DICTIONNAIRE

DE L'ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE

ET DE TOUS SES DIALECTES

DU IX^ AU XV' SIÈCLE

ACbEVILI.E.

lYP. ET STÉIl. A. RETADX.

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DICTIONNAmE

L ANCIENNE LANGUE FRANÇAISE

ET DE TOUS SES DIALECTES DU IX^ AU XV^ SIÈCLE

COMPOSlî; D'APRÈS LE DÉPOUIIJ.EMIÎNT DE TOUS ];HS PLUS IMPOUTANTS DOCUMENTS

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FRÉDÉRIC GODEFROY

fL'ULU: sous LES AUSPICES DU M1NISTÈHE UE L'INSTRUCTION PUBLIQUK

KT IlûNORÉ PAU l'institut DU i^nAN'D l'HIX GOIIERT

TOME TROISIÈME K FILDROI^;

mîcroformêdIy

PR.ESER.VAnUi'4 SERVICES MM 0 8 1987

DATE.

PARIS

F. VIEWEG, LIBRAIRE-ÉDITEUR

; 7 . RUE DE K 1 C II li L 1 E U , l!7

1 8 8 4

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DICTIONNAIRE

DE

LANGIENNE LANGUE FRANÇAISE

ET DE

TOUS SES DIALECTES

DU IXe AU XVe SIECLE.

1. E, ee, ei, ey, ef, eep, ep, ex, hé, ape, abe, (rime), s. f., mouche à miel, abeille : Asseiî i a et foile et flor DQQt par nature et par dulchor Vivent les m et funt lo miel.

(Drul, ms. Jlnnich, 2;), VoMm.) Une moaskes et uns ei tencerent. (Marie, Ysopel, de la mosche el d'une ee, lxxxvi, Roq.1

Iciz nule altre chose ne posseoit a son us, se poi de vaisseaz d'eiz non. (Dial. St Greg., p. 160, Foerster.)

Ly eys at ausi la doiixor del miel. (S. liEBN., Serm., Uichel. 27468, 8 r».)

Il avirunerent mei si cum efs. {Psalt. monast. Corb., Richel. 1. 768, C 94 r°.)

Il m'avironnerent aussi com es. (Psau- tier, Maz. 2o8, 143.)

Li es s'asiet desor l'ortie.

{Parlon., 121, Crapelet,) Li ex s'assiet delez l'ortie.

ili., Richel. 1913-2, f 121=.) De partout aplouvoient Li povre a lui, et acouroient. Si comme gent vienoeat a foire, ' Ensi come es a la calhoire.

(Mir. de St Eloi, p. %i, Peigné.) Tant douces sont ses très sillabes (Je Marie) Qu'il m'est avis que se trois aies Dcsor le col me trabuchoient Ilenui ne mal ne me fiiroient Puis que Marie eusse en boche.

(.l/ir. IV.-D., Ricbel. S 18, 2».) T. III.

Nouporquant uns vaisseaus d'es est essamez, ou les maine a sifflet et a chant, ne mie porce que les eis l'oient. (Rich.dr FouRNivAL, Bestiaire d'Amour, les Eis, Hippeau.)

Se aucuns hom a hes et eles s'essaiment. {Etabl. de S. Louis, 1, glxxii, p. 316, Viol- let.)

De mouches de ees perdues.... Ees de mouches a miel. (Ib., var.)

Les eez sont felonnesses, et laissent lor aguillonses plaies qu'elosfont; mais nature a ordené qui li rois des ees n'a point asuil- lon. (Proo. de Sen., Richel. 2554S, 6.)

Le miel qui vient de ses es. (Est. BoiL., Liv. des mest., p., XSl, U, Lespinasse et Bonuardot.)

Cil dedenz se defcndoient,gitoient pierres et feu et chau vive, et besaines toutes pleines d'ez. (G. de Tyh, i, 237, P. Paris.)

Ilec apes.eez. (Gloss. deGlasgow, Meyer.)

Un nioncelet d'eiz. (Chron. de Fr., ms. Derne 590, f" 24».)

La multitude de la gent de l'empereor aloient par lo camp conme li ape quant il isseut de lor lieu quant il est plein. (Aimé, Yst. de li Norm., I, 22, Champollion.)

Des eeps qui fout le miel... Les mouches qui font le miel qu'on appelle eeps. (Bout., Somme nu:, 1" p , 66^ éd. 1486.)

Les vaisseaux â'eeps. (10 mai 1442, Cart. de Flinei, dccclv, p. 784, Hautcœur.)

Cellui qui approprie a soy les eeps sans les estriuer, elles ne feront que picquier cellui. (Eoang. des quenouilles, p. 40, Bibl. elz.)

Vaisseaux d'eets. {Coût, du Hainaul, ch. 106, art. dern.)

Si aucuns eps ou mousches a miel s'en- voUenlhors de leurs vaisseaux, et celuy a qui ils appartiennent les poursuit tant qu'ils soient assis, iceux eps luy demeu- rent. (Coust. d'Artois au bailliage de Saint- Omer, 42, éd. 1679, Arras.)

Picardie, parlicalièrement Vermandois, es, ez. Guernesey, aisse. Suisse rom., can- ton de Fribourg, aa, a, as, es, m. et f.

2. E, voir Es.

3. E, voir En.

EA.GE, aage, aaige, aeage, s. m., âge mùr, majorité :

Quand enrent lenr aage, san et discrecion. (J. Bod.. Sa.v.. m, Michel.) Moru ains k'il peuist d'cage Celé damoisiele espouser.

(Mousk., Citron., ISUSn, ReilT.) Par quoi a Roume fu jngiet Et esgardet et otriiet K'il orent fourfait, en eat/e. Leur père, liere et iretage.

(iD., i*., 140G.) "^ Apries chou que mes fius ara son aeage. (.luin 1268, Flines, Cod. B, 150 r», Arch. Nord.)

1.

EAG

EAU

EAV

Li enfant demorent en le saisine, et H pies en Testât ou il estoit quant li peres inorut, dusqu'a \'aa;^e des enfans. (Beaum., Cout.de Beaiw.,&9, Beugnot.)

Selonc le aeneral constiime de Pontieu, de Viœeu et de le baillie d'Amiens, (pii- conques preut bail de desaasié, il doit faire seur par devers le signeur de qui li fies est tenus, et par deverz les ami.» communs du de.-ai!iet, qu'il rendra l'enfant a sen aage desalié de toutes alianchcs, se par les amis communs n'est alies. (Anc. cou- tiim. de Pic , p. 6, Marnier.)

Li baus n'emportera mie les pourfes de le terre chensieve comme sienz, mais il les ara par boine seurlé a rendre u tamps de Vaage a l'enfant. (Ib., p. 8.)

Se nous leur voulons donner aage, par quoi que il fussent bors de tutirie. (1322, Arcb. JJ61, pièce 437 )

Etre en eage, venir en eage, être ma- jeur, devenir majeur :

Cb'est tout cler que li sires tenist le moi- tié du conquest dnsqu'a tant que li enfes venist en aage. (Beaum., Coût, de Beaicv., XII, 10, Beugnot.)

Quant li orfelin ou les orfeliuez snnt en eage il sunt délivra de la sarde. {Instilules, Richel 1064, 11''.)

Toutefoiz qu'il plaira au dit Oaurri. lui venu en aaige. ou a son tuteur ou cureur. (13S3, Arcb.JJ 84, pièce 306.)

Etre dedens cage, être mineur :

C\\ qm sunt dedcnz aage ne puent paz recevoir beritage ne demander la possez- sionz des bienz ne prendre beritape par causez d'ellez sanz l'autorité a celui qui lez a en garde. (/Hs(i7«(«. Ricbel. 1064, f" 11'.)

Ganle est finee se cil qui .':nnt fledenz aage suntfet fil adoplif. (Ib., i" If.)

Le temps d'eage, l'ancien temps : Lors a sarJé sordestre. vit .i. t\n hermitage Dedesnr one roce kl fu drl tanz d'aaigi:

(Quai, fils Aijmon, Richel. 213S7, 3G» )

La locution être en âge, pour signifier être majeur, s'emploie encore dans la Ilaule-Xormandie.

E.\GEME\"T, nagcment, s. m., majorité :

L'an de grâce mil trois cens seiitantc cinq, le vint uniesmc jour de may, fu la loy que le roy Charles, lors roy de France, avoit faite sur rangement de "son ainsné fils et des autres ainsues fils des roys de France qui seroient a venir. (Gr. Chr. de Fr., Cbarles V, XLIV, P. Paris )

Et si tost comme nostre dit ainsné fils entrera ou quatorziesme an de son aage, nous voulons et ordenons que touz noz oncles, frère, et vassaux, soient tenuz de lui faire bommase senz contredit ou dila- cioa aucune, selon que plus a plain est contenu en la loy et constitucion faictes par nostre dict seigneur et père, et par nous approuvées, toucbant Testât et aagc- ment des aiusnez fils de lui, de nous et de noz successeurs roys de France. (1393, Ord., VII, 332.)

EAGIER, aiigier, aaigier, v. a., déclarer majeur :

Apres que nous pusmes emancippé et eof/e' nostre filz. (1331. Leit. de PMI. de Val., Dupuy cxLvm, 102, Richel.)

Pour ce que le dit Philippe est meneur d'ease et en uoslre poissance paternel.

nous avons eaqié et eaigeons le dit Philippe de nostre plainne poissance et auctorité royal. (1344, Arch. K 44, pièce i''''.)

Nous avons aaigié et aaigeons. (Ib., Arcb. K47, pièce 1.)

Et aussi Tortffea (le dauphin) et suppléa toutes choses qui par deftaute d'aage pou- voient donner empeschemeut au dit dal- phin pour ses grâces et gouvernemens obtenir. {Chron. de S.-Den., Charles V, Ri- chel. 2813, f" 479'' )

Il émancipa et aaga Nosseigneurs les ducs de Guienne son ainsné fils, et de Touraine son second fils. (Juv. des Ursixs, ap. Godefroy, Hist. de Ch. YI, p. 729.)

Réfl., prendre de l'âge :

11 seroyt bien fait a luy de faire son tes- tament, car il se ooge fort. (Palsgr., Es- clairc, p. 691, Génin.)

Eagié, part, passé et adj., majeur : Li hoirs malles est aagiez quand il a

quinze ans acomplis. (Beaum., Coût, de Bemv., XV, 14, Beugnot.)

Aagiee et bors de toute garde. (1343, Arch. J.I 74, 117 v».)

Eudeliue, aaîgiee fille dudit feu Pierre. (1347, ib., ï' 27 r'.)

Nobles personnes messire .lehan de Ilodenc chevalier, dame Marie de Surcamp sa femme, et Martin de Hodenc escuyer leur fils aisné et aagié. (1389, Arch. JJ 138, pièce 36.)

Ordonnons que a faire le dict guet, le fils aai/ié soit receu pour le père. (25 mai 1413, Ord. de Charl. VI.)

Item, sera faite secrettement, par nosdits quatre seigneurs, inventaire de la finance et des joyaux du roy, et seront gardez au profit du roy, jusques il soit aagiez. (Acte de l'iSO, ap,'Le Laboureur, Hist. de Ch. VI, introd., p. 38, éd. 1373 )

Lesdiz enfans et nepveux seront aagiez aussitost qu'ilz auront vint ans acompliz, et, se plus tost de vint ans ilz sont m^iriez, soient filz. soient filles, ilz seront tenuz et reputez pour aagiez aussi tost qu'ilz seront mariez. (1431, Arch. JJ 173, pièce 303.)

Nous les laissons (les terres) aux enffans dudit d'Alençon, pour en jouir par lesdits enfîans soulïz nostre main jusques a ce qu'ilz et chacun d'eulx soient en aage; et après ce qu'ilz seront aagiez, par leurs mains comme de leur propre chose. (J. Chartier, Chroniq. de Charl. Vil, c. 28b, Bibl. elz.)

Sont les enfans nobles reputez aagez, c'est a sçavoir les enfans masles a vingt ans et un jour, et les filles a quinze ans et un jour. (Coût, de Valois, Nouv. Coût, gén., t, 393)

EASMEMENT, VOif AESMEMENT.

EASMER, voir Ae.smer. EAU, eaul, voir .\igue,

EAUAGE, voir AlGUAGE. EAUBEXOISTIER, VOif EAUEBEXOISTIER.

EAUEBENoisTiEit, eaubenoislier, - oi- Ver, - oilUer, s, m,, bénitier :

Un eaubcnoilier d'argent. (1332, Compt. de La Font., ap. Douët d'Arcq, Compt. de l'argent., p. 126.)

Un eaubenoislier a tout l'asperges. (1372, Compt du test, de la Boyne, ap. Laborde, EmaiLV.)

Ung eauebenoistier et son asperges, d'or, que Ton mect au chevet du roy, ile nuyt (1380. Inv. de Ch. V, 2S4, Labarlhe.)

Un eaubenoislier et csparges d'arsent doré.... fait d'un viez eaubenoislier. (1387. Nouv. Comptes de l'argent., p. 190, Douet d'Arcq.)

Un eaubenoillier d'argent et Tesperge d'argent. (1389. Invent, de Rich. Picque, p. U, Bibliopb, de Reims.)

Eaubenilier s'est longtemps conservé. On le rencontre dans des textes de pro- vince de la seconde moitié du xvn= siècle :

Un eaubenilier d'argent. (1663, Tesl. de P. Anllionard. .Mém, de la Soc. éduenue, 1881, p. 418.)

11 est encore usité en Lorraine, com- mune de Fillières, et dans la Suisse ro- mande, canton de Fribourg.

EAUDiE, voir Eavie.

EAUGE, s. m., lit d'une rivière :

Au passaige des fleuves souventesfois advient gros trouble et molestation aux negligcns. Car si quelque eaue est plus violente, on Veauge et fossé plus large, aucunesfois elle engloutit et submerge les bagaiges. (Fluve Vegece, m, 7, ms. Univ. E 1. 107.)

Pour laquelle nécessité en l'une et l'autre rive sont niys les delTenseurs et gardes armez, atfin que Veauge et courrant du fleuve entrevenanl ainsi divisez ne soient oppressez des ennemis. (Ib.)

EAUis, eauys, yauys, s. m., lieu placé sur les bords de l'eau ; n'a été rencontré que coMime nom de lieu :

Les Eauys. L'i^lise des Yauys. (Jurés de S.-Ouen, 268 r», Arch. S.-Inf.)

EUANE, S. f., sorte de racine : Il avieut souvent que chiens sont enfun- dus, et rongneux : pour les garir, prems une herbe, et sa racine qui est dite eauiie. (Modus et Racio, f G0^ ap. Ste-Pal.)

EAuviE, voir Eavie.

EAtiTERuiER, S. m.. Serpent d'eau, le

La nature diverse de Veaulerrier a faict qu'il a esté nonmé de divers noms, c'est a dire de nature aquatique et terrienne. (Ghevin, des Venins, I, Ib, éd. 1568.)

EAUVE, voir AlGCE.

EALVEUX, voir AlGOS.

E.AUWETTE, yauwetle, s. i., sorte de digue :

Les i/amoetles et autres ostis servant aa rabbat (d'une rivière). (1431, Lille, ap. Lu Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)

Les eauwelles et autres abillemeus ser- vans a la closlure d'une estanque. (1463, ib.)

.XII. pies d'aisselin a faire eamcettes uu rabbat de Wanebrechier. (1478, ib.)

E.AVAGE, voir AlGAGE. E.VVE, voir AlGUE.

E.AViE, eaudie, eaurie, s. f., droit C\i seigneur sur le produit de la pèche un jour par semaine :

EBD

EBO

ECG

Lfis seiaaeurs de la Mailleraie étaient en possession de « eavyes et pesqiieries en la rivière de Seine depuis l'endroit du lieu nommé le Rou<;e Saulx jusques a l'endroit du lieu nommé la Rue an Masurier. (1435, Aveu de ^farg. de la Heze, Arch. P 30b, pièiîe 244.)

Chaque semaine, au jour qu'il plaisait au seigneur de leur désigner, les pêcheurs lui devaient une marée, connue dans les an- ciens litres sous le nom de marée die ou d'eaiidie. (E. de Beaurei'AIRe, Vicairie de l'eau de Rouen, p. 17-2.)

Un arrêt du conseil d'Etat, du 30 mars 1780, conlirme le sieur de Montmorency, comte de Tanearville, dans le droit ex- clusif de pêche, de franc poisson, et A'eaudtje ou marée die.

—District dans l'étendue diviuols'exorce ce droit :

Dans cette partie de la Seine, désignée .sous le nom d'eauries de Taucarville, le seipneur du fief du Marais-Vernier et les moines de Gressain jouissaient de droits .issez considérables. (E de Beaurepaire, Vicaivie de l'eau de Rouen, p.)74.J

E.VVO.S, voir AiGOS.

E.vz, voir Le.

EBAEURE, voir ESBAEURE. ED.\HISS.\.\CE, voir ESBAHISSAXCE.

EB.vLLiR, V. a., écarquiller :

Et a regarder les yeux eballissoient. (Seb. MoREAU, Prinse et délier, de Franc, prem., Cimber et Danjon.)

EBAN, s. m., nom d'arbre :

Gaiaqz ou eban tlie pocke tre. (Du GuEZ, An Introd. for to lerne ta spekefrench Irewly, à la suite de Palsgrave, éd. Génin, p. 914.)

EBAXOYEU, voir ESBANOIEfi. EB.VRGERIE, VOir HERBERGERIE. EBARLUER, VOir ESBERLUER. EB.VUDIR, voir ESBAUDIR.

EBAUDISSE, voir ESBAUDISSE.

EBBARDER, V. 3., enlever la sraisse à?

Si aucun se veut entremectre de bouche- rie, il ne doit tuer beste qu'elles ne soyent bonnes et loyaux, ne les mettre a estât sans avoir eslê ebbardé. {Coût. loc. de la ville de Pernes, xxv, Nouv. Coût, gén., I, 388\)

EBBE, voir Ebe.

EBBEXiTj voir Eben'it.

EBDOJi.ADAL, adj., hebdomadaire : Solennités ebdomadales. (Fossetier , ■Chron. Marg., vas. Brux., I, f" 139 r».)

EBDOMADE, S. t., prièrcs qui se font pendant tout une semaine :

Sur les deniers qui pourroient venir aus- dits absens s'ils estoient presens, lesdits du chapitre seront tenus préalablement faire faire les eb lomades et dire les messes que devroient faire lesdits absens s'ils es- toient presens. (1482, Ord., xix, 27.)

EBDOM.viRE, - moire, edomoire, s. m., moine chargé d'un service pendant une semaine :

Li edomoires. {Règle de S. Ben., ms. Sens, p. loi, ap. Ste-Pal.)

EBE, ebbe, s. f., le reflux de la mer, le jusant; il est opposé au flot et au mon- tant :

Le peissoa doit estre prisiez par le dit de .II. homes leaumeut dediens un flo e une ebe. (xiii" s.. Franchise de Guernerie, Arch. Manche, Mont S. .Michel.)

Quant il auront passé le punt de Lon- dres, e il serunt veauz a rive, si atendrunt <leus ebbes e un flod. {Lois de la cité de Lond-, ms. Brit. Mus. add. 14232.)

Nous ne voulons mye que la absence do temps lour soit prejudiciele, pourquoy y soient riens endaniagé; et si le diweisi eit esté en la terre sainte en pèlerinage, adon- ques soit acounté un an et un jour, et un ebbe. et un flot, pour les delays de la mer... Si deceu la mer de Grèce, adonques soient aucountes .un. moys, et unebbe,el un flot, et .XV. jours, et quatre jours : et si en .Vngleterre adonques soient acountes .xv. jours et .iiii. jours. (Britt., Loys d'Angle- terre, f° 113 v°, ap. Ste-Pal.)

Tout ce qui vient d'ebe s'en retournera de flot. {CoTGU. ,Dict., et .MoENS DE Brieux, Orig. de coût, anc, p. 78 )

On dit proverbialement en Normandie : Tout ce qui vient de flot s'en retourne d'ebe, en parlant des biens mal acquis et mal assurés. {Dict. de Trévoux.)

Cet ancien terme de marine est encore usité en quelques provinces, notamment en Picardie et dans l'île de Gucrnesey.

Cf. Webe.

EBEE, S. f., vanne, écluse :

Icellui llenriet ala sur la chaussée du- dit estang pour lever l'une des ebees ou vannes du moulin. (1444, Arch. JJ 176, pièce 142.)

EREN'iT, ebb , s. m., couleur noire comme l'ébène :

Unes armes ot d'arrabit, Sor un ceval sisl i'elibenit.

(Bex., Traies, Riche!. 373. f^ Si''.)

EBENUs, î6., 2/6., s. m., ébène :

... En .1. Ut i'ibeims. (Veux dou paon, Uichel. 1351, fJlSS r\)

Quar ele (la nef) est tonte i'ybenus .1. fiisl que jamais n'i bet nus Qne il porrisse ne qu'il arde.

(Florianl, 798, Michel.)

EBERLUER, VOir ESBERLUER.

EBESTo, S. m , sorte de pierre pré-

Ebeslo tro'ODS en Archide, l'ierre est, paires ne nos aide.

{Lapidaire àe Berne, 5G1, Panoier.)

Ebeslo, jacinte, celidoine. {Lapid. d'un roi d'Arrabie, ms. Berne 6i6.)

EBiL, s. m., ellébore :

Elleborus, ebil. (J. de Garlande, ms. Bruges 546, Scheler, Lear., p. o7.)

EBOIR, voir ESBAHIR. EBOLISS.WT, voir ESBOULLISSANT. EBONDIE, voir ESBO.XDIE.

EBOSCilER, voir ESBOSCHIER. EBOUFFER, VOir ESBOUFFER. EBOULANCE, voir ESBOILLAXÛE. EBOULIR, voir ESBOILLIR. EBRANCHER, VOir ESBRANCHIER.

EBRAXDiR, V. a., brandir :

Dedans son poin nerrenx ebrandissani sa picque. (G. BouîiiN, r.Aleclriom., éd. 1,'JS6.)

Ebrandi, part, passé, répandu et com- muniqué, en parlant du feu:

Quant le feu est ebrandy en plusieurs maisons, on peut abbattre les maisons prochaines. {Coût, de Brelaijne, art. 643, Nouv. Coût, géu., IV, 402».)

EBREY, voir Hebré.

EBULIR, voir ESBOILLIR.

EC, voir 0.

EcvcHER, voir Escachier.

ECARBOUCLEE, VOir ESCARBOUCLEK. ECAVAGE, voir ESCADWAGE.

Eccisiox, excicion, s. f., arrachement, destruction :

Nous fumes certains des rasures qui sont < ne- y lieux chapellaius eccision >> et de iuterlinaire, et donné conme dessus. (1340, Arch JJ 72, 142 r°.)

Et estoit certain envers tous que c'estoil aucune excicion et destruction de hommes et Testât du monde tout perturbé. (BouR- GOIXG, Bat. Jud., IV, 23, éd. 1530.)

ECCLEsiAL, eclesial, adj., ecclésias tique :

Espee ecclesial. (Gabnier, Yte de S. Tlwm.. Ricbel. 13SI3,

54 v°.)

Gieres soit envoiez, si ce vos plaist, ki za celui presentet, par ke il conoisset queiz soit li vigors ecclesiauz. {Dial. St Greg., p. 21, Foerster.)

Des eclesiaus iustitucions. (Trad. de Belelh, Hichel. 1. 993, 7 r°.)

Tant comme il appartient aus choses des persones ecclesiaus. (xili" siècle, Arch. K 28, 17.)

Nule autre justice ecelesialz ne seculeire. (1303, Cart. de Ste Gloss. de Metz, Richel. I. 10024, f" 13 r".)

Par justice ecclesial ou laie. (1311, Arch. JJ 46, ï- 108 V".)

Par devant juge séculier ou ecclesial. (1312, Arch. H.-Saone, H 466, Corneur.)

Primes en ecclesiaus personnes Qui deussent avoir taches bonnes...

{Fauiel, KicUel. 146, f 4'.) Car eus principaumeat receurent l.'ccclesial gonveroement.

(/'-., (0 'S:)

Prostrés et clercs qui tenez telz mDnceanl»

De chapelles, tous autres cui'iaul.\ ;

Des povres clercs aiîz compassion,

Ne partez leur ces biens ecclesiau.r.

Afin que Dieu vous soit propiciaus ;

Vous les t'huez a vo dampnaciou. (E. Dtscii.. PoN., Richel. SiO, 337 r°.) Personnes ecclesiaus. {Coût, de Paris,

Uicliel. 20048, 38=.)

4 EGE

Avecquez dévotes processions et suffrages ecclesiaiilx. (J. d'Auton, C/iroii, Kicbel. 3081, f 52 V».)

ECCLESiASTRE, - ziaslre, - ssiastre, - siaislre, - siaste, adj., ecclésiastique :

Personnes ecdesiaslres. {Confirmatio» de la créât, des Amans, par PhU. de Suabe, Uist. de Melz, 111, 167.)

El mainlendrai les persones eclêsiosfes en leur franchises. (Liv. de J. d'IbeUn, c. 7, Beugnot.)

Devant queil juge que ce soit, ecclesiaste ou temporel. (1284, Coll. de Lorraine, Ui, 2, Richel.)

Les prestres et les ecclesiaslrez soufizanz a servir le temple. (Chron. de Fr., ms. Berne 590, 13^)

Par le juge ordineire eccîesiasfe on secu- leir. (1" mars 1300, Cart. de iletz, Bibl. .Metz 731, f 2 r».)

Justice ecclesiaslre ou mondaine. (1302. Arch. L 733, 15» liasse.)

A nulle personne, queille qu'elle soit. ecclesiaslre ne seculeire. (1306, Hist. de Mets, 111, 281.)

En toutes cours ecdesiaslres ou secu- 1ers. (1307, D. Grenier 305, 24, Richel.) En toutes cors ecclessiastres et seculeres- (1309, Gendrey, Arch. Doubs.)

Persones ecclesiasles . (1311, Lell. des échev. de Maub., 2^ cart. de Haïu., 5 r», Arch. Nord.)

Toutes autres cours ecclesiasles et secu- leres. (16 déc. 1314. Offic. de Besanç., Arch. Montbéliard.)

Par devant queil justice c"om l'an plai- dicet, ecclesiaistre ou seculieire. (1316, Terrier de S.-Vincent de Metz, Richel. 8711. f 18 V».)

Personnes ecclesiasles. (6 fév. 1339, Lell. de Ph. VI au sénéch. de Saint., Chartrier de Thouars.)

Par nulle justice ecclesiaslre ne seculeire. 1 1343 Cart. de Ste Gloss. de Melz, Richel. i. 10024, f»46 v°.)

Les histoires ecclesiasles. (J de Vign'AY, Mir. hist., Val. Chr. 538, f » 2 r»)

Les cours ecdesiaslres du Mets et de Toul. (1430. Uist. de Metz, V, 600.)

Personnes ecdesiaslres. (Coût, de la vie. de l'eau de Rouen, prol., Arch. S.-lnf.)

_ S. m., ecclésiastique :

Ecdesiaslres fa verais Qui les granz coveoz tint en paîz. (Ben., ». de IVon»., 11, '29733, Michel. ;>

liccLOSEL, S. m., petite écluse : Ou toutes fois telles innondations ad- viendroyent a la faute et coulpe de celuy nui auroit conduit et surchargé ledit ruys- seau et mesmes pour n'enlever les ecclo- seaux ou chirietes, lors qu'il devoit les serrer ou enlever, sera tenu de tous les dommages qui en adviendront. (Coiist. d'Aouste, p. 389, éd. 1388.)

ECESSANCE, S. f., Hiot douteux, p.-ê. excédant, accroissement, selon Sainte- Palaye :

Prannons dou noble baron Hugon duc de Bourgoigne... Neblans et les appartenances en tele mauiere cum l'on les tient, nés en ecessance dou fey de Dole. {Tit. de 1270, ap. Gérard, Hist. de Bourg., p. 519.)

ECH

ECETTE, voir AlSSETE 2.

ECU, voir Es.

ECIIAER, voir ESCUAER. ECIIAETE, voir ESCHEETE. ECHAIC, voir ESCHEC.

ECHAiNÉ,adj., paré de chaînes de luxe : Du séquelle de ce duc Valentinois es- ' toient archevesqiies, evesqucs, médecins, a»trologiens et autres grand personnaiges, bleu echainez, et de grant monstre, tenant gravité magnifiquement. (J. .MoUXET , Chron., ch. ceci, Buchon.)

ECHAIHGUET, VOir ESCHARGIET. ECHANGEMENT, VOir ESCBANGEMEKT. ECH.\.NTILLAGE, VOir ESCHAKTILLAGE. ECH.APOIR, voir ESCHAPOIR. ECHARGAYT. VOir ESCHARGCET. ECHARNIR, voir ESCHARXIR. ECU.VRNISSANT, VOir ESCHARKISSAN'T. ECHARVAITIER, VOir ESCHARGAITIER. ECHAS, voir ESCHARS. ECHASSEMENT, VOif ESCHARSEMENT. ECHASSER, voir ESCHACIER. ECHAUDEUR, VOir ESCHAUDEEUR. ECH.AUFITURE, ^ Oir ESCHAUFETURE. ECHAUGUETTE, VOir ESCHARGAITE. ECHAUMAIGE, VOir ESCHAUMAGE.

ECHE, voir Esche.

ECHEAU, voir ESCHEAU. ECHEDE, voir ESCHARDE. ECHEETE, voir ESCUEETE. ECHELER, voir ESCHELER. ECHEQUETÉ, VOir ESCHEQUETÉ. ECHETIVER, VOir ESCHAITIVBR.

1. ECHEVER, voir ESCHEVER.

2. ECHEVER, voir ESCHIVER. ECHIER, voir ESCHIER.

ECHiNEis, S. m., sorte de poisson, la rémora :

Echineis. poisson tant imbecille arreste contre tous les vens et retient en plein fortunal les plus fortes navires qui soient sus mer. (Rab., iv, 62, 131 r», éd. 1552.)

Cf. Ecuixus.

ECHINIERE, voir ESCHINIERE.

ECUiNUS, S. m., sorte de poisson, la ré- mora :

Cn poisson i ra (dans l'Inde) echinus Menor d'un pié, qu'a tel vérins Que la nef a quoi il se prenl .Ne peiU aler n'arrinr ne avant. (.Gautier de Mes, Ymag. du monde, ms. S.-Brieuc.

f 23''.)

Cf. Echineis.

ECO

ECHisïE, echile, s. m., sorte de piorn' précieuse :

Echues lienent des plus chiercs Nomree entre les altres pieres.

(Lap. de ilarbode, 539, Pannier.)

Cristals, iris, echisle. (Autres lapid., ms Berne 646.)

