète; ils parais- sent dépendre des saisons. Les observations prouvent qu'ils subissent un déve- loppement marqué, et. c'est là qu'on peut chercher à trouver leur origine. Consi- dérons ce (I développement » tel que l'a vu et rapporté M. Lowell. Selon lui, les canaux varient en visibilité et non en position, et tour visible développement suit la fonte des neiges polaires. Ils deviennent distincts lorsque la fusion est déjà avancée, et davantage encore à mesure i[ue les saisons progressent, ('eux qui sont les premiers visibles sont ceux du Sud. c'est-à-dire les plus proches du pôle sud. Mentionnons ici que le pôle sud était incliné vers la Terre pendant cette opi)o- sition de 1S94. La haute latitude et la proximité des régions sombres sont les deux facteurs principaux pour une précoce visibilité. Les canaux qui se dirigent du Sud au Nord sont généralement visibles avant cmix qui sont tracés de l'Est à l'Ouest. Eu ce qui concerne le dédoublement des canaux, les observations de M. Lowell l'ont amené à découvrir que ce phénomène n'arrive pas subitement, comme on le croît généralement, mais qu'il y a un mode de développement dans sa marche. « Dans le cas du Gange, dit-il, un soupçon de géminatiou était visible, lorsque j'y regardai pour la première fois, en août.,.. Dans les moments de visibilité, les deux bords se montraient plus sombres que le milieu; c'était un dédoublement en embryon, avec une bande de terre entre les deux lignes jumelles. Eu octobre, la gémination était plus évidente, le terrain entre les lignes jumelles s'était éclairci. En novembre, on ne pouvait plus avoir aucun doute sur la séparation des deux lignes. » Voyons aussi quelle explication l'auteur donne des canaux. L'idée qu'il adopte est celle que nous avons suggérée, à savoir : de la végétation de part et d'autre IIG LA PLANETK MARS. 1894 d'uu cours d'eau. « L'eau arrivant des régions polaires remplit un canal, irrigue la campagne des deux côtés et arrose les terres. Nous ne distinguons pas d'ici les canaux proprement dits, mais seulement la végétation qui est due aux irri- gations et qui s'étend de part et d'autre des canaux. Les lignes les plus sombres représentent une croissance plus avancée de la végétation, causée par une distri- bution ]ilus abondante des eaux. A travers les grandes taches sombres, ou plaines végétales, prairies, etc., les canaux sont visibles et communiquent toujours avec ceux des régions plus claires. » Voilà pour les canaux et leur origine. Cette idée est la conséquence naturelle des observations faites en ballon. Lorsqu'on passe en ballon à quelques kilomètres au-dessus d'un fleuve, c'est la vallée de ce fleuve qui le représente; on distingue à peine celui-ci comme ua filet marquant le thalweg de ce ruban ('). Mais comment expliquer leur aiipareute duplication '? JL Lowell n'eu donne pas encore la solution, u Ce qui se passe exactement. . . , je ne puis prétendre le dire. On a supposé qu'une maturité progressive de la végétation du centre aux bords pouvait donner à une large rangée de vert l'apparence d'être double. Il y a des faits, cependant, qui ne s'accordent pas avec cette explication. » De l'extrait ci-dessus on peut voir que M. Lowell n'a pas la prétention de tout expliquer. Il semble toutefois probable que, si les canaux sont dus à de la végéta- tion, leurs duplications doivent avoir une origine analogue. Un des meilleurs exemples que nous ayons sur terre d'une grande étendue fertilisée rapidement par l'inondation d'un grand fleuve, c'est assurément la vallée du Nil. Cependant, en suivant les phases que la campagne subit sur les deux rives, pendant et après l'inondation, il est difflcile de se rendre compte des déve- loppements observés sur Mars. « l'eut-être le système d'irrigation ;\ la surface de cette planète a-t-il été poussé à un extrême degré de développement; de plus petits canaux parallèles de chaque côté et à quelque distance des grands ont peut- être été creusés, afin d'être remplis et éventuellement séparés du canal principal lorsque les eaux commencent à se retirer. De cette façon. la terre serait mieux fertilisée, d'abord sur les bords du canal principal, puis plus tard sur ceux des plus petits canaux. Lîn canal commencerait alors par paraître simple; avec le temps il s'élargirait, et déljnitivement deviendrait double, les deux bandes les plus fertilisées étant parallèles, mais à quelque distance du canal principal. Les canaux de communication entre le canal principal et les canaux latéraux, ou jdutôt la végétation le long de ces lignes, seraient invisibles à cause de leur exi- guïté. » (') Le 15 juillet 1807, à cinq heures du matin, je passais en ballon à '.2 500 mètres de hauteur au-dessus du Rhin, au zénith de (Jologne. La vallée du Hhin se déroulait admirablement sous nos yeux, do Bonn à Dusseldorf, et produisait l'elîet du fleuve lui-même, qui n'était perceptible que comme un mince tilet formant la ligne médiane de ce ruban vert. J'ai souvent exprimé depuis la pensée qu'd pouvait en être de même, à plus forte raison, pour les canaux de Mars, vus de si loin. OliSI-RVATOIRi: I.OWEI.I,, ISOi. HT Une telle explication triomphe de la diflicultc de décider pourquoi certains canaux ne se dédoublent pas. On peut admettre, en effet, que dans ce cas des cananx latéraux n'ont pas été construits, et dans cette hj-pothcse la duplicité ne peut pas se produire. Quelle que soit la véritable explication, il est certain, avant que ce problème puisse être véritablement résolu, qu'il faut observer attentivement la manière dont les canaux se développent et disparaissent. Tel est, brièvement résumé, l'intéressant Ouvrage de M. Lowell sur Mars. E.xaminons maintenant les oLservation?, en suivant le premier Volume des Annales. Elles se divisent essentiellement en cimi Chapitres principaux : Le C.iP POLAIRE SUD ; Chan'CtE:men"ts observés a la surface de lv planète; Canaux ; Oasis ; Canaux dans les régions so.mrres; Le terminateir. L'aspect de la planète ne s'est pas présenté le même deux jours de suite. Il change d'heure en heure. D'un mois à l'autre, les changements sont encore plus sensibles. Excepté dans quelques exemples, ces changements ne dépendent pas de nos observations, mais sont réels à la surface de la planète et liés aux saisons. Les régions polaires australes se présentaient admirablement à l'obser- vation et l'on a pu suivre complètement la désintégration des neiges. Nous reproduisons ici [fig. 122) le croquis explicatif dessiné par les observateurs eux-mêmes. Au commencement, le 3 juin, qui représentait le milieu du printemps, ces neiges étaient fort étendues, dépassant le GO'' degré de latitude vers le 35= méridien et le 72= à l'opposé, occupant un diamètre d'environ 50 degrés ou 3 000 kilomètres. Elles ont graduellement diminué, comme le montre ce croquis, jusqu'au mois d'octobre, où elles n'occupaient plus qu'un point de 4 à 5 degrés, ou 240 à 300 kilomètres. A partir de novembre, les astronomes de l'Observatoire Lowell n'ont plus aperçu ces neiges polaires, à part, cependant, quelques exceptions, car on lit dans le journal : 3 novembre. — Certain]}- glint as of sno^v 30° to left of axis. 4 nov. — Glint of glimmer S and N of limb, slightly to left of axis. [i nov.— Unmistakeable glimmer where snow was, or rather a round doto about 30° longitude. 118 LA PLANETE MARS. 1894 1 i nov. ^ Suspect excessively small spot of snow cap at S pôle. 5 février. — There sccms to be a snow cap at each pôle. ■^? février. — The S polar région looks rather whito. D'après f'os noies, il ne nous semble pas certain qne les neiges aient enlirrenienl disparu, d'autant plus que, à lObservatoire Lick, M. Barnard a continué de les reconnaître jusqu'au 11 novemlu'e (') et qu'il en a été de même à l'Observatoire de Juvisy. Il nous paraît donc que M. Lowell et ses collaborateurs se sont un peu avancés en afTirniant cette disparition et en écrivant (p. 441 : « Since Flammarion gives in La planéle Mars no instance of tlie complète disappearance of the snow at either pôle, we may consider ibe présent case to be the first recorded >'. Dans tous les cas, qu'elles aient entièrement disparu ou non en décembre et janvier, c'est là un minimum dans toutes les observations de Mars. ^1. Lowell tire les conclusions suivantes de l'ensemble de ces obser- vations : 1" Le cap polaire diminue à mesure que la saison martienne avance du prin- temps à l'été. 2» La calotte polaîro, en diminuant, se borde d'une bande foncée qui se retire avec elle comme une frange continue. 3' Cette bande était bleue, du bleu le plus marqué du disque. i» Elle a été le plus large à la saison de Mars où la fusion a été à son maximum. "i" Elle polarisait la lumière incidente. , « Le deuxième point, écrit M. Lowell, aune importance particulière et curieuse, car il nous fait connaître la substance qui compose cette calotte polaire. Il n'y eu a qu'une que nous connaissions pour exister à la fois sous les deux états contigus de solide blanc et de liquide bleu. C'est l'eau. Ce n'est pas l'acide car- liouiquo, puisque celui-ci passe instantanément de l'état solide à l'état gazeux. A moins donc d'invoquer quelque substance inconnue, nous devons admettre que la bande qui borde la calotte neigeuse est une mer polaire. » G" Cette mer polaire difïoro de largeur suivant les longitudes, s'étendant en deux vastes baies aux points où les aires foncées à son bord boréal sont le plus étendues. 7" On remarque, dans la calotte polaire, des crevasses très fortes, comme si cette calotte avait une tendance à se désagréger. I>os plus importantes occupent les positions que M. 'W.-IL Pickering a àéjk signalées en 189-?, ;\ la même époque de l'année martienne. Ce sont là sans doute des difTérences de niveau dans la topographie de ces régions. S" Le 7 juin, et à des dates ultérieures, on a aperçu des points brillants, (') \'o!r |)lus loin. ORSERVATolIii: l.(>\\i:i I . NF.ICKS 1>C l'OI.K. 119 pendant quelques minutes, on certaines jiarLics du cap polaire, not:uiiment par les longitudes 280" et 290" et la latitude TCr\ s'évauouissaut comme ils étaient venus. Glaces réflécliissant la lumière solaire ? '.)" l".n fondant, la tache a été laiss(5e en août comme une ile détaclide à la jilare on Mitchell a remarque on ISiG, et Green en 1877, des lilaneheurs isolées. H y a là pri)bablement un relief préservateur de la fusion. IH" Le centre du cap n'était pas concentrique avec le pôle. Au commencement des oljst-rvations, il était situi' par ;i(i' de longitude et 83° de latitude, et il Fig. liî. — Contours de la iliminutiou graduelle des neiges au p6Ie sud de Mars. du 3 juin au H oi:loin-e ISJi, et grande grevasse de juin-juillet. s'est lentement déplacé vers le Sud-Ouest, étant à la fin par 51 ■ de longitude et 85" de latitude. Ce sont là J'irapoflaiilfs constatations. <• Sur la Terre, continue l'auteur, la quantité de glace polaire fondue vertica- lement chaque été est beaucoup moindre qu'où n"est porté à le croire. Elle est \i() LA PLANÈTE >L\RS. isn/i A- ^:y.4^ V.fô- A Xé.4^^: S;s^^,, /A '^ OBSEUVATOiat: LOWKI.I.. l^AUTl' GKNfiliAl.K. 121 Voici les noms correspondant aux numéros de la carte. 1 Fastijxium Aryii. 7.1 Avus. 1 i.i G y es. 217 Cynia Lacus. 2 Socratiâ Proinontoriui». 7( Eosphoros. 146 Castalia Fons. 218 Cepbissus. 3 Sabwns Sinus. 75 Leriie. 147 Hibc. 219 Xaiitbus. 4 Dcucalioiiis Regio. 76 Aesis. 148 Axon. 220 Hbea. 5 Phyrhaî Itegio. 77 Da^mon. 149 Orcus. 221 Centrites. 0 Noaohis. 78 Lacus Pbœnicis. i:,o F.rcbus. 223 Acbates. 7 Ar^yrc. 79 Araxes. l.il liypel.'cus. 223 Sesanins. 8 Oceanus. SO Jaxartcs. 152 Propoktis. 221 Atbesis. îi Protci Roîîio. 81 Mwander, l.-,3 Ilades. 225 Lemnria, Ut Acesincs. 82 Phasis, 154 Tnviuni r.harontis. 22G Krymanttius. 11 Ily.lriacus. 83 n-illinaria 8ilva. , i:.:, La-strygon. 227 Hylias. 1_' Aiiiphrysiis. 81 Acampsis. 156 Atax. 22s Tedanius. 13 (îarrliuenus. 85 Solis Lacus. i:.7 Tartarus, 229 ILidriaticnni Mare. 14 Ccstriis. 86 liatbys. i:.s Aqu.'i' Apollinarcs. 2;;n Orosines. 15 Auror;e Sinus. 87 Auibrosia. l.)9 nantis. 231 llippus. 16 Caii-us. 88 Ogygis Regio. 160 i;ophcn. 232 Carpis. 17 Hipparis. 89 8urius. 161 Ant.TUs. 233 Syrtis M.'ijor. IS Erannohoas. 90 Acis. 162 Axins. 231 Hyctanis. l'J Dargamanes. 91 Cyvus. 163 Avcrnns. 235 Dosaron. 20 Marparitifer Sinus. 92 Tliyle I. 16i CyaiM'us. 231! Japygia. 21 Ochus. 93 Drabonus. 165 Mare Ginimerinm. 237 Solis Promontnrinm i-î Cantabras. 94 Cayster. 166 Leontes. 238 .Eolus. ■i.'î Oxia Palus. 95 Isis. 167 Nestus. 239 r.asuentns. 24 Oxus. 9fl Astraî Lacus. IfiS Atlantis. 2iO Hammonis Gornu. 25 PalUs Lacus. 97 Malva. 169 Padargus. 241 Typlion. 26 Dardanus. 98 Benacus Lacus. KO Harpasns. 242 Anubis. 27 Tempe. 99 Mosrus. 171 Heratemis. 243 Asopus. 28 Jamuna. 100 Aonius Sinus. 172 Digenlia. 214 .\rosis. 29 Nilokcras. loi Herculis CoIumn.T. 173 Mare Sirennm. 215 Astaboras. 30 Inilus. 102 Hyscus. 174 Simois. 246 Nilnsyrtis. 'àl llypbasis. 103 Memnouia. 17.-) Psychms. 2i7 Phison. 32 Hydaspes. 104 Erynnis. 176 .Mare Cbronium. 2iS Sirbonis Lacus. 33 I.ucus FcTonia. 105 Gorgon. 177 Thylc II. 219 Hipponitis Lacus. 34 Hydraotos. 106 Médusa. 178 Scamander. 2.50 Arsanias. 35 Hypsas. 107 Elison. 179 Ga'sus. 251 Protnnilns. 36 Ganires. 108 Parca'. 180 Opliarus. 252 Lacus Isnienius. 37 B.Tîtis. 109 Aganippe Fons. 181 Hclissoii. 253 Euphrates. 38 Hebc. 110 Ulysses. 182 Chaboras. 254 Sitacns. 39 Nectar. m Sirenius. 183 Néréides. 255 Orontcs. 40 Cora.\. 112 Tbermodon. 184 Ghretes. 256 EuLens. 41 Maeisia Silva. 113 Nodus Gordii. 185 Lucus Angitia'. 257 I.abotas. 42 Chrysas. 114 Eumenides. 186 Cerberus. 258 Dar.ndax. 43 Agathoda^mon. 115 Arduenna. 187 Ciepsydra Fons. 259 Solis Fons. 4i Coprares. 116 Hcrcyuia Silva. ISS Nympbn^us. 260 Daix. 45 Messeis Fons. 117 Arsine. 189 Cambyses. 261 Biddekil. 46 Fons Juventa?. 118 Marcotis. 190 Lucrinus Lacus. 262 Aretbusa Fons. 47 Clitnninus. 119 Achana. 191 Pactolus. 263 .Margus. 4? Ganyniedo. 120 Biblis Fous. 192 .Etbiops. 264 Deutcroiiilus. 49 ChrysorrUoas. 121 Pyriphk-gethon . 193 Funostos. 265 Serapiuni. 50 Lacus Lunx. 122 Gigas. 194 Elysium. 266 Gehon. 51 Nilus. 123 Bandusiœ Fons. 195 .\poni Fons. 267 Xisuthri. 52 Labealis Lacus. 124 Fercnlin.-e Lucus. 196 Styx. 268 Edom Proniontorinni 53 Mcroe. 125 Titan. 197 Galaxias. 269 Ncu«lrus. 54 Amystis. 121; Trinythios. 198 Boreas. 27" Magron. 55 Catarrhactes. 127 Medus. 199 Achelous. 271 Acalandrns. 56 Uranius. 12s Alcyonia. 200 .AqUîC Calida'. 272 Hyllus. 57 Bactrus. 129 Broutes. 201 Boreosyrtis. 273 AlphcUS. 58 Hippocrene Fons. 130 Steropes. 202 Lethes. 274 Peneus. 59 Acherusia Palus. 131 Arachoti Fons. 203 Amentlies, 275 Hellas. 60 Cyaue Fons. 132 Nitri.-E. 204 AEtapus. 276 Tyndis. 61 Anapus. 133 Thvanis. 205 Isidis Uegio, 277 <)f:notria. 62 Artaucs. 134 Augila. 206 Nepeutlies. S7S Arsia Silva. 63 Glaucus. 135 N'eda. 207 Libya. 279 Palicorum Lacus. 64 Clodianus. 1.3s Ammonium. 208 Triton. 280 Ness• Et une température analogue ,i celle de la Terre. » Les mestircs du diamètre ont duiiiié : Diamètre équatorial 9"37 Diamètre polaire 'J 32 Aplatissement rh l't la d('couvortc d'un an- crépusculaire de lO" ;\ li° produit par l'ilbimination atniosplK'rique (' ). Nous oITrous ici à nos li'Ctours l;i carte générale de la planète, dressée à l'Observatoire LowoU, sur l'onsciublc de ces observalious avec la nomen- clature qui l'accompagiu}. ('; Voii' |ilas loin, |i. I.l.'i. OliSI-RVATOIRl-: LOWi: LL. l.l-S \I K I! S M AUTI 1- N NTS. 1Î3 Celfc carte {fig. 123) ne rcnfoniie pas moins tic 288 objets, mers, hirs cl canaux. Toutes ce? configurations représenteraient non pas de l'eau, mais de la véijélation produite par une eau invisible. L'argument principal de cette nouvelle tlieorie est que les lignes sombres appelées canaux tra- versent aussi les régions foncées appeb'cs mers. Les mers martiennes ont ete, dans le même Volume, l'nlqet d'une étude spéciale par M. '\'\^-ll. Pickering : La conclusion la plus importante de notre Travail, écrit-il, est que la planète ne présente pas toujours le même aspect à la même époque de deux années martiennes consécutives. Cette remarque s'applique non seulement à de légers détails, mais encore à des conûgvirations caracti'Tis- tiques. Ainsi, on remarque, au nord de Xoachis, un tracé en forme de la lettre Y qui était très accentué en 1892 et que l'on n'a pu retrouver en 189i aux mêmes dates de l'année martienne, 30 juin et G juillet 181)4, correspondant aux 12 et 18 août 1892. Un large golfe sombre bordant la neige fondante, au sud de Syrtis Minor, était à peine visible en 1892. Mais en 189i il était très caractéristique et, examiné au polariscope d'Arago, a montré des traces certaines de polarisa- tion. C'était donc de l'eau qui, située non loin tlu bord, réfléchissait forte- ment la lumière de l'atmosphère martienne. Sur le reste du disque, la pola- risation n'était pas visible. Lorsque cette région revint en vue, le 9 juillet, l'observation a été renouvelée, mais aucune trace de polarisation ne put être perçue. La couleur, du reste, avait change. Au lieu d'être bleue, elle était d'un ton chocolat, différent du gris bbai dr la rrginn plus au nord. Ces régions grises ne montrèrent non plus aucune trace de polarisation. Leur couleur ne doit pas être due à de l'eau. Je suis d'avis, ajoute M. Pickering, que s'il y a de l'eau sur Mars il y en a fort peu. Ces larges régions grises étaient bien vertes en 1890, juste avant l'équi- noxe de printemps. Au commencement de 1892, aussi, de larges surfaces vertes ont été observées sur la planète, nuiis k mesure que la saismi avança ce vert tourna au gris. Eu 1894, peu de couleur. Il y a là tant de variations en étendue, avec la saison, qu'à moins d'imaginer de formidables inonda- tions accompagnées de nuages dans le régime habituel de Mars, nous sommes forcés de chercher une autre explication. L'hyiiotbèse que ces changements sont dus à de la végétation parait la plus probable à l'obser- vateur. On voit aussi parfois des dépressions sur le terminateur, paraissant 1?4 LA ri>ANi:TE MARS. 189'i rorrcspondre ;ï des vallées qui pciuriNiient avoir deux luillcs de proloiideui"; le Ccraunius s'est présenté dans ces conditions. Ces échancrures ne s'observent pas toujours dans les parties les plus foncées des régions grises, et l'on peut en conclure, ajoute M. Pickering, que ces régions grises ne sont pas d'un niveau uniforme, qu'il y a là des montagnes et des vallées et, par conséquent, que ce ne sont pas des mers. Les variations duos aux saisons ont été l'olijel d'une étude spéciale et attentive de la pari de M. Lowell. Jlènie instrument, même observateur, mêmes conditions atmospliériques, autant que iiossible. Acs- chanf/emcnts dus aux saisons sont incontcslabk's, écrit l'auteur. Mais est un monde bien vivant. On peut partager en deux ordres ces changements, quoique l'une soit la conséquence de l'autre : 1" les variations polaires; 2° celles du reste de la surface. Les premières sont les plus évidentes. Les fig. 124, 125 et 126 indiquent les changements d'aspect de l'IIespérie suivant les saisons martiennes. Au commencement des observations, en juin, la principale parliculai'ité du dis(jue en dehors des régions polaires était le caractère indéfini do toutes les taches sombres de la zone tempérée australe. Ces contours diffus fai- saient contraste avec la netteté des régions éqnatoriales. Ce contraste montrait que la distance do la planète n'était pas la cause de ces aspects, que cette cause (Mail locale, attendu que la chaîne des régions claires aus- trales était de contours mal définis comparée avec son aspect ordinaire, et (pie les parties claires se fondaient par gradations insensibles dans le bleu vert des régions sombres environnantes. De plus, les péninsules .\tlanlis, Hespérie, etc. qui rattachent les îles au continent, étaient ab- sentes. Aussitôt que cette ri'gion revint en \-ue, en juillet, en a ri'lrouvé l'IIes- périe. Au retour suivant, en aolit, elle se montra plus marquée encore, et il en fut de même en septemfire, en octobre et en novembre. On pourrait penser que la distance décroissante et l'agrandissement gra- duel du diamètre expliquent cette meilleure visibilité, car le disque do Mars mesurait 8" le 7 juin. Kl" le ii et 20" le 30 : c'est à peu près comme si la planète, supposi'e à la niihiie distance et du même diamètre, avait été observée avec des instruments de diverses dimensions. M. Lowell répond en partie à cette objection en faisant remarquer que ce changement dans la visibilité relative de l'IIespérie n'était pas dû au rapprochement, car cette région a été plus éviili'nte en août, lorsque la, planète' ('tait encore fort éloignée, ipTen octobre, oîi elle était beaucou[) plus proche. OBSEKV.VTOIKE LOWKl.I,, IS'Ji. SAISONS MAltTlKNNES. 1; M. Schiapai'elli a signalé aussi de son côtr. l'ii octnlac' l.SDî. ilt^s varia- tions rapides dans cette contrée de la planète ('). L'Atlautis a ollert les niOincs apjia- rences. Elle n'était (;erlainemeut pas visible en juin et juillet, tandis (ju'à partir d'octobre elle s'est montrée admi- rablement nette. L'auteur signale plusieurs change- ments du même ordre, constatés avec la même précision. Certains détails de ces variations sont aussi curieux qu'intéressants. Par ti^ i-'.. - l h.-|.. ,,.■ .l- , in.n. exemple, le Fastiûiiim Aryn. le bout du cap triangulaire qui l'orme la liaii' fourchue du méridien, ou le Sinus Sa- liaais. a commencé à subir, en octobre, une étrange métamorpliose. .kisiiu'au I i octobre, c'était, comme d'habilude, un cap triangulaire d'un jaune d'ocre s'avanf;ant dans le Sinus Sabwus. Mais le 1.Ï octoiire il se prolongeait par un léger ligament vers le Sud. Le IG, cette queue se voyait tout le long de Deuca- lionis Regio, formant une sorte de pont du conlinent au Nord, à Deucalion au Sud, et coupant complètement en deux le Sinus Sabœus. On le vit ainsi jusqu'à la tin des oliservalions. Une autre chaussée du même genn:' s'est montrée en novembre, réunissant le promontoire de la Corne d'ILnnmon avec Hellas. En novembre également, le Pont de la Lune parut réunir la Libye à l'IIellas. EnQn, la région du disque qui avait été couverte au mois de juin par le cap polaire austral montra la transformation que voici dans sa teinte. A. mesure que la neige disparut, elle fut remplacée par Fis-. \2b. — L'HespLTie le 2i acnit. Fit.' t-''.. — i.'Hesncrie le 30 octol re. (•) Voir plus loin. 12G LA PLAN ET li MARS. 1894 uiii.' teinle l)leuc, puis par du Lieu gris, cnsiiile par du brun et flnalemeiit par un ton d'ocre. La mer Ciuimériennc jaunit la première, puis ce fut le tour de la mer des Sirènes, puis de la mer Erythrée vers le lae du Soleil. En somme, la surface entière de la planète subit le même cliangement. L'oJjservaleur pouvait dire que Mars était d'une couleur « plus martiale » en novembre qu'en juin. En comparant tous ces phénomènes, écrit l'auteur, on sent que l'idée d'attri- buer à de l'eau ces taches bleu vert doit être ajjandounée. Car, si telle était la cause de cette coloration, qu'est-ce que cette eau serait devenue :\ la Un de la saison? Elle n'était nulle part sur la planète, et elle n'était pas non plus condensée en neige autour du pûle sud, invisible 'alors, car ce cap polaire n'avait pas pris d'extension, comme on l'a constaté plus tard. Puisque ces régions teintées ne représentent pas de l'eau et que la végétation offre de loin une couleur analogue, l'auteur conclut en faveur de cette dernière. Lorsque nous considérons, dit-il, l'époque de l'année à laquelle ces changements ont été observés, nous trouvons une confirmation chronologitpie de l'hypothèse végétale. Au mois de juin 1894, on était au mois de mai sur l'hémisphère austral de Mars, taudis qu'au mois de novembre terrestre on était au mois d'août martien. Si la teinte vert bleu était produite par des feuilles, des plantes, etc., il est tout naturel qu'elle ait été très vive à la première date et fanée ;\ la seconde. Il est donc probable qu'il y a plus de végétation que d'eau dans ce que nous voyons là. Les canaux, d'abord faibles, clairs, indistincts, sont devenus de plus en plus foncés et mieux visibles avec la saison et après la fonte des neiges. L'eau doit donc être le principe de cette visibilité, non ]iar elle-même, sans doulo, mais par la vègétalion qu'elle détermine et ipi'elle développe. Celle di'rniere exidicalion est celle que nous avons adoptée depuis long- teni^is. 11 sufTit, après cerlaines semaines sèches et chaudes de l'idé, de voir l'inlluence lrausl'(.)rmatrice de ijuelques bonnes journées de pluie sur les pelouses pour :ipprècier l'influence prépondérante de l'eau dans la trans- formation di's teintes végétales. Les canaux peuvent être des prairies, comme les valb'es du Uhiii ou du lihoue, vues du liant d'un liallou. L'ouvrage dont nous faisons ici l'analyse avec tout le soin (jui lui est dû ne consacre pas moins de 93 pages (98 à 191) h la description des canaux observés. Il y en a 191 , sur lesquels six ont été vus doubles, successivement : l'Iladi^s, le tiauge, le Tithonius, le Xcclar, l'Euphrate et le l'iiison. On lit même à l'oljservation du 1"' se]ileml)re, celte curieuse note : ■< Deux Ganges doubles, effet très singulier ». l'Iusieurs de ces canaux ont été vus tlans les l'égiiuis sombres, les « mers », et ce n'est pas là l'une des observations les moins étonnantes des astronomes OlîSI'RVATOlIiH I.OWHl.L. KAfX HT V KG HT AI' ION . 127 de Flay^lalV. Nous en avons déjà dit un niul pins haut (p. lll-l!-2 , et M. Piekering les avait déjà signales en 189-2, à Arequipa ^voir p. ti;'. Nous y reviendrons plus loin. Les canaux de Mars pi-ésentont pour l'oliservatenr un plu^nonirnc aussi étrange qu'anliU-rrestre. Mii-u\ on les voit l't i>lus ils étonnent. Par une atmosplière calme et transparente, on est trappe par trois caractères vraiment extraordinaires : I" La direction singulièrement droite des lignes; 2" Leur largeur uniforme; 3° Leur rayonnement de cei-tains points .spéciaux. Ces trois caractères éliminent idusieurs hypothèses explicatives. < Ces lignes ne sont pas des fleuves, car les fleuves n'ont pas la même largeur do leursuuree à leur embouchure et ne suivent pas des ligues droites. Ce ne sont pas now plus des crevasses, soit dans la surface du sol, soit dans des champs de glace, et ce ne sont pas non plus des illusions d'optique, car elles ne présentent aucune altéra- tion dépendant des diverses parties du disque, excepté celle qui est produite par le raccourcissement des perspectives à la surface d'uu globe. « Si ces lignes ne paraissent pas naturelles, leurs rencontres si nombreuses en certains points spéciaux de rendez-vous le parait encore moins. " Mais ce qu'il y a de plus curieux encore, c'est peut-être leurs ;i?pecls successifs. Les changements de La surface de la planète, d'une nuit à l'autre, d'un mois à l'aulre, se retrouvent ilans les plus petits détails des canaux. A certaines époques, les canaux sont invisibles, et cette invisibilité est réelle, ne dépend pas de notre vision. Ils sont alors absents. La distance n'est pas cauhe de cette invisibilité. Ce n'est pas toujours lorsque la planète est le plus proche de nous qu'on les distingue le mieux. Leur visibilité respective varie également. .Vinsi, à la fui du mois d'août I8'.J4 et au commencement de septembre, les canaux eu\ironnant le lac du Soleil étaient très évidents, tandis que ceux qui sont au Nord étaient presque invi- sibles. Eu novembre, c'était le contraire, les canaux du Nord étaient bien mar- qués. Il en a été de même des canaux au nord ilu golfe des Titans. Quant àrefTet de la distance, les canaux à l'est du Gange étaient plus accentués en novembre qu'en octobre, quoique la planète fût alors plus éloigiiée de nous dans la proportion de 21 à 18. C'est ce que M. Schiaparelli avait d('jà remarqué. M. Lowell explique leurs changements de place apparents, eu disunl que les variations dues aux saisons peuvent non seulement affecter la visibilité' d'un canal à un moment donné, mais aussi produire l'eflet d'un changement de place apparent, par suite de la visibilité d'une ligue et de l'invisibilité d'une autre. L'Araxe nous en offre un exemple. Sur la carte de Schiaparelli, il n'y a qu'un 128 LA PLANÈTE MARS. 1894 Phase. Mais on a vu là ciuq canaux à Flagstaiï, et beaucoup d'autres paraissent exister. Ils se croisent mutuellement en toutes sortes d'augles. Que l'un ou l'autre soit visible tandis que d'autres restent invisibles, et voilà l'explication depuis si longtemps cherchée pourquoi l'Araxe paraît tantôt droit et tantôt courbe. Le développement des canaux suit la fonte des neiges et marche avec la saison. Leur aiiparition commence dans les régions polaires et se continue vers l'équa- teur. En juin 1894, ce sont ceux qui avoisinent le lac du Soleil et le lac du Phénix qui ont été visibles les premiers. C'est la région continentale la plus proche du ])iile. L'eau provenant de la fonte des neiges parait donc desce)!d?-e des pôles vers l'équatcur. A partir de l'époque où ils sont visibles, les canaux deviennent de plus en plus marqués à mesure que la saison avance. En août, ils étaient déjà très foncés dans les régions circumpolaires. En octobre ils étaient visibles sur toute la planète. Leur extension dépend, d'une part, de la latitude; d'autre part aussi, de leur proximité des grandes masses sombres. Ainsi, à l'ouest delà mer du Sablier, les canaux se développent plus tôt que ne l'indiquerait leur latitude. De grandes traînées descendent du pôle à cette « mer », lesquelles, si elles ne sont pas entièrement composées d'eau, sont probablement des terres fertilisées par des filets d'eau les traversant. Elles réunissent la mer polaire avec la Grande Syrte en suivant presque des lignes droites. Ce qui prouve bien que ce n'est pas de l'eau qui forme ainfii graduellement les canaux, mais de la végétation due à l'eau, c'est la lenteur de cette formation à partir des neiges polaires fondantes. L'eau circulerait vite, tandis qu'ils mettent des semaines et des mois à prendre toute leur ampleur. Maintenant, ajoute M. Lowell, « tout nous porte à voir là des campagnes arti- ficiellement irriguées. Le caractère géométrique des lignes et leurs curieuses intersections sont inexplicables par des procédés naturels connus. La rareté de l'eau sur la planète rend cette hypothèse tout à fait vraisemblable. Si nous étions là, c'est ce que nous ferions. C'est une nécessité vitale. u D'autre pai't, l'aspect du réseau confirme cette déduction. Les canaux partent des régions foncées précisément aux points que nous choisirions nous-mêmes pour construire ce système d'irrigation. Je ne suppose pas pour cela que ces constructeurs nous ressemblent; mais on doit reconnaître là l'exercice d'intelli- gences que nous pouvons comprendre. » Après s'être éloignées des régions sombres, les lignes se continuent, avec la même largeur, jusqu'à un but, lequel est la jonction de rendez-vous des canaux : les oasis. » On le voit, pour le foiulaleui' de l'Ubservaloire Lowell, les canaux de Mars représentent un système géométrique d'irrigations construit par les habitants de la planète. II ajoute que les rendez-vous de lignes prouvent mi choix et n'ont rien de naturel, que les montagnes n'ont pas empêché la con- struction de ces réseaux et (ju'elles sont rares sur la planète. i.owKr.i — F.ivS OASIS. i;o Revenant aux i canaux ilouliles >, aux géniinations, ^f. Lowell écril que. pour les voir, trois conditions sont nécessaires : une atnios[)lièro bien calme, une attention suffisante et la saison martienne convenable. C'est une affaire de saisons martiennes, et. par conséi[ni'nl, toutes les opposilions nr se res- semblent pas. Aux oppositions les pins l'avoralilcs pour l'observation. au\ oppositions périhéliques, la phuKMe penche sou [nMe sud vers le Soleil cl vers la Terre, et c'est l'époque (lui précède b' solstice d'été de son bémi- spbèrc austral. Alors, le système des canaux sud n'est pas encore déve- loppé, et celui des canaux nord n'est pas visilib:'. Les meilleurrs i'i)oi|ncs pour voir les canaux sont les oppositions dèfavoraltles, où la planète est le plus éloignée. On vient de remarquer que, pendant l'iqiposition de 1894-9."), qucbjnes canaux seulement se sont montrés doubles : le Gange, le Pbison, etc. Lr dédoublement n'est pas instantané ; il se prépare pendant plusieurs se- maines : telle est, du moins, l'impression de l'auteur. Seulement, on ne le voit bien que le jour où notre atmosphère est parfaitement calme au point de l'observation. « Les canaux dilî'èrent entre eux non seulement pour l'aspect des dédoublr- ments et des distances qui séparent les composantes, mais aussi pour l'époque à laquelle ce dédoublement s'opère. En général, les canaux nord et sud se dédoublent avant les canaux est et ouest; cepeudaut, de deux lignes nord et sud, l'une peut se dédoubler et non l'autre, synchroniquenieut avec une gémina- tion est et ouest. " La gémination n'est pas une ilkisiuii optique à ce bout-ci de la ligne visuelle, car, s'il y avait une double réfraction, toutes les lignes allant dans la même direction sur le disque seraient alïcctées de la même manière, ce qui n'est pas. -Vu contraire, les dessins montrent qu'il peut coexister deux cas de dédouble- ments, dans des directions différentes, coïncidant avec des canaux simples. » Ce n'est pas non plus un cas de double réfraction à l'autre bout de la ligne visuelle, c'est-à-dire dans l'atmosphère de Mars, car, dans ce cas, il serait difficile d'imaginer pourquoi toutes les lignes ne seraient pas affectées. Et puis, nous ne connaissons aucune substance capable d'agir de la sorte sur une ]iareille échelle ('). Si le phénomène n'est pas causé par une double réfraction, il a une existence réelle. » Le mode de développement des géminatious a aussi son importance. Ainsi, le Gange parut d'abord être dans une condition protoplasmique intéressante, (') Ce raisonnement n'est pas aussi serré que celui du paragraphe précédent. Il pourrait se faire que toutes les lignes ne fussent pas affectées, parce que les condi- tions atmosphériques ne sont pas les mêmes partout. El de ce que nous ne connais- sons aucune subst;anoe capable d'agir de la sorte, cela ne prouve pas qu'il n'y en ail point. F., II. 9 130 l,A l' LA m: TE MAKS. 181M pendant l'été, l^c 3U juillet, M. Pickering suspecta sa duplicité, mais décida ensuite autremcQt. Lorsque je l'observai eu août, des indications {hints) de gémination se montraient. Il se pre'scntait comme une rangée très large, mais .^■'^•-■ Tv ..i^^ \-.='' \ K' \ ï'ig. 157. Fig. i::s. Les transformations du Gange. Deissins iiris le 2 septembre et le 12 octobre. non foncée, de couleur assez somlire, à peu près d'une largeur uniforme d'une extrémité à l'autre. Par moments, les deux rives paraissaient plus foncées que l'espace intermédiaire. Ce n'était là que l'embryon de la gémination. » En octobre, elle avait sensiblement progressé, et en novembre elle était complète. Mais, quoique le Gange fût double, la Fontaine de Jeunesse ne l'était pas, ni le canal qui y conduit {(uj. 127 et 128). » Le Xcctar, l'Euphrate et le Phison furent vus ensuite parfaitement doubles. / Fig. 129. Le ilêdoublrineal do rF,\i|ilirate et du Phison. (De.-^sin du 19 novembre). Fig. 130. Le lao du Soleil fendu en deux. ces deux derniers depuis le 18 novembre jusqu'à la fin des observations. La ligure 129 représente ceux dessinés le 10 novembre par M. Lowell. Le lac du Soleil a paru feiidii en doux les '.) et 12 octobre [fuj. 13Û,i, observation déjà faite antérieiu'cnient i ' ). (,' ; Juin IS'JO (i-ioir Tunie 1, ji. 'ilb ei:û:i). Lo 9 juin 1890 correspond à 24 jours avant l'éLiuinoxe de printemps austral, arrivé le 3 juillet. Le 9 octobre 1894 correspond à 39 jours après le solstice d'été austi-al, arrivé lo 31 août. i,owi:i.i, - t.i;s OASIS. '13I Parmi les résultats les plus caractéristiques de celte analyse si complète et si attentive de la surface de Mars par les astronomes de roijscrvatoire Lowell, nous devons signaler maintenant la conclusion relative aux oasis. Nous tenons à passer en revue ce que chaque observateur de Mars croit pouvoir conclure de ses études, car ce n'est ([ue par la comparaison de ces résultats, quelque discordants qu'ils paraissent parfois, que nous pouvons créer nous-mêmes un ensemble aussi rapproché que possible de la réalité. C'est à l'aide de pierres, de fer, de bois, de vene, d'étoffes, etc., que l'on construit une maison. Pour M. Lowell, la surface jaune, continentale, saharienne, de la planète est parsemée d'innombrables petites taches rondes ou ovales dont toutes, sans une seule exception, sont en connexion avec les canaux. Nous publions ci-après fig. 131-132) les deux vues principales du globe construit par M. Lowell, dont nous avons parle plus haut et dont nous avons déjà pré- senté [fig. 118-121 I quatre petites réductions. Les oasis circulaires sont des points de rendez-vous. Quand les canaux sont doubles, au lieu d'être rondes, ces taches sont rectangulaires avec des angles arrondis. En général elles ont de 190 à :i40 kilomètres de diamètre. C'est l'observation de lEuménides-Orcus qui a mis l'auteur sur la voie. Ce long canal ne mesure pas moins de 5700 kilomètres d'une extrémité à l'autre, du lac du Phénix et presque du lac du Soleil au Trivium Charontis. En l'observant attentivement, on pensait à un collier de perles entourant le globe de Mars [' . Peu à peu, le Pyriphlegethou et le Gigas produisirent un effet analogue. Ces perles se trouvaient à l'intersection de petits canaux tra- versant le canal principal. Elles devenaient plus visibles, plus foncées, en même temps que les canaux, ou, pour mieux dire, aussitôt après, avec la saison, en novembre, correspondant au mois d'août de l'été mai-tien. Les saisons sont bien plus marquées aux environs de l'équateur de Mars, dans la zone tropicale, que sur la Terre. Ces taches ne sont pas des lacs, car leur visibilité ne provient pas d'un agrandissement de surface, de l'arrivée des eaux, mais du changement de teinte : celle-ci s'assombrit comme le ferait une teinte végétale. Ce change- ment de teinte suit la fonte des neiges, comme l'apparition des canaux. Ce sont donc là des régions de végétation, des oasis fertilisées par rinliltratiou des eaux, au milieu de vastes déserts, et non sans intention « oases not innocent of design ». C'est même là le but de l'existence des canaux, -i Supposer un effet du I ' ) Ces lacs de l'Euménides-Orcus avaient déjà été signales par M. Gale, à Sydney, en isai. Voir plus haut p. 91, fig. 111 et p. 'J'.'.) 13? LA PLANÈTE MARS. iSOi li.isaid ùquivaudrait à dire qu'une collection fortuite de chillies pourrait Idiiuer une table de multiplication. L'économie du système est évidente, d ailleurs, parle fail ([ueles canaux sont tracés en ligne droite, c'est-à dire suivant le plus court chemin. » Signalons enfin les nhservations faites sur le terminateui', ou méridien Fvj, l:;i. liliilie 'le Mai-^. Côli' (le l.i mer lie. Sirènes cl de l'Euiiieiiide~-Uieii- limite entre l'hémisphère éclaire et l'hiunisphére obscur, le lonij- duquel ou a vu, soit des points brillants, soit des dépressions. Ces déformations sont nombreuses etcerlaines. Les dépressions s'expliquent par le caractère de la surface, plus sombre là qu'ailleurs et sans doute plus humide. L'auteur pense qu'il y a là des brouillards. Les projections ou points lumineu.\ s'ex- pliquent par des nuages élevés, qui se formeraient après le coucher du soleil. 11 n'est pas question de signaux adressés par les habitants. Voici les conclusions de M. Lowell : I.OWELL. - LES OASIS. m 1" Les changements que l'on observe sur la planète prouvent Texistence d'une atmosphère : 2° La lumière du bord, la présence d'un crépuscule, la clarté générale du disque, donnent des indications sur la densité de cette atmosphère. A la surface de la planète, la pression barométrique n'est probablement que de 10 centi- mètres, mais elle doit diminuer moins rapidement qu'ici avec l'altitude; Fi:.-. 1.; Globe de M:u'~. De la mer du Sulilioj' à la Baie du Merili. 3" La présence d'une bande sombre bordant le cap polaire pendant sa dimi- nution, montre que ce cap peut être composé de neige d'eau et non de neige d'acide carbonique. ■4» Ce cap fond si complètement, qu'après s'être étendu sur toute la zone froide; de la planète, il disparaît entièrement un peu après le milieu de l'été: 5° Du fait que le cap polaire est composé d'eau glacée et que la foute est si grande, il résulte que la température moyenne de la planète est assez élevée; 6" Les points brillants observés sur le cap. les crevasses qui le traversent, les 134 LA PLANÈTE MARS. ISO'i parties qui s'en détachent, montrent comment la fusion s'opère et montrent aussi qu'elle s'effectue toujours de la môme façon, d'année en année. La topo- graphie polaire est donc permanente ; 7° L'association des parties les plus larges de la mer polaire australe avec les régions foncées de la planète implique une association de niveau entre elles ; 8° La présence de bandes foncées traversant ces mêmes régions sombres depuis le cap polaire jusqu'aux contrées équatoriales à l'époque de la grande fonte des neiges, et leur disparition consécutive, montrent dans cette associa- tion une relation de cause à effet ; 9" Les régions appelées mers ne sont pas des étendues d'eau : a, parce que la lumière qu'elles réfléchissent n'est pas polarisée, tandis que la mer polaire l'est; h, parce qu'elles s'efTacent à mesure que la saison martienne avance, sans que d'autres parties du disque s'assombrissent; c, parce qu'à certaines époques on aperçoit sur elles des taches claires ou sombres. Tous ces aspects s'expliquent si l'on voit là des surfaces de végétation ; 10° D'après les observations, il n'y a aucune étendue d'eau sur la planète, ni permanente, ni temporaire, à l'exception de la mer polaire. 11° Les projections et les dépressions vues sur le terminateur montrent que le globe martien est, selon toute probabilité, très uni, et que les points lumineux sont dus à des nuages se formant après le coucher du soleil ou parfois avant son lever, l'hypothèse des montagnes étant incompatible avec les observations ; 12° Les surfaces claires paraissent être des déserts, mais on ne s'explique pas encore l'éclat temporaire et périodique de certaiues régions; 13° Des changements progressifs se produisent à la surface de la planète, d'un p(Jle à l'autre, dans le cours d'une demi-année martienne. Ces changements commencent avec la fonte des neiges polaires et se développent comme le ferait de la végétation. La vie végétale se n\ontre là aussi clairement que possiljle; 14° Il y a peu d'eau sur la planète, et elle est employée par la circulation météorologique, qui la dépose alternativement à chaque pôle sous forme de neige. S'il y a 1;\ un ordre de vie supérieur à la vie végétale, un ordre capable d'agir et de faire servir à un but les forces de la nature, on se sera efforcé d'utiliser pour la vie toute l'eau disponible, car aucun organisme ne peut vivre sans eau. Par conséquent, l'irrigation en faveur de l'agriculture serait la base fonda- mentale de la vie martienne. Or, que voyons-nous sur Mars? Un réseau de lignes fines couvrant la surface déserte de la planète. Toutes ces lignes sont géométri- quement tracées; elles correspondent avec colles qui traversent les régions sombres, et qui viennent du cap polaire : ce système de lignes se développe comme conséquence de la fonte des neiges polaires, commence à se montrer au printemps, est à son maximum en été et s'évanouit ensuite. Ces lignes quittent les régions foncées à certains points spéciaux et convergent dans les régions claires vers certains points de rendez-vous ; aux endroits où elles partent des régions sombres, on voit des taches triangulaires remarquables ; ARC CRÊPUPCn AIRK PFR MARS. !,'!■> aux points où elles se rencontrent, ce sont dos taches rouiles. C'est précisément là l'aspect que présenterait un système lopique d'irritration. D'où l'on conclut : A. [.'habitabilité généraU do, la planète <■ the (jcncral habitability of Ihe planel » ; B. Son habitation actuelle par quelque forme d'intelligence locale « ils actual habitation at the présent rnoinent 6?/ some form of local intelligence ». Telles sont les conclusions que M. Lowell a, lircos do ses nombreuses observations et de celles de ses collaborateurs. Elles sont du plus haut intérêt, quoique assurément discutables, ol font avancer notre connaissance de la planète lors même qu'on ne les adnu'tlrait jias comme défiuitives. Les astronomes de Flagstaffse sont aussi occupes des satellites de Mars. Les diamètres probables seraient : Deimos = 10 miles — 16 kilomètres. Ptiotîos = .36 - - .58 ^ Ce sont vraiment là de petits départements. CLXXIV. — I.OWELL. PlCK-ERINÛ ET DoUGL.iSS. — ARC C.RÉPUSCUI..4inK. Pendant la même opposition, les observateurs dont nous venons de résumer les travaux en une synthèse générale ont pris une série de mesures spéciales des diamètres polaire et équatorial de Mars, qu'il importe d'exposer ici. Ces mesures, discutées par M. Lowell, fournissent : 1° De nouvelles valeurs des diamètres polaire et équatorial de Mars ; 2» Une nouvelle valeur de l'aplatissement de Mars; 3° La preuve de la présence d'un arc crépusculaire sur Mars, d'environ 10» de large. Les mesures faites par M. Douglass s'étendent du l'i juillet au ','1 novembre ISHi; elles ont été, pour la discussion, réunies en deux groupes, du ;'0 septembre au 5 octobre, et du 1-2 octobre au 21 novembre : On s'est servi des éphémérides de M. Marth. On a eu soin île placer le fil lon- gitudinal du micromètre soit parallèlement, soit perpendiculairement, à l'axe polaire de la planète; on a eu soin aussi de maintenir la direction joignant les deux yeux parallèle au fîl micrométrique ou parallèle au fil transversal. Du 12 octobre au 21 novembre, il a été fait 275 mesures, dont 140 se rapportent au diamètre équatorial et lo.j au diamètre polaire. Chaque mesure se compose en général de cinq pointés. Les Tableaux du Mémoire de M. Lo-nell contiennent les résultats de ces mesures réduites en secondes d'arc et corrigés : 13r. LA PLANÈTE MARS. 1894 Des erreurs de la vis, De la réfraction, De l'irradiation (du limbe et du termiiiateur de Mars), De la phase, De la distance. I,a première série d'observations conduit aux deux remarques suivantes : 1" M;irs est aplati aux pôles; ■J° Il existe une différence systématique entre les valeurs du diamètre équato- rial résultant des observations d'octobre et de novembre. Les mesures de novembre donnent une valeur plus grande pour le diamètre équatorial que celles d'octobre; une augmentation analogue ne se manifeste pas prinr les mesures du diamètre polaire. Frappé par ce fait, M. Lowell a eu l'idée de grouper les observations en ayant égard h la date de l'opposition. Les moyennes des valeurs du diamètre équatorial et du diamètre polaire cor- respondant à ces trois groupes sont les suivantes : liinniêlri' Diamètre DATES. IHiI.lirt*. i'<|U.ltoriill . 15-23 Octobre ;i",37il 9",42U 12-30 ~ 9,378 9,440 2--;:i Nuvembrc. .. 9,390 9 ,5i,'i Les mesures accusent une augmentation dans les valeurs du diamètre équato- rial, tandis que la valeur du diamètre polaire reste ;\ peu près la même. < )r, toutes les mesures ayant été corrigées de la réfraction, de l'irradiation, de la ])liase, de la distance, de l'inclinaison de l'axe, les moyennes auraient dû s'ac- corder, comme cela a lieu efl'cctivemcnt pour les valeurs du diamètre polaire; les valeurs du diamètre équatorial, au contraire, diffèrent suivant l'époque des obser- vations. L'auteur fait remarquer que, parmi les corrections appliquées, celle de la pliaso est la s<'uli' qui varie ]proportionnellement à l'intervalle do temps écoulé .le]iuis l'opposition; or, cette correction est connue avec une grande précision, imisqu'elle ({(-pend des mouvements et des distances de Mars et de la Terre. L'iiiclinaison de l'axe pol.nire de Mars entre aussi dans le calcul du di.'imètrc équatorial. L'augmentation, d'après M. Lowell, doit être attribuée à un arc crépasculaira sur Mars. L'arc crépusculaire, dit-il, est une conséquence do l'atmosphère plané- taire; pour un obser\atour eu dehors de Mars, le crépuscule aurait pour effet de prolonger le terminateur au delà de ses limites réelles, d'oii résulterait une augmentation dans le diamètre éi[uatorial lorsque la planète passe de la phase polaire :\ la phase gibbeuse. D'après les calculs de l'auteur, l'arc crépusculaire serait de lO»; cet arc est de IS" sur la Terre (le Mémoire est ici accompagné de l'urmules). Imi appliquant aux mesures de U. Douglass la correction de l'arc crépuscu- ARC CRKPUSCDLAIRE STR MARS. 137 laire, >[. l.owell obtient les valeurs suivantes pour les diamètres équatorial et polaire : Diamètre Diami-tri" DATES. ]iolair^>. énuatoriaU 15-22 Octobre 9", 350 9",'i0'i 12-30 — ' 'J,3ô4 9,3% 2-21 Novembre 'J,3ô3 '.I .m Ces valeurs s'accordent maintenant entre elles. Les observations du 15 au 23 octobre conduisent ;\ la valeur ilo pour l'aplatis- sement de Mars. L'auteur fait remarquer que cette valeur est probablement trop 1 19 1' faible. La comparaison de toutes les mesures équatoriales et polaires conduit à valeur comprise entre les limites extrêmes de l'aplatissement théorique, ytz e' ji-, indiquées par M. Tisserand. Les valeurs définitives adoptées par M. Lowell sont : Diamètre équatorial : 9", 40 " 0", 007 Diamètre polaire : 9,35 — 0.007. Le diamètre polaire est souvent trop grand. La cause de cette augmentation, l'auteur la trouve dans la présence des taches polaires à l'époque des observations. La tache polaire australe était alors située excentriquement par rapport au pôle sud, à a" de latitude et .")9<> de longitude; et comme le pôle sud était dirigé vers l'observateur, la tache polaire se trouvait, par suite de la rotation de Mars, tautôt sur le disque de la planète, tantôt sur le limbe; l'augmentation apparente du diamètre polaire serait °, le lac du Soleil à Si)" au lieu de 95°, le lac Niliacus à 33° au lii'U de 4i", le golfe des Perles à 18° au lieu de 28°. Les ditrérences varient de -h 3° cà -^ 12°. » Nous avons vu aussi plus baut (p. 70) que M. Keeler, en 1892, a trouvé une difTérence constante de longitude entre ses observations et les photo- graphies d'un globe de Mars, faites pour les heures de ces observations, les longitudes du méridien central de ces photographies surpassant celles des dessins d'environ 7°. La planète retardait donc de cette quantité. Souvenons-nous de l'origine du méridien zéro de M. Schiaparelli et de ce que nous avons pris soin de signaler (I, p. 2921 : i Si l'on compare, disions- nous, ce méridien zéro à la carte de M. Green, un renuu-que entre les deux une différence de 7°; celui de M. Green passe à droite de la baie du Méri- dien, et cette différence s'étend à toute la carie. A cause des circonstances atmosphériques, ce point zéro des longitudes de Jl. Schiaparelli n'a pu être l'objet que d'une seule mesure; il pourrait y avoir une erreur constante dans la numéi-atinn des degrés, ce qui ne changerait rien, d'ailleurs, à l'exactitude des positions relatives » . En octobre et novembre 1894, M. Lowell a fait des observations à l'aide de l'excellent objectif de 0'", 45 dont nous avons parlé, armé d'un grossisse- ment de 440, et a mesuré au micromètre les positions des points principaux. Entre l'œil et l'oculaire il avait interposé avec avantage un verre jaune, comme l'a fait souvent M. Schiaparelli. Il commença ses observalions par le Fasligium Aryu et trouva (fu'il arrivait constamment au méridien central après l'heure donnée par les éphémérides. Lorsque le golfe des Titans se présenta ensuite, en novembre, le même retard fut constaté. Un grand nombre de points furent observés. Pour chacun d'eux il y a un retard d'environ 5°. ('j On inartiun lomjitudcif. The Aslrophysical Journal, isyj, t. L p. 393. LES LONGITUDES MARTIENNES. 139 C'est comme si la lumiiTC mettait plus de temps que no l'indique le calcul pour venir de Mars à la Terre, environ 20 minutes. Ce n'est pas admissible. M. Lowell pense que la période de rotation admise est trop courte. Ce n'est pas acceptable non .plus, à cause des anciennes observations concor- dantes. On pourrait peut-être penser que l'atmosphère de Mars dévie les images vers la droite, au mr>ridion central. Mais c'est là une idée féconde en diffi- cultés. Ou bien, tout simplement, les observateurs ne seraient-ils pas influencés par leur observation même, qu'ils auraient une tendance à inscrire à l'heure même de son commencement';' Toutefois, vingt minutes c'est beau- coup, même pour Mars. Pour Jupiter, l'idée serait absurde. Ou, plus simplement encore, on peut se tromper de quelques degrés dans l'estimation des positions, le sens de la rotation et la phase étant des facteurs non négligeables. L'e.xplication la plus simple nous paraît de penser que cette différence n'est pas bien dégagée des erreurs d'observation. Ainsi, Fastigium Aryn se trouve de 7° à gauche du méridien sur la carte de Green Tome I, f\g. 1671. tandis qu'elle est de 7" /( droite sur celle de M. ^^'isliceuus id., fig. 251). M.Schiaparelli nous paraît plus près de la vérité, ses observations de 1888 confirmant celles de 1877. Il serait utile de déterminer plusieurs origines indépendantes de longi- tudes martiennes, telles que: l°]a baie du Méridien, 2° le lac du Soleil, 3° le golfe des Titans, etc. (LX.WL — ^\■.-lI. PiCKERiNc— liEs Mers de M.^rs. L"un des observateurs de l'Observatoire Lowell a fait sur cet important sujet des mers martiennes une communication spéciale (') que nous résu- merons ici. Nous en avons déjà dit quelques mots plus haut (p. 109, 112 et 123 . La première observation de Mars faite à l'Uliservatoire Lowell, à l'aide de la lentille de 0'",4.5, a eu lieu le ■"■juin 1894. Depuis cette date, les observations ont été continuées presque chaque nuit. Ce qui me parait être la plus impor- tante conclusion que Ion puisse déduire de notre travail jusqu'ici, c'est que Mars ne présente pas toujours le même aspect à des époques corresponda^Ucs de deux années martiennes consécutives. Cette remarque ne s'applique pas seu- lement aux petits détails, mais aussi aux aspects généraux. De plus, cette diffé- ('■ Aslronomy and Astro-Physics. vol. XIII. p. Jj3. 140 LA PLANÈTE MARS. 1894 rence ne paraît pas simplement due au fait qu'une saison arrive quelques semaines plus tard que l'autre, mais à ce que les phénomènes présentés pen- dant les deux années sont différents. Ainsi la branche centrale de l'Y, juste au nord deNoachis, qui était si marquée en 1892, n'était pas visible en juin 1894. Il est vrai que M. Lowell a cru la voir faiblement indiquée, mais, bien que je l'eusse examinée le même soir, je n'en suis pas sûr. Cependant la délinitiou était telle que, si elle eut été la môme qu'en 1S9'2, on l'aurait reconnue au premier cou]) d'œil. Je l'ai encure examinée à l'appa- rition de juillet 1894, mais sans en apercevoir de traces. Deux dessins faits par M. Campbell les 18 et -20 juillet 1892, et puijliésjiar la Société Astronomique du Pacifique {voir plus loin, p. 144). la montrent. Un dessin présentant son aspect le 4 septembre 1892 m'a été envoyé par M. Russell. de l'Observatoire de Sydnej- (Nouvelle-Galles du Sud). Ainsi cette branche serait caractéristique de l'oppo- sition de 1892. Cette même région a été très soigneusement dessinée par M. Dou- glass et moi-même, plusieurs fois, entre le .'iO juin et le 6 juillet 1894, sans que nous ayons pu distinguer de traces de la branche centrale. A ces dates, Mars avait la même position dans son orbite que les 12 et 18 août 1892. Un dessin fait par moi-même le 13 août 1892 montre la branche centrale très clairement. Il serait intéressant de savoir si son aspect a été noté cette année par les observateurs australiens, jjuisque, pour leur longitude, il devait être visible vers le milieu du mois de juin. Non seulement la branche centrale de l'Y a été invisible cotte année, mais encore la grande tache bleu sombre qu'elle mettait en ooniniunication avec la calotte polaire australe, et que nous avons appelée mer du Nord, ('tait bien moins marquée et beaucoup plus petite qu'en 1892 ( 't. De même un grand golfe noir, limitant la neige fondante au nord, et situé droit au sud de Syrtis Miuor, a été un trait frappant de nos observations de cette (') Cette n branche centrale de l'Y » dont parle iM. Pickeriiig forme le prolonge- ment gauche de la nier l'Erythrée, le Sinii.s Saba'us formaiil la branche de droite, et l'Hellespont \a l.iranche de gaiirhe. Il f^uit alors siipiiosor la planète très peiiclR-e vers la gauche. Dans ce cas, l'aspect normal de IS'JÎ s(M'ait à ]ieu près celui de la fiij. 96, p. 7! de cet ouvrage, sur laquelle celte mer alloni^x'c est très foncée. Compa- rer aussi hv /ig. 89, p. 05, de M. Pickeriug lui-iuéinc, retournée, ^l. Schiaparelli a signalé, d'autre part {/ig. 100, p. 78), un changement arrivé là. Sur notre premier globe de Mars, publié en 1884, cette branche est foncée. Sur le second, pulilié en IS'JS, elle est d'un gris clair. Cette région étant le théâtre île variations certaines et fréquentes, il était très incoiu- mode de ne pouvoir la nommer qu'en périphrases. Nous avons cru devoir lui donner un nom et l'avons appelée Pandonc l'relum « Détroit di' Paudoro ». Cette dési- gnation est en rapport avec celle des pays voisins. On n'a pas oublie que Pandore, l'Eve des Grecs, avait été envoyée à Prométhée, comme éjiouse, par Jupiter. La même région portait le nom de détroit Arago sur les premières cartes (foir Tome I, p. 6S et 205). On la remarque sur le dessin de Green du 10 septembre 1877. sur ceux de Secchi en 1858, et même sur ceux de \V. llerschel et de Schroeter. W.-ll. IMCKKIUXC. — l.l'S Mi:i{S OK MARS. lit année. Ce golfe a été observé une l'ois seuleiuout en 1S9-,', le Î7 juillet, et il n'était i)as très marqué. Si ces reliions très sombres sont de l'eau, comme on le eroit, il paraîtrait alors que l'eau, qui n'avait pas atteint les régions boréales cette année, e.s( apparue en e.vcé.s- au .su((. Examinant cette région noire, le 4 juin, avec un pohiriscope d'.Vi-ago, jjrépan; pour moi par M, lîrasliear. j'ai ti'ouvi' ([u'elie laissait voii- des traces claires de putai-tKaLioii. aiusi que le taisait le l'anal courant au nord. Ceci serait uatu- rellcment le cas si c'était là de l'eau, du moment que, située près du limbe, cette tache nous rétléchirait largement la lumière de l'atmosphère de Mars. Sur le reste du disque, la polarisation ('■lait à peine indiquée. A l'appari- tion suivante do cette région, le ',) juillet, l'observation a été répétée, mais ce qui m'a surpris, c'est qu'on ne pouvait plus découvrir de trace de polarisation dans la région sombre. J'ai alors fait un examen rigoureux de cette région, et ai trouvé que sa couleur avait entièrement changé; ainsi, tandis que, le 9 juin, M. Lowell écrivait: h Baie d'un bleu sombre, parait tout ;\ fait comme de l'eau profonde », on constatait maintenant qu'elle avait une teinte brune chocolat, dill'('- rant entièrement en couleur des régions grises bleues au nord. Ces régions grises ne montraient pas de signes de polarisation, et, ainsi que je l'ai remarqué déjà, je ne vois pas de raison pour supposer que leur couleur soit due à de l'eau. En ce qui concerne mes observations, il me parait que la surface d'eau permanente sur Mars, si elle existe, est très limitée dans ses dimensions. Ces grandes régions grises étaient d'une couleur brillante et franchement verte en 1890, juste avant l'équinose vernal. Dans la première partie de 1892 aussi, on voyait de vastes surfaces vertes sur la planète, mais, au fur et à mesure que la saison avançait, les régions vertes ont changé presque complètement au gris. En ce moment, on ne voit que très peu de couleur dans les parties ombrées. Elles sont assujetties aussi à de si grandes variations d'étendue suivant le pro- grès des saisons, que — à moins que nous ne puissions nous persuader que des inondations gigantesques, non suivies de nuages, constituent la condition nor- male des choses sur Mars — nous sommes forcés d'adopter quelque autre expli- cation sur leur existence. La théorie qu'elles doivent leur couleur à de la végétation est peut-être la plus plausible, et quelques faits nouveaux touchant cette question ont été dernièrement mis en évidence. Le 30 juin, M. Douglass a noté une dépression distincte sur le termiuateur, là où il était traversé par le jambage de l'Y. Au fur et à mesure de la rotation de la planète, la position de la dépression changea, et l'on remarqua qu'elle ne se trouvait pas toujours dans les parties les plus foncées du terminaieur. Depuis cette date, de semblables dépressions, plus ou moins marquées, ont été constatées presque chaque soir. En examinant mes observations de 189-2, je trouve à la date du 20 septembre, à SI" 6", un dessin montrant un termiuateur aplati, et une note disant que " la planète parait quelque peu de cette forme ». Un examen ultérieur a montré que la longue et étroite bande connue sous le nom de Cerauuius se trouvait H-: LA PLANÈTE MARS. 1S94 dans le voisinage du terminateur en ce moment. Ces dépressions du bord du terminateur peuvent être facilement expliquées par de véritables dépressions de la surface de la planàte : nous pourrions constater une différence d'élévation de la surface de deux milles (un peu plus de 3'^"'). à la condition que l'élévation ou la dépression soit sur le terminateur. Peut-être sommes-nous à la veille de construire une carte orographique de la planète. Mais ces observations sont très difficiles, et l'on ne doit pas s'attendre à une grande précision. On peut, semble-t-il, tirer la conclusion suivante: Du moment ([ue ces dépressions du terminateur ne se montrent pas toujours aux parties les plus sombres des régions foncées, et comme différentes portions de ces cavités sont creusées à des profondeurs différentes, lorsquelles se trouvent sur le terminateur, il s'ensuit que toutes les parties des régions grises ne sont pas au même niveau. En d'autres termes, il y a des collines et des vallées, et, par suite, les régions foncées ne représentent pas une surface d'océan. C'est là une conclut^ion d'une haute gravité. Enregistrons-la. Mais ne l'adoptons que lorsqu'elle sera bien démontrée, ce qui ne tardera peut-être pas. On voit, d'autre part, d'après ces observations, que les saisons n'amè- nent pas chaque année les mêmes aspects, et i[ue sur cette planète comme sur la nôtre les années se suivent et ne se ressemblent pas. CLXXVII. — OliSERVATIONS FAITES A l'OBSERVATOIRE Lic.K . iM. W. Campbell, astronome à cet Observatoire, dont il est aujourd'hui Directeur, a publié en 1894 (') une étude sur les photographies prises par M. Holden, alors Directeur, en 1890 et 1892. On sait que le bord du disc[ue de Mars est considérablement plus lumi- neux que l'intérieur du disque. Le contraste avec le fond noir du ciel doit jouer un grand rôle dans cette appréciation. En général, les taches disparaissent avant d'arriver au bord. Les photographies ont une grande valeur pour juger cet éclat relatif, parce qu'elles ne sont pas alTeclées comme l'œil par l'entourage. A'oici l'élude de M. (',ampb(dl à ce sujet : Trois séries de photographies ont été prises ; 1" avec la plaque au foyer du grand objectif, donnant de très petites images; 2» avec une lentille intermédiaire grossissant environ & fois, et 3» avec une lentille grossissant près de 8 fois. Lorsque Mars est voisin do son opposition, les photographies nous montrent que son contour est bien jilus clair que ses régions centrales. Mais l'éclat est loin d'être uniforme. Lorsque des régions sombres se trouvent au bord du disque, le (',1 Publicatiods of llie Astroiioniical Society of the Pacific, vol. Yl, p. 139. OBSKUVATOllîi; l.ICK. 143 limbe est seulement légèrement illuminé en ces endroits. Lorsque, au contraire, ce sont des réglons claires, ces parties du limbe deviennent tout aussi brillantes ([ue les calottes polaires. L'éclat de la périphérie est donc très irrcgulier, et varie selon la nature des régions qui y passent. Lorsque .Mars est voisin de' son opposition, le bord est nuancé de tons variés, et il en est de même du terminateur, sur une plus petite échelle. Lorsque Mars se trouve loin de son opposition, de sorte que le terminateur est évident et que la planète paraît gibbeuse, le limbe est brillant comme dans les cas précédents, mais le terminateur ne l'est pas. se montrant très irrégulicr de contour, et plus rapproché du centre qu'il ue devrait l'ètro théoriquement, ainsi qu'il arrive dans les photographies lunaires. Les photographies montrent les principaux détails de la planète très distinc- tement. Ou a dit que l'accroissement d'éclat vers le limbe de Mars est produit par l'atmosphère do la planète. Il me semble que les irrégularités et les varia- tions d'éclat du limbe rendent cette hypothèse insoutenable. Si l'eflfet avait une cause entièrement atmosphérique, nous devrions voir le limbe uniformément illuminé. Plusieurs astronomes ont attribué cet accroissement d'éclat vers les bords à des nuages du matin et du soir. Si cela était correct, le limbe ne devrait pas être rendu plus clair lorsque l'angle de Mars entre le Soleil et la Terre est assez grand. Quelques-unes de nos photographies ont été prises lorsque cet angle était do 370, .j. le 31 mai 1892. Nous devions avoir alors les nuages du matin com- plètement cachés de nous par la planète. Cependant les photographies ue mon- trent pas de diminution appréciable dans l'éclat ordinaire du'limbe. h'albedo très faible de la planète est encore une objection à l'hypothèse des nuages. Les photographies montrent d'une manière concluante que le limbe est rendu lumineux par les détails mêm(is de la planèle, les plus brillantes régions donnant les bords les plus brillants. On retrouve le même effet sur la Lune; le limbe est plus brilUant que l'intérieur, parce que les régions montagneuses réfléchissent mieux la lumière que les surfaces planes; au limbe, les montagnes forment le fond réfléchissant visible tout entier, les plaines basses et les vallées disparaissant par l'obliquité. Je crois que nous devons chercher une explication analogue pour Mars, bien que, comme d'autres l'ont signalé, toutes choses égales d'ailleurs, des montagnes très escarpées seraient nécessaires. L'importance de faire une série de photographies à exposition courte en combi- naison avec d'autres observations de la planète est donc manifeste. Le même astronome a publié en 1894 plusieurs dessins pris par lui en 1892. Nous choisissons parmi ces dessins ceux des 18 et 20 juillet dont il vient d'être question (p. 140 à propos de la disparition en 1894 du Détroit de Pandore, si marqué, si évident en 1892. Lies dessins sont pour nous, 14'i I.A l'LANKTE I\IAR!=;. IROl comme les pi-r'Cédenls, un nouveau lémoi.unagc des vari;itions marliennes. FiR. 133. Fig. i:;i. CLXXVIII. - Campreli.. Le specthr de Mars M. Après avoir passe en revue les observations spertrales de l'iullu'rfiird (voir tome I, p. 182), Secehi (p. 201), (lluggins (p. 200), Janssen (p. 413, noie). Vogel (p. 212), et Maunder (p. 308), l'auteur s'exprime en ces termes : Les recherches des spectroscopistes ont coudiiit à ce résultat ; L'atmosphère do Mars est semblable h la nôtre. Leur conclusion a été généralement acceptée par les astronomes. Un examen attentif de toutes les données publiées m'a mon- tré toutefois que plusieurs des observations ont été faites dans des circonstances exlrêrnemenl défavorables, et que l'on ne saurait trouver l'accord désiré entre les divers résultats. Tandis que je croyais que Mars a une atmosphère et qu'elle contient de la vapenr d'eau, il me parut qu'une répétition des observations spectroscopiques faites dans bis circonstances /rè.^' farorables que l'on trouve à l'Observatoire Lick aurait une certaine valeur. Parmi les avantages de notre installation je citerai : 1° Un appareil spcctroscopique perfectionné. Les observations ipic nous allons examiner ont été faites il y a de di.x-sei>t à trente ans, avec des spec- troscopes relativement grossiers. i" Une lunette de. fjrande dir^lnnce focale et de grande ouverture. Les instruments dont ou se servait dans les iibservations primitives étaient petits et courts, de sorte que les images de Mars formées par eux sur les plaques à fente ne pouvaient être que le tiers de celles que nous obtenons à noti'e lU'i ponces. 11 y a ici un avantage énorme, et pour estimer les intensités relatives des ligues spectrales, et pour comparer les intensités des centres de lignes (correspondant (') Society of Ihe Paci/ic, t. VI, IHlJ'i. p. î'.'S. A.'ttronorny and A.'^lru-Pliy.-iics, t. \in, 1894, p. 752. CAMPBELI,. LK Sl'F.CT Kl- DK MARS. 145 au centre du disque) avec les inleusitL^s des extrémités des mêmes lignes (cor- respondant au limbe). 3" L'allitudc de rObgervaloire, qui élimine du problème refTct absorbant des 1250 mètres inférieurs de notre atmosphère, avec toutes ses impuretés. La plupart des anciennes obsei-vatious ont été faites vers le niveau de la nier. 5° La prépondérance d'un air egtivnl s .sec. L'humidité relative moyenne est très basse au mont Hamilton pendant les mois de juillet et août. En plu- sieurs années, elle est inférieure à ;î.j pour 100. 11 n'y a pas de difficulté de choisir des nuits pour l'observation du spectre de Mars, lorsque notre humidité relative est souvent inférieure à iù. C'est là uu facteur important, attendu qu'il est indispensable pour nos recherches sur la vapeur d'eau dans l'atmosphère de Mars, d'éliminer, autant que possible, ainsi que la l'ait remarquer .lanssen en 1867 l'effet de la vapeur d'eau dans notre propre atmosphère. Les observateurs ne paraissent pas avoir pris ce facteur eu considération. Ln examinant les don- nées contemporaines de l'état du temps, je trouve que plusieurs des observations ont été faites par une humidité relative de 80, 8.j, ou même 90. 5° La situation méridionale de l'Observatoire et la déclinaison boréale de Mars ont permis de faire des observations par une altitude de la planète de 59°. A une hauteur de 09", la lumière venant de Mars passe par une épaisseur atuiusphérique 1,17 fois plus grande seulement qu'au zénith. Les plus inipurtantes des obser- vations publiées ont été faites lorsque la hauteur de la planète était de 'U" à 26". Ces hauteurs équivaleut à des épaisseurs atmosphériques respectives de 2, 75 et 2,Î8 fois plus grandes que si la planète eût été au zénith! Tandis que les observa- teurs cherchaient à éliminer l'efïetde notre atmosphère et de sa vapeur aqueuse en observant le spectre de la Lune, à des hauteurs égales, il doit être évident que le spectre de Mars a été observé dans des conditions extrêmement désavanta- geuses. Ainsi une observation a été faite lorsque l'altitude de Mars était seule- ment de •24°, avec une humidité relative de 85. Les elî'ets de toute atmosphère martienne possible seraient certainement noyés dans l'elTet énorme de la grande épaisseur de notre atmosphère à travers laquelle les observations ont été faites, atmosphère presque saturée d'humidité. 6" Enfin, nous pouvons dire que nos connaissances du spectre de notre propre atmosphère ont été largement accrues dans ces dernières années. Les excellentes cartes de Thollon, par exemple, sont très utiles pour l'élucidation du problème. Eu raison de toutes ces circonstances favorables, je m'attendais à une confir- mation évidente des résultats précédents. ■Voici les éléments qui entrent dans ce problème. Nous savons par l'observation que l'hémisphère de Mars tourné vers le Soleil est brillant, et que l'hémisphère opposé au Soleil est sombre. La planète brille donc par la lumière solaire réfléchie. Le spectre de .Mars doit être identique à celui du Soleil, excepté les modifications qui peuvent provenir de l'atmosphère supposée de la planète. F., II. 10 145 LA PLANETE MARS. 1894 L'intérieur iaeaiidcscent chi Soleil, qui cunstitue ses parties les plus denses, rayonne de la lumière de toutes les longueurs d'onde possibles. En d'autres termes, son spectre est une bande conliiiue, sans raies sombres. Les parties extérieures du Soleil sont gazeuses, d'une température beaucoup plus basse que les parties intérieures, et constituées des vapeurs de,s éléments chimiques contenus dans le Soleil. Ces vapeurs, celles de l'hydrogène et des métaux parti- culièrement, constituent une sorte d'atniosjihère solaire. I^a lumière rayonnée de l'intérieur plus chaud de l'astre ne passe pas librement à travers l'atmosphère enveloppante. Celle-ci absorbe quelques-uns des rayons do toutes les longueurs d'onde (mais, plus particulièrement, les rayons bleus et violets). C'est là une absorption générale. Elle choisit aussi de la lumière de longueurs d'oade parti- culières, et absorbe cette lumière très fortement, produisant les raies noires. L'absorption qui produit les lignes sombres est .^élective, et les ligues sont appelées lignes inél.illiques. Le spectre solaire est l'ornié par le Sjiectre conlinu de l'intérieur du Soleil, modifié ou interrompu par des milliers de lignes mé- talliques (sombres) produites par l'atmosphère solaire. Notre propre atmosphère modifie, elle aussi, la lumière qui la traverse. lOlIe exerce une absorption générale qui affaiblit le spectre continu, et une absorp- tion sélective qui introduit au moins l'IÎOO lignes sombres additionnelles. Ces lignes sombres — appelées lignes telluriques — constituent ce que nous pouvons nommer le spectre de notre atmosphère. Si la planète ^Lars est entourée d'une atmosphère, celle-ci doit exercer aussi une absorption sur la lumière solaire qui la pénètre. Les rayons de lumière qui nous viennent de la planète ont leur origine dans le Soleil; ils passent une fois à travers l'atmosphère solaire; ils entrent dans l'atmosphère de Mars, sont réllé- chis eu partie par la surface de la planète, et en partie par les couches infé- rieures de son atmosphère, et ensuite nous arrivent en traversant enfin notre atmosphère. Le spectre de Mars est donc la combinaison des spectres des atmo- sphères solaire, martienne et terrestre. Si cette planète n'a pas d'atmosjihère appréciable, le spectre de la planète sera simplement la combinaison dessiicctres solaire et terrestre. Ce problème serait pratiquement insoluble si nous n'avions un moyen com- mode d'éliminer les spectres de l'atmosphère solaire et de l'atmosphère terrestre, en laissant seulement le spectre de Mars. Notre Lune n'a pas d'atmosphère sensible. Par consé(|uent, sou spectre est le spectre combiné des atmosphères solaire et terrestre. Si nous comparons les spectres de Mars et de la Lune lorsque ces astres sont aux mêmes hauteurs au-dessus de notre horizon, — c'est- à-dire lorsque leur lumière traverse la même éjiaisseur d'atmosphère terrestre, — et si nous trouvons qu'ils diffèrent en quelque point, si insignifiant qu'il soit, la différence serait produite par l'atmosphère de Mars. S'il n'y a pas de différence, alors le spectroscope ne d-^cèle pas la présence d'une semblable atmosphère. Ainsi, le prnblème se réduit à une comi)araiMui des spectres martien et lunaire. c.AMinu-LL. I.1-: ^l'iiCTKt: ni: maus. u: ThoUon a, de plus, trouvé que dans les spectres solaire et terrestre combines, il y a tn>is lignes très fortes produites par quclcjucs éléments constante de notre atmosplière, probablement par l'oxygône. Ce sont les groupes A, H et x de Frauu- hofer, contenant environ 130 lignes distinctes. La présence de ces lignes indique la présence d'une atmosphère. Si elles sont plus fortes dans le spectre martien que dans celui de la Lune, cette planète devrait posséder une atmosphère. Thollon a, de plus, trouvé d'autres groupes de lignes, comprenant au moins 1100 lignes séparées, produites par la vapeur d'eau dans notre atmosphère. Ces lignes ont été divisées par Thollon dans les sept groupes qui suivent : 1. Longueurs d'onde = 745 à 716 [a de Fraunhofer). î- » " 716 687 (au-dessous de B). 3. u » 66(1 646 (autour de Hij. 4. ') » 635 6'28 (près de i). 5. ■> I) 5'J7 585 (autour de D). G. » ■> 578 567 ,o de Brewsier). 7. i> )> 5i8 J4"2 La présence de ces groupes de lignes implique l'existence de la vapeu/r d'eau. Si elles sont plus fortes dans le spectre de (Mars que dans le spectre lunaire, il y a de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de (Mars. Maintenant, tandis que toutes ces lignes peuvent être vues individuellement dans le spectre solaire, eu vertu de la grande dispersion que l'on peut em[doyer, elles ne peuvent être observées que comme des groupes ou des bandes dans les spectres martien et lunaire, à cause de la faiblesse de ces spectres, et de la faible dispersion que l'on est forcé d'employer. On ne peut pas observer les groupes A, 713-716 et 71il-f,.><7, qui sont à lextrénie rouge du spectre, et c'est pour cela que nous n'allons plus les Cunsidérer. Les bandes atmosphériques B et a sont faciles à obtenir dans les deux spectres. Les groupes de lignes de vapeur demandent beaucoup d'attention dans l'observation, pour la raison que, eu vertu de la faible dispersion dont on doit se servir, les lignes individuelles ne sont pas seulement confondues ensemble, mais même avec les lignes solaires métalliques qui sont situées dans leur voisinage. Ainsi, dans le 1" groupe, les lignes de vapeur sont à un tel point plus faibles que les lignes métalliques voisines que nous pourrions ne pas considérer cette bande dans le problème qui nous occupe. De même, leG° groupe, j7S-ô07, n'est pas une épreuve suffisamment sensible pour la vapeur d'eau, excepté dans l'atmosphère de la Terre, lorsque l'astre observé est près de l'horizon. Cependant ce ù' groupe a été reconnu dans les spectres martien et lunaire peudajit plusieurs nuits. Le 4' groupe, 635-Gifî, est inutile comme preuve de vapeur d'eau, car les lignes faibles qui le composent sont toujours elYacées par les ligues évidentes du groupe atmosphérique a. Il n'y a que les 3° et ô'' groupes qui puissent nous être utiles. Pour le 3' groupe, j'ai trouvé négligeable la partie comprise entre 060 et 653, à cause de la présence des fortes lignes solaires Hx, et de celles d'autres 148 l'A PLANÈTE MARS. 1894 ligues solaires existant parmi les raies faibles des vapeurs. Pour ma part, j'ai divisé le reste du 3' groupe en trois parties, dont chacune a e'té trouvée utile. La première partie couvre les longueurs d'onde G5I,5 à G5"2,0 et renferme environ huit lignes assez fortes dont la majorité sont produites par la vapeur d'eau. Avec toutes les dispersions dont je me suis servi, cette partie s'est pré- sentée comme une ligne ou bande très étroite, que j'appellerai c'. La deuxième partie couvre la région Ci9, 1-050,0; elle renferme nue demi-douzaine de lignes métalliques fortes, et quelques fortes lignes de vapeurs, mais toutes se superpo- sant pour former une bande que nous appellerons c". La troisième partie est ren- fermée entre Gi0,3 et 640,0, qui contient une grande quantité de lignes de vapeur d'eau et quelques lignes métalliques; elle forme une large bande que nous nommerons c'"- Le 5'' groupe, s'étendant de 507 à 585, a été divisé en quatre parties. La première couvre les longueurs d'oude 50'i, 1-595,0 ; elle contient un nombre de lignes aqueuses fortes et quelques ligues métalliques, formant une bande que j'ai appelée d'. La seconde s'étend de 592,8 à 593,5; elle n'est forte ni en lignes métalliques ni en raies de vapeurs; elle constitue une bande noire que j'ai appelée d". La troisième partie couvre 591,2 à 592,5; elle contient quelques lignes métalliiiues et beaucoup de fortes raies de vapeurs; j'ai nommé cette région d'". La quatrième couvre 588,4-590,0; elle contient les deux très fortes raies solaires 1), et LU, plusieurs ligues solaires faibles, et un grand nombre de raies de vapeurs. Cette dernière partie serait une bande très utile si les lignes D n'y étaient pas contenues; mais j'ai trouvé leur présence très gênante. Appelons cette région d'^'. Pour les raisons exposées ci-dessus, j'ai appliqué mes observations presque entièrement aux groupes B, a, c', c", c"', d', d", d'" et rf'v, et ai trouvé que x se prêtait mieux aux observations que les autres lignes. J'ai observé le spectre de Mars pendant dix nuits, entre le 29 juin et le 10 août 1894, en portant mon attention particulièrement sur les neuf groupes de raies que je viens de mentionner. En huit nuits j'ai comparé son spectre à celui de la Lune, lorsque ces deux astres étaient à des hauteurs égales au-dessus de l'horizon. Pendant deux nuits, les 24 et 25 juillet, lorsque la Lune était près de la planète, j'ai passé à plusieurs reprises d'un spectre à l'autre, tandis qu'à la première nuit la planète s'est élevée de 18° à 50", et à la seconde d'une hau- teur de 45° à 55". Les deux spectres ont été comparés lorsque l'humidité relative de notre atmosphère n'était que de 15" et lorsqu'elle s'élevait à 55°. Les obser- vations ont été faites principalement avec un prisme de flint dense de 60", et parfois avec un prisme de 30". Grossissement = 13. Lors(iu'on examinait le spectre lunaire, la fente du spectroscope était tou- jours rétrécie, de sorte que le spectre do la Lune avait constamment la même largeur que le spectre de Mars. La fente était constamment dirigée vers la partie la plus éclatante de la Lune, de l'a(;ùn ;\ rendre l'éclat des deux spectres (;a\iim!1-i,i,. i.ATMospiiKiu- Dr: maiîs. ny semblable, oc qui est une comiitiitu très importante. Kn un mot, les spectres ont été comparés dans une variété lie conditions, mais dans des circonstances toujours identiques pour les deux astres. Les raies atmosphériques et de la vapeur d'eau ont été vues et sur Afars et sur la Lune, décroissant d'intensité au l'ur et à mesure que ces astres s'élevaient dans le ciel, et les raies de la vapeur aqueuse variant d'intensité avec la quantité d'humidité présente dans notre atmosphère. Le spectre de Mars a paru identique à celui de la Lune sous tous les points de vue. De plus, plusieurs fois, lorsque la hauteur de la planète était grande, j'ai examiné les groupes de lignes on question, surtout a, afin de déterminer si les extrémités des lignes qui correspondent au limbe de la planète étaient plus marquées que leur milieu, correspondant au centre du disque. Les lignes parais- saient toujours être d'une intensité uniforme, du moins en ce qui nous permettait d'estimer l'intensité variable des différentes parties du disque. L'intensité des bandes principales, a par exemple, était considérablement plus grande lorsque la Lune ou Mars étaient à 30" au-dessus de l'horizon que lorsqu'ils étaient à hh". L'épaisseur relative de notre atmosphère traversée par les rayons, lorsque les astres étaient à des hauteurs de 30" et 55°, était comme '2 : à [,2'2. Si ies rayons de lumière de l'un des astres. Mars par exemple, passent à travers une épaisseur unité de notre atmosphère, et les rayons de la Lune à travers une unité et demie, l'intensité de a dans le spectre du second est certainement plus grande que dans le spectre du premier. L'ue différence de ■-'."i pour 100 dans la longueur des trajectoires traversées par les rayons des deux astres amenait une difl'érence appréciable dans l'intensité de leurs bandes a. La précision de l'observation est grandement accrue par la présence de plusieurs lignes métal- liques voisines, que l'on peut prendre comme points de comparaison. Les résul- tats de ces observations peuvent être énoncés ainsi qu'il suit : Les spectres de Mars et de la Lune, observés avec tous ces soins minutieux, se montrent identiques à tous les points de vue. Les bandes atmosphériques et de la vapeur d'eau observées dans les deux spectres paraissent produites entiè- rement par les éléments de l'atmosphère de la Terre. Ainsi ces observations ne donnent aucune indicalion d'une atmosphère ino.rtienne contenant de la vapeur d'eau. Le même astronome est revenu sur le même sujet dans l'étude suivante. CLXXIX. — Campbell. L'Atmosphère de M.\hs (')• M. Campbell discute les conditions de cette atmosphère. Pour étudier l'atmosphère de la planète Mars, il importe de considérer plu- sieurs faits importants et de les coordonner. (') Publications oftlie Astronomical Socioly of the Pacific, t. VI, lS9i. p. VlZ. ir,n LA PLANETE MARS. 1894 1» La petite masse de la ptanèle. — Il est raisonnable de supposer que la niasse d'une atmosphère est proportionnelle à la masse de la planète elle-même. Les pins grandes planètes doivent avoir les atmosphères les plus étendues. Cette règle parait exister en effet. Il n'y a pas trace d'atmosphère sur la Lune, pas plus que sur aucun des satellites de notre Système. De plus, il ne parait pas exister d'atmosphère sur la petite planète Mercure. Slais nous avons l'évidence d'atmo- splières étendues sur les grosses planètes Jupiter, Saturne, L'ranus et Neptune. Or, la masse de Mars n'est que 0,11 de celle de la Terre. L'aire de sa surface n'est que 0,28 do celle de la Terre. Si les atmosphères des deux planètes sont proportionnelles à leurs masses, la quantité d'air au-dessus d'un kilomètre carré sur Mars (') ne serait que 0,39 de l'atmosphère au-dessus d'un kilomètre carré sur la Terre. 2' La couleur de la planète. — Beaucoup d'observateurs croient que la cou- leur rouge orangé de Mars est produite par l'action de son atmosphère absorbant les rayons à l'extrémité violette du spectre plus fortement qu'à l'extrémité rouge. On a même dit que la Terre présenterait la même teinte si l'on pouvait la voir du dehors. La couleur rouge du Soleil près de son coucher et la teinte cuivrée de la Lune près de l'horizon sont des cas bien connus de la forte absorption des rayons bleus et violets par l'épaisse couche d'atmosphère à tra- vers laquelle la lumière doit voyager. D'après les comparaisons récentes des couleurs de Mars vu au télescope et de la Lune à l'horizon, telle qu'elle nous apparaît à l'œil nu, 1\L Campbell a estimé que les couleurs des deux corps cc'dcstes approchaient le plus de l'égalité lorsque la planète était au méridien à une altitude de GO", et quand la Lune était élevée de 3 à 5 degrés au-dessus de l'horizon. A ces altitudes, la lumière lunaire traversait notre atmosphère sur un parcours 9 à 16 f(jis plus long que la lumière venant de Mars. Par suite, si la teinte orangée de Mars était produite par une atmosphère analogue à la notre, cette atmosphère devrait être plusieurs fois plus étendue que la nôtre. Une partie de la lumière solaire réfléchie vers nous par la planète a passé doux fois par son atmosphère, mais une grande partie passerait en partie seulement avant d'avoir été ri'fléchie. Il paraîtrait ainsi que cette explication de la couleur rouge de la planète demanderait une atmosphère 6 à 12 fois aussi élevée que la notre. C'est- à-dire qu'au-dessus de toute surface sur Mars (un kilomètre carré par exemple) il devrait exister de G à 12 fois autant do molécules d'atmosphère qu'il y en a au- dessus de la Terre. Nous allons voir plus loin que tous les autres phénomènes observés sont en désaccord avec cotte hypothèse. (') La densitù de l'atmosphère à la surface de Mars est également digne d'attention, fait remarquer l'auteur. La pesanteur n'est là que 0,38 de la nûtre, et la densité de l'atmosplière à la surface de Mars ne serait que 0,1,5 de celle à la surface delà Terre, co qui correspond à une densité inférieure de moitié à celle de notre atmosphère au somuicl de l'Himalaya. CAMI'HRLL. I.ATMOSPIIKUK DE MAIIS. r,l (a). Le bord du di.sijue est toujours plus blanc que le centre. C'est là une observation facile à faire, et le fait a été noté jiar plusieurs observateurs. Entre autres, il a été remarqué par Dawes, qui a écrit en 18Gi: « Rien, à ce ([u'il me paraît, ne saurait prouver plus complètement que les teintes rouij;eàtres de Mars ne sont pas dues ;\ une particularilé'de coloration de l'atmospliôre de la pla- nète, que le fait que la rougeur est toujours le plus intense |)rès du centre, là où la couclie atuiosphériquc est le plus nùnce. " l'in d'autres ternies, si la rougeur au centre est produite jiar l'atmospliére, la jilus grande épaisseur de la coucbe gazeuse au bord devrait produire une augmentation de la teinte rouge. Mais l'observatiiin montre que c'est juste le contraire qui est observé. ib) Il n'y a pas de traces d'absorption de l'atmosphère au-dessus des calottes polaires. Tous les observateurs leur ont assigné la blancheur de la neige, même au bord de la planète. Si la couleur rouge du centre de la planète était due à l'absorption atmosi)hérique, l'absorption au bord du disque serait incomparable- ment plus grande, et les calottes polaires ne seraient pas d'un blanc jiur. Elles tendraient au jaune ou au rouge, ainsi que le fait le reste de la planète. (c) Les spectres des grosses planètes Jupiter, Saturne, Uranus et Neptune contiennent des bandes atmosphériques marquées, montrant ainsi que ces mondes sont entourés de vastes atmosphères. Sur Mars, l'évidence spectrosco- pique, ainsi que nous allons le voir dans la section suivante, est à peu près nulle. Et cependant Mars est incomparablement plus rouge que les quatre planètes exté- rieures. Ainsi, l'évidence spectroscopiqueest incontestablement opposée à l'hypo- thèse que la couleur rouge de Mars soit produite par une atmosphère. Eu égard aux faits que le limbe de la planète est plus l)lunc que les régions centrales, que la calotte polaire blanche ne montre pas de traces d'absorption, même au bord du disque, et que les plus grosses planètes, pourvues d'atmo- sphères plus élevées que Mars, sont plus blanches que cette planète, eu vertu, disons-nous, de ces faits, nous devons accepter comme satisfaisante l'explication olïerte par Sir John Herschel, il y a im demi-siècle, que la couleur rouge « indique, sans doute, une teinte d'ocre pour le sol eu général, à peu près comme les régions de grès jaune de la Terre pourraient offrir aux habitants de Mars, mais un peu plus accusée ». 3» Résultats spectroscopiques. — Les recherches de Jaussen en 1S67, Iluggins en 1867, Secchi vers \S'i, Vogel en 1S7-2 et Maunder en 1S77 ont conduit à des résultats identiques, c'est-à-dire que l'atmospliére de Mars est sonhlable à la nôtre. On doit remarquer qu'aucun des observateurs n'a formé, de ses recher- ches spectroscopiques, d'estimation de l'étendue de l'atmosphère martienne, comparée à la nôtre. L'un des observateurs a remarqué que les lignes et bandes critiques étaient plus fortes dans le spectre de la planète que dans le spectre lunaire lorsque ces objets étaient à la même altitude au-dessus de l'horizon; un autre a dit que les bandes critiques étaient plus larges dans le spectre de Mars que dans celui de la Lune, taudis i[uuu troisième observateur n'a pas aperçu du 152 lA l'LAMiTK -MARS. 1S94 t itit les li.tjnes critiques dans le spectre lunaire, tout en les ayant vues dans le sp'Ctre do la planète. Maintenant, si l'atmosphère de Mars est semblable à la nôtre, et si, ;V hauteur égale, les lignes critiques sont plus fortes dans le spectre de la planète que dans celui de la Lune, il devrait exister quelque hauteur plus basso de la Lune donnant des intensités égales des liL,Mies critiques. Par cette méthode on pourrait se faire une idée de l'étendue de l'atmosphère martienne. On y trouverait en outre un moyen de contrôle de la subtilité de la méthode spectroscopique. Il semblerait qu'aucun observateur n'a cherché ces altitudes inégales de Mars et de la Lune pour lesquelles les lignes critiques dans les deux spectres seraient d'égale intensité. C''est regrettable. Il est aussi notoire que les observateurs n'ont pas trouvé d'évidence certaine de l'absorption croissante aux bords de Mars, là où l'épaisseur atmosphérique est la plus grande. Les observations spectroscopiques faites au mont llamilton cet été, dans des conditions particulièrement favorables, ont montré que les spectres de la Lune et de Mars sont identiques on apparence. La méthode employée aurait décelé l'existence d'une atmosphère martienne quatre fois plus faible que la nôtre. ■i» Netteté des tacites do la surface. — Si Mars était entouré d'une atmosphère aussi étendue que la nôtre, il serait impossible de voir les taches aussi claire- ment que nous les voyons. Langley a trouvé que près de 40 pour 100 de la lumière arrivant à la surface de la Terre d'un astre voisin du zénith est absorbée par notre atmosphère. Si le pouvoir réflecteur de la surface de la Terre est égal à celui de la Luno, qui est de 0.17, alors, dos 60 centièmes de la lumière primitive parvenant à la surface terrestre, il n'y aurait que (1,17 ou bien 10 pour 100 de réfléchis, et encore 40 pour 100 de cette quantité seraient absorbés dans la sortie de notre atmosphère. Ainsi il n'y aurait que G pour luO de la lumière toudiant primitivement sur l'atmosphère de la Terre qui en sortiraient. Sa surface serait cependant illuminée par la lumière diffuse du ciel, et la lumière sortant dans l'espace pourrait peut-être s'estimer à 9 ou 10 pour 100. La lumière par laquelle un observateur éloigné, comme de la idanète Mars, verrait la Terre, proviendrait en grande partie de l'atmosphère brillante, et très peu seulement de la véritable surface de la Terre. Il est douteux que quelques-unes des taches géogra- phiques de la Terre puissent être vues dans ces conditions, même dans le cas où notre ciel serait dépourvu de nuages. On a dit que le peu de visibilité des taches au bord de Mars est dû au fait que nous voyons cette partie du disque à travers une plus grande couche atmosphé- rique. Je ne crois pas que cette hypothèse soit nécessaire. Pi nous examinons la surface lunaire à l'ceil nu, nous trouverons que les taches sont distinctes au centre, mais indistinctes au bord. La Lune ;'i l'œil nu est couqiarable en gran- deur à Mars vu au télescope. Si nous tenons conqtte de l'ell'et, grandement amplifié, des mauvaises images en examinant le bord confus et indistinct de Mars, nous trouverons, je crois, que le bord de Mars n'est pas beaucoup plus CA.MPBKI.L. l.'AÏMOSlMlKlti: Di: M VUS. ir,:î indistinct que celui de la Luiic. La raison pour laquelle nous no pouv(jns pas suivre les taches jusqu'au bord do la Lune ou de Mars e>I'HÈIiE DE MARS. 155 soutenue. L'acide carbonique se liquéfie et se congèle lorsqu'on le soumet à un froid intense. Il peut être congelé en une niasse transparente semblable à de la glace, ou bien en flocons aussi blancs que la neige. Les llocons blancs garde- raient leur forme et leur couleur aussi longtemps que la température serait inférieure à 78» 4 au-dessous du zéro centigrade. Lorsque la température s'élè- verait au-dessus de — 78" -5, les flocons blancs seraient transformés en une vapeur sans couleur. Si les calottes étaient composées de flocons blancs d'acide carbo- nique, elles augmenteraient ou diminueraient sous l'iniluonce de la clialeur du Soleil, exactement comme nous l'observons. Nous serions alors débarrassés de la nécessité de considérer Mars comme jouissant d'un climat plus doux que la Terre. L'absence de nuages s'expliquerait facilement alors. L'absence spectroscopique d'atmosphère et de vapeur d'eau serait également expliquée. On expliquerait ensuite la netteté d'aspect et la couleur blanche des calottes polaires. Le gaz acide carbonique est un constituant important de notre atmosphère. M. Stonej- a énoncé une ingénieuse théorie pour expliquer l'absence d'atmo- sphère sur la Lune, et comment une petite planète peut perdre petit à petit son atmosphère. Sa théorie est basée sur la théorie dynamique des gaz. acceptée par tout le monde (')• D'après cette théorie, tous les atomes ou molécules formant un gaz sont eu mouvement constant et violent. Les petites particules volent avec une rapidité formidable, dépassant, en certains cas, la vitesse de balles de fusil. S'il n'}' avait pas d'empêchement, les particules voleraient toujours, et le gaz serait en conséquence dissipé et perdu. Dans le cas de l'atmosphère d'une planète, la pesanteur est la force qui contrôle les vitesses des particules et les empêche de s'enfuir dans l'espace. Les plus grosses planètes attirent leurs atmo- sphères plus fortement que les petites planètes, et les gaz lourds sont plus forte- ment attirés que les gaz légers. M. Stoney a supposé que les vitesses maxima des atomes d'hydrogène, azote et oxygène sont si grandes que, si ces gaz ont jamais existé sur la Lune, la pesanteur de la Lune serait trop faible pour vaincre ces vitesses. Les particules s'envoleraient une à une dans l'espace exté- rieur pour ne jamais revenir. Il admet que l'on peut ainsi expliquer l'absence d'atmosphère sur la Lune. De tons les gaz, l'hydrogène est le plus léger, et ses atomes volent avec une vitesse supérieure à celle de tous les autres. M. Stoney a trouvé que, s'il existait de l'hydrogène libre dans notre atmosphère, l'attraction ne serait pas capable de l'y maintenir. L'hydrogène libre se serait enfui, atome par atome, dans l'espace extérieur. Il est ensuite arrivé à la conclusion que notre oxygène et notre azote sont trop lourds pour s'enfuir. Maintenant, Mars est intermédiaire en masse entre la Terre et la Lune. Si tous les consti- tuants de l'atmosphère lunaire ont pu échapper à son attraction, et si de l'hydrogène libre a pu échapper à la pesanteur terrestre, il est probable que (') La théorie cinétique des gaz n'est encore qu'une ingénieuse hupolltèsc, non démontrée, et à laquelle de savants physiciens refusent la valeur d'une réalité. ,156 LA PLANÈTE MAllS. IStll tous les gaz légers se seraient émancipés de l'attraction de cette planète. Dans notre atmosphère, la vapeur d'eau est la plus légère; la combinaison d'azote et d'oxygène vient ensuite, comme poids; et le gaz acide carbonique est le plus lourd de tous. Il pourrait arriver à une certaine époque sur Mars — aujourd'hui peut- être — que l'acide carbonique constituât la majeure partie de son atmosphère. Dans ce cas, la température de la surface de la planète serait probablement très basse, assez basse pour geler l'acide carbonique en flocons semblables à ceux de la neige. Mais il n'est pas nécessaire que nous renvoyions l'atmosphère dans l'espace. Elle pourrait facilement aller dans l'autre direction. Cette planète est beaucoup plus petite que la Terre. Elle est probablement plus âgée, mais, dans tous les cas, étant plus petite, elle s'est refroidie plus vite. Au fur et à mesure qu'une planète vieillit, une quantité de jdus en plus grande de l'oxygène do son atmo- sphère est absorbée par sou écoree. Sur la Terre, une certaine quantité d'oxy- gène est absorbée par le fer et les autres éléments de l'écorce terrestre pour former des oxydes. Il est également possible que d'autres éléments de notre atmosplière passent graduellement dans l'écorce terrestre. Il pourrait ainsi se faire que l'acide carbonique restât en arrière, devenant ainsi plus abondant. Si Mars a possédé à l'origine une atmosphère étendue, il a pu arriver qu'il n'en reste actuellement qu'un faible résidu, et que son caractère primitif en soit radicalement changé. Il est aussi possible que d'autres éléments de l'atmosphère de Mars puissent prendre, sous l'influence d'un froid extrême, la forme et la cou- leur de la neige. L'hypothèse qui considère les calottes polaires comme compo- sées de neige obligeant à la présence de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de Mars, nous conduit à de grandes difflcultés. De plus, cette hypothèse n'est pas nécessaire. Les calottes peuvent être formées d'acide carbonique ou de quelque autre substance très différente de notre neige. [Si je donne une place considérable à la théorie de l'acide carbonique, ce n'est pas que je croie â l'exactitude de cette théorie, mais plutôt pour faire voir que nous ne sommes pas limités à la théorie unique que les calottes représentent de la neige ou de la glace.] Les caractères des atmosphères martienne et terrestre peuvent être différents. 6" Sous plusieurs rapports, Mars ressemble à la Lune qui n'a pas d'atmosphère appréciable. En premier lieu, le pouvoir réfléchissant lumineux diffusif de Mars est très faible, étant un jicu plus grand seulement que celui de notre Lune ou bien de Mercure, qui ne présente aucune trace certaine d'atmosphère. Il est beaucoup plus faible que celui des quatre grandes planètes qui sont recouvertes, nous le savons, de très lourdes atmosphères. Ensuite, le bord de Mars est beau- coup plus brillant que les parties intérieures du disque, exactement comme sur la Lune, et probablement pour les mômes raisons, c'est-à-dire que les surfaces montagneuses des deux globes réfléchissent la lumière i)lus foitcment ([ue les plaines. La surface réfléchissante au centre du disque, dans chaque cas, est C.AMPIil-LI,. I.-.VTMOSl'IlkRK DE MAKS. 157 composée de montagnes et tle plaines; tandis qu'au bord du disque la surface rétiécliissante est composée presque entièrement de montagnes, les vallées ayant disparu par la perspective. Que l'accroissement d'éclat soit dû aux détails topo- graphiques et non à une atmosphère, c'est prouvé par le fait que cet accrois- sement d'éclat au bord de Mars n'est pas uniforme, de même que sur la Lune. De plus, sur les planètes entourées de hautes atmosphères, ,/upiter et Saturne, par exemple, les bords sont, en effet, beaucoup plus faibles que le centre du disque. Zôllner a estimé que si le plus grand éclat du bord de N[ars est dû à des montagnes, elles ^devraient être très escarpées — leurs talus faisant un angle de 7tj» avec l'horizon. Cette estimation me parait excessive. Je ne crois pas que le bord de Mars soit relativement plus brillant que celui de la Lune, et que nous ayons besoin de pentes extrêmement escarpées. Une iiartie de l'éclat apparent de Mars n'est pas réelle, mais due au contraste avec le fond du ciel noir ii), ainsi que iL Ormond Stone et d'autres l'ont fait remar- quer. Mais une autre partie de l'éclat est réelle, et probablement due au plus grand pouvoir réflecteur des régions montagneuses formant le bord visible de Mars. 7° Pendant les trois dernières oppositions, nous avons vu dos projections bril- lantes émergeant du terminateur de la planète. Ces projections étaient proba- blement des pics de montagnes élevées. Si elles étaient des montagnes, elles ne sauraient pas être vues au fond d'une atmosphère éiiaisse. Ou les projections ne sont pas des montagnes, ou l'atmosphère est mince. Il y a des surfaces claires et des surfaces sombres sur Mars. Eu égard à un choix judicieux des pouvoirs amplificateurs de nos instruments sur Mars, les contrastes entre les parties claires et les ombres foncées paraissent ana- logues aux contrastes entre les taches blanches et grises de la Lune. Les parties claires et sombres sur la Lune sont solides, non liquides. La plupart des astronomes considèrent que les taches claires sur Mars repré- sentent le sol, et que les taches sombres représentent de l'eau. .Mais d'autres astronomes se sont formés une idée diamétralement opposée. Du moment que nous u'avons presque pas de preuves de l'existence de la vapeur d'eau ou de nuages sur Mars, il semble qu'il n'y a pas d'objection à l'hypothèse que les parties sombres, comme les parties claires, représentent des terres, de même que sur la Lune. 11 peut être vrai que des changements se produisent de temps en temps dans les contours des continents et des canaux. .Mais, pour se former une opi- nion sur ce sujet, on devrait observer la planète systématiquement pendant plusieurs oppositions. Cependant, plus j'observe la planète, plus se fortifie l'opinion que les conditions changeantes de notre propre atmosphère et les (') On s'aperçoit de ce contraste en faisant des observations de jour où le fond du ciel est clair. 158 LA PLANÈTE MARS. 18',li (lilTL'rentes distances et positions de la planète sont seules eu cause dans la plu- part de ces variations ('). Comme conclusion, il me paraît qu'en ce qui concerne l'atmosphère de la planète, les conditions approchent plus de celles de la Lune que des nôtres. On le voit, pour rcminoiit astronome de l'Observatoire Lii'k, Mars n'au- rait pas d'atmosphère, eu à peu près ; l'éclat du limbe serait dû à la réflexion de la lumière solaire par des montaynes, et les calottes polaires pourraient être formées de cristaux d'acide carbonique. 11 y a, nous semble-t-il, quel- ques objections à ces hypothèses. Si, comme l'admet M. Camidiell, Mars est très vieux, ses montagnes doivent être usées, à moins d'admettre (ju'il n'y a jamais eu là d'agents atmosphériques un peu dissolvants, ni air, ni pluies, ni vents, ni neiges, ni dégels. D'autre part, le réseau géométrique des canaux rectllujnes (quels qu'ils soient) semble indiquer l'absence de chaînes de montagnes quelque peu importantes. D'autre part encore, l'acide carbo- nique ne se transforme pas en Ii(|iiide permanent: alors, d'où proviennent les taches foncées conliguësà la rétraction des neiges polaires qui viennent lie fondre':* Et puis aussi, s'il y a vi-aiment là de l'acide carbonique, ce sont ses vapeurs qui se condensent aux pùles. Pourquoi l'analyse spectrale si perfectionnée de ^L ("ampliell n'en déc''le-t-elle aucune trace'? La basse températun' martienne qui serait causée par sa distance du Soleil paraît à l'auteur dilïicile à écarter. C'est peut-être ici le lieu de rappeler ce qu'a écrit TyndalL sur les propriétés de certains gaz. J'ai constaté, écrivait-il, que le gaz oléflant (gaz des marais) contenu dans un tube de 1"',':M de long absorbe environ SO pour 100 de la radiation provenant d'une source obscure. Une couche du même gaz de 0"'.5 d'épaisseur absorbe 33 pour lOU; une couche de 2'^™, 5, 26 pour 100; tandis qu'une couche de 0''™,02â n'absorbe que "2 pour 100 de la radiation. Ainsi l'absorption augmente et la ijuantité transmise diminue à mesure que l'épaisseur de la couche gazeuse augmente. Envisageons, pour un instant, l'elï'et qui serait produit sur la tempé- rature de la Terre par une enveloppe de gaz oléliant qui entourerait notre planète sur une faible épaisseur. Le gaz serait transparent aux. rayons solaires et leur permettrait, sans obstacle sensible, de parvenir à la Terre. Ici, toutefois, la chaleur lumineuse du Soleil serait convertie en chaleur terrestre non hnni- neuse; au moins 2(5 pour 100 de cette chaleur serait interceptée par une couche de gaz de 2'^'", 5 d'épaisseur, et une grande partie arriverait à la Terri', f^ous cette (') L'auleur se irompo certainement ici, s'il n'admet pas la rôatité de certaines variations, telles que celles de la largeiu- de la mer du Sablier, du lac du Soleil et de son entourage, de l'aspect des canaux, de l'Hesperie, du détroit de Pandore, de l'éclair- cissement variable de la lit,'ne médiane du Sinus Sab;uus, etc. TVNO.VLL. I.ATMOSI'IIKKK I)K M M! S . lOU enveloppe si mince et complètement trausparonte pour l'iiil, la surfaci' de hi Terre resterait h une température dtoull'ante. Il y a quelques années, ou a publié un livre remarquable par le cliarme du style et l'ingéniosité des raisonnements pour prouver que les planètes les plus éloignées de notre système sont iubabitables. En appliquant la loi de la raison inverse des carrés de leurs distances du Soleil, on trouve que la diminution de température doit être si grande que la vie buniaine serait imiiossible dans celles qui sont les plus éloignées; mais, dans ces calculs, on a omis rinlluençe de l'enveloppe atmosphérique, et cette omission fausse tout le raisonnement. Il est très possible d'imaginer une atmosphère qui jouerait, pour les rayons solaires, le rôle de barbes de plutnc, leur permettant d'arriver ?i la planète sans leur permettre de la quitter. Par exemple, une couche d'air de 2 pouces d'épais- seur, saturée de vapeur d'éther sulfurique, olTrirait une très faible résistance au passage des rayons solaires; mais j'ai trouvé qu'elle intercepterait 3.") piuir lOU de la radiation planétaire. Il n'y aurait pas besoin d'une couche d'une épais.seui' démesurée pour doubler cette absorption; et il est bien évident qu'avec une enveloppe protectrice de ce genre, qui permettrait à la chaleur d'entrer, et l'em- pêcherait de sortir, on aurait des cliuiats tempérés à la surface des planètes les plus éloignées ( '). C'est, du reste, comme on le sait ilepuis louglemps, ce qui existe dans notre atmosphère terrestre, en vertu des pro[iriétes de l;i vapeur d'eau. L'atmosphère agit comme une serre. Elle hiisse arriver les rayons du Soleil jusqu'à la surface du sol, mais ensuite elle les retient et s'oppose à ce que la chaleur emmagasinée s'échappe dans l'espace. Sans l'atnmsphere, toute la chaleur solaire reçue iiendant le jour fuirait pendant la uiiil, et la surface du sol serait gelée chaque nuit, eu été comme eu hiver. Les molé- cules d'o.xygène et d'azote, c'est-à-dire l'air proprement dit, sont à peu près indifférentes et laissent tranquillement perdre cette précieuse chaletu-. Mais il y a dans l'air de la vapeur d'eau en suspension, à l'i'tat de gaz invisible. C'est cet élément qui est le plus eliicace. Le pouvoir absorbant d'une molécule de vapeur a(jueuse est 16 000 fois supérieur à celui d'une molécule d'air sec ! Cette vajieur est une couverture plus salutaire n>ni- la vie végétale que nos vêtements ne le sont dans les plus grands froids. Suj - lirimez pendant une seule nuit la vapeur arjueuse contenue dans l'air ijui couvre la Trance, et vous détruirez, par ce seul fait, toutes les plantes que le froid fait mourir, la chaleur de nos champs et de nos jardins se répandra sans retour dans l'espace, et, lorsijue le Soleil se lèvera, il n'éclairera plus qu'un champ de glace. (') Ty.nd.4ll, La Clialeur, mode de mouvemeni, '2' édition française, p. 401-iu3. 160 LA PLANÈTE .MARS. 1894 l.:\ vajieur d'eau n'est pas la seule qui jouisse de ce privilège. Les e.xpr- rieuces de Tyndall ont montré que les vapeurs de l'éther sulfurique, de l'ether fonuique, de l'ether acétique, de l'amylènc, du gaz oléliant, de l'iodure d'éthyle, du chloroforme, du Jiisulfure de carbone, exercent la même influence à des degrés divers. Les parfums que les Heurs répandent le soir autour d'elles leur servent, pendant la nuit, d'un voile prolecteur contre les atteintes de la gelée. Ce pruMéme de l'atmiisplirre de la planète Mars commence à entrer dans sa période, sinon de solution, du moins de discussion technique contra- dictoire qui ne peut manquer d'apporter d'heureu.x fruits, et nous ne saurions mieux faire ici que de metti'e en présence tous les arguments. Nous venons de remimler jusqu'à Tyndall, c'est-à-dire à un tiers de siècle, pour rappeler ses expériences sur les propriétés des gaz. Nous resterons un instant à la même époque pour rappeler un ingénieux Ouvrage fort peu connu (même de ses comjiatriotes) d'un savant anglais, Matthieu Williams, dans Irijuel un Chapitre fort remarquable est consacré à notre planète (']. Voici ce Chapitre, abrégé. C'LXXX. — iL\TTHiKi Williams — Météorologie .mautiewe. La masse de Mars est à celle de la Terre coinine 0,1321 : à I, et son diamètre comme 0,."il9 à 1. Donc ou 140""" et dont la température est au-dessous de 0° serait capable de supporter. 11 dit: « En lSG-2, la planète était plus dépourvue de nuages et plus rougeàtre qu'en 1864. L'explication est que. lorsque Mars est nuageux, la lumière réfléchie des nuages éprouve moins d'absorption que celle réfléchie par la planète elle-même. » A propos de ses observations de iS(J2, ^L Lockyer fait remarquer que, (( quoique la fixité complète des taches principales de la planète ait été mise hors de doute, il s'y elî'ectue des changements quotidiens, voire horaires, des détails et des tons des diverses ]iarties de la planète, claires et sombres. Ces changements sont produits, sans doute, par le passage de nuages par- dessus les diverses taches. " Il est parfaitement d'accurd avec les conditions que j'ai décrites que l'atmo- sphère de Mars ]niissi^ être soumise à cette sorte de variabilité vaporeuse, car la terre sèche exposée à l'éclat continu du Soleil, à travers une atmosphère si mince, doit être très considérablement échauffée, parfois peut-être jusqu'au point d'ébullition, tandis que les mers de glace ne sauraient se dégeler qu'à la surface seulement, en y élevant leur température au point de fusion de la glace. Ainsi l'air, en passant de la Terre vers l'eau, serait soumis à un refroidissement qui produirait une brume proportionnelle au degré de saturation de la vapeur d'eau. Avec une atmosphère si mince, ceci ne pourrait jamais ('-cjuivaloir ;\ quoi que ce soit de ressemblant à un nuage opaque ou à du brouillard. L'avam:e gra- duelle du soleil estival continu sur les régions glaciaires arctiques et antarctiques doit produire des écarts extrêmes de temiu-rature, et une lirume consécutive analogue à celle qui se rencontre dans la Norvège septentrionale, pendant les mois de mai et juin, jus(pi';\ ce que les neiges de l'hiver aient disparu; mais cette brume serait, sur Mars, beaucoup plus transparent(>. Cette tendance atteindrait son maximum lorsqu'une grande avalanclie d(! la montagne de glace polaire aurait rejeté un groupe de blocs de glace bien au delà ch-s liniiles normales de la glace polaire, en les laissant épars sur la région qui, durant le long jour estival arctique, peut être chaufl'ée par les rayons solaires libres GLACES. BRUMES. GELÉE ItLANClIE. Hu au-dessiis du point d'ébullition uiarlien de tO». Ainsi, les torrents provenant de la gLnce fondue bouilliraient eu traversant les terres, et une couche de brume, telle que l'a décrite M. Lockyer, prévaudrait sur une partie considérable de la planète. J'ai déjà dit que la distribution normale de cette brume ou nuage de stratus mince devrait être tout autour des bords esiérieurs du dis([ue, taudis que les parties centrales de la" planète devraient ordinairement rester claires en vertu de la radiation solaire et planétaire et de la convection qui doivent y être sufli- santes pour retenir à l'état gazeux la plus grande partie, sinon la totalité des vapeurs soulevées par ces agents. M. Phillips rapjmrte qu' « une certaine brunie a été constatée les 18 et CO novembre 186-,', telle que l'on n'eu voit pas d'haijitude sur Jujiitcr ou Saturne ; et que cette brume est devenue de p/cs en plus faible au fur el à mesure que les régions observées approchaient du méridien. » Cette frange de brume, produisant une disjiaritiou graduelle des taches en appro- chant du bord du disque, est un phénomène constant, noté par tous les obser- vateurs. Cet aspect, aussi bien que les taches iiolaires blanches, les eut amenés à spéculer sur la base d'une atmosphère dense. Mon hypothèse d'une mince précipitation de gelée blanche dans une atmosphère légère s'accorde beaucoup mieux avec tous les faits, surtout avec l'absence de toutes masses nuageuses opaques et définies dans les régions centrales de la planète. Si Mars n'a pas d'atmosphère, la luminosité de son disque devrait être égale partout. S'il a une atmosphère capable de réfléchir plus de lumière qu'il n'en est réfléchi du corps de la planète, elle doit avoir un degré d'opacité bien suffisant pour cacher toutes les différences entre les tous verdâtres et orangés des mers et des surfaces continentales, quel que soit l'angle sous lequel on les verrait à travers cet écran. Attendu que la luminosité de la planète est due à la lumière solaire réfléchie, et que son atmosphère ne peut recevoir sa lumière que de la même source, ou de la planète elle-même, je ne puis guère concevoir de conditions de densité, d'absorption et de réflexion, ou de ces trois causes réunies, embrassant toute l'atmosphère planétaire et capables d'expliquer les phénomènes combinés de luminosité croissant vers les bords du disque, et de transparence croissant vers les régions centrales. D'autre part, mon esplicaliou lève la difficulté de la manière la plus simple et la plus naturelle : parce que les pouvoirs réflecteurs de l'atmosphère et de la surface de la planète doivent êire accrus aux bords du disque par la précipitation de la gelée blanche que j'ai décrite; et, par le même agent, les taches aux bords seraient obscurcies ('), tandis que les régions centrales continueraient à rester claires. Il ne m'est pas nécessaire de citer les observations concernant les « neiges » circumpolaires de Mars. Leur développement régulier autour de chaque pôle non dirigé vers le Soleil, et leur diminution au fur et à mesure que le pôle se retourne vers l'astre central, sont en si parfaite harmonie avec la description (') L'auteur veut dire ici oblitérées par la blancheur. 168 LA PLANÈTE MARS. 1894 théorique que j'ai donnée, qu'il me serait inutile d'ajouter de nouveaux commen- taires sur les faits les plus saillants, bien que je puisse noter quelques détails suggestifs sur certains phénomènes de moindre importance. si je suis dans le vrai, nous pouvons affirmer qu'aux périodes des équinoxes de printemps et d'automne la rosée congelée commencera à tomber, dans les régions équatoriales de Mars, vers 4'' ÎO" de l'après-midi, et que la surface du sol commencera à dégeler vers 7''iO"' du soir. J'ai dit que la chute périodique du cône de glace polaire serait le plus sensible à l'observateur terrestre parles étendues irrégulières, du cercle polaire blanc causé par les débris d'avalanches, qui seraient ainsi précipitées au delà d'une partie de ses limites normales. De pareilles extensions ont été observées par M. Phillips, et elles paraissent l'avoir intrigué tellement qu'il a été amené h les considérer comme des illusions d'oi)tique. « Des surfaces neigeuses, dit-il, à peine moins définies, mais beaucoup jilus étendues, ont été observées dans certaines parties de l'hémisphère nord, non pas entourant immédiatement le pôle (qui était invisible), mais rangées en deux traînées principales et séparées, estimées arrivant jusqu'à 40' ou ûO" du pôle. Une fois (le 30 novembre) deux observateurs expérimentés ont remarqué avec moi une de ces masses neigeuses claires, qui était tellement distincte et brillante qu'elle semblait, comme la calotte polaire sud en ISGi, se projeter au delà, du contour circulaire : effet oiitique dû assurément à l'irradiation hrillaute. Cette masse blanche s'éten- dait jusqu'à environ 40° ou 4J" du pôle, suivant le méridien de 30' du globe de Mars. Une autre masse a été notée du 14 au IS novembre, vers 225° de longi- tude, et s'étendant jusqu'à 50" de latitude. Dans les deux cas, les masses atteignaient le limbe visible (' ). » J'ai souligné les observations concernant la projection apparente au delà du contour circulaire, observée dans ces deux cas. M. Phillips attribue cet aspect à l'irradiation; mais, si je ne me trompe, il peut être dû à l'entassement des matériaux des avalanches provenant de la cliutu du cône polaire de glace. Avant d'abandonner cette partie du sujet, je dois hasarder une conception plutôt risquée à propos des grandes dififérences des mesures de l'aplatissement polaire de !\Iars ('- ). La conception à laquelle je fais allusion est que la chute de quelques milles du cône de neige polaire peut produire une variation sensible dans le diamètre polaire de Mars. Je ne sujipose ]ias que cela puisse s'accomplir sur une échelle assez grande pour rendre compte de variations si extrêmes, telles que celles de Sehrccter et de Kaiser; mais, en comi}arant les diverses mesures faites ]iar le môme observateur, avec le même instrument, à diverses époques, les diver- gences des mesures d'Arago (qui me paraissent les plus remarquables) rentrent tout à fait dans le cadre d'une semblable explication. La dilTérenco totale entre (') Voir Tome I, p. 189. (=) Voir Tome 1, p. 5U4. MATllIIia" WILLIAMS. ( 1 L A C 1 1: li S IMM. A I li KS . KiO sa iiiesiii-o de lt>21 fit celle de 1827 n'est que do Si kilomr'tres. l.'exln'ino ilillë- renre outre Ilersehel ot Arago s'élève ;\ environ SO kiluniètres. D'autre part, la bise liivernalo du cOue de neige polaire a un diamètre d'environ 3200 kilomètres, ot même sa base estivale restreinte est encore d'environ 800 kilomètres, t'ctte construction perpétuelle de glace doit nécessairement, tôt ou tard, amener ipielque catastrophe, soit un écrasement, soit une débâcle, lorsque la chaleur de l'été a min(' la base ; ainsi une réduction de l'élévation du cône de 32, '18 ou m'>me de 80 kilomètres n'est pas une supposition extravagante eu égard aux dimensions de l'accumulation. S'il arrivait (lue tous les doux cones cédassent pendant deux étés consécutifs, la réduction du diamètre pokaire au moment (ie la deuxième catastrophe serait égale à la somme de la réduction dos cônes nord ot sud, moins l'épaisseur du dépôt d'une année. Une catastrophe de la grandeur la plus élevée de celles que nous venons d'exposer est uécessairc pour explii[uer la grandeur des phénomènes observés par M. Phillips. Je me suis étendu ainsi longuement sur cette planète, parrc que l'avancement de nos connaissances sur ses détails physiques permettra de contrôler mon hypothèse. Eli résumé, d'après cet auteur, la m.isse totale duralmosphere inarti(_'iiiic ne surpasserait pas le 20" de celle de notre atmosphère ; la prcssiiui atmo- sphérique y serait le 0,179 de la m'itre et le « baromètre » se tiendrait à ISG™'" au lieu de 7G0™"'; l'eau y devrait bouillir à 59"; la température moyenne de la surface de la planète serait au-dessous de 0"; les nn.'rs seraient gelées jus(ju'au fond, et leur superncie seule dégèlei-ait pendant les heures chaudes du jour; une couche de gelée blanche couvrirait le sol pendant toutes les nuits, dès le soir, et fondrait le matin après le lever du soleil; il n'y aurait pas de nuages épais, mais seulement des lirumes de cristaux de glace, dans le genre de celles qui ju-oduisenl nos halos; aux pôles et dans les régions circonipolaires, la gelée persisterait pendant l'hiver, s'épaissii'ait, s'accuaiulerait en glaces énormes et fondrait en délià- cles au printemps, ce qui expliquerait les différences énormes oliservées dans les diamètres polaires. Cette théorie, publiée en 1870, est extrèinemeut curieuse et mérite d'être prise en considération jiar tous les aréographes. Cette question si importante de l'atmosphère de Mars, sujet sur lequel nous reviendrons dans le cours de cet Ouvrage, a été l'objet d'une discus- sion à la séance de la Société .astronomique de France du 7 nû^■ombl■e 189'i, à propos des affirmations de M. tlanipbell, publiées j)lus haut, sur l'analyse spectrale. M. Janssen, Directeur de l'uliservatoire de Meudon, s'est exprimé dans les termes suivants ( ' ) : (' , Bulletin de la Société Asti-o)iomiqua de France, IS'Jô, p. II). 