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ANNALES
DE LA SOCIÉTÉ
ENTOMOLOGIQUE
DE FRANCE.
———_——————_—_——_——— Paris, Imprimerie de Poussielgue, rue du Croissant, 12,
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ANNALES
DE LA SOCIÉTÉ
ENTOMOLOGIQUE
DE FRANCE.
Natura maximè mivanda in minimis,
Deuxième Série.
TOME TROISIÈME.
À PARIS, CHEZ LE TRÉSORIER DE LA SOCIÉTÉ,
M. LUCLEN BUQUET, RUE DAUPHINE, 90.
1845
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ANNALES SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE.
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DISCOURS D'INSTALLATION
DE M. LE COLONEL GOUREAU.
Président pour l’année 1845.
(Séance du 22 Janvier 1845.)
Messieurs,
En prenant place dans ce fauteuil qui a été occupé par tant d’illustres entomologistes, mon premier sentiment est celui de mon insuffisance. Je ne puis attribuer l’hon- neur que je reçois qu'à mon zèle pour la science que nous cultivons, au désir que j’ai toujours montré pour sa pro- pagation et peut-être aux efforts que je fais continuelle- ment pour engager mes collègues à étudier les mœurs des insectes. Gelte étude, qui me semble un peu trop négli- gee dans ce moment, peut conduire l’entomologie dans
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une voie utile et lui faire prendre rang parmi les sciences qui rendent des services à la société. |
Lorsque l’on entre dans l'énumération des insectes nuisibles et dans le détail des dégâts qu’il causent, on demeure convaincu que les grands animaux nuisibles ou dangereux nous portent moins de préjudice que ces petits êtres qui paraissent au premier abord vils et méprisables. On doit observer à leur égard que les dommages qu’ils causent sont annuels et à peu près constants; ils sont comme un impôt régulier prélevé sur nos richesses agri- coles et industrielles dont nous nous apercevons à peine tant nous sommes habitués à le payer. Ce n’est que de temps à autre qu’une espèce pernicieuse se multiplie outre mesure et se faitremarquer par des dégâts extraor- dinaires. Alors l'attention est éveillée, la clameur pu- blique avertit l’autorité locale et le gouvernement envoie des savants pour observer le phénomène et chercher un remède au mal qui vient de se révéler.
C’est dans l’intention de remédier à ce mal qu’une loi sur l’échenillage a été rendue le 26 ventôte an IV (45 mars 1796), et que, par occasion, des arrêtés sont pris par les préfets contre les insectes nuisibles ou plutôt pour protéger les animaux destructeurs de ces insectes. Il faut en convenir, cette loi et ces arrêlés ne remédient que faiblement au mal dont il s’agit. C’est ce que je vais essayer de démontrer enlesexaminant dans leurs disposi- tions principales. Auparavant je dois réfuter l’opinion des entomologistes qui pensent qu'on ne doit rien faire pour s'opposer aux ravages des insectes; que la nature pourvoit à leur destruction mieux et plus sûrement que nous ne pouvons Île faire nous-mêmes, el que toute dé- pense pour atteindre ce but est en pure perte.
Les insectes, de même que les autres animaux,se mul-
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tiplient en proportion de la quantité de nourriture qu leur est offerte. Ainsi, lorsqu'un aliment végétal, par exemple, approprié à une espèce est convenablement préparé, les individus de cette espèce se multiplient avec une incroyable rapidité; ce sont des millions d'êtres qui se montrent là où quelques mois auparavant on remar- quait à peine quelques individus. Il semble que ce végé- tal devraitêtre anéanti par la dent vorace de ces animaux et disparaître en très peu de temps du canton infesté; il le serait en effet et il disparaîtrait si la nature elle-même n’avait pris soin de sa conservation par un moyen très simple. Elle a attaché à l’insecte destructeur un autre in- secte parasite qui vit aux dépens du premier comme ce- lui-ci vitaux dépens du végétal; en sorte que le parasite se multiplianten proportion d': l'accroissement numérique de l’insecte destructeur finit bientôt par le faire renirer dans de justes rapports et l'équilibre se trouve rétabli. Tel est l'expédient employé par la nature pour maintenir l'harmonie des proportions parmi les espèces vivantes. C’est en s’appuyant sur ce procédé simple et immanqua- ble que les entomologistes que je combats repoussent toute tentative ayant pour but de s’opposer aux ravages des insectes, laissant à la nature le soin de leur destruc- tion. Mais on doit observer ici que si la nature à pourvu d’une manière efficace à la conservation de toutes les es- pèces d’êtres qu’elle a créées et n’a pas permis que l’une d’elles pût en détruire une autre, elle n’a pas pris le même soin de préserver les produits de l’industrie humaine; en sorte que nous sommes obligés d’y veiller nous-mêmes.
Nous voyons ordinairement les dégâts causés par une espèce d’insecte croître graduellement pendant plusieurs années, et diminuer ensuite de même jusqu'à £e que l'ordre naturel soit rétabli. Nous essuyons donc une perte
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réelle plus ou moins considérable pendant plusieurs an- nées; ce qui nous impose l'obligation de chercher un remède à ce mal dont le retour se fait remarquer à des époques quelquelois très rapprochées.
L'apparition d'insectes destructeurs qui dévastent les arbres ou les plantes d’une contrée est une sorte de ma- ladie contagieuse, une épidendrie, qui sévit contre ces vé- gétaux comme les épizooties et les épidémies sévissent contre les animaux et contre les hommes. Ces maladies ont une sorte de ressemblance dans leur manière d’agir, en ce qu’elles sont passagères et sujettes à retour, et que pendant leur règne elles choisissent certains sujets et en épargnent d’autres sans que l’on sache précisément pour- quoi, On sait très bien que la peste, le choléra, la petite- vérole ne détruiront pas la race humaine, et les épizooties Jes races d'animaux domestiques; cependant on s'occupe très sérieusement de chercher des remèdes efficaces contre ces maladies. Quoique les arbres et les plantes ne présentent pas le même degré d'intérêt que les hommes et les grands animaux, ces végétaux ont cependant une valeur réelle et nous devons leur prêter le secours de l’art lorsqu'ils en ont besoin. Nous devons espérer d’arri- ver dans leur traitement à des résultats plus satisfaisants que ceux donnés par la médecine, parceque la cause du mal est beaucoup mieux connue.Il me semble donc parfaitement raisonnable de chercher les moyens de sau- ver Ja vie à nos arbres fruitiers en plein rapport, à nos arbres forestiers destinés aux constructions et aux végé- taux les plus utiles à l'homme.
Je crois aussi devoir m'élever contre un remède mis en usage par certains forestiers qui abattent non seulement les arbres malades, mais encore tout à l’entour ceux qui se portent bien pour couper le chemin à Ja contagion et
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sauver une forêt en sacrifiant un canton. D'abord il n’est pas sûr que le remède soit efficace, et l’on est sûr que le mal qu’il produit est considérable, parce qu'un grand nombre d’arbres abattus auraient échappé à la maladie qui se serait peut-être arrêtée ayant d'atteindre la zone sacrifiée. Ce remède me parait aussi dangereux que Île mal. Que dirait-on d’un médecin ou d’un vétérinaire qui ferait tuer tous les hommes ou tous les bestiaux d’un ar- rondissement atteint d’épidémie ou d’épizootie pour pré- server le reste du département ? La différence de valeur entre les arbres et les animaux ne peut excuser l'un et faire blâmer l’autre; scientifiquement ils encourent le même jugement.
Venons maintenant à la loi sur l’échenillage dont les dispositions se trouvent consignées dans l’ordonnance du préfet de police du département de la Seine en date du 29 janvier 1810. Voici ces dispositions ;
Art. 1°”, Aussitôt après la publication de la présente or- donnance tous les propriétaires, fermiers et locataires de terrains situés dans le ressort de la préfecture de police seront tenus d’écheniller ou de faire écheniller les arbres, haies et buissons qui sont dans lesdits terrains, ainsi que ceux qui bordent les grandes routes et les chemins vici- naux, sous les peines portées par l’art. 4° de la loi du 26 ventôse an IV.
Art. 2. Il leur est enjoint, sous les mêmes peines, de brûler sur le-champ les bourses et toiles provenant des- dits arbres, haies et buissons, en prenant les précautions nécessaires pour prévenir le danger du feu.
Art. 3°. L’échenillage sera terminé le 15 mars pro- chain.
Art. 4e. En cas de négligence de la part des proprié- taires, etc., les maires et adjoints feront faire l’échenil-
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lage aux dépens de ceux qui lauront négligé, etc.
On voit que ces dispositions ne concernent que le Bom- byæ chrysorrhoë dont la chenille passe l’hiver en famille sous une toile de soie qui renferme toute la couvée, et ne peuvent atteindre en aucune façon les chenilles qui éclo- sent au printemps et qui vivent à nu sur les arbres, telles que les Bombyx disparate et neustrien, qui méritent au- tant que le premier d’être signalées et poursuivies. Outre ces trois espèces polyphages, il en existe une foule d’autres qui dépouillent les arbres de leurs feuilles et de leurs boutons à fruit, qui portent la perturbation dans leur accroissement et qui causent quelquefois leur mort.
La loi sur léchenillage n’atteignant que bien imparfai- tement son but et ne produisant pas d'effet sensible est tombée en désuétude et on cesse presque partout de la mettre en pratique. On pense assez généralement qu'il est impossible de se délivrer des chenilles et on dit, pour s’éviter la peine de leur donner la chasse : A quoi bon les détruire dans mes propriétés? mes voisins n’échenillent pas; leurs insectes viendront ravager mes arbres, et mon travail aura été inutile. C’est encore là une erreur que l’on doit combattre parce qu’elle est funeste par ses ré- sultats.
On sait que les insectes, commeles autres animaux, ont une prédilection marquée pour le lieu qui les a vu naïi- tre, et qu’ils ne le quittent pas à moins d’y être sollicités par des circonstances impérieuses. Les chenilles nées sur un arbre vivent sur cet arbre tant qu’elles y trouvent des feuilles; les insectes d’un jardin le quittentrarement pour aller dans le jardin voisin. Les propriétaires qui prennent la peine de nettoyer leurs jardins, leurs vergers, leurs lu- zernes et leurs vignes, reconnaissent bientôt que leurs
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récoltes sont plus assurées et plus abondantes que celles des propriétaires négligents. Il en est des insectes cham- pêtres comme des insectes domestiques; avec des soins el de la propreté on en débarrasse promptement sa personne, ses appartements et ses domaines.
La loi sur la chasse du 3 mars 1844 vient prêter son appui à celle sur l’échenillage, en ce qu’elle autorise les préfets (art. 9, $ 1°") à prendre des arrêtés pour prévenir la destruction des oiseaux, dans le but de conserver ceux qui vivent d'insectes nuisibles à l’agriculture. C’est en se fondant sur cette loi que le préfet de la Seine-Inférieure a défendu au commencement de cet hiver la chasse aux corbeaux et aux corneilles qui détruisent les larves de hannetons dans les terres nouvellement labourées; et que ceux des départements de l'ancienne Lorraine prohibent la chasse appelée tendue, qui détruit chaque année une quantité prodigieuse d'oiseaux à bec fin et d’autres es- pèces également utiles à la conservation des récoltes el des forêts. Il suffit donc de signaler à ces magistrats les espèces dont la conservation est la plus nécessaire pour qu'ils s’empressent de les mettre sous la protection de la loi. Sans entrer dans la nomenclature de tous les oiseaux uliles on peut citer à l’avance les hirondelles et marti- nets, les grimpereaux, les pies et épeiches, les freux, les oiseaux de nuit, les rossignols et fauvettes, les étour- neaux, les geais, etc.
Les préfets consultent ordinairementles conseils géné- raux des départements au sujet des arrêtés qu'il pren- nent sur la chasse : il est donc très important de faire connaître aux membres de ces conseils les espèces d’oi- seaux les plus utiles à conserver, et de les instruire sur toutes les questions qui sont du ressort de la science entomologique. On voit ici de quelle utilité serait un
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traité d’entomologie appliqué à lagriculture que les propriétaires consulteraient dans leur intérêt privé et les membres des conseils généraux ainsi que les préfets dans l'intérêt de leurs départements.
Il est à regretter que la loi sur la chasse n’invesiisse pas les préfets du droit de prendre des arrêtés pour la conservation ou la destruction des mammifères insectivo- res, tels que le hérisson, le blaireau, la chauve-souris, la musaraigne, etC., qui détruisent non seulement une grande quantité d'insectes, mais aussi les mulots, les rats et au- tres animaux non moins nuisibles à l’agriculture et aux forêts que les insectes mêmes.
S'il existe des lacunes regrettables dans la loi sur l’é- chenillage et dans l’art. 9 de la loi sur la chasse, la cause en est évidente; c’est parcequeles législateurs ne s’étaient pas suffisamment éclairés des lumières de la science. Quoique les insectes paraissent vils et peu dignes de fixer l'attention des législateurs et des magistrats, ils sont ce- pendant très redoutables; lorsqu'il s’est agi de formuler des lois et des arrêtés pour s’opposer à leurs ravages, il aurait été convenable de consulter sur les moyens de les détruire l’Académie des sciences qui, renferme nos som- mités en histoire naturelle, la Société royale et centrale d'agriculture, qui possède sur cette matière des Connais- sances pratiques très positives, la Société entomologique de France, eic., de la même manière que l’on consulte les cours royales et les administrations supérieures lors- qu'il s’agit d'introduire des changements et des amélio- rations dans les lois ou dans les réglements administratifs actuellement en vigueur.