ECHIVAIN, voir ESCHIVAIN. ECHOIR, voir ESCHEOIR. ECHOISON, voir ACHOISON. ECHL-AXCE, voir ESCHIVANXE.

ECi, voir Issi.

ECLACHIER, VOir ESCLARCIER. ECLAPHER, voir ESCLAFER. ECLARCIR, voir ESCLAIRCIR. ECLARDIR, voir ESCLARDIB. ECLATURE, VOir ESCLATURE. ECbESIAL, voir ECCLESIAL. ECLESIASTE, VOir ECCLESIASTRE. ECLIGIER, voir ESCLIGIER.

ECLirsiN, S. f., éclipse :

E or veez raisnn Qa'eclipsin apeinm. (P. DE Th.\iis, li Ciimpoz, 2G93, Mail.»

lit ço est eclipsin. Si cum dient divin.

(iD., , -2713.)

ECbISSETE, voir ESCLICETE.

ECLISSOYRE, VOif ESCLISSOIRE.

ECLISTRE, voir ESCLISTRE.

ECLISTHER, VOlr ESCLISTRER.

ECO, voir ICE.

ECOFER, S. m., sorte de monnaie :

Tuyt li ovrour deis Porta Frou de pele- ters, deus ecofers, de sellers, de freners... chacons .II. d. Aussi o deyvont li ban.; deuz ecofers a la testa Saut Michel. (TarU. 1277-1315, Cart. mun. de Lyon, p. 40i, Guigne.)

Cf. EsconFLE avec lequel ce mot a peut- être du rapport.

ECOiNssox, voir Escoinson.

ECOL.\TRIE, voir ESCOLATRIK. ECOLLAGE, VOir ESCOLAGE. ECOLPER, voir ESCOUPER. ECOMBRER, VOir ESCOMBRER.

ECONOMiEN, yconomien, s. m., écono- miste :

Pour ce plusieurs yconomiens cuydeul que il couviengne sauver et garder ou ac- croistre la substance de monnoye sans terme et sans fin. (Oresme, PoUtiq., f»20r°, éd. 1489.)

Touz yconomiens accressent leur mounoi.- pour avoir les choses nécessaires a leur usage. (ID., ib; ms. Avranches 223, 21'.)

ECONOMIQUE, t/coiî., S. m., cconome :

EDE

EDE

EDE

A celluy qui est ycoiiomlcqne et gouver- neur d'ostel ou de maison sont nécessaires certains instrumeus. (Ouesme, Politiq., i' &■, éd. 1489.)

Celui qui est yconomique et gouverneur d'ostel ou de maison. (Id., ib-, ms. Avran- ches223, f»9».)

Tel juste qui est du mari a la femme est dit juste yconomique. (Id., Elh., Richel. 204, 451'=.)

ECORCHOIR, voir ESCORCHOIR.

ECOT, voir EscoT.

ECOTIER, voir ESCOTIER. ECOUER, voir ESCOER.

ECOUMENIEMEXT,V0ir ESCOMENIEMEriT. ECOURONNER, VOir ESCORONER. ECOUSTE, voir ESCOUTE.

ECQUEB.^NT, S. m., iiièche ou torche de résine :

Coralerie de chandelles de suyf et A'ec- quebant. (Cs. et anc. coust. de la conlé de Guysnes, p. 20.)

ECRACIER, voir ESCR.\CHIER. ECRAVENTER, VOif ESCRA VANTER. ECREER, voir ESCREER.

ECRi, voir EsCRi.

ECRICTOIRE, voir ESCRITOIRË. ECRIER, voir ESCRIER. ECRITISUR, voir ESCRITOR.

ECRUissE, S. f., Chenille : Eruca, ecruisse. {Gloss. de Douai, Escal- Uer.)

ECULEE, escnleo, s. m., chevalet sur le- quel on mettait à la question, instrument de torture :

Pendez 1-a en esculeo et metez li lay fue deçai et delay, et ardez la. {Vie sainte Eu- taire virge, Richel. 423, 23".)

Et quant on la posit en esculeo, un l'es- tandit et lormenlit et flagellit, etlimenbro li furent si estendu que sos cors creissit a la peina. {Ib.)

Vincent fut tendu el tourment qui est dit eculee et est fait ausi conme une crois de travers, dont les deu.'i bous sont fichiez en terre. (Légende dorée, Maz. 1333, 46».)

Le juge commanda a le prandre en ung autre tourment qui est dit eculee, aussi comme une croix de travers, et pièces de fer chaudes a ses mamelles, et lampes ardans a ses costez. (Miroir historial, Maz. S57, r 236 r°.)

Le juge fist mettre S. Cosme et S. Damien en eculee; c'est ung tourment qui est fait ainssi comne en crois. (Acte du XV s., Lille, ap. La Fons, Gloss. ms., Uibl. Amiens.)

ECUREL, voir ESCUREL. EDDEFICE, voir EDEFICE. EDDIFIEMEXT, VOif EDEI'IEMENT.

EDÉ, voir EÉ. EDED, voir EÉ.

EDEFi, edelf., edif., edtjf., yedefi, s. m., édifice :

S'aves gaslé mes riches eJepx.

{les Loh., ms. MoDtp., f 171'.) Les sales arJenl et tôt li eûefis.

(.KiiMBERT. Ogier, 6"o", Birrois.)

ComiQJez vostre fl. Qui me face habilaot De son boo cdefi. (Le Conlenz don monde, Kichel. la'J3, f 1 IS'.)

Des edefiz. (ilor. des phil., ms. Chartres 620, ^S\)

Tenir en bon eslet touz les ediffiz de la- dite maison. (1281, Suint Vivant, pièce 8, Arch. Douhs.)

Les edifiz qui sont en iceiles (places), se nuls iuchi ha amortis audiz frères. (Janv. 1294, Tabul. Franciscan. Autiss., Lebeuf, Hist. d'Auxerre.)

Sus a perdre leur terre et tous leur edefjls.

(II. r.apel, 4151, A. P.)

Mais li ducs, qui voloit user a son advis, Volt de Itesnes veoir Irestous les edc/is.

(t'.uv., du Guescim, l'J.'il, Cbarriére.) Du pont Sainte Masscnsce wardoil les yedefis. (Chron. des ducs de Bourg., 9679, Chron. belg.)

EDEFiAGE, S. m., coustruction : Car li édifices construit et parfais s'est li fais d'édifier, dont il apert ke li biens d'edeftage n'est mie ou faisant mais en la chose faite. (Li Ars d'Amour, II, 147, Petit.)

EDEFiAN'CE, cdifîance, adepance, s. f., construction :

L'uevre fu chiere de parage

Faite par sens et par barnage

Que Damedeus signe fasoit

El les aposlres envoioil

Qui voient celé edifiance

N'eust de Dieu seneûancc...

(Alhis, Ars. 331-2, l" SSK)

Itiens n'ot a celé adejlauce. (Var. indiquée dans la copie de Ste-Palaye.)

EDEFicABLE, csd., adj., édifiant : Des bones paroles et saintes et esdefica- blés. [Riule S. Ileneit, Richel. 24960, l'« 12 r».)

EDEFICE, - illce, - ifjice, eddeff., s. m., action d'édifier, de réparer, réparation :

Deivent fere la maison deu moulin Je carpcnterie et de closture, de couverture et de toutes autres eddeffices. (Jurés de S. Ouen, 15 r°, Arch. S.-lnf.)

En oultre leur commanda qu'ilz donnas- sent a Vedilfice du temple chincquantc besans. {Ancienn. des Juifs, Ars. 5082, f" 278''.)

Reparacions et ediffices de chaussées de moulins. (1426, JJcnombr. dubaill.de Cons- (enfin, Arch. P 304, 72 v .)

Les améliorations que fait un détenteur sur un fond qu'il tient a bail congeable sont appelées édifices, et superflces, et plus com- munément droits convenanciers, ou droits reparatoires. Le bailleur s'appelle seigneor foncier, et celuy qui reçoit domauier, con- venancier, ou superfîciaire. (Cout. de Bre- tagne, Nouv. Cout. gén., IV, 414".)

Plantation :

Ne riens lever des édifices ne des plantiz. (1388, Arch. M.M 31, f»81 r».)

Feuillage :

Destrier harnaché de velours azuré a grands édifices (c'esl-a-dire ramage ou feuillage). (Favy.n, O/fîc. de la Cour de tr., 3^ race, p. 293, éd. 1613 )

EDEFicEAL, S. m., édifice :

Nos comencerons uoslre edeficeal qui senefie foi par la verdour qui conforte et rarde les eu.'c de l'arme esperitual. (Li x Comm., Richel. 423, f" 143»)

EDEFiEMENT, ede/jf., hed., esd., edifie- ment, ediff., eddiff., s. m., action de bâtir, de construire, la bâtisse, la conslructioiî même :

Et nostre sires li dist : Bien fais de ço que tu as en proposeuieut de faire a mun ues edeftemeut. {Rois, p. 260, Ler. de Lincy.)

t^t tant a edefwmens

Que moult i puel avoir grans gens.

(l'arlon., 1663, Crapelet.) Seli edi/iemenz ou la maisons de quoi l'on crient avoir damaige est a celui a cui l'on plaide. (Ordin. Tancrei, ms. de Salis i" 46".)

Edefiemenz da Jherusalem. (Brun. L\t Très., p. 60, Chabaille.) " '

Une masure et tous les edeffiemens qui issont. (Cil. de 1283, oct. de la Ghandel. S. Wandiille, Arch. Seine-Inf.)

Une masure que je avoie au .Mesni! Alart, ove le gardin et Vedifiement. {1292. Cart. de S. ■Michel du Tréport, p. 266 Laffleur de Kermaingant.) '

Un masage oveques les edefiemens (Cli. de 1298, mardi apr. l'Epipb., S. Wandrilli- Arch. Seine-Inf.) '

Si ardent lor maissons elsesesdefiemenz. (Dou Diciple et dou mestre, Richel 423 87'.)

Masure avecques tous les edefiemens (|ui sont desus. (Cli. de 1304, Jumies Arch. S.-Inf.)

Tous les hedefiemens. (Ib.)

Les edeffiemenz et le fonz de l'erilage (Ch. de 1330, le Bec, Arch. Eure.)

Pour aucuns edifiemenz nouveaus. (1333. Compte de Odarl de Laigny, Arch. KK. 3», 271 r».)

L'eâiffiimenli'aa hoslel. (1337, Arch. J,l 68, 21 V )

Et ycelle maison avec tous les edifie- mens si comme elle se coniportoit. (1344 Arch. JJ 75, 101 r».)

Une pièce de terre avec tous les edifie- mens dessus assis. (Ib.)

Au cas que il n'y vouldroit faire autr.' edefflement. (1374, Arch. MM 30, 15 ,

Ediffiemeiit. (Ib.)

Vede/fiement de l'église. (28 mai 1379, Tahell. de bernay, Arch. mun. Bernay.)

Fig., comme édiûcation :

Vers le saint homme (St Eloi) se traioit (Dagoberl) Pour parler de Vedeflemenl, Ou d'aucuQ sens secreemeot.

(ilir. de SI Eloi. p. 36, Peigné.) El a donner par tout bon edefîeaenl. (Jeh. de Meu.sc, Tesl., 28, Méon; ms. Corsini

145».)

Au bon eddiffiement et instruction de mov et d'aulruy. (Met. d'Oi\, Vat. Cbr 1086, f 2 r».)

Pour nionslrer ediftemeiil De bien, puisqu'il esl esleu. (J. Le Fevre, la Vieille, 1. Il, ï. 2432, Cocheris.»

EDE

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Dont la simple piroln vaille un sraat serment ; j

Si do::ras a p'usieurs bon edilfieinciit. \

(1500, L'Art el science de bien parler, Poés. fr. |

des xv° el xvi' s., t. X.) j

Donner aux lecteurs joye, plaisir, et bon ediUiement. (Bourdignh, Hyst. d'Anjou, 1 vo, éd. 15-29.)

EDEPiER, edif., ediff., edisf., verhe.

Act., planter, greffer :

Aiisi cnm l'cale edefiee

Oui del bui-n arbre fu trenchee

Creist e foillist e rent sa flor

E son rher fruit de bon odor,

Aulresi fist li dameiseaus.

(Ben., D. de yorm., II, li'ôl, Michel.)

Les sauUes se plantriil coramuneinent a distance de quatrr. cinq ou six piedz l'un de l'autre, en pici.i.inl, la terre jus- ques a deux piedz de parlond, pour mettre le plautalz de sanlle <\ii«a veult édifier. (GoRGOLE, Traité d'agric, c.xvil, l'il.lôjl)

Flarpalus désirant y orner et embellir les jardins du palais royal, et les allée? d'iceulx de toutes les plantes de la Grèce, vint bien a bout d'y édifier toutes les autres, excepté le lierre seulement, que la terre ne voulut jamais endurer. (Amyot, Vies, Alex, le Grand.)

Installer : [ Afin de ediffisr en iceluy toutes bonnes |

gens qui ace se voudroient instruire. (Cft. j de 1410, Fellb.,tf(st. de Par., 111, 523''.) j

Instituer, fonder :

Ensi fu la teste de saint George ens ou cbastiel de Windesore edefye et commen- cbie, et la capelle des douse cbauounes tantos pourjettee. (Froiss., Chron., lY, 205, Kerv.)

Munir :

Nous prendrons Ceste coste et Vedi/lrons De char et d'ame inlelleclive. (Greein-, Mis:, de la pass., S'Jli, G. Paris.)

Enseigner, instruire :

De li Fisiqne m'edefle ;

Fox est qui en tel art se fie.

(GuiOT. Bible, '2590, Wolfart.)

Felt venir, de toutes les parties du monde, gens instruits pour édifier la jeunesse en bonnes mœurs et sciences. (Dr Bell.W, Mém., liv. X, 350'', éd. 1569.)

RéQ., flg., s'appuyer :

Et prendray le principal fondement sur lequelpnrtie adverse s'est erf«^(;,assavoir... (1521, Prcc. des eonfér. de Calais, dans les Papiers du card. de Granvelle, 1. 1, p. 163, Doc. inéd.)

Act., exalter, gloriûer :

Bien doit esire ton nom partout edefiez. Et de sains el de saintes estre glorefiez. (Patenostrc. Ricbel. 837, f 227».)

EDEFiEUR, edifieur, - iffieur, edyfyeur, s. m., celui qui construit, qui édiûe, édi- Ticateur :

Li edefieur du temple. [Bib. hist., Jlaz. 532, f" 109^.)

Estre bon edifieur ou bon paintre. (ORES.ME, Eth., Ricbel. 204, 347'.)

Nous aprenons.... a estre edifieurs en édifiant et a estre vielleurs en viellant.

(iD., ib., fses».)

Les tixerrans, les cultiveurs des terres, et les edi/fieurs. (Id., Potitig., f 129", éd. 1489.)

Memnon edifieur de la cité de Suse. (FossETiER, Citron. Marg., ms. Brux., I, 222 r".)

Yceuls edyfyeurs... (In., ib.. 2= p., sec. copie, f 30 r°.)

Et en estoit le edifieur (de la bastille) et deviseur aux ouvricis,ungcbevaliernommé luessire Baudo de Noyelle. (Monstrelet, Cliron., 11,221. Soc. de l'H. de Fr.)

Fig., edifi.eur en mœurs, exemple, modèle de vertu :

Suivant le slille des primerains et devan- ciers, noz ediffieurs en meurs redevables. (Chr. dePisan, Cliarles F, prol., Michaud.)

Fém., ediffierresse :

Ha ! dame, lu qui jnslidles Les cuers qui sont par pechies bnjles. Et enlumines les avugles. Et qui es edi/fierresse Des verluz, et dissiperresse Des vices, ma prière enlens. (ilir. de Nolre-Damr, I, 8.731, G. Paris.)

EDEjjT, voir Adexz.

EDEQuiNEs, S. pi., assisBs :

Tous les subjets du bailliage et cbastel- lenie de Saint Orner, demeurans sur les manoirs amassez ou amassabics estans sur les fronts des rues, sont tenus estre com- paroir a la franche vérité de edequines qui se tiennent de sept ans en sept aus. (Const. d'Artois au baillinge de S. Orner, 39, Nouv. Coût, géu., II, 877.)

EDET, voir EÉ.

EDiFi, voir Edefi.

EDiFijvNCE, voir Edefunce.

EDiFi-\NT, S. m., constructeur : Tout ainsi qu'en une ville les premiers edifians ont pris place communément quarree a leur commodité, (b. Palissy, p. 3H, France.)

EDiFiCACiON, -Vion, edifficalioii, s. f., bâ- timent, maison :

Que il achatoit heritai^es.

Terres ani champs et pastnraiges.

Bois et autres possessions.

Et moult gronî edi/icacions

De belles maisons faisoit faire. (J. LE Fevre, la Vieille, 1. I, t. 107!, Cocheris.)

A ma dame supplication.

Que li plaise moy tant faire d'onnour.

Qu'en sa nouTelle edi//icalioii

Soye logiez. (EusT. Descb., Pocs.. liichel. SIO, 214'.)

Des maislres et architecleurs

Bien subtilz et bons inventeurs

Pour faire edi/pcations. (.Ici. des .\posl., vol. 1^ i" 85'', éd. 1537.)

Institution :

En celle édification de feste qui fu em- prise sus la fourme que je vous di, ot ou cbastiel de Windesore joustes solempueles. (Froiss., Cliron., III, 252, Luce, ms. Rome, f 9o.)

EDiFic.vTuuE, uediff., s. f., construc- tion :

Pour parachever Vaediffieature d'icelle ville, et pour la tenir réparée et en point. (1449, Ord., xiv, 56.)

EDIFICE, voir Edefice.

EDiPiciE.VT, adj., édifiant :

Sainte et seule Trinité, edificienl bonté, soyes, si te plaist, présent a mes suppli- cations. (Chasse de Gaston Phœbus, ms., p. 357, ap. Sle-Pal.)

EDiFiciER, v. a., bâtir, construire : Corn vaillanz dame prenz et sage Edipcia un hermilage. (G. DE Coi.NCi, Mir., ms. Soiss., 206''.) Pour ed(^i;Jer,soustenir et raparlier toutes leurs maisons et édifices. (1322, Arch. JJ 61, pièce 181.)

EDIFIEMENT, VOir EDEFIEMENT.

EDiFiEK, voir Edefier. EDIFIEUR, voir Edefieur. EDiitE, voir Esdire.

EDIRElt, voir ESDIRER.

EDisFiER, voir Edefier. EDiT, voir Esdit.

EDITION, S. i., diction :

Seloncq dont la vulgaire edilion, Lavus, roy de Thebes, eut de sa femme Jocasta ung très beau fliz. (Fossetier, Chron. Marg., ms. Brux., I, f'' 171 v».)

EDOMOIRE, voir Ebdomaire.

EDOR.\BLE, voir Odorable.

EDORSSER, v. 3., rompre le dos : EJorso, edorsser, rompre le dos ou cou- per. (Catlwlicon, Ricbel. 1. 17881.)

EDRE, voir Iere.

EDRER, v. n., siéger :

Quandins al suo consiel edral, Incontra Deu beu si garda.

(Vie de S. Lég., ms. Clerm., st. 12.)

EDREs, S. m., plumes d'eider, édredon :

La peae d'edres fu bendee,

D'ermine de gris geronee. (Ren. de Beaojeu, li Biaus Descoiineiis, 131'i, Hippeau.)

EDUBSCER, voir Esdrecier.

EDuiRE, voir Esduire.

EDYFYEUR, VOir EOEFIEUR.

1. EÉ, heé, eié, eei, eeit, eded, edet, cilié, aé, haé, aet, aei, aey, ayé, aihé, aiei, s. m. et f., âge :

.x°'. estoient en la première heé.

(Les Loh., ms. Monlp., 19l''.) .uu ^^- ans ait il moult bien d'ailtê.

(Ib.. Ricbel. 19160, 8'.) En s'ee', a ele fu plus bêle. Ont de son seignor treis cnfanz.

(Ben., D. de Norm., H, 27086, Michel.) D'aighe ai jo vescu anz .lx., .XXX. a poisson, ce sont nouante. Et ens el mont foi ans cinquante. Mes ees est .c. el .xl.

(S. Brattdan, Ars. 3316, 103=.) Miz elkez est cent e quarante.

(/*., 1393, Michel.) Ne sui pas si envlelli, ço sevent gent asez, Ke deive terre perdre ne pur mes granz lieez, (Chron. de Jord. Fantasme, 136, dans les Ducs de Norm., t. ai, Michel.)

EE

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EFF

y'\ ad nnl ea la Tile ki seit de Ici Ki puisse porter armes, ne scil très bien armé. (ID., il>., 1606.)

Hely esteit lores de grant eded. {Bois, p. 8, Ler. de Liacy.) Huem es de grant eded. (J6., p. 26.)

En Ireslnt snn er. (Car»., ne des. Tlwm., l'.ichel. 13ui:), f IS v».)

Qnant ele vienl en tel Que nature furnie beauté, En Bretaine ne fu si bêle, Ne lantcurleise dameisele.

(Marie, Lai de! l'rrisiic, 235, Roq.)

De lute manière de kec

I aveit gent trop gr.int plentee.

(Id., Pure/, de S. Patrice, 103", Roq ) Quant est en ae de .xv. anz.

(Rom. de riielics. Hichel. 00, t' 13")

ËDChois serai en Acre au roy de joue ayé. (Li Liemre du roi Charlem., dans la préface des Travels of Charlem., p. cxiii, Michel.)

Quant li bons muert en son premier ae',

Et en sa fùrre et en sa poesté,

Adont est il et plains et rejretes,

!Soo cis qui niuert dedans son viel aé. (De Guillaume au cort iiex, Rirliel. 14 19, f 83 t°.^

II est hom anciens et de moolt grant aei.

(Parise. 54-2, A. P.)

De Sarra lor raraenbrede sa sterilitet, CniDieus dona on fil en son derain arl.

(De Si Alexis. 47, Herz.)

De Gaufroi ot .ni. fils de joene aé.

(Enf. Osier, -i'JS, Scheler.)

De joenes et de vieus et de plusors edez. (Serm. de Giiich. de Beculieti, p. 20, Techener.) Quant vos sereiz en vieil aei.

(Rlteb., la Chans. de Pfiille, Jabinal.) .1. prendomme i Irova qui fu de grani aez.

(Gaul. d'Aupaia, p. 23, Michel.)

Par extension, vie, temps :

N'i ad Fraticeis, s'il a loi vienl jaster, Voeillet o non n'i perdet snn edct.

(lioland, 31C9, Muller.) Cis iert prodom se dure ses aez.

(Les Loh., Ars. 3143. SI''.) >'e serai povres jamais en ton actj.

(II/., Richel. 19160, 30''.) Tôt mon eeit vos honorrai.

(B:>it, ms. Municb, 1191, Vollm.)

Vos serviront tôt lor eei.

(Ib., 1194.) Veistes mais îceles en trestons vos acs !

(Roum. d'Ali.r., t" 54'', Michelant.i En icest siècle sni si malenres C'ainc ne fis ben nului en mes haes C'au daarrain ne me volsist grever.

(Rauib., Ogier, 6236, Barrois.) Eo icel leu dont ai parle! Soient moine par toi eié. (G. nE S. Pair, il. S. Michel, 2260, Michel.) De son Ne vit onques si bel armé. (Flaire et Blance/lor, V vers., 1007, du Méril.) Mais onqnes ne la vit a jor de son aiei.

(Gar. de UoVQlanc, Vat. Cbr. 1517, f M^.) ?<'an partiront jamais, an treslot lor aez. (l'anse, 2254, .V. P.) Tant est biaus e si bien creus. Qu'il n'ol tant grant en la silé De son tens ne de son heé.

(rie du pape Grég., p. 41, Lnzarche.) Jamais ne l'amerai oui jonr de mon aé.

(Berte. 435, Scheler.)

Od mei viverai tut sun eé.

(Le Lai del Désiré, p. 35, Michel.)

Itel n'erl mais trové en tut nostre eez.

(Hom, 3632, Michel.)

Par eé, un long âge, longtemps :

Preudoos sera se il vil par aé. (Garin le Loh., chans , xsi. P. Paris.) Il serait fiers se il vit par aez.

(Gir. deViatte, Richel. 11 iS. F 11'.) Vos i anreî grant pron, si je vi por aé. (Parise. 2843. A. P.)

2. EE, voir E.

EEDRE, voir lEHE.

EEI, voir EÉ.

EEi>s, plur. de E, voir E.

EESMER, voir Aesmer.

EEULXIER, voir AOUILLIER.

EF, voir E.

EFEITIEI!, VOirEFFAITIER. EFESTLER, VOir EfFESTLER.

EFFABLE, adj., qui se peut dire : Dieu est substance incorporée, simple et non conmuiible, immense qui desif;ne autant comme loule cliose concluant et contenant et qui de nulli n'est coulenu, éternelle, inconiprchensible et non effable, non pas comme dit Ysidore qu'il ne se puisse dire, mais il ne se puet par sens ne i entendement nullement diffinir. (Citron, et hist. saint, etprof., Ars. 3515, 1 r°.)

Effable ; spealiable ; -wbich may be nt- tered, or speciiied, in words. (Cotghave.)

EFFACE, s. f., vestiges d'une bete fauve ; I

Des lions connoist bien les traces. Et lor lesches et lor effaces. \

(Parlon., Richel. 19152, 145'' ; v. 5753, Cra- ' pelet.)

EFFACENCE, S, f., sction d'effâCBr : Effac.ence ou effacement, 1. abolutio, lit- tura. (C'a(/(0/., Quimper.)

EFFACEOR, - ccitr, S. m., celui qui efface :

Agnaus de Den, fis dou seinl Peire,

Qui les pechies ies eff'aicere. (Caiil. Mariae, Lib. Psalm., p. 300, Michel.)

Le miel de leur saincte docceor.

Leur miel des tourmens eff'acettr.j (0. DE Magny, tes Caijetez, à s'Amie, éd. 1554.)

Effacevr, deletor. (Monet, Parallèle des langues, Rouen 1632.)

On trouve au xvi« siècle le fe'minin effaceresse :

Leurs livres avortes par presse Merileroient d'endnrer l'esponge effacetessc. (A. OE RivAUDEAn, OEuv. poél., éd. 1859, p. 2Î9.)

Et au commencement du wn" siècle, effaceuse :

Effaceuse, delotrix. (Monet, Parallèle des langues, Rouen 1632.)

EFFACER, V. 3., montrer sa face à : Et adjousta le Seigneur : Je monteray ung joui' au milieu de toy et Ceffacerny,

c'est a dire je me m.'iniresteray a tov. (FossETiEB, Chron. Martj., ms. Briix. 10509, 138 r".)

EFFACEURE, S. f , ratUTc :

Sans nule cffaceiire. (Acte de 1238, Hôtc!- Dieu de Soissous, Diacby.)

Avec celle decoclion on peut enlever une raclure et p/T'flCCîO'e d'encre. (Du Pikei', Pline, XXVIII, 6, éd. 1566.)

En lisant cesie epislrc aycs en ta pensée Si toslque lu verras quelque Iclire effacée Que de l'eau de mes pleurs telle effaeenre vient. (Jamyn, Poés., II, 2S0, Ch. Bronet.)

Effaeenre, litura, deletio, induclio. obli- teratio. (Monet, Parallèle des langues. Rouen 1632.)

EFFADi, adj., affadi, lâchej mou :

Les bons n'orenl pas les cners rffadis.

Dont le renom yert pardurablemeol.

Qui conquirent terres, villes et pais.

(E. Deschamp-s, Poés., Richel. 840, f" 115V;

EFF.\É, effaijé, adj., magique, comme ce qui est fait par une fée : Ainsi me va, par le divin vouloir. Qu'a ce banquet je nie suis enibalne, "Venant de loing par effa/jé pouvoir. Cherchant les liens on cœurs sont a mouvoir A secours, moy doulente el éperdue.

(0. DE LA Marche, llém., I, 29. Michand.)

Cf. Faé.

EFFAiLLiR, \. II., manquer: Absit a te domine, non erit boc. Ha ! Sire, fist sainz Pères, ce ne te i^ljaitle il ja, ja ce ne feras. Seinz Pères volt que Criz ne mo- reust ja. {Comm. s. les Ps., Ricbel. 963, p. ^03^)

EFFAiNTiF, adj., défaillant :

Perdirent force, sens et entendement, par l'air qui leur estoit changé autre qu'eu l'isle de vie. Si devindrent ainsi comme tous effainlifz. [Perceforest, vol. VI, 126". éd. 1528.)

EFFAiTESON, es/^., s. f., façon, manière:

Vostre prevoz Irovai de mal esfaileson.

Assez me rarapona, ne me dil se mal non.

(7iii»i. de la vavjar.ce Va>,pas., Ars. 5201, p. 148*'.^

Cf. Afaitaison.

EFFAiTiER, cffaictier, efeitier, effautier, V. a., comme afailier, façonner : Pour effaitier une erche. {Compte de 1341.

(Ch. descompt. de Dôle, , Arcb. Doubs. 404

Effailié, part, passé et adj., façonné : Sang d'armes esmolues, de pierre ou de

baston non effaulié, fait a quelque per- sonne que ce soit, devera soixante sol.^ d'amende. (1323, Franck, de Montmire>j. Arcb. Doubs, Nouv. Cb. des ccmpt., jl. 308, Terrier de Montniirey de 1461.)

Instruit, habile, .<age, prudent : C'est la vie es lins amans, es cuers geu-

tis elefeitiez. (Lal'R., Somvte, Richel. 938, 3b y.)

Concerté :

Et ne s'en gardoit on en riens, et dob- toit on que se fut une chose e/faictie el que les dits Lorains n'en sccusseut aucune chose. (J. .4UBRI0.\, Jour»., 1493, Larcbeyi.

EFF

EFF

EFF

Cf. Afaitier-

EFFAME, S. f., famine ; mettre en elJame, affamer :

L'autre partie de nostre armée demeure liour sousteiiir nos loyaulx sucjecls de ]iar deçà clmellre en cffame ledit Padoue. (Corresp. de l'emp. Maiimilien 1" et de Marg. d'AiUr., t. I, p. 192, Soc. de l'H. de Fr.)

EFFAMER, esfamer, esfemer, verbe.

Act., affamer :

Et effamerenl la gent. (Serm., ms. Metz 262, 5>.) Une partie des genz furent effamè. (/b.) Les esfemerent. [Ib., 14=.) - Neutr., mourir de faim :

Ne vos diroie mon cuer, fors

Par chaaler ;

Ançois morir me larroie

Et de merci elfamer

Par consirrer. <Ad. li Boi.us, Chans.. Richel. 816, f 46 v".)

Effamé, part, passé, qui meurt de faim :

En .1. crelins d'une roiche la Rist tonte esfamce. (DU (le Giiill. d'Aiigh-l., Brit. Mus. add. 15606, lli-^.)