170 LA PLANÈTE MARS. 1894 CLXXXI. — JaiNssen. — Suit LE Spi:(:tiie de iL\iis. Les observations de iL Campbell me paraissent faites avec soin, avec talent et avec d'excellents instruments. Elles doivent être prises en très sérieuse consi- dération. Cependant peuvent-elles être considérées comme tranchant définitivement la question? Je ne le iiense pas. L'analyse spectrale des atmosphères planétaires présente, en elTet, des diffi- cultés considérables. La lumière qui nous est envoyée par les planètes n'a, en général, traversé qu'une faible épaisseur de leurs atmosphères et les couches les moins denses. Surtout cette lumière n'a i>as traversé leurs atmosplières suivant ces directions obliques qui, par exemple, font franchir aux rayons solaires, au lever et au cou- cher, ces énormes épaisseurs de notre atmosphère et, par là, ont accusé son action sjiectrale. Si nous n'avions eu, pour découvrir les raies telluriques du spectres solaire, que les observations méridiennes, il est très probable que nous serions encore dans l'ignorance de leur existence. Cela est si vrai, que l'illustre Brewster, qui, comme on sait, avait découvert, dès "1833, les bandes sombres dont se charge le spectre solaire au lever et au coucher de cet astre, n'avait jamais pu conclure à une action normale des gaz de notre atmosphère, parce que ces bandes s'évanouissent dès que le Soleil s'élève sensiblement. Ayant été amené à découvrir ces bandes en 186"2, sans connaître, du reste, les observations de Brewster, j'ai dû employer des spectroscopes très puissants et prendre des précautions toutes spéciales pour constater la présence, dans le spectre méridien, des raies fines dans lesquelles les bandes sombres de Brewster se résolvaient dans mes instruments. J'ajoute que, iiendant l'hiver, dans nos climats, tous les groupes telluriques de la vapeur d'eau s'évanouissent dans le spectre solaire dès que l'astre est un peu élevé. Il résulte de ceci que si, de la planète Mars, on analysait la lumière solaire rélléchie noriiialeiueut à la surface île la Terre, il serait très diflicilrd'y constater les groupes telluriques de la vapeur d'eau, et s'il s'agissait de la lumière rélléchie dans les hautes régions de notre atmosphère à la surface de nos cirrus glacés, cela serait à peu près impossible. Si l'on considère maintenant que l'atmosphère de Mars doit être beaucoup moins importante que la nôtre, ((u'elle doit être plus transparente et moins riche eu vapeurs, on concevra toute la tlifficulté de son analyse au point de vue de la vapeur d'eau. Je suis porté néanmoins à maintenir les conclusions de l'étude du spectre de .lANSSl-NIlL'GGINS. 1. VT.M dSlMli: ilK l)K MARS. 171 Mars que j'ai faite en 1S67 sur IKtiia i M, peu de temps après la découverte du spectre de la vapeur d'eau. En effet, ces observations ont ét(^ faites à une grande altitude et pendant des nuits très froides, c'est-à-dire que les rayons réfléchis par la planète Mars n'avaient à traverser que des parties de notre atmosphère très rares et presque en- tièrement dépouillées de vapeur d'eau. Eu outre, l'e.xamen porta sur les groupes aqueux de la partie la moins réfrangible du .spectre, pour laquelle les groupes se produisent avec une très faible quantité de vapeur. J'ajoute que, dans ces observations sur les atmosphères planétaires dont la découverte des raies tellu- riques et de leur signification nous ouvrait le clianip. je me suis toujours iiréoc- cupé de l'état hygrométrique de l'atmosphère terrestre, de la hauteur de l'astre et des effets qui pouvaient en résulter. Les expériences que j'avais faites à l'usine de la ViUetto sur les rajqiorts ipii existent entre l'intensité des groupes do raies du spectre de la vapeur d'eau et la longueur et la densité des colonnes de vapeur qui leur donnent naissance m'avaient fourni les bases de cette connaissance. Je suis donc, comme je viens de le dire, conduit à maintenir les conclusions de mes observations. Je les ai reprises à Meudon depuis deux années, avec le télescope de 1 mètre d'ouverture de l'Observatoire ; elles seront continuées avec notre grand équatorial, dans des conditions plus décisives encore, je l'espère, et j'aurai l'honneur d'en entretenir la Société. JI. Huggins a répondtt de son cùtéC") : CLX.\.\1I. — llLT.GiNS. — Snt i.i; Spectre dp. .M.aus. Le professeur Camphell est dans l'erreur en supposant que les précautions n'ont pas été prises pour éliminer les effets de la présence de la vapeur d'eau dans notre atmosphère. En ISOT, j'ai observé la Lune en même temps que Mars. A propos des lignes faibles vues des deux cotés de la ligne D, et qui parais- saient indiquer des gaz ou vapeurs terrestres dans l'atmosphère de la planète, j'ai dit expressément : « Que ces lignes ne soient pas produites par la partie de l'atmosphère ter- restre traversée par la lumière de Mars, c'est ce qui est démontré par l'absence de ces mêmes lignes dans le spectre de la Lune, laquelle, au moment de l'obser- vation, avait une altitude inférieure à celle de Mars, t^i Motithlij Xolices of the Roy. Aslr. Soc, t. XXVII, p. 178). (') Ce sont préci-séraent ces observations dans l'Himalaya, sur l'Etna, dans les Alpes, qui ont conduit M. Janssen à recommander- l'emploi des stations élevées et l'ont déterminé à en établir une au sommet du mont Blanc. (=) Aatronormj ami Astrophysics, t. XIII, IS'.'l, p. 771 ; The Observaionj, IS'Ji, p. 353. ]7„' LA PLANÈTE MARS. 1834 En lfc!T9, j'ai pris des photographies des spectres de Mars et de plusieurs autres planètes pendant le crépuscule, en même temps que des spectres de la lumière du ciel dans le voisinage immédiat des planètes. Dans ces spectres s'étendant de la raie b à la raie S, dans l'ultra-violet, aucune raie ou modification du spectre solaire ne se montre qui soit partirulière au spectre de la planète. Sans doute, mes appareils de 18G-2-1867 étaient fort imparfaits comparative- ment aux appareils actuels, mais je n'ai aucune raison de douter de l'exactitude substantielle des observations, faites avec le plus grand soin. M. Huggins a recommencé ces comparaisons entre le spectre de Mars et celui de la Lune au mois de novembre 1894 ('). La méthode emploj'éc en 1867 pour éliminer du spectre de la planète l'efTet de l'absorption de notre propre atmosphère était de lui comparer le spectre de la Lune observé à une altitude égale ou plus basse. Eu 1879, l'auteur a adopté un auti'e plan, qui était de photographier ce spectre de Mars pendant le crépuscule, de manière à obtenir sur la même plaque le spectre du ciel environnant la pla- nète. On avait ainsi les deux spectres (atmosphère terrestre et Mars) voisins et fa''iles à comparer Le 8 novembre 180'i, six photographies du spectre de la Lune et quatre de celui de Mars ont été [irises avec dilTérenies poses donnant des longueurs de spectres de la raie F à la raie S dans l'ultra-violet. Elles furent ensuite com- parées en plaçant un spectre martien sur un siiectre luuaire, mais, connue en 1879, on n'a trouvé aucune bande, aucune modification qui dilTénU du spectre lunaire et fut particulière à celui de Mars. Mais, ;\ l'œil, les observations faites les S, 10 et 15 novembre nionti'èrenl dans le spectre de Mars, des deux côtés de la raie D, les bandes atmosphériques plus fortes que dans le spectre de la Lune. On doit signaler surtout les groupes tellu- riques de l 59^8 à ). b93.5 et de X 5920 à X 5925, ainsi que le grand groupe D, de X 5885 à X 5905, comme plus niarqui'S sur Mars. La môme constatation a été faite plusieurs nuits de suite par M. et M'"'' Hug- gins, même lorsque la Lune était plus basse dans l'atmosphère. Les deux spectres étaient, autant que possible, amenés à la même grandeur et au même éclat. On ne peut pas encore afiiruirr qu'il \ ait dans le spectre de Mars des bandes d'absorption qui ne C(irres]iondeut pas avec ctdles de notre propre atmosphère; mais il reste peu île doutes (|uil y ail là une liandc d'absorption du côté le pins réfrangible (bleu; de la raie 1), s'c^teudant de X 5860 à X 5X10, (jui n'a pas encore été vue sur la Terre et semble liien particulière au monde de Mars. La visibilité (') The A^lfojihnsical Journal, IS'JJ, t. 1, ji. 193. VOGEL. ANVI.VSli SP K CTH A I.I- . 173 de cette bande varie sans doute suivant l'état de l'iUniosphôre de la planôte. Ou la voyait distinctement le 10 novembre. Pendant que nous sommes sur cette intéressante question de l'analyse spectrale de la planète, nous donnerons la parole à un autre speclroscopisle éminenl, M. \"oi;i:i., saut à revenir ensuite à l'observatoire Lick pour les observations télescopiques. 11 y a certainmii-uL avaulage, pour éclairer notre esprit en ces discussions assez compliquées, de rapprocher autant que possible les travaux faits sur les mèuu,'s sujets, afin d'en faciliter la compa- raison et renseignement. L'atmosphère martienne reste ainsi en ce moment l'objet principal de notre attention. Le problème en est posé désor- mais avec une rigueur mathénuilique. .Nous avons sous les yeux toutrs les pièces du piocès et nous pouvons juger. L'L.X.KXIII. — VoGEL. — SPECTRE DE I.'aTMi iSl'HÉIiE DE M.\US PUOTOliHAPUUi PENDANT LES OPPOSITIONS DE IS'j;' ET 1S'J4(')- M. Vogel, directeur de rubservatoire d'Astronomie physique de Potsdain, a repris sts recherches spectrales sur les i)lanèles. \'oici les résultats obtenus en ce qui concerne Mars. Trois bonnes photographies ont été prises an speclrographe les 27 et 29 juillet IS9Î. Entre les raies F et K on a pu identilier exactement 75 raies avec celles du spectre solaire, et l'on n'y a découvert aucune dilVérence. L'auteur donne la liste des longueurs d'onde des principales de ces lignes, depuis '1199 jusqu'à î38'i. Le ["■ novembre 1891, trois nouvelles photographies eut été obtenues, sur lesquelles 50 raies ont été reconnues depuis F jusqu'au delà de IL Sur l'une de ces photographies, d'une durée do pose de 5 minutes, un grand nombre de détails se voient jusqu'à la longueur d'onde 3730. M. Iluggins a informé M. Vogel à cette épuque que, dans ce même mois de novembre bSO'i, il a obtenu également plusieurs photographies s'étoudaiit loin au delà du violet et ne présentant non plus aucune dill'éreuce avec le spectre solaire. A ce propos, M. Iluggins a abandonné l'opinion qu'il avait tirée de ses pre- mières observations de 1867, que la couleur rouge de Mars serait due à l'absorp- tion des groupes de raies du bleu et du violet. Les i)hotngraphies lèvent égale- ment les doutes qui restaient, après ces observations, de savoir si les ligues qu'il avait observées dans la région la plus réfrangible du spectre étaient des raies spéciales caractéristiques du spectre de Mars ou siuq)lement les raies de Fraunhofer, et prouvent en faveur de cette dernière interprétation. (') The Astropli'jsical Journal, 1S9Ô, t. I, p. -Oo. 174 I.A l'LANETE MAlîS. 1894 En 1877, M. Maunder a fait également des observations sur la partie visible du spectre de Mars, principalement dans le but de découvrir toute trace d'absorp- tion de son atmosphère et de chercher aussi s'il se présenterait des différences aux diverses régions de sa surface ('). Le spectre de la planète fut comi)aré avec celui de la Lune à une heure où les deux astres étaient à la même élévation au-dessus de l'horizon. Mais cette élévation était assez défavorable, n'étant qm- de 24" à 20", et il était difficile de faire la part des lignes d'absorption produites par notre propre atmosphère et celle des lignes dues à l'atmosphère de Mars. Néanmoins, ces observations montrèrent que plusieurs de ces raies étaient plus larges et plus fortes dans le spectre de Mars que dans celui de la Lune. (( Mes premières observations, écrit .M. Vogel, s'accordent avec celles de lluggins pour montrer que Mars possède une atmosphère de constitution ana- logue à la nôtre, prouvée par certains groupes de lignes dans le voisinage de V et D et par les groupes tolluriques a et o. C'est par des observations compa- ratives spéciales avec la Lune et les étoiles que j'ai pu m'assurer que les groupes de lignes telluriques dont il s'agit sont vraiment renforcées dans le spectre de Mars. 1. En 1894, M. Campbell a observé le spectre de Mars en de très favorables conditions atmosphériques, la planète se trouvant à une grande altitude. Comme il n'a réussi h découvrir aucune difïérence entre les spectres de Mars et de la Lune, ces astres étant observés à la même hauteur, il en conclut que l'existence d'une atmosphère sur Mars ne peut pas être démontrée par le spectroscope. Les recherches de cet observateur zélé, conduites avec les puissants instruments (le l'Observatoire Lick, méritent certainement considération, quoique, dans mon opinion, elles n'aient pas plus de poids que les anciennes observations qui viennent d'être rappelées, l'avantage d'un grand instrument n'étant pas de nature à. faire mettre en doute ici les résultats obtenus à l'aide de plus petits. » l'our vérifier les conclusions de M. Campbell, M. Vogel a pris en 180i, le Kl novembre, eu d'excellentes conditions atmosphériques, à l'aide d'un spectro- graplie appliqué au réfracteur photographique de treize pouces, tle nouvelles photographies du même spectre. Le rapport de l'(juverturc à la distance focale est de 1 à 10; l'instrument est donc, de ce chef, considérablement supérieur en pouvoir lumineux àl'équatorial de l'Observatoire Lick. La hauteur de la planète était de 43», celle de la Lune de 2.")0. Vnic'i les résultats obtenus : Groupe ô Très disliiici lOuis le sjioctrc do M;ii's; faible dau.< celui de la Lune. Groupe a F.viileut dans le spectre de Mars: diflicile il voir dans celui de la Lune. Gi'OU])e ). ri'.)'!,") et >. b'.)10. Ti'ès distinct ilaiis le spectre de Mars; cgaleiiicnt liien visiljle dans celui de la Lniie. ') MonthUj XoUccif, t. XX.WIII, p. .M. vo(;ri.. analyse spfctkai.i:. 175 Avec une faible dispersion, une bande claire assez étroite, un peu plus réfran- gible que D, se voit daus le spectre de notre atmosphère, jjroduisant presque l'etïet d'une ligne brillante, quoiqu'elle ait pour caus« siuiplcnienl un espace vide parmi les fines raies d'absorption voisines de 1). Cette baudo brillante est bien visible dans le spectre de Mars, et elle l'est ;\ [)oine dans celui de la Lune. Le IC décembre ISlJi, les (ibservations ont (Ué reprises par MM. Sidieinor et ^^"ilsiug, également en d'excellentes conditions, et elles établirent de nouveau que les raies telluriques du spectre solaire, c'est-à-dire celles qui sont jn-oduiles par l'atmosphère terrestre, se inontrent bien plus dUlincte)iient dans le spectre de Mars que dans celui de la Lune, même lorsque celle-ci est beaucoup plus basse. Dans toutes ces opérations, on a eu soin de réduire le spectre lunaire au ni<'Uie éclat et à la même largeur que celui de Mars. M. Campbell a fait remarquer que les lignes d'absorption du spectre de Mars ne sont pas plus marquées au bord de la planète qu'au centre du disque. M. Vogel répond que l'accroissement vers le bord ne peut être que graduel et qu'une grande différence ne pourrait être constatée (pi'au bord extrême, en une région si étroite que les détails n'y seraient plus reconuaissables. Les 8, 10 et 1.5 novembre de cette même année IS9i, .^L et M"" Huggins com- parèrent de nouveau les spectres de Mars et de la Lune et constatèrent que les groupes l 59a jj-a et X 59-2 ;j.ij. se montraient constamment plus forts daus le spectre de Mars. Il en fut de même du large groupe atmospiiérique des lignes D (À 5887 à À 5903). L'existence d'une atmosphère autour de Mars est indiquée avec évidence, d'autre part, par les observations pbotométriques de Mùller i ' ). Ce fait est en contradiction avec les anciennes idées, basées sur queli|ues observations de ZOllner, que cette atmosphère doit être extrêmement tenue parce que \es phases de Mars se eomj)ûrteraient comme celles de la Lune. Les observations de Millier montrent que Mars est, à ce point de vue. intermédiaire entre Jler- cure et la Lune d'une jiart, Jupiter et 'Vénus d'autre part, et que. sous le rapport de la densité, son atmosphère se rapproche tout à fait de celle de la Terre. 11 est donc rationnel de penser que l'existence de celte envelojipe gazeuse doit aussi se révéler au spectroscope. Ces oLservations spectrales de MM. Yogel, Scheincr et Wilsing contre- disent, comme on le voit, celles de M. Campbell. ,' Ptibl. der Astroph. OIj.<.. Bil LV, p. 330. 176 LA PLANÈTE MARS. 1894 CIAXXIV. — IlEvnY-II. Bâtes. — I.a Constitution chimioue DE l'atmosphère de MaiisC). Le Mémoire de M. Campbell, publié plus haut, a été l'objet des remarques .suivantes par ce chimiste, membre de la Société Astronomique du Paci- fique : J'ai été fortement frappé par les déclaratiuns do M. Campbell sur le spectre de Mars. Ce Mémoire semble contredire entièrement les impressions admises jus- qu'ici sur la présence de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de cette planète; M. Campbell lui-même paraît avoir travaillé en vertu d'une idée préconçue, mais opposée à ses résultats, ce qui rend son travail d'une très grande valeur. Il y a, à la lîn de son article, une romar(pie que je vomirais mettre en évidence. Il considérait, avec beaucoup d'autres, que « les cab^ttes polaires de Mars prouvaient l'existence de l'atmosphère et de ki vapeur d'eau «. Ne serait-ce pas là aller trop loin, en l'alisence de toute évidence positive et en présence de l'évidence négative opposée 'r" La seule raison de croire en la présence de la vapeur d'eau sur Mars est l'aug- mentation et la diminution des calottes polaires blanches sous l'influence apparente du Soleil, en analogie avec celles de notre jdanète. Mais pourquoi supposer de la neige ou de la glace? Il parait inadmissible, eu égard à la petitesse de Mars, ;\ sa grande distan>;e du Soleil, à son atmosphère raréfiée, qu'il puisse y avoir là une chaleur suffisante pour liquéfier la glace, même dans le cas où il y aurait une atmosphère de vapeur d'eau. La quantité de chaleur reçue est calculable et trouvée insuffisante. La température de Mars aux pôles ne peut pas être fort au-dessus du zéro absolu. La planète parait refi'oidie jusqu'au centre et fendillée dans tous les sens, comme les canons immenses, absurdement nommés canaux, nous le montrent. La planète se dislo- querait en morceaux sous l'influence de la moindre force venant rompre l'équi- libre, un peu dans le genre de sa voisine extérieure dont les débris ont formé les astéroïdes. Il n'y a pas de raison ])our supposer que des calottes blanches impliquent nécessairement de la glace. Je considère qu'au lieu de protoxyde d'hydrogène, ces calottes sont plus vraisemblablement composées de diosyde de carbone, ou, du moins, de quebpu^ oxyde ou sel dont l'état solide, liquide ou gazeux soit en rapport avec les conditions actuelles de température sur Mars, calottes d'acide carbonique qui ressemblant à de la neige croîtraient et décroitraient avec la très faibb' arrivée de chaleur sur Mai-s. de même i[ue nous le constatons dans nos glaces polaires sous nos conditions de tempé- rature beaucoup plus élevée. D'où les Ilots de dioxydc de carbone li(iuide qui {') Publications of Ihe Axtronomiral Socitilij of U\e Pac.i/ir, t. VI. IS'Ji, p. 303-3U2. .IKWI-l.I. — ANA1.VSI-: SlM:c,TI{AI.Fi. 177 paraifîsent remplir les canons et dépressions on quanlité variable, et qui peuvent aussi être la source d'une atmosphère basse et dense de vaiieur d'acide carbo- nique, suffisante pour expliquer les indications atmosphériques aperçues sur Mars, surtout la Lrémination rëfractivc des lignes de canons ( ' ). Une autre considération infirme la probaltilité antécédente de l'existence de la vapeur d'eau sur Mars. La masse de Mars est beaucoup Iroj) petite pour avoir pu retenir une cn\cloppe gazeuse constituée coinnii' notre atmosphère — certaine- ment en ce qui concerne l'hydrogène libre, et, prol)ablemont aussi l'oxygène libre, ainsi que l'a montré M. .l.-G. Stoney. Les constituants de l'eau étant par suite absents dès l'origine, la présence de l'eau ne jieut pas être soutenue. Mars est sans doute dans une condition plus sénile et ])lus décrépite que notre Liuie.La Lune, il est vrai, est entièrement morte, mais elle n'est pas crevassée et prête pour la désagrégation, selon toute apparence, l'endant longtemps elle a eu une inlluence considérable sur la Terre, en retardant son refroidissenieni . Mars, malgré son volume, se porte bien plus mal, à cause de son isolement, (lunifjue. par ce fait même, il ait pu, contrairement à la Lune, retenir une certaiim atmo- sphère de gaz assez lourds, épais et denses, pour expliquer les aspects observés de précipitation blanche aux régions du froid absolu. Il dépend des observateurs d'identifier cette substance chimi(|uemcnt. J'aimerais beaucoup voir M. Campbell essayer ses spectroscopes sur Mars pour y découvrir les raies du carlione, ou bien les raies de tout autre élément capable de se snlidifier à des températures extrêmement basses, et de se liquéfier ou de se transformer en gaz aux tempéra- tures que l'on doit rationnellement attribuer ;\ cette planète, eu égard à sa distance du Soleil. C'est aussi ce que nous souhaiterions. L'analyse spectrale do M. Campbell n'a pas encore découvert sur Mars le carbone ou ses coniposi/s. En atten- dant, et pour le moment, nous nous en tenons aux raisonnements de Tyn- dall (p. 158'. CLXXXV. — Lewis Jkweli,. — Le spectre de Maksi-). M. Jewell, de l'Université John Hopkins, a fait une nouvelle étude spec- ti'oscopique de la vapeiu' d'eau dans l'atmosphère terrestre à l'aide de prismes à grande dispersion. Il examine d'abord les quantités de vapeur d'eau répandues dans l'air selon les saisons et trouve l;i TaLile suivante pour le climat de Baltimore, en exprimant la quantité di; vapeur d eau par l'épaisseur de la couche d'eau qui lui correspondrai! : (') Voir Tome I, p. 488, g 33, notre hypothèse provisoire. ( = ) The Astrophysical Journal, 1895, t. I, p. 311. F., IL 12 mm 18,01 l'i'vrier -n.fik M.ns Avili M:ii Vi.V^ .T2,01 .jà.Vi Juin S'2 ô j .Iiiill.l . . (i-2.',;3 Anill 65. 1'' 178 LA l'LAXETK MAKS. 1894 mm Septembre 39,62 Octobre 37,08 Novembre '26, 42 Décembre 19,56 10 janvier 1893 7,87 l'i. 15, 16, 17, 18 juillet Ix'J.i (muveiuie) I.i7, 16 .V l'es iiiiiyunue.s uiensuelles l'auteur a ajoute le uiiuiuuiiu de janvier et le maxiuiuiii de juillet. Les différeuces .sont faraudes et iniluent certainement sur les observations. Moins il y a de vapeur d'eau dans l'air et meilleures seront les conditions de l'observation spectrale de Mars. .Janvier et déceml.)re sont les meil- leurs mois. Lanleur i)ens(' que l'on ne pi'ul arriver à rieu de sûr avec tons les spectrocopes construits jusi(u'à ce jour. Il remarque que le profes.seur Campbell reproche aux autres observateurs d'avi.dr lait leurs observations sur Mars lorsque l'altitude de la planète était faible et riiuiiiiditi' de l'air considérable, mais qu'il a l'ail lui-même les siennes pendant les mois oii l'air contient le |ilus de vapeur d'eau. Il ajoute que M. Campbell considère l'humidité relative comme étant le facteur principal, tandis que c'est le ))oint de rosi''e qui est le plus important. On ]icut avoir une faible humidité relative en un temps chaud et cependant en réalité une très grande quantité do vapeur d'eau dans l'air, et l'on peut avoir également une forte humidité relative pend:int un temps froid en même temps que très peu de va|ieur d'eau dans l'air. l,a ((uestion d'altitude n'est pas non plus aussi simple (lu'elle le iiarait. La distributinn île la vapiMU' d'eau dans l'at- mosjihére n'est pas égale à celle de l'oxygène et de l'a/.ote. l'arun temps très froid et un baromèti-e élevc' il va quelque! aualo,gie, mais par uu temps chaud et les mois humides l.i ((uaiitilé île vapeur d'eau dan,-, l'air augmente a\ec l'altitude jiis(|u'à la hauteur des nuages iufi.'rieurs et eusuili' va en diniinuant i ' i. 11 faut tenir compte de cette loi dans la considération de l'altitude. Au point de vue de la découverte de l'oxygène dans latiiiospliere de .Mars, laiili'iir espère davauta.ue [lar l'obsei-vation du .yroupe H. Il pense même que cc qui.' l'on arrivera le plus vile à reconuaitre c'est la pré- sence de la chlorophylle, attendu qu'elle fournit une bande très forte à l'extrémité rouge du siiectre de la végétation, et que si les contrées vertes de la planète sont ducs à des végétaux, cette bande doit être visible dans le spectre de ces taches et invisible d.ans celui des régions jaunes. '! Voir I''l,.\.\l.\HRio.\, .l/cs re.(/;e/c.v nrriaiis. \i. 317. .L^ceiisieiis de 18117. et Cinnplfn rrnduK de r.\cadéiiiiu des Sciences du 'î.i uuu 18^8. .IKWELL. ~ A.NALVSE SI'KCT KALi:. 179 CLXXW'I. — \\'. (AMI'llEI.l.. — l;i;i'ONSE AUX CUnioLKS l'HliCÉDENTES ('). M. Campbell a repondu aux critiques prcci'dcMili's en passant en n;vue toutes les observations spectrales de Mars : iJi Tiu;iii I RI), IS(i-,'; IIli.i.Ins et Mil, I. El;. Ifit'c,' : llumuss et Mii.i.Kii. ISiil ; Sec.c.hi, 1S67; lit r,i,iNS, lS(i7; Janssen, 1867 ; Vo(;ei,, 1873; Maindei!, I.S77. ainsi que celles ([ui vieniienl it être ex|ii/M'e>. « Rutlierfurd a vu la ligne I), ainsi que II2, E, (1, H'i,, (. l'i une autre \ ers À 5330. Huggins et Miller ont cru voir des lignes atmosphériques, mais c'étaient simplement celles du spectre solaire. Les observations de Secchi ne sont pas détaillées. Celles de Huggins en 1S67 paraissent discutables quant à la position précise des raies. Celles de Janssen n'ont pas éié publiées du tout. Celles de Vogel eu 1S73 concluent en faveur d'une atmosphère analogue à la m'itre et par- ticulièrement riche en vapeur d'eau, mais M. Campbell pense que c'est la vapeur d'eau de notre propre atmosphère qui s'est montrée. » Etc., eti'. Kii sunimr, M. Campljell conserve son opinion ijue lc> observations spec- trales faites jusqu'à présent sur .Mars ci.mduisent à jieiiser qu'il n'y a i}as d'eau sur la planète. IL.K.WVII. — Le\vi> .liiNVELi.. — i.E f~i'Ei,rnE lie Maiis (-1. M. Campbell ayant, dans l'article précèdent, critiqin' les iiifiboJi'S spec- trales employées, M. Jewell a répondu à son tour dans les leriins suivant.- pour déclarer que les négations de l'astronome américain ne sont pas suf- fisamment fondées, précisément parce que loules les métbodes employées (y compris celles de M. Campbell) sont iasul'iisautes pour donner un l'ésultat certain. Pendant plusieurs années, M. Jewell a pris île soigneuses mesures de l'intensiié \' ) A review of tlie speclroscopic obser ratio us of Mur.-<. /l'Iie A^lrophysicul Jour- nal, 1895. t. II, p. 28. - I Tlii; Aslruijlt!/xii::it Jinirnul. 1891), t. I, |i. 'ibh. ISO LA PLANÈTE MARS. 18'.I4 des lignes du spectre de l'atmosphère terrestre produites par l'oxygèue et la vapeur d'eau. La méthode employée était assez précise pour déterminer avec certitude si une ligne donnée était due à l'oxygène ou à la vapeur d'eau, en fai- sant trois ou quatre observations soigneuses de midi au coucher de soleil, à moins que l'air ne fût exceptionnellenient sec, comme il arrive quelquefois pen- dant les temps très froids. Ces expériences ont été faites au laboratoire de l'Université John Hopkins. Il sevait tmpo.ss/6/'' de découvrir de la vapeur d'eau dans l'atmosphère de .l/.ir--, ;i moins que la (inanlilè de cette vapeur ne fût beaucoup plus considé- rable que celle (lui existe dans l'atmosphère terrestre. On ne sait donc, et même on ne jieul rien savoir actuellement sur ce point, avec nos spectroscopes actuels. Mais il n(^ serait pas impossible de découvrir la présence de l'oxygène, lors même que l'atmosphère de "Slavs ne posséderait que le quart de ce qui existe dans la nôtre. Les observations faites au sommet des montagnes ne sont pas aussi exemptes d'erreurs que le prétend 'SI. Cauipbell. Après le coucher du Soleil, le rayonne- ment rapide refroidit l'air près du sommet et fait couler un courant d'air froid le long des pentes, ce qui amène le l)rouillard dans les vallées inférieures, et, comme couséquence, la température et le point de rosée au sommet de la mon- tagne [leuvont être beaucoup plus bas que ceux de l'air à la même altitude, en dehors de l'influence de la montagne. La quantité de vapeur d'eau sur les côtes de la Californie, pendant juillet et aofit, est à peu près la même qu'à Baltimore en mai. Mais, encore une fois, les observations spectrales ne peuvent rien dimuer de certain actnollement. Cli.NXWlH. — ('.\Mt'i!i;Li.. — La himinution ihreculiiuii-: dh l\ (;.\liitte PclLAIltE Si;il I)K Maiis ( I ). Nous venons do passer en revue toutes les nbservations et discussions relatives à la constitution de latmosplière martienne faites à propos de l'op- position de 1894, et dans celte élude comparative notre quartier général a été l'Observatoire Lick. Nous y restons encore à propos des neiges polaires. Tous les observalcurs de Mars savent, écrit M. Cnmpbell, que les taches polaires ne diminucut pas en conservant une forme parfaitement circulaire et ne sont pas partout de la même intensité. Le bord de ces taches est quel- quefois 1res irregulier, ce qui esl dû ;'i de somlires dentelures et à des caps l)ril!anls. Il arrive même parfois que des [lOi-lions s'en détachi^nt complète- ment cl se compoi-lenl, pendant [dusieurs semaines, connue des points (•) Astr. Soc. Vf llie Pacific, I. VII, I«1)0, p, W. CAMPBELL. — NEIGES IMU. A I li KS AUSTRALES 181 brillants isolés. D'ailleurs, les ri>L;ioiis soiiibros l'i 1rs ri'.uioiis excessive- ment brillantes à l'intérieur des calottes polaires sont des faits courants d'observation. 11 est certain (]ue la fusiDn des taches polaires est ail'eclee par des circonstances locales, et il est de la [dus haute inii)ortancede savoir si ces circonstances accélèrent ou retardent la fusion, quel ijue soit le point où elles se rencontrent. J'ai soigneusement examine les plus importants dessins nH-ennueiit faiis de la calotte polaire sud, alin de trouver une rejninse ,iux questions sui- vantes : •1° Les régions excessivement brillantes, intiu-ieiires à l.-i tache polaire, la pro- jectiou brillante sur le bord de la calotte, ainsi que les points brillants isolés qui s'y remarquent juste à l'entour, se montrent-ils toujours aux mêmes endroits lors des différentes oppositions? '2° Sont-ils supportés par les parties sombres ou par les parties chaires de La planète ? Jusqu'en 1802. on n'a publié qu'un petit nombre de dessins du pùle Sud relatant ces particularités. Les cartes de Schiaparelli montrent plusieurs projections proéminentes se détachant du pôle Nord, mais aucune du pôle Sud. Il est probable qu'il a dû en observer plusieurs, mais ses croquis per- sonnels ne sont pas accessibles. Ses caries et (juehiues-uus de ses dessins montrent la calotte polaire sud comme étant essentiellement triangulaire. Les observations de Green en 1877 montrent le bord de la calotte polaire comme très irregulier, mais sans aucune projection [larticulièreuient frap- pante. Des points isolés se voient par 2C7°, ■28-2°, 29-i" de longitude et — 7.'i" de latitude; Green les a appelés Montagnes de Milchcl, en l'houneur de leur découverte qui fut faite en 1845 par Mitcbel, de Cincinnati. Un dessin du professeur Young, du 2.5 juillet 1892, contient un point brillant isolé situé à 210» de longitude et —05° de latitude. Les dessins faits par le professeur Schœberle, les 24, 27 et 29 aoiil 1892, laissent voir une région isolée et étroite au bord delà tache polaire: sa position est : longitude 310"; latitude —75°. Les dessins des 7 et 8 août con- tiennent une large projection émergeant de la calotte polaire à 150" de longitude et à —61" de latitude. On y remarquait aussi, le 2(1 aoùi. une petite projection à la longitude 50" et par — 65" de latitude. Le professeur Keller nota, les 17, 22 et 29 août, une iielile projection vers 320° de longitude et — 71° de latitude. M. Barnard a dessiné, le 21 août, une projection proéuiineule à 320° de longitude et — (J9° de latitude. 182 I A PI.ANKTl- MAHS. 189'i Lp professeur lliissey oliservii, If 2:i juillet, une pelile projection par 335" de longitude el —65" de Lititude; une autre fut observée le 20 août par 40" de longitude et —62" de latitude; enfin une grande projection était visible les 5. 7, 9 et 11 du même mois par 1 55° de longitude et —60" de lalilude. M. Campbell, dont les observations s'étendent du 13 juillei ;ni 17 août, avec une position des deux soirées antérieures, observa, les 17, 18, 111, 20, 26. 27 juillet, une région très brillante juste à l'intérieur de la calotte polaire, vers 330" de longitude ei —65" de latitude. Une tache analogue fut observée les 17, 18, Ul, 20 juillet pai- 35" de longitude et — 65" de lalilude. Une autre, à cheval sur la ligne de démarcation de la calotte polaire, e-xis- lait les 7, 8. 9 août par 156° de longitude et —61" de latitude. Enfin, le 27 août, M. C.nnipbell observa, vers 325° de longitude et — 75° de latitude, une large zone brillante, allongée et presi|ue compléienient détachée de la tache i)olaii'e. Les 20 juin 1894 il y avait, au bord de la calotte polaire sud, une tache très brillante, par 150° de longitude et —66° de latitude. Les 26 et 28 juin, une aulre tache, l'galement trps lirillaiile, (Hait située vers 40" df longitude et —70" de latitude, à cheval sur la limite de la calotte. Le 10 juin, vers 320" de longitude et —71" de latitude, il y avait une large surface, très brillante, au bord de la calotte et .se projetant un peu au delà de sa limite. Le 3 août suivant, lorsijue, par l'effet de la combinaison de la rotation de la planète avec celle de notre globe, le même hémisphère redevint visible, la large surface bi-illante s'était détachée de la partie principale de la tache polaire: elle diminua de plus en plus durant les 7, 8, 14, 15 août ; puis elle disparut à nouveau derrière le corps de la planète, pour ne plus reparaître liirsiiue la région qui la portait se représenta à nous. En comparant toutes ces observations de 1892 et de 1894, on constate que les phiMiomènes observés ont i-U' localisi^'S en quatre régions de la planèt(; dont les coordonnées sont à jkhi ]irès : l.yilgitinles. I.;ititudi' /lO- -(10° LW -02» 210" -m- 3?5- — 70" Les trois [joints isolés observés en 1S77 par G reçu. A, 2t)7", 2S2", 29;i° de loii- gitiule respectivement et à — 73" de latitude, ne correspondent à aucune de ces réfrioiis. Les inni^nifiqnes dessins de cet obscrvatoiir représentent le centre de la i:.V\llM!KI.I.. - NKICrKS POI.AIRKS AUS T l( A l.KS. IS.i calotte brillante coïncidant avec le pôle de rotation de la planète. Los observa- tions de Bessel. Hall, Scliiaparelli ont établi, au contraire, ipie le centre de la tache polaire était situé par 30" de longitude et —Si" de latitude. Si donc nous kéioo'1 3. -/fi. Au^ /S 17 6'" ^X^^/j_j-"- Fitr. I:;:i. — Drssius .!,• M;irs, .n lai'i, par M. Campliell. .-i roiisorvaloii-e Mi-k. traçons, sur les dessins de Green. le.s méridiens is>us du p-^ A^ A =31% ■' ?.S-2. Fig. 13fi. — Croquis et dessin de Mars, par M. Holden, a l'Observatoire Lick, en 1S9i. voisines et dont l'origine est par conséquent purement optique. M. Terby a décrit, en 1888, de telles apparences, qui avaient été d'ailleurs remar- quées depuis longtemps déjà au voisinage des calottes polaires. En second lieu, il y a à considérer les proéminences produites par les régions élevées et fortement illuminées de la surface de la planète qui se projette au delà (') Astronomical Society of the Paci/ic, t. VI, 1894. p. -'85. 186 LA PLANETE MA US. |89'i du Icriiiiiialenr. Ou pi'iil iiiia.uinei- qu'elles sont durs suit, à des nuages, soil ;'i des montagnes; les observations faites en 1890 au monl Hamilton peuvent fort bien être expliquées ]iar la présenre d'une traînée de nuages située à une grande altitude ('). Toutes les récentes observations faites iei jiar les Pnifesseurs Schaeberle, Campbell et autres semblent indiquer (jue ei's vi'rilables ])roéminences sont causées par des ehaim-s dr moiilagins l'temliies au travers du terminateur : elles appai'aissent en effel toujours aux Hii''nies longitudes et latitudes de la jilanrie pendant plusioui-s nuits et même plusiiairs mois di' suite: ime carte do queli[ues-unes d'rnlre elles est actuellement en préparation. M. Campbell a montré (jue quelques-unes de ces élévations ne dépassent pas 3(1110 méti'es et ([ue les autres sont du même ordre d'importance. Aucune observation n'en a (''té faite loi'sque la planète ne pr('sentait pas de phase. 11 n'y a pas le iiioindie doute en ce ijui conrerne la réalité iln pliénoméne et je crois qur l'exactitude de l'explication pri'Ci''dente est hoi'S de doute. I/aul('ur tle l'arlicle paru dans A'f//)//'' l'-J août 1894) n'était évidemment pas an courant de la question. Ces remai'iiues ont été présentées sous le titre aUécbanI de « Kirimne lumière sur Mai's <>. Apres avoir rappelé l(>s termes d'un leli'gramme sensationnel de l'I lbser\aloire de Nice, il concluait que ces nouvelles devaient être tenues pnur s('rieuses et de plus amples renseignements élaienl anxieusement alli'inUis. 11 ajoutait : " La cause de celle lumière est ou pbysicjue ou bninaine, el l'on iloit s'allendreà voir ressusciter la vieille i(b'i' des signaux adressi's jiar les Martiens à la Teriv. « Il mentionne trois causes physiques [)0ssibles : uni' aui'ore, une longue chaîne de montagnes couvertes île neige, ou bien encore un violent incendie de forêts. L'irradiation n'est point mentionnée. « Sans vouloir opiner pour l'idi'c des signaux avant que nnus fussions mieux renseignés par les tii)ser- vations, on ne peut néanmoins s'emi)ècliei' de i-eniarqner i|u'il eni l'ie difficile de trouver une i!'pO(jue plus favorable pour les faire, i- « Ceux (]ui ont obsi'rvi' le pbi'nomène en question, nuit a[)rès nuit, ainsi que nous l'avons fail au mont Hamilton, .ajoute l'auteur, considè[-eut l'idi'e que ces prO(''minenc(!s soieni (b'S signaux des , problemalii|ues ; M.arlieus connue simplement absurde. .le ue puis trouver d'expression |)lus modérée. » Cet article est accompagné de deux planches contenant l."> croquis de la pla- nète montrant des projections lumineuses (-) un peu partout. Ces esquisses trop légères sont niallieureusemenl d'une reproduction presqui^ inquissible. (') Vo(c plus haut pages 53, riG, 79, 81, 82. (■■') Ces projections sur le lermiiiatcur ont HC' signalées pour la preniii'i'e lois luir Knohel en IST.'Î. Voir Tomf I, p. 2Î1 et 222. I/oll'et (^tait produit par une région blanche (lusi: UN vïûiiii; im.k \.v. i,\i. nr shi.kii.. ist M.iis revendus un instaut ;ni.\ euriousos représentation? du Lac du Soleil. CXi'l. — Dkssins nivrns m i.ai; nii Solkii.. Nous roniniencerons par remarquer (fui. 1:>7 le dessin de M. Hulden, du mois d'iieiolire ISit'i. doiil il a l'té i[uesliiiii Icuil à l'iieure. Xairi maiiilen.-inl Kig. I.")?. — I.e Lac' du Soleil, dessin pni- ^r. H'il.lon. â rOliservatoirc Lick. un groupe de dessins pris à l'Observaloire Lick par M. Sch;eberle, parmi lesquels un cadre carré enferme la région environnante du Lac du Soleil. Ce dessin [fig. 142) a été pris le l"' septembre 1894 à l'i''.")'", ou, si l'on préfère, le 2 septembre, à 2'' du matin. Sa particularité est qu'il pré- sentait trois taches noires dont les deux premières élaieiU .■•.llongèes dans le sens nord-sud et dont la troisième était à peu près ronde, enveloppées par une pénombre affectant la forme habituelle du Lac du Soleil, allongée de l'est à l'ouest. Au-dessous, c'est-à-dire au nord (image renversée vers l'équateur, on distinguait parfaitement six petits lacs réunis eiiin' eux par une ligne noire qui passai! par leurs centres. Le petit lac de droite, à l'extrémité de la ligne, d'oi'i irradient six eananx, est le Lac du Phénix. Olui qvii est juste au-dessous du Lae du Solei! l'sl le Lac Tithonius. de la mer Acidulienne assez voisine de l'île Sclieria. arrivant au bord et paraissant (par irradiation sans doute se projeter en deliors, par un effet analogue à celui que j'ai décrit celte même année 1873 pour la neiçe polaire boréale (t. t, p. '2\3' ■ C. K. 188 LA PLANETE MARS. 1894 11 esl impossible de regarder ce dessin et de le comparer à ceux que nous avons publiés précédemment, sans en tirer la conclusion que des change- ments certains s'opèrent presque constamment sur la planète voisine. 1 LoufrilU'Io 2911" •iU aoiit IN'.IJ, S^ ■27 aoul 18a;, lUMii'" Lons- IS" •-•4 août l.S'.i2, ll''ii- -1^^: ,.^ i. Lung. 54" 20 août 18!l*, 11 Ml" Long. 12(1" I.ac (lu Soleil le 1" sept. 1894, H'':.™ I 14 aoul 1S92, a lli'."*"). Long. 139» S août 1892, 9''4>' Long. 1711" 7 août 1S9,', IIMl'". Long. 189" août 1S92, 131' d» Long. JUS" I juillet 1892, 13i'30"' KiL'. 13S-14I;. — 9 ilessins rio Mai-s, par M SclKvbcrle a l'Observatiûro Lick. l'ai- la iiiéine circonslaiice, nous mettrons sous les ycu.x de nos lecleiu-s les 11 dessins pris eu 1 «'.>■.' (') par M. Schœberle an .urand équalorial de rtJbservatiiirr l.ick, car. ce qu'il y a de curieu.x, c'est que c'est sur une (') Astronoiny und Astro-l'hysics, ls94. p. tJ44. DESSINS DIVERS DU LAC DU SOI.EII.. ISt) collection de dessins de 1892 que cet astronome a, on iiurlquo sortf, super- posé celui dont nous venons de parler, de 1891. La vue de Mars de 1892 correspondant à celle du 1" septembre 1891 est celle du li août à 11":)0'". Les heures employées ici sont les heures am.'ricaines du Pacifique. On remarquera sur ces dessins le cap polain-. iraversé sur plusieurs 21 aoùl et 2 sepleml.re ISM. -•9aoiil I8:i4, 131'iO" 31 ao-it 1801. IS'i.V». il août 180',, i:.''-?."."'. Fi:^. I47-I.'i0. — 4 dessins (le Mars par M. Lowell. d'entre eux par une sorte de large chaussée et mnnlranl sur diviu-s points des taches de neige fondue. Ces dessins sont phun^s ici dans l'ordre des longiludi's. ou conniionranl par ni>tre vieille connaissance depuis 1659!) la mer du Salilior. L'incli- naison du globe est — L2°. Sur ce même sujet du Lac du Soleil, nous trouvons également dans les l'.KI I.A PLANF.TK MAKS. 1894 obhurvalions de 189i, nou encore publiées ici, les dessins ci-dessus de M. Lowell. 11 n'y u pas une vue du 1" septembre, et celle qui s'en rapproche le plus comme dale est celle du 31 août à 13''45"'. On n'y remarque pas les trois assombrissemenis intérieurs de M. Schœberle, et la position des petits lacs ditrrrr. surtout à gauche. Mais sur deux de ces figures, le Lac du .".1 juiUi-l IS'.ii, lli''/'». H uuul IS'.li. ISi' ;■-'"'. Ki.^. I.'il-I.j.'. — .' .Icssiiis lie Jlars \i-.n- M. Umiglass. l'iicuix est rcin;irquahle égalenieut par les nombreux canaux qui en iri-adient. On smi cju'oii est là à la limite de la visilùlitc 11 ne faut pas être trop exigeaiil, d'autant plus (jue les conditions atmosphériques diffèrent toujciurs plus ou moins el (jue. d'autre part, Fattention des observaleurs n'est Jamais e.ualement portée sur tous les points (par exemple ici sur les neiges polairesi. Mais les \ariations du Lac du Soleil sont d';iulant plus certaines qu'elles no sont pas rares et ont déjà, été constatées avec évidence. Sui'deux de ces vues le Gange se montre remarquablement large. Le (luatriéme de ces croquis est intéressant par la réapparition del'llespérie à la dati' du 20 août I8!)4. Ti'ois canaux, le tlerbère, le L;eslrigon et le Tartare descendent de la Mei' Cinuiu'rienne pour se léunir au (larrel'our de Charron. Un dessin qui s'accorde mieux avec celui de M. Schaîberle pour les petits lacs de gauche est celui de M. Doviglass, à rO])servatoire Lowell, du i'.) juillet 1894, à \lî^l"' [fuj. 151). Il y a là, comme dans le premier, une ligne courbe, et de plus l'arc descendant du Lac Tithonius pour retourner vers la gauche. Même ressemblance en ce qui concerne la chaussée polaire. A coté de ce dessin, nous avons reproduit, du même astronome, celui du 11 août 1894, à 18'' 22'", qui montre en sa région centrale le Sinus Saba'us. termine par la baie du méridien. Cet aspect de Mars est renutrquable par la jirojeclion lér/iir que l'on voit à gaiiclie, sur le terminal eur, NKIUI-; roi.AIRH AU^TKAIK. KH CXlJII. — KaRNAHI). — \ AIIIATION UK LA .Nr.II.E PClI.AlIiK AUSTllALK. A l'Observatoire Lick, l'astrouonie liarnard a [iris au i;rand cqiiatorial lie 0"\W\ un grand nomlire do iiiesures dnnt il donne le ri'Çiimé siiivaiil f : Ki,L'- !;';►. — Varlati'_in lii.' la iieiL'^' polaift' aiisirale ile Mars. (►I)sei'Vi-c an ,::ian(I Oi|iiai"rial tli* i»".'JI de lObservatoirr Lick. îl .Mai 5I",0 :iO!ll/'" 19 Juin iî .S V>i:^ 193 et les observations failesauxOliservaloin'sLinvellcl làck, i[iioiiiue plusieurs de ces docuinenls n'aient été puiilics ([uCn 18'J5 et plus lanl. Revenons à 1894. Voici maintenant nos propres observations, faites a Jiivisy. Klles font suite à celles de 189-2, 189t), 1888, etc. Los observalious ilc la planète Mars ont été continuées avec, assitiuité à l'Ob- servatoire de .hivisy, malgré de fort mauvais temps. Sans atteindre la grande proximité quindéccnuale de IS'.iv!, la planète était en île bonnes conditions et racbetait par sa plus grande élévation dans notre ciel boréal ce que sa pro.\iniité un peu moins grande aurait eu de défavorable. M. Antoniadi, mon astro- nome adjoint, n'a [las laissé échappiM' une suule beure, pour ainsi dire, sans observer les aspects si curieux de ce monde voisin. Pour moi, j'ai continué surtout d'étudier la variation des neiges polaires, l^e solstice d'été de l'iiémispbère austral, penché vers nous, est arrivé le 31 juillet, l'opposition le iO octobre: diamètre maximum le 12 octobre. 'Voici le sommaire des principales observations (équatorial de 0"',24; grossis- sements de '2:D. 300, 100 et GOO). En juin et juillet, les observations sont peu importantes. Ou les trouvera cependant au Dallotin de la Société a^lronomiqua d'i Franci' de l'année IS'.il. En voici la suite: 5 août 1894, [3^ à là''. Diamètre = li'O. Longitude du méridien central = ?13", 228° et 242". Excellente définition. Mer Cimmérienne et mer 'fyrrhénienne bien nettes, avec l'IIespérie les séparant. . Image calme. — La calotte nei- geuse du pôle austral est très petite et nettement bordée d'uue bande sombre. Le Gange est très net. Le golfe de l'Aurore est sombre, mais le lac du rioleil est in- distinct. Les terres d'Ogygis, d'Argyre et de Noachis forment une bande légère- F., IL 13 194 LA PLANETE MAKS. 1894 ment claire qui se prolonge ju-^qu'au terminateur, où l'on aperçoit, pans difficulté, une projection blanelie lirillaiite remarquable, vers — 'iQ" de latitude. Ce point se trouve sur Noaebis, et parait identique à celui observé le "20. Cette constatation a été faite parles deux observateurs {/ig. L"i5). 23 août, l^iiO"'. Diamètre = 10", 1. Long. = 2S°. lionne image. — La calotte polaire, très réduite, est nettement définie par une bordure assez sombre. Le promontoire dos Arômes va passer au méridien central. A droite on aperçoit le golfe de l'Aurore; à gauche, celui des Perles. Le Gange est beaucoup plus sombre que rindus, qui se recourbe jusqu'au lac Niliaque. Grand estompage près du bord inférieur île la planète. Ogyuis Regio, Argyre et Noaebis restent vagues. Même jour, ISiiQ™. I-ong. = 42°. — Le golfe de l'Aurore est sombre; il est pro- longé par le Gange qui est très large. Le lac du Soleil ne se voit pas tout à fait bien. Toute la région située à l'ouest de Thaumasia est d'un rouge-brique très sombre. F,-. i:.i. Pi'ojeL-tion oli>crvoe sur le tenrunal' ur i\v M'dVA les "JO et 23 aoùl I.S'.iî. par AIM. Fl.immarion vl .Vntoiiiadi. Même jour, 1 'i''0"'. Long. = Zil". Très bonne image. — Le golfe de l'.Vurore est toujours sombrer. Le Gange, qui passe au méridien central, est très net, aboutis- sant au lac de la Lune. Le lac du S^ août à 13 ' 0'" Même jour, ISiiO". Long. = 346». Magnifique image. ^ La baie du Méridien est très sombre, fortement recourbée vers le Xord, et fourchue. Malgré la belle défi- nition, les canaux sont très difficiles à distinguer: on devine cependant encore le Typhonius, l'Oronte, l'Euphrate, le Gehon et l'Hiddekel, réduits à des lignes très fines. Hellas est voisine du terminateur. Deucalionis Uegio est très nette, se montrant en outre colorée en rouge-brique sombre. Même jour. 14i'0™. Long. = l". Elxcellente image. — Fastigium Aryn passe au méridien central. La baie du Méridien est très foncée, ainsi que l'embouchure de l'Euphrate. On ne distingue presque pas le Gehon et l'Hiddeliel, pas du tout l'Euphrate, et vaguement l'Indus, qui se recourbe vers l'Est. La région de Deu- calion est d'une évidence extraordinaire, et l'on peut la suivre jusqu'à Thymiamata. Le limbe oriental est très brillant au-dessus du promontoire des Arômes : c'est le lever d'Argyre. 30 août, 14''Û™. Diamètre = 17", 1. Long. = 3'i9". La définition est très bonne. — La calotte polaire neigeuse du pôle austral est exceptionnellement réduite. La baie 198 LA PLANÈTE MARS. 1894 du Méridien va bientùt passer au méridien central; elle est très sombre depuis la Corne d'Animon jusqu'à Fastigiuni Aryn, mais principalement vers l'embou- chure de l'Euphrate et son extrémité suivante. L'Oronte, l'Hiddekel et le Gehou sont très visibles, tandisque l'Indus se dégage à peine des brunies du limbe orien- tal. La région de Deucalion est rouge sombre; celle de Pyrrlia est très difficile. Argyre se lève à l'Est. Enfin, on remarque toujours la bande soudjre qui relie l.i Corne d'Ammou à la calotte polaire australe. 31 août, 12t30'". Diamètre = 17", 3. Long. = 320°. Bonne définition. — La mer du Sablier est à l'Ouest, la baie du Méridien à l'Est. Ces mers sont très sombres. La Corne d'Ammon est pointue, et l'on remarque toujours la bande foncée qui la relie à la calotte polaire. Ilellas est bissectée dans sa longueur par l'AIphée, et très indistinctement dans sa largeur par le Pénée. La région de Deucalion est d'un rouge-brique foncé. L'embouchure de l'Euphrate est très sombre; ce canal est cependant très difficile à voir, tandis que Typhonius et Oronte sont d'une évidence remarquable. Même jour, 14'" 0'". Long. = 342". — Bonne image. La calotte polaire australe est très petite et nettement définie. La mer du Sablier est couchée au terminateur, et il en est presque de même d'IIellas. La baie du Méi'idien est foncée, surtout vers son extrémité orientale et l'embouchure de l'Euphrate. Les régions de Deuca- lion et de l'yrrha sont bien nettes, la première surtout. Argyre apparaît au limbe oriental comme une tache blanche éclatante. La Corne d'Ammou est toujours reliée à la mer Polaire par la bande sombre. Malgré la bonne définition et le calme absolu de l'air, on ne voit pas bien les cauaux, qui se rétrécissent à des lignes d'une finesse extrême. Cependant, Typhonius, Oronte, Euphratu et Iliddekel s'en- trevoient de temps en temps. Même jour, Ibi'O'". Long. = 357°. La définition devient moins bonne. — La bail' du Méridien est très sombre; se.s deux fourches ainsi que l'embouchure de l'Eu- phrate sont très foncées. Les régions de Deucalion et de Pyrrha sont bien visi- bles, tandis qu'Argyre est toujours très blanche. Le golfe des Perles, prolongé l)ar l'Indus, arrive du côté de l'Est; il estassez clair. Comme canaux, ou remarque riliddckcl (recourbé vers l'Ouest), le Gehon, et eu partie l'Oronte et l'Euphrate (/';/• ItiO). Même jour, IC' 0"'. Long. = 1 1". La définition est nuuivaise, et le ciel se convie à 11)'' 30"". — La baie du Méridien est sombre, le golfe des Perles est clair. Argyre est maintenant bien moins lumineuse que dans les deux observations préci'- (lentes. ('] septonilire, 13'' 0'". Diam. = 18". 1. Long. = 272'. Mauvaise définition, nuit très froide. — La calotte neigeuse du polo austral est excessivement petite. La Libye passe au uiéridien central. On voit la mer du .'tablier à l'Est, très sombre vers OliSKUVATOlUK DE JUVISV. 190 sou extrémité inférieure, puis laïuerTyrrhénicune, Ausonia et Ilcllas. I.elac Mœris est bieu visible, ainsi que le Xépenthès. Même jour, li''!)™. Long.— i.SG". Définition un peu nieilleure. — Lamerdu Sablier est au centre ; elle est très foncée au Xord ; c'est lu un immense triangle au milieu (le la iilanôle. La Petite Syrte va disparaître au terniinatour. CJa ajien^oit le lac Mœris comme une petite tache sombre. Dans la partie supérieure de la mer du Sablier ou remarque deux taches claires indistinctes : ce sont Œnotria et .lapvgia. Ausonia (îst confuse, llellas un jieu moins; on y voit l'Alphée. Il y a uu canal ([ui se rend dans la mer du Sablier, du coté de l'Est : c'est 'l'yphonius. Fig. ly.i. ■ *'.; août a ininuil. Kit;, liii). - ■il août a iJi'U™ Mèine jour, 15'> 0"°. Long-. = 301". Assez bonne définition. — La mer du Sablier est ;\ l'Ouest. Dans le continent, à droite, on distingue Typhonius, Oronte et l'Eu- phrate. La baie du Méridien est foncée. Ou croit parfois apercevoir la croix d'Hellas. Argyre se lève au limbe oriental. 7 septembre. li''0"'. liiam. = 18", 3. Long. =îiS''. Lionne définition. Nuit très froide. — La calotte polaire australe est excessivement réduite. La mer T\ rrhé- nienne passe au méridien central. La mer Cimmérieune est à l'ttuest, la mer du Sablier à l'Est. Hellas est claire près du limbe. .Vusonia. assez confuse, est divi- sée par l'Euripe. Le golfe de Prométhée est assez net, mais la mer Adriatique est faible. On voit le lac Mœris, l'IIephaïstus elles canaux ,Eihio])s et Léthé. ,Eolis est blanche au terminateur {(ig. ICI ). Même jour, 13'' 0™. Loug. =^t'r2". Image satisfaisante. — La mer du Sablier approche du centre, tandis que les mers Cimmérieune et Tyrrhénieune dispa- raissent au terminateur. Ausonia et llellas sont mal définies. L'extrémité inférieure de la mer du Sablier est fortement recourbée vers l'Est. On distingue fort bien le lac Mferis et les canaux Léilu' et .\'\ Fig. 16e. — 9 soiiteiiihie, KJ''. nienne, Ausonia; à droite, la mer Adriatique. l'IIellas et enfin la calotte polaire australe ifig. 164). 7 septembre, Ui". Bonne définition. — Les bords de la mer du Sablier sont très nets par instants. A droite, à partir de la Nilosyrtis, on remarque Astusapes, Astaboras, Typhonius, puis le Phison, qui semble couper transversalement les canaux précédents; à gauche, l'Astapus parait rejoindre un canal qui se jette dans la mer du Sablier, peut-être le Léthé. La croix d'IIellas reste absolument invi- sible {fig. 165). 202 LA PLANÈTE MAKS. 1891 !) septembre, 13''. — Uue partie do la calotte polaire semble limitée par une h'^no droite. On distingue nettement l'embouchure du Léthé, l\Etliiops, et au Nord on soupçonne l'IIepha.'Stus ainsi que l'iVstapus ijuj. IIIG). Mémo jour, lAiiQ™. — La calotte polaire est à peine visible, mais Ilellas est sur le bord occidental, d'une blancheur éclatante et nettement coupée en ligne droite. On remarque le Triton, qui semble rejoindre le lac Mœris. Nous reprenons maintenant la suite de nos observations : l.j septembre 1.S94, 10'" 30"'. Diamètre = 19",3. Long. = 153". Bonne image. — La calotte neigeuse du pôle austral n'est visible qu'avec la plus grande attention. La uior dos Sirènes passe au méridien central : elle est fortement recourbée, la convexité étant tournée vers le Sud. En haut, les terres de Thulé, la mer Chro- uium et le Paliuari Frelum sont indistincts, tandis qu'à gauclie le golfe Aouius reste invisible. On voit bien le Tartare et le Titan qui se jettent dans le golfe des Titans de la mer des Sirènes. Puis le Uorgon, au méridien central, et, à l'Ouest, le Sirenius avec l'Araxe. Ces canaux, qui se voient comme des lignes très fines, semblent aboutir au Nord presque perpendiculairement à une large bande estom- pée corres]iondaut A l'Euménides, prolongé pai' l'Orcus, probablement double. Electris et Eridania sont blanches dans le voisinage du limbe oriental (//';;. IRT). Mêmejour, 11'' 30'". Long.= 167". Bonne définition. — La calotte polaire est très difficile à distinguer. Le golfe des Titans de la mer des Sirènes, assez sombre, atteint le méridien central. Ici convergent les canaux Gigas, Titan et Tartare, très nets. On voit encore le Sirenius à l'Ouest, et le La3strygon à l'Est. L'Orcus est toujours très large et estompé. La mer Chronium est maintenant assez bien définie, et il en est de même de la mer Cimmériennc, qui arrive de l'Orient. Atlantis est presque complètement invisible, de sorte que les mers Cimmérieune et des Sirènes paraissent se toucher. Eridania est toujours très blanche. Même jour, 12'' 30'". Long. = 182'^. Mauvaise image. — On ne peut plusquesoup- çouner la calotte polaire australe. La mer des Sirènes avance vers l'Ouest, tandis que la mer Cimmérieane s'étend maintenant du limbe oriental jusiju'au delà du méridien central. La mer rlii'ouiuui est nette, mais les pays de Phaethontis, Eleclris, Eridania, ainsi <[ue les lies de Thulé, sont très mal définis. Atlantis n'est pas absolument invisible, car tandis (ju'on ne la voit pas comme une ligne fine brillante, on raper(;oit cependant connne une trainée un peu plus claire que les mers qu'elle sépare. Cela tient probablement à la mauvaise définition. Comme canaux, on aperçoit le Titan, le Tartare et le La'Strygou, ainsi que le long estom- page de l'Orcus. Les trois derniers canaux aboutissent au Trivium Charontis, grosse tache grise d(! l'iK^nusphèro ie.fé'rienr \liij. 108). 27 seple]nbi-e, 1 P' 0'". Diamètre = 20", 8. Long. = ."i2". Excellente définition. — La calotte polaire australe est bien jilus étendue (|u'elle ne l'était le 15, ce qui OBSEItVATOIKE I)K .IIVISV. 20:f luMuvi' qu'elle doit être excentrique par rapjiort au pôle de r(itatio)i. Le golfe lie l'Aurore, assez foncé, passe au centre. Le golfe desl'erlesse couche ;\ l'Ouest, laimis (lue le lac du Soleil arrive du coté de l'Orient. Oarvgis Reirio, Argvri^ et Fig. lli". — L'iseplembre à IC-ao™ Fig. lliS. — Même ioiii'à r."'.!!!™ Fig. IG!1. — ,'" septembre à miuuit. Fig. ITii. — '7 sei^temlae â L^i'O™. Noacllis apparaissent comme une seule terre. Tliaumasia est certainement estompée. Le lac Niliaque forme un grand estompage lires du bord inférieur. Le Ciange est très net, ainsi que le lac de la Lune. Ou voit encore facilement le Chrysorrhoas, en partie l'Hydraotes, et très indistinctement le Jamuna et l'Aga- thodœmon. Même jour, 12''0"'. Long. = 66°. Image par instants parfaite. — Les neiges bo- )'c\T/es sont bien visibles dans Tempe, vers ^ 43' de latitude. Le golfe de l'Aurore est sombre, tandis que la mer qui entoure Tliaumasia est peu foncée. Thaumasia 20'i LA PLANETE MARS. 1894 est estompi^e, présentant La couleur rougc-briiiue sombre, caractéristique de Deu- calionis Régie, Noacliis, etc. Le lac du Soleil, bien concentrique à Thaumasia, est allongé de l'Est à l'Ouest en forme de poire, dont la queue, très nette, con- stitue le Nectar. Ambrosia reste invisible, malgré tous les efTorts. Par contre, Rosphoros apparaît de temps en temps comme une fine ligne noire, taudis que Fortun;e s'étend au delà du lac Tithoniiis, pour aller rejoindre le lac du Soleil au Nord. Le lac Tithonius et rAgathoda:^mon afl'ectent absolument la forme donnée par M. Schiaiiarelli : mais on no parvient pas à voir de traces de l'Aurea Cherso ifig. 169). Même jour, 1.3'' Û"'. Long. = 81°. Mauvaise image. — Le lacdu Soleil va atteindre le méridien central. Il est plutôt clair, un peu plus sombre peut-être que la mer entourant Thaumasia, mais l'air agité masque les détails. On aperçoit cependant encore le Nectar (assez large et estompé), puis rEosjihoros, prolongé par le Pyri- jihlegetlion, également large et vaporeux. Le lac Tithonius est relié d'une part au golfe de l'Aurore par l'Agathodîemon, d'autre part au golfe Aonius par le Phase. Le Gange est très net, ainsi que le Fortunse. Le gulfe de l'.Vurore est sombre, et contraste avec la pâleur du golfe Aonius. Même jour 14" 0'". Long. = 95». Mauvaise image.— Les lacs du Soleil et Titho- nius deviennent très difficiles. Le golfe Aonius, qui va atteindre le méridien central, est presque invisible, ce qui conduit à penser que cette région est actuel- lement couverte de nuages ou de bruines. La mer des Sirènes arrive de l'Orient; le détroit des Colonnes d'Hercule la relie à la mer Australe. Le Oorgon est très facile h voir, taudis que du lac du Phénix divergent deux traînées estompées qui paraissent correspondre aux canaux Euménides et Pyriphlegethon, probablement doubles. Le voisinage du Nœud Gordien, vers le lac du Phénix, parait estompé. Même jour, lâ''0'". Long. = MO". Image meilleure. — Le golfe Aonius est tou- jours très vaporeux (presque invisible). Le lac du Soleil va disparaître dans les brumes du couchant, mais apparaît de temps en temps comme un cercle noir. La mer des Sirènes paraît très sombre au milieu des vagues estompages du golfe Aonius et de la mer Australe. Euménides et Pyriphlegethon forment les branches d'un compas gigantesque ayant le lac du Phénix pour sommet, tandis que l'on aperçoit sans difliculté le Gorgon, le Gigas, le Titan et les Colonnes d'Hercule (/îg.nO). Je n'aperçois personnellement les canaux que lorsqu'ils sont très larges, mais M. Antoniadi a pu identifier les :^9 canaux .suivants : Cyclops, Indus, Gange, Cerbère, Laestrygon, Xanthus, TîOtliiops, Ruripe, Titan, Chrysorrhoas, Gehon, Iliddekel, Euphrate, Ilydraotcs, Jamuna (double), Nilokeras, Typhonius, Oronte, Alphée, Pénée, Léthé, Népenthès, Astapus, Phison, Astusapes, Sirenius, Orcus, Arase, Gorgon, Tartare, Gigas, Nectar, Agathodœmon, Fortuua», Eosjjhoros, Pyri- phlegeton, Euménides, Phase et Colonnes d'Hercule. Le Jaiinina seul a été dédoublé. Euménidcs-Orcus ('tait large, et estompé. OBSKKVATOIRE \)E JUVISV. 205 Nous arrivions au voisinage de l'opposition, la plus jurande proxiniilô de la planète ayant lieu le 12 oclolire, avec un diamètre de 27", 7 et l'oppo- sition ayant lieu le 20; mais le mois d'octobre a encore été, en général, moins beau que les précédents au point de vue des conditions météorolo- giques de notre atmosphère, et les images ont été la plupart du temps dif- fuses et agitées. Cependant, le 10 octobre et les soirées suivantes, nous avons remarqué qu'un voile de nuages ou de brumes s'étendait sur la région à lest ou à gauche de la mer du Sablier, phénomène extrêmement rare. D'autre pari, un fait évident a continué à se manifester avec certitude, c'est la diminution des neiges polaires australes. Voici ce qui resuite de la comparaison des observations faites à Juvisy : D.itos. .^rc arcocent^iqUl^ i:n kilomètres. 1" juin GJ» 3800 15 1) 50 3000 1" juillet 42 2520 15 .. 35 2100 1" août 30 1800 15 » 17 1020 1" septembre lH 600 15 « S 480 Il importe de faire ici une distinction. A la dernière date du Tableau précédent, la longitude centrale de l'hémi- sphère martien tourné vers nous aux heures d'observation, le 1.5 septembre, était de 153" à 182° : mer des Sirènes, mer Cimmérienue. Or, la mesure de la tache polaire ne peut pas être suffisante en cette position, parce que le pôle du froid ne correspond pas au pôle géographique et se trouve; sur un méridien presque opposé, par 30° de longitude et 5° à 6° de distance polaire : ce que l'on voit alors de la calotte polaire n'en est que la moindre partie. Il convient donc d'interpréter celle dernière observation, ainsi que celle du 1" septembre, et, s'il est possible, de leur substituer des observations faites lorsque le méridien est tourné vers nous. Nous le pouvons. Le 27 septembre, par exemple, le pôle du froid étant alors tourné vers nous, la calotte polaire entière s'est montrée encore assez étendue, et d'en- viron 11 degrés. Si nous ne considérons que les observations faites aux environs de ce méridien, entre 0° et 90", nous avons les valeurs suivantes : 23 août 15° 900 kilomètres 27 septembre 11 UtJO — Un savant astronome de l'Observatoire de Paris n'a-t-il pas un instant oublie cette importante considération lorsqu'il écrivait [Comptes rendus de l'Académie des Sciences, séance du 15 octobre ( fOi'r plus loin, CXCIV)] : « La tache polaire australe de Mars, facilement visible jusqu'à ces derniers jours, vient de dispa- 206 LA PLANÈTE xMARS. 1S04 raître, car le 13 octobre I89'i, par de très belles images, on en soupçonnait à liciiie les dernières traces, avec l'équatorial de la tour de l'Ouest de l'Ûbscrva- loire de Paris ». A cette date ihi 13 octobre, nous observions également l'intéressante planète. La défîiiitiou était excellente. Le méridien central, de lO*" à 11'' du soir, était 265°, à 10'" 31'". On voyait fort bien la Petite Syrte prolongée par le Léthé, très élargi à son emboucliure, et toutes les rives gauches de la mer du Sablier. (M. Desrivières, membre de la Société astronomique de France, observait avec moi à l'équatorial.) De neiges polaires, point en effet. Mais ce n'est pas qu'elles eussent disparu : elles pouvaient être de l'autre coté du pôle. Ce trentième méridien ne s'est montré de face que quinze jours plus lard. Ll alors, avec une attention très minutieuse, nous sommes parvenus, le 21) octobre, ti S^, à distinguer, M. Antoniadi et moi, un point blanc minuscule, malgré une définition assez mauvaise. Nous avons eu encore : 1" novemlire. 300 kilomètres Cette granileur est très exagérée pai- l'irradiation. Mais l'existence d'ini point lilanc lumineux nous a ]iaru iiiroiitestalile. Le disi|ue de la planète offrait l'aspect l'i.?. 171. — !:ciniiir U'.i'i' il(-, iiiMt;os |iol:iiiTs nu.itiMles aiierruc'^ le 1 " novfii;lire. ( ()lisi-i-v;il(jii'e de Juvi.sy. ) rejirésenté pij. 171. l'ii grand nouibro de canaux semblaionl irradier ilu lae du Soleil. Le solstice d'été de rin'inisplière austral de Nkii's est ariivé le 31 août. Ou voit que les neiges ont efimmenei- à diminuer longtemps avant cette époque. Nous rovieniirons tout ;i l'hiMire sur ces ni>igcs polaires, l'oiir le moment résumons jiar une peliir Larli' el [)ar un abrégé sommaire les observatiinis précédentes de Juvisy. OliSI'UVATOIlîE DE JUVISV ■207 Les taches sombres de la planèle sont, en général, représentées sur les Cartes d'un ton beaucoup trop uniforme. Un simple coup d'œil jeté sur Mars, à l'aide d'un bon instrumi'ut, par uni' unit de l)eau temps, suffit jiour nionlri'r iju'elles sont, au contraire, do tons très vai-ics. Telles qu'elles nous oui paru en 189i, les taclu's les plus foncées oiU été iSû" ■-to 2io' -iji- '- : j--- .-,„■ 40 :2o' tS')' 180 1 A B . A ' .*i "'l'-^ ^ .' ,;<*«a-.,v -1.:. r ■• , ^^^ _ ..._^ i-' 16 1?: 3o* .'i'-"^ \ -^^ 1 ' ^' a.» («• ^ 1 1 I iilUrttffi-i ! 1 .'? «" ,v ■ ïio' 1- o' 270* 3 îo* 33o' 0* 3o' 60 90' i2o' i5o t'îo Fig- 172. — IMaai.'iphère exposant les observations faites a l'Observatoire de Ju\ i-y pendant l'opposition de ISlii. 1. - TERRES. II. - lïlERS. III.- -CAPS REIVIARQUABLES. A Thulf 1. A Ml r .lUbtrak-, « F.i:stiL'iiiiii Aivii, D Tliulé II. n Mer Chronium. h Cnriie (rAmmoii. C EIcctris. c Mer Tyrrhénieniie. r Caryluk- i-t Scylla. D E 'rriiiaiiic. Hpspérie. D F. Mer r.ininièricime. Petite Syrte. IV -RÉGIONS BLANCHES. F 7.éi>hyrie. F Grande Svrte. 3 i PI Prnjrctiuiis iur Noit- G H Elysiiim. I.iliye. G II Nilosyrtis. yWv Adriatiuuc. ProJL'ctions sur F.iloin. Kfi^t'S le 16 Nilokeras. 17 Typh.oiius, is Ihniit.-. 19 Alphcc.. ■-'n Peiii-e. •->! i.etiic. ■2i Astapus. ■•■i Phison . ii Astusapes. 2 b Tartarc. ie Uurjcou , •27 Sirenius. ■.'S Araxe. 2H Euméniiles. .-.0 Orcns. :î1 Gjgas. S2 Agathoda'niiin. 33 Xeetar. 34 Eosphorus. 35 Fortuuav 3(> PyripldeeelUon. 37 Phabis. 38 Colonnes 'l'ilere 39 lîranins. 40 Mliis. 41 .\nil)ri>sia. a Ilepha'Stns, 43 Canal inconnu . d'abord la baie du Méridien, bordée, vers réquateur, d'un lîlet blanchâtre; puis la mer du Sablier ou Grande Syrie, avec son prolongement iiib^rieur. 208 I.A l'LAXÈTE MAltS. 1894 la mer des Sirènes, le lac du Soleil el le bras de mer reliant la Goi-ne d|Am- moii à la calotte polaire. Il y a, dans ce dernier cas aussi, me semble-t-il, une preuve de variation. Les mers Cimmérienne et Tyrrliénienne ont paru moins sombres que d'habitude. Il en a été de même du golfe des Perles, tou- jours mal défuii à la dernière opposition, ainsi que la mer Chronium, à peine plus foncée que les terres avoisinantes. Enfin la mer Australe n'était qu'un vaste estompage légèrement grisâtre. Dans ses grandes lignes, notre Carte n'est iju'une nouvelle confirmation de celles de Schiaparelli. Il y a cependant un point en désaccord : l'aspect du golfe ÀotiiuSj dans le voisinage du lac du Soleil. Cette région paraît variable, car elle a été représentée de différentes ma- nières à diverses reprises. Ainsi, tandis que ce golfe est à peine indiqué sur la carte de Béer et Madler (1840), et sur les dessins de Lockyer, en 18G2, Kayser en 1864 et Dreyer en 1877 ('), MM. Paul et Prosper Henry, Green, Schiaparelli et moi avons dessiné le même golfe, en 1877 et 1879, comme une baie pénétrant profondément dans les terres (-). En 1894, depuis le commencement des observations jusqu'à la fin de sep- tembre, nous ne sommes jamaisparvenus à voir distinctement le golfe Aonius. Le 27 septembre, nous constations que cette région était presque invi- sible, ce que nous avons cherché à expliquer par la présence de nuages couvrant cette région de la planète. Enfin, le l"' novembre, par des images splendides, la forme même du littoral était changée, et le golfe Aonius était remplacé par une terre en forme d'éventail. Les terres de Phaethonlis, Electris, Eridania, et les îles de Thulé I el Thule II, Xoacliis et OgygisRegio ont été vues avec des contours très vagues. Parfois, Ogygis Regio, Argyre et Noachis apparaissaient comme une seule terre. D'autre part, Novissima Thulé, Argyre II, Yaonis et Protei Regiones avec l'Aurea (Iherso, nous ont tout à fait échappé. Il y a des régions claires dont l'éclat augmente en raison directe de Ictir rapprochement du limbe: par exemple, en première ligne, Argyre, dont l'éclatante blancheur rivalisait très souvent avec la calotte polaire elle- même, surtout lorsque cette île se levait au bord oriental de la planète. Les terres de Phaelhontis, Electris, Eridania et Zephiria, ainsi que la grande île d'Hellas, augmentaient aussi d'éclat, mais à un degré bien moindre, dans le voisinage, soit du limbe, soit du terminateur. (') La ithiiiéte Mars, t. 1-, il 107, 1(12, 174, 177, ISl et 270. Le dessin de Kaiser, du 10 déceiulji-t; 1S64 {/2y. 114, p. 177), oll're la plus grande analogie avec les aspects obser- vés à .hivisy en octobre et novembre 1894. (•) Ihid., p. 253, 255, 274, 275,292, 295, 305. 333 et 33i. OliSKUVATOlIU: DH U'VISV. ?(l!) Deux projections brillanteri ont élr vues sur Xoacliis les '20, 22 cl 2'i août. Une autre, i)lus faible, a été observée, à la dernière date, sur Kdom, non loin de Fastigium Aryn, vers 15" de latitude boréale. Ces projcetions sur Xoachis, déjà observées en 189"2 voir plus haut, p. 84 i, indiquent une iiosi- tion spéciale, probablement une cliaiue de montagnes, plutôt que des nuages. C'est sans doute quelque chose d'analogue h la Nix Atlaniica, observée par M. Schiaparelli le 1 i se[ilembre 1877 ('). La calotte polaire australe n'a pas disparu le 13 octobre, cottimc ou l'a dit, mais a continué d'être visible jusqu'en novembre. Elle était alors difficile à distin- guer, non seulement par son exiguïté, mais aussi par le fait qu'elle n'était plus entourée par l'anneau sombre qui l'enveloppe dans les circonstances ordinaires, et qu'elle se détachait à peine du fond clair de la mer Australe. Les neiges de l'hémisphère boréal atteipiiaient. au mois d'août, le 50' ilcgré de latitude boréale. Les observations faites à Juvisy ont constaté l'existence de i3 canaux, dont un double : le Jamuna (n« 15) dédoublé le 27 août. Le Gange, très large aussi, a résisté à tous les efforts faits pour le dédoubler. La duplicité du Jamuna a été confirmée par M. Cammell, à Wokingham (.Angleterre), et par M. Lowell, à FlagstatT, dans l'.Vrizona. L'espace compris entre les deux bras du ranul double était, comme d'habitude, faiblement estompé et de couleur rouge-brique sombre.- Enfin, l'aspect exceptionnellement large et estompé des canaux Euménides-Orcus, sur les dessins des 15 et 27 septembre, qui pouvait être attribué à une gémination probable de ces lignes, a trouvé son explication toute naturelle depuis la décou- verte si inattendue de ces lacs symétriques et équidistants qui parsèment les canaux en question sur toute leur étendue. Enfin, observation rare, le 10 octobre et les soirées suivantes, nous avons remarqué qu'un voile de nuages ou de brumes s'étendait sur toute la région à l'est de la mer du Sablier, oblitérant une partie de la mer Tyrrhénienne et toute la mer Cimmérienne. Déjà, le 27 septembre, nous avions eu une impression ana- logue pour une autre région, le golfe Aonius. M. Léon Guiot a pris aussi à l'Observatoire de Juvisy un certain nombre de dessins qui, en général, s'accordent avec les précédents. (') Les Aslronomisclie Xacliricliten du 2 août 1894 puljliaient les dépèches sui- vantes : 0 Nice. 30 juillet. — Projection lumineuse dans région australe du terrainateui' de Mars, observée par Javelle, 28 juillet, 16 heures. — Perroti.n. >> 0 Boston, 31 juillet. — Projection was discovered by Douglas, Lowell Observatory, Arizona, July 19, on several nights. — Pickerixg. » Le 31 aotit, l'Observatoire de Teramo envoyait une dépêche puljliée dans les termes suivants par les Astroitomische Nachrichtcn : » Weissgrùner Fleck am Nôrdlichen Rando von M.irs, Lange 30° — 40°. Nix borea deckt Wahrscheinlich Mare Acidalium. — Clullli. » F., IL 14 ?I0 LA PLANETK M A US. I89i Tel est l'ensemble des observations martiennes faites à Juvisy iiendanl l'opposition de 1894. Nous les compléterons par un extrait du procès- verbal do la séance do la Soci('té astronomique du 7 novembre 1894 : M. Flammarion fait une conférence-causerie sur les neiges polaires de cette planète, dans laquelle il discute d'aljord les témoignages île l'existence do l'eau, iiu du protoxyde d'hydrogène, sur ce monde voisin. Les récents travaux de l'Observatoire lack, au moyen île l'analyse spectrale, tendraient à établir qu'il n'existe pas d'eau sur cette planète. Les astronomes du Mont Ilamilton croient avoir démontré que le spectre de Mars est semblable à celui de la Lune et n'est qu'un reflet du spectre solaire. MM. Janssen, Huggins et 'Vogel se seraient-ils trompés? La question mérite une attention spéciale; mais l'étude des calottes polaires de Mars n'en devient qoe plus intéressante. I^epuis deux cents ans on les observe. Huygens en ITiTv', Maraldi en 1704 et \1\'J, Ilerscliel en 17S1 et 1783, Schrœter en 179.S et I80.S, Béer ^L'^'dler en 1830, et tous les observateurs suivants les ont signalées. Leur éclat saute aux yeux, pour ainsi dire. Elles se sont toujours comportées connue des neiges; et, chaque année martienne, on les voit grandir à l'époque de l'Iiiver, fondre pendant l'été, sous l'action de la chaleur solaire. Cette année encore, à l'Observatoire de .Tuvisy, on a suivi, avec le plus grand soin, la diminution gra- duelle de la calotte polaire australe, en même temps que l'on constatait l'étendue des neiges boréales, visibles au bord inférieur. On pourrait donc croire que ce sont vraimeni là des neiges identiques aux nôtres. Comment donc n'y aurait-il pas de vapeur d'eau'? L'atmosphère de Mars étant moins dense que celle de la Terre, puisque la pesanteur sur Mars = 0.37, les conditions sont tout autres, et l'eau qui forme ces neiges pourrait être d'une autre matière chimique. Cela peut n'être pas du protoxyde d'hydrogène. ()n sait i[ue, sur la Terre, la question des climats est due à la présence de la vapeur d'eau, qui conserve la chaleur comme le vitrage d'une serre, étant 16.000 fois plus effi- cace à ce point de vue que l'air sec. Mais l'eau n'est pas le seul corps qui jouisse de cette propriété. 11 en est de même des vapeurs d'éther sulfuriqne, fiuaniiiue, acétique, d'iodure d'étliyle, de chloroforme, de bisulfure de carbone, etc. Les neiges de Mars i)Ourraient être aussi des cristaux blancs d'acide carbonique qui s'évaporeraient ;\ une température très basse. Enfin il peut y avoir sur cette planète des corps inconnus ;\ la Terre. On voit que plus on avance dans cette étude, plus on y trouve de mystères. Quoi qu'il en suit, la calotte polaire, si diminuée soit-elle, est encore perceptible. Quelques observateurs ont cru dernièrement qu'elle avait entièrement disparu. Cela tient à ce ([ue le pôle du froid ne coïncide pas avec le pôle géographique. La calotte blanche a pu s'elTacer le long du bord du disque, de l'autre coté du pôle, mais elle a reparu depuis, grâce à la rotation du globe, par 30" de longitude et à environ .'><' J du pôle. Déjà, au commencement de septembre, elle semblait 0BSEKVAT0IH1-: 1)1-: PARIS. M. lilCiOUIl DAN. -211 avoir beaucoup iliniiiuié. parce que nous no la voyions alors qu'en raccourci, mais le 27 septembre elle est revenue de face et paraissait avoir subi une augmen- tation, uniquement due à la perspe-tive. CXCIV. — BifiOuiiD.AN. — Onsi:i\v.\TioNs f.vites a L'i)iiS[;nvATonii-: ok I'ahis ( '). I. « Latache [lolaireauslralede Mars, facileineiit visible jusqu'à ces derniers jours, vient de disparaître, écrit l'auteur, carie 13 octobre I8'.)4. [lar de 1res belles images, on en soupçonnait à peine les dernières traces, avec l'équa- torial de la tour de l'ouest de l'Observatoire de Paris. » Mesurée le 4 octobre, celte tache avait encore l".^ de diamètre, ce qui. sur la surface de Mars, répondait alors à SÛO""", et le 10 octobre il a été possible di' mesurer sans peine son angle de position. ' » Voici d'ailleurs les valeurs individuelles obtenues pour cet angle de position p, mises en parallèle avec la longitude aréographique w du centi-e de la planète, et de l'angle de position P de l'axe de rotation; ces deux der- niers éléments sont tirés des éphémérides de M. Marth. Temps inity. Palis. p. P. -t. Kcinarques. h [n o o i> I89i. Octobre !) 10.37 139,4 143.7 î'J3.u \m. médiocres. » !) 10. 3S 137,7 143,7 ■:!)3.3 1,1. U 10.4.S 138, y 143.7 293.4 U. .. y 10.47 1.3S.2 143.7 293.4 Id. » y lfl.49 139.6 143.7 :y3.i U. » y 10. .50 139,2 143.7 293.5 Id. .^, , .,, - „„ . „ / lui- médiocres; « 10 10.10 13S,4 143.7 2S4.3 . , .- .„- ., .,., - o,, , obs. coupées 0 10 10.17 137,7 143.7 2Si.3 , ' \ jiar les nu.ioje?. » La position de l'axe de rotation de la planète est assez bien connue pour que l'erreur de P soit très faible; la tache n'était donc pas exactement centrée sur l'axe de rotation de la planète, fait qui a déjà été observe. » ■ ■ ■ . IL « Dans une Note présentée à l'.Vcadémie dans la séance du 15 octobre der- nier, et insérée à la. page 633 de ce Volume, continue ^[. Bigourdan, j'ai (') Comptes rendus dus séances da l'Académiti dos Sciences, 1894, séances des 15 octobre et 12 novembre, p. 033 et 840. ' .. ; ...••■■■ 212 LA PLANÈTE MARS. ]89i signalé la disparition de la tache polaire australe de Mars, d'ailleurs sans donner aucune explication de l'invisibilité actuelle de cette tache. i> Abstraction faite des mesures qu'elle renferme, cette Note peut être ainsi résumée : 1) Le 'J et le 10 octobre ISlii, par des iningi'n médiocreii, cette tache l'taii encore un objet mesurable (et j'ajoute ici qu'elle était de beaucoup le détail le plus sail- lant de la surface de Mars), tandis que trois ou quatre jours après, le 13 octobre, et par des images ti-ès belles, on en soupçonnait à peine quelques traces, dont on ne pouvait pas même affirmer l'existence. » L'observation de cette disparition ayant donné lieu h quelques critiques ('), j'ajouterai ici des détails complémentaires sur l'observation du 13 octobre, avec la suite des observations faites depuis cette époque, aux moments où l'état de notre atmosphère donnait des images bonnes ou assez bonnes. Remarques Tache bien visilile. On voit de nombreux dé- tails sur la planète, mais nn ne peut apercevoir au- i.-une trace certaine de la tache polaire. Aucune trace de tache po- laire; on examine la pla- nète avec divers ocu- laires. Non seulement on n'aper- çoit pas de tache polaire, mais aucun détail n'est visible à la surface de la planète, quoique les ima- ges soient belles. A 6' 36°', on voit bien Syr- tis mayna, Ilammonis Cornri;\e sinus Snbunis tranche bien en sombre sur la teinte du continent voisin; mais on ne peut I apercevoir aucune trace ! de tache polaire australe. l)ans ce Tableau, lo, tiré des éphéniérides de M. Marth, désigne coumic précé- demment la longitude du méridien qui passe par le centre du disque de la planète (') Voir le Cbapitie suivant. . •■; ,'■•"... ...: '. . ', :-... • • Dates 1894. Temps moyen de Paris. W. a Images. Oct. 10 Il m 10.10 2W -106 Médiocres lit 10.17 281 —106 Id. 13 10.30 •202 — 128 Très l.iellei 13 11. 0 270 — 120 Id. 13 12.15 288 -102 la. 10 9.39 197 -1-107 Belles. 10 10.10 206 -1-176 Assez ondulantes 21 9.33 tio -t- 60 Très belles. ov. 1 8.1 ;i 63 -+ 33 Assez oiidul antes. 1 10. .s(; 102 H- 72 Belles. 1 11.1.^. 106 -+- 76 id. 6 6. .36 355 — 35 Assez belles. 6 7.59 15 - 14 Belles. 6 9. 3 29 - 1 Id. \^ : FLAMMARION. LA NKIGE l'OLAIKE AUSTRALE 1)L MARS. 2i:i au inomeut de robservation : et a est l'auglo de ce méridien central avec le iné- ridiou de la tache polaire australe, supposée placée par 30" de longitude aréogra- pliique. Les valeurs de x, comptées de — 180" à -+-180°, sont affectées du signe — quand le méridien de la tache n'a pas encore atteint le centre du disque, du signe -1- quand il l'a dépassé. La visibilité de la tache dépend de la valeur absolue de a, toutes les autres circonstances restant les mêmes; plus cette valeur absolue est petite, plus les conditions de visibilité de la tache sont favorables; mais rien n'autorise à dire que cette tache doive être invisible, même quand 2 atteint son maximum 180", car. alors, la tache est encore à plus de 10° en avant du bord extrême. Si nous revenons au Tableau précédent, on voit que, le 1.3 octobre, à lii'l'i'" et par de très belles images, la tache était invisible, tandis que, trois jours avant, la tache étant un peu moins favorablement placée sur le disque apparent de Mars, et les images étant médiocres, elle était non seulement visible mais mesurable. Les observations suivantes ont confirmé cette iuvisibiliti', notamment celles du 6 novembre à Q"":!"" faites par de belles images et au moment où la tache passait par le méridien central |a= — 1"). D'après ces observations, on voit que pour M. Bigourdan la neige polaire australe avait disparu entièrement à la date du 13 octobre. Cette conclusion me paraissant contestable, j'ai adressé les remarques suivantes à l'.Vcadé- mie des Sciences. CXCV. — Flamm.\rio.n. — La neige polahîe australe de Mars ('). T. Voici la Note que j'ai présentée à la séance du 5 novembre 189i : « La tache polaire australe de Mars a suivi la décroissance normale de sa fusion estivale sous l'action des rayons solaires, mais elle n'a pas entière- ment disparu. Le pôle du froid de l'hémisphère austral de ce monde voisin ne coïncide pas avec le pôle géographique, mais se trouve vers le 30" degré de longitude et vers 5°4 de distance polaire, c'est-à-dire à environ 330 kilo- mètres du pôle géographique. Cette région n'était pas en vue à la date du 13 octobre, car alors, à lOi^SÛ™ du soir, c'était le 263'= degré qui passait au méridien central de l'hémisphère martien tourné vers la Terre. L'inclinaison actuelle du pôle austral vers nous fait qu'en cette position la minuscule tache neigeuse, étant de l'autre côté du pôle, s'efface dans le bord de la planète. >. La région de la Baie du méridien au Lac du Soleil, au-dessus de laquelle (') Comptes rendus, lb94, t. II, p. 7S6, et IS'Jâ, t. II, p. 761. 2:14 LA PLANETE MARS. \ii9i la calotte polaire uoigease est toujours visiMe, extrêmement réduite, cai- elle approche de son minimum, est revenue de face et a pu être oljservée le 29 octobre dernier à rO]:)servatoire de Juvisy, aux premières heures de la soirée, ainsi que \r 'il oclolire et le 1"' novembre, par d'assez JKinnes conditions atm(ispbéri(]nes, surtout ;i cette dernière date. La fusion des neiges polaires ((juelle que soil d'ailleurs la nature de ces neiges, qui ne sont peut-être pas composées d'une eau chimiquement identique à l'eau tcri'estre) avait continué régulièrement. Elles sont actuellement en grande partie fondues et ne mesurent guère que 5° d'arc aérocentrique. J'ai l'hon- neur de prc'senter à l'Académie quelques-uns des dessins faits à l'Oli'^er- vatoire de .luvisy, qui mettent bien en évidence la diminution lente de ces neiges depuis la saison d'été de cet hémisphère de .Mars dont le solstice a eu lieu le 31 août dernier. » Cette Note était accompagnée des dessins des i et ,0 juillet, '2'.i, 28 et 2'.1 août, 15 septembre, 27 septembre et l''' novembre. • ■ ' II. .\ la séance du 25 novembre 1895, j'ai compléti'' la Note prect'denle enpré- seiiiaul à l'iVcademie un résumé des Observations de M. ISaruard reiiroduiles pbis baut, (]ui confii-meut celles de Juvisy sur la persistance de la neige pilaire au mois de novembre 1894 : à la dale du M novembi'c, la bii-geur de la calotte polaire surpassai! encore IdU kibmiétres. d'après les mesures pi'ises au grand ei|ualoiial de l'I Ibservatoire Lick. iin a \n, en ellét (p. 191 ), que la neige iiolain.' a persisté jusqu'au milieu ib' uoveinlire au moins. Dans ces observations si délicates, il convient de; n'être i>as trop affirma tif. C.\(JVL — Scur.Ai'.MiEi.i.i. — Qi;elques CH,\Nr,E.Nu;.\Ts ousEitvÉs (')• L'illustre Directeur de robservatoire de Milan e.xpose i]ue ses observa- lidiis (b' l'année LS'J/i n'oid ]ias l'té très iidUibreuses. (|ui' l'aspecl de la ]ilauete cdrresponilait assez avec celui ib' 1877 et aux dessins de (ireeu ,''i, Mailei-e. que les meis ont paru cepeudani nmius buicées (|u'en I.S77 el (jiie les canaux y elaient pins nombreux el niii'ux marqui's. (in ne les a ]ias vus doubles avec cerlil inb', malgi'e la lar.L^eiu- du Ciange. ilu La'-lrigiin. du Titan, de l'Kupbrate el du i'bison. ('\ Aslronuiiiisclie IVar.In-ichIcii, 3'.'71, 1.'> j:uivirr 1S9J. SCHI Al'AlîKLl.l. OIELQUI'S CHANGEMENTS OBSERVES. -M". La taclic polaire australe es! devenue invisible à la tin (rnctulire. (U y a un désaccord curieux et rare sur ce point entre les divers oltscrvateurs : le respect de la vérité nous oblii;!' à le mentionner). Le 10 dçlobre, iHant pourtant bien située pour l'observation, (die était déjà extrùnienient [jetile. Le -31 elle était presque invisible. Les 29, 30 et 31 on n'a i)u la distint^ui'r, ijuoique sur le méridien. Le 21 novi-uilirc il y avait là une réyion plus claire, mais qui n'idait i)robaldeuient pas la taclie polaire. (^Si la tacbe polaire a disparu le 2'.l octobre, ce serait 59 jours après le a. m... A' Fig. I7;i-I70. — Ch.TUgements olistrvcs sur Mars en |-;'.I4, par M. Scliiaii.irelli. solstice austral. En 1877, elle était encore visible 98 jours après ce solstice. En 1879, on la voyait encore 144 jours après. En 1892, elle existait encore 78jours après. Otte disparition de 1894 serait donc singulièrement précoce.) Une des formations les plus caractéristiques de la planète est l'istbuie ou péninsule, désignée sous le nom iVHrspcrii\ qui scqiare la mer Tyrrbé- 216 LA PLANÈTE MAUS. 189'i nionno do la mer Cimmérienne. Lors des observations précédentes de 1877 ;'i ]8!12. cet isthme s'était toujours présenté sous la forme, ou à peu près, de l'olle qui est dessinée fig. I. Cet isthme a même été observé par Bianchini, avec un télescope de Gampani, du 19 au 24 septembre 171!) ( ' ).0n le retrouve également sur la carte de M;edler en 1830. Or, le soir dit 10 octobre 1894, ;'i, 8'' 30". l'Hespériese présentait sons l'iispect entièrement anormal dessiné //(/. II. Le XantliLis descendait du golfe de Prométhée, large et enfumé; à la latituili' ili' 40", il se divisait eu trois liranclies, hi plus large, celle de droite, l'tant la mer Tyrrhenienne, la plus i-ourte. celle de gauche, allant rejoindre 1,1 mer Cimmérienne, et la branche du milieu descendant rejoindre la petite S) rte. C'est là un exemple r(.'mar(juable de rarialion certaine dans cette région de la planète. Ce changement a été observé d'autre part par M. LeoBrenner, le 0 octobre, à Lussinpiccolo. La, /?//. m, faite à la même échelle que les deux précédentes, représente l'aspect de la tache sombre désignée sous le nom de 3Ier des Sirènes. Elle a ét(' dessinée sous cette foi'me par Kaiser le 10 dècemlire 1864 et depuis par l'auteur un très grand nombre de fois. Le 8 octobre 1892, on remar- i[uait sur le coude de cette mer une solution de continuité, comme on le voit /ig. IV. Cependant il n'est pas douteux que, depuis le mois d'octobre 1892 jusqu'au mois d'octobre 189^, l'aspect normal de la./i'j. III soit revenu et ait été maintes l'ois observe, notamment par M. Holden à l'Observatoire Lick, le 3 oc- tobre 18U4. Or la séparation dont il s'agit a été revue à Milan par M. Schiaparelli, le 21 novembre 1894. et elle a été revue également par M. Brenner le 10 août et le 21 septembre. Ces faits ri d'autres analogues conduisent l'auteur à conclure que les vai'ialions anormales des configurations martiennes ne se succèdent pas par hasard et sans règle, et que les mêmes variations peuvent se produire avec un aspect identique après un long intervalle de temps. La forme et l'étendue de ces variations sont déterminées par quelque eb'meut stable ou au moins périodique. (•Xi'X'U. — LEO BuENNER. — Oi)SEnv.\TiONS iwiTES A l'Observ.^toire Manoh.\, A Lussinpiccolo (Istiue). M"" Manora a fondé, en 1894, dans l'île de Lussinpiccolo, en Istrie, en d'excclbuites conditions météorologiques, un observatoire principalement (') Voie t. I, p. •iG. OBSEKVATIONS DE M. LEO BRENNER. 217 consaci'u à rAstronumie [iliysique. M. Léo Brenner eu est le directeur, et l'observation assidue de la planète Mars a été, dès les premiers jours, l'objet chéri de ses études. C'est le climat de Nice et de Naples, et les observations y sont des plus agréables. L'équatorial de 7 pouces allemands, construit par lleinfelder et Hertel, de Munich, donne des images parfaites avec des oculaires de 4GÛ, 500 et davantage. Les études de Mars, faites du 6 août au 16 octobre, ont été adressées par l'auteur à la Société astronomique de France au journal scientifique English Mcchanic, aux Astronomische Nachrkhtcn. et publiées avec un grand nombre de dessins (' . En 189.'3, l'habile observateur a con- densé l'ensemble de ses croquis sur un même planisphère que nous repro- duisons plus loin \fig. 177;. Les détails nous paraissent un peu trop nets, un peu trop précis. L'œil de l'astronome, la manière d'observer, la méthode de dessin, l'instrument sont autant de facteurs augmentant assurément l'équation personnelle, sans compter le cerveau, qui n'est jamais une quantité négligeable. C'est précisément à cause de ces variétés que la comparaison des diverses obser- vations est absolument nécessaire. Voici quelques extraits des lettres qui nous ont été adressées par cet astronome. 28 août 1894. Je me fais un devoir de vous présenter un dessin d'aujourd'hui qui me parait intéressant, parce que j'ai vu une ile entre Koumasia et la tache polaire — une île qui ne se trouve pas sur les cartes de Schiaparehi, mais qui est peut-être identique avec le cercle marqué sur sa carte de 1882, par 120' et -—63". C'était une tache plus claire que la mer environnante. Argyre II et Thyle I apparurent au limbe; le Nodus Gordii était visible; le Lacus Phœuicis excessivement grand et de la forme d'une étoile rectangulaire; le Lacus Tithonius plus large que jamais; les canaux Nectar [le plus large parmi iousi, Ambrosia, Phasis, Aga- thodâimon, Araxes, Pyriphlegethou, Iris et Cerauuius étaient bien visibles. 9 septembre 1S94. Four vous donner une idée de la définition de notre équatorial, méaie quand l'air est médiocre, je vous adresse mes dessins montrant les canaux Cyclops, Laestrygon. Hades, Phlegethon, Herculis Cohunnœ. Siniois. Xantluis, Sca- (•) Voir notamment Astronomische Nachrichten, a" 3it>8, 27 dcc. 1S94, et n" 3288, 18 mars 1895. 218 LA PLANÈTE MARS. 1894 mander et Euripus ; mais, à mon étonnement. pas Atlantis! Il est vrai qu'il me :4: 353 0 w 153 -.cT 17] ISO ISO roo OT ,?:o 23C :«o :55 ra ;:o ?■« :« Z=3ï'ro32C3313«035O0 10 D.'O «SDK 70 100 TO .120 130 1« 153 ISO 173 180 ISO 200 ?10 ?Z0 ?33 240 Z50 ?fiO ?7D 280 ?90 Fi^. 177. — IManispliore de Mars, par M. Loo Bronner i t.u^sinjticcolo, I>lriL-> (' 1 Atûi -2 Or -..-1 t-.e :• Aï-Ï^o--. 25" Chr.^orTo^ ;• A^'Jbod^aoa 24 Clïirr.eni IrL«(,"a A* Al^beiis =5 Cunne-cm V.ue i' Aoirosi, ï6' Cvcîcps t' Ac3COlh:s *7" Doir.o. 7* ArUchï =S Eleeiiiî S' Anabis 29 EIvîiuî:, ^" Aoiïias Siats 30' Eosphorcs IO« Aroie^ 5'" Eaiûcnâltî Il Af^ïT: I :=• Eiiaofios i:* AwaarM 5i* Eaplirsie . Ij" ,\^Upii 34' Ec^t■ts 14 Aûinui 1 35" Fortana 15 AlUnUï n 36' (Jaag?-» 16 Aurx Oereo 37* OekcD 17 Ai;(o,-3î Sisas ss* C,g^ iS -Acioiiia S«p4îiiS- 39* Hk!» 10' Aiefctts ??'S'a 71' PhfliJs 51" tidts 7=" Phaon 52- Irj 75* PhiïgïtOT» 53* LapMnsoa 74 Phoenrcii Lac 54* U:h« 75' Katiii 55 l->fc'> 76» Pr^sf-h.-; 5:r. 56 Marciritirer Sôi:^ 77* PjTipiii^co.-) S 7 Mo«n* Lacd 78 Pyrrhae RegiJ SS« Ne.-Ur 79 Sabacu SiE,t- 59' Nîpîrfuliei So- 5can-.ird-r to* Ntlokeru Si- S«rapu 61" kiOilTîlâ Sa" Susui> 63« NJa. Sj- S:««i!M 6;; NoiiLi Co:i.> S4 Si»ent=i Mï-'c Su* St« S; S.r^i \'.. ■' SS <^^ V..w< s^- Ta;.ll.-Oï OO Ta: robiT-f ■Kl* Tir^-^ 92 Ihiumiii* Oî' ThoJ» 94* T.-ja <î; Ttiiccci ;i-=> 95 Ti:booiii î-i-rai 07* Tn»n aS Tn«ii=i Cbiior; IXJ» r,^h«,a 100 Ti-irheacia .\rirc loi* Xa&ih^ 10= Vjo:i.> S«£i» 10^' C»=i! 1 w!.r> 104 Kalbis^c^j Nia (' I Les noms marqués d'un * sont les canaux. ■2-10 LA PLANÈTE MARS. 1894 que je le voyais eu tle bonnes conditions. Inexplicable est aussi le détroit large et sombre partant de la petite 8yrte; est-ce le Léthé avec l'Mybkous? La tache au Nord-Ouest est probablement le Trivium Charoutis. Et encore plus inexpli- cable est la tache presque noire avec un allongement comme d'un canal au nord de l'Hespérie ('). L'auteur s'est occupé spécialement des variations de la neige polaire. Voici ses conclusions (-) : La tache polaire australe de Mars s'était montrée avec certitude le 12 octobre pour la dernière fois (grossissement 560) avant l'opposition. La longitude n'étant pas favorable, il fallut attendre le mois de novembre pour se convaincre si la neige était complètement fondue ou non. Le 3 novembre, il me sembla voir un point brillant là où la tache polaire devait être. Le lendemain on n'aperçut rien. Le 5 novembre, la tache fut invisible avec l'oculaire de 672, mais en employant l'oculaire de 830 je crus jiarfois revoir le point brillant. La même observation fut faite le leridemai)!. Les jours suivants, je ne jius distinguer la tache polaire, mais le 8 décembre il me sembla, avec l'oculaire 313, qu'il y avait un point brillant, tandis qu'avec les oculaires 480 et 600 je ne vis qu'une petite tache claire dans la mer. Ce devait être la neige polaire. Le 7 janvier j'aperçus encore vers le pôle une tache qui me donna l'impression de la neige; je fls la même observation les 12, 14 et 17 janvier. J'en fis part à M. Schiaparelli, en ajoutant que la neige n'avait pas le brillant de la tache po- laire d'autrefois, mais que son aspect évoquait plutôt l'idée d'une neige tombée sur des régions marécageuses. M. Schiaparelli me répondit (le 11 janvier): « Anch'io ho veduto due volte un bagliore bianco nel luogo del polo di Marte, e credo come lei che non sia la neve stabile consueta, ma qualche cosa di transi- torio, simile a quanto avviene spesso supra altre parti del lembo di Marte, e più spesso in certi luoghi vicini ai due poli. >■ Selon une communication ultérieure, le savant astronome de Milan vit la neige « moins brillante qu'auparavant » les 11 et 18 janvier. Le 27 janvier, j'écrivis dans mon journal « Mer polaire très claire. » Le 14 février, je crus revoir la neige polaire, mais, en employant les oculaires 560 et 830, je trouvai que la mer iiolaire était très claire, sans tache certaine. Cela correspond avec l'observation de M. Schiaparelli, qui écrivait le 16 février dans son journal : « Un po' di bianco pare vi sia in alto, molto dubbio pero. » Le 23 février, j'eus la conviction qu'il n'y avait plus de neige polaire. Le l"' mars, l'air étant bon, l'image excellente et la longitude favorable, je cherchai avec les oculaires 410 et 830 assidûment, et j'arrivai à la conclusion qu'il n'y avait cer- (') Ces dessins étant en couleur n'ont pu être reproduits ici par la photogravure. Sur ces variations de l'Hespérie on peut s'en rapporter d'ailleurs à ce ([ui a été dit plus haut par M. Schiaparelli. (') Bulletin de la Société astvonoiniqito de Fratice, 1895, p. IS'i, OBSERVATIONS DT- M. I.KO BRFNNl-ll. 221 taiuenicnt pas de neige polaire, car autrement j'aurais du la voir. Les 8. 9 et 14 mars, j'aperçus au polo une tache brillante qui me parut être la neige polaire; mais le 15. le 16. le 18, le 21 et le 23 mars, rien n'était plus visible. Le 31 mars, je trouvai, à ma grande surprise, que let, deux pôles étaient brillantti, et les ob- servations des jours suivants mirent hors de doute pour moi que la neige polaire australe s'était reformée et que la neige polaire boréale était en même temps très visible. Je crus d'abord que le point brillant au pôle austral n'était autre que Xovissiraa Thulc. mais, le 4 avril, je vis la tacho polaire australe ;'i coté de Novis- sima Thule; donc plus de doute sur ce point. Le 5, le (5, le 8, le 10. le 1 1 et le 12 avril, je revis toujours les deux taches polaires avec la plus grande facilite, et M°" .Manora fit la même constatation. Pendant ces jours-là, l'air était si transparent que nous pûmes distinguer non- seulement les côtes, mais aussi trois nouveaux canaux: Protonilus, Deutero- nilus et Boreosyrtis. (Avec ceux-ci, le nombre de canaux vus par moi pendant cette opposition s'élève à (17. ) Il faut remarquer que j'obtiens les meilleures images au moment où le Soleil se couche, avec la pleine ouverture de mon objectif et sans verres colorés. Les gros- sissements dont je me suis servi varièrent de 410 à 830 fois (le plus souvent, 180 1. Comme le diamètre apparent de la planète est réduit maintenant à j", M. le pro- fesseur Schiaparelli en concluait que <• le osservazioni che ella mi communica dimostrana sempro più l'excellenza del suo clima, del suo strumento. del suo occhio. » ^Lalheu^eusement, l'illustre astronome de Milan n'avait plus observé la planète et manqua, de cette façon, l'occasion de voir, avec moi, la réapparition définitive de la neige polaire australe. Je dis « définitive », parce qu'il n'y a plus de doute à cet égard; bien que le pôle austral se dérobât chaque jour davantage à nos regards, je pouvais voir l'agrandissement journalier de la tache polaire australe. D'abord celle-ci était la moins brillante, taudis que, depuis le ti avril, elle est déjà plus brillante que la tache polaire boréale. Comme ou le voit par ce rapport, la tache polaire australe, encore visible en novembre, décembre et janvier, n'a définitivement disparu qu'après le li fé- vrier, et a commencé à se reformer à la fin de mars. Le mérite de cette consta- tation revient à M. Schiaparelli, car c'est lui qui m'a engagé à continuer mes observations jusqu'à la réapparition définitive de la tache polaire australe: sans cela j'aurais cessé mes observations dès janvier. CXCVin. — \. St.^nlev Willi.ams. Observ.itions f.\ites A Brighton (.\ngleterre) {'). Nous résumerons, en les traduisant, ces observations fort intéressantes. Elles ont été commencées à la f3n d'août et continuées jusqu'au 1" novembre. Télescope Calver de 0°, 165 ; gr. 320. {') The Observatory, 1894, cet., nov. et déc. 232 LA PLANÈTE MA US. 18'Ji L'observateur remaniue que tout d'abord les canaux ont été admirable- ment visibles, beaucoup mieux qu'il ne s'y attendait. Le Gange a été vu douille, et pnibablement aussi le lac de la Lune en continuation du danse : Oronle-Tyjdionius étroit nuiis bien noir. Pbison soupçonné double en plusieurs nuits, Eunostos dédoublé les 9 et 11 septembre, non noir, mais gris: Cyclope dans le même cas, Cerbère parfaitement double également. .\insi, cinq canaux ont rte observés doubles presque exactement à la date du solslice d'été de l'hémispbére austral, ijui a eu lieu le ;il août. Le 1" septembre, l'auteur a été surpris de voir, au point oii les canaux Typhonius et Phison se croisent, une petite tacbe noii-e. C'est le lacSirbonis de M. Schiaparelli. Son degré de visibilité paraît varier beaucoup. Il ressemble à la Fontaine de Jeunesse. La Libye a paru blancbàlre cette année. M. Stanley Williams a observé 51 canaux, tons marqués, à l'exception de trois, sur les cartes de M. Schiaparelli. Le 7 octobre, le soupçon de la génération ilu l'iiison a été expliqué par l'i'xislence d'une faible ligne fine courant parallebunent à lui, vers le mi- lieu di' la distance entre ce canal et le rivage de la mer du Sablier. Le Phison lui-même est resté simple, comme une ligne noire parfaitement nette. L'Agathodiemon et l'Araxes ont été nettemi'ut dédoublés en septembre. 11 en a été de même de Chrysorrlioas, mais moins clairement. Un changement remarquable s'est produit dans l'aspect de r.Vmcnthés. En septcmlire, ilétaitétroit, indistinct, etapparemment simple. Le lioclobre, l'idisei-vation le montra très large, très noir et double. Et il a continué ensuite de se montrer ainsi (ce qui modifiait sensiblement l'aspect de cette jiartie de la planète) jus(iu'au commencement de novembre, où il disparut à peu près. La géminalion du Gange a été permanente. Un grand nombre de petits lacs ont été observés : le lac du Phénix, comuui vui petit cercle noir rappelant l'ombre des satellites de Jupiter, le lac Tithonius, le lac Mœris, le lac Triton. Le lac de la Lune a cause plus d'une perplexité, jusqu'à ce gu'on eût constaté, le 29 septembre, qu'il était double, à angle droit avec la direction de l'IIydraotes. ,,., Oliservation plus rare : de la brume ou des nuages ont couvert une partie de la région au nord de la mer Cimmérienne. Tandis que le Cyclope, le (berbère et l'Eunostos avaient été parfaitement visibles, le 14 elle 15 octobre, on ne put les retrouver. Toute la contrée présentait une teinte jaunâtre monotone. ..... OBSKUVATIONS 1)1-: M. STANl.KV W 1 1 1.1 A \IS. 22:î lien fut «ncore de nu-'ine Ifs deux jours suivants, l.c 19, oii revil la partie sud du Cyclope, mais assez indistinctement. Ce voile doit être attriliue à du hniuillard, de la brume ou des nuages qui, du reste, oblitéraient aussi une |iartic de la mer Cimmérienne. En conlirmalion de cette observation i-are et importante pour la météorologie martienne, M. Stanley Williams cit(^ les notations suivantes : " 10 octobre. Uu voile de nuages ou de brumes s'étend sur toute la région à l'est de !a mer ilu Sablier, masquant la partie orientale de la mer Tyrrhcnienin' et tonte la mer Cimme'rieune. » (Flammarion.) K La mer Cimmérienne est p;ile, comparée à la mer Tyrrhénienne, et l'Hespérii' est anormale. » iSchiaparelli.) " 12 octobre. La mer Cimmérienne, qui iHait très l'oacéc eu août, et moins en septembre, est maintenant la plus pâle de toutes les mers. Les canaux ilu couti- nent sont bien visibles. » (Brenxer. i « 16 octobre. La mer Cimmérienne n'est visible que le long de la cote de rilespérie; le reste est plus blanc que le continent, comme s'il était couvert de nuages. » iBnENNEn.) Celte obliti'ration nuageuse dura jusiju'au milieu de uovemln'e. 11 est ■ assez remarquable qu'elle ait coïncidé avec la variation di' l'ilesperic observée par M. Schiaparelli, qu'elle n'explique pas d'ailleurs. A propos de ces observations de détails sur Mars, nous reproduisons ici un dessin de M. Stanley \Mlliams du 7 octolire, et un autre, du même jour, de M. Léo Brenner, en Istrie. Ils m'ont été envoyés chacun séparément. \in\d bien deu.x dessins d'une indépendance absolue. Comitarous-les, et nous ne pourrons nous empêcher de reconnaître qu'ils se confirment mu- tuellement. En Istrie comme en Angleterre, les observateurs ont vu : La calotte polaire neigeuse; Au-dessous, Xovissima Thule; Au-dessous, à droite. Noachis, traversée par une large traînée sombre; A gauche, Hellas, traversée par lAlphée; La région de Deucalion ; Le Sinus Sabaîus et la baie du Méridien ; L'Ausonie ; La Japygie ; La mer du .Sablier ; Le lac >L'cris avec le Nepenthès; L'Hiddekel descendant de la baie du Méridien; Le Phison et l'Euphrate bifurquant du Sinus Sab;uus; " L'Oronte traversant le tout, de l'Est à l'Ouest; Etc., etc. • •■■•• 224 l A PLANÈTE MARS. 1894 11 y a des différences d'apprecialion. Ici un peu plus de détails, là un peu moins. Ni les yeux, ni b^s instrumenls. ni l.i manière de dessiner ne sont Fl^i. 178. — Mars, If 7 oclubre l«li. — Dessin de M. Stanley Williams, eQ Angleterre. Kig. 17ti. — Dessin l'ait le même jour, en Isiric, par M. I,eo Brenner. les mèiues. Mais on seul (iii'en Angleterre, comme en Auliiche, les deux astronomes avaient le iiH'me objet devant les yeux. Dira-t-on qu'ils avaient tous les deux aussi sous les yeux l'ouvrage la l'iancle Mars et les cartes de Schiapai-elli, et qu'ils ont cojde sans s'en douter. Mais non, car ce n'est pas identique. El puis, les observateurs se délient : ■ J. COMAS A UAHC.LI.OXF... 225 do toute influence de ce genre, la surface de Mars étant Ibrl varialile, et précisément nous venons de voir qu'à cette épo({ue M. Siliiaparelli a signalé lui-même de nouveaux changements. Ainsi donc, il convient de n'être pas trop sceptique. CXCIX. — Observations de M. J. Comas a Barcelone, (lettre de l'autecr). résumé. J'ai l'honneur de vous communiquer les principales observations que j'ai pu faire de la planète Mars. J'ai employé mou excellente lunette de lOS™™ de Bar- don avec un grossissement de 270 fois. Ma première observation est du 5 juin. De ce jour jusqu'au 8 juillet, la seule observation intéressante que j'aie pu faire est d'avoir constate que la calotte blanche australe a diminué très sensiblement jieudaiit ce temps; d'autre part, elle est devenue moins brillante et irrégulière. Je n'ai jamais pu voir avec sûreté aucune bordure foncée entourant la calotte neigeuse, et les bords de celle-ci n'ont pas toujours été bien définis. 8 juillet. — De 13'' 30'" ;\ li''4.j'°. Diamètre = U", 3. Bonne définition. On voit les mers des Sirènes et Cimmérienne assez foncées; sont visibles aussi l'Atlan- tide et Phaetontis; cette dernière terre est très pâle. Les bords de la Memnunia et de la Zephj'ria sont clairs. Les canaux Titan et Tartare sont difficiles à voir, mais certains; ils apparaissent comme deux ombres estompées. En bas, on voit faiblement Trivium Charontis. 5 aoiàt. — De l|i> à lî''. Diamètre = 14", 0. Mauvaise défuiition. Même face que le 8 juillet. Aucune observation nouvelle à ajouter, excepté en ce qui concerne les neiges polaires, qui ont diminué extraordiuairement de grandeur et sont maintenant très petites et assez brillantes. 31 août. — De 1Û''30'= à li''30">. Diamètre = n",2. Assez bonne définition. La grande Syrte est foncée, surtout vers sa pointe. La Libye est cendrée. L'IIellas est sombre et jaunâtre, sauf sa région boréale, qui est blanclie. Une faible bande claire relie l'Ausonia avec le bord boréal de l'Hellas. La région de Deucalion se termine en pointe aiguë; les bords de l'Aeria sont très blancs. Je ne vois pas de coloration rouge proprement dite dans tout le disque; le ton général des terres est jaune, légèrement teinté de rouge. Neiges polaires très petites et assez bril- lantes. Mars apparaît, à l'œil nu, moins rouge que d'habitude. 18 septembre. — De IC à 12''. Diamètre = 19". 7. Excellente définition. L'atten- tion est premièrement attirée par deux masses blanches : le Phaetontis et Icaria, séparées par les colonnes d'Hercule. Les bords austraux de ces terres sont faciles à bien observer, mais les boréaux sont difficiles à distinguer, moins blancs, et F., II. 15 226 LA PLANÈTE MARS. 1894 so (Idtachcnt sur un fond {mer des Sirènes) moins sombre. Cette mer est très claire. L'Electris apparaît comme une ile pointue, parfaitement séparée del'Eri- (lania parle Scamandre. Le Titan est visible en i)artie, et le Gig-as est très faible et très estompé; il eu est de morne de Sirénius. La région continentale comprise entre le Gigas et le Sirénius a une couleur rouge sombre très frappante, qui contraste vivement avec la coloration jaune très peu rougeàtre de ses environs. L'Atlaiitis ost invisilile. Los neiges polaires sont plus petites. Le lendemaiu, j'ai fait des observations identiques. 23 septembre. — De Oi'SO"' à l.'iMO'". Diamètre = 20", 4. Excellente définition. Le Gange est bien visible; le lac de la Lune apparaît comme une tache ronde estompée. Le lac du .Soleil, assez foncé, est allongé dans lo sons d'un parallèle aréograpliique. Le ton général de la Thaumasia est assez somliro; le Nectar se distingue facilement. On voit ce canal dans la position primitive, c'est-à-dire comme il se montrait toujours avant 1890, année dans laquelle M. Schiaparelli le vit pour la première fois suivant une direction toute différente. L'aspect ([u'oH're cette région de la Thaumasia me rappelle les dessins do M. Lockyer faits pendant l'opposition de 1862 et publiés dans votre ouvrage la Planète Mars. Los lacs Tithouius et du Phénix sont très facilement visibles. Le Tithonius est très grand, mais faillie: eolui du Phénix est plus jietit, mais ])lus foncé. Ce lac se présente conmie uuo tache ronde presque aussi foncée que le lac du Soleil, mais la coloration du lac du Phénix est rougeàtre et celle du Soleil bleuâtre. Lu lac du Phénix sort une bande grise, probablement l'Euménides, qui .Tri-ive à une grande masse somlire {Xadus Gordii. Gigas). La partie boréale de la Thaumasia, le lac du Phénix, l'Euménides et la masse sombre du Nodus Gordii ot du Gigas sont plus rougeàtres que le reste des terres. On voit à la place du Sirénius une ombre extrêmement faible. L'Araxe est sûr. mais très dif- ficile à bien voir; l'Icaria, sombre; le Phase, difficile. Près du bord, on voit bien les Colonnes d'Hercule; le Phaetontis. clair; la mer des Sirènes, très foncée. Les bords du Tharsis ol d'i )phir, clairs. A gauche on voit Ogygis Regio, blanche; une trace de la Région de P\ rrha. puis une petite ile blanche d'observation dif- ficile, Argj-re H, laquelle, quand elle fut arrivée près du terminateur, vers Li"", se détachait comme un point brillant. Neiges polaires environnées d'une ombre faible. -, ■Vers 13'' et jusqu'à la lin de l'observation, les neiges polaires sont bien plus petites qu'au commencement. Variation due sûrement à la rotation de la planète. Vers Pi*", j'ai observé .Jupiter; puis je suis retourné à l'observation de Mars, à 14''20"', poiH- reviser la n'gioii dessinée le 18 septembre, ,/e )i'cn croyais jias mes ijcux, tant étaient grandes les variations subies par cette j>artie de la planète! .l'avais observé des variations notables dans ces mêmes régions en 18',i;', mais jamais i\ un tel degré. La iikm- dos Sirènes, alors si olairo, est aujourd'hui très foncée (je n'avais vu jamais cette mer si sombre i; le golfe du Titan se termine en une pointe très foncée et aiguë; les bords de la Memnonia et de la Zéphyria, J. COMAS A RAHr.I-l.ONt:. 2Î7 qui étaient très sombres, sont maintenant iros clairs. On ne voit trace du Titan, du Gigas et du Sirénius; la couleur roufre intense qu'avait alors la région comjjrise par ces deux derniers canaux a disparu. Les îles et terres des nier.s australes ont change complètement de forme, couleur et éclat : elles ont fait place à une sorte de tache jaune rougeâtre et à des ombres compliquées impos- sibles à bien démêler. On ne peut invoquer ici aucune différence daijpréciation, puisque les observations ont été faites dans les mêmes conditions. 20, -IC) et 27 septembre. — Diamètre = 20" .7. Très bonne définition. Le Gange est très visible, très large, et son embouchure assez foncée. Le lac de la Lune appa- raît comme une ombre estompée; quand l'image est parfaite, dans son centre on voit un noyau très foncé. L'Indus. l'Agathodœmon et le Nectar sont très faciles. Des ombres plus ou moins vagues marquent la place du Clirvsorrhoas. Lacus Xiliacus et Nilokéras, ces deux derniers près du bord de la planète. Les rivages des continents sont clairs. Le golfe de r.\urore est assez foncé; la région de Pyrrha, faible. En haut, on voit blanchir Argyre et Ogygis Regio. Les neiges polaires sont très petites et sans bordure foncée; tangentes au bord. 2 et 6 octobre. ^ Diamètre = 21", 4. Définition excellente, par moments tout à fait idéale. La région de Deucalion est orangée comme les continents; son bord boréal est plus clair que l'austral. On voit bien Ilellas, blanche, près du bord; Noachis et Argyre sont blanchâtres; laonis Regio est rouge sombre quand elle passe par le méridien central; près du bord, elle est plus claire. La baie du Méridien est relativement peu foncée; par moments, j'ai pu la voir fourchue et se prolongeant vaguement par l'Hiddekel et le Gehon, ce dernier dans une très petite extension. L'embouchure do l'Euphrate est très foncée ; on voit bien ce canal jusqu'au Typhonius, mais, plus en bas, il est très faible et estompi-. La baie du Typhonius est bien visible, de même que ce canal et l'Oronte; mais dans sa partie plus interne ils sont faibles, larges et estompés (cette sorte de rende- ment est peut-être un etfet du lac Sirbonis'?). L'embouchure de l'Oronte, dans le fond de la baie du Méridien, est très nette, foncée et étroite. L'Indus n'est pas très foncé, mais il est facilement visible. 7 et 9 octobre. — Diamètre = 21", G en moyenne. Très bonnes images iroir le dessin du 7 octobre). La Grande Syrte plus foncée vers sa pointe; l'Ausonia est estompée et peu claire. L'IIellas, orangée; sa partie boréale est plus claire; sa forme est, en quelque sorte, polygonale. laonis Regio, rougeâtre foncée; Deuca- lionis Regio, aussi rougeâtre, même près du bord oriental. La Petite Syrte est assez foncée; dans une certaine extension on voit le Léthé estompé. Le lac Mœris et le Népenthès sont très difficiles à distinguer. La Libye est sombre. On voit bien le Typhonius et la partie supérieure de l'Euphrate. La baie du Typhonius est très prononcée; les rivages de l'Aéria sont clairs. En haut, on voit la Chersonèse, blanche, toucher avec sa pointe, près du bord, la cote au-strale 328 1-A PLANÈTE MARS. 1894 do l'ilellas; à droite apparaît faiblement une tache blanchâtre (Novissima Thyle?). Les neiges polaires sont segmentées par le liord de la planète. Ces neiges polaires, qui. avec toute évidence, sont excentriques au pôle, se trouvent, il me semble, vers iO" de longitude aréographique. J'appellerai l'attention ici sur des variations qui certainement s'accomplissent dins le bord oriental (droit) de la Grande Syrte et qui, je crois, n'ont pas été Fig. 180. — iJessiu de M. J. Comas, a Barcelone. 7 octobre àO'IS". signalées. J'ai pu constater avec toute sûreté que, actuellement, les côtes occi- dentales de l'Aéria offrent la forme représentée dans mon dessin du 7 octobre, c'est-à-dire qu'elles ofïrent deux fortes proéminences (une d'elles est la Corne d'Ammon) laissant entre elles un golfe profond (baie du Typhonius). Cette forme, on la trouve bien représentée dans les dessins de Secchi faits en 1858 et 18G2, et aussi dans ceux de Dawes faits en 18(14. (ireen, dans ses beaux dessins de 1877, montre une forme à peu près semblable, et j'ajouterai que, dans un dessin fait par moi le 23 mai 1890, je trouve dans ces côtes de l'Aéria le même aspect que j'ai observe' récemment. Mais, chose étonnante, dans la majorité des dessins on voit ces côtes tracées en ligne droite, ou tout au plus formant une légère inflexion. On ne peut admettre qu'un grand nombre d'observateurs, M. Schiaparelli inclusivement, aient mal vu pendant d'innombrables fois une des lignes les plus faciles et les plus importantes de la planète. Je crois donc que les côtes occidentales de l'Aéria ont subi d'importants cliangements. 11 octobre. — Diamètre = "21", 7. De 0''ir)'" à 11'' 15™. Bonne définition. Aussi- tôt que j'ai appliiiué l'œil à la lunette, j'ai vu avec surprise une tache très foncée, presque noire, dans une latitude élevée. C'était le golfe de Prométhée, à l'em- bouchure australe du .Xanthus. Jamais je n'avais vu une tache aussi foncée sur le disque de .Mars. Llle se termine eu pointe effilée dans le canal, en dessinant .1. COMAS \ H VUC.Hl.ONK. 229 nettement les côtes de l'Aiisonia et do l'Eridania. On voyait facilement le Xantlius: à droite de ce canal ('tait visible une t;ninde nwsse claire, divisée en trois parties : la région australe de l'Ausouia; rHellas, pai i'aitemeut séparée de l'Ausonia par l'Euripe, et, ;\ la partie supérieure, une ile allongée. L'Hellas et l'Ausonia étaient orangées; l'île, blanchâtre. Cette île n'est pas représentée dans les cartes do Mars. C'est peut-ctre une masse de nuages (')'' Le disque était, en général, très pauvre de détails. I/lIespérie était, néan- moins, bien visible; la mer Cimmérienne, très faible. Neiges polaires très peu brillantes; toujours sans bordure foncée. Le lendemain, j'ai pu proflter des éclaircies pour observer le golfe de r'romé- thée. L'image était meilleure que le 11. On voyait les côtes australes de l'Eri- dania bordées par une étroite bande assez foncée, mais le golfe de Prométhée était retourné à son état normal ou à peu près. L'île signalée hier au sud de l'Hel- lade est remplacée aujuurilhui par uue masse plus grande, moins claire et diffuse. 13 octobre. — De '.i''!.")"' à 11'', 30"'. Dianiètro = 21", 7. Image absolument par- faite. Le golfe de Prométhée est de nouveau très foncé, mais seulement à la Fig. Isl. — Dessin de M. J. Coiii.-is. a Barcel.jue. 13 oetoin-e à 9'' 31". pointe. Grands changements dans ces régions méritlionali'S. L'examen du dessin d'aujourd'hui m'évitera de longues descriptions. Ces taehos blanches d'aspect bizarre qu'on voit dans l'hémisphère austral sont sûrement des masses nuageuses qui couvrent une partie de l'Ausonia, l'Electris et l'Eridania. Les bords de ces taches sont très foncés, surtout les austraux. A gaucho on voit le Scamandre; le Xanthus est invisible. .Je n'ai lUi apercevoir la moindre tache polaire pendant mon observation. (') Nous avons fait la même observation à Juvisy, le lu oci'ibre et les soirées sui- vantes. Voir plus haut. [•. îiij. 230 LA PLANÈTE MARS. 1894 Près du pule étaient visibles seulement quelques petites taches blanchâtres, probablement les iles de Thulé ou bien de légers nuages. La mer Chronium est assez foncée, de même que la uier Tyrrhénienne; ia mer Cimmérienne est plus pâle, mais plus foncée qu'hier. .\ droite, la Grande Syrte; on distingue le lac Mœris et le Népenthès. Vers H'' étaient visibles Œnotria etJapygia. La Libye est foncée et aussi l'Hespérie quand elles passent vers le méridien cen- tral; mais, près du bord, elles sont plus brillantes, surtout l'Hespérie. La partie supérieure du Léthé est très visible; elle est large et estompée. A l'intersection du Léthé et du Triton il y a une tache foncée et diffuse. En bas on voit des ombres vagues, la plus forte produite sûrement par l'Hephîestus. On voit qu'entre des mains habiles et expérimentées, pour un observa- teur méthodique et attentif, un instrument de lUS'"" peut donner d'excel- h^nts résultats. Les nuages des 11, 12 et 13 octobre sont confirmés par nos observations et par celles de M. Stanley Williams; le lac du Phénix, si petit ('), a été remarqué également à l'Observatoire de la Société .\slro- nomi([ue de France par MM. Quénisset et Jarson (voir plus loinl ; le lac Mieris el le Népenthès ont été vus le 13 octobre. Les variations de la transparence atmosphérique terrestre n'expliquent rien du tout. 11 est vrai- lupiit singulier que l'on aperçoive, en de petits instruments, des détails qui passent parfois inaperçus dans les grands. Les contrastes de tons sont certainement très variables dans la géogra- phie martienne. Les yeux sont diversement affectés. Comparons le dessin du 7 octobre avec les fiy. 178 el 179 prises le même jour : sur la rive droite de la mer du Sablier, M. Stanley \\'illiaius n'a vu aucune boursouflure; M. Brenner en a dessiné une légère, et M. Comas une très birle. Sont-ce vraiment là des variations 'r* ce. — OnsERv.\TiONS DE M.