Il appartient aux Sociétés qui s'occupent d'histoire naturelle de donner l'éveil sur ces questions, d’en faire comprendre l'utilité et la portée, afin que, répandues dans
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le public, elles parviennent jusqu’à l'autorité qui peut en tirer d’utiles enseignements.
La Société entomologique de France, en faisant con- naître les mœurs des insectes et les moyens que l’on peut employer pour combattre les espèces nuisibles, acquerra de nouveaux droits à l’estime publique, qui viendront se joindre à ceux qu’elle a acquis et qu’elle acquiert cha- que jour pour les progrès qu'elle fait faire à l’entomo- logie.
Permettez-moi, Messieurs, de terminer en me félicitant avec vous de la situation prospère dans laquelle nous la voyonsaujourd’hui, situation quiest due à la sagesse de son administration et qui lui permet d'augmenter le volume de ses publications et de répandre au dehors les trésors de science qu'elle possède dans son sein.
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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45
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DES TRAVAUX DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE DE FRANCE; PENDANT L'ANNÉE 1844;
Par NX. Eugène DESMAREST,
Secrétaire de la Société.
(Séance du 12 Mars 1845.)
RE
Messieurs,
Ainsi que nous l’avons annoncé dans l’analyse des tra- vaux de la Société de 1833 à 1843, et d’après les disposi- tions de votre réglement, nous venons aujourd’hui vous présenter le résumé des recherches et des études de la Société pendant l’année 1844. Vous verrez dans cette no- tice qu’un grand nombre de communications importan- tes ont été faites et nous chercherons à vous les rappeler brièvement.
Mais auparavant nous croyons remplir un devoir sacré en disant quelques mots sur MM. Etienne Geoffroy Saint- Hilaire ( 2° série, 1. 11, bull., xziv ), Charles Nodier (2° série, t. 11, bull., xvr et xvin), membres honoraires et Peiroleri {2° série. t. 11, bull., xvin), membre correspon- dant, que la Société a eu le malheur de perdre dans le courant de l’année qui vient de s’écouler.
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Etienne Geoffroy Saint-Hilaire est né en 1712; Haüy, dont il avait suivi les cours et qu’il avait eu le bonheur de sauver de la tourmente révolutionnaire, le fit entrer à l’âge de vingt-et-un ans au Muséum d’histoire naturelle comme sous-garde et démonstrateur de Minéralogie; quelques mois après, lors de la réorganisation du Mu- séum, il accepta, sur les pressantes sollicitations de Dau- benton, la place de professeur de Mammalogie et d’Or- nithologie. Etienne Geoffroy Saint-Hilaire, qui jusqu'alors ne s'était occupé que des sciences inorganiques, se livra à l’étude de la Zoologie et l’on sait avec quel succès. On lui doit la création de la ménagerie du Muséum, dont il s’occupa toute sa vie, ainsi qu'une grande partie de l'ac- croissement et de l’arrangement des galeries de Zoologie.
Il fit partie de la célèbre expédition scientifique en Egypte; c’est à sa fermeté que l’on doit la conservation des collections de l’expédition dont les Anglais voulaient s'emparer après la prise d'Alexandrie. Etienne Geoffroy Saint-Hilaire entra à l’Académie des seiences en 4807, et deux ans après il fut nommé professeur de zoologie et d'anatomie comparée à la faculté des sciences.
Il a publié un grand nombre de travaux dans les mé- moires de l’Institut, dans les recueils du Muséum, dans l’ouvrage sur l'Egypte, etc.; mais c’estsurtout dans sa Phi- losophie anatomique qu’il consigna ses idées nouvelles sur l’organisation des animaux et sur les monstruosités : pres- que tous ses ouvrages portent sur l’étude des animaux vertébrés; il faut cependant citer relativement aux ani- maux articulés plusieurs mémoires importants dont voiei la liste. 1° Sur un squelette chez les Insectes, dont toutes les pièces identiques entre elles, dans les divers ordres du système entomologique, correspondant à chacun des os du squelette, dans les classes supérieures (Lua l'Institut
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 47
le 3 janvier 1820. Journal complémentaire du dictionnaire des sciences médicales, V, 340, 1820. — Annales générales des sciences physiques de Bruxelles, III, 165, 1820.) : 2° Sur quelques règles fondamentales en philosophie naturelle ( sur les connexions ou rapports des classes des animaux sans vertèbres entre elles) ( Lu à l'Institut, lc AT janvier 4820. Journ. compl. des sc. med. VI, 31. — Ann. gén. des sc. ph. de Bruxelles, III, 263, 1820) : 3° Sur une colonne vertébrale et ses côtés dans les insectes Apiropodes ( Lu à l’Institut le 2 février 1820. Journ. compl. des sc. med. VI, 438. — Ann. gén. des sc. ph. de Bruxelles, IV, 96, 1820 ) : 4° Sur le système intervertébral des insectes. ( Lu à l’Ins- titut le 26 août 1822. Mémoires du muséum, IX, 89, 1822. — Bulletin de la Société philomatique, 1823, 40 ) : 5° Sur les êtres des dégrés intermédiaires de l’échelle animale, qui respirent dans l’air et sous l’eau et qui ont à cet effet, dans un médium de développement, les organes respira- toires des deux sortes, principalement de ces organes et de leur mode d’action dans le Birgus latro ( Lu à l'Institut ie 12 septembre 1825. Bull. univ. des sc. nat. VI, 151, 1825. — Bull. des sc. nat., VI, 151, 1825. — Bull. des sc. méd., VII, 4, 1826. — Journ. compl. du dict. des sc. med., XXII, 327, 1895) : 6° Sur l’organe respiratoire aérien (poumon) ajouté dans les Crustacés, à l’organe respira- toire aquatique (branchie ); de l’isolement et de la situa- tion respective de ces organes dans le Birgus latro, V'Ecre- visse, etc. ( Lu à l’Institut le 49 septembre 18925. Bull. univ. des sc. med., VII, 7, 1826); et enfin plusieurs rapports lus à Institut savoir; 7°Rapport sur un mémoire de M. Au- douin, relatif à l’organisation (thorax) des insectes (Présenté à l'Institut le 7 février 1820. Journ. compl. du dict. des sc.med., VI, 36, 1820). 8 Rapport sur l'ouvrage de M. Chabrier intitulé : Essai sur le vol des insectes (Présenté à l'Insti- 2° Série, TOM. ni. ‘ 2
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tut le 23 avril 1821. Ann. des sc. phys. Bruxelles, VIII, 291, 4821.) et 9° Rapport sur un mémoire de MM. Audouin et Milne Edwards ayant pour titre : Recherches anatomi- ques sur le système nerveux des Crustacés ( Présenté à l'Institut Le 25 février 1828. Ann. des sc. nat., 1"° série, XIII, 218. — Mém. du muséum, XVI, 4, 1828).
Dès son origine, la Société entomologique voulut as- socier le nom d’Etienne Geoffroy Saint-Hilaire à ceux de ses fondateurs et elle le plaça au nombre de ses membres honoraires.
Il y avait environ quatre ans qu’'Etienne Geoffroy Saint- Hilaire avait perdu la vue, lorsque le 49 juin 1844, à la suite d’une longue maladie, il fut enlevé à l’âge de 72 ans à sa famille et aux sciences naturelles.
Charles Nodier naquit à Besançon en 1780 ; son père, avocat distingué et ancien professeur à l’Oratoire, fit sa première éducation; dès sa plus tendre jeunesse il se li- vra avec passion à l’étude de la littérature, et à l’âge de dix-sept ans il fut nommé bibliothécaire-adjoint de sa ville natale. Un ancien officier, M. de Chantrans, lui ins- pira le goùt de l’histoire naturelle; dans de longues pro- menades qu’ils firent ensemble ils se livrèrent à la re- cherche des insectes et des plantes.-Les premiers ouvra- ges de Charles Nodier furent consacrés à l’entomologie ; en 1798 il publia une notice sur l’organe de l’ouie chez les insectes; deux ans après il donna une histoire des insectes, dans laquelle il présenta un nouveau système de classification et il fit connaître le résultat de plusieurs de ses recherches sur les insectes dans un ouvrage ayant pour titre: Bibliothèque entomologique; enfin il donna des notices scientifiques dans plusieurs journaux.
Un grand nombre d'ouvrages de la plus haute portée
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 49
ont été publiés par Charles Nodier, mais nous ne devons pas nous en occuper; ils sont tous consacrés à la littéra- ture et nous ne parlons ici que de ses travaux entomo- logiques.
Par ses opinions politiques, obligé, sous l’empire, de se sauver de Besançon, il se réfugia dans le Jura; là il se mit de nouveau à recueillir des plantes et surtout des insectes, et partout où il s’arrêtat il se fit professeur errant d'histoire naturelle. Après avoir occupé plusieurs places peu importantes, il fut nommé, à l’époque de la restauration, bibliothécaire de l’Arsenal, place qu’il con- serva jusqu’à sa mort.
C’est le 24 octobre 1833 que Charles Nodier fut nommé membre de l’Académie française. Reçu au nombre des membres de la Société entomologique en 1833, peu de temps après la fondation de notre association; il en fut nommé membre honoraire, en remplacement d'Anselme Gaëtan Desmarest, le 5 juillet 1843 (1).
(4) Chargé comme Secrétaire, de transmettre celte nouvelle à Charles Nodier, nous nous rappelons qu’il l’accueillit avec une vive reconnaissance pour la Société, et qu’il voulut bien enrichir notre collection d’un insecte de France d’une grande rareté, l'Oxy- pleurus Nodieri, qu’il avait reçu de M. Mulsant.
Charles Nodier avail adressé, dans une lettre que nous croyons devoir reproduire ici, sa démission de membre ordinaire à M. Lu- cien Buquet, (résorier ; et c'est sur la proposilion de ce fonction- naire qu’il fut admis au nombre de nos membres honoraires.
A M. Lucien Buquet, trésorier de la Société entomologique de France, à Paris.
Monsieur et cher confrère.
Depuis la fondalion de la Secièlé entomologique, j'ai reçu quatre années des mémoires. J'ai payé fort exactement ce qui m'a été de- mandé pour ma part sociale, c’est à dire vingt-quatre francs par an, sauf erreur, mais je ne crois pas me tromper. La dernière an-
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Üne longue et douloureuse maladie empêchait depuis longtemps Charles Nodier de sortir de chez lui et elle l’enleva à la littérature et aux sciences le 29 janvier 1844, à l’âge de 64 ans. |
née (était-ce 1839, je l’ignore absolument), on ne me demanda que six francs, et je priai le porieur du mandat de faire observer au caissier qu’il devait y avoir erreur sur la quotité. Il revint en ef- fet avec un mandat de dix-huit francs quelques semaines après, et je soldai immédiatement. C'était un homme de belle taiile, de manières {fort bonnèles el à cheveux presque ras, elylris nitidis.
Depuis lors, je n'eutendis plus parler de la Société entomologi- que à laquelle j'étais lié par tant de doux souvenirs. Je pensai avec un profond regret qu'elle n’existait plus; je renonçai doulou- reusement à ma collection des mémoires dont je fis présent à un jeune adeple que je me flattais d’avoir formé à l’amour de la plus charmante des sciences. Accablé d’infirmités et presque aveugle, je n'y pensai plus que dans ces beaux rêves du passé qui liennent lieu du bonheur à ceux qui n’en ont plus d’autre.
Je dois à la vérité de dire que jai reçu deux fois celle année des lettres de convocation qui m'ont un peu consolé. J'en ai conclu que la Société se renouvelait, mais je n’ai pas pensé à la prévenir que je pouvais moins que jamais prendre parti à ses travaux. Je suis à un moment de la vie où l’on n’a plus à faire, en matière d’entomologie, qu'aux Pelles, aux Silphes, aux Nilidules et aux Né- crophores.
Ce que j'ai à cœur que la Société sache, monsieur et cher con- frère, c’est que je n’ai jamais failli à un de <ses mandats, que j'ai päyé le solde exact de toutes les années dont j’ai reçu‘les mémoires ou annales.
Ce que je souhaite plus ardemment encore, c’est qu’eile pense que c’est avec une amère tristesse que je renonce à celui de mes titres (il n’y en a guère) dont j'ai élé le plus jaloux.
Je suis, monsieur et cher confrère, avec la considération la plus distinguée, elc.
Signé : Charles NODIER.
Paris, 1e 6 mai 1843.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 21
Le baron Peiroleri, né en 1775, étais maitre-auditeur à la Cour des comptes de Turin et conseiller des guerres. 11 s’occupait depuis longues années de l'étude de lento- mologie et appartenait à la Société depuis 1833. Doué d’une constitution vigoureuse, il allait tous les étés faire un voyage dans les Alpes, où il se livrait avec ar- deur à la recherche des insectes, dont il possédait une belle collection. C’est le 9 février, qu’il est mort, après une maladie de quinze jours.