EFFANT, S m., objet de mercerie dilH- cile à déterminer :

.111. paires de viez ejfam. (1392, Invent, des biens d'E. Marchant, mercier, Inv. de meubles de la mairie de Dijon, Areb. Côte-d'Or.)

EFF.\NTiL, voir Enfantil.

EFFAULISSEMENT, S. m. ?

Icellui seigneur de Calcedonne visita les ossements de la dicte teste, lesquelz furent trouvez entiers, saufs que et sur la partie de devant du teez ou crennion de l'ung des cotez, y avoit certaine petite fis- sure sans quelque effaiilissement, et do l'aultre lez, aussy sur le devant, apparois- soit auculnement y avoir certaine petitte ebaeure sans bonnement pooir estre jugié se ce cstoit procédé de bleschure ou par pourriture dudict telz audict endroit. (A. DE Be.\ulaincourt, Rapp. du Cons. d'Etat de Ch.-Quinl. Bull, de la Soc. d'arcbéol. lorraine, V, 71.)

EFFAUssiÉ, adj., terme de chasse se dit d'un chien qui heurte sa jambe de der- rière avec son genou :

Avient aux chiens qu'ilz heurtent du genoil devant de la jambe derrière, et leur seiche la cuisse, et s'en perdent : cieulx chiens appelle l'en estruffez ou effaussiez. (Chasse de Gaston Phebus, ms., p. 111, ap. Ste-Pal.)

EFFAUTiEn, voir Effaitier.

EFFAYÉ, voir Effaé.

EFFECTUEL, adj., elTcctif, qui a son effet :

En la meilleure, plus seure et effecluele manière qui faire se pourra. (1373, de trac- tando cum Beg. Nav. sup. Allig., Kym., 2- éd., t. Vil, p. 63.)

Ils s'en vinrent sans response effectuelle. (Juv. DES Urs., Hist. de Charles VI, an 1397, Micbaud.)

D'une vraye et effectuelle paix. (12 janv. lS8i, Lelt. miss, de Henri lY, t. 1, p. 629,

Uerger de Xivrey.)

EFFECTUELEMENT,- uellemenl, - ualle- ment, adv., effectivement :

Nous promettons en boue foi tenir et garder effectuelement les pais et accord faitz entre les rois de France et les rois d'Engleterre, ducs de Gyenne, et lour pre- decessours rois de France. {Lett. sur Vhomm. du Roi d'Angl , 30 mars 1331.)

Chascuu effecluelement congnoistra que nous avons entier vouloir a la conclusion de la dite matière. (C/i. VU d la comm. de Lond., Delpit, Doc. fr. en Angleterre, p. 263.)

Pour garder une femme en chasteté hoa- neste, luy convient monstrer signes de grant ani'our effecluellement. (J. Bouchet, JVo6/e Dame, C 7 r", éd. 1336.)

Qu'ilz fussent condempnez a restablir elfcctuallement (ledit dégât). (1530, Charte de Ponthieu, Grenier 301, 333, Richel.)

Il trouva que sa veuë estoit effecluelle- ment perdue soubs ce masque. (Mont., Ess., 1. II, c. 23, 294 r», éd. 1383.)

Il tenoit pour amis tous ceux qui ne hougeoient et qui ne s'armoyent effecluel- lement contre luy. (lo., ib., c. 33, f" 313 r".)

EFFECTUER, VOir EfFESTUER.

EFFECTUEUSEMENT, adv., effective- ment :

Toutes les choses dessusdites promet- tons tenir, garder et effectueu sèment aem- plir audit Henri. (1320, Arch. JJ 60,f''29v».)

Pour se vouloir ja effectueusement mons- trer seigneur. (BouRGOiNO, Bat. Jud , II, 3, éd. 1330.)

Vivement, chaleureusement : Et les priera e/feclueusement, et si a j certes qu'il pourra, qu'ilz veuillent avancer ladite armée en toute célérité. (Iiî9, Instr., etc., Rym., éd., X, 432.)

EFFECTURE, S. f., Créature :

Se penses la pnant sentnre Qui des corporel?, effeciure Nuit et jour et bas et hault yssent De la charongQc ou se nourrissent. (Tr aidé de Salem, ms. Genève 165, 171 ï°.)

EFFELLÈ, voir ESFELÉ.

EFFEMMÉ, adj., efféminé :

Tant qu'il désirèrent vaillamment la mort qu'ilz avoientcremueconmep/T'emmes. (Sym. de Hesdin, Trad. de Val. Max., r 134'», éd. 1433.)

EFFERÉ, adj, féroce, cruel, lier :

PreiiJom qui si les e/feres Soies en dieu preus et seacs. (J. BoD., li Jus de saint Hicliolai, ïh. fr. an m. à.,

p. ne.)

De toute mémoire n'a esté prince ny ligue tant efferee, ou superbe, qui ait auzé courir sus, je ne dis poinct voz terres, mais celles de voz confederez. (Rab., Gargantua, c. 31, 86 v", éd. 1S42.)

Les plus efferees nations du monde. (Du Bellay, Mém., t. V, p. 340, éd. 1369.)

EFFERENCE, S. f., manque de retenue, d'égards :

Que si c'estoit aussi bien a moy que vous feussiez attachée eu égard a vostre

efference et indiscrète continue, il y a un quart d'heure que vous eusse abatu celle folle teste de dessus les espaulles. (J. Mau- GiN, Noble Trist. de Leonn., c. lxix, éd 1386.)

EFFERiR, esf., V. n., appartenir :

Ne porroie en nule raeniere

De tes nons combien que pansasse

Tant dire que plus n'i esfiere

Se lole ma vie usasse.

(Àiisîompcion N.-D., Ars. 5-201, p. li-2''.)

Les choses tôles qui efferenl a la dicte r mairie. (1261, Ch. des compt. de Dôle, —, 64 Arch. Doubs.)

Volons et comandons que tuit nostre anfant, cliescuns de quant que a luy effe- rnij. de me berietaige ou auray, soient sui home lige herietahlement. (1263, Ch. deJ. de Bourg., Arch. J 247, pièce 37(-30).)

Les apendises qui effierent a la ditte maison. (1270, Bouconville, i, Arch. Meur- lie.)

Les apertenances et les apandises effe- ranz esdiz mex. (1290, Richel. Moreau 210, 93.)

Et renonçoy per ma foy donee a béné- fice de douaire, de don fait pour noces, et de mariage, qui por ces causes ou por ces fais me porroent efferir por venir contre ceste essise. (1293, Richel. Moreau 870, f 551 v«.)

Tant corne a nos en effiert. (1304, S. Paul, Bcsanç., 89, cart. 19, Arch. Doubs.)

Et de telle semance comme il elfera et appertenra esdites terres. (1326, Richel. Moreau 223, 73.)

Cf. Aferir.

EFFESTur.ATioN, .S. f., déguerpissc- ment, abandon, proprement l'action de déguerpir un héritage chargé de cens el rentes en tenant une paille à la main. Chez les Ciulois, dit Tuet, et h leur exemple, chez les Romain;, la prise de possession des terres se faisait par la déli- vrance d'une houssine d'aulne, ou en donnant un fétu ou brin de paille; ce qui s'appelait infeslucation générale. Au con- traire, le déguerpissement ou dessaisisse- ment, qu'on nommait exfeslucalion, se faisait en rompant quelques brins de paille. (Malin, sénonoises, p. 139.)

Par tradition, guerpissemeut et effestuca- lion de ces meismes biens. (Trad. du XIII» s. d'une charte de 12l51, Cart. du Val SI Lambert, Richel. 1. 10176, f" 43''.)

Par devant les eschevins de la ville de Bruxelles, sont toujours passez, et se pas- sent encore aujourdhuy tous les contracts légitimes, cornue d'eraphyteure, effestuca- lions, des permutations, donations, etc. (Coût, de Bruxelles, Nouv. Coût, géu., t. I, p. 1243».)

EFFESTUEU, efesluer, effectuer, v. a., déguerpir, céder en toute propriété :

Guerpirent et effestaarent et quitte cla- marent. (Trad. du xili" s. d'une charte de 1227, Cari, du Val St Lambert, Richel. 1. 10176, 30=)

Et ilh devant ses pères cest fiez reportât en no mains a oez le gliese del Vau Sain Lambert, et le werpist de tout en tout et

EFF

efestuat et promist ke jamais de ce fiez ne travelhernit le gliese devant dicte. (Trad. du xiir s. d'une cli. de 1229, 16., f" S"»''.)

Ambedoi Veffesluarent et le clamarent quitte. (Trad. du xili' s. d'une ch. de 1245, ib.. 8».)

Uh les -werpit et les effesluat a l'ensen- gnement des hommes. (Trad. du XIU' s. d'une ch. de 1285, 16., 14».)

Nous, pour nous, nos hoirs et succes- seurs, avons heritablement et a tous jours vendu, effectueil et delivreit, vendons,

effectuons et délivrons (1370, Arch. de

l'anc. Chambre des comptes de Bar, ap. Servais, Ann. histor. du Barrais, I, 448.)

Cf. Effestuquer et Festuer.

EFFESTUQUEMENT, - kemetit, S. m., déguerpissement, abandon :

Liquel werp, rapport et effeslukemenl lidis sires de Dampierre, tantost en nostre présence, en le main no sei^'neur le devant dit conte, fist bien selonc no jugement, a loy, selonc l'usage et le coustume de le terre de Flandres^ (ilil , Charlrier de Nam. , fo 7 r»^ ap. Duc, Effestucaiio.)

Cf. Effestccation.

EFFESTUQUER, effcstukier, evestuquer V. a., quitter, abandonner, déguerpir ; ce qui se faisait en jetant une paille qu'on tenait à la main :

Geste prouve et monstrance souffisau- ment et bien faite sour cbe, de no seigneur le conte devant dit, sour le foit ke nous li deviens conjurei, disimes par jugement ke lidis sires de Dampiere, pour lui, pour ses hoirs et successeurs, Bailleul et toutes les appartenances,... rapportast, werpisist et eveslucast poir le dit Guyot de Namur aireter en le main nodit seigneur le conte de Flandres. (1287, Cart. de Namur, Vente de la terre et seign. de Bailleul.)

Lequeil jugement rendut, li devantdite dame et ses fins devantdis, par avoweis donneis par jugement et par loy a cascun d'eaus, raporterent, werpirent et effestu- kierenl en le main doudil Adam toutes les chozes devant dites, et tout le droit k'il i avoient ou avoir pooient. (1290, Chartrier de Namur, Transport.)

Nous Otton, s' de Kuyck et de Heverlé, faisons sçavoir a tous, tant presens conme advenir, que nous avons de nostre propre et franche volonté porté nostre ville de Grave, avec tous les droits, fonds, atte- nances, appartenances ou regardans a la dite ville, par quelconque manière que ce soit, qui estoit nostre vray alloes, es mains de noble prince et puissant Jehan, par la grâce de Dieu duc de Lothringe. de Bra- bantet de Lembourg, nostre amé seigneur, et luy avons donné, au prouffit de luy et de ses hoirs, tout ce que nous y aviemmes et y avons eu, et, en effestucant, c'est a dire en gettant le festu. y renonchons en per- pétuité. (J. Vauquelin, Trad. de la Chron. d'E. de Dynter, v, 28, Xav. de Ram.)

Cf. Effestuer.

EFFETARDi, adj., afétardi, devenu lâche :

Haro ! que je suis endormis. Paresseux cl e/j'elardis, Que pieça ne sois appreslé. ' l.a Vie ri Vhisl. du Mauls. Riche, Ane. Th. h. III, 271.)

EFPEUiLLiR, V. n., s'eiIeuiUer :

EFF

Las, helas ! chaque hyver les ronces elfenillissent. (Baif, Poés, choisies, p. 178, Becq. de Fonquières.)

EFFEuii.LU, voir Effueillu.

EFFEULETER, V. a., effeuiller ;

Le ix" jour d'aoust pour les journées de Pierre Belesme... pour chacun une journée 1 qu'ils ont vacqué le dit jour a elfeiileterles dictes vignes qui sont quatre journées a II s. VIII d. parisis pour chacune journée, valent .x. s. .viii. d. parisis. (1470, £/at de dépense de façon de vigne. Titres des fiefs de la chastell. d'Orléans, vignes de l'Orme- Grenier, paroisse St-Marceau, ap. Le Clerc de Douy, I, 227 r», Arch. Loiret.)

EFFEUTRÉ, adj., gami, couvert, pro- prement garni de feutre :

Apres les armes des haches, issirent te- nantslesespees es mains lesquelles esloient effeutrees atout fortes et grosses rondelles sur la main. (S.-Remy, Mëm., ch. lu. Bu- chou.)

EFFiANCER, V. a., flancPr :

Et non seulement effianté, espousé, et marié, mais en oultre que habiterez, et serez bien avant de feste. (Rab., III, 20, 67 v», éd. 15S2.)

EFFioAciEUSEMENT, adv., d'une ma- nière efiBcace :

Celle eau efficadeusement resoude les . plaies. (Evonime, Trésor, p. IGô, éd. ISoS.)

Il disputa si efficadeusement du mariage. (Chos. mem., escr. p. F. Richer, p. 118, Cayon.)

Ulcérant efficadeusement jusques aubrus- 1er. (0. DK Serr., Th. d'agr., vi, IS, éd. 1605.)

11 y disposa plus efficadeusement les affaires du dedans du royaume. (SuLLY, (Mcon. roy., ch. xcvili, Michaud.J

EFFicAciEux, adj., efficace : Sa seule herbe portée a la main a aussi semblable propriété, tant est elle effica- cieuse en cest endroit. (Oliv. de Serr., Th. d'Agric, vi, 15, éd. 1605.)

EFFicAL, adj., efficace :

Ou autre juste el efficaux cause. i(1341, Arch. JJ 72, f 271 v».)

Par donaison efflcal et nient repalable faite entre.vis. (1342, Arch. JJ 74, 1 r".)

Pour ces causes dessus dictes et pour plusours autres efficaux et roisenables. (1348, Affranch. de Gy, Arch. commun, de Oy.)

Il est bien voir que ses estoilez y font bien aucune chose selonc ce qu'elles sont conjointes au soleil ou séparées, ou qu'elles ont aucuns regars efficaus a li en adjoustant ou eu diminuant aucune chose a 1 influence du soleil. (Evrart de Conty, Probl. d'Arist., Richel. 210, {'8 v«.)

EFFicALMENT, - olemeut, - aument, - amment, adv., efficacement : Se ne procure loyanment La besongne et eficanmeM. (J. LE Fevbe, la Vieille, 1. II, v. 2947, Cocheris.)

Qui a vous es dites chozes obéissent et entendent efficaument. (1350^ Roism, ms. Lille 206, 340.)

La dicte dame en a obligez et souzmis

efficaument pour obligez elle, ses hoirs,

etc. (1358, Cart. de Pantoise, Richel. I. 8657. 13 r».)

EFF

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Elle se montre a la veue mieuls et plus efficaument en l'air. (Evrart de Comtt Probl. d'Arist.. Richel. 210, 207\)

Car délectation est pour la présence de la chose désirée, et trislece est pour l'ab- sence. Et checune chose œuvre plus p/^ca- lement et plus fort présente que absente. (Oresme, EUi., 60'', éd. 1488.)

Et ad ce sont efficaument oblicez aux termes assifinez. (13C4, Heg. du Chap. de S. J. de Jerus., Arch. M.M 28, 135 v».)

Entendent f^cawmeiit a la seurté et sau- venient d'iceux. (1.377, Ord., vi, 262)

Et acomplist efpcamment ce qu'il pro- met. {Ancienn. des Juifs, Are. 5083, f 160^)

Adonc sira ma volenté toute ma puis- sance comme déifiée, car tout ce que vou- drai sera faict, car je ne vouldroye fors ce que veulx efficamment : auquel vouloir nul ne peut contredire. (J. Gerson, l'Aiguillon d'amour, 14 r», éd. 1488.)

Encores dit après ledict Gaufrion que sans nulle doubte Dieu le père te veult efpcamment donner les sept peticions d icelle souveraine oroison. (lD.,î6.,f'>20r<'.)

EFFicHE, voir Afiche.

1. EFFicHiER, - cher, effischer, verbe.

Act., ficher, enfoncer:

Effis:her ung baston en terre. (1509, Pé- ronne , ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)

Fig., fixer :

Lors elle effichait un pou son vis et ensi com elle se recuillist dedens l'estroit siège de sa pencee rommensait a dire. . [^Cons. de Boece, ms. Moutp. 1443, 9''.)

Réfl., s'assurer, s'affermir :

Beau douz amis, bien me puis e/ftcher, Que j'ainj; don mont toute la mieux vaillant, La plus courioise, et la mieuz avenant. (Thieb. de INav., Poët. ms. av. 1300, t. I, p. 400, Ars.)

Le roy mesmes disoit, en luy effichant en ses estriers ; Or se gardent désormais tous chevaliers trespassans. car ilz auront la jousie a moy, (Perceforest, vol. III, 119^ éd. 1528.)

2. EFFICHIER, voir Afichier.

EFFiciAL, adj., efficace :

Il me semble que l'effect des paroles Merlin en grant douleur aujourd'huy sor- tissent leur efficiale vérité. (Wavrin, Chron. et anc. ist., p. 282, W. Hardy.)

Cf. Effical.

EFFiENTER, V. A., faire sortir les boyaux à quelqu'un :

Dieu guerroient et envaissent. Et se ans poins tenir le poissent Par enU fusl mors et effientez.

(Fabl. dOv.. Ars. .^069, f 98''.)

EFFiER, voir Afier.

EFFiGAiTEi, s. f., efficacité : Voulons qu'il soit de tele valeur et effi- gailei comme se nous meismes eus- siens estez présents en personnes avec eulx a la ditte journée. (1438, Hist. de Metz, V, 353.)

I EFFiGiER, V. a., faire le portrait, re- I présenter, peindre, au propre et an fig. :

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EFK

EFF

EFF

Effi^io, elfigier, c'est faire a la feniblance. {CathoUcon, Richel. 1. 17881.)

Le mesme roy est encore effigie en plate peinture. (Gilles Corrozet, les Antiqnitez de Paris, p. 34, éd. 1608.)

Fut trouvé de mon temps le ponrtraict d'un gras crapault ou grenouille, au cueur et mitan d'une pierre, qui fut fendue et brisée par les barbares du pais, aussi STOsse qu'une teste d'homme, si bien effi- gie, que chacun jugeait estre le vray na- iurel. (Thevet, Cosmogr., m, 1, éd. 1538 )

Un more blanc me donna deux raedalles de Marc Antoine : auxquelles estait effigie un temple a l'honneur de tous les dieux, représentez autour dudit temple. (ID., ib., m, b.)

Mesnies leurs dits characteres, qui sont quarante sept en nombre, je vous ay bien voulu représenter et effigier. (Id., ib., iv, 10.)

Pour avoii' effigiee une si belle figure. (Belle-Forest, Secr. de l'agrie , p. 367, éd. 1571.)

Quoy que plusieurs nous ayent peint ce pays voisin de la merJIajour, el effigie les peuples Cymmeriens. (ID., Chron. et Ann. de France, de l'Orig. des Franc., iv, éd. 1631.)

Ce sont les peintres qui les nous ont effigie. (Cholieres, .4presdinees,vi, faiiv», éd. 1587.)

Dans la langue moderne, effigier n'a que le sens d'exécuter en ef&gie.

EFFiGURER, V. a., représenter la figure de :

Demeures en ce que tu as apris, et que tu entendes les sainctes escritures des ton enfance qui te peuvent enseigner a repren- dre et a arguer el effigurer pour justice qui soit parfaicte. (P. Fekget, Nouv. test., fo 202 r", impr. Maz.)

EFFiLANDRÉ, adj., dont on a retiré les filandres ou fibres :

Chairs de bœuf recuites et effilandrees. (Déclar. de Henri II, 18 mars 1550.)

EFFiLOiRE, S. f., affiloir, instrument pour afliler :

Une couroie de cur ou il pend une effi- loire ou il a ung mordant d'argent, .ii. lancetes en .1. esteul de cur et deux cou- teaulx. (Dec. 1390, Inv. de meubles de la mairie de Dijon, Arch. Côte-d'Or.)

1. EFFiMERE, ephimere, adj., sujet à la fièvre éphé[nère :

Celui qui est malade de pleurésie et aussi celluy qui est ephimere le odore (le saffren) affin qu'il dorme. {Jard. de santé, l, 145, impr. la Minerve.)

2. EFFiMERE, S. f., flèvre éphémère ; .\ucune fois se fait effimera. (Frag. d'un

liv, de médecine, ms. Berne, A 95, 9 r".)

Fait effimere continue. (Ib., 9 y".) KFFniEuiE, S. f., fièvre éphémère :

Qu'est ce que dittes de vo bouche ! Que vous estes ore malade De maladie grant et rade! Ma suer ne vous esbaissiez. El telz paroles délaissiez. Ce n'est que une effimerie. Que vous avez, ma suer Marie. (Hiit. des Trois Maries, Richel. 1-2168, p. 121.)

EFFiNAr.K, S. m., circonscription, terri- toire :

Et en toutes autres choses quiconques a paier au jour et aus termes que les lieux et effinages ou celuy est assis paient. (1352, Reg. du Chap. de S. J. de Jerus., Arch. MM 28, f<'o2v».)

EFFiNER, V. a., affiner, rendre pur, pins fin :

Celui qui espure et effiiie

Toz çans qui l'aiment d'amor flne.

(G. DE Coi.NCi, Mir., ms. Brui., f 172''.)

Apurerun compte,lc mettre au clair ; compter :

Avoient si grant estoire de gent que l'en ne puet les milliers effiner. {Artur, Richel. 337, 133».)

EFFis.\NCE, S. f., réalisation : Li queiz mânes fut remeneiz el cors, et Stevenes li ferriers, ki deleiz lui manoit, en celé meisme bore morut, et ensi fut prou- veit ke vraies furent les paroles cui il oit quant la effisanee de la mort Stevenon les demostrat. (Dial. de S. Greg., liv. IV, ch. 37. p. 245, Foerster.)

EFFiscHER, voir Effichier.

EFFLAMBER, VOir ESFLAMBER.

EFFLATioN, eflatiou, S. f., action de souffler dehors :

L'efflation ou soufflement faite par quelque personne qui ayt l'haleine douce. (Paré, CEvv., XV, xxi, Malgaigne.)

Qui est cause que nous ne faisons nulle efflation et expulsion. (Id., ib., l, XI.)

Gonflement :

On a dit que la cause pour laquelle l'usage des fèves estoit défendu aux Pytha- goriciens estoit que ceste viande avoit grande eftation, chose contraire a la tran- quillité nécessaire a l'esprit qui cherche vérité. [L'am. ressuscité, p. 325, ap. Ste- Pal.)

EFFLECHiR, - cir, vcrhe

Act.. ébranler, affaiblir : Et ja estoit si eslochie (l'hérésie) Que presque toute esl ef/lechie Rome de chele pusnaisie

Et de la pusnaise hiresie.

(Mir. de S. Eloi, p. 59, Peigné.)

RéO., fléchir :

Des que Bucifaus vit Alisandre venir Encontre lui s'abaisse, prist soi a efftecir.

Ulex., Richel. 789, 8».)

EFFLEURÉ, VOir E.NFLEL'RK.

EFFLOQUER (s'), V. réfl., sc débander :

Les Saxons, qui s'estaient effioquez, se rejoignirent a Hengistus, qui mirent Aure- lius en grande nécessité. (Bouchard, Chran. de Bref., 38% éd. 1532.)

EFFLUATioN, S. f., action de découler, d'émaner :

Le filz procéda du père par manière de geueracion,qui estune emauacionou«/^Ma- tion très parfaitte. (Chron. et hist. saint, et prof., Ars. 3515, 2 r°.)

EFFLUEMENT, S m., écoulement : Abondance de toz biens et effluemenz

de totes grâces. (Li Complaignemant de

Vanne, Ricliel. 423, C 91^)

EFFLL'ENCE, S. f., influence :

Si comme l'ange de fait met cogitacion en l'ame de l'homme sans ce qu'il mani- feste a l'omme sa substance, ainsi se pou- roit "faire que l'ange par son vouloir se muçast meismes a aultre en manifestant son vouloir par celle meisme effluence mucee par quoy il manifeste a la dicte ame ce qu'il veut qu'il face. (Eximines, Liv. des s. anges, l" 92 v°, éd. 1478.)

EFFLUENCiEL'x, adj., abondant, qui

coule avec abondance ;

Quelle oraison sera ce qui puisse déplo- rer ou exprimer par nulle effiuencieuse lar- gesse ou habondance de larmes digne- ment cest horrible et énorme pecbiel et criesme. (Monstrelet, Chran , II, 238, Soc. de l'H. de Fr.)

EFFLUENT, adj., qui découle : La sanie efflliente par l'oriHce du phleg- mon. (ToLET, des Tumeurs outre le couslu- mier de nalurs, p. 10, éd. 1542.)

Fig., abondant :

Flairant espargne, effluani Iresorio, Dont Salomon par noble druerie Tira avant les précieuses herbes... (G. Chastellain, Lonenge a la très glor. Vierge, THI, 273, Kervyn.)

EFFLUER, V. a., produire : Perfecte bonté effluant tous biens. (Chr. DB PiSAN, Charles V, III, 67, Michaud.)

EFFLUXION, S. f., flUX :

iezabel note elflu.Tion De sanc ou de pollucion. (\Ucé de la Charité, Bille, Richel. 101,f° 179'.)

EFFOCQUER, V. a., étouffer :

Apres ce feist mener ses enfans en la cité de Sebaste et conmanda qu'ilz/'ussent effiocques, et, conme dit Egesippus, furent estrangles et pendus au gibet. (BOUHGOING, Bat. Jud., 1, 45, éd. 1530.)

EFFOEiL, voir Efpoil.

EFFOiBLiR, verbe.

Act., affaiblir :

Effoiblir, énerver. (Cathol., Quimper.) Alors qu'ils voyent que les vieux sont las du rut, et eff'aiblis de leur force. (Du FouiLLOUx, Yen., o. xvii, éd. 1585.)

Neutr., s'affaiblir :

Se li pacianz n'est fors, li chies en effoi- blist moult. (Cyrurgie Albugasis, ms. de Salis, t" 10.3=.)

EFFoiL, - oeil, -oneil, - ouil, s. m., aug- mentation du bétail dans la bergerie ; pro- fit qui en résulte :

Le seigneur de fief... peut prendre et lever Veffoueil, revenu et escroist du bes- tail nourry du domaine et mestairie tenuz de luy a toy et hommage. (Cout. du Maine, Nouv. Cout. gén., II, 127.)

Lever l'effoil. (Coutume d'Anjou, art. 103, ap. Ménage, Dict. étym., verbo effoeil.) Var., effoueil. (Nouv. Cout. gén., IV, 539.):

Lever l'effouil. (Cout. de Paris, art. 48, 6, ap. Ménage, ib.)

EFFOiR, voir Effuir. EFFOiRER, esf., - oyreT (s'), v. réfl., enlever la foire dont on est couvert :

EFf

... Mais Iny bailla de la loyre a travers De son raaseau. Vous escripre ea trois vers. Non pas en cent, je ne sçaurois, la honte Que eut le regenl, pour faire fin de compte. Car pour certain il fat sy empesché A s'effoyrer, que Faifeu despeché S'en est allé.

(BouBDio.NÉ, Lcy. de P. Faif., p. 31, Jouaust.)

Effoiré, part, passé, employé lig. pour désigner quelque chose de lâche, de flas- que :

C'est un langage brode, traînant, esfoiré. (Mont., Ess., 1. II, c. 17, p. 473, éd. 1595.)

EFFOL.MGER (s'),v. réfl., s'eniporter de colère, se conduire follement : Se tu te fais cortois, ne saiges, Envers vilain ne Ceffolaiges. (Ovide de Arle, Richel. 1915-2, 95=.)

EFFOLDRE, VOir ESFOLDRE.

EPFOLDRER, VOlr ESFOLDRER.

1. EPFOLER (s'), V. réfl., devenir In- sensé :

Au loig s'clfole et se destruit Qui foie compaignie suit.

(Vie des Pères, Ars. 3041, 33'.) D'avarice s'est eff'olez, Jemais de ce n'ert mais garis. (Rots. iieBois, Poés., Ars. 5201, p. 32''.)

2. EFFOLER, voir Afoler.

EFFOLiR, V. a., rendre insensé : Hebeto, rebrunchier, effolir, obscureir. (Gloss. de Salins.)

EFFON'CE, adj. f., défoncée, entamée :

Tu es la vive orientale con^e La ou dedans la perle esloit absconce. Qui oncq n'y prit entrée par enfore. ... Mais remanoil entière et non e//'onee Et parmaindra sans fin et jusqu'à ore. (G. CH.4STELLA1N, Loucnge a la très glor. Vierge, vin, 2S2, Kervyn)

EPFONciER, - sier, - cer, - sser, efoncer, esf., verbe.

Act., défoncer :

Le remeiguant (des tonneaux) fut efoncé par vos gens. (Lett. du 18 nov. 1341, ap. Lobin., II, 488.)

Pour refaire pliiis. des seaus de quir de le ville qui furenl enfonsset et depechietau feu qui... {Consaus de TournayjlSSTjn" Vf, Arcb. mun. Tournay.)

Ou tables furenl mises, et aussi les queues vin efjonsees sur les bous. (J. Le Fevre, Chron., I, 181, Soc. de l'H. deFr.)

E/foncier les vins, les répandre après avoir défoncé les tonneaux :

Sur ce que les echevins disoient qu'ils avoient le jugement des vins, toutefois que doute y chiet s'ilz sont souffisans de estre vendus ou de estre comme mauvais effonsies et esp'andus... (1359, Accord, etc., Arch. admin. de Reims, t. III, p. 153.)

Effonçoientles vins après ce que tout leur saoul en avoient beu. (Jtrv. desUrs., Hist. de Cliarles VI, an 1382, Michaud.)

Réfl., se défoncer :

Le tounel chiet et s'esfonce a un autre sur quoy il chiet. {Cout. de Dieppe, f'Z v°, Arch. Seine-Iuf.)

Le tonnel detfraude et chiet et se pert et s'effonce sur ung aultre. (Coiist. de Bret.. 210 v°.) .

EFF

Effoncié, part, passé, défoncé : Queues de vin effoncees. (S.-Remy, Mém.,

~ch. XLiv, Buchon.)

Morvan bourguignon, Saint-Martin-de- la-Mer, tonneau effoncé, tonneau défoncé.

2. EFFONciER, voir Enfoncier.

EFFONDEMENT, - undement, adv., lar- gement, avec abondance, profusion :

Dont ils le remercièrent huml)lemeut, en baisant la terre, et pleurant effonde- ment. (Juv. des Urs., Hist. de Charles VI, an 1394, Michaud.)