\ns, faites ex mai et .lUiN 1S94, AU GRAND TÉLESCOPE DE MELBOURNE ('-). Ce colossal inslrument ! I'",'i0 de diamètre^ arme d'un grossissement de 280, n'a vraiment rien donné de remarquable. M. Ellery, directeur de l'Observatoire de Melbouriu;, a publié cinq dcs- (') Le petit lac du Phénix se montre également très noir sur deu.x dessins des 15 et 17 août I8'.)2 do M. Campbell à l'Observatoire Lick (Pulilicaliuns of the Astr. Society iif I\icijir, IsO'i, p. !G9). Voir aussi plus liaut, p. IS et 73. (■') Tlie Ashiiiiuinical JuitriKil. IS'J.'i, p. -'û.] OBSKUVATOIIU-: DK MI-LBOURM-. Î31 sins, faits par M. Pietro Baracclii. Ils sont tous très vagues. Nous l'cprodui- sons les deux sur lescjucls ou distingue quel(|ue chose, ceux du "29 mai, à 5''50°' du uiatin (hcun' de Mi-lbournel, et du .'id mai, à 0'' 15'". La phase est très pronoucèe. La planète était alors très éloignée cl très petite. Ce sont, du reste, les premières observations (luel'cui ait failes cette année-là. i'J mai, â i".'.ll"' matiu. Loû;;. = 87». M a. ai, à u'' l^j" maliu. Loni». = 83°. Fig. IS'^-ISî. — Vues de Mars prises .tu srand télesi-.iipe île l'ObscrvaKiire de Melliourne par M. Baracchi. La calotte polaire australe est très étendue. Sur le second dessin, elle semble avoir une double bordure. Ces observations ne sont pas faites pour prouver la supériorité des grands instruments. Toutefois, elles montrent deux aspects importants : 1° la neige polaire est toujours bordée d'une zone foncée; "2" le termina leur, du côti' de la phase, est moins lumineux (jue le bord opposé. CCL A.-E. DouGL.\ss. — Nuages sur >LiKs i'). Nous avons déjà signalé plus d'une fois dans cet Ouvrage les observations faites sur des projections brillantes apparues au bord du terminateur de la planète. M. Douglass est revenu sur ce sujet à propos d'observations nouvelles. Les Î5 et "26 novembre 1S94, on a observé une tache brillante sur la partie non illuminée du globe de Mars, qui ne paraît pas avoir d'autre explication que la [') A cloud-like spot on tlie terminator of Marx ^Tlte astrophy.sical Journal, 1895, t. 1. p. 127). 232 LA PLANÈTE MARS, 18'.14 présence d'un grand nuage. Sa liante ('dévation et les singulières fluctuations qui se sont présentées le second soir lui donnent une certaine importance pour la connaissance de la météorologie martienne. Il était 1 ()'' .'i.i"', en temps de Greenwicli, lorsque M. Douglass l'aperçut, et il brilla jusqu'à 17''i;"' a|ircs s'être étendu dans une direction parallèle au termina- teur. 11 offrait l'aspect d'une bande de 225 kilomètres de longueur sur 64 kilomètres de largeur vers le milieu, et était séparé du terminateur par un intervalle d'en- viron 1(10 kilomètres. Sa coloration était jaunâtre, comme celle du limbe, mais il était moins éclatant que le centre du disque, quoique plus brillant que le termi- nateur adjacent, à peu près de l'intensité des aires lumineuses situées à 9° du terminateur. A lC''."i'i>", M. l'ickering l'observa de son côté. '• Il disparut à 17 ''G'" et ne reparut plus. Ce n'était pas un sommet de montagne, car une montagne située au delà du cercle du lever du Soleil doit ou décroître constamment en hauteur ou se réunir assez vite à la région illuminée. Ce phénomène s'est présenté au-dessus de la contrée australe de l'ile Regio Protei de Schiaparelli, que M. Douglass croit placée 5° trop au sud. Le lendemain 2(1 novembre, le nuage reparut à ITtlO"', à 'J" plus au nord. Au lieu de rester constamment visible, il disparut et reparut à des intervalles irré- guliers. Ou l'observa d'abord pendant 16 minutes. Il devint invisible pendant 4 minutes, reparut un instant, disparut pendant 6 minutes et fut encore revu pendant 2 minutes. On nota ensuite 3 minutes d'iuN isibilité, 2 minutes de visibi- lité, 3 minutes d'obscur,! minute de présence, et une disparition fuiale 8 minutes plus tard, à IS""!"'. On crut encore le revoir à I8''ll"'. l'Jtait-ce bien un nuage'? Le 27 novembre, on le rechercha sans pouvoir en découvrir aucune trace. Les mesures micrométriques indiquent 32 kilomètres pour la hauteur de cet objet au-dessus du sol, si c'était un nuage éclairé par le soleil. S'il s'agit là d'un nuage visible ces deux jours de suite, il se serait mû vers le nord au taux de 21 kilomètres à l'heure. Observatoire Lowell, 10 ilécemhre lSt)4. CCII. — U.-K. Ca.MMELL. — ll.^PPOIlT DE LA SECTION AUÉOfillAPHIQLE nu I.A HUITISH ASTRONOMICAL ASSOCIATION. Ce, Mémoire contient le résultat des observations faites par JIM. E. .-Vnto- niadi. .1. llaikie, G.-L. lirnwii, li.-E. Canmiell, .V. riollam, G. -T. Davis, II. Milis, \. Ilcndersoii, l'.-\l. Krinpllninn', li.-AW MaundiM', .l.-W. Meares, Arthur Mee, Capitaine Noble. I)'' l'atlerson, tl. Hoiierls, 1!. Saul, D"' Smart, W.-C. Siewarl, ('..A. Taylor, W.-li. Wangli, Slanley A\illianis el .I.-T. Wood. BRllISIl ASTRONOMIC.AL ASSOCIATION. 233 La comparaison des divers dessins oliteniis par ces observateurs fait ressortir la grande exactitude des cartes de M. Schiaparelli. Il y a eu, cependant, plusieurs changements remarquables. Ainsi, la Petite Syrto s'est montrée d'une évi- dence extraordinaire, grâce surtout à l'intensité du canal Anienthès. D'après M. Stanley Williams, ce canal était double, à géniination dite anomale, les deux traits ne s'étanl pas montrés parallèles, mais bien convergents dans'Ia direction du \ord. Toutefois, le dessin qu'on a ilnnné M. \\'illi;uus (/)'{/. 184) nous parait Fig. 1S4. — Gemiiiatiun irrégulicre du canal .\iuentliés ea oclobre IS'Jl, d'après M. Stanley Williams. fortement exagérer l'intensité de l'iVmenthès, qui, certes, quoique considérable (nous avons observé en ce moment-là cette région de la planète avec M. Trou- velot dans des conditions très avantageuses), était loin de dépasser en noirceur la Grande Syrte elle-même. A la présentation suivante de la Petite Syrte, en novembre, r.Vmentbès était retombé dans sa pâleur babituelle. tout en conservant encore des traces de Fig. IS5. — Gémination dujlac de la Lune le 5 novembre ISOi. Dessin de M. Stanlev Williams. dédoublement. « En considérant la cause probable de changements aussi extra- ordinaires, écrit M. Williams, il est important de considérer qu'en octobre, au moment des modifications, toute la région à l'est de la Petite Syrte était évi- demment plus ou moins obscurcie par des nuages. Et, ainsi que l'a fait remar- quer M. Maunder, la présence de nuages peut facilement amener des change- ments ajijjarents, par la seule modification des contrastes, tandis qu'en novembre, au moment de la disparition des nuages de cette partie de la planète, la région 234 LA PLANETE MARS. 1894 avûisinant la Petite Syrte avait aussi repris en grande mesure son aspect habi- tuel. » M. Williams décrit ensuite le dédoublement du Gange, de l'IIydraotes et du Chrysorrhoas. Ou sait que ces trois canaux aboutissent au lac de la Lune ; or, eu égard à cette triple gémination, il était intéressant de constater quel serait l'aspect de ce dernier. Bien que le Gange fût de beaucoup le plus intense de ces trois lignes, le lac de la Lune était double suivant la direction de l'Hydraotes- Nilus, ainsi qu'on le voit sur la figure 185. Les canaux Agathoda-mon, Araxe, Cyclops et Cerbère, Eumenides-Orcus, Eunostos, Gehon et Titan ont été aussi vus doublés par M. Stanley Williams pendant cette opposition. M. Ilenderson a cru constater des changements rapides dans l'aspect du lac du Soleil, changements dont la réalité, cependant, est loin d'être établie. Une modification plus sûre a été signalée par M. Antoniadi dans le golfe Aonius {voir p. 208), terre en forme d'éventail. De même, la Péninsule, autrefois si belle, r.Vurea Ghersonesus avait presque disparu dans les sombres plages du golfe de l'Aurore. Un grand nombre d'observateurs attirent l'attention sur la pâleur de la mer Cimmérienne en octobre 1891. Nous avons déjà fait allusion à ce phéno- mène. Enfin, les membres de la Commission ont observé, en 1894, les .jl canaux suivants : ^Ethiops, Agathodœmon, Alphée, Ambrosia, Amenthès, Anubis, Araxe, Astaboras, Astapus, Astusapes, Cerbère, Chrysorrhoas, Cyclops, Dar- danus, Deuteronilus, Eosphoros, Eumenides, Eunostos, Euphrate, Euripe, Fortunœ, Gange, Gehon, Gigas, Herculis-Columnaj, Hiddekel, Hydaspes, Ilydraotes, Inilus, Iris, Jamuna, Lethes, Lœstrygon, Nectar, Nepenthes, Orcus, Uronte, Oxus, (^enée, Phase, Phison, Phlegethou, Pyriphlegethon, Sirenius, Tartare, Thoth, Titan, Triton, Typhon, Uranius et Xanthus. M. Waugh a remarqué que l'embouchure du Typhouius sur la Grande Syrte était très marquée, et le même fait est signalé par M. Wood. Le phénomène des terres qui blanchissent avec l'obliquité des rayons solaires a été vu admirablement par plusieurs membres de la Commission. Les terres de Noachis, Argyre I et Ilellas ont été particulièrement remarquables à cet égard. M. Waugh a observé plusieurs taches blanches sur la surface de Mars : 1" vers l'extrémité suivante d'.\rgyre; 2° vers les confins septentrionaux de Chryse; 3° deux taches brillantes observées vers 65° et 50° de latitude sud dans la soirée (lu \" janvier 1895; et 4° une tache blanche située vers l'extrémité suivante de Thyle I. D'autre part, M. Henderson a cru revoir la Neige atlantique de M. Schiaparelli {voir 'Vol. I, p. 306, 329, 332 et 441), le 4 septembre 1894. Le même observateur a constaté que parfois des taches blanchâtres voilent les détails de la surface de la planète. La calotte polaire australe a fondu régulièrement depuis le commencement des liUniSll ASTIUINDMIC.AI. ASSOCIATION. ?35 observations jusqu'en novembre. Elle na plus étt'> visible, à partir d'octobre, que dans des cirooni^tatioes exceptionnelles. A. -27 s<'ptembre. I.oni:. =:j7Lars ('). L'auteur commence par rappeler qu'il y a dix-sept ans nos connaissances aréographiques semblaient être dans un état des plus satisfaisants, car, avec ses glaces polaires, ses mers et ses nuages. Mars nous olfrait l'aspect d'une miniature de la Terre. Cependant, cette quiétude a été complètement dérangée par^la découverte des canaux, faite par M. Schiaparelli en 1877. Les résultats de l'astronome italien ont d'abord été révoqués en doute ; mais, depuis cette époque, ils ont reçu des confirmations si solides qu'un ne saurait aujourd'hui nier le fait que ilars olfre bien l'aspect sous lequel il a été représenté par l'observateur de Milan. Néanmoins, l'évidence positive n'a pas démoli l'évidence négative, de sorte qu'elles se maintiennent toujours toutes deux. On poiu-rait donc dresser contre la réalité objective des canaux le réquisitoire suivant : 1" Leur extrême étroitesse, qui approche les limites de la visibiUté théorique, même lorsque Mars est à sa distance miiiiinuin de la Terre, .\insi, certains canaux ne mesurent pas plus de U", 04 ou 0",Û.j de largeur; i" La distance ne semble pas nuire à la visibilité des lignes. En 1S77, l'Indus a été vu le mieux lorsque la planète ne sous-tendait plus que 5", 7 de diamètre; 3° L'immense différence entre les descriptions des divers observateurs. Lorsque, eu 1890, M. Schiaparelli voyait des canaux de Û", Oi, -MM. Ilokleu et Keeler apercevaient ces lignes comme si elles étaient larges et dill'uses. Il ne saurait donc exister de comparaison entre ces deux représentations de formes qui devraient être les mêmes ; 4» La grandeur et la soudaineté des changements remarqués dans le systène de canaux et leurs géminations; 5" Dans le voisinage du bord du disque, on a une tendance à représenter les canaux trop droits ; (') Knowledge, novembre 1894; Résumé. 23S I A PLANÈTE MARS. ^894 (i» Enfin, on pourrait ajouter que. lorsque les canaux étaient très visibles pour certains observateurs, la planète n'offrait rien de particulier à d'autres astronomes. Ces divergences sont imputables, en partie, aux (litïi'rences de calme et de transparence atmosphérique, à la puissance des inslrumonts et à la vue des observateurs. En 18'.i'^. par exemple, la mer Erythrée paraissait dépourvue de di'tails avec de faibles instruments, et parsemée de tons et demi-tons, lorsque les conditions optiques étaient bonnes. « Ainsi, dans l'Ouvrage sur Mars de Flammarion, on trouve une série de représentations du détroit Herschel II. En premier lieu, par ordre de date, viennent les dessins do Béer et Mrcdler de 18.30. où nous voyons le détroit {fig. 1), non pas comme un détroit, mais comme un chenal en forme de serpent et se terminant par une tache ronde sombre. En 18Ci-2, Lockyer, ( /a Planète Mari, p. l.'i.j) dessine la tacln» terminus comme un rectangle. Pendant cotte même année. Kaiser donne au bord septentrional de cette tache rectangulaire un aspect estompé, comme s'il soupçonnait la présence des deux « estuaires » {ibid., p. 174). En 18fi4 (premier dessin de la ftg. 2), Dawes résout cette tache en la baie aujourd'hui bien connue sous le ntim de Fo)irchue ou Baie du Méri- dien. En 1879, Schiaparelli (Flammarion, Mars, p. 33G) retrouve les canaux dirigés vers les doux liras de la baie Fourchue. » Ce sont ijicn là des différences dues à l'amiMidration de la vision. Ces intéres- santes comparaisons ont amené ,M. Maunder à expérimenter sur la visibilité de lignes très fines et de petites taches circulaires. Il a ainsi trouvé, pour sa vue, iiue la limite de vision dune tache ronile était de 30" à SG" d'ai'c. Une tache de 20" était invisible ; une de 'lO", distincte. Mais, ce qui est très intéressant, c'est que la limite pour une ligne droite était aussi basse que 7" ou 8", 12" étant facile. De plus, une paire de lignes, dont chacune n'avait que 4", et dont la dis- tance séparatrice n'était tpie de 20", était visible conmie une faible ligne simple; deux lignes, môme de 3", se rencontrant sous un angle très aigu, étaient visibles après que leur séparation eut été diminuée au-dessous de 25". Dans chaque cas, l'objet était incontestablement distingué et paraissait comme une ligne ou un point; il n'était, certes, pas défini, de façon à monti'er réellement sa véri- talile forme. D'autre |)arl, un chapelet, com])iisc'' de points de 20" chacun. disjKjsés irré- gulièrement le bing d'une droite, la distance moyenne entre deux jioints étant trois fois supérieure an diamètre de l'un d eux, le chapelet, disons-nous, a été facilement vu comme une ligne droite continue, tandis qu'un double chapelet de points plus petits, chacun do 4" de diamètre, et les chapelets étant distants de 40", a été aperçu comme une faible ligne continue. Ces expériences paraissent i"! M. .Mainider avoir une apjdicatiou directe aux changements observés sur Mars. « Si ce que nuus vuyons, dit-il, nost pas la structure réelle détaillée de la MAINDKK. lldl.T. — LKS CANAl'X. 239 surface de la planète; si, surtout clans la rdiiion des demi-tons, nous avons un mélange de petites surfaces sombres et claires (eaux et terres, forets et rochers arides, prairies ou déserts de sable), il est facile do voir comment d'immenses changements peuvent se produire dans un intervalle do temps très court. Ce que nous voyons est une tache grisâtre, en contraste avec des taches sombres un peu plus foncées qu'elle-même, et avec des taches claires un peu plus claires. Ce qu'il faut à l'observateur n'est donc pas tellement l'acuité de vue pour per- cevoir des détails délicats que la faculté d'apprécier de faibles différences de tons. Et la formation ou la dissipation de légers cirrus au-dessus d'un demi-ton de ce genre le rendrait semblable aux « cdutinents » ou aux « mers <>, suivant le cas. » M. Maunder pense avec raison que ses expériences jettent une nouvelle lumière sur le système des canaux. « Ainsi l'on verra une ligne sombre étroite lorsque sa largeur est bien inférieure au diamètre de la plus petite tache visible. De plus, une série de points détachés donnera l'impression d'une ligne conti- nue, si les points sont trop petits ou troji rapprochés pour être vus séparément. Il y a quelques indications nous montrant que la question des canaux pourrait bien entrer dans cette phase, depuis que >I. Gale, à Paddington (Xouvelle- Galles du Sud), a résolu un canal en une chaîne de lacs pemlant une nuit de bonne définition, Mars étant voisin du zénith, et que M. W.-H. Pickering (à Aréquipa) a, dans des conditions également fa\orables, découvert un grand nombre de petits « lacs » dans la structure générale du réseau canaliforme. » « La disparition, la rêajiparition et la gêmiuation des « canaux » s'explique- raient ainsi sans elTort. Si ma théorie est exacte, « canaux » et géminations sont toujours là, mais étant si près de la limite de la vision, une circonstance insi- gnifiante nous les fera voir ou les fera disparaître. Si nous admettons que les » canaux » sont des cours d'eau, alors im accroissement de largeur non supé- rieur à celui de nos propres fleuves, un accroissement de turbidité ou une plus grande transparence atmosphérique au-dessus d'un & canal » montrera nettement une ligne ordinairement invisible. » M. Maunder termine son article en insistant sur ce fait ijue ce que nous voyons des planètes ne peut pas être considéré comme représentant la structure détaillée de la réalité. CCV. — HoLT. — Les c.anaix de Mars. La Note suivante, que nous avons reçue pendant l'opposition de 1894, mérite considération. Une opinion très répandue sur les canaux de Mars est que ce sont des cro- î'iO LA PLVNÈTE MARS. 1894 vasses à la surface de la plauèto, produites dans la croûte à l'e'poque où Mars passait de l'état liquide à l'état solide ; ils seraient par conséquent plus anciens que les mers. D'un autre côté, quelques astronomes les considèrent comme artifi- ciels, les habitants ayant pu rectifier les rivières et creuser d'autres canaux, pro- bablement dans un but d'irrigation. Les autres hypothèses émises sont encore que ce pourraient être des sillons tracés : 1° jiar des aérolithes, ou 2" par des marées. Discutons ces hypothèses. Si les canaux étaient des failles préexistantes aux mers actuelles, nous devrions nous attendre à ce que quelques-uns des plus longs se continuent jusque dans les mers : ils seraient eu général invisibles en traversant les mers, mais devraient reparaître sur des iles ou des surfaces continentales. Sur ces dernières, ils devraient se montrer comme faisant suite aux failles originales. Il devrait même être jiossible, en des circonstances très favorables, de suivre les canaux sur le fond de.s mers les moins profondes. D'autre part, s'ils résultaient de la rectifica- tion des fleuves, tout prolongement de ce genre devrait être simplement acci- dentel. Par suite, si l'on observe de pareils prolongements en trop grand nombre pour qu'cui puisse les attribuer à uue coïncidence fortuite, ce fait constituera une évi- dence en faveur de l'hypothèse des crevasses géologiques. Or, en examinant avec attention la Carte de Scliiaparolli publiée à la page MO de la Planète Mars, je suis arrivé à la cônchisiou que de pareils prolongements existent réellement. Les cas suivants semblent frappants ; 1° Euménides-Nectar, i° Pyriphlégéton-Ambrosia, 3° Triton- Ascanius, 4° Gigas- Scamandre, 5" Galaxias-Xanthus, et fi» Astaboras-Népenthès. Les prolongements suivants, bien que douteux, semblent cependant proba- bles : 1° Anubis-Alpliée, 2° Cerbère-Penée, et 3" Tartare-Colonnes d'iïercide. Ces failles ont pu être produites par des afl'aissements de la croûte et avoir, par suite, une grande iLiflueuce sur la délimitation des terres et des eaux. .Vinsi la mer Cimmérienne semble avoir eu quelque communication avec le Triton; la mer Tyrrhénienne avec le Typhon ; la mer des Sirènes probablement avec le Tartare; et le détroit Herschel II, et encore la mer Adriatique avec l'IIydraotes. M. Pickering a suivi quelques-uns des canaux à travers les mers. Ceci n'en est (ju'une confirmation de plus. Tous ces arguments sont on faveur de la théorie des crevasses. La théorie des marées exigerait que l'eau eût pu se faire jour d'un océan à l'autre à travers la terre ferme. Si les canaux étaient des lignes droites paral- lèles, ne se rencontrant pas, cette opinion pourrait être admissible ; mais il est difficile de voir comment des lignes droites qui se croisent dans tous les sens pourraient se former ainsi, il en est de mouic de l'hypothèse des aérolithes. On peut dire que l'atmosphère raréfiée de Mars ne serait pas un obstacle h cette rencontre; mais, d'autre |jart, la pesanteur est très faible. Mémo dans le cas où la densité de l'air ù la surface ne serait que le dixième de la notre, l'atmosphère IIOLT. - l.l-S CANAUX. 241 constituerait encore uiio baiTiùre puissante contre l'aclioii dos iiii'iéorites. En admettant (iiie les canaux soient des failles dans la cronle, nmis [jonvons nous demander ((ucl a été leur mode de formation. I>'idéc qui se présente à l'es- prit au premier abord est ([uils ont été produits par la contraction do la croûte pendant le refroidissement; mais il n'est pas certain ((ue de pareilles failles aient pu se fiirmer ainsi. A la suite de conversations avec- .M. l'ianiinarioii, M. Daubrée, l'éininent iri'oloi,Hie, a essayé de produire un aspect analogue en recouvrant un globe en caontcliouc creux d'une couche de paraffine et en sou- mettant ce globe à une forte pression, lîii'u de scnublalile aux canaux n'(>n est résulté, quoique d'ailleurs nos montagnes terrestres y aient été bien imitées; mais, au contraire, en comprimant de l'eau dans l'intérieur de ce petit globe do caoutchouc, il s'est formé des failles comparables à celles de Mars. M. Lebour a mis en évidence l'analogie qui existe entre les canaux et les tissures du verre éclaté par la torsion. Une autre considération se présente ici : lorsqu'un corps en état de fusion commence à se solidifier, la croûte se contracte d'abord plus rapidement que le noyau encore en fusion; par cuuséi(ucnt, la croûte se resserre sur le noyau eu le comprimant, de sorte que la matière on fusion est poussée vers la surface à travers les fissures. C'est ce qui s'est produit selon toute vrai- semblance sur la Lune. La grande différence d'aspect entre les failles de la Lune et celles de Mars nous montre qu'il y a une dilTérence fondamentale dans les causes qui les ont produites. Ces diverses considérations m'ont ("onduit à l'hy- pothèse suivante : Une niasse en fusion, d'une matière mauvaise conductrice, se refroidissant librement, devra bientôt se recouvrir d'une croûte mince, tandis que la matière au-dessous de la surface restera en état de fusion. Cette formation d'une croûte mince est en général empêchée par les dégagements de gaz de la matière en fusion, qui brisent la croûte avant que celle-ci ait une épaisseur suffisante pour résister à la force expansive des gaz et vapeurs. Je suppose maintenant que, dans le cas de .Mars, il y ait eu, pour une raison ou pour une autre, un arrêt temporaire dans l't'mission des gaz, assez long pour permettre la formation d'une mince croûte dont la résistance n'aura pu être rompue par le gaz lorsque l'émission eut repris son essor primitif, mais pas assez forte pour comprimer le gaz lorsque la contraction se continua. Celle-ci aurait donc été empêchée, combattue, par la force expansive du gaz enqirisonné, et se serait ridée latéralement en formant de longues fissures. Il est même pos- sible que, placées ainsi entre la force expansive dirigée vers l'extérieur et la pesanteur dirigée vers l'intérieur, certaines [lariies do la croûte aient été assu- jetties à une torsion, donnant ainsi lieu à quelques-uns des canaux; mais, en général, nous pensons que les canaux sont, à proprement [larler, des tissures produites par une contraction latérale. Aussitôt ([ue ces fissures ont été formées, le gaz emprisonné s'est échappé et la croûte rompue est tombée sur le noyau; mais, en même temps, ce dernier s'est refroidi dans une certaine mesure à la F., IL 10 242 LA PLANÈTE MARS. 1S94 surfat'o, (le sorte qu'il ne s'est pas échappé facilement à travers les fissures. La seule c;iuse, d'ailleurs, tendant à tirer le noyau vers la surface serait la pression produite jiar la pesanteur, résultant des fragments refroidis de la croûte qui serait un ]ieu plus dense que la matière encore en fusion; il n'y aurait pas d'ac- tion de compression. Dans ces circonstances, la matière fondue ne se serait pas forcée à travers les Assures, ou seulement incomplètement, de manière à ne pas les remplir. La différence fondamentale qui existe entre la Terre et ^Lars peut être résumée comme il suit : Sur Mars, il s'est formé de bonne heure une croûte légère qui s'est aussitôt rompue. Les gaz intérieurs s'échappèrent alors et les fissures devinrent des cheminées pour l'énertile volcanique intérieure, de sorte que la croûte est restée depuis presque à son état primordial. Sur la Terre, la croûte n'a pas été formée aussitôt; elle ne s'est pas rompue et a été en mesure de coni- jirimer les gaz, intérieurs. Après la question de l'origine, se présente celle de l'état actuel. On admet assez souvent que les canaux soient des fleuves. Nous avons, en faveur de cette théorie : 1" leur couleur sombre, analogue à celle de l'eau; 2» le fait qu'on n'a pas observé d'autres fleuves; 3° la considération que l'eau trouverait certainement son chemin dans ces ravins, et 'i" la manière dont ils se terminent en baies près des rivages. Nous avons à opposer à cotte théorie : 1° la manière dont ces canaux courent d'un océan à l'autre; 2» leur largeur presque uniforme; 3" la considéra- tion que si tous les canaux étaient des fleuves, Mars serait bien plus richement doté de fleuves que la Terre. Ici, nous pourrions être aidés, en examinant ce qui se passerait, si la Teri'e était parsemée de ravins d'une manière analogue. Naturellement, les eaux de la surface devraient tôt ou tard trouver leur chemin dans ces ravins, et nous verrions ainsi se former des fleuves; il est évident aussi •lue les eaux ne seraient pas suffisantes en général pour les remplir complète- ment, de sorte que nous aurions dos ravins avec des fleuves coulant au milieu. De même, bien qu'un ravin puisse s'étendre d'un océan ;Y l'autre, il n'en serait pas (le même du fleuve y contenu. En efl'et, un ravin peut contenir deux fleuves coulant dans des sens opposés, l'un se jetant dans l'un des océans, l'autre dans l'autre. Mais pour que ceci fût le cas avec les canaux, il sei'ait nécessaire de sup- poser que la partie sèche de tout ravin, de jiart et d'autre du fleuve, ne se di.s- tinguo pas de l'eau, ou à cause du terrain dont la couleur serait sombre, ou bien parce ipi'il serait recouvert d'une sombre végétation. Dans cette hy])othèse que l'axe seulement de chaque canal contiendrait de l'eau , nous trouvons une explication possible d'une observation faite par Schiaparelli. le '.JCi décembre 1879. Ce grand observateur a remarque une traînée large et lilancbe s'('tendant du lac du l'héni.\ dans une direction N.-N.-L., passant par le l'ortuna et le Nil double, et paraissant rejoindre une extension des neiges polaires. Cette traînée blanche a été considérée par l'auteur comme de la neigi^ HOI.T. LES CAN'AUX. 2i3 (c était probablement la trajectoire d'une grande tempête de neige), et il a exa- minf^ avec attention l'endroit où elle traversait le Nil; ^i ce dernier eût ('le de l'eau, la neige s'y serait; fondue, ce qui eût amené rinterniptiou de la traînée en ce point; tandis que si le Nil représentait de la terre ferme, la traînée eût dû passer par-dessus sans altération. Eu effet , l'observation a montré que le Nil n'a pas été complètement interrompu, mais qu'il a été réduit à un simple fil traversant la traînée blanche. Eh bien! dans l'hypothèse que le milieu du Nil seulement contiendrait de l'eau, on ne pourrait s'attendre à un autre aspect. On peut penser que le Nil était alors gelé, sauf dans le milieu; et la saison de l'année (un peu avant l'équinoxe do printemps) ne contredirait pas cette esplicaiion. Les bords d'un canal sont-ils revêtus de végétation, ou bien ont-ils simplement une couleur plus sombre que le reste de la surface? En premier lieu, s'il y a do la végétation sur Mars, on devrait naturellement s'attendre à ce qu'elle s'étendît surtout le long des rives des fleuves; les changements d'aspects des canaux semblent aussi avoir une cause analogue. Pour ne citer qu'un seul exemple, prenons l'Ambrosie; le "'li septembre 1S77, un jour avant le solstice d'été, on a vu ce canal large et grisâtre; au contraire, eu novembre et décembre 1879, il se présenta comme une fine ligue noire, t^'cst là exactement ce qui devrait se produire si la ligne fine et noire représentait le fleuve Ambrosie lui-même, bordé par une végétation changeante. A l'époque de la première observation, au solstice d'été, les arbres étaient en pleines feuilles; tandis qu'à la seconde, qui a eu lieu un peu avant ré(|uinoxe d'automne, les feuilles avaient changé de couleur ou étaient tombées, do sorte que l'on ne voyait que le fleuve seulement. Cette idée parait attribuer un degré d'analogie entre la végétation de Mars et celle de la Terre, peu probable au premier abord; mais en parcourant toutes les observations publiées dans La Planète Mars, y) suis arrivé à la conclusion que, s'il existe de la végétation sur Mars, et si les changements de teintes observés sont altribuables à cette cause, cotte végétation doit ofl'rir une analogie très étroite avec celle de la Terre, principalement dans ses change- ments dus aux saisons. On voit que nous considérons les canaux comme les caractères les plus anciens de la planète. J'ajouterai mêuje qu'ils constituent la clef de tous les autres. Ils o:U détermiué la distribution des eaux et des terres et flxé le cours des fleuves dès l'origine, de sorte que, dans la suite, il ne s'est produit que des variations insignifiantes, ce qui a laissé aux canaux toutes les traces d'action fluviale. Eu outre, en agissant comme des cheminées pour l'énergie souterraine, il est probable que l'action volcanique a été insignifiante sur Mars et confinée seule- ment aux canaux. Les montagnes se seront formées presque exclusivement le long des côtes de ces derniers, et, bien que quelques-unes puissent être de nature volcanique, il nous parait plus iirobable que la majorité résulte simplement de la poussée verticale des fragments de la croûte. Dans ce cas, leur forme serait 244 LA PLANÈTE MARS. 1895 absolument difTérente des montagnes terrestres : d'un côté il y aurait un talus presque à pic et de l'autre une pente légère. Comme il ne s'est pas produit de soulèvements, ni de transformations causées par l'érosion fluviale, les seuls cliangements importants que la surface de Mars a subis dans la suite des siècles auront été ceux jiroduits par la rétrucessiou gra- duelle de la mer. Il parait probable que les continents les plus âgés sont en grande partie déserts et que la vie, si elle existe, est reléguée aux terres récem- ment mises à sec par le retrait dos eaux (telles que llesperia, Atlantis, Libye, Thaumasia, etc.) et les canaux. L'érosion fluviale dans ceux-ci devrait être énorme, si les fleuves ont coulé pendant des millions d'années dans les mêmes lits, pour ainsi dire ( '). J.-R. HOLT, Astronome a Dubliu. CCVl. — T.'iVLOii.— Preuve optique de L'.iBSENCE de .mers sur M.\rs (Ré.sumé). On a lu dans le premier \'olume l'exposé d'un calcul de l'astrononio l'hillips, d'Oxford, sur la possibilité pour les mers martiennes de réflécliir l'image du Soleil Comme un point lumineux qui serait visible d'ici. D'après ce calcul, l'image du Soleil ainsi réfléchie mesurerait -jL de seconde, et, dans un instrument gros- sissant 300 fois, atteindrait lo secondes. Phillips pensait que si les taches grises étaient des mers, nous devrions de temps en temps apercevoir une image de ce genre. Dans le même Volume, on trouve une discussion de la même question par M. Schiaparelli, qui conclut pour ladite image du Soleil réfléchie par les eaux martiennes un diamètre do J-j do seconde, lequel ne diffère pas beaucoup du pré- cédent. Cet éclat serait celui d'une brillante étoile de troisième grandeur. Elle serait moins éclatante, mais toujours assez lumineuse, dans le cas d'une mer agitée. J'ai adopté, par uu calcul complémentaire, la conclusion que cet éclat suffirait largement pour la visibilité dans une mer calme, dont la position varie selon l'opposition. Un astronome du comté d'York, M. Taylor, est récemment revenu sur le même sujet à la Société astronomique de Londres et l'a soumis à un nouveau calcul. « Je pense, écrit-il, que le calcul de .M. Flammarion doit l'iro un peu modifié à cause du double passage de la lumière dans ratmosjihère de .Mars, et ([\ie l'éclat serait plutôt celui d'une étoile de quatrième grandeur. (') Dans une autre Note, intitulée The. Cross of lîellas " La Croix de l'IIellas », M. llolt nous laissait entendre que cette formation si régulière et si caractéristique pourrait Inen avoir été tracée par les Martiens comme signal nux habitants de la Terre, d'autant plus que ses variations ne correspondent pas aii.x saisons. Les quatre (loints blancs vus en 1S81 (Tome I, p. 35ô) lui paraissent ajouter un argument eu faveur de cette liypolhèse. FL.V.MMAKION. — CIRCULATION DE I. KAU. Sifj » D'après M. Pickering, le pouvoir réfléchissant de la planète Mars n'est que le quart de relui de Saturue. Si l'on admet que celui de Saturne soit égal à celui de la nelire fraîchement tombée, c'est-à-dire :\ 0,78, celui de Mars peut être évalué à 0,17. « M. ïaylor admet 0,-21. Une formule lui donne -^ pour le rapport entre l'intensité de la réflexion solaire par une surface d'eau sur Mars et l'éclat total de tout le disque martien. Cette image solaire mesurerait 10 kilomètres de diamètre, et devrait être par- faitement visible d'ici, même dans les canaux, s'ils étaient entièrement formés d'eau. M. Taylor ajoute que depuis la mer Cimmérienne jusqu'au golfe de l'Aurore il y a une série de mers qui sont parfaitement placées pour réfléchir vers nous l'image du Soleil à midi. On n'a jamais rien aperçu de ce genre. L'auteur conclut aussi que c'est là une preuve de la non-existence des mers martiennes. Il ajoute que l'ensemble des considérations est en faveur de plaines de végétation, dont le ton varie selon la quantité d'humidité qui y arrive après la fonte estivale des neiges polaires. Il termine en adoptant l'opinion émise par M. Ledger que les canaux ne sont pas pleins d'eau, et que ces lignes indiquent des terrains cultivés par les habi- tants de Mars, principalement dans les districts qui avoisineut les grands centres de population (les oasis). Eu résumé, nous ne verrions en aucun point du globe de Mars l'eau qui pourtant le fertilise (')• CCVII. — Flammarion. — La cinciLATiox de l'i^ai daxs l'atmosphère DE Mars (-). La circulation de l'eau à la surface de la Terre est l'agent principal de la vie terrestre. Tous les êtres sont essentiellement composés d'eau (le corps de l'homme lui-même en renferme encore 70 pour 100 1: tous ont besoin d'eau pour vivre. Nous n'avons pas le droit d'affirmer, pourtant, iju'il eu soit de même sur tous les autres mondes de l'univers. L'étude de la nature nous apprend à être réservés dans nos affirmations, car elle nous montre que cette nature est in- finie dans la variété de ses productions. De ce qu'un monde serait absolument dépourvu d'eau, ce ne serait pas une raison suffisante pour nous de le déclarer inhabité. N'enfermons pas nos conceptions dans une coquille de noix. L'homme privé d'oxygène meurt. 1! y a sur notre petite planète même des êtres que l'oxy- gène tue. Cependant, les mondes d'un même système planétaire ont entre eux des affi- (•) Aslroiwmij and Aslro-Physicg, 1894, p. Ihl. — Monthh/ Xolics of the royal astronomical Society, LV, 1895, p. 462-474. (-) Société Aslronomiqtie de France, séance du 1" mai IS'35. Bulletin du 1' mai, p. 169-178. ■2'i6 I.A PLANÈTP: M\RS. ' ■ 1895 iiit(is d'origine, surtout quand ils sont voisins, commn AFars et la TeiTO. Nous observons sur Mars des neiges polaires qui sont très éton.luos à la fin de chaque hiver et sont presque entièrement fondues à la flii de chaque été. Ces neiges sont-elles formées de la même eau chimique que la nôtre? (Test possible, et c'est ine'me probable. Qu'est-ce que l'eau? Du protoxyde d'hydrogène. Or, l'oxygène et l'hydrogène Sont partout répandus et se présentent eu quelque sorte comme des éléments primordiaux. Nous pouvons penser que la combinaison do ces deux éléments s'est produite sur Mars et sur 'Vénus comme sur la Terre, car toutes les obser- vations concordent en i'aveur de cette conclusion. Mais les é^a(s de l'eau diffèrent d'un monde à l'autre, suivant la température, la pression atmosphérique, la dimension de la planète, la distribution de ses climats, son état géologique et géographique, sa densité, etc. L'observation nous conduit à la conclusion que la circulation de l'eau ne s'opère pas du tout à la surface de Mars suivant les lois qui la régissent à la surface de la Terre. Ici, le mécanisme est assez simple. l>es trois quarts du globe sont couverts d'eau, l'évaporation est considérable, l'atmosphère est dense, la chaleur solaire enlève perpétuellement une grande quantité d'eau à la surface des mers, l'élève à l'état de vapeur invisible jusqu'à une certaine hauteur où elle se condense en nuages et où dos vents assez puissants, dus iirécisément à la densité de notre atmosphère, transportent ces nuages au-dessus des continents. Eu se résolvant en pluies, ou en neiges, la vapeur d'eau ainsi transportée donne naissance aux sources, aux ruisseaux, aux rivières et aux tleuNe'^, et ramène à la mer l'eau i[ui on avait été enlevée. On peut évaluer à 721 trillions (721 >: Ul''-^) de mètres cubes le volume d'eau transporté ainsi annuellement par l'atmosphère. C'est environ la 4 400" partie de la quantité d'eau totale des mers, laquelle est évaluée à 3 200 quatriUions de ni'''tres cubes. Il faudrait quarante-quatre raille ans à tous les fleuves du monde pour remplir l'Océan s'il était à sec. La clialeur solaire employée ;\ jiroduii'e ce travail de l'évaporation de la vapeur d'eau ainsi élevée à la hauteur moyenne des nuages pourrait fondre par an II milliards de mètres cubes de fer, c'est- à-dire une masse beaucoup plus considéi-able que le massif entier des Alpes! Ln une année, chaque mètre carré de la surface de la Terre reçoit 2318 lùT calories; c'est plus de 23 milliards de calories par hectare, c'est-à-dire 9802 200000000 de kilogrammètres. La radiation calorifique ilu Soleil, en s'exerçant sur un de nos hectares, y développe, sous mille formes diverses, une puissance qui équivaut au travail C(jntinu de 4 103 chevaux-vapeur. Sur la Terre entière, c'est un tra- vail de .MO sextillions de kilogrammètres ou de 217 310000000000 do chevaux- vapeui-! Les conditions sont très différentes à la surface de Mars. En admettant qu'il y ail de l'eau, il y en a beaucoup moins que chez nous. La chaleur reçue du Soleil y est moindre, la distance étant i,J2, c'est-à-dire d'environ moitié plus grande FLA.M.MAUIO.X. ClUCl LATION Ul-: I.KAU. 'iW que colle du la Terre, et la quantité de chaleur étant de 0,13, soit plus de moitié moindre qu'ici. Mais, d'autre part, l'année est près de deux fois plus longue : 1,88, ou de 687 jours. l,a chaleur accumulée sur un hémisjdière pendant l'été peut fort bien suffire pour fondre une couche de neige assez éjiaisse, quoique sur la Terre, plus rapprochée du Soleil, les six mois de saison estivale n'y suffisent pas. Quand la neige commence à fondre, une petite quantité de chaleur nou- velle suffit souvent pour compléter la fusion. Nous devons maintenant considérer un second point de la [dus haute impor- tmec. Notre atmosphère terrestre est très dense. Au niveau de la mer, la pression atmosphérique fait équilibre à une colonne de mercure de 0"',760. Klle est de 1033 grammes par centimètre carré, ou de 103 kilogrammes par décimètre carré, ou de 10330 kilogrammes par mètre carré. Or la .surface totale du globe est d'environ MO millions de kilomètres carrés. L'atmosphère entière pèse donc h quintillions ÎGS quatrillions de kilogrammes. C'est un peu moins de la millio- nième partie du poids du globe terrestre. L'atmosphère martienne est incomparablement plus légère. La jiesanteur à la surface de Mars étant beaucoup plus faible qu'à la surface de la Terre lO.STfn, tous les corps y pèsent moins dans la même proportion, et l'atinosjihère est d.ins ce cas. Si chaque mètre carré de la surface de Mars supportait la même atmosphère que la notre, la pression de cette atmosphère serait réduite dans la proportion précédente, c'est-à-dire que le baromètre, au lieu d'être à 700 milli- mètres au niveau de la mer, ne serait qu'à jsii millimètres. C'est la pression que nous trouvons en ballon à 8000 mètres de hauteur, et c'est celle des montagnes les plus élevées. Au sommet du mont Blanc, la pression est de 4îi millimètres. Il est bien certain que l'atmosphère de Mars n'est pas analogue à la nôtre et que l'eau n'y est jkis dans les mômes conditions, car la surface de la planète se trouverait ainsi au-dessous de la ligne du zéro de température, mémo sans tenir compte de la plus grande distance au Soleil, et nous aurions devant les yeux un globe de glace, ce qui n'est pas. Xous voyons, au contraire, sur >Iars les neiges parfaitement limitées, et ces limites varier avec la température, et, si l'on consi- dère un hémisphère martien pendant son été, il a moins de neiges que nous à son pôle. Celles que l'on aperçoit de temps à autre en certains points des ré- gions tempérées sont également fondues. Nous devons donc penser, d'après les observations comme d'après le calcul, que l'atmosphère de Mars est moins dense que la notre, qu'il s'y forme moins de nuages, que les courants y ont moins d'intensité, que le vent n'y est jamais très fort, que les tempêtes en sont absentes. Les conditions de densité, de pression et de température sont très différentes de ce qu'elles sont ici. Lévapo- ration doit y être facile et rapide; le pointd'ébullitiou y est sans doute vers 40" au lieu de 100". Le point 0°, auquel l'eau se solidifie, est-il le même qu'ici'? Non, sans doute, car elle ne. doit pas être identique à la notre. L'eau de mer ne gèle qu'à 248 I.A PLANETE MAIi<. 1895 — î"."], l'eau privée d'air qu':\ — 5", l'eau sous une faible pression atmosphérique qu',\ — 10° et r>. L'atmosphère ne doit pas être, chimiquement ni physiquement, la même, l.a rareté des nuajres s'explique facilement, car les vaiieurs atmosphé- riques ne ]]euvent iiuère s'y condenser que sous la furuie solide des jiarticules glacées de nos cirrri. l'as de nuaues, cumuli ou nimbi; pas de pluies. On sait que notre atmosphère agit comme une serre pour conserver la chaleur reçue du Soleil et empéelier sa déperdition dans resi>acc; mais ce n'est pas l'air proprement dit, le mélange d'oxygène et tl'azote qui possède cette propriété ; c'est la vapeur d'eau. Une molécule de vapeur d'eau est 16000 fois plus efficace qu'une molécule d'air sec pour conserver la chaleur solaire reçue. L'eau n'est ]ias le seul i'or)is (pii jouisse de cette |)i'opriété. Les vapeurs des éthers sulfurique, i'ormique, acétique, de l'amylène, de l'iodurc d'éthyle, du chloroforme, du bisul- fure de carbone, de l'acide carbonique, etc. , sont dans le même cas. L'atmo- sphère de Mars, toute rarélièe qu'elle est, certainement, peut tenir en suspen- sion des vapeurs de ce genre et conser\er à la surface de la planète une température égale ou même supérieure ti la température moyenne de la Terre. Mais il est à peine nécessaire d'imaginer autre chose que de l'eau analogue à l'eau terresti-e, puisque les neiges ressemblent tellement aux nôtres dans leur envahissement hivernal, dans leur fusion estivale, et dans les inondations dont cette fusion parait suivie, que nous pouvons les regarder comme à peu près sem- blaliles aux nôtres. Ce qui diffère, c'est le mode de circulation. Sur .Mars, l'évaporation des mers ne donne pas naissance, comme chez nous, à des nuages, des pluies, des sources et des rivières. Aucun des grands cours d'eau que nous connaissons sur .Mars ne commence en terre ferme. On ne voit que des canaux allant d'une mer à l'autre. Chaque canal commence et (init ou dans une mer. ou dans un lac, ou dans un autre canal, ou enlin à l'intersection di; plusieurs autres canaux; mais aucun d'eux n'a jamais été vu arrêté au milieu des terres, ce qui est de la plus haute impor- tance. De plus, ils se croisent sous tous les angles possibles. D'autre part, les nuages sont excessivement rares à. la surface de Mars, et peut-être ne sont-ce que des brumes, ou de légers cirris. Ce ne sont pas des nuages de pluie ou d'orage. Lors de la dernière opposition de 189i, à l'Observa- toire de Juvisy, oi'i nous avons pour ainsi dii'e constaniment les yeux fixés sur Mars, la plauète s'est niuntrc-e, connue d'habitude, perp<'tuelleniont claire, à l'exceiition de quebiues jours en septembre et eu octobre, pendant lesquels j'ai constaté que la mer Cimméricnne et la mer Tyrrhénieune sont restées masquées pai- un voile de nuages. Ces voiles sent fort l'ares. tandis qu'ils sont pi'rpétuels sur la Terre. 11 n'y a certainement |)as un seul joiu- par an où la surface entière de la Terre soit découverte et ]iuisse être vue nettement de l'espace. Ce sont donc là deux régimes météorologiques absolument contraires. De plus, dans ratmosjjhèrc si raréfiée de Mars il n'y a pas de vents intenses. FI \M\l\m()X. -- CUiCriATIHN DF l.'FAU. 249 Rion d'analouue à nos vents alises, ni aux régimos de vents prétiomiiiants qui régissent les climats terrestres. Quelquefois on a observé des traînées de neige fort longues paraissant produites par des courants dans une atmosphère tran- quille (par exemple, M. Sciiiaparelli en novembre et décembre 1S8I ), autour du pôle boréal, s'éteiidant très loin ( \'()ic t. I, p. 551, /îg. 2G3). Mais ce sont là des exceptions. L'état normal sur Mars, c'est lo beau temps. Sans doute, il ne l'aut pas nous abuser sur la précision de nos connaissances martiennes. Nous ne voyons pas tout; nous n'avons jamais vu les fines ramifica- tions que peuvent avoir les canaux; nous ne connaissons pas la largeur des plus minces, ni le mécanisme de leurs dédoublements périodiijues, et ce n'est que d'hier que nous sommes h peu près sûrs qu'ils transportent l'eau des neiges fondues, des mers, des lacs ou des marécages d'un point à un autre. De plus, comme je l'ai déjà fait remarquer, la bordure de prairies qui accompagne sur la Terre les cours d'eau de chai]ue côtr, parait les élargir pour un obscrvateui' placé dans la nacelle d'un ballon, qui pourrait facilement prendre ce ruban de prairie pour le cours d'eau lui-même i ' i. 11 est possible que de la végétation suive immédiatement l'arrivée des eaux. L'ignorance dans laquelle nous sommes de ces détails peut cacher tout un monde de réalités inconnues. Peut-être, cependant, pouvons-nous essayer de nous former une idée de ce qui se passe là dans la circulation des eaux. La fonte des neiges j)olaires donne presque toujours naissance à des inonda- tions, ou à des assombrissemeuts de ton des plaines végétales, sur d'immenses étendues, sur des centaines de milliers de kilomètres carrés. Les rivages des mers s'avancent au loin dans l'intérieur des terres, les canaux s'élargissent, de nouveaux canaux, souvent très larges, apparaissent, des îles, des presqu'îles, des portions de continents sont submergées. Tout nous prouve que la surface de la planète n'est qu'une immense plaine et que les montagnes y sont rares. Les canaux peuvent être des rainures naturelles dues à l'évolution même de la planète, comaie sur la Terre la Manche et le canal du Mozandjique. ou des sillons creusés par les habitants pour la répartition des eaux, ou peut-être les deux, c'est-à-dire des formations naturelles rectifiées par l'intelligence. Nous n'essayerons pas de calculer, comme on l'a fait, le travail que représenterait la construction de ce réseau géométrique, car les conditions de la surface de Mars, nature des matériaux, densité, pesanteur, force musculaire, machines, état de l'humanité, sont tellement différentes des conditions terrestres, qu'il n'y a aucune analogie possible. Mais ce qu'il y a de certain, c'est que ces canaux servent à faire circuler les eaux et constituent un système hydrographique des i)lus ingé- nieux. Un peut objecter que ce beau système n'empêche pas les inondations. Mais ces inondations apjiarentes ne sont peut-être que des fertilisations, des transformations végétales. (') Voie plus haut, p, IIG, noie. 250 LA PLANÈTE MARS. 1895 L'inondation périodique causée à chaque été martien par la fonte des neiges est distribuée au loin par ce réseau de canaux, qui constitue le principal méca- nisme, si ce n'est le seul, jiar lequel l'eau et avec elle la vie organique peut être répandue à la surface de la planète. A cette époque, les canaux paraissent entourés d'une zone foncée, due sans doute k quelque genre de végétation. Les canaux de la région environnante deviennent en même temps |)lus sombres et plus larges et couvrent de vastes étendues. Les choses restent en cet état jus- qu'au moment du minimum de la ncigo polaire. La fusion a cessé. La largeur des canaux diminue, les régions foncées s'éclaircisseiit et les continents redeviennent jaunes. Ce grand phénomène se produit dans toute la région comprise entre le pôle et le 60' degré de latitude et se renouvelle à chaque saison. Surtout l'ensemble de la planète, le système des canaux n'est pas constant. Quand ils se troublent, que leurs contours deviennent douteux et mal définis, il semble que les eaux soient très basses ou même aient entièrement disparu. 11 ne reste rien il la place du canal, ou plutôt nous voyons une raie jaunâtre différant très peu du terrain en- vironnant. Dans les mois qui précèdent et dans ceux qui suivent la grande inon- dation boréale, vers l'époque des équinoxes, les canaux se dédoublent. Par suite d'une modification rapide, qui s'effectue en quelques jours, peut-être même en quelques iKnires, tel on tel canal se tran'^furnie sur toute sa longueur en deux lignes ])arallèles qui courent avec la précision géoniétrir[ue de deux rails de cliemin do fer, et suivent exactement la direction du canal i)rimitif. Ces nouveaux canaux ont, comme 1rs ]ii'imitifs, îles largeurs de 50 à lOi.i Iviiomètrcs et davan- tage, et sont séparés par un intervalle de 50 à 5u0 et liliO kilomèti-es. Y a-t-il là autre chose que de l'eau, par exemple une végétation rapide produite i)ar l'hu- midité? C'est possible. La couleur de ces lignes varie du nnir au rouge et se dis- tingue facilement du ton jaune des continents. L'esjuice intermédiaire est géné- ralement jaune, parf'iis blanchâtre. La gémiuation se [iroduit aussi dans les lacs, qui se fendent en deux. l'eut-être n'y a-t-il pas, h la lettre, des inondations, mais seulement des augmentations d'eaux fertilisant des oasis semées en chapelets et rendant plus foncées les plaines végétales. Quelle que soit l'explication de ces faits inconnus à la Terre, nous pouvons conclure qu'à la sui'face de la planète Mars l'eau circule, hou p:ir un système rertical d'évnpoi':iliun l't de pràcipilation, comme ici, mais par un système /iori:o)ital de fusiiin des neiijes pulaires et par ces canaux entrecroisés, qui la distribuent sur l'ensombliî des continents. Puis elle s'évapore ]iour aller ininsililemeiit el sans nuayes se condenser presque uniquement sur les zones polaires plus froides, (jui la recueillent à l'état de neige. C'est là tout un autre monde, birn dill'érent de celui ipie iinus habitons, mais non moins vivant; |iliis mouvementé, jjIus agité à certains égards, mais d'iui climat sans doute fort agréable par sa [uireté constante et par l'absence de ces intempéries, pluies et tempêtes qui caractérisent si tristement la grande majorité SC.IIIM'AIUU.II IVVIESl'l! \I\HS. ?M des climats terrestres. Les jours y sont un peu (ilus louys que chez nous, les années y sont prt's de deux fois plus longues. Ce sont là des pays qui ne doivent pas manquer do charme. Ce n'est pas ici le lieu de nous occuper de la ([ucstion des liabitants, non plus que de leur nature possible ou probable. Il semble, à première vue, que ces inon- dations périodiques doivent rtre fort gênantes, ai;iis un naturaliste répondra que CCS êtres inconnus peuvent èlre amphibies, ou bien vivre dans les airs et ne pas tenir à la surface du sol aussi lourdement que nous. Il serait facile ;\ l'imagina- tion de créer mille hypothèses. Toi n'est pas mon but. J'ai V(;nlu ne présentera la Société Astronomique que des faits d'observation sur la climatologie mar- tienne. Hn résumé, cette évaporation sous' forme de vapeur d'eau invisible, celte condensation et cette fonte des neiges, ces canaux et leur nJle dans la distribution des eaux nous montrent que les continents sont de vastes plaines, que les montagnes sont rares, que les sources, les torrents, les rivières sont remplacés par un sy.stème tout particulier. La rareté des nuages et des pluies s'accorde avec cet ordre de choses. Quoique très voisin, ce monde diffère considérablement du nôtre, mais parait, à certains égards, plus agi-éable à habiter. CCVIII. — SCHL\P.\REI.LI. — l.A VIE SLR .M.\It#. Nous réunirons ici dçii.\ dissertations iniportaiiles <_[>' l'illustre Directeur de rObservatoire de Milan. La première est une discussion philosophique et littéraire sur les conditions d'halnlabilité de In planète. La seconde continue la même question surtout ati point de vue des canau.\ ('j. L'auteur commence par rappeler fort délicatement et très généreusement les travaux publiés en France sur la doctrine de la pluralité des momies, en une appréciation très flatteuse pour laquelle nous lui adi-essous nos plus vifs remer- ciments (^/. Lassant aussitôt en revue les corps célestes de notre système, y com- pris la Lune, il montre .pie l'observation télescopique est plutôt décourageante et qu'il n'est pas surprenant que toute l'attention scientifique se fixe pour le moment sur la planète Mars, le seul globe qui nous offre à cet égard un véritable intérêt d'actualité. En ses oppositions périhéliques, la planète s'approche à '>' millions de kilo- C; Il pianela Marte, br. in-8°. Milano, fS'J,"?. — La riln sul p;,-i/ic(.i M:irte. Iir. in-S", Milan, IS'JJ. — Bulletin de la •Société astronomique de France. IS'.iS. (-) Je me permettrai une. seule citation : « Flammarion si è jiroposto di sottrarrc qiiesto tema (délia phiralità di mondi abitati) alla fmtasia dei poeti et ail' arbitrario dei novellieri, e di circondare l'ipotesi con tuUu l'àpparato scieatitico che oggi à pos- sibile chiamare in suo soccorsu : « Faire convergi-r toutes les lumières de la Science >. vers ce grand point : la 'Vie universelle... " Qiiesto è lo splendido programma al quale il cosmologo francese ha consacrato il suo ingegno e la sua varia eultura. « 252 LA PLANÈTE MARS. 1895 mètres de la Terre ; c'est 146 fois la distance de la Lune. On peut distinguer sur la Lune des objets de 500 mètres de diamètre et des lignes de iOO mètres de largeur. Sur Mars on ne peut distinguer que des ol)jets de 00 à 70 kilomètres de diamètre ou des lignes de 30 kilomètres de largeur. Le cours d'un fleuve comme le Pô serait facile à distinguer sur la Lune dans toute sa longueur, mais aucun des [ihis grands fleuves de la Terre ne serait visible sur Mars. Tandis qu'une petite ville jiourrait être vue sur la Luni_\ il faudrait au moins imo ile arj'ondie de la grandeur de Majorque, ou allongée de la grandeur de Chypre ou Candie pour être visible sur Mars. Les configurations géographiques de Mars sont stables dans leur forme géné- rale, car les dessins de lluygens montrent, en 1050, la Grande Syrte, ceu.x de Maraldi en 1704, la mer Cimmérienue et la mer des Sirènes, ceux de liianchini en 1719, lamer Tyrrbénienne et la péninsule IIespérie,etc. Mais cette stabilité ue s'étend pas à cerlains détails. Les observations ont mis hors de doute qu'un grand nombre de régions changent de couleur selon la saison et selon l'inclinaison des rayons solaii'es. Ces variations se présentent sur la Terre, mais un fait qui n'ar- rive pas ici est qiu^ les contours des grandes taches subissent parfois des varia- tions, petites si l'on a égard aux dimensions des taches, mais cependant assez grandes pour être visibles d'ici. L)e plus, ces contours ne sont pas toujours éga- lement I)ien définis. De très minutieux détails se voient mieux à certaines époques et moins bien à d'autres, et, de plus, peuv _nt d'un temps à un autre varier d'aspect et de forme sans que toutefois on puisse avoir aucun doute sur leur identité. Notons aussi que Mars a une atmosphère assez dense <■ abbastanza densa » et une météorologie individuelle. Toutes ces variations indiquent un système gran- diose d'événements naturels qui donnent à l'étude de Mars un intén'a bien supé- rieur à celui qui dérive de l'observation topographique dune surface immuable ot inerte comme paraît être celle de la Lune. La planète Mars n'est pas un désert aride : elle vit, et sa vie se manifeste avec un ensemble très compliqué de phénomènes, dont une partie se développe sur une échelle assez vaste pour être observable des habitants de la Terre. Il y a là un monde entier de choses nouvelles à étudier, éminemment propres à exciter la curiosité des observateurs et des phi- losophes, et qui od'riront, pendant haigtemps, des sujets d'étude astronomique et continueront de pousser au perfectionnement continu des instruments d'optique. 'J'ellcs sont la variété et la complication des phénomènes (|u'une analyse com- pli'te et i)atiento jiourra seule conduire à la découverte des loisqiu les produisent et ;\ la connaissance de la constitution [ihysique d'un monde si semblable au notre sous certains rapi>orts et si différent à d'autres égards. Au iKjiubre des sujets d'observation les i)lus intéressants on doit signaler les variations p('riodiques des neiges iiolaires correspoiuiant aux saisons. Nos saisons terrestres diu'cnt trois mois chacune : celles de Mars ont une durée presque double, •172 jours en nmyenne, l'année étant de CS7 jours. On a pour Ihémisphère boréal des deux planètes : SCIIIAI'ARKI.LI. — I. A \\E Sllt MARS. 2o3 La Terre. Mars. Printemps 93 jours. 199 jours. Kté 93 •> 182 » Automne 90 » l-'iG « ■ Hiver 89 .. 160 « Ces neiges polaires s'éteudaicnl en !8'J-.', jim- exemple, [lour le pr')le austral de Mars, al'Ts incliné vers nous et bien visililc, jusqu'au 70'= (legn'' do, latitude, au mois ilejuillet, formant une calotte de -2000 kilomètres de diaméti-e. 8i.\ mois plus tard, elles étaient réduites à leur minimum, h un point blanc, de 300 kilomètres à peine. C'était l'été de l'hémisphère austral de Mars, le solstice ayant eu lieu le 13 octobre. L'observation des accroissements et diminutions des neit^es polaires, qui peut être faite, même à l'aide d'instruments modestes, devient d'autant plus inté- ressante et instructive qu'on en suit plus attentivement les ibHails à l'aiilo d'instruments plus puissants. On voit alors la couche de neige fondre graduelle- ment le long de ses bords, des trous noirs et lie larges crevasses se former, do grands lambeaux isolés se détacher de la masse principale et disparaître en fondant peu à peu. C'est absolument ce qui se présente autour de nos pôles pen- dant l'été d'après les descriptions des explorateurs. Les neiges polaires australes se trouvent au milieu d'une grande tache sombre qui occu]]e, avec ses ramiticatious, envirun un tiers de la sui-face de Mars. Les boréales, au contraire, se trouvent sur une région claire ou continentale, où leur fusion produit une sorte d'inondation qui convertit en mer temporaire un très vaste espace de terre. En remplissant toutes les régions plus basses, cette inon- dation a fait parfois supposer la présence d'une mer qui n'existe pas. La zone obscure suit le périmètre des neiges à mesure que leur étendue diminue par la fusioo et se rétrécit sur une circonférence de plus en plus étroite. Cette zone se ramifie extérieurement en traînées sombres qui occuiient toute la région envi- ronnante et paraissent être des sortes de canaux distributeurs par lesquels les masses liquides retournent à leurs réservoirs naturels. Des lacs très étendus naissent eu ces régions, tels, par exemple, que le lac Ilyperborcus; la mer Aci- dalienne, voisine, devient plus noire et plus marquée. C'est l'écoulement de ces neiges liquétiées ([ui, sans aucun doute, a déterminé l'état hydrographique de la planète et les changements que l'on observe périodiquement dans ses aspects. Quelque chose d'analogue se produirait sur la Terre si l'un de nus pôles venait à être transporté subitement au centre de l'Afrique. Les gonllements que l'on observe dans nos torrents à la fonte des neiges des Alpes en donnent aussi une petite image. C'est au mois de septembre que les glaces polaires terrestres sont le plus réduites, et c'est aussi le meilleur mois pour les excursions sur les glaciers. Si nos mois avaient 60 jours au lieu de 30 jours, si l'action solaire durait deux l'ois plus longtemps, il n'est pas douteux que les glaces polaires seraient beaucoup plus fondues, peut-être même entièrement. C'est ce ([ui arrive sur Mars. Les 254 LA l'LANÈTE MARS. 1895 neiges s'amoncellent durant la longue nuit polaire de 10 ou 12 mois et descendent jusqu'au delà du 70' degré de latitude; mais, pendant les 10 ou 12 mois suivants, le Soleil d'cté a le temps de fondre presque toute la neige. Remarquons aussi, dans la zone torride de Mars, un point situé par 268» de longitude et 16" de latitude boréale, où la neige a été vue pendant trois opposi- tions successives (1877-1882). Il y a sans doute là une montagne couverte de glaciers ('). Ces neiges polaires sont des précipitations de vapeur condensée par le froid. Est-ce de la vapeur d'eau? Les recherches d'analyse spectrale, principalement celles de Vogel, semblent bien l'indiquer. Si ce fait était incontostalde, il s'en- suivrait que la température de cette planète serait peu différente de la notre, et non pas de 50 ou 60 degrés au-dessous de zéro, comme on l'a supposé, car dans ce cas la vapeur d'eau ne serait pas un des éléments principaux de l'atmosphère de Mars et il faudrait plutôt songer à l'acide carbonique ou à d'autres liquides dont le point de congélation serait très bas. Les nuages sont très rares sur Mars. Tandis que la géographie terrestre serait si rarement et si difficilement reconnaissable pour un observateur situé dans l'espace, par exenqile sur la Ijune, à cause des nuages qui s'étendent presque constamment dans notre atmosphère, il n'en est pas de même sur Mars, toujours nettement visible. Çà et là, on aperçoit parfois des voiles blanchâtres, notam- ment sur les îles de la mer australe, sur l'Elysium et le Tempe. Leur blancheur est généralement plus grande ]<• matin et le soir qu'à midi. Ce pourraient être des brouillards, on de la rosée, ou de la gelée blanche. Tout conduit à penser que le climat de Mars est celui de nos hautes monta- gnes, très chaud en plein soleil de jour, très froid pendant la nuit. Pas de nuages en général, pas de pluies, des cirri et de la neige. Certaines régions paraissent intermédiaires entre l'eau et la terre. Telles sont les îles éparses dans la mer australe et la mer Erythrée, les péninsules de Deu- calion et de Pyrrlia, ainsi que Baltia et Nerigos. L'idée la plus naturelle et la plus conforme à l'analogie est de supposer là do vastes lagunes, dont le ton varie selon la profondeur d'eau. Plus il y a d'eau, plus le ton est foncé. L'aspect de la planète vai'ie constamment: « Une carte générale ne peut jamais représenter ce qui est, mais un ensemble de ce qui a été vu. Le meilleur moyen de se rendre compte des vrais aspects de la planète est d'examiner les centaines de dessins réunis dans l'ouvra;-'!.' de Flammarion. Voici un exemple : Le 15 sej - tembre 1892, le disque do Mars se présentait tel que le montre la figure sui- vante ( 191 ): la côte de la mer Hrytlirée, le Phison, l'Euphrato probablement, double, la double corne du golfe Sabanis avec l'Oroute et le Gehon, le golfe des l'erles, avec l'Indus, l'Ilydaspo et la Jamuna. Ce qui est le ]dus remarquable sur ce dessin, c'est la grande ile blanche qui s'élève en tournant presque jusqu'au (') .Wix atlanlica, à gauche de la mer du Sablier, au-dessous du Nc^ijcnthès. sr.m Ai'AUEi.Li. - i.A Ml-: snt mars. 255 pôle et qui réunissait eu un même tracé clair les îles de Deucalion, de Noachis et d'Argyre, formant un tout d'une longueur de GOOO kilomètres, d'un ton mêlé de jaune et de gris. C'était là un aspect tout particulier ('). Le disque oiTrait une pliase légère, analogue à celle de la I.une deux j(jurs ;ivanl la jilpine-l.uno. En haut, neige polaire australe ». Si l'on admet, ce (|ui est le plus probable, que les mers martiennes soient vrai- ment formées d'eau, on ne peut douter que les canaux en soient le prolongement ;\ travers les continents. Cette conclusion est confirmée par le fait qu'aux époques I. Schiajarelli.) se dévelo|ip.'int au puiatde réduire en certains moments à d'étroites iles toute la surface eontineiuale comprime entre leur parcours. Quand les neiges ont cessé de fondre, les canaux se rétrécissent et les aires jaunes reprennent leur étendue primitive. Ce curieux réseau des canaux a sans doute ]iour cause première la constitiilion géologique de la planète et les siècles l'auront entièrement formé. Il n'esi pisnéi-essaire d'y supposer l'action d'êtres intelligents, et malgré l'aspect géouiétriqiii' de ce système, on peut admettre qu'il est le produit de l'évolution de la planète, comme sur la Terre le canal de Mauica et du Mozambique. (') l'oir aiis>i plus haut, p. 78. 25G • LA PLAxNÈTE MAliS. 1895 Ce serait un problème non moins curieux que compliqué d'c^tudier le régime de CCS immenses cours d'eau d'où dépend, sans doute, princii)alenient la vie organique de la planète, étant donné que cette vie existe. Les variations d'aspect montrent que ce régime n'est pas constant. Parfois ces canaux sont d'une largeur considérable, qui peut s'étendre à 100 et -200 kilomètres, ce qui est arrivé, notam- ment, pour riiydaspe eu 186i, pour le Sinnente eu 1879, pour l'Acliéron en 1884, pour le Triton en 1888. Il y a là des variations énormes. Les saisons font varier considérablement les taches foncées, parmi lesquelles on eu ]ieut citer de fort petites, telles que la Fontaine de Jeunesse et le lac Mœris, qui ne dépassent jamais 100 à 150 kilomètres de diamètre. Mais le phénomène le plus surprenant des canaux de Mars est encore leur gémination, laquelle semble se produire principalement dans les mois qui précè- dent ou dans ceux qui suivent la grande inondation boréale, c'est-à-dire l'époque des équinoxes. En conséquence d'un rapide progrès qui, certainement, dure peu de jours, et parfois même quelques heures seulement, et dont nous ne con- naissons pas encore les détails, un canal change d'aspect, et li'un trait se trouve transformé dans toute sa longueur en deux lignes parallèles uniformes. La distance entre les deux nouveaux canaux s'étend parfois jusqu'à 600 kilomètres; leur ton varie du jaune roux au noir. Non seulement des canaux, mais des lacs se dédoublent Ces géminations ne se manifestent pas toutes ensemble, mais commencent à se produire çà et là à leur saison, sans ordre apparent. Certains canaux ne se dédoublent pas, par exemple le Xilosyrtis. Au bout de quelques mois, elles s'effacent, généralement vers le solstice austral de la planète. Les variations de largeur, d'intervalles, de position et de tons observés montrent que ces gémi- nations ue peuvent pas être des fonctions stables, géographiques, comme les canaux. L'observation en est d'une extrême difficulté et ne peut être faite que par un œil bien exercé ayant à sa disposition un instrument d'une grande puissance et d'une construction soignée. Leur aspect singulier, leur dessin géométrique, qui rappelle les travaux faits à la règle et au compas, ont conduit à y voir l'iruvre d'êtres intelligents habitant cette planète voisine. « Je me garderai bien, ajoute l'auteur, de combattre cette opinion, «[ui n'a rien d'irrationnel : mais, en tout cas, ce ne sont pas des travaux de caractère permanent, puisqu'une môme gémination jjcut clianger d'aspect et de grandeur d'une saison à l'autre. — On peut imaginer des œuvres qui n'ex- cluent pas la variabiliti', comme des travaux de culture et d'irrigation sur une grande échelle. Remar([uons aussi que si l'intervention d'êtres intelligents peut expliquer l'aspect géoniétriijuc dos géminations, elle n'est p:is indispensable, néanmoins, car la nature agit souvent géométriquement : les s|iliéroïilos parfaits des corps célestes et l'anneau de Saturne n'ont pas été travadlés au tour, et ce n'est pas avec le compas (jue l'arc-en-ciol aux splendides couleurs est tracé' SC.IIIAI'AKKI.LI. - LA VIF. SUR .\1AKS. 257 dans les nues. Et que dinnis-nous des iiolyrdres si réguliers du uioude dos cristaux! Kt dans le monde or£ranii|ue, n'avons-uous pas les rcuillcs syuirtrii[ues des plantes, les fleurs étoilées des prairies, les animaux de la mer, les spirales des coquilles aussi élégantes que les plus beaux dessins de l'architecture gotiiique? Dans toutes ces choses, les formes géométriques sont des consé- quences simples et nécessaires des luis qui gouvernent le monilo pliysiqiio el physiologique. Le plus simple est donc d'abord de supposer que les géininations martiennes ont pour cause les forces de la nature inorganique. LUes peuvent être des effets de lumière dans l'atmosphère de Mars, ou des illusions d'optique produites par la vapeur, ou des phénomènes de glace d'un hiver perpétuel au([uel toute la I)l;>nète serait condamnée, ou des crevasses doubles à la surface de cette glace, ou des crevasses simples dont l'image se doublerait par l'ell'et de fumées vomies sur de longues lignes et déplacées latéralement par le vent. L'examen de ces explications conduit toutefois à conclure qu'aucune d'elles n'est satisfaisante, ni pour l'ensemble des faits observés, ni puur les détails. Il est difficile de s'arrêter a aucune. Il serait plus facile de se satisfaire en introduisant l'action des fnrcos orga- niques. Ici le champ des hypotlièses s'agrandit et des combinaisnns inlinies se présentent. Des changements de végétation sur des espaces étendus et des générations de petits animaux en nombre immense pourraient fort bien êlr.î visibles à cette distance. Un observateur placé sur la Lune lunirrait constater l'époque de nos labours et celle de nos moissons. L'herbe des steppes de l'Eu- rope et de l'Asie serait indiquée, à la distance de Mars, par le changement de la coloration. Mais combien difficilement les Lunarieus ou les 'Martiens pourraient imaginer les véritaliles causes des changements de tons observés siu' la Terre sans avoir aucune connaissance de la nature terrestre ! Nous sommes dans le même cas pour Jlars, et tous nos essais d'explication sont arbitraires. Un rayon subit de lumière pourra briller un jour ou l'autre, comme l'invention inattendue de l'analyse spectrale. Espérons, et continuons d'étudier. La Vie sur la planète Mabs. Deux ans après l'étude précédente, M. Si-liia[iarelli revenail sur le iin'uue sujet darLS un nouvel article non moins iuléressant et peut-cire plus curieux encore, que nous allons également résumer. Pendant l'opposition de Is'Ji. on a vu les glaces polaires australes diuiinuer, du io mai au 15 août, de 2S00 à GOO kilomètres de diamètre. .\ la première date, elles s'étendaient jusqu'à IIT" de latitude. Celte diminution en .Si) joui-s correspond à 13 kilomètres par jour. Ensuite elles restèrent statiunnaires. Le solstice d'été arriva le :J1 août, et avec lui la plus grande irradiation solaire sur cette région. F., 11. 17 258 LA PLANÈTK MARS. 1895 Cependant le 2'i septembre cette calotte polaire était encore juste telle qu'au milien d'août. A la fin de septemlire, la fonte des neiges reprit et la calotte j)olaire conlinua à se rétrécir, si bien que, vei's le 25 octobre, M. Schiaparelli n'eu distinguait plus du tout. (Cependant, à Juvisy, nous avons continué à aper- cevoir encore un petit point blanc minuscule, et il eu a étc' de mémo pour M. Barnard, au mont Hamilton. et pour M. Brenner, on Istric. ) Cette rapide fusion d'une aussi grande quantité de neiges ne peut être sans conséquence sur les conditions hydrographiques de la planète. Sur la Terre, la fusion des neiges arctiques et antarctiques n'a pas une grande importance, parce que les calottes polaires glacées sont foules les deux environnées il'ua océan, t|ui va d'un pôle à l'autre : si son niveau s'élève iiar la fnsion d'une partie Lies neiges polaires, d'autre part il décroît par la congélation des neiges de l'autre pôle. Une semblable compensation ne peut avoir lieu sur Mars, la grande nier qui entoure le ])i'ile sud (■tant entièrement séparée des autres mers beaucou|i plus petites qui sont voisines ihi pôle nord. L'équilibre des masses liquides des deux liémisphères ne peut s'établir que par le moyen de l'écoulement à travers les continents qui occupent les régions intermédiaires, et telle est la cause pour laquelle les variations que l'on observe dans le système hydrographique de la ]ilanète doivent être attribuées en ijrandc. partie à celte attcrnalire de congé- lation et de fiiRion des neiges autour des deux pôles. Les canaux sont sans doute des dépressions du sol, d'une largeur de 100 à 'JllO kilomètres et plus, peu profondes, allant en lignes droites de long de milliers de kilomètres. L'absence do pluie fait qu'ils constituent le mécanisme principal pur lequel l'eau et la vie se répandent à la surface aride de la jilanète. Sur la Terre, les changements de saisons se correspondent dans les deux liémisphères avec des elfets presque entièrement symétriques. Les périodes de froid et de chaleur, de sécheresse et de pluie, se snccôdent alternativement à des intervalles de six mois et à peu près symétriquement sur chaque hi'unisphère. Sur Mars, les différences de saisons sont beaucoup plus marquées pour chaque hémisphère. Comme on peut le voir à l'insiiei'tion d'une carte, tout l'Océan est concentré autoui' du p(ili' austral, aui[nel. par coiiséiiuent, ainsi i|u'aux rc'gions circonvoisines, doit correspondre une vaste dépression du sut de la planète. L'hémisphère boréal, au contraire, étant presque entièrement occupé par un grand continent, nous sonmics raisonnablement iiorlés à penser qu'il y a là des terres élevées, surtout aux environs du pôle nord. Il doit en résultei' pour les idiniats et la vie organiijue dos consé(piences bien diverses suivant qu'il s'agit de la fonte des neiges boréales ou australes. Et c'est là un jioiut qui mcrile de nous arréti'i' un instant. Considérons d'abord la calotte des glaces polaires australes, qui se forme entièrement sur l'océan martien et en occupe parfois le tiers ou le quart. La fusion do ces glaces a pour résultat une éhivation du niveau général de l'Océan cl des petiles mers iutt'rieures qui l'onvironnent comme appendices. Cette élé- Si.IllAl'AKKI.ll. I.\ VI1-: suit MAUS. 2:>'J vation de nivo;iu jieut s^ufliro ;i iiiiiinlor tmitos les ]):uii('s hii^ises des coiiiiiieii(s et spdcialeiiieiit celles qui sont voisines de l'Ooéan. Kn ollet, ilans ectie saison de l'inondation, nous voyons beaucoup i)lns foncées et plus niarqui'os non seulement les mers intérieures, Adriati([ue, 'Pyrrliénienne, CiinnuM-ienne, des Sirènes, etc.. mais encore les détroits plus ou moins vastes qui les unissent à l'Océan, et l'Océan hii-uiëme. Les jiolfes qui d>'coupent le conlineiit deviennent plus visi- bles, et avec eux plusieurs des .grands canaux (jui, de l'Océan, directement se poussent dans les terres : par exemple la f,'rande Syrte et la Nilosyrtis qui en procède. Cette grande extension de l'océan, iionrianl. n'arrive pas jusqu'aux contrées plus intérieures des continents et aux régions boréales plus élevées. La fonte des neiges australes a pour effet de faire sortir l(>s mers de leur lit et d'occasionner ç;\ et là des inondations partielles vers les rivages. 11 est douteux que ce fait puisse êlre favorable à la vie organique et aux habitants di: la planète. [)(ï telles usurpations périodiques de la mer sur les continents ressemblent imi grand au flux et au reflux de nos marées, ipii n'est pas une bénédiction pour la Hollande et le littoral nord-ouest de l'Allemugne, dont les habitants se di'feiident comme ils peuvent à l'aide de digues, l^our Mars, la nature chimii[ue de la substance dissoute dans l'Océau devrait être prise eu considération. Si, par exemple, cette eau est saléa comme celle de nos mers, la /one envahie à chaque retour de l'été (tous les 23 mois) jiourrait servir à la fornuïtion de vastes salines ou donner lieu à une végétation d'un caractère spécial. Kn aucun cas cette eau ne pourrait servir à. la culture et aux travaux agricoles tels que nous les pratiquons. Tout difTérent est l'état de choses résultant de la fusion des neiges boréales. Situées au centre du continent, les masses liquides produites par cette fusion se répandent à la circonférence de la région neigeuse et convertissent en mer temporaire une large zone de terre, et, descendant vers les régions plus basses, produisent une immense inondation parfaitenient observable d'ici. Cette inonda- tion s'étend en ramifications nombreuses et donne naissance à de vastes lacs, au lac llyperboroc, à la mer .Vcidalienne. De grandes traînées d'eau se dirigent Acrs l'hémisphère austral et vers l'Océan, bassin naturel des eaux martiennes. Ija neige est le produit d'une distillation atmosphérique, dans laquelle l'eau est à son maximum de pureté. Autrement, l'évaporation de nos mers conduir.iit à la formation de pluies d'eau salée et de neige salée. Mais le sel ne s'évapore pas. L'eau des pluies et des neiges est douce et pure. La grande inondation boréale de Mars résultant de la fonte des neiges sur le sol est donc do l'eau duuce. S'il y a là une vie organique, son entretien est dû surtout à cette eau. Lt s'il y a sur Mars une population d'êtres raisonnables capables de combattre l;i nature et de la contraindre à servir ses besoins, la distribution régulière de celte eau douce sur les i-égious aptes à la culture doit constituer le problème principal et les préoccupations continuelle des ingénieurs et des statisticiens. Nous sommes très privilégiés sur la Terre. La pluie tonilie gratuitement, et %{) LA l'LANÈTE MAKS. 1895 gr iiiiitement aussi la neige se condense au sommet des montagnes. Les ruisseaux et les rivières nous apportent l'eau sans fatigue pour nous. Les pauvres Martiens ont des conditions d'existence beaucoup plus dures. Rares sont les nuages, nulles les pluies. Ni fontaines, ni cours d'eau. Toute la ressource est la grande inonda- tion boréale dont il vient d'être question. Il faut atout prix utiliser cette eau avant qu'elle aille so perdre dans la mer australe, sans compter les pertes inévi- tables duos à r('vaporatioii, aux infiltrations, ans erreui'S de distribution, etc. La vie des citoyens en dépend. On va croire que nous entrons dans le roman. Moins peut-être que certaines publications audacieuses et non inoffensives ([ui, sous le nom sacré de la Science, s'impriment dans les livres et se [)r(''cbeiit dans les assemblées et à l'Université même. Les canaux ne sont pas aussi larges qu ils le paraissent, autrement ils donne- raient passage en i)eu d'heures h toute l'eau de l'inondation. Non seulenieut les eaux ne pourraient être appliquées pendant plusieurs mois à la culture, mais encore elles seraient revenues à la mer avant qu'on ait pu en tirer aucun service. Ce sont là des 7,ones de végétation à gauche et à droite des canaux, lesquels ne sont pas assez larges pour être perceptiides d'ici. Le reste des continents, d'mie couleur jaune, est, sans doute, conqîlètement aride et désert. Quoique la jiesanteur soit plus faible sur Mars qu'ici, l'eau a toujours une tendance à descendre et à se r('pandre dans les bas sillons de la végétatio)i, sillons qui ont les dimensions de la mer Rouge, et auxquels le nom de vallées conviendrait entièrement. Les plateaux supi'rieurs restent secs. Ces larges vallées aboutissent à des lacs, à, des mers, ou à d'autres vallées. Comme le tou foncé, effet de la végétation ou de l'irrigation, occupe toute la largeur apparente de ces vallées, les deux pentes latérales sont accessibles à l'eau aussi bien que le fond. Leur énorme largeur nous fait penser qu'elles ont été creusées par la nature et non par un travail humain. Si pourtant on arrête sou attention sur certains détails et surtout sur les mysté- rieuses géminations et leur extraordinaire régularité', l'idée que certaines parties secondaires peuvent être dues à des êtres intelligents ne doit pas être rejetée comme une ali^urdité, an contraire. Supposons, un instant, que tout cela soit naturel, sans intervention de pensée directrice. Les neiges du jiôle boréal, à mesure qu'elles sont fondues, courent à l'Océan eu suivant les vallées qui leur offrent le chemin le plus facile. Si le huid des vallées est concave, l'eau se rassemble en un courant assez étroit et ne s'étend l)as sur les pentes latérales; elle n'y détermine pas non plus la végétation qui nous rend visibles ces vallées. Le cours d'eau existe, mais ne sera pas visible à nos télescopes, l'uur i\nQ l'eau et la vi'gétatiou s'étendent sur une largeur de 100 ou 21)0 kilomètres, il faut ijue le fond do la vallée soit plat et uniforme. Nous aurons alors (|uelque chose de semblable ;\ un vaste marais dans lequel pourr(Uit se dévelopjx'r une llorc et uuo faune analogues à celles de notre époiiue carbo- s cm A l'A lu: 1.1,1. i.A V1I-; suit M A us. ï(;i nifère. Cette hypothèse rend comiite des stries obscures simples: mais le fait des gémiuatious temporaires reste inexpliqué. On n'arrive pas à comprendrit pour- cpioi en une même vallée l'arrosemcnt et la véL'étation se l'ont ipiol(|noriiis sur une seule ligne, quelquefois sur deux lignes parallèles de largeur et d'intervalles inégaux, entre lesquelles reste un espace stérile ou dépourvu d'eau. Ici l'inter- vention d'une pensée intelligente semble bien indiquée. Que le lecteur veuille bien considérer la ligure suivante, qui a pour objet de représenter une section transversale d'une grande vallée martienne. Soient AA les bords extérieurs de la vallée et B le fond. Si à l'arrivée de l'inondation l'eau Fig. l'J-'. — Coupe iiiia'jiiiniii' d'un cinal de Mars, pai- .\I. s^cluaiiareUi. ])('nètre dans la vallée sans aucun arrangement, elle suivra le fond ronune un torrent. Pour donner à toute la vallée l'irrigation nécessaire comme (Quantité et comme durée, les ingénieurs auront dû creuser le long des ]ientes des canaux étages A. diverses hauteurs, m. n, ji, tn'. n. p . Entre ces canaux longitudin:i.ux parallèles le terrain suit sa pente naturelle. L'eau du canal le plus élevé \ m, m'} peut arriver au canal inférieur (ii, n' ) arrosant toute la zone cultivée intermé- diaire m, n, in', n', et ainsi de suite. .\ l'extrémité boréale, de robustes digues maintiennent l'eau, qu'on laisse arriver aux époques convenables, tandis qu'à l'extrémité australe et plus basse d'autres purtes de canaux laissent s'écouler l'eau, ai)rès les besoins réalisés. Ou dirige l'irrigation à volonté. Imaginons ((u'en plein été de l'hémisphère nord la grande inondation boréale arrive à sa hauteur maximum. Le ministre de l'.Xgriculture ordipune d'ouvrir les écluses les plus élevées et d'emplir d'eau les deux canaux supérieurs m et m'. L'irrigation s'étend alors sur les deux zones latérales supérieures »i, ii, tu', x'. la vallée change de couleur en ces deux zones, et l'astronome terrestre voit une gémiuation. Lorsque le temps nécessaire pour assurer le cycle végétatif le long de ces deux premières zones est accompli, on ouvre les écluses des canaux infé- rieurs. Les variétés et changements de géniiuations et de largeur do canaux selon la fusion estivale des neiges s'expliqueraient parfaiteuii'ut ainsi. Il va sans dire que les ingénieurs n'oublieraient pas de conserver des réservoirs pleins, pour l'arrosage des jardins et l'usage quotidien des habitants, et n'ouvriraient les écluses inférieures que lorsque l'on n'aurait [dus besoin de rien. Sans entrer dans plus de détails, il serait facile de faire varier toute cette organisation hydro- graphique et d'expliquer par là toutes nos oliservations. L'institution d'un socialisme collectif semble bien devoir résulter d'une pareille communauté d'intérêts et d'une solidarité universelle entre les citoyens, véritable phalanstère qui pourrait être considéré comme le paradis des socialistes. Ou peut iiil LA PLANISTE MAItS. 1895 aussi iiiKinincr une grande l'édi'ratiou de riiiiiiianité dans laiiuelle chaque vallée constituerait un Etat indépendant. L'intérêt de chacun et l'intérêt de tous ne se distinguent pas l'un de l'autre; les sciences mathématiques, la météorologie, la physique, l'hj'drographie et l'art des constructions y sont sans doute élevés à un haut degrc" de perfection : les dissidences inlei'nationales et les guerres y sont inconnues: tous les etTorts intellectuels qui, chez les habitants insensés d'un monde vnisin sont consumés à se nuire réciproquement, sont unanimement dirigés à combattre l'ennemi comnnin, Li difficulté que l'avare Nature oppose à chaciuo pas. .Te laisse maintenant, au lecteur, le soin de continuer ces considérations, et, jiour moi, je descemls de l'hippogi-yphe. Telles sont I(_'S iugiMiii'uses et i.iriginales considiTations que rilluslre direcleui' de 11 ihservatoire île .Milan a e.\pi)Si/es dans cette curieuse étude sur Mars, en ayant pris la liberté de sortir nu instant de l'austérité du savant et du rnatliéniaticien à l.iquelle ses profonds travaux nous ont accou- tunii's. En nous adressant cet arlicle.il écrivit, en télé de la première fiage, en manière d'excuse : « Srmcl in anno ticcl Insanirc ». mots que nous tradui- rions volontiers par : Il est permis de il irr des folirs deu.r fuis par an. Si l'on n'en disait que de celte sorte, le monde ser;iil pins sage. De ces études, nous garderons certains .•irgunients applicables ,iu [irngrés de notre connaissance générale de la jdanète : variations des asiieits de la surface dues à l'eau produite par la fonte des neiges, eau douce dans les régions boréales et pouvant être salée dans les régions australes; origine n;ilurelle des canau.x et leur aiTangemenl |)Ossilde [lar rindiislrie des li;ilii- tants. Ce sont l;i des pierres pour notre edillci>. Très cerl.-iinement on [leiit discuter tout cela, non sans [d;iisir d'.iilb'urs. Nous avons vu plus haut, par exemple, que les iri-égnlariti's de tiuis, les traini'CS somltres observées dans les mers martiennes ont conduit [dusieurs aslrononu's à penser que ce ne sont p;is là de veritaldes nn'rs. l'.ependant ces irregiilarili's dotons pouri'aienl fort bien s'exidiquer. ,lans rbyiintlièse des nier>, en admettant qu'idles ne sont p;is profondes et qu'un en dislingue les Inmls. plus ou moins v.arii's. On [louri-ait également admeltre que ce soni des iiiaiais plus on moins peuplés de plantes, l'.nmparons les idiservatiiuis le> plus ciinlr;i- dii loires. (jlierclions. [.es « canaux >■ ne pourr;iient-ils èlre produits [lar des successions de valIiM's plus ou moins ri'ciiligiies que l'ii'il ri'unii'ait 'r* J. OlUi. Li:S CANAUX im MAUS. 203 CC'IX. —.1. Oiiii. Les canaux dk Maks ni; pkuvknt i'as êtiie autii-iciei.s (M- Les cousidc'raliou-; sui\aiilos, aiix antijiodos îles préci'iirntos, soiil extraites du .Journal of tlic nrilish Aslronoiiiical Association, voL V, 1895. yi. J. Orr. iiH'iidire de la Scctidu de rLcosse occidentale, se prupose de iinai- trer limpossibilité absolue que les soi-disant canaux soient d'une origine artili- eielle, le travail d'une pr6t(;ndue population martienne. « Eu traçant des rainures sur un globe fortement éclairé. M. *Jrr a calculé que la largeur minimum que iloivent avoir les canaux de Mars ])our être visibles est de 53 kilomètres. La longueur d'un canal moyen, mesurée sur les cartes de Schiaparelli, est d'environ 3200 kilomètres. Et puisque, sur la Terre, les fuites dans le sol. l'évaporation, etc. déterminent la profondeur minimum à donner au canal pour assurer l'approvisionnement d'eau nécessaire au centre, on est conduit à attribuer à un canal de Mars, tel que le Tartare, par exeuqjle, une profondeur d'au moins 110 mètres. Eu tenant compte de l'intensité de la pesan- teur, c'est-à-dire en admettant que l'excavation d'un fossé martien de 70 mètres de profondeur représente le même travail que celui que nécessite un canal ter- restre de 26 mètres, on trouve que les canaux de Mars équivalent à environ 1634 000 fois le canal de Suez et exigeraient pour leur construction une armée de 200 millions d'iiommes travaillant 1000 de nos années. Admettant encore que la population soit proportionnelle à la surface, puisque la surface de la Terre est 3 fois V plus grande que celle de Mars, nous pouvons disposer d'une population martienne de -lO'J millions d'individus. Tous les hommes adultes et une grande partie des femmes ont dû être embauchés dans cette grande entreprise. a L'auteur suppose donc que les canaux n'ont rien d'artificiel, et sont de grandes crevasses causées par la contraction de la surface sous l'action du refroidissement, la planète étant dans une phase vitale considérablement plus avancée que celle de la Terre. >i Après la projection d'un tableau représentant le système général des canaux tel qu'il a été donné par t>chiaparelli, le président de la Section, yi. E.-W. Maunder, de l'Observatoire de Greenwich, ajoute que « la note statis " tique, mais néanmoins amusante, do .^L Orr est •< un clou de plus dans le cer- » cueil de l'absurde idée » qui attribue les canaux de Mars h un travail d'agents I) humains. Le simple fait que les ressources entières d'une des plus grandes « nations de l'Europe n'ont pas suffi à creuser un petit fossé de 42 kilomètres .< de longueur et de quelques pieds de profondeur peut nous convaincre que » les habitants de Mars, à supposer qu'ils existent, n'auraient pu creuser .. 130,000 à 160,000 kilomètres de canaux de ou kilomètres de large! « Notre devoir est de tout publier ici. M. On- aurait uO'ert un travail de sta- ('1 Astr. Hoc. of the Pacific, 18U5. VII, p. 122, eiJourn. of lltc Br. Asti: Ass.X. 2ti'i LA PLAN ET E M A US. IS'Jô lislùjue plus complet encore, s'il avait essayé d'évaluer le prix de revient de la constrnlc jièse là beaucoup moins qu'ici ; la main-d'œuvre y esl iiciit-èlre lion marché, si les ouvri(U's ne mangent que les figues du di'serl, etc. X(;'anmoins, la somme serait tr(qi forte au^si pour être acce]!- talile [lar des citoyens aussi raisonnaldes (jue nous. Onant à la population actuelle de Mars, il l';indr;iit aussi pouvoir déter- miner la l'écoudite des femmes martiennes. Nous n'avons encore aucun speclroscope (lOur cela. .Sérieuseaieut, nous pouvons avouer que ces aspects sont parfaitement énigmatiques et ijue toutes les hypothèses sont permises. A la liuiiti- de la visibilité, les canaux ne siml probablement pas ce qu'ils paraissent être. CC.X. — >Lu',SDi-,N M.vxsu.N. — Les Clim.\ts de M.^us (M. \'oii'i mainicnaiil une discussion d'un autre ordre sur les climals pi'o- baljles di' la planète. Le fait que Mars présente des plii''noiii<" ues indiquant que les climats de ses i-égions polaires sont plus doux que ceux de la Terre semble intriguer bien des étudiants en astronomie. An lieu d'essayer d'expliquer ces phénomènes par dos di'iluetions logiques, tirées de faits admis et do lois connues, quelques-uns semblent prendre plaisir à exercer leur imagination eu les attribuant à des con- ditions d'une possibilité très douteuse, dont ils établissent l'existence iiar une série d'arguments qui dépassent la limite de crédulité que peuvent raisonnable- ment leui- iictroyer leurs collègues. Nous nous ]iroi)osons de montrer que les conditions climatériques dont l'exis- lence sur Mars est généralement admise peuvent être expliquées au moyen de suppositions et d'hypotlièses restant dans le domaine du sens connium ; les argu- m^'Uis seront sinqjles et fondamentaux, et, jusqu'à ce qu'on ait établi qu'ils reposent sur des prémisses incorrectes ou ([uo des conclusions erronées en ont i'l(" déduites, l'imagination scientilique sera restreinte à ses limites raisonnables. La planète Mars est environ une fois et demie plus éloignée du Soleil (|ue la 'lerre et son volume est ;\ jieu i)i-ès le septième de celui de notre globe. Con- trairement au reste des autres corps i>iiitninetlcntcnl [') Astr. «oc. 0/ lliu l'iicilic, 18'.)5, VU. MMisnrN MANSoy. ^ Li:s climats ni- mahs. 205 plus froids, car la quauiité de chaleur qu'une planète reçoit du Soleil n'est pas le seul facteur primaire qui détermine la température de sa surface; il y en a d'autres qui joueut un rOle considérable et dont l'omission rendrait les raison- nements illusoires. C'est cet oubli qui a rendu difflcile l'interprétation des con- ditions climatériques qui prévalent sur Mars et a fait douter certains astronomes que les climats y pouvaient être plus doux qu'ici. D'autres, pour exj)liquer la formation et la fusion des neiges polaires, ont imaginé de substituer à la vapeur d'eau quelque autre substance. Alors que chaque pôle de Mars sort de sou hiver, on observe, en elfet, des taches comparativement blanches qui l'entourent. Elles sont généralement situées aux latitudes de 84" à Sî°, c'est-à-dire à 6 ou 8 degrés du pôle, bien qu'elles puissent s'étendre quelquefois jusqu'à 60" et même ôh° de latitude, sur un arc de '30 à 70 degrés; elles disparaissent en totalité ou en partie, l'été sui- vant, lorsque le pôle est resté tourné vers le Soleil. Les bords s'évanouissent rapidement, mais les taches voisines du pôle persistent pendant plusieurs mois. Ces phénomènes admettent la très simple interprétation suivante, qui est d'ail- leurs généralement acceptée : ces taches sont des neiges polaires qui se forment ou qui fondent selon les saisons; mais l'entreprise d'expliquer comment une planète, recevant moitié moins de lumière et de chaleur que la Terre, puisse jouir à ses hautes latitudes d'un hiver si doux et d'un été si chaud a toujours été jusqu'ici considérée comme diflicile. Le D' Bâtes avance (') que ces taches polaires iiourraieut bien être des plages d'acide carbonique i('0-i et sa théorie a pour elle d'avoir trouvé quelque crédit auprès du Prof. Campbell, de la .Section astronomique de Liek, à l'Université de Californie. Mais aucune autorité ne nous explique ni ce que serait devenue l'eau qui a pu exister sur la planète et qui aurait été condensée avant l'anhydride carbonique, ni pourquoi, après l'évaporation de ce dernier, nous n'apercevons pas la neige et la glace, blanches également, (jui ont dû être formées et précipitées bien avant que la planète eût atteint la température extrêmement basse à laquelle se congèle l'anhydride carbonique. Avant que cette interprétation remarcjuable soit l'objet d'une discussion, il faudrait établir que l'eau n'a jamais existé sur Mars, car elle eut été congelée d'abord et eût recouvert la planète d'une couche blanche sur laquelle la condensation et la fusion de l'anhydride carbonique, également blanc, seraient invisibles. Et la même objection peut évidemment être opposée à toute autre substance ayant un point de fusion compris entre ceux de l'eau et de l'anhydride carbonique. Quel que .soit le point de fusiou de la substance qui cause les calottes polaires de Mars, il est nécessairement le plus élevé qui puisse se rencontrer dans la série des constituants de l'atmosphère de la planète, car aussitôt après sa fusion nous observons la surface générale de l'astre. {') Publicalions A. S. P., vol. VL P- 3Û0. — Voyez plus haut, p. r.G. 2C6 LA IM.A M;T1: m a II s. 1.<'J.-> Li;s FACTEURS O-Mis. — Au cuurs r la chaleur et qui détermine l'i'xcès de la chaleur reçue sur la chaleur rayounée; '.'<" eulin le temps pendant lequel ces facteurs ont agi. .\]ipln|uons ce raisonnement îi Mars. Nous pouvons lixcr en termes généraux la valeur relative de chaque cause, le résultat logique de cette combinaison cl.uit que Mars jouit d'un climat général plus doux que celui de la Terre. (') Le climat de Vénus semble être aujourd'hui dans cet étal. CA.Ml'BKl.l.. — I.KS OALOTTF.S l'OLM H KS DK MAltS. i'C: roiir le premier [loint, la quantité de chaleur et de lumière reçue par l'unité de surface de Mars est environ les ^J, de la quantité correspondante relative à notre ;4'lohe. L'existence et l'efTicacité du second facteur sont rendues manifestes parle niani|uc de rayons bleus et l'excès de rayons rouges ou oranu'es qui existent dans la lumière solaire rélléohie par Mars, établissant ainsi q\ie l'atmosiihère martienne a le pouvoir d'extrair»; et de retenir ces mêmes rayons qui sont le plus aisément retenus par l'atmosphère terrestre. Ce déficit montre que l'excès lie la chaleur reçue sur la chaleur rayonnée est une quantité positive, ou, en d'autres termes, que Mars, eonuiie la Terre, est, on bien un cor]is aci'umulant de la chaleur, et (jue la tem])érature de sa surface augmente encore graduelle- ment, ou bien que la température de la surface est constante, l'excès de l'énergie solaire étant employée à y maintenir ces conditions et à agir à sa surface. Quant ;\ la troisième cause, le temps, elle est manifestement plus influente sur Mars que sur la Terre; la masse de ÎMars est, en effet, égale à la neuvième pai lie de celle de la Terre, et cette planète a dû perdre sa chaleur interne en un temps plus court et devenir, bien plus tôt que la Terre, capable de recevoir la chaleur de l'extérieur. Les trois causes jirincipales que nous venons d'euvi-^ager sont donc positives t lion de remarquer encore une fois que. ([uellc que soit la nature île ratmos]dière de Mars, les astronomes l'ont toujours tenue pour capable d'em- magasiner la chaleur solaire, et ont toujours pense que le maximum de tempé- rature arrivait après le sulstiee d'été; mais la fusion des neiges polaires après la culmination du soleil sur leur horizon ne prouve ni cotte assertion ni l'as- serlion contraire;. FI.AMMAIJÎO.N. — DATES DES SAISONS SUU M Ali S. ;'(i'.) ol'I'i )SITI()X i)E isDCi. CGXII. — I'[.AMMAIllll\. — ItATKS DES SAISONS SIR MaUS. Au moment de comiiarer entre elles les oliservalioiis l'ailrs priidaiil l'ciji- position de 189G, il m'a paru necessaii'e d'i^xauiiner avec un soiu |iai-iicii- lier les époques des saisons à la surl'aci' de la plaiirte. A mesure ijur l'on avance dans l'étude d'un sujet, on exiye jilns dr in-érision dans les détails. Jusqu'à présent, dans rélablissemenl des dates des équinoxes et des solstices mai-liens, nous lU- nous sommes pas assez préoccupés, peut-être, de la variation due à la précession des ('(juinoxes U.'rrestr(_'S. V.Wr n'i'sl pourtant pas sans valeur. Les premières déterminations un peu précises de la direction de l'axr de rotation de la planète ont été faites jiar William Hersehcd en IT-^o et pur Schrieter en 1798. Le premier trouva : Longitude céleste où |>ointe le pôle nonl 317 i7 Laliiude T- ô!) -ii Le second : Longitude 3hi j.i Latitude -;- (H) 3:! De 1830 à 18.37, Bessel a fait une série de mesures et a trouvé : Longitude . 349 1 Latitude +01 '.i OU Ascension droite. .. . 317 M D-Jcliuaison. . . .■ - .M -j En 1877, JL Schiaparelli, adoptant cette dernière détermination pour LS3), et la corrigeant de la variation annuelle causi'O par la [u'écession terrestre, de -1-0', 485 et +0'.247, obtint pour 1877 : 0 ' Asi'ension droite 317 5.") Déclinaison - 511 l(i En 1879, les observations de la tache polaire australe ont donné au même astr( - nome les valeurs suivantes pinw la direction du pôle boréal sur la sphér,' céleste : Ascension droitp. ... 318 7. S ; équinoxe Déclinaison -r- 53 37. M ISSO. 0 L'iuclinaisondel'ér{uateurdeMarssur son orbite, résultantde cette position, est : ■2 i" 5-2.0 'J70 1-A l'LANKTK MAHS. ISOr. Dans le premier Volume de cet Ouvrage, nous avons adopté que la planète passe à son solstice austral quand sa longitude héliocentriquo est de l-ir)!]"!.-;'. En 1895. M. llcrniau Struve a dr'terniiné les élémi'nts uraniigr:iplii(iues de la planète par l'analyse du mouvement des orbites des satellites et a trouvé pour le nœud ou l'intersection du plan de l'équatcur martien avec le plan de l'orbite : Longiliid.' 811 'j7,5 et pour l'inclinaison de l'équateur de Mars sur son orbite ou l'obliquit ■ de l'éclip- tique pour Mars : ■2 j" [■/.■; Ce ([ui conduit pour les coonlonnées du pôle nord : Ascension droite. .'îi; o.i; , (■■quuio.xe Déclinaison ô'j :io.l i IsnO. u Dans ses éphémériiles pour l'opposition de ls'.ir,-is'.i7, M. M.artli a a(l(iptc. non sans hésitation, ces dernièi'es iléterminatinns. l/ini-liiiaisiin de l'équatcur sur l'orbite est augmentée de 0",:i'i'i, mais le nœud de l'orbite est reculé de 'J",'.!;:! i ' i. (') En IS'.IS, M. Cromiiielin a cniistruit son l'phrméri.le avec les constantes de M. Sli'uve, la position du pnle iiomI |iiiiii' IS.iS,(i ri. ml : o Ascension ilri.)ii,t.' ;îl7 l.'i et Distance pol;iire ... 'M 'i^) on Déclinaison .. Wi ]1 quûi<|ue Cts données dilfeient très seusiblenieiit de ''elles déduites des taches qui, fcipiiortées à lSy8, sont : Seliia|.,iiTlli . ::IS.,'; :!(;,:il Lolise, is.^'l!.. . lîi.s.::', .■îG,ii:; Lolise, K'X) '.IIR.').. :iu,iij MuyL'unes. ;!is":îr> aii":;7 En 1902, dans les épliéiiui'idi's p.nir ^..ppn^itillll de l'.tllM!ill3. M. Cromnieliii a |iris pour coordonnées (1UI13,0) : () Ascen.^ien droite , ;;i/,'.'7 Dislance |iolaire. , . ;î7,3ij D'ajirès ces éphéraéj-iiles, la date de l'éiiuiiioxe de printemps de l'hémisplière boréal uu la longitude ai'éocontriqiie du Soleil rapportée au plan de l'urbite de Mars (G -- 0", cuiTespondaiit au 'iU iiuu-s lerrestre) est le i:i août IIHH, le solstice d'été le -,'7 fovrici- 19113 et rci|uino.\e d'autiuiine le 'i'J août suivant. La longitude héliocentrique de Mars au niuiiieid de l'éqtunoxc vernal est pour \'Mi : &'r 17'. l-[. VMM AlilON. - D.\Ti:S DKS SAISONS SIK M A I! > La varialiou aiiinielle de ia lonu-iiiido li('liucontri((ue lift Mars par siiite ilc la précession terrestre est de — ."i(r,?5 et de- 7". 07 par suite de la préeessimi de Mars il'iuclinaison de l'orbite de Mars sur l'écliptique terrestre | !"5I'| est négligeable) = 'iS', 18 pour l'éiioqiio aciiiello. Les époques du comniencemeiit des saisons d'une planète sont déterniinc'es par les positions respectives du i>lan de son <'M(ii,-itciir et du plan i\o son orbite. Soient S i ' i le centre du Soleil; S II une derai-droitc! dirigi>o perpendicidaireMient au plan de l'orbite de la planète considérée et menée dans un sens tel qu'un observateur couché sur cette ligne les pieds en S voie l'astre tourner dans le sens direct: SI' une |)arallèle à l'axe de rotation de la planète et dirigée selon des consiilérations analogues. L'équinoxe de printemps, dont la connais- sance suffit à fixer toutes les dates rela- tives aux saisons, s'obtient en menant une demi-droite SL perpemlii-ulaire- inent au plan !1S1> dans un sens tel que, pour un observateur couclié sur cette ligue, les pieds en S, une rotation dans le sens direct amène l'axe SU à coïnci- der avec l'axe SP. Soient L et l les coordonnées longitude et latitude du point II: L' et /' cidies du point P; on calculera d'abord la l(_iugitude A de l'équinoxe E par l;i fornudr b"ig. l'j.;. Il) ang ( .' L + L' '-) in(/-/'l , L-L' cotang ^ — siu ( / — i puis sa latitude ). par l'une ou l'autre des formules tang À = sin i L — A ) cotanc l — sin ( L' — A) cotang /'. Les coordonnées du jioint II se déduisent de la longitude du no dant !Z de l'orbite de la jilanète et de son inclinaison /, telles ([u'on dans la C'oiuiai.ssa/ice des Ti'iiijis : ud ascen- les trouve L :i;-!io' 'JU' — i. La position du point P est connue avec moins de précision. Nous avons, d'après IL Struve, les valeurs suivantes r:ipportées à l'équinoxi! moyen de 1903. 0 : ffi = 317° ic \r CD = 5«- 38' •24", '') Nous avons confié cet intéressant calcul à l'obligeance de .M. H. Chrélien, l'un de U'js jeimes et savants collègues de la Société Astronomique de l-rai.c . 272 1-A PLANÈTE MARS. I89G soit, ou cooi-doimées écliptiques, L' = :i,J2"0'l!l" r = 63" 15' 3;r'. Ou trouve, d'autre part, daus la Connaissance des Temps pour la même époi[uo : n ='4S"'iO' 'i3",4 (■== l-ûl' 1", 1. En portant ces éléments daus les formules (1) et (2j ou trouve pour I'.)03.0 A = 81" 17' 1-4" }. = l'>i'î6", et pour l'inclluaisou de l'axe de Mars sur celui de sou orbite IISI' = w = 25° 13'. La longitude liélioceutrique moyenne pour une année t, voisine de 1003, sera A,= A-T- 13",1'J (( — 1903,0). [iriii- Nous adopterons 84" 17' 13" pour la longitude de Mars à l'équinoxe de temps de 1903, et nous trouverons pour les oppositions antérieures ; 1901,0... 84 Ifi 1899,0... 84 14 1897,0... 84 l.'i 1894,0. . 84 11 189-:!,0... 84 9 Nous avons ilouc maintenant pour les longitudes héliocentriiiues de Mars au commencement de chacune de ses saisons : u / I' III Iviuinoxe de priuleiiips boro.il 84 17 13 ;^oûll9(l^. à 'i Tl Solstice il'él.' bnré.il 174 17 27 février 1903 à ÎO 1 Kquino.xe d'auloniue iiorénl 264 17 29 août 1903.. à 2u 40 Solstice d'hiver boréal 354 17 23janvier 1904 à 7 31 L'JunÉu Di;s s.visoNs kt dk l'.^nnée tropique en jours terrkstrks. De rrimiuuxo (le priiiteniijs boréal au solstice ilï-li'... 198 j 17 li Du solstice d'été à l'équinoxe d'automne IS3 I De l'équinoxe d'automne au solstic-e d'hiver I4ii 11 Du solstice d'hiver à l'éiiuinoxo de printemps I.i8 18 Année tropique G8G 23 OBSKUV MdllU, \)\: .lrVIS^ •2:3 D'après ces données, nous continuerons comme il suit li^ tableau dos saisons martiennes publié pour la première fois à la page hl't de notre prcniier N'olunn- et (|ni n'était qu'approximatif. DATES DES SAISONS SLli MMiS. iltMiiisi-hel-o austral. Hciiiîspht-re IiurOu'. Siilstice Equinoxe SoUtice Efiuiuuxe Solstic'e Ei|uinoxc Si>lsUcc Equinoxe SoUtico Etjuiiioxc SoUtife E'Hiiii'-'Xe Solstice E luinoxr SolsticL' P^juiniixe Solstice Equiaoxe Solstice E(|uinoxe Solstice Equinoxe Solstice Equinoxe Solstice Equinoxe pi*iutenip-< été automne hiver printemps éli! automne liiver printemps été auloinne hivei' printemps été autonine hiver printemps été automne hiver printemps été automne hiver printemps été automne Eipiiuose Solstice Equinoxe Solstice Equinoxe Solstice Eiluinoxe Solstice Equinoxe Solstice P^quiuoxe Solstice Equinoxe SolstiCâ Equinoxe Solstice E(]Uinoxe Solstice Equinoxe .Sol.siice Equinoxe Solstice Equinoxe Solstice Equinoxe Solsti.-,. KquiuOXe automne hiver jiriuleniiis ete automne hiver printemps été automne hiver printem|is été automne hiver printeTups été automne hiver printemps été automne hiver printemps été autoume hiver j.rinlemps mai octohre mars octohre avril aoiit l'évrier août février juillet ilécemb. jUllh't janvier juin uovemb. ls;),x mai I.Silil novenib. I.si)'.) IX!I2 IS'Ji IS'.i:; 18:i:! l.s!)l ISU'i KS'.l;) isa.". IS'.iii ISilll ISii'l I.SII7 I.S'.IS ISUS avril sept. avril octobre mars août l'évrier août janvier juin HKin IIIIKI lUUl l'.WI l'.lii-.' I9ii:; 191 Ci l'M'i lOll'. 0 — 1 il'l :;:.'i m 8'. 10 174 11 .'lii 11 ni.'i 11 8'. a 174 u ■,'i;'i 1,' l:; 14 17Î ■20 I 8'. 174 ■.'1)4 nô4 lâ| ,s'i lii 171 Iti -;iii iiil :'.:.'. 17 SI 171 174 17, ■2i/i 18 :;:/■ 18 ! x; i.s IKi K'Q 1119 is:i lii; 1:.!) 198 181 l'.li I.VJ pis is:; 147 l.'lll lii8 is:; Ii7 15:1 lus is:; 147 i;.H r.i8 157 I.V.I Dates lie» opjiusitioits. '1 aoUl 18;r.; ■-'Il octohre 18'ji Il ileCemlirelX!lli 'iSjauvi.T 1899 ' février l'iijl ':9 mars 19(i:! CCXIIl. — OliSF.RVATIOXS l-\AITES .\ l'( IliSKK V.vrOIllE DE .IL'VISY PEND.\NT L'ilPI'OSirinN DE ISOG. M. Fl.\.\im.\uion, Directeur; M. Antoniadi, astronome-adjoint. Opposition 11 décembre Diamètre à ropposition ÎG", 9 Distance = 0,5608 ou S3r).5!»O0ii kilomètres Légèrement incliné du pôle boréal; équateur uu peu plus baut que le centre. Solstice d'hiver boréal 14 juillet Is'.Hi Equinoxe de printemps boréal -20 décembre 18'JH Solstice d'été boréa' fi juillet 1897 F., II. 18 ÎT'i l.A l'I.ANKTK MARS. 1890 Les observalions ont été commencées des les premiers jours du mois de mni. Voici renseml:)le de celles que nous avons faites \']. 17 mai : 15''i5™ h IGiiir)™. Diamètre = li", 0. Longitude du centre, À = ll.")»±. Honiie imap-e. — La calotte polaire australe embrasse un angle de^ri"::, et est Imrdéo d'une lionde gris sornlire. Les détails du globe sont indistincts i fig. Al. l-,\juin : 10'' 15"'. Diam. = (i",(i7. >. = Olfi". Kxcellente image. — T. a cnlotti" polaire Fig. Ifi'i. .-\. — 17 mai. I.".'' IJ"' a IG'20"- L..11-. Il:,» /;. — \-i juin. W' ib">. r.Diiï-. ■.m:,». C. — 2;iiiMn. \'.,''M"\ Li.ii-. ',li>. Mais (Il 181111. D. — -.'7 juin. 1 JMJ"'. I^oiil'. :!'i° /■,'. IJ juillet. Kii' 15'". l.iiML'. ■J7'.'". F. — l'.l juillet. l."ii' '.."1". I..U1:.;. lit:,'. neigeuse australe est très réduite depuis un mois. La mer Cinimorionne passe au centre. Son extrémité orientale est très t'cmeée. La Petite ï-^yrte est indistinetc. On vdit bien le Ija'strygon. .\usoiiia est très liri liante sur le limbe oriental 1 /)';/. li 1. l';i JMiii : l.'é'lid'ii. Diam. G", 93. À - '.Ki", hnagc mauvaise.— l.'arc sous-tendii par la calotte polaire osl iSil" . On voit le golfe de l'Aurore, ;\ l'Ouest, a.ssez sombre. Le lac du Soleil et la mer des Sirènes sont invisibles i//;/. C). (') liullelin de la Sucielc Axlronomique île France. liS'J7. OHSi;itVAT(>IllK |iK JIVISV. 27.J '?7 juin ; irihU'". Diam. - 7", 1 ?. /. - 34°. Bonne définition. — Xoarliis esl Ijlanclie au torniinatour. Le golfe de l'Aurore est au contre. On voit le < iangc large (doubluî'l et Agathodœuion {fuj. 1)1. 10 juillet : IJ''4rj'n. Diam. = 7',4I. À — ■l'M". Image brillante, mais bonne. — La calotte polaire est très réduite, et le ruban fonce' qui l'entoure a perdu son inten- sité. La Grande Syrte est au centre. Le littoral vers Sinus Sabieus et Libya est très blanc. On ne voit que la partie inférieure de llellas. 11 juillet : UiiSO"". Diam. — 7", 43. À — '264". Détails pâles. — On voit vaguement le canal Léthé. lî juillet : iri''4.5"'. Diam. -7", 46. '/. = i~rl°. Donne image. — La partie infé- rieure de la Grande Syrte est très fonc('e. La région du lac Mœris parait être estompée, et le lac lui-même est invisible. La mer .Adriatique est nette (fij. V_.\. 19 juillet : ir)''4ri"'. Diam. = 7", 1)8. À = •20j". Bonne image vers le lever du soleil. — La calotte polaire est indistincte. La mer Cimmérienne traverse tout le disque. On voit quatre canaux : Laestrygon, Cyclops, Cerbère et Antée iflg. Fi. Sept canaux ont pu être identifiés : Laestrygon, Gange, Agathodœmon, Léthé, Cyclope, Cerbère et Antée en partie. 17 septembre, à 11"30™. Diam. = 10", .")8; longitude du centre =284°; latitude du centre — l°,2. — Bonne image. — Mars est dépouvu de calottes polaires neigeuses. La mer du Sablier ou Grande Syrte est traversée dans sa jiartie su- périeure par un pont brillant venant d'Ausonia : c'est un aspect anormal de File d'Œnotria, prolongée selon toute apparence à l'Ouest (pour Mars! par des uuages. On voit le Typhonius, ainsi qu'un canal très marqué un peu au nord d'Astapus. Même jour, 12''3U"'. On aperçoit le F^hison, très vague. 26 septembre, 17''0"'. Diamètre 11". 27 : longitude du centre = 279': latitude du centre ^0°, 3. Bonne image; de légers nuages passant devant la planète ainé'- liorent la détiniiion. — Réapparition de la calotte polaire boréale. La Grande Syrte est très sombre vers son extrémité inférieure. La Libye est d'une couleur rouge brique foncée. Les terres au Sud sont indistinctes. Dans les instants de mauvaise définition, la planète se présente avec sa tache grise triangulaire, comm(> elle a été dessinée [jar Maraldi en 1719. On voit toujours le canal du 17 septembre au nord-est de la Grande Syrte, ainsi que le Phison, large et vague. 28 septembre, 16"30"'. Diamètre = ir,4:i: longitudedu centre = ih^' ; latitude du centre -t-lV',5. Mauvaise définition. — La calotte polaire nord est très bril- lante. La Petite Syrte est pâle, la Lybie et Ausonia estompées. llellas est brillante près liu limbe supérieur. Comme canau.x, on aperçoit le Léihé vaguement, l'Amenthès et le Népeutliès. D'autre part, ou voit bien que le canal si évident au nord-est de la Grande Syrte, vers Boréosyrtis. n'est ni l'Astapus, ni l'Asclepius de M. Schiaparelli, et parait nouveau. On le rencontre cependant antérieurement 276 LA PLANKTE MARS. 1896 sur les dessins de Lowell. en ixy'i, et mieux sur ceux de Burton et Bœddicker, en lS,S-2. Mi'nie jour, 17'' 30™. I^ongitude du centre = 2(j7'. — liaréi^ion d'Isis est brillante. I.e eanal unissant la Grande Syrte à la Boréosyrli.^, par-dessus Neith Kegio, est d'une évidence indubitable i/î;/. l'J.")). ■js >r|.ieinl.ii', I7'',::U'" icinl.ri.-. 1,"' KiL'. ;97. ■ ( tcii.re, 1', Fiu'. l'.IS. — ;'J octoljie. Iûi'30™ 30 septembre, l'2'' :':. Diamrtre — ll",r,'J; iongiiude du centre — HiK": latituilo du centre -,- C»,8. Image nn-diocre. — Aucun détail. Les mers des Sirènes et Cim- uiéricnne seraient-elles recouvertes de bi'umes ou de nuages? •2 octobre, 1-2'' -■^. Diamètre — ll",7o; longitude du centre - l')9»rt:; latitude du centre -+- 1", 0. Image d'abord mauvaise, [)uis satisfaisante. — La calotte polaire boréale est très brillante. Le golfe des Titans esta l'ouest du centre. Les OltSKKVAliMUH hl-: .11 VISV. 277 mers des Sirèiies ot Ciiiimt''ricniic sont somhros. la première surtout. La l'rop'in- tiJe est plus pâle. Cinq canaux se voient à la l'ois, dont deux douljles, le Titan et le Sleriipes ou Rrontéii de Lowell. deux très larges, l'Orcus et le l'yriplilf- irétliou et le dernier. Gigas, simple iftij. I9G). Même jour, 13'' --. Longitude du centre = li'/i Moins bonne détinition. Les Fi^. l\V. :;û uctuLi.e, i;."" ;:," Fil-. ,'0o. :;o...-ioi.ie, i3''4;i" Fi--. Jill. - 1 iicivoiiilirc, U II) iiuveiiilire. 1?.'•.^S'°. mers Cimmérienne et des Sirènes présentent l'aspect du " vol d'oiseau » observé par moi en IS77. Outre les détails énumérés dans l'observation précédente, ou voit encore le Tartare, simple peut-être, mais large. 13 octobre. L^''^"". Diamètre — !2".sii: loniritudc du centre = 134': latitude (in centre — 2". 2. Très mauvaise image. — Calotte polaire éclatante. La mer des ::;irènes est mal définie, surtout à IL'-t, et l'haethoutis parait brillante dans le 278 I.A IM.ANKTK MARS. 1890 voisinage du limbe. Le Oigas est simple, mais le Sireuius, lOrcus et le Pyriphlé- gdthon sont très élargis, 23 octobre, I^''^"". Diamètre = I3",t<0; longitude du centre =313"; latitude du centre -h 2», Il Belle définition. — La calotte polaire nord est assez étendue. La (Jrande Syrte est au milieu du disque. Elle est très sombre vers la Nilosyrtis. On voit la baie dulMéridien sombre, venant de l'Ouest. Le littoral d'Aéria et d'Edom paraît brillant par contraste. Deucalionis Regio est très pointue à l'Est et parait séparée de la terre au Sud par un étroit canal assez sombre. On ne voit que l'hé- micycle inférieur de Ilellas, et vaguement l'ile d'Oùiotria, dont l'aspect a bien changé depuis l'observation du 17 septembre. L'Euphrate est large et très probable- ment double. Le nouveau canal, au bout de la Grande Syrte, ainsi que l'rotonilus, Typhonius, Oronte et Hiddekel, sont très marqués. Même jour, l'i''0'". Longitude du centre ^ 342». La baie du Méridien est beau- coup plus foncée que le prolongement oriental de Sinus Sabteus. Deucalioais Regio est d'un beau rouge-brique sonibre et plus foncée que le continent opposé. Les lacs Ismenius et celui du Nil au limbe sont pâles. Argyre brille vers le limbe supérieur. Les canaux de Protonilus, Typhonius, Oronte, Euplirate, Iliddekel et Geliou ne se voient que jjar instants {fiij. 197 |. •2'.l octobre, 10"30"'. Diamètre = 14", 4.5: longitude du centre — 230"; latitude du Centre ^2", 7. — ,Ie remarque que lu centre de la planète est très jaune. Li calotte polaire boréale petite, mais très blanche , se montre mieux avec un Faible éclairage de la lampe qu'avec l'éclairage complet ou dans l'obscu- rité. On voit les mers Cimmérienne et Tyrrhénienne, dont les rives sont blanches, puis un estompage allongé et vertical, descendant de la Petite Syrte, et corres- pondant au Léthé ou à l'Amenthès. Ce canal aboutit à l'estompage d'Hephajstus (/;;/. 198). Mémo joui-, \i^A:>"'. Longitude du centre = 2G9". Mauvaise image. La Grande Syrte est sombre au Nord. On voit llicmicycle boréal de Hellas. La région d'isis est brillante. Le nouveau canal au nord de la Grande Syrte est excessivement large et jjout-èlre double. L'Amenthès est très évident. 30 octobre, I2''4.'i"'. Dianirtre lî",5(i; longitude du centre =- •,'OU'; latitmle du centre - 2°, 7. Brouillard intense. MM. l^'lanimariou, Antoniadi et Moreux obser- vent et éiudii'ut sur la toi'rasse le curieu.\ pluhiomène du spectre de lirocken ( ' |. Après 11' liruiiillard, le ciel éclairci permet li's observations astninomiques. — La caliitte p(daire boréale est très nette. La Petite Syrte est un peu à l'est (précé- daiiti du méridien central. L'extrémité suivante de la mer Cinimérienne se voit :i gauciie. La Grande Syrte est à droite. La Libye parait estompée. Le segment infé- rieur de Ileihxs est net. On voit le nouveau canal si évident entre Astapus et Asclepius, le Léthé, l'AnuMilhes, le Xi'peiitliès et lo'l'liotli. (' ( Voir Unllctiii de la Société A-slronotniquc de Franco, 18'.J8, p. lOi. (ilOKliVAlOlltt: i>E .IL\ 1>V. 27'.) Même jour lifi' 'i.")'". Lougiliulo ilii contre ^ i'W'. — Méiliocro iinairc. — l,a calotte iiilerieure parait bordée d'un ('Sloni|)age bleuâtre. La drande Syrte (jui va passer au centre afTecte plutôt la forme dessinée par Schiaparelli que celle de Green ou de Lowell. llellas et Deucalion sont brillantes au limbe. Les caiiau.x Amenthes, Thoth, Astusapes, et le nouveau sur Ncith Kegio sont très distincts i (hj. 199). Même Jour, uieuie heure. Observat<'ur .V. l'alilir Morcnx. — Cirossissemeiit de 3IIU. lionne délinition. - La mer du Sal)lier passe au mi'ridien central. La Libye est d'une blancheur éclataute et un estompaiie très prononcé continue sur «• con- tinent la teinte noire de la Grande Syrte, ;\ la place occupi'c autrefois par le lac Mo'ris. La l'etite Syrte apparait sur la gauche avec le Li>thé (pii la continue. Au sud, à droite, ou remarque Deucalionis Hegio. Le pôle boréal est nettement visible et présente, peut-être en raison de sa blancheur plus accentuée à gauche, une dissymétrie frappante. Toute une région grise sépare la calotte polaire de la Nilosyrlis qui se montre plus avancée vers le pcJle que dans les aspects habi- tuels de la planète. A noter encore une large bande grise parlant ilu pôle boréal et courant suivant un méridieu sur la droite {fuj. 200 i. 3 novembre. 1 1''0"'. Diamètre : ; L"/,U: longitude du centre -: -'OO»; latitude '.'".(i. — Assez bonnes images. — Je remarque que Mars est prt'cédé par nu riche champ d'étoiles, amas des Gémeaux, environné d'nue sorte de désert. Mers Ginimérienne et Tyrrhénienne, bordées de blanc. Calotte polaire boréale. Ré- gions blanches au Nord-Est et au Nord-Ouest. Lu estompage descend de la mer Ciinmérienne au 'l'i-ivium Charoiitis : L;esti>gon. 4 novembre, l.i''oO"'. Diamètre — 1."/, 1 1 : louLjitude du centre = HO": latitude du centre +2", 5. — Bonne image: détails très pâles. — La calotte polaire est pjtite. On ne distingue pas bien la forme de la mer Cimmerienne qui est très fable. Le Cychiiie parait double, ainsi i[ue son prulniigemeiit infei-ieur, Galaxias. Catte constatation n'est pas sijre. Le Kretuiii Anian est un estompage très [telii et très vague. .Kthiops et Léthé ou .\menthès se voient par instants. Zéphyric- est blanche au lermiiiateur. 5 novembre. W^i)'". Diaïuèlre = Id",20; longitude du centre = \''M : latitude du centre — 2", L — B)une image; la calotte polaire [est très Idanelie. Les mers Cimtnérienne et Tyrrhénienne sont liien marquées; leurs bords sont bl.mcs. On dédouble le Titan; on voit aussi le La'Strygon et l'Orcus, convergeant au Trivium Gharoatis, i\'iiiariin;ible)nenl at^t^otiibri et lil.inji \li(j. 201 1. 7 novendjre, W'\)'". Diamètre ^ 15", 10; bingitiido du centi'e = 117»; Latitude du centre ^2°,3. — Image très calme et belle, mais détails très iadistincts. — On ne voit presque pas la calotte polaire boréale. La mer des Sirènes est mal définie. Le golfe Aonius est presque invisible. On souiiçoniie par instants l'exis- tence du S:renius et ilo l'Orcus; mais cette constatation n'est pas bien sûre. 10 novembre, I2i'38™. Diamètre = lo'.72; longitude du cenlfo — l.'iS"; latitude 280 l.V l'LANKTi' MA US. KSOIJ du oentro -;- 2", 0. - Magnilique image; calme absolu. — La calotte polaire inférieure est très petite. La mer des .Sirènes passe au méridien central. Atlantis est très nette. La mer Cimmérienne est plus pâle. Le 'l'riviuiu Cliaroutis est très sombre près du limbe occidental. ()n voit ijiusieurs canau.v, dont Titan, Sti:ropcs ou Broutes de Lowell, et Eumenidcs-Orcus nettement doubles. 