Passons maintenant à l'indication sommaire des divers travaux qui ont été présentés à la Société en 1844, sur les animaux articulés.
Aucune note ne nous a été donnée relativement aux animaux de la classe des CRUSTACÉS.
Quelques travaux ont été lus sur la classe des ARACH- NIDES. On ne connaissait pas les deux sexes des es- pèces assez nombreuses du genre Scytodes; un seul mâle, appartenant à l'espèce désignée par M. Walckenaër sous le nom de S. fusca, était connu; M. H. Lucas a décrit avec soin un autre individu mâle du même genre, et il a indiqué cet Arachnide, qui provieut du Mexique, sous le nom de Scytodes longipes (2° série, 1. 11, 4% trim, pl. 4). Le genre Ixodes a donné lieu à la lecture de deux notes : dans la première, M. H. Lucas décrit sous le nom d’Irodes transversalis, une nouvelle espèce qui vit dans la ‘cavité orbitaire du Python Sebæ, Dum. et Bibr., ainsi que dans celle du Boa constrictor, et qui se trouve maintenant en grande qnantité dans la ménagerie des reptiles du Muséum d'histoire naturelle ( 2° série, t. 111, 1° trim., pl. 1): dans la seconde note, M. Paul Gervais indique une nouvelle espèce d’Ixvdes, parasite de l'Ornithorhynchus paradoæus (2° série, t. 11, buil. Lvn). Enfin M. Paul Ger- vais a montré à la Société un grand nombre d'individus
22 ANNALES
d’un acarien, parasite de lAutruche d’Afrique, et il a proposé de donner à cet Arachnide le nom de Tyrogly- phus bicaudatus ( 2° série, t. n, bull., xxvir ).
Comme toujours, la classe des INSECTES, et princi- palement les ordres des Coléoptères et des Lépidoptères, a beaucoup plus occupé la Société que la classe des Arachnides. Avant de passer en revue chacun des ordres de la classe des Insectes, nous dirons quelques mots de plusieurs mémoires qui ne peuvent pas rentrer plus par- ticulièrement dans un ordre que dans un autre.
Dans la séance d'installation de la Société à l’Hôtel-de Ville de Paris, M. le colonel Goureau a lu un travail important sur l'utilité de l’entomologie. Après avoir indiqué les insectes qui sont d’une utilité directe dans les arts et dans l’industrie, l’auteur donne de nom- breux détails sur les insectes nuisibles dont nous de- vons chercher à nous préserver; il s’occupe des insec- tes nuisibles à l’agriculture, à l’horticulture, à la sylvi- culture, à l’économie domestique et enfin il termine son travail par l'étude des insectes destructeurs des espèces nuisibles ( 2° série, t. 11, 261).
M. Guérin-Méneville s’est occupé de l” D tOoinS ap- pliquée à l'agriculture, il a lu à la Société un mémoire présenté précédemment à l’Académie des sciences et à la Société royale et centrale d’agriculture de Paris, sur les insectes qui nuisent aux olives dans le midi de la France. Le savant entomologiste donne un aperçu rapide des mœurs de la chenille de l’OEcophora olivella, Dup., qui ronge l’intérieur du noyau des olives, et il fait connaître un Chalcidite nouveau ( Trigonogaster benignus, Guérin), qui vit aux dépens de cette chenille, et devient par con- séquent un insecte utile à la culture des oliviers ( 2° sé- rie, t. 11, bull. LXxvI ).
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M. le colonel Goureau a étudié les insectes qui vivent dans le Chardon penché (Carduus nutans), et il a reconnu qu’un grand nombre d'habitants se trouvaient dans l’in- térieur de cette fleur; il signale 4° : parmi les Coléoptè- res, le Rhynocyllvs latirostris; 2° parmi les Hémiptères, l’Anthocoris fuscus ; 3° parmi les Hyménoptères, le Bracon urinator, V'Eurytoma verticillata, le Semiotus diversus, le Ci- nips nitidula et deux espèces d’Entedon ; 4° parmi les Lépi- doptères, les Caloptria carduana et Eupæcilia hybridellaria et 5° enfin, parmi les Diptères, l’Urophora cuspidata et une espèce de Cecydomia. L'auteur donne des détails sur les mœurs et les métamorphoses de ces diverses espè- cesr(2 série, 1. 11, 1° trim. pl. 2, n°. ir).
M. Emile Blanchard a donné un aperçu général des ré- coltes entomologiques qu’il a faites dans le courant de l’année 1844, en Sicile et en Calabre. Il estime à environ trois cents le nombre des espèces nouvelles qu’il a rap- portées. Les Coléopières lui ont donné une centaine d’es- pèces nouvelles, et il cite principalement les Bruchus et les Altica, qu'il a étudiés depuis son retour. Les Orthop- tères et les Hémiptères lui ont fourni un assez grand nombre de nouvelles espèces. Parmi les Névroptères il a rencontré des espèces intéressantes des genres Fourmi- lions, Ascalaphes et Hémérodes. Il n’a pas été aussi heu- reux dans l’ordre des Lépidoptères, qui ne lui a rien fourni d’intéressant. Enfin parmi les Hyménoptères et les Diptères, il a trouvé un assez grand nombre de nouvelles espèces ( 2° série, t. 11, bull. LxXxIx ).
M. Serville a adressé à la Société des détails sur les insectes de tous les ordres qui composent sa collection (2° série, t. 11, bull. Lynn.
La discussion entamée en 1843 entre MM. Léon Du- four et Goureau relativement à la situation des stigmates
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thoraciques dans les larves de Buprestides, a continué l’année dernière et a donné lieu à une nouvelle note de M. Léon Dufour (2° série, t. 11, 203). M. H. Lucas est venu à son tour prendre part à cette discussion et il a pré- senté quelques remarques sur la composition céphalique de la larve du Buprestis ( Chalcophora) mariana, et sur la position qu’occupe la première paire de stigmates (2° sé- rie, t. 11, 315). Enfin M. Goureau a lu un travail impor- tant sur la constitution céphalique des larves de Longi- cornes et sur la position de leur première paire de stig- mates ( 2° série, t. 11, 433 et A41).
Les insectes qui ont perforé des métaux ou des alliages métalliques ont occupé plusieurs entomologistes. M. de Brême a montré des cartouches de soldat qui avaient été perforées par des insectes, probablement, d’après lui, à l’é- tat de larves; non seulement l’enveloppe de la cartouche avait été déchirée, mais encore la balle de plomb avait été rongée à une profondeur de quatre ou cinq millimètres (2° série, t. u, bull. xx). M. Eugène Desmarest a com- muniqué des clichés typographiques qui ont été perforés très profondément par des Apate capucina à l’état d’insecte parfait. Le même entomologiste a fait voir des creusets de plomb assez minces, qui avaient été entièrement per- cés par des Callidium sanguineum, aussi à l'état d’insecte parfait ( ‘* série, t. 1, bull. xxiv ). M. le docteur Piccioni a adressé des détails sur les mœurs de la Cetonia cardui, qui, d’après lui, se nourrirait de miel et qui pour péné- trer dans les ruches des abeilles, rongerait des plaques de plomb placées pour les empêcher d’y entrer. Après cette communication, plusieurs observations ont été pré- sentées sur ce sujet par M. Eugène Desmarest ( 2° série, 1. u, bull. xxx11). Enfin le même membre a donné des détails sur des insectes ( Dermestes lardarius et vulpinus,
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Anthrenus), qui ont percé à une profondeur assez consi- dérable un mur construit en calcaire grossier (2° série, t. 11, bull, xxxin1 ).
Un fait important a été présenté par M. le docteur Aubé. Cet entomologiste a trouvé dans les masses grais- seuses qui enveloppent les organes abdominaux d’un Hylurgus piniperda, un très petit entozoaire; qu’il croit devoir rapporter au genre Oxyura, et peut-être même à l'espèce désignée sous le nom d’Oxyure de l’Oryctes nasi- cornis ( 2° série, t. 11, bull. xur ).
Nous allons maintenant prendre chacun des ordres de classe des insectes en particulier et indiquer les commu- nications qui ont été faites à la Société.
Dans l’ordre des MYRIAPODES nous aurons à citer plusieurs notes intéressantes. Une discussion assez vive s’est élevée entre MM. Westwood et Paul Gervais à l’oc- casion du genre Campodea (2° série, t. 11, bull. zur et Lxn). Plusieurs Myriapodes nouveaux, provenant de Colombie, ont été décrits par MM. Paul Gervais et Justin Goudot; et désignés sous les noms de Glomeridesmus porcellus, Po- lydesmus granosus, oniscinus et velutinus, lulus bioculatus, Syphonophora luteola, Scutirera insignis, etc. (2° série, t. 1x, bull. xxvu). M. Paul Gervais a donné des détails sur le genre Cambala de M. Gray et sur l’espèce type nommée C. lactaria (2° série, 1. n, bull. xx). Enfin le même zoologiste a décrit, sous les noms de Scolopendra alternans, subspinipes et trigonopoda, des espèces de Myriapodes ap- partenant au Britisch Museum (2° série, t. 11, bull. xx1).
L'ordre des COLÉOPTÈRES nous fournira un grand nombre de mémoires. Nous citerons d’abord un travail de M. le marquis de Brême, contenant deux décades d'insectes Coléopières nouveaux ou peu connus : l’auteur crée quatre nouveaux genres sous les noms de Xenodorus
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(type Geotrupes janus, Fabr.), Lycomedes (type L. Reichei, Br.), Antodon (type À. Burmeisteri, Br. ), de la tribu des Scarabéides et Anatista ( type A. Lafertei, Br. ) de la tribu des Mélolonthides ; puis il donne la description d'espèces désignées sous les noms de Cicindela lugubris, Dej. Dromica gigantea, Melly. Coll., Graphipterus Westwoodii, Melly. Coll., Anthia Melly, Reiche. Coll. et alveolata, Melly. Coll., Erymanthus variolatus, Br., Macraspis pretiosa, Br., Strigo- derma fulgicollis, Br. et insignis, Br., Zopherus Bremei, Guérin, Rev. et nigriventris, Br., Euriptera venusta, Br., Alurnus undatus, Reiche. Col. et cyaneus, Br. (2° série, 1. 11, 287, pl. 7,8et 9).
La famille des CARABIQUES nous a offert deux notes : l’une de M. Trobert contenant, sous le nom de Cicindela syriaca, la description d’une nouvelle espèce de Cicindèle provenant de Beyrouth (2: série, t. m1, bull. xxxvi}); et l’autre de M, le baron Feisthamel, donnant la descrip- tion d’une nouvelle espèce de Carabus (C, Lafossei), trou- vée en Chine par M. Lafosse (2° série t. nr, 1* trimestre, pl. 2;°n°4 }:
M. le docteur Aubé a communiqué des détails sur di- verses espèces de BRACHÉLYTRES du genre Myrmedonia, que l’on trouve quelquefois dans les fourmilières, mais qui se rencontrent plutôt dans les environs des habita- tions des fourmis (2 série t. 1, bull. xxxvn).
Dans la famille‘des Srernoxes, M. H. Lucas est venû compléter les observations de M. Pecchioli, sur les mé- tamorphoses du Buprestis (Calcophora ) mariana; l'auteur donne, d’après M. Levaillant, de très nombreuses et très intéressantes remarques sur la larve de ce bel insecte (2° série, t. 11, 321). M. Reiche a communiqué, d'après M. Emile Mocquerys, des détails 4°: sur un Pyrophorus qui a la faculté d'émettre de la lumière par un des côtés
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de la poitrine et 2° sur un autre Elatéride qui a sur les élytres, deux taches jaunes phosphorescentes, non vi- trées { 2° série, t. 11, bull. Lx ).
M. Reiche a parlé, d’après M. Emile Mocquerys, d’une nouvelle espèce de MaLacopeRMEs du genre Nyctophanes (N. candellaria), dont la larve a la propriété d’être lumi- neuse dans l'obscurité (2° série, t. 11, bull. Lxiv). M. Gué- rin-Méneville a montré une larve d’une taille assez con- sidérable qui, par sa forme générale, se rapproche beau- coup de celles du genre Drilus, et qui provient de la co- lonie de Liberia en Afrique (2° série, t. 11, bull. Lxxxvn).
Dans la famille des CLAvVICORNES, nous indiquerons 4° : une discussion entre MM. Aubé et Guérin-Méneville, à l’occasion du Ptilium apterum, et dans laquelle il a été démontré que cette espèce, bien réellement dépourvue d'ailes avait été à tort, confondue par quelques auteurs, avec le P, testaceum, qui est ailé; et en outre, que le nom de Ptilium devait être remplacé par celui de Tricopteryx, Steph. (2° série, t. 11, bull. x et xvi); 2° M. Reichenbach a donné des détails sur les mœurs des Byrrhus, et il a dé- montré que plusieurs espèces de ce genre étaient phyto- phages : à l’occasion de cette note, M. Mulsant a dit que diverses espèces de Si/pha que l’on croyait exclusivement carnassières, prenaient aussi quelquefois une nourriture végétale (2° série, t. 11, bull. 1x).