Les yeulx luy ploroient tant effundemenl qu'il en avoit la poictrine toute mouillée. (Perceforest, vol. VI, ch. 8, éd. 1528.)

EFFONDER, - drer, effronder. effimder, verbe.

Act., couler à fond, submerger, au ^propre et au figuré :

Orguez ocist, orguez effronde. Orgnez fait que nus biens n'abonde.

(17c des Pères, Ars. 36il, f l.Sl''.)

Et s'file (la nef) est effundee do tôt, iloe ne convient point de prove, fors le parent. (Liv. de josl. el de plet, vu, 3. § 2, Rapetli.)

Car il avoit bien huit cens personnes en la nef qui tuit fussent sailli es galles pour Innr cors garantir, et ainsi les eussent eff ondées. (Joinville, cxxii, Wailly.)

Pour leur paine de pluiseurs des siaus de quir repeskier en l'eawe qui effondrel estaient. {Compte de 1372, Arch. mun. Va- lenciennes.)

Ungbatteauc/T'ondeet perillé en la rivière de Loire. (Mai 1390, Bibl. Rlois, joursanv.. Rôles, Lxxix.)

Renverser :

De lances on de glaives tantost i'e/londeront.

(,Gir. de Ross., 431, Mignard.) Chil qui les sommiers effondrèrent et reversèrent trois de leurs mules tout char- gies. (Froiss., Chron., II, 404, Kerv.)

Neutr., couler à fond, être englouti : Ausi effondra sains Pieres en la mer

sitost comme il ot paor. [Arlur, ms. Gre- noble 378, ^4^)

EFFONDRE, effundre, esf., verbe.

Act., répandre ;

Es quarfoui's des rues, especiallement, estoient bestes ïaulvages de diverses ma- nières, dont les unes incessanment effon- doienl vin, et les autres claré, et les autres ypocras ou let. (Wavrin, Anchienn. Chron. d'Englet., t. Il, p. 372, Soc. de l'H. de Fr.) Sur toute cliar qui vivera Dit Joël, qui de nous le prit, i'eU'onderay mon esperit. (GiiEBAN, Mist. de lapass., 3ill2, G. Paris.)

Sa mère effundoit larmes irrémédiables, disant... (Fossetier, Chron. Marg., ms. Brtix. lOSll, V, V, 12.)

11 ordonne plusieurs et divers medica- nieus tousfrais estre digérez au bain Marie, par quatre jours tousjours eu y effondanl eau de vie. (EyoNiME, Trésor, c. xxx, éd. 1555.)

Disperser, dissiper : | Dieu ne veult pas que les richesses j

soient effondues, c'est a dire en tout temps dispersées. (Traicl. de Salem., ms. Genève 165, f 234 r«.)

EFF

11

I Neutr., s'écrouler :

Les estages (des tours) qui estoient près I des couvertures, estoient de fortes pierres,

qui ne povoient effondre pour jet de pierres ' d'engins ne d'espringales. (Froiss., Chron..

XII, 204, Kerv.)

Effondu, part, passé, amaigri : Maigre et remis et despané, Frieleux, pale et effondu.

{D'un Vilain quitte dont, escumen., Ars. 332", 148».)

De garir chiens effondus et fongueulx. (Modus, ms. Valenciennes 602, f" 208''.)

Et estoient leur cheval mort de froit et effondu de povreté et de faim. (Froiss., Chron., X, 399, Kerv.)

Qui estoient si fouUel et afammet, si esfondut de froit et de pleuve, et si des- froissiet de leurs povrez selles. (Id., ib., I, 279, Luce, ms. Amiens, 11.)

EFFONDREEMENT , adv., impétUBuse- ment :

Des lors vous ne courouciez vostre es- previer, et que rien ne l'approuche sou- dainement, effondreement ne tempesteuse- meut. (ilénagier, II, 306, Bihlioph. fr.)

1. EFFONDRER, verbS.

Act., répandre ;

Tu es benoist. Sire Dieu, qui as délivré Israël qu'ils neffondrast mye mon sang. (Perceforest. vol. VI, f- 124', éd. 1528.)

Neutr., se répandre :

Les testes se destranchent et e/fondrent boiai. (J. BoDEL, Sax., CMxvui, Michel.) Et le froidure grande nous va tout engelant, Li membres nous effondrent et derrière et devant. (Vœu du Hairon, 366, éd. Mons.)

Se jeter, se précipiter sur :

Mist sus les gens du pays et s'en alla, par nuyt, effondrer sur leur logis, et les rua jus. (J. Le Fevhe, Chron., I, 296, Soc. de l'H. de Fr.)

Quand je serai en lieu ou en place que je pourrai veoir lesdits infldelles, je met- trai peine d'estre avec la première ensei- gne de ma nation qui sera a effondrer de- dans eux. (M. DE Coossy, Chron., ch. Lxxxviii, Buchon.)

Et lors les gens d'icellui conneslable, tant hommes d'armes comme archers, en eslevaut grans cris, commencèrent de toutes pars a ferir et effondrer en eulx, et les navrer et occire cruelement. (MoNS- trelet, Chron., I, 89, Soc. de l'H. de Fr.)

Les dessusdiz Anglois ce voians. de hardi courage effondrèrent en eux, et finable- ment les mirent en desroy. (Id., ib., I, 201.)

Philippe fut le premier qui effondra sur la sacrée compagnie des Thebains. [Tri. des 9 preux, p. 708 , ap. Ste-Pal.)

2. EFFONDRER, Voif EFFONDER.

EFFONDRERiE, S. f., démolition, ren- versement :

Quant est d'engins, canons, artillerie. De bombardes et telle droguerie. Moult largement en eussiez veu fiuer. Pour desmollir, et faire effondrcrie De murs, carneaulx, et grunt tempesterie Tant qu'on n'eust pas oy du ciel tonner. (IMartial, Vig. de Cliarles 17/, C m v», éd. 14'j:i.)

EFFONDREUK, S. 111., quî fait plier :

12

EFF

Effondreur de destriers. (Monstrelet, Chron., U, 45, Soc. de l'H. de Fr.)

EFFONDRiEUE, S. f., fondrière : Le cheval, par b.itre et flageller, et le beuf, par force d'anuillonner diirevuent, tirent liors leurs voiclures des ellondriei es et mauvais passâmes iAl. Cuart-, Quadr. invect-, p. 437, éd. 1617.)

EFFONDREUUE, S. f-, effondrement : Plusieurs ruisseaux avoieiit souvent de- couru, tellement qu'ilz avoient fait grans effondreures et cavernes et cave le chemin bien profond. {Q. Curse, iv, 8, éd. 1534.)

EFFONDROiEK, V. n., couler à fond, être englouti :

Mes la croiz on Jhesns livra Son cors, de lui me délivra, Qoe aler le tornoiant. Parmi la mer etfondroianl. ( Percerai , ms. Moolpellier H 219. 268°.)

Cf. Effonder, effondrer.

1. EFFONSER, V. a. •?

11 meist sa flèche, commença a effonser l'arc pour tirer. (Le Maire, IHustr., 1. III, 23 r».)

2. EFFONSER, VOif EFFONCIER.''

3. EFFONSER, VOlf ENFONCIER.

EFFONSiER, adj., foncier : '

Renies effonsiercs. (1507, Prév. de Mon-

treuil, Coût. loe. du baiU. d'Amieus, II,

680, Boutliors.)

EFFORAIGE, VOir AFORAGE. EFFORCE, voir ESFORCE. EFFORCEMENT, VOlr ESFORCEMBNT. EFFORCEOR, VOlr ESFORCKOR. EFFORCHAGE, VOir ESFORÇAGE.

EFFORCi, voir Esforci.

EFFORCIDLE, VOir EsFORCIBLE. EFFOaCIDLEMENT, VOir ESFORCIBLE- MENT.

EFFORCIEMENT, VOif ESFORCIEMENT. EFFORCIER, VOif ESFORCIER.

EFFORCiLLONS, S., m. pi., sorte de pépie :

A cause de la douleur provenant du rhume froid, le plus souvent les oiseaux ne peuvent honnemeut ouvrir les yeux, ne les tenir ouvers, et de ce mal renaissent quelquefois plusieurs autres maladies, comme la tave en lœil.... et parfois leur en vient la pp"|iie en la langue qui s'appelle les efforcillons. (Du Kodilloux, Faucon- nerie, f 15, et Franchieres, il, 7.)

Ponr osier des naseaux milles et barbillons, La pépie en la langue, ou les e/J'urcitlons, Use d'huile de lin.

(Dd Chesne, Six. lin. du grand miroir du monde, p. 87, éd. 1588.)

EFFORCES, S. f. pl.,tenaillcs, pincettes :

Une barre de fer pour rostir, des efforges,

un gofrier, un garde feu de fer pour les

enfans. (Coût, de Valenc, Nouv. Coût.

gén., t. Il, p. 237.)

EFF

EFFORT, \oir ESFOUT.

EFFOSSER, enf., V. a., creuser, arra- cher :

Force que li oste corroient muchier lor cozes et dire : « J'ai ce perdu», por eus oster du damace, ou pour embler les cozes a lor ostes meismes, il convient que ce soit prové par meson effossee, ou par -wis ou par huce brisies, la u les cozes estoient. (Beaum., Coût, du Beauv., c. xxxvi, 7, I3eugnot.)

S'on le trueve de malvese renommée, il ne doit estre creus ne por meson enfosses, ne por huce brisie. (Id., ib.)

Plusieurs d'iceuls effosserent leurs yeulx. I (Fossetier, Chron. Marq., ms.Brux. 10512, Vlll, II, 25.)

Puis eut les yeuls effosses, et arain fondu en ses oreilles le priva de vie. (iD., ib-, 23.) EFFOssEL'R, S. m., cclul quî creuse : Convoiteux de sang et effosseurs de plaies. (Chron. et hist. saint, et prof., Ars. 3515, 152 r.)

EFFOUAGE, effouhoige, s. m., af- fouage ; droit de prendre dans une foret la quantité de bois nécessaire pour se chauf- fer : Marrenage, effouage et closure des terres ; gaignables. (1383, Ord., Vll, 32.)

A moi competer et apartenir plein usage et effouage en bois de Touche. (Ch. de 1505, Preuv. de l'Hist. de Bourg., II, cCLXXXtiI.) Et en icpulx (bois) pourront prendre et enmener tout mort boys pour leurs né- cessitez et effouhaige. (1510, Affranchisse- ment des habitants d'Amoncourt ; Rev. des Sociétés savantes, T série, t. III, 2' livr.)

Redevance due par chaque feu ou chaque famille :

Sans ce qu'il fut jamais travaillé d'aul- cunes affouages, gabelles, emprunts. (J. MoLîNF.T, Chron., ch. xxxviii, Buchon.)

Ce qui sert à chauffer :

S'il le Toil (l'arbre) an retour sans fiieille langnis- [sant, Desnué de rameans, VefTouage etla proye ^ Du bûcheron panlhois, en soy-mesrae il s'effroye, Plaignant l'iufirraité du monde périssant. ICuASSicxET, ilespris de la vie, cxxsi, éd. ISOi.)

EFFOUAG1ER, - uoger, Tf. n., prendre du bois de chauffage :

La dicte dame Margarite ha receu grant quantité d'avoinne appartenant a la dicte confesse laquelle dévoient plusours des ha- bitants de Soudry et des leux voisins pour cause de ce quU'effuagent es bois et fores de Nuefehastel. (1378, Ch. d'Isab. C'"' de Neuchdlel, Arcli. du Prince, D9, 4.)

EFFOUCHERBR, vcrbe pris subst., droit de prendre du bois de chauffage ;

Le pasturage et Veffoucherer. (1247, Rougeou, Arch. S 5019, suppl. n" 10.)

Cf. Afouer.

EFFOUDRE, VOiF ESFOLDRE. EFFOUDRER, VOir ESFOLDRER.

EFFOUiL, voir Effoil. EFFOUiR, V. a., creuser :

EFF

Effouir les puis. (Chron. et hist. saint, et prof., Ars. 3518, f" 226 r».)

Ils effouoient caves en terres esqueles ils muchoient euls, leurs femmes et leurs enfans. (Fossetier, Chron. Marg., ms. Brux. 10312, IX, m, 10.)

EFFOUEIL, voir Effoil. EFFOURCHER, V., t. de vëncrie : Metz les cuisses d'ung cerf contre terre, jointes lune a l'autre, si que la queue du cerf soit contremont ; puis effourche les deux jambes du cerf pardevers la queue. (Modus et Racio, f 16 r», ap. Ste-Palaye.)

EFFRAAIMCE, VOIF ESFHEANCE. EFFRAEEMMENT, VOir ESFREAMMENT. EFFRAEMENT, VOir ESFREEMENT. EFFRAER, VOir ESFREKR. EFFR.\IEMENT, VOir ESFREEMENT. EFFRAIEURE, VOir ESERAIBURB. EFFRAIN, VOirESFRAIN. EFFRAINDRE, VOIF ESFRAINDRE. EFFRAINTE, VOir ESFRAINTB.

EFFRAis, S. m., frais :

Les effrais des nopces. (Compte de 1582, Arch. Cossonoy.)

A Mons. le banderet pour les effrais par lui soustenus a la venue de messeigneurs. (yl(/oca(., juin 1587, ib.)

EFFRAISSEJIEiNT, VOir ESFRBISSBMBNT. EFFRANGE, VOir ESFREANCE.

EFFRANCHE, S. f., ridelle, pièce de bois qui règne le long des côtés d'un cha- riot OU d'une charrette :

Print un bastou appelle egranche, ou ri- delle de charrecte. (Lett. de Cit. YI, Arch. JJ 172, pièce 12.)

EFFRANCHIR, VOlr ESFRANCHIR. EFFRAOUR, VOir ESFREOR. EFFRATRER, VOir AFEUTRER.

EFFRAUDiR, V. a., donner avec parci- monie :

Ainsois eurent de riches dons du noble conte, qui ne effraudi oncques les termes de largesse a toutes gens qui le vouloyent. (Le chevalereux Cte d'Artois, p. 19, Bar- rois.)

1. EFFRAY, voir ESFROI.

2. EFFRAY, S. m., infraction :

En effray del peas. {Stat. d'Edouard III, an II, impr. goth., Bibl. Louvre.)

EFFRAYEMENT, VOir ESFREEMENT.

EFFREAGE, S. m., chose effrayante :

Ne mandeii a .G. leii etfreage.

(Gér. de Rossill , p. 311, Michel.)

EFFREANCE, VOir ESFREANCE.

EFFREEMENT, VOir ESFREEMENT.

EFFREER, VOir ESFBEER.

EFFREINTE, VOir ESFRAINTB.

EFF

BFFREINDRE, Voir ESFRAINDRK. EFFREIK, voir ESFREIR. EFFREISON, VOir ESFREISON. EFFREMIR, VOir ESFREMIB. EFFRENER, VOif ESFRE.NER.

EFFRESLEK, V. a., mettre en mor- ceaux :

La grans cloche de no clochier Qni ne se degne mie lochipr, Se n'esl pour fii on pour meslee, Brisie fu et efreslée. (G. DE Coi.NCi, Uir., ap. Duc. Efrangere.)

Morvan. e/fràler.

EFFHEsoi-RE, S. {., instrument à cha- peler le fromage :

Une effresoure de fromaipe. (5 fév. 1394, Inv. de meubles de la mairie de Dijon. Arch. Côte-d'Or.)

EFFRESSURER, VOir EfFROISSUHER.

EFFRETER, effriter, efriter, v. a., ef- frayer, effaroucher :

Adouc quant les Anglois la vireat.

Et qu'ilz en scenrent la vérité.

Par despil tantost s'en fouyrent.

Et fui chascua bien eljrelé. (MiRCiAL, yig. de Ch. 17/. f" 6^^ éd. 1493.) Slyge, Acheroû, songes d'hommes creinlifs, Pieça plus n'efritent personne Que quelques eofans bien petis.

(J. Doublet, Poés., p. 37, Jouaust.) Lequel (cliien barbet) vint courir après une coTiip.iguie de boiires qu'il trouva sur le fumier, lesquelles effrita si bien qu'une d'entre elles en Yolant alla tomber dans ledit puits. (iVouu. Fabriq. des excell. traits de vérité, p. 46, Bibl. elz.)

Le passant qui n'estoit facile a effriter mit a l'instant la main a l'espee. ilb.. o. 70.) ' ^

Dont ledit de Forpst se trouva d'abord tout effrité. {Ib., p. 173.)

On rencontre encore effriter en plein xvii° siècle, au moins dans des textes normands :

Grand bande effrittée. (Ferband, Inv. gén. de la Muse norm., 16ob, p. 79.)

En Bretagne, Côtes du-Nord, canton de .Matignon, on a gardé le mot effruler, pour signifier effrayer. H.-Norm., vallée d'Yères, effriter, être affreux.

EFFREUR, voir ESFREOR. EFFRIj voir ESFROI.

EFFRicHER, V. B., défficher; flg., grat- ter ;

Il a l'orifice du fondement constipé, et ^lui deult, a ceste cause il effriclie avec le bec, tant qu'il en fait saillir saui;, et l'es- corcbe. (Tardif, Fauc, I, 142, E. JuUien.)

Effriché, part, passé, défriché :

Nos pastis effriches, aux boys haute fulayes. Nos près sans reverdeur.

(L. Papo», Paslor., 1, i, éd. 1857.)

EFFRIOUAN, voir AUFRICAN.

EFFRISER, voir ESFRISER.

EFF

1. EFFRITER, Voir Effreter. t. EFFRITER, VOlr EFFRUITIER.

1. EFFROI, S. m., sorte de vaisseau de guerre :

Tout droit a port de mer Turent prestz lez liarDois. Navires et callans, galees et e/frois.

(Ciperis. Richel. 1637, 58 t».)

2. EFFROI, voir Esfroi.

EFFROiABLE, adj , au scns actif, celui j qui jette l'effroi, la terreur : Je vis tomber l'effroi dessus les elfroiahles.

(A. d'Adbigne, OEuv., 1. I.)

EFFROTCEMENT, VOir ESFORCIEMENT.

EFFRoiDiER, V. a., refroidir, rafralchif :

A .1. arpant se tint por son cors e/froidier. (Gutleclins deSass-, Riche!. 368, f 136''.)

EFFRoiDiR, - oydir, verbe. Act., refroidir :

Li ors est rouge, et est plus tost effroidis

que li fers. (Cyrurgie Albugasys, ms. de

Salis, 102'.)

Il estoit aussi chault que une tostee, mays

I je l'ay effroydy, or rel'roydy bien asses.

I (Palsgb., Esclairc. p. 498, Génin.)

! Réfl., se refroidir:

L'esprevier.. se effroidixt et attardist, quant il est foulé ou firi'vé par les oiseaulx. (Ménagier, II, 282, Biblioph. fr.)

' EFFROIEMENT, VOir ESFREEMENT.

EFFROIOUR, voir ESFREOR.

EFFROissuRER, effrcssurer, v. a., arra- cher la: fressure, les entrailles à :

lUec tu verras tu très amee femme Ce- sonia, laquelle tu feiz occire et effroissurer par l'espee d'ungtien centurion. (Boccacë, Nobles malheureux, vu, 3, f" 173 v", éd. 1515.)

Mettez vos mains aux plommeaux, ef- froissurez les honmes inaocens... (Id., ib., 228 v°.)

Fig. :

Ils ont sublimé, effressnré, et hypocon- drillé la jurisprudence. {Moyen de parvenir, p. 120, éd. s 1. n. d.)

EFFRONCHIER, VOif ESFRONCHIER. EFFRONDER, VOir EfFONDER.

EFFRONTABLE, adj.. Impudent : Une (chose) outrepasse des aullres, ef- frontable et hideuse eu presenlacion, se vient présenter a ma plume. (G. i^hastell., Cliron. des D. de Bourg., 11, 1, Buchon.)

EFFRONTEMENT, S. m., ïmpudence, effronterie :

Procacitas, effrontément, ^ eshontement. (R. Est., Dictionariolum.)

Impudence et effrontément. (ID., ib.)

Si tes semblables te rcsemblent en si- mulation, tu les surpasses en ['effrontément de ton visa-ie, n'ayaut lionte de te présen- ter devant les femmes de bien. (Lariv., la Veuve, IV, 6, Bibl. elz.)

Tellement que je m'esbay fort de quel effrontément et impudence osent dire a Dieu telle gens : Pardonne nous nozpecbes. (Pahadin, Bist. de Lyon, p. 385, éd. 1S73. )

EFF

13

EFFRONTER, VOir ESFRONTBR

EFFRONTEUx, adj., impudent :

Garde toi des laides paroles, car qui s'i abandonne il en devient vergoingneux et effronteux. (Laurent, Somme, ms. Sois- sons 20S, 132''.)

EFFROUER. Verbe.

Act., réduire en miettes, en pondre, : émietter, égruger :

Puis mettre et effrouer un peu de sel broie sur la plaie. (Cotereau, Colum., viii, S, éd. 1555. J

En jectant un peu de vinaigre dessus, ou du verd de gris esmié eieffroué dessui. (Id., ib., VII, 5.)

Réfl., s'émietter :

Le quatrième cinnamome est spongieux enflé et bossu ; il n'est de grand pris, et s'effroue ou brise aisément. (Du Pinet Dioscoride, i, 13, éd. 1605.)

Il était encore usité dans la première partie du xvii" siècle :

Effrouer, ou esmier. - Effrouer dedans ou parmy. (Duez, Dict.-fr. allem.-lat.)

Il est aussi consigné dans le Diction- naire étymologique de Ménage.

Effrouer, pour dire émietter, s'est con- servé en Picardie et dans la H.-Norm., val- lée d'Yères.

Cf. Afrouer.

EFFROYEMENT, VOlr ESFREEMENT.

1. EFFROYER, VOir ESFREER.

2. EFFROYER, VOir ESFROIER. EFFROYEIJR, VOlr ESFREOR. EFFROYSSEMENT, Voir ESFREISSE.MENT. EFFROYSSON, VOir ESFREISON.

EFFRUiTiF.R, effructier. effritier, v. a., rendre stérile, épuiser, amaigrir, en par- lant d'une terre :

Gel vent (du midi) effruite la terre et nuist as Hors. (Psaut., Maz. 258, 94 r«.)

Cueillir les fruits de ;

Effruicter, to take or galber Ihe fruit of.

(COTGR.)

Par extens., épuiser :

Nuls n'y pescha. fors le seignear tondis, A plaine eaue, sanz rompre le rivaige: Estât mriien en lenoit d'omme saige, Sanz le vouloir par eices f/l'ruili/T. (E. Desch., Poés., Richel. 840, f '292 r°.) C. effructé, c. balafré. (Rab., m, 28, f" 103 r», éd. loo2.)

Détruire, ravager ;

Quar c'est et fu la frotefianz ente Qui enfer a cUntctié par son fruit. (G. DE Coi.vci, Chans., Poquet, p. 15, var.) 11 convint petit a petit que li communs soustenist les vices de son magestire qui commença a aler mainte fois par empire- nient, si ques maintefois avint que l'en trouvoit a paines un vaillant homme en la cité de Romme, aussi comme se la cité fusl effruictee ne n'en peust mes jecter nul preudomme. {Rom. de J. Ces., Ars. 6186, gj.)

14

EFF

EFF

EGA

Consommer inutilement :

Mes jours y ai loiiz eZ/ritez, Et perda mon temps et m'enlenle. (G. DE Coi.NCl, itir., ms. Soiss., f 8-2'.)

Maint jor j'ai tous effruites

El perdu mon tans et m'entente.

(iD., a.. Ars. 3527, 152».)

EFFU.\GiER, voir Effocagier.

EFFUBLEB, VOif AFUBI.ER.

EFFUEiLLU, cffeuiUu, sà']., qui est sans feuilles :

Arbre effeuillé ou effeuilln. (La Porte, Epilh.)

Branche^ fueillue ou effeuillue. (1d., ib.)

EFFUiR, - vyr, - oir, v. a., fuir, éviter :

Qui les péchiez vient e/foir.

(G. DE CoiNci, Mir., ms. Brnx., ISS"^.)

Et croy certainement qu'ilz ne effuyront liasîa très firande lumière de Dieu. (BouR- GOING, Bat. Jvd., I, 32, éd. 1530.)

Effuyr quelque mal. (R. Est., Thés., Vite.)

EFFUiTiÉ, e/'Mîtie, adj., fugitif : Effugus, efuilié. {Catholieon, Richel. 1. 17881.)"

EFFUMACiON, - Uoii, S. f., actlon de jeter de la fumée :

Pource appert il que la pluie ne doit pas astre grande trop ne trop petite ausi, pource que trop grande humidité confun- droit la chaleur dessusdite et ausi conme toute l'estaindroit, et par cousequens la soubtille tumee ne se porroit former et la Irop petite n'y souffîroit mye a exciter souftisamment la chaleur dessusdite, ou elle en pourroit estre soubdainement toute absorbée et consumée sans effumacion no- table, et par ainsi la bonne odeur ne se iiioustreroit point. (Evrart de Conty, Probl. d'Arisl., Richel. 210, 188'.)

Évaporation, vapeur :

Le vin les blesse (les enfants).... par pé- nétration très facile, et par effumaUon co- pieuse. {Régime de santé, 2S r». Robinet.)

EFFUMANT, adj., qui produit des fu- mées, des vapeurs :

Les œufz fris... fout en l'estomac longue demeure et effumantes vapeurs en la teste. {Régime de sanlé, 13 v. Robinet.)

EFFUMEii, efumer (s'), v. réfl., s'évapo- rer ; au fig. :

Ainsy verroit on eslever, et avoir lieu la franchise de parler a un chaqu'uu, plu- sieurs s'effumeroient en paroles libres. (MONTBOUUCH., Gages de hatailte, f''38r°.)

Courroux s'efume sans vaillance. (J.-A. DE Baif, les Urnes, 1. 1. f 6 v°, éd. 1619.)

Selon Pomey, on a aussi employé effu- mer, pour dire esquisser, peindre légère- ment.

EFFUMOUEit, affumouer, s. m., lieu pour le passage de la fumée :

Faire eu chascune desdictes voultes uug effumoue7' de haulteur de ludicte plateforme qui sera sur ledict doujon. (26 mars 1392, Marché, Arch. Maine-et- Loire, E, not. Grudé.)

Y sera faict des affumouers et mis des | grilles. (/6.)

EFFUNDEMENT, VOir EFFONDEMENT. i

EPFUNDER, voir EFFONDER. ]

EFFUNDRE, VOir EFFONDRE.

EFFURiÉ, adj., furieux :

Se vint présenter l'autre toute effuriee en samblaut. (G. Chastell., Vérité mal prise, p. 517, Buchon.)

Menace effuriee. (1d., ib.)

La mer effuriee, soubs la tranquilité d'ung douxventelet s'alrampe et se pacifie. (ID., ih., p. 53o.)

EFFUS, part, passé, répandu, dispersé :

Comme elle (Nynive) seroit confondue et destruicte par feu, effuse et du tout aggravée. (CouRCV, Hist. de Grèce, Ars. 3689, 144''.)

Furent les maisons brullees et tant de sang effus que... (D'Auton, Chron., Ri- cheU 5081, t" 18 v".)

Ne vueillez parmettre que aujourd'uy le sang des chrestiens, pour querelle des biens temporelz, soit cruellement effus. (ID., ib., Richel. 5082, 167 r°.)

Et soit mis petit a petit au croiset ou est lor effus. {Ciel des philos., c. 28, éd. 1547.)

Par la vertu de son sang effus et es- pandu. [Violier des Hist. rom., c. cxxix, Moralis., Bibl. elz.)

EFFUSANT, adj., dégouttaut :

Les maius effusantes du sang des inno-

cens. (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689,

189''.)

EFFL'SEMENT, adv., avBC abondauce, profusion, largement :

11 est plus honnorable de ne bailler rien du tout, que d'oster pour donner, et vou- loir par moyens obliques remplacer ce qu'une libéral prodigalité luy a fait effuse- ment prostituer. (N. Pasq.", le Gentilh., p. 104, éd. 1611.)

EFFUSER, V. a., verser, répandre. On a dit, en parlant des couleurs que répand le soleil à son coucher ;

Luist le sonleil et nuit et jour. En sa chaleur, en sa clarté ; Mais il est vray que l'obscurté Des montaignes, et la hautesce Du firmament, et la rondesce Que le souleii va pourprenant. Des terres le va ejfmanl. Quant il vient aox oc identaulx. (E. Deschamps, du mauvais Gouvernement de ce roi/aume, Richel. 840. f 4"0=.)

EFFLSEUR, S. 111., calomniateuT, celui qui se répand en mensonges ou en in- jures :

Ne soions criminelz ne deceveurs en doubles paroles, ne effuseurs nostre pro- chain. (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars. 3689, fo 32\)

EFFUSTUMENT, S. m., échafaudage:

A peine voyoit l'en a célébrer et faire le divin service en aucune des chappelles et oratoires d'icelle église par les effustumens des édifices des maisons. (1385, Arch. JJ 127, pièce 242.)

EFFUTAGE, - oige, s. m., bienvenue que paie un garçon charpentier à ses nouveaux camarades :

Lesquelz compaignons conclurent aller veoir ung autre charpentier... pour lui de- mander son effutaige, comme ilz disoient estre lacoustume entre les charpentiers de par de la, quant ilz changent atelier nouvel. (1471, Arch. JJ 195, pièce 843.)

EFFUYE, S. f. ?

François Gauceu, valadier, s'engage a faire un estev d'effuye au moulin de... (9 nov. 1531," Arch. Gironde, Not., Bon- temps. 51-1. 133.)

EFiDiQUE, voir Afidique.

EFLATioN, voir Efplation.

EPONGER, voir Effoxcieh.

EFREANCE, VOir ESFREANCE. EFROIR, voir ESFREIB. EFUMER, voir EFFUMER. EGAIL, voir IVEL. EGAILLER, voir ESGAILLER.

1. EGAL, voir IVEL.

2. EGAL, S. m., terrain uni :

Qnar li uns vers le bois se tindrent, Li autre devers la mer viodrent, Li tiers se mistreut eu Vegal, Et li quart furent en nu val. (CHRE.'iT., Cligel, Richel. 1420, 37''.) Il point le bon destrer qui plus tôt cort par vais E par tertres agnz que al très par egah. (Th. de Kest, Ges(e d'.ilis., Richel. 24364, 19 v".)

Cf. IVEL.