1-e L;ostrygon et le Tartare sont simples. L'Ercbus est très sombre. La presque invisibilité de la Propontide est remarquable. Mi>mo jour, i:!''3.sm. Loupiitudedu centre = 173'. — Image exceptioimellenient calme et détaillée. — Le Trivium Charoiitis est nettement double, composé de deux taches noires circulaires, voisines, t'ette duplication est frappante et, cou- trairement à ce qui a lieu pour la visibilité fugitive des autres détails de la pla- nète, se voit presque continuellement. Outre les canaux énumérés plus haut, on aperçoit encore le Styx, noir et large {flg. 202 i. Même jour, l'i^SS'". Longitude du centre = ISS». — Confirmation sur toute la ligne des détails précédents. La duiilication du 'l'rivium Charontis est incontes- table. La calotte polaire inférieure est composée d'un point brillant à gauche, suivi, à droite, d'une tache plus grande, mais moins éclatante. Ces observations nous montrent que des changements incontestables con- tinuent de s'opi'rer rapidement à la surface de la planète, l/un des plus impor- tants est le nouveau canal au bas de la mer du Sablier, qui la prolonge vers la gauche en décrivant une courbe légèrei/Z^. 19.") et i'.lili. Cecanal n'est ni l'Astapus, ni l'Asclepius des cartes de Schiaparelli, mais il C(U'respond assez Ijien avec l'Astapus de la carte de Lowell; on le retrouve sur uii dessin de Burton, du 12 mars lSiS2 {voir t. I, p. 36Ô). (.'emparer aussi un dessin de Stanley Williams, du 27 juin bS'.iO ip. 172) et les diverses cartes de Schiaparelli. Los comparai- sons nous conduisent à penser qu'im certain nombre des cliangenients observés sont des retours d'idjservatious déjà faites antérieurement. Et comme nous scjuinies encore loin d'enregistrer régulièrement tout ce qui se passe sur Mars, nous devons penser que ces retours, renouvellements d'aspects antérieurs, sont beaucoup ]ilus fréquents qu'ils ne le paraissent, .\insi. ces variations, tout en étant réelles, incontestables, nous umèniMit aujourd'hui à une seconde cciu- clusion : • 1° Des i:li:tiiijeineiil.< .■<'aci:')•'. soit sur une surface au moins quatre fois aussi considérable que celle des neiges polaires. La couleur du météore est d'un blanc mat caractéristique, sans limites bien définies. Le golfe île l'Aurore parait par moments présenter deux taches sombres rondes et voisines, situées sur le prolongement du Gange. Le Sinus Acidalius est d'un noir d'encre extraordinaire, malgré sa proximité du terminateur, ce qui donne à la planète un aspect peu naturel. Le lac Niliaque l'st indiqui' par un vague estompage. Les canaux du Gange et de la Jamuna sont doubles; Chrysor- rlioas et Agathodaunoii paraissent élargis; Nilokeras ne iirésente rien d'anor- mal: enlin Ilydraotes se voit coujine une li^ne très déliée (/(;/. Ai. 28 novembre. 12''Û'". Diamètre = 17", 03. Longitude =.319". Latitude — 0".". — Le brouillard du pôle inférieur est légèrement réduit depuis le 2â. Sinus Sabœus est assez foncé, la baie du .Méridien l'est davantage. On remarque l'étroit canal séparant la région de Deucalion de la Noachide, signalé pour la première fois pendant cette opposition, au mois d'août, par M. Stanley Williams. Le lac Ismenius est pâle, celui du Nil un peu plus sombre. L'Iùiphrate et l'IIid- dekel paraissent doubles, Oronte et Gehon simples. Le Nil est large {fig. li|. 30 novembre, I2i>i:jni. Diamètre = 17", 08. Longitude =335". Latitude — 1", I. {') J'ai adressé cette Note le ÎJ décemliro 18% aii.x .•Isi/'onomis-c/ic A'ac/u-fc/i/cii, qui l'ont publiée dans le numéro suivant (3394; du 4 janvier IS'.l". •is-^ 1. A IM.ANKTE MARS. iS'.ir, Bomie définition. — Le brouillarii polaire se réduit de plu.s en plus. La baio du .Méridien est très sombre: Sinus .Sabœiis l'est moins, surtout au milieu, laissant voir ainsi Xisuthri Regio qui est du rouge brinue caractéristique des demi-teintf s sur Mars. Les rivages septentricnaux du Sinus Saliajus sont blancs. Argyre est c IJ Fig. 2u3. — Observations do Mars lailes a l'ULisei-vatMirc do Jiivisy. Novembre et déeeiiibre IS'.Ni. très blanche au limbe supérieur. Dcucaliiuiis Regio parait nettement définie vers l'Est I pour Mars) où elle se termine en pointe. Euphrate, l'iiison et IliddeUel se voient doubles dans les moments calmes d(! l'image. Le fielion est légèrement élargi (/(;/. ('). 7 décembre, li|i'4.V". Diamètre = I7",0S. Longitude —2,")'.'". Latitude — -".(i. Image médiocre. - Le brouillard a disparu des régions polairi.'s boréales, et l'on (WiSliKVATOIHi; l)K .KVISV. JS.S ne voit pas do calotte polaire. La Petite Syrte passe au centre. Mer.s Ciiimii'- rienne et Tyrrhénienne avec Trivium Charontis, à gauche, Grande Syrte, ;i droite. Celle-ci offre la forme de Lowell en lS9i, sans lac Mœris et avec une Libye bril- lante. Ilespéria est estompée, surtout à l'Kst. Comme canaux, on aperçoit le Cy- G H Fig. 20S. — Oljscrvations de Mars faites u l'Oliservaloire ctc Juvisy. Décembre IS'JG; janvier ISilT clope et le Cerbère, puis le Triton, très mince, cl lînalemcut un nouveau canal unissant la Petite Syrte à l'emplacement de l'ancien lac Mœris, ne correspondant pas au N'ùpeutliès, mais marqué sur des dessins des •.^4 et 27 juin IS90 par Stanley Williams. Même jour, 1I''30">. Longitude 2ii-: E.xcellente image. La calotte polaii-c osi LA l'LANKTE MARS. 1890 nord réapiiarait, dégagée dus brumes. La Grande Syrte .se présente telle qu'elle a été dessinée par Lowell eu 1S94. Un aperçoit l'hémicycle inférieur de Hellas. .Viisouia est on ne peut plus distincte. On voit onze canaux, tous simples là l'ex- ception de Cyclopsi, .Ethiops, Triton. Amontliés, Thoth, Pactole, Nilosyrtis, Horeosyrtis, le canal unissant l'extrémité inférieure de la Grande Syrte à la bo- reosyrtis, le canal de Stanley Williams sur l.ibya. enfin un autre unissant l'embouchure de l'Astapus à rilcphc-eslus, et qui ne parait pas correspondre à l'Astapus de Schiaparelli I /(,'/. I»). Les rivages orientaux (précédents) de la Grande Syrte paraissent iHre le siège de grands bouleversements. Même jour, 12i':i0". Longitude = '277". Bonne image. — Les canaux disparaissent comme par enchantement. La Grande Syrte qui va passer au centre affecte bien la forme de LowelI, tandis que des régions plus sombres que l'on remarque à sa surface rapp.?llent le « pays montagneux », do M. Barnard, :\ la dernière n". Diamètre = Ki", 73. Longitude = 1-20''. Latitude — \'>,i. Image assez calme; vue à travers une éclaircie. — La calotte polaire boréale est petite, mais très brillante. Le lac du Soleil est d'un gris pâle à gaucbe; tandis que la mer des Sirènes est un peu i)lus sombre à droite. Aonius Sinus indistinct, mais la convexité du littoral Icaria-l'ha'thontis est très marquée. Le lac Titlio- uius se voit par instants; Sircnius et PjTipblegethon sont élargis; Phasis très indistinct, mais les Colonnes d'Hercule s'aperçoivent sans be.-uiconp de dil'iîculté. Le centre de la planète est sillonné de canaux nombreux et dirigés dans tous les sens : c'est la région du Xieud Gordien. "27 décembre, 'M'-2:>'". Diamètre = l.V, ,jS. Longitude = 50". Latitude — (>•. On voit encore la calotte polaire boréale. Je revois les deux taches sombres du golfe de l'Aurore vues ici le 2') novembre. La sé[)aratiiin de ces taches for- merait-elle l'rotei Régie? Le Sinus Acidalius est noir dans le bas du disque, moins toutefois que le 25 novembre, à cause de la plus forte latitude australe du centre sans doute, et la position plus avancée vers le limbe de cette tache remar- quable, masquée par la densité croissante de l'atmosphère vers le limbe. Le lac du Soleil doit être très pâle, car bien qu'à 34" du méridien central seulement, il reste invisible. Le lac .Viliaque est estompé; celui de la Lune est mieux marqué, Enfln l'indus se recourbe eu arc gracieux s'ctendant du golfe des Perles à la mer Acidalienne, non loin du limbe. Ou remarque encore le Nilus et le Xilokeras. simple?, puis la Jamuna et le Gange doubles, 10 janvier 1S97, 5''30"'. Diamètre = IS^TS. Lijugitude = -35». Latitude — 7 .3. .le remarque que la mer Cimmérienne se montre assez foncée, ainsi que la mer Tyrrhénienne. Ilespérie les sépare. Le Cyclops est large et estompé. Elysium et Hepha-^stus ne se voient pas avec certitude. En bas, la neige ]iolaire boréale est mince, mais certaine et très blanche {fig. Hi. Dans plusieurs lettres qui nous ont été adressées par M. Scbiaparelli, l'illustre Directeur de l'Observatoire de Milan constate que. pendant cette opposition, les bonnes images de la planète ont été excessivement rares. Le soir du 10 décembre, M. Scbiaparelli a pu voir Mars par une atmosphère assez tranquille. Un brouillard épais absorbait cependant trop de lumière, et la vision était assez imparfaite. La configuration était presque identique à celle du dessin ci-dessus du 10 décembre iFi, Cijclop.-^, très visible, suivait le méridien de la planète; Cerbère, également bien marqué, se prolongeait, par un trait •jsc, LA l>LANi:TE MARS. 1890 «■xtrèinement délié, jusqu'à la mer Ciinmérienne, sous unn iiic]in;ii^on de i.j" à peu près. Le Styx était très large. Le Trivium Chiironli.-^, doublé, eomnie il a été ^ Il à .luvisy : seulement, les deux taches étaient sensiblement allongées dans la ilirection de VOrcus. Celui-ci était visible sous forme de bande large et très estoirii)ée. Le Lœglrygon ét^it assez facile, quoique moins large que Cyclops; il touchait à l'extrémité gauche des deux taches sombres du Triciinn. En bas du disque, le Boreas, le Gynde et V.Esaciis, avec une partie de la Propontis, étaient marqués par des bandes sombres et faciles à constater. » La mer Acidalienne, tout près du l'ont d'Achille, ajoute M. Schiaparelli, était très sombre aussi en 18S4; alors j'ai écrit que cet espace étnil le plus noir ili' toute In pluiu'tc (voyez le § (l'JO de mon Mémoire IV). » L)e ces oliservalions, la plus iinporlaiile me paraît être celle île la varia- lion constatée en novembre surl'aspecl du Tririum Charonlis. C'est du reste Line de celles qui ont le jilus frappé l'altention des astronomes pendant cette opposition. La carie ci-cunlro (//(/. "■?05), dressi^e sur la projection de Mercaloi', résume les dessins faits à Juvisy pendant l'apparition de 1S9G-97. f;\Pr.l(ATION DE LA CARTE. I. Régions jaunes et demi-teintes. A II. 11. IV f{ Allsc.ilKI, (, (il':iitjt|-ia. I) Vudiii- Ilfïiii. i; Dcui-illiimis llrliio. F N'iiiichis, l'vrrlKi' H.'!;i. It^vi^is lu-.;iii rt \i Il Thaiiiiiiisia. Il l.-arii'. I l'll:itlli>iitis. K \ll.lliti5. I. :i.-v|M-ii.-. M I.iliyc. \ Isiiit.s Hcgio. 0 Klysium. II. Taches sombres et estompages. ,7 i;r:niiU' Syrt<-. /; Sinus Siilia'us 1 Mit Austr.'ilo. /t Mit ryn-lRMiii-iiiM'. / l'i-tili- Syrtc-. / Ml r .\ilriati»nM'. /. Mir ilinniiiriuiiin'. // MtT .1rs Siii-ms. l' t itti.ral hrilhint 'lu .'fi- 17 Pyri|ihk-^n''tliou. / Mer Krylliivc lins Salia-us. IS ■l'arlan-. A lioltc «les l'iTlcs. V A l'L'-v rc . l'.t Sirenius i iMar-i 1. /, (inllV ik' l'Auron-. 1/ linlli- AdllillS. 0 Hnniirs (!ti juMo îiilV'- ■20 Protnnihis. 21 Ormite (double/). V SiiniM .\'ii|;iliiis. T leur . ■22 Eupbrate («kiubk-'/ (> L;i.- .lu Siileil. : i (Hit unissant l.il.\a a •2^ Hidtl.'ki-I {.luubli;-/ /' l,;ic tk' la Lune. Huilas. ■Ji (îeh.m. fj !,ae Niliiuiu.v ■J.'i Thntli ..u Athyr. /( L.ir ^.^,■nil1^. IV. Canaux, ■_'tî Astusapcs. > II.'pllM'StllS. 27 ,i;Uiiiips. /■ Trivium Cliiiruntis 1 l.a'sfrycon. ■2H En-hc. U C.olœ l'alus. 1' liani.^.- (.inuhl.-). 20 Styx. f Sirltc.ni.s Palus. ;j ALMtho.hcnion M) Jannnia i dDublc ?). //' ï.juMia Titlumiii-i. i Lethé. :il Mt.du-ras. V Nd'U.I Oiiniien. ■' r.viHo|»s (lavtrpl. M Chryvurrhoas. >" llcvaunius. li i:i-rb('re ( Kirp»-). ;i;i liydraotes. / rrojiinitis. 7 Antn'us. ;t4 IihUis. v', y' Taihi'S si»in )1'CS S Typhon ( iluubir .' '.:' ). ;t:i Triton. v.-rs rcxtri'initL- siiiv; ili- la mer l'.imnu'ricn nie m Xtnii-i'au, a . Pliison {Iarj;r), ;î(; .\iitiretiu, h. ;!7 Pactole. l\ /' Taclu-s stini ilaiis, k' goltV .le l'Aun r.' 1 1 Ami-ntb^S. \r|.cntliès'.' Tilaii (.loubh'l. ;!S .Xouvfiru.c. '■V.i Astabi)ras. U) Eunnstos. III. Taches blanches. 1 i Steropes DU Uroiitts tli'M.LowL'Ui.luubh'l. il Hybla-iis. i-J ilohmnt'S d'ilcrrulc X rj.lii- brillant.' VII U \:> ciiTasy 1:1 Phk-k'éthon. nu'ili.- j.rr.-tTk'iiti- iU- Kiiiiu-niilos. i: Nil, l-;lyviniii . Ki fus (ircus. i:. Plias.". Lonnne celle de l^i!)S ['). noire cai'lo acinelle conliiiiir les admirables Iravaiix ib' M. Scliiiipaielli, loul en nous iiiniilraut cependanl d'iuiportaules (') l'on- plus liaiil, |). -1)7. j ■. V ' — J ! ■ \ " o - M ■ri; rj-- : 5 Nos / 288 LA pi.am:te m a h s. is% variations dues à ces faliuleuses métamorphoses dont la surface de Mars esl iiiconleslahlemenl le siège, et qu'aucune analogie terrestre ne saurait nous cxitliquiT d'uni' manière tant soit peu satisfaisante. Nos oliservations df 1896-97 peuvent se résumer ainsi : Les régions eie l'yrrlia et d'Ogygis, avec les iles de Noachis et Argyro, eut l'tè vues comme une seule masse do terre (M- Deucalion a paru très pointue vers son extrémité précédente, tandis que la Xisuthri Regio apparaissait de temps en temps dans les sombres plages du Sinus Sab.vus. Le golfe des Perles a été, comme d'habitude, assez pâle. Par contre, le Sinus Acidalius de la mer Boréale était tellement noir qu'il constituait la partie la plus foncée de la surface de la planète. Le lac Niliaque est ajiparu sous la forme d'un vaste estompage, pou intense. Deux taches sombres nouvelles ont été vues dans le golfe de l'.\urore, alignées dans la direction du Gange prolongé. 11 ne parait pas probable que ce soit là un aspect exceptionnel de l'île de Prêtée qni serait incluse entre ces estompage s. Le lac de la Lune était très foncé, tandis quo le lac du Soleil s'est montré en 189ii-lS97 d'une pâleur rare. 11 en a été de même du golfe .\onius, si sombre en 1S77, mais remplacé en IS92 par une terre légèrement grisâtre en forme d'éventail. Céraunius est un estompage très enfumé. On peut en dire autant du Xieud Goi'- dien. La Propontide n'a jamais été bien vue à Juvisy pondant cette opposition. Rien d'anormal dans la mer des Sirènes; mais deux taches sombres ont fait leur apparition dans la mer Cimmérienne, l'une ig^l située à son extrémité sui- vante, l'autre [ij' \ un peu à droite de l'embouchure du Cyclops. La gémination de cette mer a paru fort incertaine pendant cette ajjparition. Le Triviurn Charontis mérite une plus longue description. Jusqu'en ISSo-lS.sl ce n lac » ou .. oasis » a, en général, offert l'aspect d'un estompage allongé de l'Hst à l'Ouest. Ln ISSi, M. Schiaparelli constata, non sans surprise, que le lac était transformé on doux liandes parallèles à l'i )rcus dédoublé. \]n ISSS, cette gémina- tion [lersistait encore, mais dirigée cette fois-ci vers l'Lrèbe, comme si les deux bandes de tKH4 avaient pivoté autour d'elles-mêmes, en tournant sinistrorsiun de 40°! Mais ce qu'il y a de jjIus énigmatique encore, et ce qui donne à ces méta- morphoses un caractère grotesque ot presque ridicule, c'est la réunion, en IS9t), de la matière composant le Triviurn Charontis on doux taches rondes voisines, d'une intensité de noir d'encre, ot aligiK'Os perpendiculairement à l'Orcus en fai- sant un angle de KS" avec lo méridien. Un estompage triangulaire [irécédait les deux taches noires du Trivium, lesquelles étaient situées à l'extrémité suivante du n lac >', vers l'Elysium, à '^OO" de longitude. L'l-;iysium est une région plus blanche que la surface g(Miér,ile de ^^^rs. Cette (') Pruljablementàcause de l'obliquité suus laquelle ces régions australes étaient vues |iar une latitude du centre du disque égale à 0» OBSERVATOIRE DE .lUVlSV. 2811 blancheur était surtout frappante vers le sombre Triviuni Charoutis où. par con- traste peut-être, on a aperçu une taclio brillante, rappelant la blancheur d'Aristarque sur la Luue. Hephi-estus n'est qu'un faible estompagc. De vastes changements ont eu lieu dans la région ilo la Libye, où h; lac Mo'ris a été envahi par la Orande Syrte qui, di'i)uis 1S77, n (jrniluetU'uiriit poussd non virage vers la gauclie. En même temps, la Libye a i)crdu sa teinte enfumée habituelle et est devenue très claire. Les estompages de Coke l'alns, Sirbonis l'alus et Ismenius Lacus étaient tous assez faibles. Uu pont clair a été' vu, le 7 décembre ISOCi, unissant Libya à llellas, à l'ouest de la région variable d'Œnotria. Parmi les ^Ti canaux observés àJuvisy. il convient de citer tout partiruliéremcnt un grand canal (vu par M. Lowell en ISil'i), unissant l'embouchure de l'ancien Astapus à la Boreosyrtis, et qui ne correspond certainement ui à l'Astapus ni ;\ l'Asclepius de Schiapareili; un autre canal unissant l'embouchure de l'Astapus à IIeph»stus, ainsi qu'une ligne courbe allant de la Petite Syrte à l'emplacement du lac Mœris, signalée par M. Stanley Williams en 1890. Plusieurs canaux ont été vus ou souiiçounés doubles, tels que Titan. Sierope^ ou Brontès de Lowell, Oaiige, Janiuna, Phisriu, Euphrate et Eumeuides-Orcus. L'IIiddekel a semblé montrer vaguement une branche parallèle partant de l'em- bouchure du Gelion, pour se diriger vers la Fontaine de Circé, taudis que cer- taines traces de gémination ont été également présentées par Typlionius-i ironte. Telles sont nos observations. On peut y ajouler un phénomène assez rare sur Mars : la formation, pendant la seconde moitié de novembre 1896, d'une vaste étendue de luM.iuillards ou nua.çes polaires, sur un ray(_iu de 3d" autour du pôle nord de la planète. La persistance de ces blancheurs pendant plus de quinze jours s'oppose à l'explication du passage possible, aux longitudes de 0° à GO", de régions brillantes près du limbe, comme Argyre et Hellas de l'autre liemisphère, tandis (jue la durée du météore a été beaucoup trop courte pour permettre de l'attribuer à une vaste chute de neige. Aussi l'explication que nous donnons nous paraît-elle seule admissible. CCXIV. — ObSEUV.VTIONS F.AITES a L'OBSEIlV.iTOIRE DE MEUDON. M. J.\NSSEX, Directeur; M. Perrotin. astronome. M. Perrotin, Directeur de l'Observatoire de Nice, a eu momentanément la pensée de quitter Nice pour Meudon, et M. Janssen s'était empressé de se l'adjoindre comme astronome. Dès son arrivée, il dirigea le grand équa- F., IL 19 290 LA PLANÈTE MAllS. 1896 torial de cet Observatoire (') vers la planète Mars. Voici le résumé des observations faites. L'observateur y a joint quatre croquis complétant les descriptions C^). La Noie se termine par l'exposé succinct des résultats nouveaux, ou pré- cédennuent ol)tenus dans le cours des dix dernières années, et dont quelques-uns trouvent une vérification précieuse dans l'étude de cette opposition. 7 décembre 1896 (de Si-SO-» à minuit i : Ce qui frappe, au premier abord, c'est l'aspect du routinent Lihija. Contrai- romeiit h ce qui a lieu le plus souvent, la couleur de cette portion du disque est très claire ; nous l'avous rarement vue ainsi. On aperçoit le canal .lilhitips ;Tho tli SM voit aussi, mais on ue peut savoir s'il est simple ou double. Les canaux Ilnphiestus, Eunnxlos, Cerbi're sont des taches mal délînies. Le continent lles- }}rri:i est très net. La mer Syrtis minor est très noire; la longue mer Boreosyrlis pourrait bien être interrompue en deux points de son parcours, tandis que la Carte de Schia- ]i:u-elli n'en imlique qu'un. 9 décembre. — On observe Mars de 9^ à minuit : mais les images sont souvent agitées. Dans les instants de calme, on voit nettement le continent Elysium avec son contour pentagonal bien caractérise. Sa couleur blanc rosé tranche sur la couleur rougeâtre des continents voisins. Ce continent semble se détacher en relief sur le fond du disque. Lorsque les images sont bonnes, on dirait que cette partie de la planète est comme boursouflée et soulevée au-dessus do la surface. 10 décembre (de lOt- à. i:^i>) : Elysium possède un maximum d'éclat dans le voisinage de Trivium Chnroiiti.-^, point de concours des canaux Styx et Cerbère. L'éclat est particulièrement vif vers le Styx et diminue graduellement dans la portion opposée. lî décembre (de 13'' à 16''>. Los images sont assez bonnes. On ynl liieii le canal circulaire Nepenthès qui borde la Libye vers le Nord. Par moments, la Grande Syrte parait presque complètement séparée de la mer Adriatiiiue et bieu plus que ne l'indique la Carte. La Libye est toujours claire, surtout du côté de la mer de la l'etitc Syrte. 1.5 décembre (de 10'' :i Ii''i. La figure suivante représente Elysium h I'' du matin. Le carnet d'observations rcqiroduit les remarques déjà faites hier. Ce continent donne toujours rinqiression d'un vaste plateau s'étendaut au- dessus de. la surface du ilisque et h'gcrcmcnt incliné vers le Sud-Ouest. (') L'objectif mesure ()"',83 de diiimètre. Sa distance focale est de 16 mètres. (•} Cotnptcx vendus de l'Académie des Sciences, t. GXXIV, 15 février 1897, |>. 310. OBSi:i!VATUIlU-: lU- MEL"I)U.N. .M. l'EUUU 1 l.N. 2'Jl Orcus est double comme le montre la figure (à gauche ). Cyclops se voit très bieu au-dessus, à gaucho; .'Ethiojis, qui est parallèle à ce Fig. 20G. — Région 'le VElysium le 15 dûrcniln-e ISSilJ. dernier, est plus faible. Ce sont deux ligues droites. Vers 2'', ou soupçoiiuc Hephxstus à droite. ■>'o décembre (de 10'" SO-" à 13'') : Vers l''3°', on reconnaît et l'on dessine le lac du Soleil et les régions voisines. Fig. 507. — Le lac du Soleil le C5 décembre IS'Jii. La fifj. 207 montre le lac relié par trois canaux rectilignes bieu caractérisés, avec les mers ou les lacs qui l'entuurent. 2,92 LA PLANÈTE MARS. 1896 3 janvier 1897 (do 9" à ll"30™) : La ligure ci-dessous représente la surface do la planète pendant la soirée du 3 ; elle a été complotée le -4 et le 5. On y voit une série de canaux qu'il est facile d'identifier avec ceux de Scliiaparelii. Ce sont (en allant de tiroite à gaucho) : Ilydaspas, Indus, Oxus, Gehon, Euphrate, Orunte. Le continent do couleur blanche, de forme arrondie, que l'on aperçoit en haut et ;\ gauche est llcllas; à sa droite, on note une nier qui n'est pas marquée sur la carte. 4 janvier (de 10" à 12''30"') : La teinte de la surface de la planète est nettement rougeritre dans la vaste zone l-'ig. -OS. — ;\siii;(;l di; laiiUuirle Jlars le 3 janvier I8',I7. comprise entre l'èquateur et la mer boréale. A gauche de cette dernière et au- dessous, il existe une région blanche bien accusée. Ce sont peut-étro des neiges. La couleur de l'Elysium, qui nous a tant frappé récemment, est intermédiaire entre ces deux teintes, mais plutôt blanche. On constate que les canaux Orunte et Euphrate sont doubles et se coupent :\ angle droit. Le premier se prolonge jusqu'i'i la Grande Syrte, k laquelle il se trouve rclii' par wna portion de mer qui l'appoUc assez exactement l'ombouchuro d'un grand fleuve. J'ajoute que c'est souvent de cette manière ([uc les canaux se railachent aux mers, à celles de l'hémisphère austral, plus particulièrement. OliSKHVATOlllt: UE MKUDOX. M. PER ROTIN. 293 10 janvier ; La ligure suivante montre une portion de la surface du disque de la planète dessinée entre 9''30"' et 10''30"'. Ce qui frappe le plus, ce sont les deux mers de gaucho qui se croisent et conservent après leur rencontre les teintes indivi- duelles qu'elles avaient auparavant. A l'occasion de cette étude, qui nous a permis, ajoute M. Perrotin, de consta- ter sur Mars quelques particularités nouvelles et de vérifier dans des conditions différentes plusieurs des résultats obtenus soit à Nice, soit, plus récemment sur le mont Mounier, pendant les sis dernières oppositions, il n'est pas inutile de préciser, en quelques mots, les faits d'observation qui nous semblent maintenant hors de doute : l" Considéré au point de vue de l'aspect et de la couleur des régions qu'on y observe, le globe de Mars nous semble devoir se diviser en quatre zones distinctes. Ces zones, d'inégale hauteur et qui empiètent les unes sur les autres (|uand elles sont coutiguës, font le tour de la planète en restant sensiblement parallèles à l'équateur. Deux d'entre elles comprennent les régions équatoriales. La première, de beau- coup la plus large i de 60" à 80° en moyenne), s'étend surtout dans l'hémisphère boréal : c'est plus spécialement la zone des singuliers canaux, dont on doit la découverte à Schiaparelli, et sur lesquels nous avons nous-même, par nos publi- cations et dès 1886, appelé l'attention du monde savant. 294 LA PLANÈTE MARS. 189G C'est aussi la portion do la surface dont la teinte, uniformément rougeâtre, tranche d'une manière saisissante sur la couleur des autres parties et donne sur- tout ;\ la planète la couleur caractéristique qu'on lui connait. La deuxième zone ne dépasse pas 40" à 'lô" dans sa plus grande largeur; elle est située en presque totalité dans l'hémisphère austral et comprend la majeure partie des mers. La teinte y va du gris clair au gris très somljre, presque noir. Les continents de cette partie du disque ('), non traversés par des canaux, sont d'ordinaire moins colorés, moins rougeàtres, plus clairs et plus blancs que les continents de même latitude, situés dans les régions des canaux. Certains, Vllespérie et Hellas par exemple, sont d'un blanc très accusé. Les troisième et quatrième zones, qui s'étendent respectivement au delà du 60' degré de latitude boréale et du 50<- ou môme du GO" degré de latitude aus- trale, présentent des continents de couleur blanclie ou grisâtre, à proximité des mers. Elles aboutissent, l'une et l'autre, aux régions neigeuses ou glacées des pôles. '> l'our une moine distance au centre du disque, les détails de la surface n'apparaissent pas avec la même facilité dans les quatre zones. Le plus souvent, les canaux no se voient avec netteté que vers le milieu du disque, et la visibilité va plus loin dans le sens du méridien que dans celui des parallèles. Les détails des mers continuent à bien se distinguer à une assez grande distance du centre, ei, pour les deux autres zones, la visibilité est encore relativement facile tout près du bord, comme on peut en juger par nos dessins de 1888. Elle est notamment plus grande dans le voisinage des pôles i - ). 3" Lu dehors des changements réguliers ijui suivent le cours des saisons et qui affectent surtout les glaces polaires, la configuration de la surface de Mars reste invariable dans ses grandes lignes, et les modifications de détail, passagères suivant nous, le plus sûrement constatées, se produisent dans la zone des canaux et dans celle des mers. Dans le cours de notre longue étude sur cette planète, deux régions ont été plus spécialement le siège de semblables changements, ce sont : la Libye, le lac du Soleil et les environs. Les moditications quelquefois survenues dans les canaux n'ont pas eu, pour nous, le caractère de régularité admis par d'autres obser- vateurs. 4" A ces faits, d'ordre général, nous eu ajouterons deux autres particuliers qui ressortent de notre étude de cette année. Le premier concerne ÏEtijsiiDn. Ce (') « On ne peut considérer comme tels les espaces, de couleur grisâtre, resserrés entre dos mers à teinte claire et contours incertains, et iiui sont dans un état inter- médiaire entre celui des mers et celui des continents. » (') « Cela est vrai également pour Vénus, ainsi que le prouvent nos dessins et nos observations sur cette planète, avec cette différence o\vell. augmenta jusqu'à 17" en décembre, pour redesceudre à 8" en mars. Le pôle sud était d'abord incliné vers nous de l'2", ensuite la planète se présenta droite, avec son équa- teur au milieu du disque (septembre à décembre), puis le pôle sud s'inclina de nouveau vers la Terre, en janvier et février; de mars à juin, ce fut le tour du pôle nord de se présentera nous, jusqu'à 19°. Le solstice d'hiver boréal était arrivé le 17 juillet i '-) 1890; l'équinoxe de prin- temps arriva le2-i décembre l'i, et le solstice d'été le 12 juillet l'i 1897. Si nous voulons, pour les apprécier plus facilement, assinnler les saisons martiennes eu dates terrestres, nous avons les équivalences que voici : CORUESPONDANCE DES OBSERVATIONS DE MARS AVEC LES SAISONS TERRESTRES. 17 Juillet 1896 (solstice d'iiiver] éqniv.-iut au il Décembre. 10 Août — 3 Janvier. 10 Septembre - 2i Janvier. 10 Octobre — 9 Février. 10 Novembre -. ... — 25 Février. 10 Décembre — 13 .Mais. 24 Décembre (éqiiinoxe de [irjntemps,. — 21 Mars. 10 Janvier 1897 — 2S Mars. 10 Février — 12 Avrd. 10 Mars — 24 Avril. 10 .\vril — S Mai. (') Ann.ils of the Lowell Observatnri/. Vol. II. Cambridge, 1900. (') Le 14 juillet, Voy. p. 273. — ('j Le 20 décembre. Id. — ,']' Le G juillet. Id. — Les dates du tableau de M. Lowell doivent être corrigées dans ce sens. 298 LA PLANÈTE MARS. 1SH« 10 Mai équivaut au 21 Mai. 10 Juin — 6 Juin. l'i Juillet (solstice d'été) — M Juin. Il est très utile d'avoir ces corresjiondances présentes à l'esprit pour la conception des phénomènes observés sur la planète. Les caps polaires de Mars ont été découverts il y a plus de deux cents ans, et l'on sait depuis plus de cent ans qu'ils sont en connexion avec les saisons de la planète. Aujourd'hui, ils sont associés: 1° à la position de l'axe de rotation ; •> à la température; 3° aux irrégularités du coûtour des régions polaires; -i" à la succession des saisons; 5° à la densité et à la couleur des canaux, et li" aux phénomènes atmosphériques représentés par les projections du ter- minateur. Si l'on considère les phénomènes généraux des changements de saisons, les r.uages du terminateur, les variations de couleur et do toutes les taches do la planète correspondant à. la diminution des caps polaires, il parait très probahlo que ces caps sont formés de glace et ces nuages do vapeur d'eau. S'il en est ainsi, la température doit être supérieure à celle qui résulterait de la distance de Mars au Soleil. Deux causes favorisent ce degré de chaleur : des nuages se forment au coucher du soleil et restent pendant la nuit, s'opposant au rayonne- ment nocturne et au refroidissement du sol; et en second lieu, les immenses étendues permanentes de neige et de nuages qui existent sur la Terre renvoient dans l'csiiaee une grande ([uantité de chaleur solaire, ce qui n'arrive pas sur Mars. Ou est autorisé à considérer les caps polaires martiens comme formés de f//ace et de neige analogues aux nôtres. Le cap polaire austral, observé du 23 juillet au 'J'J janvier, se comporta comme le veulent les lois de la récepticjn de la chaleur du Soleil. A l'époque qui corres- ponil à décembre, au milieu de sou été, il était continé en des régions situées en latitude 70" à 90", et eu longitude 270° et 0" à 60°, régions où on l'avait déjà observé en 1894. Ces deux baies indiquent donc là certaines productions aijueuses. La tache blanche augmenta ensuite. Le cap polaire boréal a été observé, à l'opposé du précédent, du milieu de son printemps et presque à son été. Il (kait également trop voisin du terminateur et du bord de la planète. La première observation a eu lieu le '22 août 1S9U, à 6'' 19'" du matin, après le lever du soleil; il apparaissait comme une tache très brillante, admirablement définie, d'environ 2° | de largeur. Cette date correspond au 11 janvier. Comme la planète inclinait vers nous son pôle sud, l'auteur admet ([ue, presque tout le caj) polaire nord nous étant caché, les neiges devaient mesurer environ 50" de diamètre. Les observations suivantes montrèrent que les contours étaient irréguliers. On peut résumer comnu! il suit les observations rapportées aux saisons terrestres. En « janvier » martien, lorsque le pôle était de 24» à IG' au delà du bord, la OBSERVATOIRE LOWELL. 299 partie boréale du tenuinatenr paraissait blanclie ou li'un bleu pâle, ou d'un vert pâle sur les régions Lueus Acidalius et de Sercnius à Aethiops, et le cap était parfois large et blanc, avec une sombre bordure verte, dans les longitudes de la Mer du Sablier, du golfe de l'Aurore et du Titan. C'étaient certainement là des aspects dus à des nuages, et peut-être à de la végétation. En « février », le pôle étant encore bien cacbé du Soleil, le cap était vaste, variable, et de contours vagues. Il s'étendait jusqu'à .'jO" et 60° do latitude boréale. Sans doute zone nuageuse et neiges. Les teintes bleues et vertes avaient disparu, mais on remarquait une bordure foncée sur les longitudes de Triviuiii Charontis à Margaritifer Sinus. En « mars », à l'équinoxe du printemps, le cap blanc se montre plus nettement défini, avec une bordure colorée donnant l'impression d'une humidité sur les terres causée par la fusion de la neige et produisant une réyé/aif'on verte. Des crevasses se manifestent. F.Q « avril », le soleil éclaire de mieux en mieux le cap polaire, qui se comporte exactement comme une masse de glace, fond à ses bords, montre des crevasses et diminue. Il avance encore jusqu'à la latitude de 00", sa partie la plus large étant près de la Mer du Sablier, réservoir d'humidité, et sa plus étroite au nord d'Issedon et d'Amystis | ' \. Remarque frappante, les taches sombres de ces régions de minimum, notamment le Golfe de l'Aurore, étaient presque invisibles, comme s'il se fut agi de plaines végétales privées d'eau. En « mai « et « juin », le cap polaire se réduit progressivement à une très petite tache entourée par une large zone moyenne due probablement à la fonte rapide des neiges. Les canaux du nord, dont quelques-uns ont commencé par des fentes ou crevasses dans le cap polaire, se développent rapidement. Comparées entre elles, les variations polaires martiennes offrent un intérêt particulier. Les neiges australes deviennent presque invisibles après le milieu de l'été, et ne redeviennent visibles qu'à une époque correspondant au mois d'avril. Alors, un mois et demi avant le solstice d'hiver et après, les blancheurs se font remarquer par le terminateur adjacent. Au pôle nord, ces blancheurs sont plus lentes à paraître. On ne les voit qu'après le milieu de l'hiver, et alors elles deviennent permanentes. Ces aspects indiquent une nioindrc quantité d'eau au pôle nord qu'au pôle sud, ce qui s'accorde avec la présence de vastes régions claires ou continentales de l'hémisphère boréal. D'autre part, lorsque le pôle nord commence à se montrer, c'est dans le voisi- nage des vastes régions continentales. A cette époque de l'année martienne, l'équateur de chaleur est loin dans l'hémisphère austral, forçant les vents et l'humidité à se réfugier dans les régions du nord. Dans les latitudes boréales extrêmes, les courants les plus forts, pour charrier cette humidité aérienne vers le pôle, dominent sur les longitudes où les contrastes de température sont les plus grands. Ce doit être sur les grands déserts. C'est donc là que nous devons (') Pour la nomenclature, voy. plus haut, p. \2\. 300 LA PLANÈTE MARS. 1896 uous attendre à voir les premiers sigues de l'accroissement de l'humidité. Plus tard, lorsqu'elle a fait son chemin dans les plaines foncées, celles-ci agissent comme réservoirs et élargissent le cap dans leur voisinage. Nous arrivons ici à certaines questions intéressantes sur la climatologie martienne. Quelle est l'époque du milieu de l'hiver météorologique ou climatérique? — En 1 janvier « on aperçoit des tons verts on bleus aux environs du cap polaire, indiquant que la température de ces latitudes entre — 40" et -i- 70" n'est pas trop froide i)our supprimer l'eau ou la végétation. En << février », le seul signe de taches sombres a été vu sur le bord austral, vers -+- 40". L'espace entre cette latitude et le bord septentrional est souvent jaune, donnant l'idée d'une surface stérile. A la fin de « mars », le oap fond et laisse apercevoir de la coloration, même dans les fentes ou crevasses, indiquant do l'eau ou des végétaux. Il est donc très probable que l'époque du plus grand froid arrive au mois de « février ». Quel rapport existe entre l'étendue du cap polaire et les grandes taches fon- cées? — En Cl janvier " et « février » le cap parait souvent très large entre le Trivium Cliarontis et le golfe de l'Aurore, et c'est aussi là la région de son plus grand développement, jusqu'en « avril » au moins. Comme ce développement l)récède de beaucoup celui des autres parties, et que les canaux se développent aussi là plus tôt que dans les vastes surfaces claires, nous pouvons penser que la Grande Syrto sert de quelque façon à transporter i'Iiumitlité loin du sud. Elle doit donc être classée au nombre des régions productrices d'humidité. Tout porte à croire que des nuages s'ajoutent aux neiges pour former les aspects des caps polaires. Les ditTérences de niveau ne sont pas accusées par les observations, si ce n'est dans les fentes ou crevasses, puisque c'est là que la fusion commence. La visibilité maximum des canaux se manifeste dans les régions claires de l'hémisphère boréal. Les régions sombres de cet hémisphère en montrent envi- ron les deux tiers et l'hémisphère austral, le plus foncé des deux, environ le tiers. Dans cet hémisphère, la plus grande visibilité se montre dans la moitié sombre. Si l'on considère rhémis])lière austral, à 40" de latitude et plus, la visibilité décroit entre janvier et avril (martiens), c'est-à-dire dans la seconde moitié de l'été. Dans les régions équatoriales, do — SO» à -t- 10" de latitude, on n'observe pas de variation importante. Aux latitudes boréales de -+- 10" à -t- 40" on remarque un léger accroissement de visibilité dans les canaux qui traversent les régions sombres et un très fort dans les régions claires De -t- 40" à + 00" cet accroisse- ment est évident pour toutes les longitudes. Toutes ces variations contirment riiypntiièse (|ui attribue les canaux à de la végétation et à i'huuiidité qui la produit. Cotte lunnidité peut être transportée par les courants atmosphériques du sud vers le nord. OBSERVATOIRE LOWELL. 301 A mesure que les taches foncées de l'hémisphère austral approchent du milieu de l'été, d'octobre à janvier, leur couleur change du vert au brun, puis au jaune. Les contrées claires de cet hémisphère ont un fond orangé ou jaune auquel s'ajoute un peu de vert en novembre, à rcpoque de la fusion du cap polaire, puis un peu de brun en décembre, de rouge en février, et de blanc en mars. Cette transition du vert au brun et au jaune ressetnble à celle de notre végétation pendant les étés secs et en automne. Les grandes taches sombres delà zone torride australe sont d'un vert bleuâtre tout l'été et tournent au jaune en avril. Les grandes aires claires ont une couleur jaune ou rose orange, avec un peu de rouge eu janvier, février et avril. Les taches Sdinbres septentrionales sont vertes ou vertes-bleues en décembre et janvier. 11 n'est [las démontré pour cela que cette coloration rouge soit uu effet des saisons, quoique sur Hellas elle atteigne son maximum en février, inmiédiatement après que toute végétation possiljle se serait fanée dans un tmi jaune. Comme exemple des variations dues aux saisons, on peut citer entre autres le fait suivant. Vers le \! février l<~^97, l'aspect de lamer des Sirènes était normal, et le 17 il en était à peu près de même du golfe de l'Aurore. L'n cinq semaines la ])n'mière était effacée, et en quatre semaines le second avait également disparu. Ij'étendue totale de ces régions devenues invisibles s'élève à deux millions de milles carrés. Cela se passait au mois d'avril martien. Les observateurs ont fait 175 observations du limbe et du terminateur et ont mesuré et dessiné un grand nombre de projections ou proéminences dues à des nuages élevés éclairés par le soleil, ainsi que des dépressions apparentes dues à des régions foncées. Ils tirent les conclusions suivantes de l'ensemble de leurs études pendant cette apparition : Ea 1894, la distribution des projections près de la latitude australe — iH", en décembre martien, avait fait soupçonner que l'équateur de chaleur se trouvait vers cette latitude. En 1S96, cette même distribution purterait cet éi[uateur, en février martien, vers — 30". Un courant atmosphérique supérieur parait souffler de l'équateur de chaleur vers les iJÔles. Les 25 et 25 novembre 1S94, en février martien, aux latitudes de — 20" à — 30", les nuages se déplaçaient du sud au nord, partant de l'équateur de chaleur, à une altitude de ,S à 15 milles et au taux de 18,7 milles à l'heure. Divers cas de cyclones extra-tropicaux chargés d'eau paraissent avoir été constatés, écrivent les astronomes de l'Observatoire Lowell, la Nix Atlautica de 1877 et 1882 et la Nix Olympica de 1879 avaient probablement cette ori- gine (M- La polarisation observée en 1S94 sur la baie polaire australe indique une sur- (') n La planète Mars, p. 441 ». — Je pense, pour ma part, qu'il ne s'agit pas là de cyclones ni de tempêtes, mais de régions spéciales fixes, probablement montagneuses, ([ui peuvent se couvrir de neige. C. F. 302 LA PLANÈTE MARS. 189G faco liquide. L'acide carbonique n'existe pas à l'état de liquide permanent noua de faibles pressions, et par conséquent ne doit pas être la substance composant les nuages et les caps polaires de Mai's. Il y a peu d'humidité dans l'atmosphère de Mars. Les mers sont rares. Le Soleil n'a jamais été vu s'y reflétant, et les caps polaires disparaissent presque complè- tement. Cette humidité est, d'après les projections du terminateur, en grande proportion à l'équateur de chaleur, minimum dans les zones tempérées et maxi- mum dans les régions polaires. Les aspects polaires correspondent aux saisons. En automne, les régions visililes les plus proches du pôle nord deviennent souvent blanches. On y remarque aussi des teintes bleues ou vertes. Ln février martien, le cap polaire est blanchâtre; en mars il fond lentement et montre du vert; en mai il fond rai)idement; en juin et juillet il est à son minimum. Quelles sont les causes de condensation ? La pesanteur est faible à la surface de Mars. Il en résulte que les changements de densité et par conséquent les change- ments de température suivant l'altitude sont moins rapides là qu'ici. Des con- densations se forment au coucher du soleil par le rayonnement, des nuages brillent comme des projections. Les basses températures polaires expliquent les nuages qui s'y produisent. L'humidité paraît se transporter par les courants aériens qui la charrient vers les caps polaires, et aussi par les canaux à la surface. La coloration des taches sombres montre du vert au prinlonps et du brun à la fin de l'été. La surface de la planète paraît être sensiblement de niveau ; mais de vastes étendues assez élevées existent dans les ri'gions polaires et sans doute aussi ailleurs, et certaines dépressions sont indiquées par les crevasses dans les caps polaires, par les plaines foncées et les canaux. Tellfs sont les conclusions tirée-; de ces observ;ilious Je l<:i'JG-18'J7 par ,\i\l. Lowell et Douglass. Nous ne pouvons mieux faire, pour compléter ce ri'sumé d'un magnili(jiu^ travail, ([ue de reproduire et de présenter ici à nos lecteurs la carte générale qu'ils en ont déduite. Cette carte a été construite exclusivement à l'aide de ces observations. Elle ne contient pas moins de 33ij noms de régions, canaux ou oasis. On voit (jue noire connaissance de la. planèle Mars s'accroît graduellement de documents nouveaux. Ce secoml volume de l'Observaloire Lowell est peut- être moins sensationnel que le premier, dont nous avons donné les conclu- sions plus haut relalivement à l'iialtitation actuelle de la planèle par une race intelligente au moins égale à la nôtre; mais ces nouvelles observations nous a|iporlent des documents à conipnri'r et ;'i dis (it ici \\ .-11. l'icke- rinu'. en IS'.U, ne montrent pas de polarisation de celte surface, taudis qu'elles montrent celle de la mer polaire australe ([ni, pour d'autres raisons, doit être considérée comme une étendue d'eau; -J" Au l'nr et à mesure que la saison mar- tienne avançait, des cmifigurations claires et sombres apparurent dans la Grande Syrte et restèrent sans changer de |iositiun; li" Plus tard, toute la surl'aee Meu vert diniiiiua d'étendue sans produire d'aires sombres correspondantes en d'autres régions delà planète. Ces trois pliénoinènes sont iuconipatibles avi>c une surface d'eau, taiulis que c'est justement ce iiu'inie surface de végétation produirai! par sa croissance et décroissance à mesure que les saisi ins martiennes avance- raient. J'ai l'intention <;lans cet article d'examiner eu d'tail les clian.gcini'iits (|ui se ])résentent dans la (irande Syrte selon les éjio.pies de l'année maitiemie. Ces changements sont toutefois si singuliers que leur examen, tout en confirmant 1 hypothèse que la végétation est leur cause, introduit de nouvelles énigmes dans notre tentative d'expliquer ces aspects. En premier lieu, l'apiiarition des configurations est une question ilo saisons. Comme tout lecteur intelligent demande non seulement des faits, mais sur qu(dle base fondamentale reposent ces faits, non» allons donner les raisons sur les- quelles niius nous appuyons. Xuus allons donc prendre connue exemple les faits observés en 1894 et ensuite ceux de IS'.iii. Pendant la première partie de l'opposition, en juin 1891, lorsque les conditions d'observation étaient en général semblables ;\ celles du mois d'août de cette année, la Grande Syrte présentait un aspect foncé d'un ton iircsipie uniforme. Mais ou y remarquait trois particularités dignes d'attention : la première était une teinte plus foncée à son e.\trémité nord; la seconde était une bande étroite et sombre qui la réunissait à la mer polaire du Sud et passait entre Xoachis et llellas et ensuite parallèlement, quoique un peu plus loin de lalrontière d'Aïu'ia: la troisième était une bande étroite semblable, la réunissant a la mer polaire entre llellas et Ausonia. On était alors au mois île mai de riiéniisphei-e sud de .Mars. A mesure que la saison avança, il se produisit des changements dans l'aspect de la Grande Syrte. Elle perdit son ton uniforme et l'on distingua graduellement sur sa surface des parties claires et des lignes sombres. Avec le temps, ces cou- figurations s'accentuèrent de plus eu plus jusqu'à octobre et novembre {août de l'année martienne i. La Grande Syrte otTrait l'aspect d'un échiquier. Un tel etïet me i)arait correspondre aux changements que la vé'jéidtion suhirnil en passant du vert au j urne et à l'ocre à mesure (yae l'autunme succéderitit à l'.-lé. Or, en août 189lj, la planète se présenta à la Terre dans les mémos condi- tions à peu près qu'en juin 1S94, avec cette dillé.enee importante, que l'année de la planète était plus avancée d'un mois et deux tiers. lîemarquons à ce !•■.. II. -20 306 LA PLANKTE MARS. 1896 proiios et souveuous-ûous que le retour des nièiues dates entre les oppositions; marque exactement l'avance des saisons martiennes, puisque alors la Terre et Mars, étant à la même longitude vues du Soleil, sont ndcessairemeut aux mêmes saisons correspondantes de leur anni'o. La seule réserve qu'on pourrait faire sur cette concordance est celle qui déiiend des excentricités de leurs orbites, mais ou peut la négliger ici. I.e solstice d'éti' de l'hémisphère sud de la planète eut lieu en 1894 le ol août, et en l.s'.Ki le 13 juillet ( ' ). Eh bien, la Grande Syrte a présenté la même appa- rence moutonnée en août 189(1 et en octobre lS9'i; et ceci en dépit de l'éloi- gnement qui aurait pu amoindrir ces détails. L'aspect de la planète confirma donc ce qui nvait été vu aux observations précédentes : que le changement dans l'aspect de la planète n'est pas une question de distance, c'est-à-dire de visibilité, nuiis une question d'époque de l'année martienne, autrement dit une affaire de vf-rjélalion plus ou moins avancée selon la saison. TUACAiS. Nous allons maintenant examiner les configurations en détail. Les tracés qui apparaissent sur la Grande Syrte à mesure que les saisons avancent sont de deux espèces : les uns plus clairs que leur entourage, et les autres plus foncés. Tarions d'al)ord des premiers, sortes de chaussées traversant ces prétendues mers. Ces tracés clairs sont au nombre de quatre : Solis Pons, Lun:v F'ons, Pons Cometaruui et Pons Stellarum. Les dessins que je vous adresse n'en montrent que trois avec précision ; Solis Pons sur la droite, Lunœ Pons sur la gauche et Pons Stcllariun entre les deux. l'ons Cometanim n'est pas souvent visible. Il se Irnuve au centre de la mer du t-ablier, à moitié chemin do Pons Stellarum ;\ Lunœ l'ons, le long de la ligne sombre se dirigeant presque droit au sud vers llellas. Le pont du Soleil {Solis Pons} est relativement connu depuis longtemps. Il y a au moins 34 ans qu'on l'a observé pour la première fois, comme on le voit ]iar les dessins faits en I8G2 avec le réflecteur géant do Lord Rosse (-). Il ai)parait encore partiellement dans les dessins de Kaiser de 1864, et on l'a plus ou moins vu depuis. Il réunit llauunonis Cornu ,à l'extrémité nord de llellas, légèrement à l'ouest du point extrême nord. C'est le i)lus rcmiarquable de tous les « ponts ■). Kn 1894, nous raperçiune.s pour la jn-einière fois à l'Observatoire Lowell, vers le lU août martien : et en I89(i nous le rercjunûines aussitôt que les observations commencèrent, le '23 juillet terrestre, ce ([ui currespond à [leu près au !'■'■ juillet martien. (') Voir notre tableau, p. 273. Les dilîéreuccs, d'ailleurs, sont s;uis importance ici. C, La PhuU'te M:uv. p. 1G7, //;/. 108 (li*) du (j novembre I8G'2. I.OWF.LL. - LA .Ml'li Dl' SARI.IKU. 307 A . — : nctolire IS06. à 14i'2o" B.-2n.-t()l.ro l«)f.,A !:.'■ C. — 9 octobre ISilii. à IT'î:™. D. — 9 octobre ISilfi. à 18'' M" E. — 11 janvier 1897. aôkl". F. — 12 janvier 1897, à 4'' 51" Fig. 210. — Curieux aspects observés sur Mars, à l'Observatoire Lowell. Pour l'explication claire du texte, remarquer la fîg. B. Les trois lignes blanches qui traversent en haut la mer du Sablier sont, à partir de la droite: le pont du Soleil [Solis Pons], le pont des Étoiles {Pons SIellarum) et le pont de la Lune '.Lumi' Pons]; les deux lignes foncées sont : la grande n. droite, le Dosaron. et la verticale du centre, VOrosines. 30S LA IM.ANtTK M A US. 1896 Li'' jioiil lie la Lune t Lunn' Pons) a élë représenté (imparfaitement i pour la première fois en ISG'?, dansces mêmes dessins où LorJ Rosse révéla le Solis Tons. Toutefois, il ne fut w d'une manière bien déterminée qu'en 1873, par le D'' Tcrby. et dans un de ses dessins de cette année, celui du i'i mai, il apparaît très disiinc- tenicnt. 11 est possible de le reconnaître ensuite en partie dans un dessin de Trou- velot de ISSi. On ne le vit plus distinctement jusqu'au jour où on le découvrit de nouveau à cet Observatoire en IS'Ji, vers le 10 août martien. M. Léo P.renner le vit eu Istrie le premier en ISilG, le l"-' juilli.'t martien, b'i il fut bien visible ilès le eonimencement des observations (')• Le pont des C(jmètes ou l'una Coiitetnnnn a été vu ici en même temjis tpie les autres ponts en IS'.i'i, quoiiiue d'une façon moins évidente. On le revit encore avec eux cette année. Le pont (les Ltoiles on Puits Stellanim n'a pas été visible avant la date dos dessins qui acconqiagnent cet article. C'est le plus dilficile à observer de tous. Maint(Miant, que sont ces chaussées? C'est la question qui se pose tout naturellement. Il n'est pas facile de donner une réponse rationnelle : ces phénomènes ne ressemblant à rien de ce qui se passe sur noire Terre. Certaines choses cependant jienvent nous aider à trouver une e.\]ilication. L'éclaiiTissement de la surface qui les rend visililes peut être dû au dessèche- ment de la partie de cette contrée: ce qui était d'une végétation verte est devenu sec et jaune et donne au sol un ton ocre. Le diflicile à e.\pliqui>r est la forme si bien définie de ces dessèchements. Mais ici les canaux viennent à n(.tre aide. ( ar il semble, d'après la position relative des (duiussees et des canaux, que les uns ■sont à côté des autres et que, jiar conséquent, ce n'est pas la chaussée qui est réel- leaient la causi^ de S(jn aspect recliligne. mais le canal qui le borde sans doute. ,\utrement dii, l'aire desséchée prend une forme régulière comme les canaux, parce que le dessèchement ne peut jias s'étendre plus loin. Ceci nous i-amène à l'examen des truci's sotubrcs observés dans la Grande Syi'tr. Us sont de deux espèces, les lignes et les taches. Les lignes sont des canaux dans les régi jus sombres. M. iJouglass les a découverts le prender en 18'.)4. Le plus long et le plus ap|iarent de ceux-ci est le Dosaron. C'est la longue ligne qui, ]i;irtant ilu fond de la Grande !-!\ rtc, i-emonte tout droit entre llellas et Noachis et file jiresquc jusrpi'.-ui bord du di^qin'. L" lecteur ne p^'Ut m.inqucr d'cli'e b'app'' instantanément par sa direci on dr.jile et sa largeur absolnnn-nt unifoi-me ou, en d'autres ternies, i)ar son ajpa- reni'e artificielle. Mais ce n'est pas ti)U!. .\près ndlcxiun, il si' souviendra que, lorsqvie la saison m irtienne vUait moins a\ancéi', il existait a cette uième place une région pins I,'; Nous l'avons observé et dessiné à Juvisy en décembre IS'JU. V. ji. ';8i et /iij.'lOi L LOWELL. LA .MEU DU SVlil.IKH. ,",00 somI)ic que ses aleutoiirs rcuiiissant la Grande Syrte à la mer polaire du Sud. Cette région n'était ui droite ni uniforme dans sa largeur, liref, elle ne rcsseu'.- blait à rien d'artificiel. Plus tard sa teinte s'etïaça tellement que, dans sa portimi sud, après l'évanouissement de la mer polaire, elle disparut entièrement. Lorsque cette teinte fut eu partie elTaeée, il apparut au centre cette li^rne étroite, longue et droite, le Dosaron, partant aussi du fond de la Grande Syrte et passant au centre de cette bande de terre en suivant directement le même parcours. Il serait difficile de concevoir une preuve plus certaine de xon caractcni arlilicii l. Sans aucun doute, voici ce ([ui s'est passé. Tar une cause naturelle, il existait une bande de terre plus basse que ses environs, qui réunissait les région-; polaires à la Grande Syrte. Cette bande de terre était naturellement fertilisée par de l'eau venant de la mer polaire, tandis que le terrain adjacent, se trouvant plus élevé, échappait h l'humidité et restait sté'rile. ce qui lui donnait en consé- quence un ton ocre, tandis que la bande en question parais.'-ait verte. Dès qu'il devint nécessaire d'amener l'eau artificiellement de la mer polaire aux régions équatoriales de la planète, la chose la plus simple n'a-t-elle pas été de créer un canal dans ce passage naturel? Sur ce même dessin, on remarquera une seconde ligne noire, ilroite comu;e l.a piécédente, mais moins longue, partant ilu miMue point inférieur de la (irande Syrte, et se dirigeant presque droit au Sud, au milieu de Ilellas. C'est VOrogines. De même que le Dosaron, elle est parfaitement droite et de largeur uniforme. Qui plus est, sa largeur est la même que celle du Dosaron, environ un degré martien ou 00 kilomètres. Il ne faut pas supposer que tout soit canal; c'est pro- bablement, comme je l'ai déjà dit ailleurs, une surface fertilisée bordant le canal trop étroit lui-même pour être visible. Maintenant, si définie que soit la direction de l'Orosines, il y a encore plus dans ce but apparent que ce qui se voit sur nos dessins. (,"est ceci : le canal li> plus important de cette région, l'Alphée qui traverse l'IIellas, liébonche juste au point où aboutit l'Orosines et, ce qui est plus signiticaiif encore, il se dirige directement au Sud, vers les régions circumpolaires australes. L'tJrosiues donc. ainsi que le Dosaron, fait partie d'une chaîne de relations orgaiiisét: entre la Grande Syrte et la mer polaire du Sud. Parlons maintenant des canaux latéraux. (.)n verra sur le dessin du î o.'tobri-, à Uii-J.'j™, une grande ligne qui circule il travers la mer du Sablier à iieu près à moitié chemin entre Libya et Ilellas. Comme on peut s'en rei;dre compte, elle a été construite dans un but, car elle rejoint reinboucliure 'in Typhon, qui arrive vers la droite, à l'embouchure de l'Achates, à gauche, qui descend du Sud à travers le milieu d'Ausonia où Lemuria rencontre ce dernier. De cette même embouchure du Typhon un autre canal part de Sesamus, à l'ex- trémité ouest d'Ausonia. Celui-ci est généralement parallèle au Solis Pons et à l'-EuIus bordant la lisière sud. Eu fait, les canaux des régions sombres montrent une tendance au parallélisme. .ilO l.A PLANÈTE MAUS. 189C .Sans entrer dans une inuliitude de détails, je prie les lecteurs d'examiner avec soin les dessins qui représentent ces curieux canaux et tracés des anciennes mers martiennes. C'est toute une révolution dans notre conception de l'aréographie. Nous arrivons maintenant à d'autres configurations, non moins intéressantes, de ces mêmes régions. On verra sur les dessins C et D, de M. Douglass, quatre taches sombres sur des points différents. Une de ces taches se trouve tout à lait au centre, cà l'endroit oit le Dosaron et l'Ùrosines se réunissent. Une autre se trouve à lajonction de l'Erymanthes et de rOceanus. Une troisième apparaît plus loin sur l'Erymanthes au point oii il se reucontro avec Galesus, taudis «pi'uue (piatrième se trouve au point oit le Uosaron est traversé par l'Oceanus. Ces taches sont tout à fait semblables aux oasis des régions claires. On les trouve, comme ces dernières, aux intersections des canaux et jamais ailleurs. Il est plus que proliable que ce sont aussi des oasis, ainsi que leurs similaires du désert; à ces intersections de canaux, le sol est spécialement fertile. L'eau qu'elles reçoivent leur permet de rester vertes longtemps après que les régions qui les entourent su sout desséchées, et c'est grâce à cette continuité de couleur verte qu'elles sout visibles pour nous. Quoique les changements dont nous parlons soient dus aux saisons, les saisons néanmoins ne jouent pas le même rôle sur Mars que sur la Terre, quant à la (piestion végétale. Les conditions itiétéorol jgiques diffèretit d'une niainère très marquée. Sur Mars, l'eau est très rare, et l'eau disponible a beaucoup plus d'action que sur la Terre, à cause des conditions cliiaatériques de cette planète, l'our des raisons que nous ne comprenons pas encore complètement, bi tempé- rature iiioijeitnu de Mars est beaucoup ptus élevée que la température moijenne de la Terre. La présence de l'eau agit donc avec beaucoup plus d'effet là otj elle se rencontre. Nous pouvons comparer Mars ;\ un vaste désert équatorial où l'eau est indis|)ensable pour produire des plantes et des lleurs. Llemarquous encore certaines taches ijui ne sont ni dans les régions sombres, ni dans les régions claires, mais pour ainsi dire dans les deux. Ces taches, con- trairement aux autres, ne semblent pas rondes, mais anguleuses; elles se trouvent toutes aux points oti les canaux des régions claires débouchent dans les sombres. Deux de ces dernières apparaissent dans les deux dessins do yi. Douglass, une ù l'embouchiti'o du Typlion. l'autre à celle du l'hison dans la mer Icarienne. Toutes deux, sans aucun doute, ressemblent à des oasis, mais elles peuvent être consi- dérées aussi comme des sortes de stations, de réser\oirs, pour le cours des eaux dans leur circulation à travers les diverses régions de la planète. Je ne m'occui)erai pas aujourd'hui des régions claires. J'ai voulu surtout, par l'exemple de nos observations faites dans la mer du LSablier ou Grande Syrte, montrer que nos idées sur les mers martiennes doivent être modifiées; que la mer australe est une véritable mer, comme le prouvent le polariscope et les obser- vations, mais ipie la mer du Sablier et les autres régions foncées intérieures oHSKiiVAToiui; i(t\\ i;i I. - riuui'C.iioNs. 311 représentent désormais pour nous des aires végétales traversées par des can.\ii\ et des chaussées ou lignes de dessèchement. Ainsi s'accroît graduellement n-ilrc connaissance de ce monde habité. (In voit par relte étude que, pour le (•{■Iclire astronome américain, b's canaux sont de véritables cours d'eau entretenus i)ar les habitants de Mai's et bordés de vastes i)rairies; iju'ils traversent certaini's « mers » aussi bien que les continents, et (jue, comme conséquence, ces « mers » représentent non des eaux, mais des plaines vépetalcs. Les « ponts » ou chaussées blanclies qui traversent la mer du Saijlier seraient des bandes de terre i)lus élevées, non fertilist-es par les eaux et dépourvues de végétation. CCXVII. — Dou<;l.ass. — PiioJi;ciioNs sur le tehminateuu ET MÉTÉOROLOGIE MARTIENNE. Au même observatoire I^owell, des observations nombreuses oui été faites sur les projections lumineuses qui lii'illeiit assez souvent au bunl de l'in;- misphère éclairé, le lonu du méridien du lever ou du couclnn' du Soleil, et dont il a déjà été question plus haut (p. 49, 53, ôii, 7'J, 82, ];32. 194, 231 ;. M. Douglass, astronome à cet observatoire, en a fait une étude nouvelle il propos des observations continuées en 1896. La voici (') : Pendant l'opposition de liS'j4, le pôle sud de la planète était fort incliné vers nous, et nous avons enregistré presque 800 irrégularités dont 3.J0 étaient des pro- jections. Le nombre de fois que ces projections ont duré plusieurs heures et leur disparition totale pendant la nuit nous conduisent à penser qu'elles sont dues à des nuages se formant k des altitudes très variées, au moment i ou très près du moment ) du coucher du soleil. Leur forme alors est celle d'un banc dont la surface inférieure touche le sol à la longitude du couchant et qui s'étend vers le côté de la nuit, en se développant dans une direction presque horizontale, s'éloignant di- rectement du Soleil et s'élevant de plus en plus eu dehors du terminateur. D'après certaines observations spéciales, il semble probable qu'à des altitudes très basses cette condensation peut se produire au moins une demi-heure avant le coucher du Soleil, et quelquefois les nuages durent toute la nuit et apparaissent sur le terminateur au lever de l'astre, eu amas, à une altitude considérable, et séparés de la surface, comme si les masses inférieures de vapeur avaient été précipitées. Dans le cas spécial auquel je fais allusion, nous avons observé ces nuages sur le terminateur au lever du Soleil deux matins de suite. Le premier matin, ils étaient à une hauteur de 2i kilomètres au-dessus de la surface et le matin suivant à 13 seulement, après avoir varié d'une dizaine de degrés en lati- (') Bulletin de la Société Astronomique de France, 1S97, p. 'VM. 31-2 I.A PLANÈTE MARS. 1890 tilde et s'être étendus en longitude. La luauteur verticiale moj'enne du banr de nungc au coucher du Soleil observée aux mois de juillet et août 1894 a été de 7 kilomètres. Aux mois do décembre, janvier et février suivants, sur le termina- teur du lever du Soleil, elle était de 6 kilomètres. Ces observations sont d'autant plus eiu'ieuses que les nuages sont plus rares sur ce monde voisin. Vai examiiiniit la distribution des projections en latitude, nous on ti'ouvàmes une accumulation très man[uc'e entre les latitudes W et .">0' Sud. II semlile pré- l'érable, du moins pour le moment, de les associer jusqu'à un certain point avec la chaleur équatoriale de la planète. La saison martienne était alors avant le milieu de loti' de l'hémisphère sud. et sur une planète qui n'a plus d'océans et possède pi'oliahlement de vastes déserts. la chaleur équatoriale doit s'exercer beaucoup plus loin de l'éiiuateur géographique que sur la Terre et atteindre be;iu- coup plus rapiilemont une plus grande distance en latitude. Le parallèle — '13" ■ orrespond à notri? ceintiu'e de nuages tropicaux qui voj'age ilu Nonl au Sud avec le Soleil. La concentration des nuages à ces latitude-;, pendant les mois do juillet et août IS'.H, a été suflisante pour couvrir la zone entre — 10" et — 50". Le terminateur du lever du Soleil a été moins observé; on y a fait environ le tiers dos constatations précédentes. Vno certaine catégorie de projections d'une grande hauteur et semblant s'étendre au delà du véritable bord a été observée sur le terminateur, dans le voisinage de chaque corne. Les dépressions qui constituaient le reste des huit cents irrégularités et qui se trouvaient habilnellement, mais pas toujours, sur les taches sombres de la pla- nète, s'expliquent mieux si on les attribue au caraclèro de la surface, c'est-à-dire à sou man([ue de pouvoir rélléchissant sous certaines conditions. L'absence fré- quente des dépressions a pu être due à la présence do brumes dans l'air, ou de vapeurs se condensant vers la tombée de nuit, provenant de rhiimidité qui peut exister en plus .grande quantité dans les régions foncées que dans les claires. Voici dans quelles conditions ces observations ont été faites : Premièrement, une atmosphère à travers laquelle le bord et le terminateur pouvaient se voir comme des lignes bleu nettes. Le plus grand nombre a été observé avec une lunette de 0"',4,") d'ouverture et un fo\er de X mètres et presque entiè- rement avec un (jculaire donnant un grossissement de i'i!7. (Juelques-unes furent vues avec, un grossissement de 4'2ii. rendant hi majeure partie des observations, le diamètre de la jilanôte a été eiiti-e 11" et 17"; et l'angle entre Mars, la Terre et le Soleil, de ;i7<> à Î7°. La phase était donc très sensible. Lorsque cet angle a été au-dessus de 37" le nombre des irrégularités a décru très rapi- dement. A l'opposition de IS'.M.;, le pide nord a été légèrement tourné vers nous, et nous avons observé une ligne tle projections bien visibles sur le bord sud de la zone blanche polaire du Nord, c'est-à-dire, en général, entre les latitudes -f- 40° et -+■ ."lO". La calotte polaire se voyait comme une petite tache sur le bord sud ciciuLi.i. — (iiiSKit VAT01H1-: i)i; ti:ka\io. 313 de cette zone blanche. La zone blaiiciie en elle-inciiio n'était pas la calotte polaire. Les projections observées sur sou bord siui indiquent la présence de vapeur d'eau condensée en nuages. II est probable que cette zone blanche indi- quait une re'giou assez froide pour que les nuages pussent se former en grande quantité pendant le jour, mais que, le long do sa limite nord, la vapeur aqueuso avait besoin du coucher du .Soleil et de la fraîcheur du soir pour .se condenser. Dans cette vue générale de la mi'téorologie niartienne, la chaleur solaire élève comme ici la vapeur d'eau dans l'air, mais saus pouvnir produire les niiaïres sur une grande échelle pendant le jour, comme sur la Terre. Nous pouvions nous y attendre en considérant que sur Mars l'auiiosphère décroit en densité à mesure qu'on s'élève, un tiers moins vile que sur la Terre. La vapeur d'eau qui, pendant l'été de l'hémisphère austral, dérive de la fonte de la calotte polaire australe, est attirée vers les régions équatoriales ardentes et s'élève dans l'atmosphère. Eu 1896, vers la fin de l'automne austral, ces aspects n'ont pas été observés sur une si grande étendue, peut-être à cause d'un décroissenient de la provision d'eau; tandis que, d'autre part, nous avons observé une couche de nuages s'éten- dant vers le uord de la latitude ^ 50" et sur la bordure sud de celle-ci où il y avait assez d'humidité et de chaleur pour produire de la vapeur d'eau, et ensuite assez de fraîcheur pour la condenser aux heures du couidier du .Soleil et du froid nocturne. Voilà, me semble-t-il, la meilleure explicaiion des irrégularités observées sur le terminateur de !Mars. Nous espérons que leur importance dans l'investigation climatologiquo d'une planète voisine conduira d'autr<'s observateurs à les con- tinuer. CCXVIIL — C'EliULLI. — OliSERV.iTIONS F.VITES PE.ND.i.VT L'OPPOSITION' DE 1896-1897. M. Cerulli, dont il a déjà été question ici (p. 236), s'est construit en 18!)Û un observatoire particulier au sommet d'une colline voisine de Teramo (.Ibruzzesi, colline à lac[uelle il donna le nom de l^oUurania [colline d'Ura- nie). Cet observatoire est installé à 400™ au-dessus du niveau delà mer. Son instrument principal est un équatorial de Cooke de 0'",41 de diamètre (0",39 d'ouverture) et de 6"°, 1.5 de foyer (' ). Cet astronome nous a souvent fait part de ses observations dont plusieurs ont été publiées par la Société .Vstronomiiiue de France. Ses travau.x relatifs à l'opposition de Mais en iSilli (') Dans ces observations, l'instrument a été généralement muni d'un grossisse- ment de .îOO. L'objectif a été quelquefois diaphragmé, quand l'atmosphère n'était pas très bonne, pour donner plus de netteté aux images; mais l'auteur est porté à « ne voir là qu'un avantage illusoire, les détails plus vagues et aussi plus vrais, se fondant alors en une image plus nette, il est vrai, et cependant nitins complète et moins sûre ». 31 i LA PLANÈTE MAKS. 1806 ont été réunis en un volume (') dont nous allons extraire la substance. L'auteur s'est d'abord consacré à l'utile travail de prendre les positions pré- cises eu longitude et latitude de GO points de l'aréograpbie. C'est là une triangu- lation nouvelle qu'il a comparée à celle de Schiaparelli et qui confirme la stabi- lité topographique des principales taclies de Murs dans l'intervalle de 1877 à 1897. Le centre de la calotte prdaire australe a été trouvé de : Longitude d'Aryn 31% 8 Distance au pôle sud 7", 0 Précédeininent, de IS:>0 à 18'.)4, le centre de cette même calotte polaire avait été déterminé par M séries de mesures dill'érentes à Longitude d'Aryn 34",4 Distance au pôle sud 5°.0 La différence est insignifiante. l'arnii les changements observés par M. Cerulli dans l'aréographio, nous signa- lerons d'abord les aspects de la région de la mer Lrythrée. Les cartes de Schia- parelli indiquent là une vaste mer; une vaste région grise, dans laquelle se détachent des contrées plus pâles, Argyre, Noachis, r'yrrha, Deucalion. M. Ce- rulli a observé là, au contraire, une région assez pâle entourée d'un cadre ovale foncé dont la partie supérieure paraît nouvelle et a été nommée par lui Prasodcs Mare. En examinant son planisphère, on verra quu la région Erythrée s'y pré- sente comme un vaste continent traversé d'une dizaine de mers ou détroits. Cette longue uier Prasodes, en forme d'arc, a ét(' vue pendant toute la durée des observations (juin 1896 à février 1897), tantôt pliis sombre, tantôt plus claire. L'observation la plus curieuse peut-être encore de cette région est celle du Sinus Sabseus. l'rolongé par l'Hellespont, il offrit l'aspect du ruban ondulé des- siné par Béer et Miidlcr en 18:i0 I Ln PkDiàte Mars, I, p. 105) et Kaiser en 18ri-2 (/ri., p. 174) et que j'ai indiqué en 1L Lowell à travers la mer du Sablier et ailleurs. L;i carte de M. Cerulli est très riche en canaux. Il a revu la plus grande partie de ceu.x de M. Schiaparelli, plusieurs de M. Lowell, et d'autres nouveaux. Néanmoins, l'auteur ne croit pas à l'existence réelle de ces canaux. '\'oici ses objections principales : Si les canaux étaient de véritables lignes tracées à la surface de Mars, telles que des cours d'eau, des crevasses, des vallées revêtues de végétation, ou des courants marins légèrement teintés, etc., on devrait d'autant mieux les voir que la planète se rapproche davantage de nous, et leur maximum de visibilité Vj Voir plus haut, p. 279. 316 LA PLANÈTE MARS. IS^fi devrait correspondre aux époques de minimum de distance, c'est-à-dire aux oppositions. ')r. de juillet 1890 à février IS97, ces lignes n'ont, en général, ni galène ni pordu de leur visibilité. Lorsqu'on décembre la planète mesurait 1'.' de diamètri". elles n'étaient ni plus larges ui mieux visibles qu'en Juillet, où le diamètre n'était que de 7". Tiusieurs canaux qui, même en décembre, étaierjt d'une extrême finesse, paraissaient plutôt élargis en février, qnoique le disque fût réduit do moitié. L'inqu't ssjoii que l'observateur a gardée est que la largeur angulaire do ces lignes est la même i)our un disi[ue de 7" que pour un de 17". Ce ne sont donc pas là, selon lui, des lignes'matérielles d'une grandeur définie. l'eut-être pourrait-on riposter à ce raisonnement que si ces lignes sont d'une extrême finesse, à la limite de la visibilité, au-dessous de toute mesure, elles ne sont vues que dans les instants de parfaite transparence atmosphérique, et tou- jours comme simples impressions sur la rétine, beaucoup plus larges qu'elles le sont en ré.dité, et (jue, dans ce cas, leur largeur ne doit pas augmenter en raison géométrique ilu rapprochement. L'auteur objecte en second lieu que si les lignes existaient réellement sur la planète on devrait les voir d'autant mieux que la rotation de la planète les amè- nerait [dus pi-ès du méridien central. Ce fait ne se produit pas. .\insi, entr(î autres, le Titan parait très lin au méridien central, tandis (|u'il se montre fut large à 30° dedistance. Il en est de même des fragments que l'on distingue mieux loin ari;'s à certaines lignes lunaires ( ') : Alors que !(_■ disque de Mars nous parait le i)lus riche en lignes ur;elquis mois après r(q)iiusition ,i, la distance île cette [jlanète à la Terre n'est guère infé- rieure à 300 fois celle d(! la Lnne. Si nous eniploycjns alurs, à l'examen de Mars, un télescope grossissant 000 fois — iimite extiémo que les aréngraphes n'at- teignent presqui; jamais — la distance de ^Llrs nous ijaraitra r('ilnite à ".— , soit f)l)0 la moitié de la distance de la Lune. l/é>tude de .Mars, à l'aide du télescope le plus puissant, s(! fei'a donc dans des coiuiitii.ins identiques à celles où a lieu l'étude de la l-une, observée avec une siinpU; jumelle de théâtre, qui grossit seulement deux fois. Cela posé, si nous dirigeons une jumelle sur la Lune, un phénomèiuj curieu X (') ) Bulletin de la Société Astronomique de Fi-ance, 18'J8, p. 270. ;i:ni OUSKKN ATOIKK DK TKllAMO. 317 viendra iuiiurdiatciuent émcrveillor nos roi;ards. Ce globe nous apparaît sillonm' de li.irnes droites en grand nonilire, parsemées de iioyanx, et axant, avec les canaux de Mars, la plus grande ressemblance d'où' la figure ci-contri', o''i je n'ai tracé que les lignes principales). En dehors donc des canaux de Mars, udus avons aussi des canaux tic lu Lune. et rien ne semble plus plausible iine d'admettre, pour ces deux catégories do lignes, des origines communes, ei une signification identique, vu que leur apparition se fait dans des circonstances analogues. Or, les canaux lunaires de la jumelle [qui n'ont — cela s'ent'ud — rien de commun avec les raies brillantes que le télescope nous révèle sur la l.unei peuvent être parfaitement interprétés. Il suffit, pour cela, de recourir à une carte de la Lune, ou bien de substituer le télescope à la jumelle. On voit alurs que les lignes lunaires ne Sdiit en réalit'' que de purs et simples alignemenis de taches isolées, que la jumelle unus pi'ésentait d'ab ird comme reliées entre elles et fiumant ainsi une ligne continue. En vertu de notre analo- gie, nous sommes donc amenés à supposer que les canaux de .Mars ne Sont, eux-mêmes, que tle simples ali- gnements de taches semblables à celles que nous montre le télescope sur la Lune. La même analogie nous i.iduit aussi à croire que sitôt que les progrès de l'optique nous permet- tront de substituer aux télescopes actuels des instruments plus puis- sants, les canaux de Mars perdront aussi la Qgure des lignes qui les rend aujourd'hui si mystérieux et si inté- reisants, tout comme la pci-d^nt les canaux de la Lune, observés dans lajum die, canaux qui disparaissent sous l'aHion du téleseopi^ I-'ie. -311. I-i;.'nes liiiiaire> vues a la juiiii-llc : (/. F; M|-,-iiliti- i. tthieule lU- 1 On-.iil des TeilipL-u-N. ti, Extreinilf inlérifiir^ «le l.i Mer lU-^ Nuvfs. r. Extia-iiiitt^ sup -ni-'ure de la Mfi' d • la Sûréiiitc, M. (.'.erulli adoide egaleaient celte assiiiiilalion dans son Ouvrage. 11 rap- pelle qae dans ses premiers dessins do la Lune ( l(Ji5:, Fontana donnait le nom de fontaines aux grands cratères de Tycho, Copernic, Arislanjue, iH--.. et de rivières aux rayons qui en émanent. II ajoute : « E notevole corne il feiiomeno reale délie strisce chiare si mescoli col fenomeno illusorio délie strisce oscure, dando origine ad imniagini assai bizari-e », Xuus avons ces d.'ssins de Fontana sous les yeux et iu)iis n'y retrouvons pas facilemenl les 318 > LA PLANETE MARS. • 189r, lignes sombres auxquelles M. CeruUi fait allusiou ('). II nous semble aussi qu'en appelant fontaines ces cratères, Fontana s'est un peu souvenu de son propre nom. Nous ne retrouvons pas non plus sur la Lune les lignes du croquis lie M. i',rrulli. Mais son raisonnement reste incontestalile : nous ne voyons pas encore iMars avec plus davanlages que nous ne voyons la Lune dans la plus modeste jumelle, et très certainement ses véritables détails nous écbappent. Nous n'en avons encore qu'une esquisse optique. Entrons maintenant dans (juelques détails snr les imporlantes et soi- gneuses oliservalions de M. Cerulli. A la date du l'"'' septend:ire 189G, il ri'sumait conimi; il suit ses oliservalions du mois d'août (-) : Xeiije australe. — L'extrémité sud du disque a été vue blanchie parle voisi- na.^'e de ces neiges, entre les îles de Thulé; mais do la calotte australe propre- ment dite, rien de sûr. Un tel fait ne peut être attribué entièrement a la dirticulté lie la [lerspective. Il semble, au contraire, que les neiges polaires australes, déjà en diminution eu juin et juillet, sont presque arrivées ;\ leur fusion complète. Le solstice, austral a eu lieu le I3juillet. Neige lioréale. — Quelques ramilicatioiis du noyau jioiaire sont apparues le 2ô août, jour où j'ai observé pour la première fois une traiiiéc lumineuse an nord, sous l'Elysée (w — 2L')"), et cette apparition s'est maintenue plusieurs jours successifs. Mers el Conlinenls. — La coubuir des u.ers, au sud du (iraiid I )iaphraL;ine. n'a pas paru plus accusée que celle des continents au nord de cette région. Seulement, le détroit de la mer Krythrée, qui, panant de la Corne d'Anunon, court au sud entre l'IIellas et la \oachide, el, appelé llellespont sur la première carte de Schiaparelli, s'est montré assez l'onci' en juin et juillet, au point d'olTrir l'aspect d'un beau panaebe élargi vers le haut et interromiiu certainement par un espace court sous la latitude — 30° (terre ib^ \'ao). Va\ août, l'Ilellespimt ne s'est pbis distingué de la mer austra,le, pi'ut-è'ti'e ;i cause de l'obliquité visuelle. De rilespérie, on a eu une vue splendide le 2i août. Elle présentait un ton à peu près uniforme sur tout sou iiarcours, jusqu'à l'Eridan, et l'on pouvait eoncbire que la division observée en I8'.I4 par le prolongement du .\antus n'existait plu^ (Lisque de 9"; agrandissement de 50ii bds.i Mais l'IIellas ne s'est pas montrée aussi nette qu'en bSll.'i . Son contour était dilïus et inceitain pendant les mois de juin et juillet; eu août, la limite droite (orientale) paraissait mieux définie que l'orientale. Canaux. — Outre les canaux vus eu juin etjuillet (Cerbère, liîcstrigon. Titan. (') Nous avons repi-oduit, l'un d'eux an 'ruine 1 de eut Ouvrage, p. 10. — tlomparei' aussi les 58 dessins de la Lune vue à l'u'il nu que j'ai publiés au liulleli)i de lu Snciélé Axlronoiiiique de Fraiifr ilc l'année l'.IOl). Ils ne conlirnient pas l'assiniilalioii iuiagi- mic par M. Cerulli, et il en est de niéine des petites plioloi^rapliios de la I.une. (') .\sir. Nach. 3384, 23 octobre 1696. 3Î0 LA PLANÈTK MAItS. 1896 Gigas, Sirèiio, Araxe, Ccrauniiis, Agathothcmon, Gatige, Indus), j'ai pu identifier l'IIiddcknl, le Géhou, M'^uiilirate, le Pinson, le Léthé, l'Astaboras, l'Astusape, l'Astapus, le Xanthus, la lioreosyrtis et la Nilosyrtis: cette dernière, pâle, et comme un i)roIongeraent di' la Grande Syrte, qui se trouvait sans doute à son maximum d'étendue. Le Cerbère, très droit , large et loncé, a peut-être montré quelque indice de géminatiou. Le même astronome ré.sumait, à la date du 1" octobre, les observations suivantes faites en septembre (') : Il y a ou ce mois, à Teramo, dix-neuf nuits claires favorables aux études aréo- graphiques. Neige liorénle. — Une subtile cabHte blan'dio a été vue constamment émer- g.'ant au nord de l'extrcunitc de la phase obscure. Dans les derniers jours de septembre, un petit nrclwllo noir marquait la limite australe de cette calotte, ce qui muntrail que la liquéfaction de cette neige boréale était déjà commencée. Les des de Tliulé I et II, Novissima et .'Vrgyre H ont été bien vues. Le Sinus Auiiius a été vainement cherché dejuin à septembre. Toute inter- ruption entre Icarie et Thaumasia est effacée. Le phénomène n'est pas nouveau. Il s'est di''j;l manifesté dans les oppositions observées par Kaiser, et également en 1885. Ainsi, le Golfe Aunins est par/'ois visible et parfois invisible. Le L:ir du Soleil a parj très pâle cette année et rapetissé. De plus, sa forme ovale ne se montrait pas ini largeur dans le sens des latitudes, mais en hauteur dans b- sens du méridien. C'est encore là un nouveau changement. Grande Syrie. — L'auteur a déjà remarqué, dans sa Note précédente, que celte vue avait présenté, en 1894, nu maximum d'étendue. Cette remarque est coniir- iiii'e par la suite des observations. .Mors que culminait la pointe de la Crande Syi te ((« = 285"), la rive gauche se montrait parfaitement symétrique de la rive droite, liuac, cette partie de la Libye avait temporairement cessJ d'exister à l'état de continent. Le lac Mœris offrait l'aspect d'un petit bouton attaché au littoral est de 1 1 Grande Syrte qui, par conséquent, avait envahi toute la région occupée jiar le bras du Nepenthès. Couleur de-< ('mtUnenis. — Les continents, au nord du c.rand l)iaphragme, ne sont pas tous de la môme couleur et présentent divers contrastes de teintes. Lorsque la Grande Syrte i)asse au méridien, on reinaniue un fort contraste ciUre le Idanc sale des coutinenls à gauche cl le jaune granulé de roux des conlinenls à droite. Des canaux tels que celui des l'aiménides et le Gigas séjKirent des régions de tons dilfi-reats, la contrée au nord des canaux étant légèrement plus foncée que celle au sud. t'y Asir. A'ac/i. 3391, 4 j uivicr 1SJ7. Ci;is deux cornes s'assombrissait. Le lac (l'Yao no s'est ilétaché comnu^ l''iy^ fonré (pi'à partir du milieu de sep- tembre : jusqu'alors il était réuni au l'haros. La novembre et décemljre, c'était une belle tache foiic.i'(.', nettement délinie. Le golfe de l'Aurore varie avec l'oliUipiili' : il |i;irait d'autant plus foncé qu'on le voit plus obliquemi'iU. Les mers lOrythrc'c et di,' Leucalion u ont ('té^ séparées qu'à partir du vil) no- vmdire. La terre de l'yrrha, qui les sf'pare, n'a c'té' visible qu'à [lartir de cetti' date, (diangement réel. 1)0 1877 à IS96, la région f'ryt,hr('o s'est gradu(.'llenient alVaiblie de ton. E:i 1S77, elle était très foncée (Cn!en, Schiaparelli, etc.). C'était une <■ mer » incon- CKllUr.I.I. UliSEUVATOlKI- DE Tl-KAMO. 325 testable d'aspect. Aujourd hiii, l'aspect est continental; il ne reste que quelques traînées grises. Variation réelle. Observé du 13 août au 11 février, l'Euphrate s'est montré mieux visible dans l'obliquité qu'en culinination. En obliquité, large et foncé; au méridien, clair en son milieu et dédoublé. L'Hiddekel et le Gehon très faciles en août et septembre, à ce point que Ion jiouvait se demander comment ils n'ont pas été vus avant Scliiaparelli. Le l.S .septembre, en obliquité, Ammon étant au méridien, ils paraissaient plus foncés, mais confondus en une seule trainéi-, 1 Edon qui les sépare étant devenu s(imbre en vision oblique. 1-e Gang-e s'est montré plus clair au méridien qu'en obliquité, et ses bonis se détachaient alors en deux ligues parallèles, comme l'F^uphrate. I.e Pliasis s'assombrit aussi en obliquité, s'éclaircit au méridien. Le lac du Soleil a été très difficile à voir en position centrale, trop éclairci. et, au contraire, sombre et facile eu grande «diliquité. Il a donc la même constitu- tion physique que le Phasis. les colonnes d'Hercule, etc. Le n novembre, le lac de la Lune passant au méridien central, le Gange et le Clirysorrhoas se présentaient avec le même angle : les deux canaux offraient la même largeur et le même aspect, et doubles tous les deux. En décembre et janvier, le Chrysorrhoas diminue de largeur, offrant l'aspect dessiné sur la carte. Le Sireuius ne reste pas identique à lui-même pendant la rotation de la pla- nète, plus large en obliquité, plus fin en culinination. La mer des Sirènes est une des régions martiennes les plus faciles ;i bien voir, même quand le disque n'a que 7'. Elle n'est pas uniforme de ton; c'est plu- tôt une agglomération de taches qui varient avec l'obliquité. Les variations de l'Hespérie dépendent en grande partie de celles des mers Tyrrhénéeune et Cimmérienne Dans la soirée du 4 janvier, par une atmosphère de calme absolu et d'admi- rable transparence où Mars, affranchi de toute vibration, semblait comme enchanté » incuntato ". le Léthé parut perdre son aspect linéaire et se méta- morphoser en un système compliqué et indi'chin'rable lie minuscule.s petites taches. L'Euripe s'est montré pour la première fois le 13 juin, un [leu avant sa cidmi- nation, comme une grande tache foncée orientée du nord au sud et plantée eu forme de drapeau sur la petite Syrte. Le drapeau était nettement terminé à gauche, mais se perdait à droite en un ton indécis. Le 10 juillet ou le revit sépa- laut deux régions claires d'égal ton et nettement détini des deux côtés. En sep- tembre il était bien détini à droite et nébuleux à gauche. En décembre il se mon- tra formé de deux lignes courtes parfaitement symétriques par rapport au méridien de la petite Syrte et offrant la figure de la lettre û. Transformation remarquable et absolument certaine. L'Hellas. qui était rose en 1894, est' devenue blanche en ISO.J, et est restée 3iC LA PLANÈTE MARS. 1896 lilaiiclii' en I8!l(; ot 1S97. On a cru apercevoir, mais difficilement, des traces de 1'A1j)1h'c et du Pénëe. Nous avons tenu à détacher ici ces observaliotis remarqualiles parce qu'elles mettent en évidence les changements réels qui s'effectuent constam- ment sur la planète, ainsi que les variations apparentes dues à l'obliquité ei à !a rotation, lesquelles consistent en nssoniln-issemcnis de certaines régions, cl en n-l.itirrisseiin'iits de certaines autres, peut-èlre un peu par contraste. Quant à la nouvelle interprétation des canaux présentée par M. Cerulli, elle n'est pas sans offrir, elle aussi, plus d'une difficulté, et c'est ce que M. Schiaparelli a tenu à discuter, de son côté, dans un intéressant article SLu- ce sujet ('). L'illustre astronome de ^iilan montre d'aliord qu'en ce qui concerne la mer Tyrrhénienne, M. Cerulli a réuni à cette mer la région foncée qui constitue l'isthme supérieur del'IIespérie, ce qui n'est qu'une interprétation et non une modification physique. 11 montre ensuite qu'en 18'J6-18971e Léthc n'a pas ete vu, ou très faiblement, et que ce (jue .M. Cerulli appelle le Léthé est le Thoth, tandis que ce qu'il appelle Thoth est l'Athyr, etc. De même, le Kison de Cerulli n'est pas celui des cartes de Milan. Ces confusions sont assurément regrettables; car l'aréograpliie commence à être un peu com- pliquée. Arrivant à l'observation que les canaux et certains détails de la planète sont moins évidents à leur passage au méridien central que vus oblique- ment, M. Schiaparelli déclare qu'il l'a faite plusieurs fois lui-même, nolainnient en ce qui concerne le Nœud Cordien et le lac du Soleil. Mais, pour lui, ce fait ne contredit jias l'existence des canaux, car il se présente lorsijue les régions environnant les tai-hes deviennent plus claires en api)roclianl du bord, de sorte que la. plus grande visibilité des lignes foncées s'accroît ainsi /)''/• contrusU:, et non par suite de la constitution inirinsrijue de ces lignes. jja théorie de M. Cerulli est, en elfcl, (jue les canaux ne sont que des impressions optiques de notre vue rtniuissaut entre elles des taches sombres alignées séparées par des régions chairs. Quand ils passent au méridien central, les régions claires dominent, s'idargissent un peu par irradiation, ei diminuent le ton fonce apparent d('S canaux. 11 resterait encore à expliquei' pouri[uoi les lâches en question sont ainsi alignées. Une la \isibiliti' des canaux s(jit la mi"'me pniir un]grand eloignement que (') Vierlrljatirxscln: d. Aslronoui. Gaxctlsi-luifl, 1. .\.V.Vi\', p. 39-51. sciiiAT MiKi.i.r — i.i-o ukrnm:u. 327 [lOLir un potit, pour un disque de 7" que pour un de 17", c'est une difficulté que M. CeruUi élève contre l'existence réelle des lignes, et cherche à résoudre en disant que Tœil réunit tant bien que mal, dans les deux cas, des choses incomplètement visihles. M. Schiaparelli assure que, pour lui aussi, ce ne sont pas les époques d'opposition et de plus grande proximité qui ont été les meilleures, mais celles où la planète est plus éloignée et plus petite ; mais il attribue ce paradoxe à ce que les observations faites au cré- puscule du matin ou du soir, dans une demi-lumicre, et même de jour, sont préférables aux observations du milieu de la nuit, non seulement à cause de cette clarté diffuse qui calme l'irradiation de la planète, mais encore parce que l'atmosphère est plus tranquille et les images meilleures. 11 en est de même pour les étoiles doubles, telles que C Hercule, - du Cygne, S du Cygne, etc. M. Schiaparelli déclare donc que ces deux grandes objections de M. CeruUi reçoivent par là une explication satisfaisante : que, d'autre part, l'assimi- lation des aspects de Mars à des lignes lunaires imaginaires n'est pas sou- tenable, et que les déductions de l'auteur sont très hypothétiques. Le « réseau tri gonomé trique » des lignes martiennes n'est pas encore expliqué. Quant aux régions qui blanchissent avec l'obliquité, s'il se forme là des étendues de gelée blanche (La PUmétc Mars, t. I, p. 100), l'explication serait toute trouvée. CCXIX. — LÉO Brexner. OiiSEitVATOiiu: de Lussinpicgolo iIstriei ISOfi-lSOT. M. Léo Brenner nous a adressi' de l'Observatoire de Lussinpiccolo (Istriei les descriptions et les dessins qui suivent, résumant l'ensemble de ses observations pendant la morne opposition ('). Le premier, pris le 7 octobre 189G, à lô'' 15"' (temps moyeu de l'Europe centrale). et avec un grossissemeut de i'ti fois, représeute la planète au moment où son 145" degré de longitude passe au centre du disque (phase assez prononcée, diamètre = l'I"). On y distingue nettement, de gauche à droite, un segment de la Thaumasia, l'Aonius Siuus, les mers des Sirènes et Cimmérienne, plus bas le circulaire Trivium Charoiitis, plus bas encore le parallélogramme de la Propon- tide I fig. "215 I. Dans le second, pris le 30 novembre à 10'', avec des grossissements de 310 et de 410, la phase n'est plus visible, la planète, mieux en opposition et plus rappro- chée de nous, a un diamètre de 17". On la voit par le Î90« degré : en haut les terres Ausonia, Hellas, Noachis et de Deucalion: au-dessous, les mers Tyrrhénienne, (') Société Astronomique de France, 18!)7, p. 4il. 3?8 LA l'LANETK MARS. dsflr. Ailriatiqup et F^rythrée H le Sinus Sabanis, puis la Grande Syrte traversée par les pciiils dont il a été question, entre les terres Libye, d'Isis et Aeria. {fig. 210i. Dans le troisième, pris le 9 décembre, ;\ 9", par un grossissement de HIO, le Fig. 21... — .Voiiiiis Sinus ft mer des Sirènes. Kig. 2\6. — Grande Syrie cl mer Er.\ llirée. Fig. '^17 - ,Mei- ('iinm:-rii-iinr, rn\ ium ("lianintis et l>nj|uMili.lc- Fig. ,M.S. — l'elile S.vrte el Ciranile Syrte. diamètre est de 17", la lonjjiinile est de lO.'i», sensiblement colle du Trixiuiu Charontis et de la l'roponli.io. (Jn y voit en entier la mer Cimmérienne avec les deii.K isthmes Atlantis et Ilesperia qui la séparent des mers des Sirènes et Tyr- rhénienne l jig. 217 I. I)ans le quatrième, pris le .i janvier 1897, ;\ ."i'' i")'", avec un .Grossissement de 410, la planète s'éloigne. Sa phase commence à s'indiquer du coté opposé. Son dia- I.IÎO BlîK.NMilt. A I.ISSIM'K.COI.O (ISTlUEi 329 inèlre n'est plus que de 1 î". Elle se présente ;\ son 260'- de longitude. On i-ctruuve la Cirande Syrte avec ses trois ponts et la terre d'Ilellas, mais avec des régions plus orientales : la l'etite Syrte, la mer Tliyrrénienne i)resque en entier, rilesijcric, le commencement de la mer Cimmérieune (/iy. 218). Fis- 019. — I" août 1896. ), ==120'. Fig. '2'20. — l-^' .septembre. I9C°. Kig. 2îl. — 8 .-eiitoiiibre 1S96, lt)''4û" Fig. 2-','. —S ^.■l.^eIclLll■c 18'Jii. l'Ji' Tontes ces régions sur les quatre de.ssius sont traversées jiar des canaux qu'il est facile d'identifier avec les cartes de MM. Schiaparelli. A ces dessin?, M. Brenner a ajoute les deux suivants pour certains détails d'ensemble : Sur le premier {fig. 219 i, fait le I"' août, à IStiiO"' (heure de Greenwiclii, on voit les canau.-v sui%ants : 1 Stcropes; 2 Glaucus; o Phlegethon ( .' i 4 Ceraunius. 330 LA PLANÈTE MARS. 18% 5 Iris (?i; 6 Phasis: 7 Araxe (?); S Euiuenides; 9 Gigas. An premier moment, rautt'ur avait itientific ! avec Titan et 2 avec Achéron, mais leurs positions ne correspondaient pas avec celles do la Carie di^ schiaparelli, non plus que celle de 5 et 7. 11 a eu recours alors à la Carte du Lowell et a trouvé que 1 et 2 correspondaient beaucoup mieux avec les canaux Steropes et Glaucus do Lawell. Il De même 5 et 7 pourraient être plutôt le canal Ulysse de Lowell. Mais alors 3 devrait être un nouveau canal, car la Carte de Lowell ne marque pas une cunununication directe à cette place. Au reste, il est intéressant de voir le Ccraunius étendu comme une mer! » Sur un autre dessin, pris le 2 août, on voit les canaux : Krinnanis, Steropes, Glaucus, Ceraunius, Iris, Fortuna, Gorgon (?) et un nouveau canal, situe entre Eumenides et Pyriplilegethon. Le sei)tième canal .serait aussi [dutôt un nouveau canal, situé entre Gortjon et Sirenius, que lo Gorgon lui-même. Un autre dessin montre les canaux : Herculis ColumuEe, Simoïs, Lœstrygon, Tartarus, Orcus, Erebus, Propontis, Titan, Acheron, Pyriphlegethon, Gigas, Eu- menides, Araxe ; la Propontis est aussi sombre que le Trixium Charontis; Laes- trygon, Tartare et Erèbe paraissent doubles. Le second dessin ci-dessus [fuj. 22U), pris le \" septembre, à 19''30"', temps moyen de Greenwicb, contient les canaux : 1 Simoïs; 2 Scamander; 3 Titan: 4 Tarlare; .'i Lœstrygon: 6 ('erbère; 7 .îCthiiijis : H Eunostos (/) : 0 Hybkeus(?); 10 Boreas (1); 11 vEsacus; 12 Gynde (?): '3 Alcyonius (?): M Styx; 15 Hadès; i6Plutus; 17 Erebus; 18 Urcus: 19 Eumenides; 20 un nouveau canal unissant Plutus avec Alcyonius. 4, 5, 12 et 13 paraissent êtr.; doubles. « Or, les positions de 9, 10, 12 et 13 ne correspondi'ut jias parl'aitement avec celles de la Carte Schia- parelli (et non plus avec celles de Lowell), de façon qu'il n'est pas impossible que ces canaux soient de nouvelles formations. Mais la question ne se laisse pas encore tranclier, parce que ces canaux sont très voisins du liudje. Néanmoins ce réseau de canaux était plus distinct que les environs du pôle austral, où il ne m'était jias possible de voir avec certitude si la partie brillante était encore la calotte, ou plutôt une p;irtie blanche de la planète. Car déjà, le 2,t août, la calotte était invisible, .le jjense donc ((ue les t;ielies marquées sur les deux derniers des- sins no sont qu'une blancheur plus intense du limbe. Le Trivium (21) et Pro- pontis (22) .sont très intenses, eux aussi, dans le dernier dessin. » Note additionnelle de M. Brenuer : (1 Le M septembre, je lis trois dessins de Mars, dont l'examen me montra les canaux suivants : 1 Agatlioda'mon; 2 Phasis; 3 Nilokeras: 4 Gauge (très large, sans doute dnublei; j Nil (de niênio) ; 0 Ccraunius (ressemblant à une mer); 7 Chrysorrhoas ; S iMirtuna: 9 li'is; 10 Glaucus ( canal de Lowel): 11 llranius; 12 Gigas; 13 Araxe: li Pyriphlegeten ; ITi un nouveau, canal, unissant le lac 11 liiblis l<'oiis » avec l'embouchure d'un autre; nouveau canal (Uil dans la mer des Sirènes; lOJco nouveau canal, unissant l'enilicjuchure de !."> avec le lac de la ^^^?5S. 5SoSS^^£^g. •^ »=. o o ri -3 O *V~i -q- r--> t^* — 332 lA PLA.NËTI' M A US. 189G-I897 Lune (vil: 17 Elison iim des canaux de M. LowcUi; 18 un nouveau canal, formant la continuation de l'Elison ; 19 Titan: 21 Acheron ou Phlegethon. On voit aussi les lues ilu Soleil (-'•^i, Titlmnius et l'ilo Ar^'yre I lOll). Les calottes polaires étaient très brillantes, bien ((ue je ne sache si c'était vraiment la neige ou si la blancheur du limbe m'a trompi'': car je doute qu'on ait pu voir encore la neige australe, et la neige boréale doit avoir été cachée dans la partie sombre du globe. A cause de cela, les lignes ponctU(''cs sur les dessins ne marquent que les parties les plus brillantes du limbe (M. Dans ces canaux si multipliés, n'y aurait-il pas quelque illusion d'optique? L'astronome de Lussinpiccolo a réuni, en un planisphère, toutes ses observations de l'opposition 1896-1897. Nous avons liésité à publier ici ce planisphère, parce iju'il nous paraît avoir laisse trop de part à la subjecti- vité persoruielle, et uiontrer, notamment, des canaux si nombreux qu'ils donnent l'impression de n'avoir pas le caractère d'objectivité réelle. Il nous semble que .M. Léo Brenuer a enregistré là toutes les lignes apparues à ses yeux en des dates différentes, et dont un grand noud^re peuvent avoir reçu double emploi à cause de la difficulté de l'orientation exacte et précise. Le Trivium Cbarontis, par exemple, se rencontre au-dessous de la mer fiimmérienne, comme un centre d'irradiation de 17 canaux ; de la pointe de la mer des Sirènes irradie un éventail de 9 autres; un autre éventail de 7 canaux part de l'origine duPhison et de l'Euplirale au Sinus Sabœus, etc. : c'est beaucoup ! Les illusions sont faciles, et M. Lowell en a donné un autre exemple dans ses observations de Vénus et des satellites de Jupiter. Nous n'insérons pas moins ce planisphère dans notre étude générale comparée, afin de ne rien omeltri'. et même au point de vue spécial de la discussion. Oaelle dilTérence frappante entre ce planisphère et celui de M. GeruUi ! Décidément, tous ces aspects sont à la limite de la visibilité, — et plu- sieurs même im peu au delà! En complément des observatimis di' M. Breuner. M. Faiith écrit de son observatoire de Landstuhl que, le 2 novembre 1890, il a reconnu l'extrémité droite du Phlegra, l'.Aeolis et l'Eridan, le i novembre l'Aeolis et probable- ment rAethioi)s. Oculaire muni d'un verre rouge pour tempérer l'éclat. On a jiu identifier 7(1 détails de la Carte de Mars, y compris 34 canaux. L'au- teur croit avoir dédoublé le Phison. La région de Deucalion a paru ratta- chée à gauche avec celles de Xisuthriis et de ,hii)et ('-). (') Mars-lieobachtungen 18'JG-1S'J7, uufdcr Manoru Stcrnwarle. in Lussin Piccolo. Berlin, lb98. [■) Aslr. N:whr., n" ;iil8, 29 avril 18 dece mois je n'ai pas pu les apercevoir. La bordure foncée n'étaitpas aussiaceusée que d'autres années. Quant aux neiges polaires boréales, jamais je n'ai pu les voir d'une manière certaine; souvent j'ai constaté des régions claires vers le pôle boréal, mais elles n'avaient pas l'aspect frappant et caractéristique des taches polaires. Ce fait rare et important indi(pierait que le refroidissement et la condensation polaires n'aui-aient pas été suflisauts cette année pour jiroduire des neiges ou nuages abontlants. ceux-ci entrant pour une lionne partie, à mon avis, dans les effets qui.' nous observons sur les taches polaires de Mars. CCXXl. — H. P.vrxoT JuHKUT. — Ouseuv.vimuns F.\n-HS .\ S.vn Fki.ii; D1-; (iuixoLS. r.i.HiiN.v I KsPAf.xi: I. Nous avons reçu, d'autn' ]jai-t, irp-spagné, les iil)prrv:ili(iiis suivantes de M. ['aL\nl .luliert. -janvier l^'JT, à 10'': longitude Kl" i/î;/. ?-?7i. l-'qu.itori;il Secrétan-Mailbal. de 0"' -JO : .ifX;' : ■ Kig, 17'. — Ahirs, le .' jiUiviiM-. ;i 10'' : La mer KrvIhrt'C, Irs yolIVs Sabti'U-i. <\u MniiliiMi, Jcs Perles cl île r.\ui'Oi'C. Image excellente; couleur rougc-briqiie d'autant plus claire (pie l'image est plus calme. Les mers sont plutôt bleues que verdâtres. La calotte polaire est d'un blanc éclatant. La baie du Méridien est très somlire: !<■ promontoire Mdom semble ]dus lii'illaot que le reste. l'ATXOT JUBEltT. A GIÏROXA. 337 Le lac Niliacus et la nier A'-idalienne sont très foncés et séparés par le pont d'Achille que l'on distingue parfaitement. La mer Erythrée présente des variations de ton fort difficiles à saisir : très sombre près des continents et de Noachis, elle l'est moins près d'Arfiyre, vers l'occident. Les régions de Dcucalion et de l'yrrha sont à peine moins sombres qne la mer et séparées du continent par une banile ]ilus foncée. La région de l'yrrlia est la plus visible, quoique les deux soient fort difficiles. Canaux : l'hison. large et sombre; l-^uphrate, mince et plus difficile: Iliddekel /- \ \ \ Fig. 238. — Mai-s, le 19 janvier, à 10'' 30" : Le Trivium Cliaronlis et la mer Cimniérienne. et GehoD, larges et sombres, surtout ce dernier; Oronte ne se voit pas: Indus, très foncé et large; .lanuina, large et estompé vers l'occident. Remarque : le long de Noachis s'étend une bande sombre en forme de canal, traversant la mer Erythrée. Il ne s'agit pas d'un effet de contraste dû à Noachis, car cette bande s'étend au delà dans les deux sens; serait-ce l'OccaHu.s de Lowell'? 19 janvier, à lO^-SO'": longitude -IVl" tfxj. 2-2Si : Bonne image et de teinte excel- lente par instants. La mer des Sirènes et le golfe des Titans sont fort sombres.... I.'.Vtlantis se voit par moments. La mer Cimmérienne est très foncée, surtout dans son littoral nord, car vers le Sud elle devient estompée et semble s'étendre sur Electris et Eridania, que l'on ue distingue que vaguement. Le Trivium Charoutis est très étendu et donne l'idée d'une mer: il est tout aussi sombre. Sou aspect est fort remarquable et semble formé d'un noyaxi. très foncé produit par la rencontre des canaux, enveloppé dans une sorte de pénombre un peu plus claire et qui F., IL 2-- 338 LA l'LANf:TE MARS. 1896-1897 donne à l'ensemble l'aspect de la patte d'un palmipède avec ses membranes réunissant les doigts. Canaux : Tartare très large, parait double par moments ; L.TStrygon, très mince, mais foncé; Cerbère, double: Styx, excessivement large et envi'loppé dans la pihiornbre ; Hyblanis, fort difficile. I^e Xanthus est très large et presque noir; il semble traverser l'IIe.sjxTie et se jeter dans la mer Cimmérienne qui, par instants, laisse voir une région assez claire correspondant à Cimmeria. La calotte polaire est brillante, quoique perdue dans l'éclat du limbe. Précédemment, lo même astronome nous avait écrit, à la date du 20 no- vembre 1896 : .Te viens de lire dans les Astr. Nach., n"3386, votre dépêche du 11 annonçant la grande étendue et le dédoublement, observé à Juvisy, du Trivinrn Cliaroutis. Le 2 courant, je fus également frappé par son étendue et sa visibilité; je ren- trais de voyage et n'étais nullement préparé à l'aspect que Mars devait m'ofîrir. Voici un résumé de mon registre : « Novembre 2, à 10'" 30"'; long., 200", oculaires, 100 et 200. » Image relativement tranquille. » La mer des Sirènes est très sombre, et son littoral nord tranche nettement sur la Meninonia. Le golfe des Titans est sunbre et bien marqué. » L'Atlantis ne so voit pas et, k sa place, les mers paraissent moins foncées, sans toutefois être claires. » La mer Cinnnérienne vers l'occident est aussi f(jrt S(.imbre, quoique moins (|uc la nier des Sirènes; son littoral nord-est net et bien défini. " La mer Chronienne se voit difficilement, et les deux Thulé sont brillantes. » Près du centre de l'image, on remarque le Trivium Charontis, très étendu, fort sond)re et ayant un axprct (étoile. Du centre partent quatre larges rayons qu'on ne peut tracer guère plus loin du point de départ, et qu'on pourrait identifier comme position avec les canaux Styx, Cerberus, Tartare et Orciis. Le Trivinm (Uinrontis est aussi évident et aussi foncé que les mers, et l'ocu- laire 100 le montre parfaitement. » .J'ajouterai aussi que je fus ('■touni' île \<.)ir le littoral nord des mers tran<'lier si nettement sur l'iniagc, lorsque le littoral sud était vague, estompé et semblait envahir le Phactontiset l'IOridania. ( M-, environ un mois auparavant, le li octobre, j'avais remarqué juste le contrairo : la mer Cinunérienne, très sombre au sud, tranchait nettenicnl sur l'Eridania, tandis qu'au nord elle devenait vague et à liçiiic estompée. ij .le vous adresse inclus un croquis do l'observation en question ('). « (') Ce croquis montre le Trioiiim Cltaronlis i\ |ieu [jro.s tel qu'on l'a vu plus haut, sur mon des.sm du 5 novembre. PATXOT JUBERT. - PEYRA. 339 A propos do cette même région martienne ilu Tririiim (Iwronlis. )\. A. -A. Wonaszer nous adressait aussi les observations suivantes de l'Observatoire de Kis-Kartal : Le dessin ci-dessous a été fait le 14 novembre dernier, de 0'' à 10'' du soir (temps moyen de Kis-K;irtali avec un rc'fracteur de 7 pouces^ et un grossis- sement de -200 à 300 fois. L'air était d'une grande pureté, ce qui est rare. On distinguait nettement hî Fig. ■':l'^. — Mars, le 14 iiciVLMalii.', .l.- V' a lu*- ; Le golfe fies Til.in- et le Triviiiin Charontis ('). golfe des Titans lAi sur la mer des Sirènes, ;\ l'cmbuucluire du Tartarc, qui un instant s'est montré ]iarfaitoment double, l'embouchure du L.'estrj^gun iB: sur la mer Cimmérienne, et enfin le Trivium Charontis i Cl. Le pôle nord était d'une blancheur très vive. CGXXn. — ThYRA. SoclET.A. DEl'.LI SPETTROSCOPISTI. Les Mémoires de cette Société ont pu])lie (A'uL XXM, Rome, 18',I7) des observations signées n. Peyra, faites à l'aide d'un é(|uatorial de 0"',2i de Merz (sans indication de lieu), et accompagnées de Iti dessins. Oculaires positifs du micromètre à fils, grossissant 300 et 400 fois, et munis d'un verre jaune (juand l'astre était trop brillant. En voici le résumé : L'observateur constate que la plupart, « la inaggior parlf » des configurations des Cartes de Schiaparelli, ont été vues sans difficulté, ainsi que les canaux (') Comparer ce dessin avec celui que j'ai pris le 5 novembre (p. 277}. 340 l-A l'LAM'TK MAUS. 1896-1897 piiucipaux. Pas de gf^iuinations certaines, si ce n'est celle du Trivium Charontis, l'iirmée de deux noyaux noirs bien marqués. l^a rive gauche de la mer du Saljlier >i'i'lendait jusqu/nu Inc Mœris. qui n'en était qu'une sorte de renflement. L'Helias, très blanche. Des deux canaux en croix, ou n'a aperçu que l'Alphée, et une seule fois, le 2 janvier. ■ ' ■ ' ■ L'Hellespont. et son raccordement avec la partie sud-est du golfe Sabœus, a toujours été vu comme un objet parfaitement défini. Le Serpentin a été vu comme prolongement de la terre de Deucalion, qui parfois s'est montrée blanche comme la Xoacliide, Argyre et la terre d'Ogygie. Sans difficulté ont été reconnus le Gehon, riliddekel, l'Oxus. l'Indus. la Jamuua, le Gange, le Nilokeras, le .lourdain et le Callirhoe. Le lac du Soleil est resté très pâle, et on le distinguait mieux dans le voisi- nage du bord ([uau méridien central. Le lac de la Lune et le Chrysorrhoas ont toujours été facilement vus. Quant àTElysium, la gradation de ton qui des bords lumineux s'assombrissait vers le centre, donnait l'illusion d'un pays en relief sur le niveau général de la phmète ( '). Styxet Cerbère larges; Hy bleus et Eunostus moins foncés. Bien marqué, le C'yclope traçait exactement un méridien de la planète partant lie l'intersection d'Eunostus et du Cerbère. Trivium Charontis, formé de doux noyaux dans la direction de l'Orcus. Pas d'ile Cimmérienne. Hespérieet Ausonie très évidentes, au contraire. La neige [lolaire boréale a été observée sous l'aspect d'un subtil segment lumineux au bord du disque, ^'ers la lin de février et en mars, le pôle bon'al s'iiiclinant davantage vers nous, elle se montra mieux définie, sous la forme d'une calotte entourée d'une bordure foncée. Comme on le voit, ces observations s'accordent avec les précédentes. Plusieurs configurations, le lac du Soleil, le golfe Aonius, le Pliasis, PAraxe, le Nœud Gordieu étaient plus marqués eu vision oblique qu'au méridien central. L'Elysium paraissait en relief (' . Le rivage gauche de la mer du Sablier s'éliMulait jusqu'au lac Mœris adjacent. Plusieurs variations bien constatées. Uédoublemeiil du Trivium, etc. Nous croyons utile de compléter cette description par quelques-uns des dessins de l'auteur, placés dans l'ordre des longitudes aréographiques. Uemar(juer sur le troisième du premier rang la forme de la mer du Sablier, dont nous venons de jiarler; sur les deux |)remiers du second rang, l'aspect de ri';iysium; sur les deux premiers du troisième rang, le lac du Soleil \uisin du limbe: sur le dernier, la neige boréale. (') Voir plus haut (p. 595) l'uLiscrvation analogue de M. Perrotin. l'i:VH\. - SDCIK lA DEGLI SPETTIiOSC.OlMST! 341 Fi;; Jiïn. 1"' janvier. 2 janvie ■. 12 janvier. 13 janvier. 17 janvier. ■28 févrer. i!o janvier. 17 mars. CrOOI'IS de M.4R3 EN 18117, PAR D. Peyba. 3/(2 LA PLANETE MARS. 1896-1S97 CC.WIIL — QuENissET. — Observations faites a l'Observatoire DE LA Société astronomique de France. Ces observations oui été fiiiles ù l'aide de la lunette de Kii™"", objectif exrelleiil d(.' M. Mailliat. (jrossissements employés: 2"20 fX 300. En voici le i-csumé. 10 novembre IS'JC), à Ifiiô""; X = 140°. La mer des Sirènes, au méridien central, est très foncée. A son extrémité occidentale, on remarque l'embouchure de l'Araxe; à l'Est, les canaux Giflas et Titan, mais surtout le premier. Tout contre la mer ries Sirènes, au Nord, on observe nne région très blanche. \'crs le centre du disque, on voit une longue traînée grisâtre perpendiculaire- ment au méridien central, l'Euménides et l'Orcus jirobablement, assez la^rges. La calotte polaire boréale est très brillante, quoique assez petite, ainsi que tout le limbe oriental. 10 novembre, à I»''-,'0"|; À = I."i4" : On aperçoit très nettement sur le limbe oriental une tache assez foncée : Trivium Oharontis, et un nouveau canal, le Tar- tare, qui se rend de Mare Sirenum à Trivium Cliarontis. Un peu plus bas et non loin lie la calotte polaire on voit une tache plus faible : Propontis sans doute. Au sud, on commence à voir l'extrémit': de Mare Cimmerium, mais on ne l'emarque pas encore sûrement Atlantis. Les continents sont d'un beau jaune orangé, excepté au sud de Mare Sirenum, où, comme je l'ai dit dans la précédente observatKui. ou observe une région blanche. !■,' novembre, à li''40'"; /. = ni": Marc Sirenum est au méridien central. Celte mer est assez sombre. On 'remarrpie toujours au Nord une tache assez blanche. Les canaux Araxe, Sireuius et surUjul le Titan, à l'Lst, sont bien visibles. 'Vers le centre, l'Orcns et l'Euménides i ces deux canaux sont le iirolongement l'un de l'autre; très larges et grisâtres. La tache polaire boréale ne se remarque pas aussi bien c)ue le 10 novembre, mais à l'Ouest, on voit très bien une tache grise, vague, qui doit être le Lacus Hyperboreus. Le limbe oi'iental est toujours très brillant: le terminatenr est sombre. I"J novembre, à I7''35"', X = -,'13" : Mare Cimmerium passe au méridien central, assez foncée, à peu près comme Mare Sirenum. A l'Est, on commence à voir rilespérie, assez pâle, et au-dessus, le commencement de Mare Tyrrhenum. Vers le centre, parfaitement bien visible, Trivium Charontis, et un peu pins au Nord, l'i'opontis. On voit sûrement le Cerbère. Les deux lacs Trivium Charontis et l'ropontis semblent reliés, quand la vision SOCIÉTÉ ASTi{(t\()Mion, m; i uance. 3-i:? est absolument nette, par une faible traiitée: lladès? mais l'observation n'en étant pas certaine, je ne l'ai pas indiquée sur mon dessin. lu iiovembreJlS96, à lli--::.!"'.' 10 ni.vciubi-e 18%, a 121" 20". \: ii.jMiiil.ie ISM, a I2i'40'». 12 ijuveciilire ISSfi, à [V'Xi" Kig. 2:il. — OtiservatioDs de M. Ouéuissci a ]a Sockié as(ronoiMic|iie île Kiaiice. Au pôle nord ou voit une légère tache grisâtre, Lacus Ilyperboreus probable- nii-'Ht. La calotte polaire n'est pas bien distincte. CCWIV. — OliSEUV.^TEURS DE LA LililTISH .iSTRONOMICAl, ASSOCIATION flS9(i-18;)7) Cl. Les observateurs inscrits dans cette Commission ctaient,par ordi'e alpiia- ]jrti(iue, MM. E.-M. Antoniadi, G.-T. Davis. W. -F. Gale, H.-F. Griftiths, W.-J. Hall. P.-H. Kempthorne, W.-H. Maw, J.-\V. Meares. A. Mee, P.-B. Moles- ç ) Hoporl of (/!'• Section. Published feliniary l.S'JS. 3U LA PLANETE MARS. 1S913-IS97 worth, l'abbé Moreux, J.-M. OlTord, T. -E.-R. Phillips, J. Rheden, C. Roberts, JI.-.T. Townshend et Stanley Williams. Le Rapport suivant est dû au pre- mier de ces observateurs, directeur de la Section. La description de la surface martienne pendant la durée de ces observa- tions peut être résumée de la façon suivante. A. ]H décembre l«:ti;. I.on;;. -- '.t.)", I.at, — 5", (J.-W. Mi-arcs. ) 11. 27 janvier 18117. I.oni;. = lili". I.at. — 7". (T.-E.-R. Phillips.). C. 3 décembre 1S'.I6. I.i>ng. — i»:y. I.at. — 2". |.\, Mi-e.l 1). 23 iléoemhre IN'.ie. I.ons. = :iV>". I,:it. — G°. (P. -11. Muleswortli.). Fig. 2u2. — Uessiusilo .M:u's pris en 18!K)-1S'J7 p:ir les meinbre.s de la liritisfi Astronomical Association. La baie du Méridien a oll'ert sou aspect habitueb Eu général, le ruban était sombre, mais lorsque les images étaient très calmes on voyait apparaître le faible lilUlISH ASTH(>MtMl( At. ASSOCIATION. 343 demi-ton connu sous le nom de Xisuthri Regio. Une ta.;he blanche très brillante marquait l'emplacement du promontoire d'IMom, d'après les observations de MM. Molesworth, Kempthorne. l'hillips et Meares. In faible canal de Daradax de M. Lowell) séparait cette région du reste d'Edom. Les trois principaux lacs au nord du Sinus Sabœus ont été vus par plusieurs observateurs ; ces estompages sont : Ismenius Lacus, Dirce Fons et Sirbonis Palus. Aucun changement notable sur la région de Deucalion. Yaunis Regio est à peine indiquée sur les dessins, tandis que Noachis, Argyre et Ogygis Regio ont souvent paru réunies ensemble. Tue teinte gris pâle caractérisait la coloration de la nier Erythrée. Le golfe des Perles s'est montré pâle, le golfe de l'Aurore un peu plus foncé peut-être. Il a été diffleile de séparer clairement Xiliacus Lacus de Mare Acida- lium. Cette dernière mer était d'un noir d'encre au- dessus do la calotte polaire, se montrant de beaucoup la tache la plus foncce de la planète. Pyrrha» Regio et Protei Regio étaient très vagues, mais le blanchi- ment d'Argyre avec l'obli- quité a frappé tous les ob- servateurs. M. Molesworth a constaté que le lac Tithonius a sem- blé doublé par l'Agatho- dasmou. Rien de particulier sur le lac de la Lune, si ce n'est sa couleur foncée, plus foncée en réalité que le lac du Soleil. C'est M. Meares qui a eu le plus de succès avec ce dernier; ses dessins le montrent allongé de l'est-nord-est à l'ouest-sud-ouest. M. Molesworth constate que le lac du Soleil, dont la coloration était d'un gris bleu sombre en décembre 1891) et janvier 1897, a pâli en fi-vrier, pour di.idaiiia paraissaient blanches dans le voisinage du limbe. Elysium a été noté cooime plus ('datant que les régions environnantes, surtout vers le Trivium Charontis, où l'ceil était frap]!!' jiarune tache brillante. Quant au Trivium Charontis. MM. Grifiith et .M(des\vorth semblent bien confir- mer la duplicité en taches rondes signalée plus haut. Syrtis Parva n'a rien présenté de bien remarquable, et l'on n"a pas pu recon- naître d'estompage sur la Libye, qui était très jaune. .Aucune trace de la fameuse neige atlantique. Le lai- Mirris n'existait pas à cette opposition autrement que comme une simple b;iio de la mur du Sablirr, M. 'l'ownshend a remarqué que la pointe septentrionale de la Grande Syrte était dédoublée. Coloe Palus a été entrevu par quelques observateurs. Œnotria parait être une tache soumise à des varia- tions rapides. M. Molesworth a esquissé vaguement la lapygie. Enfin, les deux ponts de M. Lowell, réunissant Hidlas ou une terre au-dessous, à la Corne d'Ammon et à la Libye respectivement, ont été vus par la grande majorité des observateurs, llellas blanchissait toujours avec l'obliquité. Le Rapport contient on outre (juciques oliservations de taches blanches. y\f;. '.'A — LegollL'des Perles ell'liuliis en IKHIi-IS'.i d'après M. Mnlesworih. à Ceyiau. BKITI ASTIIOND.MICAL ASSOCIATION. 34: io5 Ainsi, M. Meares en a signalé une sur Cydonia. vers 20" do longitude et .");5" de latitude boréale. M. Moleswortli a vu, de plus, une toute petite tache Manche dans le golfede l'Aurore, qui ne corres- pondait pas avec Protei Uegio. M. l'hilliiis en signale une troisinne sur Neith Kegio, missi brillante que les neii/es imlairrs. Eulin , M . Otfi ird a remarqué un poini srlntilliint roinmc nui' , toile sur Hellas, ce qui nous rappelle les taches a ualogues vues par M. Schiaparelli en 1881- 1882 sur la même ile [La Vlanétc Mars, t. I, p. 355. ) On a également aperçu des projections brillantes sur le terminateur. Ainsi, le 3 novembre 1896, M. Phillips en a remarqué une (;/( sud-ouest. Le 22 novembre, M. Maw en a vu une autre vers 305° de longitude et 60" de latitude boréale. Le 1" février 1897, M. Molesworth en a aperçu une incontestable surXoachis T h a 1- : s- I 5 Fig. 2;i;i. — Le lao du Soleil tu 18!16-18'J7. d'après M. Molesworth, â Ceylan. ou Argyre. Eulin, M. Maw en signale une autre vers 75° de longitude et 35" de latitude australe, observée le 7 fé- vrier 1897. Les membres de la Com- mission ont observé en tout 106 canaux : 25S" zS5' 5oo o n i a %P^KlS^- 2. M .5 N 255- 'j?^^ 3o- 270 285" 3oo° Fig. :3ti. — La Libye en 1su6-isa7 d'après M. Molesworth, u Ceylan. iEsacus, .Ethiops , Agatlio- dfciuuu, AlcN'ouius, Alpheus, .\.mbrosia, Anienthes, Antajus, Auubis, Arases. .Vsoauius, .VstaLoras, Astapus, Astusapes, Avernus, Boreas, Callirrhoe, Cerau- 348 LA PLANÈTE MAltS. 189()-18!n niiis, Cerberus, Chrysorrhoas, Cj-clops, Darclaïuis, Deuteronilus, Eosphoros, Erebus, Eumenides-Orcus, Eunostos, Euphrates, Eiiripus, Fortuna, Galaxias, Gaiigcs, Gehon, Gigas, Gorgon, Hades, Ilcn-ulh-Cohiinnœ, Iliddekel, IlybliiMis, llydaspes, Hydraotes. Januma, laxartes, Indus, Jordaiiis, Iris. Issedon, Lrcs- trygon, Lethes, Xectar, Nepenthcs, Nilokei-as, Xilus, ()rûntes, Oxus, Pactolus, l'oueus. Phasis, l'hison. Plilegethon, l'hitus, Protonilus, Pyripblegethon, Sca- iiiandcr. Simois, Sirenius, Styx, Taiiais, Tartariis, Thoth, Titan, Triton, Typiioaiiis, Urauius, Xanthus, un antre canal sur Aeria, Asopus, B;etis, Brontes. Daradax. Dargamanes. Elison,! Ilelisson, Ilypsas, Ilyscus, Nendrus, Thyanis, et uu autre Nilolieras, plus 18 canaux inédits que l'on ne peut pas identifier avec les Cartes. Ou a de même signalé P2 nouveaux lacs. Ce rapport est accompagné de plusieurs dessins, dont nolve fig. 232 repi-é- seule les quatre principaux, faisant le tour de la planète. Parmi les dessins de détails, ceux du capitaine Molesworth sont particu- lièrement suggestifs. Son insirumenl esl un télescope de 0'"."23. Il observe à Ceylan, sous un ciel admirable, ll'élait pour l'iiistcirien de la planrie Mars un devoir de les reproduire ici. Tout en faisant la plus large part aux illusions possibles, ces dessins manifestent une fois de plus les variatidis réelles qui se produisent actuel- lement à la surface de la planète. Les environs du lac du Soleil coutinueul à en montrer un remarqualile exemple, et le dernier dessin confirme bien l'extension de la rive gauche de la mer du Sablier jusqu'au lac Mœris envahi, ainsi que le cap qui s'avance en coin et qui, sur cette petite carte, a reçu le nom d'Abyssinie. Nous consacrerons, à la tin de ce Volume, un chapitre spécial à ces varia- tions aussi curieuses qu'incoutesta])les. CC.K.W. — J. Gledhu.l. — (.)iisi:itVATii)\s FAcrns a l'Ouskuvatouie Ciiosslev. liHiiMiaisuu:, llAiacAX ( ' ). (>es observations ont été faites à l'aide d'un iriplr objectif de 'J pnuces i0"',23) consiruit par les (qiticiens ('.didic and Sons. d'York, rem[iliii;anl « avec de grands avantages » l'objeclil'de '.I pouces ~ du même observatoire. Grossissements : 2'i0, 300 et 330. Elles s'idendcut (lu 19 décembre JSlKi au Ui mars l.S',)T. Nous n'y trouvons rien qui s'ajoute notablement aux précédentes. Une remarque très souvent inscrite jiar M. Ciledhill dans ses notes est (jne le (') Moiillili/ XulicfS of llie lio>j;tl A>!lroiiomic:il Socielu, 1897, p. 033. PROJECTIONS. — POLE AUSTHAI.. 349 bord précédent lui a paru plus blanc, plus brillant que le bord suivant. Cette supériorité s'étendait parfois jusqu'au cinquième du demi-diamèlrr de la planète. L'observateur signale, d'autre part, que [)ar la longitude centrale 230°, le disque ne présentait aucune trace de coloration rougeàtro ( 1;) janviert. On lit aussi, à la date du 17 Janvier (/. ^= -liT"), que la mer du Sablier est très foncée et que nulle coloration rouge ne se montre sur le disque. Le 18 janvier (À =: I8i°) : région centrale rouge pâle. Le 26 janvier (>. = 82") : aucune couleur rouge. Le cap polaire nord s'est montré très brillant le 2:1 janvier ('/. = 173" , ainsi que le 7 février (À = Soi") et le 9 (À = 91°). « Nasmyth Inlet bas not yet been seen tliis opposition », écrit l'auteur à la date du 20 janvier. M. Gledhill continue de suivre les dénominations de la carte Green ^t. I, p. 275 : cette « passe de Xasmytb » correspond à Protonilus et Ismenius-Lacus. Même remarque le 16 février, ainsi que pour Lassel Sea. la mer du Sablier étant au méridien central. CCXXVL — \\'. ,T. HussEY. — Phojection suh le terminateur de Mars. Les Astronomische NachrichUn ont publie la dépèche suivante adressée du mont Hamilton le 28 août ISOn : Ce matin (août 27, 16''45'", heure du Pacifique), j'ai observé une brillante projcc tion sur le terminateur de Mars, vers 50° de latitude sud et 275° de longitude. Cette position place la projection très près de la région appelée Chersonèse, ou sur elle-même. Des projections analogues ont été observées ici eu 1890, 1892 et 18''4. C'est la première notée pendant cette opposition-ci. ^\^ .1. IIlssev. A rapprocher des observations exposées plus haut, de MM. Lowell et Do>;- glass (p. 311), ainsi que de celles de MM. Phillips. Mawet Molesworth p.3i7 CCXXVII. — 0. LoHSE. — La tache POi.AUtE austhai.e de Mars ('). Comme on l'a vu plus haut, M. (jeruUi a iditenu pour la position du centre do la neige polaire de Mars en juin et juillet 189C : Longitude '27», (;± 5°,G Distance polaire ">",li rr 0°,0 M. Lobse a conclu comme position moyeiuie de la même tache polaire : (') Aslr. Nachr., 3394, 4 janvier tSDT, et I^ablication 34 des Aslrophysikalischen Ob^ervatoriums zu Potsdam. 