La famille des LAMELLICORNES nous présentera un long et intéressant mémoire de M. le docteur Schaum intitulé : Observations critiques sur la division des La- mellicornes mélitophiles. Le savant entomologiste fait une critique, qui nous a semblée vraie et consciencieuse, de l'ouvrage de M. Burmeister (Handbuch der Entomologie, u1.)sur les Mélitophiles; nous ne pouvons suivre M. Schaum dans la longue revue qu’il passe des espèces décrites par
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M. Burmeister, nous nous bornerons à dire que son tra= vail est terminé par la description de vingt-trois espèces nouvelles de Mélitophiles (Ceratorhina ( Amavrodes) Pas- serini; Heterorhina suavis, smaragdina et induta; Gymnetis Bomplaudii; Discopeltis concinna; Phoxomela abrupta; Oxy- thyrea amabilis, œneicollis et Perroudii; Aplasta dichroa et lutulenta; Cetonia ( Protætia) Bremü; Ceionia (Pachnoda) histrio; Pantolia ebenina et rubrofasciata; Pygora erythrode- res; Diplognatha Blanchardi ; Ptycophorus fluctiger ; Cenochi- lus plathyrrhinus; Scaptobius aciculatus; Lissogenrus planicol- lis et Agenius clavus), et par un catalogue complet de tou- tes les espèces connues de Cétoines et de Trichiens (2° serie, t. 11, 333 pl. 41 et 2° série, t. 1, 1° trimestre). M. le vicomte de Bar a communiqué une note sur les métamorphoses du Dorcus parallelipipedus, dans laquelle il fait connaître les divers états de cet insecte : le même sujet ayant déjà occupé MM. Léon Dufour et Ratzeburg, la Société n’a pas cru devoir imprimer ceite notice dans les Annales ( 2° série, t. 1, buil. xvur). M. Reiche a dit, d’après M. Emile Mocqueris, que les Passalus faisaient entendre un bruit particulier en frottant les derniers an- neaux de leur abdomen contre leurs élytres (2° série, t. 1, bull. Lx1v ).
Relativement à la famille des MÉLASOMES, nous dirons que M. Mulsant à annoncé qu’il était parvenu a élever à Lyon des larves de l’Akis punctata : il a ajouté qu’il possé- dait plusieurs individus de cet insecte à l’état parfait, que ces Coléopières s'étaient accouplés deux années de suite et qu’ils n’étaient pas encore morts en 1844 (2° sé- rie, t. 11,bull. Lvi).
La famille des CurcuLionITEs ne nous a offert qu’une communication de M. le docteur Aubé, relative à une espèce d’Apion (A. leptocephalum ), qui a été trouvée en
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immense quantité sur un pommier d’assez petite taille (2° série t. n, bull. xLvir: ).
Dans la famille des XYLOPHAGES nous dirons qu’une discussion s’est élevée entre MM. Guérin-Méneville et le docteur Aubé, relativement au genre Calyptobium, Villa, etqu’ilaété démontré que ce genre avait été désigné pour la première fois par M. Curtis, sous le nom d’Holopara- mecus : M. Guérin-Méneville a également prouvé que l’es- pèce décrite par M. Aubé sous le nom de Calyptobium Villæ était V Holoparamecus depressus Curtis (2° série, t. ur, bull. vet x).
Plusieurs mémoires importants se rapportent à la fa- mille des LonGicornes. M. H. Lucas a donné de nombreux détails sur les iravaux desentomologistes relativement aux larves des Longicornes, et il à cité principalement Rœ- sel et MM. Ratzeburg, Westwood, Mulsant, Solier, Léon Dufour et Goureau, qui en ont fait connaître un assez grand nombre. M. H. Lucas a donné ensuite avec soin la description détaillée des métamorphoses de l’Ergates fa- ber, doni M. Mulsant avait déjà décrit la larve, mais d’une manière trop concise ( 2° série, t. 11, 161). M. le colonel Goureau a communiqué l’histoire des métamorphoses du Morimus lugubris et de la Saperda scalaris | 2° série, t. 1, 427 ). Enfin M. Serville a donné des détails sur les mœurs de l’Oberea pupiilata, et il a fait connaître les caractères. qui distinguent le mâle de la femelle (2° série, t. n, bul- letin, L ).
M. Théodore Lacordaire à annoncé la publication pro- chaine d’un grand ouvrage sur les insectes de la famille des Eurones, dont il connaît maintenant plus de cinq cents espèces (2° série, t. 11, bull. Lvir).
Dans la famille des Cycciques, tribu des Chrysoméli- nes, nous Cilerons deux notices. 4° M. Solier avait déerit,
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il ya quelques années, dans les Annales de la Société (1° série, t. v, p. 687), une nouvelle espèce de Cryptocephalus (Homalopus) à laquelle il appliqua le nom de C. Loreyi, mais il n'avait fait connaître qu’un seul sexe, la femelle : M. Au- guste Rouget ayant découvert le mâle en a donné une bonne description et il a terminésa notice par l'indication des va- riétés très nombreuses que présente cette espèce ( 2° sé- rie, t. 11, 207, pl.6,n°. ur). 2° M. Léon Dufour a publié une note dans laquelle il relève des erreurs qui lui étaient échappées dans son travail sur le Choragus-Sheppardi, pu- blié dans le quatrième trimestre des Annales pour 1843, page 313 (2° série, t. 11, bulletin, x£):
L'ordre des HÉMIPTÈRES ne nous arrêtera que peu d’instants. M. Amyot a plusieurs fois entretenu la Société du grand travail dont il s’occupe en ce moment sur les Hémiptères de France (2° série, t. 11, bull. zxiv ). M. Léon Dufour a donné des observations générales sur le genre Aradus et il a décrit sous les noms d’A. dilatatus et ellip- ticus, deux espèces qu’il a trouvées dans les Pyrénées et qui, d’après lui, diffèrent notablement de l’Aradus betulæ, Linné (2° série. t. 11, 447, pl. 40, n°. 1). Le même zoolo- logiste a communiqué la description d’une autre espèce du même genre (Aradus Perrisii), découverte aux environs de Mont-de-Marsan par notre collègue M. Edouard Per- ris ( Note non encore imprimée ). M. Amyot a donné une note sur les espèces d’Aradus décrites par M. Léon Du- four : il croit que l’espèce indiquée sous le nom d’Aradus ellipticus n’est qu’une simple variété de VA. betulæ, Linné, et il pense que l’Aradus Perrisi, Dufour, doit former le type d’un genre nouveau { Note non encore imprimée ).
Dans l’ordre des NÉVROPTÈRES, M. Blisson a donné de nouveaux moyens pour conserver avec leur couleur,
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et détruire l’état graisseux, des OEshnes et des Libellules (2° série, t. 11, bull. xLv ). ;
L'ordre des HYMÉNOPTÈRES ne nous offrira qu’une seule communication. M. Reiche à donné, d’après M. E. Mocquerys, des détails sur l’OEcodoma cephalates, La- treille, qui lacère avec une grande rapidité les feuilles des arbres et dont les habitants du Brésil se servent pour cicatriser les plaies : ils se font pincer par ces fourmis et coupent ensuite la tête de l’insecte dont les mandi- bules restent fermées et tiennent ainsi les bords de la plaie rapprochés ( 2° série, 1. 11, bull, zxvir).
Dans l’ordre des LÉPIDOPTÈRES nous citerons un grand nombre de mémoires. M. Victor Ghiliani a donné d’intéressants détails sur la stridulation du Sphinx atropos ( 2° série, t. 1, bull. Lxxtr ). M. le docteur Aubé a recherché quelle pouvait être l'influence d’une nourriture plus*ou moins abondante sur la produc- tion des sexes dans les vers à soie : il croit, mais sans toutefois en être bien certain, que sous l'influence d’une nourriture peu abondante il se produit plus de mâles que de femelles, tandis qu’il y a à peu près le même nombre de mâles et de femelles lorsque la nourriture donnée aux chenilles est abondante {2° série, t. 11, bull. Lxxxvr). Des accouplements entre espèces différentes ont été observés par M. Théophile Bruand : il a vu l’accouplement d’un mâle de Satyrus janira et d’une femelle de Vanessa urticæ (2° série. t. n, bull, vi ), et il a indiqué un métis qui te- nait à la fois des Vanessa urticæ et atalanta (2 série, t. 11, bull. vi). Quelques détails ont été donnés sur les variés tés que l’on nomme des aberraions : M. Alexandre Lefeb- vrecroitque ces aberrations existent déjà dans l'embryon; M. Pierret pense au contraire qu’elles ne commencent à se manifester que dans la chrysalide et peu de temps
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avant l’éclosion de l’insecte parfait. M. Pierret ajoute que la domesticité exerce une grande action sur le système de coloration des Lépidoptères, et il cite les Vanessa prorsa, porima et levana, qui ne sont que de simples variétés d’une même espèce, et offrent des couleurs différentes suivant le mode que l’on a employé pour les élever et les faire éclore (2° série, t. 17, bull. vn ). M. de Selys Long- champs a donné quelques remarques sur les Lépidoptè- res qu’il a trouvés aux environs de Naples. Il signale l’Arge anphitrite, V Anthocharis ausonia, la Colias edusa, le Satyrus mœra, des Heliotides, le Polyommatus cyllarus, la Co- lias rhamnei, le Papilio podalirius, le Satyrus megæra, la Ly- cœna Aldrovanda, Selys, l'Euristeria pulverulentaria, Se- lys, etc. ( 2° série, t. 11, bull. x11).
Dans la famille des Diurnes, M. Pierret a fait connaître la femelle de l’Anthocharis Damone dont on ne connaissait encore que le mâle (2° série, t. 11, bull. Lvn et LxIv). M. Boisduval a annoncé qu’après avoir étudié avec soin les chenilles des Anthocharis belia et ausonia, il s’était as- suré que ces deux prétendues espèces n’en formaient réellement qu’une seule : et de même que les Anthocharis glauce et belemia, devaient être réunies (2: série, t. 11, bull. LxvIN). Deux faits de géographie entomologique ont été indiqués par M. Pierret : l’un est relatif au Satyrus lache- sis, que l’on croyait exclusivement propre au sud-ouest de l’Europe et à la Barbarie, et qui vient d'ètre pris aux environs d'Athènes par notre collègue M. Victor Signo- ret ( 2° série, t. n, bull. vu), et l’autre concerne le Saty- rus anthelea, pris également auprès d'Athènes, et que jus- qu’ici on n’avait trouvé qu’à Smyrne ( 2 série, t. 1, bul- letin, vu). | v
Une seule communication devra être citée dans la fa- mille des CRÉPUSCULAIRES. M. le docteur Boisduval nous à
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annoncé qu’il s’occupait de la composition d’un Catalo- gue des Lépidoptères Hétérocères et qu’il donnerait bien- 11 à la Société la tribu des Sphingides, qui comprendra à peu près cent cinquante espèces : Cet ouvrage portera le titre de Prodromus Sphingidum ( 2° série, t. 1, bulletin, LXIV ).
La famille des NocrTURNES nous présentera plusieurs notices intéressantes. Des détails sur la manière de vivre de la Lasiocampa lineosa ont été donnés par M. Boyer de Fonscolombe (2° série, t. 11, bull. zx ). MM. Boisduval et Pierret ont fait quelques remarques sur les mœurs et principalement sur l’accouplement de la Psyche febretta (2° série, t. 1, bull. Lxv). La manière dont la Dicranura vinula sort de son cocon a donné lieu a des observations de M. Boyer de Fonscolombe (2: série, t.11, bull. Lx). M. Boisduval a an- noncé;ique la Noctua communimacula doit être rapportée au genre Limacodes et il a dit que la chenille de cette espèce se nourrissail de Pucerons (2° série, t. 11, bull. Lxx }. M. Bruand à fait connaître pour la première fois en France la chenille de la Spælotis nyctimera, Duponchel (2e série, 1. ui, 492, pl. 6, n.1c.); le même membre a également étudié la chenille de la Caradrina respersa (2° série, 1. 1, 494, pl. 6, n, 1, p). M. Donzel a donné la description d’un nouveau lépidoptère, trouvé récemment aux envi- rons de Marseille, et qu’il rapporte, d’après M. Guenée, au genre Polia (P. Félicina) (2° série, t. 1, 199, pl. 6, n. 11). M. Guenée a lu à la Société un travail important sur les Microlépidoptères : dans la préface de cet ouvrage, le savant entomologiste cite tous les travaux qui ont été publiés en Microlépidoptérologie, puis il en donne le Catalogue complet et il a soin de décrire d’une manière complète les espèces nouvelles où qui n'étaient pas suffisamment connues (2° série, t. 11, À trim. ete. ).
2° Série, TOM. 11. 3
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M. Bruand a adressé à la Société des observations sur plusieurs chenilles de Tinéites : il a dit que la chenille de l’Hæmilis pastinacella, Zeller, se nourrit de graines vertes de l’Heracleum splondilium, Linné, et qu’elle est très sujette aux piqûres des Ichneumons (2: série, t. 11, 489, pl. 6, n.1, 8 ); il a montré que la chenille de la So- lenobia clathrella, qui se tient sur les vieilles barrières et ne change guère de place pendant toute sa vie, se cons- truit un fourreau à la manière des Psyches (2° série, t. n, 495, pl. 6; n. 1, €.) : enfin il a donné une nouvelle description de la chenille et de la chrysalide du Chilo phragmitellus, Treitsche (2° série, t. 11, 187, pl. 6, n. 1, A). Le même membre a annoncé à la Société qu’il avait trouvé dans la vallée de la Loue auprès de Chatillon, la Cheimonophila gelatella, Linné, espèce que l’on croyait ex- clusivement propre à la Suède et à l’Allemagne (2° série, t.10 bull vi):
Nous devons nous occuper maintenant des insectes de l’ordre des DIPTÈRES.