EGALABLE, ygaloble, adj., égal : Car la deité est semblable A Dieu le père et ygallahle. (Macé de la Charité, Biile, Richel. 401, f°156'',)

EGALATioN, S. f., vérification : Que la solidité pour le payement des rentes seigneuriales soit supprimée ou or- donner une egalation a frais communs. (Cah. des par. comm. du bailliage d'Autun, Mém. de la Soc. édueune, 1874, p. 248.)

egale:iient, csgallement, - aillement, S. m., action d'égaler, d'égaliser :

.(Equalio, aplanissement, également. {C.k- LEPTN, Dict. des lang. lat., ital., etc., éd. 1509.)

Vérification :

Esgallement des mesures. (1545, Liv. noir, 34, Arch. mun. L'ssel.)

A Vesgallement particulier et gênerai qui sera faict dez mesures desdictz grains, le- quel esgallement desdictes anciannes me- sures de pierre se fera par le juge. {Ib.,, 15 nov. 1599.)

Répartition d'impôts :

Vous feictes par vos gens et officiers prier et requérir de par vous vos honmes de personne a personne de nous prester ou donner pour le bien de ladite paix ce qu'il leur plaira ; et ce que de leur franc vouloir ils en voudront faire, sans nulle contrainte, fouage, ne esgaillement, le faictes lever et I prandre d'elx, et autrement non, car pour

EGE

EGO

EGR

IS

nulle chose nous ue Toudrion? qu'il en fust fait esgaillemenl ni fouage. (i42i, Aides imposées par le D. de BreL, ap. Lob., Il, 1001.)

Pour faire nouvel esgallement sur les six bailliages du duchez de Bourpongne. (1544, Reg. des délib. de l'hôtel de ville â'Autun, Bild. Troyes, 711, f 63.)

EGAi^ER, esgaler, v. n., vérifier : Est permis a ceux de ladite religion pré- tendue reformée eux assembler par de- vant le juge royal, et par son aulhorité, esgaler, et lever sur eux telle somme de deniers qu'il sera arbitré estre nécessaire pour estre employée pour l'entretenement de ceux qui ont charges pour l'exercice de leur dite religion. {Art. de la Confér. de Nerac, 28 fév. 1S79, m.)

Cf. Egalement.

EGALiii, esgalir, v. a., rendre égal, uni, aplatir :

D'an cuir de cerf avoit son chief vesti D'un chapelet, onques nieillor ne vi, D'nn vici Inilon bien serré et bouilli. Deus ne list home, se .i. cop fust fcri. Que braz et poioz n'ait trestoz esgaïi, !Ne renpirast jusqu'au jor du juys.

(.«0». Renuarl. Richel. 368, C 252'.)

Esgallir deux des parquetz dudict jar- din. (15S7, Compt. de Diane de Poitiers, p. 219, Chevalier.)

Et selon que les dictes semences crois- tronl et aggrandiront, tond les,..., afin que la haye en soit plus espesse et esgalye ou unye. (Palissy, Œuv., p. 49, France.)

EGALLEMENT, VOif IVELMENT. EGALLETÉ, VOir IVELTÉ. EGALMENT, VOir IVELMEKT. EGALTÉ, voir IVELTÉ.

EGANCE, esgance, s. f., égalité de senti- ment, juste retour ;

Mais en altre sens m'en yir Quant en vos non truis egance (SvMoKs D'AuTiE, Clians., Poët. ms. av. laOO, t. 111, p. 1230, Ars.)

Egalisation :

Exequations de lief. vulgairement appel- lees esgances. {Coust. d'Aouste, p. 127, éd. 1388.)

Bas-Valais, Vionnaz, éganse, part qui revient à chacun dans un partage.

EGAUDAGE, VOif ESGARDAGE. EGARDEMENT, VOlr ESGARDEMENT. EGARDER, VOJr ESGABDEH.

EGARONNER, V. a., éculer : Egaronner un soulier, to tread a schooe ilowne at the heeles. (Cotgr.)

EGASSER, V. a., émousser : Egasser, obtundere, egassé, obtusus. (Ca- tliol., Quimper.)

EGAULTÉ, voir IVELTÉ. EGENER, voir ESGENEH.

KGENT, adj., dénué ;

L'n antre y a qui est gentis. Courtois, larges et eatentis

A honneurer la bonne gent.

Mes a l'ostel est si cgeiit

Qu'il n'i a si froit comme l'astre.

{Faune/, Richel. U6, !" 23''.) Il est comun a tontez gens. Tant aux riches comme aux ege}is. Et si va tout le droit chemin, Sans ce qu'il soit a nul enclin. (Cmcf, de la Bk;ne, des Déduis, ras. Lyon()07, 12M

EGESTioN, S. f., déjection : Se ce est as boiaus Vegestions en ist fors. (Brun de Long Borc, Cyrurgie, ms. de

Salis, fo 14''.)

Ne pers sens, los, bien, temps, pour vile egestion. (Gerson, Dial. av. ses sœurs, œuv., III, 828'', éd. i706.)

Geste vile egestion, [c'est a dire fiens et ordure. Jb.)

Le jus de la bete est moyennement abstersif, lequel excite le ventre a egestion et évacuation. {Jard. de santé, p. 70, impr. la Minerve.)

(La bete appelée duran) lasche son ventre et fiente contre les chiens qui la suyvent et les retarde pour l'odeur de sa fiente et egestion qui put si fort. {Ib., II, 53.)

Le polmon (de bœuf) est de legiere di- gestion et de facile egestion a cause que de sa nature il est mol. {Régime de santé, 46 vo, Robinet.)

Les entrailles de poule, avec les plumes, dilatent le boyau qui vuide la digestion de l'oiseau, et sèchent l'humidité superflue, la- quelle ne peut saillir par la egestion et es- mutissement de l'oyseau. (GuiL. Tardif, l'Art de faulconnerie, I, 35, E. Jullien.)

EGETiR, voir Esgeter.

EGHISLETEUR, VOir AlGUILLETEUR.

EGiPTER, voir Ejecter.

EGLESSE, voir AiGLESSE.

EGLiPER, V. n., glisser :

Lequel coup vint en eglipant sur le bras, et le entama jusques a los. (1385, Arch. JJ 128, pièce 176.)

EGLiSETE, S. f., petite église : Petite eglisete. {Vie S. Magloire, Ars. 5122, 97 V».)

Nom de lieu, les Eglisottes, dans l'An- gûumois.

EGLisiER, S. m., celui qui fréquente les églises ; n'a été rencontré que comme nom de lieu :

Le chemin qui maisne aux Eglisiers. {Acte de 1578, Lens, ap. La Fons, Gloss. ms., Bibl. Amiens.)

Il s'est conservé en Champagne, diocèse de Troyes : « Sont-ils pieux dans ce pays 1 Ils sont encore eglisiers. »

EGLissERON, S. m., le capricorne : L'autre manière de licornes est appellee

eglisseron, qui est a dire chievre cornue.

{Quinte Curce, Richel. 15468, 1. IX, 363i'.)

EGOHUER, V. n., lier les gerbes :

Les tenanciers a domaine congeable, qui sont les fermiers de la Bretaigne, doi- vent acquitter les chef-rentes, et autres, charges deues au seigneur du fief, ou

autre, s'il n'est au contraire conditionné par leur bail a domaine, et doivent le droit de champart et de terrage, quand ils egobneni a la cinquième gerbe communé- ment, s'il n'y a paction expresse de plus ou de moins. {Coût, de Bret , Nouv. Coût, g'-n., IV, 410.)

Les paysans lyonnais emploient encore égobuer dans le même sens.

EGORGETER, VOir ESGORGETEB. EGOUTTIERE, VOir ESGOUTTIERE, EGRAIGNER, VOir ESGHENER.

EGRAissER, V. a., gTaisser :

Qu'ilz ne soient bien tannes et egraissez de bonnes graisses. {Ordon. de Salins, 1492-1549, Bern. Prost, Doc. relat. d l'hist. de la Franche-Comlé, p. 26.)

EGRAPHINER, VOir ESGRAFIGNER. EGR.ATKR, VOlr ESGRATER.

EGREGE, adj., excellent, distingué, respectable :

Libelles diffamatoires contre les officiers du roy, et personnes- egreges. {Grand Cou- tiimier de France, p. 25, éd. 1633.)

L'an mil vcxliin, pour l'an mil vc .xlv., furent élus en Consuls : egrege personne, maistre Raymond Bassout, doucteur en medeciue;sieurBernardI\oux,ditlePucraon- toys, marchand ; Jehan Marti, dit Rosset, pour aludiers ; Jehan Reynal, pour labou- reurs ; et Guygon Boyer, sabatier. (1544, Mercier, Chron. consul, de Beziers, BuUet. de la Soc. arch. de Beziers, t. 111 , p. 143.)

Autant en fut résolu faire par Vegrege, très sage et docte collège de messieurs les docteurs et regens, assemblé pur l'aucto- rité du révérend et egrege seigneur Barte- lemi Serre, son primicier. (1362, Disc, des guerres de Prov. Arch. cur., 1" sér., t. IV, p. 448.)

Les Dictionnaires de Cotgrave et de Nicot donnent egrege.

On trouve, au féni. :

Intervient egregie et gaillarde personne maistre Pierre du Four L'Evesque. (L'Es- TOlLE, Mém., l'' p., p. 196, ChampoUion.)

Ce mot se rencontre au xvii» siècle dans un texte de la Suisse romande ce mot s'est très longtemps conservé :

Contrat receu par egrege Olivier secré- taire ballival. (1623, Arch. Lausanne, Ro- mainmostier, V^ 637.)

Sainte-Palaye remarque que les notaires du Dauphiné et de la Savoie donnent le titre à'égrège aux personnes les plus quali- tiées de la bourgeoisie.

EGREGiEi'x, adj., excellent, distingué, respectable :

Le petit oiselet qui s'amonstra au navire du Voy, avant ceste oultrageante tempeste, s'apparut de rechiet audit navire, et chanta avec les autres pour letifîer ceste egre- gieuse société. (J. Molinet, Chron., ch. cccxxxiv, Buchon.)

Se nous voilons mettre en avant ses très utile et bienheureux fruict et semence egregietise de propagation. (In., ib.)

EGRES, s. m., sortie :

16

EGR

Dans les Tenures de Littleton.dit Sainte- Palaye, les mots frank entrée, egres et re- grès paraissent signiûer franche entrée, sortie et retour, la liberté de passage, la liberté d'aller et de venir, soit pour l'en- trée, la sortie et le retour. Dans le cha- pitre intitulé. Tenant a volunt, on lit :

Si le lessee emblea la terre, et le lessor après l'einbleer et devant <]ae es blees sont matures, Iny ousta, uncore le lessee avéra les blees, et avéra franck entrée, egres et re^res, et de carier les blees, pour coo qu'il ne sçavoit a quel temps le Jessor vo- loit ent sur luy.(Ten. de Littl, W», ap. Ste-Pal.) 1

Si un mese soit cessée a un homme a teulr a volunt, par force de ce que le les- see eust en le mese, deins quel mese U porta ses uteusiles de meason. et puis le lessor luy ousta, uncore il avéra frank en- trie, egres et regres en mi le m.es^Pf je^" sonable temps de carier ses biens et uten- siles si corne home seisie d'un mese m fee simple, fee taile, ou por terme de vie lequel ad certain biens deins lu le mese et faïf; ses executors, et dévies quecunque, après sa mort, ad le mese, uncore les executors averont frank entrée, egres et régies de carier hors de mi le mese les biens lour testator, per reasonable temps. (76.)

EGRESSE, adj. f., aigûe :

Pins près (te nons ses cours appronche, Et plus fort quant vers Tangien louche. Le cercle et la lune ronde EsloiDgnent le centre du monde. Et trait son nom de pointe egressr. (Le Fevre, la rieille, m, 4461. Cocheris.)

EGRESSioN, S. t., Sortie : Anres Vcqression et vssue d'Egipte. {Mer ' deshystoires.t.hf 151". éd. 1488.)

État de ce qui est saillant : Rougeur et egressions des ieuz. (Brun

i)K Long Bobc, Cyrurgie, ms. de balis,

39'.) EGRET, S. m., nom d'oiseau : Auquel aunoy couvent et ponnent les

hérons, buthoereaux, egres, vales et moult

d'autres oyesseaus. (1366, Coutances, Arch.

J 223, pièce 18.) EGREVÉ, adj., fatigué, excédé : Us sont désormais las, egrevez, épuisez

( HOLIERES, Contes, f 197, éd. 1610, iu-i2.) En Touraine, remarque Sainte-Palaye,

on dit egravé, pour désigner un bœuf

outré de fatigue. EGRiNGAON, s. m., engin de pèche : Toute manière de gent qui maignent es bournes de l'eaue peuest aller en toutes manières d engins dedens les herbes que on apeUe bourde, et doit on faire les eqringaons de telle manière d'engins d aus- be espiue, et les doit en corder de soie de cheval. (Coût, du /iffde l'eau, transcr. au xV s. dans le Lir. des Jures de S. Ouen, 138 r°, Arch. Seine-Inf.)

EGRiPE, S. t, griffon : Egripe, s. f. Grvpe, a beest. ( PalsgrAVE, Esclairc. de la tang. franc, p. 228, Génin.)

l. EGROT, engrot, s. m., maladie :

Dont mainte sjent i'cngrot morul.

^Wace, Krul, -21 '4, Ler. de Lincy.j

EGR

t. EGROT.Tangrout, adj., malade:

Je ai Tesqni longuement, foibles sni et angrout. (Bible, Richel. 763, 241''.) La forme d'envye estoit layde et plus hideuse que descripre ne scauroye, chetive et egrote comme femme maladive. (C. Mansion, Bibliolh. des Poet. de metam., 20 r», éd. 1493.)

Dans le langage rémois on dit encore egrot, pour signifier malade, languissant.

EGROTACioN, - tion, S. f., maladie ;

Il morront de mort d'egrotacions. {Bible, Maz. 684, f 129»'.)

Pestiféré egrotation. (Fossetier, Chron. Marg., ms. Brux. 10312, IX, i, 6.)

EGROT ANT, adj., malade : Baston des membres egrotans. (Oct. de S. Gel., Séj. d'fcon»., 77 v, éd. lo2Cj

EGROTE, engroute, s. f.,f maladie : 0 sa parole senlemeot Gnerissnit toni commnnalment De qaelqa' engroule qu'il eussent, S'avngle on sourt ou liepre fussent.

(Fttbl. d'Ov., Ars. S069, P 242".)

EGROTEMENT, cngrotement, engrute- ^ ment, angrolement, encroûtement, s. f., ma- i ladie : 1

Mult poit aler seguremeot, I

Ja mal creindra engrutement. (Marb., Lapid., Richel. 1. 14410, f" 15 r".) ... Engrolement. (lo., iJ., 'ar. du ms. Richel. Î25241.) Or puet maogier senreracnt ; Car n'i a point A'encroutemenl ; Car nus hom de mangier n'eneronte Qui de la coupe boive goûte. Parlcn.. 103T, Crapelet.) Alias angrolement.

Que nos giteim lors par la boche le ve- iiiu et Vengrotemenl de uoz péchiez. (Comm. s. les PS., Richel. 963, p. 282'.) E repleciun fet e engrulemenl, E fièvres engendre ensement. (P. D'ABERHi'ii. Secr. des secrez. RicheL 25407, fo 195».)

EGROTER, engroler, angroler, engrouter, engruter, encroûter, eucrousler, encrulter, agroler, verbe.

Neutr., être malade, tomber malade ;

Engruta si murut, si remest sa bobance.

(Roii. 2' p., 3553, Andresen.)

Mais il engrula e mnrnt.

(/*., p., 2274.) Var., encroûta.

Dans I

l'fu tels, pois egrola.

(/J., 4751.) Var., engrola.

la n'i porreï mnrir ne engruter (dans le Paradis). (Adam, p. 8, Luzarche.) Car nus hom de mangier n'encroûte.

(Parton.. 1039, Crapelet.)

Act., rendre malade : Ensement com ordes viandes engrotent

cors e quer del home. [Sarmons en prose, Richel. 19525, f 160 r».)

Egroté, part, passé et adj., attaqué par la maladie, malade, au propre et an flg. :

Engroules eri. longement jut. Qu'il ne gari ne ne mourut.

(Wacb, Brut, 84-25, Ler. de Lincy.)

EGU

Encrvtlez est, lonsoement iul, Qui ne gari, ne n'i mourut. (Id., i*., f ns", ap. Ste-Pal.') Var. du ms. de Bombarde : engroler.

Meint palacion, et meint conlreit, Meint fevrus, et meint engroté. Récent par cel oile sanité. (In., Liv. de S. NicMay, 1394, Delins.) Nostre sire est mult engrotez, Mult malade, mult enlermei.

(Ben., 0. de Norm., I, 1465, Michel.) Qui tant soit encroustes d'enfremeté mortal S'il i puet sejorner .1. seul jor a journal, Qui la tous tans ne soit en mcismes Testai.

(Boum. d'Alix., f 44», Michelant.)

Li mescreant seront engroté et périront de ta face. {Psaut., Maz. 2S8, 13 v».)

Oste lo peichié de lui par quoi il est an- grotez et tant a la mort pardurable. (Mau- rice, Serm., Richel. 24838, f 69 v.)

Qui de mal sera agrole'

Bien en revendra a santé. {Le Lunaire que Salemons fist, 349, Méon, Nouv. B«.. I. 375.)

Bien est li peuples asotez

Qui de tel vice est engrotez. j (Macé de la Chabité, Bible, Richel. 401, fM77''.) I Gent engroutee et enferme.

I (Fat;. d-Ov., Ars. 5069, 226=.)

I Par quoi tel couleur engrolee

Puisse estre changie et muée. ! (Clef d-amour, p. 94, Tross.)

Guernesey, agroutài, egroutaï, part. passé,malade, affligé,dégoiité ; s'agro«teir, s'egroutair, tomber malade, s'affliger, languir. ! EGROTi, engruti, adj., malade :

Cume bevanz engruliz de vin. {Lib. Psaltn., Oxf., Lxxvii, Michel.) Lat. : Tan- quam potens crapulatus a vino.

EGUABLE, egwabfe, eugable, adj., égal, pareil :

Equabilis, eugables. (Catholicon, Richel. 1. 17881 et Gloss. de Salins.)

Mille lemmeleltes ont vescu au village une vie plus equable, plus douce, et plus constante que ue fust la sienne. (MONT., Ess., 1. II, c. 12, f 204 r», éd. 1588.)

■Voulant essaier si le mouvement de cete rivière, qui est eguable et uniforme, atendu que des chevaux tirent ce bateau, Voffenceroit. (iD., Voyag.,\>. 93, éd. m-4».)

EGUAL, voir IVEL.

BGUARDEMENT, VOÎr ESGARDEMEMT. EGUARER, voir ESGARER.

1. EGUE,s. f., digue:

Y eust aussi un grand déluge d'eaue, a cause de la mer qui se desborda, et ce a cause que les egues qui estoient du long de la mer furent rompues. (Journ. o«n fiourji. de Par. s. le règne de Fr. I, p. 422, Mi- chaud.)

2. EGUE, voir IVE.

EGUER, verbe.

Act., égaliser :

Et les equera au meoz qu'il porra. (Cft. de 1267, Fonleueau, xxil, 29è, Bibl.Poitiers.)

Neutr., devenir égal:

EIN

I.ors besseront II tertre Et li Tal IcTeront, Le chamo H 1**^ moataigaes Et la mer equeront.

(Fabl. d'Ov.. Ars. ;;0fi9. f 203=.)

Les paysans du Poitou l'emploient encore dans le même sens; ils disent : Eguer un bâton, pour signifier l'égaliser en faisant disparaître les aspérités et les nœuds à l'aide d'un couteau.

EGUERRET, VOir AVGRERET.

EGUiEÉ, S. f , équité : Qui decet Veguieé en [est] maux reno- mez. (De Jostice et de plet, xix, 49, $ 2, Ra-

petti.)

EGUILANLEU, VOir AOUILANNECK. EGUILLEE, voir ESGUILLEE.

EHEM, interjection :

Ehem I dit le bon homme, je ne trompay jamais personne. (Despbriers, Nouv., xhix, Lacour.)

EHO, interjection :

Eho nng petit Homme de fol appétit. (Therence en franc., 140", Verard.)

El, voir E.

EICETTE, voir AlSSETE 2.

EiÉ, voir EÉ.

EiEBROU, S. m., sorte d'arbre ;

Eiebrou houysocle ira. (Du GuEZ, An Introd. for to lerne to speke french trewiy, à la suite de Palsgrave, éd. Géuiu,p.9i4.)

EiENSi, voir Issi.

EIGASSADOUR, VOir AlGASSADOUR.

EiGEUR, S. m., celui qui creuse la terre pour trouver l'eau :

Il sera foueur ou eigeur. IHagins le Juif, Richel. 24276. 93 r".)

EiGiER, v. a., fouiller la terre pour y oiiercher l'eau, pour faire un puits ;

Il eige terres, et trait le buef pour arer et semer. {Hagins le Juif, Richel. 24276, 7 r».)

A laborer la terre et a eigier, et a traire les métaux. (Jb., f" 35 v».)

EiGNE, egne, voir Aisne i.

EIGN'ELIN, voir AGNELIM. EIGNION, voir EiNON.

EiGRAT, voir Aigret.

EiL, voir El.

EIL.UER, voir Oeillier.

EiM, voir Ain.

EiMANT, voir Aimant au supplément.

EiME, voir Ain 2.

1. EiN, voir Aine.

2. EIN, voir Ain 2.

EiNCES, eincies, einchieus, voir Ainçois.

EIN

EiNOEGRË, eynderé, s. m., propre mou- vement, mouvement spontané :

Li qaens par son eindegré Al rei rend! la cité. Al reis rcndi Walerfori Par SUD gré e par sud cord. (Conq. of Ireland, 2613, IVlichel.) Imprimé, eiudegré.

Quel est le eve apelé, par amonrs? L'em ne l'apele pas, eynz vient tous jours Volenters par son ejjmlerè Qe ja n"estûvera esire apelee.

{Du jongleur d'Ely, p. 30, Michel.)

Lors le roy par son ehidegré, eaunz nul acoupement,ousl.i ledit Hamon de s'amei- rauté. (Chron. de Lond., p. 45, Aunger.)

Lire ici deux exemples des Chroniques d'Angleterre (ms. Barberini) inscrits sous la forme Ayndegré, t. I, p. 543, col. 2.

EINDNEZ, VOirJAiNSNÉ.

EiNE, voir Aine.

EINÉ, voir AiNSNÉ. EINION, voir El.NOX. EINNED, voir AiNSNÉ.

EiNNEECE, einnesce, «!/., voirAiNSNEECE

EINON, eynon, heynon, eynung, einion, eignon, eygnon, eignion, enon, s. m., amende :

Et ce deyt segre li burgermeister in tottes Ihs formes et la manière que uu ha acustumei de reoovrar les enons soit per clame ou quant il vient a notesce. (1368, Arch. Fribourg, i" Coll. de lois, n" 29, 12 v°.)

Doné quant liessus, a seigre per lou bur- germeister corn les aultres eynons. (1369, ib., n" 34, 12 v».)

A recovreir et requérir per lo burger- meister corne lo favt deis autres eynons. (1369, i6.,n«41, 13 v°.)

Quale persone que cel soyt qui offendie et l'are haut ou eynons que a cellye un ne fasce grâce de termeynos ou de argent, mais payet et facze lu terme sellou ce qu'il avra ofleiidu einsi quau il contient en la lettre deis eynons seins doneir autre res- piet. (1373, ib., 64, 17 v".)

Avons ordonei que se nyou fist eynon sus celluy ne deyt on prendre tesmoguyage ne provede persone qui non avroyl puis- sance de payer eynon. Cum bieu que un fareyt bant ou eynon contre celluy qui non avroyl puissance de payer eynon, et ausy cil qui non ha puissance de payer eynon pout iucorre eynon. Hem li quez qui yert provey de eynon per un soûl tesmognyage est pordimie eynon de l'argent. ( 1374, Arch. Fribourg, Aff. delà ville, 117.)

Et li quelle feme qui navreroyt l'autre, est por .Ix. sols lausauueis. Et cilly qui non avroyt la puissance de payer doit jureir furs de la vile et les termeynos et ne doit retorneir tanque aie aporteit son einon. (Ib.)

Li quez qui avra offendu ou incorruz aucous deis einons dessus dit, cil deil fian- cier iucontinant de payer dedaut .vill. jor lu dit einon. (Ib.)

Révoquons accordablement et annulions le point qui est contenu in nostre lettre deis eignions, lequel contient que... 1387, Rec. diplom.de Fribourg, v, 12.)

EIS

17

Il est condampnez ad la ville ou banc de cent solz lausann. et ung an furs de la ville et des termines a recouvrar per le burgermeistre comme les heynons. (1400 Bégl. p. tes bouch., copie Arch. Fribourg' cart. !'■'•.) ^'

Sus la poyne contenue ou rôle deis eygnons. (1408, Arch. Fribourg, 1" Qoll de lois, 151, f" 37 v».)

Doit chascon donneir et paier .x. libres losannei per nnm de ban et de emuna (1410, ib., 173, 44.)

Per la magniere que li burgermeister rent compte deis bans et deis einions. (1410. ib., 188, 52 v».)

EiNs, vo'r Le.

EiNsi, voir Issi.

EiNsiNC, voir Issi.

EiNsiNouES, voir Issi.

EiNzcEis, voir AiNçois au supplément.

EiNsiT, voir Issi.

EiPE, subst., troupeau :

Dame des alowez, eipe des berbyi. (Fragm. du iiii" s., dans Vllisl. lin. de la France, t. XVII, p. 631.)

EiH, voir Erre.

EiRAL, s. m., aire; maison rustique avec ses dépendances :

Onze eireaux assis a Tillerusche, ou les esta^iersqui y demeurent... Item l'eireau qui fut Perrin Chenau. {Acte de 1366, Duc, 111, 637, éd. Didot.)

Ce mot, dans quelques provinces, dési- gnait le lieu propre à battre le grain.

EIRALSIENT, VOlr ERRAUMENT.

1. EiRE, voir 1ère.

2. EiRE, voir Erre. EiRER, voir Errer. EiRRE, voir Erre. Eis, voir Le. EiscHiR, voir Eissir.

EISEMENT, voir ElSSEMENT.

Eisi, voir Issi.

EisiL,, voir AisiL.

EIS&IER, voir Esmer.

Eiso, voir ICE.

EissADE, voir Aissade.

eissage, s. m., droit de sortie : Item il a esdites fermes brebiage de tiers an en tiers an, services de seonueeurs, en aoust, services de berces et de charues, et la court et Veissage qui sont prisiez dites fermes 40. sols. (Charte de 1310, ap. Duc, 114, 652, éd. Didot.)

EissEis, voir ASEZ.

EISSELE, voir AlSSELE.

ElSSEMENT, cisement, isscment, i*si- îiienf, S. m., sortie :

18

EIS

De lii suvrenitet del ciel li eisemenz Je iiii. {Liv. des Ps., Cambridge, xvni, 6, Mi- .■liel.)

Les issemenz matinals et del vespre chanteut. (/b., LXiv, 8.)

Les eissemenz de matin e el vespre tu déliteras. (Lib. Psalm., Oxford, lxiv, 8, Mi- chel.) Var., issimenz. Lat. : Exitus matu- liiii.

Posud flums en désert, e eissemenz d'e- wes en seid. (Ib., cvi, 33.) Var., eissement. Lat. : Exitus aquarum.

En Veissement Israël d'Egypte, {[b., cxin.) \ar., issement. Lat. : In exitu.

EissiE, s. f., issue :

TaQl unt Tamise amunt poiee Que il BDl Londres assegfe ; N'i Iroverenl pas granz eissies Ne qui feist granz envaies. (Ben., D. de Norm.. H, 2198fi, Michel.)

EissiERE, S. f., voie chemin : Les tabernacles de ceos lii se combatent ans eissieres est an l'ost nostre Signor. (L» Kpistle Saint Bernard a Mont Deu, ms. Verdun 72, f" 76 v°.) ,

EissiN, voir AissiN. j

EissiR, eischir, essir, escir, esir, exsir,

exir, hexir, ensir, oissir, oisir, ossir, aissir,

ussir, tixir, issir, isir, yssir, ixir, iessir,

jjessir, v. n., sortir : Si escit foers de la civitate. {Frag. de

Val 1. 8, Bartscb, Chrest., col. S,

él)

Imd lo dii le poples lez.

{Passion, 40, Diez )

Si ussil fuers devant la cort. {Fr. de la Pass., Lorr., Méoi. de l'Acad. des inscr., XVII, 725.)

Qae de laiens a'isil.

(Girbert, fragm., arch. Anbe.) Et Fancones U quens esl de la -ville issi.

{Les Loh., ms. Montp. H 213, f 33°.) nue lute la graat ewe fait isir de son bied.

{Ckarlem., 775. Michel.)

Bien pnet. se loi vient a plaisir A aueme mois de virge oissir, (Wace, Concept, tlostre Dame, p. 4S, Mancel et Trébulien )

Ne pooit frnii de terre eissir.

{Brut, ms. Munich, 27-48. Vollm.) Soit icil poples fors eissir. Por les granz règnes envair.

(Ben,, D. de Norm-, l, 3i3, Michel.) Col jor est Aliiandres de la cite isçus.

{Roim. d'Alix-, fil"', Michelant.) Diimne tu, Deus, ki dejetas nus ? e ne eistras, Deus, en nos oz '.' (Liv. des Psalm., Cambridge, CVII, 11, Micbel.) De ce ke si sovent de nostre voie essomes. {Vie de S. Thaïs, ms. Oxf.. Canon, mise. 74, f 45 r».)

Qui sunf ixu de Mez. (1214, Paix de Metz, Arch. mun. Metz.)

Cel aer qni s'efforce a exir. (Gautier de Mes, Ymage du monde, ms. St- Brienc, f 30'.) Si soit li sondant desarmez Avant qne nos isson des prez.

(Parton., Richel. 11115-2, 162''.)

Biel filz, fait il, beneit sis tn Que tel parole vos erl de boce ensu De prender Frani;e. Pnille e Montayc. (Aspremont, ms. Venise, Romv., p, 3.)

EIS

G'is(ri»'!'doa sens, ains qu'il soit ajorné.

(Huon de Bord., 5696, A. P.)

Du brnillet est esu Prillent de Monmiré.

(Fierairas, Vat. Chr. 1616, 22».)

Plaive et vent, air tenebros N'en font noisse si granl n'elTors Ccm s'arme ûst a ensir del cors. (Hercule el Phileminis, Richel. 821, 8''.)

Doil ont de la prison don il n'iVron/jemais.

{Floot'., 1300, A. P.^

Ne pniz soffrir n'en «.te fuer. {Paraplir. du ps. Eructavit, Brit. Mus. add. 15C06. la'.)

D'une ante esirent dui cinn. {Dou pechic d'oryueil lamier, Brit. Mui. addit. 15606, i" IIO'.)