350 LA PLANÈTE MARS. - 189G-18'.)T Longitude il", !3 ± 3-,M Distance polaiie 5',f>6 ± 0", 18 D'on il résulte que depuis cent ans la position est restée invariable. La disparition à la fin d'octobre 1894, ajoute l'auteur, et sa réapparition subséquente montrent que la neige, après avoir été fondue, se reforme précisément au même endroit. Cette constatation a son importance. CCXXVIII. — .Iames E. Keeler. — Observations spectroscopiques DE Mars en 18%-1897 (')• - Nous avons assisté, dans l'e.xposé des observations de 1894, à une longui' discussion sur la valeur do l'analyse spectrale en ce qui concerne la démons- tration de l'existence de la vapeur d'eau dans l'almosphere de Mars. Cette discussion s'est continuée depuis, notamment entre MM. Campbell et .lewell, mais sans apporter aucun argument nouveau, puur ou contre, et il nous a paru superflu d'y revenir. Pendant l'opposition de 1896-1897, des observations nouvelles ont été faites par M. Keeler, aux monts AUegheuy. En voici le résumé : Des photographies satisfaisantes ont été obtenues pendant les nuits des 13 et 16 décembre 189G et 13 février 1807, par un ciel considéré comme très pur. Les spectres de Mars et de la Lune ont été comparés avec la plus grande précision possible. Le IG décembre, les durées de l'exposition ont été : Lune ITi minutes. Mars ^7 minutes, les deux astres étant à une très grande hauteur. Tempéra- ture î'o; humidité relative 77 pour 100. Plusieurs plaques ont été obtenues, siu- lesquelles les spectres de Mars et de la Luno sont presque exactement égaux comme dimension et comme intensité. Les spectres obtenus dans ces expériences s'étendent jusqu'aux régions des bandes de la vapeur d'eau. Aucune différence ne peut être trouvée entre les deux spectres. Le résultat est donc négatif. Il est juste d'ajouter que les conditions atmosphériques de l'est des Etats-L^nis sont loin d'être parfaites. Les expériences sont à continuer. CC.XXLX. — Mesures du DiA.Nnrnu: et ai'i.atissemen'I' r-). A riielioiiielrc de llepsold île l'Oliservatoire de (jottingue, le profi.'sseur ■Wilheui Scliur a pris des mesures ilu diauiélre les 2, 11, It! et 17 dé- cembre 1890. Le résultat est, [)0ur l'unité de ilistanco : ('1 TIti' nslropliysical Joiirn.il. T 'MS, mai 1S!)7. {"•) Moiillitij .Xoticcu, janvier 18'J7. Astr. Nnchr.. 3'iOr), février 1S07. niAMKTIU:. — > \Ti:i I ITKS. 35t Diamètre étiuatoriil 0",53 Diamètre polaire '■)". 32 Aplatissement -^ Cet aplatissement nous paraît bien l'ievé iiour la rotation de la planète. D'autre part, M. G. A. Young avait olitenn les valeurs suivantes en 1894 à l'équatorial de 0"',58 de l'Observatoire Halsted : Diamètre polaire 9",7W , , ■' .'57 Diamètre équatori-u . . 9", /Gy * L'irradiation peut augmenter le diamètre de d', 1. CCXXX. — fJATELLITES. Le 6 décembre 189G, à 10'' l'9" du soir et à 13'' 7"' (temps de PoulkovoK M. Kostinsky a réussi à obtenir, au réfracteur photographique de 0'", 33 de cet observatoire, de bonnes photographies du satellite extérieur de ^lars, Deimos, qui ont permis de déterminer exactement sa position, concordante d'ailleurs avec celle que M. Renz mesurait en même temps au grand équa- torial de O^jTG. La distance du satellite au centre de la planète a été, pour les deux positions, de 48", 89 et 57", 18. Durée de pose : lo et 25 minutes (' . Les observations faites du C") octobre au 15 novembre 1896 sur les posi- tions du premier satellite, l'Iiobos, ont montré à M. Campbell qu'il est beaucoup plus éloigné de la planète à son élongation orientale qu'à son élongation occidentale. C'était le contraire en 1877, lorsqu'il fut découvert par M. Asaph Hall. La ligne des apsides de cette orldti' tourne donc assez vite. Il paraît en être de même pour l'orbite du second satellite Ih-inios: mais le fait est moins facile à déterminer, parce (jue cette orbite est presque circulaire, tandis que la première est assez elliptique. CCXXXl. — C.-A. Young. — Mars est-ii. habité i-i. Au mois d'août 1894, M. Holden, Directeur de l'Observatoire Lick. m'a fait l'honneur de traduire dans les l'ublimllons of Ihe Asn-oiioinical Sorlcly of lin- Pacific t YI, 37', un article que j'avais adresse à cette Association en réponse {') Astr. Nachr., 3469, 5 nov. 1897. Le même astronome a photographié le satel- lite de Neptune le 4 février 1899. Ce satellite est de 13' grandeur et la distance était de 15'. Durée de pose de 30 à 45 minutes. ( = ) Publications of the Astr. Society of the Pacific, déc. 189r., from Bosloa Herald of 18 october. 352 I.A PLANÈTE MA US. 1897 à celui qu'elle avait publié coulre la thèse générale de la pluralité des mondes habités. J'avais imaginé là une lettre d'un citoyen de Mars trouvée dans un aérolithe tombé sur le bureau de la Société Astronomique du Pacifique, démontrant par a-hb que Mars est le seul monde habitable ('). Toujours le raisonnement du poisson auquel j'ai plus d'une fois fait allu- sion. Cette discussion s'est continuée d'année en année dans les revues scientifiques américaines. Le professeur Young, aussi connu en Europe (ju'en Amérique pour ses grands travaux astronomiques, discute dans cet article les diverses conclu- sions que j'ai publiées sur les conditions d'halntabilité de la planète Mars, ainsi (jue celles de ^I. Lowell. Le point ijui lui paraît le jilus embariassant est la ([uestion de la tempei'ature, qu'il paraît considérer comme nécessai- rement très basse. Il admet pourtant l'e.vistence d'une végétation étendue, expliquant les aspects des mers et des canaux. L'article ne conclut pas. Mars pourrait être habité par des êtres absolument différents de nous. C'e^t ce que nous disons depuis longtemps. M. Young paraît un peu sceptique, sans l'être cependant tout à fait. .Vu fond, il ne nie rien. Cette étude laisse l'impression ipi'il n'est pas ridicule de chercher. CC.\.\.\11. — .]. JOI.V. — Sun L'ORIGl.NE DES C.WAUX DE M.\RS (-). M. le professeur Joly, membre de la Société Royale de Londres, Secré- t.iire honoraire de la Société Royale de Dublin, propose d'admettre, dans celle étude, que les canaux de Mars ont pour origine le passage de petites [ilanètes capturées par l'attraction de Mai's à l'état de satellites et graduelle- niiMii lonilif^^ à sa surface. La longueui- de la courbure de ces lignes, leurs dédoublements, les taches foncées ou oasis marquant leurs |ioints d'inter- section, ont conduit l'auteur à l'hypothèse suivante : La planète Mars, k (hvorses époques de sou histoire passée, aurait capturé de petits satelHtcs, de (Huieusions couiprises entre Phobos et Ccrès. Pour expli- (picr les différentes courbures des ligues, l'auteur suppose que la rotation de Mars a été autrefois beaucoup plus courte que de nos jours et que la circulation des satellites a pu être, la plupart du temps, rétrograde relativement à la rota- tion de la planète. (') Ces deux nrtiples ont 6\é publiés d.iiis mon petit livre h'éi'as (Hoilés, 33" édition, 1901. (") The sciciilific Tr:iiiK:ii-lions of llic Uoijnl Dabliii Sucietij. auùt liS'J?. JOLV. OUKJIM- I)i:S CANAIX. 353 Il faudrait admettre l'existeuce do 125,000 astéroïdes pour forniei' une masse égale k celle de la Terre, en supposant ces astéroïdes de la valeur de Cérès. Il Y eu aurait dans l'espace une quantité considérable. Plusieurs peuvent avoir une I 0-05 g 0-11 110 100 yo 6f 70 60 oO 40 iO :iO 10 0 St]ij;L;^rLj Fig. 237. — DistribulioQ de la pression atmospliéri'iue au-dessus de la surface de Mars (M- excentricité assez forte pour les jeter sur Mars, et il ne serait pas impossible que les deux satellites eussent cette origine. Un petit satellite solide se mouvant près de la surface agira sur elle par attrac- tion et l'alïectera par une sorte de perturbation de marée. Immédiatement au- (') Le mile = 1609°- F., II. 23 354 LA PLANETE M A US. 1807 dessous (lu satellite, l'action est verticale et tend à élever légèrement la croûte solide lié la planète. 'l'ont satellite circulant lentement autour de Mars exerce une attraction qui peut déterminer un soulèvement de la croûte, la masse de la planète n'étant pas complètement refroiilie. Il a donc pu se former un cône de soulèvement dont l'axe renconirait le satellite et dont la base était un cercle limité par un contour produisant des crevasses sur le sol de la planète. En admettant un satellite d'un diamètre double de Phobos, la plus rapprochée des deux lunes de Mars, situé à une distance de 100 kilomètres, sa force de soulèvement était d'à pou près 300 tonnes par mètre carré, exerçant une attraction caiiahlo de déplacer une croûte circulaire de 3.J0 kilomètres de diamètre, soit 1100 kilomètres de tour environ. Ce circuit peut produire une et même deux fentes parallèles qui, se répétant un grand nombre do fois, et dans des régions fort diverses, déterminent un système de craquelures ou de failles circulaires termini'i^s par une ou même par deux fentes parallèles. L'atmosphère a une action comme milieu résistant, même en admettant que sa densité ne soit égale qu'au se]itième de celle de l'almosplière terrestre. La ligure précédente montre la distribution de la pression au-dessus de la surface de Mars. Les pressions sont indiquées en millimètres de mercure pour la pesanteur terrestre (supposed to be uuder lerrestrial gravity). La température di; l'atmo- sphère de Mars est supposée à 0" G. Les cercles montrent les hauteurs de Phobos à deux altitudes au-dessus de la surface. A la hauteur de 65 miles (105 kilomètres), on voit que la pression du milieu résistant est de 0"'"',8. L'auteur a fait l'expérience de lancer liorizoutalemeut îles balles de revolver au-dessus d'une couche de poussière de lycopode répandue à la surface d'une plai(ue de verre. La vitesse de la balle était d'environ 230 mètres |)ar seconde. La balle passait au-dessus de la poussière à une distance un peu supérieure à son demi-diamètre. L'effet produit par ce passage était un canal égala deux fois et demie le diamètre de la balle, bordé par deux talus. On peut imaginer par là ([uels seraient les elfets produits dans une atmosphère mi-me moins dense par un boulet de SU kilnnietres de diamètre animi' d'une vitesse de OoilO mètres par seconde. IjC sable et la terre désagrégée seraient séparés rn tranchées bordées de talus écartés à i'iO kilomètres. 11 se serait donc pi'oduit sur la |ilanète d(Mix iidineuces contraires : une éléva- tion lie la croûte causée par l'attraction des satellites, et un double talus séparé par une tranchée. Dans cette hypothèse, les « canaux » de Mars seraient des lignes de haulinir. L'auteur cherche ensuite à expliquer le ton foncé variable de ces lignes par la variation îles précipitations atmospheriiiues eu une atmosphère rare et froide, et pauvre en vapeur d'eau. M. Joly discute ensuite l'elTet combiné de la rotation di; la planète et do la r('Volution des satellites pour [iroduire la coui-biu'e des lignes, ([ui b)nt um'pailie du tour du globe de Mars. Ses courbes théoriques présentent, eu elVot, une ana- logie remar((uable avec les canaux des cartes de M. Lowell. nr i.iiioNDKs — i.'At.K [i\: MA us. sr,5 Crtio liypHliicse l'Sl i)riL;in;:lr sentiels. Ilijpotiu'se dr Kanl. — Kaiit est le premier autear qui. à imtre eomiaissaiiee, ait cherché à expliquer luécaniqiieuieiu la foi-iiiaiioii du syslèuie solaire suivant les lois de la gravitation universelle. Siin point de départ e^t des j)his siniph.'s; le voici, d'après la traductiou qu'en doinie M. Faye dans sou livre : Sur l'( hiijine ilu Moiidf. p. 13 1 : « Admett'PUï i|n'à l'origlue la niaiière du Soleil et des planètes ait été répaudue )> dans tout l'espace interplanétaire et qu'il se soit trouvé quelque part, la où » le Soleil s'est formé, une légère prépondérance de deusiie et par suite d'at- » traction. Aussitôt une tendance générale s'est |irononcée vers ce poiut ; les » matériaux y ont aiilué et. peu à peu. cette masse première a urandi. Bien que •• des matériaux de densité différente se trouvassent partout, cepeudaui les plus » lourds ont dû particulièrement se presser dans cette région centrale; car, » seuls, ils ont réussi ;i pénétrer à travers ce chaos de matériaux plus légers et ' à s'approcher du centre de la gravitation générale. Ur, dans les mouvements •< qui devaient résulter de la chute inégale de ces corps, les résistances pro- >' duites entre les particules se gênant les unes les autres n'ont pu être si faci- » lement les mêmes, en tous sens, qu'il n'en soit résulté, çà ou là, des déviations ' latérales. En pareil cas s'applique une loi générale des réactions mutuelles des -> corps, à savoir que ces corps se détournent en tâtonnant, pour ainsi dire, >> jusqu'à ce qu'ils aient trouvé le chemin de la moindre rt'sistance. Ces dévia- 1) tions latérales aboutissent donc forcément à une circulation commune dans le » même sens et dans la même région. Et même les particules dont le Soleil a » été formé lui sont parvenues atl'eetées déjà par ce genre de déviatiiin. eu sorte '■ que le corps résultant, le Soleil, s'est tniuvé animé d une rotation dans le ■• même sens. » {') Formation méca/iii/ae du Systinnc du Monde, l'.'u-is. tS'.'î. 3;)6 LA PLANÈTE iVIARS. 1897 M. l'ave fait suivre cet exposé des rélluxions snivanlos : 0 C'est ici (m'est l'erreur... Kn rejetaul toute idée d'un tourbillonnement pri- u niitif, eu ne tenant compte que de l'attraction et des actions mutuelles des » corpuscules de la nébuleuse, li's mouvements de circulation, possibles éga- " lemout dans les deux sens, se | rmluiront eyalemenf dans les deux sens à la >i l'ois. l'arnii les molécules de cette vaste nébuleuse, les unes prendront leur I' droite, les autres leur gauche; mais alors si vous considérez les aires décrite.? >' par les rayons vecteurs de toutes ces nébuleuses et projetées sur un plan » quelconque, ces projections, les unes positives, les autres négatives, parce Il qu'elles sont décrites en sens contraire, auront une somme rigoureusement » nulle. Ainsi le veut la Mécanique ; or cela ne ressemble pas du tout au système B solaire. « Ces observations sont justes, mais nous lerons voir iinil n'est pas nécessaire de recourir à un tijurbillonnement initial pour .■irriver à l'état actuel du système. 11 faudrait, d'ailleurs, trouver l'explication de ce mouvement tourbiUonnaire qui peut avoir lui-même une cause mécanique. Il est infiniment plus simple de ne rien préjuger sur les mouvements initiaux; cela dispense de toute hypothèse auti-e que l'intervention divine à laquelle on es( toujours obligé d'avoir recours. Hi/pollièse de Laplarp. — Ce grand géomètre, frappé de cette circonstance que, dans le système solaire, tous les mouvements connus de son temps étaient de même sens, a cru pouvoir en attribuer l'origine à la condensation progressive d'une nébuleuse aniiui'e d'une véritable rotation. 11 suppose que, dans l'état primitif, l'atmosphère du Soleil, dilatée par une chaleur excessive, s'étendait au delà des orbes de toutes les planètes et (lu'elle s'est resserrée ensuite jusqu'à ses limites actuelles. La force centrifuge développée par la rotation empêche cette atmosphère de s'étendre indéfiniment. A mesure que le refroidissement resserre toute la masse et condense à la surface de l'astre les molécules qui en sont voisines, le mouvement de rotation augmente; la force centrifuge équato- riale, devcnani ainsi plus grande, balance la pesanteur, et l'atmosphère, en se retii-ant, abandonne successivement des zones de vapeurs dans le plan de l'équateur. C(>s /.ones forment des anneaux concentri(iues (|ui donnent ensuite naissance aux planètes. Cette hypothèse a été accepti'e avec enthousiasme et enseignée pcmlaut long- temps presipie à l'égal dune v('rité démontrée. Les découvertes récentes sont venues la contredire. M. Faye en a fait une juste criliiine. //;//)()//ié,se de M. Faije. — VA\q se dill'ércncie île la précédente en ceci : M. l''aye étend sa théorie à l'Univers entier i[u'il suppose d('pourvu de chaleur d'origine. L'incandescence du Soleil et des étoiles résulte de la concentration de la matière primitivement disséminée dans l'espace sous forme de chaos. Les DU l.KiONDi'S. — I.AiiK \)V. MARS. 357 comètes el les étoiles lilantcs proviennent eiuiinie le Soleil et les planètes d'un même lambeau de ce chaos. Ces divers lambeaux, composés de particules plus ou moins ti'nnes, mais indépendantes dans leurs mouvements, n'ont rien de commun avec la nébuleuse de Laplace composée de s,'a/. ou do vapeurs élastiques. Au surplus, voici le ])oint de dé'part de toute la llié'oi'ie, tel (|u'il est donné ;)ar l'auteur Ini-mèine : « A l'origine, l'Univers se réduisait à un cIuids g'<'n('ral excessivemeiil rare, " formé de tous les éléments de la chimie terrestre [ilus ou nuMus mêlés et con- 0 fondus. Ces matériaux, soumis d'ailleurs à leurs attractions mutuelles, étaient » dès le commencement animés de mouvements divers qui en ont provoqué la •) séparation en lambeaux ou nuées. Ceux-ci ont conservé une translation rapide » et des giratioMs intestines extrêmement lentes. Ces myriades de lambeaux 0 chaotiques ont donné naissance, par voie lie condensation progressive, aux » divers Mondes de l'Univers. » Ces deux dernières hypothèses ont donc ceci de commun qu'elles font dériver le système solaire d'une nébuleuse jiossédant à l'origine un mouvement tour- billonnaire plus nu moins régulier, soit une rotation, soit des girations intestines dirigées dans le même sens et dans le même plan. U semble, en etTet, (pi'il ne puisse en être autrement, étant donné le mouvement actuel, circulaire, direct, de toutes les planètes. Nous ferons remarquer cependant que cette conception, résultant d'une idée préconçue, nuit à la vraisemblance de l'une ou i'auti'e hypothèse. Que demande-t-on à une théorie ccjsmogonique':* C'est de nous faire remonter jusqu'à un état initial de la matière tel qu'on ne puisse concevoir un état antérieur ni même plus simple. Toutefois, le point de départ admis par M. Faye, si on eu excepte les girations intestines, doit être celui de toutes les théories cosmogouiques ayant pour base la communauté d'origine des Mondes de l'Univers. Cette communauté d'origine parait d'ailleurs suftisamment attestée par l'incandescence des étoiles et la presque identité de leur composition ehimii|ue. Si l'on veut remonter jusqu'au commencement, avant que les forces qui régissent la matière aient pu modifier la répartition initiale, il faut bien prendre pour point de départ la diffusion de cette matière dans l'espace et pousser cette diffusion jusqu'à ses dernières limites, puisque la principale des forces naturelles, l'attraction universelle, est, comme le fait observer M. Faye, l'opposé de toute tendance à la diffusion. D'autre part. l'Univers étant composé u'une multitude innombrable île corps qui se meuvent dans tous les sens, suivant les lois de l'attraction, il est néces- saire de faire remonter la source du mouvement jusqu'à l'origine ; mais on doit s'abstenir de faire aucune hypothèse sur la grandeur et le sens des mouvements initiaux. Si l'on astreint quelques-uns d'entre eux à suivre une loi systématique, on admet implicitement qu'ils peuvent être dus à nue cause antérieure, ce qui oblige à remonter plus haut. 3d.S la l'I A.M:TE m Ali s. 1807 llijjxiUièie prupiii^ri' . — C'est dune un point définitivement acquis qu'il faut prendre la matière eu mnuveinent et la dill'user sans limite dans l'espace actuel- lement nci'upé ])ar les corps célestes, et udus devons poser en principe que : .4 l'origiue, l'i' nivprs se rrdnisait h lui rhuos gihu'rnl extrêmement rare, fiirmé d'i-h'iiients dirers tnii.< eu tmix sens et soumis à leurs attrucliuns mutuelles. I^uis nous ajoutons imniédialemont, comme conséquence de cet état initial : Cl' cliHOs s'est partaijé en lan^beaux i[iii imt donné naissance, par voie de conden.'iation progressive, à tous les Mondes de l'Uniners. Comme on le voit, cette liypotlièse ne dilicre de celle de M. Faye que par la su]ipression des i^irations intestines. Nous voila revenus aux idées de Kaut, aver le mouvement en plus, non pas le inouxement r(\i,rulier de la rotation ou des Idurltilliins, mais le mouvement sans cirilre apparent. Supposons qu'il ait existé dans l'immensité de ce chaos une région relati- vement peu agitée, dans laquelle la matière ait été répartie d'une façon sensi- blement uniforme, et où la circulation, ]jrosi|ue égale en tous sens, se soit faite, en outre, sans trop changer la disposition générale des éléments. Nous avons tout lieu de croire que les premiers rudiments du monde solaire se sont formés dans une telle région, (.'ette probabilité deviendra une quasi-certitude, si nous I)arvenons à montrer que dans la mém(> région les déchirures du chaos ont donné naissance à un lambeau de forme ;t peu près ronde. Il semble bien l)riiuvé, en elVet, que le système solaire ne peut provenir que d'une nébuleuse ayant eu autrefois la figure d'un sphémide plus ciu moins aplati; c'est la seule manière d'expliquer les mouvements circulaires des planètes. Or, dans la région que nous considérons, où tout est à peu près symétrique en tous sens, matière et mouvements, il est certain que la surface de rupture présentera la même symé- trie et se ra[ipriirhera de la forme sph(Tn[Ui'. De [tins, cette figure sera relati- vement stable, puisque, par hypothèse, la ciri-ulatitni interne ne change guère la disposition générale des éléments. On conçnit aisément que la comicmsation de cette masse ait pu produire un monde assez semblable au nôtre, Cdiuprenaut ime étoile centrale pré|iondérante animée d'une rotation lente et entoun'e de satellites ayant, pour la plupart, des orliiles circulaires. .Mais ce (|u'ou s'e.\|/lique niuins faeilement. — si on ne peut pas l'aine intei'venir une rotation initiale, — c'est le passage de la forme sphé- rique du début à la liguri' plate ipii est la caractéristique du système actuel. Cette difficulté disparaîtra immédiatement si l'on admet le moindi'e défaut de sphéricité, tel qu'un aplatissement primorilial à peine sensible de toute la Hiasse. On verra que la coexistence de cet aplatissement avec les chocs inté- rieurs suffit |)our produire la déiormation cherchée. Ces chocs paraissent il'ailliMirs inévitables entre uKiléculos dont les plans de circulation ]iassent tous DU I.K.ONDI^S. - l.AdI-: 1)1-: MAliS. 3J'.l par le centra et dont les orbites se croisent eu tous sons ihuis chaque plan. Leur premier effet sera de précipiter une partie de la matière vers le centre : la densité diminuera indélinimcnt jusqu'à devenir nulle dans les régions supé- rieures en commençant par les plus ('loignées; elle augmentera d'une façon continue dans les régions centrales, sans dépasser une limite linie. Le sphé- roïde se partagera ainsi on couches de densité décroissante depuis le centre jusqu'aux extrémités du rayon. A cause de la régularité approchée de la masse à l'origine, les chocs se produiront à peu près symétriquement autour du centre, et les couches d'égale densité devront i)réseuter une certaine symétrie par rap- port à ce même centre. Mais la masse ayant perdu son homogénéité, les orbites des molécules vont se déformer et il arrivera iiue : Le sphéroïde s'aplatira jusqu'à prendre la forme lenticulaire ; Le plan de symétrie de cette lentille deviendra le lieu de rassemblement des matériaux qui circulent à proximité ; Cette agglomération de matière sous forme de disque mince provoquera, entre les circulations de sens opposé, une collision qui amènera la disparition de l'une •d'elles dans le plan de symétrie ou équateur, et l'établissement d'une rotation dans ce même plan ; En même temps, le disque équatorial se rompra suivant des lignes circulaires de moindre densité. Les anneaux ainsi formés, dans lesquels la circulation n'est pas encore uniformisée, se résoudront eu planètes séparées. La masse des planètes, leur âge, l'inclinaison de leur axe, le sens et la durée de leur mtation, et, en général, tous leurs éléments seront déterminés d'après leur distance au Soleil, comme conséquence mécanique de la âgure initiale du lambeau chaotique. Grâce à la conservation des mouvements circulaires et à leur symétrie par rapport à l'équateur, une grande partie des matériaux ayant échappé à la concen- tration générale ont pu se rassembler en nu petit nombre de grosses masses, les planètes; alors que l'autre partie était dispersée en un grand nombre de petites niasses, les comètas. Il est bien certain que le rassemblement, dans un même ]dan, de tous ces éléments animés de mouvements divers et même opposés, engendrera un conflit entre les circulations de sens contraire. La plupart des matériaux du disque équatorial sont distribués en amas qui se meuvent sur des circonférences, mais il existe aussi de petites agglomérations et des molécules isolées dont les mou- vements sont absolument quelconques. Il y aura des chocs violents, soit entre les amas dune même circonférence, soit entre les amas et les masses plus petites dont les orbites allongées coupent ces circonférences. Un des premiers effets de ces chocs sera de pnjvoquer une poussée générale de toute la matière du disque équatorial vers le centre. Le résultat final sera de faire disparaître du plan de l'équateur tous les luouvements autres que les mouvements circulaires et de même sens. L'équilibre ne peut évidemment subsister entre molécules animées, SCO LA PLANËTE MARS. 1897 dans iiu nicme plan, île mouvements divers dont la somme des aires n'est pas nulle, que s'il s'établit dans ce plan une rotation unique dirigée dans le sens de la circulation prépondérante. Ici, cette rotation affecte une forme spiralolde, tant à cause des chocs intérieurs qui font converger la matière vers le centre, que par l'accroissement lent, mais continu, de la pesanteur interne. C'est encore au conflit des circulations de sens opposés, joint aux variations de la densité, qu'est due la rupture du disque équatorial et sa transformation en planètes séparées. Ce disque se contracte par suite des chocs qui font converger les amas vers son centre. Il en est de même du reste de la nébuleuse ; toutefois la concentration de celle-ci est plus lente, parce que la matière, étant moins agglomérée, s'y meut plus librement. Dans ce mouvement qui pousse toute la masse vers l'intérieur, la densité diminue indéfiniment jusqu'à devenir nulle dans les régions supé- rieures, et augmente constamment vers le centre. Ainsi, /(' pre)i}ii'r gros rasscmblcmeut de matière, à l'intérieur de la nébu- leuse, prend naissance sur la circonférence du maxiniuni île ilemité. Ce globe planétaire, grâce à sa formation hâtive et à sa position rapprochée du centre, s'accroitra encore en attirant à lui une partie des matériaux voisins; il pourra donc acquérir une masse prépondérante parmi tous les autres globes du système. Il parait inutile tl'ajouter que la planète qui en sortira s'appellera Jupiteh. Le second rassemblen^enl un peu important devra se former aux confins du même système. En résumé, le disque équatorial se rompra nécessairement et donnera nais- sance à un certain nombre de grosses planètes extérieures, dont la plus volumi- neuse et probablement la plus ancienne sera la plus rapprochée du centre ; pour les autres, plus éloignées, la formation sera successive de Textérieur à l'inté- rieur. Entre ces grosses planètes et le Suleil, il s'en formera également d'autres, jdus petites, et même, dans le voisinage rapproché de la planète principale, il n'y aui-a que des corpuscules planétaires se mouvant oliliquemeut sur des orbites excentriques. Pour ces petites planètes, la formation devra, comme pour les autres, débuter par l'extérieur; toutefois, il pourra arriver que celle de Mars soit retardée par l'influence de Jupiter. D'après cela, les planètes seraient rangées au point de vue de leur âge dans l'ordre suivant : .Iri'lTKIt ou NeI'TUNK. UllANtJS, S.'\TlHtNE, La Thure, Maus '! 'VÉNUS, Mekcuhe. DU LlGOM)f;S. — L'AGE DK MAKS. 301 Telle t'sl la reinarqualili' h\iiollièsf nouvelle Je M. Du Lit;nniles. Elle nous intéresse ici en ce ijui concerne l'âge de Mars, et voici sur ce point spécial la conclusion qui en a été déduite par M. l'abbé Moreux : l'our évaluer l'âge de Mars, on s'est toujours appuyé sur l'hypothèse de Laplace. Or. celle-ci n'a pas été corroborée et a été même contredite par les découvertes modernes. Il a donc fallu abandonner et l'hypothèse et ses conséquences. La nouvelle théorie cosmogoni([ue de >L le colonel Du l^igondès rend assez bien compte de la plupart des particularités eoimues du système solaire. Reje- tant a priori tout mouvement systématique initial — rotation ou tourbillons — comme contraire au principe même de l'hypothèse, ^L Du Lif^'oiulès admet sim- plement que les planètes proviennent de la condensation d'une nébuleuse à peu près ronde, quoique légèrement aplatie, à l'intérieur de lacjuelle les mouvements auraient eu lieu presque également et en tous sens. C'est même à cette égalité approchée que la nébuleuse doit sa ligure initiale. M. Du Ligondès démontre ensuite que la nébuleuse s'aplatit de plus en plus, en même temps que se forment dans son intérieur des condensations locales. Par suite de l'aplatissement progressif, la plupart de ces condensations vont se réunir dans le plan de l'équateur pour donner naissance d'abord à des anneaux, puis aux globes planétaires. Ur, il est clair, d'après le principe même de l'at- traction universelle, que, toutes choses égales d'ailleurs, l'importance de ces globes augmentera avec l'ancienneté des agglomérations qui leur auront donné naissance. Les premiers globes en formation deviendront aussi les plus volumi- neux. Jupiter, la plus grosse de toutes les planètes, serait en même temps la plus ancienne. Entre ce géant du nnmde planétaire et le rioleil, c'est le système Terre-Lune qui est prépondérant; ce doit être également le plus ancien de tous les systèmes inférieurs. Dans la zone intermédiaire occupée pai' Mars et la mul- titude des petites planètes, les matériaux tiraillés en sens divers ont eu quelque peine à se réunir : la dispersion des petites planètes sur des orbites excentriques et fortement inclinées en est la preuve. Mars a donc eu à la fois sa formation ralentie et sa masse amoindrie par les actions opposées de Jupiter et de la Terre : c'est une planète de formation rela- tivement récente. Elle est venue bien après la Terre, à l'époque de la naissance des planètes inférieures, 'Vénus et Mercure, sans toutefois qu'il soit possible de dire si elle est plus jeune ou plus âgée qu'elles. Comparée à Venus qui semble entourée d'une épaisse couche de nuages et de vapeurs, la planète Mars avec son atmosphère raréfiée presque toujours limpide nous paraît plus avancée dans son évolution, plus vieille en un mot. Mais la durée d'évolution d'une planète dépend à la fois de la masse de cette planète et de la quantité de chaleur qu'elle a emmagasinée au cours de sa formation. Or, d'après la théorie de M. Du Ligondès, à égalité de masse, cette quantité varie à peu près en raison inverse de la distance de la planète au Soleil. Par unité de masse, elle serait donc environ moitié moindre pour Mars que pour Vénus; de plus, a cause de la petitesse 362 LA 1- LA. Ni: TE .M Alt S. 1897 relative Je Mars et de son éloiguement du SuleiL elle doit se dissiper plus vile. Toutes ces raisons s'ajoutent pour hâter la marche vers le refroidissement final. Ainsi Mars, astre à évolution courte, est moins ancien que la Terre et peut-être aussi que Vénus dont la ]iruvision de chaleur d'origine plus grande se dissipe en outre plus lentement. Sans préciser l'époque à laquelle remonte sa formation, on peut supposer, eu sapi)uyant sur la dernière théorie cosniogonique, que la plujjart des éléments dont il est composé étaient encore disséminés dans la région qu'occupe auiourd'luii son orbite, alors que d'un côté le globe terrestre commençait déjà à prendre figure, pendant que de l'autre, le grand Jupiter, depuis longtemps formé, brillait il'un vif éclat. M. Liu Ligondès a ajouté a cette étude un essai sur la cûuslitatiou phy- sique de Mars i ') qui peut être résumé connue il suit : l'ius (pie toutes les autres planètes. Mars a certainement le privilège d'éveiller la curiositr du publia-, qui s'intéresse à lastronoiiiie. Ce Monde voisin, que la plupart des sa^'ants considèrent comme plus ancien que la Terre et servant peut-être de demeure :\ des êtres doués de raison, dont la surface nous apparaît sillonnée de mystérieu.x canaux destinés suivant ([uelques-uns à rèpirtir avec une sage économie sur un sol menacé de rester à l'état de désert aride l'eau provenant de la foute des neiges, nous attire invinciblement à cause de la res- semblance que nous lui supposons avec notre propre Monde. Les astronomes de tous les pays, favorisés d'ailleurs par la proximité relative de Mars, aiment ù diri- ger leurs instruments vers cette petite planète, espérant toujours y surprendre quelque manifestation de la vie. certains, eu outre, que le résuitatde leurs obser- vations sei-a accueilli a\ec empressement par tous ceux qui ne disposent pas d'instruments assez puissants pour faire eux-mêmes d'utiles recherches. Ainsi s'expliquent la faveur dont jouissent auprès du iiublic certains (Juvrages tels que La Plnni'tc Mars de M. Flammarion, devenu ajuste titre un livre classique, et plus récemment Murs de M. Lowell, qui résume les observations faites à l'Obser- vatoire de Flagstatï (Arizona). Toutefois, il faut avouer que nombre de questions relatives à la constitution physiiiuo de Mars attendent encore une solution satisfaisante ; la climatologie, en particulier, est restée à l'état de mystère inexpliqué. Sur Mars, les neiges polaires s'étendent en hiver moins que sur la Terre; en été, elles fondent avec plus de facilité que les nôtres, aux rayons du Soleil. En dehors des calottes polaires dont le diamètre, à leur maximum, ne dépasse guère 50", on ne voit pas, comme ii.'i, des régions dites tempérées dont les hauts plateaux sont couverts de neiges éternelles, i'e fait doit paraître absolunujnt extraordinaire, car, en raison de sa plus grande distance au Soleil, Mars reçoit à peine lus f do la chaleur que cet astn; nous envoie, et nous avons tout lieu de croire ((ue la densité de son (') Bullrliit lie la Suciélc hclijr (lAsh-onoinie. IS9s. 1)1" i.ii;i)Nt)(:s. — i.A CONSTITUTION iMivsiuri- m: maiîs. 3r>3 atmosphère :ui niveau du sol atteint à jieine la nn)itié do celle de l'airau -ioniniet de l'Himalaya. S'il est vrai que Mars euiiiruntc au Soleil toute sa chaleur de surfaee, l'eau ne semble pas pouvoir y subsister autrement qn';\ l'état de irlaee. Ou a tenté, il est vrai. d'explii[uer la douce tcmpi^rature qui rè.nne sur Mars ]iar la présence dans son atmosphère de substances douées de la propriété d'absorber les rayons caloritiques solaires. Un a voulu d'abonl faire intervenir la vapeur d'eau qui possède, à un haut degré, ce pouvoir absorbant . I, a conséquence immé- diate d'une grande quantité de vapeur d'eau dans son atmosphère serait la for- mation constante de nuages. Or, nous n'en voyon.s presque jamais. En vain voudrait-on remplacer la vapeur d'eau absente par d'autres gaz jouis- sant des mêmes propriétés absorl.iantes. Outre que l'existence de ces gaz dans l'atmosphère de Mars est très problématique, leur principal effet serait de faire bénélicier la planète d'un climat analogue à celui de nos contrées maritimes. Or. dans les régions du globe terrestre oii l'atmosphère est chargée d'humidité, la différence de température entre le jour et la nuit est presque insensible. Sur Mars, au contraire, les variations diurnes de la température d'un lieu iléterminé semblent nettement accusées, et elles dépendent de la hauteur du Soleil au- dessus de l'horizon. La preuve de cette assertion résulte des apparences mêmes de la planète, ilont le disque présente une gradation lumineuse allant du centre vers le contour. La blancheur circulaire qui limite riiômisphère éclairé, tourné vers nous pen- dant les périodes d'opposition, est ilue vraisemblablement au dépiit, pendant la nuit, d'une abondante rosée ou gelée blanche qui fond presque entièrement vers le milieu de la journée. L atmosphère transparente de Mars ne remplit donc pas. autour de la planète, l'office d'enveloppe protectrice contre le rayonnement nocturne, comme le fait pour nous, par exemple, une mince couche de nuages. En résumé, les régions martiennes qui correspondent à nos zones torride et tempérées. ]iarai3sent jouir du même climat ipie le nord de la France pendant les beaux jours de novembre ou de février. Le peu détendue des neiges polaires à la lin de l'hiver qui. pour l'hémisphère austral, dure 3.'^1 jours, leur fonte facile aux rayons du Soleil d'été, prouvent que le climat de la zone glaciale est relat i- vemeut doux. Par comparaison avec la Terre, la dilféreuce de température est généralement plus sensible entre le jour et la nuit, et moins tranchée en latitude. La preuve que le rayonnement nocturne agit sur Mars autant que sur la Terre étant faite, il reste à trouver la source de chaleur capable d'empêcher les eaux de passer à l'état de neiges éternelles. Le Soleil est manifestement iusuflisant. 5-i l'on désigne par le nombre 100 la quantité totale de chaleur reçue par Mar» dans le cours d'une année de 687 jours de 'l'i heures, cette somme se partage ainsi pour chaque hémisphère: 63 pendant la période d'été ,d'un équiuu.'ie ,i l'autre ':. 37 » » d'hiver » " 364 LA PLANÈTE MARS. 1S9T PoLir riicmisphère boréal, dont l'été dure 381 jours et l'hiver 306, la moyenue diurne est de : r;^ = 0.1 G5 pour l'été; 37 •TT-; =0,121 pour l'hiver. Sur la Terre, la quantité de chaleur reçue eu un temps donné est 2, 32 fois plus grande que sur Mars. Pour une année de 365', Oô, elle est de : 2.32 X 100 X 365, ^o _ 687 - '*^- Cette somme se répartit entre l'hiver et l'été, sur chaque hémisphère, à peu près de la même manière que sur Mars. 'Jn a donc pour Tété : 123 X 63 „ ,,, ^ÔI^ = "''■•• et pour l'hiver : 123 x37 ,. -, ^on- = ""^'- Sur notre hémisphère, dont l'été dure 186 jours et l'hiver 17'.), la moyenne diurne est : -7^ = U,416 pour I été, 100 et 'lÔ.ÔI TtIT : 0,254 pour l'hiver. Ainsi nous recevons, sur notre hémisphère, |ienJant une journée d'hiver, une L Lowell assimile à des déserts, couleur qui parait due à la présence d'une grande quantité d'iixyde de fer dans le sol de la planète. La croûte solide de >Lars est donc, selon toute probabilité, composée d'élé- ments parmi lesquels les composés ferrugineux occupent une large place. Mais si, à la surface du globe terrestre, les roches ferrugineuses, d'apparence com- pacte, atteignent des densités voisines de .5, sur Mars, les roches similaires, formées sous l'influence d'une attraction beaucoup plus faible, doivent se présen- ter avec une structure toute dift'érente, analogue ;i celle de la i)ierre ponce, et il 368 LA PLANETE MARS. 18'.)7 n'est pas sui'prenanl de voir leur densité rester inférieure à 'i. Leur structure poreuse les rend évideninieiit perméables à l'eau. Cette perméabilité du sol martien, jointe à sa constitution métallique, lui permet de se laisser facilement traverser par la clialeur venant de l'intérieur. Les couches superflcielles de Mars ne forment pas, comme l'écorce terrestre, une enveloppe compacte, à peu près impénétrable pour les liquides, isolant presque entièrement de l'extérieur le noyau miUallique en fusion. Sur Mars, l'eau peut descendre jusqu'à une grande profondeur dan« le sous-sol et permet un échange continu de calorique entre l'intérieur et la surface. Ces échanges se font naturellement par les anciennes fissures de l'écorce, aujourd'hui, sans doute, comblées par les éboulis, mais restées néanmoins plus perméables que les autres parties. La chaleur de surface, qui se dissipe incessamment par l'effet du rayonnement nocturne, peut donc se roni.uveler. en pai'tie. aux dépens du noyau central, (iràce à l'appoint diurne fourni par le Soleil, la température de la planète .se maintient encore à un degré assez élevé pour permettre, au moins dans certaines régions, le dévelop- pement de la végétation. Lu vain voudrait-on cherchi-r ailleurs la cause pour laquelle la planète Mars n'est pas. comme le croyait l'illustre physicien Fizeau. un désert de glace. D'après ces données et ce que nous savons d'autre part sur les diver.s aspects de la surface de Mars, il devient possible de trouver une explication plausible des phénomènes observés. Les régions sombres, désignées sous le nom de ca- naux et de mers, sont les parties de la surface où vient affleurer l'humidité tiède montant de l'intérieur à travers les fissures de l'écorce. Le scil meuble, échaufl'é en même temps par les rayons d'un Soleil que ne voile aucun nuage, se prête merveilleusement au développement d'une riche végétation. Ces végétaux, quels qu'ils soient, dont les racines plongent dans le sous-sol humide, et dont les par- ties aériennes absorbent les rayons solaires, entretiennent constamment au- dessous d'eux une température douce qui permet à l'eau de rester à l'état de vapeur. Pendant le jour, la vapeur qui enveloppe ces « forêts », échauffée par le Soleil, peut demeurer iuvisilile; mais aussitôt que le Soleil s'abaisse sur l'hori- zon, l'humidité qui s'élève au-dessus des hautes cimes se condense en givre ou en brouillard. Les régions qui nous apparaissent sombres à leur passage au milieu du disque doivent donc devenir blanchâtres quand elles se trouvent près des bords. Ce qui caractérise surtout les taches sombres do Mars, c'est leur variabilité d'aspect. D'une opposition à l'autre, elles peuvent passer du gris clair à la teinte vert foncé. lii;auciiup de canaux disparaissent à certaines époi|ues et ils ne sont jamais visibles tous à la fois. Cette atténuation, ou môme cette disparition com- plète des taches et des lignes qui sillonnent l;i planète Mars, semble co'incider avec la saison d'hiver. l'hi général, les oppositions de teintes sont plus tranchées et les contours sont mieux définis dans celui des deux hémisphères qui est en été. D'après M. Flammarion, » le froid voile la surface de Mars, la chaleur la DU Lir.ONDKS. — I.A CONSTITUTION PllYSlulK 1)1- MARS. 369 clarifie... l,';itiaos|ilii^re par;iii l'I.iire aii-ilessus des mers iiuérieurcs pcDdant les mois qui suivent immédiatement le solstice austral ». Or, les» mers intérieures » sont presque tontes dans rhémis|ihôre austral, ut c'est précisé-meut après le solstice d'été de cet hémisphère que le sol doit y être le plus échaufle par les rayons du Soleil. Tous ces changements s'accordent parlaitonient avec notre hy]iothèse que les taches sombres de Mars sont produites par une VL'gi'tation pui^gamment déoe- loppée. grâce à l'humidilé tiédi' iiiontant du sol meuble. Il est d'ailleurs un phé- nomène qui vient confirmer notre théorie de l'oritrine souterraine, on pour mieux dire .> prouvent que le sol de Mars manque de consistance, qu'il est aûparemment sablonneux comme le Sahara, sur les pla- teaux, et marécageux dans les vallées. Toutes ces constatations tendent à nous confirmer dans l'idée que la surface de la planète est composée de matériaux plus ou moins spongieux. N'avons-nous pas d'ailleurs, plus près de nous, dans la Lune, nu exemple frap- pant de la perméabilité des matériaux de certains corps célestes'? Suivant MM. Lœwy et Puiseux, dont la compétence sur les questions lunaires est indis- cutable, quelle que .soit la théorie cosmogonique à laquelle on se rallie, on ne peut voir dans la Lime autre chose qu'une sorte d'extrait de la Terre. Les élé- ments qui ont contribué à la formation de la Terre doivent donc se retrouver aussi sur la Lune , mais, en raison de la pesanteur plus faible là qu'ici, l'ag- glomération des matériaux est moindre, leur densité moyenne est plus faible I 3,38 au lieu de 5,55 I et ils ne forment pas des roches aussi compactes que celles de l'écorce terrestre. La preuve de ce fait géologique se voit dans la configura- tion de la surface lunaire. Il est probable, il est même certain qu'il y a eu autre- fois de l'eau sur la Lune; cependant, nulle part on ne voit trace de ces érosions avec lesquelles nous a familiarisés l'aspect des montagnes terrestres. Les eaux F.. II. ii 370 I.A l'LA.NRTK MAUS. m: paraissent avdir |)i'nptr('' ppii ;\ peu à l'intérieur. al)solinnent corame les jiUiies qui, tombant siu' un terrain très perméable, s'infiltrent ilans le sous-sol sans raviner la surface. Or la densit(' moyenne de Mars. 8, '.M , se rapprorlie beaiioonp de celle de la Lniie, 3,;i8. Il est donc excessivement vraisemlilablc d'admettre, comme nous l'avons fait, que les matériau.x n'y forment pas des roches très compactes, et que ces roches sont, au contraire, facilement traversées par les eaux. La surface de Mars, dépourvue en apparence de reliefs hauts ut escarpés, répond tout à fait à l'idée que nous nous faisons d'un sol poreux et friable. Va phénomène qui peut, à juste titre, être qualifié d'inexplicable, c'est l'exis- tence de (I nei.yes polaires »à la surface de Mars, en l'absence presque com]dète de nuages dans son atmos|)liére. La neige résulte, eu etTet, de la condensation cristalline de l'eau ]jassée d'abord à l'état de vajieur. Ce passage ne peut avoir lieu sans l'intermédiaire de la chaleur. Or. d'une part, il n'existe pas à la surface de Mars de grandes nappes d'eau susceptible^ d'être transformées en vapeurs, et, d'autre part, la faible chaleur reçue du Soleil par la planète serait incapable d'opérer cette transformation. On ne voit d'ailleurs sur Mars aucun indice de cette circulation aéro-tellurique de l'eau qui fait que sur la Terre l'eau des mers s'élève sous forme de vapeurs et de nuages ilans les hauteui-s île l'atmosphère et se porte vers des régions froides, où elle est convertie on pluie ou en neige, pour revenir à l'océan par les fleuves. Aussi les astronomes (jui prétendent que les canaux sont alimentés par l'eau pn. venant de la fonte des neiges polaires restent-ils fort embarrassés lorsqu'il s'agit d'expliquer comment cette eau retourne aux pôles. l'roctor est, je crois, le premier i ' i qui ait substitué à l'hypothèse des neiges mar- tiennes celle de la gelée blanche; et encore fait-il nue exception pour les régions polaires. Du reste, sa théorie basée sur la supposition, démontrée maintenant fausse, que toute la chaleur de surface de Mars vient du Soleil, n'est plus admis- sible. Le rayonnement solaire occasionnerait nécessairement sur Mars, comme sur la Terre, une circulation aéro-tellurique de l'eau, et, dès l'instant qu'il est bien prouvé que cette circulation n'existe pas, il faut en arriver à cette conclu- sion obligée que les <• neiges » se forment sur place. Ce ne sont pas, à propre- ment parler, des « neiges ». mais des dépots plus ou nmins abondants de givre ou de gelée blanche produits par l'humidité qui s'échappe du sol. Sur Mars, la cir- culation aqireuse est exclusivement tellurique. Eu vertu de son poids, Veau pé- nètre, comme (die a di'i le iiiwo à l'intéi-ieur île la Lune, (/.ui.s les profondeurs du sous-sol poreux; elle se réchauffe au contact du noijau central, remonte à la sur- face, où elle se transforme eni-apeur. Puis, cette vapeur, incapable de se main- tenir dans une atmosphère glacée, se condense immédiatement et retombe sur le sot. Si cidui-ci est réehautVé par les rayons du Soleil, l'eau ne se congèle pas; elle retourne dans le sous-sol puiir l'tre remplacée à la surface par de l'eau plus (') Ou |pliitùl MATiHUii W'ii.LiA.Ms (r.iir p. 101). r.dSMorjONIK DE T.A l'I.ANETI- M \li>. 371 chaude venant tic l'inténeur, et ainsi do suite. Mais, pendant les longues nuits polaires, les produits do la (Condensation se déposent sur le sol en cristaux de glace. Ils ne peuvent toutefois s'accumuler en masses épaisses; car les couches successives forment, les unes pour les autres, un manteau protecteur, et l'équi- libre s'établit entre le refroidissement de la partie supérieure et réchauffement de la couche qui repose directement sur le sol de la planète. Grâce à cet écliauf- fenient. aussitôt ipie le Soleil reparait ;i llioi-izoïi de l'un ou de l'antre piile, les neiges prises, pour ainsi dire, entre deux feux, fondent avec la plus grande faci- lité. Ainsi nou.s voyons dans nos climats, même pendant les plus rudes hivers, les neiges accumulées sur les toits des maisons habitées, fondre sur le versant exposé au midi. Kn résumé, cm peut dire que la théorie de /a jeunesse relative de Mars rend compte, d'une façon très satisfaisante, de tous les phénomènes observés sur la planète. Nous croyons surtout devoir |)rotester contre la thé'orie qui, s'appuyant sur l'absence probable de montagnes à la surface, voudrait en conclure ([ue cette fdanète est plus ancienne que la Terre, parce que son sol est déjà nivelé par les eaux. Pour soutenir cette thèse, il faudrait d'abord prouver que la nature du sol se prête au ruissellement des eaux. Or le contraire nous semble plus près de la vérité. Là-bas, les eaux doivent s'infiltrer à l'intérieur sans ruisseler, et elles n'ont pas l'action érosive que nous leur prêtons par compaFaison avec ce qui se passe sur la Terre. Datis cette liypiithèse, Mars serait ]ilus jeune que la Terre: sa surface serait poreuse; sa chaleui- intérieure sei-ait encore assez intense pour agir à la surface en penétr.mtce sol poreu.x : les canaux seraient des crevasses; les « mers*) seraient des forêts entreteiuies par la chaleur et les vapeurs sou- terraines; les neiges polaires proviendraient de la vapeur d'eau montée de l'intérieur et fondi'aient en été, sin)ples gelées blanches, sous la double influence de la chaleur iiitcrieui'e et des rayons solaires. Cette hypothèse est remarquablement ingénieuse. 11 importe ici de tout étudier, de tout comparer. Nous avan.:ons ainsi graduellement dans l'élucidation de notre problème martien. La théorie cosmogonique de Laplace n'est assurément pas démontrée. Ce que nous devons reconnaître avec certitude, c'est l'unité d'origine des pla- nètes du système solaire ; elles font partie d'un même ensemble régi par le Soleil. Mais quant au mode de formation, on peut le discuter. Tout d'abord, au lieu d'admettre avec Faye que le chaos primordial était formé « de tous les éléments de la Chimie terrestre plus ou moins mêles et confondus » (Origine du Monde, p. 357), on peut penser, au contraire, qu'à l'origine la substance était une, et que les corps que nous qualifions de simples sont des condensations, sous divers modes, de cette substance pri- 372 I-A l'LANKTK MAI! S. 18^17 niitivc. I.'liyilrogène, l'oxygènij, l'àzoïe, le carbone, le ïev. le iiiekel, le soiliuiii, le plomb, eU'., sont des espèces minérales issues de, la sub- stance simple primordiale, des associations d'atomes combinés, arrangés sur divers modes, de même que plus tai-d se sont formées les espèces végé- tales et les espèces animales. D'autre part, il est assez difficile d'admettre que des anneaux se soient détachés de la nébuleuse solaire en rotation, par suite de la prépondérance de la force centiifuge sur l'attraction centrale, si l'on rétléchil aiix f.iibles niasses des planètes (à l'exception de Jupiter) et si l'on dissémine par la pensée ces masses le long de l'anneau dont elles seraient la n.'presentation. La masse de la Teri-e, par exemple, qui est de .")'.).") 7 '.130 i|uintillions de kilogrammes, devrait être répartie le long d'un anneau de 93() millions de kilomètres, ce qui représente 6360 trillions de kilogramnies par kilomètre linéaire ou 636(i milliards de kilogrammes par mètre de longueur. Ce n'est ]ias insignifiant assurément, mais c'est peu. La Lune y ajouterait ^). En donnant à cet anueau le diamètre de la Tei're, nou^ formons un cylindre comprenant 70000 Terres juxtaposées, plus les vidi's separateui-s, dont la densité serait â.:i > ;; _ Il _ t 3 X TOUUO ^ -7111000 ~ -Juiiuu' Or, 1 litre d'air pèse ls'',3 et 1 litre d'eau lOOO grammes La densité de cet anneau, par rapport à l'air, sera donc 1 I.:! 1 '2UO0O ' 1(10(1 jCi c'est à peu près la moitié de la, densité île l'Iiydrogène. Pour la planète Mars, dont la masse n'est cpie le dixième du globe terrestre et qui devrait être répartie sur une longneurde 1 426 millions de kilomètres, on a 439 trillions de kilogrammes par kilomètre linéaire de l'anneau, et un cylindre du diamètre de Mars aurait [lour densité ,4t '-^^ ''i densité de l'air. Poiii- Neptune nu aurait 3487 trillions de kilogrammes par kilomètre et une densité de ^J-j pour la composition du cylindre d'un diamètre égal à celui de Neptune. Ces ijuautités s(nU faibles propurtiDUuellemenl à la grandeur de la nébu- leuse solaire [irimitive. et ces detachenumls d'anneaux nesnnl pasvraisem- blaliles. D'autre part, il aurai! fallu ijuaprès la. bu'matiou du preuiier anneau, celui de Neptune, par exemple, si singulièrement faible, la nelnileusese fût contractée, sans nouvelle perte de matière', juscju'à l'orbite d'Uranus, c'est- à-dii'e presque de nioilii' (do 30 à llt\ et d'Urainis à Saturne, de moitié rOSMOCONIF. 1)1". I.A IM.ANr.TI': M Mis. :f73 justo, ou à peu prés (de l'J.",' a l(,ô). Pourquoi un paieii éUit d'êquilibri', persistant pendant un temps iinnieiise, et res brusques renversements du rapport de la jii'avité à la forée centrifuge? La nébuleuse en coiUraetion aurait du aljandonner une série d'anneau.x succi'ssifs e.xtrèiiK.Miienl imin- lireu.x. Il'emiuents tréouietres, notamment Roche, de Montpellier, ont savamment discute la question sans la résoudre. Pour moi, il me semble que le plus simpli' est de coiisiiiéier les planètes comme le résultat de condensations formées flanx riniériciir de la ucliuleuse ju-imitive. C'était Phypotlièse de Kaut (';■ Les nébuleuses de l'univers sidri'al nous ollVeiil, d'ailleurs, des e.xemples confirmatifs de cette conce|ition. Ou n'en voit jias montrant un ou plusieurs anneau.x détachés: on en connaît plusieurs, au contraire, dans l'iiUèrieur descjiielles des condensations évidentes se manifestent. La furnie en spirale du gi'and nombre indique le mouvement séculaire. Dans l'hypothèse de Laplace, la planète xMai-s est nécessairement anté- rieure à la Terre et de lieaucoup [dus ancienne. Etant donnée l'infériorité de sa masse et de son volume, elle aurait, d'autre part, parcouru plus vile les phases de son évolution et se serait refi'oidie rapidement. Absolument et relativement, elle serait donc incomparablement plus àgi;e (jue la Terre. Dans la seconde hypothèse, les plus fortes condensations et les plus éloi- gnées du noyau centi-al seraient les pkis anciennes (.lupiter, Neptune, Uranus, Saturne), et Mars pourrait être plus jeune (fue la Terre. Toutefois, en raison de sa faible masse et de son petit volume, il pourrait être relali- remenl plus âgé. La Lune est une fille i)lus vieille ijue sa mère. l'.eiie hy(iothèse des condensations intérieures me parait depuis bien des années déjà devoir l'emporter sur celle des anneaux détachés par l'excès de la force centrifuge. Parmi les objections présentées à la théorie de Laplace, nous pouvons remarquer ici celle (jue M. Maurice Fouche, astronome adjoint à l'Observatoire de Paris, a signalée à l'Académie des Sciences il y a plus de vingt ans. \o\c\ celte note substantielle (*i. J'ai cru iiitérc<.saiii de l'aire ressortir ime conséquence de la théorie de Ijaplace qui m'est venue à l'idée à la suite d'une conversation avec >L Flanunarion. En 18(14, David Trowbridge avait déjà appelé l'atlention sur la condensation contrale très forte que devait posséder vers son centre la nébuleuse prindtive, mais les résultats (jue nous allons développer paraissent lui avoir (-cliaii pue. (') Voyez WoLF. Le:i hypolhéses cosmoqoniques, p. 153. (-) Comptes rendus de l'Académia des Science-'', ".'4 novembre lSiS4. 374 ~ LA IM.AM:!!' M.VKS. 1897 Si la iii'liulcnsc solaire s'était comlensée de manière à rester semblable à elle- mèiiie, sunuiDinent d'inertie I = X /ii/'- aurait varié proportiounellenieut au carré du rayon équatorial, et, le moment des quantités de mouvement lol devant rester constant, on aurait eu aux deux époques d'abandon de deux anneaux successifs: , ., , , a- (0 a - = (o;i- ou tu = (o -— • a - Mais, d'après la troisièni<_' loi de Kepler, on a, au c?oiitraire, Cette valeur étant plus petite que la précédente, et le produit (ol restant con- stant dans tous les cas, il faut que I soit plus grand qui' si la distribution des densités était restée la même. . l,a masse du système éiant connue, on a M = - -[ph"-^ 7(a3 — />|)| = ^ttN. Le moment total des quantités de mouvement .''U. est aussi connu : On déduit de ces éqnatious, en posant p — i = 0'. ( 0 b'^ -H' = K. Si l'on suppose a connu, û reste Irnis quantités h, p', - à déterminer, et l'on n'.i que deux équations. Xiuis profiterons de l'indétermination pour rendre 5 maximum. Le maximum de 7 correspond au minimum de p'6' t(ui représente, au facteur |- près, la masse iiui s'est condensée dans le noyau en plus de la masse de même densité que l'atmosphère. 1 >r nu tire des équations ; Le minimum a lieu pour b = 0, le noyau est de dimension infiniment petite; mais la densité y est infiniment gi-unde, et ia masse condensée est s ■ •:! •-! a^ .5 a 2 Le rapport de la masse atmosphérique à la masse totale serait donc 4_ J^ K 3 '" a= M ■ Or K peut être facilement calculé, à l'époque d'émission de l'aunean (|iu a formé Neptune, d'après la valeur nuinériqne déjà trouvée poiu- .:."'R , ■2tK = — ,"»l\. - = — — X ti.iHMiul = -^ ^ u,r,oisi. A 1 origine, la masse de l'atuiusphère de la nébuleuse aurait été au plus f-—= U.nOlt.66. â a- 376 LA PLANÈTE MARS. 1897 Ce résultat dépasse à peine la masse de toutes les planètes réunies, et c'est uno limite supérieure. Il faudrait donc que toute l'atmosphère de la nébuleuse se fût successivement réduite en planètes, ce qui est bien difficile à admettre. Il y a Iri une difficulté très sérieuse contre la théorie de Laplace. D'après tout ce qui précède, il nous semble (jue l'on doit admettre comme Ires probable la formation des planètes dans riulerieur de la nébubuise so- laire, et ne plus considérer Mars comme nécessairement antérieur à la Terre. CCXXXIV. — Abbé Moheux et Du Ligondès. — Les C.\n.\ux de Mars. (In a vu au pi'emier volume (p. 5811 les ex[iériences essayées en 18911, sur mon invitation, par le géologue Daubrée, directeur de l'École des Mines, vice-président de la Société Astronomique de France, pour repro- duire des cassures analogues aux canaux de Mars sur des globes de niclal lin de caoutchouc dont on faisait variei- le volume. Malgré toutes li's pri'canlions prises, maigre Ions les essais. Daiibree ne put obtenir par i-iinti aciion rien ijui ressemblât aux canaux île Mars, en supi)Osanl (|Ue ces canaux russent été à l'fu'igine des cassures de la planète. Mais, en intio- duisaiit dans les ballons de l'eau sons une pression qui ci'oissait graduel- lenienl, ces globes finirenl jiar [U'i'senlei- des brisures rectilignes dont MOKEIX LES CANAUX DE M AU S. 377 rentrecroiseineut ,yéomélrique reproduisait assez bien rapparoiice du réseau marlieu. Fig. 239. M. l'abbé Moreux a repris les expériences de Daubrée. en moditiant le mode opératoire et eu faisant varier l'épaisseur de la couche enveloppe de Kig. iH)- ses ballons. Ceux-ci, préalablement gonflés à l'air et enduits de plâtre 378 • LA PLANETE MARS. 1897 liiiniiiJe. élaienl ensuite suspendus sous la cloche d'une machine pneiinia- lique. Dès que ia pression commençait à diminuer, le volume des ballons augmentait .uraduellement, on voyait l'enveloppe se fendiller, et l'on arrê- tait au moment voulu pour photographier. Les /;,'/. 'J38 et "239 représentent ces expériences. M. Du Ligondès a essayé de comideler ces expériences en se plaçant dans des conditions qui se rappi'ochaient, autant que possible, de la réalité. X cet effet, il a recouvert d'une coucdie uniforme de terre à mouler, ayant 12 à 13 millimétrés d'épaisseur, un gbdie de [)làlre de \~h luillimétres de dia- mètre environ. Il a ainsi obtenu nw sphère ayant à peu pi'ès "20 centimètres (le diamètre, composée d'un noyau incompressible et d'une enveloppe susceptible de se rétrécir par dessiccation. .4u bout de vingt-(juatre heures il'exposition dans un local chauffé, l;i dessiccation ayant paru complète, on a [iholograpliie le globe crevasse sur plus de la moitié de sa surface i/int à la surface de .Marsest d'une grande importance pour notre cimnaissauce de celle planète. .\ celles qui', j'ai déjà signalées, il mi> parait utile d'ajouter un dessin résu- mant les observations faites sur le rivage de gavudie de la mer du Sablier. D'après les observalious cn'.npari'es, faites depuis IS77, iiotaiiniieiU par MM. Schiapnrelli k Milan, Greeii à Madèi-c. Stanley Williams .'i Biàghton, Lnwell â Flagstaff, lirennor à Lnssinpicolo, Walier (laie à Sydney, Molesworth à Ceylan. l'iullips à Yesoil, Meares ^'i Calculta. Keniptliorne à Berkshire, ainsi que par les nôtres à Jiivisy, etc., ce rivage s'est di'^placé d'année en année, connue on le Voit snr le plan ci-dcssons {fi inférieure à la température actuelle. I, humanité existait déjà lors de la dernière époque glaciaire. Le calcul montre que la température des régions s'élèverait de 8" à 9° si l'acide carbonique augmentait de .' fois et demie ou ;U"ois sa valeur actuelle. Pour amener la température de l'âge glacian-e enire le -iO'' ei le 50'' ibles de la quantité de \apeur d'eau atmosphérique et que l'hypothèse de C.roll, établie sur les variaiioiis sécu- laires de l'excentricité de l'orbite terrestre. Il nous a paru iiiiporlaut de résuiuer ici ce curieux Mémoire du savant suédois, a cause de rapplicalion possilde Je ses ciuiclusions a la temijera- lure de Mars. Il sulTirait d'adinetlre, en effet, que l'almosphere martienne fiit plus riche que la nôtre eu acide carboniijue '' pour admettre, eu mèmi- (') Nos lecteurs savent que l'acide carboni^ine (CO-j ( l'uxyde de carbuiie = CU) est un gaz incolore, transparent, élastique, d'une saveur aigrelette et d'une odeur légè- rement piquante. Sa densité est de L529. L'eau en dissout environ son volume sous la pression ordinaire et davantage sous une pression plus forte fexemple : l'eau de Sellz). Il se liquéfie sous la pression de 36 atmosphères, à la température 'le 0°. C'<^st un liquide incolore, très Huide. soluble dans l'alcool et dans l'éther, insoluble dans l'eau. Ce liquide, en passant à l'état gazeux, produit un fn.id considérable : 70' au-dessous de zéro. Lorsqu'on dirige un jet d'aride carbonique liquide sur une capsule oe verre ou dans une boite métallique, une portion du liquide se condense sur les parois de la capsule ou de la boite, et l'on obtient ainsi de l'acide carbonii|ue solide sous la forme de flo- cons neigeux. La température de ce corps esi d'environ 78° au-dessous de zéro; mais on peut l'abaisser davantage encore en le mélangeant avec de l'éther. L'intensité du froid produit par ce mélange est telle que des masses considérables de mercure peuvent ;JS2 LA PLANKTE MAKS. 1897 triiips, que; ses climats fiisscul assez cliamls — et même la itréscnce de l'acide carlioiiique piiurrait elle-iuème coniliattre l'hypollièse de la neige jiolaii'e carliiiniijiie. CCXXWII. — .loHNSTdNE Stonev. — L'at.mosphf.he de Mahs (M- M. .[(dinsloiie Sloney, iiiemln-e de la Société royale dr Londrrs, vice-iirési- d'Mit de la .Société physii|ue. s'est sprcialemeiit a[iiili(]ué à Tétudi' matlié- iiialiiiui' di's atmosphères planétaires par la Ihéorii' cinétique des gaz, l'iude commencée i)ar lui oés Tannée 1867 iSociété royale de Londres,, conti- nuée en 1870 (Société royale de Diiblinl et poursuivie depuis en maintes circonstances. Dans le Mémoire de 1897, il pose les loi fondamentales de la tlii'orie i;inetit|i;e des gaz et. en l'appliquant à la Lune et à Mars, notam- ment, conidut que notre satellite ne peut pas posséder d'atmosphère parce qu'il ne jjeut pas retenir de molécules animées d'une vitesse de "2380 mètres par seconde et que les molécules de l'air ont \uie vitesse supérieure à celle-là. Pour la planrte Mars, drjut il considère avec raison le cas comme présentant un intérêt exceptionnel « one of exceptional inlerest ». il conclut que toute molécule animée d'une vitesse de 4803 mètres par seconde s'échap- perait de son attraction: (jue. par conséquent, l'atmosphère de cette planète ne peut pas contenir de vapeur d'eau: que sans eau, il n'y a [las de végé- tation pnssilile; (jiK^ sans végétation, il n'y a pas d'oxygène libre; etquel'at- mosjihère martienne doit être composée d'azote, d'argon, et de dioxyde de carbone (acide carboniijue). L'acide carbonique pourrait se condenser à la surface du sol sous forme être congelées en qiielqi-ies secondes; c'est ainsi que l'on est parvenu à reproduire avec du mercure solidifié des pièces de monnuie, des médailles, des statuettes, etc. A la pression de 760"", l'acide carbonique, sous forme de flocons lilancs. marque — 78"; c'est de l'acide carbonique à l'état liquide. On peut ohtenir de l'acide carbonique li(|iiide à la pression de -'i",)3"" et à la tempéra- ture de - 80" : ; suus la pression » de Ti9 188 137 80 61 35 30 à la t. îm|ipral » ;ure de - 85 - 87 - 91 - 95 - 99 -107 -110 A la surface de Mars, la pression est extrêmement faible. Elle serait de l:i(i""" si les masses étaient proportionnelles {voir p. 160). (') Of uhiiosiihori's tipon planets and Sulellites (The scienti/ic Transactions of tlie ltn>i:il liiihlin Society, novembre 1897). \.F.< \TM(»SIMIF.r!FS DTS PI. A Ni: TK S. 383 de neige, de gelée bl.inche ou de glace, ei, lorsqu'il s'évaporerait ensuite, s'écoulerait, à cause de sa densité, le long des vallées, occupant les plaines et poussant son chemin an-dessous de l'azote. Lps brumes, les neiges, les gelées en seraient les nianil'i'statious, iM son écoulenient de jiarl et d'autre des chaînes de montagnes expliiiuerail les aspects que l'on a pris pour des oanau.x. Ceu\-ci seraient des chaînes dominant le iirouillard d'acide carlio- niijue. Nous allons examiner en di'lail la savante théorie du physicien anglais. CC.X.X.WIli. — l^A THÉORIE CINÉnouE DE LA CONSERVATION DES A I MOSPHÈHES . La théorie développée par M. .loiuistone .Stoney semble permettre, à pre- mière vue. de rvsoudre [lar !e calcul toutes les questions relatives à la conservation et à la composition des atmosphères planétaires, si Ton connaît seulement l'intensité de la pesanteur à leur surface et les tempéra- tures qu'elles ont traversées dans le cours du temps. Elle est basée en entier sur la théorie cinétique des gaz et sur la connaissance de la vitesse que devrait posséder un corps se mouvant librement dans l'espace, pour sortir de la sphère d'attraction de la planète et l'abandonner définitivement. Or, la tliéorie cinétique des gaz nous donne, pour chacun d'eux, la vitesse moyenne de leurs molécules et la loi suivant laquelle les tliverses vitesses se répartissent entre l'ensemble de leurs ultimes particules. Elle établit des relations entre la vitesse moyenne et la température, ou la masse molécu- laire, la valeur du chemin parcouru eu moyenne par une molécule entre deux chocs consécutifs; bref elle nous fournit, en apparence, tous les élé- ments du problème que M. .lohnstone Stoney s'est propose de résoudre. Cette considération individuelle de la molécule transforme le problème de Laplace en un simple problème de mécanique particulaire, dont la solution apparaît, à piemière vue, comme facile à découvrir. Nous verrons cepen- dant (jue ce problème cache encore des difficultés très grandes, et que la théorie cinétique, qui n'est pas démontrée, mais qui est acceptable par le grand nombre de faits qu'elle permet d'expliquer, devient douteuse préci- sément pour son application au problème qui nous intéi-esse ici. Nous allons en résumer les princii)es. Théorie cinétique des ya: . — Cette théorie envisage les gaz couuue coustitués par des sphères élastiques se mouvaut eu tous sens avec une grande vitesse, s'entrechoquaut et rebondissant les unes sur les autres, frappant le» parois des vases qui limitent la masse gazeuse, et produisant ainsi, par ces chocs multiples et sans cesse répétés, la pression que les gaz exercent sur leur enveloppe, et 384 LA PI.ANETK MARS. 1897 tlont 1111 mesurft la vuleur i,'l(jbale. Le*» vitesse» imlividiielies des molécules diffèrent de l'uoe à l'autre, et leur ensemble o^t régi par les lois de la probabilité dont la forme a été indiquée par Maxwell. Ces vitesses se iiruupent autour d'une valeur déterminée, qui est leur valeur la plus probable, vnleur différente de la inovonne, par la raison que la plus petite vitesse ne peut pas être inférieure à zéro, tandis que la plu> u'rande peut i-roiirt* théoriipiement au delà de toute limite. L'énergie thermique d'un gaz t'tant considérée comme reiiri'sentée par la somme des énergies cinétiques de ses molécules, c'est-à-dire par la somme des produits — Y-" la vitesse moyenne est proportionnelle à la racine carrée de la température ; et, l'énergie moyenne dans un mélange étant supposée également répartie entre les divers gaz qui le constituent, la vitesse moyenne des molécules est, pour chaque gaz, inversement proportionnelle à la racine carrée de la masse moléculaire. La répartition des vitesses entre les diverses molécules d'un même gaz est donnée par la formule ■4 i"- ,j - ^ y = \'—. a^ Cette expression donne la probabilité de l'existence d'une vitesse comprise entre t; et V -\- du, en l'onction de la vitesse la plus probable ï, et de constantes numé- FiL-. i«. riques. En d'autres tonnes, considérons un nombre N très grand de molécules iVun même ga/ constituant un mélange visililemeni homogèue ; il existera, k un ■1 N / '-' .'- .. - '- ' '-'" cdiiiprises entre n et u -i- di-. moment donne, N i/(/i; ou '-'—(-) '■ =" — molécules possédant des vitesses l.KS ATMOSPHERES DES PLANETES. 385 La représentation numérique de cette formule est donnée par une courbe de l'aspect représenté dans la figure --iî. L'abscisse du maximum est a, son ordonnée A partir du maximum, la probabilité tombe rapidement de cjiaque côté; e-v'z elle est nulle à zéro, mais ne retrouve une seconde valeur nulle qu'à l'infini. Kn d'autres termes, toutes les vitesses sont théoriquement possibles, sinon pro- bables. L'ordre de probabilité, pour diverses valeurs de i-, est donné dans le Tableau suivant : V Proh.-ihililé de u a Probabilité de » ■2. . . . .. 0,2 = 0,2 :i . . 3.1ir'=0,003 i .. 5. itr' = 0,000 005 .*>.... . . 1.10"' = 0,000 000 001 ().... .. 3. 10"" = 0,000 000 000 000 03 . 7.ur"' 8. . . 3.10'" . ',).. . .. 1.10"" 10..,. .. l.lû-- On voit que cette probabilité diminue avec une extrême rapidité lorsque la vitesse devient très grande. Ainsi, on ne rencontrerait pas toujours une molécule sur un milliard possédant une vitesse quintuple de la moyenne; il faudra réunir 10*' molécules pour en rencontrer une pos.sédant une vitesse égale à 10 -• Le chemin moyen des molécules est régi aussi par les lois des probabilités; la probabilité pour qu'une molécule décrive un libre parcours au moins égal ;i .v est e~ ', l étant le chemin moyen décrit par im grand nombre de molécules du même gaz à la même pression. Sur 10.1 molécules, 37 décriront au moins le che- min moyen; 2 feront le quadruple; mais il faudra considérer un milliard de molécules pour en trouver deux qui fassent d'une seule traite vingt fois le che- min moyen. Les valeurs absolues des vitesses et des parcours libres ont pu être déter- minées. Trois vitesses caractéristiques peuvent être envisagées pDur un gaz donné à une température déterminée : la première est la vitesse la plus pro- bable oc, correspondant au maximum de la courbe Je répartition îles vitesses ; la seconde est la vitesse moyenne, ou moyenne des vitesses de toutes les molécules considérées ; la troisième, enfin, est la vitesse correspondant à l'éuergie moyenne, désignée aussi sous le nom de vitesse du carré moijen. Pour ioxygèue à 0", ces trois vitesses sont respectivement 377, 42.5 et 401 mètres par seconde. Le par- cours moyen, inversement proportionnel, pour un même gaz à une température K., IL V> 386 LA PLANÈTE MARS. 1898 donnée, à la pression à laquelle ce gaz est soumis, est de l'ordre de Oh-, I pour l'uxygène à 0° et sous la pression atmosphérique normale. Le nomlire des chocs qu'une molécule subit par seconde est, dans les mornes coaditioas, de l'ordre de quelques milliards. Ces nombres doivent être rapprochés de celui qui exprime les grandeurs molé- culaires ou plutôt les i]ù» lOOÛ- ÎÛJO» MiiU" 4000» 3103 ;!'.i8-? 33 M G3S7 7-?95 il'Jd ;'81S :i76G 4:, -20 r.lG3 77r, 90.". 1330 t."]97 18-2'. OCil S'iO 1134 1301 1 ."l 'i b ■e l.KS ATMOSl'lli:iU:s l)i:s IM. V.NKIKS. 387 Or, si nous considérDiis des vitesses très gramlrs ou des pni'cours lilu-i's très étendus, nous arrivons à des chiffres de prnli.ilulite si faillies ([u'ils correspondraient, {Uii- exeniide, à une nioléi-ule dans plusieui's kilomètres cubes d(' gaz à la pression atmosphérique. Une telle prnbaldlile est sans aucune signification physique. Une molécule qui, par accident, possède une vitesse extrême, ne peut pas être considérée comme agissant réellement sur l'équilibre d'une niasse gazeuse éloignée, et dont toutes les particules resteront toujours soustraites à son intluence directe ou indirecte. S'il est vrai que cette vitesse est encore contenue dans la formule, bien (]u'avcc une probabiliti' infinn;, on peut légitimement se demander si elle se trouvait déjà dans b.-s idées sur lesijuelb/s la fornuile a été établie. La réponse corri^'cte à cette question semlile èlr(.' ni'galive. En elfet, la formule a été établie pour représenter le mieux possible la répartition des vitesses ou des libres j arcours au voisinage des valeurs les plus pi-obables de ces éléments, et elles s'appliquent avec une parfaite rigueur aux états qui ne s'en éloignent pas beaucoup. Mais les cas extrêmes peuvent fort bien n'exister que dans la formule elle-même ijni. par sa forme, n'admet (jue deux impossibilités, zéro et l'intini. Un exemple familier aux astronomes fera mieux connaili'i' le sens de cette restriction : Supposons (ju'un bon observateur pointe, au micromètre, un objet situé dans le champ d'une lunette on d'un microscope. Ses pointés successifs s'écarteront les uns des autres, tout en se groupant autour d'un pointé moyen qui sera considéré comme donnant la valeur la plus probable de la position du |ioint observé. Considérant l'ensemble des observations, on pourra déterminer les constantes de la formule de Laplace appliquée à ce cas particulier, et l'on en déduira la valeur nunu'rique de la probabilité que présente une observation donnée. Or la formule de Laplace, dont la forme est très semblable à celle de Maxwell, conduit à admettre la possibi- lité, très improbable il est vrai, d'oliservations quelcomjues faites, jiar exemple, en dehors de l'intervalle des lils du micromètre, on même en dîhors du champ de la lunette ou du microscope. Malgré la formule, l'observateui' est bien persuadé que ces pointes ne sont pas seulement très jhmi probables, mais i-igoinruscmen! impossibles; i]u'aprés des millions ou des milliards de mesures, il n'aura jamais dépassé certaines limites, pour les jucUes la formule donne une probabilité faible, mais non pas nulle. Dans le cas des molécules gazeuses, nous serons naturellement conduits à admettre que, si des vitesses extrêmes sont parfois atteintes, elles le sont indépendamment des conditions indiquées par la fornuile, et nous nous 388 LA PLANÈTE MARS. • 1898 garderons d'appliquer celle dernière anx probaliililés trop faillies. Pour celles-ci, ou bien nous consiib'rerons les vitesses correspondantes comme n'existant pas, et nous n'en tiendrons pas compte pour le calcul de la possi- bilité de conservation ou de dissémination des atmosphères, ou bien nous trouverons à ces vitesses des causes indépendantes de la simple probabilité indiquée par la théorie cinétique. Les actions électriques, les effcls de la lumière ultraviolette et diverses causes extérieures à la phméte considérée peuvent communiquer momen- tanément à un .groupe de molécules des vitesses très grandes. Nous connaissons des vitesses de particules matérielles très supérieures à celles qu'il serait nécessaii'C de considérer pour expliquer l'éloignemenl indétini d'un corps céleste. Les particules échappées des substances radio- actives, les rayons calhiiili(jiies, (jui jouent ccrlainemenl un rôle important dans les aurores polaires, font intervenii' des vitesses qui se cliifl'rent par mille et centaines de mille kilomètres par seconde ; mais ces phénomènes sont complètement indépendants de ceux que considère la théoiie cinétique et doivent être traités à part. Cela dit, reprenons l'etudc des Mémoires de M. Jolinstone Sloney. Malgré les restrictions que nous avons été conduit à faire pour les cas extrêmes, il paraît certain que la théorie cinétique reste applicable à la conservation des atmosphères si l'on reste dans les conditions auxquelles repondent les hypollièses sur lesquelles repose celte théorie, c'est-à-dii'e si l'on considère des vitesses dont la probahililé donnée par les formules ne descend pas au-dessous d'une certaine valeur, que l'on peut admettre petite sans cependant aller jusqu'à des nombres qui ne semblent plus avoir de sens, a[iplii|ués à des phénomènes naturels. Cette restriclion laisse encore une large place à ra[q;irécialion personnelle, c'est-à-dire à l'arbitraire. Espérons que nos idées là-dessus pourront un jour se mieux préciser. Pour le moment, nous pourrons admettre, par exemple, que la théorie cinétique ne s'applique jilus à des probabilités inférieures au milliardiôme, ce qui exclurait la cDiisitb'i-alion de vitesses sup('u-ieures au (jiiintuple de la vitesse la [lins proliable. Si dt' l(dles vitesses existent réellement pour un nombre appréciable de molécules, nous considérerons qu'elles sont dues à des causes étrangères au mouvement thermique, el nous les écarterons de ces consi- dérations. L'è'tal actuel des aliiiosplières planétaires dépend non seulement des conditions ([ui régnent aujourd'hui à leur surface, mais plus encore des t'onditions passées. L'application de la théorie cinétique devra donc tenir comple des températures antérieures de la surface des planètes et de la LKS ATMOSPllkRES DES IM.AN ETI-S. 389 durée du refroidissement ; il ne faut pas oublier, en efTet, que ces considé- rations se fondent sur desprobal)ilités, c'est-à-dire sur des phénomènes qui, dans le nombre immense de ceux ijui se produisent, sont souvent on infime minorité. Pour que la succession de ces pbénomènes rares puisse engen- drer des effets appréciables, il faut les faire agir pendant de longues périodes où ils s'accumulent ; et, comme la probaliiiité absolue d'une vitesse donnée diminue en même tem[)S que le nonijire total des molécules [U'ésentes, l'évasion graduelle des molécules doit se ralentir d'autant plus que le départ des plus rapides abaisse constamment la proportion des molécules animées de grandes vitesses. Soit B une planète ou un satellite, l'accélération de la pesanteur à sa surface, due à l'attraction, sera, écrit M. Johustone Stoney i '), M M étant la masse de la planète on du satellite et U son rayon. Le potentiel du la gravitation à cette même surface sera Ce potentiel, K, exprime l'énergie cinétique accumulée par unité de masse par un petit corps tombant de l'intlui à la surface du globe considéré. De là V étant la vitesse acquise par un petit corps tombant de l'intîni. Si un projec- tile est lancé avec cette vitesse, il partira dans l'infini, s'éloignera pour ne jamais revenir. Appliquons ces considérations à la Terre. I.e rayon équatorial de la Terre... U = 6378 kilomètres. La hauteur de l'atmosphère /( = '^OO >> La pesanteur à l'équateur, à la li- mite de l'atmosphère g— 9"',TS1 La vitesse à récjuateur (hie à la rota- tion lie la Terre « = 404'" par seconde. La vitesse dont il famlrait animer un corps pour le lancer hors de la Terre est 1101.^ mètres par seconde. La rotation du globe' meut un point E isur l'équateur, à la limite de l'atmo- (') The Asirophyxical Journal, janvier 1îS98, p. ■25-05. 390 L,V PLANÈTE MARS. 1898 sphère) au taux de 478 mètres par seconde. De là une vitesse de 11 015 — 178 = 10-"i37 mètres. Cette vitesse suffira si la molécule est lancée dans la direction dans laquelle elle était entraînée par la rotation. Et, finalement, «si un fort vent d'ouest souffie là, ajoute-t-il, cette vitesse critique pourra être réduite à lO.'iOO mètres ». Telle est, d'après M. Johnstone .Stonej*. la vitesse minimum dmit une molécule doit être animée, à la limite de l'atmosphère, pour s'échapper de l'espace. Cette théorie conduit l'auteur a.u.\ résultais suivants pour les différents corps du système solaire. SUR LA LL'ffE. Le rayon r = 1738 kilomètres. Le rapport de sa masse à celle de la Terre — — 0,0t'?3.T. Sa période de rotation 1' = 23G0591 secondes. En calculant u', la vitesse minimum nécessaire pour envoyer un projectile hors de l'attraction de la Lune, on trouve i.'i80 mètres par seconde, tandis que sur la Terre ce chiffre est de llOl.'i mètres, lequel même, par le mouvement de rota- tion et les tempêtes, peut descendre à 105i)Û mètres. Par conséquent, ajoute l'au- teur, des gaz plus denses peuvent s'écliaiipcr du globe lunaire avec la même facilité que l'hélium de la Terre si ,o', leur masse moléculaire, est plus grande que celle de lliélium, dans le rapport du carré de It),."! au carré dei',38, c'est-à- dire si les molécules sont 19, r> fois plus lourdes que celles de l'hélium, ou. i-e (jiii est la nii'Miic chose, 3'J fois plus lourdes que cidles de l'hydrogène. Donc rii\.lio- gène, l'oxygène, l'azote et la vapeur d'eau doivent s'échapper, et il en est de même de l'arlife carlionique, de l'argon, etc., puis(iue tous ces gaz sont moins de 39 fois jdus lourds que l'hydrogène. Et c'est d'autant plus bùr, que la tempci- rature du sol lunaire est certainement inférieure à G6" au-dessous de zéro. Les expériences do lord Rosse faisaient même descendre le minimum jusqu'à — 280". Il en résulterait que les gaz et vapeurs ipii ont pu se produire sur la Lune aux temps primitifs, lorsqu'elle (■tait voi.sine de la Terre, doivent avoir ('té pour la plus grande partie transportés sur la Terre, si celle-ci était déjà assez froide pour les retenir. Les molécules échapp(''es de la Lune depuis que sa distance est plus considérable sont en général devenus^s in(U'penilaiites et circulent en ainieau autour du Soleil, anneau dont l'orbite terrestre est la ligne centrale. Il y a là aussi les molécules d'hydrogène et d'hélium échappées du globe terrestre. Plu- sieurs de celles-ci peuvent même s'être affranchies du système solaire. i.i-s ATMOsrin-iii;s i>i:s pi.ANtTEs. 391 SUR MKnCL-RE. /■ = iloii kildiuètres, ~ =0,065. Rotation inconnue. Si la rotation est éyale à l'année, soit de 8.S jours, u = '2 mètres; si elle est de -24 heures, u = 175 mètres. La vitesse minimum d'échappement des gaz i-, serait sur Mercure de 16i3 mètres par seconde, si la planète éaait immobile; elle est de 4Gil mètres si la période de rotation est de 88 jours: elle est de 4168 mètres si la rotation s'eirectuc en "24 heures. Il en résulte que p (la densité du gaz qui s'échappera de la planète comme l'hélium de la Terre) = 10, '25 dans l'hypothèse de 88 jours et U dans l'hypothèse de 24 heures, en admettant toujours — 66" pour la température. Si la température est plus élevée, ce qui est probable, les valeurs précédentes de p doivent être augmentées dans le ra|iiiurt -— ^> La conclusion est que « l'eau, dont la densité est 9, ne peut certainement pas exister sur Mercure. Ses molécules s'envoleraient immédiatement » . Il est même probable que « l'azote et l'oxygène, avec leurs densités de l'i et 16, disparaîtraient graduellement ». Quelle que soit donc l'atmosphère que Mercure ait pu retenir, «elle n'a dû garder aucun des éléments de l'atmosphère terrestre, excepté peut-être l'argon et l'acide carbonique ». III. SUR VE.NUS. Cette planète est si semblable à la nôtre, comme masse et comme volume, et aussi comme atmosphère apparente, qu'elle n'en diffère pas non plus au point de vue du sujet qui nous occupe. Probablement plus jeune que la Terre, elle pos- sède encore, sans doute, la chaleur des temps primitii's, et la vapeur d'eau doit y dominer. 392 LA PLANETE MARS. 1898 IV. SUR MARS. L'application de ces théories à la planète Mars est d'un intérêt exceptionnel. Nous avons pour cette planète : ?■ = 3372 kilomètres, — =0,1074, u Il (vitesse à i'équateur due à la rotation) = 239'" par seconde. D'où l'on tire i) = 5042'" pour la vitesse minimum suffisante pourenvoyer un projectile hors de l'attraction de Mars, en cas d'immobilité de la planète, et w'= Il — u = 4803"', pour la vitesse relative suffisante dans le cas de la rotation, certaine d'ailleurs, de 88643 secondes. Il eu résulte que p = 'J,57 pour la densité du gaz qui s'échapperait de Mars, à la température de — 60° avec la même facilité que l'hélium le fait pour la Terre. Comme 9.r.7 _ 207 0 ~ 104,7' il s'ensuit que la vapeur d'eau doit s'échapper de Mars à la température absolue de 194", 7, c'est-à-dire à — 78°, 3 centigrades, aussi librement que l'hélium s'échappe de la Terre à, la température de — CG". L'eau, dans laquelle p = 9, ne peut pas, d'aiirès M. Johustone Stoney, existera la surface de Mars. Les gaz dont les densités sont de 14 uu 10 restent peut-être adhérents. Les neiges polaires de la planète conduisent à penser que l'acide carbonique, pour lequel p = 22, existe là eu grande quantité. L'atmosphère de Mars serait principalement composée d'azote, d'acide carbo- nique et d'argon. Sans eau, il ne peut exister de végétation, au moins telle que celle de la Terre, et, dans l'absence de végétation, il n'est pas probable qu'il reste de l'oxygène libre. L'acide carbonique, le gaz le plus condensable d'une telle atmosphère, se com- porterait d'une manière bien dilïérente de celle dont l'eau se comporte sur notre l.i:S .MMOSPIIÉRKS DES PLANÈTES. 393 planète. L'eau, à l'état de vapeur, est plus légère que les autres constituants de uotre atmosphère et tend à s'élever; sa condensation en nuages, soit sous forme de gouttelettes d'eau, soit sous forme d'aiguilles de glace, se produit à des alti- tudes plus ou moins grandes. C'est ce que ne pourrait faire l'acide carbonique. Au contraire, sa densité le conduirait !i se réjjandre au fond d'une atmosidiôre d'azote. Il formerait sur le sol de la neige ou delà glace, car il ne produirait pro- bablement pas de pluie et dans son évaporation subséquente glisserait le long du sol, descendant à travers les vallées, occupant les plaines, au-dessous de l'azote, avec lequel il se mélangerait peu. Les brumes, les neiges, les gelées blanches et les évaporations consécutives rendraient bien compte des divers aspects présentés au télescope par cette planète, encore si imparfaitement vue d'ailleurs. A ses plus grands rapprochements, assez rares, elle reste encore 140 fois plus loin de nous que la Lune. Des brouillards le long des plaines basses, correspondant aux lits de nos océans, et des chaînes de montagnes ressortant au-dessus de ces couches, une bordure de brumes le long des flancs de ces chaînes, correspondraient assez bien à ce qu'on entrevoit. De grands dépla- cements de vapeurs, résultant de la distillation vers chaque pùle alternativement, s'accorderaient aussi avec le reste des observations. Cet e.xposé, que j'ai traduit aussi lidèlemeut que possible, est Uiut à fait digne de notre attention, car cette liypothcse expliquerait, en eftel, un cer- tain nombre des aspects martiens. Mais n'oublions pas (jti'il y a à la base de ce raisonnement une pétition de principe. L'auteur pose ces prémisses : « Puisque l'bydrogène s'échappe de la Terre, ses molécules doivent en nombre suffisant atteindre la vitesse de J0500 mètres, (jui est tJ,5.j l'ois plus grande que la vitesse du carré moyen ( 1603) de ce gaz à la température de 6G" au-dessous de zéro; et puisque l'hélium s'échappe aussi, ses molécules doivent atteindre cette même vitesse qui est 9,27 fois supérieure à celle du carré moyen dans l'hélium ». Nous ne contestons pas la valeur de la formule. C'est encore là une autre question. Mais même en l'admettant, la théorie cinétique des gaz a-t-elle cesse d'être une hypothèse! Qui est-ce qui prouve que l'hydrogène et l'hé- lium sont animés de ces vitesses"? Oui est-ce qui prouve que ce sont ces vi- tesses qui sont causes de leur absence dans l'atmosphère terrestre"? Et dans l'application de cette théorie à la planète Mars, qui est-ce qui prouve que sur celte planète les molécules de la vapeur d'eau atteignent la vitesse de 4803 mètres'? Mais continuons. 394 LA PLANETE MAKS. 1898 V. SUR JUPITER. Nous avons pour cette planète Rayon uquatorial, ;• = VtVt tJSTX = 70 I7U kilomètres, Rotation, P = 35 7-28 secondes, masser ^3,,^^^ niasse D'après ces donnt^os, la vitesse à réquateur ( t'ranus. '26 340 » .. Neptune. Les masses = 93.328 pour Satuiaie. 14.700 pour Uraiius. 1G.8G3 pour Neptune. LES ATM0S1'HI:HI£S des PLANETES. 395 Pour les rotations admettons 36864 secondes pour Saturne. 3t;000 ■■ .. Uranus, 36000 ■> » Neptune. On trouve alors pour les notations qui prc'cèdeat : Vitesse de l'équateur {(ti = IO,ilî kilomètres pour Saturne, 1 ,31 1 » » Uranus, 4,.")y8 <> 0 Nfjitune. Et ((,•) = 34,;i'î kilomètres pour Saturue i ■21,61 » » Uranus . en reiios. 2?, 60 » » Neptune ) Et v'i = f — U) = 24 ,508 kilomètres pour Saturne i 17,299 1) » L'ranus - en mouvement. 18,002 » » Neptune ) En divisant ces derniers nombres par 9,27, on trouve la vitesse du carré moyen des yaz qui peuvent s'échapper aus^5l librement que l'hélium de la Terre, et, par la formule de Clausius, la densité \^,\ : = 0,37 de la. densité de l'hydrogène pour Saturne, = 0,74 u » " Uranus, = 0,68 ■> " » Neptune. Et pour s.. : = 1,39 fois la densité de l'hydrogène pour Saturue, = 2,78 » » " » L'ranus. = 2,57 u » ■> » Nejitune. VIL SATELLITES ET PETITES PLANÈTES. Ces corps sont si petits, que si leur densité atteignait même celle du [datiue, dit l'auteur, ils ne pourraient retenir aucune atmosphère. 39f, LA PLANÈTE MARS. 1898 VIII. (JUE DEVIENNENT LES MOLÉCULES ÉCHAPPÉES DES l'LANÈTES'.' La vitesse de la Terre sur son orbite est d'environ 30 kilomètres par seconde. Le potentiel du Soleil à la distance de la Terre est représenté par le carré de ce nombre si l'on exprime la masse du Soleil en unités de gravitation. K = -- = 'JOO, r j)i étant la masse du Soleil et r le rayon de l'orbite terrestre. Nous avons dCjh trouvé, pour le potentiel de la Terre à la limite de l'atmo- sphère, M w'"- 1?1 Par conséquent, le jiotentiel du Soleil et de la Terre est égal à 960,5. • Ce nombre est égal à — i u étant la vitesse minimum qui enverrait un projec- tile dans rinfini si le Soleil et la Terre étaient immobiles. l)onc V — y/{'i X 9bU,a| = 43,83 kilomètres par seconde. Si le projectile est envoyé dans la direction vers laquelle la Terre voyage, il est déjà animé d'une vitesse de 30 kilomètres par seconde (celle de notre pla- nète), de sorte qu'il lui suffira d'une vitesse de 13 k. 83 dans cette direction pour s'échapper. Comme une vitesse de 11 kilomètres sufiit pour envoyer une molécule hors de notre atmosphère, il ne peut arriver que rarement ([u'une molécule la quitte avec une viiosse supérieure à 13 k. 83, et jiar conséquent toutes les molécules qui ont quitté la Terre sont restées dans le système solaire et circulent comme des planètes ind('pendantes autour du Soleil. La même conclusion s'applique au cas des autres planètes. Telle esl la tliéorie de M. .loliiislone Sloncy. C'est, eu (|ueli]uo sorle, iiuc théorie nialliruiaLi(jue de la composition chiiiii(|ue des alniospherrs [ilané- Uiires. 11 élait inii)ossible de ne pas l'étudier ici avec toute l'allentioii qu'elle mérite; mais elle est loin d'être indiscutable et nous ne pensons pas (jui' l'on puisse' l'arcrpler coiiiuie ilénujiilrée. L'auteur a clierclu' à déterminer, pai' l'oliservation directe, le multiple de la, vitesse du carré moyen assez l'i'iMiuent i)our iju'il intervienne de manière appréciable dans la dissipation des aluiosphères. Il constate que '■ ' Li:S ATMOSIMlKKrS I) l- S IM.A N l-TES. 397 la Lune n'a pas d'atmosphère, alors qu'une vitesse de 2380 mètres par seconde est nécessaire pour qu'un projectile s'en échappe. L'hélium est rare sur la Terre, bien que des sources radioactives en déversent des quantités appréciables provenant de la décomposition de l'émanation du radium. L'hydrogène s'y trouve aussi eu (juantité extrènio- ment minime. Mais la présence simultanée dans l'atmosphère terrestre de grandes quantités d'hydrogène libre et d'o.xygène est difficilement admis- sible, en raison de leur tendance extrême à se combiner. Quant à l'hélium, si faible qu'en soit la proportion dans l'air, l'atmosphère entière en contient environ dix milliards de tonnes, quantité que les sources radioactives emploieraient probablement, au taux actuel, dos milliards d'années à pro- duire. Si la proportion d'heliinn à la surface de la Terre a été un jour plus forte, ce que rien ne prouve, il se peut que la majeure partie du gaz se soit échappée à une époque oi'i la température de la Terre était très supérieure à sa valeur- actuelle. A 1000° par exemple, une vitesse égale à 4 fois celle du carré moyen serait suffisante pour permettre à une molécule située à la limite de l'atmosphère de s"écha[iper. La faible proportion de l'hélium dans l'atmosphère ne prouve donc en aucune façon qu'il s'en échappe à l'époque actuelle, et n'autorise nullement à admettre qu'une vitesse égale à 9,27 fois celle du carré moyen doive être considérée comme fréquemment réalisée. Quant à notre planète Mars et à la vapeur d'eau, à la température de 6li" supposée par M. Johnstone Stoney, la pression de l'eau gazeuse qui enve- loppe les cristaux est d'environ 0"",02 de mercure. La masse relative est donc, sous la pression atmosphérique normale, égale à tôtôô environ de la masse de l'air dans lequel elle se trouve répandue. Mais, à mesure qu'on s'éloigne des cristaux de glace, sa densité relative diminue, parce que la saturation n'existe nécessairement qu'au voisinage immédiat de ces derniers. En fait, des observations recueillies dans la haute atmosphère ont souvent révélé une assez grande sécheresse relative, qui s'explique par la jirécipitation de l'eau solide ou liquide dès que la saturation est dépassée. Pour pouvoir quitter l'atmosphère martienne, la vapeur d'eau, entourant les cristaux de glace en suspension dans un air encore suffisamment dense, et dont elle ne constitue guère plus de rolîoô '^^ ^'-^ masse, aurait donc à s'élever sans pouvoir jamais dépasser beaucoup cette proportion, puisqu'à partir du moment ou l'on s'est éloigné des derniers cristaux de glace, les lois régissant les mélanges gazeux subsistent seules. 39S LA l'LANÈTK MAUS. • 1898 Lrs nioli'cult's d'ism soiil ildiic extri'iiit-'ineiit ilisséiiiinées dans le^^ cinicheHi siipi'Ticurijs de ratmosfjlnM-c, et li'ur vilesse nioyonne éUint à cellt3 des midi'-- {•nli's d'azDle dans la propoi-li(.ni de 1,25 à 1, (in n'en trouvera guère plus (jne di; molécules d'azole qui t^oicnl, dans des condilions leur permettant de s'échapper. Remanjuons enfin que, si la nqiarlition des corps à la surface de Mars est sensiblement la même que sur la Terre, l'eau s'y est trouvée à riirigine en (juantite très supérieure à celle de l'azote. Il sérail admissible qu'elle se fût échappée en notable proportion à. une température élevée, où la pression de sa vapeur était considérable. Mais, dans les conditions actuelles de la température, sa conservation indéfinie est à peu près certaine. Celte théorie a d'ailleurs été déjà l'nbjrt de plusieurs discussions imiior- lautes. A l'université de Vebraska, aux États-Unis, M. S. H. Cook m a fait l'objet d'une analyse critique (') que nous allons parcourir. L'auteur reproche à M. Stoney d'avoir oublié de déterminer [lar la théorie cinriique le nombre relatif de molécules ijui auraient une vitesse suffisante ]M>i!r s'échapper de la Terre ou des autres planètes, en ayant à vaincre l'in- lluence d'un milieu résistant. Tout milieu résistant oppose une inlluence retardataire. Les calculs de M. Cook le conduisent à des résultats tout dilîérents des précédents. Nous ne reiiroduisons pas ici ces formules un peu compliquées, mais voici les nombres obtenus : V. (. r. Ail- Acide carbonique (. r. /, I-. Sur la Lune . . . km . 2, m) km (1,470 ^- 2.-iO" l,2i — lo" '',■ '27 i" 0,0 » Mercure... . 4,408 0,8'.)i — 209 2. 1 894 9,2 1371 12,1 » Vénus . . . . 9,450 1,909 - 20,; ■. .-.,18 .■,0:11 19,3 7403 20, r. >' Mars . 4,803 0,9(JO — I9.-J '2,00 1139 '•) , il 1807 13,3 1. la Terre... . 10,.=. '2,100 - 201 .'i .7 9937 '21,7 11117 29,2 y est l;i vitesse critique en kilomètres par snîiinde; r est la vitesse moyenuo de hi Miidéculo ( — .] ', f est la températinv^ do la couche extérieure de l'atino- splière en degrés centigrades, et r le rapport de la vitesse critique à la vitesse uioyeunc. Ce tableau montre que sur la I.une une atmosphère d'hydrogène s'échapperait avec sa couche extérieure à la touqx'rature de — 250", une atmosphère d'air à la température de —10°, et une d'aciile carbonique à la température de -^ 274". (') On Ihc cscajie of gases irmu pl.aictary utmosplieres accordiag to the liinetic tlieory 1. 7'/ie Astru]>hijsiful Jourii:tl, .hinuary l'jOO). I.KS ATM(»>PnÈKi:S l)i:S IM.ANKTES. 399 Pour Mercure, la couche extérieure serait à — -209° pour l'hyiirogèiio, à -;- 894" pour l'air et à -i- laTi" pour l'acide carbonique. Les nièinos liiniies seraient - ÎO"..",, — ',0:A" et — 7403" pour Venus; et pour la Terre elles seraient + '291", -^ 9937, -f- li 'i i7", Pour la pl,-inète Mars, ces mêmes limites seraient — 195" pcjur l'hydrogène, -s- 1 139" pour l'air et -i- 1807" pour l'acide carbonique. Des conclusions précises ne pourraient être déduites pour la composition réelle des atmosphères planétaires que si nous connaissions la température des pla- nètes et le gradient de leurs atmosphères. ., Il semble néanmoins, écrit l'auteur, qu'ime atmosphère analogue à celle de la Terre ne pourrait pas subsister à la surface de la Lune, mais le pourrait à la surface des planètes. La Terre et les grosses planètes pourraient non seulement conserver des atmosphères dazote et d'oxygène, mais même d'hydrogène et d'hélium. » Ces résultats sont hien (lilforents de cou.v des calculs de M. .lohnstone Stoney ('). .\ussi. comme on pouvait s'y attendre, celui-ci a répondu [-). « M. Cook, écrit-il, me reproche de n'avoir [las établi mon argument sur la détermination par la théorie cinétique du nombre relatif des molécules (jui auraient une vitesse suftisante pour les faire s'échapper des atmosphères plané- taires. C'est vrai. La raison en est que nulle détermination de ce genre n'existe, excepté celle que j'ai produite, dans laquelle les données étrangères à la théorie cinétique sont employées pour compléter les enseignements de cette théorie. Ces données auxiliaires sont : !' que la Lune n'a pas conservé d'atmosphère, et 2' que la Terre et Vt^nus ont conservé la vapeur d'eau dans leurs atmosphères. » Nous allons résumer cette réponse. L'auteur déclare d'abord que lorsqu'il s'est occupé pour la première fols du jiroblème il espérait en trouver la solution dans la loi de Maxwell sur la distri- bution des vitesses des molécules dans les gaz sous les conditions normales, mais que lorsqu'il vint à considérer le vrai sens physique de cette loi et ses limites il trouva qu'il s'arrête juste où l'on aurait besoin de l'appliquer, c'est-à- dire dans cette région extérieure d'une atmosphère de laquelle seule les molé- cules peuvent s'échapper. De longues considérations sur les difficultés de l'observation des oscillations et des vitesses des molécules, dans les expériences de laboratoire, dans le radio- mètre de Crookes, dans la fumée de tabac, dans les mouvements browniens, etc., conduisent l'auteur à être moins afflrmatif, semble-t-il, que dans son premier travail. Il revint sur le nn'me sujet, discuté d'autre part eu Angleterre par le pro- (') M. Bryan a )>ulilii'. e de l'aiinosphère et lui être restitué. Au contraire, il semble qu'il Y ait une addition continuelle d'iu'dium de lu terre solide à l'atinnsphère qui le perd. En conséquence, on peut conclure que l'excessivemeut petite quantiti; diiélium qui existe dans l'atmosphère est de l'hélium qui s'eu va, et qu'il y eu aurait davantage s'il ne s'en échappait pas. Donc, conclut l'auteur, l'argon ne s'échappe pas de notre planète, mais l'hélium s'en échappe, et, par conséquent, la vapeur d'eau doit s'échapper de la planète Mars, et ainsi nous en déduisons que les ïie(';/c'.s polaires de ce moiule sont probablement formées d'acide carbonique. Telle est, dans son ensemble, l'argumentation de M. .Inhustoue .•>loney. Nous avons voulu l'exposer tout entière, sans en rien celer, quoique ce long travail soit plutôt aride — pour nous, traducteur, comme pour le lecteur. Mais il importait d'avoir sous les yeu.x ce raisonnemeul, plus ou moins mathématique, afin d'éclairer notre recherche indépeudaiile. 11 nous semble que ces arguments ne suffisent pas encore pour nous convaincre que les neiges manieunes sont l'ormées d'acide cai-liouiiiue. C'est longuement travaillé, assurément, mais en fait de iirenrrs, nous soumies encore plus exigeanis. Prendre pour base de raisiuinemeiU ijue riiélium s'échappe de notre almo-sphère, c'est audacieux, puisqu'idle en contient quelque chose comme dix milliards de tonnes, llien uc prouve, non plus, que si la Lune a j)erdu son atmosjihère, c'est parce ijue celle-ci s'est envolée; elle a pu être alisorbi'e, au contraire. Enfin, examinée en elle-même, la tliéorie cinéli<]ue des gaz reste toujours une hijpulhcse. Nous anticiperons un peu sur l'ordre chronologique de cet exjiosë en ajoutant ici l'objection à la même théorie qui nous a été adressée par M. le colonel du Ligondès. CCXXXIX. — Iiu Liiio.NDHs. — Les .\T.\iosPHi-;Ri;s ui:s planèi-es i'i. Ou a souvent cherché h expliquer, en s'appuyant sur la théorie cinétiqui\ l'ab- sence de gaz légers dans les atmosphères planétaires. Suivant cette hypothèse, les molécules gazeuses sont animées de vitesses dirigées dans tous les sens, variables d'une molécule à l'autre, mais présentant la même valeur moyenne dans t') Bullciin de la f^ociëlé Astronomique de France, juin 1903. 40i LA PLANÈTE MARS. 1808 toute l'étendue de la masse, si la température est constante. C'est au choc des molécules extrêmes qu'est attribuée la pression exercée par le gaz sur les parois de son enceinte. La pression et le nombre de molécules contenues dans un volume (l'inné étant connus, on peut calculer la vitesse moyenne, l'our l'hydrogène à la température zéro, elle est d'environ IS'iO mètres par seconde. Elle est d'autant moindre pour les autres gaz que leur densité est plus grande. Mais il y a des molécules dont la vitesse est bien supérieure à la moyenne, et. si elles se trouvent à la limite de l'atmosphère, elles peuvent sortir de la sphère d'attraction de leur planète et se diffuser dans l'espace. Il ne serait donc pas surprenant que l'hydro- gène ait quitté l'atmosphère terrestre et qu'aucun gaz ne soit resté autour de la Lune. A ce compte, on peut se demantler pourquoi les comètes, à la surface desquelles la vitesse critique est excessivement faible, ne sont pas déjà et depuis longttemps toutes dispersées; comment aussi les planètes, qui ont été formées par des agglo- mérations successives de vapeurs et de gaz portés à une haute température, n'ont pas vu leurs matériaux se dissiper avant même d'être réunis. Cette contra- diction a sans doute échappé à ceux qui s'appuient sur la théorie cinétique pour dire que les astres ne peuvent pas conserver d'atmosplière. En voici l'explica- tion : La lui de Mariotte est une conséquence de la théorie cinétique des g;iz. Si le volume est réduit de moitié, le nombre des molécules venant frapper les parois sur une surface donnée est doublé et la pression aussi. En appelant p la pression, p la densité et /( une constante, on a p = Il p. Imaginons une sphère gazeuse de rayon a, en équilibre, et soit x le rayon d'une couche sphérique d'épaisseur infiniment petite dx prise à son intérieur. Un petit cylindre droit de base S et de hauteur dx découpé dans cette couche a pour niasse piidx. La masse de la iietite sphère de rayon .v sur laquelle il reiiose est .J%xU 4-/ px-\lx. ■'a L'attraction mutuelle est égale au produit de ces deux masses divisé par le earré de la distance au centre .v (' ) /i-'.Sd.v /■ /" px-^dx. (' ) La sphère de rayon x agit comme si toute sa niasse était transportée au centre; quant à la partie extérieure au cylindre, elle n'exerce aucune action sur lui. LES ATMOSPUKRES DE> PLANÈTES. 405 L'accroissement de la pression à riatérieur de la sphère ou la diflërentielle de la pression est donc -zdx /•' dp= 3r— / p.v^dv, «- 0 avec le signe — puisque la pression varie à l'inverse du rayon. Si l'on fait, d'après la loi de Mariette, p = Zip, l'équation précédente est satis- faite en posant Pour déterminer la constante k, on écrira que la somme des masses élémen- taires de toutes les couches de rayon .v, depuis .\-=0 jusqu'à .v = a, c'est-à- dire : -0 est égale à la masse tutale M supposée connue : M = 4-| ,-.v2d.v = 2fea. D'où 2 a et M 2 a Or, dans notre sphère gazeuse, à la distance a, l'accélération de la gravité est M il = On a donc ^ = ^- P _ [1^1 _ "■ <7a Mais 2ga est précisément le carré de la vitesse critique à la surface de la sphère; d'autre part, la pression p est proportionnelle au carré de la vitesse moyenne des molécules gazeuses. Il en résulte que, d'une planète à l'autre, les vitesses moléculaires à l'intérieur d'une couche atmosphérique de morne densité varient exactement comme les vitesses critiques. La tendance à la dispersion des atmosphères est indépendante de la masse. Ce résultat pouvait être prévu. L'intensité de la pression, au moyen de laquelle on calcule les vitesses des molécules, n'est pas autre chose que le poids sur l'unité de surface, et comme à l'intérieur d'une petite masse de gaz la pression est à peu près la même eu tous sens, elle doit, ainsi que le poids, suivre les variations de la gravité. D'ailleurs les mouvements moléculaires étant sans doute /,0r, LA PLAXKTE MARS. 1898 uiio (les conséquences de l'atlraction universelle, obéissent à la loi de la chute des graves : u- = igli; le carré de la vitesse est proportionnel à l'intensité de la pesanteur à la surface de chaque planète. C'est donc une erreur manifeste d'attribuer à la faiblesse de l'attraction lunaire l'absence d'atmosphère autour de notre satellite; il faut plutôt croire que la porosité du sol, attestée par le relief de la surface, a déterminé l'absorption rapide do l'eau d'abord, ensuite celle des gaz. II est non nujins faux de dire que l'hydrogène, l'hélium et autres gaz légers ont quitté la Terre pour se concentrer autour du Soleil. 81 ces gaz avaient le pouvoir (le dilTusion qu'on leur prête, aucun astre ne serait capable de les rete- nir, l.a thiMirio cinétique repose sur l'exactitude de la loi de Mariette. Or, au delà d'un cerlaiii degi-é de raréfaction, la diminution de la pression est plus rapide que celle de la densité; c'est une preuve que les vitesses moléculaires décroissent aussi. .\u\ limites de notre atmosphère, où la température est très basse, ces vitesses sont donc loin d'atteindre les chilTres que la théorie donne pour les couches inférieures. En résumé, les calculs et raisonnements sur les'iuels on s'appuie pour expli- quer, d'a]irès la théorie cinétique, l'absence do gaz légers, ou même l'absence totale d'atmosphère autour des planètes et de leurs satellites, ]iaraissent dénués de tout fondement. Ces idijeciions faites là la conservation dos aggionK'rations comôtaires sont sérieuses; il ne faut pas oublier cependant : I" Une les comètes peuvent être cmistilui'es [lar des gaz de forte densité; leur ('Indo spoctroscopique révèle, en elTet, les raies propres aux hydrocar- I 11 très; •J" Hue, dans la théorie de la dissipation, le facteur temps joue un rôle très [irepoiidcrant si l'on ne se trouve pas dans les conditions nii une forte fraction des molécules ]iossède la vitesse d'échappement. (Jr, les comètes sont, dans l;i iiuijeun' partie de leur parcours, telleuient éloignées du Soleil, que li'ur leniperalurc est exhrmement basse, et, aux époques oi'i leur tempé- rature s'élève, par exemple au voisinage de celle de la Terre, la durée en est trop courte pour que l'on puisse envisager une sérieuse tendance à la dissi]i:iiiou. L'ensemble des objections s'ajoute, m'^annu^ins, à celles que nous avons précédemment exposées. CCXL. — Le dédouih.i;.\ie.nt dks canaux de Maus. Nous avons vu, par les observations de M. Schiaparelli et d'autres astro- nomes, (jue parfois, et pendant des temps assez longs, les canaux de Mars 1.1-; DKlHUItLHMKM DKS C.VNALX. Ul7 se niiinlrriit ilouhlos. Les deux iiouvraux canaux, toujours parallrles eulro eux coumic îles rails de clieuiiu di> fer, iiHViuil des l'carleuieiils el des lar- geurs variables, et il arrive que l'uu des diuix u'oecu|ie pas exacteuient l'einplaceuieut du canal antérieur au dédouldeuienl. Ce l'ait est si extraordinaire, si iucouipréhensibje, que la |u-eiuiére idée qui se présente à notre jugement est qu'il n'est pas réel, i^i'il dnit y avoir là quelque illusion d'optique. Comnieiit admettre, en eiri_'t, qu'un canal de plusieurs centaines et même de plusii'urs milliers de kilomètres de lon- gueur s'efTace pour produire à sa place diuix canaux plus ou Tunins ana- logues éloignés à des centaines de kilouielrrs l'iui dr l'aulre' (jui' la Srinc cesse de couler à Paris, pour être remplacée par deux cours d'eau coulant aussi de l'est à l'ouest, l'un passant par Nancy, lleims et Amiens, l'autre par Màoon, Tours et Saiut-Malo'? En admettant (|ue les canaux existent, c'est-à-dire (jue la surface de Mai-s soit vraiment recouverte d'un réseau de lignes fines (quelle i(ue soit, d'ailleurs, la nature de ces lignes), on est porté à penser que leur dédou- blement est une apparence et non une réalité. .l'ai proposé d'admettre iM que ces dédoublements, ces géminations pou- vaient être des elTéts causi'S par ralmusjihéie île Mars, comme il arrive chez nous pour les parhélies et les parasélénes, images secondaires du Soleil et de la Lune produites par de la vapeur d'eau cristallisée en petits prismes de neige dans les hauteurs de l'atmosphère. Il peut se faire que dans l'at- mosphère de Mars certains gaz, certaines vapeurs, certains états de l'air produisent une double réfraction rappelant, par exemple, celle du spath d'Islande. Les canaux ne se dédoublent pas tous dans la même région : quelques-uns restent simples, tandis que leurs voisins se dédoublent. Les elTets observés peuvent dépendre de la température des régions aériennes. Ces gémina- tions, d'autre part, se manifestent en certaines saisons el non en d'autres. Les nouveaux canaux sont parfois très larges, parfois très étroits. Tontes ces variations peuvent avoir pour cause l'état de l'atmosphère. Il y aurait une autre cause encore plus simple, c'est que les observateurs seraient tout simplement dupes d'une illusion d'optiijue due à une mise au point défectueuse, ce défaut de mise au point faisant réellement paraître doubles des lignes simples observées soit à l'œil nu, soit à l'aide d'instru- ments. Nous allons passer en revue cette explication, en en suivant autant que possible l'ordre chronologique. Au mois de juin 18'jl, mon savant ami Adolphe de lîoë, astronome à ('} Tome I, p. 48S et 5S8. 408 lA PLANETE MARS. ' 189S Anvers, m'ailressuit la lettre suivante, que je publiai dans VAsironomie du l" juillet : « Mon cher ami, » Li' dédoublement des canaux de Mars ne résulterait-il pas d'images secon- daires qui, dans certaines conditions, se forment dans notre œil? » Voici une expérience d'une incxprinialjlo simplicité. Regardez d'un leil une ligne droite tracée à l'encre sur une feuille de carton ou de papier blanc (au dos d'une carte de visite), en tenant cette feuille en deçà ou au delà de la vision distincte, verticalement, horizontalement, etc.; puis épinglez cette carte contre le mur, faites de même eu la regardant d'un œil, à travers une jumelle, ou à l'aide d'une lunette ; mettez hors du point, approchez, éloignez-vous ; faites toutes les épreuves, vous Irourerei toujours des conditions où cette ligne sera vue douille. • Si je prends un instrument muni de fils, en les mettant hors du foyer de l'oculaire, je trouve de nouveau des conditions où ces fils présentent une image secondaire. » Il résulte de cette observation qu'une ligne simple peut se voir double. >) On me dira peut-être : » Mais vous forcez les choses ; vous coulez quand même voir double. » Je réponds : « Les géminations sont-elles autre chose? Vous souvenez-vous de notre visite à l'Observatoire de Louvain? M. Terby ne nous a-t-il pas assuré que ce n'était qu'après une heure (je crois) d'essais, qu'il était parvenu à voir une gémiuation ? Ne peut-on en ronclure que la fatigue de l'œil, qui altère momentanément la distance de la vision distincte, joue aussi un grand rôle dans toute cette fantasmagorie ? » » Je livre cette idée pour ce qu'elle vaut à la tribune indépendante et toujours progressiste de r^4.s?co)îom(e. » Ad. de Boe. » Cette explication était à peine publiée que je recevais la lettre sui- vante : « Au sujet de la Note de ^L de Boë, insérée au dernier numéro de la Revue, permettez-moi de faire connaître à ses lecteurs que le phénomène du dédou- blement qui s'oi)ère dans l'œil lorsqu'on regarde attentivement un point ou une ligne a été décrit par moi, le premier, dans des Notes communiquées à l'Acadé- mie des Sciences {') et dans mon Introduction à la Mineralogia Micrografica. u Quant à chercher e (Espagne). ■■ Cette lettre renvoie aux Comiilcs rendus de l'Aeadéinie des Srienees des 4 février et s juilli't 1889. \'oici ce (jui.; nous lisons dans le premier : (I La Note que j'ai l'honneur de roinmuuiquer aujourd'hui à l'Académie a pour but de montrer que, entre des limites assez étendues, l'équation personnelle tient à un effet de diplopie aisément mesurable. 1) On pratique au milieu d'un écran noir assez mince un petit trou rond d'un demi-millimétre de diamètre environ, on le place h la distance de la vue distincte ou un peu au delà, eu le projetant en même temps sur un fond éclairé ; on le regarde de l'un des yeux, l'autre restant fermé, et au bout de quelques instants on saisit le dédoublement plus ou moins complet de l'image du trou. » Chez moi, ainsi que chez un grand nombre de personnes, ce dédoublement s'opère dans le sens horizontal, de gauche ;'i droite pour l'œil droit, de droite à gauche pour l'œil gauche. Chez d'autres personnes, c'est dans un sens vertical ou même incliné. Une seule, parmi celles qui ont essayé l'expérience ('), uo s'en aperçoit aucunement. Ij'intensité de l'image diplopiquc est un peu moindre que celle de \'im:iije norninlc. » En faisant varier la distance de l'écran à l'œil et aussi, si besoin est. le diamètre du trou, on parvient à obtenir par tâtonnement la tangence des deux images. En désignant alors par D cette distance, par d le diamètre du trou, soit l'intervalle allant du centre du trou réel à celui du trou apparent, pare^, la moitié de l'angle que cet intervalle sous-teml. on a, en vertu de la petitesse de l'angle : d '•' = 7d- » Si l'on examine le trou à l'aide d'une loupe achromatique, le dédoublement disparait par suite du rapprochement; mais, en y regardant attentivement, on s'aperçoit que l'un des bords de l'image est légèrement estompé. C'est évidemment de ce côté que se trouve l'image diplopique. » Ces faits prouvent que le pointé d'un petit disque lumineux, d'une étoile, se (') Elles sont au nombre de 26, parmi lesquelles je citerai MM. Jofre et Aguileru, commandants de l'Etat-Major, Hidalgo. Garcia, .1. Miquel, olllciers au même corps, M. Miquel, capitaine Ju Génie, le D' Boned, médecin à l'hôpital de Valence. 410 I A l'LANKTK MAItS. IH98 fait non pas sur son centre, mais ;\ droite ou à gauche, en haut ou en bas, selon le sens de la diplopie, l'œil visant tout naturellement le centre de l'ensemble que les deux images constituent. 11 s'ensuit donc que la cause efficiente de l'équation personnelle proprement dite réside dans cet effet physiologique, ou du moins que celui-ci y joue un rôle prépondérant. » Envisagée au point de vue qui vient d'être exposé, l'équation personnelle permet d'expliquer des faits connue les suivants, tlont la cause semblait fort obscure. D'après Fœrster et Littrow, le sens du mouvement de l'étoile a une influence marquée sur la grandeur de l'équation personnelle, et M. Flammarion a fait remarquer que l'œil ne juge pas de la même façon les lignes inclinées et les lignes verticales ou horizontales. En examinant les faits signalés par M. Rayât dans son intéressante Note sur les erreurs accidentelles des observations de passage ^Comptes rendus, IS juin I8S8), on est frappe d'y découvrir le rôle que joue, dans ce genre de recherches, la déviation e,,. » L'emploi de l'oculaire coudé [lerniet do s'alTranchir presque totalement de la susdite déviation. » On voit que, dans cette Note, il s'agit du déJoul)lement d'un point. Dans celle du S juillet, qui complète la précédente, l'autour signale le dédou- blement d'une ligne. Dans les deux cas, ces illusions d'optique peuvent évid'-Mument être appliquées à l'expKcaliou de la géminalion des canaux de Mars, si ces canaux e.rislenl, comme lignes visil.iles, ou conune [loints alignés. On peut lire, dans la p\ililication lielge Cirl cl Terre ( 18'Jl, p. "223, "2.57, 285 et 3U7), une discussion sur le même sujet entre MM. de liué, Dierckx, Schleusni'r et Terby. Ce, dernier ne croil pasiju'un astronome exercé puisse être victime de celte illusion, parce que, lorsque les lignes fines sont vues doubles par suite du mamiue d'acconnnodation de l'œil, les grandes taches perdent de leur netteté. M. Sclileusncr croit, au contraire, (jue l'aspect des grandes taches n'indique rien d'anormal dans la vision. Celle même théorie opli(iue du dédoublemenl de ces ligues énigmati(iues a été reprise en 1s expériences entreprises à l'Obser- vatoire de Juvi.sy dans le but de reprodinre artificiellement les dédoublements des canaux de Mars, expériences ijui tendent à montrer le caractère optique du phéuoméne. Malgré tout le scepticisme de plusieurs autorités énunentes, nous ne pouvons nous empêcher de considérer les fameux canaux de Mars comme ayant une véritable existence objective. I.E DKIXM lil.EMKNT UP.S CAN.VLX. 411 En effet, ces lignes énigmatiqnes sont recounaissables sur les dessins des premiers observateurs, et déj:'», en lOtîG, llooke, rival de Newton, en a dessine les doux plus marquées (la Nilosyrtis et la Boréosyrtis de M. Schiaparelli). Un examen attentif des dessins publiés dans le grand ouvrage, devenu classique, La Planète Mars, nous a convaincu que if) des canaux actuellement connus ont été dessinés avant 1S77. Ainsi, W. Herschel en a observé 5, Schrœter 7, Mœdler 4, Galle 11, Warren do La Rue 6. Seccbi. !?, Lockyor 7, Kaiser 10, Dawes 10. Green 11 et Flammarion 7. En comparant la position dos canaux dessinés par ces observateurs avec les cartes de M. Schiaparelli, nous trouvons, en tenant compte de l'équation person- nelle, une concordance remarquable. L'écorce de la planète serait donc assez stable dans ses grandes lignes. L'examen des contours des « Mers » nous conduit d'ailleurs à la même conclusion. Cependant cette stabilité est probablement loin d'être absolue, et certains changements de rivages, changements incontestables, tels que le glissement actuel du lac Mœris vers la Grande Syrte, ou la disparition lente et progressive de l'Aurea Cherso dans le golfe de l'Aurore, pourraient bien être dus à l'abaissement des côtes en ces régions. Cette hypothèse, assez risquée au premier abord, ne paraît pas invraisemblable quand on songe que la densité de Mars est faible, et que, par suite, la surface de la planète pourrait bien se trouver dans une position d'instabilité intermédiaire entre la stabilité relative de nos terrains et l'instabilité absolue de la surface d'une planète (telle que Jupiter ou Saturne 1 dont la densité moyenne approche de celle de l'eau. Quoi qu'il en soit, les changements dont nous venons de parler s'accomplissent lentement, ce qui nous montre que l'écorce de Mars se trouve dans un état de solidification assez avancée. En 1877. .M. Schiaparelli revit presque tous les canaux observés avant lui, tout en en découvrant plusieurs nouveaux. Il a, depuis, continué ses persévérantes recherches avec les admirables résultats que tout le monde connaît. La planète s'est montrée recouverte d'un réseau de lignes, dirigées pour la plupart eu arcs de grands cercles s'entreoroisant dans tous les sens. ic Ce n'est pas tout, dit M. Schiaparelli, eu certaines saisons ces canaux se dédoublent, ou pour mieux dire se doublent. » Pendant l'apparition de 1877, on n'a pas observé de dédoublements ou gémina- tions des canaux. Le '16 décembre 1871), M. Schiaparelli constata, non sans ([uelquo surprise, que le canal du Xil était composé de deux lignes parallèles, réunissant le Lacus Lunœ au Ceraunius. L'observateur passa de surprise en surprise en 1881-188-2 : en quelques semaines la moitié des canaux étaient doubles, et la planète était remplie de géminations. de sorte que, du 19 décembre 1881 au 2î février 1882, il n'en constata pas moins d'une trentaine. En 1883-1885, il con- stata encore 18 canaux doubles. En 188G, ^L Schiaparelli en a vu un seul. En 1888, on eu remarqua plusieurs. Enfin, les apparitions de 1890, 1892, 1804 et 1890-1897 ont encore montré un certain nombre de ces dédoublements énigmatiques. La gémination n'attaque pas seulement les canaux, mais bien aussi leurs points 412 LA PLANKTE MAfiS. "i 1S98 d'intersection, appelés lacs par M. Scliiaparclli et oasis par M. I^owell. Si le lac est rond, on voit apparaître à côté de lui un simulacre circulaire de lui-même. S'il est allongé, il se dédouble en bandes parallèles, dirigées dans le sens de rallongement. Tels sont les faits. Essaj-ons de les interpréter. La distance entre les deux bras d'un canal double variant, d'une gémination à l'autre, entre 3" et 10» ou lî° ou niéiiic 15»aréocentriques, et la valeur d'un degré sur Mars étant de fiO kilomètres, on voit que les deux lignes sont espacées de ISO ;\, 600. 