Dans la famille des NÉMOCÈRES nous aurons deux noti- ces à citer. M. Macquart à donné de nouveaux détails sur un Diptère trouvé en France et qui lui a servi de type pour la création de son genre Blepharicera ( BL. limbipen- nis) : notre zèlé coilègue n'avait fait connaître qu’un seul sexe de cet insecte et il avait cru que c'était un mâle : d’après de nouvelles observations, il pense aujour- d'hui que l’insecte qu'il avait fait connaître en 1842, est une femelle, il décrit le véritable mâle et donne comparativement les caractères des deux sexes ( 2° série, 1. ur, 69, pl. 2, n° n1). M. Guérin-Méneville avait décrit en 1832 dans les Annales (1'° série, t. 1, 161, pl. 8.) une espèce de Tipulaire, à laquelle il avait donné le nom de Ceratopogon geniculatus; M. Léon Dufour est venu en
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2 à < 29
1844 compléter ce travail, principalement en ce qui re- garde la larve et la nymphe de ce Diptère (Mémoire non encore imprimé ).
La famille des TANYSTOMES nous à fourni un mémoire important. Les caractères que fournissent les nervures des ailes chez les insectes ont servi à la classification des Hyménoptères, des Hémiptères et des Lépidoptères ; M. Macquart à déjà, il y a quelques années, cherché à s’en servir de même dans l’ordre des Diptères : il nous a adressé une notice sur les différences sexuelles des Doli- chopus, tirées des nervures des ailes et il a donné de nombreuses figures à l’appui de son travail (2° série, t. 11, 177, pl. Aet5).
Enfin nous devons encore nous arrêter sur quel- ques travaux relatifs à la famille des ATHÉRICÈRES. M. Macquart à donné lecture à la Société d’un long et important mémoire sur les Diptères de la tribu des Ta- chinaires, et il nous a fait espérer qne ce travail pren- drait place dans nos Annales ( Mémoire non encore im- primé). M. Camillo Rondani nous a adressé un mémoire en latin sur les espèces italiennes du genre Chrysotoxum ; après avoir indiqué avec soin les caractères génériques, l’auteur décrit neuf espèces sur lesquelles cinq sont nou- velles et nommées par lui Chrysotoxum italicum, cisalpi- num, parmense, chrysopolita et trinictum (Mémoire non encore imprimé). M. Léon Dufour a fait connaître les métamorphoses de la Lucilia dispar : il a démontré que la larve de cet insecte n’a pas les mêmes mœurs que les autres larves de Muscides qui se nourrissent de matières organiques en décomposition; car elle vit en parasite sur les oiseaux dont elle suce le sang ( Mémoire non encore imprimé). En terminant nous citerons une note de M. Justin Goudot sur une nouvelle espèce de
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Cuterebra (C. noxialis), dont les larves produisent de grands dégâts à la Nouvelle Grenade (2° série, t. 11, bull. M
L'analyse que nous venons de donner des travaux de la Société pendant le cours de l’année qui vient de s’écouler nous fait voir, Messieurs, que nos collègues n’ont pas interrompu en 1844 la tâche que s'étaient imposée en 1832, les entomologistes fondateurs de notre réunion; et nous avons la certitude que dans l’avenir cette tâche sera toujours remplie avec autant de savoir et de zèle.
En consultant le résumé des travaux de la Société pour 4332, présenté par M. Brullé (4'° série, 1. 11, 321. ); l'analyse pour les années 1833 à 1843, que nous avons donné l’année dernière (2 série, 1. 11, 217 }, et la no- tice que nous offrons aujourd’hui, on peut voir que le nombre des mémoires publiés par la Société a été très considérable et que de nombreux matériaux ont été four- nis à la zoologie par notre association.
La Société tend de jour en jour à prendre une extension nouvelle, produite principalement par l’imsortance des travaux de ses membres, et, il faut le dire aussi, quoique cela ne nous soit peut-être pas permis, à nous membre du bureau, grâce à l’activité et au zèle à toute épreuve de notre Trésorier, M. Lucien Buquet (2° série, t. 11, bull. ZLxXXXVIN ). Enfin ce qui doit, nous en avons l’espérance, augmenter encore l’importance de notre Société, c’est la faveur toute spéciale par laquelle M. le préfet du départe- ment de la Seine nous a accordé une salle de l’Hôtel- de-Ville pour y tenir nos séances ( 2° série, t. 11, 243, Dbulf., xxxV, XXX VINS, XLIE, XLV, XLVII @[ LIV ).
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DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 37 AAA AA 272 M AAAAAA AAA AAA AU AAA AA ANA NA AAA AAA AA AAA AAA AA AN ER ANR PAS RAN SARA AAJSAAA SO RAA
6% CATALOGUE
DES ESPÈCES CONNUES QUI ENTRENT DANS LA FAMILLE DES LAMELLICORNES MÉLITOPHILES.
Par M. le docteur SCHAUM.
(Séance du 6 Mars 1844.)
CETONIADÆ. GOLIATHUS, Lamarck, elc. NARYCIUS, Dup., Westw., Burm. SECTIO 1. 1 Giganteus, Westw. Guinea.
1 Opalus, Dup;, West, Bur. Madras.
Magnus, Duncan. à ; $ Olivaceus, Dupont.
Druryi, Mac Leay.
Scarabœus goliathus, Lin., Drury, SECTIO 2. Jablonsky. Celonia goliala, F., O1. CYPHONOCEPHALUS, Wes{w., Burm. 2 Druryi, Westw. Guinea.| 1 Smaragdinus,West.,B. Ind.or.ant. Giganteus, Mac Leay, B. Goliath. var., Drury, OL. DICRANOCEPHALUS, Westw., B. @ Regius Klug.
4 Wallichii, Mac Leay, Wes{w., B.
3 Cacicus.O1.,F.,G.etP., B. Guinea. Nepaul
Cacicus ingens, Voet. Goliath. var., Jablonsky. Q Princeps Hope.
WWellech, G. et P. MYCTERISTES, Cast., Weslw., B. HYPSELOGENIA, Burm. Westw. PHILISTINA, Mac Leay.
4 Concava, G.et P., B. Afr. aust. SECTIO 1.
2 Geotrupina, Schoën., Afr. aust.l 1 Rhinophyllus, Wied., G. et P., Albopunclala, G. el P., B. Buq., Weslw., B. Java.
38 ANNALES
SECTIO 2. | PHÆDIMUS, Westw., Burm. 1 Cumingii, Westw, Waterh., B. Ins. Philipp. ISCHNOSCELIS, Burm.
1 Hopfneri, G. et P., B. Mexico.
MECYNORHINA, Hope, Wes{w., Burm. SECTIO 1.
1 Torquata, Drury, B., Wes{w. Collaris, SchϾnh.
Waterhouse, Sierra Leona.
SECTIO 2. CHELORHINA, Burm. 1 Polyphemus, F., O1., G. et _P.,
Weslw., B. Guinea. CERATORHINA, Westw. SECTIO 1.
DICRANORHINA, Hope, Burm.
4 Micans, Drury, F., Herbst, West.,
Calabar.
2 Cavifrons, Westw. Senegal. Micans, O1., G. et P., Guérin, B.
3 Splendens, Mac Leay, B., Westw.
Afric. aust.
4 Derbyana, Westw. Afric. aust. or.
SECTIO 2. EUDICELLA, White.
4 Daphnis, Buquet, B. Senegal. 2 Smithii, Mac Leay, B. Afric. aust. 5 Morgani, White, B., West. Sierra
Leona. 4 Frontalis, Westw.. B. Guinea. 5 Grallii, Buquet, B. Afric. occid. 6 Ignila, Westw, Guinea.
SECTIO 3. TAURHINA, Burm., Westw. 1 Niveus,Schaum, B., West. Guinea. SECTIO 4. COELORHINA, Burm., Wesiw. #
1 Quadrimaculata, F., OI., G. et P., Mac Leay, B. Afr. æquinoc. 2 Aurata, Weslw. Sierra Leona. SECTIO 5. STEPHANORHINA Burm., Wes{w.
4 Guttata, Oliv. G. et P., Buquet, B. Afric. æquinoct.
SECTIO 6. CHEIROLASIA, Wes{w. 1 Burkei, Westw.
SECTIO 7. AMAURODES, Westwood.
1 Passerinii, Westw. Mosambique, Port Natal.
RHOMBORHINA, Hope. SECTIO 1. JuMNOos, Saunders, West., Burm. 4 Ruckeri, Saund., B. Ind. or ant. 2 Roylii, Hope, West., B. Kaschmir. __ SECTIO 2. RHOMBORHINA, West., Burm.
Af. aust. or.
1 Resplendens, Schæn., B. China. Heros, G. ei P.
2 Melly, G. et P., B. Nepaul. var. Distincla, Hope, Pilipes, B.
3 Apicalis, Westw. Nepaul.
4 Opalina, G.etP., Wes{.B.Nepaul.
5 Japonica, Hope, West. Japon. Clypeala, West., B.
6 Hyacinthina, Hope, Wesiw.. B.
Assam.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE.
BOTHRORHINA, Burm., West. PLÆSIORHINA, Wesiw., olim.
4 Reflexa, G. et P., Wesiw., Burm. ” Madagascar.
2 Ochreata, G.elP.,B. Madagascar. CHORDODERA, Burm., Westw.
1 Qinquelineafa, F.,01., B. Guinea. 2 Pentachordia, Klug, B. Guinea.
TMESORHINA, West., Burm.
1 Concolor West., Hope, B. Guinea.
2 Thoreyi, Schaum. Guinea. 3 Iris, F., OI., B:, Bainbr. Guinea. Amabilis, Weslwood olim.
DYMUSIA. Burm., Weslw. SECTIO 1.
1 Cyanea, OI.,G. et P., B. Senegamb. 9 Punsetata, Schænh., B. Guinea. Swartlzii, Schaum.
SECTIO 2.
APHELORHINA, Wes{w. COELORHINA, :
Burm. 1 Simillima, West. B. Sierra Leona. ASTHENORHINA, Westw. 4 Turneri, West. Afr. æquinoct. HETERORHINA, Westw. GNATHOCERA, Gory et Perch. SECTIO 1.
PLÆSIORHINA, Burm., Westw.
1 Recurva, F. Depressa, G. et P., B. 2 Cincta, O1., Herbst, B. Guinea.
Unifasciala, OI., encycl. Tœnia, Beauvois, G. et P.
Guinea.
39
3 Plana, Wiedem., B, Caffraria. Herschelii, Mac Leay.
4 Mediana, Westw. Guinea.
5 Abbreviala, F., B. Senegamb.
Flavo-succincla, &, et P. 6 Trivittata, Schaum, B. Westw. Port-Nathai.
SECTIO 2. TRIGONOPHORUS, West., B. 1 Delessertii, Guér., West., B. Ind. or. ant. 2 Hardwickii, G. et P., B. Nepaul. Nepalensis, WesLw. Cantori, Hope. 3 Saundersii, Wes{w. Ind, or. 4 Nigritarsis, G. et P., Westw. B. ._. Nepaul. SECTIO 5.
ANOMALOCERA, West., Burm. DIPHYL- LOMORPHA, Hope.
1 Hopei, G. et P., B. Nepaul. 2 Parrii, West., B. Mont Himalay. Mearsii, Hope. 3 Microcephaia, Westw. Mont-Him. Mearsii, B. SECTIO 4.
CORYPHOCERA, Burm. Melanaria, G. et P., B. Bengalensis, Weslw. var. Dorsalis, G. et P.
2 Mac Leayi, Kirby, West., B. Ins. Philip.
à
Nepaul.
Pretiosa, Eschschol(z.
3 Monoceros, G. el P,, B. Guinea.
4 Suluralis, F., OI., G. et P., B. Senegamb. 5 Africana, Drury? Herbst? F2 01? Gel PR Senegamb. 6 Smaragdina, Herbsi, Voel, Scha. Afric. æquin
4) ANNALES
7 Suavis, Schaum.
Guinea. Jucunda? West. 8 Chloris, G. et P. West. Africa,
9 Viridicyanea, G. et P. B. Guinea. 10 Elegans, F., OL., G. et P.,B. Ind.
orient. Cuprea, Herbst.
Æruginea, Voel. (Scarabœus.) Sligma, Beauvois. Smaragdina, G. et P. Micans, Guérin. var. Pyropus, Herbst, Voet. var. Feisthamel, G. el P.
11 Decora, Illiger, West. Sumatra. Sexmaculala, F., G. et P. B.
12 Tibialis, Westw. Smaragdina, B.
15 Punctatissima, West. Jucunda, Hope.
44 Amœæna, Hope, West., B. Assam. 15 Olivacea, Guér., West., B.
In, or. ant.