Tant qui lavoit escrit on cuor. Ne nnques n'an he..xit defuer.

H3*.)

Quant li abes ot entendu Qu'ensi erent moine et rendu Oissu.

(Mir. de S. Eloi, p. 110, Peigné.)

Si fu si enserrez de .mi. parz que nus n'i pot ne entrer ne ossir. (j4rtMr, Richel. 337, 76".)

Lors prennent les batailles a aissir de la vile, l'une après l'autre. (Ib., f 138*.)

En tel manière que ele n'/froif jamais de l'isle en tote sa vie. (76., 258".)

Un randon de sanc li comença a oissir parmi la destre uarille. (Ms. Richel. 1. 17509, f" 9S.)

Que dui enfant puisent issi{e)r ensamble deu ventre. (Digestes, ms. iMontpellier H 47, f 6».)

L'eu n'i pooit entrer ne eissir. {Est. de Eracl. Emp., xxiii, 17, Hist. des crois.)

Essirent d'Aire. (Chron. Godefr. de Buill., Vat. Chr. 737, 393».)

Entrer et exir. (23 août 1276, Ch. de Gir. Chabot, Arch. Thouars.)

Et pour ce dist on quant aucun est a meschief d'avoir : Il est plus povres que pucele qui ist de baing. {Discipl. des quatre âges, Richel. 24431, f ISC.)

Sitost comme nous issimes de l'ost, les

Sarrazins (Joinv., St Louis, p. 168,

Michel.)

Porquoi il estoit esu de la prison. (Arch. J 1024, pièce 80.)

Il oisireni hors en mi le quemin. {Enq., Arch. J 1031, pièce 20.)

Toutez fois que il essaient hors de leur meson. (1312, Arch. S 296, pièce 6.)

Cil avenoit qu'il y eust nulz ne nullez an nul de ces leus ne de ces covens davant dis qui en uxissent fucrs. (1304, Cart. de Metz, Bibl. Metz 751, 28 r«.)

De ceulx qui ne pueenl uxir de l'ordre. (1322, (6., f 28 V.) Ains itxoient fuers de leur abbaye. (Ib.) A mesure qu'on isteroit auz champz hors de la ville, chascun endroit soy se meist eu ordonnance de belle bataille. (Wavhin, Anchienn Chron. d'Englet., I, 291, Soc. de l'H. de Fr.)

() ame lasche et meschante, ys du corps et suis Brisaida. {Troilus, Nouv. fr. du XIV» s., p. 208.)

Le prevost yssoil de la ville a moult grant foyson de gens. (Liv. du Chev. de La Tour, c. cxxv, Bibl. elz.)

EIS

Et eseeirent sus le logeis le conte de Qen- fort et conmenchierent a abatre et a nieha- gnier gens. (Froiss., Chron., III, 278, Luce, ms. Rome, 92 v».)

J'ai vu les dieux de terre issans et mon- tans. (J. DE Salisb., PoUcrat., Richel. 2'»287, f OS"!.)

Dessoivre de ton cors ton esperit. /s hors de cesl monde morant. (Liv. de vraie sap.. niB. Nancy 274, 5 r».)

En ce temps, par une miyt Saint Martin d'yver, le duc Jehan yessy de Paris a grant puissance et s'en alla a Saint Clau. (Mém- de Pierre de Fenin, au 1410, Soc de l'H de Fr.)

Ja pour vostre crier ne braire Ti'isires encor de noz prisons. (La Naliv. IS.-S. J.-C, Jub., ilyst., II, 44.) Qu lui lortroit Ung peu le nez, il en ystroit Plus de Iroys chopines de vin. (Faire iloralisee. Ane. Th. fr., 1, 161.)

Les deniers qui en proviendront et istront. (1485, Don fait par Ch. VIII, Féli- bien, Hist. de Paris, III, 278.)

Feu aspre tjssoit de sa bouche allumée. . (Cl. Mab., Psalm., 18, p. 180, éd. 1544.) La manlvaise herbe, il fanll qu'elle périsse. Et la brebis malsain^, fault qu'elle ysss Hors des tronppeauli. (Id., Elég., XIX, D m, éd. 1538.)

Eissir fuers, en parlant des plantes, bourgeonner :

Le froit vint au mey mars ; et duret jusques a la S. Georges, tellement que les vignes et les arbres se tinrent dedant sans yssir fuers. (J. Acbrion, Journ., 1483, Larchey.)

Fig. :

Se ne m'en venge j'en coit des sens issir.

(Les Loh., ms. Berne 113, f" 20'.)

Li Saine font tant dolant du roy Caelem- qu'il ont perdu que u poi que iL n'isent de lor sens. (S. Graal, Vat. Chr. 1687, 125=.)

Si grant douleor en a a poi du sens a'iessi.

(Gaufreij, 6426, A. P.) A petit que du sens N'is quant je voy que renommée Cnert de moy, dont sni diffamée. i (Un Mir. de N.-D., comm. Ostes roy d'Esp. perdi ' sa terre. Th. fr. au m. à., p. 455.) .

; Echapper :

Tu istras et eschapperas de ce péril. (Froiss., Chron., 1. 4, c. 44, Buchon.)

Provenir, être produit : Moult en islra maie parole.

(floire et Blance/lor, i'' vers., 2730, du Méril,» Les damoiseles del caslel Maincnt gnnt joie et grant revel ; Ne mais qne bêle Persewis : De celi n'isl ne gins ne ris.

(Parlon., 10101, Crapelet.)

C'ainsi vonst cest monde establir

Qne tel chose en peust exir

Oni peast entendre e avoir

La noblesce de son pooir. (Gadt. oe Mes, Ym. du monde, œs. S. Brieuc, t" 3».)

Donnons... a nostre dit frère toutes icelles finances, admortissements et tous les proffiz qui en pourront issir desdiz ac- quez. (1379, Ord., vi, 432.)

EIS

EIS

EIS

19

Non que j'eusse opinion qu'il pust issir de moy chose qui meritast d'estre mise devant vos yeux. (Amyot, Œuv., epistre, éd. Vascosan, 1567.)

Eissir de, enfraindre : Ne feroie si grant folie.

Que de- vo cominandement issf, Ne jamais anui vos fesisse. (Ren. de Beaujeo, h Diaus Desconneus, 4928, Hlppeiu.)

Il s'emploie souvent au fig., comme sortir, pour dire être issu, descendre de :

Di li qae de lai doit oissir Uo oir malle, qui dait venir.

(S. Graal, 3091, Michel.) Tote la progenie ki issus en est et ancor issera. (1229, Cart. S. Yinc, Richel. 1. 10023, 33.)

Et tuit li hoir qui sunt eissu de son corp et eisteront encor. (1239, Ch. de Gaucher, sire de Nanteuil en Brie, Cartul. de S. liemy, Arch. mun. Reims.)

Et u'avoit nul her de luy yessant. (1332, Cart. de S. Taurin, lxv, .ïrch. Eure.)

Sanz hoirs exuz de li en mariage. (13il, hett. de Ph.de Val., Arch. JJ 72, 349 v".)

Et a ses hers yessant de lui. (19 nov. -1394, Ch. du garde du sceau de Cherbourg, S.-Laurent, Arch. Manche.)

Qui de noslre ligniee ystront.

(NativUéH.-S.. Jub., Myst., H, 2-2.) Si de toy yealx que frnictz odorans yssent Fuyr ne faolt la nnict tant désirée. (Cl.. Mar., Chants, Ch. nnpt. de Renée, p. 251. éd. iaU.)

Comment d'iceulx par lignes directes yssit Gargantua, père de Pantagruel. (Rab., Gargantua, 6 r», éd. lo42.)

Aucuns disent que de luy issil Hugues Capet. (Kauchet. Antiq. gaul., vol. Il, 1. II, ih. I, éd. 1611.)

Dépendre :

Et trestot l'aluet ki apent et lotes les droitures ki en issent. (1212, Cab. Du Kresne, Metz.)

Apres la mort a la famé 11 doeres re- vaudra ans plus prouchiens oirs a celui de qui héritage il oissi. {Coût, de Norm., ms. Sle-Gcn.^ 2, Marnier, p. 7.)

Réfl., sortir :

Et de ses croix fors s'en exit.

(Vie de S. Lég., ms. Clerm., st. 25.) Paieo d'Arabe des nefs se sunt eissut.

{Roi., 2810, Mûller.) hsons nos ent armé et fervesti.

(Les Loh., ms. Berne 113, f 22^J Ist s'en liasté et a desrei.

(Den., D. de Nom., Il, 761, Michel.) Lievc tost sus et si ('en eis. (G. de s. P.tiR. Mont S. Michel, 2610, Michel.) Des herberges s'en visent, n'i volent demorer. (Destr. de Rome, 1220, Kroeber.)

Lors s'en csent François des loges et des trez. (rirrahras, Vat. Chr. ICIG, W.) Devers l'autel s'encline, puis s'en isl erranment. {Berle, 2631, Scbeler.) Tantost se oisse hors. (Voy. de Marc Pal, '-■. cxvli, Houx.)

Se dessaisir :

Desques coses vendues devant dites je iii'en sui issus, dessaisis et desvestus en le

main mon seigneur l'abbé. (1283, Cart. noir de Corb., Richel. I. 17758, 185 r».)

Acl., sortir de :

11 yssy voluutairement la cité. (FosSK- TiER, Chron. Marg., ms. Brux. 10511, VI,

IV.)

Fig., passer, dépasser :

En quoy faisant, je ne puis encourir a deshonneur, puis qu'il m'en a baillié la licence, mais que je ne ysse les termes de la promesse que j'ay faicte. (Louis XI, Nouv., c, Jacob.)

Infinitif pris substantivement, sortie :

Soie ert Bapaumes et Artois aulresi. Et li treus des entrer», des issirs.

(Les Loh., Richel. 4988, C 182 r».) Tuit li marchant aient sauf et leur eis- sir d'Engleterre et venir en Engleterre. {Gr. charte de Jean s. terre, Cart. de Pont- Audemer, 83 v», Bibl. Rouen.)

A vo issir feres .xii. eskievins a vo poùir pour le mius ke vous sares pour le vile warder, et cil .xll. feront .xil. autres a leur issir sous leur sierement. (Bans d'Hénin- Lîc'terd, Serment des échevins, §3,Tailliar.)

Eissant, part, prés., sortant :

Le premier hnis de tontes fleurs vermeilles

Estoit coostruict et de boulons yssans.

(Cl. Marot, Temple de Cup., C 11 v°, éd. 1538.)

Locut., aoust issant, de la sortie d'août :

A la feste Noslre Dame awast yssant. (1284, Hist. de Metz, m, 230.)

Cis escris fuit fais le mardi devant feste nostre dame awost yssant. (Août 1317, Celestins, Maison, 1* 1., Arch. Mes.)

Eissit, part.. passé, sorti :

Par poi qu'il n'est del sen eissia.

(Ben., D. de Norm., I, 1798, Michel.) Berbiz tondues Ki del lavoir sunt eischues. (fiant, des canl., ms. du Mans 173, 72 v».)

Crie, a poi n'est del sen esue.

(Tristan, II, 632, Michel.)

S. m., descendant :

Sans ce que ledit Henry ne nul des exus des devant diz monsour Rolland de Quoet- bual le jeune et Henry de Quoetbual, qui sont essus et qui pouroient nasquir, en puissent faire demande audit vicomte. (i315. Sentence, Morice, Pr. de l'H. de Bret., I, 1259.)

Issir se disait encore au milieu du xvii= s. :

Issir, oriri. (Duez, Compmd. gramm. gall., p. 80, éd. 1663.)

Furetière l'enregistre avec cette re- marque : « Vieux mot qui signifloit au- trefois sortir, qui n'est plus en usage. »

EissuE, essue, esue, esseue, exue, iessue, oissue, issue, isue, uxuwe, ensuwe, s. f., sortie, lieu par l'on sort :

E si'n ont fait une devise

E rais en un enbuscbement

Al esseue toi sagement.

(Be.n., d. de Xorm., II, 41338, Michel.)

Parmi la forest s'achemine,

Trestotejor d'errer ne fine

Tant qu'il est venu a l'oissae.

{Renaît, 23633, Méon.)

Tant qu'il a trové un marois A l'oissue doB bois ramé.

(W., Î5920.)

A Vesue de Persie. [Voy. de Marc Poi, c. xxxiii. Roux.)

A chascune essue de la dite ville. (Ch. de 1339, Prieuré de Bonue-Nouv., Arch. Loi- ret, H.)

Action de sortir, sortie :

Les contrées seront troblees et douteront por tes signes, a la fin du mont : la leu.: oissue sera du matin. (Psaut., Maz. 258, fo 74 V».}

Ne souffri mie que Pharaon leur fist mal a Voissue d'Egipte. (Ib., 126 v".) Dieus garde et t'enlree et Voissue.

{Psaut., ms. Berne 697, f 42 r".) Le secont an après s'oissue fu Aaron establiz le premiers prestres des Ebreus. (Chron. de Fr., ms. Berne 390, 9'.) Florence fu lors si gardée. Que Vessue en fu deveee A celz qui par deiiens esloieut. (GoDEFROT Paris, Chron., 4233, Buchon.)

Au troiziesme mois après Vissue de Israël de la terre d'Egypte. (Le Fevrk d'Est., Bible, Ex., xix, éd. 1334.)

Fin :

As ensuwe de mardi. (Mars 1332, Dorp., abb. de Heiglissem, Arch. du roy. de Belg.)

Congé :

Et en prenant issue demanda au roy si c'estoit pas ce qu'il luy avoit enchargé. (Juv. DES Uhs., Hist. de Charles VI, 1382, Michaud.)

Rentes ;

Ne pregne de la terre de l'eir fors rei- gnables eissues. (Gr. Charte de Jean sans terre, Cart. de Pont-Audemer, 81 v», Bibl. Rouen.)

Et se tant n'en i avoit (de vendange) d'asi boen, et ce doit fraier lou droit de toutes les uxuwes, et la vuudange de ceste vigne doit il mètre au chakeur. (1244, Cart. de S. Vinc. de Metz, Richel. 1. 10023, f" 91 r".)

Les entrées et les isues del vendage. {Ch. de mai 1230, S. Aubert, Arch. Nord.)

E les rentes et les esues e les aparte- nances. (Ch. de 1238, S. Aubin d'Ang., Cab. Grille, Arch. Maine-et-Loire.)

0 totes les esues e les rentes e les apar- tenances e toutes les choses que il avoient e poeient avoir outre Leire. (Avril 1238 ou 1239. Beaugé. Rev. de l'Anjou, t. II, part., p. 204.)

De moitiés de toutes les rentes, des profiz et des eissues de toute la conté de Bologne. (1261, Arch. J 1124, pièce 2.)

La moitié de toutes les rentes et des profiz et des essties. (Accord, Boulogne, 1263, Arch. J 1123,3.)

Et ce lor doit lou disme de toutes les uxuwes des frus de ceu kil au vanderont. (1263, Cart. de S. Vinc, Richel. 1. 10023, 118 y.)

An rantes, en isues. (1263, Cart. de Cliamp., Richel. 1. 5993, f 209^)

H doit avar son rai et ses exues par toz nos bois. (1276, Charmes, 2, Arch. Meurthe.)

Et prendront les fruiz et les essues de nos terres et de nos reules. (1276, Richel. Coll. Bl.-Mant., 73», 244 r°.)

2a

EJE

Tonz les fruiz et les essues. (1284. la Couture, Arch. Sarlhe.)

Envoiies lui quanques niestiers 11 est ; au moins les issues de son patrimoine I {Chron. de Rains, c. xx, L. Paris.)

Les fruiz, les levées et les iessnes du pré et du jardin. (Fév. 1304, Ch. du vie. de Caen, La Trinité, Arcb. Calvados.)

Tous les fruiz. prouffiz et essues de la dite metaerie. (1314, Vieux Bellesme, Arch. Orne.)

Les fruiz et les exues et les eraolumens d'icellui four. (4 fév. 1323, Cart. du S. Es- prit de Gray, 30, Arcli. Gray.)

Extrémités et entrailles de quelques animaux :

Pour iceulx pourceaux langoier, tuer, faller, appareiller, et pour le salaire des Irippieres qui ont appareillé et lavé les essues et fait les boudins, 4 1. (1389, Compl. de l'hôt. des B. de Fr., p. 258, Douet d'Arcq.)

La langue moderne a conservé quelques significations de ce mot sons la forme issue.

BISTRE, islre, yslre, v. n., sortir :

La mere mot ne savoit Qai entendoil sa teille a teislre, N'avoit pas veu sa fille eistre De sa meson dont ert eissne. (J. Le March., Mir. de S.-D., ms. Chartres, W.)

Toutesvoies en (des .ix. eielx ou espères et lumières) faut il istre tous aucune foiz. (J. DE Salisb., Policrat.. Richel. 24287, h 83^)

Jamais n'eassent (certain en soya) Pensé de luy bailler ce lillre Dnqnel ne peult que bon loz yslre. (Epist. à Slarol. à Sagon, el à la lliielerie , dans les Œuvres de llarol, éd. ITSl, t. VI, p. 139.)

EISTREINDRE, VOlr ESTREINDHB.

EITRE, voir AlTRE.

EivE, voir AiGUE.

EIWALITEIT, voir IVEI.TÈ.

EiWALMENT, eiwament, voir Ivelment.

EJAMDER, voir ESJAMBER.

EJECT, part, passé, rejeté, repoussé :

Si tiel tenant pcr le custome payant ses jîervices soit eject par le seigaior, que il .ivera action de trépasse vers luy. (LlTTL., Instit., 77, Houard.)

EJECTEMENT, S. m., dépossesslonj en termes de coutumes, on appelait brève de ejeclemenl un bref de rejeltement de réclusion :

L'on d ux teignont le gard des terres, ou lenements, durant le non âge d'un enfant, si l'un oustn l'autre de son possession, il que est ousté avcra brève de ejeclement de gard de la moitié. (Tenur de Lillel., 73 1°, ap. Ste-Pal.)

EJECTER, egipter, verbe.

Act., chasser :

Membres perclas de leur lien ejeelet. iMarcial, Louanges de Marie, 99 r", éii. 1-49Î.)

Réfl., s'élancer :

EL

Le saillir est dit de l'elevacion que fait

de soy la personne en saillant ou par loing I

soy egipter. {Chron. et liisl. saint, el prof., ^

Ars. 351o, 23 v».) '

EJECTION, s. f., action de chasser :

De le seconde éjection des acatansct des vendans el temple. (Bit. hist., Maz. 533, lll^)

Laquelle chose cogneue par Sarra elle requist Abraham de le geter hors. Apres ceste éjection, Hismael devint homme sau- vaige. (La Mer des hystoir., t. I, f" 127'", éd. 1488.)

Ejection des meubles, ordre porté par le parlement de Metz en 1334, de vider une maison, ou d'en sortir, sous peine de voir ses meubles jetés dehors.

Ejection appartient à la langue moderne dans le sens particulier de déjection.

EJouiR, voir EsjoiR.

EJOUISSANCE, voir ESJOISSANCE.

EJUNCTiON, s. f., terme de coûtâmes :

Que par stil, une cause principale qui seroit intentée pour fons d'héritage d'entre le prétendant droict en iceluy, et l'occu- peur, et possesseur, doit surceoir, durant la cause d'ejunction et évocation de garand. {Coût, de Tourn., Nouv. Cout. géu., t. II, p. 935.)

EJUNER, VOir.ESJEUNER.

1. EL, eil, al, aul, au, eu, adj., autre :

Cnm al avogle fist \'au jnr. (Est. de S. Aedw. le rei. 2819, Lnard.)

E s'eo vent cum fist l'au jnr.

(/*., 2868.)

Neutralement, autre chose :

Si Tunt ferir, qae fereient il el f

(Roi., 118S, Mûller.) Ferei, païen, pur el venod n'i estes.

(/*., 3397.) Si's nnt laissiei : qn'en fereient il el f (/*., 2961.)

E tôt por Ini, onqnes nient por el.

(.ilexis, st. 49°. xi= s.. G. Paris.)

Mais je désir plus l'nn que Val, Por çou me fait mes cuers prant mal. ^Ben., Troies, Richel. 375, 102'.)

Ke vos i sai et aconter.

(1d., ». de Norm., II, 5107, Michel.)

Sire, dit Carlemaigne, [ne] serat ja mais el f

(Voij. de Charlentigne, 396, Koschwilz.) Tox jorz ai guerroie, que onqnes ne fis al; Longnement ai chose, mes ne por avoir al Qae ci trais .i. geot plus dnre que métal.

(J. BoD., Sax.y CLvni, Michel.) Qnant il voit qu'il n'i fera al Toarne le chief de son cheval.

(Rom. de Tiebes, Richel. 60, t" 7^.) Li nns dist nn, li autres eil.

(Florimoni, Richel. 792, 8*.) S'a plaisir vos venoit, si parlerions à'el,

(Gui de Bourg., 1631, A. P.)

Qnant je fui en vos las Et je gisoie entre vos bras Dolans n'i Telles al.

(Chans., ms. Montp. H 196, (' 4S y°.)

Toat el ai empensé. (Clumt. dWnlioclie, iv, t. 1138. P. Pari».)

EL

Garde qu'il n'ait ne d'nn ne i'el Besoig. (Vie de S. Aleii, 478, Rom. VIII, p. 178.) Il dient an et pensent el Li traîtres felou mortel.

(Rose. Richel. 1.Ï73, f" 21'.)

Menti m'en ont, il n'i a el.

(Dolop.. 4177, Bibl. elr) N'ai pas ancor .i. mois, vos parlâtes tôt i'aut. (.Floov., 656, A. P.) Dame, ce dit Richiers, il ne ponst or aul estre. (Ib., 901.) Desoz .1. arbre ala prendre Son hostel, qnant n'en pot dut faire. (Pean Gatinead, rie de S. Marlin, p. 104, Bourrasse.)

Mes failli aveit de sna espeir, Kar le seignur tut el pensa. ((7n Chival. e sa dame, ms. Cambr., Corpus 50, r 93''.)

Quant li bourgois virent que li evesques ne lor en feroit el, si le misent fors de le vile. (Chron. de Rains, c. xvi, L. Parie.)

CierteSj dist 11 rois, pour el ne Bui jou venus chi. (Ib., c. xxili.)

Li asniers une chose pensse. Et li asnes pensse tout el. {De la Borgoise d'Orliens, 104, Héon, Fabliau.T, III, 164.)

Atant s'en tat et A'el parla,

(Couci, 4145, Crapelot.) Car mes caers et me» désirs tons Ne pense a et ne jonr ne nuit. Ne ne tent a antre déduit.

(Ib., 3076.)

E Bertran li respont n'atendre al.

(Ger. de Rossill., p. 383, Michel.)

Il peut aussi être suivi de que, comme autre :

N'i atendam eil qae la mort.

(Brui, ms. Munich, 1016, Vollm.) Puis redemande se esleit Avenu rien el que soleit. (G. DE S. Pair, M. S. Micliel, 2839, Michel.) Bien set se uns d'ens le tenoit, Que il li donroit el que pain.

(Renan, 5530, Méon.)

Un elel, une chose et une autre, tout:

N'i voldreot rien leissier, un et el enporterent. (Garnier, Vie de S. Thom., Richel. 13513, 94 r".)

Tant alerent parlant andni D'uns et d'autres, et d'un et d'el. Qu'il sont venu a lor oslel.

(Gauvain, 3654, Hippeaa.)

La ot main riche garnement. Maint drap de soie et de cendel. Assez i ot et d'un el d'el. Or et argent, et .lutre avoir.

(Dolop., 2777, Bibl. eli.)

Jal fnt la neiT apareillie ; Li sergent l'orent jai chargie Et de tables, et d'un el d'el. Et de cea ke fat a l'ostel.

(Ib.. 10941.) D'un el d'el tout ades pensa.

{Couci, 4934, Crapelet.)

Ne un ne el, ni une chose ni l'autre, rien :

Ja mar dires ne un ne el.

(Renan, Richel. 371, 130.)

Adv., autrement :

ELA

ELA

ELE

Mesire Thiebaus le vit bien, et molt en lu dolan?, mais ci n'en pot faire. (Comtesse de Ponlhieu, Nouv. fr. du xiii' s., p. 177.)

Mere, je D'en puis et faire : Nicolete est de boin airo ; Ses gPQS cors el son viaire. Sa biaotes le cuer m'esclaire.

(Auc. el A'ic, p. 5, Suchier.)

Dans un autre lieu : Puis el demain el soi galiz.

(S. Brandan, 1360, Michel.)

2. EL, voir Le.

ELABORBMENT, S. m., Objet travaillé, ouvré :

Qui conduisoit devant soi un char em- belli de toute manière de singularités d'antiques feuillages, molures et riches elaboremeiis. (Xûguier, Hist. Tolos., p. 17, éd. 1S36.)

EL.ACION, - tion, eUacion, elaction, s. t. action d'élever, de s'élever, de soulever ;

Par tel seigaear soDt en elaclion.

(EisT. Desch., Poh., II, 155. A. T.) Par la grand fonlle esmeiie Des combaiaos qui font en plein joor soardre Obscnrilé i'elalion de ponldre. (La BoRDERiE, Voy. de Constanlinople, p. '2i, Lyon l5i-2.)

Augmentation :

Mais après par ellaeton Et par mnlliplicacion De deniers vindrent frainz dorez. (Le Chape! des trois fleurs de lis. ms. Berne -217, f" 76".)

Au sens mor., exaltation desol-mème, gonflement de vanité, enorgueillissement, orgueil :

Par tant ke il vit l'omme de si grande vertut, si désenflât envers lui celé crueile pense del orguelh de sa elation. (Dial. SI Greg., p. 120, Foerster.) Lat. : Erga illum illa mens eliera ab elationis fastu detumuit.

Mais tant voi en plusenr envie, elation, Qn'il ne tiennent de l'ordre fors l'abit et le non. (ROTEB., de la Vie doit monde, I, 238, Jnb.) Et met haraililé en lieu A'elacion. (Des -y. joies JV.-O., Richel. 23111, f 327".)

Eschive orguel et elaction. (Guide spirit., ms. Angers 233, 17''.)

Quant li dyables lou tamptoit d'eiaifOft il couroit a ces piciiieis. (Homélie, xiv s., ms. Metz 264, p. 39'.)

Aussi est a fuir abjection et sote humi- lité comme elacion d'orgueil desmesuré. (J. DE S.\LISB., Policratiqûe, Richel. 24287, f 107».)

Concorde se acquiert plus en humilité que en sa propre exnltacion ou elacion. (Intern. Consol., II, lviii, Bibl. elz.)

Je ne vueil point la consolacion laquelle oste de moy componction, ne je ne désire pasconteœplacion de laquelle vient etado» (16., I, 10.)

En elacion'de cuer. (G. de Ch.^stell., Chron. des D. de Bourg., II, 19, Buohon.)

Toute elation de soy mesmes est une manière d'orgueil. (Guy Juvenal, laReigle monseigneur sainct Benoisl, f" 23 v».)

NuUi'ment ne se fuult eslever par etof/on. (Le Repos de conscience, c. m, Jeh. Treppe- rel.)

Pnis l'aj cnidé mettre en la loire

H^elacion et vaine gloire. (Greb.an, Mi.sl. de la pass., 10691, G. Paris.)

Ypocrisie, discorde, oullrecaidance,

Elation et inobedience

Se mettent sas avec déception. (Gringobe, Folles Enirepr., p. 16, Bibl. elz.) Mais depuis il entra en telle elation si orgueilleuse et fist tant d'iusolences que... (Triumph. de Pelrarq., 126 r», éd. 1531.)

Exhalaison :

Aussi, par l'attraccion du deable, orgueil qui est mauvaise planette a eslevé tant de fumées et d'elacions corrompues au royaume de France, que... (Uod. et Rac, ms., 319 V", ap. Ste-Pal.)

ELACTION, voir Elacion.

ELAiSE, S. {., terme de serrurerie : Pour deux elaises aus deux bous par manière de guichet qui remplissent l'entre- deux. (1417, Arch. hospit. de Paris, II, p. 153, Bordier.)

ELAISIER, voir ESLAISIER.

ELAisoY, S. m., polissoir :

Se retira en France ou il apporta ce vieil livre françoys, pensant que par le lire et relire souvent il apprendroit plutost la langue du pais ou il deliberoit vivre et mourir et parce qu'il y avait desja mis grand peine, et qu'il n'y pouvoit rien com- prendre, ny entendre, pour estre le parler de ce ciecle heureux passé par Velaisoy et polisseure des langues plus disertes et retirées du brusqencien me pria que le voulsisse lire. (D. Flores de Grèce, p. 4, ap. Ste-Pal.)

ELAISSIER, voir EsLAISIER.

ELASii, interj., malheureux que je suis I Et bien s'em puent si ami Désormais clamer : Elami. (W.4TRIQ0ET, /( Dis du Connestùble, 305, Scheler.)

BLANCHE, voir ElENCHE.

ELANGOURIR, VOir ESLANGOURIR.

ELANGUÉ, voir ESLANGUÉ.

ELANGUIR, voir ESLANGUIR.

ELAPSER, verbe.

Réfl., s'échapper :

Je me elapse, I scape or slyppe thorowe a narowe place. Quelle vermine est ce que de ce regnart que s'est elupsé par ce petit trou. (Palsgrave, Esclairc, p. 699,Génin.)

Qui eust jamays pencé quil se fust elapsé hors de ce petit trou ? (Id., ib., p. 721.)

Neutr., s'écouler :

Si exploitèrent tant en celui edifPice que avant qu'il fust long temps elapsé ourent sur icelle roche une ville bastie. (CoURCï, Hist de Grèce, Ars. 3689, 102''.)

Avant que le temps fust gaires elapsé lui convint il du siècle partir. (Id., ib., f" 107''.)

Elapsé, part, passé, échappé, écoulé : Quelque temps elapsé après l'edict pu- blié de reparer le temple. (Carion, Chron., 79 r», éd. 1548.)

ELARGATioN, S. f., élargissement : Si est inscisions ou apertions d'extre-

mitez ou elargations des porres d'iceles.

(Brun pe Long Borc, Cyriirgie, ms. de

Salis, f 22'».)

ELARMER, VOir ESL ARMER. ELASCHEMENT, VOir ESLACHEMENT. ELASCHIR, voir ESLACHIR.

ELAT, adj., orgueilleux :

Tu seras en tes moeurs et beaux exemples comme déifié des hommes, entreteneur de ton throne, non dissipeur, non elat, ne enflery en ton exaltation. (G. Chastellain, Advertissement au duc ChoD-les, vu, 316, Kervyn.)

ELATURE, S. f., élévatiou, hauteur :

Thirrus alors durant celle advenlure Fendoit un chesne de moult grande elature. (0. DE S. Gel., Eneid., Richel. 801. 73'.)