720 ou même '.)00 kilo- mètres. Et, comme le dédoublement est parfois complet en 24 heures, il faut nécossairement que la ligue parasite lancée par le canal primitif franchisse au plus vite ces distances, en allant se rangei' dans une direction rigoureusement parallèle à celle de sou sosie. En plus, il arrive souvent qu'aucune des deux ligues ne parait correspondre avec le canal simple primitif. Or, si nous imagi- nions pour un instant la Seine disparaissant subitement pour donner lieu à deux bandes dirigées de Nantes à Marseille et de Dunkerque à Strasbourg, en laissant le pays intermédiaire dans un état d'estompage confus, nous aurions une idée des déiloublements des canaux de Mars. Nous allons voir bientôt que cette disparition du canal primitif amenant la formation de deux bandes de part et d'autre est un principe fondamental des géminations optiques. Nous ne pouvons certainement point adaicttre ces [jhénomènes comme ayant lieu vraiment sur cette planète, à moins d'obéir au goût, parfaitement humain, pour les prodiges. Mais il serait regrettable que ..ette soif du merveilleux nous entraînât à des interprétations irrationnelles des phénomènes observés. Lors(iue nous assistons au dédoublement d'une tache solaire par l'invasion piiotosphé- rique, ou quand nous observons des taches doubles sur Saturne ou Jupiter, nous ne sommes guère émerveillés, car c'est là, précisément ce que nous pouvons attendre des surfaces gazeuses de ces globes à densité voisine de celle de l'eau, surfaces où l'instabilité règne en souveraine. Mais nous venons de voir que l'écorce de Mars est bien autrement solidiliée, partant tout à fait réi'ractaire à la réalité objective des dédoublements. Quant aux explications déjà énoncées de la gémination, elles sont peu satis- faisantes. M. Schiaparellî, qui croit que les canaux se dédoublent réellement sur Mars, disait en 1888 que « l'ensemble des observations donne quelque poids à rîii('c que le phénomène doit être n'^gb' par la période des saisons de Mars; qu'il se produit principalement un paie après l'équinoxe de printemps et un peu avant l'équinoxe d'automne; qu'après avoir duré quelques mois, les gémi- nations s'elTacent en grande partie à répo(iue du solstice boréal, et dispa- raissent toutes à l'époque du solstice austral. La vérification de ces conjec- tures, ajoutait-il, ne se fera pas longtemps attendre, et une première occa- sion de la faire se présentera en 1802. L'opiiosition de cette année aura lieu dans les mornes conditions à peu i>rès ([ue celle de 1877, et il faiulra s'atteiulre à une absence complète de gemmations. » . . Li; Df;i)i)L lil.l-MKNT DKS CANAl'X. 413 L'apparition de 180-2 est venue, et l'on a vu plusieurs déiloublements. Il en a été de même eu 1894. Ainsi l'hypothèse qui subordonne ces géminations aux saisons de Mars est non seulement loin d'être satisfaisante, mais jiaraît contre- dite par les faits eux-mêmes. Un trait caractéristique de l'observation des géminations est que, tandis qu'un observateur consciencieux voit un canal nettement double, un autre, non moins digne de foi, le voit nettement simple. En 1886, M. Perrotin a vu doubles plu- sieurs canaux que M. Schiaparclli voyait simples. Ce phénomène s'est répété souvent depuis, et, pour ne citer que les dernières observations, nous ajouterons que, tandis que les principaux Membres de la Commission aréographique de la British astronomical Association voyaient, en 1806-1897, l'Orcus double, M. Lowell le décrivait comme a sûrement simple ». Ces faits sont de la plus haute importance, car, en écartant toute idée de réalité attachée aux gémi- nations, ils nous mettent sur la voie de l'origine optique du phénomène. En 1891, M. A. de Boë a attribué ces dédoublements à des images secondaires qui se formeraient dans l'œil de l'observateur, comme il arrive, en effet, en regardant une ligne droite tracée à l'encre sur un carton blanc placé eu deçà ou au delà de la vision précise. Le principe du dédoublement optique d'une ligne repose sur le fait, signalé par M. l'abbé Moreux, de Bourges, que la vue hors du foyer d'un ])uint i/((/.243i o Fig. 213. Fig.'244. donne lieu à un anneau de diffusion ifig. •244). « D'oii, conclut le savant profes- seur, une succession de points — une ligne — donnera une succession de ces anneaux empiétant les uns sur les autres, c'est-à-dire deux lignes parallèles avec estompage inclus. ■> M. l'abbé Moreux trouve l'explication de ce fait dans la structure du cristallin de l'œil. En vertu de ces anneaux, il est facile de voir qu'en doublant, une ligne devrait disparaître pour donner lieu à la formation de deux bandes parallèles, équidis- tautes de la ligue primitive, et avec estompage inclus. C'est là, en effet, ce qui arrive en réalité {(Ig. 245 et 246). Le dédoublement des canaux de Mars parait Fig. --lô. Fig. m. obéir à la même loi : « En 1888, dit M. Schiaparelli, j'ai pu me convaincre qu'...i! peut arriver que ni l'une ni l'autre des nouvelles formations ne coïncident avec l'ancien canal... Toute trace de l'ancien canal disparait pour faire place aux deux lignes nouvelles » [La Planète Mars, p. 448). De même, l'estompage inclus entre les deux lignes est un trait caractéristique, et des dédoublements optiques 4l/< LA l'LANÉTE M A 11 S. 1898 et de ceux de Murs. « J'ai vu assez fréquemment les deux ligues se dégager simultaudmeut d'une nébulusité grise plus ou moins intense, allongée dans la direction du canal; j'incline même à conclure que cet état de nébulosité est un phénomène essentiel dans la production des gémiuations » (p. 451 I. Des taches rondes ou ovales se géminent d'une manière semblable aux pliéno- nièiies martiens. Si la tache est ronde {fig. '247) elle se dédouble }iar la vision indistincte en deux taches rondos j/i;/. Î4S|, tandis qu'une plus grande différence t: Fig. 247. F,g focale nous ramène au cercle de diffusion de la figure 24 i. La gémiuation en taches rondes a été observée par M. Schiaparelli sur le Lac Ismenius en 1888. D'autre part, si le lac est allongé (/ig. 249), il se géminé en bandes parallèles (/((/. 2."iO). De semblables phénomènes ont été observés par l'astronome de Milan Fig. 349. Fiff. 2i0. sur le Lac Ismenius en I8S1-1S82 et sur le Trivium Charontis eu 1884 et 1888. Si une ligne présente des irrégularités ijig. 251 J, celles-ci disparaissent après le dédoublement optique. (Jr, M. Schiaparelli écrit: « S'il existait quelque trace Fitf. 251. Fi^. 25:. d'anomalie dans le canal simple primitif, elle disparait complètement après la gémination.... Il y a, en un mot, une tendance prononcée k l'uniformité plus absolue et à la suppression de tnut l'iémcnt irrégulier » (p. 450). On remarque parfois dans les géminations optiques que les deux bandes sont d'une intensité inégale (/î;/. 253 et 254). Les mêmes phénomènes ont lieu sur Fig. 253. Fig Mars : Kn ISS,', la nouvelle bande du Gange « ressemblait au Gange, quoiqu'elle fût un peu plus faible » (p. 451 ). Un télescope de Iti centimètres de Foucault, de l'Observartoire de Juvisy, dont nous nous sommes servi pour ces expériences, montre que des lignes dirigées dans tous les sens ne se dédoublent pas avec leurs branches équidistantes. Il y a LE nÉDOUBI.I-MKNT DKS ('.ANAIX. llô une ilircL'tion do |irépo;ul('rance géminatoii'o pour ainsi dii'o, à angle droit de laquelle les lignes ne se dédoublent ([u'avec une [dus grande erreur focale. Ceci proviendrait d'une sorte d'astigmatisme. Ainsi, dans les figures "ho et 250, la FifT. 2ÔC. ligne horizontale est largement doublée, la verticale reste simple, tandis que l'oblique a ses branches moins espacées que l'horizontale. La vision indistincte de deux ligues qui se croisent {fig. '2')') donne lieu à une Fi?. 2ô7 Fig. 258. tache plus sombre sur leur intersection {flg. 2.')S). « Lorsqu'une bande s'élargit, on voit apparaître une tache sombre sur son intersection avec un autre canal simple, u Si une ligne simple en rencontre une double, on voit deux taches : " Parfois Fi-, i^9. Fii:, V>». un canal nettement doublé donne lieu ;\ deux très petites taches par ses inter- sections avec un troisième canal simple ». Kufm deux lignes doubles donnent . 261. Fig. m:. naissance à Un canal nettement doublé donne lieu à 'luatre taches par ses intersections avec un autre doublé » (Schiaparelli). Ifi LA PLANÈTE MAHS. 1S9S 11 ne reste maintenant qu'à rendre compte d'une dernière particularité, le dédotihlciiifliit partiel de quelques canaux, simples sur une partie de leur cours, doubles sur l'autre. C'est probablement là un cas de géinination inéijale. En effet, nous trouvons que, dans des cas semblables, la branche manquante appartient toujours à une ligne très fine. Ainsi sur la figure 235, p. 457 de La Planète Mars. le segment de l'IIydraotes compris entre le Margaritifer Sinus et la Janiuna FifT. '263. Fig. 2f;i. (AB, sur la fuj. 2G4 ) est plus étroit que celui à droite, entre la Jamuna et le Lacus Iauko ( lioj). Ou Conçoit alors que si la gémination inégale réduisait la branche supérieure du segment AB à la limite de la visibilité, la plus faible deviendrait invisible. Essayant l'expérience, nous avons trouvé cette explication confirmée d'une manière satisfaisante. Plusieurs causes concourent à ce que (ous les canaux ne se dédoublent pas à la fois. Nous venons de voir que la gémination inégale est déjà une cause de 0 gémination scUective ». D'autre part, la distance entre les deux branches variant avec la différence focale, nous voyons que, dans le cas d'une ligne très large, le dédoublement ne serait obtenu qu'avec une très grande erreur focale, autrement les deux images se superposeraient simplement, sans se dédoubler. Ce fait expliiiuo pouri[uoi M. Schiaparelli n'a jamais dédoublé le plus large des canaux, la Nilosyrtis. De même, l'intensité des deux lignes variant inversement avec la différence focale, si un canal est à la limite de la visibilité au foyer, son image dédoublée et alTaiblii! n'impressionnera plus la rétine. Donc les apparences pré- sentées par les canaux très fins devraient osciller entre la visibilité sous la forme simple et l'invisibilité sous la forme double. C'est pour cela, croyons-nous, que M. Schiaparelli n'a jamais dédoublé les canaux très fins. l^a présence d'une direction de |irépondérancc géminatoire à angle droit de laquelle les lignes ne se dédoublent qu'avec une grande différence focale, ainsi que nous l'avons dit plus haut, est une autre source de gémination sélective. ])(; plus, les canaux ne sont pas tous visibles siuiultanénieiit. On ne les aper-' çoit (pie par minnents fugitifs pendant lesquels on ne voit bien qu'une petite région du disque seulement. Mais cette visibilit(' passagère peut être plus ou moins distincte. Ainsi que l'a l'ait remarquer M. Kendell, c'est là la cause princi- l.K Hriiurni KMKNT DES f.ANArX. 417 pale de la géminatioii sélective, car des dessins détaillés de Mars ne peuvent guère prétendre représenter la planète fi un instant donné, étant plutôt des f;rou- penients d'impressions isolées. Si le foyer se forme sur la rétine, le canal devrait paraître siuipK'; un foyer daos l'humeur vitréi- donnerait lieu a un dédoulilement très confus; tandis qu'au delà de la rétine nous avons un dédoulileinent très net. Et, si nous ajoutons (]ue M. SoliiaparcHi parle d'intermitti'ncrg dans les phéno- mènes de la géinination (le mètne caii;il paraissant alternativement simple et donhle), et que tel observateur consommé voit un canal simple tandis que tel autre le voit double (ces cas sont légion i. nous conclinans que le caractère opti(iue de ces dédoublements est manifeste. Nous avons vu que la théorie qui subordonne la gctnination aux saisons de Mars a été réfutée par le fait qu'on a observé des canaux doubles aux solstices martiens (l'errotin et Thollon en |.~^S('i. Stanley NN'dliams et les astronomes de l'Observatoire Lick eu IS'.i? i. Mais ce n'est pas là le seul ci'iié faible île celte hypo- thèse. t;i les canaux se dédoublaient réellemeni à mie certaine époque, ils de- vraient tout aussi bien .ce i^implifier à une autre, et comme clepuis IS77 la planète s'est présentée à nous dans toutrs ses saismis. nous aiirioiis dû assister à cette seconde pliage du phénomène. Mais il n'en a rien été. .\u commencement des oppositinns. les canaux paraissentd'abord comme des traînées larges sans limites, puis ils semblent s'amincir, pour se dédoubler ensuite et restent doubles jusqu'à la tin de rcipposilion. \'oilà des faits que l'hyfiuthèse des saisons n'explique pas. mais dont la théorie optique rentl compte par une acconunodalion de l'œil qui d'abord ne percevrait point ces détails qu'une pratique de quelques semaines finirait par décelei'. Ces résultats sont éloquents, .\insi. pour moi. ces canaux et lacs doubles n'unt pas Lars se trouve ai'rivé à un stade de d('V(doppeinent qui ne sera atteint par notre i)al- nètc que dans des centaines de millions ilannc-es. Or, on sait que, sous l'action (') Ilulh-liii (le lu Société nnti'diiDiniiiUf de FrsDice du 1" janvier 89S. lilU-NXI-U. - CANM'X I:T INliÉNIFlUS MAUTIKNS. 'ij") des intempéries, les montagnes JiiiiiiiueiK sans cesse et que, au contraire, les vallées tendent à se C(.Miibler; ou l'unçoii qu'avec le temps ce double phénomène ait eu pour co[:sc([ueucc le nivellement général de la |danéte, ce qui explique qu'aucun obstacle n'entrave le développement rectiligne dus canaux. La réponse à la deuxième question m'a été suggér('e jjar M. Holtzliey, d'Lrfurt. qui appela mon attention sur les digues de Hollande dans lesquelles je crois, on elVet, avoir trouvé l'amt de Colomb. Mon hypothèse serait la suivante : l'ar suite du nivellement de Mars, les terres de cette planète ont été exposées aux envahissements de la mer, conlre lesquels les Mnrtiens se sont proté(j('S à la faro)i des Ilollandrtis. par réi.iblisseineiit de digues. Ils ont d'abord i)rotégé leurs côtes de la sorte, puis ils ont vu (pi'il conven;iit de donner un écoulement aux eaux à travers des canaux. Ces canaux ont ainsi un triple but : ils doivent servir de dérivation pour les eaux de la mer, permettre la navigation dans tous les sens et arroser la planète ilépourvue d'eau i';. l'ar suite du grand éloigne- ment de Mars, nous ne voyons jamais que les principaux canaux; les millions de petits canaux secondaires, et les petits canaux d'irrigation qui conduisent l'eau partout et permettent la navigation sur tous les points, échappent à notre vue en raison de leur petitesse relative. Tous les canaux sont encaissés entre deux digues qui n'ont pas besoin d'avoir une gramle hauteur : quelques mètres doivent suffire pour les plus grandes, moins encore pour les petites. Le travail reste d'ailleui-s le même, que les digues soient écartées de ô mètres ou de 300 kilomètres, et la largeur des canaux s'ex- plique par suite le plus naturellement du monde. L'intensité de la pesanteur à la surface de .Mars n est d'ailleurs que 0,376 de ce qu'elle est sur la Terre; il ne faut pas non plus oublier que les canaux ne sont pas l'œuvre de milliers, mais de millions d'années, et que nous sommes tout à fait hors d'état de con- cevoir ce que peuvent être les moyens techniques dont disposent les Martiens (-). Qui pourrait dire jusqu'où ira l'espi'it humain eu matière de découvertes et d'in- ventions dans des millions d'années? L'établissement d'un réseau de canaux tel que nous l'observons sur Mars n'a donc rien d'impossible ou d'invraisemblable. Quant à la duplication des canaux, je suis convaincu qu'elle peut s'expliquer aussi d'une façon toute naturelle. La duplication n'est i)as temporaire, elle existe toujours; c'est-à-dire qu'il y a une quantité de canaux courant parallèlement l'un près de l'autre, ipii parfois donnent ensemble l'impression d'un large canal unique, mais parfois aussi apparaissent séparés. Souvent aussi un seul des canaux jumeaux est visible; pourquoi'? Pour les mêmes raisons qui font que nous ne voyons jamais tous les canaux à la fois, (') Il n'est pas a"bsohiinent nécessaire que l'eau des mers martiennes soil salée; d'ail- leurs, le fiisse-t-elle, qu'il ne serait pas impossible que l'eau salée fut une condition de vit; pour les organismes martiens comme pour nos poissons de l'Océan. L. B. (■') On peut penser que les canaux principaux ont été construits aussi b'.rges pour éviter les ilébordemeiits; de petits canaux n'auraient pas suffi pour recevoir les eaux de la mer; du reste ces grands canaux en ont une quantité de petits à alimenter. L. B. 420 I.A PLANETE MARS. ISOS mais tantôt les uns, tautilit les autres. (11 faut chercher la cause de cette particu- larité dans une propriété spéciale, qui nous est encore inconnue, de l'atmosphère de .Mars.) Ma carte (p. 331) indique une douzaine de paires de canaux jumeaux courant parallèlement, et pourtant je n'ai cru voir qu'une fois deux de ces canaux siniultauément. Les autres n'en existent pas moins comme je les ai indiqués, ainsi que l'établissent non seulement mes propres observations, mais aussi en partie celles de M. Scliiaiiarelli et de M. Lowell. Le Gange, par exemple, est un canal double que j'ai vu tel moi-même en 1S94, alnrs que cette fois je ne l'ai jamais vu qu'aussi large qu'il est indiqué sur ma carte ( les deux bras réunis me donnant l'impression d'un canal unique), et cepen- dant je l'ai vu dès le 20 mai, plusieurs mois par consi'quent avant que, d'après les idées admises jusqu'ici, dût commencer la duplicati.iu ' Il n'y a donc aucun doute à cet égard; les canaux dits « doubles » existent constamment; ce sont des canaux voisins parallèles dont nous ne voyons pas toujours simultanément les deux bras. L'idée quo la dupUcilion doit être altriliuée à une mise au point défectuense n'est pas soutenable, car ce serait admettre l'inadmissible qu'un observateur tel que Schiaparelli ne saurait pas mettre son oculaire au point. Mon hypothèse des diirues exjdique aussi d'autres particularités : à diverses reprises, on a remarqué que certaines régions i par exemple Lybia, Hesperia, Electris) apparaissaient parfois entièrement ou partiellement obscures; il est probable que cette teinte est due à la rupture des digues et à l'inondation de cer- taines parties de territoire, comme cela arrive souvent en Hollande. Les iles et presqu'îles de la mer australe et d'Erythrœum montrent rarement des ligues de cotes aussi nettes que les terres fermes; cela peut s'expliquer par la circonstance que ces territoires ne sont pas protégés par des digues et sont par suite exposés à des inondations qui couvrent des étendues de territoires tantôt plus grandes, tantôt plus petites. Le fait que beaucou]) de canaux ressemblent à de larges bras de mer peut être également expliqué par des ruptures de digues ayant pour conséquence la sub- mersion des territoires environnants. Comme le Zuiilerzée. les lacs intérieurs peuvent être attribués à de grandes caïastrophes aux iligues, qu'il n'a pas ('té possible de n-parer, de sorte que les riverains ont dû se contenter de construire des digues autnur de la partie envahie puur éviter de nouvelles inondations. Cette inondation est confirmée par les faits : le Trivium et le Propontis ont habituellement une configuration quadrangulaire ; or, cette année, le Triviinn m'est apparu circulaire, avec une telle iHendue que l'un peut admettre qu'il s'est ]jroduit une grande ru[iture de digue ameiiant une vaste submersion. Les petits lacs aux points de croisement des canaux doivent être considérés comme des élargissements voulus (grands réservoirs). La duplication présumable de certains lacs peut s'expliquer par la cii-constance que, en temps de basses eaux, les parties les plus hautes du rninl du lac i des barrages artificiels peut- être) font saillie hors de l'eau, prennent l'aspect de ponts et dounent l'apparence d'une duplication du lac. \V -II. PI(,Ki:itIN(i. - MRRS lîT CANAUX. 427 Enfin lo chanireinent d'intensitf^ do la coloi-atiou des canaux s'ox|dique aussi par riiypothc'se des ditruos. Quand l'eau d'un urand canal eoule dans les canaux secondaires, le canal principal s'appauvrit et devient, par conséquent, plus clair; il peut morne devenir assez clair pour cesser d'être vi«;ildepour nous. Il redevient visible quand les canaux secondaires sont barri's ou qu'il a reçu lui-niénie un nouvel aftlux de la mer. Quelque hostile que je sois en général aux hypothèses, je livre la mienne à la publicité, parce i[u'elle permet d'expliquer d'une façon toute naturelle et toute simple les plK'nomènes en apparence énii,'matiqiies et incompréhensibles que nous observons sur Mars. Cette explication n'est pas contredite par les observa- tions, elle n'est basée sur aucune idée inadmissible : on ne saurait lii mandiT davantage a une hypothèse. Ainsi, pour rautein-. les canaux de Mars ont éti' construits par (riialiiles ingénieurs. A cette communication, qui avait été même plus a.uressive que ne le montre l'extrait précédent, envers MM. I.nwell el William Pickering jet que nous n'avdus [las entièrement re[iroduit.' '. celui-ci a répondu, de l'Observatoire de Harvard (JoUege. dans les ternies suivants i'): J'ai pris beaucoup d'intérêt à ce que M. Brenner avait à dire en ce qui con- cerne mou hypothèse. Il expose sa manière do voir avec vigueur, on tirant le meilleur parti possible de ses oliservations. De plus, sa théorie, due aussi ;\ M. Holtzhey, que les canaux ont été endigués et non creusés me frappe par son ingéniosité. Il y a quelques faits, cependant, que M. Brenner semble ignorer, et sur lesquels je voudrais attirer l'attention. M. Brenner trouve que la teinte des mers est grise ou brune. En bSDi. vers l'époque du solstice d'été de l'hémisphère austral de Mars, M. Lowell les a trouvées d'une couleur vert bleu brillante. A mes yeux, elles n'ont jamais offert cette teinte, bien ipie nous nous soyons servis du même instrument, à la moine époque ; elles m'ont paru, la plupart du temps, d'une couleur gris neutre, carac- térisée. Cependant, en liS',)il, à l'époque de l'équinoxe de printemps de l'hémi- sphère austral, ces prétendues mers m'ont semblé d'un vert brillant, analogues à celui des jeunes feuilles du printemps. En ISDv'. à Arequipa. les premières observations ont révélé le même phénomène. Mais au fur et à mesure que la saison avançait sur la planète, le vert s'est lentement changé en un gris mono- tone, analogue à. celui que j'avais remar(pié en I'.t04 à FlagstafT. 'Vers la fin de nos observations eu 1894, la teinte grise a lentement passé au jaune, et la plupart des taches au sud de 50" de latitude australe ont disparu pour cette raison. Des (') Bullelui de la SocuHé astronomique de France du 1" avril 189'J, p. 171. 428 I.A IM.ANÈTK M Alt S. 189S obsf'i-vutious réceutes, faites peu après l'équiiioxe d'automne de l'Iiémisphère ausiral. accusent une teinte verdàtre dans les régions comprises entre 10° et 20» do latitude australe. Mais cette teinte n'est pas aussi marquée que le beau vert de la zone tempérée australe pendant les observations de 1890. En ce qui concerne le prolonyenient des canaux dans les « mers », M. Brenner semble être sous l'impression que ce pliénomèue n'a été vu que par .M. Douglass. Cette erreur est due, sans doute, en partie à M. Lowell, qui a supposé que ces canaux ont été découverts à FlagstalV. Mais, en réalité, ils ont été découverts par uiiii deux ans auparavant, à Aréquipa, où ils ont été vus aussi par M. Douglass. Au mois d'août 1892, j'avais écrit que « quelques canaux très bien développés traversent les océans ». Si ces aspects sont réellement dus à des canaux aqua- tiques et à des océans d'eau, il semblerait exister quelque contradiction ici. Ces canaux étaient étroits et nettement définis, et facilement visibles pour les deux observateurs. Si maintenant les prétendues mers sont de faibles dépressions, peut-être les lits d'anciens océans, il n'y a pas de raison pour que la séparation entre les régions fertiles et arides sur Mars ne soit pias définie avec une netteté absolue. Dans le cas des déserts de l'Amérique méridionale, la délimitation entre les vallées fertiles et les eullmes arides n'a souvent pas M mètres. 11 ne me parait pas que l'objection de M. Brenner que les prétendues « mers » sont sombres en hiver et que, par conséquent, elles ne sauraient être dues à de la végétation, ait un grand poids. Nos forêts de pins sont aussi sombres en hiver qu'en été, et l'on peut en dire autant de la plupart îles régions fertiles comprises dans des lati- tudes intertropicales. Comme nous ne savons absolument rien de la végétation sur Mars, je ne serais guère surpris si quelque astronome nous montrait un jour qu'en certaines régions elle est permanente, en d'autres, changeante avec les saisons, tandis qu'en d'autres on recueille deux ou trois moissons dans la même année. Ce serait très intéressant, mais ne rendrait pas à mon esprit l'hypothèse moins probable : au contraire, ce serait plutôt ce que j'attendrais. Laissant ici les objections de M. ISrenner, je voudrais maintenant attirer l'at- tention sur un ou deux points. Il est presque certain, et c'est, je crois, une opinion généralement acceptée, que l'atmosphère de Mars est très raréfiée. Du moment que la neige fond, même aux pi'des, il doit fairi' a.s.se; chaud à l'i'(iua- teur. Dans ces conditions, on devrait s'attendre à une vaporisation extrêmement rapide le jour, et à une condensation également rapide la nuit. En réalité, c'est :\ ce fait qu'est probablement due la circulation de l'eau sur la jilanète, ainsi que le constate la présence de neiges aux deux pôles. Maintenaid, s'il y a une grande surface liquide sur Mai's, ainsi qu'on le croyait en général jusqu'ici, pourquoi l'atmosphère du coté du jour do la planète ne se saturerait-elle pas plus souvent, fiirm;int des nuages 7 Cependant, à part au terminaleur et au linibi', /es ?H(,-i;/es soiil n.xlrêmeinent rares. De jilus, s'il y a sur .Mars une aussi grande quantité d'eau, conmienl se fait-il que la planète ne soit pas munie d'épaisses calottes polaires, comme les W-ll r(tKi:HlNG. — MF.K? F.T CANAIX. 420 nôtres? A une |iare]llc distance du Soleil, n'est-il pas surprenant que la neige disparaisse entièrement en été, tandis que la notre reste avec une telle per- sistance? Si. d'après mon hypothèse, l'eau ne s'y trouve qu'en faible quantité, et surtout distribuée [lar évaporation et par eondensation. nous aurions un climat à grands écarts de température sur la planète, avec des journées chaudes et des nuits froides. Les calottes polaires ne seraient ainsi pas reelieincut de la neige, mais de la ijeh'e blanrhe. dont la profondeur, au lieu d'être de plusieurs mètres, ne serait, eu général, que d'une fraction du milrc. Examinant enfin la question à un autre point de vue, si Mars a une atmosphère, son ciel dtdt être plus ou moins brillant dans la journée et doit, par suite, être réiiéchi par les surfaces de ses mers. Lorsque la lumière est réfléchie de la sur- face de l'eau, elle est en partie polarisée dans toutes les directions, sauf la ver- ticale. J'ai examiné plusieurs fois, à Aréquipa. la surface des prétendues « mers » avec un prisme à double image, et à Flagstaiî avec le )iolariscope Arago, qui est plus sensible. Une fois ou deux, à Aréquipa. j'ai cru trouver quelques traces de polarisation dans une partie exceptionnellement sombre de la Grande Syrte. Comme ce phénomène a été constaté juste après la fonte de la calotte polaire, il est possible qu'il y ait eu quelf(;'.es marais en cet endroit. Cependant, je n'eu ai jamais été stir, et à Flagstaff, à l'aide d'un instrument beaucoup plus sensible, je n'ai pu trouver la moindre trace de polarisation dans n'importe laquelle des prétendues « mers <>. Mais, en même temps, l;i surface bleu noir entourant la calotte polaire au moment de la plus rapide diminution L Douglass, qui était avec moi et à Aréquipa et à FlagstalL est de la mémo opinion, bien que je ne puisse pas parler avec autorité sur son compte. D'autre part, l'article de M. Brennera également reçu la réponse suivante : .',3(1 LA IM.ANKTE MARS. 1898 CCXIJI, _ 'I'h. Moheux et du I.igondés. — Les canaux de Mars (•). M. Breniier croit pouvoir écrire : " Quelque hostile que je sois en général aux liypothèses, je livre la mienuo à la jiulilieiti'. parce qu'elle permet d'expliquer (l'une façon toute naturelle et toute simple les phénomènes en apparence énig- matiques et incompréhensibles que nous observons sur Mars. Cette explication n'est pas contredite par les observations, elle n'est basée sur aucune idée inadmissible; on ne saurait en demander davantage à une hypothèse. » Discutons donc cette hypothèse. Tout d'abord, il s'agit de préciser la question et de ne pas oublier les conditions que doit réaliser l'hypothèse scientiliipie. ( iii l'a parfois comparée à une courbe qui serait astreinte il passer par certains points. Tout fait dûment constaté déteririine un nouveau point de la courbe. L'allure de celle-ci se précise donc chaque fois davantage, jusqu'au moment où elle est tracée presque complètement. L'hypothèse scientifique doit s'appuyer sur des faits certains et, si l'on emploie les analogies, ce doit toujours être dans les limites permises par l'induction. Elle deviendra ainsi un levier puissant de l'esprit humain et un moyen d'investigation de premier ordre. Mais on oulilie trop souvent ces qualités et, faute de réaliser ces conditions, bien des hypothèses n'ont pas le droit d'être introduites dans la .Science. Nous en avons une preuve dans un certain nombre de thi'ories émises poui' expliquer « l'énigme martienne » et, nous aurons le courage de le dire, l'argu- mentation de M. Brenner sur le même sujet est ties faible en bien des points. Dans le paragraphe où l'auteur vent nous résumer ce que nous savons de certain sur Mars, nous trouvons cette phrase : « Un simple regard sur ce réseau (de lignes généralement droites — les canaux — ) suffit pour reconnaître ([u'il ne lieut être le rc-sultat d'actions naturelles, mais bien d'une intervention artificielle ■>. < >r l,''i est précisément la question. Si un simph' regard suffit, n'allons ]ias plus loin : tout dans la science devient une alTaire de sentiment. Mue com|)araison va nous faire comprendre. Supposons qu'un liouune, ignorant les merveilles de la cristallisation, pénètre dans un laboratoire; où est installé un nii(M-i;scope solaire. Une goutte d'eau salée est ihqiosée sur une mince lame de verre. () stupeur! A mesure que s'écoulent les minutes, tout dans cette petite masse d'eau se met eu mouvement. Les molécules, mues par l'attraction, accourent de tous Cotés, se pn'cipitent les unes vers les autres et se groupent en cristaux multiples, véritaliles édifices d'une symétrie extraordinaire. Le pauvre liomme se demande ([iiels ressorts cachés, ([uel préparateur, disons le mot, quel compère est dissimulé derrière l'écran transparent, dessinant à mesure ces merveilleuses confignratidiis, pendant (|iie le sav;uit contemple avec un Sourire malicieux son hôte, ti'op i:.;iiorant des lois de la nalure. {' I Hullrliii i/c l:i Socirif uslrdnuiiiiijiic île Fraiiri-, avril IS99. TH. MORKIX r.T DU LUiONDÈS. — LKS CAN'AIX D K M A R >. 431 Et, i.liuis un lueiuo ordre d'idëes, le géologue, devant ces coulées basaltiques, se demaiide-t-il si une intelligence humaine a contribué à cet arrangement? Est-ce que ces prismes hexagonaux si réguliers dont les axes sont toujours perpendicu- laires aux surfaces de refroidissement manifestent autre chose que la présence d'une loi constante présidant aux phénomènes du retrait'.' Xon, encore une fois, il n'est pas permis de penser que la régularité dérive toujours de l'intervention directe d'une intelligence. M. Brenner soutient sa thèse en s'a|ipuyant sur deux arguments qui se résu- ment ainsi : !" Mars est plus âgé que la Terre ; 2° La dynamique externe a dû faire son œuvre et le niveler pres(iue complè- tement. L'hypothèse cosmogonique de Laplace a servi de base à cette opinion, fort répandue d'ailleurs. Mais cette hypothèse est .'i peu près abandonnée. Nous avons toutes les raisons, au cmitraire, de croire que Mars figure parmi les plus jeunes planètes du système solaire. Les découvertes de nouveaux astéro'i'des entre Mars et Jupiter, celle toute récente d'une petite planète circulant entre Mars et la Terre, tendent ^ prouver de [dus en plus, et cela en dehors de toute hypothèse cosmogonique, que dans cette région l'agglomération des matériaux planétaires a été entravée par des actions opposées de Jupiter et de la Terre; Mars aurait été formé des débris ayant pu échapper à ces attractions. Sa faible masse, sa position au milieu de la grande déchirure du disque planétaire, indicpient suffi- samment que la concentration de ses éléments, retardée longtemps, est de date relativement récente. D'ailleurs, s'il en était autrement, .Mars qui. pour ses dimensions, tient le milieu entre la Terre et la Lune et se rapproche de cette dernière par sa densité, serait depuis longtemps figé comme notre satellite. Ensuite, si M. Léo Brenner, qui est certes un astronome habile, voulait consi- dérer la Lune quelques instants, il verrait que ■< l'action des intempéries » n'a pas eu pour c-mséquence un nivellement général de la surface. Et quelles sont ces intempéries dont parle >L Brenner':" Tous les observateurs s'accordent à dire qu'on ne voit presque jamais de nuages sur Jlars; l'atmosphère y est au contraire d'une pureté et d'un calme remarquables. M. Léo Brenner devrait aussi nous expliquer comment, dans son hypothèse, l'eau provenant de la fonie des neiges polaires retourne au pôle sous forme de neige nouvelle, puisi[u'il n'y a jamais de nuages dans l'atmosphère mar- tienne. Quant à l'aspect régulier des canaux, il suffit d'admettre une formation lente de >L'irs favorisant une grande homogénéité. Des cassures ont pu se former sur cette planète comme il s'en est formé sur la Lune, et ces cassures ont dû se montrer d'autant plus régulières dans leur distribution que les couches suiierfi- cielles étaient plus homogènes. 432 ' -^ l'I.AM'TK MAUS. 18118 Quant :\ la i;c'iiiinatiiiu. iium qu'en ilise M. Brenner, imus cmiliiuierons à lui aUi-iliiun- un caractère optique. Nous demanderons, en terminant, de commenter sommairement une plirase tirée encore du même article : « L'idée avancée par trois observateurs que la duidi<"ation doit <''tre attribui'e à une mise au point défectueuse n'est pas soute- uable, car ce serait admettre l'inadmissible que de penser qu'un observateur tel que Schiaparelli ne saurait mettre son oculaire au point. » Si M. lirenner n'a que des objections de ce genre à opposer à la théorie du caractère optique de la gémination, il peut être sur que cette hypothèse fera son chemin. C'est sans doute une fine politique de laisser croire au public que l'habi- leté et l'autorité de M. Schiaparelli entrent en jeu dans l'affaire, mais il suffit do lire ce ([ue l'un de nous écrivait il y a (pielques mois à ce sujet pour être éditîé sur notre pensée intime : " Ce (jue nous avons vu suflit pour montrer à quel point dniventètre fréquentes les causes il'erreur dans les observatinns astrnuomiques. L'cdiservateur le plus consciencieux peut s'y laisser prendre, et je serai le dernier à faire un reproche ;Y M. Schiaparelli € disque de Mars parait généralement (en dehors des phasesl parfaitement rond. Les mesures faites à l'Observatoire Lowell montrent qu'il est aplati aux. pôles. Presque toutes les mesures précédentes donnaient une trop grande valeur à cet aplatissement et la théorie ne pouvait les admettre. La raison de cette apparente dilîérence a été trouvée après une série de mesures soigneuses des diamètres polaires et équatoriaux. L'explication qui semble s'accorder le mieux avec les faits est que sur le bord du disque il y a une frange crépusculaire qui afl'ecte inégalement les diamètres équatoriaux et polaires. Le diamètre équatorial paraît toujours trop grand et subit des variations dues aux différentes positions du Soleil: tantlis que, dans le cas du diamètre polaire, les variations sont beaucoup moindres. Les diamètres mesurés sont eu fonction de la position du Soleil. Le calcul montre que l'arc minimum du crépuscule s'élève sur Mars à 10». On sait deiiuis longtemps que cette planète possède une atmosphère, et en vérité il serait diflicile d'expliquer les changements qui ont lieu à sa surface sans l'intervention de cet élément. Cette atmosphère est décrite plus loin comme étant remarquablement libre de nuages, un nuage étant « un phénomène rare et inaccoutumé ». Ce résultat est un peu eu désaccord avec certaines observations antérieures, d'après lesquelles des nuages ou voiles atmosphériques paraissent avoir été vus masquant les configurations géographiques. Du reste, M. Lowell n'affirme pas qu'il n'existe jamais de nuages sur Mars, mais seulement que pendant toute la durée de ses obsorvatinns ils n'ont jamais effacé aucune configuration. Il admet toutefois que le disque de la planète était parfois d'un éclat inexpli- cable, et que de petits points brillants ont été observés, mais il n'a observé aucune forme de masses aériennes mobiles. Qu'il y ait des nuages dans l'atmosphère, il le déduit de certains phénomènes visibles au terminateur et observés par M. Douglass. l'endant l'oiiposition de 1894, il n'y eut pas moins de 730 irrégularités observées sur le terminateur; quelques-unes ont paru être des projections lumineuses et d'autres des obscurcissements. '• 11 est fort improbaldc qu'elles soient dues à des montagnes, lorsqu'on tient compte de tous les faits concernant la planète; il parait plus simple de les attribuer à des nuages. » ^L Lowell discute ce sujet assez longuement et finale- ment considère que ces irrégularités doivent (">tre produites par la présence de ces derniers. C'est peut-être sur ce point que M. Lowell difi'èrc le plus des autres observateurs de Mars. Ces points lumineux vus sur le terminateur 1.0 W KL t.. - MARS. 437 depuis 1890 paraissent iu(ii(iucr i;i iJivsence de montasaes sur la surface mar- tienne, de sorte que les déformations du terminateur sembleraient plus proba- blement dues à cette cause qu'à des bancs de nuages. Nous arrivons maintenant au troisième Chapitre du Livre, la question de l'eau «t des mers Toute la surface polaire blanche a été surveillée minutieusement et parait avoir entièrement disparu au cœur de l'été ('), fait qui n'avait pas encore été observé. Durant ces observations, on vit toujours une bande bleue suivant le cap lorsrju'il se retirait vers le pôle, montrant que l'eau se formait actuellement de la fonte des neiges. Les taches signalées par Oreen et Mitchell ont été vues aussi; on trouve qu'elles devaient être formées sur un sol à un niveau plus élevé que celui des environs, sortes de talus recouverts de glace qui réfléchissaient brillamment les rayons du Soleil. L'auteur a adopté un plan très simple et très ingénieux pour montrer au lecteur les aspects différents de Mars. Il a construit un globe portant tous les détails constatés à sou Observatoire, et ensuite photographié le globe de douze <:ôtés différents i -). .Ainsi le lecteur fait, pour ainsi dire, un voyage autour de la planète, chaque ligne importante étant décrite dans le texte. Le merveilleux réseau des canaux est vraiment saisissant, et la quantité de détails observés surpasse tout ce qui avait été obtenu précédemment. M. Lowell conteste l'existence des mers et nous apprend que des faits impor- tants conspirent pour jeter de grands doutes sur leur caractère aquatique. Les deux principaux sont, premièrement, que des centaines de milliers de kilomètres carrés disparaissent dans un espace de temps étonnamment court, et, deuxième- ment, que les observations du polariscope ne donnent aucune indication de polarisation. Deux questions alors se dressent ici : d'abord, que devient l'eau provenant de la fonte des neiges polaires ? Ensuite, que représentent les taches d'un ton bleu-vert qui parsèment la surface de la planète"? Ces dernières sont, d'après M. Lowell, des plaines couvertes de végétation: on a observé que leurs tons changent avec les saisons de la planète; il insinue cependant qu'autrefois elles ont été des mers, mais que la quantité d'eau a maintenant tellement diminué qu'elle ne circule plus que dans les canaux profonds. Il définit les mers martiennes comme intermédiaires en évolution entre les mers terrestres et celles de la Lune. Dans un tel état de choses, devant cette diminution et cette rareté de l'eau, « les habitants de Mars ont une raison vitale d'utiliser jusqu'à la moindre goutte toute l'eau disponible qu'ils peuvent se procurer, et paraissent y avoir réussi par de gigantesques et savantes opérations, en établissant sur une vaste échelle un prodigieux système d'irrigation ». « S'il y a des liabitants, ajoute M. I.o^\■ell, l'irrigation doit être le principal intérêt de leur existence ». Si nous portons maintenant notre attention sur les lignes connues sous le nom de canaux, il semble précisément que nous ajons sous les yeux ce qui parait être le plus parfait système d'irrigation imaginable. Ces canaux (') Voir plus haut, p. 213, notre discussion à cet égard. (,') l'oir plus haut. p. 13-. 438 LA PLANÈTE MAIiS. 1898 t'tc'ucleiil, un véritable réseau sur toute la surface de la planète et passent aussi bien -X travers les portions sombres que sur les portions claires du disque, il'uprès les observations de MM. Douglass et Schaeberlé. Ces canaux traversent les anciennes mers aussi bien que les continents; leur nombre a été doublé par les observations nouvelles. De plus, aux points où les canau.x se rencontrent, on a observé des taches qui ne sont jamais vues isolées. « Il n'y a pas de tache qui ne soit réunie au réseau des canaux, non seulement par un canal, mais par plusieurs. » Les canaux et les taches semblent croître et décroître ensemble. Ces canaux ne sont pas toujours visibles sur la surface de la planète; ils paraissent dépendre des saisons. Les observations prouvent qu'ils subissent un développement marqué, et c'est là qu'on peut chercher à trouver leur origine. Considérons ce « dévelopj)ement •• tel que l'a vu et rapporté M. Lowell. Selon lui, les canaux varient en visibilité et non en position, et leur visible développe- ment suit la fonte des neiges polaires. Ils deviennent distincts lorsque la fonte est déjà avancée, et davantage encore à mesure que les saisons progressent. Ceux qui sont les premiers visibles sont ceux du Sud, c'est-à-dire les plus proches du pôle sud. Mentionnons ici que le pôle sul était incliné vers la Terre pendant cette opposition de 1804. La haute latitude et la proximité des régions sombres sont les deux facteurs principaux pour une précoce visibilité. Les canaux qui se dirigent du Sud au Nord sont généralement visibles avant ceux qui sont tracés de l'Est à l'Ouest. Eu ce qui concerne le dédoublement des canaux, les observations de M. Lowell l'ont amené à découvrir que ce phénomène n'arrive pas subitement, comme ou le croit généralement, mais qu'il y a un mode de développement dans sa marche. « Dans le cas du Gange, dit-il. un soupeon de gémination était visible, lorsque j'y regardai pour la première fois, en aoiit.... Dans les moments de visibilité, les deux bords se montraient plus sombres que ;le milieu ; c'était un dédouble- ment en embryon, avec une bande de terre entre les deux lignes jumelles. En octobre, la gémination était beaucoup plus évidente, le terrain entre les lignes jumelles s'était éclairci. En novembre, on ne pouvait plus avoir aucun doute sur la séparation des deux lignes. » ■Voyons aussi (juelle explication l'auteur donne de l'origine et de la duplication des canaux. L'idée qu'il adopte est celle déjà suggérée par iSchiaparelli, Flamma- rion et Pickering, à savoir : di: la vnijétation. « L'eau arrivant des régions ])olaires remplit un canal, irrigue la campagne des deux cotés et arrose les terres cultivées. Nous ne distinguons pas d'ici les canaux proprement dits, mais seulement la végétation qui est due aux irrigations et qui s'étend de part et d'autre des canaux. Les lignes les |ilus sombres représentent une croissance plus avancée de la végétation, causi'e par une distribution plus abondante des eaux. A travers les grandes taches sombres, ou plaines végétales, prairies, etc., les canaux sont visibles et communiquent toujours avec ceux des régions plus claires. » Voilà pour les canaux et leur origine. I.OW F.LL. — MARS. iSil Mais comment espliiiuer leur apparente iliiplication ? M. Lowell n'eu Jonne pas encore la solution. « Ce qui se passe exactement... je ne puis prétendre le dire. Ou a supposé qu'une maturité progressive de la végétation du centre aux bords pouvait donner à une large rangée de vert rappareuec d'être double. Il y a de-i faits, cependant, qui ne s'accordent ])as avec cette explication. )> De l'extrait ci-dessus, on pont voir que M. Lowell n'a pas la prétention de tout expliquer. 11 semble toutefois probable que, si les canaux sont dus ;\ de la végé- tation, leurs duplications doivent avoir une origine analogue. Un des meilleurs exemples que nous ayons sur terre d'une grande étendue fertilisée rapidement par l'inondation d'un grand lieuve. c'est assurément la vallée du Nil. Cependant, en suivant le.s phases que la campagne subit sur les deux rives, pendant et après l'inondation, il est difficile de se rendre compte des développements observés sur Mars. Peut-être le système d'irrigation à la surface de cette planète a-t-il été poussé à un extrême degré de développement: de plus petits canaux parallèles de' chaque coté et à quelque dislance des grands ont peut-être été creusés, afin d'être remplis et éventuellement séparés du canal principal, lorsque les eaux commencent à se retirer. De cette façon, la Terre serait mieux fertilisée d'abord sur les bords du canal principal, puis plus tard sur ceux des jdus petits canaux. Un canal cuminencerait alors i)ar paraître simple; avec le temps il s'élargirait, et définitivement deviendrait double, les deux bandes les plus fertilisées étant parallèles, mais à quelque distance du canal principal. Les canaux de communication entre le canal principal et les canaux latéraux, ou plutôt la végétation le long de ces ligues, seraient invisibles à cause de leur exigu'ité. Une telle explication triomphe de la difficulté de décider pourquoi certains canaux ne se dédoublent pas. Ou peut admettre, en effet, que, dans ce cas, des canaux latéraux n'ont pas été construits, et dans cette hypothèse la gémination ne peut pas se produire. Quelle que puisse être la véritable explication, il est certain, avant que ce problème puisse être véritablement résolu, qu'il faut observer attentivement la manière dont les canaux se développent et disparaissent. Pour conclure, nous ne pouvons nous empêcher de reconnaître l'ordre logique de cet Ouvrage. L'auteur établit sur un très bon terrain l'hypothèse de la « végé- tation li. Il lui semble toutefois prématuré de déduire dès aujourd'hui des conclusions définitives, et il remet ses espérances aux prochaines oppositions. Ces observations ont beaucoup ajouté à notre connaissance des lignes énigma- tiques qui parsèment la surface de la planète, et la ,Science doit à M. Lowell une dette de reconnaissance pour l'énergie dont il a fait preuve en établissant et en conduisant l'organisation de son Observatoire. Son Ouvrage ne s'adresse pas uniquement aux astronomes de profession, mais encore à tous ceux qui s'intéressent aux observations do la planète Mars, car il est écrit sous une forme tout à fait populaire. Les figures qui l'illustrent rehaussent encore la valeur du Livre. 440 LA PLANKTK MAltS. 1898 Ce résumé Ijibliographique de M. ^^'illiam Lockyei" expose exactement les données essentielles de l'Ouvrage de M. Lowell. Remarquons sa théorie de l'utilisation île l'eau par les habitants de Mars et du gigantesque système d'irrigation constitue par les canaux. C'était l'hypothèse présentée, un pru en plaisantant, par M. Schiaparelli. ilans sa dissertation de 1895 {voir plus haut, p. 251-262). OPPOSITION DE 1898-1899. Depuis 1892, la planète s'est d'autant moins rapprochée de nous en cha- cune de ses oppositions. Celle de 1899 représente[la position la plus éloignée. Il n'est pas sans intérêt de nous rendre compte de ces diverses situations par une figure appropriée. C'est ce que l'on peut faiie à l'aide du dia- gramme ci-dessous. Kis. Îfi7. — Rc'hilions oiiln' Mar> el la Terre, de 1S88 ti 1903. OBSli KVATOIRK i)I- JUVISV. 441 Voici les principaux éléments relatifs à l'opposition de 1899 : Opposition IS janvier. Diamètre à l'opposition 14'. 8 Distance = 0,6507 ou gtigROOHO'"". Incliné du pôle boréal : latitude du centre ■ ll",(). Solstice d'hiver boréal 1" juin 1S98. , Ëquinoxe de printemps boréal 7 nov. 1898. (Voir p. '273.) Solstice d'été boréal 2i mai 1890. ' Aphélie 9 avril 189». Cll\Ll\'. — ObSERV.\TIONS F.\1TES .\ L'OBSERV.tTOIRE DE .luVISY ('). M. F[..\M.\i.^Riox, Directeur: M. .^ntoni.^di, .\stronome-adjoiut. Les observations faites à l'ûbservaloire de Juvisy se sont étendues du 8 juillet 1898 jusqu'au 30 juillet 1899. La planète s'est présentée, à partir de septembre, avec une légère incli- naison du pôle boréal ou intérieur vers nous, la latitude du centre du disque étant de -+- 12° à l'époque de l'opposition, .lu commencement des observations, cette latitude était de — 12°, de sorte que c'était le pôle sud qui était incliné vers la Terre. Le plan de l'èqualenr est passé par notre rayon visuel le 20 août. Les images ont été, en général, satisfaisantes; mais, toutes les fois que le vent soufflait de l'Est, la planète se montrait absolument dépourvue de détails. Aussi, la belle période de soirées sans nuages que nous avons eue dans la seconde moitié de février, mais qu'accompagnait le vent d'Est, a-t-elle été pratiijuement inutilisable au point de vue de l'étendue physique de notre intéressante voisine. Pour ces observations, l'objectif Bardou, de 0'",24 et 3™.Tù.ô de foyer, a été remplacé par un nouvel objectif Mailhat, de 0'°,26 d'ouverture et de 3". 810 de distance focale. Les grossissements employés ont été de 145. 224, 308, 411 et 617 diamètres, les oculaires étant du type négatif, ou de Huygens. C'est le grossissement de 308 qui nous a donné les meilleures images. Voici nos observations principales. Nous avons désigné par w la longitude du centre du disque et par-j sa latitude. 8 juillet IX'.IS, llNi'". Diamètre =.")",. 'i (-i- Lais ces apparences sont manifestement illusoires. » 22 octobre. I T'i,"]'". Diamètre = 8", .5. 10 = 123°.

0"'. Diamètre = i;î",3. m = 269". 9 =^ + I.V',(;. Très bonne image. ~ La calotte polaire iulérieure est très éclatante; elle est entourée d'une bande estompée, r[ui devient, particulièrement sombre vers 280" do longitude, non loin du lac découvert en 1896 sur la Boréosyrtis par M. Théodore Phillips. Les régions de Neitli et t'topia paraissent estompées, ce qui donne à la (irande Syrte tout à fait la forme d'un aablicr. Les contours de cette mer ne sont pas bien définis, de sorte que l'on ne saurait les tracer vers la Libye et le I^ac Mœris avec précision. Hellas est brillante au limbe austral. 10'' 40'". M = 278". La Mer du Sablier parait maintenant plus foncée. A gauche on aperçoit un estoinpage excessivement vague, qui pourrait correspondre au canal Amenthès (/i;/. -,.'08) (•). 21 décembre, 0'> I.")'". L)iamètre = 13", .5. 10 = 249". 9 = -1- 15",.">. Bmine image. — ralotte boréale très blanche. Le lac au sud des neiges est très frappant. La Mer Cimmérienne se couche à gauche, taudis que la Grande Syrte arrive par la droite, llesperia confuse, peut-être par la vision indistincte. Ilellas est blanche près du limbe. Boréosyrtis est très développée et très foncée, se continuant vaguement jusqu'à la Petite Syrte par le canal Amenthès. Lin estompage descend de la pointe de la C.rande Syrte, très foncée, jusqu'au lac de Phillips. On voit Cyclops près du terminateur 1//';/. 209). 9'' i.'i'". (■) = 257". Temps de brouillard; excellentes images. — LaG'rande Syrte est très foncée vers sa pointe inférieure; on voit bien maintenant son contour (') Toutes nos figures sont proportioiiuelles à la f^raiideur du disque : 3""" = 1'. oiiSKKVA luiiiH ni'; jl:visv. i4:H oriental ou de irauclie : la Libye est claire et ;.• L.v Mu-rU ne forme plus qu'uni- baie de la Mer du Sablier. Au sud-ouestde la Libye, la Mer Tyrrhénieniie s'éclair- cit pour former le « Luikc Pons .. de M. LowpU, jusqu'à la brillante llcllas. La Petite Syrte est peu intense. La noirceur du lac boréal est considérable. Indi- pendamraentde la Boréosyrtis. ce lac envoie un autre canal à gauche, (jui ne parait pas correspondre à Iloliconius-.Vnian. Itl'':i(r". M = eo.Sû. _ Le grand canal unissant la pointe do la Mer du Sablii>r à Fis. iD8. — 2u ilecelilbre t«l8, lu'' 10". Kr^. MJ. — H dc.:cliil.r.- I,S:)S. .1'' |.i KiL'. J7Ù. — -Jl .leoi--inbre 189S. lu' au™. F12. ■,';! — v.' .L-reiuhr.- ISJ^. Il , Dessi.vs de Mabs pris a l'Ouseuvatoike uk Jcvisï i;.N ISUS-ISOli la Boréosyrtis, qui était si évident eu 181l('>-i8'.l7 ( ' i. se voit sansdifticulté i/ij. îTih 'i-2 décembre, ll''l.j"'. Diamètre = i:'.'.."i. w = -,'7(i". o = -^ L5".4. Bonne image. — (') C'est le canal marqué 9 sur la Carte pour I.S'.lO-lS'JT de la page "^ST. 44'i LA PI.ANfCTE MAIiS. ■ ■ 1898 La calnttn polaire l)iir(^ale est très blanche. Hellas est blanchâtre au limbe supi'- rieur. i.a (irande Syrte présente la forme de Lowell, avec une Libye claire et sans le Lac Mœris. On voit éiialement Amenthès, ainsi que le canal. ll''i.'i"'. (.) = -.;77°. Très bonne définition. — La Grande Syrie est admirablement définie, et se montre plus sombre vers sa pointe inférieure. L'estonipage de la Neith Regio complète la forme du Sablier. Le lac de la Boréosyrtis est très frap- pant. On entrevoit Hhison et Amenthès, larges et vagues, puis de temps en temps un trait recourbé partant d'Amenthès pour se diriger vers l'emplacement du Lac Mœris et qui parait correspondre à Népenthès (/i^. 271 ). 8 janvier I.S'.W, 10" 0'". Diamètre = ii",6. w — 101°. o =^ i:r,3. Excellente image. — A part les neiges boréales, le disque ne montre aucun détail. De très vagues estompages, à peine perceptibles au Sud, marquent peut-être le Lac du Soleil et le Golfe de l'Aurore. 11''0"'. t.) = 115". — Un soup(;onne, à gauche, une tache ovale d'une faiblesse extrême et correspondant au Lac du Soleil. Aucune trace du Golfe Aonius. Cepen- dant, adroite, apparaît la Mer des Sirènes, assez faible, et surmontée de Phae- thontis brillante. Geraunius, bien qu'admirablement placé pour l'observation, ne se voit presque point. Un trait vague apparaît parfois dans le bas du disque, à droite : c'est probablement l'hlegetlion {jig. ■.'7'j). '.I janvier, '.)''30"'. Diamètre = 14",7. w = S'".». "'. Diamètre — 14",. ">. w = 300°. o = -h I0".0. Air agité. Les détails sont très confus. 10''30"'. (u = 3-20". Image plus calme. — On voit un lac au-dessus des estom- pages entourant la calotte boréale : c'est Colœ l'alus, réuni à la Mer du Sablier par la Nilosyrtis. Celle-ci parait peut-être jdus droite que ne l'exigerait la perspective. Le Sinus Saba^us ne présente rien d'anormal; Xisuthri Regio y est à peine visible, mai.s la baie triangulaire de l'Luphrate est très remarquable, et il en est de même de la noirceur de la liaie Fourchue. Deucalion et les terres au Sud sont enfumées, mais Hellas est blanche à gauche et l'on peut eu dire autant de Pyrriiœ Regio ou Noachis. La Mer du Sablier présente bien la forme de Lowell. Un point sombre apparaît entre Aeria et Edom; c'est le Sirbonis Palus de Schiajiarelli. On voit encore l'Iliddekel, comme une traînée confuse et très p;ile. La Libye est très brillante au lindjc occidental, ou la Mer Tijrvluhneinn' reste risihlc, Irèa fona'e, junI': .ir\ l-V. .iiô venir très faible, ou presque nul, elle nous nidi |ue que cette atmosphère est d'une raréfaction extrême. 1 1''0"'. 10 = 3-2S". — La noirceur de la Mer T\ rrhénienne jusqu'au liinhe est tou- jours frappante. De plus, de la Baie du Méridien partent trois canaux values et diffus : Gehon. Hiddekel et Sitacus de la Carte de M. Cerulli [fh/. îT'ii. 08 janvier, G''0'". Diamètre = 14". 3. e supérieur. Le Trivium Cliarontis apparaît à droite. Tilanum Sinus presqm^ au m(;'ridicu central. (') Voir aussi phis loin, p. 4J'J, lu Carte de lu i>luaéte i)endunt cette opposition. OBSKK V A llMIii: l)K .HV [SV. 447 I l'':fO'". eC"'n.le. Fig. 3SJ. — 20 février, (j' ,'0". Fig. 2,S3, — 21 février, Oi'iâ" Vues tklescopiquks ue M.\rs PRijiEi; a l'Observatoire de Juvi.sy. I"dus. large et diffus: llydaspes. le plus évident de tous; entîu .lamuua et Nilokeras, plus vagues. Les quatre derniers aboutissent au Lacus Niliacus, qui est très nettement sépare de La sombre >L'r Acidalienne par le Pont d'Achille (r!£7-282i. 7''0"'. o) = 38". — Les détails sont moins faciles qu'il y a une demi-heure. Cependant on voit un peu mieux la forme recourbée de Deucalionis Regio, séparée F., IL 29 450 lA ri.ANKTE MARS. \»99 de 'riiyiniaiiiata par la traiiiéo pnnalifonne bien coanue. Indus, Hydaspes, Janiuna et NihiUeras se voient toujours; mais Gehou a disparu, [^e Lac Niliaeus est assez foncé, la Mer Acidalienne l'est encore davantage. Le Pont d'Achille est tout aussi brillant que n'importe quelle partie « continentale » de la planète; largeur du 0 pont " estimée à "2" environ. La forme de la Mer Acidalienne est celle d'un parallélogramme, avec appendice à droite (Tana'i's). Ûii n'y voit pas Sclieria Insula (I88I-18S2), la noirceur de cette région étant sensiblement uniforme. 24 février, 0'M5"'. Diamètre = 1 1",8. (o = 42". 9 = ^- 8", G. Mauvaise image. — Aspects analogues à ceux du 20 février : Baie du Méridien sombre à gaiTche; Golfes des Perles et de l'Aurore plus pâles au centre et à droite. Hydaspes ne se voit guère, bien que Indus. Jamuna, le Gange et Nilokeras soient assez faciles. On voit encore le canal Dardanus. partant du Lac Niliaeus pour se diriger vers rOuest-Nord-Ouest. Pont d'Achille assez évident; il parait moins clair qu'il y a quatre jours, probablement par la vision indistincte. La Mer Acidalienne i-essemble à une cloche, et son intensité n'est pas bien supérieure à celle du Sinus Sabœus au limbe occidental ifig. 283). 10'' 30'". 0) = 'iT. Détails plus difficiles. — Le Golfe de l'Aurore est plus foncé que celui des Perles. Des canaux précédents on ne voit que l'Indus, le Gange et le Nilokeras, Le Lac de la Lune paraît plus foncé que le Lac Niliaeus. Achillis Pons facile. L'aspect de la Mer Acidalienne est très remarquable. H''0'". 10 = 60". — Le disque ne montre que deux estompages confus, l'un en haut, l'autre en bas, entre lesquels on croit apercevoir un triangle aux cotés à peine indiqués : .laniuna-Gange-Nilokeras {fig. 284). 25 février, 9''10"'. Diamètre = M", 7. w = 2'r'.9= -f-8",6. 'Vent d'est : très mau- vaises images. — Les détails sont d'une grande confusion. Les littoraux de Thy- miamata et Chrysé sont tout à fait indécis. Le Sinus Sabasus, le Golfe des Perles ainsi que celui de l'.Vurore se confondent entre eux et avec les terres de Mare Erythrseum. Mêmes aspects de Mare Acidalium, que l'état défavorable de l'atmo- sphère réunit au Lacus Niliaeus. Le centre du disque est traversé par l'Indus et i'Hydaspes, tandis que la .lamuna, on ne peut plus vague, arrive de droite \fig. 285). 27 février, 6''0"'. Diamètre = 11", 5. w = 320". 9 = — 8", 6. Bonne image. — La calotte polaii'e boréale est assez étendue. Hammonis Cornu est presque au centre, ou plutôt un peu à gauche, ce qui correspond exactement avec la position théo- rique de l'éiiliéméride de M. Crommelin. La Mer du Sablier présente la f(jrme qui lui a été donnée par M. Lowell en 18'.)'i, c'est-à-dire auec un léger golfo » iriiiplaceineni da iniu-ien Lac Mo'iir^. Gette mer est très sombre au Nord. La Libye parait très éclatante au limbe occidental, qui, suit par irradiation, soit par la noirceur de la Mer 'i'yrrhénienne. visible jusqu'au bord, forme une proéminence en ce point. Ilollas, recouverte de vapeurs précipitées, est blan- châtre au Sud. 11 y a une autre région insnl.-iire au nord-ouest d'IIellas, corres- pondant à ^'aonis Hegio. Le Sinus Sabaïus est très foncé, particulièrement vers ses bords, ce ([ui met en (Jvidence la visibilité do la demi- teinte Xisuthri Hegio. Deucalionis Hegio, ainsi que toutes les terres au Sud, sont estompées. La Grande OBSEUVATOIUE l)K .IIVISV. 451 Syrte rayonue deux canaux [lar sa pointe septentrionale : le canal sombre dirigé vers la Bort^osyrtis et la Xilosyrlis, cette dernière aboutissant à Coiœ Palus, pour être continuée par le premier segment du Nil (Protonilus). Les estompages de la Boréosyrtis sont évidents au sud de la calotte polaire et tout près du limbe occidental, taudis qu'un estompage isolé, situé vers O^zt de la longitude et de -+- 35°^ de latitude, parait répondre à IMrce Fnns de M. Schiaparelli. ri, t)''3U"' Vues telescopiques de M.irs prises .i l'Observatoire pe Juvi.sy. B''30'". 01 = 'ii'". — En plus des détails énumérés dans l'observation précédente, on aperçoit maintenant très bien Œnotria, séparant la Grande Syrte proprement dite de sa partie supérieure i Deltoton Sinusj, [luis un vague éclaircissement de la teinte « maritime » entre llammonis Cornu et llellas i» Solls Pons » de M. Lowelli. L'Hellespoût esi, comme toujours, très foncé. Le seul détail per- ceptible dans les demi-teintes Deucalionis Hegio et Xoachis est le détroit au sud 452 LA PLANÈTE MAKS. 189'.» de beucalioiiis Hegio, bras de mer recoiiuaissable déjà sur les dessins de W. Herschel et de Schrœter [voir t. I, p. 57, //y. iiO, n'" 16 et 17, et p. 76, fig. 45 et 46). llellas est plus blanche qu'à Tobservatioii précédente. La forme fourchue de la Baie du Méridien n'est pas très marquée, mais l'embouchure triangulaire de l'Euphrate est évidente. Nilosyrtis-Protonilus portent trois lacs : Colœ Palus, Lacus Ismenlus et Dirce Fons, dont le premier est le plus évident. Cydonia parait estompée. Les canaux l'hison et Oeliou s'entrevoient très difficilement et à de rares intervalles. 7''Û"'. (0 = 334". Magnifique image. -- On voit incomparablement mieux mainte- nant le contour des « mers ». Le littoral du Sinus Sabajus est particulièrement net, et parait blanc par contraste avec les sombres teintes avoisinantes du golfe. Gomme d'habitude, la partie la plus foncée du Détroit Merschel II est la Baie du Méridien, dont le caractère fourchu est assez évident. L'approche de la Mer Aci- dalienne assombrit le limbe droit inférieur. On voit vaguement, mais comme de simples traînées étroites, Typhonius-Oronte. Iliddekel, Gehon, Pliison, Euphrate, puis, plus visibles, Nilosyrtis et Protonilus, portant les lacs Colœ Palus, assez net, Ismenius Lacus, plutôt faible, et Dirce Fons un peu plus facile (flg. 286). '.l''50"'. w — 1G\ Très mauvaise image. — Les détailssont mélangés en un fouillis défiant tout essai de représentation. 14 mars, 6"3U"'. t>ianiètre = 10", 0. w = 189°. '■? = -(- 9", 6. — La calotte polaire se réduit lentement et progressivement. Les Mers des Sirènes et Cimmérienne sont très vagues dans le haut du tlisque ; cependant, on aperçoit encore Titanum Sinus, à gauche du méridien central ifig. 287). IG mars, 7"0"'. Diamètre = 9",!l. t» = 178°. 9 = -t- 9°,0. Bonne image. — On ne voit que la calotte polaire en bas, et les Mers des Sirènes et Cimmérienne, con- fuses en haut. 19 avril, 9''28"'. Diamètre = 7", 4. (o = 25i". ç = -h 14", 6. Assez bonne image. — La calotte polaire boréale se réduit de jdus eu plus; elle se soustend plus qu'un angle de 30" ±. La Mer Cimmérienne est à gauche ; la Grande Syrte, très confuse, arrive de droite {fig. 288). 9''.^8"\ (0 = 2iil'. — Les détails sont tout à fait confus. 27 mai, 10'' 0'". Diamètre = .")",9. m = VÔ7". o = + 20", S. Mauvaise image. — La vue est identique à la précédente, mais c'est à grand'peine si l'on arrive à soup- çonner l'existence des neiges polaires, ou de la Grande Syrte dans le coté droit du disque. 30 mai, 9" \h"\ Diamètre. = ,'i",8. tu = 217". 9 = -4- 2P',3. — Malgré l'air agité on voit assez bien la calotte polaire Nord, très réduite (2j"zh), puis la Mer Cimmé- rienne en haut, et le Trivium Charontis au centre et à gauche {fig. 289). lO'MV". (o = 228". — 11 ne reste plus que la calotte polaire do visible: encore est- elle mal définie, et presque douteuse. l" juin, 9''0"'. Diamètre =5'', 7. w = 19 i". 0= +21", 5. .\ir agité. — La calotte polaire commence à devenir douteuse. 11 y a, une tache très accentuée et très sombre au centre : Trivium Charontis. La vision -indistincte lui donne des pro- OBSERVATOIRK DE JIVISV. 453 portions colossales. En haut, un vague estompai;e indique l'emplacement des Mers des Sirènes et Cininiérienne {ftg- 290). 2 juin, 9''20"'. Diamètre = .j",7. m — 1S9". 'f,= —21",". Mauvaise iiiiaffe. - On soupçonne encore la calotte polaire Nonl. Tiiviiim Charoiilis et Mers supérieures comme hier. ■17 juin, 9''I9"'. Diamètre =5". 3. w = 44°. o = -+- 23", 7. lionne inuii,'e. — l'as do calotte polaire. Malgré l'exiguïté du dis(|ue on distinguo encore la Mer Acida- lienne et les estompages au Sud. 9 juillet, 9''20"'±;. Diamètre = 4".9. w = 189" =z. 9 = — îS^fi. — On voit que la partie supérieure du disque est grisâtre, à cause de la présence de la Mer des Sirènes \ftg. 291 ). 14 juillet. 9''27"'. Diamètre = 4",8. 10 = 143''. ç = -+- 25",8. — Même aspect que le 9. 19 avril. 30 mai. 1" juin. '.1 juillet. Fig. -288-291 . — Derniers dessins de M.vrs en 1899. ersion 23 juillet, SMS'". Diamètre =4",7. u = 55"n=. ç = + 26"d=. — La disper atmosphérique fait un spectre de Mars, rouge en haut, bleu en bas. Vague tache grise au Sud. 29 juillet, 8"8"'. Diamètre =4|. tu=347'±. 9= ^2lj°±. - Forte dispersion. Estompage au Sud. 30 juillet, 8'' 25'". Diamètre = 4 1. m = 340" ±. 9 = -i- 25" ±. — Forte dispersion. — Estompage soupçonné au Sud. On remarquera le manque de détails de nos derniers dessins, lorsque la disque de la planète était inférieur à S". Nous ne nous sommes jamais départis du prin- cipe de ne dessiner que ce que nous voyions avec une certitude absolue. Discussion sommaire des Observations. 1" Diminution d'étendue de l.\ calotte pol.^ire «ohéale. C'est le 22 octobre 1S98 que nous sommes arrivés à voir, pour la première fois à cette opposition, les neiges du pôle inférieur, l/équinoxe de printemps de l.A l'LAXETE MAKS. 18011 1 lir-iiiis|ilière nùi'il a eu lieu seize jours plus turii. Les neiges soustendaicnt au (j.'liut uu arc cousiilérable; puis, leur étendue a diminué très lentement, à cause lie la faible altitude du Soleil au-dessus du pôle nord de la planète. On pourra suivre la marche de la fonte des neiges sur le dessin ci-joint (/(';;, '.'92). ainsi que sur le Tableau suivant, où -x est l'arc nréocentrique soustendu parla calotte, w la longi- tude du centre du disque au inonieiit de l'obser- \ation, /( la hauteur du Soleil au-dessus du pijle nord de Mars, et / le nombre de jours si'qjarant l'observation du solstice d'été de l'hémisphère nord. Diites. II. 1- l.SDS 1 IS9!) 2î octob. . 00 123 — 3,^2 214 jours avant 1 1 nov. . . 65 300 + 0,7 I9i — IS — .. . 5fi "Al •2,4 187 — ■:0 déc. . . 4-2 '200 8.8 155 — ■21 - ., . !l1 ■257 0.0 154 — oo ■ '>'i : 277 9.2 153 — 8 janv. . . 'r2 !01 12.2 130 — 9 - .. . ÔO* Sj |-2,5 135 — ':5 — .. . -.0* 328 15,1 119 — ■iS - . . « •235 15,6 116 — •2 fév... ■1 45 257 16.3 111 — 'i — . . . 40 2*25 10.6 109 — Il) — .. . 41 I'.I4 17.5 93 — 17 - . . 4^2 04 18.4 96 — ■20 - .. . 48* 32 18,8 93 — •2'i - .. . 4'2 4^> 19. 'i 89 — Tù — .. . 40 24 19,5 88 — •27 ^ .. . 40 3-27 19.7 80 — 11 IM.'U^S. . 35 |S;) 21,4 71 — lô — . . .30 178 21,0 69 — l'.i avril. . 30 '203 24,3 35 — 30 mai.. . 25 ■217 ^- •25,2 6 jours après * Valeurs iirolialilemeiit ixagèrées par 1 irradiation. Ainsi, peuilaut les sept mois de sa visibilité, la calotte polaire a progressivement diminué d'étendue au point de n'avoir, à la lin dos obser- Kig. 'IIVÎ. — DimiinUiou d'i-teiulue de la calotte pnlaire bm-éali; vations, qut! le sixième de la stirface qu'elle occti- paît au début. 11 convient d ajouter ici que le bord de cette calotte s'est totijours montré (hjioitrvu d'irrégularités, forin;uit un arc de petit cercle sensiblement centré au pôle. OBSEnVATOIHK D K .lUVISY. 455 2" EsQuissi-; TOPOr,iiArnii,irE uk la planète kn 1898-1899. XOLVEAI.X CHANr.KMKNTS. (a) lU'ijion du Sinus Sabwus. w = 310" b. I.j". La pointe fourchue iK; la Haie du Méridien ne s'est pas montrée nettement pendant cette opposition. La bande du Sinus Sabœus a été d'un gris à peu près uniforme (/iy. i'ti t; les h(jnnes iniagcs du ÎT février nous permirent de voir très bien Xisuthri Retrio ifig. -ifid). La Haie triangulaire de l'Euplirate s'est montrée, comme d'Iiabilude. assez l'oiic('o. Tout le littoral d'Aéria et d'Edom était blanc par i-ontraste, sans doute, avec le ton sombre du Sinus Saba'us. Le système de canaux des régions continentales, au nord du Sinus, n'a été vu d'une manière satisfaisante que le 27 février. Le -25 janvier, nous avons pu reconnaître Sirbonis Palus ;l l'intersection des canaux Typhonius et Oronte. Ismenius Lacus était à peine indiqué; Dirce Kons un peu plus évidente. Aucune dilïérence de teinte entre Ni>achis et le fond de la Mer Erythrée : toute cette région était simplement estompée. ibl Margaritifcr Sinus. Auroru' Sinus, Marc AcidaUuni. o = l,',' à iiû". Rien de remarquable dans les Golfes des Perles et de l'Aurore, les demi-teintes qu'ils contiennent étant invisibles. Des canaux sillonnant Chrysé, l'Hydaspes nous a paru le plus large et le plus sombre, son aspect rappelant les dessins de Secchi, eu 1858 l'i. Le LaoXiliacus était très nettement séparé de la Mer Acidalienne par le Pont d'Achille. La Mer Acidalienne était encore la région la plus foncée de toute la planète, il est vrai, mais son intensité nous a paru moins accentuée qu'eu IS'.Mi, bien iiu'à celte époque nous la voyions à travers une diffusion lumi- neuse plus considérable. La forme générale était celle d'une cloche. (c) SoUs Lacus. w = fiO" à P20". — Ce lac s'est montré très pâle en 1898-189'.!. Le contour d'Aurea (.'herso était aussi très vague, de sorte que l'on ne saurait dire si cette péninsule présentait l'aspect de ISt'il à 1877 ou bien celui de 189^-1896. Mais ce qui est certain, c'est qu'Aonius Sinus était excessivement pâle, n'ofïrant guère sa pointe noire classique de 1877. vers l'embouchure du Phasis. Tithonius Lacus a été vu comme une mer intérieure sans communication avec les golfes adjacents. Le Lac de la Lune était le ]dus foncé et le mieux accusé de tous les estompages de cette région. Ceraunins n'offrait l'aspect que d'une ombre excessi- vement dilTu.se, tandis que Palus M;eotis nous a presque échappé. id] Mare Sirenuin. w = \-iO" à I8U°. — Rien de particulier en ces régions. Sous la faible altitude du Soleil, les précipitations delà vapeur d'eau i sous forme de gelée blanche très probablement i étaient très remarquables sur Phaéthontis, que nous avons trouvée icivari:ibloment blauidie cette année. Les deux Atlantis se confondaient en un point unique diffus. Le pays au nord de la Mer des Sirènes était presque complètement dépourvu (■) L;i ptaneleMary. l. I, p. 138. ',56 LA PLANETE MA US. 1899 (le détails, los canaux (le Gorgcjii, ou i)eLit-('>ti'tî '< Arduenua » de M. Lowell. Tar- tarus et < ircus venant seuls tiMjubler la monotonie de ces déserts jaunes, .\ucune trace de N"is (Jlympica. Propontis était assez difficile à bien reconnaître. (e) Mnre Citnmerium et Triviinn Charonlis. w = ISO" à '250°. — Ha Mer Cim- niérienne s'est montrée assez sombre en 1898-1899, mais n'a pas présenté de traces de gémination. La Mer Tyrrhénienne était parfois plus foncée au bord du disque ([u'au centre. Ilesperia plutôt confuse. Comme toujours, Elysium s'est montré plus clair (jue les régions avoisinantes, surtout vers le Tri\ iuiii Charontis, au point marqué B sur notre Carte. Nous ne sommes pas arrivés à distinguer la forme triangulaire du Trivium Charontis, signalée par M. Stanley Williams. Ce qu'il y a eu de curieux dans ce lac. c'était sa visibilité sur un disque de 5". 7 de diamètre angulaire. Le Styx a offert des traces de gémination le i février. Un des traits caractéristiques de cette oiiposition a été l'estompage recouvrant tout le pays au nonl d'Elysium. depuis l'Hadès jusqu'à la Boréosyrti.s, par-dessus l'hlegra, (.'ebrenia et .Etheria. Il est possible que la proximité de la surface claire d'Elysium, agissant de concert avec celle de l'éclatante calotte polaire inférieure, ait produit un effet subjectif de cet ordre. Mais si le phénomène était réel, et non un simple effet de contraste, nous aurions affaire à un changement subor- donné à la fonte des neiges polaires. (/') Syrlis Major, oj =250" à 310". — Les deux ponts (« Solis » et « Lunœ ») dessinés par M. Lowell en 1^94 ont été assez faciles à reconnaître, le dernier surtout. Il en a été de même d'fEnutria, bien visible dans la SyrtisMajor. Aucini changement notable ne s'est produit dans !a Mer du Sablier depuis 1897, où le Lac Mœris ne figurait que comme une simple liaie, avec une Libye brillante. Seulement, le canal Nilosyrtis et la grande bande unissant l'embouchuro de l'ancien Astapus à la Boréosyrtis | canal marqué H sur notre Carte de 18911-1897 (') et 16 sur la Carte ci-jointe], renfermant un espace triangulaire estompé, complé- taient la forme en sablier de la grande mer, en lui restituant sou triangle infé- rieur. IL'itons-nous d'ajouter cependant i|ue, le triangle septentrional étant incomparablement moins foncé que le méridional, cet aspect en sablier de la Grande Syrte n'était pas très frappant, surtout à un examen superficiel de cette région. Ija Nilosyrtis aboutissait nettement au Coite Palus. En IS'.IIJ, ^L Théodore-E.- U. Phillips, de Yeovil, l'un des meilleurs observateurs de l'autre ci'ité de la Manche, avait signalé la formation d'un lac considérable sur la Boréosyrtis. Nous n'avons pas pu confirmer l'existence do cet estompage h cette épo(iue. Or, le 21 (li'cembre 1896, nos observations constatent, en effet, la présence d'une vaste tache grise recouvrant toute la région connue sous le nom d'I'topia, ainsi ([u'une partie d'L'chronia : une grande étendue continentale parait s'être transformée en région « maritime ». et il est probable que la transformation a (') Li? î'i d(''ceinhre, j'(iuus à Paris, et l'observateur, M. Antoniadi, me signalait de JuviSy, sur deii.'c dessins pris à V'Mt"' et à 9''45", la présence d'un lac assez foncé situé au point X" de la Carie, pai- 270" et 5I'. OBSERVATOIRK DK JUVISï. 457 été subordonnée à la fonte des neiges polaires. En même temps, la BordosjTtis était tellement sombre, que la difFiision lumineuse atmosphérique ne l'oblitérait pas sensiblement, même dans le cas où la rotation l'amenait au bord de la planète {ftij. v'TT). 3° Les terres Qut BLANC.HrssicNr .vvec. i/oni.iQi'rrÉ des rayons solaires. Ce mystérieux phénomène a été bien observé et à plusieurs re|)rises différentes. Le Tableau suivant doiuio les principales de nos observations ayant trait à cet ordre d'apparences : Dates. Blancheur au bord. 1(^98 11 novembre... Hellas blanchâtre a\i limbe supérieur. — 18 — ... Eridania d'un blanc pâle au limbe supérieur. — 20 décembre ... Hellas blanche au limbe austral. • — 20 — . . Aeria-Edom blanchâtres au limbe oriental. — 21 — ... Hellas blanche au limbe austral. — 21 — ... Aeria-Kdom blanches au limbe oriental. — -2 — ... Hellas blanchâtre en haut. 18y9 8 janvier Phaélhonlis brillante au iiord, au-dessus de la Mer des Sirènes. — 25 — Hellas blanchâtre au bord occidental. — 1b — Libya-^thiopis très blanches au bord gauche. — 25 — Argyre et Pyrrbœ-Regio d'un blanc brillant au bord oriental supérieur. — '28 — Eridania blanche-bleuâtre au bord supérieur. — 4 lévrier Eridania-Ausonia blanchâtres dans le haut du disque. — 10 — Electris blanchâtre au limbe supérieur. — 17 — Demi-ieinle au sud de Thaumasia (ci Mist Land 1), Procter, 1888), blanche au bord supérieur. — 20 — Argyre brillante dans le haut du disque. — 27 — Hellas blanche en haut et à gauche. — 27 — Libya-.î;thiopis brillantes au bord occidental, paraissant ressortir du disque par irradiation. Quant à l'explication de ces as])ects, nous inclinons fortement vers l'hypothèse de ilathieu Williams i, '), qui y voyait des précipitations de la vapeur d'eau de l'atmosphère de Mars sous forme de gelée blanche. C'est ce qu'il y a de plus simple. Mais... c'est peut-être autre chose. 4° Transparence r>E i.'\tmosphère martienne. Le ^25 janvier 1899, nous constatâmes que la Mer Tyrrhénienne se montrait noire jusqu'au bord du disque, observation que nous avons pu confirmer plu- sieurs fois plus tard, entre autres le 27 février (uoir/î;y. 274 et 28fii. La Boréosyrtis a aussi très souvent présenté des phénomènes semblables. Mais, en nous appre- nant que le pouvoir lumineux diffusif de l'atmosphère de Mars peut devenir très (') Voir plus haut, p. 161 . 458 LA PLANÈTE MARS. 1899 faible, ou presque zéro, des observations de ce genre nous montrent cette enve- loiipe aérienne comme étant presque entièrement gazeuse, sans particules solides ou liquides en suspension. Sur Mars, le ciel doit donc paraître à peuprès noir, ce qui doit permettre aux habitants de cette planète de voir les étoiles l'u plein jour. Légende explicative de la Carte I. — Principales C IIelles]iontus. 111 —Taches BLANCHES. l'2 Letlies ou Ainen- RÉGIONS JAUNES. D Mare Tyrrbenum thes. E Syrtis Parva. a Calotte polaire bo- 13 Nepentliès. A llellas. F Mare Cimnierium. réale, limitée au 14- Boréosyrtis. lî Ausonia. G Mare Sirenum, et S. par la bande li- Heliconius? C OEiiotria. 0 Titanum Sinus. somlu'e ;t. Ifi Grand Canal de D Ueiicalionis Regio. II .\onius Sinus. ? Tacheblanciicvers IS91. E Groupe ùe tlemi- teinte.s du Mare 1- Solis Lacus. rextrémitê orirn- 17 Nilosyrtis. K Aurorœ Sinus. taie (gauche) d'E- 18 .^sclepius Erytlira?uni. L Mari-^aritifer Sinus. lysium. l'.l Phison. !'■ Tliaumasia Fœlix. M Mare Hadriacuin. Y Bordure blanche 2U Euplirates. (i Plicetontis. N Mare Acidalium. subjective du Si- 21 Typhonius. II Atlantis let ir. 0 Niliacus Lacu.s. nus Sab;eus. .^■> Orontes. I IIe.^|»eria. p- Luna? Lacus. 0 .•\rgyre,irpséclaiann-. 23 « Sitacus ». K Eridauia. Q Tithonius Lacus. •24 Hiddekel. L Libya. R Sirbonis Palus. IV. — Canaux. 2J Gehon M Elysiuni. S Iiirce Fons. 26 Protonilus. ,N- Phlegra. (»' Cebrenia. T Ismenius Lacus. 1 La-'strygon. 27 Indus. V Colœ Palus. O Ilades. 28 Hydaspes. P- .Etheria. V ' Nouveau " Lac >' 3 Orcus. 29 Jamuna. (j- Neith Regio. sur Utopia. 4 Tartarus. 30 Njlolieras. K Achilis Pyns. X Trivium Charon- C.crberus. 31 Dardanus. S 1' Luoce Pons ". tis. t) Cyclops. 32 Ganges | iioiibies Y Proponlis. 7 Styx. 33 Nilus (ntévr. 1899 II . — RÈGIO.NS IJRISEs. Z Ceraunius. 8 .Ksacus. Hyblœus. 34 Gorgon ou » Ar- duenna»,double'.''.' .A Syrtis Major. m Kunostos. 35 Callirrhoë. /; Sinus Sab.L'US. ir .lUliiops ? 3R Tanais. Xo-n. _ l'q asléris(|ue C) attache aux lettres de la Carte indique un changement probable, deux astérisques ("i un changement certain .survenu a la surface de la planète. 5° Les i:.\n'aU-\. Le nombre de ces lignes observées en 1S'.I8-I8'.I'.I à Juvisy a été de 36. La plu- part de celles-ci étaient larges et diffuses. Les plus faciles à voir ont été la grande bande île la Boréosyrtis, le Cerbère et le Styx. Le -20 janvier, nous assis- tâmes à un phénomène qui nous a donné une impression de subjectivité dans la visibilité de ces lignes, lorsque, après une longue observation des régions continentales au nord du Sinus Sabanis, oit l'on ne distinguait aucun détail, la Haie du Méridien est suliitenuuit devenue le point d'émanation de trois lignes droites (« Sitacus ., Hiddekel et (lehon). ipii n'ont dure qu'un instant et auraient pu être considérées comme illusoires. (Ju(!lques-uiis des canaux vus pai- nous m,' correspondent pas exactement eu position avec ceux des Cartes de MNL Schiaparelli et Lowcll. Ainsi, à gauche du lac de la Boréosyrtis, on voyait, vers .M)" fle latitude boréale, une large bande, dirigée vers l'Est-Sud-Est, qui. certes, n'était ]ias )Felicoiiius-.\iiiau. Ensuite, la ]iointc suivante de la Mer Ciinmérienne riait directement réunie à la Boréosyrtis 4(50 LA PLANÈTE MARS. 189'.l par une ligne qui ne paraît pas être .Ethiops, dirigé sur les Cartes de M. ricliiaparelli suivant le 240° degré de longitude. iEsacus aussi ne parait pas suivre le cours tracé par l'astronome de Milan. Par contre, le grand canal unissant la pointe de la Grande Syrte à la Boréosyrtis n'a pas présenté de chan- gement depuis l'opposition de 189G. Nous avons réuni sur la Carte ci-dessus (fig. 293) l'ensemble de nos obser- vations faites pendant cette opposition. Ces observations, réimprimées ici, ont (l'abord été puliliées au Bulklia de la Société astronomique de France. Nous avons également publié au.x Astronomische Nachricliten une comninni- cation spéciale, mais elle ferait double emploi ici. M. Léo Brenner, Directeur de l'Observatoire de Lussinpiccolo. en Istrie, écrit que la plupart des points nouveau.x signalés dans notre Carte, notam- ment le lac y*, le canal 11* et le canal 1.S', ont été découverts par lui en 1896. 11 ajoute qu'il a vu, en 1898-1899, le Lac du Soleil très net, et que le Cerbère et le Styx se sont montrés a lui plus foncés que le reste du contour de l'Elysium. CCXLV. — C'ERULLi. — Observations f.mtes a l'Observatoire DE Teramo (')• L'auteur, dont nous avons déjà exposé plus liant (p. 313-326) les impor- tantes observations de 1896, commence son intéressant Mémoire par le dilemme suivant : Deu.x hypotlièses peuvent être faites sur les taches de Mars et sur les phé- nomènes qu'elles présentent. Ou nous supposons que nous voyons les choses telles qu'elles existent sur la planète, nu nous admettons que les réalités sont inaccessibles à nos instruments et n'apercevons que des amas optiques qui diffèrent selon le degré de la vision. La première de ces interprétations peut être appelée l'hypothèse piiysique, et c'est celle que l'on adoiite généralement. La seconde, que l'on peut appeler l'hypothèse optique, a été énoncée par moi il y a deux ans et sera présentée sous une forme plus complète dans le présent écrit. Le télescope actuel appliqué à l'étude de Mars est comme un œil qui voit peu. Lorsque j'observe une tache sur Mars, j,e me demande si c'est là une formation distincte, délinie, séparée des voisines, ou s'il ne s'agit plutôt d'une sensation complexe de l'œil donnant l'impression d'une individualité apparente. Les aspects changent suivant les observations. lis ne sont donc pas réels. Nous pouvons être tout à fait de l'avis de M. Corulli lorsqu'il dit que nous ne distinguons pas bien la réalité. C'est incontestable, et nul observateur, (') Nuove ossei-vazioni di Marte (1898-1899), .S';i;/yio di una iiiti'rprelazione otticu délie scnsnziom areoscopirlie. Colhu-ania. 19(M). CEKULl.l. — OliSKHVATIONS KAITKS A Tl-HAMO. ii;l croyons-nous, n'a jamais prutondu le contraii-e. Mais entre ne pas voir exactement les choses et supposer que tout ce que l'on voit est faux et men- songer, il y a quelque différence. L'hypothèse optique est hoiine, et même fort utile, l'équatiou personnelle de cha(]ue observateur JDue un rôle consi- dérable; mais rhypolhése physique ne doit pas être éliminée. Le savant astronome italien a observé comme moi, conuiK; tous les observateurs de Mars, la variation d'étendue des calottes polaires. Qùk ce soit là un précipite chimique doul la surfaire est j)lus grande en hiver qu'en été, c'est ce dont il est assurément difficile de douter. Est-ce de la neige d'eau? Est-ce de la neige d'acide carbonique? Est-ce autre chose? Nous l'ignorons encore. Mais ce que nous n'ignorons pas, c'est sa variation réelle d'étendue, c'est la relation de cette variation avec les saisons et la température. Or, le savant astronome de CoUurania écrit que. ■< dans la théorie optique, les calottes polaires sont des amas clairs dans le genre de ceux que nous voyons à l'œil nu sur la Lune autour du cirque de Tycho 11 (p. 93). Il me semble que l'obliquité de l'illumination solaire et la perspective ne peuvent pas suffire à rendre compte des variations ofiservées, dont \p. grande majorité est en relation évidente avec les saisons. Dans la Science comme dans la politique et comme dans tous les juge- ments humains, il n'est peut-être pas prudent de poser des dilemmes et d'affirmer d'un ton absolu. Il y a quelques années, un célèbre politicien français déclarait que la Révolution était « un bloc », qu'il faut l'accepter tout entière et ne discuter aucun détail. Cette théorie du bloc a fait sourire plus d'un penseur: elle a disparu comme les modes de l'année, et récem- ment, à l'inauguration de la statue de Lavoisier, un autre républicain' (actuellement ministre de l'Instruction publique) a bien voulu reconnaître (ce dont tout le monde était convaincu depuis un siècle) que l'exécution de Lavoisier a été un crime. Il n'y a ni blanc ni noir dans la natiu-e : il n'y a que des tons et des nuances. Il y a sûrement des neiges polaires sur Mars, i]uelle (jue soit d'ailleurs leur nature chimique; il y a sûrement des variations dans les contours des taches (par exemple la rive gauche de la Mer du Sablier, la Baie du Méridien, le Lac du Soleil, etc.). Ces variations ne sont pas imaginaires. La description des phénomènes observés par M. GeruUi commence par les aspects de la « Région Erythrée ». Nous reproduisons plus loin (fiac du Soleil. Sur le planisphère, elle s'appelle Nectar, Nouveau Nectar, Deuca- lion et Africum. On voit là, de plus, cinq, si.'c et sept canaux. Argyre parut très blanche. Toute cette région était miou.x visible qu'en 18011, le pôle supérieur ou austral étant plus abaissé vers nous d'environ lu". JMi décembre, le diamètre de la planète arrivant à 13", le Sinus Sabœus présenta la forme curviligne déjà signalée par Maîdler en 1830. Sa transformation prouva que ce sont là des embryons optiques et non des taches physiquement définies. On remari|uait là trois endroits plus sombres : Aryn, bouche de l'Euphrate et lac d'Yao. Ce dernier n'a pas paru ovale comme en 1800, mais parfois circulaire et ordinairement de profil incertain. D'autres différences dans la distribution des tons ont été remarquées. I-a plus importante sensation de ce genre a été celle du 17 décembre. En un moment de pénétration extraordinaire, cette nuit, le Sinus Sabseus a paru se résoudre en une série de petites faillies cunéiformes, comme les dents d'iine scie. C'était une multiiilicatiou sporadique de l'aspect d'Aryn et du Golfe des Perles, et l'on devinait qu'il n'y avait encore là que des formes optiques transitoires et non des taches réelles. Le 7 septembre, le Phison s'est montri' plus gros que d'habitude, se raccordant avec le Sabœus, et constituant ensemble, au milieu du disque (longitude centrale étant l.iiO") un grand arc éidtémère qui ne dura que quelques minutes. Le ÎO fé- vrier (longitude du centre étant :iO0°), le .Sab.'fus. se raccordant avec le Neudro, montra également un are éphémère entre le lac d'Yao et la base d'Argyre. Ces sensations étaient manifestement produites par l'imperfection de la vue. et elles s'évanouirent par une atmosphère plus calme, (m ne pourrait en dire autant du rai-c'>ril que le planisphère montre entre le Saba^us et ITonius, Cet aspect dura toute la soirée du i mars. Le prolongement du Sabœus, d'Ammon à Hellas, doit être la manifestation initiale d'un système de taches. La Baie du Mc'ridien, près d'Edom, n'a pai'u fourchue qu'à ]iartir du II no- vembre, le diamètre (le la planète étant '.l",8. Aryn paraissait un noyau rond. Après le dédoublement, les deux cornes parurent dans le méridien, comme en 189(1. Le l."i novembre, celle de gauche prolongée montra deux pointes orientées sur riliddidiel et le Sitacus. Le 17 décembre, il y en avait trois, la troisième marquant la direction du Oehon. L'aspect d'Aryn resta toutefois avec sa forme accijutuinée de baie foiu-chue dans le méridien. Cependant, le 19 février, en le r(!Voyant après tieux mois, uni; Iransfnrination inattendue se manifesta dans ces deux cornes : elles n'étaient plus dans le méridien, mais foriuaient avec lui un (') Très certainement, cette ligne droite ii'osl pas réelle. L'œil de M, Cerulli a réuni là des aspects divers, et sa théorie est tout à l'ait applicable ici. CEKLLl.l. - OBSi;iiV.\ri(tNS lAITI-S A TKUAMO. i03 angle très sensihle. ne se dirii^eant phis vers le (lelion, niais se montrant ;ï peu près parallèles aux cornes de Mariraritifer Sinus. J'ai essayé de ti-adiiire aussi exactenieiil iine possible, Uuil en les résu- mant, les descriptions de M. CeruUi. atin ijue l'on sente bien tout le soin <[ne l'auteur a mis à analyser li>s muimlres didails de la surface de la planète et à se rendre compte de leur natur'^. Sa description se continue pour tout l'ensemble du globe martien comme pour la r6,i,'ion précédente. Cet ensemble est représenté sur le planisphère aréographique reproduit ici ■l\g. 294). L'inspection de ce planisphère montre que M. Cerulli n'est pas affranchi d'une équation pei-sonnelle, pas plus que les autres astronomes, et elle est même assez marquée. Chacun de nous a vraiment sa façon de voir, au physic^ue comme au moral, comme nous l'avons déjà si souvent répété à propos des curieux dessins de la [.une, ei ici, la Irndance de M. Cerulli est cei-tainement de voir des lignes, plus ou moins larges, etde les voir arrondies. Comparez sa Carte à toutes les autres, vous aurez absolument cette impression. Son instrument paraît excellent. C'est un équatorial de Cooke, de 15 pouces et demi, c'est-à-dire de 0'",39, armé de grossissements de 400 et .")00 diamètres. La situation atmosphérique de son observatoire paraît éga- lement excellente. En ayant scms les yeux toutes ces variétés de représenta- tions, notamment celles de M^L Schiaparellî, Lowell et Cerulli, on est vraiment porté à désespérer di' ne rien connaître de sur avant bien long- temps encore. Et les canaux'? Considérons par exemple, sur cette Carte, IcGehon, au-des- sous de la Baie du Méridien et comparons-le à celui de nos Cartes classiques {La Planète Mars. t. 1. [i. 440): c'est à ne pasle reconnaître, ni comme direc- tion ni comme aspect. Ici, il est Idanc. et le planisphère est plein de ces canaux blancs. Le 19 février, écrit l'observateur, par une bonne atmosphère, le Gehon se présentait sous la forme dune véritable et sûre géraiuation. Les deux lignes, parfaitement parallèles, se dirigeaient vers les cornes d'Aryn, mais en formant un très grand angle. Le Gehou de gauche s'arrêtait au Deuteronilns: celui de droite allait se perdre près d'.Vcidalius. On n'apercevait ni l'Hiddekel, ni le Sitaciis. Le lendemain iO, les deux Gchon parallèles se voyaient toujoiu's parfaitement. Le -,'1, spectacle merveilleux! le Gehon, qui d'abord s'était arrêté au Deuterouilus. l'avait dépassé pour aller jusque dans l'Ortygie; l'autre allait jusqu'à Calirrhoë. Entre les deux lignes, le sol était d'un blanc argenté, et parfois les deux Gehou étaient colorés en jaune d'or. Ces deux lignes jiaraissaient bien réelles, et je n'ai pu les résoudre eu points. 4.G4 I-A PLANÈTE MARS. 1809 (Vcsl là uni' observation dés plus ]ii-éoiir l'auteur. « Il lago. écrit-il, 6 il baricentro ottico dcgli scuri sparsi enini Taumasia. » Il ajoute {]u'en général il est unique, mais (ju'il rry a pas de raison pour qu'on n'en découvre pas plusieurs à lucsin'e que la vision sera plus perçante. On devra distinguer des noyau.x d'oniJu'c de plus m plus nomlireux. « Schiaparelli en avait déjà vu deux en 1890; Lowell eu a reconnu quatre en 1894; mieux on verra et plus ils seroni nombreux. » D'api'ès ces principes de la théorie optique de M. Cerulli, ce que l'un voit sur Mai's, ce que Ton dessine sur les Caries, ce sont des réunions de points mal dcliiiis (|ue notre ujil rasseinide suit eu lignes, soit en surfaces. Un grand nombre des variations signalées ne seraient dues qu'aux dilTerences do vision. Plusieurs sont assurément dans ce cas, mais non [)as toules. ConuiU'Ul douh.'r, par exenq)l('. (|ui' le (i.inge i ou les choses qui le dessin(.'nt1 n'ait pas (Me plus large le '22 août i\\\r rihdiaote, et (jue celui-ci ii'ait pas augnn.'ulé d(; largeur à la lin de sefileiiibrc V ' 4f Ç \ *;j.^ 5 -^ "\ I / \ ■î 2 ,^~ I- It; I ^ .*.<• ■*« ii^< - . t "'/ ._»(ct.5iiB:^. "^ ■) I- F., IL 30 466 LA PLANÈTE MAKS. 1899 I,a l'iraiiiic Syrte, l'crit l'aslroiiome italien, est l'amas qui jilus que les autres semble une foi-me naturelli; et rri)résente une image fuléle di/ notre Continent africain. La théorie optique ne recherche pas si cette région estime mer ou une terre. Il lui suffit d'ailmetti-e que les éléments foncés, iniliviiluellemeut invisibles, sont, à égalité de surface, plus nombreux et plus intenses que dans les contrées environnantes. Au couimencement de septembre, la C'irande Syrte présentait un maximum d'ombre à sa pointe, vers la Nilosyrtis. De là, en allant vers le haut ou vers le Sud, la couleur de cette tache se faisait plus claii'C, jus([u'à devenir presque blanche en approchant de l'IIellas. Cet aspect s'était^déjà présenté en 1896, dans des conditions semblables de perspective. Le T septembre, entre la Libye et l'Hellas, un canal clair était visible. Le '.'S février, la Grande Syrte apparut pour la première fois parfaitement bien, avec une complexiti' de choses indéchiffrables. Je touchai de la main que la i)lanète est d'autant moins facile à peindre que la vision est meilleure. La bouche de la Xilosyrtis oll'rait un maximum d'oinfti'e, mais l'appréciation devint douteuse lorsque, dans un instant de bonne transparence atmosphérique, cette bouche se résolut en trois noyaux. De chaque côté de la Mer du Sablier se montrait un lac. Celui de gauche était le Lac Mœris ('): celui de droite réunis- sait à leur jonction l'Astusape et l'Astaboras {voir la Carte). Puis, la bouche de la Nilosyrtis devint ronde et isolée, et au-dessus une raie blanche argentée la sépara du reste de l'amas. Le planisphère montre les nombreux détails observés. Le 3 mars, le Lac Mceris ttc parut })lus séparr de la drande Sijrle : la région intermédiaire était assombrie. NOUVELLES MESURES DK LONdlTUDES. o o Bouche de l'Hiddekel C5(i,".' Premier point de la Mer des Sirènes. 136,4 Bniiche du Gehon :i..S (Jolfe des Titans 174.8 Golfe des l'erles 23,0 Cerilre (hi Triviiim 201,4 Lac de la Lune 6J,6 Lac Mœris 279,4 Lac du Soleil 87.1 Lac Isnienius 332,9 .Nous ne voulons pas repi-oduire ici tout le, ^'olunle île M. r.ei'uUi, mais umis avons icnu :\ en oU'rir la siilislani'c V,n rrsuiné, l'anlenr Cdnclut de ses ojjscrvaliiuis que lions ne voyons l'ien des choses réelles ipii existent sur Mars, quelles i|u'elli^'s soient, mais seulemenl des images optiiiues [iroduiles par la rcuninn île ces choses, claires on foncées. Les variations oliservées ne seraient pas n'elles, in;iis li^ ri'siillat d'une vision plus un moins ]iéné- Irante. Sans l'avouer exprcssémenl , il est pluiot [lorli! à adniclli'i' que ce n'est pas l;i un momie \ivanl, mais plnlol un i;lidii.' ninrt, li.xi'. inallcr.al.de, dans le ^enre de l.i Lune. L'opinion contraire paraît inlininicnl plus prolialilc, loul en ailniellant (') Cotte observation est eu désaccord avec les autres (voir p. 460;. ci: H II, II. onsi:i(VM'i()\s i-\iti:s a ti-kamc). 407 Il y a dans la vie des heures char- mantes, etc. ■> nel quale ^i [larla di .Marte corne d'un' altra Terra già in parle explorata. .W)i. LA PLANÈTE ^LVRS. I89'.l Mi'iiie Cl' (]Uo uDiiP viiyoïis. iioi;s li.' voyons diirei'eniiiient. Ijomiiarer enlrc elles nos ilrux Caries, failes ;i Juvisy el à Teramo (fig. 293 el 2'.)i) : (juelles sliipelianles (lisseinl)lances ! Les observations de M. CoruUi sonl failes avec le plus gî'and soin et ont une urande valeui' intrinsèque. C'est là l'essentiel, et elles sei'viront à accroître noire connaissance de celle planète voisine, encore siènii;nialique. Travail- lons, c-omparons, discutons. Le même astronome a publié les remarques suivantes au Btill/iin de lup. 11 ne s'ensuit pas qu'il soit indis- pensable de dessiuer Mars seulement dans des conditions atmosphériques excellentes. Il est même instructif île l'observer dans les circonstances les plus diverses. Il est très intéressant, en effet, do découvrir la manière dont les amas estompés de taches, correspondant à un état médiocre de l'air, se résolvent loi'sque l'air s'améliore. Car si, l'air étant amélioré, nous apercevons encore des détails ressendjl.ant à ceux que nous avions \ us dans l'image médiocre d'aupara- vant, tout en étant plus lins et déliés, nous devons en conclure que ces détails eux-mêmes, dans un état encore plus parfait de l'atmosphère et dans un télescope plus puissant que le notre, se résoudraient en des taches si'qiarées et indépen- dantes. En septembre 189S. je vis sin'ementrLiq>hrate sur des images matinales fort médiocres: en IS'.l'.l, les images de Mars ('tant devenues magnifiques, l'Eiiphrate n'était plus visible, et l'on n'apercevait à sa place que quatre noyaux d'ombre ('■chelonnés entre remlioiicliurc de riOiqihrate dans le Sinus 8ali;eus cl la calotte boréale. J'ai donc non seidement le droit de considérer l'Luphralc connue n'étant qu'un système de taches, mais mémo de soupçonner que d'autres canaux encore peuvent être segmentés dès à présent de la mémo mainère. ('] Voir plus haut, p. i-i;j, l'observalioii du il deccnnbi-c ISSIS. ci: ni'i.i.i. — ousrKVATioNs i\rri:> \ rr.KWin. 469 Les plus lins et les plus inicressants p^irini ces caniuix ( le plus admirable pour moi a été le Geiion) sont des sensations linéaires très simples ;\ rap])arence, mais bien complexes en réalité. Décidément, ce ne sont pas des lignes physiques, mais des lignes optir[ues, c'est-à-dire des lip-iies de plus grande ombre nous ré- Fig. -290-297. — Dessins de la planéle Mars par M. CeruUi, en 1899. vêlant scluhnatiquemcnt l'existence dotons ces détails de la surface de Mars qui surpassent le pouvoir du télescope actuel. Le soir du llj mars, j'ai vu à maintes reprises le l,sestr\gon se résoudre en trois taches, nettement séparées. Elles ne semblaient pas affecter la forme cii'culaire. Le Tartare est disparu, après avoir été l'un des canaux les plus évidents de 18'.JG. Toutes ces différences d'appréciations montrent coniliien imus sommes loin encore de connaître les déiails de la géographie marlieane. Mais, quant à I'exsemble, il n'est pas douteux; et nous ne pouvons douter non plus des variations, indiquant une vitalité planétaire fort intense. ''nO LA PLANÉTK MARS. 1899 t.'C.XLVI. — UUSEIIVA'IIOXS DE M. CuMAS yOLA, A BARCELONE. Feiuiant cette opposition, les nuits sereines n'ont pas été' nombreuses, mais elles ont été parfois très belles. La valeur des images n'a pas coïnciJé avec la ti'anquillité ni avec la pureté de l'air, mais avec la plus grande humidité, phé- nomène que j'observe toujours dans nos climats. Plus élevé était l'hygromètre et plus tranquille était l'image. Les vents les plus favorables pour nous sont donc ceux du Sud et de l'Est, lesquels ont le plus soufflé dans notre région pendant cet hiver. Le 31 janvier, par exemple, jour oij l'image fut tout à fait irréprochable (on pouvait observer la région comprise entre Trivium Charontis et Syrti.s Major), nous avions sur notre Observatoire le centre d une forte dépression cyclonique; le baromètre était à TiiV"'" et un vent fort du Sud soutïlait. Si l'on ajoute à ces circonstances favorables la grande élévation de Mars, on. comprend que j'aie pu utiliser t'jute la puissance de l'équatorial Mailhat de 0"',2iî. Les grossissements employés n'ont presque jamais été inféi-ieurs à 3Û0 fois, et ont varié entre 3tl0 et4(i0, quelquefois 500, le plus souvent :i-j(i. D'autre part, avec mon 4 pouces de liardou, j'ai pu confirmer la plupart des observations faites au grand équatorial. Dans le planisphère ci joint (projection cylindrique orthogonale avec une lati- tude du centre = -+- 15°) j'ai résumé mes principales observations, qui ont commencé le 31 août 1808 et fini le -23 février iS'JO, mais qui n'ont donné des résultats etïectifs dans les détails qu'à partir de dé-cembre. Les premières obser- vations se rapportent principalement à l'extension des calottes polaires. A. Je n'ai trouvé, en général, aucune modification notable dans l'aspect de la Grande Syrté par rapport aux oppositions dernières. Son plus grand obscurcisse- ment était vers l'embouchure de la Nilosyrtis et le long des eûtes de l'Aeria et de la région d'Isis. Ce que j'ai vu de plus n itible dans cette contrée, c'est la Xilo- syrtis et un autre canal c[ui p irait avoir la même embouchure que r.\stapus^ mais qui est loin île suivre le même cours. Kn premier lieu, la Nilosyrtis a paru assez faible et je n'ai i)as |ni reconnaître la courbure ou coude si caractéristique de ce canal. J'ai souvent observé cette région pendant celte opjiosition, surtout à la fin de janvier, et je peux garantir l'exactitude du tracé qu'on voit sur ma Carte. Quant à l'autre canal, son existence et sa position sont aussi certaines. Il avait la iiK'me inlensité' ipie la Nilosyrtis. Ces deux canaux débouchent dans deux taches rondes, très foncées et li'gèroment estomiiées, qui semblent se trouver sur lioréosyrtis. Le 31 janvier, avec une vision (jblique, la Grande Syrte offrait l'aspect de ileux entonnoirs supci-po>és, un pour chaque canal, comme on le voit sur ma Carte. Si leurs traci''s n'eussent été divergents, on (n'it dit que la Nilosyrtis était double., Ce canal, par exception, était assez foncé le 23 décembre. Les deux taches de Boréosyrtis ne correspondent à aucun détail des Cartes de M. Schiaiiarelli. Les deux tadi^s coiinnes .pi'on en ]niurrait rapprocher sont -Mcyonius et Palus ('ola^, mais il faudrait rectifier leurs positions. D'ailleurs, j'ai COMAS SOI. A. — OliSRHVATIONS A 15 A UCF lOM-. 471 vu Palus Colœ admirablcTiiieiU, comme un petit point noir, cii 18%, et il se trouvait alors, comme le dessine M. Scliiaparelli, dans l'cxlromitc coudée de la Xilosyrtis. Le plus pmbable est que ces taches boréales sont variables et que tantôt le liquide de fusion des glaces polaires reoip/i/ un )).i.ssi'a ou un ,iulri\ par suite de circonstances f|ue nous ignorons. On verra dans ce n'cit d'autres cas analogues. L'Aeria, comme toujours, a été très claire; lel'liison, tr^s ilifficile et vague : il semblait plutôt la limite de la r<'gion claire de IWeria. Typlionius et Drontcs, invisibles. Frotonilus était très l'aible et estompé; faibles aussi Lacus Ismenius et Jordanis. Sinus Sablas n'a présenté aucune modification sensible. Le Pro- montoire Edom, très clair et très net. Deucalionis Kegio pou accusée, et les terres australes Hellas. laonis. N'oachis, etc , ap|)araissent près du limbe austral comme des taf-bes Idauchàtrcs et mf'lées sans doute avec des nuages. La Baie du Méridien, très foncée, comme d'habitude; l'Hiddekel et le Oehou ont été bien ■ intiM Fisr. 29; Planisphère .le la planète Mar~ en I898-I,n voyait une très faible traînée reliant la Petite Syi'te avec le lac Mceris. Dans la région d'Isis, très claire, ou pouvait constater une ombre faible le même jour (Thot?). Dans l'Ausonia sont visibles deux taches rondes très blanches avec une baie absolument noire entre elles ; c'est sans doute l'embouchure de l'Euripe. Elle était plus foncée en vision oblique. Les côtes continentales ont été très claires et les contrées intérieures, en géné- ral, jauuiàtres, teintées légèrement de rouge. Dans les régions foncées, mais pas très sombres, j'ai ]iu constater seulement une faible coloration bleuâtre. La calotte boréale a été constammeni bordée par une bande très foncée, variable, plus ou moins étroite et tout à fait noire. B. Dans toute la durée des observations, la calotte blanche boréale a été bien visible. Vers le pôle austral, j'ai vu, pendant les premières et dernières observa- lions, des régions aussi blanches, plusieurs fois, que dans l'autre calotte, surtout pendant les mois d'août, septembre et octobre 1898 et février 1899. La diminution de ces régions neigeuses ou nuageuses australes a coïncidé avec l'augmentation de la latitude boréale du centre du disque de la planète. D'après un grand nombre de dessins faits avec tout le soin possible, j'ai déduit les diamètres en arcs aréocentriques de la calotte boréale pour une série de jours. Chaque résultat est la movenne d'une à deux dizaine.s de dessins. Une cause de perturbation dans 474 LA PLANETE M AU S. IS'J'.l ces mesures se trouve dans les nappes de nuages qui se forment souvent ou peut-être constamment dans les régions polaires. J'ai observé des changements brusques de forme et détendue de la calotte qui ne semblent avoir d'autre origine que les nuages. Arc aréocentrique. 1) novembre I8'J8 36 ÎU janvier 1899 3'i 7 février 1899 23 17 février 1899 î'i D'après quelques séries d'observations de l'angle de [losition de la calotte bo- réale en des longitudes aréograjjliiques différentes, avec le cercle de position du micromètre, j'ai' trouvé que cette calotte est centrée sur le pôle. Dans les premiers jours de février surtout, cette calotte a présenté des aspects notables, dus sûrement en bonne pai'tie à des nuages. J'ai fait sur ce point quatre dessins spéciaux. Dans le premier, on voit le bord de la calotte irrégulier et plus clair iiue la partie centrale, aspect qui me rappelait beaucotq) les observations ■34 janvier. 9''. y février, 10'' 30". V \, 10 février, 6^. 10 février, 1''. Fig. 299-302. — Dessins rie la calotte boréale île Mars. de la calotte australe que je fis en 18112, époque à laquelle j'eus la chance d'as- sister à la débâcle des neiges australes, qui commença par la partie intérieure de la calotte, laissant depuis une barrière presque circulaire de glaçons disloqués et brillants; ce grand cliangement s'effectua en (|uelques jours. Le 24 janvier l.S'.i'.l ( premier dessin i on voyait de plus, dans la calotte blanche, une région plus ('datante, indiquée par un cercle dans le dessin et qui se trouvait à peu près dans la prolongation du canal gauche de la (irande Syrte. Le dessin ilii '.I février moniri' de remarquables ii'i-égularitésdans les bords de la tache polaire. Dans le troisième liessin, fait le Ui février. ;\ (i'', ou voit la calotte plus petite et bordée d'une région très sombre, puis un lilet blanc; il y avait encore une tache blanche en haut et une autre tache blanelic ruurbée dans le limbe avec une région sombre intérieure. DOLT.LASS. — OliSli K\ ATlONS A 1 1. A(iS T A Kl" . 175 l.e dei'uier dessin, lait une heure ]iiiis tani i|ue le |iréec'dunt, moiiire les varia- tions arrivées dans ce court espace de leui]is. On reniar(|uait aussi, dans le centre de la calotte, une réirion plus brillante. C. l'a phénonn_-ne des plus frappants pendant cette opposition a l'té le L'rand nombre de taches blanches que j'ai observées sur les bords et le terminateur. Hn général, les côtes et les îles ont paru très blanches sur les bords, surtntii m dedans ou auprès du terminateur, sans doute par un elTet de contraste. Les régions les plus remarquables à cet égard ont été ; Isidis Hegin. .Xmenthès, Aeria. Kdom, Chrysé, Tenipé, Icaria, Tliarsis, etc.. et b's tei-res australes. Parfjis, surtout les 9. 10 et 1 1 février, j'ai \ u le ternnnateui- borde d'un chap(det de taches blanches et de même dans le bord o|)posé, quoique fn [uoins grand nombre. Dans le centre du disque il y avait alors les rc'gionsdc Xodusdordii et Titan. Du reste, j'ai pu voir souvent, même «mi culinination. des taches blanoh:'itres entre les canaux. Prés des taches foncées ou al)outissent les deus canaux de la Grande Syrte, j'ai pu constater, le :!l janvier, eu vision oblique, quelques points brillants d'une blancheur extraordinaire. Ces observations de M. (;ouias Soin iiielleiil l'galemem eu evidiMice les différences altribualiles aux observateurs, quuiciiie le fond du canevas resle sensildeini'ut le même. Le dédonljlemenl de la [)oin|e de la Mer ilii Sablier est sùreiuenl un phénomène opliiine. La p;iliMir du Lac du Soleil s'accorde avec nos observations. CCXLVII. — DnlclI.ASS. — (JBSERV.VTIUNS E-AITES A L.'(.)HSEIt VATi llRE LOWELI., A FLAdSTAFF. .\lil/.ON.\ (M- Pendant un récent V(.)yage dans les Etats de l'Lsi. j'ai visité plusieurs Observa- toires, entre autres celui de Chamberlain à I>envei\ li ibservutoire Yerkes à Williams Bay, l'Observatoire naval de Washington. lOliservatuire Flower à Philadelphie et l'Observatoire Harvard à Candjridge, en faisant, en chacur. d'eux, des observations de ^Kars. le matin, de bonne heure. C'est k Washington que j'ai obtenu les meilleures images, lorsque Mars nous montrait la Mer du Sablier et les régions avoisinantes. Quelques-uns des canaux étaient très distincts, et plusieurs se montraient doubles, ainsi qu'on l'a observé maintes fois. En con- templant des images si belle's, il m'a seiubb/ qu'après t(.iut. notre prétention d'une atmosphère exceptionnelle à Flagstatl" pourrait ne pas être bien fondée; car nous avons été à même de distinguer nettement plusieurs canaux en un point de l'est des Etats-Unis où l'on ne saurait s'attendre à d('couvrir les détails les plus délicats des pl;uiètes. Mais, peu après mon retour à cet Observatoire, (■',, Lettre du 11 février 189'J. Société astroiionnque de France, ISW, p. ■-'(Ji. /i7r, LA PLANETE iMARS. 1899 nous avons eu, nialtri-r co temps d'hivei", une bonne nuit, et l'a-spcct de Mars s'est nioutrd tellement supérieur à la meilleure ima.Efc de Washington, que la visiliilité des détails semblait non seulement améliorée d'une maniéiY' quanti- tative, mais même avoir été d'une qualité entièrement difTérente. La planète res- sortait de son fond soml^re comme une magnifique chromolithographie, où l'on voyait une grande quantité de détails et un splendide mélange de vert doux et pâle, de gris léger, de jaune foueé et de blanc pui-. Le travail sur un objet comme celui-ci devient alors un véritable plaisir, ihi moins au point de vue artistique. L'image à Washington paraissait d'une qualité autre que celle de Flagstafif, Les couleurs n'étaient pas nettement définies et distinctes entre elles, et l'on aurait dit qu'une teinte jaunâtre recouvrait toute la planète. Il est possible que ce phénomène ait été une conséquence de l'état atmosphérique au moment de l'observation. (Je ijui est curieux cependant, c'est que M. Andersen a trouvé cette nuit mauvaise, tandis qu'à l'Observatoire Flovver, où les détails planétaires ne se voyaient |jas facilement, la nuit était meilleure. Le désaccord provient de ce que les qualités atmosphériques nécessaires pour [iermettre la visibilité des détails délicats ne sont pas les mêmes que celles qui régissent de bonnes mesures micrométriques d'étoiles doubles uu de diamètres jdanétaires et sont invariable- ment plus difficiles à obtenir. Les dessins qui accompagnent cette Note donnent l'aspect actuel de la pla- nète. Ils ont été faits à différentes reprises depuis le dernier jour de décembre, étant reproduits des originaux aussi exactement que possible. On verra que la planète est pratiquement circulaire par sou voisinage de l'opposition, qui a eu lieu le IS janvier. Toutes les observations antérieures au 9 janvier ont montré le ter- minateur uu peu plus sombre que le limbe. Mais, à la date du '.i, il [larut au moins aussi brillant que le bord, bien que sa coloration fût jaune, et non l.)lanche. J'ai rapproché cette teinte jaunâtre du terminateur du fait que les régions de la planète où le Soleil est déjà passé au méridien paraissent en général brumeuses et dépourvues de contraste ilans leurs détails. .Vinsi, par analogie avec nos propres régions équatoriales, où l'air est calme le matin, mais en mouvement violent l'après-midi, je conclus qu'il en est de même sur Mars, l'aspect brumeux étant dû à de la poussière dans l'air, et sa couleur au fait que c'est bien de la poussière et non point de l'humidité. Le blanc des régions du matin sur .Mars pnivient de l'air jikis pur île cette heure et, peut-être aussi, d'un dépôt de gelée blanche. Tous les détails de rhcmisphcr<' nord sont bien développés, et les mers du voisiiiage de la calotte polaire se montrent très sombres. Si nous comjiarons l'asiiect actuel de la planète avec les Cartes et dessins donnés dans le grand Ouvrage de Flammarion sur Mars, muis trouvons que nous voyons maiutcuiant aussi loin dans les régions boréales de la planète qu'en LSSI-ISS'J. Cependant, on distingue maintenant |ilus de canaux dans la région comprise entre les mers équatoriales et la calolte polaire nord ijui' sur les nOlMiL.VSS. — OliSliU\ .\riu.\S A II.A(iST.\Fl'. 477 de^isins de cette période. Mais la conliguratiou est bien la iiième. I, 'aspect des grands eanaux ou taches sombres près de la calotte |iolaJrc odrc plgsieurs points de resseuiblauce frappante avec les dessins de l'errotin et 'riiollini faits en ISSU, et aussi avec la t'arti.' générale de Scliiaparclli l'iablie sur ses observations de 1877 à IS8S. / «... « 31 iluccmbre IS'JS. Longit. 34-.\ 4 janvier l8Uy. Lou-i t. ■,'!«'. j janvier. Loiigit. 21)1)" 9 janvier. Lougit. 208°. 18 janvier. Lonsil. 17,i". 21 janvier. I^ojigit. 187°. Fig. ;!03-:J08. — Oliservations de .Mars. De.ssins de M. E. Douglass. Il y a eu, toutefois, d'évidents changements dune grande importance, dont le plus considérable est celui survenu dans le contour oriental ou gauche de la Mer du Sablier. Les changements dans cette région paraissent être séculaires plutôt que suboi'donnés aux saisons, et, quoique variant probablement avec la saison, il existe néanmoins une différence marquée dans l'aspect, à la même saison des diverses années. De pareilles modifications ont été observées dans cette partie de la planète depuis longtemps déjà. Flammarion a attiré l'attention sur la diffé- rence existant entre les dessins de Dawes en ISiii et ceux de Schiaparelli embrassant la période 1879 à 1888- Les oppositions de 1804 et de 187'.i étaient semblables en ce qui concerne les saisons, et l'aspect des taches aurait du être le même dans les deux cas. Schiaparelli lui-même jiarle des chauLrenients dont ce littoral a été le siège pendant sa longue série d'observatiiuis i La planètr Mur-->, p. 4:j'.i I. Il montre qu'en 1877 la Mer du Sablier était très étroite dans le sens est- ouest, à la latitude du Lac Moi-ris. De 187'.J à iss-.i la largeur avait doublé. De 18^4 à 1888 elle avait presque triplé. Mes oljservatious me permettent, en plus, d'annoncer que de ISi):2 à 1896 la largeur de cette mer était d.ecenue quatre fois plus grande qu'en 1877. Il est à remanjuer que ce phénomène se passait dans une .'iTS !.A PLAXETK MARS. 1899 oppositimi pri'sentant les niôines saisons que celles de is;7 à ixsi, lorsque la Craiidi' Syrte était à sou minimum de largeur. Pendant l'opposition actuelle de IS'.is-ISO'.i, la grande mer parait avoir/a même configuration que de 1879à 1882. Comme déduction de ces faits, nous pouvons dire qu'en général les variations de la Grande Syrie, dues aux saisons, correspondent ;i un dessèchement; en 1894 et KS'.I6, ce dessèchement est arrivé plus tard, car il y a eu, en ces années, une abondance extraordinaire d'humidité, ((ui s'est traduite par une teinte sombre persistante de la végétation. Cette hypothèse de l'abondance de l'eau aux deux dernières oppositions est confirmée par le fait qu'en 1891 les projections sur le terminateur dues à des nuages ont été extrêmement nombreuses. La Libye, qui était autrefois si remarquable par son éclat, a été encore vue cette année très brillante. J'ai observé une bande blanche, presque continue, s'étendant de la Libye, à travers la région de la Neige Atlantique de Schiapa- relli, jusqu'au nord de Nilosyrtis. En un point situé près de l'extrémité boréale de ce canal, j'ai aperçu une tache brillante, sur sou bord méridional. Le promon- toire Edom s'est montré avec sa visibilité habituelle. J'ai en plus aperçu une fois une ligne longue, très étroite et brillante, vers la limite méridionale extrême de la calotte polaire, aux longitudes de la Mer du Sablier et de la Baie du Mé- ridien. Elysiuni se présente comme dans les anciens dessins d'il y a vingt ans, c'est- à-dire entouré d'un cercle de taches sombres, résolubles cependant en canaux et oasis. \u lieu des canaux doubles du côté sud-est, j'ai eu l'impression d'un système de canaux inclinés sous des angles faibles et formant des triangles; ainsi Cerbère est apparu comme un triangle isoscèle étroit, avec son sommet pointu vers le Sud-Ouest, et il en est de même de Hadès dont la pointe est dirigée vers le Suil. Indépendamment des canaux observés sur les régions continentales, les dessins nous en montrent quelques-uns dans les parties sombres de la planète aux mêmes positions à peu près que ceux notés en 1891 et 1890. En vertu de l'éclaircissement ou du dessèchement notable de la région de la Grande Syrte, nous avons pu distinguer des détails d'un puissant intérêt, surtout dans les parties les plus sombres de la grande mer. Sans doute, l'étude de ces régions est rendue ingrate par l'inclinaison au delà de nous du pôle sud. ce qui ne nous permet de les voir que sous une obliquité considérable. Les mers plus australes que la Grande Syrte montrent dans leur système canaliforme une analogie très grande avec ce que nous avons observé pendant les deux dernières oppositions. D'autre part, les régions boréales, telles que la Mer Acidalienne, le Lac Nilia- cus, le Ceraunius, etc., se \'oient avantageusement, montrant une structure de canaux semblable à celle des taches sombres de l'IuMnisphère austral. Nous pourrions rapprocher ici de notre sujet i(ucl(iues points d'une inqiortance historique, i'^n ISG;', Lockyer et d'autres ont pris quelques dessins montrant des traînées mal délinies et sans importance dans les régions somlires. lOn 1877, Van l'jrtiiorn, se servant d'un instruincÈit il'uu peu plus de 1 pouces d'ouverture, a OUSKItVATI-ntS m-, \ \ BRITISII ASTHONOMICAI. association. 17'.) dessiné des traiiiëcs caiialiformos oiiierfreaiit de la Grande Syrtc dans la direc- tion du Sud et du Sud-(Hiest. La première de ces traînées est probablement le canal vu plus taril par \I. I"ickering-en IS',l-2, et auquel il a donné le nom générique de o Système tluvial ». C'est le -2'i juin IS',1-..' que M. l'ickering a dessiné pour la première fois un canal dans une région sombre. Los 16 et 17 du mois suivant, il revit le même canal s'étendre de la Grande Syrte vers la calotte polaire australe en envoyant des branches de part et d'auti'e, ce qui lui fit donner à cette configuration la dénomination de « Système fluvial ». Ces résultats ont été publiés dans l'automne de la même année. Du 16 juillet au 22 septembre, M. Pickeringet moi, nous avons été à même de prendre sis dessins montrant ce genre particulier de canaux. M. Schîeberle, de l'Observatoire Lick, eu a dessiné un certain nombre, en les notant comme des <■ aspects distincts » de la planète, et en appelant l'attention sur les traînées de la région sombre. Nous n'avons pas pu faire jusqu'à présent des observations d'irrégularités au terminateur pendant l'opposition actuelle. En 18'.lî, nous en avons vu un nombre considérable; en ISlii. elles étaient extrêmement nomltreuses; en 1896, il y en avait encore plusieurs, tandis qu'à présent elles seudjlent très rares. Cesprotubé- ranees sont intéressantes et importantes au point de vue de notre étude de la météorologie de la planète. A propos de ces observations, M. Lowell a publie une nouvelle Carie des résultats obtenus a son Observatoire, pendant l'opposition de 1896-1897, plus approchée et plus nette que celle publiée plus haut (p. 303), et que nous oITrons à nos lecteurs en tirage à part , ' . La iiremière a été réduite d'après une épreuve, tirage sépia, que l'auteur nous avait remise lui-même eu même temps que celles de 1898-189'J et de 1900-1901, dont il nous a été impossible de tirer ûes épi'euves satisfaisantes eu typographie. Nous -sommes d'autant plus heureux de reproduire cette nouvelle Carie, que la reproduction de la première a été très défectueuse. CCXL\'ni. — Observateurs de la Bp.itisu astronomical Associatiox. Nous avons vu que la Société astronomique de I-'rance compte une sœur laborieuse dans la British astronomical Association, fondée en 1890 « dans le but d'associer les observateurs, surtout les possesseurs d'instru- ments de moyenne puissance, et d'eu organiser le travail ». Xotre voisine d'oulre-Manche possède déjà plusieurs Gjmmissions fort actives, pu- bliant régulièrement des Mémoires sur le Soleil, la Lune, les phtnètes, (') La place chronologique de cette Carte est page 303. 