17 Glaberrima, West., B. Ind. or. 18 Cuvera, New., West., B. Ind. or. 19 Bimacula, Wiedm..,B, Java.
Bimaculata, G. et P.
Wiedemanii, Mac Leay.
Confusa, Westw. SECTIO ;.
DICEROS, G. et P., B.
1 Bicornis, Lat., West. Ins. Timor.
Plagiata, G. et P., B.
2 Ornata, Hope, West., B. Ins. Phil. Ins. Phil. Java.
5 Biguttala, Westw.
4 Decora, G. et P., B. Pelelii, Buquet, Wes{w.
5 Childrenii, West.
Assam.
Ind. or. ant.
16 Laeta, F., G. et P. West., B. Java.
Bengala.
SECTIO 6. MYSTROCEROS, Burm.
1 Dives, Westw. Diardi, B. Mac Leay, G. et P. Preliosa, Mac Leay.
Bengala.
SECTIO 7.
1 Algoensis, Westw. Afr. aust. or. 2 Flavipennis, West. Afr. aust. or.
SECTIO 5.
ANISORHINA, Wesf., GENYODONTA, Burm.
1 Flavomaculata F. B. Cap. B. Sp. Bimaculata, O1., Herbst. Interrogationis, Thunberg.
2 Umbonata G. et P., B. Cap. B. Sp. 5 Indula, Schaum. Port Natal. 4 Natalensis, Hope, West. PortNat.
BLAESIA, Burm,
4 Atra.B. Montevideo.
TIAROCERA, Burm. SECTIO 1.
4 Rhinoceros, G. et P., B. Brés. int. 2 Cornuta, G. et P.,B. Cuba. 5 Cornifrons, G. el P. Montevideo.
SECTIO 2. ALLORHINA, Burm.
4 Menetriesii, Mann. B. Brasilia,
Episcopalis, G. et P. 2 Scabriuscula, Swederus, (Scara- bœus) B. suppl. Venezuela. Concolor, &. et P., B,, olim.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE.
COTINIS, Burm.
1 Mutabilis, G.e{P.,B. Mexico. var. Nigrorubra, G. el P. 2 Sobrina, G. et P., B. Mexico.
var. Palliala, G. et P. var. Mexicana, G. et P. var. Atrala, G. el P.
3 Nilida, Lin.. elc. Amer. bor.
4 Barthelemy, G. etP. Colombia. Barlholomaei, B.
5 Lebasii, G. et P. B. Colombia.
6 Columbica, B. Colombia.
7 Subviolacea, G. el P., B. Mexico. 8 Viridicyanea,Perbose. Mexico. 9 Nigerrima, B. Cayennæ. 10 Carmelila, B. Brasilia. 41 Terminala, G.et P..B. Brasilia. Klugii, G. et P., B. 42 Smaragdina, G. et P., B, Brasil. 143 Cincta, G. el P., B. Mexico.
14 Pulverulen{a, B. Mexico. 45 Cavifrons, B. Mexico, 46 Erythropus, B. Mexico.
GYMNETIS, Mac Leay, G. et P., Burm.
4 Undulata, Vigors, G. etP., B. Brasilia. var. Consularis, G. et P.
2 Marginicollis, B. Mexico.
3 Pyrrhonota, B. Mexico. 4 Cinerea, G. el P.,B, Mexico. 5 Aterrima, G. et P., B. Brasilia. 6 Rubida, G. et P., B. Brasilia.
7 Atropurpurea, Schaum, B. Bras. 8 Reticulata, Kirby, B. Brasilia, Anogullala, G. el P. Q Varia, G. et P. var. Carbonaria, G. et P. 9 Marginesignala, G.et P. B. Cay. 10 Brasiliensis, G. et P.B. Brasilia,
4
11 Liturata, F., Ol., Latr., G. et P., B. Cayennæ. Acuminala, Herbst, Voet. Spinosa, Fisch. 12 Albiventris, G. et P., B. Brasilia. Fuscorubra, G. et P. 15 Singularis, G. et P., B. Brasilia.
14 Monacha, G. el P. Brasilia. 15 Ocellata, G. et P., B. Cayennæ. 16 Miliaris, C. et P. B. Brasilia.
Fodina, G. ei P. Suasa, G. et P., B. 17 Multipunetala, G. et P.,B. Bras.
18 Incerta, G. et P., B. Haïti. 19 Miniata, Blanchard, Brasilia. 20 Apiala, B. Mexico. 21 Graculus, FE. Cayennæ. Maculosa, OI. MHargarilacea, G. ot P. Punclatissima, B. 22 Insculpta, Kirby, B. Brasilia.
Maculosa, Herbet, Voet, G. el P. Margarilacea, Germar. Scutellata, Perty.
Irrorata? O1.
Fuliginosa? SchϾn.
25 Cervina, Schaum. Brasilia. Bajula, G. et P., B. Maculosa, B. 24 Hebraica, Drapiez. Brasilia. Bajula, Perty. Glauca, G. et P,, B. 25 Difficilis, B. Mexico. 26 Litigiosa, G. et P. Tucuman.
27 Pantherina, Blanch. B. Brasilia. 28 Meleagris, B. Colombia. var. Alauda, B. 29 Picta, OI.,B, Decorata, Schænh. Histriofulvus, Herbst, Voet. 30 Fiavomarginata, Blanch. Brasil. 31 Sallei, Schaum. Mexico. Marmorea, B.
Amer. æquin.
42 ANNALES
32 Marmorea, OI. {ns. Tabago. | 56 Tigrina, G. et P., B. Brasilia.
33 Tristis, O1. G. et P., B. Am. bor? Albosparsa, Blanchard.
34 Bajula, F., OI. Cayennæ. Touchardii, Blanchard, Hebraica, G. el P. 57 Depauperata, G. el P. Brasilia. Perplexa, B, 58 Spencii, G. el P. N.
35 Immunda, Schaum. Cayennæ. | 59 Trislis, F. America. lardalis, Burm. 60 Maculata, Scopoli. N.
36 Flaveola, F., G.et P., B. Cayen. 37 Colturnea, B. Colombia. 38 Pardalis, G. el P. Cayennæ.
Cryplurus, B. 39 Xanthospila, Schaum, Cayennæ. Holosericea. O1., G. et P. Flava, Burm. 40 Holosericea, F, Voet, Herbst, B. Cayennæ. var. Circumdala, Schæœnh. Magnifica, G. et P., B. 41 Flava, Weber, Illiger. Brasilia. 42 Cincta, Perty. Brasilia. 43 Bomplandi, Schaum. Paraguay. 44 Chevrolatii, G. et P. Brasilia, 45 Margineguttala, G. et P. B. Cay. 46 Lanius, Drury, F., OI, Voet, G. el P.,B. Jamaica. 47 Guadeilupensis, G. et P., B. Guad, 48 Phasiaaus, B. Chili. 49 Rufilateris, Illiger, G. et P., Blan- chard, B. Perou. 50 Irregularis, G. et P.- Brasilia. Similis G. el P. Undala, B. 51 Chalcipes, G. et P. 52 Undata, OI., G. et P. Similis, G. el P. Vermiculea, B. 53 Slellala, Lat., G. et P. B, Am. æq. Radiata, Wiedemann. 54 Strigosa. F., O1., B. Surinam. Histrio ruber, Voel, Herbst. 55 Hieroglyphica, Vigors, G. et P., B. Brasilia.
Brasilia, Cayennæ.
Nervosa., Guérin, Gray.
Scopolii, Schœnh. 61 Pulchra, Swederus. Ins. Tabago. 62 Rudolphi, Frolich. EIns. S Lucia.
CLINTERIA, Burm.
1 Guttifera, B. Ind. or. 2 Moerens, G. et P., B. Java. 3 Flavonotala, G. et P. Ind. or. 4 Flavomarginata, Wied. Java. 5 Atra, Wied., B. Java. Funeraria, G. el P. var. Bigutlala, G. et P. 6 Sexpuslulata, G. et P., B. Java. 7 Cinctipennis. G. et P. Javà. 8 Imperialis, Schœænbh., B. Ind. or. 9 Hilaris, B. ind. or. 10 Confinis, G. et P., B. Nepaul. var. Viridipes, G. et P. Nepaul. 41 Infuscala, G. et P., B. Sénegal.
12 Cœrulea, OI., Herbst, G: el P., B. India or. Quatuordecimmaculala, FE.
13 Pumila, SchϾnbh., B. Bengala. DORYSCELIS, Burm.
1 Calcarata, Klug, B, Madagascar. Q Inscripla, G, el P.
AGESTRATA, Eschschol{z, G. et P. Burm.
4 Dehaanii, G. et P., B. 2 Luzonica, Esch., B. .Splendens, G. et P. 5 Chinensis, F., OIl., Herbst, Dono- van, G. et P., B. China.
Java Ins. Phil.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE.
Ceylon. Bombay. Ind. or. ant.
STETHODESMA, Hope, Burm.
1 Lobata, F., OI., G. et P., B. Cay. Coracina, Herbst.
2 Strachani, Bainbridge. Strachani, B. Melanoptera, B.
4 Nigrita, F., O1., B. 5 WithiHii, Hope. 6 Gagates, Hope.
Guinea,
LOMAPTERA, G. et P.,B.
4 Fasciala, B. Nov. Guinea. Bifasciala, Quoy et Gaimard. Bivillala, G. et P., Casteln.
2 Latreillii, G. et P., B.
3 Plana, SchϾnh. Valida, G. et P., B.
4 Xanthopus, Boisd.
5 Durvillii, B.
6 Papua, Guérin, Boisd., G. et P. B.
Noy. Guinea.
Java. Java.
7 Pulla, Schænh. 8 Anthracina, Wiedem. Nigrila? Frolich. 9 Eberna, B. Nigro-ænea, Waterhouse. 10 Cupripes, Waterh.
CLEROTA, Burm.
1 Budda, G. et P., B. var. Vitligera, Hope, West.
MACRONOTA, Gory et Perch. SECTIO 1. CHALCOTHEA, Burm.
1 Smaragdula, G. et P., B.
2 Tristis, Westw. Barroliana, B.
3 Resplendens, G. et P., B,
Australia. Nov. Zéland.
Ind. or. Java. Ins. Philip.
Ins. Philip.
Java.
Java. Ins. Philip.
Java. 4 Nigrocærulea, Waterh. Ins. Phil.
43 SECTIO 2, MACRONOTA, Burm. 1 Diardi, G. el P.,B. Borneo. 2 Trisulcata, G. et P., B. Java.
3 Dives, G. et P.
Penicillata, B.
4 Mearesii, West., B. Mont Him. 5 Flavomaculala, G. et P.,B.
Pondichéry.
Java.
Ind. or. ant.
6 Patricia, G. et P., B.
7 Clathrata, G. et P., B. Java.
8 Aurogultata, B. ins. Phil. Philippensis, Waterhouse.
9 Regia, F., G. el P., B. Java. Zebra, Schænh. Depressa, G. el P.
10 Elongala, G.et P.,B. Calcutta. SECTIO 5. TAENIODERA, Burm.
1 Monacha, G. et P., B. Java.
Luzxerii, Buquet. 9 Rafllesiana, West. Sumatra. Histrio, B. 3 Malabariensis, G. et P.B. Ind. or. ant.
4 Egregia, G. et P., Guér., B. Java. var. Haemalica, Perty. var. Biplagiala, G. el P. var. Anthracina, G. el P.
5 Antiqua, &. el P., B.
6 Cinerea, G..el P., B. Quarlala, G. et P.
7 Quadrilincata, G.et P.,B. Java. Scenica, G. et P.
8 Picta, Guérin, B.
Java.
Ind. or, post.
SECTIO 4.
4 Apicalis, G. et P. 2 Tetraspila, Hope,
Senegambia. End, or. ant.
AA
DISCOPELTIS, Burm.
1 Tricolor, B. 2 Concinna, Schaum.
Guinea. Senegamb.
GLYCYPHANA, Burm.
SECTIO 1. 1 Tricolor, OI., G. et P.,B. Ind. or. 2 Marginicollis, G. et P. Nepaul, Horsfieldii, B. 3 Torquata, F. Java.
var, Binotala, G. et P., B. 4 Macquarlii, G. et P., B. Java. 5 Aterrima, Wiedem. G. et P.B. Java. var. Vulneräla, Schaum. Swainsonii, B. 6 Swainsonii, G. et P. Tenasserim, 7 Festiva, F. Sumatra.
8 Quadricolor, Wiedrm., B. Java.
9 Impar, G.. et P., B. Java. Cincticollis? Hope.
40 Rufoviltata, Guér. Malaya.
41 Varicorensis, B. ns. Vanikoro.
12 Cuculus, B. Ins. Philip.
43 Modesta, F. C. et P., B. Java. Gastrargyrea, Perty.
14 Perversa, Schaum. Nov. Hollan, Slolata, K., (Syst. El.) Fasciala, F. (Syst. Ent.), B.
15 Brunnipes, Kirby, Boisd. N, Hol. Conspersa, G. et P., B.
SECTIO 2. GAMETIS, Burm.
1 Prasina, B. Viridi-obscura,B. Obscura,G. et P. var. Sanguinalis, G. et P.
2 Jucunda, Falderm., B. Mongolia. Goryi, Guér.
3 Argirostic{a, B.
Nepaul.