EL.WAssE, voir Eslavasse. ELAVER, voir Eslaver.

ELAYER, voir ALOIEH. ELBRIGIER, VOir HERBERGIER.

ELE, voir Elle. ELEc, voir Iluec.

ELECToiRE, S. ui., nom de plante; M. Adolphe Brongniart pense que c'est Vactea ou l'ellébore noire (vulg. rose de Noël, parce qu'elle fleurit h cette époque) qui a la fleur blanche et croit dans le midi de l'Europe, ou plutôt Vaclea spicata, plus commune dans tonte l'Europe, dési- gnée quelquefois sons le nom d'ellébore noire :

La racine d'electoire de canarade (c'est Velectoire qui fait fleur de couleurblanche.) iMénagier, II, 3, Biblioph. franc.) Impr., de Vectoire, ectoire.

Prenez la racine de l'herbe d'electoire qui fait fleur de couleur d'azur. (Ib., S.)

ELECTRE, eleutre, s. m., composition de plusieurs métaux :

Un autre grant vaissel d'eleutre. (Chron. de S.-Den., ms. Ste-Gen., f 20P.)

L'en traist hors de leurs lieux les trois vaisseaux d'eleutre, en quoy le glorieux martir monsieur saint Denys et ses com- paignons reposoient. (Grand. Chron. de Fr., Bon roy Phelippe, I, xvii, P. Paris.)

Fu Irait le précieux corps monseigneur saint Denys, hors de la ou il repose en- clos et enseellé en riches vaisseaux d'eieuire. [Ib-, II, 6.)

Jupiter... a color de electre et de cler laton. (Introd. d'astron., Richel. 1353, f 35».)

Sans elle (l'herbe dite Pantagrueliou) seroient les cuisines infâmes..., quoy que y feust en abondance or, argent, electre, ivoyre et porphyre. (Rabel.,iii,61,1'°164v'>, éd. 1532.)

D'un bracelet i'eleclre a la façon jolie.

(S,-Am.4nt, Moijse sauvé, xu, Bibl. elz.)

Voir VEleclrun des anciens était-il de l'émail ? Dissertation sous forme de ré- ponse à M. Jules Labarte, par Ferdinand de Lasteyrie. Paris, Didot, in-S".

ELECTRiN, adj., de l'électre :

Nez en tens, faiz de sei mostrance A electrine resemblance. (Ben., d. de mrm.. II, 21023, Michel.)

22

ELE

ELE

ELI

s. m., composition de plusieurs mé- taux :

En SitUie... croist une manière de métal nommé electrin, et croy que c'est quelque manière de cuivre ou ce que nous appe- lons charlemaigne dont les fondeurs de laiton usent a donner couleur a leur ou- vrage. [Chron. et hisl. saint, et prof., Ars. 3blo. 86 v°.)

ELEESSÉ, adj., terme de blason, comme alezé; la croix eleessée est celle dont les quatre extrémités ne touchent pas le bord de l'écu :

Le seigneur de Manny, [portoit] de sable a une croix d'argent eleessée. {Petit Jelian de Saintré, ch. lviii, éd. 1539.)

Le conte de Liste portoyt de gueuUes a la croix e/eessee et plommeè. (76., ch. LViii.)

Cf. EsLAisiER, élargir.

ELEESSIER, VOir ESLEECIER. ELEFANTIE, VOir ELEPHANTIE.

ELEGiT, S. m., sorte de tenare ; tenir par elegit, c'était probablement, dit Sainte- Palaye, tenir un héritage d'un seigneur, et le relever par droits et devoirs de con- vention autres que ceux que prescrivait la coutume ;

Plus sera dit de tenant en common en le chapter de releases, et tenant par elegit et confirmations. (Tenur. de Liillet., i" 73 v», ap. Ste-l'al.)

Tenaunt per elegit, tenaunt per statute marchant, ou teuauut per statute d'Ie Stapl'. {Ib., (' 157 r».)

ELEIS, voir ËSLÀIS. ELEISSIER, voir ESLÂISSIEK. ELEMENT, S. Ul., fOFCe :

EM'ent adunet lo saoa elemenl. {Canlil. de SIe Eiilalie, iS, Meyer. Rec, p. 191.)

ELEMENTABLE, adj., élémentaire : De nesune elemenlable matière. (Le roi René. Morlifiement de vaine plaisance, OEuv., t. IV, p. 3, Quatrebarbes.)

ELEMENTATiF, adj., élémentaire :

Soubz uoe essence primiiive,

Laquelle est Vflemeiilalive. (,1eh. de Meu.nc, les Rcmonsir. de Nal., 35", Méon.)

ELEMENTÉ, elleitienlé, adj., qui appar- tient à l'élément, qui constitue l'élément;

Il est toiU vray et sans mentir. Se sans vérité divertir. Que toute chose elementee Est d'elemens alimentée. (Jeh. de Melnc, Resp. de V Alchymiste à liai.. Toi, Méon.)

La chose elementee est nourrie de l'élé- ment souverain. (Cftron, et hist. saint, et prof., .'Vrs. 3515, 177 r».)

Choses elementees. (P. Ferget, Mirouer de la vie hum., 120 v», éd. 1482.)

Touttes choses créez de Dieu soubz le globe lunaire sont ou ellementees seulle- ment, coine pierres précieuses et aultres avec tous metaulz, ou sont ellementees et vegetables comme herbes, arbres, et touttes manières de plantes, ou sont elementees, vegetables et sensitives, come sont touttes

bestes , oiseaulz , poissons, reptiles se mouvant de lieu a aultre, ou sont elemen- tees, vegetables, sensitives et racionelles, come sont les hommes lesquelz ont en eulz touttes les quatre propriétés dessus dictes. (Du GuEZ, An Inlrod. for to lerne ta speke french trewly, à la suite de Pals- grave, éd. Génin, p. 1053.)

Toutes les choses qui sont corporelles en ce monde, sont elementees pour l'utilité des corps, ou composées des éléments. (Ant. du Moulin, de la quinte Essence, p. )4, éd. 1581.)

ELEMENTEL, adj., qui appartient à l'élément, qui constitue l'élément :

Est terre corporel, elementel. (Evast et Blag., Richel. 24402, 97 r».)

ELEMENTiQUE. adj., de l'élément : Ce royaume etemeniigiie (la mer). (OcT. DE s. Gel., Sej. d'honn., f 34 r'.éd. 1526.)

ELEMOSiNACioN, S. t., auniônc : Approuvons le devant dite concession et elemosinacion. {Ch. de 1266, Clerm., Ri- chel. 4663, 98 V».)

ELEMOsiN.AYRK, s. 111., aumôuier : L'abey de Tornoel, elemosinayre dou pape. (1418, Arch. Fribourg, Comptes des tréso- riers, n» 31.)

ELENCHE, elanche, s. m., preuve, argu- ment :

tVepourquant nuls n'i sel respondre, Tant sache haut se leste loadre. Voire rere au rasoir de eleiiches Qui baral tranche en .xiu. branches.

(Rose, Val. OU. 1-212, f" SI' . ; Au rasoir i'elanches.

(Ib., Chr. 1322. Ti".) Au rasoir A'elenches.

(Ib.. Val. Chr. 1858, f 93''.) .... Au rasoir de elanches.

{Ib., Itichel. 1573. f»93''.) Je songe festes et dimenches Pour lirre aucunes fois elenchei. Pour menchonges emmanteler Et faire les voirs ressambler. (Deguilleville, /"f/e/in., ap. Duc, Elenchus.^ Dedens soyes misericors Ouelconque tu sois par dehors Et fallace de elenches faire Feui bien ycy sans toy meffaire.

(Id., ib., f T, irapr. Instit.) Qui est un droict paralogisme et elenche sophistique. (Boom, Oemoii., 243 v.)

Commentaire :

Par ses elenches Jastinien Mange les labeurs de Galien. (Adages français, xvi" siècle, ap. Leroux de Lincy, Prov.)

ELEPHANCE, S. f., elephautiasls, lèpre du moyen âge :

Les fueilles du blanc pavot pilees et beues avec du vin guérissent une maladie appellee elephance. {Platine de honneste Vo- lupté, i- 30 r°, éd. 1528.)

Cf. ELEPHANTIE. ELEPHANGUE, adj. ?

Et de sçavoir les médicaments qui pro- viennent des animaux..., de discerner les sophistiques; de cognoistre les elephangues et aromatiques. (1576, Règlem. pour l'obten- tion de la maîtrise dans l'état d'apothicaire, ap. Aug. Thierry, Doc. pour servir d l'hist. du tiers état, li, 839.)

ELEPHANTIE,- faillie, S. f., elephau- tiasis ;

Ge conu... Antoine lo noble baron ki di- soit lo serjant son père estre ferut del mal d'elefantie. (Dial. SI Greg., p. 93, Foerster.)

Geste elephantie, lèpre ou ladrerie, n'est qu'une véhémence de galle. (Amyot, ÛEuu. meslees de Plutarque, l" 182 v», éd. 1574.)

Contre elephantie et alopecia, cirop di- gestif, précédant la médecine luxatine. (Arnoul de Ville-Nove, le Trésor des pauvres, f" 101 r", éd. 1581.)

ELEPHANTIE, adj ., éléphantlque, affecté d'éléphantiasis :

Il n'y a rien de meilleur pour les ele- phantiez que le jus d'uue jeune poule, encoresqu'ellen'ait esté nourrie de vipère.*, (G. Bouchet, Serees, xxxvi, f 255 r», éd. 1608.)

ELESCE, s. f., élan; a elesee, à toutes jambes ;

Moult isnelement se leva

Tautôut que riens ne la greva

>e ue retarda point d'eslece.

Au provoire vint a elesee

0 foi e 0 devocion. (J. Le Marchim, Mir., ms. Chartres, r> S0=.) Cf. ESLAls. ELESEMENT, VOir ESLAISEMENT.

ELETE, - elle, voir Ailete.

BLEUTRE, voir ELECTRE. ELEVAXCE, voir ESLEV.\NCE. ELEVASSE, voir ESLAVASSE. ELEVE, voir ESLEVE. ELEVEURE, VOir ESLEVEURE. ELEz, voir EsLAIS. ELGAL, voir IVEL.

ELicER, V. a., tirer :

Estant extraicte la quinte essence, par la quelle la vertu de la terre est elicee ou tirée. {Ciel des philos., c. 9, éd. 1547.)

Cf. ESLAISIER.

ELIDER, voir ESLOIDER.

ELIEVEMENT, VOlr ESLEVEMENT.

EUGEMENT, VOir ESLIGEMEM.

1. ELIGIER, voir ESLIGIER.

2 ELIGIER, voir ESLEGIER.

ELiGiTÉ, S. f., ténuité: Li fens a plus eligilé En la plus hante extrémité. Et plus est legiers et mourables. Plus soulils, plus resplendissables En sa plus basse extrémité.

(Fables d'Ov., Ars. 3069, 236'.)

ELINGUE, voir ESLINGUE.

ELISABLE, voir ESLISABLK.

ELISER, voir ESLISEB.

BLisERESSE, S. f., ouvrière qui ten- dait l'étoffe :

Esboueresses, eliseresses, tonderesses, pigneresses. (1270, Reg. aux bon», Arch. S.-Omer, AB xvill, 16, 90.)

ELM

ELS

EMA

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ELiSEun, voir Esliseok.

ELIZER, voir ESLISER.

ELLACioN, voir Elacion

ELLAVASSE, ^0i^ ESLAVASSE.

ELLE, ele, s. !; forme à'aile, pour dési- i;ner des rideaux dont on parait les côtés lie l'autel :

Une paire d'elles pour les solennez dou- bles, cascun de deux draps coppez par barres de lonc, a oysiaux ouvres de soye. (1371, Invent, de Cambray, ap. Duc.)

Flanc d'un navire :

Cele fealére) ou l'amiraul est, costoie De tel air an trespasser Qn'ele ea esmie et fait qnasser Dn lonc de l'an costé les fîfs.

(Gl'iart, Roy. lign., 19211, W. et D.)

Limite d'un pays : Lors n'avoies tn nale gnerre Es eles d'environ la terre

N'antre partie. ({7b Dilé de verilé, lab.. Noue. Rec. II, 86.)

ELLEBORE, adj., mêlé d'ellébore : Einz k'il venist a cnrt deslrempa uns herbez, Li venims fu moalt fort. Il vins elleioret. (Th. de Kent, Ceste d'Alis., Richel. 24364,

79 v°.)

BLLEBRATTE, VOir AlABASTRE. ELLEC, voir ILUEC.

ELLEECEMENT, VOir ESLEECEMENT. ELLEESCIER, VOir ESLEECIER. ELLEMENTÉ, VOir ELEMENTÉ. ELLESSIER, VOlr ESLAISSIER. ELLETER, VOir ESLECTER.

ELLEUPER, V. a., duper, tromper :

Si serions nons tost elleupes. Par cen devon nons esloîgoes.

{Clef d'amour, p. 8i, Tross.)

ELLEUT, voir ESLEU.

ELLEVEMENT, Voir ESLEVEMENT.

ELLEVER, voir ESLEVER.

ELLIERE, voir HOLIER.

1. ELLiGiER, V. a., diminuer l'épaisseur d'une pièce de bois, élégir :

La planche Iraient de btier, Des dons parz la font elliffier. Si feront en croiz cheviilier.

(Pass. D. N., ms. S.-Brienc, 5**.)

2. ELLIGIER, voir ESLIGIER. ELLINDER, VOir ESLIDER. ELLISSEMENT, Vûlr ESLISBMENT. ELLIT, voir ESLIT. ELLONGIER, VOir ESLONGIER.

ELME, esme, s. m., mesure équivalant à un muid :

A Henritdu Fosseiz,eschevin de Luscen- boureh 32 elmes de vin de Trievres, ['esme, 60 sols. Se sont .iili»»xvi. libvres, dont ij at lettres dou prevost et dou cellerier, 1=

queil 32 elmes font au meu de Lonvoy, 40 meus. (1318, Prév. de Longtvy, Arch. Meuse B 1847, 5 v.)

ELMET, voir Heaumet.

ELNOL, voir Arnol.

ELoc, voir Iluec.

ELOCHER, voir ESLOCHIER.

ELOCHEUR, voir Eslocheur. ELOEC, voir Iluec.

ELOGNE, voir ESLOIGNE. ELOIGNANCE, VOIF ESLOIGNANCE. ELOIRE, voir ESLOIDE. ELOISE, voir ESLOIDE. ELONGATION, VOir ESLONGACION. ELONGIER, voir ESLONGIER. ELONGIR, voir ESLONGIR.

ELOPiEjj, S. m., sorte de serpent : Elopien. A kind of barmelesse serpeut.

(COTGR.)

ELOQUENCE, S. t., volx, parole :

De fait il devint plus fort et plus puis- sant de corps qu'il n'avoit oncques esté, et ce procedoil de jeunesse qui desiroit a soy former et a issir d'enfance tant qu'il se haulsa moult fort en peu de temps, et' son éloquence luy devint grosse et dure, et son visage fut couvert de barbe. {Percefo- rest, vol. 111, ch. 36, éd. 1S28.)

Terme liturgique ;

Et depuis dispensa et divisa les élo- quences et les degrés de l'église. (FossB- TIER, Chron. Marg., ms. Brux., I, 97 r».)

ÉLOQL'iNÉ, adj., qui parle facilement, éloquemment :

Elogutnee fu e sage

Pins ke pncele de snn âge.

(S. Edward le con/'., U67, Luard.)

ELORES, adv., sur l'heure, sur-le- champ :

Deus fist toutes choses qui estre dévoient a .1. fois, et toutes les fist eusemble, car il est escrip que il fist elores toutes choses qui estoient avenir, mes il les devisa puis de diverses samblances. (Sî/drac, Ars. 2320, I xci.)

ELOUCHÉ, adj., qui louche :

Volant Phœbns ja vieil elouché comme bide. (G. BouNiN. Satyre au roy, 27 r», éd. 1586.)

ELOUCHER, voir ESLOCHIER.

ELOURDER, VOlr ESLOURDER.

ELOURDIR, voir ESLOURDIR.

ELOURDISSEMENT, VOlr ESLOURDISSE- MENT.

ELS, voir Le.

ELSCHOUWE, S. f., nom populaire de l'ortie de mer ;

Les esponges et les urties de mer, que nos gens appellent elschoutve. (J. G. P., Occult. merc. de Nal., p. Bl, éd. 1567.)

ELUEc, voir Iluec. ELUEQUES, voir Ilueqces. ELUic, voir Iluec.

ELUMINEUR, VOlr ENLUMINEOR.

ELUSER, esl., verbe.

Act., se jouer de :

Mais cnidiers qui souvent t'slii\e A&sez de gens et les amuse. (RiCH. DE FouBNivAL, lu Panthère d'aiiiors, Richel. 24432. f 169*.)

Réfl., se jouer, s'amuser :

Amours, il esl fol qui le croit Ne qui a toy servir s'amuse. Car qui raienlx le sert pins reçoit De grans annuys, et sa vie use A granl meschief, qui s'i esluse Grant faissel lui fault souslenir. (Christ, de Pis., Poés., Richel. ti04, f 9»; et ms. llarl. 4131, 10'.)

Mais joieuse com dit voua ay, Tant y fui, lanl m'y eslusay Tanl y gaitay bien enlentis Que puis m'en suy bien repentis.

(Pastorale! , ms. Brni., f 4 v".)

Neutr., dans le même sens :

Cheminoient tirant, musant Ly paslonrel, et eslusant 0 la pasloure par la pree.

U'aslaialel, ms. Brux., (• 50 r°.)

ELUsioN, s. f., tromperie, dérision : Ont fait plusieurs appiaux frustatoires

eneliision et eu contempt de justice. (1332,

Arch. JJ 68, f 3 v».)

Faire par art magique ou par elusions que gens peussenl estre en bestes muées. (CouRCY, Hist. de Grèce, Ars, 3689, f 91^)

Nous ne pouvons discerner la grande vanité, tromperie, et etusion de la pure et solide raison de vérité. (BuDÉ, Instit. du Pr., ch. I, éd. 1S47.)

ELX, voir Le.

ELZ, voir E.

EM, voir Ain 2.

EMAGE, s. m., ancien droit qui se levait sur le sel en quelques endroits de Bre- tagne, particulièrement, dit Savary des Bruslons, dans les bureaux de la prévôté de Nantes :

La pancarte de ladite prévôté porte que le roi et duc prend sur les sels de Poitou le sixième denier du prix que se monte l'an- cienne coutume appelée emage. {Diet. de commerce.)

EMAIGIER, voir ESMANGIER.

EMAiNT, adv., beaucoup, fortement :

Amis, fait il, en lui cancele Manfes, qui emainl loi esploile. {Du Prestre et du Chevalier. Monlaiglon et Ray- naud. Fabliaux, II, 83.)

EMANCHEUR, VOlr ES.MANCHEUR.

EMANciPEMENT , S. m., possesslon d'une chose et droit de propriété ; en lat. mancipium :

Tôles les chères choses que il li poet trovar en sos trésors il li donet por Deu as povres, or et argent et do maintes manières

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vestiiuenz el peres precioses, possessions, emancipement et sers. (Pass. S. Marcel, Richel. 818, 198 v».) j

EMANDE, voir ESMEKDE, |

EMANER, V. a., dépouiller :

Dolenz fn de sa terre dnnt il fu emanet, Doleni fn de ses Iinraes ki li fn controblcz. (Rôti, 2' p., 2825, var., Andresen-I

Cf. Desmaner au Supplément.

EMANQUER, voir ESMANCHIKR.

EMARMELLER (s'), V. réfl., s'effraver : Si on tire avec les mains la barbe d'une chèvre rangée au troupeau d'autres, tout iceluy s'arrestera, et lairra sa pasture : et toutes deviendront cstonnees, et ne cesse- ront de s'emarmelley jusqnes a ce qu'on l'aye laissée. (Pake, Liv. des Anim., c. XXI, Malgaigne.)

EMASPILLERYÉ, adj.?

Le tabel, ou cadran de l'horloge, doit fstre emaspilleryé de cœur de quesne de .1111. poulx de largeur (1462, Trav. pour le beffroi de Bêlhnne, ap. La Fons, Art. du Nord, p. 101.)

EM ASTIQUE, S. JD., mastic : Emaslique blanc, mvne borroiz. (13S1. Ord., 11,425.)

EMAYER, voir ESMAIER.

EMRABiR (s'), V. réfl., s'étonncr, se déconcerter, s'effrayer :

En l'engarder s'i'ml'aUssoil.

(Athis. Ars. 3312, P61''.)

Cf. Abaubir.

EMBACiNER, - ssùier, - cMner, v. a., mettre un bassin sur; en particulier, aveu- gler par l'apposition d'un bassin brûlant :

L'empereordes Grecs si Vavoitemhachinf les yeux (Liv. de la Conq. de ta Morée, p. 7, Buchon.)

Embaciné, part, passé, armé d'un bas- sinet, qui a un bassinet sur la tête :

Jehan de Verruyes de Trevins, qui estoit embacinez, et Pierre Cliiveau prindrent leurs lances. (1378, Arch. JJ 113, pièce 331.)

Et premièrement vient l'appellant a la table ou est le livre et le président, et vient a pied tout embassiné, sa visière abattue. (Oliv- de la Marche, des Gaiges de bataille, p. 36, Prost.)

Vient a pied tout embaciné, sa visière abattue. (La Colombiebe, Th. d'Honn., t. îl, p 89, éd. 1648.)

EMBACLER,v. a., embarrasscr, tromper: Por geus embacler y abit, (dans les convenls) .le (Faux semblant) n'en quier sans plus quel'abit. (.Rosf, Vat. Chr. 1522, 72^)

Embacler. (Oudin, Dict.)

Cf. Enblouchir.

EMBAiGNER, V. a., baigner: Et li fols, li lilz de deable Qui font les i,Tanz péchiez mortetts, Qui des rentes esperiteus Les embaignenl et les norrissent, Knsi le deable enrichissent Et Dieu metent hors de son droit. (Vie des Pères, Richel. 23111, f* 23'.)

EMBAiLLER, V. a., bailler:

Pour fere paiement., embaillerent par nostre dile court, obligeient, octreyerent et assignèrent es diz religioux... tout quanque de dreit. (Sept. 129S, S. Magloire de Lebon, Arch. Côtes-du-Nord.)

EMBAiR, - hir, - hyr, enb., verbe.

Act., rendre ébahi, slupide : Bien m'ont lez diables ftibahy : J'ay le sanc du juste trahy.

(Pass. Nosire Seigneur, Jnbin., Mysl., Il, 204)

Réfl., être ébahi :

An Irabuchier que cil dut faire Trestnit li autre s'eiiliaiaire. Ne puis en ens défense n'ol.

(.A/his, Ars. 3312, «''.)

Embahi, parL passé, ébahi : Et les puceles anlresi

ISe le truevent pas enl/ahi

Mais molt sage el raolt bien parlant.

(Durmars le Gallois, 6307, Stengel.)

An roy fn recordé, s'en fn mont enbakis.

(Geste des ducs de Bourg., 4473, Chron. belg.)

EMBAisiER, embesier, v. a., baiser : Clerc conbalant, moine plaidant, Nonnain embesee, beghine tariant.

(Aiithol. pic., p. 9, Boucherie,)

BMBAissiER, embcsser, enb., verbe.

Act., abaisser, baisser, faire baisser : Bien soffeist a salveteit si tu humiement

et senz aucune boisie wels embaissier lo cuer de ton prelait a ceu ke lu desires. (S. Bern., Serm., Richel. 24768, î" 135 r».)

Mais moult li dist ce mot en sonzploiant Li rois Corsables et la chiere embaissanl.

(Adenez, Enfanc. Og., Ars. 3142, 96''.) Le roussin met les pieds de devant sur les espaules de l'argoulet, embesse la ju- ment. (D AuBiGNÉ, Faenesle, 1. 4, c. l3,Bilil. elz.)

Neutr., décliner, dégénérer .

Si ne soit on après de qui Fere pape ; si enfessa Longtemps l'acorl, et enbessa La court par temporel seingnors, Qui mouU li firent deshcnnor-. j (GoDEFROv DE PiRis, ChroH., 2232, Bnchon.)

EMBALANCHiER, enb., v. a., lancer :

Les pieches fors eiibalancha.

(MoosK., Cliron., 155S7, ReifT.)

EMBALDER, etubealder, v. a., ranimer,

I ragaillardir :

Et pur ceo que les peynes contenues et especifîes eu l'estatut avant dit sont sy ri- gorous envers les lyeges et subgitez du roy, et eux si streytement lient que les

1 adversaries ennemys du roy de faire guerre devers eux sont graundement em- healdees et confortes... (Stat. de Henri Vil, an XXIII, impr. gotb., Bibl. Louvre.)

Cf. Embaudir.

EMBALÉ, part, passé, embarrassé :

Atant s'en est ly qnens aies. Mais il a'esloit pas emiales De sa femme qui laisse arrière. Dont il ne scet en quel manière De sou enfant sera deliïre. (Alard, Conlesse d'Anjou, Richel. 765, f 18 r'.)

EMBALESTRÉ, eub., adj., exprime la va- nité dans la parure et dans le maintien :

An prodome, c'est voirs, covient

Qu'il ne soit mie enbaleslret....

Bon est selonc la vérité

C'en gart ses ienz de vanité.

(G. BE Comci ilir.. ms. Bnu., -200''.)

Cf. Arbalestré.

EMBALSAMiR, enb., V. a., embaumer : La miens enbalsamie.

(Chans., ms. Berne 389, i" 5.)

EsiBALSEMENT, enbalsement, embaus- sèment, enhassement,s. m.,en)banmemenl. action d'embaumer :

Acaié ont chiers ongemens Et moult vaillans enbaheynens. {La Passion Dieu, Ars. 3327, C 196'."'

Achaté ont chiers oignemeoz

Et moult vaillanz enbassemenz

Ans plaies leur raestres saner. (Geff., .vu. est. du »wii</e,Richel. l.o25, 186°.) Sufîumigacio,onis, embaiissemcnt. (Gloss. lat.-fr., Richel. 1. 76/9, 252 r».)

EMBALSEMENTÉ, embosmenté, part, passé, embaumé :

Qni leenz entre, avis est de verlé Qa'il ait le cuer treslout embasmenté. (Aim. de Nari., Richel, 24369, 58 r».)

EMBALSEMER,e)i6aî(Sfwer,cn6aMsMmer, enbaussiimer , enbausemmier, v. a., embau- mer :

Mais aine k'Il fnst si acesmes, tous ses cors enbausemes.

(Mousk., Cliron., 11926. Reiff.) Ou sépulcre fu mis ou on Venbaussuma.

IBasI. de Bidllon, 3247, Scheler.) Suffumigo, gas, enbausiimer. (Gloss. lat.-fr., Richel, 1. 7679, C 2.32 r".)

Je sui toute enbausumee de votre douche alaine. (Compos. de la s. escripl., t. I, fo 120 r", ms. Slonnerqué.)

Se li fist tautost donner .c. esous el deffourer les os de son père et enbausem- mier et mettre en un bel sarqu. (FroisS-, Chron., IV, 294, Kerv.)

EMBALTE, S. m., vent d'est qui souffle pendant la canicule :

Emballes, the easterly winds -which or- dinarily raigne aboat the Dog-daies. (COTGR.)

EMBANDÊ, enb., part, passé, entouré :

Une vieille selle de roucin, couverte, en-

bandee de veluiau vermeil et noir. (1420,

Pièces relat. au régne de Ch. VJ, t. II,

p. 393, Douet d'Arcq.)

Suisse rom., embander un enfant, l'en- I tourer d'une bande. Littré inscrit ce mot avec la même signification en l'ap- puyant d'un exemple de J.-J. Rousseau.

EMBANiE, amb-, s. f., ban pour la clô- ture des murailles ou des prés, réserve de terres sujettes à la vaine pâture, sur lesquelles on la défend pour un certain temps :

Sont réputées vaines pastures les terres non ensemencées, el les prez non clos, ny mis en embanie, ou regain, après la des- peuille.les terres vacantes, non labourées, les rapailles, chomins, et buissons. (Coul. de Metz, Nouv. Coût, gén., II, 407'.)

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Les communautez, ni les particuliers d'i- celles, ne peuvent vendre, ou louer leurs tmbannies, ni autrement en user, que pour leur propre usage, a la nourriture de leur bestail, et de celuy qu'ils tiennent a l'air communément dit hostre. (Coilt. des Prois bailliages de Lorraine, Nouv. Coût, gén.. II, 1074.)

Lesdits habitants des villes ou villages ont droit (ïembanie, et mettre en espargne unepartie de leur bau,soit en terres labou- rables, ou autres héritages : pendant quoy il ne sera loisible aux villages voisins, après qu'il leur aura esté signifié y vain pasturer, que l'embanie ne soit rompue. ICout. de l'Ev. de Metz, xvi, 4, Nouv. Coût, gén., II, 422.)

EMBANiER, V. a., eiivelopper dans une banne :

Ils estoient enis six on sept, ChascuD un beaa manteau de sacque, Pour lear jeunesse cmbanier. Dedans lesiiuels ils furent nyei. (Chron. de la noble cité de ileli, Pr. de l'II de Lorr. , II, cxLi.j

EMBANiK, - annir, enb., v. a , mettre en ban, ou sous le ban.

Embanir une terre, y interdire pour un temps la vaine pâture, c'est-à-dire en défendre le parcours pour la vaine pâture par application du droit de ban.

Nonobstant le droict de parcours dessus déclaré, chacune communauté a faculté d'embannir et faire cschermie pour l'ali- ment de leurs bestes trayans, sans fraude, et sans empescher l'entrée sur leurs baus, et jouissance du droict de parcours, en vaine pasture sur le reste du dit lan. {Coût, de S. Mihiel, Nouv. Coût, gén., II, 10476.)

Embannir une terre signiliait aussi, comme croiser une terre, la mettre en sai- sie, ce qui se faisait des terres dont les redevances restaient impayées ; dans ce cas, la pièce de terre saisie était marquée par la plantation d'une croix ; de là, croi- ser une terre, c'est-à-dire la saisir ; de aussi l'équiTalence de croiser et embannir :

Et se li amende essoit por la rente de la terre li maires en doit rendre terre em- banie.{Transact.ent. l'abbé de S. Vinc. et le sieur d'Aspi-emont, déc. 1255, S. Vinc. Arch. Mos.) ''

Ce aucuns des quartiers servans estoit demeneis et enbannis por droiture ke il deust a l'abbasse et a covant. (Jeudi av. St Etienne, Transact. entr. l'abb. de Ste Glos- sinde et W. de Lozes, Arcli. Mos.)

Et doit li doiens leveir tous ses chaiteiz et en doit rendre compe aux terres emba- nies au vintisme jour de Noeil. (Drois de la vowerie de Montigny, ms. Metz 46, p. 124.)