480 LA l'L.WKTK M A H S. I.S'.I'.I les comiMes, les inetrorcs, etc. Os travaux soûl exécutes par un j;raud iioiiilire iroljsci'Vateurs, iiiunis (l'iiistruiiieuts excellents et peu coiileux, et disséniincs un peu sur toute la Terre. Les l'i'sultals acquis jusiju'ici sont lies plus encourageants. La direction de la Sertion pour l'observation de la [daiiéle .Mars a été contiée à M. Autoniadi, dont nous avons déjà remarqué leUapporl exposant les travaux de la (Commission pendant l'opposition do 1890- LS'JT. \'oici un ri'sumé du Rapport conci'rnant l'opposition de 1898-1899 ('). La visil)ilité des dill'ereuts détails de la surface martienne a ete classée dans l'ordre suivant a l'ijjjservatoire Lowell. pour un diamètre de 10" à 18'' de la planele ri un inslrnmeut de "24 pouces: l'ar M. Lowell. tl. Image sans contour bien défini. L Linibi' ondulant. Caps jiolaires et taches foncées reconnaissables, mais troubles. '.'. Limbe calme. Taches foncées assez bien définies. On croit par mo- ments distinguer les canaux. 3. Canaux mieux délinis. Les doubles se voient comme rubans larges. i. Canaux évidents. On devine que plusieurs sont doubles. â. Lignes des cotesabsolument nèfles. Cl. ( )asis visibles. 7. De plus pi'tils détails se manifestent. 8. Les canaux doiddes se nnuitrcnt bien séparc'S. ',). Tous les détails a]iprochent de la netteté de la gravure. 10. Image absolument calme et nette. l'ar M. Doui.LASS (-). 0. l'ianète large et confuse. 1. Limbe indéfini à 1' lires. Mers vi sibles. l'ôles blanchàires. '.;. Limbe indéfini à O'.ô près. Les ca- naux larges, tels que le Gange, .\gathoda"'mon, sont visibles. :j. La baie fourchue du .Méridien se devine. 1. La baie fciurchue e>t clistiacte. Tl. Contours du Sinus Sabœus bien distincts. G. On devine par moments le Phison et l'Euphrate. 7. Le l'hison et l'Kuphrato bien dis- tincts. S. On devine lUux par moments. '.I. haix distinct. 10. I)aix, les oasis et les autres canaux Iiarfaitement distincts. Tous b's iibservatcui's accoulnnu'is à l'étude de Mars nnuarquonuit l'iden- tité de Ces deux eclielles. (•) Piddisliful febniary 1901. (') A.-Ji. DoccL.'iss, ficiiles of seeiiuj {l'opulur A!! liioa remar- quables eu celte opposition: Xisutliri Hei,'i() s'y voyait parfois, n>ais le promon- toire d'Edom s'est montré très blanc, l'omme en l8il6-IS!',l7. !,a région au nord de la baie du Méridien, comprise entre les canaii\ lliddekel et rieiion, a paru légèrement estompée. Le lac l-;ineniiis. dont le déplacement en loiiijritude a été A. Cl février lS9b. Longitude = ôfi". Latitude = -;- 'J» i P.-H. Xempthorue) . B. 23 février isyo. Longitude = 67». Latitude = -f 11» (ïitanley Williams 1. C. 01 décembre 1898. Longitude = ISO". Latitude = - U- (T.-E -R. Phillîpsl. D. 25 janvier 1893. Longitude = 293°. Latitude = -f 11» (A. Mee i. Fig. 309-312. — Dessi.ns de M.\rs pris pesd.int i.'opposrno.N de I.S'.i'J par les .Membres de la Brilish Aslronomic;d .ls.socia(ioH. si étonnant en 1888, semble être retourné à sa po!>ilion primiliKe. car une moyenne des déterminations de position le place vers 3S")°, ce qui est sa situation normale. Il en a été de même du lac Arélhusa, observé à. Ceylau avec un téles- cope de 12 pouces de Calver. par M. Mcdeswortli. Les régions de Cydonia Dios- curia et .\rabia ont paru estompt-es. les canaux au sud formant la lisière de ces demi-ton<. K., II. . 31 84? I.A PLANETK .MAIÎS 1899 Rieu de particulier dans le golfe des Perles, dont la surface a paru iiniformé- riuhiieiit gi-ise; mais le goll'e de l'Aurore a offert plus de détails. M. Moleswortli l'a vu traverse par des canaux, tandis que .\1. Atkins va distingué certains demi- tons, correspondant au Caicusi de M. Lowell et à l'Ugygèa de M. Cerulli. M. Hall a même dessiné ce dernier avec un instrument de 4 j pouces d'ouverture seule- ment. (^)uant au lac Xiliacus, il était distinctement séparé de la mer inférieure par le pont d'Achille, h'autre pari, M. l'hiilips sendile avoir observé Siloe Fons un peu plus à l'est. La mer Acidalienne a toujours jiaru la tache la plus foncée de la planète en 18'.i.S- l.S'.i'.l. Toutefois, son intensité semble avoir été moindre qu'à l'oppositiiiU précédente. Les îles de la mer Erytlirée ont été bien reconnues; Pyrrlise Regio, Frotei Regio et Argyre étaient faciles à distinguer. Le blaiichissementde celtedernière avec l'obliquité a été tout à fait remarquable. 0 Toutes les fois qu'.\rgyre était au limbe, dit M. Phillips, elle était absolument comparable eu éclat aux neiges polaires. » Le lac df la Lunn était pi II ^fnci If à (listing lier qiio celui du S(il cil. Titlionius a été vu dédoublé par M. Molesworth, le dédoublement étant en taches rondes. Il est pos- siblequele canal d'Agathoda'mon soit constamment double, bien que cette manière de voir ne soit pas entièrement justiliée par certaines observations antérieures. Un faibledetni-ton semblait recouvrir la région de Thaumasia. Comme en 1896-1897, on n'est pas arrivé à percevoir la péninsule Dorée aussi bien que le golfe Aonius ('). Le lac du Phénix est signab^ comme uiie tache « petite et ronde, visible sans difficulté pendant toute la dui-ée des observations », par M. Molesworth. Tempe a été vue blanche jiar plusieurs observateurs, et il est intéressant de rapprocher cette observation des dessins antérieurs de Kaiser et de Schiaparelli (t. I, p. 181, pq. 118, et p. ."lil, ftij. -fi3). Mœotis Palus est un marais très pâle. Enfin, Ogygis Uegiii a été vue unie au promontoire des Arômes par un ligament clair. Au sud de Thaumasia, il paraît exister une terre vague, à laquelle le nom de Dia a été donné. Les mers des Sirènes et Ciiiunérienne n'ont rien offert de frappauten 1898-1899, et, comme d'habitude, les terres au sud de ces taches, Phaethontis, Electris et Erldania, semblaient être très blanches près du limbe. Le Nœud Gordien s'est présenté comme un estonipage des plus \'agues. MM. Molesworth et Phillips sont ai'rivés à bien distinguer les lacs parsemant le canal Eumenides-Urcus. Propontis était simple, non double à cette opposition. llesporia s'est montrée légèrement > stompée. La mei' Tyrrhénicnne a présenté ('! !>(■ r,'i|i[MjrliMir f.iil ioiiiar(|iier les aiitii-siiggestinns l'rèquentos des oliservateurs de Mars, en signalant iiuu M. Lt'O BreiunT a dessim-, en lS!)'i, la poiiinsnle Dori'c, et le golfe Aonius. tris que ces yspects ont et.- ri'|irêsenirs siu- les (lartes de M. Schiaparelli, ot cela k une i-poqiir où ils étaienl invisibles. " Liîs planètes, dit railleur, ne doivent pas être dessinées telles ipi'elles devraient tnre, mais telles qu'elles sont. » Nous nous rangeons vulouticrs à cette remarque. Mais nous avons constaté plus haut, à propos du lac M(i:ns, ooiriliiin il est oiflicile d'être affinnatif, l'un voyant ce que l'autre ne voit pas. (le ipi'il y a de pins sur, comiiie variation, pcndaiil celte op|iositioii, c'est l'af- l'aililisseiiii;iil du lac du Soleil et rassoiuhrisseuicnl du lac de la I-une. OBSI-HVATI-rUS l)K LA liUlTISll ASTHONOMICAL ASSOCIATION. 483 son aspect liabitiicl. Un dos traits cara('térisli([ues de cette opposition de Mars a été la grande l)laneiienr d'Klysiuni. Comme en I8".K)-18'.I7. l'extrémité précédente ou occiilentale de cette immense surface polygonale était excessivement blanche ; mais les observations do la Commission tendraient à prouver que cette blan.iiour a été variable. Parmi les observations les plus curieuses, si- gnalons celle de M. Stanley Williams sur le Tri- vium Charontis. 11 n'a pas paru double, mais semblait avoir une forme triangulaire, avec inté- rieur plus clair, coumie s'il eût été com|)osé de plusieurs canaux enlacés. Hepha>stus ne parart pas avoii- eu l'intensitf' que l'on remarque sur les dessins de M. Schiapa- relli. Les terres de l'blegra, Cebrcnia et .i;theria étaient toutes estompées. Les deux Ponls do M. Lowell, réunissant Libya et llammouis t'ornu respec- tivement à Hellas, étaient vaguement indiqués. 11 en a été de même des demi-tons lapygia et Œnotria. Les observateurs ne sont pas d'accord sur la forme de la Grande Syrte. dont la pointe inférieure a été vue émoussée, par >L Molesworth, et très effilée, par les autres observateurs. Une traînée grise canaliforme, corres- ■:-■?'•■ 'ysiuc» Cyclcfs Fis. :î13.— Le Tnviimi Chaioutis en mars 18y9. Dessin de M. Stanley William, Fiff. 314. — La mer du Sablier en novembre IS'.iS. Dessin de M. Molesworth pondant au Dosaron de M. Lowell. a été vue traversant l'éieudue grise de la mer du Sablier, par MM. Attkins et Molesworth. M. Fliillips a répété son obser- vation de 1896-189" relativement au pont séparant la Grande Syrte du Nilosyrtis. Le lac Mœris a été vu comme un simple golfe de la mer du Sablier; en même temps, la Libye n'était pas estompée, mais brillante. Colœ Palus a été bien m I.A PLANETE MAUS. 189'.l observé. KiiMn les régions do Neith et l'topia étaient recouvertes d'un estompage des plus faibles. M. Mok'swortli a pu redécouvrir, le '.) novembre 18'.I8, la célèbre Neige Atlan- tiiinc observée par M. Sehiaparelli, à Milan, de 1877 à I88"2, et disparue depuis. Fig. :îl5 — La mer liu .Sablier eu janvier 18'.I9 Dessin île M. Philips. Cette petite taclie blanche est intermittente. C'est, sans doute, une montagne, rarement couverte de neig;-\ La décroissance de la neige polaire boréale est ensuite discutée longuement dans ce Rapport. .\u moaisn' du solstice d'été boréal, le; neiges sous-tendaient encore un arc de i'y. M. Molesworth croit avoir vu cette calotte recouverte de nuages en 18'.I8. Le contour du cap n'était pis régulier, mais échancré sur plus d'un point. ()ii a vu, en tout, ll'.l canaux: on 18,iS-l8'r,i, dont 8'i appartenant aux Cartes de ^L Si'l;iaparTIUiN( iMH AI. ASSOCIATION. 48:. M. Kempthorne ;i constaté que. lo plus .souvent, les canaux lui apparaissaient comme formant le liord de demi-tons. On a découvert t-galement dU nouveaux lacs. M. Molesworth a observé des projections sur le termiuateur, surtout dans Baltia. le 1.") août !.S'J8. I.c même observateur relate que les mers, qui étaient très pâles en août I8'.)8, n'ont commencé à s'assombrir qu'en septembre ([11 io\irs après le solstice et 48 jours avant Ti-quinoxe). « Cette pâleur des mers, dit l'obser- vateur de Ceylan, n'était pas due à des nuages..., c'était un changement dans les mers elles-mêmes. » Ce Rapport se termine par les considérations suivantes : 1° Nous ne saurions préciser l'âge de Mars. Si la planète était jeune et sa sur- face encore chaude, il n'y aurait pas de condensations aux pôles, tandis que d'un autre côté, l'observation ne fait pas précisément un glacier de Mars. i" L'atmosphère est beaucoup plus transparente qu'on ne le croit d'habitude, permettant, quelquefois, aux taches d'être visibles avec toute leur intensité jusqu'au limbe. 11 est probable que sa densité est aussi très faible. On ne saurait affirmer qu'il flotte des nuages dans un pareil milieu. Mais des condensations superficielles i comme de la gelée blanche) sont hautement probables. 3° En admettant la théorie de M. Johnstone Sioney, sur l'absence de vapeur d'eau à la surface de Mars, on arrive à la conclusion que la température moyenne de la planète serait basse, et cela conformément aux exigences de la loi du carré delà distance. Mais si, au contraire, les calottes polaires représentent de la neige ordinaire, la température moyenne ne semblerait pas bien éloignée du zéro centigrade. Toutefois, flans ce cas, l'atmosphère de Mars devrait contenu- quelque gaz, bien diathermane à la chaleur lumineuse du Soleil, mais fortement ather- mane pour la chaleur sombre réfléchie de la surface. C'est dans ce cas seulement que la planète pourrait être habitée par des êtres analogues à ceux qui peuplent la Terre. 4" Étant donné que le contraste doit nécessairement accroître l'éclat des régions approchant le limbe (ce qui, sur Mars, se traduit par un changement de couleur de l'ocre au blanc i, le phénomène des terres qui blanchissent avec l'obliquité doit être, eu partie du moins, subjectif. S'il était essentiellement objectif, nous aurions alors la preuve, pour ainsi dire, que les rayons solaires subissent une absorption considérable dans l'atmosphère marlienne, du moment que, sous une épaisseur atmosphérique croissante, la chaleur du Soleil est beaucoup trop atténuée pour empêcher la condensation. ,-j° Nous savons aujourd'hui qu'un nombre considérable de canaux forment les limites de faibles demi-tons. Le fait est significatif, bien qu'il soit dangereux, à présent, de généraliser sur ce point et de considérer tous les canaux comme des bords d'estompages. fi" Indépendamment des changements affectant les calottes neigeuses, l'évi- dence en faveur de l'objectivité des changements observés sur Mars est très 4Si; LA PLANÈTE MAHS. 1899 f,'i'aiu]e. Pour n'en citer qu'un cas, remarquons qu'en I883-LSS4 la Boréosyrtis a litïert l'aspect d'une hnndf (Hroite entourée d'une surface brillante. Or. pendant ro|iposition analogue de l.X'.KS-ISll'.l, une iinnicnse quantité de miitière sombre rnc.nivrait au mointi dix fois la siu-l'a'-e occupée par la bande de l88:-!-l88i. De pareille.s divergences semblent bien en dehors des erreurs d'observation. lOt si des changements sur une échelle aussi gigantesque se produisent en un point donné de la planète, ils sont à même d'affecter, sous une l'orme plus ou mcdiis atténuée, toute autre partie du sol martien. 7" Enfin, les phénomènes observés sui' les « mers » nous b>nt vdir que celles-ci ne sont probablement pas des mers, car la variabilité en contours et eu intensité n'est pas la caracté'ristique îles surfaces liquides. CC.XLl.X.— .1. idiservceet étudiée avec soin le "24 janvier, vers 9'';iÛ"'. sur le Irruiinateur, aussi évitlente iju'un satellite de .lupiter lorsijn'il se irouv(_' en contact avec le bord de la planète. Sou diamètre était d'environ 0'',-"), et l'angle de ]iosition, coiiipli' du cenire du cap polaire nord, rtail d'environ \M", c'est-à-dire (lu'elle si^ trouvait dans le (]uadrant sud suivaid,, vei's le pôle sud. Elle resta visilile jiendant une heure environ. Cette nuit du "Jt janvier a (M.i; la meilbnire de luules comun' deliiiilion. Il est probable que ces projcclions oui olii plus l'ri'qui'ules, mais (dVaceiiS clans l'imprci'is du lerminalenr. {• ) M'jiillilij Molice!', mai 181)!), p. 493. OBSERVATEIUS l)l- I.A SOCIKTii ASTHoNOMinil- DK I liANCK. iS7 COL. — Oi!Si;iiv\Ti;rns DK i.a Sociktk astronomuiii-: de Fkance. MM. iJiii'iiissi.'L liiiilanx. LiluM'l (Uil lail iiiH' si''rii' d'olisorval imis (|ui Concordent l.iirn avn- 1rs in-iTrdi'uios. Le "2 février ISII'J, M. Qii Cette observation se trouve en tous points ccinforuie à celles qui ont l'té faites simultanément h Juvi.sy. '> Le b janvier LSII'.I, l'image étaut encore e.Kcellente, j'ai observé la r('gion située vers le méridien 100'. Les régions (lolaires boréales étaient, n.atiu'elle- ment, les plus facilement visibles, mais avec un certain aspect confus et grisâtre qu'il faut attribuer à la grande quantité île canau.x qm sillonnent cette région. ■' C'est le Tanaïs qui limite la calotte polaire, qui parait s retendre sur Xerigos. » Le Ceraunius monte au milieu du tlisque et les estompages qui le coupent paraissent répondre à Phlegeton, Dardauus-.\cheron, avec un lac à leur rencontre. De ce lac part, vers Tana'is, un estompage gris qui, se reliant confusément avec la base de Ceraunius, change l'aspect de cette région, faisant ainsi une sorte de mer de ce grand golfi'. » AL Libert remarque, de son côté, que l'Ilellas se voy.-iif fort biiMi et que sa couleur était sensiblement moins rouge que celle du reste île la planète. » La Libye était particulièrement jaune; c'était la jiartie la plus rouge du disque de la planète. » La Grande Syrte ou mt-r du Sablier était très foncée, surtout dans sa jiartie centrale. Elle semblait avoir encore augmenté d'étendue. Le Xilosyrtis. bien visible, m'a semblé rejoindre le Colne l'alus presque invisilde; .\eria ou conti- nent Copernic était très foncé; c'était une des parties sombres de la ]ilaiu'-'te. Le Sinus Sabai-us. ou golfe Kaiser, avait sou aspect ordinaire; l,-i baie du Méridien était netteinent fourchue; la région de Deucaliou était très nettement délimitée. » Nous avons aperçu une seule fois le lac ilu Soleil. Quant au Trivium Charontis, je l'ai plusieurs fois reconnu; son centre avait la forme d'une tache très noire. » 488 LA PLANÈTE MARS. 1890 CCLI. — FaUTH. — (OBSERVATIONS TAITES EN IS'J'JI'). M. Pli. Faulh adresse, de son observatoire de Landsluhl, le résumé de ses études sur la planète. Mes observations pendant l'opposition de 1898-1899 ont été>urbordoances aux pliotographies lunaires que j'avais entreprises, et j'ai dû choisir, d'autre part, les heures où la planète avait une position favorable. Il y eut 17 recherches fructueuses entre le -23 février et le 28 mars, avec un objectif Pauly de 7 pouces, presque toujours avec un agrandissement de -233. Pour ue subir aucune influence, je pris soin de ne pas consulter la Carte de Mars avant les observations et d'ignorer les Ephëmérides. Malgré ces circonstances difficiles, je soumets ci-joint deux dessins sur lesquels il m'a été possible d'identifier les détails avec les aspects de la Carte de Brenner de I89l>-1897 | publiée p. 331). "Voici les aspects qui paraissent différer des dessins de cette Carte, et qui pourront faire l'objet de comparaisons ultérieures. (Les chiffres entre parenthèses indiquent les numéros dp la Cart<' de Brenner.) 1. Le 23 et 1p 2.1 février, on remarqua sui le terminateur un aplatissement très distinct. Peut-être occupait-il la place du Sinus Aurorœ. entre les plaines claires d'Argyre et de Chrysé, et s'explique-t-il simplement par des causes aréogra- phiques et physiques. 2. D'une clarté spéciale brillèrent : le 23 février, Hollas et Argyre ; le 2ii février, Libye et Hellas; le 28 février, Hellas: le h mars, Thylé II; le 13 mars, la région d'est de Ceraunius, arrondie; le l.î mars, de nouveau ces derniers, mais en forme conique jusqu'au Lacus Fucinus; de plus Elysium, arrondi; le 16 mars, peut-être 'l'barsis; les 2."> et 28 mars, Argyre et 'o fé- vrier, où Géhon (66) se voit, mais fort p.àle; le '2.') février, il en est apparu quelque indice; le -^B février, il fut distinct et foncé. 10. Cerberus (3ti), qui a été vu les 5 et IJ mars avec certitude, ne l'a été le r> mars que faiblement et d'une manière incertaine. H. Nilokeras ( I Ui manqua le i.i mars, tandis que Jamuna (7'.)-80i était visible. 12. Tithonius I.acus (!8;M n'a pas été remarqué. 13. Il arriva plusieurs fois que Je pris des parties de deux canaux pour un seul, telles que les 2i;, 27 et 28 février Fliison et T}-phon. le 23 février Hydraotes et Zaratliustra, le 28 février .\sclepius et Astapus. le 2ô mars .\sclepins et Athyr, qui semblaient être reliés en forme de courbe. Le 23 février, m'apjiarut un canal qui commençait au Sinus Sabaeus et s'étendait en courbe vers la pointe Aéria, vers Japygia. Ce canal est peut-être nouveau. 14. Egalement nouveau serait un canal qui reliait. le 28 février, les embou- chures de Phison et ,\stusapes. l.T. Il se pourrait que, le 2.7 mars, un canal dans la direction de 3.-1» de longitude aurait été parallèle avec Hydaspes (77). 16. Cantabras f33"l. qui jusqu'à présent n'a été mentionné que par Brenner et t'erulli. a été distinctement visible le 23 février. Toutes ces remarques nous donnent l'impression de rarlalinns impor- tantes arrivant à la surface de la planète. 100 LA TLA N ETE MAKS. 1899 COI. II. — William H. Pk.kerixi;. — ■MétéoroloitIE martienne, d'après les PHOTO(iRAPHIES. M. William II. Pickering a publié en 1903, au Tome LUI des Annales de l'Observatoire de Harvard Collège, un Mémoire sur les caraclères de la Météo- rologie martienne, qui peuvent être conclus des photographies de la planète prises à Cambridge en 1888 et au Mont Wilson en 181)0, à l'aide du télescope Boyden, de 13 pouces (nous en avons déjà parlé au Tome I, p. 464). Tout d'abord, l'auhMir a pris soin de représenter la forme du disque martien avant et après l'opposition, par la figure ci-dessons, dans laquelle les lettres S en haut et N en bas indiquent res[)ectivement le Sud et le Nord, la lettre P à gauche, le côté précédant et S à droite, le coté suivant. Rappelons que le côté précédant indiijue l'Ouest, dans le sens astronomique, et l'Est, dans le sens géograiihiiiue terrestre. La tète de tlèclie tracée au centre de la figure du milieu indique la direction delà rotation de la planète, et les trois nombres 90", 0° et 270", la direction dans laquelle les méridiens sont comptés. Avant l'oiipositiem, nous voyons le terminatciir du coucher du Soleil, et après celui du lever. Ces esquisses peuvent s'ajouler comme coni- plémi'ut à nos ligures 056, 257 et 258 du Tome 1. Dans les premières photographies, faites au printemps de l'aïuiéc 1S88, les régions polaires de Mars ne manifestent aucune trace de blancheur, quoique des nuages soient visibles dans les régions ëquatoriales. Le pôle nord de la planète était alors toin-nè vers nous. Des nuages se montrèrent au pijle nord, à une date de la saison martienne correspondant au JT juillet terrestre, l'étendue couverte mesurait environ IJOO miles en diamètre. L'auteur signale un grand nombre de cas de nuages étendus dans le voisinage des deux pôles. Le terminatcur occidental s'est montré le plus nuageux, ce ipii s'explique par- faitement par la fraîcheur correspondant au cimclier du Soleil. Le ternunati'ui' ui'icuial est monis nuageux, mais d l'est aussi, ce qui fait suiiposer que. dans la rareté de l'iUniosphère martienne, la condensation pourrait bien durer tonte la nuit. Les Idvers sur Mars sont jjIus miaujcux que les éiés. C'est assez naturel. lài 18(11), on a vu la neige atteindre HG" de latitude australe et une date mar- tienne qui correspond à notre 21 août. Le i)i]|c nord était \ peu près libn^ de nuages. Immédiatement après le solstice d'été, le pôle parait libre de nuai;es comme de neige. Mais il est possible que le cap polaire soit trop exii^ii i)our être pho- tographié. DIAMKTKE K T .Vl'L.VÏISSKM KNT. 491 La zone tempérée australe a souvent des images le matin, et ilevicnt très claire dans l'après-midi. C'est, sans doute, i)lutiit de la iiclèe Idanclic ijue dos nuages, laquelle fondrait au Soleil. Une tache blanche assez grande a été photograpliiée en I8HU et IS'.i;', par 21,")" de longitude et 3U" de latitude australe, sur Buroas, a l'est de l'rnpunlis. iClle a S P ^ 270l <- ^9o' p. S E* i \ J \ ° J \ I^^M' - N Avant Opposition Après F}!-'. 31.S. — Phases .Ir M:i\-. Icruiiiiatoiir. oricntati'iii , duré plus d'un mois. M. Pickering l'attribue aune tenÈ|iéte, ;\ un cyclone. — Je pencherais plutôt vers de la neige. Selon l'auteur, les nuages de Mars sont jaunes. l,a tncsure équatorial. polaire. Ditl'éreiice. a il Janvier G, 370 i'i,-.;7:. u,0;i.j... ^.. 23 — li.is,". c.iiS-,' n,in:;. . ^.^- 20 — 6.28.") li.U."! iM'iii... — t") Monihbj Xotices, mars 1899, p. 330. 492 LA PLAXKTE MAKS. 1899 Ces mesures confirment celles de 1896. L'aplatissement serait ^^^ ce iiui est considérable, comme déjà nous l'avons l'ail remarquer pour les mesures précédentes. La moyenne des deux séries (') donne, pour la distance 1 : Diamètre équatorial 9", 55 — polaire 9",3.") Aplatissemeut t^ M. Ernst Hartwig a contesté (Monthly Notices, mai 1899) la valeur de ces nombres, en faisant remarquer que l'observateur n'a pas tenu compte des erreurs probables qui, dans ces mesures, s'élèvent assez haut. Au mois de septembre suivant, il a publii' [Astr. Nachr.. 3594' les mesures htdiomé- triques exécutées par lui-même à l'Observatoire de Strasbourg en 1879, et à l'Observatoire de Bamberg en 1890, 1894 et 1899, avec l'axe vertical, l'axe horizontal et l'axe incliné. Elles se résument ainsi ; Diamètre D iainètre polaire. en [uatorial. Aplal tissenient. 1879 9,364 9,i4o 1 H6 1890 9,303 9, -270 9,435 9,370 i899 71 Ces diamètres sont réduits à l'unité de ilistance. L'auteur conclut que la valeur d'aplatissement la plus probable est — • CCLIV. - J. Hartmann. — ÉcLAr iu:lai'|['" de Mars et de Jipiter ('). Lors de la conjonction de [Mars avec, .lupiler, au mois d'octobre 1883, Lohse, à Potsdam, avait essayé de ididlographier les deux planètes et trouvé pour leur rapport d'éclat .lnpiter Mars = I.ii77. En il'autres termes, .lupiter était plioli)gi-a[ihiquement d'une grandeur n,r)(ii plus iirillaul ([ue Mars (24 octobre 1883). (') A.S/I-. Nachr., 3569, 20 mai 1899. (-) Siiznnij^benchh'. dwr hgl. .blinde mi a der Wis^. zn lierlin, juillet 1899. J. Il A HT. MANN. - M Alt S F.T .lUIMTER. 493 du jieiit ailiiirltri', ou [irincij".', iju*' ih'u.x soiirrfs de ImuiiTc sunt pliolo- i:i'ai)hii]ueinenl ét^alenient brillantes lm-S(iu'elli's ]iri)iliiisenl sur la un'uie plaque un noirrissenicnl égal dans nn temps égal. Si lies rayons de même longueur il'onde venant de la lumière des deux soui'ees sont comparés entre eu.\, comme dans le cas du photomèlre sjiectral, ce théorème est un axiome. On peutadmetlre. d'autre part, (jue deu.x rayons homogènes de cTifférentes longueurs d'onde protluiront un noiroissemeut égal dans le même temps. l'ar d'ingénieux dispositifs. M. Hartmann a ri'ussi à prenilrc' des pliolo- graphies comparables de la Lune.de Ju|>iter ei d^ '\Iars, pendant les mois de mars et de mai 1899, et a trouvé les dilVereiuN's suivanios, suivant les di- verses longueurs d'onde : .1 11 |u ter — Lune. Mars —.Jupiter. -Hi.-27 -T-0.15 1.41 ' 0.07 1.47 it.Il M ais — l.iiiie. 47ti — 4Jt u,u -f- 1 .42 448 - 428 1 .48 423—411 1 .01 Moyenne ^ 0. 1 V r/est-à-dire que .lupiter est de 0,12 grandeur plus brillant que Mars dans la région lileue et violette du spectre. Si nous réduisons ce résultat à la distance moyenne des deux planètes au Soleil. .Jupiter n'est plus que de 0,02 grandeur plus brillant que Mars, de sorte ([ue l'éclat de la surface des deux planètes est sensiblement le même. D'après cela, le rapport de l'albedo de Mars à celui de Jupiter peut être estime à 1 : 1 1,9. La comparaison de l'albedo relatif ci-dessus, avec les résultats des autres observateurs, est intéressante. Si l'on prend pour unité l'albedo de Mars on a : D'après les mesures photouiétriques de Miiller de la partie visuelle du spectre: Albedo de .lupiter = 2,8. D'après les mesures ci-dessus entre À 'ni', et >. 111 : Albedo de Jupiter = 11. '.J. D'après les clichés photographiques de Lohse, dans lesquels, outre la région bleue et violette des mesures précédentes, les rayons ultra-violets ont également ajouté leur action : Albedo de Jujnter = 18.8. Ces nombres montrent que l'albedo de Jupiter surpasse de plus en plus celui de Mars, à mesure que décroissent les longueurs d'onde. /i'j4 LA PLANÈTE M. A US. 1899 CGI A'. — A. -M. JLvïTDON ( '). — La vitksï^e de rotation de RLmis EST-ELl.E VARIABLE"? Les cousiilérations originales qui suivent sont dignes de trouver place ici. Ne Méglii:eoiis rien imur reuiiii- et comparerions les éléments possibles de la ci.iu naissance de cette voisine du (;iel. .\iix oppositious favorables, la plauète Mars descend à 50 millions de kilo- mètres de nous. Les occasions de bonnes observations sont assez fréquentes ]ioiir que les astronomes aient quelque idée de la surface et des climats des portions diverses du globe. On en coimaît assez sur les caps polaires pour les considérer comme formés de neige ou de glace et rejeter comme inutile toute hypothèse contraire. Ils ont un diamètre presque identique avec celui des zones glaciales et S(]nt approxiinativement centrés, dit l'auteur, sur les pôles de la pla- nète. Quand l'hémisphère nord est dans une position analogue à celle qui, sur la Terre, produit l'été, le cap boréal disparaît et le cap austral croit graduellement jus([u'à sa pleine étendue. Mais, quand nue demi-année martienne s'est écoulée, le cap septentrional devient très étendu, tandis que le cap sud diminue lentement. L'équateur de la planète est incliné de 24"50' sur le plan de son orbite, d'oii il résulte que ses zones glaciales sont semblables à celles de la Terre, sauf qu'elles sont un peu ptus étendues. L'année a une longueur un peu supérieure à vingt-deux de nos mois; de là, l'iiiver arctique doit durer environ onze mois. La planète est plus éloignée que nous du Soleil, et ce fait doit produire des hivers plus froids et plus longs, par rapport à l'année, que ceux que nous subissons sur la Terre. Les Cartes représentent Mars connue n'ayant qu'un océan de quelque réelle étendue, situé presque complètement dans l'hémisphère sud. Pendant que le cap neigeux septentrional se forme, la jdus puissante influence du SoleU se fait sentir, précisément au sud de l'équateur, dans cette partie de l'océan située dans la zone tnrride. Doin", la va])eur, qui finalement se convertit en neige et forme le cap, doit venir principalement, sinon entièrement, de l'hémisphère sud. Maintenant, ce grand vnUi d'eau est transporté aux régions polaires par le moyen de ratmosphère. Ici, sur la Terre, les nuages, qui véhiculent l'humidité entre des lieux très éloignés, ne paraissi'ut pas ag-ir le moins du monde sur le mouvement de rotation. i,)uels que soient les résultats produits par ce fait, s'ils sont néL,digeal)les, ils ihdvent être plus ou moins assinniables au frottement des marées et pourraient diflicilement accélérer la rotation. Quand I'imu, ((ui vient de l'oci-an au voisinage de l'équateur, (|uitte la plac<' qu'elle occujiait sin' la sphère, la vitesse du mouvement de la planète en ces régions lui avait donné un moment consiihirable; qu'une partie de son énergie se dissipe ou non pendant le long parcours vers le Nord, toujours est-il que (') Astrunotnical Socielij of the Pacific, 1809. A. -M. MATTOON. ~ VITKSSl-: Dlî ItOTATlON. 4;iô lorsqu'elle se pose île nouveau sur la planète elle occupe une position i)eaucoup plus rapprocliéc de Taxe de la sphère tournante, et le liras de levier qu'elle avait pour agir sur ce corps est si réduit qu'elle ne peut pas rendre la force qu'elle a emportée. Ici, dins sa nouvelle position, son mouveniont dû à la rotation du globe est très lent. 1/liiver martien, dans les régions |iolaires, n'a iiuère moins do onze mois de longueur, jirès de deux fois ("elles des sais'>nscorres|)on(iantes des zones glaciales de la Terre. Acceptant l'estimation de M. C.\Mi'BiiLi., que l'atmosphère de Mars n'a pas une densité supérieure au quart de celle dans laquelle nous vivons et. eu même temps, tenant compte du fait que la surface occupée par l'eau sur la planète n'est, toutes proportions gardées, que les § de la surface océanique de la Terre, on peut estimer que la hauteur moyenne de la neige, quand le cap boréal est à son maximum, ne surpasse certainement pas 0"'.60. Séjournant pendant un temps aussi long, sans être aucunement déplacée, la neige se tasse et devient extrêmement dure. Même en tenant compte de ce que la pesanteur à la surface n'est qu'une fraction de ce qu'elle est sur la Terre, le volume de l'eau produite représentera une grande proportion du volume d'une telle neige, quand le prin- temps amènera sa fusion. Des expériences, faites sur de la neige comprimée modérément, montrent que le volume de l'eau produite est environ les ^ de celui de la neige. Le professeur riCKEiUNO, en 1892, signalait que le cap a couvert les régions polaires jusqu'à C"i" de latitude nord. C'est une zone d'un rayon de •2.')" et approximativement centrée sur le pôle. La Ctéométrie montre qu'une telle aire est égale à la hauteur de la zone multi- pliée ]iar la circonférence d'uu grand cercle, l'osant les nombres pour une planète dont le rayon est de 3380""", nous trouvons que l'aire du cap égale à peu près 6700000'""'. Cette surface, multipliée par la hauteur moyenne de la neige, estimée k O^.iiO. donne un volume de 4 trillions de mètres cubes, qui produiront 1 (lOO billions de mèires cubes d'eau. Nous sommes liabitu(''s, dans nos expériences de laboratoire, à regarder l'eau comme pesant liiOO*" le mètre cube. Mais, sur Mars, la pesanteur n'est seulement que les -["j de ce qu'elle est ici; c'est pour- quoi I'"' d'eau pesé là, à l'aide d'un peson à ressort, n'aomiserait qu'un poids de 38U'''. Le cap entier pèse donc 60S trillions de ls conditions, nous devons diviser le nouveau moment par la niasse totale. En employant les chiffres précis, et effectuant la division indiquée, le quotient est de 10I°",661694I87 |)ar seconde. Or, c'est la vitesse de la particule uioy.-une, qui est, comme nous l'avons montré plus haut, à li31'"",2. Quand des particules décrivent le même cercle à. des vitesses différentes, les temps sont inversement proportionnels aux vitesses. D'où la nouvelle vitesse est à l'aMcionne comme l'ancienne période est à la nouvelle. En posant les valeurs, nous avons la proportion 10l.iii'dij'.)ll87 : 101,661703 784 :: 88642,67: 88642,76. Cela nous montre que le jour est allongé de 0',0'.J par le transport des F., II. 32 4iN .-■ LA PLANETE MARS. IS9* ûiati' :es formant le oap, île l'océan au pôle nord, et retour. Sans doute, le cal^ suiJ in''''' ace d'une certaine quantité le mouvement de rotation, mais les condi- tions dans lesquelles il*agit sont très différentes de celles du cap nord et ne peuvent pas être -discutées ici. Si le cap nord produit l'effet que nous venons d'indiquer, il suffirait de 080 UOO années martiennes, soit 1 27001)0 des nôtres, pour changer la longueur du jour de 17 heures. Cela équivaut à dire qu'il y a environ 1;'75000 années terrestres, le jour martien avait pu n'avoir qu'une durée de 7''37">-22%(37, durée plus courte que celle de Pliobos, le satellite intérieur de Mars. Il y a sans doute une certaine influence exercée par la vapeur en suspension dans l'atmosphère, pendant qu'elle effectue son voyage vers le Nord, du lit de l'océan à son emplacement de long séjour dans les régions polaires. L'impulsion que la rotation lui aurait donnée rendrait son mouvement plus rapide que celui des terres situées au-dessous d'elle, quand elle approcherait de la zone glaciale,- et un vent de Nord-Est en résulterait. Quoique les vents alizés ne paraissent pas avoir influence sur la rotation de la Terre, il serait possible que le frottement de cette atmosphère chargée de vapeur accélérât légèrement le mouvement de rotation de Mars. Tous les auteurs de systèmes cosmogoniques s'accordent pour admettre que les 'planètes ont commencé leur existence indépendante à une température très élevée, et se sont refroidies graduellement par le rayonnement de leur chaleur. Quand, puur la première fois. Mars vit un'; cluite de neige au pôle, la quantité tombée dut, en vérité, être tout à fait insignifiante. La hauteur de 0"',60 qui a a été employée dans notre estimation n'a pas été atteinte avant ([ue ces chutes de neiges se soient produites pendant peut-être un million d'années ou plus. Ce fait n'est cependant pas un argument contre nos déductions. Il montre simple- ment que les forces qui ont été employées à ralentir le mouvement de rotation de la planète ont eu besoin d'un temps plus long pour accomplir leurs résultats. Maintenant, on peut dire que les matériaux formant le ca|) neigeux ne viennent pas de l'océan, mais de quelque autre source. Sûrement il faut qu'ils viennent de quelque part. L'évaporation de l'eau doit se produire où il y a assez de chaleur pour la causer. La neige ne peut pas provenir du pôle, ni d'une source située sous le cap. LUe descend de l'atmosphère. Elle doit provenir de quelque masse d'eau située plus près de l'équateur que le cap. Dans ce cas. la valeur du calcul précédent reste entière, car l'eau doit retourner aux régions d'où elle provient, sans quoi l'océan serait bientôt épuisé. Comme les influences contraires totalisées sont insuffisantes à rétablir ce qui a été enlevé, la vitesse de rotation doit être diminuée et le jour de .Mars doit, lentement mais sûrement, croître en longueur. ' Ces cousitb'rations sont iiitêressaules. (..'"oiiino l'aiiteiir par;iisse pkilùl un alislracleur d(.' (iuiiiless(Mice, elles sont assez curieuses pour u'èlre pas passées sous silence. l'^ttulions loul. SC.III AI' AltKl.l.l. - (UNSIDÉKATIO.NS SIH I.A IM.ANKTK. 49'.l CCLVl. — SCIIIAPAIIELLI. — CuNSlDKHATlONS Ï^L li I.A l'I.WKTE MaRSC). M. Scliia|iari'lli. iloiil li's vin>:> sur Mars sont Idujuurs si iutiTOSsaïUes à suivre, a [lublic, en 18!I0. un article à propos du preuiiiu' N'oluine des .4n/i'(/s of Ihe Lowell Obscrralonj. (jue uuu> avons examine [ilus haut eu détail (p. 108-13.")). Eu voici le résume : Commençant par les caps polau-cs. il reniai-que d'alicinl (pie leur nnnk' de forniatinii ei les phases île leur di'veloppeinent nous sont entièrement inconnus, et uuus le resteront sans doute, car ils s'accomplissent pendant la longne nuit qui enveloppe ahirs chaque pôle. Mais le |irocédë de leur désagréi^ation peut être suivi sans trop de difficultés, sans que l'inclinaison de l'équateur de la pla- nète, relativement à notre ligne île visicni, approche dn maxinuun de sa valenr, ce qui est arrivé en 1894. C'est ]iar l'élude persévérante que nous arriverims à la connaissance de la nature physique de la i)lanète et à l'intiTprétation de ses singuliers phénomènes. Le cap polaire boréal est encore pln.s instructif ((ue l'austral, car il se dévelonpe à une large étendue sur les régions jaunes que nous avons coutuiue d'appeler u continentales ». La hande formée adhérente à son liord est en relation directe avec le système de canaux et de lacs du voisinage. .\ mesure que la tache blanche diminue sous l'action des rayons solaires, il se [troduit là des variations considérables, dont la connexion avec les phases successives dn cap esi évidente. -arrivant aux canaux, M. Scluaparelli avoue que leur nature nous reste encore absolument inconnue, malgré toutes les théories ingénicLises qui ont été ('mises. Les géminations du (lange, du Nectar, de l'Euplirate, du Phison et du lac du Soleil sont particulièrement remarf[uables. Mars nous donne plutcjt en ce moment un embarras de richesses. Imaginons trois ou quatre cents lignes, tracées dans tous les sens, à la surface d'un globe, qui ne mesure que quelques secondes de diamètre apparent. L'identité des lignes vues par ditTérents observateurs, presque aux mêmes endroits, est très souvent douteuse. La difficulté de voir exactement et de localiser avec précision les coordonnées des deux extrémités peut facilement donner lieu à des confu- sions et à des erreurs. Si nous ajoutons à cela les variations fréquentes que ces lignes présentent, dans leurs aspects et dans leurs degrés de visibilité, étant tantôt fines et étroites et tantôt larges et diffuses, quelquefois doubles, souvent tout à fait invisibles, nous ue serons pas surpris devoir la même ligne obser- vée, par deux hommes ditTérents, d'une manière différente, regardée par eux comme deux objets distincts, ou. à l'opposé, de voir deux objets différents confondus en un seul. (') Reprinted froni >>cience, niay j, 1S99. 500 LA PLANÈTE MARS. 1899 L'auteur arrive ensuite aux lignes foncées qui traversent les régions sombres appelées « mers », et dont il a déjà signalé quelques-unes. A Flagstaff, ces lignes ont été observées et reproduites avec grand soin par M. Douglass, qui paraît avoir un œil très sensible et très exercé pour ces sortes d'aspects. Les projections peuvent, en général, être attribuées à des illusions d'optique, causées par la proportion différente de l'illuniiiiation solaire oblique, qui nous est renvoyée des diverses régions traversées par le terminateur. Toutefois, un certain nombre de ces irrégularités ne peuvent être expliquées que par l'existence d'élévations ou de dépressions, à la surface de Mars, et d'autres, par des, nuages très élevés. Ces investigations sont d'un grand intérêt pour notre connaissance de la nature de ce monde et de son atmosphère. Il nous faudrait sept oppositions consécutives de la planète, ainsi observées, pour mettre sous nos yeux l'ensemble des phénomènes martiens, sept au moins, car les saisons sont encore plus variables et plus différentes, d'une année à l'autre, sur cette planète que sur la Terre. CCLMI. — Communications .wec Mars. Lanc de mes lectrices, ou, pour mieux dire, la mère d'un de mes lecteurs enthousiastes, M'^'Guzman, de Bordeau.x, a eu la généreuse idée defonder, en souvenir de son fils, enlevé prématurément à son amour maternel, un pri.x de 100000 francs légué à r.4cadémie des Sciences, dans le but de récompenser celui qui aura trouvé le moyen d'établir une communication entre la Terre et un autre monde. Malheureusemeut, M. Guzman suivait avec une telle passion tous mes écrits sur la planète Mars, qu'il était convaincu que notre humanité ne tar- derait plus guère à communiquer avec sa voisine du ciel, que le problème était déjà posé et à moitié résolu, et sa vénérable mère a eu l'idée bizarre d'excepter Murs de ce magnifique concours ! .\vouons que mettre hors de concours la seule planète qui paraisse en situation d'y participer, c'est de la dernière originalité. L'humanité terrestre est vraiment stupéfiante, même dans les classes au-dessus de la moyenne. Peut-être la fcuidatrice a-t-ellc eu le désir d'inunortaliser, d'élcrniser, le nom de sou fils. L'.\cailémie a accepté le jirix, non sans hésitation et sans discussions variées ; et elle a ])ieii fait. 11 illustrera longtemps le nom de Guzman, car si j;unais ou parviiTit à établir une première communication, il est probable que ce sera précisément avec Mars. Heureusement, les intérêts du capital seront a[Fpliqués à l'eiicouragemeiit des progrès de r.A.stronomie. ()l>rOSlTU)N l)F. l'.KKi-l'.iOI. 501 L'Acadéiuio a pulilic, pour la preniièi'C fais, le 17 décembre 1900, la proimilgalion de ce prix, dans les termes suivants : PlilX l'iEIillK (lUZMAN. « M™' Clara Goguet. veuve (liizman. a léi;iié, à rAcadéiuie des Sciences, une somme de cent mille francs pour la fondation d'un prix qui portera le nom de Prix Pierre Guzman, en souvenir de son fils, et sera dccerné à celui qui aura trouvé le moyen de conmiuniquer avec un astre antre que la planète Mars. / » Prévoyant que le prix de ceiil uiille franco ne serait pas décerné tout do suite, la fondatrice a voulu, jusqu'à ce que ce jirix soit gagné, que les intérêts du capital, cumulés pendant cinq années, formassent un |)rix, toujours sous le nom de Pierre Guzman, ijui serait décerné à un savant français ou étranger qui aurait fait faire un progrès important à l'Astronomie. » Le prix quinquennal, représenté par les intérêts du capital, sera décerné, s'il y a lieu, pour la première fois en 1905 ( ' )• " OPPOSITION DE lUdO-lUOI. Retournons un instant au diagramme de la figure -2i\l . p. 410. repi'esen- tanl les relations entre Mars et la Terri', de 1888 à lllii:î, ih nous jugenms exactement des conditions arêograpliique> ilr rop[insition a laquelle nous arrivons ici. En voici les principaux éléments : Date de l'opposition i'2 févriei- 1901. Diamètre à l'opposition 14". 2. Distance = 0,6774 ou 1009.30000'"'. Incliné ilu pôle boréal : latitude du centre -i- iO», 9. Équinoxe de printemps boréal 25 septembre 1900. j Solstice d'été boréal 11 avril 1901. Vnir p. 273. Aphélie 24 février 1901 . Équinoxe d'automne boréal 11 octobre- 1901. 1 CCLMII. — OiisiiRv.vTiONS F.\iTi;s .\ l'Observ.\toihe de .Iuvisv (-). M. Fl.\m.m.\r!ox, Directeur: M. ANTO.vi.-iDi. .\strunome-adjoint. Cette oppo>ition est la plus défavorable de toutes ati point do vue de la distance, car la planète est à son aphélie. Sa distance inininmm ne descend (') Il a été, en effet, cette année-là. décerné en parlie (douze mille francs) à M. Per- rotin, Directeur de l'Observatoire de Nice, mort, j>r''niaturémeni, en 1904 (représenté par sa veuve), et pour le reste à M. Fabry, astrouoine à l'Observaioire de Marseille. (■} Sociélé astronomique de France, février, mai-s, avrU, mai et août 1901. 502 LA PLANÈTE MAKS. 1900 pas au-ilf'ssous de 100 millions de kilomètres, et son diamètre maximum dépasse à peine 14" ('). Mais elle a un avantage : c'est de nous montrer l'axe de la planète très incliné vers nous (de 21°) par son pôle inférieur ou boréal (le moins connu), pendant l'été de cet hémisphère. (Le solstice d'été arrive le 11 avril. Relativement à la Terre, on est donc là en juin.) C'est là une situation intéressante pour l'observateur terrestre. Un autre avanlage, c'est qu'en ces oppositions aphéliques, la planète s'élève fort au-dessus de notre horizon et plane dans la constellation du lAiin, tandis qu'en son périhélie elle est très basse (Sagittaire). L'étude de ce monde voisin est ponctuellement suivie à l'Observatoire de •luvisy. Nous présenterons ici les principales observations. Elles n'ont pu être influencées par aucune autre, car elles ont (au HuUetin de la Société astronomique de Ffniire) signalé les choses martiennes à mesure qu'elles se sont olfertes elles-mêmes à nos constatations. Équatorial de 0'°,-24: grossissements de 218, JOO, lOÛ et 600 (celui de 300 a donné généralement les images les plus neltes). Les meilleures heures d'observations ont été celles (jui précèdent le lever du Soleil. i'.j octobre 1900, à .V'âiV" du matin. Diamètre = 6",?. to = l'i". o = ^ 19", 7 {'-). Air=IV(^). — Planète encore éloig'née; disque très petit; on distingue la calotte polaire boréale, qui sous-tend un angle d'au moins 60". lOhe est elliptique; la baude qui l'entoure est très sombre. .Mare Acidaliinn doit être au méridien central, mais les estompagcs sont tro[) vagues pour qu'on puisse les identifier avec certitude. La phase est très marquée : 0".(i-2 (/î;v. :il9i. ?-2 décembre 1900, 7"0'" du matin. D = 9".4. w = 190". o = -^2:i°.2. Air=n. \'ent faible du .SriO. Nuages. — La calotte polaire est elliptique. La bande autour est très foncée. L'n faible estompage parait avoir envahi tout l'hémisphère boréal visible, moins Elysium et Amazonis. Cette immense étendue grisâtre est limitée, au Sud, par les canaux Erebus, Styx et Chaos, et aboutit au Trivium Charontis, dont l'iiuensité n'est cependant pas très remarquai)le. La région la plus foncée pai'aît être l'angle formé par l'Iladès et h' Styx. La l'ropontis est (') Les diamètres publiés par la Connai.'^sauce des 7'e)/i;).s- coiumiient d'être niexacts {coir p. '141 ). (-) Pour abréger, nous désigiieruiis par w la longitude du centre du ilisipie et par o la latitude de ce centre. {'■') Nous avons adopté l'éclielle suivante pour la qualité des images : I --- .\ir exceptionnellement calme. Image d'une beauté rare. 11 - Air très calme, frès bonne image. III = Air souvent agité. Bonne im.age. IV — Air assez agité. Image ordinaii'e, plutôt médiocre. V =^ Air très agile. Image mauvai.se. La ili-rnii-re catégorie (V) constilue un ensemble de circonstances météorologiques perinelt.iiii tout juste la prise d'un dessin de ipielque utilité. oiiSKin Aittiiii'; i>i': .irvisv 503 aussi éviLloiile que le Triviuiii, bien ([u'cnvoloppce iau\iiT lyol. "'■ lO" luatin. I i mumit l'.'Ol. '-..'i'" malin Fis. .'!ia-;î2-.>. — DE5SINS BE MaBS l'RIS .\ I.'()BSER\.4rillRE DE .luvijï EN I900-I'.'01. selon toute proiiabilité. La mer Cimmérienne est sombre au Sud; la per-pective réduit considérablement sa largeur. Enfin, plus haut encore. Llectris est très brillante. Tliase ; 0',80 {fig. :JÎ0). h janvier l'.iOI. 7"l(r. D=10".(;. i.o = l\i\ ç = — ■::!'■. 0. Air = IV. parfois V. Temps froid i — i)"i. Bi-ise du N. — La mer Acidalienne parait moins foncée qu'à la dernière opposition, l-^lle se confond vaguement au Sud. avec le lac Niliaque. 5n/i LA PLANÈTE MARS. l%n la uinuvaisc qualité de l'image rendant le pont d'Achille invisible. Le golfe de l'Aurore est sombre dans le haut du disque, dont le bord sud cependant est marqué par une tache [blanche : Protoi ou Ogygis Regio. Au centre, le lac de la Lune est confus, ainsi que le Gange et le Nilokeras, larges tous les deux. Phase = 0",7,-) {/ig. 3?1|. 10 janvier, 7''20'°. — Le bord précédent de la mer Acidalienne, vers 50" de lati- tude nord, passe à mi-chemin entre le limbe et le terminateur de la gibbosité. Même jour, 7"34"'. D = W'J.oi =22».

ne observé ce matin est du même ordre. Un estoiupage fort remarquable s'étend, dans la partie inférieure du disque, jusqu'à Protonilus et Deuteronilus. Cet estompage n'existe pas sur les Cartes de .Schiaparelli, de sorte qu'il est très possible que sa formation soit subordonnée à la fonte des neiges boréales. On voyait ainsi estompée dernièrement toute la région au nord et à l'est d'Elysium. ce que Schiaparelli ne montre pa3 non plus. 11 est à remarquer aussi que plusieurs canaux occupent la place de séjjaration entre régions de différents albados. Fij;. 3ii. — Mars dans la matinée ilu \i janvier 1901. a, iui;ious claires. ■2'i janvier. 2-,"';'0"". Diamètre = lî", i. w = liO". a = -i- ■22». 4. Air = II. Image très calme, et pourtant dépourvue de détails. Brise insignifiante de l'Est, mais le courant supérieur vient du Sud-Ouest. — Palus Mœotis se détache à peine de l'estompage polaire. La mer des Sirènes se distingue près du bord austral du disque {fig. 3ibi. •25 janvier, 22"0"'. Diamètre = 12",t;. m = 98". 9 = -i- 22",.i. Air = IV. Vent assez fort du Sud-Sud-Ouest. Cirri à l'Ouest. — Cerauuius se détache très vaguement des estompages polaires. Le lac du Soleil est petit, mais visible au Sud. Le golfe de l'Aurore se couche au terminateur. Image également sans détails {fig. 320|. 508 LA PLANETE MARS. 7 février, 23'' 15'". Diamètre = 13",' = 1° ?■■ 1901 ■ 21°, 6. Air = IL Grande sé- rénité. L'image est superbe, et les contours des mers se montrent avec une admi- rable netteté, mais les canaux sont invisibles. On voit bien que la partie fourchue du Sinus Sabaeus est la région la plus foncée de la planète, étant plus sombre que la mer Acidalienne. Cette dernière est incontestablement moins sombre Fig. 325. — 23 janvier, '2'2'''20». FiR. 320. — -'ô janvier, 2îi'0» Fiu. .1J7. — : r.'vrier, îiîMj-. OllSERVATlONS IIE MaKS IN lUHI, FAITES A l'OBSERVATOIRE DE .TUVISY. qu'en 1s, ! nu " 'h ri 7i ffjio >t^ >r;-; ,^ <^\^'' ■^-'-i. j*^ ^^ """"i"? j .-, -v" . ,_c s ^ "■<■„ v f! ^ '^=.^ 0^ -à > <^ <=r ja 6 -f <^ .^ / \ \ Fig. 32S. — Aspect de Mars le 10 février 1901, à ■21''50» Délevmiiialions de longitudes : Tache. Portus Sigeus 3. Lacus Isiiieiiii.is 03 P;(3S;iE:e Lniigîtmle au ini-ri.lii-n central. déduiti;. 23» ô" 332-47' 23'' 12- 334M8' Nilosyrtis par un pont lumineux. La forme de la Syrte est bien celle que lui a donnée M. Lowell en 1894, mais la présence d'un estumpage entre les canaux Nilosyrtis et « Nasanion » i') complète sa figure de î^ablier, en lui restituant son {') Nom donné par nous au grand canal observe a Juvisy en IS9L>-IS97, reliant la pointe nord de la mer du Sablier à la Boréosyrtis, dans une ilireciion N-E. C'est le canal qui porte le numéro' 9 de la Carie de 1.S97 (p. 286), et le numéro IB de notre Carie de 1899 (p. 459). Les Nasamous (Oi Nao-aawv;:) cialeiil une peuplade habitant le sud de la Cyrénaïque. non loin de la Graïuie Syrte de la mer intérieure. 510 I- A PLANÈTE MARS. i;)OI cône inférieur. Le Sinus Sabanis est très .sombre à droite, tandis que son détruit présente la demi-teinte de Xisuthri Regio. Le contour du Sinus parait à peu près identique à la forme que lui a donnée M. Lohse en 1884 (')• l'ortus Sigeus u'est pas très évident. Argyre brille au bord supérieur, et Cliryse est également blanche nu bord suivant. — Canaux : Nilosyrtis et « Nasamon », bords d'un pstompage dans Neith Regio. — F'rotonilus et Deuteronilus, bords d'estompage au nord. — Pierius et Callirrlioë. bords d'un estompage plus intense et plus voisin du pôle. — Boréosyrtis, large et sombre. ^ Euphrate-Arnon, très difti- eiles. — Gehon, large; bord de la blancheur à droite. -^ Hiddekel. très difficile. — « Sitacus » (Cerulli), facile. — Typhon-cJronte. très faibles; probablement bords d'un estompage imperceptible au Nc.ird. — Phison, large (pourrait être double). — .Vstaboras, étroit et faible. Tous ces canaux sont vus isolément, l'un après l'autre, la visibilité de chacun durant à peine une seconde. La plupart ont été ainsi entrevus à plusieurs reprises (//j. :iî8i. Nous remarquons que les faibles demi-tons disparaissent avec les forts ocu- laires. Même jour. v!:i''0"'. w = :i3-". .\ir = 11. — Nous notons les passages suivants au méridien central : Tarlir, Passage. Longitude. Portus Sigeus 23\j'" 33-2", 47 Isnienius Lacus , ■23'' 1 '2" 334°, 18 La deuxième détermination offre un intérêt spécial, car la longitude de ce lac, qui était de 335", '27 en 18SC, s'est élevée à 3 il", 86 en 1888, différence ([ue M. Schia- parelli considère comme étant bien en dehors des erreurs d'observation. 11 résul- terait donc de cette mesure que le lac aurait dû retourner h sa première place depuis 1888! Mais ces déterminations no sonr. ])as sans quelrjues incertitudes. Comparez Isnienius Lacus et Dirce Fous sur notre globe et sur notre Carte do 1899 : les positions ue sont pas identiciues. Vérifications intéressantes à renouveler. 13 février, -'-^''O"'. Diamètre = 14". 0. w = -291". 9 = -F- -.M". 3. Air =11-1 II. Tenip. = — 7". Vent du NNL faible. — Les estompages avt)isinant la calotte polaire ne sont pas moins remarquables que ces derniers jours, et la vaste tache grise sur la Boréo- syrtis est un peu à gauche du centre. Goloe Palus est toujours très marqué. La (irande Syrte présente bien la forme lowellienne; seulement le lac Mœris avance plus profondément dans les terres qu'en ces dernières années. La Libye affecte une forme anormale, présentant une pointe vers le Sud-Ouest et un léger golfe vers le Sud. Syrtis Parva très marquée à gauche, et il eu est de même de Hellas au bord suil, dont la blancheur n'est pas cependant frappante. Le pont observé le 10, séparant la Grande Syrte des estompages au Sud, est facile ;\ reconnaître. — Canaux : Am<;ntlies, très facile. — « Nasamon >> et Nilosyrtis avec Protoiiilus, bords de l'estonipage polaire. — Pierius et llelicoiiius, facile. L'embouchure de (') La plu, ivU- Mars, 1, |.. :(',J7. OB?KKVAT01RE Ml- .lUVISV. ,11 l'Astusapes est au liiéridieu maiiitoiiaiit. ce (|ui lui cinime une longitude de 290°,5r) {fig. SM,. Ileinarquons la l'orme altérée de la Libye. Cette reinarqual>le région présente en ce moment une curieuse corne, a, dirigée vers le Sud-Ouest, ayant ensuite subi un ren- foncement bizarre en h. EWe parait parfois quelque peu estompée. Il est intéressant de comparer ce contour avec !e contour moyen habituel MX. ajoute ici en ponctué. 15 février. O'MO"'. Diamètre = ll'O. w = 313°. ■i = -f- ii-X Air = m. Vent faible du Nord. Stratus. Temp. = — 7". — Les estompages autour de la calotte poluiie s'éten- H' l a Li t V C ^ K^ m -j froto n ilui V* !•*<] Cecrcpi pi A Fig. 3GÛ. — .Mars, le 13 lévrier 1901, à 'ii'O" D = 14", 0. u = 291'. •- = -:- îl-3. dent toujours jusqu'à Protonilus. etc. La grande tache grise au nord de Coloe Palus est très évidente i ')• Rien de particulier dans ra.spect de la (iraiide Syrte (') Est-ce un nouveau lac. une nouvelle oasis, un marécage épaissi? Quelle que soit sa nature, il y a là un nouveau témoignage de variations. 51-,' LA PLANÈTE MAU^i. 1901 et du Sinus Sabaeus. qui se montrent dépourvus de détails. Hammonis Cornu passe au méridien vers O''!")"", ce qui donne comme longitude la valeur 314", 68. Même jour, -21" SO-». tu = -266°. Air = III.Temp. = —8°. 5. Brise du Nord. — La calotte polaire ne paraît pas sous-tendre plus de 3.")". Le grand estompage gris sur la BoréosyrLis est très évident, et la région grise s'étend toujours jusqu'à Nilosyrtis et « Nasamon », dont la Grande Syrte est cependant séparée par un pont clair. La Libye affecte bien la forme dessinée 'il y a deux jours, avec pointe au .Sud-( )aest. Hespérie est plus étroite que sur les Cartes de M. Scliiaparelli. La mer Cimmérienne se termine en cigare. — Can.iux : « Nasamon », Nilosyrtis. bords d'estompage. — Amenthes et Adamas. larges et diffus {fig.'i2\]. Kig. 331. — Ij février, JP'aj'". La l'etite Syrte est passée au méridien à \.'1''0"', ce qui porte sa lougtitude à V.J.S".:i9. .Mi'nie jour, ■.;3''1.5"'. m = ;"J1". Air = I\'. — Déterminations de longitude : 'I.utie. H.is>aiîr. Longitude (jrand estoiiipage sur Boiéosyrlis '^■.;''2Û"';= 277'',8S± (Jrande Syrte, pointe nord 22 50 285,19 Coloe Palus 23 .50 299 , SI Ces beures peuvent être estimées à S minutes près, avec une approximation de •-'" aréocentriques. \ la îisle précédente des canaux, il l'aiil iiiaiiilenanl en ajouter l'J autres, ce ([ui ptH'le le nombre de ces lignes vues a Juvisy, jusqu'au 15 février, à 3'J : Prolonilus, Deuleroiiilus, Nilosyrtis, linrcosyrlis, » Sitacus » (CeruUii. Euphi-ates, Arnon, Kisoii, Pierius, llei'annius, Phlegetlion. « Xasaniou », Uronles, Typhon, Phison, Aslaboras, Anienlhcs, Heliconius et Adamas. Les asjjecls les plus remarquables de. la planète ont été, en ievi'ier 19(11, ainsi que nous venons de le voir, les insensibles demi-tons de riiéniisplierc OBSF.HV AiOllU- ni- JUVISY. sn septentrional, sur lesquels on n'a peut-être pas suffisamment attiré l'atten- tion jusqu'ici, le pont séparant la (irande Syrte de la Xilosyrtis, visible déjà depuis 189(), la forme altérée de la Libye et le nouveau « lac n sur la lioréo- syrtis. La pâleur relative d(t la nier Acidalicnne est nu autrr phéiKunène des plus curieux. Kn I89G-1897, nousavons vu cette mer noire commcde l'encre; Fi.; J3;. — 18 février, 21'';2ô" Fisj. 333. — 18 février, ■ri'ic" Fig. 334. — -2\ février, 21i'45'». Fig. 33.i. — 2Î lévrier, 6M)". Ob3lhv.\tion3 de Mars en 1901, F.iiTEs A lObservatoire de JfVISV. en 1898-1899, elle était plus pâle; cette année, son intensité a encore diminué. Ainsi, l'idée que nous exprimions il y a deux ans en disant (jue » l'intensité de cette mer varie inversement avec la hauteur du Soleil au-dessus de son horizon » est pleinement confirmée par l'observation. L'intensité des « mers » parait donc varier en raison inverse de la hauteur du Soleil au- dessus d'elles, comme si elle était une fonction de la durée de l'insolation. F., IL 33 51 i LA IM A.NETK M AH S. 1901 (les v;iriatii)iis sont f:iil]lr's dans la znne éiiuatoiiale, presque coiislaïamenl exposée aux rayons d'un soleil verlical. Mais les taches à latitudes élevées, telles (jue la hum- Aeidalieune, deviennent plus claires à la suite d'une longue ius(daliou (M. Il y aura là d'importantes lemarques à faire sur les saisons marlienues. \ oici la suili' des obsi'rvations : IS février l'.ioi. ■:{'•■;:>"•. Diamètre = li", I . -u = -.'38". -.> = — -.'l-.O. Air = II. N'eut du uiiril. — La calotte polairr inlérieiu'e si; réduit de plus en plus, et la bande sombre qui l'eatoure est luoins marquée qu'eu ces derniers temps. L'n estumpage très faible s'étend des rérfioDS polaires jusqu'aux confins méridionaux de Phlei;ra. Cebrenia et .Etlieria; son intensité augmente vers Utopia et la Boréosyrtis. Elysium est moins hlnnc qu'en IS'JG-IS'.IT et 1S'.)S-1899, il est jaune; ses limites au Nord (Chaos) et au Xord-Ouest iHybUr-us) sont à peine visibles. Mais Eunostos, Styx et Cerberus. le dernier surtout, sont évidents au premier coup d'oeil. Rien de jiarticulier dans l'aspect du Triviuni Cliarontis, si ce n'est sa pâleur relative. En effet, ce lac parait aussi avoir (Hé afî'ecté par la décoloration des taches grises de l'hémisphère septentrional. Mare Gimmerium est assez foncée et Ilesperia paraît étroite et estompée. Aeria est blanche au limbe droit, et il en est de même d'Ernlania au Sin;l. de Zepliyria et .\mazonis à gauche. La (irande Syrte est très sombre. Canaux : Cerbère, double; contrairement à ce qui a été observé jusqu'ici, les deux branches se continuent jusqu'à la mer Cimméricnne ; ces branches ne sont pas d'égale intensité : celle du Nord est plus intense que celle du yud. — C.\clops, large et ditïus. — Eunostos, très marqué. — /Ethiops, pâle. — .\damas (" l'seudosethiops » de M. CeruUil, facile. — Boréosyrtis, très foncée. — « Nasamon ». évident. — !-^tyx, mariiué. — ,'Esacus. faible. — Hades parait comme le bord d'un estompage dans l'hlegra. — La^stry^iun. bord d'iuie blancheur voisine du limbe {fig. o'ii). ■Kl février, '.'r'-JS"'. Diamètre = l'i",'-:. l'amlxHis Lacus » i CeruUi ) et llopiia'stus, le dernier à p(dne indiipié. Canaux : Cerbéri'. liouble. — C>clops, ililVus. — Eunostos, f.acile, llybkcus et Chaos, à peine indiqués. — .Esacus, large. — Siyx, double; bord (l'estompage dans Phlegra. — Ilades, bord d'estompage dans la même région. — Lœstrygon, très mince. — tircus. large et indécis (/(';/. .'vilii. (') Voir aussi rulisei'vaiioii de M. Wisliccuius (;u ISyO : La plani'Ui Mars, I, |<. 4St. OliSKKVATOlItl-: DK .ILVISV. .M') -,'1 février. -T'O"". Uiamt>tre = H',;'. w = •;;0i>". o -= — -.'O'-S. Air= II. l'as de vent; calme absolu. — Les ombres dans l'hleirra et Cebrcuia sont difficilement visibles; Trivium (liarontis et l'ropoutis. sombres. Ilecates Lacus passe à peu près au méris, faible. — Eunostos.- évident. — Chaos, faible. — Pig. 336. — Aspoet telcscopii|ue de la plaiiele Mars, le 20 février, a 21'- -.'•■°. Sty.x et Hades, bord.? d'estompage; le premier peut être double. — (trous, large. — Un autre canal parait relier Propontis à la calotte polaire i l'ig. :>!•'! i. Même jour, 2l''4r)"j. t.j = -2l7". Air = IL — Indépendamment des détails énu- mérês ici, on voit maintenant ileux petits lacs contiirus à la calotte polaire, l'un à droite dans Uchronia. l'antre à gauche, vers ['ancluiia i.\rsenius Lacus i. Elysium paraît fendu en deux par un canal qu'on ne voit pas sur les Cartes de Schiaparelli. Canaux a ajouter à ceux de l'observation précédente : Choaspes, larire. — Ileliconius. noir et mince. — HybUvus. ditïus 'l'ig. -IM). 516 LA PLANETE MARS. l'.Hil •:î février, (?0"'. Diamètre = M".-?, to = 338°. 9 = -h ■?0°,8. .\ir = IV. —Planète trop voisine de l'horizon occidental. .Vussi les détails sont-ils confus et indistincts. l.a mordu Sablier se couche; la baieilu Méridien s'avance vers le centre (/îy. 335). A la liste des trente-neuf canau.v vus jusqu'au 1.5 février, un peut ajouter ■ les si.x suivants : Eunoslos, /Etliiops, Lœstrygon, Hybheus, (Jrcus et Clioaspes. Un phénomène intéressant, révélé par nos dernières observations, est le jaunissement d'Elysium. Cette région, si Idanche en 189(5-1897 et 1898-1899, s'est montrée, en ces derniers temps, a peine un peu plus claire i[ue les régions jaunes continentales de la planète (')• H est probable que l'altitude du Soleil y est pour quelque chose, ainsi que dans la décoloration de la mer Acidalienne. En effet, si les blancheurs des années précédentes étaient dues à des condensations de vapeur (gelée Idanche) sur un plateaa élevé, i)ar un Soleil assez éloigné du zénith, on peut supposer que le Soleil vertical de 1900-1901 nuit à cette condensation, soit par la l'aible ép^nsseur atmo- sphérique traversée par le rayon incident, soit par l'échaulTement du sol à la suite d'une longue exposition au rayonnement de l'astre central. Cette étude des saisons martiennes devient de plus en plus précise. Le solstice d'été de l'hémisphère boréal arrivera le 11 avril prochain. Déjà nous assistons à la fonte des neiges polaires qui, maintenant, diminuent de jour en jour avec une grande rapidité. Suite des observations : 14 mars l'.tOI, 'ilM."."'. Diamètre = 13", 4. w = 34". -i = -^ iO",0. .\ir = 111 et IV. Légers nuages. Vent faible de l'Kst. — La calutte p(daire Nord est beaucoup plus réduite qu'i'i la dernière observation, sous-tendant à peine 2.")° de diamètre. La zone autour des neiges est assez marquée. La mer Acidalienne est très fraj)- pante au méridien central et ressemble à une poire. Nous sommes très surpris de voir les demi-tons Baltia et Nerig(js presque aussi éclat.-iiits que les régions continentales, ce qui donne à la mer Acidalienne la forme dessinée par Burton il y a une trentaine d'années et non celle observée par M. Schiaparelli de 1884 à 18'.l0. Le p(jnt d'Achille est évident, tandis que le lac Niliacus est bien plus pâle que la sombre mer Boréale. Les mers au Sud sont légèrement confuses. Régions circompolaires, si peu connues, particulièrement étudiées ce soir. — Cannux : Outre l'Iaxartès, très noir et large, visible au premier coup d'œil, signalons Tanaïs, facile. — Nihdieras. très sombre. — .laiiiuna, dilïïis. — Indus, Hydaspes et Gehon, très vagues (/('g. 337). ■22 mars, 18'' JO'". Diamètre = 12", 7. (o = 280". (p = -1- 19°, 9. Air = IV ou V. Vent du Nord-Nord-Hst. — I..-i calotte iiolaire est un peu plus large qu'à la date du 8 (') On peut rapprciclier de cos aspects ceux i|in ont é.lé observes en 1884, p;ir M. Schia- parelli, sur la mer Erythrée et sur la mer des Sirènes, qui se iiunitraient alors plus pâles et comme recouvertes d'une sorte de brume. OBSERVATOIIU' UV. JUVISV. 517 et quelque peu indécise. La Grande Syrto est très maniufîe A droite du centre. La Libye apparaît sous la forme signaU-e par nous dernièrement. Toute la réijion au nord de « Xasamon » et Nilosyrtis est estompée, avec une condensation grise sur Utopia. .\eria est blanche au limbe droit. 24 mars, 19" lO". Diamètre = \i",:). m = ;'(;7". 19", 9. .\ir = III. Sérénité. Brise insensible du Xord. — La calotte polaire présente une étendue bien plus grande qu'il y a quelques jours, avec des bords mal définis. La région avoisi- uante est faiblement estompée sur une imiuense surface vers le Sud. .Veria est très blanche à droite, et la Grande Syrte avec la Libye et les mers Tyrrhénienne et Cimmérienne ne présentent rien de particulier. LeTrivium Charontis se couche au limbe. Mais le lac sur Utopia est très marqué, constituant le point de départ d'une géminatiou grossière au nord-est île la mer du Sablier, gémiaation qui Fig. 337. — Régions circornpûl.iire i~ti;iles de Mars, le 14 mars 1901. s'étend jusqu'à la jonction des bandes convergeant du Sud. - Canaux : Casius, double: très accentué. — » Pseudoa.'thiops » de M. CeruUi, facile. — .\menthes, large. — Eunostos, dilïus. — Cerberus. très large et noir. — Sty.\. très large. — Chaos et Hyblaeus. bords d'estompage. - .. Nasamon i' et Nilosyrtis, bords d'estompage dans Xeith Regio. — Ileliconius. très large. — Boréosyrtis, évi- dente. — Python, mince et noir. 3(1 mars, 19"?l)"'. Diamètre = IL ,. S. -u = vM.'r'. 2 = + -20". I. .\ir = V. Tempête violente du Sud-Sud-Oiiest. La calotte polaire est toujours grande et mal limitée, ce qui montre que l'agrandissement subi le -J-J se maintient. On aperçoit fugiti- vement Trivium Charontis et Propontis. ainsi que le lac .Vrsenius et les estom- pages de l'hémisphère inférieur. Libya brille sur le lerniinatcur. 4 avril, 19''-2U"'. Diamètre = 11", 5. w = 170". •-- = -r-\'0',j. Air = V. Nuages. Veut faible du Nord-Ouest. — Malgré la mauvaise qualiic des images, ou voit claire- Dieut que la cause ayant produit l'agrandissement de la calotte polaire des jours derniers a cessé d'agir, la calotte se montrant maintenant plus petite que jamais 'i\^ L\ PL A M- TE MAKS. 1901 et très l»ieii liinit('o par ilos estornpagus sombres, l'ropontis sur le méridien; mais on ne ciistiiiiiue rien de précis. 7 avril. t'.i"0'". Diamètre = 11",-,'. iniiie une légère entaille du littéral iiil'ériiMir du Sinus Sabaîus. Dciicalidiiis liegio est très estumpée. ( )ii reconnait dislineteimnit les i;anaux suivants : lliddrhcl, Hnlion, Indus, Denli'ronilus >it Callirrho'- (fiy. 'SM\. l'.t mai. -.'I"::!!'". Diamètre = 8",0. w = lil". v = ^- ''■'°,''- .\ir ^ IV. — La calotte OliSKUV \ TOIltl- Dl' .1UVI>V. .•|1',) polaire esc encore graiiilo ; •,'(!" au nioins. On no vciit inio Aas ostoin])aues très vagues (/(;/. :>'iOi. v' juin. -.'-."'O'". l)ianiotre = 7".:^. "j — 1 i". 'i — -t- •,'i".S. Air -^ l\'. — l.a ralotli' polaire inloriour;' snu^-Ieml l'iiciiro ■,'()' (le iliàniéti'c Mci- Aciilalieuue tros con- fuse ;\ L'auclie. Fis;. :;38. — IS avril l'JUI. a l'Ji'lU-. Fig. XV.t. — Z\ avril, a Ifl'."*'. l-i^. :ViU. — 19 mai. a 2l":ii>-. Fig. :ni. — 'J juin, a ■:2''i)". OdsEBV.ITIONS de MaB? en I'.IDI, F.^ITES .\ lOhsEII VATOIIIE DE JUVIiV. '.I Juin, ■,';"'0"'. Di.-um'tre ^ 7", 0. w = lîllT". •- = - -.'.'i". ■.'. Air =111. \'eiit ilo l'Ouest très faible. Quelques éclair^ à l'horizon. — La ealuUo ixilaire sous-tond encore -.'O". Le « radical » l'orme par la Grande Syrte et \r Sinuv ^;ab.-eiis est très marqué, malgré ITMoiguement. 11 y a une blancheur au pôle sud. due à la présence d'Hellas (//'!/. iWi- On renia i-i] liera ijuc ces derniers dessins no nioiiln.'nl pas beaucoup de détails. r)2l) LA PLANÈTE MARS. 1901 Résumé général. — Les deu.\ Caries annexées à ce travail représentent l'ensemble des dessins pris à Juvisy pendant cette apparition aphélique, et montrent que l'éloignement de la planète et la petitesse de son disque n'ont pas autant nui qu'on aurait pu le craindre au.\ recherches aréographiques. Carte de Mars ex 1900-1901. Discussion succincte des observations. La nouvelle Carie de la planète, dressée sur la projection de Mercator, que nmis ollVons ici à n(.is lecteurs, i-ésume les dessins de Mars pris à Juvisy du 1-2 octobre 1900 au 10 Juillet 1901. Comme les pôles sont reji'tés à l'iiitini dans la jtrojection de Mercator, et l'iant donne (jin' la drfin'nialion îles laclies A haute latitude y est considé- rable, nous avons tenu à représenter la zone boréale de la planète, de -+- 30" lf llaulfiii' .I.Mir. • lu Cai' p., 1,1 ire. ilil n'TiIri' .lu :i\anl nu api'é: Iialc. ,|iie. Soirll. II* .ol>lice. Octobre Il . . 7o"± i200± 12.5" -H 3','7 — 181 )) V':! . . 05 -:>-- 3900 + 24 + 5.9 — 170 Décenilji'e -i-") . . Ifi 2700 1 90 + 10.4 — 110 .lanvier 5 . . i-2 2520 02 + 18,4 — 90 1 10 . . 'lO 2700 •l'i + 19,0 - 91 » 11 . . 'lO 2760 10 -.-l'J,ï — 90 0 14 . . i3 2580 .] i2 + 19,5 — .S7 ') 15 . . \-i ■.■.5^20 :i33 -,-19.7 — 86 » ■23 . . 53 25S0 120 +20,6 — 78 0 ■25 . . iO 2400 , 98 , ' 109 ( +20.8 — 76 Février 7 .. 3S 2280 1 +22.2 — 03 '> 10 .. 37 2220 s 314 , 1 .ni \ +22 , 1 — 011 ') 13 . . 3S 2280 291 H -22. 7 — 57 ') 15 . . 31 2040 313 et 278" +22,9 — 55 » 18 .. 32 19-20 23S -23,1 — 52 1) ■20 . . ^'.I 1740 221 +23.3 - 50 ■î 21. ... .. 31 1800 , 200 , 1 217 * +23,4 — 49 .. ■1.1 _ _ , .. 31 180(1 338 +23,4 — '18 Mars li . . 25 1500 3'i +24.6 — 28 .) 0-) . . . 25 1.500 280 +24.9 — -20 >> Vi . . . 30 1800 1920 207 2 1 5 +25,0 +'25.1 — 18 » 30.... . . . 32 — 12 Avril i .... ■>■> 1320 170 +25,2 — 7 0 7. . . . . .. 30 ± 1 800 -t-- 138 +25,2 — 4 0 18.... . . . 25 1500 i() i25,2 + 7 1» 20.... . . . 25 1500 27 +25,1 + i) 0 21.... . . . 23 1 380 23 +•25,1 + 10 )) 23.... . . . 25 1 500 «> +25,1 + 12 Mai lit.... •)•) 1200 l'il -K24.1 + 38 t) 20.... 22 1320 li +23,5 -i- 45 .luin y.... . . . 20 1200 307 +■22.4 + 59 » 2'i. .. . . . H) 900 119 +■26,0 + 74 .(iiillcl () ... 14 840 33 -i-26,2 + 86 ^ s3 cet. 1900 OliSI-.UV ATdllU; UK Jl'VISV. Si l'on coin pare co Tableau à celui (juc luius avous publié pour IS'.iS trouve que la uiarclic du phénomène a été com- parable pendant les deux oppositions successives. Au Aolslice d'Otr, les ito.igiis hori'alos sous-len- dent encore plus do >'()" de diamètre. Seulement. eu éfrard à l'exiguïté du disque en r.tOd-l'.lOl, 1 irradiation peut avoir exaiçéré les dimensions ries neiges un peu plus :\ la dernière opposition qu'à l'avant-dernière. \os observations do IS'.Ni ont déjà mis en l'vidence le phénomène que, pondant leur fonte, les neiges lancent parfois autr^ur d'elles des blan- cheurs éphémères, en recouvrant, eu partie ou intégralement, le bord de la véritable calotte ( ' 1. Or, cette année, ce phénomène s'est produit en- viron une quinzaine de jours avant le solstice d'été boréal, et a duré une semaine. Li' bord des neiges qui, le •,'■.' mars dernier, était très net. est resté indéfini du ■,'! mars aux premiers jours d'avril. En même temps, le diamètre de la con- densation polaire avait grandi, et son éclat a paru diminué, ce qui tendrait à prouver (|Ui' l'albedo de ces blancheurs serait inférieur :i celui de la véritable calotte |)olaire. Si la bande sombre qui entoure les neiges est un sol continental, on peut attribuer les blan- cheurs en question à une vaste précipitation de gelée blanche. Dans le cas contraire, nous pour- rions les considérer comme des formations de brouillards, ou même de nuages. Ô-23 IS'.i'.i. on 14 j'anr. lyoi 1 5 févr J""^ SI avril r'^ 19 mai 111. — IIÉTEli.MlNATIO.SS DE POSITION DE CERT.\INS POINTS DE LA SURFACE DE MaRS Nous avons pu obtenir les neuf mesures sui- vantes de quelques points de la planète : ■'^*- .^»»'» (I*- lii l;iclie. Lt)n;.'il. I.arii 1. Bord précédent de la mer .\cidalienne. 'i'^ —on i. Pointe de la Petite Syrte -258 — S :!. Centre approximatif de II Copais I.acusu. 27S -^57 4. Pointe nord de la Grande Syrte i;.s4 +!',) (') Voir plus haut. p. Î89. r>. ■2^ juin rv 6 juillet niiiiinution d'étendue des neiges horeales de -Mar.'; en ImOO-1901. 5îi LA PLANETE MARS. 1901 N". Nom de la tarhe. I.ontîituiie. Lalittide. o o 5. Emboiicliure de l'Astaboras 291 (' -t-ll 6. Centre de Coloe Palus 299 -*-41 7. Pointe de la Corne d'Amraon 313 — 13 8. Pointe du Port Sigée 333 —8 0. Centre du Lacus Ismeniiis 33'i -i-39 Ces mesures, dont l'erreur maximum ne saurait dépasser 3°, montrent : !" la grande précision des Cartes de Schiaparelli, et 2° l'exactitude des éphéniérides de M. Croinmelin. IV. — Esquisse topogr.4phique de la pl.4nète en IOOO-1'.IOI. NOUVE.A.U.X CHANGEMENTS. Ia\ Région du Sinus Sahreus. — La baie fourchue du Méridien s'est montrée excessivement nette et accusée à la dernière opjiosition. Elle fonstituait la tacha la plus foncée dp la planètp. comme au temps où Béer et Madler construisirent leur carte. Xisuthri Regio est restée assez vague. Le littoral du Sinus Sabœus vers Edom Promontorium était gracieusement recourbé en arc de grand rayon. Ismenius Lacus n'était pas un objet très difficile, mais il n'en a pas été de même d'Arethusa Lafus. (()! Margarilifer Sinus, Aurorn' Sinus et .l/ace Acidalium. — Le golfe des Perles était plus foncé peut-être qu'en 183S-I8'.I',). Deucalionis Regio aussi nous a paru plus .sombi'e que d'iialiitudo. La fontaine de Siloë était d'une ob.servation assez facile. Le pont d'Achille a toujours été visible, mais le lac Niliacus s'est montré bi^aucoup plus pâle que la mer Acidalienne. Cette dernière était un peu moins foncée qu'en 1899, ce qui corrobore l'hypothèse d'un changement de ton siihordODnr aux saisons de la pianote. No.s récentes observations nous ont con- firmé dans l'idée que l'intensité de cette mer varie inversement avec la hauteur du Soleil au-dessus d'elle. Les observations de 190.'1 seront précieuses à cet égard. L;i forme de la mer Acidalienne rappelait celle d'une poire, la pointe en bas. Baltia et Xerigos étaient à peine plus grises que Tempe, ce qui isolait en quelque sorte la mer .Vcidalieune dans les régions contineulalcs de l'hémisphère nord. ( et Lac du Soleil. — Ce lac a été d'une observation très difficile, et la position inclinée de la planète ne contribuait guère à accroître sa visibilité. Le Palus Mœotis était aussi une tache faible. Toute cette région de Mars a été observée dans di'>. <;onditic)ns très désavantageuses. (d) Mare Sirenuni. — Rien de particulier iri. Atlantis presque invisible. (e) Mare Cinnneriuin et Triviuni Cliaionli>^. — Aucune trace de Cimnieria (') Eu I.ST'J, M. Schiaparelli a trouvé pour ce pnini la valeur 29',)°,llj, supérieure de 8° à la iiOlre. Nous pensons que c'est là une eri'eur Iy|pographiL Schiaparelli. La grande intensité de la Boréosyrtis en 1898-1899 s'est maintenue, quoique atténuée en 1901. Conclusion générale : La surface Je la planète varie cunstaunnent. Effets de l'eau'? végétation'? marécages ? Les saisons y entrent pour une large part. V. — Les demi-tons de l'hémisphère boréal. Nos Cartes actuelles diffèrent sur un point fondamental de celles de M. Schia- parelli ; c'est que toute la calotte polaire de l'hémisphère nord, depuis -i- 45° de (') On se rappelle qu'en 1877 M. Schiaparelli a baptisé du nom de Nil l'immense canal unissant la pointe de la Grande Syrte a Ceraunuis, et furmé aujourd'hui descin'i segments de yilosyrtis, Premier Nil, Deuxiftne Nd, Corne du NU et Nd propre- ment dit. (') Voir plus haut, p. ô09. (^) A cause de sa proximité du canal Heltconius. Sefi l.A PLANfifTE MARS. l'.lOI latitude mnyeniio jiisqu'nu ihjIc. iii>iis a paru recouverte d'uu insensible demi- ton, limité au Sud partout ]iar des canaux ( '). Il convient d'ajouter que nous ne sommes pas les premiers à voir Mars de la sorte, et que MM. ivreen, Knobel et Lolise nous ont précédés dans cette voie. I,çs divergences sur ce point sont-elles réelles ou subjectives? Tel observateur I)cut voir des ligues très fines, tandis que tel autre les manquera, tout en y soup- çonnant des estompages invisibles au iiremier. 11 nous parait probable que ces insensi))lcs demi-tons sont réels. \'l. — Les Tc:nnKs qui hi.anchissknt avec, i.'ohliquité. Ce beau phénomène a été bien observé, et à i)lusieurs reprises dill'érentes, eu l'.lDO-r.Hll. Le Tableau suivant contient les principales de nos observations ayant trait à cet ordre d'a|iparences : h.iles. Itlam lifiii ;ui bord. l'.lIKi. Déi'einbi'e 'iJ Electris blanche au liord sud. l'.iill. .l.iuvier -'i Ogygès Hegio Ijlanche au .Sud. 10 Noachis blanclie au Sud. 1, Argyre blanche au Sud. >j Ldom blauch.Ure au terniiuateur 1) Il Nuachis blmii-lie au Sud. » Argyre blanche au Sud. 1) Kdoui blanchâtre au teruiinateur. 0 Tempe blanchâtre au limbe droit. 1. 11 Chryse blanchâtre à droite. » 1.') Noachis blanche en haut. .. Chryse blanchâtre au liTiibe suivant. 1) 23 Icnria Idaiicho au termiualeui'. Février 7 Chryse blanche ,à droite. u 1(1 Thymiainala blanche au liiulu-. 1) ... Argyre ('olatante en haut. )) Ki Hellas, légèrement blanchâtre au Sud. Il l.'i Aeria blanche â droite. » IS .\usonia bl.'iiichâtre en haut. 1. Aeria blanche â droite. (') G'imme coucliisiou de ses observatiMiis de Issii. M. Schiaparelli indiquait déjà les points suivants : La calulle polaire l>oi'éale, du (JU' degré au pôle, montre des régions d'aspects diffé- rents : 1° Surfaces jaunes continentales, s'étend.-nit du ,'iiu degré de longitude au i(l' sur une longueur de MO"; -'° Taches grises comparables aux mers de l'autre hémisphère, telles (pie la mer Jioréale et le lac Hyperboreus; :!• Deini-teiiiles analogues aux terres de Mare l'^rythraniui, telles que Ballia-Nerigos, l>emuria, Paiichaia, Uchronia, et entourées d'estompages plus ou luoins larges i, Lacus Arseniiis, Cepliissus, (iyndos). Toutes ces régions sont assujetties à de très grandes variations de tons. Mais on viit qu'il n'y est guère question des demi-tous insensibles envahissant les ri'gions continentales de l'hémisphère nord. OnSKRVATOlUH DK HVISY I>alc>, lîliiiirlu'ur uii luird VM)\. Février IS Zepliyria lilaiichàlre à gaïu-ho. ■• Amazonis lilanc'hàtre à gauche. » '.'(1 Libya blanche au limbe droit. >■ Kridaiiia blanche eu liaiil. " ■'! Libya blanche a droite. i> Eridania blanche au Sud. Mars ',''.! .Veria blanche à droite. " 2i Aeria blanche à droite. ■ .311 Libya blanche au terniinatenr. .luin '.I HoUas très brillante au Sud. 527 IjGS principales terres qui ont ëti' vues blanchissant avec l'obliquité sont indi- quées par lia b sur la Carte. \ll. — l,i:s lANAI \. Le nombre de ces lignes vues à Juvisy ou I'.iO(l-l".M)| est de .')0, dont 40 corres- pondent à des canau.\ de M. Schiaparelli, une à ceux de M. CeriiUi, tandis que les trois autres sont nouvelles. I. . Carte de M. ScMiArAHiiLi.i I. Adanias « Pscudo-.^-'thiops 0 .•Esacus. .•i. .-Etbiops. 4. Anienlhes. 5. Arnon. 6. Astaboras. 7. Boréosyrtis. 8. Gallirrhoë. 9. Casius. 10. Cerauiuus. 11. Cerberus. 11 Chaos. 13. Choaspes. 14. Cyclûps. lô. Deuteronihis. 16. Erebus. 17. Eunostos. 18. Enphrates. 19. Gala.Kias. 20. Ganges. 21. Gehou J. 22. Gehon 11. 23. Granicus. 24. Gyndes. 2,i. Hades. 2ii. Helifonius, 27. Hiddekel. 2S. Hvblœns. 29. Hydaspes. .30. laniuiui. 31. laxarles. 32. Indus. 33. Kison. 34. La'strygon. 35. .Nilokeras. .30. Nilosvrtis. 37. Orcus. 38. 0 routes. 39. Phison. 40. Phlegethon. 41. Pierius. 42. Protonilus. 43. Styx. 44. Tanaïs. 45. Titan. 4r,. Typhonins. II. Cahti; de m. CEiifi.i.i. 47. (c Sitacus ». IIL NoIIVEAU.X r.AX.MX. 48. n NasamoM ». 49. « Perniessus » ; ' ' . 50. 0 lihyndacus u (-). (') 'O Ikp(j.r,G-'jô;. fleuve de Béotie, tout près du mont llélicon. {■) 'O 'P-y/ix/.o-,. fleuve de Bithynie, qui se jette dans la Propontide. 528 . LA PLANETE MARS. 1901 Ainsi iju'oii le voit, pour le baptême des iKniveaux canaux nous nous sommes inspirés de la nomenclature des contrées voisines. Environ un quart des canaux observés à Juvisy formait le bord et comme la lisière de demi-tons d'une intensité très faible. Nous avons remarqué trois géminations seulement, dont deux frappantes, celle du Cerbère, dont les deux traits se prolongeaient jusqu'à la mer Cimmérienne. ot celle du Casius, visible sans difficulté. Le Styx a été soupçonné double ^i plusieurs reprises, mais il ne s'est jamais présenté composé de deux traits paral- lèles nets et bien espacés, comme les deux canaux doubles dont nous venons de parler. Telles sont les principales observations (jue nous avons pu faire à .luvisy pendant celte opposition. Dans le Tome XXXII des Annales de l'Obseï vaiolre de Harvard Collège, M. William Pigkeri.vg a discuté loniuiemenl les observations faites à l'Observatoire de .luvisy par M. Antoniadi et par moi sur celte curieuse et énigmatique planète Mars, et se déclare préparé à adopter l'explication optique de la gémination des canaux, fondée sur une mise au point de l'oculaire un peu ditrérente du foyer, mise au point qu'on serait porté à continuer, lorsi[u'on a observé une gémination. précisément dans l'idée ([ue le dédoublement est réel et doit être vu. M. Pickering fait remarquer, néanmoins qu'il y a sûrement des objets doubles, par exemple le dédou- blement du Trivium Charontis dont j'ai observé les préludes le 5 no- vembre 1896 et que M. Antoniadi a vu ensuite netteiuent double rini] jours plus tard {voir plus haut, p. 280). Ur, M. Pickering déclare avoir constaté la même duplicité àArequipa. Elle ne parait ilouc pas plus douteuse que celle de la baie du Méridien, quoiijue variable. L'explication optique des géminations, quoique fort ingénieuse, ne doit pas ëti'e acceptée à la légère. Ne nous pressons pas. CGLIX. — MiLL0CH.\u. — Observations faites a l'Observatoire DE Meudo.v ( I). M. Millochau a [)u observer Mars, cette année, à plusieurs reprises, avec la grande lunette de 0"',83 de POliservatoire de Meudon; mais il n'y a eu, dans le mois de février, que quatre nuits où l'état des images ait permis de distinguer de petits détails. Voici le résumé des observations : 12 févrin. .".;"J Les boriLs de la Uraiulo ïJyrle, du Sinus Sakous et de la liaie du Méridien, cùié nord, sont nets et bien tranclu's; des deux nointes de la baie du Méridien se détachent deux proloimements faibles et estompés (Hiddelud et (lehon). La réirion séparant Mar-aritilVr Sinus de la baie du Méridien est faiblement teintée. Coloe Palus, Ismenius Lacus et Dirce Kons ont leur partie centrale assez foncée et leurs bords tbius et estompés; l'rotonilus et henteronilus les réunissent, ("à- Fis ?Ai. — 12 évrier. Qi'O"' Fig. 34."'. — '2J février, 0''0'» Fig. :j4ti. — i-2 février, i-i'-M". Ki-. ;;47. — 18 avril, SPSJ". OBr;ERV.\TlONS UE M.\RS EN IO(JI, F.\ITES -WEC L.\ GRA.XDE LOEriK DE L'(.)H5EK\ ATOIRE III^ .MEIIDON. lotte polaire forte à bords nets; à l'Est, .VcliiUis Pons et Lacus Xiliacus ifig. .'i'iii. 2-' février 0''0"'. — .\ir calme, assez bonne netteté, avec moments de vision excellente; ciel un peu brumeux; grossissement 130. ,Ie vois d'une manière con- tinue, et très nettement, deux ponts blancs, étroits, dont un très court, sur Cer- berus '[iii est large, avec des bords nets et traii'diés. L'Elysium est blanchâtre. F., IL 34 oHO ' l.\ IM.AXETIi MARS. 1901 >laro Ciinmeriiiin est travcrst'-e par nu canal très sombre, en forme de virgule renversée, et qui rejoint Mare Tyrrhenum en traversant l'Hespérie. La Grande Syrtc semble être limit<'e par les mêmes rivages qu'en 1896. Coloe Palus, Pseboas I.arus et Astusapes sont visibles près du bord nord-est ifig. :ii.")). •,'•,' IV'vrier '2:i''.')5"'. — Grossissement l.'io. Netteté moins lionne ([ue le jour pré- cédent; on voit encore liien les dc'tails. Cerberus étant plus |irés du nirridien central, le pont qui semldait très court le '.M lévrier parait, maintenant, [u-esque aussi long que l'auli-e. Le canal traversant Mare Ciinmei-ium est toujours bien visible, l'asiiect général est d'ailleurs absolument le même que la veille {fig. :H46i. 18 avril il'':!."!'", - Grossissement :i;'(i. air aitité. L'état des images ne permet- trait pas de voir de canaux. Phase marquée. La calotte polaire est très petite, ses bords du côté est sont mal délinis. A l'Ouest le l'ont d'.Vchille et Xiliacus Laciis. au Sud .\uror;e Sinus, Solis Lacus et Tithonius Lacus ; dans la partie nord-est du disque se voit une sorte de grisaille mal définie, produite par Luii.'e Lacus et les canaux voisins (fig. 34Ti. L'observateur ajoute qu'il a eit iietlement ceUe année l'impression que les observations de 1899. avec la iiiênie Itmelte. lui avaient déjà produite. Il a vu les canaux comme une sorte de chapelol île petites masses sombres, irréguliéres, ayant, eti plus l'aihb,'. l'aspecl sigtiab' le 1"2 février pour Isme- nius Lacus. Le grossissement de 43(1 currespond a ntie image d'tnie grande intensité liitnineuse, rolijeclif ayant 0"',83 de rliamètre et 16'" de distanci' focale. Les detix ponts traversant le Cerliére sont remarquables. L'auteur ((^jui se trouve auprès de moi ;iu moment ou j'écris cette page) s'en decdare absolu- ment sur, ainsi que de la configuration au-dessus de l'Elysium. GCLX. — (OBSERVATIONS DE M. .1. GO.\r.-VS SOL.^, X B.\RCEI.ONE (G. Les observations continuent dignenienî celles (|uo nous avons publiées jilus hatit. LUes ont coiunieni'é, écrit l'auteur, aux premiers jours de décembre 1900, pour fiinr en mai l'.tOI ; elles mit été faites avec l'éqnatorial Grubb de (i pouces armé 3-: LA IM.AN J:TE mars. 190f '.} pouces. ( »n voyait aussi uue tadic L'i'isàtre au milieu de l'Elysiuin. (|ui ccrrespondait, peut-être, à Galaxia. mais qui n'avait |ias le moindre aspect d'un l'anal ; elle présentait plutôt un asi)ert radial vers les lacs cJii févriei'i. Enfin, la réiiion de l'Elysiuin ajiparait 1 dans mes dessins avec une 3 grandeur bien plus oonsidé- 1 rahie que dans la plupart des j autres dessinsque j'ai pu vdir. i^ Cyclops, .Ethiops et I.éthé ^ à peine visildes. Ilesperia. fa- ^ cilo et paraissant se continuer ?: avec Ausonia. Alcyonus est 2 1res l'once, de même que le ^' canal le reliant avec Ileplia'S- § tus, qui apparaît comme une . ta<;he l'unde très sombre. - N'eus ari'ivDiis maiteuaut à ~ la région de la ('■rande Syrte. i Cette \ aste mer a otïert l'as- i ]iect habituel, a\ec la hil'ur- ^- cation que J'ai sit:nalée depuis < I8'.l'.l. Mais les deux canaux S bifurques, l'un, le Nilosyrtis = et l'autre, celui que MM. Flam- ï. niarion et .\ntniiiadi ont nom- '; nié Xasaniou, sont très fai- ^ blés et moins accusés qu'en ^ IS'.I'.I. Cependant, les lacs aux- " quels ils aboutissent conti- -ij ■2 nuentàêtre ti'ès foncés. Celui de tfauche est .\lcyonus. iléjà cité, et celui de droite. Colœ Palus, qui est tout :\ fait noir, res.sortant dans l'image téles- co|d<[ue comme un point d'en- cre de Chine. La présence de ce point a été signalée par moi de])uis roiii>osition de 1S',I7. COMAS SOLA. — OliSKIiVA l'KiNS A li MU. i; I.DNiï. :>:i3 I.a (-'■rauilo Syrte et t'Uis ses environs sont actiielleniont tri's diilerents des cartes courantes de Mars. La Liliye est petite et peu claire, et le lac Mu-ris très difticile. Tiiotli i?i. l'hison et Eiiplirate sont très faibles. On voyuit aussi CKnotria. Vers le hoicl sud de la planète, Xoaehis. généralement claire, se dc'tacluiit par sa blancheur. Projertion:< lirithtuti'^- — KUes n'ont pas été si nombreuses qu'en ISl.ltt. I,c ?3 janvier, à ■,'•,"' :îI>"', ou aperçut dmix petits points éclatants nii terniiuateur (>t placés dans r.\rcaili(/. l'rés du Pyriplilegetlion et dans l'.Xrcailie aussi ou pouvait remarquer, le ;'3 janvier, une tache très brillante vers le milieu du disque; le 2.') janvier, cotte tache se détachait sur le tei'minateur avec nue très intense blancheur. Entre autres régions très brillantes, il faut citer Ophir, partie nord de l'Aeria, partie sud-ouest de l'Elysium. Isidis Itegio et, en iféiiéral. les bords des mers. Dans le planisphère, les rétrious les plus lu-ilhiuies sont indiquées par des lignes poiutillées. Calotti; pobiirr- liiirè.ili'. — Cette c;ilotte a pri'senté presque toujours, comme d'habitude, uu rebord très foncé, surtout dans la période de plus rapide diminu- tion ou fusion des glaces. Dans ce rebord obscur j'ai vu quelquefois îles î.i et "25 janvieri des [joiuts noirs, au noi'd de l'rcqioutis. Mais le rebord avait presque disparu quand la calotte neigeuse s'est transformée en une petite tache blan- châtre, peut-être fiu-mée de nuages seulement. Je donne ci-dessous la 'l'able des dimensions de !a calotte iléduite île mes dessins faits avec tout le soin possible. .\ partir du 28 mai'S, on remarque une subite augmentation, qui nest jias due à de véritables neiges ou glaces, mais, probablement, .'i des nuages. A partir de ce même jour, la calotte fut sujette à de grandes variations d'étendue : sa, blancheur n'était pas si intense qu'aujiaravaut. 3 déceiiil) . ■i.'> 9 — .. 'iS 11 - .. 'iS 12 - .. 4'.» 13 - .. 'iS 2U - .. 38 2(i - . . 31 i 3 janvier. . 37 8 - .. 3.-) 11 - .. . 31; Halos. Kleniliie 0 IWI.'S. rU'iMliie o Iirilos rk'ii.i- 13 J.iuvier . 3» 25 février . 2,i 1 avril . .. 15 is - . . .31 i 2t) — . . OO i — . .. 10 20 - ., . 38 ■,17 — . . es 1» — . .. 8 U - . . 3ô * mars. . . IJ !,■) — . .. 12 2.) - . . 34 10 — .. lô IS - . .. 12 3 février. 2S 15 — ., 13 21 - . ,. 12 'i — . . . 2!l 17 — .. 11 o mai. . . , 20 lu - ., . 28 l'.l -^ . . 10 !» - . .. li \i - . . 30 21 — ., 10 lu — . , 2.') ^S — . . 20 Angle de positii>ii (^' /<•( 'alotte huréale. — .Vtiu de conlirmer le contrage po- laire de la calotte quand eUe était petite, j'ai détermine son angle de position les 1,"). 17. r.l, 21. 22 et 2X mars et 1 , 4 et 10 avril. En comparant les résultats que j'ai obtenus avec les angles donnés par l'éphéméride de M. Crommelin, je ne trouve aucune ditTéi'ence systématique, sinon de simiiles erreurs accidentelles; ô34 I.A PLANÈTE MARS. 1901 c'est-ù-dire que la calotte boréale a été sensiblement centrée au pùle, eu admet- tant les l'iéments adoptés par M. Croiiinielin. Coiisiih'raiions générales. — Les considérations générales que je pourrais l'aire sur mes observations seraient exactement les mêmes que celles que j'ai l'aites dans d'autres oppositions et. par cette cause, je n'y reviendrai pas. Mais je crois devoir insister sur deux ([uestions importantes : les changements et les canaux. .Sur les changements, je diiis dire, comme impression personnelle, qu'après les sept oppositions de Mars que j'ai observées avec toute assiduité, et laissant à jjart toutes les variations imput.ibles aux atmosphères de Mars et de la Terre, à la dilVérence des instruments employés et à l'inclinaison du rayon visuel sur le pl;ui de l'équateur de Mars, je n'ai remarqué aucun changi'mcnt certain dans les détails topographiques de cette planète. Je crois que l'impression d'un uiènie observateur a beaucoup plus de poids que la comparaison des observations faites par des observateurs ditt'érents, affectées toutes d'une sorte d'équation person- nelle qui doit fausser la comparaison de ce genre de travail. Cii n'est i)as notre opinion. l'i.uir nous, les changenieuts sont reids. \'oici les explications Lirs dans toutes les occasions possibles avec une excellente limette de 108""", et, pendant l'opposition de 1891), j'ai suivi la même planète au moyen d'un très bon réfracteur équatorial de 0™,'22. Avec ce dernier instrument, j'ai mesuré des étoiles doubles jusqu'à 0", iO d'écartement, et le premier a donné des preuves do sa grande perl'ection. Ces instruments sont donc comparables avec reux qu'ont employés d'autres observateurs dans les études de Mars. L'observation des canaux de Mars ayant toujours été l'objet de mon attention, je me permettrai d'exprimer mes idées personnelles sur ces canaux, sans aucun préjugé, dans l'espoir qu'elles seront utiles à la Science. L'impression princi|iale que m'ont faite les canaux, c'est qu'ils sont, en général, larges, estorap(''S. et le plus souvent très faibles, quoi(iue la jdupart semblent suivre des tracés géométriques. Il y a parfois des canaux très foncés et minces ij'en ai vu quelques-uns I ; mais l'inmiensi' majorité des canaux qu'on peut voir ave- un huit pouces, par une image parfaite, ItMliamètre apparent de Mars étant de 11" environ, ou avec iiu quatre pouces et un diamètre app.'ireut ibuible, sont faibles, larges et estompés. .M. Schiaparelli et bon nombre d'observateurs ont fait, d'ailleurs, la uiême reiuarque. Maintes fois, tandis que je voyais les limites des coniiiieiits avec une netteté irréprochable, les canaux l'taieiit vagues, diffus, ce ipii proine que ces aspects étaient objectifs. .\ iiiun avis, presque tous les dessins de Mars, surtout depuis les très célèbres (') Hnlh-tin lie la. ■rniers temps, ou a dessiné trop de ligm'>> minces et jéomiHriques sur le dii^quc. de cette pUméle. ('"est sans doute inévitable ; mais il faut reconnaître que. jeur. les obser- vations étant faites avec des télescopes de 0'", !('> à 0'", ■.*"). et quelques-uns qui ne dépassaient pas 0",0o observés ave<' un miroir d'ur\ peu plus de 9 pouces, ("est absolument impossible, et je crois que ce serait suivre une mauvaise route que de construire des bypothèses sur l'inspection de ces dessins. 11 me semble donc que si nous envisageons la question des canaux en obser- vant directement la planète et tenant compte de toutes les causes qui peuvent affecter ces apparences, la question change complètenieul et se simplilie beau- coup. Mon idée a toujours été que la plus ou moins grande régularité que petivent présenter les canaux n'a d'autre origine que la petitesse des détails observés et les imperfections de la vue. Du reste, la même opinion a été exprimée par M. ('e- rulli dans sou récent travail sur Mars. Cependant, j'accepte, comme on verra plus loin, que les grandes lignes ou bandes martiennes qui sortent des baies, quoique très imparfaitement vues, sont des unités physiques. Pour me convaincre des idées exposées plus haut, j'ai fait diverses expériences. J'ai dessiné d'une manière capricieuse et à grande échelle des détails quelconques, m lis ayant soin que les esquisses générales fussent semblables à certaines régions de Mars, comiue, par exemple, la Grande Syrte ou le polygone de l'Elysiuni; puis, j ai regardé dans la chambre obscure ces dessins en réduisant l'image jusqu'à ce qu'elle paraisse de la même grandeur que l'image télesco[uque. Le lésultat, comme ou pouvait le prévoir, fut absolument frappant, et chacun peut facilement le répéter. Malgré la grande netteté de l'image donnée par l'objectif photographique, netteté bien supérieure à celle de l'iinase télescopique. puisque dans le pieiuicr cas on sup- prime l'atmosphère et ramplification. la tendance des détails à se ri'gulariser ei à prendre des aspects géométriques est tout à. fait manifeste. Oe cctti.' façon, j ai reproduit, avec une ressemblance extraordinaire, différents aspects de Mars. Arrêtons-nous un moment sur les grands détails martiens. Tout observateur de Mars connaît bien les lignes régulières que dessinent les contours de cette planète, ronds comme ceux de Chryse, Memnouia. ou doucement ondulés comiue ceux d'Aeria; droits comme ceux de Mare Sireunm et Mare Cirnmerium, que, 53ii LA PI^ANÈTK MARS. 1001 (Ian< certains dossins, on représente comme de^ rectangles; droits aussi comme Atlantis on légèrement courbés comme Hesperia : tout, dans Mars, semble géo- métrique. De même les terres circulaires ou elliptiques comme llellas et Thau- masia, les lacs rmids comme ceux du iSoIeil, de la Lune, ou rectangulaires comme l'ropontis (dans quelques dessins); les ponts absolument droits aussi, comme ceux dWchille. ilu Soleil, des Ktoiles. etc. : bref, dans la planète Mars, tout parait plus (ju uiiuns régulier, aussi bien le tracé des canaux que les contours aréogra- pliiques! I.a raison est toujours la même : tout provient d'une visibilité imparfaite. Nous Voyons seulementune esquisse optique de la planète, c'est-à-dire les grandes ligni'g tiioiicniios de tous les détails de Mars. Ces idées sont contii'mées par d'autres faits. M. Schiaparelli a dessiné sur Mer- cure des détails semblables à des canaux; M. P. l.uwell a dessiné sur Vénus des canaux tout à fait semblables à ceux de Mars; M. Douglass a vu aussi des canaux sur le [u-emier satellite de Jupiter. On pourrait citer d'autres exemples, mais cela suffit sans doute pour montrer que la régularité des détails planétaires peut être parfaitement une conséquence de leur iietitesse et des diflicult('s de la visibilité. Cette régiilariti' pourrait avoir pour origine une ou plusieurs lois naturelles, in;ilgi-(' les variations ou pertur- bations ijue celle-ci comporte dans son développement. Si, à ces considérations, nous ajoutons les exagérations presque inévitafiles des dessins, on comprendra bi(Mi l'aspect prodigieux lic cet ine.vtricabb réseau de lignes qui ap|iarait dans les Cartes de Mai-s. Partant de ces principes, l'explication des c-maux martiens peut être naturelle, sans avoir recoiu's à des liy])Otlièses gratuites ou très prid)léniatiques. Je no pré- tends ilé'velopper aucune théorie, car nos connaissances sur Mars sont encore trop insuffisantes pour (-ela; je ne ferai qu'exposer une suite d'idées qui, jusqu'à présent, ne semblent pas en contradiction avec ce que nous savons et qui réu- nissent Sous une uii'Mue doctrine quelques opiiiions déjà é'mises sur cette ques- tion. Je noterai, d'abord, (|ue, dans le disque de Mars, il faut tenir compte de trois espèces de taches : taches claires (blanches, jaunes, rosées, ocrées, etc.); taches foncées, formaiu la plus grande partie des n'gions appelées « mern », et enfin les taches très foncées et noires. Celles-ci se trouvent principalement dans les baies et lacs, suivent en génér;il les cotes et forment hnijoun^ les extrémités des canaux. Je crois qu'on doit reg.anler les r<'giiuis claires comme des terrains élevés, souvent couverts île brnme, de brouillard, de neige ou bien de glace dans les caps polaires. Ces terrains élevés seraient stériles par le froid et la rareté de l'atmosphère. Pour les régions foncées, (ui peut les suii|ioser b.asses et peuplées de vc'gétation ; enlin, les régions noires seraient des bassins ])leins d'eau (ou autre liquide), laquelle serait devenue très rare déjà, comme couséiinence naturelle de l'ancienneté delà planèti'. I')n tout cas, l'hypothèse cosmogoiiique de M.ilu I.igondès, qui assigncà Mars une formation beaucoup plus récoulo, ii'appi userait aucun obsta(de sérieux à la r.arcti' de l'eau martienne, ]irésoinptioi: ipii, d'un .-uUre cot('^ contii'Uierait toutes COMAS SOLA. — OItSKIt VATIONS A li A UC.Kl.nM;. .-,:i7 les observations. La classiiicatimi (|iio j'ai l'aile des taches île Mars ri>n'espi)iiil. en quelque sorte, ;\ celle de M. I.nwell. mais je u'aecepte auruiii' iiilei-vi'uticpn artifi- cielle dans la distributidii des eaux, et je suppose que toute l'eau martieiuie se trouve, par voie uatui-elle, en eommunieation superlicielle, souterraine ou atmosphérique. Quant:'! la particularité que les mers présentent (le mot jnerest employé ici par convention l d'('tre en ^'énéral plus roncé'(;s pri'-s des côtes claires, je crois que cet effet, qui n'est jias sûrement de contraste, s(>raii un résultat d'une des lois de Guyot et Dana, modiliée p:ir M. de l.apparcnt rt ap]diquéc :\ Mars. (''ost-A-dirc qu'à coté des irramles altitudes se trouvent les |>lus prid'ondes di'pressions, dans lesquelles se serait réunie la faible (piantité d'rau ((ui reste sur la planète Ce phénomène peut aussi être inlUiencé pai- b" ton foncé des eaux de filtration des montagnes ou hauts plateaux voisins, etc. Ces mêmes raisons expliquent sans doute la teinte somiu'e des taches jirés des calottes polaires, pendant la périoile de fusion des glaces, et la bordure très foncée ((ui >uit celles-ci à mesure qu'elles se rétrécissent. Imi-dure indiquant l.'i pi'ésence t\r terrains inondés. Quoique la visibiliti; de cette planète soit très déi'ectueuso, il faut avouer cepen- dant qu'il existe certaines unités ]diysiques ([ui, vues imparfaitement, alïectent des formes pins ou moins linéaires ou des bandes i-elativement réi,''ulièi-es. Ce sont, du moins, les grands canaux qui sortent des baies et relient celles-ci avec des lacs ou mei's, comme, par exeni]>le. le Nilosyrtis. l'Indus, le Gange, etc., canaux faciles à voir, en général, et licmt l.i plupart .avaient été observés avant M. Schiaparelii. flans la même catéirorie d'unités physiques, il faut placer quel- ques canaux qui sont sans doute des vallées intérieures étendues comme leNilo- keras. le Styx, le ( 'erbère, l'Eunostos, l'Hyblacus. l'es derniers entourant la région do l'Elysée, qui est pridiablement un plateau très élevé, de même que les can.aux qui sont de simples d(''troits. comme .\scanius, Scamandre, Xanthus, Euripe,etc. Ces canaux (je souligne ce mot, car ce sont sûrement des unité's ]diysiques i pour- raient être ilus à des affaissements du terrain, par suite de la cimtraction continue, au long des lignes de moindre rési.stance. l'ar cette raison, ou voit les canaux relier de préférence les pointes des baies des mers et des bassins lacustres. Comme conséquence de ratTaissement du terrain, la vie végétale pourrait se déve- loiqier dans les vallées, il pouiT.aii aussi pénétrer de l'eau dans queb.[nes-unes de celles-ci; ces dernières seraient les c;()i,-u/.Y noirs i souvent par intermittences) et les premières les handes faiblex. bien que dans celles-ci il puisse couler de l'eau, m;iis en trop faible quantité pcjur être visible d'ici. Il seudjle, en ert'et. que Mars a dû être le siège de plissements ou contractions analogues à cmix do la Terre. D'un autre côté, sur notre planète, nous voyons se nianil'ester aussi (|iielques lois géométriques, quoique très boideversées dans les détads. par exemple, les continents scuit pointus vers le Sud et les mers pointues vers le Nord, et l'on voit une certaine opposition diamétrale des mers et continents i de même (|ue sur la planète ^lars i. sorte de défiunnation tétraédrique tendant à former des facettes polyédrnjiies. Il semble donc que la géoloi^ie inar- ■''38 |,A PLANÈTE M Alt S. 1901 tienne doit ôtn; comparable h celle de la Terre, mais consiilérablement plus avanci'e. Tuntelois, à l'heure actuelle, l'oxplication ^éolog-ique de ces apparences est, à mon avis, secoudaire; c'est l'affaire des géologues de recherclier la cause la pins jirobalde de la morphologie martienne. L'important, en premier lieu, est de démontrer qu'une loi géologique peut être l'origine des aspects des canaux, malgré la régularité que dans certains cas ils peuvent présenter. Il reste à expliquer encore les canaux secondaires, ce réseau compliqué de lignes que chaque opposition augmente davantage. Ces lignes, à mon avis, peuvent avoir, en partie, la même origine que les cannux, c'est-à-dire être des grandes failles du terrain; mais la plupart n'ont pas d'autre origine, je crois, que les petits détails topographiques que, par une vision imparfaite, l'ceil relie entre eux. (M pourrait encore admettre comme origine de ces canaux les nuances du terrain ou do l'atmosphère, les limites des régions claires et, très souvent, des images subjectives, le tout beaucoup exagéri; dans les ilessins. Une preuve de la vision imparfaite et du caractère douteux du plus grand nombre de ces détails si délicats se trouve dans les ènoriries divergences qu'on remar(|ue entre les flessins d'observateurs différents faits au même instant. Par une illusion explicable aussi, on voit fréquemment, dans les intersections de ces canaux, des nœuds ou lacs. Les canaux, tels (pie nous les voyons, sont donc, pour la plupart, des images fausses, fantasmagoriiiues, qui disparailrdent sûrement si nous iiouvions voir la surface do Mars à quelques centaines de kilomètres de nous. Quant aux variations qu'on a observées, avec sûreté, dans les terres, mers, canaux, etc., idlcs peuvent avoir une facile explication ilans les nuages, brouil- lards, pluies et, surtout, dans l'état des glaces polaires, c'est-à-dire dans les varia- tions climatologiques et météorologiques qui intiiieraient, en dernier lieu, sur le régime hydrographique et sur la végétation. La ce ([ni concerne les canaux dans les mors, on j)eiit faire les mêmes réMexions que pour les canaux continentaux. Les taches blanches, près du limbe, seraient des nuages ou brouillards, et la grande visiliilit('! des canaux et autres détails ([u'on observe (|uelquel'ois loin du méridien central poiUTaient s'expliquer |)ar l'elTet de contraste plus accusé des environs nuageux et plus blancs en vision obli([ue; on ponri'ait encore les expli- quer par le raccourcissement des canaux, (jui aurait pour effet do montrer comme des lignes délié(\s des zones ou bandes largos et estompées. .b; crois (pie, dans tout cet exposé, il n'y a pas de contradiction avec aucun principe scienliliiiue reconnu, et il donne pleine et facile explica!i(m des phéno- mènes observés jusqu'à eu jour. Reste cependant une difficulté qu'cm rencontrera toujours dans toutes les hypothèses iniagin;diles : c'est la gemin.ation. l'eut-etre cet étonnant phénomène est-il dû à des bandes de nuages i]ui se disposent au long des vallées; peut-être est-il dû à des piiénomènes de double réfraction, ou à des vallées voisines sensiblement parallèles, ou simplement, en partie, à la fatigue oculaire cl à des illusions':' Sur ce phénomène de la géminati(ui, je n'ai aucune impression personnelle. piiis(pie jamais je n'ai pu f)bserver ((uelipie OBSEUVA'KUIU-: L(UVi:i,l., A I LAIiST.vrK. 53;» gémiiKitiûii avec sûreté i je soupçonnai double, seuleuienl, le Gang-e. en I8'J2 ). mais il me semble qu'il pourrait bien naitre des modi(i''ations atmospliériques ou végt'talos ilc Mars, vues très imparfaitement d'ici et donnant l'etTet de lignes minces et parallèles à ce qui ne serait que des formations irrégulières; mieu.\ encoru. je crois que les géminaiions des canaux peuvent avoir pour origine un effet de constrastc qui ferait voir les bords d'une bande largositii)n. Avant rop[)osition, ce serait une ilemi-heui-e avant le lever du soli'il ipii nlTrirait les meilleures iniaties. Le Phisdu et rKupIirale sr sdiit Idujuurs montres donliles. I>enr lar.i^eur n'a [las varié avec la rédnclion de I ciiivertnre de l'olyectif. pas pins que celles de l'Hiddelvêl, du (Tidnin cl dn Diiliiniii, è.ualement mesurés. On jienl voir cette duplication même lorsqne rolijectif est n-dnit à 0 pouces. L'ohser- vateur donne le Tableau suivant de ses mesures : Largoiir iiKijciinp. I,;irm'iir iii";eiine. l.arseur nioïentir Sur En En Sur En En Sur En tri les secimilcs dr^ri-s les serondes ile^rcs les socomles de^rê* ile-siiis. (laïc. surMar.-. (Ie;.sins, il arc. sur Mars. dessins. darc. sur Mars l'hison !■ ,-27 iï'.Tl 3",U 1""",37 lV'/.;3 3'.'j Euphrate.. .. l-'-'.ô? ir,:i5 4",,) l'»".'.!() (I",î7 3«,.i Hiddekel.... 1 'C if .r.< 'r,\ 1 .50 O'.'Ji; 'r',3 1 ,.5i) 0",M 'r.S (ichuii 1""",G0 ii",'Js i".i; !°"",00 (l'.'ÎJS .'r.G Djilioiiii l'»'M() II". 11) :!",1 i ,■!() 0",\I1 3", 5 Sur la Carie de Lowell l'Klj. qui l'st malhenreiisement d'un ton trop pâle poLir pouvoir èire repioduili' pai- la photogravure (une autre Carie, en hislre, n'a pas donne de moilleiirs iTs;uUats). il n'y a de doubles que les caiiaii\ qui \ienuent d'èlri.' elles, jiliis r.Vmrntliès. Tous les autres sont simiilrs. Ile brillaïucs lâches blanclirs oui iHe observi-es dans les régions équa- toiiali's. La plus iniportantr s'esl mniili-i'i' au biird sud-est de IKlysi-e; une aulri' .■siir Acria, rivage ib' la lurr du Sabliiu-. Klles ont dure plusieurs umis. C'était piuiiiant a l'epoqui' du sulslirc d'rlr. IMusieuis |irojri-tions ont l'ii- vurs pendant celte op[iosilion de l'.ltlO-l!)01 . Les Asiruiiitviisclir .Xachiirhitii publièrent dans leiu- i\" 3676, du \'2 dé- ceuibri' l'.tlIO. la diqH'clir siiixaiile : Il l)iuiijl:i.-i. I.iiwfll (Jh.-irro.ilorij, lrleiir:iph ^ : L;i'--<. •> I'ii;ki;ium;. Kiel, i) (irr. r.iun. Il L.n iiiiil ili'riiièie. prniL'Ctiuii sur le rivaye iiunl il'li'ariiiiu Mai'i', dura 70 iiiiiiutes. » Sur la Carte de M. Lowrll, Ir ikiio dr Mrr Irarium a clé donné à la bande gi'ise ailjacenlc à la droite dr la .\Ii-r du Sablier, de .'i",'!.!" à .'ii.V' de lonyitude ri dr IU"a 1()" de lalituilr australe, c'est-à-dire à la moitié du Sinus Sabauis. 11 y a la. coiiimr ou b.' vml sur mon glolir de Mars de 1898 (p. 'lii.'i). une OltSKKVATOmt: L(l\\ KM- A 1 1. A(.STA FF. S'il bordure blanche [iresiiue ijermaneiite. iiuli(]uant [irobabU-iiient rexistenco de nuages. J'ai souvent leniarqué celle liordure ehiire. 11 me paraît donc très probable que ces < projections » soni dues à des nuages élevés restant éclairés après le coucher du soleil, ou illumines avant sou lever, car elles se produisent toujours prés du lerniinatfur. Cette dépèche, interprétée parles journaux avec force commentaires, n'a pas tardé à répandre dans le public l'idée de siynditx faits par les habitants de Mars à la Terre, du me [iria d'en parler à la séance mensuelle de la Société astrononiique de France, du 9 janvier lilOI, et ce soir-là la grande salle des Sociétés savantes fut beaucoup trop petite poui- contenir le nombre des auditeurs. Ils ont é-té un peu déçus lorsque j'eus exjtliqué ([u'il s'agis- sait là non pas de signaux des habitants de Mars, mais de cimes de mon- tagnes neigeuses ou de nuages l'clairés par le soleil levant ou le soleil cou- chant, suivant les dates et les positions sur le terininateur. Ki^'. ;!i:>. — l'rojectioii niarÛLMiiie 'lu 8 ilècembi-i- lUOU. Après avoir n'sumé nos connaissances actuelles sur la planète et sur sou habitabilité, j'ai rappelé les projections et points lumineux déjà observés en 1896 (voir p. 34'J. ;ii7. 311, 301): en !8Î)4 (voir p. -231), ainsi que celle que j'ai observée nuii-méme le 23 aoiit de cette dernière année (roirp. 194. fi(/. 155). La projection du S décembre 1000, signalée par M. Douglas, s'est présentée sous la forme indiquée à la figure ci-dessus, que j'ai projetée moi-même sur Ô42 '-\ IM.ANF.TE MARS. 1901 l'ùeran à la conférence dont je viens de parler, et ce dessin s'est trouvé, en effet, si l'xarl. ([u'on penl l'identiller sur quinze croquis imprimés irois mois plus tard pai- M. Lowell dans la Revue américaine Popular Astronomy du luid^d'avril 11)01 . croquis ni(inli-anl les aspects successifs de la projection dans les nuils du 7 et du S déceiuljre 1900. Elle était probableiuent due aux nuai^es dont nous avons parlé tout à l'heure ('). A propos des moyens de commiinicatiou imaginés entre les planètes par quelques savants terrestres in.ni'uieux, j'ai rappelé à cette conférence, outre ceu.x doni j'ai parlé aulrel'nis dans [.a Pluralité des mondes liahitéf:, le projet de Ch. Gros, sur lequel je l'avais prié moi-même de faire une conférence en 18t)9. L'auteur proposait de ilii'iger sur Mais un puissant jet de iumiei-e élec- trique à l'aide il'un réflecteur paralioliiiue (ou d'une série d'instruments semblables). Pour ne pas confondre ce signal, s'il restait inuiioliile, avec un phénomène naturel, il indlipie de lui faire subir des modifications montrant son origine roiiliii-. (.les modilications, d'après Gh. Gros, seraient des interiniltences rythmées donnanl. par exemple, la notion d'une )ni7né- ralioii. Il faudrait se sei'vii' d'un très petit nombre de signes élémentaires et en utiliser tous les arrangements possibles (-). Vu autre moyeu de signaler notre existence à Mars a été indi(iué en I89I pai' notre collègue M. SchmoU. Il proposait de ])lacer de puissants foyers lumineux en des points dessinant une constellation remar(juable (E.v. : Bordeaux, .Marseille. Strasbourg, Paris, .\msterdam, Gopenhague, Stockholm dessineraient la Grande Ourse), tîommenl ne pas reconnaître un signal voulu dans une telle représentation lumineuse'? l'rujets iniaL:inaii'es ! L'humanité terrestre est absorbée par des besoins mati'riels ti-up inqiérieux pour pouvoir « s'anuiser » à de pareilles tentatives. Klle n'a pas de lemiis à " [lerdre «. Le ventre est trop exigeant. GCL.Xll. — W.-II. l'IlKEUINl^ — L.\ r.K.MINATUJN' DES C.VNAIX DE M.^llS. A [iropiis des mesures pn'Ci'dentes. M. \\'.-ll. Pickering éci-ii : Il y a quelques aiUK'es. la i;éuunalioii des eauanx de Mars était admise par les astronomes eouuiie un l'ail exact. Depuis quelque teuqis. des dnutes se sont élevés (') M. Lowell ;i calculé que ce image a dû se former le (i décembre sur Icarium Marc, vers -21 000'" de hauteur, et se iransporler vers le nord-est, au taux de •'i3'"" â riicure, pour aller se dissiper sur le désert d'Aeria, après une durée de .•! à 1 jours. {Pi-oceedinijx of Iha Aoiew Philosoph. Societi/, ti décembre 1901). (■) J'ai publié eu détail ce projet oiàginal dans mon petit livre Excursions dans lo Ciel. W.-ll. l'irKKKIMi. — (ikMIXMKlN DKS CANAl \ l)K MAKS. ô1:j à ce sujel. J'ai nidiiti-i:-. dans les Aiiiuih:.< ch' Ilnrvnrd M. XXXII, j). Il'.t). qu'en acceptant les résnitats adoptés, les canaux doubles avaient la curieuse propriété suivante : leur éoariement était inversement iiroportionnel au diamètre de l'ob- jectif et directement proportionnel à la distance de la planète. Je suiTgérai alors l'idée qu'un (diservateur capable de déiluubler les canaux (je n'ai jamais |iu arriver à ce r.-sultati fil des mesures de leur écartement, pen- dant la même nuit, en niodidanl l'ouverture de son instrument. Cela vient d'être fait par M. Lowell i ' i. et un examen de son travail m'a montré quelques résultats très instructifs. D'abord, récartenient des canaux, s'ils sont réels, est évidemment indépendant de l'ouverture du télescope employé. D'antre part, M. l.owell a trouvé que le dédoublement des canaux pouvait être observé avec et correspond à une distance angulaire de I". I.'). Eu résumé, si nous ramenons les résultats ci-dessus A l'ouverture de 0'", l.'j, nous trouvons, d'après les expériences de Dawes. universellement confirmées par les astronomes, que deux étoiles ne peuvent être séparées que si leur écar- tement dépasse 0",7ii. Plus le contraste est faible, plus la séparation est difficile: c'est pourquoi, dans le cas de lignes noires sur papier blanc, il nous faut un plus grand écartement que dans le cas des étoiles. Nos expériences télescopiques sur des lignes noires indiquent que l'angle doit mesurer r.ii.'i. Nos expériences à l'œil nu indiquent un angle de 1". I.'i. Dans le cas de Mars, M. Lowell affirme voir la gémination quand l'écartement n'est que de U", Hi. Cela équivaudrait à observer deux lignas écartées de 1""" et situées à P,"". Le lecteur peut se rendre compte que c'est tout à fait impossible. J'hésite ta croire que M. Lowell puisse séparer deux lignes si rapprochées, et je pense que ce qu'il voit doit résulter de quelque illusion optique. Nous aurons lieu de revetiir sur ces discussions. (') Voir plus haut. p. 540. 5.'i4 I.A IM.AXETt: MAItS. 1901 CCLXIII. — ( iusei'.va l'Hii;* iiE LA Société asthonomioue de France. Xoiis signalerdiis (l\ili(inl les observalions lailes à l'Observatoire de la Societi' par MM. Georges et \'aleiitiii Fouriiier à l'équalorial de 108""". L'élal de l'atmospliere a été assez favorable, en géiit^ral, [loiir permelire d'employer ooiiramineiit le grossissement de 180 fois. Hthinni}, i)ar M. Georges Fournier. — Nous avons pu souveot distinguer très nettement la forme elliptii[ue de la calotte polaire boréale. Très étendue au déliut de nos oliservations, elle nous a paru sensil.ilenient diminuée dans les derniers dessins. Elle était complètement entourée d'une large bande sombre, plus foncée dans certains endroits, et très noire dans son voisinage immédiat. Cependant, dans les ilessins du 1 i février à -J'MU'" et à i'':!ii"', d est des endroits où cette teinte devient très ]iàle. La Grande Syrte. toujours très noire en son centre, était en général assez bien définie dans sa forme. Pourtant elle est méconnaissable dans les dessins du I 1 février, ■,'!''. et du F! février, •,'!'' i."]'". faits dans de mauvaises conditions atmo- spliériques, et avec le grossissement de l-^(i fois seulement. Dans chacun d'eux, elle semble s'élargir à sa partie inférieure, coulrairement à la réalité. Mais, au contraire, elle était admirablement visible le 11 fi-vrif>r à ■,'■,"' i."i"' i//;/. .'(.")()), le l:i à -.'i''!.'!'" et le \'i à -l'' l.'i'" (//|/. :.i;)I); jamais je n'ai uneux distingué qu'à la prendère de ces dates la cnuleur vert bleuté des taches ae Mars; l'image était excellente, d'une netteté et d'une limpidité parfaites. J'ai été très étonné, pendant quelque temps, d'apercevrjir sous la (irande Syrte une tache de première importance, très étendue et assez foncée, que je ne con- naissais pas. Après quelques recherches, j'ai conslaté que cette tache avait été observée ^ l'opposition de IS'.l8-18'.)il par MM. Flammarion et Antoniadi. qui l'ont appeb'e ■< le Nouveau Lac sur IJtopia ». Dans nos dessins, cette tache se confond avec la Boréo.syrtis. et peut-être même avec Coloo Palus. La Boréosyrtis est bien visible, très noire dans les dessins du l."i et du IS; elle forme la bonlure de la tache d'I'topia. Souvent elle pai'ait se ]irolonger très loin sur le disque. Le Sinus Sabfeus n'a pas toujours été très facile ;\ voir, sans doute à cause de son peu de largeur -, le 11 f('vrier, à •2-."'l.">"\ il était marqué par un pâle ruban ondulé. Une demi-heure après ifig. '.ib[\ . il était beaucouji mieux visible, mais pas plus foncé ipie les Lâches avoisinantes. Quant à la baii; du Miu'idien, elle était très foncée et m'a fait re:i. — 32 fevner, ZV' \:>"' . ObSERV.\TIONS faites .\ LA .SoCIKTK .\STRONOM101.'E OK FRANCE, PAR !\1 . G. FoL'RMER. de la planète, mais nou.s n'avims pu distinguer ,sa véritable fiirme. telle que la représentent les dessins qu'on en fait ordinairement. Dans un dessin du M février et dans un autre du i:! ;\ ■,':>'' i."i"', on la voit apparaître sur le litnbe. son bord occi- dental est très net, et |)Ourtaut, lorsqu'elle arrive au méridien central, comme dans les dessins du 11 ft'vrier. le bord oriental seul se distingue bien. F., II. Xi iC LA PLAN ET !• MAKS. )} l.a Mer ilcs Sirènes étail fcirt difficile à voir ou plutôt à ilistiiif^'uer des t.T-hes ciiviroiiiuintc's; ou 1 aperçoit cependant dans le dessin du ,';' février ijig. ;i5:i|. La Mer Cimmérienne était très foncée, toujours plus que la Mer Tyrrhéuienne; je l'ai trouvée plus noire eu son centre le -U février et j'avais fait la même Fig. 354. — 11 février, iii'aO" Fig. 355. — 12 février, JÎ'O" Fil.'. r,.'.G. — 15 février, ■,Mi'."0"'. Fig. ilST. — M lévrier. v'I'-lô™. OiisKiiV.^TioNS F.MTis .\ L.\ rfiin:n;Ti; astromimioue he Fuanci:, I'AK M. V. Fui rnier. observation le IS pour la Mer Tyrrliéuieniie. lOiilin. le l.'i, j'ai pu apercevoir très nettement la Petite Syrte, un peu plus fouei'e ([uo le reste de la Mer 'Pyrrhé- nienne. J'ai trouvé Propontis assez facile à voir et mémo i\ dessiner avec queliiue pré- cision, mais mon frère ne l'aperçoit qu'avec plus de difficulté. oliSKin AlKl U-; lilv I.A SOCIKTK ASTIiONOMlulK \)V. l'HANCI-:. :à7 Triviutii ('liaroiitis t'iait tn'S i>;Ue <;t assez ililticiie ;\ ilisliiij,'iier ; c-ependaiii. dans de courts mouienls m'i l'imatre était excellente, on puiivait l'apercevoir assez facilement. Il m'a tonjours seml)lé un peu allontré dans le sens de la lij.Mie des pôles, il ne m'a jain;iis fait l'etTel d'uu jioint nettement déterminé, mais plutôt il semblait émettre des prolunf;enients de mémo teinte que lui-même, qui. je crois, ne sont autres que la première partie des canaux (jui eu partent : le Cerbère, le Styx, l'Hadès. Cette observuiiou a été particulièrement nette le ".'0 février. Mon frère a vu ces traînées sur toute leur longueur. Le lendemain, l'Hadès était relativement très facile à apercevoir tout entier sous la forme d'une traînée large, pâle ut dilTuse; le Cerbère et le Styx n étaient qu'amorcés. Enfin, le ■.'•^(/î;;. .'