Japan.
ANNALES
4 Malayana, Guér. . Malaya. 5 Felina, G. el P. Amboina. 6 Luctuosa, G. et P. Madagascar.
Versicolor var. B. 7 Versicolor, F., Ol., Herbst, G. et P., B. End. or. Cruenta, Pallas. Thebana, Herbst, (Act. Berol.) var. Variegala, F., Ol., Herbst. 8 Biviltata, B. Thibet. 9 Albopunctata, F. Thunb. Ind. or. Histrio, OI., B. Versicolor var, Schœænbh. 10 Bealiæ, G. et P., B.
PHOXOMELA, Schaum.
1 Umbrosa, G. et P. Port Natal. 2 Abrupta, Schaum. Port Natal.
GAMËTIS, Burm., Schaum.
4 Scàlaris. G. el P. Senegamb. 2 Æquinoctialis, F., Ol, G. etP., B. Senegamb. 5 Balleata, Degeer, B. Cap. B. sp. Curtisii, Vigors. Controversa, G. et P. Æquinoctialis var., Illig., Schœæn. 4 Sanguinolenta, F..OI., G. et P., B. Senegamb. Discoidea var., Sch. 5 Subfasciata, Swed. Discoidea, FE. Velutina, OI., G. et P., B. Fammea, Vigors.
EUPHORIA, Burm.
Bengala.
SECTIO 1. 1 Hera, B. Colombia. 2 Lesueurii, G. et P.. B. Mexico. 5 Latreillii, G. et P., B. Mexico.
Nolulala, G. et P. 4 Westermanni, G.etP.,B. Mexico. > Leucographa, G.etP.,B. Mexico.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 45
6 Rufina, G. et P., B. Mexico. 7 Melancholica, G. et P. Am. bor. 8 Sepulchralis, F.,B. Am. bor.
Reich, G. et P.
9 Lurida, F., OI., G.'et P., B. Bras.
Adspersa, Weber. Fasciolata, Eschschol(z. Rufescens, G. et P.
10 Bivillata, G. et P., B.
11 Dimidiala, G. et P., Chevrol., B.
Mexico. 12 Basalis, G. et P., B. Mexico. 45 Pulchella, G.et P., B. Mexico. var. Ferrugata, G. et P. 44 Childrenii, G. et P., B. Mexico. var. Montezuma, G. et P. var. Thelasco, G. et P.
45 Canescens, G. et P., B. Mexico. 16 Bigulatla, G. el P., B. Mexico. SECTIO 2.
ERIRHIPIS, Burm.
1 Geminata, Chevr., B. Mexico. 2 Leprosa, B. Mexico. 3 Veslila, G. et P., B. Mexice.
Irregularis, G. et P.
4 lridescens, Schaum, B. Guatim. 5 Inda, L.,F.,01.,Pall., B. Amer.bor:
Marylandica, Frohlich. Barbata, Say. Brunnea, G. et P.
6 Subtomentosa, B. Mexico. Tomentosa, G. et P. 7 Herbacea, Oliv. Amer, bor.
Pubera, Schæœnbh., B. Anltennata, G. et P.
8 Submaculosa, G. et P., B. Mexic. Mexico.
10 Fulgida, F., O1., Herb., G.elP., B. Amer, bor.
9 Subguttala, B.
Cayennæ.
STALAGMOSOMA, Barm.
4 Albella, Pallas. Russ. Merid. Or. Allerna, G. et P., B. Korini, Falderm. Lepida, Falderm.
2 Cynanchi, G. et P., B. Nubia.
STEPHANUCHA, Burm. 1 Areata, F., Ol., G. et P., B. Amer.
bor.
ODONTORHINA, Burm. 1 Hispida, OI., G. et P., B. Cap. b. sp.
Hirsula, Thunberg. 2 Pubescens, F., OL, G. et P., B. Cap. b. sp. Pubera, Thunberg. var. Cicatricosa, Wiedemann.
TRICHOSTETHA, Burm.
4 Fascicularis, Lin., etc. Cap. b. sp. 2 Prunipennis, B. Port. Natal. 3 Natalis, B. Port. Natal. 4 Signala, F., efc. Cap. b. sp. 5 Albopicta, G. et P., B. Cap. b. sp. 6 Capensis, Linn., etc. (Cap. b. sp.
Albovunctata,Degeer (Scarabæus)
Barbatula, Herbst, Voet.
var. Fuscorubra, Herbst., Voet,.
Hirsula, Mac Leag.
Hepalica ? OI.
var? Oculala, Mac Leay.
ÆTHIESSA, Burm, SECTIO 1.
4 Floralis, Fabr.
9 Barbara, G. el P., B. var. Doguereau, &. et P. var. Aupick, G. et P. Floralis, B.
3 Refulgens, Schaum. Italia. Squamosa, Lefeb., G. et P., B.
Barbaria. Barbaria.
\
46
Floralis, Müûls. var. Refulgens, Herbst. Tenebrionis, G. et P.
var. Elongata, G. et P.,B. Algeria. var. Deserticola, Walti. Hispania.
Orient.
4 Inhumata, G. et P., B. Ælhiopica, B. Leucospila, B. Mesopotamica, B.
$ Exclamationis, Fald. Bagdadensis, B. var. Squamosa, Falderm. Rugipennis? B.
SECTIO 2.
TEPHRÆA , Burm.
4 Pulverulenta, G. et P., B. Seneg.
2 Punclulata, F., O1., G. et P., B.
Senegamb.
OXYTHYREA, Müls. LEucoceuIs, Burm.
4 Rufofemorata, B. 9 Rubra, G. et P.
G. et P., B. Ruficollis, Degeer. var. Dysenterica, Mac Leay. var. Amethystina, Mac Leay. var? Rubra, Degeer.
4 Amabilis, Schaum. Afr. Aust. or. 5 Eustalact{a, B. 6 Thoracica, Schaum, B.
Roscida, Schœuh.
8 Æaeicollis, Schaum. Port Natal.
9 Adspersa, F., B. Cap. b. sp.
Altalica, SchϾnh.
Verreaux, G. et P.
10 Marginalis, Schœnh., B. Cap. b. sp.
Gutllata, Thunberg. Adspersa, G. et P.
Persia.
Cap. b. sp. Port Natal. 3 Haemorrhoidalis, F., OI., Herbst., Cap. b. sp.
Ins. St. Johanna. Arabia. 7 Nitidula, OI., G. et P., B. Seneg.
ANNALES
11 Guttifera, Schœnh., B. Sierr. Leo. 12 Petilii, G. et P.,B. Senegamb. 13 Perroudii, Schaum. Port Natal. 14 Cinctella, B. Russ. merid. Variegaia, G et P. 15 Sliclica, Linn., etc. Alboguttala, Degeer. Greentii, Donovan. Funesta, F. var. Pantherina, G. et P. Barbar. 16 Græca, Brullé, B. Græcia. Quadrata, G. et P.
Europa.
EPICOMETIS, Burm. TRoPINOTA, Müls.
1 Femorata, Illig., B. Hispanica, G. et P.
2 Crinita, Charp., B. Europ. aust. Reyi, Müûls.
Hirtella, Hecr. var. Pilosa, Brullé, B. Hirlæ, var. G. el P.
5 Hirtella, Linn., Mûls. Europa. Hirla, E., OI., Herbst., G. et P., B. Squalida, Linn.
4 Tonsa, B. Mesopotamia. Seniculus ? Ménétries.
CHILOLOBA , Burm.
Hispania.
4 Acuta, Wiedem., G. et P., B. Ind.
orient. Perplexa, G. et P.
ANATONA, Burm.
1 Flavogullata, B. 2 Stilla!a, Newman. Albogullala , B.
Ind. orient. Ind, orient.
ANOPLOCHILUS , Mac Leay , Burm.
1 Vaäriabilis, G. et P., B. Caffraria. var. Spinilarsis, Mac Leay. 2 Germari, Wiedem.,B. Caffraria,
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE.
5 Rusticus, G. et P., B. Caffraria. Ruricola, G. el P.
4 Odiosus, G. et P., B. Caffraria. Selosus ? Mac Leay.
5 Castanopterus, B. Bombay.
6 Terrosus, G. et P., B. Ind. or,
7 Tomentosus,G.et P.,B.Cap. b. sp. 8 Cicatricosus, B. Senegamb.
ANAPLASTA , Schaum.
4 Dichroa, Schaum. Port Natal. 2 Lutulenta, Schaum. Port Natal.
CETONIA , F., etc. SECTIO 1.
4 Fuaebris, B. Funebra, G. et P.
2 Funesta, Ménéètr. Olim., B. Turcia. Tenebrionis, Ménétr.
Persia.
3 Libanii, G. et P. Oriens.
4 Sardoa , Géné. Sardinia. Sardea, G. el P., B.
5 Tincta, Germar, B. Sicilia.
6 Oblonga, G. et P., Müls., B. Hisp.
7 Vidua, G. et P., Fald., B. Oriens. Excävata. Falderm. Melancholica, Zoubkoff.
8 Afficta, G. et P.,B. var. Leucogramma, G. el P. Osmanlis, G. et P.
Syria.
9 Ægypntiaca, G. et P. Ægypt. ServiHii, B. 10 Karelini, Zoubkoff, G. et P., B. Sibiria, Obesa, Gebler. 41 Purpurea, B. Buchara. 12 Trojana, G. et P., B. Oriens.
Albilatera, Falderm. var. Godelii, G* et P., Fald. var. Circumdala, Fald.
43 Zoubkovii, Fald. Turcomania.
A7 14 Viridis, F., etc. Hungaria. Ungarica, Herbst. Viridana, Brullé. : var? Sibirica, Gebler. Sibiria.
var. Atrocærulea, Waltt. var. Armeniaca, Menet. Fald., B. Armenia. 15 Adspersa, Wallt. Asialica, Falderm. Exclamalionis, B.
Turcia.
Morio, F., etc. Europ. Merid. Fuliginosa, Scopoli. var. Quadripunclala, F.
Aurata, Linn., etc. Smaragda, Degeer. var. Pallida, Drury, Herbst, var. Lucidula, Casteln, Heer. var. Valesiaca, Heer. var. Carthami, G. et P., Géné.
F Sardinia. var. Funeraria, G. et P. Algeria. var. Asialica, G. el P. Asia.
13 Ænea, Gyll., Anderseh,, G. et P., Müls, B, Europa.
Metallica, Paykull. Floricola, Herbst., Heer. Albiguttata, Andersch. Volhyniensis, G. et P. ; var. Obscura, Andersch., G. et P. Metallica, Müûls. var. Cuprea, G. et P.
Europa.
Sicilia. 19 Marmorata, F., etc. . Æruginea, Herbst. Lugubris, Herbst., Olim. Quercus, Schrank.
20 Hieroglyphica Ménétries, Fald.
Europa.
Caucasus,. 1 Submarmorea, B. Jay an. 99 Excavala, G. el P., B. Græcia.
27 Opaca, F., G. et P., B. Hispania. Cardui, Schœænh., Casteln,, Müls. Morio var., Illiger.
48
24 Augustata, Germar, G. et P., Müls., B. Dalmatia. Hungarica, Latr. Vicina, Schænh. var. Nasula, Germar.
25 Metallica, F., Panz., G. et P., B.
Austria.
var. Florentina, Herbst., G. et P. Italia.
var. Ignicollis, G. et P. Ægypt. var. Nigra, Duftschm. Austria.
26 Affinis, Andersch, Panz., G. et P., Müls., B. Gallia. Quercus, Bonelli, Ænea, Illiger.
27 Splendidula, Falderm. Persia. 28 Ignipes, B. Nepal.
29 Fastuosa,F.,Panz., Latr., G. etP., B. Europa.
Speciosissima, Sc., Herbst., Müls. Æruginosa, Drury. Nudiventris, Germar. var? Venusla, Ménétries.
50 Speciosa, Ad., Fald. Russ. mer. Psillacina, Ménétries. Fastuosæ, var. B. var? Jousselin, G. et P.
51 Puncticollis, B. Kaschmir.
SECTIO 2. PROTÆTIA, Burm.
4 Spectabilis, Schaum. B. Java. 2 Speculifera, Schænh., B. China. Philippensis, G. el P. var. Orientalis, G. et P. 5 Ærata, Erichs. China. 4 Resplendens, B. In5. Timor. 3 Maculata, F.,OI., Herbst.,G. et P.,
B Ind. orient.
Aurichalcea, F., OI.
6 Difformis, F., G. et P., B. Ind. or.
Peregrina, Herbst, 7 Squamipennis, B.
Ind. orient,
ANNALES
8 Acuminata, F., OIL., B. Molucc. 9 Marmorea, Weber, B. Sumatra. Marmorala, F. Daldorfii, SchϾnbh. Acuminala, G&. el P. var. Corrosa, G. et P.
10 Mandarina, W.,B. Ins. Philippin.
Alomaria, F. Fusca, Herbst., Voet. Querula? Newman.
11 Gutlulata, B. Ins. Timor.
12 Cupripes, Wiedem.. B. Java. Rufocuprea, G. et P. Germar, G. et P. 13 Stolata, OI., G. et P.,B. Seneg. 14 Mixla, Weber, F. Sumatra. Confusa, G. et P., B. 15 Obscurella, G. et P. Java. 46 Giliata, OI., Weber, B. Java.