Tuitli heritaigesdoubanmaidame doient estre demeneies par droit par son maiour et par cez eschavins, si com de punre waiges et de faire estaulx, de creu.xier et d'embanir, de soiugnier droit et de toutes autres chouzes. (1321, Cart. de Metz, ms. Richel. 10027, f 60 r°.)

EMBANissEMENT, - aunissement, s. m., syn. d'embanie :

Pendant lequel embannissement n'est loisible a leurs voisins deuement signifiez, non plus qu'a eux mesmes, d'envoyer

T. III.

leurs bestiaux vain pasturer en tels lieux que l'embanie ne soit rompue. (Cout. de Gorze, XVI, 6, Nouv. Cout. gén., II, 1095.)

EMBANNis, s. m. pi., lieux dans les- quels la vaine pâture est interdite :

Je Joll'rois sires de Aspremont... com je tenisse en franc alluef Ausauille et ce que messires Gérard de Bouc i tient de moi, la foret de Wriure et lez embannis dessus

Aunoy (Cft. de 1295, Cartul. de Bar,

t. I, 57 v«, coll. de Lorr., 718, Richel.)

EMBANOIER, VOlr ESBANOIER.

EMB.\PTuuER, enb-, V. a., battre à coups redoublés ;

Il fut desvestu pour estre mis au pilier auquel il fut environné de ses ennemys et enbaptures. {Le Trésor de l'ame, f" 17 r°, éd. 1494.)

EMBARBELEiî, eub., V. a., gamir une flèche de plumes : Car elles (les flèches) furent enqnarrelees De ilouretle et embarbelees.

{Knse, ms. Corsini, f 8".)

Saielles d'or enbarbelees.

{Ib., ms. Brnj.,f° 8''.)

Car c'est saiete enbarbelee, N'en pnet la plaie estre curée. (Ce la Tremonlaine, Richel. 378, 7 r».j

EMBARGiER, cnb-, V. a., attacher à la potence :

Ou il senstj

Hommes as fourches encroues, Ou enbargii'S ou enroues, On en aucun palible mors. Des patibles ostast les cors Et des fourches les descroast Et desbarjast et desroast. {Mir. de S. Eloi, p. 55, Peigné.) Imprimé, en

EMBAR.NiR, enbamir, enbargnir, enber- nir, - yr, verbe.

Neulr., devenir fort, croître, grossir, devenir gros, prendre de l'embonpoint :

Dame Alais voit son fil enbamir Et voit qu'il puet ses garnemeos soufrir. (Haoul de Cambrai, Richel. 2i93, 5 v°.) Gannr li Arabiz fet bien norrir l'enfanl. Et croist et enbernisl. moult est de bel semblant. {Aye d-Avign., !!551, A. P.) Lors veoit que li arbres qui de li issoit enbarnissoit et engroissoit tant fièrement que par .i. petit que elle ne partoit tote outre. (S. Graal, Richel. 2455,f» 214 r°.)

Valeo, es, enbargnir. {Gloss. lat.-fr., Richel. 1. 7679, f" 260 v».)

La mère d'icelle Magnon s'aperceut que sa fille embarnissoit et engrossissoit de corps. (1447, Arch. JJ 176, pièce 581.)

Réfl., se remplir :

A l'entrée estoit l'estatne Et l'image deffigurue Du dieu Baccus qui les gens tue. Car il fait la bonne pnree De la grape meure et parée Donl les yvrongnes s' embarnissent , Pour laquelle a bourse escuree Du cabaret sanstabart yssent. (Lefranc, Champ, des Dames, Ars. 31-21, 13''.)

Act., rendre courageux :

La Traie achate s'est tenue

Qu'ele conforte la vene

Soif estanche et home gamist El li croist force, et l'embamist.

{Lapidaire, 503, Pannier.)

L'achate conforte veillesceet croist force et enbarnist. {Li Livres des pierres, Riche). 12786, 30=.)

Embarni, part, passé, devenu gros, fort, qui a pris de l'embonpoint :

Ele i va de toz biens garnie Comme refete et enbarnie De la viande esperitel (EvRAT, Genèse, Richel. 12437, 46 r°.) Que le roi Richart d'En,2leterre Faisoit enfanz endoctriner Pour lui ocire et aOner, Qui ja ierent touz embarniz Et de tele aprison garniz Que chascun d'eus homme ocîst Tel con son mestre li deist. (GuiABT, Roy. lign.. Richel. 5608, 39 r": éd. Buchon, 1800.)

Seroit si grans et si enbarnis (le dragon) qu'il auroit .XXX. lestes toutes d'or. (Ar- iur, ms. Grenoble 378, 12=.)

La femme estoit devenue grande et em- barnie. {Livre de Griseldis, ms. Chartres 411, f 6b V».)

Il semble ja qu'il ait vingt aus. Tant est il grans et embarnis! {Miracles de Noire Dame, I, 1,656, G. Paris.)

Le roy le regarde moult volentiers et se il avoit semblé beau eu souvenir, encores le voit il et trouve plus beau, et luy est adviz qu'il soit crtu et embarni. {Lancelot du Lac, i'' p., c. XX, éd. 1488.)

Apres ce que Artius et Tarquin furen embarnys et parcreuz, la royne Tanasqui les maria a deux filles qu'elle avovt. (Bocc. Nobles malh.. 111, 3, 55 r°, éd. 1515.)

Mais pourtant je ne lairray myc

A batailler, car Dieu raercy

J'ay asses la chiere enbernye

El suis ja refait et fourny. (Jaco- Millet, Destrucl. de Troye, C 58'', éd. 1544.)

EMBARRER, Bubarrcr, cmbarer, enbarer, amb-, verbe.

Act., pousser, enfoncer, planter comme une barre :

Es cscnz les ont enbarrees (les lances). {Perceval, ms. Montpellier H 249, f ~0'.) De son tinel fiert Renoarl le ber, Desoz la longe fet le tinel aler. Que el coslé li a fet enbarrer.

{Mon. Renuart, Richel. 368, f 240'^.)

Il tint l'espee en la main, se le fiert par- mi le liiaume si qui li enbare el cief. {Auc. et Nie, p. 13, Suchier.)

Et le flert grant cop sour son heaume, si k'illiabatile ciercle, et li enbara juske s en la coiffe de fier, et li treucha tout. {Flore el la Bielle Jeliane, Nouv. fr. du XIII* s., p. 135.)

Parmi le haterel li embarra le branc.

{Baui. de Seb., i\, 257, Bocca.)

Entoise et trait un quarrel et assenne ce portier de droite visée en la teste et luy embarre tout dedans. (Froiss., Chron., Richel. 2660, l" 31 v°.)

Adonc s'avisa li dis chevaliers d'un cou- tiel de plates qu'il portoit a son chaint : si le trait et feri tant ce dit Martin ou dos et ens es costes, que il li embara ou corps. (ID., ib., éd. Luce, VII, 38.)

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Fendre, fausser :

Mes hianmes est si ambarrez Par Tostre branc et destreinchiez Que ja par moi n'ierl maïs laciez,

(Bf,n.. Troie. Ars. 33U, 82''.) Tels cops se donent des espees Que totes les ont cnliarrees.

(Pcrceval, ms. Berne 113, P 93''.'>

Si se donnenl .i. copx sigranz De sor les liiatimes flanibeanz One moull parlonl les cmharrercnl .

{Ib., ms. Montpellier H 219, f 12S^) De lor espees font esprener l'acier. Et les vers elmcs enbarer et Irencliicr.

(B. de Cambrai, ce. Le Glay.) N'i a celui n'ait son escn percié. L'auberc deront et ens el cor plalé, E le terl elme embarrr en son cief.

(R.UMB., Ogier, 68o, Barrois.)

Tôt li ont amharré son vert heaume d'acier.

(J. BoDEt., Sax., CC1.X1V. éd. Michel.) Li elmes dont aves le leste armée Si m'a gari de mort en prant mellee : Ains ne fu enbares por caup d'espee.

(Mol, 52-, A. ■{.) Kt li Turs feri lai, an pooir que il a. Amont desns son hianme, que tôt li enharra. (Gui de Bourg., 253*, A. P.)

Parmi le hiaumc li vail granl cop donner,

Que tout li fait embarrer et qoasser.

Uori. de Blates, Richel. 860, f 132 r°.)

En tel puise venir le voient

Que ses elmes fu enhares

Et ses escus frais el iroes.

(Durmars le Gallois, 5088, Stengel.)

Moult sont vasal, fier caple font,

Lor elme lot embaré sont

Et lor escu lot decopé. (Ren. de Béai jeu, /i Biaun De.iconneiis, 1416, Hip-

pean.) nsseur le heaume amont si pranl coup li donna (lacl chercle en fet voler, Irestoul li embarra. (Doon de ilaience, 21i6, A. P.)

De le mâche de fer le feri li marchis Par dessus le hianme :.... Tons li fu embarret.

(B. de Seb., iv, 158, Bocca.)

Et lor hianmes ont embarrez, El lor hanbersont desmailliez, Et aux dedens les cors plaiez.

(Floriam, 178i, Michel.) Mais quaut ilz visrent Geuffroy avoir le bassinet embarré par force de coups, et ijue son harnovs estoit desrompu, ilz n'eu- rent tallent de" rire. (J. d'Ahras, ifeitts., p. 410, Bibl. elz.)

Son heaume fut tout fendu et enbarré et les cercles eu pendent aval. {Lancelot du Lac, i'" p., ch. 51, éd. 1488.) Bien paroit aux escnz el heaumes Fanduz, embarrez el ployez. iGoHOBY, Comment, sur la font, perill., éd. 1572.)

Neutr., an sens passif :

El li hiaume embarrent et ploieDl, El des haubers les mailles TOlent. (li Chevaliers dou leon, Vat. Chr. 1725, Bumv., p. 543.)

Il n'i a hiaume si puissant Que il ne facenl enbarer. (Gautiers. J's/fs (!/ Galeron. Richel. 375, 1*3275.)

Act., enfermer entre des barres :

Me suy delicté, en les regardant noer en la nasse ou ilz sont si bien embarras, a escripre icelles Quinze joyes de mariage a leur consolacion. {Quinzejoyis de mariage, prol., Bibl. elz.)

Encor (pour vray) mettre on n'y peut le] ordre. Que lonsjonrs l'un l'autre ne vueille mordre. Dont raison veult qu'ainsi on les embarre. Et qu'entre deux soit roys distance et barre. Comme aux cbevanx. en l'eslable barpnenx.

(Cl. Marot, Enfer, p. 46, éd. 1544.)

En Bretagne, Côtes-dii-Nord, particu- lièrement dans l'arrondissement de Dinan, on dit être embarré, pour signifier être en- fermé en dedans d'une barre, d'une bar- rière : « Je n'aime pas élre embarré. >

EMBASMENTÉ, VOir EMBALSEMENTÉ.

EMBASSÉ, part, passé, qui a un emba- sement :

Pour tailler et polir Tantel avec le devant et ung bout, et ce qui s'en pourra mons- trer par darriere, et tout de marbre noir ot embassé de meismes. (31 août 1450, Compt. du B. René, p. 48, Lecoy.)

Deux basses embassees de une ogive et d'un lioncbeau. (1511, Lille, ap. La Fons, Gloss. rtis., Bibl. Amiens.)

EMBAST.\RDERj cnb., V. 3., tendre^ déclarer bâtard :

Home ne puet mie enbastardcr un home après sa mort. {Year books of the reign of Edw. the firsl, years xxx-xxxi, p. 289, Rer. bril. script.)

EMBASTARDiR, eiibolardir, v. a., désho- norer, violer :

A droit u tort chastens seisist, Gentil: femmes enbasiardisl.

(S. Eduiard le conf., 4460, Luard.)

Embastardi, part, passé, dégénéré : Tout ce que jevoz ai contes sunt le vies

et les costumes des droit Tartars ; mes je \-iiz di qe orendroit sunt moût enbatardi, car celz que usent au Cata se mantienent al les vies et a la manière et as costumes des ydres. (Yoy. de Marc Pol, c. lxx, Rous.)

L'éd. Pauthier, c. LXIX, porte : sont moult abastardi.

EMBASTONEMENT, - owiement, s. ra., arme offensive :

Iceulx compaignons garnis de gros le- viers de eharreles, de grosses reboules et autres embastonnemens. (1310, Arch. 3i 164, pièce 241.)

EMBASTONER, - onjîcc, embott., verbe.

Act., frapper à coups de bâton :

Frappons sur ce villain infâme. Et je te supply par ton ame Qu'il soU ung peu embasloime. (Grebas. llijsi. de la Pass., ms. Troycs, 3' j., 21 r».)

Réfl., s'armer :

Et qu'il n'y ayt ici personne Qui ne se arme et enbastonne.

i.Mist. du viel test., 8041, A. T.) Sus, compaignons, chascun se peine De soy très bien embasionner. (Greban, Slysl. de la Pass., Ars. 6431, P 152^) Si s'armèrent ung soir et s' embastonne- renl tout du mieulx qu'ilz peurent. (Le Maire, lUustr., i, 23, éd. 1548.)

Embastoné, part, passé, armé : Armez et embastonnez d'espees, arba-

lestes et autres habillemens de guerre. (1447, Arch. JJ 178, pièce 161.)

Embastonné. (1472, Procès-verb- de signif. d'un jugevi-, S. Cyprien, Montreuil B'", Arch. Vienne.)

Et furent ordonnes deux cens soudoyers, par ceux de la vile, tous armes et embat- tonnes. (Olivier de la Marche, Mém.., I, 14, Michaud.)

Sur celle requeste saillirent de leurs pa- villons les champions armf-s, embaltonnes de haches, de lances, d'espees et de dagues. (1d., ib., 1, 17.)

Et estoit embattonné de lance et de hache, et aidé d'un targon d'acier. (Id., ib., 1, 17.)

Et a tant fut veu Jason, qui se prome- noit très richement embattonné. (Id., ib.,

I, XXIX.)

Embastonnees des lances et aultres bas- ions. (J. BoucHET, Triumpkes de la noble Damcf 125 r», éd. 1536.)

Le duc ne ses gens n'estoieot aucune- ment armez ne embatonnez. (Bouchard, Chron. de Bret., (" 154», ■éd. 1532.)

Armé jusques au collet et bien embas- tonné. (G. Boucuet, Serees, iv, 105, Rov- bet.)

EMBATAGE, - aige, s. m., placement, pose :

Pour une paire de roues neulves, eu senble pour Vembataige d'icelles que pour quinze livres de fer. (1556, Compt. deDiane de Poitiers, p. 211, Chevalier.)

EMBATAiLLiER, cnb., vcrbe.

Act., préparer pour la bataille :

Le fort moit envitaillié El moult très bien embataillié Pour les recepvre a lie chiere. (GriLi.. DE Si A^DRÉ, le Libvre du bon Jehan, 3418, Charrière.)

Si se Irayrent devers le port et encrèrent leurs nerz,"et les enchaynerent moult bien et embataillcrent si comme il estoit mastin. (L'isioire de Troye la grant, ms. Lyon 823, 10=.)

Réfl., se préparer pour la bataille : Ordonnance a honneur tost vient

Qui ja en l'estrier le pie tient, Si lay prie qu'il s'cnbalaille Et de poursuir ne Iny chaille Ces gens dont a eu victoire Car il aura afaire encore. (Gaces, Rom. des Deduiz, Ars. 3332, f 29 t°.)

Nentr., s'acharner à la bataille : Lors viissiez Sarrazins enbatailter de

arant manière, et toutesfois ilz furent sou- prins tant qu'il y en eust plus de .vu. m. mors. {Ponlhus, ms. Gand, 32 v».)

EMBATANT, embastant,aà)., vif, ardent: Feme bien embatans est plus tost envaie. (Li Prière rAfo/i/i., Zeilschriade Grober,!, 251,81.)

Or y a enfans esbalans.

Gais, gens, jolis, et embastans,

Amourenli, doulx et amiables. (G. DE MACn., Poés.. Richel. 9221, eg''.)

Et sui jolis et esbalans,

Lies, envoisies et embatans

En tous déduis, en tons depors. (VRtiMS., Prison amoureuse, Richel. SSO.flSSr".)

Dans un sens défavorable : Orguillense n'estes ne fiere, Embatans ne de folz ator.

(Salut d'Amour, Rich»!. 837, 18-2

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Embatanl en, adonné k :

Nus ne doit estre embalam

En bordel ne fil lekeiie.

(Poël. ms. av. 1300, t. IV, p. ISÎS, Ars.)

EMBATE5IENT, enbatcment, s. m., ac- tion de pousser, d'enfoncer, de plonger, d'entrer :

Cil ijni sont batu a le roi

Se gardent miens de fol enl/alemml

Que li niais.

(Chnns.. Vat. Chr. lt!lil, 173».)

Arrivée :

Quant les piicelles apperceurent le che- valier sur elles enibatu qui se hoctoyoit de son suubdaiu embatement, tantost se dres- sèrent sur piedz... {Perceforest, vol. V, ch. 33, éd. 1528.)

EMBATEOR, - teour,s. m., assaillant :

Sire, dist li valiez, tous les dieus en aour Que il ne cuident mie que vous aiez estour Ne que cis de Fezon soient embatcoîir. Trop sont petit de gcnl, si ont fait prant folour. (Yeus don paon, Uichol. 155i, 12 r°.)

EMBATisiER,- zier, V. 3., Iwptiser :

Quant cil virent de Rome lor sire embaliziei Saint Clément apelereut, de .m. pars fii bûchez : Sire, b iptisez nos et si nos enseignez.

(Prise de Jérus., Richel. 137i, 89=.)

EMB.\TRE, emballre, enbalre, ambatre, anbalre, ambaptre, verbe.

.— Act., enfoncer, plonger, planter, pré- cipiter :

Sun bon espiel enz el cors li enhat.

(Roi.. 12G6. Muller.) En la cervele le branc li embati.

(Garin te Loh.,'!" cbans., xxvi.) Il l'a ben terse (l'épée), el foerre Vembatié.

(Raimb., Oçiier, 8.351, Bai-rois.) t'ntames est en maint liu vos escus; Cil trox de lance i sont rault embalua.

(Id., ib., 12210.) Delez le cuer li enbat l'alemele. (Li Covcnans Vivien, 1596, an. Jouckbl., Gain. d'Or.)

Parmi le cors l'espié li anbali.

(Gir. de \iane, Richel. Ui8, f 21''.) N'i porriez la dent embatre. Et vos briserees les deaz.

(Renan. 16G10, Martin.)

Qno le trenchant de l'alemelle Li embat tout en la cervelle.

(Rom. de rkebei, Richel. 60, C S'.) Kt fiert Fromont en travers el visaige, Qnc tout l'acier li embat en la face.

(Joitrd. de Btaivies, 1003, Hoffmann.) Les nés ont embntues par force li jonvens En la parfoode mer plus de xuii. arpens.

(Guy de Camb., Richel. 21366, p. 227».) Plus de paume et demie ii embat le taillant. (Baud. de Seb., IX, 258. Bocca.)

Avec un rég. de pers., pour dire pousser, chasser :

Les murs vouloit fraiudro et abalre;

lit Sarrasins dedenz enbatre.

(G. DE CoiNCi, itir., ms. Soiss., !" 154"'.) Le roy de France et les barons passèrent tout ouitre parmi les teutes aux Sarrasins, et les chaciereut tant qu'il les embatirent tous es moutagnes. (Grand. Chron. de France, l'Istoire au roy Phelippe, fils Mgr. Saint Loys, v, P. Paris.)

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On a dit encore dans le sens de faire entrer, sans idée de violence :

Prist Penevaire par le frain d'or bâta. Tôt bêlement l'a el gué embatu ; L'eve trespassent qi rade et corans fu.

(R.viMB., Ogier, 12337, Barrois.) Que nus ne doit en sa meson Nul hoiu receler ae enbatre. S'il ne veult tencier ou combatre. (RuTEB., Voie de Parad., Il, 33, Job.)

Au sens moral, faire entrer profondé- ment, insinuer :

11 donne et embat sa grâce es choses devant dictes. (VioNAY, Mir. hist., Vat. Chr. 538, f" Z'.)

L'estude de tels livres engendre ou embat ou acroist es cuers de ceulx qui y enten- dent. . (Oresme, Elh., Richel. 204,' 348''.)

Rén., en parlant de pers., se plonger, s'enfoncer, se précipiter, fondre :

El port se sunt et enbattu el mis. (Garin le Loh., 2" chans., xxxv, P. Paris.) An la presse s'ambat de la gent paienie.

(J. BoD.. Sax., CLXxix, Michel.) Dedens l'agait senhati li frans bon.

(Raimii., Ogier, 6484, Barrois.) Cil est fos ki en lia s'enbal A ensient u on le bat.

(Ste Thais. Ars. 3327, f 13'.)

Si serré trouve le passage Qu'il ne se puet dedenz enbatre. (G. BE Coi."(Ci, Mir., ms. Soiss., f 194''.)

Se vous une autre fois vous embates en autel péril, nous vous rendons chi oreu- droit tout chou ke nos tenons de vous. (H. DE VAL., 512, Wailly.)

Ec nne fosse s'embati Si que del cheval l'abali Li auwe, qui le sousprist par force. (Phil. de Remi, Jean el Blonde, 2707, Bordier, p. 241.)

Mais qui se melle de toas dis Recorder on qne il s'enbache 11 a deservi c'on le bâche. (De la Brebis dérobée, Richel. 378, f 11 t°.) Var. du ma. Richel. 25516 : s'embace.

Sur l'ermitage s'enbati

Ou li geinz bermile maneit. ..

(Le lai del Désiré, p. 16, Michel.)

Entreus qu'il meugoient, etNicolete s'es- veille au cri des oisiax et des pastoriax, si s'enbati sor aus. (Auc. et Nie, p. 22, Su- chier.)

Et de tel cas avons noz veu escaper plu- sors persones qui avoient cix ocis, qui en cestc manière s'estoient embatu en lor ma- noir. (Beaum., Coit,t. de Beauv., ch. xxxix, 48, Beugnot.)

Li rois des Abrodiciens s'estoit enbatuz en un embuschement que li Saine li avoient basti. (Chron. de S.-Den., ms. Ste-Genev., 118".)

Qu'il ne s'embache mie a foUie faire en triuwes. (RoisiN, Franck., lois et coût, de Lille, ms. Lille 266.)

l'^t le faites bien aaisier Priveement c'on ne le sache. En un lieu ou on ne s'embache.

(Coiici, 3116, Crapelet.) Mes dites nous ou nous porons Ensamhie estre quant nous vorrous Celeemeiit c'on ne le sache En nn lieu ou nulz ne s'embate.

(Ib., 5586.)

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V

C'est qu'il se fâche estroit beoder, Et son chief si enveloper, Que nul connoistre ne le sache, Et ainsi a l'ostel s'embache.

(Ib., 6032.) Dont 3'apense que tnit mercier Portent en tous lii^us leur panier. Et en salles et eu maisons S'embatent en toutes saisons.

(Ib., 6520.) Regarde bien et bault et bas Le grant péril ou tu t'embas.

(Remédia amoris, 4S, Koerting.) . Se nous nous etnbalons en la forest de ceste matière. (J. de Salisb., Polierat., Ri- chel. 24287, f 61".)

Si lor couru seure, et s'embati trop fole- ment en eus. (Hist. des ducs de Nortn. et des rois d'Anglet., p. 143, Michel.)

Si vint que ce jour le temps estoit noir, chargé d'une grande bruine : dont ils s'em- battirent au danger de l'einbusche, avant qu'ils s'en sceussent percevoir. (0. de la Mahcue, Mém., 1,26, Michaud.)

Une bande de gentilz hommes espai- gnolz se va embattre jusque près de la garnison du bon chevalier. {Le loyal Ser- viteur, m, J. Roman.)

Edo'wich s'ambatit dans les gens de pied romains. (Fauchet, Antiq. gaul., U, 8, éd. 1610.)

Le soleil estant extrêmement aspre, je m'embatis sur une caverne cachée et inaccessible, et me jetlav dedans. (Mont., Ess., 1. II, c. 12, p. 308, éd. 159.5.)

Neutre, dans un sens analogue :

Embatu somes el cuer de lor pais.

(Les Loli., ms. Montp., f 98') Tant a Vairons erré q'as Irez est ambaluz. (J. BoD., Sa.T., CLV, Michel.; Qu'un chevaliers grigois est entr'euli embatus. (Yeus du Paon, ms. Brnx. 11191, f" 93 r". Ens el bosquet est embatus. Et passa tant qu'a l'uisset vint En tastant. ..

(Couci, 3378, Crapelet.) Mon cuer avez repus., II est avoec le vostre vraiemeut embatus.

(B. de Seb., Il, 484, Bocca.)

Le doux Jesu Crist Te doint bon jour, fille. Ou es tu ? Touz sommes ccens embatu. (Mir. de St Jean Ghrys., 25D, Wahinnd.)

Réfl., en parlant de choses morales, fondre sur :

L'autre débat

Qu'elle est plus triste et hors d'esbal : Car double et paour la combat, Et désir en elle s' embat. (A. Chaktier, Liv. des quatre dames, p. 647, éd. 1617.)

Et sans débattre.

Pour les raisons toutes abalre.

En mon cueur se viennent embatre,

Playes, dont j'ay contre une (lualre.

U»-. ib., p. 649.) Et qui plus est, quand daeil sur moy s'embat. Par fortune qui souvent si se fume,

Vostre doulx œil sa malice ralial. (Villon, Grant Test., Bail, à un gont. nouv, marié, Jouaust, p. 90.)

- Act., battre :

Comme lesdiz Colin et Simonnet eussent

esteruy du blé en la grange dudit Raouliu

I et enbatu. il378, Arch. JJ 113, pièce 216.)

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ËiMB

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Rén., en parlant du jour, se lever :

Al quint jur si cam l'aube crevé l.e jiir s'nilial, le soleil levé.

(La Vir de S. Gile, 915, A. T.)

Act., employé d'une manière particu- lière pour dire mettre au-dessous :

Les uns et les autres estoient vestus des \estemen? aux femmes, et n'avoient pas i''S chevaliers honte d'embatre les cotes de rhevalerie ans cotes des femmes. (Légende dorée, Mnz. 1333, f 32''.)

Techn., poser :

Pro duobus paris rotarnm embatre et aliis. (Compt. de l'H.-D. d'Orl., 1369-70.)

Pour avoir embatu le maillet fait pour balre les aguylles dudit pont de Lovre. (1406, Compi. de Nevers, CC 15, f" 15 v».)

A Guillaume et Mathuriu les Vaslins, marcliaulx demourans a Chenonceau, pour avoir ambaptti une paire de roues. (1556, Compt. de Diane de Poitiers, p. 206, Chevalier.)

Embalu, part, passé, dépouillé :

Ne demeure mie longuement en un giste pour ce que le pays ou il a esté est tan- tost embatu, et va en un autre lieu demeu- rer et pescher. (Mod. et Racio, ms., 57", ap. Ste-Pal.)

2. EMBATRE, VOlf ESBATRB.

EMBATU, S. m., domaine, propriété, p.-è. terre le gibier s'embat, s'abat : Damoiselle, dist il, se je sny venus chi Sur le Tostre emhala, bielle, taut vous en di : Se la lierre est a vous, vous le tenes de my. (Chev. au cygne, 0^, Reiff.^

EMBAUCHIER, - quicr, embocher, enb., V. a., dégrossir :

Enhauquier les .ii. loges des eschevins au behourd. C1389, Lille, ap. La Fons, Gtoss. ms., Bibl. Amiens.)

Un charpenlicr embatique a le maison Jehan Rondet. (1397. ib.}

Et telles œuvres tant plus grossemeut seront emboché, tant mieux garderont le décore de la fortresse. (P. Van Ablst, Arch. sel. Yitr., ô"", éd. 1S45.)

On lit dans Monet : Embaucher, faire bauche on enduison de chaux, mortier ou piastre.

Cf. Bauch et Bauche.

EMBAUCHURE, enb., s. {., semble dési- gner une dépendance grossière :

Seront tenus de recoveronner une en- bauchure de la grange d'ieelle censé. (1421, Cart. de Corbie. aj). Duc, V, 559.)

I. EMBAUDiR, enb., verbe.

Neutr., prendre de la hardiesse :

Les lor voieat le cbamp gnerpir, Lès autres croistre et embaudir.

(Alhis, Ars. 3312, 81".)

Réfl., s'enhardir :

Pluis s'enbaudissent de maufere. {Lib. Custum., 1, 282, Rer. brit. script.)

Ejnftaud!, part, passé, rempli d'ardeur: Si que la voslre baronie

De la soie soit enbaitdie.

(Alhis, Ars. 331Î, 39'.) Par cens anrei chevalerie, Aina le vespre, bien embaudie.

(Ib., 7*''.)

Cf. ESBAUDIU.

2. EMBAUDIR, ««6., embadir, v. a., pu- blier, proclamer, promulguer, signifier :

Mais cbes traities ne furent mie adonc parfais ne accomplis, enssi que les trai- tieurs Yai^oient enbaudit. (J. de Stavriot, Chron., p. 103, Borgnet.)

Perchivant que li duk de Brabant ne leur faisoit nule expédition de chu que embadit leuravojf. (1d., ib., p. 112.)

Que nulz vendans vins de la citeit de Liège ne porat faire nonchier vins tenant coleur, ne enssi embadier tenant coleur se celi vin enssi noncbies et embaudis ne tient coleur .xil. heures entiers. (Id., t6., p. 218.)

EMBAVER, verbe.

Act., pris au fîg., embaver quelqu'un,

l'abreuver de discours. Un poète du xv" siècle a dit, en parlant des moines : Les rois en vostre main aves, Sy saintement les embares, tant do choses leur faites faire Qu'ilz cnident tous estre sanlves. (Lefranc, Champ, des Dam., Ars. 3121, iW.)

Réfl. , s'emplir de bave :

Comme un chien enragé sa bouche elle s'embave. (De BoissiEUES, Sizains des humeurs de la femme.)

Embavé, part, passé, plein de bave :

Ja si n'iert orz ne si tachiez Ne d'orz péchiez si enbavei Par Ini (la vierge) ne soit lost eslavez. (G. DE CoiNCi. llir., Uichel. 2163, f 18'.)

Jangleurs embavez.

(Le Mir. Mme Ste Genei)., Jub., ilyst., 1, 239.)

Boache embavee.

(D'AUBIGN., Trag.)

EMBEALDER, VOir E.MBALDER.

EMBECHONEit, - conner, - coner, enb., enbieconer, enpechouner, verbe.

Act., charger, embarrasser :

Quand ensi fu embeconnes De cbele enfernieté soudaine.

(ilir. de S. Eloi, p. 113, Peigné.)

Car quant il se sot