îô.'ii. j'ai distingué nettement nue traînée rectiligue partant du Trivium Charontîs et rejoignant la Mer Cimmerienne d;ins la direction du Cerbère et du Cyclops. Ce soir-bV l'Hadès était très évident : un de mes amis. M. Henri Bourdillat. qui n'avait jamais jusqu'alors regardi' dans une lunette, a pi-is île la planète un dessin fait ceriainemout sais aucune idée préconçue; en le com- parant au mien, on reconnaît qu'ils se r.ipportent très bien l'un à l'autre: les mêmes détails y sont visibles i .Mer (.'immi rienne: l'ropontis; grisaille polaire: taches d'L'topîai. Sur l'un et l'autre lîguie l'Hadès: c'était donc un détail presque de prentier ordre. Outre ces traînées, mon frère en a ^iiservé plusieurs autres, en particulier celle qui unit la Boréosyrtis à la mer Tyrrhénienne i/i;/. Xi'i\. J'ajouterai <[ue très souvent il m'a semblé aussi que ces deux, régiims étaient reliées entre elles; je devinais en quelque sorte le canal, mais je n'ai jamais pu l'apercevoir assez sûre- ment pour le dessiner. Enfla nous avons noté ([uelques régions très blanches sur le globe de la planète, en particulier au centre d'Elysium et sur le bord inférieur de la Mer Cimme- rienne. Observations de .M. Mahils HoNNOitAr. a .Vix-EN-PuovExc.ii .l'ai pu constater, avec ma lunette Mailhat de 7."i""" (oculaire I.Mii, que les taches les plus sombres, telles que la Grande Syrte et la Mer Aeidalienno. sont très visibles, même avec de mauvaises images. Sinus Sabœus, Margaritifer Sinus et; Syrtis Parva sont également évidents et se montrent souvent jusqu'au bord du disque, lorsque l'atmosphère est calme. Le Sinus Sabœus est si foncé, qu'il m'a paru plus proéminent que Margaritifer Sinus. Les cstompages qui se montrent au nord île la Grande Syrte, depuis Colœ Palus jusqu'à Phlegra, ont dii beauciHip s'assombrir, de même que la Boréosyrtis. Le l:i février, ils paraissaient presque aussi foncés que la liraude Syrte, qui est la tache la plus intense de la planète. .J'ai observé d'autres grisailles beaucoup plus faibles; mais je n'ai dessiné que celles dont j'étais absolument certain et dont j'ai constaté le déplacement avec les taches les plus évidentes. 548 LA PLANETE MA US. 1901 Je résume ici les observations faites peiuiant le mois île février : 5 février. 22'' 15'". Diamètre = 13", 'i. Latitude centre = -i- il", 7. Longitude centre = 4°. — Image superbe. La mer Acidaliénne est visible au premier coup d'œil, mais le pont d'Achille est difficile à distinguer. Le Sinus Saba;us est très foncé et semble plus proéminent que Margaritifer Sinus (//(/. 3.iS]. G février. '21'' 7". Diamètre = \T,h. Longitude centre = 338°. — Très bonne définition. L'aspect du Sinus Sabaeus et de Margaritifer Sinus est le même que le .5. La Grande Syrte est confuse au bord occidental. De faillies estoiripages partent du Sinus Sabajus et de Margaritifer Sinus. Fiir. ojS. — 5 fe\riei\ ^^l.'i' Fig. 'J février, JI'-O'" Fip- 3iio. — 1.-. février, -.'li-U'". Kiu'. :it)t. — v'I février. iU"U'". OnSKUVATIONS F.^ITES .4 .\l.X -EN-ProVENCIÎ PAIl M. M.^RIUS IlONNORAT. 9 février, 'iPO'". Diamètre = 13", 7. Longitude centre = 307". — Image superbe. I;a Grande Syrie est d'un gris foncé et Sinus Sab;eus est très net, quoique au bord du disque. Un vaste estompage recouvre les régions d'Utopia et de Neith depuis Golœ Palus jusqu'à ^teria. Une vague trainOe part du Sinus Sabœus vers le Nord. Deuca- lion est très blanc, de même que Libia (fi'j. 359). 11 février, Î1''0'". Diamètre = 13",8. Latitude centre = -t- 21%4. Longitude centre =292°. — Image onduleuse, bonne par moments. L'aspect est à peu près le même que le 9, sauf la faible différence de longitude. La Petite Syrte apparaît faiblement à gauche de la Grande Syrte. ^'Etéria est bien visible, ainsi que la Irainée qui joint le Sinus Sabœus au Golie Palus. La Libye est très brillante. 13 février, 20''45'". Diamètre = 13", 9. Longitude centre =272». — Bonne image. Les estompages au nord de la Grande Syrte paraissent par moments presque aussi foncés OBSEUVATiaiiS !)!•: LA SOCIÉIK ASTUO.NOMK)! K llK l'KANCK. Oi!! i]ue celle lieniiiM-e, La l'iliie Syrie esl trè> .-viilenle el la Boréusyrtis est assez facile à voir. (;olœ Palus est très l'oncé et seiiiMe prolongé au Sml par une faillie doiiii-temte. La Libye est très brillanie. ainsi que le boni austral de la planète. 15 février, 2l>-0'".Diainètro - 14", 0. Latitude centre = -^ ■,'!•. 2. Longitude centre = IbS'. — Image onduleuse. mais bonne définition. Les estonipages au lujrd de la Grande Syrie sont très sombres, la Petite Syrie et lioréosyrtis sont assez nets. Llysiuni, très blanc, apparaît à gaiiclie de la Libye, presque aussi brillant .|iie la calotte polaire. 11 semble faire saillie sur la (irainle Syrie, sans doute par contraste, mais |icnt-étre aussi par la présence de la baie du lac .Mœris (//;;. .1(10). 19 février. 20''4..». Diamètre — 14', I. L.int;iUide centre = 219". — Image onduleuse. On n'aperçoit ipie des denii-leinies Ires vagues. Amazonis brille autant que la calotte polaire el fait saillie au bord du disque. 21 février, 2Û''0". Diamètre - 11",!. Longitude centre - 191". — Image suiierbe. La Proponlis est évidente el le centre du dis pie est assombri par le Trivium Oljiu-ontis et le Cerl.ière. Elysinni et .Amazonis sont irè-^ blancs (Jhj. 361. Il sera intéressant de comparer ces aspects, vus avec un faible instrument, avec ceux observés à .Iiivisy avec un instiuinent Iteaucoiip plus puissant. Les dessins que j'adresse ;'t la Société sont la re|iioiiuction exacte de ce (lue j'ai pu observer, le plus souvent jiar un air calme, notre ciel provençal étant l)ien favo- risé à ce point île vue. OK5EliV.A.Ti()NS ut; M. !.. lîrii.^r.x, A l)oN\n,;,E i>L\n(;he . Les régions polaires NorJ tournées vers nous sont très aisément observables (lunette de llKS""™!. Cepemiant, en ce qui concerne le reste du disque, il m'a semblé d'une observation plus aisée que lors de l'opposition précédeute, et j'ai pu compléter ou confirmer bnii nombre de remarquc-s que j'avais faites en 18i.l4 et 189ii-lS97. Parmi les grandes cinfiguraiions bien évidentes se (ilace Mare .\cidalniin, qui le ly avril nie parut marbrée de taches sombres, [..es golfes équatoriaux. Sinus Sabœus, etc.. voisins du limbe austral, assez sombres également, L^acus Niliacus faible parfois. J'aiencore revu bon nombre de grands estompages qui sont plus mi moins définis et correspondent à des canaux déterminés. ,I'ai nettement confirmé cette année une impression de mes précédentes observations : c'est qu'ils sont la limite de régions de tonalités différentes, t'es régions sont, du reste, nombreuses, très nom- breuses, sur le disque de Mars, et pour mm, qui ai l'ceil extrêmement sensible aux couleurs, j'y vois une notable quantité de nuances différentes, généralement de mêmes valeurs relatives, qui ainsi peuvent l'cbapper à bien des yeux. .Aussi, en d'excellentes circonstances, le disque de Mars m'est-il souvent apparu entiè- rement marbré d'une infinité de vagues détails, impossibles à saisir sûrement d'ailleurs. Il en est cependant qui, parmi eux. se sont montrés assez nettement pour pouvoir être dessinés : ce sont de grandes et v.igues Irainées blanches, un voile imperceptible s'étemlant sur des régions entières, notamment le l'J jan- vier et le 4 février. Le i février, on voyait une de ces traiiK^es partant d une [letite tache blanche 5r,0 LA l'LAXKTE MARS. lOOI qui. piar irraiiiation sans doute, semblait déborder du terminatcur. Mon impres- sion a été que ce devaient être des nuages. I-e !'■' janvier, la Terre Deucalion, très blauohe. me parut aussi déborder du termiuateur par son extrémité occidentale. CCI. .\ IV. — OBSERV.-iTErRS DE LA BfUTISH .\STRONOMIC.\L ASSOni.^TIOX. Comme pour les précédente? oppositions, le rapporteur, M. Aatoniadi, a resumi' les observations laites parles nieniliresde IWssociatiou {■). Le capi- taine Molesworth, à lleylan, s'est montré un des observateurs les plus habiles (télescope de 12,5 pouces =0'",31). Il remarque d'abord que l'aspect de. la [)lanète par une bonne atmosphère et à l'aide d'un puissant instrument est toute une révélation. Les continents comme les « mers » se montrent diver- silii's par une varii'te inliiiie de cnnligui'alions inextricables, (^ette impres- sion rappelle celle du 1'. Seccbi à Rome dont nous avons parlé au Tome 1. .Mais résumons rensemhlc des oliservations. Tous les yi'ux n(> voient jias les couleurs de la même façon. Pcfur M. Mo- lesworth. les niei's martiennes sont hUiies nu vertes »e[on les cas, surtout la mer du Sablier el le uolfe de r.lurore. l'our .M. Kibliler elles sont grises, sans nuance de coloration. Pour M. Killip, elb.'s se sont montrées bien ■vertes en février et mars 1901. M. Mideswortb conclut d'' ses meilleures oliservations que les canau.\ ne sont pas des lignes continiuîs. mais des lâches séparées, que l'œil croit réunir. C'est l'opinion exprimée plus liaul par .M. Cerulli et par M. Millocliau. Chaînes de cliapelet. La géuiination de ces « canaux » n'en serait pas moins réelle. « Elle est due, écrit l'aslronome de l^eylan. à l'existence et à la visibilité variables de deux canaux distincts, presi]ue parallèles; (|uelquefois ou n'en vint qu'un, et parfois on les distingue tous les deux, (/est ce qui expliquerait l'anomalie apparente qiir dilVérents observateurs voient,, en même temps, les uns deux canaux, les anli-es un seul. Lor.-qu'ou voit les deux, l'espace qui les Sépare est généi'alenu'nl Inuci-, comme s'il n'y avait qu'un seul canal large et diffus. >i l'iuidaut celle op[iiisition, 111 cauair\ ont iMi' observés et dessines; il si'uleini.'Ut se sont monlres douldes. L'hypolbese énoncée par Green, en 1S71I, qm.' les canaux sont les bords de rubans l'oncé's prend de plus en plus consistance. 1() taches blanches ont été remarquées siu- le disque. (') l'idilislieil july i;)03. Fig. 302. — ô janvier 19ul, à .l'O". Long. = ;' Kig. :îG3, — 7 mars, â ITi'î™. Long. = '28». Fis. 304. — 17 février, a 17i>7"'. Lûng.= 1S9". Fiu'. Mb. — 5 avril, à ■2;>':;0">. Long. = 209" Kig :iG:".. - 30 mars, à III'' J(i". Long. = '2,'0'. Ki-' 3'. 7. — 14 mars, a tOi'6". Long. = 3i;r Dessins iie M.xns en IQiil, i-\« UV. Phillips, Molf.sworth, Khibler lt Attkins. 552 I.A l'I-ANKI'E MARS. 1001 I Pariiii les dessins des obsei-vateurs, nous en ciioisirons six [lourètrc con- ï^ei'vés if'i. Ils sont placi'S dans l'ordre des longitudes. Le premier est de M. I'iiilli|is (télescope de 0'",-23): le deuxième et le troisième sont de M. .Molcsworth : le ijuatrième est de M. Kibbler (télescope de QU'ISS) et le f,in(iuième de M. Attkins( télescope de 0'", 16). Ces deux dessins sont remar- quables par leur ressemblance et par le dédoublement du Cerbère, distinct sur l'un, confus sur l'autre, indiijuant la réalité' foncière des configurations martiennes. Mais quelle exagération d'étendue pour l'Elysium ! Le sixième est de M. Molesworth : les trois points noirs de Syrtis Major sont assez curieux: romarcjuons aussi les régions claires de Xisutbri et Deucalion, l'Hiddekel. l'dronte, l'Eupiii-atc, le l'hison, l'Astu-^ape, le Xilo-yrtis et le Nasamiui. CCLXV. — .losnPH Gledhii.l. Obsehvatioxs f.utks a Haluax (')• M. (iledhill a poursuivi ses observations faites à l'Observatoire Crossley, à l'aide de l'equatorial (A)oke de 9 pouces (0"',23) muni de grossissements de 240 et 330. Les observations sont des 11, 13, 17 février, 12, Iti. 21, 25, 26,28, 31 mars, 1, 10. 11, 13. 23. 25, 26 et 30 avril. Voici les principales. Dans ses descrip- tions, l'auteur continue d'employer la nomenclature de la Carte de Green. 1 1 février. — La mer Kaiser est centrale et forme une image remarquable. Sou extrémité nord, qui joint l'ouest de Nasmyth Inlet n'a pas été vue. Nasmyth Iiilet et la mer Lassell bien marquées. I^a mer Knobcl, foncée, est au bord oriental. Le cap polaire boréal saute aux yeux. Le continent Béer présente une belle couleur ; rouge. Pas de canaux, ni détails. 17 février. — Mêmes aspects que le 1 1, avec la différence que le continent Béer ne présente pas sa belle couleur chaude. 11 mars. — Mer Knobel sombre ei marquée. La bande courbe des mers autoiu' ' du pôle sud parait verdàtre. ' H'i niars. — La baie fourchue de Dawes et la baie Burlon sont foncées, couune , d'habitude. Le bord occidental est beaucoup plus brillant que l'ciriental. La nier • Kiiobel, à l'est du méridien central, s'étend presque du pule n^rd ù l'équatenr. Llle a été, pendant toute cette opposition, l'une des configurations les plus marquées du dis(|uc. -.'1 mars. — Le bord occidental est très brillant, presque autant que le cap polaire nord; cette blancheur s'étend jnsipi'à un cinquième du rayon. Le bord oriental l'est bei(«t;oup moins. Le bord nord du détroit d'IIerschel II est foncé. (') Monthlij .\utices o( Ihe. Hoyal ustroiiuiiiical Socieli/, juin 11*01. GI.HDIIII.I.. - OBï^ERVArKtNS PAlïlîS A HALIFAX. y:>3 La fine ligne joignant l'extri'inito boriéale de la mer Kaiser à lexlrémilé ouest de Nasmyth Inlct a été aperçue par moments. IjC continent Ueer est d'une couleur rouge uniforme. Pas de détail sur ce continent. ?6 mars. — La ditToreiice d'éclat entre le limbe précéilent et le limbe suivant est moins marquée que le ;'!. 08 mars. — Le bras de la mer Delambre se voit Iden au iionl de la mer Kaiser. Le limbe précédent est brillant, le suivant moins. :U mars. — Même différence ciure les deu.\ bords. La terre de l-"ontana, la mer C'udemans, la mer Delambre bien visibles. I" avril. — La blancbeur du l>ord précédent s'étend jusqu'au cinquième du rayon. Terre de Fontana au centre, ronde et blanche. "..'o avril. — La mer KiKdjel, sombre, s'étend depuis le cap iiolairo boréal jusqu'au centre du disque. La baie fourchue est bien mai'quée. 2ti avril. — La bande verdàtre des mers et des terres au nord du pôle sud frappe l'attention. La baie fourcliuc est foncée. :-iO avril. — La mer Ivaisor est au méridien central. La mer Delambre et la terre Lockyer se voient bien. La mer Flanunarion est très foU'^ée et on la dis- tingue jusqu'au b jrd précédent. L'océan Lawes s'étend presque jusqu'au bord suivant. NdU.s voyons que, d;ms ces observations, l'une des remarques faites le plus souvent a ete la ililî'erence de ton entre le bord pi-écédent et le bord suivaut, le premier s'etant pi-esijue toujours montré beaucoup plus blanc, plus luniineu.x. Or. le bord précédent, dans tout dis([ue planétaire, celui qui passe le premiei- dans le champ de la lunette astronomique, est le bord occidental, le mouvement apparent du ciel s'elTectuant île l'F-sl vers l'Ouest. C'est le bord droit si Tiniaye n'est pas renversi'c, !■{. le iioril .uaudie si l'image est renversée, coumie dans tous les réfracteurs. D'autre part, le mouve- ment de rotation de la planète s'effectue de la droite vers la gauche pour les mêmes instruments. Le boni précédent est donc le méridien qui arrive au soir, qui a reçu le soleil toute la journée. C'est ce liord-1'i qui est le plus brillant. Si c'était le contraire, nous pourrions penser que. scu-tant du froid de la nuit, cette région est couverte de ,gelée Idanche. Mais teUe n'est pas l'explication. Le 21 mars et le 1'"' avril, la blancheiu- a été observée jusciu'à tuie distance du bord ég.ile au tiers du rayon ilu disipie. Dans le premier cas, la mer du Salilier est au méridien central, et, dans le second cas, c est l'Elysium. Ce sont donc des régions toutes ditr.'rentes qui ari-ivaient au soir dans les deux circonstances. On pourrait penser à la poussière du jour et au\ vapeurs élevées par la chaleur solaire. Ce fait d'une plus grande luminosité des contrées occidentales est en LA PLANETE MARS. 1901 désaccord avec la throrie de la basse température exposée plus haut par Matthieu Williams (p. lGO-169). Reuiarquons que ces contrées occidentales, vues de la Terre, sont orien- tales pour la planète. Un planisphère martien qui a le sud en haut a l'est à gauche et l'ouest à droite. Un point est à l'orient d'un autre, quand il {)asse au méridien avant lui : Vienne est à l'orient de Paris et passe au méridien avant lui. Quand il est midi à Paris il est l"" à Vienne. 2'' à l'isthme de Suez, 'i^ à Téhéran, 4*" à Boukhara, S"" à Madras, G"" à Calcutta. C'est sur ces derniers méridiens que la blancheur est plus forte à la surface de Mars. Ils ont reçu toute la chaleur du jour. Dans la théorie générale de la gelée blanche développée plus haut, c'est sur les régions qui sortent les premières de la nuit que la blancheur devait être la plus marquée; c'est-à-dire, par exemple, sur la France relativement à l'Asie. Quand il est 6'' du matin à Paris, il est midi à Calcutta. Or, c'est le contraire qu'on observe. Ce n'est pas sur les méridiens éijuivalents à ceux de la France que la blancheur est plus intense, mais sur ceux de l'extrême Orient. Toutefois, nous avons remar(jué au Tome I (p. ô\d) que le limbe oriental du disque a été observé plus clair que l'occidental. CCL.WI. l;Éo BnENXEU. Observations faites a Lussinpiccolo iIstriei M. Léo Breiiner a publié dans Astroiwmischc Runilschau. n" 36 (juin 1902) ses observations de Mars faites à Manora-.'^tei-nwarte. dans l'île de Lussin- Fig. .368-309. — Obsci-vations de .M. Léo Bren-Ner, en iai)0-1901, à Lussinpiccolo. COLOM-L Dlil.AUNEV. LN1-: KXi'i.icArioN i)i:s canaix. piccolo, peiulant l'oppoiriition de 1000-1901. l^es observations s'iMcndeut du ■26 décembre au "21 avril et continuent celles du uirnie observateur publiées plus baut. Huit dessins acconipatrnent cette relation. Nous eu reproduisons Kig o;i)-:j7l.— Observations de M. Léo Brknner, en t900-19u1,à Liussinpicrolo. quatre ici, ceux des -26 décembre (long. = lO.î"), 14 février (long. = 295°), 22 février (long. 196") et 12 mars (long. = 30"). Ce qui frappe dans ces crotiuis, c'est la largeur des canau.x. Il y a dans tous ces dessins une e.xage- raliou singulière-. 'N'raiment, chacun a ses yeu.\, chacun a son cerveau, et chacun a sa main. CCLXVII Colonel Ijelalney. Une explication des canaux ('). (Jn a émis diverses'suppositions à l'égard des canaux de la planète Mars. Soiit-ce des cours d'eau, de la végétation ou de simples illusions d'optique? Ces diverses hypothèses expliquent bien difficilement les curieuses particularités que les canaux olïrent à 'observation. Ces canaux peuvent paraître siin|iles pendant plusieurs mois, ensuite doubles, et de nouveau simples; un canal peut paraître simple sur une partie de sou par- cours et dédouldé sur l'autre: nue ligne se dédouble, tandis que sa voisine reste simple. Comment pouvons-nous ex[iliquer les changements de position des canaux, changements qui ont lieu dans des limites assez étroites, mais qui cependant sont encore sensibles à nos moyens d'observation ' Va les géminations qiù sont (') Société ustronomiqxe de France, 1901, [>. 4iô. 556 LA PLANÈTK MAKS. 191)1 '/>:,■;'/' ^'/'V^v-^; ri V ;>:/;-: V Fig. 37':!. Sfotiim cl'uj] canal et Je sa brume. courtes et larges (ians les espaces appelés lacs et qui peuvent prendre des di- reetions très dillërentes? L'iiypothèse que nous allons formuler n'a pas la prétention de donner la raison de tous les phénomènes qu'on observe sur Mars; néanmoins, elle aura l'avantage de fournir peut-être une explication simple des plus importants d'entre eux et, on parti- culier, de la gémination, qui est de beaucoup le plus énigmatique. Elle consiste à dire que ce que nous voyons sur Mars ne se passe pas à sa surface solide, mais bien dans son atmosphère. Les mers et les canaux liquides de la planète seraient recouverts de brumes persistantes et variables d'intensité, dont les déformations, variables elles- mêmes, donneraient lieu aux phénomènes extraordinaires qui sont offerts à notre observation. Nous ne verrions ni les mers, ni les canaux réels, mais seulement les humides écrans qui les recouvrent en exagérant leurs dimensio'ns et en diversifiant leurs formes. Et l'on ne saurait méconnaitre que les transformations qui nous appa- raissent ont bien le caractère instable et changeant de niasses brumeuses, sensibles aux influences extérieures. La brume, du reste, ne semble pas chose étrangère à la planète; dans la se- conde moitié de novembre IS!»;, notamment, le pide nord se montra, sur un rayon de 30", entoure d'une vaste étendue de brouillards. L'hypothèse de brumes persistantes au-dessus des mers et des canaux peut se justifier par diverses cir- constances : la légèreté de l'atmosphère ayant ]iour effet de favoriser l'évaporation ; ou bien encoi-e la température (devée de la surface solide de la pla- nète, température produisant l'ébullition du liquide; enfin, il se peut que le liquide régnant sur Mars ne soit pas de l'eau et soit lieaucoup plus volatil. Nous nous bornerons 4 appliquer lujtre hypothèse A, l'explication des phénomènes suivants : 1° On s'est étonné de la grande largeur des canaux de Mars, largeur attei- gnant plusieurs centaines de kilomètres. De pareils canaux sont totalement in- connus sur- notre globe. Cet étonneinent dis[iarait avec notre hypothèse. C'est la brume seule qui a de grandes dimensions et qui correspond à des ca- Kig. 373. — Brume d'un can:il vue Dormalemonl ( .\ Bl ut à trente degrés (A C). COl.OM-l. DKI.MNKV. UNK KXl'I.h.MlON l>KS CANAUX. naiix do lai-!,'eur iiioninparablemeiit plus faible. Ainsi les choses peuvent se passer cumme le inmitre la ligure '^'r2, qui représente une section du canal et île la brume correspondante: c est le canal et I! est la l>rume. Le (leuve de la ville de Londres, la Tamise, donne un exemple de cette disproportion lorsqu'elle se met à dégager des brouillards qui s'étendent bien au delîi de ses rives. Il en est de même quelquefois de la Manche, dont les bi'umes envahissent le littoral A de grandes distances. vî" Ou a cru observer que les mers et les canaux martiens étaient d'autant plus accusés ((ue l'action solaire se faisait /-- ' n, sentir davantage dans rhémisidière auquel ils apparlien- o nent. Ce phénomène s'expliquerait naturellement avec notre hj-puthèse, puisque le surcroit de chaleur solaire a pour effet de fournir à riiéinisphère une plus grande quantité ilqu';\ trente degrés en deçà ou au delà. Et ce fait a semblé au plus haut point extraordinaire. Mais, avec l'hypothèse de la brume, l'explication est des plus sinq)les. La brume que nous voyons peut fort luen avoir plus de hauteur que de largeur. En ce cas, lorsqu'elle vient à passer par le méridien tcjurné vers nous, elle ne nous présente que sa largeur, tandis . qu'à 'M)" en deçà ou au delà, nous la voyons surtout sur /ii-Si-^ sa hauteur. Dans le premier cas, elle paraît avoir la largeur Ah {fuj. lui) et dans le "-n^ second la lari;eur AC, qui est plus considérable. 4° Nous expliquons la géinination par un accroissement se produisant tlans la masse brumeuse. Ou a. en etl'et, ^, ) observé que peu avant qu'un canal se Aie/a 'te Is rvUUon de U loUnrfe . Fig. 374. rrilloxion (le la liruinp d'un canal. '^■•■i-iy^j^ Fig. 37:,. Sectionnement de la brume ou gOmination, dédouble il prend une teinte plus fon- cée. Or, si la brume d'un canal vient à s'accroitre pour une cause quelcoui|ue, qu'advieudra-f-il' ("est (jue cette masse tendra à se développer et horizontalement et verticalement. Mais il esta remar- quer que. si la masse vient à s'élever. les particules qui la conqiosent ne |)our- ront se mouvoir suivant la verticale, puisqu'elles n'auront que la vitesse de rota- tion de la surface solide de la planète, surface d'où elles proviennent. Faute d'un surcroît de vitesse, toutes ces particules devront donc s'infléchir au fur et à mesure de leur ascension, et la masse brumeuse sera déformée et inclinée dans le sens opposé au mouvement de rotation de la planète. Un canal, dont la direc- tion générale ferait un certain angle avec celle de l'équateur et des parallèles. 558 LA PLANÈTE MAIiS. • |'J(l| devra (idiic founiir une hrniue dont la section affectera la foi'ine lionnée par la ligure ;!7'i. (tv. le retard des parliculi'S de l'extrémité sup'-rieure de la brume sur celles inf(''rieures ne pourra qu'augmenter avec le temps: il en résultera un étirement de la brume et, en définitive, un sectiounenient inévitable. Et alors, au lieu d'une seule ligne brumeuse, il y en aura deux qui se montreront sensiblement paral- lèles. La figure 375 représente une brume ainsi géminée; l'une des parties. A, demeure en contact avec le canal ; l'autre, B, en est complètement détachée. Cette seconde bi'iime B, livrée h elle-même et ne pouvant se renouveler à l'aide du liquide du canal, est évidemment appelée à se dissoudre dans l'atmosplière am- biante. Lorsi[ue ce moment sera venu, A sulisistera seule et la gémination aura disparu. Mais il est clair que A pourra se sectionner de nouveau et c'est ainsi que peut être expliquée la succession des canaux tantôt simples, tantôt doubles. h" M. Schiaparelli a signalé que le grand canal l'jUplirate-Arnon-Kison lui avait paru se géminer en deux parties qui n'étaient pas [larallèles. Ce canal, qui s'étend sensiblement le long il'un méridien, avait ses deux brandies plus dis- tantes l'une de l'autre à l'équateur que dans le voisinage du pôle. Cette observation est une vérificutioa éclatante de notre théi>rie. Il est évident, en effet, que, par suite de la diminution delà vitesse de rotation à la surface de la planète, quand ou va de l'équ.iteur vers le jiôle, l'exlrémité supérieure de la brunie d'un canal, dirigé suivant un méridien, devra rester do moins en nndns en arrière à mesure que la latitmie sera plus considérable. C'est à l'équateur que le retard sera le plus grand et il serait nul au pi;KANi(,)i:i-: A i.Ki'ogn-; iioni.i.Kiu:. (JCL.WIII. — I,. KaW. M.MiS, MOxnE OCKANIQUE a l'époque HOL'II-I.ÈnE ( i ). I/auteur comiucnco par poser eu principe que Mars est uu luoiuie jjIus jeiiue que la Terre et qu'il est recouvert d'un nci-nnsur toute sa surface. Il eu résulte qu'il rè!,nieuu climat océanique et une teuipératnre modérée sur toute la planète, ni trop froide en hiver, ni tro[i chaude en été, sans chaleur excessive aux tro- piques, ni froid rigoureux aux ri'gions polaires, dont la calotte de neige fond presque entièrement en été, Quant à l'atuiosphère, il paraît très prohable qu'elle est formée des mêmes gaz que celle de notre terre, mélangés dans la même jiro- porlion, mais raréfi<>s à peu près comme sur nos montagnes élevées, avec plus de vapeur d'eau. Cette moindre densité de l'air doit avoir pour Mars le même effet que celui que nous constatons sur nos montagnes : c'est d'absorber très peu les rayons solaires. Comme conséquence, la planète doit posséder une plus grande quantité de chaleur que no le ferait supposer son élcogncment du Soleil. La ténuité et l'inler.sité plus grande des i-a\ ons solaires auront encore un autre effet, c'est d'empocher la formation de nuages pendant le .jour, mais, après le coucher du soleil, la température baissera, des brouillards a()paraitr'int et des nuages se formeront, qui se trahiront pour l'observateur terrestre par des projec- tions lumineuses près du terminateur. Bien souvent l'Océan martien sera arrosé par ces nuages d'une pluie abondante, laquelle se chan.gera en neige dans la nuit hivernale qui enveloppe les régions polaires. L'atmosphère de Mars, n'étant ni <'chaulfée ni refroidie par le rayonnement d'aucun continent, reste tini|ours calme; les tempêtes et même les vents so.it inconnus sur la planète. Naturellement, l'i icéan martien, bien loin d'être agité comme ceux de la Terre, s'étendra lisse comme un miroir, et il se formera une végétation d'algues (algues unicellaires gcdatineusesi, qui, on se développant' recouvrira toute sa surface comme un tapis. Les régions de l'Océan martien (pii sont ainsi recouvertes par une végétation unie et épaisse, montreront, vues de la Terre, une couleur rouge jaunâtre : ce sont les prétendus continents. La température des différentes régions de l'Océan martien sera réglée par des Courants maritimes, qui, n'étant détournés par aucun obstacle, se dirigeront tout droit à leur but et, en enlevant les algues dans leur parcours, dessineront des canav.x e/a/is /a couverture véijètale. A l'endroit où des courants, eu arrivant à leur but, s'élargissent et à celui oi'i des courants a leur origine ne sou: pas encore rétrécis, la surface de l'Océan sera agitée sur une grande étendue, et la couver- ture végétale sera désagrégée ou éloignée plus ou moins, en jiroportion de l'in- tensité du mouvement; les taches sombres, qui eu ré^ulteront, seront les ])réteu- dues mers. Les régions non agitées dans rintérieurde ces coui-ants élargis garde- ront leur couverture végétale : ce sont les ile.<. Tout autour des |ioints où deux (') .Vciie Tlieorie iiber die Entstetiung der .'A PLANÈTE MAKS. 1901 courants se cruiseiit, la iT)uvei-ture vég'étalo est plus uu moins enlevée et les taches ohscuri's qui en résultent sont les prétendus lacs, l-es lacs étant naturel- jenicut le siç<.'i' d'un nouveau mélange d'eau, deviennent pai' cela même des points radiants de nouveaux canaux et de compensation pour l'eau de différente densité. Lors de la fonte des neiges aux régions polaires, on voit a|)paraitre, à côté des C(Uirants, des contre-courants, et l'on a nommé ce phénomène la géminalion i/çs ca?iau.v. La l)ande claire entre les canaux géminés est constituée par de l'eau non mouvementée qui a conservé sa couverture végétale. Les géminations des lacs et des mers s'expliquent de manière semblable. Les mers n'étant autre chose que des courants élargis et diffus, on conçoit que dans le cas d'un contre-courant de même nature la région non mouvementée entre les deux courants conserve sa couverture végétale et apparaisse par sa couleur comme de la terre ferme. Enfin, les changements si continuels et si variés que montre, au grand éton- nement des observateurs, la planète Mars, et qui défiaient jusqu'à présent toute tbé(irii\ s'expliquent tout naturellement de la même manière par la plus ou moins grande densité de la couverture végétale de l'Océan martien. Ainsi, ou conçoit que les canaux ne se voient jamais tous en même temps et apparaissent et disparaissent selon la saison, car les courant'* marins se chargent de l'échange de l'eau froide et de l'eau chaude, de l'eau salée et de l'eau douce, et ne se manifestent que dans les régions oij se produisent des différences de densité. Ces différences dans la constitution de l'eau ne se montreront jamais partout en même temps; c'est tout ]iarticulièrement l'iiillueuce de la neige polaire fondantes qui se fera sentir, en refroidissant et adoucissant l'eau de ces régions. C'est alors qu'il y aura entre les régions tropicales et les régions polaires, qui sont entrées dans leur ju-intemps. l'échange d'eau le pUis énergique, et les courants qui se chargent de cette besogne, en écartant dans leur chemin le tapis végétal, seront visibles de la Terre s'ils ont une largeur suffisante. Dès que le courant cesse, le tapis végétal se rejoint et le canal devient invisil)le. Ijes mêmes phénomènes niétéorologiques se renouvelant chaque année, on conçoit qu'en général les mêmes canaux reparaissent toujours de nouveau; mais, comme sur notre terre, il y aiu'a sur Mars des variations climatologiques entre les ditTérentes années; il y aura, en outre, des périodesd'années où les courants marins, qui en subissent l'inliuence, changeront leur directiim, ou ue reparaî- tront pas, tandis (|ue de nouveaux courants surgiront, et voili\ l'explication des changements miraculeux dans la direction des canaux. Les régions |)olaires de Mars se couvrent de neige en hiver, sur une grande étendue, et, par le fait que les taches foncées se colorent également en blanc, il est démontré que l'Océan martien gèle en hiver dans ces [jarages. L'eau pro- venant de l;i roiit(^ des neiges polaires, avant de s'être réunie en courants, agite l'Océan martien tout autour des pèles, et la couverture végétale peu dense des prétendues mers est encore plus ramollie et même écartée plus ou moins, ce qui donne naissance à, l'obscurcissement des mers; mais la végétation plus dense qui représente h's iles et la terre ferme environnante est également souvent L. KANN. - MAHS. MONDI' OCÉANIQUE A LÉPOQrK KOlUI.Ll'Ki:. :;()l ramollie ou écartfie: alors la terre paraît se chauger en mer. Après la concen- tration et le départ des courants, l'océan se calme peu à peu, se couvre de nou- veau de végétation, et connue par enchantement les terres disparues repa- raissent de nouveau, les mors prennent un ton plus clair et paraissiuU même se changer partiellement en terres. Ainsi, tous les changements si variés observés sur la planète Mai's. ipii ont frappé les astronomes et ont paru tout à l'ait inexplicables, proviennent sans exception de la densité pins ou moins grande de la couverture végétale de l'Océan martien. Les régions de l'océan recouvrant la planète Mars, qui par l'influence de courants intenses sont libres de toute végétation, apparaissent comme les plus foncées et en l'onséipuMirr il se conçoit i[ne la noiri-cnr ne soit pas une qualité constante d'une mer. mais (|uc. tout au contraire, une mer très obscure peut devenir plus claire et une autre s'assombrir, suivant que l'océan est plus on moins agité en tel ou ti'l point. Entre un mouvement très vif et une tranquillité absolue il y a une longue série de gradations; c'est la cause de la grande variété de ton et de couleur des mers et du phénomène de la métamor- phose des terres en mers, dont l'exemple le plus saillant a été offert par la mer du Sablier envahissant \a Libye. Les di-rouvertes surprenantes de l't^ibserv.itoire Lowell en Amérique de canaux traversant les mers, qui ont conduit Lowell à nier l'existence de mers sur Mars et à regarder les taches obscures comme des plaines culti\ées, s'expliquent également sans difticultés d'après cette théorie. Les prétendues mers étant des régions pins ou moins agitées de l'Ûcéan martien et plus ou moins recouvertes d'une végétation rare, il est clair que les courants concentrés (les canaux) peuvent s'y dessiner en écartant toute végétation, de même que dans la couverture plus dense des prétendus continents, seulement beaucoup moins distinctement, et le fait que l'Océan martien est rarement dénué de toute végétation explique également l'observation de Lowell que la lumière réfléchie des mers de Mars n'est pas polarisée. On^nt aux ponts dans les mers, ce sont les intervalles d'eau calme entre deux contre-courants concentrés. ■Voilà donc les conditions qui régnent actuellement sur la planète Mars, et voilà les événements qui s'y déroulent, et, comme cette « Nouvolle théorie sur le mode de formation de la houille » nous enseigne qu'à répoi[ue carbonifère la Terre se trouvait dans les mêmes conditions, nous pouvons en déduire que Mars est à présent dans la même période d'évolution que la Terre à l'épiique carbo- nifère; ou en d'autres mots, que Mars se trouve maintenant dans son éi)oque carbonifère. L'observateur qui étudie au télescope voit donc la Terre comme elle était il y a des millions d'années, non en image morte, mais avec toute la vie qui y régnait et avec les événements qui s'y dérotdaient alors. D'autre part, les couches de l'époque carbonifère de la Terre pourront nous a]iprendre maintes choses sur Mars que l'instrument le plus perfectionné de l'avenir ne nous fera probablement jamais voir. D'abord il parait très probable que, quoique les continents manquent sur Mars, il y existe, comme à l'époque carbonifère ter- restre, des iles et des groupes d'îles de grandeurs diverses, mais qui par leur F., IL i» :,(,-! LA r-l.ANKTE MAKS. 1901 ]ietitesse. ou parce qu'ils se coiifomlciit avec la couverture végétale de l'océan^ se laisseront ilistiiiguer liiflicilemeut ou pas du tout. Cepeiidaut, on peut les soupçonucr là où la ueige reste plus longti^uips. ou apparaît plus tôt, ou isolé- ment ilans les régions tropicales {Xi.\ Atlanticu et Xi.x (Jhimpica\. et où les canaux, au lieu do se diriger en ligne droite, contournent une région en courbe, ce qui paraît dénoter un obstacle s'opposant au courant direct (p. ex. Eli/Aium). D'après cotte « nouvelle théorie sur le mode de formation de la houille «, la Terre a été couverte à l'époque carbonifère, comme la planète ^lars de nos jours, par un océan peuidé d'algues. Dans les endroits à l'abi-i des courants marias, surtout dans les golfes, fjords, détroits et lacs des iles, cette couverture végétale se développa en tourbière tlottautc, qui se couvrit de forêts en s'élevant de plus en plus au-dessus du niveau de la mer. Peu à peu. la surface de cette tourbière sécha et les arbres tombant, au lieu de se transfiuTuer en tourbe, se décompo- sèrent à l'air, et leurs résidus minéraux formèrent au-dessus de la tourbe une couche d'argile, qui en grandissant de plus en plus, enfonça à la tin la terre llottante sous l'eau et la fit couler au fond de l'océau. Pendant i|u'une nouvelle tourbière se formait à la surface, la vie microscopique de l'océan couvrit de ses déi)Ouilles siliceuses l'ancienne au fond de la mer. et c'est ainsi que dans le cours de milliers de siècles se déposèrent des tourbières les unes au-dessus des autres, séparées par des couches de sédiments, et c'est de ces tourbières flottantes, superposées au fond de l'eau, que les couches de houille se sont développées. Il nous est permis de supposer avec beaucoup de vraisemblance que, de notre temps", la même chose se passe sur Mars, et qu'une grande partie des prétendus continents est fi.irmée par des tourbières floltanttin nées du développement do la couverture végétale. Au iiremier abord , il peut paraître témé-rnire de vouloir se faire une idée des (irganismes vivant sur un astre; mais, puisi(u'il y a sur Mars de l'eau et une atmosphère comme sur la Terre, il parait tout à fait liors de doute qu'il y existe aussi des plantes et des animaux; en outre, les conditions sur ^lars paraissant être à peu pi'ès les mêmes que sur la Terre à répo(iue carbonifère, on jieut sup- poser que les organismes aussi ressemblent plus ou moins à ceux qui vivaient sur la Terre à cette époque. C'est donc en étudiant les organismes si admirable- ment conservés dans les dépôts de ces temps reculés que nous pourrons nous faire une idée de la llori; et de la faune vivant actuellement sur Mars, la vidr de nos yeux et la toucher de nos doigts. Nous verrons dans l'Océan martien presque tous les principaux types des mers terrestres d'aujourd'hui, les reptiles et les :mauunirrr(!s exceptés; nous verrons les terres flottantes couvertes de forêts épaisses, composées principalement de calamités élancées, de fougères arbores- centes magailiques et d'une grande variété de formes, de fcpidodendrons, de sigillaires gigantesques, dont les racines puissantes et raniihées contribueront à consolidci- la tourbière. Au bord des lacs d'eau ilouce, qui au udli<'u des forêts s'êientleni sur la terre llottante au-dessus de l'Océan, nous verrons s'étaler la vie animale ; des blattes, des scorpions, dos myriapodes et des araignées de !.. KANN. - MAltS, MONDK l)C.(-AMOi:K A I.Él'OUlK Iloni.l.KHlî. r)03 forme ëtrauge courent sur le sol, îles éphémères et des liliellules superbes de couleur, et d'une irraiidoLir énorme, traversent les airs. I.e Inud du lue est tout ("ouvert de petites moules ( anthracosia i. et dos poissons cuirassés ifraiioïdes) y fout la chasse au.K larves d'iuseiHes et aux crustacés d'iîspèces diverses. Tout ce moude est noyé dans l'éclat d'une luniiôrc éblouissante, qui rayonne d'un ciel sans nuai;es. l'as le uKundre souffle, un silence absolu rè.irno partout, l'homme a'a pas encore paru: aucun maminifère. ni aucun oiseau n'est encore créé sur la planète Mars. Seuls des batraciens cuirassés l'i formes bizarres (stéirocé|)liales i représentent les (piadrupèdcs sur la terre llottante et forment ici la couronne de la création. Mais tiM ou tard une catastrii|)he arrivera, et celte terre heureuse {ivec tout son monde vivant se noiera et trouvera son tombeau au fond de r()céan, puis, dans un avenir lointain, l'Homme apjiaraitra sur Mars et fera ressusciter la tourbière noyée et devenue houille, [lour en cliaulTer ses maisons, s(>s fa- briques et ses uiachines. Telle est la nouvelle théorie de Mars [irési'utée [);ir le savant irileiilidlierg. Elle est d'une grande témérité el fort imprévue, et se heurte à plus d'une objection. On s'expliquerait diflicilenient. entre autres, que si le globe de Mars est recouvert d'tin océan sur toute sou étendue, les courants niaritimes qui devraient nécossaireinent résulter île la ditTéreuce des li-uipi-ratures de l'équaleiir :iu.\ pôles eussent pu jiermetlre la formatioii stable des configu- rations ([ui, telles que la mer du Salilier, la nier Cimmérienne. ia mer des Sirènes, etc . sont observées depuis deu.\ siècles. Comment une couche su- perficielle d'algues pourrait-elle rester aussi stable que le sont, dans leur ensemble, les continents ou réi;ions claires'' On peut, il est vi-ai, donm-r en exemple, la mer îles Sargasses de notre Océan .Atlantique; mais cette for- mation [laraît être et avoir toujours été une e.xcepliiiu, et il semhle que d'une saison à l'autre les courants maritimes devraient varier de direction sur un i^lobe jirive de continents. D'autre part, comment les canaux, formés par une roule de balayage des algues due aii.x cotu-anls océaniques, seraient-ils reciilîijncs et entrecroisés en réseau géométrique 'r" Tout cela est bien régulier potn- être llollant. Sans doute, les variations si considé- rables, si fréquentes, oliservées sur la planète, trouvent là une sorte d'e.Kplication qui n'est pas sans grandeur. Mais c'est peut-èdre chercher bien loin. Il semble que la cause soit lioi-s de proportion avec l'etlèi. Et si le climat de la planète est celui de la houille et des fougères arliorescentes retrouvées jusqu'en Sibérie, comment expliquer les nei.ses polaires"? X cette époque, la Terre ne les connaissait pas. L'originalité de celte théorie et son aspect pittoresque n'en intéresseront pas moins nos lecteurs. Les astronomes la discuteront : Tradidit inunduttt Marlis disputalioiiibiis corum. ■)U4 LA PLANÈTE .MAHS. • 1901 CCL.MX. — Otto Dnoss. ^L\RS. un monde en lutte pouh l'existence ('). L'auteur considère d'abord le problème de la pluralité des mondes habités, et ne doute pas un instant qu'il y a d'autres mondes d'habitables que le nôtre. Puis, après avoir examiné la surface de Mars et sa nature physique, il discute longuement la question des canaux et croit voir des preuves évi- dentes que le réseau canalifoi-me est d'origine artificielle. Par d'incessants progrès en science et en industrie, les Martiens sont ai-rivés à une civilisa- tion très avancée; mais ils ne sont pas des dieux ou des géants. La planète a peu d'eau, et il a fallu transporter le précieux liquide loin dans les steppes. Voilà l'idée première des canaux. Mais l'imagination re- cule devant les dimensions des canaux ; lÛOO kilomèti-es de i(:ingueur et 10 kilomètres de largeur! Cependant ce qui paraît romanesque aujourd'hui peut très bien être dans les limites de la possibilité demain. Les lacs inté- rieurs sont autant de réservoirs, naturels ou artificiels, pour garder l'eau. Les inondatii.ms artificielles doivent être fréquentes sur cette planète, et l'auteur croit que les observations de Schiaparelli en 1883-1884 et 1886, au sud du golfe des Perles et de l'Aurore, constituent un exemple frappant des prodigieux travaux hydi'auliques de nos voisins dans l'espace. Une zone de végétation semble longer les canaux des deux côtés. Enfin, si les Martiens nous voyaient construire nos petits canaux, avec les énormes difficultés que nous avons toutes les peines du monde à sur- monter, ils éclateraient de rire. CC1j.\.\. — J. l'L.\SSM.\NN. M.VHS est-il UN MONDE H.\BrrÉ (-|? L'auteur attire l'attention sur l'analogie existant enti'e les canau.x de Mars et les rayons blancs émergeant de Tycho, Copernic, Kepler, Petavius et autres cirques à la surface de notre satellite. En eft'et, et les canaux de Mars et ces rayons brillants sont dirigés en arcs de grands cercles de la sphère, et il est évident iiue les rayons lunaires ne sont pas d'origine artificielle. Nasmyth et Carprutrr les ont déjà depuis longtemps explitpu-s par une dilatation du noyau lunaii'e qui aurait feuilu l'écorce en arcs de grands cei'cles. « M. Plassmann pense avec raison que nous ne sommes [las encore en m('sure d'affirmer quoi que ce soit sur les [ihénomènes martiens, et ijue {') Jl/,-n-.s, fine W ett un Kniiiiif inns Daseni, I vol. de t71 pages. Wien, Pesl, Leipzit;, t'.iOl. (') Isl Mars ein tiewohriter l'Ianct, 1 lu-, rie :Vi pages. Francfort, lUOl. E. IlOLDEX. — LA VIE SUR MAUS EST-IME POSSIBLE' 565 nous devons attemlre avec patience l'acniiiinlation, toujours croissante, des observations, ijui, seules, pourront nous conduire à des déductions sures. » L'auteur est agnosVi(iue et « conclut iju'ou ne. peut rien conclure ». CCLXXL — Edward IIoldex. Senkca Jones. L.\ VIE SUR Mars est-elle possuile? Dans le numéro de nuirs 1901 d(; Aie C/iin-'s .)I(i;^iizine. M. l'Mward S. Holden a publie un article sur ^ VjC que nous savons de la planète Mars », article qui a dû être certainement très lu, et considéré, en général, comme une exposition des vues des astronomes émineuts, concernant cette planète, «t, par conséijuent, comme un échec arrivant à temps sur la niasse très sensationneUe de littérature i'autaisisle (jui a coulé en aiioudance de sources moins responsables. Pour le public, la question suprême en ce qui concerne Mars est de savoir si cette planète est propre ou iinjiropre à soutenir la vie humaine. C'est à ■ce point de vue que M. Holden traite son sujet. 11 arrive à la conclusion que laplanète est inhabitée et inhabitable [lour deux raisons excellentes, sinon pour d'autres : premièrement, parce que la température de Mars est si basse, (ju'un homme tei'restre, transporté là par miracle, ■< se congèlerait en ■solide dans un temps très court » ; ensuite, [lour la raison, tout aussi bonne, ■que « dans tous les cas, il n'y a pas assez d'air (sur la planète) poiu' sou- tenir la vie humaine ». Nous sommes d'avis, au contraire, que la plupart des astronomes sont loin de risquer sur ce point des hypothèses aussi tranchées que celles émises par l'auteur de l'article. M. Seneca .bines a discuté dans les termes suivants les affirmations de M. Holden (') : Après avoir énumèré l'origine de plusieurs erreurs populaires couceriiant Mars, M. Holden arrive à la question des calottes polaires, et explique comnieut Sir William Herscliel s'est confirmé dans l'opinion que ces calottes représentent ■des dépots de neige. Herscliel observa qu'elles varient en étendue avec les changements des saisons martiennes, étant les plus vastes en hiver et disparais- isant, ou à peu près, en été. H supposait qu'elles fondaieut en devenant de l'eau. « Cette explication était correcte, dit M. Holden, pour les connaissances de cette époque. Nous connaissons maintenant deux faits qui la rendent impossible. En premier lieu, d'après tout ce que nous savons, la température de Mars est toujours au-dessous de zéro. L'eau ne peut jamais se dégeler sur Mars. Ensuite. il V a très peu d'eau, ou pas du tout. L^es observations faites à l'Observatoire (') PopuldV Aslvùiioiay, mai 1901. .".i;iî LA l'LANÈTK MAUS. 1901 Lick luit (iijniiintré ce fait d'une manière coucluunte, et le résultat eu est géné- ralement accepté. » Cependant, les calottes polaires existent. Que sont-elles? C'est ce que nous ne savons pas encore. Il est très probable qu'elles soient composées de dioxyde de carbone. Ce gaz s'évapore i et devient invisible) à la température de — T8°,4 centigrades. A une température inférieure à celle-là, l'acide carbonique se con- dense sous forme de « neige » blanche. Une couche ayant l'épaisseur d'un pouce (deux centimètres et demi) ou même moins, expliquerait tous les phénomènes observés. Cette interprétation peut ne pas être vraie, mais .elle mérite un examen sérieux. Qu'elle soit exacte ou fausse, il est certain que les calottes polaires de Mars ne sont pas composées de « neige i>. La neige est de l'eau, et il n'y a pas d'eau, à proprement parler, sur cette planète. D'ailleurs, les calottes polaires fondent et la température des régions arctii|ues île Mars est toujours inférieure à celle de la glaee fondante. Eionc ces calottes polaires ne sont pa•^ de la neige. » Ces diverses assertions sont bien aftirmatives . remarque très justement M. Seneca .Tones. Elles ne le seraient pas davantage si l'auteur avait été réelle- ment sur Mars et avait pu trancher la question par une inspection pei-sounelle des lieux. Le lecteur sera naturellement curieux de savoir sur quelle base solide sont établies des conclusions d'une telle importance. L'hypothèse que les calottes polaires de Mars pourraient être de l'acide carbonii[ue n'est pas miuvolle- Elle est basée sur un simple fait seulement c'est-à-dire qu'à la distance de Mars au .Soleil, le rayonnement solaire en lumière et chaleur a moins de la moitié — environ les i[uatre neuvièmes — de l'intensité qu'il a à la distance de la Terre. 'Vest là la seule raison (car le spectroscope est impuissant à décider la question; qui a conduit certains astronomes à douter de la nature neigeuse de ces calottes, ainsi qu'on l'avait pensé jusqu'à ce jour(')- Sur ce point, l'auteur cite l'astro- nome Young, qui, faisant allusion à la diminution de la radiation due à la dis- tance, remarque que « la température de Mars doit être terriblement basse, si basse que l'eau, si elle y existait, ne saurait y être que sous forme de glace u. M. Newcomb est également cité comme assurant qu'il n'est pas prouvé que les calottes polaires soient do la glace. Il y a dix ans, et moins peut-être, cette objection était réellement très sérieuse contre l'habitation de Mars. Il semblait que la température devait y être exces- sivement basse, et l'on ne voyait guère comment résoudre la difllcultc Mais nous disposons maintenant d'au moins deux voies de raisonnement, par lesquelles nous pouvons aborder la question de la température martienne; la première est (') Probablement, M. Holden avait en vue les études publiées plus haut de M. G. John- stone Stoney sur la théorie cinétique des gaz, concluant qu'en vertu de la faible pesan- teur à la surface, Mars a jjerdu les éléments les plus légers de son atmosphère, y com- pris la vapeur d'eau, et que les calottes polaires sont probablement de l'acide carbo- nique. La théorie dos atmosphères plariélaires de M. Stoney a reçu un coup violent par la démonstration du fait, par M.VL Liveing et Dcwar. que l'almospliere terrestre con- tient de l'hydrogène et de l'iiéluim eu quantités aiipréciables. IlOLOEN, SF.NKC.A .lONKS. - I.A Vil' SCIi MAIiS. 5(17 basée sur une dik-iiuverte récentp dans la chalnir rayonnante, en diininnanl de beaucoup l'improbabilité de l'existi'iice de l'eau sons la forme li([uide sur Mars, tandis que l'autre se rapporte au retour régii' par les saisons do certains phéno- mènes rcmaniuables (|u'on ne saurait expliquer d'inn- nianièi-(> satisl'aisanle (pir dans l'hypothèse que les calottes ])olaires sont de la nei.ne (ou do la yclre blanelie. ce ijui est plus probable) avec toutes les conséquences que cette supposition entraine avec elle. La déduction que la température de Mars doit être .. terriblement basse », com- parée à celle de la Terre, est fondée sur l'hypothèse (|ue la puissance calorifique du Soleil aux distances des diverses planètes est diuunuf'e dans la mcmc propor- tion ([ue sa force ra>"onnaiite, c'est-à-dire en raison dn carré de la distance. Mais nous avons des raisons de considé'rer cette hypothèse cominc inexacte. La loi de Stefan, fiirintdée il y a une vintrtaine d'aïuiées. a été soumise à des contrôles expérimentaux dans ces quatre on cinq dcmièi-es annexes ]iar l'ascben et d'autres savants, et elle a été trouvée valide au moins entre les limites de lOU deurés de températin-e de l'échelle absolue ( — I 7:i° centigrades i jusqu'à I Ton degrés absolus. Cette loi consiste en ce que la radiation elVective d'nn « radiateur parfait », tel que le Soleil, est proportionnelle, non pas à la lein|iérature du corps i-ay(uinant, mais à la quatrième puissance de cette tem)H>rature. Vu corps cbaLilb- par la radiation devient lui-iuême un corps rayonnant, sa température s'élevant jusqu'à ce que sa radiation ila chaleur qu'il dégage/ égale exactement la quantité de chaleur reçue. Ceci nous permet d'établir une comparaison, par la loi i[uo nous veaons d'énoncer, entre la force chauffante ilu Scdeil sur la Terre et sur >L'us. de la façon suivante : Supposons, afin de considérer un cas aussi simple que pos- sible, deux petits corps, parfaitemeuts noii's, de « parfaits radiateurs ". situés l'un sur l'cjrbite de la Terre, l'autre sur celle de Mars. Chacun de ces corps est chaulTé par le Soleil, jusqu'à ce que sa radiation égale la radiation solaire à sa disianci' du Soleil. Appelons la tem|iératurc du crps intérieur T, celle de l'exté- rieur Tj. D'après la loi de Stefan, les quatrièmes puissances de T et de T, sont proportionnelles aux radiations des corps intérieur et extérieur respi-^ctivement. Nous savons que la radiation du corps extérieur n'est que les i]uatre neuvièmes de celle de l'intérieur, et nous voyons facilement que la température du corps extérieur est bien égale aux 0,8-2 de celle de l'intérieur, cette décimale l'tant la quatrième puissance approximative de la fraction ,'. r'est-à-dire que la force chaulfante effective à la distance de Mars, au lii-u d'é-tre inférieure de moitié, ainsi qu'il a été supposé jusqu'ici, est bien égale aux IJ.HO de sa force calo- rifique à la distance de la Terre. Une diminution permanente de 18 junir liliidan.s la provision annuelle de la chaleur solaire produirait, certes, de grands change- ments climatériques sur la Terre; mais il est douteux qu'elle entraînât la des- truction totale ije la vie terrestre, et l;i cungédation ])ermanente de l'eau à la surface de la Terre. La deuxième argumentation, à laquelle, nous avons déjà l'ait ;illusioii. peut être le mieux présentée dans une analyse des observations martiennes pendant ces 568 LA PLANÈTE MARS 1901 huit dernières années. Le 5 août 189Î a eu lieu une des oppositions les plus favo- rables de Mars, au moins en ce qui concerne la distance à la Terre; mais, malheu- reusement, la planète était trop <■ basse » pour les observateurs de l'hémisphère boréal, se trouvant située dans la partie du ciel que traverse le Soleil au milieu de l'hiver. M. Ilolden était en ce moment-là Directeur de l'Observatoire Lick, et dans un article publié dans Aslmnumy a)ul sisti-o-Phijsics pour octobre 1892, intitulé « Notes sur les Observations de Mars au Mont Ilamiiton ». il dit : « Bien que la situation de Mars pendant cette opposition fût très défavorable, il était important d'obtenir le plus d'observations possible. L'altitude do la pla- nète varie de 28° à 32" au-dessus de l'horizon, ce qui est une position trop basse pour des images satisfaisantes d'un objet si difficile, même au Mont Hamilton ». Mais, malgré les conditions défavorables, les astronomes y ont fait des observa- tions excellentes en été. ainsi qu'en témoigne l'accord qui existe entre les dessins publiés de la planète d'une part entre eux, et d'autre part avec ceux obtenus à l'Observatoire de M. Percival Lowell à Flagstaff, Arizona, deux ans plus tard. Parmi les phénomènes notés par les observateurs du Mont Hamilton, en cette circonstance, il convient de citer quelques changements surprenants dans l'aspect général de la planète, M. Ilolden y fait allusion dans les ternies suivants : I.r)i;.\, l'ICKElUNG, SENliCA JONES. — I.A VIK SUK MAUS. Sf.'J actuel de nus connaissances arcographiqiies, les « changements étonnants u observés au Mont Ilamilton, et ailleurs, comme ayant lieu h la surface lic la pla- nète en 1892, et qui ont été répétés et observés à cha([ue opposition subséquente, soient passés entièrement sous silence. Il serait intéressant de savoir comment M. Hoklen explique ces témoignages frappants d'activité, en quelque sorte, à la surface d'une planète où il déclare que tout est éternellement gelé. De semblables changements, quoique moins étendus, ont été observés aupara- vant par Schiaparelli et par d'autres. En admettant que tout ce qui sur Mars offre une couleur grisâtre ou verdàtre représente de l'eau, on pensait que les modiflcations étaient l'œuvre d'inondations produites par la lib(Tation d'un grand volume d'eau par la fonte des neiges polaires. La vérital)le solution de l'énigme martienne, la plus importante des décou- vertes récemment faites concernant Mars (découverte que les astronomes du Mont Hamilton ont manquée par suite des mauvaises conditions de 189v'), a été donnée à la même opposition par les observateurs plus favorisés de la branche d'Aréquipa (Pérou) de l'Observatoire d'Harvard Collège. Cet observatoire d'Aré- quipa est situé à une hauteur presque double au-dessus du niveau de la mer de celle de l'tJbservatoire Lick, au sein d'une atmosphère excellente en ce qui con- cerne la pureté et le calme des images. De plus, en 18'.);.', la planète Mars passait au méridien d'.Vréquipa presque au zénith. Il n'est pas étonnant que M. W.-H. Pickeriug, l'astronome chargé de la Direction de l'Observatoire, et son assistant, M, A.-E, Douglass. bien que ne se servant ijue d'un réi'racteur de 13 pouces d'ouverture, aient fait des observations de haute valeur. Ce qu'ils ont vu et ce qu'ils ont conjecturé peut être compris par les extraits suivants d'un article écrit par M. Pickering en date du I" août I89-^ et publié dans le même numéro d'Astriinoinij and Astro-Phijsics qui contient le Rapport du Mont Ilamilton auquel nous avons déjà fait allusion : « Les modifications survenues (à la surface de la planète) pendant la pré- sente opposition ont été tellement frappantes et sensationnelles qu'on aurait facilement pu les apercevoir avec des instruments de d pouces d'ouverture. (3n a pu observer les canaux facilement tous les soirs. Plusieurs des canaux observés correspondent à ceux dessinés par Schiaparelli, tandis que d'autres sont nou- veaux. (Jueli[ues-uns, très développés, traversent les océans. Si ce sont vrai- ment là des canaux contenant de l'eau, et si les océans sont de même nature, il y a contradiction. Lorsque la neige fond, il semble qu'elle devrait donner' nais- sance à des étendues d'eau, à des mers. Nous avons étudié avec soin la tache sombre située sur la pointe septentrionale de la Grande Syrte, Bien que i)arfois il'un gris foncé, lorsque l'image est satisfaisante et la tache centrale, elle appa- raît, dans la grande majorité des cas. d'une couleur bleue nettement définie. Une autre tache présentant des aspects semblables se manifeste dans le Sinus Sabœus ou Détroit Herschel II l'ai l'impression que ces deux surfaces représentent réellement de l'eau,... Mais les autres « mers » sont sans doute simplement des plaines humides, » :.T(i LA l'LANKTIÎ M A US. l'.liil Diiiis ili's roinmuuiL'atious antérieuros au même journal, M. l'ickcring a donné un ciiuipte rendu d'une étude des cuulears présentées par la planète Mars, ("tude qu'il a ciimmencée à l'Observatoire d'Harvard Collège eu 18911, et qu'il a continuée ;\ Aréquipa, au printemps de IS'.i-,'. En voici le résumé : (I Lorsque la Grande Syrte est centrale, avant l'équiiioxe d'automne de l'héniisplière Nord, la région à l'Est parait distinctement plus verdâtre que celle à l'Ouest. Au furet à mesure que la saison avance, la différence devient moins marquée, et la couleur ver- dâtre est limitée dans la région la plus voisine du bord oriental de la Grande Syrte.... Au début de l'année 18!)0, toute la région comprise entre les deux bras de la Grande Syrte, aussi loin que la calotte polaire, était d'une couleur verte brillante. Le 27 juin, cependant, onze jours avant l'équinoxe de piintemp.s de l'hémisplière austral, on a vu une tache jaune au point septentrional extrême de l'aire triangulaire. Avec l'avance de la saison, cette tache jaune a augmenté d'étendue, jusqu'à ce qu'elle eût recouvert toute la région au Sud, aussi loin qu'il était possible de voir. Cette année, lorsque la tache en question :l été observée pour la première fois, elle était tout à fait verte, mais le 9 mai, ou 17 jours avant l'équinoxe de printemps, la tache jaune ou peut-être rou- ge;Ure est apparue au même endroit, et il serait mléressant de déterminer si. avec le progrès des saisons, celte coloration s'avance vers le pôle. ■> Deux autres grandes surfaces verdâtres sont encore mentionnées comme ayant subi de semldables modifica fions de couleur. Dejuiis, remarque M. Seueca Jones, les observations se sont ac. — 1 \ VII >l li MARS liST-KI.IK l'OSSIHI.i: ? .",71 Les surfaces toujours fonores dt^ Mars (les» mers» d'autrefois i, et celles (|ui varient de couleur, doivent être eonsidéri'es. d'après les dernières observations, comme étant probablement les terrains bas de la planète, où lori doit rencontrer ses forêts et ses prairies (si forêts et prairies il y a), tandis qne les surfaces jaune orangé, ses « continents «. sont probablement des régions d'une éléva- tion plus grande, qui semblent être, en vertu du manque de pluie sur la planète, des déserts arides. Si nous acceptons cette liypotbèse de Ja végétation martienne, nous a\ ons des raisons pour formuler une conjecture sur le caractère do la végétation? Ici, écrit l'auteur, on peut dire que l'amplitude de la spéculation concernant la vie sur les autres mondes a été bien rétrécie ])ar le progrès des Sciences naturelles dans ces dernières années, et encore davantage par les découvertes spectroscopiques de notre temps. On sait aujourd hui, gràoe au spectroscope. que la matière composant les divers mondes lie l'univers est partout la même. On peut admettre a\ec con- fiance qne les propriétés de la matièr<^ sont aussi les m<''mes iiarlnut. .Xuus de\ ons donc conclure que la chimie (inorganique du moins) est partout la nn"'me, île même que nous croyons que la loi de la gravitation est d'une application universelle. La chimie organique admet, sans doute, plus de latitude spéculative, en vertu de la plus grande variété de formes auxijuelles elle peut donner lieu; mais nous pouvons croire que ses principes sont partout essentiellement les mêmes, et nous pouvons également conjecturer qu'elle produit ])artont essentiellement les mêmes résultats et que nos types vitaux terrestres sont des types universels (' )■ Le temps est passé où l'on pouvait conjecturer raisounalilement qu'il existe des mondes où le silicium peut prendre la place de la chaux dans la formation des os, ou des mondes où une légère modification de composition rend la chloropliylle rouge au lieu de verte, ou bien que la vie végétale iju animale soit possible à la température de l'eau bouillante. Tout en n'étant pas autorisés à conclure de ces prémisses que la tlore et la faune martiennes olïrent la même série d'es- pèces et de genres que sur la Terre ou substantiellement les mêmes, une telle supposition n'est cependant pas improbable. Xous savons, dans tous les cas. que la végétation martienne est verte, comme celle de la Terre, et non rouge, ainsi qu'on l'a supposé possible, et c'est là un point de gagné. Mais, quelles que soient les vues maintenues sur les points soulevés, aucun naturaliste ne risquerait sérieusement l'hypothèse que la vie soit possible dans des conditions qui la rendraient impossible sur la Terre, qu'une sorte quelconque de vie, par exemple, jiourrait exister sur .Mars si la température y était constam- ment au-dessous de zéro. Ceci devrait décider la question de la nature des calottes polaires. L'eau sous forme de neige ou de gelée est la seule sul)Stauce à laquelle on pourrait les assimiler jusqu'à ce que nous arrivions à une température (') Ce mode de raisonnement me parait beaucoup trop étroit. C'est supposer que la vie terrestre est nécessairement le type de l'univers. Raisoiniement de poissons s'iiua- ginant na'ivement que la vie est impossible hors de l'eau. C. F. r)7î LA PI-ANRTE MAHS. 1901 de — 78°. i centigrades; et un degré de froid aussi intense que celui-ln, même local et temporaire, sur une planète capable de maintenir la vie à sa surface, est à peine admissible. Ayant décide que les calottes polaires de Mars sont, suivant toute probabilité, réellement des calottes de neige, nous sommes ensuite amenés à une conclusion qui est presque une surprise, considérant notre point de départ, c'est-à-dire que la température moyenne sur Mars, au lieu d'être plus basse, est réellement plus élevée que celle de la Terre. Ceci est indiqué par le fait que les calottes polaires n'atteignent jamais une latitude aussi faible que les neiges hivernales de la Terre, 6.5" environ de latitude aréiigTaplii((ue étant la ligne la plus basse à laquelle ou a vu descendre la calotte polaire australe, et qu'en été, elles fondent parfois presque entièrement. Inutile de dire que cela n'arrive jamais aux calottes polaires de la Terre ; et cependant, du moment que l'axe de Mars et celui de la Terre ont à peu près la même inclinaison à l'écliptique, l'obliquité des rayons solaires en différentes latitudes à des saisons différentes est pratiquement la même pour chacune des planètes. L'explication complète de la température plus élevée de Mars est ainsi clairement indiquée par ces thermomètres naturels I')- Certes, comme tous les autres phénomènes météorologiques, elle est complexe. Un des facteurs qui rentrent pour beaucoup, sans doute, dans la solution du problème réside dans le fait qu'il n'existe pas d'océans étendus sur Mars, comme on en voit sur la Terre, océans capables d'absorber u'.e grande partie de la radiation solaire sans en être fortement échauffés, et que toute la force calorifique des rayons solaires est employée à surchauffer une surface continentale, une surface dont la plus grande partie n'est pas protégée par de la végétation, surface qui est une sorte de Sahara. Comment cette seule circonstance atTecte la température moyenne annuelle de toute la planète, c'est ce qui est difficile de décider. Son effet pendant la saison estivale de chaque hémisphère peut facilement constituer une température bien supérieure à la iempérature moyenne estivale de la Terre, quoique la force calorifique du Soleil y soit moindre que chez nous. Quehjues mots, comme conclusion, sur l'atmosphère de Mars. Cette atmosphère est bien moins dense que celle de la Terre. Très probablement, elle est, ainsi que nous l'assure M. Holdeu, « moindre en quantité que celle qui entoure les som- mets des pics les plus élevés de l'Himalaya ». Ln ce qui concerne la composition de cet air, la présomption (d'après ce que nous savons des matériaux composant les mondes) est qu'elle est essentiellement la même que l'atmosphère de la (') S'il y a peu d'eau sur Mars, les calottes iiolaires ne sauraient avoir une grande épaisseur. Dans tous les cas, cette efiaisseur doit être bien inférieure à celle des calottes glaciales de la Terrr. .Mais alors il faut moins de chaleur solaire pour fondre une mince couidic de neige ipTum' éiiaisse ouuclie de glace, de sorte que l'arrrumenta- lion de l'auteur ne parait pas tout à fait jusiillée sur ce point. — D'autre part, les ni'iges hivernales descendent souvent assez bas eu latitude sur la Terre, et la France pres'iue entière eu est couverte, comme la Suisse, le Tyrol, la Roumanie, etc. C. F. SENECA JONES. — I.A VIE Sl'H MARS EST-EI.I.E l'OSSIlil.E ' 573 Terre. Nous savons, dans tous les cas, qu'elle contient de l'acide carbonique; autrement, il ne saurait exister de végétation sur Mars, et nous savons de inènie qu'elle contient également de l'oxygène et qu'elle doit contenir de la vapeur d'eau, car, sans cela, il ne saurait exister de neiges ou de gelées sur la planète. Si elle renferme aussi de l'azote, et dans quelles proportions ses divers consti- tuants sont mélangés, il est impossiljle de le deviner. Eu égard cependant ti ce que nous savons de la question, l'incertitude sur ces points est à peine assez grande pour justifier la déclaration que « il est plus que probable que l'air qui existe sur Mars est incompatible avec la vie humaine ». Au contraire, nous jetterions la pro- babilité dans l'autre plateau de la balance. De même, la ténuité excessive de l'atmosphère martienne n'est pas aussi capitale au point de vue viial ([ue M. Holden voudrait nous le faire croire. Toujours est-il que sur la Terre les limites de densité atmosphérique entre les((uelles les êtres humains peuvent exister sont assez larges. Des ouvriers employés aux constructions sous-marines peuvent être enfermés pendant des heures à la fois dans des caissons où l'air est comprimé à une densité plus de deux fois supérieure à celle où ils respirent d'habi- tude. D'autre part, les ascensionnistes ne sont pas très opprimés pour la respi- ration à la hauteur du sommet du Mont Blanc, où l'atmosphère a à peine plus de moitié de la densité qu'elle a au niveau de la mer. pas plus que les aéronautes ue sont sérieusement affectés par la rareté de l'atmosphère jusqu'à 800O mètres d'altituile, c'est-à-dire à la hauteur des pics les plus élevés de l'Himalaya. Devant de tels faits, il parait probable que, si l'atmosphère de la Terre décrois, sait lentement de densité à travers les siècles successifs, les animaux terrestres existants, qui respirent avec des poumons, y compris l'homme, se seraient adaptés aux conditions, et que l'atmosphère peut atteindre un état de raréfaction bien plus grand que celle de Mars même, avant de devenir insuffisante en quan- tité pour maintenir la vie humaine, même si nous restions toujours constitues comme nous le sommes actuellement. L'évidence que la planète possède une végétation, qui croit et décroît, comme celle de la Terre, avec des changements dus aux saisons, est presque aussi con- cluante qu'elle peut l'être. Si la planète a de la végétation, nous pouvons à peine douter qu'elle possède aussi une vie animale. Ces arguments de M. Seneca Jones nous paraissent de valeur incontes- table. Il est cerlain que la planète Mars se présente à nos observations avec tous les caractères d'une active vitalité. Des variations perpétuelles s'opèrent à sa surface. Il y a là un élément liquide et une atmosphère. Ce sont là des faits. Ils sont plus importants que nos pauvres explications. Ne soyons pas trop terrestres dans nos hyi)Olhèses, et n'ayons pas la prétention d'enfermer en un cadre étroit l'immensité des puissances de la nature. LA l'LANETE M A US. 11101 CCI.XXII. — I'. L(J\\EI-L. EXSEILINEMENT DE MaIIS SUU EES ÉPOoUES GLACIAIRES ( ')• M. Lowell a étudié ce sujet dans un ti'avail s[)écial iju'il est de notre de- voir d'e.xaniiner ici. L'auteur commence par établir que la théorie de Croll (que l'excentricité orbi- tale, combinée avec l'inclinaison de l'axe, a protluit nos é])oques glaciaires) n'est pas applicable à Mars, puisqu'il n'existe pas i.lc pré|)on(1érance de neiges dans Thriuisplière que la glace devrait recouvrir. Ainsi, l'excentricité de l'orbite est incapable d'all'ecter l'étendue des glaces polaires (-1. M. Lowell ('onstate ensuite que la théorie de l'acide carbonique solide n'es pas applicable aux pules de la [ilauète. parce (|ue l'état li(|uide de ce corps n'est jamais permanent : l'acide carlionique i)asse, dans les conditions ordinaires, presque instantanément de l'état solide à l'état ga/.eux, de sorte qu'il ne saurait Jamais constituer un liquide permanent, à n'im])iiric quelle températui'e. Or. un des traits caractéristiques des calottes polaires de Mars, c'est précisément la mauilestation d'un liquide semblable. Dès qu'une calotte couuueiice à décroître, elle est entourée d'une bande bleue sombre, et. plus la diminution est rapide, plus la bande s'assombrit et se développe, tout en suivant le retrait des neiges, de façon ix eu encadrer toujours le bord. 11 est dilticile de concevoir comment une substance pourrait se proclamer avec plus d'évidence le produit liquide de la fonte de la calotte. U<' ruban bleu semble bien ('tre la substance 1P(J. L'astronome américain examine ensuite les objections à cette dernière hypo- tlièse et trou\ e : 1" que la grande pureté du ciel martien, permettant à la radiation solaire d'atteindre le s(j1 sans perte, compense la distance au Soleil, car notre .■ituiospliéi-e nuageuse intercepte M poui- llld de la radi;ition; et -J" ([lU', quant à la raréfaction de l'air sur Mars, il ne faut pas oublier que c'est la vapeur d'eau, et non l'air, qui nous protège contre le rayonnenuml dans l'espace. Quelle (pie soit rbunndit(' île l'air sui- Mars (et il iloit y exister d(^ l'eau, étant donné' qu'aucun des changements sulioi'doiun's aux s.aisons ne saurait s'y accom- )ilir sans cet agent, changements certains d'api'ès l'observation 1, elle devrait y é'tre plus efficace que sur la Terre, à cause de deux ]iarticularités du (diiuai lu.-ir- ticii, la condition du ciel le jmir et sa cuudilioii pendant la nuit. Lu plein jour, le ciel sur Mars est presque perpétuellement cdair, de sorte que, s'il y a de la vapeur d'eau, la chaleur y serait einniagasiuée peadaut la journée. D'autre part, (') Mar.H (in i//.ic(.ii cyioc/i.s. l'roceuilitKjx nf tin: \iiii-i-ican l'hilonophical Socicti/. noveinlji-e PiOO. (-J Voir la discussion que j'en .u donnée au loiiie I. p. ,S2?-.J4li. p. l.OWF.I.r.. — MARS 1:T I.KS KP()(jrF> (■lAlUMRFS. ",7:. le ciel martien ctani couvert peiuiant la nuit, suivant l'auleur. il y aurait une protection additionnelle contre le rayonnement vers l'espace. Ainsi, les calottes polaires nous nionlront ipie le uialciriel nécessaire ;\ une période glaciaire est là. tandis que Torliite nous assure (|ue les conditions cosmiques nécessaires sont éiialeineut remplies. Eu ce moment, l'excentricité de l'orhite de Mars est cini( fois ut demie plus considérable i(ue la notre. L'inclinaison de son axe est aussi d'accurd avec les conditions d'un critérium, car elle est presque semldahle à celle de la Terre, ■,'.5" au lieu de -23" .1. Ce petit écart ne ferait qu'accroître d'autant l'effet théorique de l'excentricité. Comparant ensuite les calottes neigeuses de Mars avec celles de la Terre, M. Lowell trouve que ces dernières sont plus irrandes, s'élendant. en hiver, jusqu'à l.")" de latitude et ayant, par suite, un diamètre de !)0°. .\u moinent du minimum, la calotte polaire terrestre sous-tend encore un angle de 40". t)r, ces dimensions sont plus restreintes sur Mars. Le diamètre de la calotte n'y dépasse jamais 70\ et il se réduit à :'«° seulement au moment du minimum. Béer et Mœdler ont remarqué que la variation de la calotte australe de Mars est plus accentuée que celle de la boréale. La caUitte australe est plus grande que l'autre eu hiver et plus petite en été, M. Lowell considère que la variation des dimensions des calottes suit à peu près le cours suivant : C.alollc Jours *r»^ _ avant le solstice dvii-. 9-2 à 80 SO à 70 70 à (10 60 à 50 ôO à 40 40 a 30 La chaleur totale reçue du Soleil varie inversement avec le petit axe de l'or- bite, et est. par conséquent, une fonction de l'excentricité. Mais la (luantite rela- tive de chaleur reçue en passant d'un équinoxe fl l'autre ne varie pas. .\insi. la chaleur reçue à n'importe quel angle est indépendante de 1 excentricité. Mais elle n'est pas indépendante de l'inclinaison de l'axe. La quantité de chaleur ;/i) reçue à un point donné, par suite de l'inclinaison de l'axe, dépend de la |)osition de ce point. .\n pôle terrestre, elle varie de zéro pour les six mois autour du solstice d'hiver à >u.i iKirJ ti)0)t;niu>- luo%4^ti[ie. .ÎO" 30- 30- 32° 34- 20» 28" 26° ■2,V 25° 27* 18° /lsinocn=/ sin') sin £ d'> II pour les autres six mois du solstice d'été i /• étant le rayon de la planète, o la déclinaison du Soleil, et e l'inclinaison de l'axe sur l'orbitcj. 576 LA PLANÈTE MARS. 1901 Pour un hémisphère pris dans son ensemble, l'insoLation estivale totale dépasse de beaucoup l'insolation en hiver. Soit '2 H la quantité de chaleur tombant sur une section égale à la Terre à la distance I et pendant l'unité admise de temps; puis soit o la déclinaison du Soleil. La quantité reçue par un hémisphère à la distance r et au temps dl sera — (1 -+- sino) dl et par l'autre — (1 — sine) Jf. De même, comme sinô = sinBsins, où £ = obliquité de l'écliptique, ces valeurs deviennent, d'équinoxe à équinoxe, / y ( 1 + sins sinO } dli — y (- + 2 sine) et pour l'autre hémisphère -^ (- — '2sinE). Avec £ = 24°52', nous avons la proportion 63 à 37. ALiis, bien que l'insolation estivale et hibernale diffèrent ainsi, elles sont les mêmes pour chaque hémisphère. Par conséquent, ce que nous venons de déve- lopper ne saurait être la cause des différences en question entre les masima et minima relatifs des calottes polaires. Il paraît donc que ce n'est pas la quantité de chaleur, mais la manière dont elle est reçue, qui est responsable de la différence que nous observons. Des varia- tions opposées présentées par les deux calottes polaires, la plus difficile à découvrir est la plus facile à expliqner. La différence des maxima parait due à la grande longueur de la nuit antarctique. La nuit polaire arctique compte 306 de nos jours; mais la nuit antarctique eu compte 3SL Ainsi, pendant 75 jours de plus, le pôle austral ne voit jamais le Soleil. Il s'ensuit que sur Mars le pôle nord a moins de neige que le pôle sud. L'action des minima est différente. La force présidant à la fonte des neiges est plus grande sur l'hémisphère dont l'été est plus intense. 11 semblerait aussi que, sur Mars, l'excentricité n'a non seulement aucune ten- dance à favoriser la conservation d'une grande calotte de glace au pôle qui a son solstice d'été près du périhélie, mais que l'accumulation permanente y est moindre ((u'au piJle opposé. Une augmentation uniforme de précipitation sur toute la surface de la planète augmenterait les dimensions de la calotte australe plus que celles de la calotte boréale. Sur la Terre, cet accroissement de précipitation est rendu possible par la plus P lOWELL. - MARS ET LES ftl'dQUES Gl.vr.I.MRl'S. 577 grande (iiiantitt' d'eau à lasm-faco. Ainsi, une [uTiode i;laciairc pourrait parfaite- ment avoir lieu clioz. nous dans des conditions i[ui l'eniiiochiTaient sur Mars. l'jlie arriverait surtnut par suite de l'exeentricitc' orlulalo, mais non pas pri'iùsénient en vertu de cette exeentricité. Cndl insiste sur ce. que c'est l'efTet indirect, non direct de l'excentricité, qui ani<''iie une période glaciaire. Cet cITet indireci, il le trouve dans un accroissement de précipitation, un changement des vents et une modification analogue des courants océaniques. Ce que l'examen aclnel du pro- blème parait démontrer, c'est qu'un simido accroissement de pri'cipitation, pro- venant d'une cause quelconque, est bien capable de produire une période glaciaire. Nous avons ainsi un renversement remarquable des conditions .arctiques, de glaciaires à quelque chose d'opposc" . du directement, non à la dilTércncc d'excentricité, mais à une plus ou moins ijrande ;ibondance d'eau. Ei l'eau joue un rôle dans cet acte, soit à l'état gazeux, li((uide ou s. Sur M.ars, elle est en faible quantité'. Nous sommes déjà arrivées ,à la conclusion rpie ce que l'on considtT.-iit jusqu'ici comme des océans, les taches d'un gris bleu vcrdàtre, ne sont pas des mers, mais de vastes étendues de champs ou rie forêts. Diverses observations sont venues confirmer cette manière de voir : canaux traversant ces régions, changements de tons suivant la saison, la couleur \erte du |irintem|is dexenant jaune doré eu automne, etc. Ces uiodilications impliquent l'existence de l'air et de l'eau. La calotte polaire blanche de l'hémisphère nord de Mars est bien centrée sur le pôle. Mais on sait que la calotte sud est excentrique à son pôle d'environ 7°, dans le sens de .>i" de longitude. ( )n a attribné cette excentricité à une montagne qui retiendrait les neiges. Jlais M. Lowell n'adopte pas cette manière de voir pour les raisons suivantes : le froid augmente avec la hauteur parce que l'enve- loppe de vapeur d'eau s'amincit de plus en plus. Hui' la Terre, une élévation de 3000"" vers 4.j° de latitude amène l'observateur dans la région des neiges éter- nelles. Mais, sur Mars, il n'en peut être ainsi. C'est la masse d'une planète qui régit la densité de son enveloppe atnios|di<''riiiue. L'air diminue de densité par une loi qui dépend directement de la masse de la planète. Cette loi. la voici : La densité de l'air variant d'abord avec la jiression, nous avons dp c clD d.v dx ' où D est la densité, /) la pression et g la pesanteur. I! s'ensuit que dD -^ = a(i dx. Le signe moins dénote que .v diminue avec l'augmentation de D. Si a = I, nous avons dD — =-gdx. F., IL 37 578 LA PLANETE MARS. 1901 d'où / -jy =IogD = -g.v, D = e-"'^. Pour une autre plauète, uoiis avons également D = e-f^. Ainsi la hauteur néi'essaire iiour amener la même (iensiti' relative sur ileux atmosphères planétaires varie inversement à la pesanteur superficielle. Il s'ensuit i|ue, pour arriver à un résultat pour lequel une ascension moyenne suffirait sur la Terre, il laudi'ait une grande ascension sur Mars. Comme la pesanteur n'y est que de 0,:i7(j, et que ;/ = :'."'. i'>'j à l'équateur, il faudrait une hauteur presque trijde sur Mars. Un Gaurisankar n'y serait qu'un Etna. S'il y avait des pics de cette hauteur, ils ne sauraient échapper à l'observation télescopique. Les pro- jections du terminateur paraissent n'être que des nuages, tellement leur aspect est variable. Mars se présente donc à nous comme un monde essentiellement plat. D'autre part, l'hémisphère sud seul est recouvert de grandes taches grises, et ces estompages sont les plus étendus entre 300" et 'J0° de longitude. C'est au milieu de ces régions que se trouve la caljtte polaire australe. Four qu'elle ait cette situation excentrique, il est évident qu'il y a une cause déterminante. Il n'y a pa^ de doute, pour M. Lowell, que les surfaces bleu vcrdàtre sont des bas-fonds recouverts de végétation. Bien que la cavité soit certainement faible, elle doit l'ire cependant suffisante pour recevoir l'écoulement de l'humi- dité venant du voisinage. Or, comme la calotte australe est située dans une région grise, il s'ensuit que sa survie est produite surtout par des bas-fouds et non pas par des élévations. C'est le contraire de ce qui se passe pour les neiges terrestres. L'auteur examine ensuite comment ce i-èsultat pourrait être atteint. De même que ce n'est pas la hauteur, mais la profondeur, qui détermine le dépôt, c'est encore la iM'id'ondeur qui produit le ph pas aussi [)rohable ipie celle du ernitact. e,'est-;\-diro de la rosée ou de la LTi'h'O lilanelie. Dans ro eas, le dt'pùl doit se produire mm loin des points d'oritïine. Htant dans une vallée. \c: vent aura moins d action el r.iccrois- semeut des plantes einpècluM'a son cours encore davanl:iye; puis, telle liuiuidité prise ici n'aura |dus lieauconp de chances d'être pn'cipitee ailleurs. lOlle retour- nera pour recommencer son travail sur les plantes. Mous arrivons ainsi à la conclusion que la plus gramle accumulation de gelée blanche aura lieu qucdque part, non I<.iin des ré-servoirs géni'ranx d'humidité, autrement dit des taches sombres. Et c'est là pr('cisément que nous dlisoi'vons le centre de la calotte neigeuse. Le fait que le petit reste de la calotte polaire sud, à la fui de VvU'\ se trouve h quelque distance formules dans lesquelles 2E représente la chaleur totale reçue en une année du Soleil par la Terre entière. Le résultat numérique est ù.Cr.'T E |)our l'été et 0,373 E pour l'hiver. De ces expressions il suit que, lorsque l'ubliquité de l'éelijitique augmente, la chaleur reçue pendant l'été s'accroît, taudis que celle reçue pendant l'hiver diminue. Or, d'après Stockwell, l'obliquité de l'écliptique u'oscille que de l",3l, de part et d'autre de .sa valeur moj^enne 23", 29. La variation qui en résulte ue s'élève qu'à 0,ti7 pour 100, quantité insignifiante si ou la com]iare à l'effet causé par la variation de longueur des saisons. 58Î LA PLANETE MARS. I9U1 Nous arrivons inniiitenant au calcul de la longueur des saisons terrestres : saison dété, de l'équinoxe do printemps à l'i'quiuoxe d'automne; saison d'hiver pour l'autre section de l'orlMte. On a Longueur de l'été = T M h sin X ) , Longueur de l'hiver = T ( 1 — — sinX j, (A) bifféreuce été — hiver = -— e sin X, Le temps T = ^%^ = ISifi'i. La (lilTérenco été moins hiver est donc de 105,2 x e sinX. Si l'on cxpi-ime par y la longitude tiu point où la Terre passe à l'équinoxe de priutenqis et jiar - la longitude du périiiélie de la Terre, on a X = Y - '=• En comptant les longitudes de la position du point é((uinoxial en LS'iO, ou a X = 18II"— 50",23G(i — lsr,0|. lit la formule définitive est Kté — hiver = 405,2 x r sin ( ISU»— 5fr, 23tj t — r.), le temps étant compté de 1X50. l'ar cette formule, la diflférence en jours entre la longueur de la saison d'hiver et colle do la saison d'été peut être obtenue pour quelque époque que ce soit. l'oui' ol}teuir la dilTérence entre la longueur des saisons chaude et froide il inqiortc de connaitre les variations séculaires de l'excentricité de l'orbite terrestre et de la longitude du périhélie. Les voici, [lour 'lUUUOl) ans, d'après Le Verrier et 8tockwell : \llll.-f». K\CLMilririlé. Porilirlip. ■3(111000 ii,o;i7:i -133" •'J'.IOOOII o,0:i:i7 - i02 ■isnouu o,o2i;;' —373 ■270000 (i,oii;:i -35.') ■20(1 III 10 0,00',):! - 377 '2:>llllOll 0,0101 — '|I13 ■2 H) m II) 0,0271 — 3.SS ■2:!00lll) 0,li:!70 - -300 •2200011 (),o.'i:i7 -3-10 210000 0,0471 315 •^uoooo 0,0170 -2'Jl r.ioooii 0.llii2 200 ■180 000 0,0306 --21i Années. Excentricilcv Périhélie — 00000 0,0302 — 124' — SOOOO 0,0343 — 99 — 70000 0,0269 — 70 — 00000 0,0181 — 50 - 50000 0.0110 - Cl — iOOllO 0,0110 — 83 — 30000 0,0157 - 79 — 20 000 0,0102 - 59 — 10000 0,0195 - 31 0 O.OUiS 0 -1- 10 0110 (1,1111.) H- 36 H- 20000 0,0055 ■+■ 92 -f^ 30000 0,0049 +200 ClIARLII-R. — f-.pog UES GLA( Aiiticc?. EviMMilricitr PcriiH'lie -170000 0.(Kî:ii — UiOOOO (),Oîs:! ^ _ •)■}'! — ir)O0iio o.o-2:.i - MS -liOOOO o,o-,'r,ti -■•Il — 130 000 o,o;i07 -•W(i — l'.'OOOO o.o:'..")(; -1110 — 110000 o.o:!',f. — 170 —100000 0,0-'i0S —US P.POUUES GLACIAIRES SUR LA TLRRK ET SUR MARS. f.S:! Aiiiiri'S. Exu-ntrîrtlê. IVrîlulio . 40000 0,0077 - t2.S ÔOOOO 0.01:!i -r-2!)7 " GO 000 O.llllJ +3-2.i t- 70000 0.01:11 -i-:i'i.5 r SOOOH (1,011.! -4-:i,5'. h «JOOOO O.iIllO +310 • 100000 0,01 'i3 -r-3i8 Ces valeurs sont i.Tapliiqucincnt représentées sur les ileiix figures ci-dessens. 0.050 ^ O.OM) N / \ / / \ s, 0.030 1 — ^ \ / \ y \ a020 \, / V. y -N \, ^ k^ 0,010 \ -^ 0.000 n _9 0 -7 R -7 /. -■? -7 -? n -1 « -1 R -1 V -1 7 -1 1 - 1 - î -' ' 1 t ' +. K +1 î + =, +■ 1 Fig. 370. — Variations de rexcoDtricité de l'orbiie terrsitie. depuis MOCiWl ans avant ncdre t-poque jusque dans liionoi) ans. La longitude du périhélie est conip;ée de la position en 1S.M). Elle était alors de 100° îl'. 400 300 200 100 0 100 200 300 M)0 500 Kig. 377. — Longitude du périliélie de Inrldte tm-reslre. depuis o'.iO'HHi ans avant iiutre époque jusque dans 100000 aus. 1 — , 1 ^ ^ /^ y / i ^ 3 0 2 B 2 6 2 V 2 Z 2 D 1 9 \ B 1 W 1 2 1 \ ^ ; ' 1- t ^ 1 2 ^ e . ( ! 1 0 ^ ^ -^ ^ S . ^ y' ^ , D'après les nombres qui précèdent, on peut cahuiler les périodes de uiaxima et de minima et les valeurs correspondantes de !a illiyéreuce entre la longueur de la saison d'été et celle de la saison d'hiver. Voici le résultat : 584 LA PLANÈTE MARS. lyoi DIFFÉRENCES ENTRE r.A LONGUEUR DES SAISONS D'eTÉ ET D HIVER Sun LA TERRE, DEPUIS 300000 ANS et jusque dans 600000 ans. thttirenec Différcnre Différence Annéps. en jours. Années, en jours. Années. en jours. -2iiiono — 15,8 — 103000 + 14,0 —47 000 +5,1 ■279000 + 11.0 -15-2000 -1*2,1 —36000 -0,0 '2(),S0(IO - 7,0 — liOOOO + 12,0 — îiOOO +8,1 '•25f.0()0 + 5,0 — r2'.)00l) -1-1,4 -13000 -8,8 '.'■'iSOOO — 10, -2 -117000 + 17, '2 — 1000 +7,9 ■233000 + 15,8 —105000 -18,0 + 11000 -5,1 ^■210l)0 -?0,0 — 04000 + 18,0 +■2-2000 +•2,3 21000(1 -i--21,'.l — «000 -1G,3 +31000 -2,8 1 OS 000 -'21,1 — 710(10 ^-I3,0 +45000 +5,1 187 000 +■20,0 — 5'.IOO0 — ■',',1 +57 000 -6.5 175000 —10,7 Ces valeurs sout traduitos en (iiagrainmes sur la figure 3. (")n y constate que Fi^^. 37s. — Diai^raimiii' ?s(.-iH'nKitiquc montrant les difforences de lonsueiirs en jours enliT les .saisons d'i-tO et d'Iiiver, depuis 3U0 0U0 aus jusejue dans OOUOO ans. depuis ,300000 aus il y a eu 13 niaxiiua et autant de luiuiiaa tle ladilîéreuce entre la longueur des saisons delc' et d'iiiver. Des époques glaciaires sont arrivées sur la Teri-i! alteriiativenient dans les hémisphères sud (niaxiiua) et nord (iniiiinia), si d'autres circonslauces ne smit i)as intervenues. Ij'inlluence dos variations dans la longueur des saisons a été la plus prononcée outre les années — 240000 et -70 000, La plus grande différence entre les longueurs des saisons ciiaude cl l'roide est arrivée en — 20U00O et — -210000: elle s'est élevée à près de ii jours. Le calcul précédent n'est qu'approché. On y a supposé que le périhélie de l'orbite terrestre se déjjlace d'un inouveinent unirorine. Mais on peut porter ce calcul à une plus grande [U'écision eu tenant eunipte do la variation de ce déplace- CHAHLIEK. — ÉPOQUES r.I.ACIAlRES SUR LA TERRI- ET SUR MARS. ÛSô ment. On trouvo alors que la plu.'! i,'ranclo diffc'rence entre la .sai.son cliamle et la froide peut s'élever A :!! jours et demi. Voici le calcul pour le temps compris depuis lOOOOi) ;uis et Jus([ue dans 10000 ans de la différence précise de ,-)000 en 5000 ans et de 1000 en 1000 ans : lHIT.'TOncc DilTériMict. llilTt'rcni-p Années. en jiiur^. Ariiièp^ en jour<. Aiinéos. 0(1 jours. 100(100 — 0,5 —30 0110 4,7 — 2000 -i-7.2 95000 -18,1 - -25000 + 5,4 — 1 000 +7.9 90000 + 5,'l —•30000 + 7.4 onoo +7,7 ■ 85000 -15.1 -15000 -- 4,0 + 1000 +0,7 ■ 80000 — s. S -12000 — 9.1 -H 2000 +5,2 ■ 75080 -^-10,5 — 11000 - 9.1 -H 3000 +3.3 ■ 70000 -^ O.i — luiiOO — S. 4 -, 1000 -i 1,2 65000 — l.fi - y 000 - M -i- 5000 -O.S 00050 — 7,8 — sono — 5.2 4- 0000 -2.8 55000 -t- 0,7 — 7 000 - 3.0 + 7000 -4.2 50000 ^ 4,0 — 0000 nji + 8000 -5.1 iôOOO + 1.0 — 5000 + 2.2 9000 —5.5 10000 - 0.4 — 4 000 - 4.5 IOOOO -5,1 35 000 — 5,7 — 3 000 - 6,2 Actuellement, la saison froide est do 7', 666 plus courte que la saison chaude pour l'hémisphère nord. La différence va en décroissant et atteindra 0 dans 4500 ans. Dans 9000 ans nous aurons une période froide pour notre hémisphère bo- réal, car alors la saison d'été y sera de 6 Jours plus courte que la saison d'hiver. En ce moment nous avons passé le maximinn de la longueur de la saison d'été, qui est arrivé il y a environ 900 ans, alurs qu'elle était de 8 jours plus longue que l'hiver. D'après la théorie astronomique des époques glaciaires, l'hémisphère austral devrait avoir une période froide depuis plusieurs siècles. Mais cette conséquence parait tempérée par la présence des océans. La dernière époque des longs hivers pour l'hémisphère nord a eu lieu il y a 11500 ans, lorsque la longueur de la saison froide était de 9 jours plus gramle que celle de la saison chaude. Une autre époque de longs hivers est arrivée il y a 33000 ans iditïéreace de 6 jours), une autre vers l'an —62000 (différence de 9 jours) et une beaucoup plus marquée vers l'au — .S4000, où la saison d'été était de 17 jours plus courte que la saison d'hiver. Ces données sont graphiquement représentées sur la figure 379. Essayons maintenant de faire les mêmes recherches pour la planète Mars. L'obliquité de l'axe de rotation de Mars sur l'écliptique est a'-tuellenient de 24", 87; elle varie, comme celle de la Terre, entre des limites très étroites. La distribution de la chaleur sur les différentes latitudes de Mars iloit juar consé- quent être à peu près égale à ce qu'elle est sur la Terre. M. Flammarion l'a calculée à 0,634 E pour la saison d'été et à 0,360E pour la saison d'hiver, 2 E représentant la quantité totale de chaleur reçue sur les deux hémisphères de 586 LA PLANKTE MA US. 1901 Mars pendant une année martienne. On voit que la proportion est ù peu près la même que pour la Terre. Fig. 37'J. — Dilïérence entre les longueurs de la .«saison dCté et de la s.-iisori d'hiver, depuis lOUOOO ans jusque daus lOOUO ans. 11 reste à calculer la longueur des saisons sur Mars et leurs variations. Les variations séculaires de l'oxcentrieité ot do. la longitude du périhélie de Mars sont données par les fnrnudes de Stockwell, et nous |)oiivons écrire, comme nous l'avons fait plus haut pour la Terre [formule C A|, I )ill'érence été — hiver = 8T c sinX. Mais il faut calculer la précession de rax(^ ih; Mars {'(). Cette préeession est causée par l'attraction du Soleil et des satellites sur lo reullement éipiatorial de la planète. ContrairenK'ut ;\ ce qui arrive pour la Terre, l'intluence des satellites peut être négligé'o : leur masse est insignifiante, et ils n'ont exercé aucune action sur la durée de rotation de la planète. La circons- tance remarquable que cette durée est plus longue que celle de la révolution du premier satellite doit être attribuée, conimo l'a ('lahli M. hai-w iii, :i l'iiiiluence de marée du Soleil sur la planète. Si l'inlUience de niar<'(' des satellites, qui est proportionnelle à leur iiilluence sur la précession de l'axe do rotatitui, était de ]iii''me grandeur ou plus grande (pic ci.'lle du .'^(dçil, aucun ralentissement du temps de rotation de la planète n'aurait pu se |iroduire. D'autre part, les satel- lites gravitent ù peu jjrès dans le plan de l'éipiatcur de Mars et par conséquent ne peuvent exercer aucune action importante sur le mouvement de l'axe de rotation. Ils ne pourraient pi-oduir.- (|u'un i-clanl sur la ]ir(''ccssii)n des éi|niaoxes causée par le Soleil. CHARLIER. — KI'OOUES GLACIAIRF.S SUR l.\ TKKRE ET SUR MARS. 587 La précession causée par le Soleil peut être exprimée par la fi)i-iiuile Precession = — ; — eose — : — t, ' n A dans laquelle n' = le moyen mouvement de Mars, n = son moyen mouvement de rotation, E = l'obliquité de l'axe, — -r-^ = l'elliptifité de la planète. De ces quantités, l'ellipticité est imparfaitement connue. Sa valeur ne doit pas beaucoup différer de ^^. Pour les autres olémi^nts, j'adopterai, d'après E'iamnia- rion, les valeurs suivantes : (i'= r,8".i00O", n = 4i;'ilJI)0U0U", L'unité de temps est l'année trojiique. Par ces valeurs on obtient Précession des équinoxes de Mars = — fi", 321 1. La longitude du point de l'orbite de Mars à l'équiuoxe de printemps martien est, d'après Flammarion, 86°, 8. Nous avons donc ■/ = 86",8 — fi",3-2U. Ces valeurs de Y, e et - doivent être sulistituées dans la formule (A) pour la différence entre la longueur de l'été et de l'hiver de l'hémisphère nord de Mars : ST Différence = '— e sin ( y — - ). La révolution de Mars a pour valeur 2 T = 686,93 jours solaires moyens; d'Où Différence = 875,0 siniY — -i. [)i)ciiH'iiL depuis la pulilication de uolrc ]ir(Mi)ier Wtluine, que la synthèse que nous avons eulreprisc est doveuur uni' vérilaldi; enciiclopédie martienne. Voici ce deuxième Volume an-i\é aux limites i-aisoniialiles d'une ilimensioii normale, aux 600 pages du premier Volume, et dans noire désir de rester aussi complet que possible, de ne rien omelire de tout ce (jui peut avancer notre connaissance de ce monde voisin, nous n'avons jias dépassé rojiposition de 1900-1901. l'n troisième Volume est donc exigi' par les observations récentes, non moins importantes i|ui.' les précédentes, et de plus en plus avancées. Nous ne pouvons mieux faire, pour cor]i|)léli'i- ce Voluine-ci. (.|ue de l'illustrer par une Carte générale représentant l'ensemble de tontes les observations au point où nous sommes arrivés, luette Carte, que nou.s avons construite à la lin de l'année 1901 et publiée au ButUtin de mars \'Mi de la Société astronomiiiue de France, est aussi complète que possible; nous eu avons iireparé. étudié et discuté tous les détails avec le plus grand soin, i-t elle a été dessinée par M. .\ntoniadi avec une habileté dont seront agréable- ment l'rappés tous ceux qui se donneront le plaisir d'examiner ce beau travail. Les Cartes de M. Schiaparelli se compléient les unes les autres: mais l'astronome de Milan n'a pas réuni toutes ses observations et toute sa no- menclature aréographiiiue, si gracieuse el si charmante, sur une seule Carte. Aussi, le besoin de rassembler tous les travaux les plus dignes de foi en une seule étude topographique de la planète s'imposait-il en quelque sorte. La présente Carie comble celle Licum-. Klle contient toutes les obser- vations faites par M. Schiaparelli, celles que nous avons faites à l'Obser- vatoire de Juvisy, M. .Vntoniadi et moi, plus une partie des détails vus par MM. Lowell, Cerulli et Moleswortb. el conlirmés par les membres de la Commission aréographique de la iîritisb astrouomical .Association. Tous les détails indiqués sur celte Carh; nous paraissent suflisanimeut observés depuis 1877 jiour être cousidéri's comme certains. Les observations ont établi que la surface de Mars est soumise à de pro- fondes et rapides transformations, l.hi ne saurait donc prétendre construire une Carte permanente de la planète. Dans ces conditions, cette Carte est. en quelque soi-le, un étal moyen des sensations aréoscopiques. 592 LA PLANÈTE MARS. Les canaux (]ui ont été vus le plus souvent doubles y sont représentés douilles ((^.erbèrr, Casius, Gyndes, Heliconius, l'rotonilus, Pinson, .laniuna, Ilydraotes, Xilokeras, Gange, Nilus, etc/ ; les autres sont simples. La tona- lité des mers est entièrement basée sur les oiiservations que nous avons faites à Juvisy, de 1894 à 19(11. Les contours des mers sont, de préférence, ceux de M. Scluaparelli. Les noms entre guillemets se rapportent à des noms ibmués iiar MM. Loweli et Cerulli, aussi bien que i>ar nous-mêmes (M. Les réglons continentales sont invarialilement désignées par des lettres droites ou romaines. Tout ce qui rappelle l'eau, à l'rtat solide ou li(juide, est écrit en italiques. Les d(Haiis topographiques douteux soiU accompagnés d'un point d'interro- gation. La (lartc principale est dressée sur la projection de .Mercator. et va jus- (]ii'à70"d(' latitude de part et d'auti-e de l'éijuateur. On remarquera que les canaux paraissent s'élargir aux latitudes lointaines, résultat inévitable de la jirojeclion. Les deux calottes polaires complètent cette représentation de la surface de Mars, de 70° de latitude boréale ou australe jusqu'aux pôles. On y a représenlé les neiges aux époques de leur minimum : la neige australe en ](S79: la neige boréale en 1888. On voit jtar là que la fonte des neiges s'est montrée ici plus accentui'c dans l'iiémisplière austral que dans rhémisi)hère boréal. Ainsi, la Carte ci-contre représente ce que nous [lourrions appeler l'étal moyen des aspects de la planète, si variables en eux-mêmes. Des chaïuje- )iH'nl.s certains s'opèrent presque constaniiiient sur ce monde voisin. Ces cliangemeuts, que j'ai signalés coinun' certains depuis l'année 187G {voir I. L p. 241), malgré les objections [u-cseuli'es par les sceptiques, indi- i]uanl li's divergences d'appréciations, di' vues et de dessins des divers observateurs, les dilférences d'insti-inurnls, les variations possibles de Irauspareiice de l'atmosphère mai'tienne, les nuages et In-umes de cette (') Deucaliimis Hcgio est séparée de Noacliis p;ii- un clienal dont l'intensité est, parfois, très grande, qui est soumis à de fortes vurialions, et qui, resté anonyme, ne pouvait être indiqué que par des périphrases. Nous lui avons donné le nom de « Pan- dora; Fretum » ou Détroit de l^andore, par égard à la nomenclature de la région avoisinante. (On n'a pas oublié que Pandore, l'Kve des Grecs, avait été envoyée pour femme à Prométliéo par .lupiter. ) — Ce cliena! a été observé el dessiné dès le xvin° siècle par William lierschel et par Si'lini'ter. Nous avons donné le nom de .\'asamon au i-anal qui descend dr la pointe de Syrtis major au Casius et que nous avons observé m 180(j, 18'JS el UKll ; le nom de l'fVtiiessus à celui qui traverse de l'Est à l'Ouest une partie de rCclironia, de 220" à 21)5° de longitude, et le nom de Hhytidacus à celui cpii descend de Propontis au Clioaspes (lat, -i-50° à-)- 72"), tous deux observés à .Juvisy en 1901 [voir plus haut, p. 2ij(j, 379, 509 et 527). r^/? ^o_29o^3oo 3io 320 20 i3o 140 i5o 160 170 180 .; '" ^ 'Voviisini-' — i-— 1 1 1 r — 70 I Thyle ' T h ^le Frr( uni MA RE cfifiolàpM W cari itî; Ph aélhont S ih\ ectriS ePx'S ^J 'Srvi ialiâr lis ' '<^^'}/siicis: t ik- ».' nammonis "^v')/*' Me mnbnia. •'''^ -60 -5o -40 -3o —20 Arséjiius ', ,c^ 280 290 3oo 3io 320 3^,0 i5o .40 100 ,60 170 iSo"^' yjf^.l>J^nca9, : GÉNÉRALE DE LA PL CONCLUSION. -SÇ):^ atmosphère, etc., sont encore le fait qui ressort avec le plus de cerlitude (le la comparaison des observations réunies ici. comme il ressortait (l''jà de celle des observations réimii's au premier Tome. .Ii> m; veux j)as revenir sui- le Chapitre de ce Volume (p. 5i7-578' consacré h l'examen ou moins les jirairies en l)ordure. La nuiltitude des canaux fait qu'ils nous si'mblent [larfois changer de place, les uns étant tantôt à sec et invisibles, tandis ijne les autres sont remplis et débordent même. Us [leuvent varier de coloration, comme nos fleuves et nos lacs. Les inoûda- tiiins iiaraisseni faciles et fréquentes. 11 n'y aurait d'absolument sec sur la planète que Ic's contrées toid. à fait jaunes. Des [irairies bordant les canaux peuvent varier de Ions avec l'iuimidili'. Les lignes que mius observons sont, sans doute, ces prairies, .l'ai rappeb' depuis longtem[)s (|u'un jour, passant en ballon au-dessus de l'.ologne, à •2500'" de hauteur, le Rhin ne paraissait qu'un mince lilet. tandis (jue la vallée du Rhin semblait dessiner le tleuve lui-même. Les intiltrations de l'eau peuvent faire varier là une végétation quelciMique. L'humiijili' de l'air à la surface du sol [leut également exercer une action considérable sur la, végétation. Ajoutons que l'évaporation doit y èlre facile et ra[iide. le point d'ébuUition doit être voisin de 50", au lieu de 100", et la pression, au niveau de la mer. voisine de 140™'". Ces variations sont, d'ailleurs, en rapport avec la fusion des neiges polaires et avec les saisons. Tout en étant des plaines végétales, les « mers » peuvent être traversées île canaux et de cours d'eau plus ou moins longs et très variables, et même être formées en bien des points d'étendues d'eau peu iqjaisse et assez transpanuite piuir nous [leriniHln.' d'en apercevoir le f I. L'i'an prcivieut surtout de la fusicJii îles neiges polaires, occupe les mers, ijui m; sont guère que des plaines marécageuses, en déborde et s'in- lillre dans les canaux, fille laisse facilement certaines régions à sec, telles que les [liages di' Deucalion, la zone centrale du Sinus Salia'us, le Pont du Soleil, etc. A la fusion plus ou moins uuiliirme des neiges polaires peuvent s'ajiiulei' des marées, i|mii(]ue très l'.iibles, prnduites par les deux satellites et le Suleil, miiilibaul légéieinent le volume de l'eau sur un |ioint et sur un autre, el la fon-ant à envahir les plages, pmir se retirer ensuile. Mars serait comme une plage iunuense tour à tour imvahie et abandonnée, un peu coumie les grevi's du mont Sainl-Mii bel, mais avec une iqiaisseur incoin- •s I.ONC.I.CSION. ôOô paralilciuciU inniiidre el avi'C uik; eau plus lé^ùi-o; il y aui'ait là surlout di^s manicages couverts de piaules, doiil Ir tua varierait avei- l'innuidité. Il me semble que cette hypothèse expliquerait tout. Elle a eoulre elle une objection. Si la surface d'eau est si considérable, occupant, plus ou moins, tout cet immense réseau d'innombrables canaux, de prairies à demi niarilimi>s, ne devrait-elle |)as donner lieu à une forte et constante évaporatiou? Oi-, les nuages sont rares, très rares, ainsi ([ue les brumes et brouillards. Nous répondrons que la vapeur d'eau peut restera l'état invisible, connue il .irrivo d'ailleurs, généralement, dans l'air que nous respirons. II faut des <'onditions spi'ciales poui' que la va[)enr d'eau soit visible. Ces conditions peuvent n'ètr(! pas réunies sur Mars, jiour le plus grand plaisir de ses habitants. La vapeur d'eau atmospliériiim' joue sur la Terre un rôle beaucoup jjIus important ipi'on ne le r DKUxn:!HE volume. ERRATA AU TOME I. Page 72, ligne 12, nu lieu dr 24 luars. niellre 24 mai, et an lieu de 30 jours avant l'opposition, inellre 30 jours après. Page 95. à la note, après 1781, les figures 14 et suivantes il'Herschel ap]iartiennent à l'année 1783. I^age 97, à la note, 1783, au lieu de à eux de l'intlinaison, mettre à cause de l'incli- naison. Page 128, ligne 2, ajouter : Par une observation de Mûdler du 14 septembre 1830 et une de lui du 30 août 1845, Mitchel trouva pour la rotation 24'' 37" 20% 6. Page 220, ligne 9, an lieu de p. 184, inellre p. 1C4. Page 287, ligne 0, inellre à l'aide de l'iiéliomètre de Breslau. Page 308, ligne 24, au lieu de décimèlies, mettre dix-millionièmes de millimètre. Page 329, au titre, au lieu de 1877. mettre 1879. Page 376, ligne 14, ajouter : Premier globe de la planète Mars, publié par M. Flam- marion, ayant pour canevas fondamental sa Carte de 187G. mais avec cer- taines différences indiquées par les observations plus récentes [voir VAstro- nomie, 1884, p. 352). Page 413, à la note, au lieu de p. 1034, mettre p. 1304. Page 441, la 6* ligne doit être lue ainsi ; qui arrive jusqu'à la mer Sirenum. Cette région présenta... etc. Page 472, les notes 4 et 5 doivent être transposées. Page .509, ligne 25, ati lieu dr 1,20 à 1, mettre 1,03 à 1. Page 517. ligne 21, au lieu de graduation, mettre gradation. Page 520, ligne 29, au lieu de au-dessus, mettre au-dessous. Page 537, ligne ti. au lieu de maximum, mettre mininiuin. Page 539, Cartes polaires : au lieu d'élre //i.s-i"?'i/.s 90° à 50°, les cercles de latitude doivent l'être 80" à 40°. Page 544, ligne 18, au lieu de 324 kilomètres vers 28". mettre 340 kilomètres vers 30'. Page GOl, ligne 29, au lieu de Huygens, mettre Huggins. ERRATA AU TOME II. Page 109, ligm- 7, supprimer sur le mont Arequipa, et mettre k Flagstalï. l'agc 111, Carte du lac du Soleil, .'ai lieu de d'après M. Lowi-ll. mettre d'après M. Duiiglass. Page loti, ligne .'il, au lieu de Terre, mettre terre. AITEUHS ET MIMS CITÉS. Abeïti, p. ïtO. Adhémar, p. 588. AxDRiECrEN ( Lloyd ), p. il 7. Antoniadi. p. 8, 9(1, 'Jl. 97. l'.lv' à 200, 20-? à -209, -VM. -2U, 27:i à -289. 3U!, 410 à 418. 43;!, 441 à 400, 180, ÔOI à 5-28, .532. .514. 5.50. AraGO. p. li;8. 380. 521. Arrhenius. p. 380. Atkins. p. 482, 483. 551, 552. Haikie, p. 2:^2. Hall, p. lui, .580. 581. Barnahu. p. 4(1, 48, 50, 52, 78. 118. ISI, 191. 192, 214. 236, 2.58, 284. B.A.TES, p. I7('i, 265. Béer. p. (iS, 88, 208, 210, 238, :!I4, 575, .588. BERARDINIS (DE), p. 464. BeS-SEL. p. 68, 8S. 183, 2i9. BlANCHINI. p. 2I('>. BiGOURDAN. p. 211 à 213. Blajko, p. 434. BoÈ I DE I. p. 97. 4(17. 4(18. 418. 1 1:!. 4IS. Boeddicker. p. 276. BOLTZMANN, p. 400. BOURDILLAT. p. 547. Bhenner, p. 216 à 221. tr,, 230, 308. 327 ;\ 332, 378, 121 à 427, 430, 131, 132, 4()0, 482, -551, .5.55. Brewster. p. 147. 17((. Brown ((i.-L.i. p. 90, 232. 235. Brvan, p. M'.IU. Blrton. p. 276, 289, 516. Cammell, |). 209. 232. 232, 3-55. Campbell, p. 4(;v, 47, 48, 50. 81, 82. 81, 87. 140, 142. 144 à 1-58. 169, 170. 171. 175. 176. 177. 178. 17'.), I80.à 181,186. 2:iil. 2(i5. 267, 2(i8, 350, 351, l'.i5. Celiiria, p. 26. 258. 428. ".-17 349, .535. Ceraski. p. 131. Cerulli, p. 2n9, 236, 313 à 445. 4(50 à 469. 482, 514, 517. .5.50. Charlier, p. 580 ,'i 58'.(. Chrétien, p. 271. Clark i Alvaii i, p. 1 12. CO.MAS, p. 225 à 2:!0, 236, 333 à 336, 470 à 475. .530 à 53'.i. CO.MSTOCK, p. 67. 68. 87, SH. COOK (S. R.), p. 398, 399. COTTAM, p. 232. Craig ( Rév.), p. 90. Croll, p. 574. .5711. .580, .588. CROMjrEi.iN. p. 27(1, 15(1, 504, 524, .531. Crus iCh.). p. I(i2. Cri rilXBERRY. p. 6S. Davis iCi.-T.i. p. '.Kl. 232. :il:i. DaI URÉE. p. 211. :176 Dawks. p. 151, 2:!S. 111. De la Rie (Warrenl p. 411. Delalney ( Colonel), p. 555 ;'i Desrivières, p. 206. Dewar, p. 566. Dierck.x, p. 410. DdLMAGE, p. 423. D.MGL.\,ss. p. 64. 168. m. 114 136, 140. 141. l'.IO. 2(1'.». 231. ,33. i58. 304. 308. 31(1 à :il:!. : 435. 136. 438. 175 à .5611. Dreyer. p. 2((S. Dross ( Ottoi. p. 561. Eddie, p. KO. Kkholm, p. 58(1. Ki.LERv, p. 2:i(i, 231. Ei.i.is, p. 90. m. 2:i2. EvERi; TT I .M"" I. p. m 311» 480 128 536 . 135. 21(7 à . 129. , .541, 598 LA PLANÈTE MARS. Fabiiv, ]). ."ilU. Fai ïH, p. :i:!-?. 48,S, /i8i). Favi;. ]). :!">",, 356. 357, 358, 37i. Flammauiiin. p. 35, 55, 71, i'J2 à 2011. l'O-J à 21(1. 21i, 215, 223. 238. 2'il. 2'(i. 245 à 251, 269 à 2S'.I. 3(1 1. :!62. 368. 373. 378 h 386. 'ill. 132. 13i. '(35. i 'i 1 à i60. 467. 501 à 528. 532. 5'iî. 580, 587. .588. FONTANA. p. 317. 318. Foic.HE, p. 373. Foi'itiER, p. 380. FouHNiEB rO. et V.i. p. :>'t'i à 547. Fraixhufeh. p. 147. Freeman (Uév.i. p. '.Hi. Fritz, p. Oî. Gale. p. 00. 01. 02. 131. 230. 343, 37X. Wl. Galilée, p. 57. 5,S. Galt(.in, p. loi. GlOVAXNdZ/.l, p. 71. Gledhill. |>, 348. 'i8li, 552. Gonzalez, p. 74. 75. 79. Green. p. 27. 71. 111. 110. 138. 140, 181, 182. 183, 208, 270. :;78. 411. 437. 526. Griefiths, p. 343. 346. Gru.T, p. 35. 37. 3X. 3,0. 40. 05, 200. GUZMAN (ISL'), p. 500, 501. Hall (.\.). p. 68. 88, 183. 351. IIai.i, I W.-I I. p, :!'i:;. 'ix-.'. ^All■^^L\^^. p. i02. 103,. Hahtwic. . p- 111. 102. Haweis, p. 102. LlENDEUSdN, p. 232, 231. IIENIIV ( ïvi'frn I. p. •,'(IS, Hehsi;iu:l ( .lohii ), p. 151, 161, 16,5. Hehscheli Williann, il 16. (iX. 88. 1111, 210, 260, 411, 521. 565. 5S8. IliidlidM. [), :i8|, IIoLliEN, p. 46, 48, 10, 50. 53, 54, 55, 81, 83, 81, 181, 1X5. 187, 217, 237, 351, 3SII, 565 à 573.. lloLST. p. 5X0. lidLT, p, -,'30 ;\ 211. lluNNoiiA I . |). 547 à 549. lIoiiKi:, [) 111. IIi (wiiNS. p. 141, 151, 171 à 173, 175, 170, 210. llrssEY. p 16, 47, 4X, XI, 81, 106, 1X2. 310, 2IIk 306, 1. 83, 485. IliYCENS, p, 210, IWANOW, p. 23,6, Jaxssen. p, 144. 151, 169 h 171. 179, 210, 289, 295. Jarso.x, p. 230. 235, 236, Javelle, p, 20',l .Iewell. p. 177, 170, .350. JoLV. p. 352 à 355. Jones (Seiiecai, p. 565 à 57:!. Kaiser, p. 68, 88. 168, 208, 238, 314, 322. 111. Kaxn, p. 559 ;\ 564. Kant, p. 355, 373. Kayseii, p. 208. Keei.er ( J.i. p, 53. 51, 70, ' 01. I3,X. 1X1, 237, 350. Kemith(ih\k. p. 232, 313, 315. :',78 KiBiti.iou, p. 550. 551, 552. KiLLil', p. 550. Knobel, p. 1X6. 526i. KOSTINSKV. ]), 3.51 , Landereh, p. loo. L,.vngley. p. 1113, 3X0. Laplace, p. .356. Lapparent ( ni; i Lassell, p. 5XX. IjEDGEIi. p. ,'15, Le Veiuiie]',. p LlBEUT, p. 1X7. [..IGOXDKS ( iH I, p, 355 à 371, 403 à 106, 130 à 132, 536. LlXSSEU, [1, XX, LiVElXG, p, 566, LocKYER, p. 101. 102, 166, 16 322, 411. 122. 435. 440, 478 LoEU'Y, |]. 360, LiiilsE ( I),), p, 16. -,'5, 319, 102, 510, 526. l.dWEi.L, p, 24, 108 à 130, MO, 141. IXll, 10(1. -,'00, 236, 276, 277, 270. 283. 281, 280, 297 à 311, 315, 322, 330, 332, 345, 349, 3.52. 36.2, 366, 37X. 412. 113,, 424. 426. 127, 428. 435, 136, 437, 438, 430, 440, 446, 151. 45i;, .')58. 463. 470, 480, 482, 497, 506, .509, 525, 536, 537, 539 à 543, 561, .568, 570. 574 à 580. NLaiuui-,, p. 31. Maiji.eu, p. r.X, X8, 208, 210 3 14, '■'•'''. 111. 575, 588. MAXdiiA (M'i, p, 216. 221, 1' il. 6 .'l 378, 208. 238, 88. 103, 184, 280, 328, 367, 434, 450, 483. M 6. 23X, AUTl l'KS 11' NOMS Cl II; S. 599 Mansdn. p. \!64. Mauai.di. p. 210. Marth, p. 135, ?T0. Mattoon, p. 49-5, 498. Mainder, p. 90, 92, 102, 104, 144. 151. 17'., 179, 232, 233, 235, 237 à 239. Maw. p. 343, 347, 349. M A.xwiiLL, p. 400. MiiAUES, p. 232, 343, 344, 345, 347, 378. Mi-:i:. p. 232, 343, 344, 481. Mkkch. p. 580. Mkiski.. p. 418 à 421. Mr.iNiF.R (Stanislas), p. 95, 97,98,422. MlM.KR, p. 179. MiLLocHAV, p. 528 à 530, 550. Mnc.HELL, p. 114, 119, 181, 437. M'iLEswoRTH, p 90, 343, 3'i4, 345, 346, 347, 348, 349, 378, 448. 481, 482, 483, 484, 485, .5.50, 551, 5.52. MoREi-x, p. 200 à 202, 278, 279, 344. 361. 365. 376 à 378, 413, 418, 430.à 432. MoYE, p. 94. Miller, p. 493. NlESTEX, p. 89. Noble (Cap.), p. 90, 232. NuRr.i;ET. p. 94. Oeford, p. 344, 347. (»RR. p. 263. Palisa, p. 218. Patterson, p. 232. Pat.\ût. p. 336 à 338. Pereira I Moraes I, p. 94. Perrotin. p. 9, 11, 17, 20. 25, 79, 81, 85, 209, 289 à 295, 296, 340, 413, 417, 477, 501. Pevba, p. 339 à 341. Phillips, p. 164, 167, 168. 169, 244. 344, 345, 347, 349, 378, 442, 456, 481. 482. 483, 484, 525, .551, 552. Pu.KERiMi fW. H.), p. 60, 62, 64, 103, 108, 112. 118, 123, 125, 127, 130, 135, 139 à 142, 209, 232, 239, 240, 245, 304, 305, 424, 427. 435, 479, 490, 491, 495, 528, 542, .543, 569. Plassmann, p. 564. Povillet, p. 380. Proctor, p. 370. 422. 448. PiiSEUS. p. 369. Qlenisset, p. 26. 37, 40, 96, 230, 235, 236, 342, 343, 487. Rendell, p. 416. 5S. 96 . 18:!, 242, 280, 3-yi Kenz. p. 351. Hheden. p. 314. UciREUTS, p. 232, 344. Roche, p. 373. Rosse (lord), p. 306. 308. Kl DACX. p. 94, 236. 333, 487, 549-550. RCSSELL {M"<-), p. 90. RCSSELL, p. MO. liCTHERECRI), |i. 144, 179. t^AIL, p. 232. ScHAEREitLE. p. 48. 49. 50. 53, 55, 58, .59. 6(1. SI, 83. 84. 115. 181. 186, 187, 188, 19(1, 422, 438, 479. SciiEiNEit, p. 175, 121, 422. .ScHi \ivum:lli . p. 2, '.I, 17. 26, 52, 55, 60. 6S, 71. 77. 80. 83, 8(i, 88, 91, 9S, im. l-.'.-,. |-,'7. 138, 140. 181, 181. 20,s, 209, -.'M à 216, 220, 221, 223. 224, 225, 233, 234, 237, 238, 244, 249, 251 h 262, 269, 275, 279, 285, 286, 288, 294, 304. 315, 323, 326, 327, 316, 347, 366. 378, 380, 406, 411, 112. 113. 414, 415, 416, 417, 420, 426, 432, 134, 435, 440, 446, 448, 451. 4.58. 460, 463, 470, 471, 472, 477, 483, 484, 199, 500. 504, 506, 507, 510, 512, 51(;. 524. 525, 526, 527, 534, 535, 537, 5.5S. 561, .58S. SCHLEISNEIC p. 410. SCHMOLL. |>. :'i0. 51-,'. SCHHOETER, p. lîo, 168, 210, 269, 411. 5S8. Sc.HCll. p. 3511, lui. SEr.cHI, p. 68. 8S. 144. 151. 179. 111, .55(1, S.MART. p. '.Ml. -Syl Stefan, p. 567. Stew.vrt, p. 232. Stockwell. p. 581. Stoney. p. 104. 177, 382 ri 403, 566. Stisi VE I, ll.i, p. 270, v'71. SrCYV.iERT. p. 89, Swift ( L.t. p. 67, 7(C Taylor, p. 232. 244. Terby, p. 25, 82, S3, 1 30.^. 47' 410. Thollon. p. 115. 147, 417. TiSSEH.VND, p. 137. Tow.NSHEND. p. 344, 346. Troi velot, p. 233. 308. Trowmuidce. ]). 373. Tyndall. p. 158. 1.59, 177, 38ll. 600 LA PLANÈTE MAHS. Vor.KL. p. lii. loi. 17:; à 17:.. 17'.i. ;'in. W.vi'GH (Rév.i, p. '.Ml, -.'ilv'. v.':!!. Wiener, p. ."i8(i. WiLLi.\Ms (Matthieu 1. p, liio à Hi'.i. :'.7n, '(."i7, ."i.M. W'iLLi.uis (Stanley ), p. '.)ll, '.M. '.l;'. V;'! à Ov:>. -y.M), -iw-i, v:i:i. v':!î, ■:.'::<. vxo. ■,'81. -.'s:;. iS':!, 3'i'i. :i7s, 417, 'i.",5. l.-^il. -■ix:i. :,{)',. \V'ii.siNG, p. 17."). Wri.sox ( H. -(,'.), p. li.S, 7i. WisLicE.Ni.s, ]). i:is, 1 :;'.). \V(.MiD, p. \.'3v. v'm. Wyke!?. p. 110. Xemi'thorne. p. 481. YoiNG (C.-A.), p. 6.j, 7'.i. 181. ILM, ;î.-,1, tahlj: i)i:s matikkks DT" To^ri' II. Chapitres. Pages. CXLIV. — Observations de M. S<:hiapai!ei,li en 18R3-1884 3 Extrail d'une lettre du 19 février 1S97 à M. Fl.v.mmaiuon 8 CXLV. — 01)servations de M. SrnuPAREi.Li en 1886 9 C.XLVl . — Oliservations CLXIX. — Même sujet 99 CLX.X. — La vie sur Mars, par MM. Lockyer et Maun'uer 101 CLXXI. — Mars, par Sir Robert Ball 104 CLXXII. — Les satellites de Mars, vus de la planète, par M. Hlssey lOG r,i|| l..\ l'LAXETK MARS. i:iKipitrrs. Pages. OI'I'DSITKJX 1)1-: l.SO-i 107 CI.XXIII. - Ohsei'Vïitûire Luwell, à Flagstaff. Observations de .MM. Lowei.i.. W.-H. PlCKEnl^o et DorGL.\ss 108 (ILXXIV. — Arc crépiisculaii'p l.'ÎS GL.WV- — l-es longitudes martiennes lliS CLXXVl. - W.-H. PiCKERlNG. Les mers de Mars 139 CLX.XVIL — Observatoire Licl<. MM. IIoi.ni-.N et C.nmpdeli \'il (;IjX.\V1[I. — C..\MPKELi,. l.f «pectre de Mars 144 CLXXIX. — " Ij'.iliiiosphère de Marb 14'J GL,X.XX. — Mattbieu Wii.i.uMs. Météorologie martienne 160 CLXXXI. — .Ianssen. Sur le spectre de Mars 170 ULXXXIl. — îlroGiNs. Siir le siieclre de Mar.^ 171 CLXXXllI. — VocEL. L'.itinosphère de Mar.s 17:! CLXXXI V. — lleiiry Bates- L'atmosphère de Mars 17G CLX.XXV. — Jewell. L'atmosphère de Mars 177 CLXXXVL — (Iamprell. L'atmosphère de Mars 17'.) CLXXXVII. — Lewis .Ieweli.. L'ataïusphère de Mars ; 179 CLXXXA'in. — Oampbi-i.l. Neige polaire australe IMO GLXXXIX. - Observatoire Lick. M. Hoi.de.n 184 CXC — lIoi.iiEN. l'rojcclions hrillantcs bSJ GXCI. - Dessins divers du lac du Soleil 187 GXCII. — Bar-nabd. Neige polaire australe 191 LXCin. — Observatoire de Juvisy. MM. Fla.mmakiox et Ankimaui 19i CXCIV. — Oliservatoire de Paris. M. Bighuruan 311 GXCV. — Flammarion. Neige polaire australe ','1? CXC\'r. — ScmApAREi.i.i. Changements observés Î13 CXCVIl. ' Observatoire de Lussinpiccolo. M. Bren.ver '2\b (LXCVIII. - Stanley Williams- Observations eu Angleterre '2'21 C.XCIX. — .1. Comas. Observations à Barcelone -'2-5 ce. — Observatoire de Melbourne. M. Eli.euv 230 CCL ' .\.-E. DouGLASs. Nuages sur Mars '231 CCll. — liaiiport de l'Association britannique |n:uir 1894 '23'i CClll. — Observations diverses T.ib CCn'. — AL\uNDER. Les canaux '137 CC\'. — HuLr. Les canaux 239 CCVl. — Tavlor. Absence de mers sur .\Lirs 244 CCVn. ~ Flammarion. Circulation de l'eau dans l'almosphère de Mars.. 2'i.') C(.lVin. — ScniuPAREi.i.i. La vie sur Mars 2.'il GCIX. — .1. Oiîh. Les canaux ne peuvent pas être artiliciels .... 2(J3 CCX. — NLuisiiEN Maxson. Les climats de Mars 204 CCXL — Cami'HELL. La l'usion dr-s calottes polaires 207 OPPOSITION I)F l8:io. CCXII. — Flammahio.n . iJatcs des saisons sur .Mars 207 CC.'vIlI. — Observat(jire de Juvisy. MM. Fi..\mmauion cl Axïoniadi 273 CCXIV. — Ohserv.-itoire de Meudon. MM. .Ianssen et PERRoriN 289 CC.XV. Obscrvatoiri' Lowell, à F'IagstalV. MM. Lowell et Douglass... 297 CC.XVl. — Lowell. La mer du Sablier 304 CCXVll. - Douglass. Projections sur le ternunateur 311 TABLE ItKS MATIKKKS. 60:^ Ch.ipitres. Paiics. (;CWI[r. — Observatoire de Teramo M. Cerui.li 313 (CXIX. — Observatoire de Lussiiipiccolo. M. Brenner 327 CGXX. — Comas Soi.a. Observations laites à Barcelone 333 CCXXI. — Patxot JUBEUT. Observations faites à Geroiia 336 CCXXII. — Peyra. Observations faites en Italie 339 (U;XXIII. — QuKNissET. Observations faites à la Société astron. de France. Mi CCXXIV. — Rapport do l'Association britannique pour 1896-1897 3'i3 CDXW. — Gledhill. Observations faites à Bermerside ( Halifax) 3'iS (XjXXVI. — HussEY. Projections sur le terniinateur 3W CCXX VII. — LoHSE. La tache polaire australe 349 CCXX Vni. — Keeler. Observations spectroscopiques 3J0 CCX.XIX — Mesures du diamètre 350 CCXXX. — KosTissKY. Pbotogra|diies de Deimos 3Jl ce XX XI. — YoL'XG. Mars est-il habité ? 351 ce XXX II. — .1. JoLY. Origine des canaux. 352 CCXXMII. — Du LiGONDEs. L'âge de Mars 355 CCXXXIV. — MoREUX. Les canaux 376 CCXX-\.V. — Flammarion. Variations certaines sur Mars 378 CCXXXVI. — Arrhénii'S. L'acide carbonique sur Mars 380 C{;XXXV II . — Johnstone Stoney. L'atmosphère de Mars 38'.' C(-1XXX\I11. — La théorie cinétique des gaz et l'atmosphère des planètes 383 CCXXXIX. — Du LiGONDÈs. Les atmosphères des planètes 403 CCXL. — Le dédoublement des canaux. Discussion générale 406 CCXLI. — Léo Brekner. Explication des canaux 424 CCXLII. — MoREUx et DU Ligoxhès. Explication des canaux 430 Cl'XLIlI. — Plam.marion. Nouveau globe de Mars 435 Ouvrage de M. Lowell sur Mars 435 OPPUSITIOX DE I89S-1S99. CCXLIV. — Observatoire de Juvisy. .\1M. Fi.ammario.n ei Axtuxiadi 441 CCXLV. — Observatoire de Teramo. M. Ceruli.i 460 CC.\.LVI. — Observatoire de Barcelone. M. Comas Sola 470 CCXLVII . — Observatoire Lowell. ^I. Doi.ulass 175 CCXLVIII. — Rapport de l'Association biitaniiiquo pour 1898-1899 479 CCXLIX. — Gledhill. Observations faites à Bermerside (Halifax^ 486 CCL. — Société astron. de France. M.M. Quénisset, Rudaux et Lidekt. 486 CCLI. — Fauth. Observations à Lauiistuh! 488 CCLII. — W.-II. Pickering. Météorologie luartienne 490 CCLIII. — Diamètreet aplatissement. Mesures, parMM. ScnuR et Hartwm. 491 CCLI V. — Hartmann. Éclat relatif de Mars et de Jupiter 492 CCL V. — Mattuon. Vitesse de rotation de Mars 494 CCLVI. — ScHiAPABELLi. Considérations sur la planète 499 CCLVII. — Communications avec Mars. Le prix Guzmaii 500 OPPOSIÏIOX DE 1900-1901. CCLVIII. — Observatoire de Juvisy. MM Flammarion et Axtoniadi 501 CCLIX. ~ Observatoire de Meudon. M. Millochau .528 CCLX. — Observatoire de Barcelone. M. Comas .Sola 530 CCLXl. — Observatoire Lowell, à Flagstaff. MM. Lowell et Douglass... 539 604 LA PI,ANÈTE MARS. Chapitres. Pages. CCLXII. — W.-H. PifiKERiN'C). La géiiiiiiatioii des canaux 542 CGLXIIl. — Société astroiioniique lie France. MM. G. et V. Fournibr 544 — — M. MariiLs Honnorat, à Aix. 647 — - M. RuDAUX, à Donville 549 CCLXIV. — Bapport de l'Association britannique pour l'JOO-1901 5.50 CCLXV. — M. Gledhill, a Hermerside ( Halifax) 553 CCLXVI. — M. Léo Brekneb, à Lussiiipiccolo 554 CGLXVn. — Colonel Delauney. Une explication des canaux 595 CCLXVIIL — L. Kann. Mars, monde oci^anique à l'époque houillère 559 C(jLXIX. — Otto Dross. Mars, monde eu lutte pour l'existence 5ti4 CCLXX. — Plassmann. Mars est-il un monde habite'/ .504 GCLXXL — HoLDEN et Seneca Jones. La vie sur Mars ô(i5 CCLXXIL — Lowell. Enseignement de Mars sur les époques glaciaires.... -''74 CCLXXIH. — Charlier. Les époques glaciaires sur la Terre et sur Mars. . . . 580 Conclusion de ce deuxième volu.me ï>91 Carte générale 59'2 Auteurs et noms cités Wî KIN ii.';s. Paris, liup. ii:uilluiT-Villar<, :■.■, quai «les (iraiuls-.\ii'j uslins. QB 6^+1 F55 t. 2 i^'lammarion, Camille La planète Mars et ses conditions d'habita- bilité P&ASci PLEASE DO NOT REMOVE CARDS OR aiPS FROM THIS POCKET UNIVERSITY OF TORONTO LIBRARY '.•.\''i'i!ii-\'i\f.' '