Lunulala, F. 17 Bipunctata, G. etP., B. Celebes. 18 Regalis, B. Bombay. Withillii? Bainbridge. 19 Dalmanni, G. et P., B.? Bengala. 20 Ferruginea, G. et P., B. Ins. Phil. Sybarilica, Newman. 21 Cinnamomea, B. Ins. Philippin. 22 Bifenestrata, Chev., B. Ins. Phil. Gemella, Newman. Indra, Hope. 235 Alboguttata, Vig., G. et P., B. Ind. orient. 24 Saundersii, Bainbridge. End. or. Albogultala, ® B. 25 Quaüriadspersa, G. et P., B. Java. 26 Prolongata, G. el P., B. Java. 27 Goudotii, B. N. 28 Philippensis, F., OI., B. Ins. Phil. Hierogliyphica, &. et P. 29 Francolina, B. Ins. Philipp. 50 Taciturna, Guer., Boisd., G. et P.,
B. Amboina. Dejean ,G. el P.
DE LA SOCIÈTÉ ENTOMOLOGIQUE.
31 Guerin!, Eydoux. Rogeri, B.
52 Anovittata, Chevr., B. Ins. Phil. Chloris, Newman. var. Manillarum, B.
53 Ambigua, Chevr., B. Germana? Newman.
54 Chlorotica, B. Ins. Pilippin. Manillarum ? Chevrolat. Subviridis, Newman.
Ins. Philippin.
Ins. Philip.
SECTIO 5.
PACHNODA, Burm.
1 Marginella, F., O1., G. et P., B. Guinea. 2 Stæhelini, Schaum, B. Abyssinia. 5 Carmelita, F.,G. et P., B. Cap. b. sp. Rufa, Degeer.
4 Thoracica, F.,Ent.-Syst. Arabia. Purpurascens, var. F.-Syst. El.
3 Marginata, F., OI., Herbst, Beau-
vois. Guinea. Monadia, G. et P., B. var. Purpurascens, Fabr. Auranltia, Herbst, Voet. var? Orphanulus, Herbst, Voet.
6 Consentanea, Schaum. Seneg. Marginala, G. et P.,B. var. Aurentia. var. G. et P. Fasciala, var. B.
7 Savignii, G. el P., Olim. Aurenlia, G. et P. Fasciala, P.
8 Fimbriala, G. et P. N.
Nubia.
9 Poslica, G. et P. Africa. 10 Fasciata, Fabr. Arabia. 11 Rufomarginata, B. Guinea.
142 Interrupta, F., OL, G. el P., B.
Senegamb. var. Bipunclala, OI.
45 Histrio, F., Schaum. 2e Série, TO. 111.
Arabia.
49 14 Olivacea, F., OI. Guinea. Cordata, Drury. Tigris, Herbst. var. Ornala, F., G. el P. Tridentala, O1. 15 Obsoleta, Schaum. Senegamb.
Olivacea, G. et P., B. 16 Sinuala, F., OI., Herbst, G. et P., B. Cap. b. sp. Punclalomarginata, Degeer. 17 Flaviventris, G. et P. Caffraria. 18 Baxii, G. et P., Klug, B. Guinea.
19 Inscripta, G. et P., B. Africa. 20 Leucomelana, G. et P. Angola? 21 Arborescens, Vigors. N. 22 Limbata, F. Arabia.
23 Impressa, Goldfuss, G. et P., B.
Port Natal. Colorala, Schænh. Leonina, Mac Leay. 24 Cincta, Degeer, B. Caffraria.
Cinclicula, Schbænh. Burchelli, Fischer. Bachypinica, G. et P.
25 Aulica, F., Ol., Herbst, G. et P.,
B. Cap. b. sp.
Nympha, Mac Leay.
26 Chalcea, Herb., Voet. Cap. b. sp. Slephensii, Vigors. Semipunclala, G. et P., B.
27 Semipuncetala, F. Caffraria. Chalcea, G. et P., B.
28 Sobrina. G. et P,,B. Kordofau.
29 Picta, F., B. Arabia.
GNATHOCERA, Kirby, Burm.
AMPHISTOROS, Gor. et Perch.
1 Zrivillala, Swederus, G. et P., B.
Guinea. Elala, F.
Dorsodiscolor, Voet, Herbst. Vilticollis, Kirby.
{
50 ANNALES
Port Nalal. Senegal.
2 Hirta, B. 3 Varians, G. el P., B. Q Affinis. Bainbridge,
4 Afzelii, Schœnh, G. et P., B. Sierra Leona.
Immaculata, Kirby. SCHIZORHINA, Kirby, Gor. el Per. SECTIO 1. HEMIPHARIS, Burm.
4 Insularis, G. et P., B. 1ns. Melvil.
2 Brownii, Kirby, Boisd., G. el P. Nov. Holland.
Brunonii, B. SECTIO 2. SCHIZORHINA, Burm. 4 Atropunctata, Kirby, Boisd., B.
Nov. Hoiland.
Quadripunclala, G. et P. 2 Pailippsii Schreib., Boisd., G. et P., B. Nov. Holland. Carinala, Donovan. SECTIO 3. DIAPHONIA, Newman, Burm. 4 Dersalis, Donovan, B. Nov. Holl. Hookeri, Schœnh., G. et P. 2 Dispar, Newman. Nov.Holland. 3 Frontalis, Donovan, Boisd., G. el P.;B. Nov. Holland, ® Cunningham, Gory. 4 Bestii, Weslw. Ins. Norfolk. 5 Obliquata, Westw. Nov. Holland, Eucnemis, Burm.
SECTIO 1. EUPOECILA, Burm.
4 Cincta, G etP.,B. Nov. Holland.
2 Auslralasiae, Donovan, Boisd.,
G.. et P., B. Nov. Holland. Panzeri, Schænh.
3 Succinea, Hope. Nov. Holland. 4 Octopunctata, B. Nov. Holland. 5 Punctata, Donovan. Boisd., G. et IBAUTE Nov. Holland. 6 Gymnopleura, Fischer, Boisd., G. el P., B. Nov. Holland. var. Concolor, G. et P. ; 7 Bifida, Ol., G.etP. Ind. orient.
POGONOTARSUS, Burm.
1 Plumiger, G. et P., Weslw., B. Madagascar.
COPTOMIA, Burm.
4 Mauriliana, B. Madagascar. Maurilania, G. et P. var. Fasciala, G. et P. 2 Prasina, B. Madagascar. 3 Costata, G. et P.,B. Madagascar. 4 Gränulata, B. Madagascar. 5 Opalina, G. et P., B. Madagascar. 6 Sexmaculata, G. et P., B. Madag.
7 Sericea, G. et P., B. Madagascar. PARACHILIA, Burm.
Madagascar. Madagascar.
1 Melanocala, B. 2 Bufo, G. et P., B.
EUCHILIA, Burm.
1 Sulcata, OI., G. et P., B. Madag. 2 Quadrata, G. et P., B. Madag.
ANOCHILIA , Burm.
1 Scapularis, G. et P., B. Madagas. 2 Variabilis, B. Madagascar. Innotala, G. et P. var. Plana, G. et P. var. Lacvigala, G. et P. 3 Princeps, B. Madagascar. 4 Slupida, G. et P., B. Madagascar. 5 Pratensis; G. et P.,B. Madagasc.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 54
PYGORA, Burm.
1 Lenocinia, G. et P., B. Madagas. Madagas.
2 Conjuneta, G. et P., B.
3 Cultrata, G, et P.,B. Madagasc.
4 Punctatissima, G. et P., B. Madag.
5 Erythroderes, Schaum. Madag. DIRHINA, N. 1 Iris, G. et P., B. Madagascar.
PANTOLIA , Burm.
4 Scapha, G.etP.,B. Madagascar. 2 Rubrofasciata,Schaum. Madagas. 3 Ebenina, Schaum. Madagascar.
EUCHROEA, Burm.
4 Flavomarginala, G. et P., B. Mad. 2 Striata, G.etP., B. Madagascar. 5 Aurora, B. Madagascar.
4 Desmarestii, G. et P., B. Madag. 5 Chlorographa, Schaum. Madag.
Abdominalis, G. et P., B. 6 Coeleslis, B.
8 Histrionica, B. Madagascar.
9 Episcopalis, G., B. Madagascar.
Loricala, Klug. 40 Mulliguttata, B.
Madagascar, CELIDOTA, Burm. 1 Stephensii, G. et P., B. Madagas. CYRIODERA, Burm.
4 Toberculicollis, G.et P.,B. Mad. $ Fascifera, G. et P. var. Parallela, G. et P.
BRICOPTIS, Burm.
1 Variolosa, G. et P.,B. Madagas.
Madagascar. 7 Auripigementa, G. et P., B. Mad.
EPIXANTHIS, Burm.
1 Maculitarsis, B. Madagascar, 2 Noviespunctata, G. et P., B. Mad. 3 Stella, G.et P.,B. Madagascar.
CHROMOPTILIA, Westw.
TRICHOTARSIA, Burm.
1 Diversipes, Wes(w. Madagascar. Fimbriala, B.
LIOSTRACA, Burm. 1 Bina, G. et P., B. Madagascar. 2 Iota, G. et P., B. Madagascar.
STENOTARSIA, Burm.
1 Vermiculala, G. et P., B. Madas. 2 Velutina,G.etP.,B. Madagascar. 3 Coccinea, G. et P., B. Madagas. 4 Crocata, G. et P., B. Madagas,
EURYOMIA, Burm.
1 Argentea, OI., B.
Madagascar. Argentala, G. et P,
ELAPHINIS, Burm.
1 Cinerascens, F., G. et P., B. Cap.
b. sp. Cinereo-nebulosa, Degeer (Scara- bæeus). Irregularis, OI. 2 Irrorata, F., B. Caffraria.
Serva, G. et P. var. Numismalica? Mac Leay. var. Ærifera? Mac Leay. var. Puma? Mac Leay.
3 Furvala, F., B. Cap. b. p Tigrina, OL., G. et P.
4 Maesla, G. et P., B.
Cap. b. sp. Bella, Mac Leay.
52
HETEROPHANA, Burm.
1 Canaliculata, G. et P., B. Madag. d'Soror, G. etP. ÿ var. Similis, G. et P. 2 Villosula, G. et P.,B. Ç Rubron'gra, G. el P. 5 Cralicula, G.etP. Madagascar.
HETEROSOMA, N.
4 Collata, G. el P. Madagascar. Guerinii, Wes{w.
HETEROCLITA, Burm.
1 Ræuperi, Schaum, B. Caffraria. 2 Haworthi, G. el P.,B. Caffraria. @ Pimelioides, G. et P.
ISCHNOSTOMA, Burm. ISCHNESTOMA, Gor. el Perch.
1 Cuspidala, F., B. Caffraria. Albomarginala, Herbst, (Melo- lontha). Pica, Mac Leay. Cordala, FE. Spalulipes, Mac Leay. 2 Heteroclita, G. et P. Caffraria. 3 Trislis, N. Caffraria. Albomarginala, G. el P., B. 4 Palera, G. et P. Cafraria. 5 Luridipennis, B. Afr. austr. or.
CALLIPECHIS, Burm. Madagascar.
Madagas.
1 Flavipes, B. RHYXIPHLOEA, Burm.
1 Corticina, O1., B. Senegal. Purpurascens, G. et P. var. Coriacea, Kiug. RHINOCOETA, Burm. 1 Cornuta, F.,G. et P.,B. Cap. b. sp. Arcas, OI. (Scarabecus). 2 Sanguinipes,G.elP.,B. Cap.b. sp.
ANNALES
XIPHOSCELIS, Burm.
1 Shuckardi, B. Cap. b. sp. 2 Hopei, B. Cap. b. sp.
GENYODONTA, Burm., Schaum. 1 Bicolor, B., Wesiw. Afric. Austr. ERIULIS, Burm.
4 Variolosa, G. etP.,B. Guinea. Nigrila, Bainbridge (Gnathocera).
DIPLOGNATHA, Gor. et Perch. SECTIO 1. CHARADRONOTA, Burm.
1 Quadrisignatla, G.et P. Seneg, var. Lepricurii, B. 2 Pectoralis, Bainbridge. Guinea.
SECTIO 2. DIPLOGNATHA, Burm,
4 Silicea, Mac Leay, B. Afr. austr. Gagales, var. G. et P.
2 Gagales, F., OI., Latr., G. et P., B.
Senegamb.
Carbonaria, Deg. (Scarabæus). Refulgens, Voel.
3 Blanchardi, Schaum. Abyssinia.
4 Hebraea,Ol.,G.etP.,B. Cap. b.sp. Mucorosa, Thunberg.
SECTIO 3. PORPHYRONOTA, Burm. 1 Carnifex, F., OI., Herbst. G. et P.,
B. Cap. b. sp. Rauca, F.
2 Cinnamomea, Schœnh., G. et P.,
B. Guinea.
ANTHRACOPHORA , Burm.
1 Atromacuiata, F., G. et P., B. Ind. orient. Crucifera, OI.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 53
2 Rusticola, Burm. Japon. Rama, Bainbridge. ULOPTERA, Burm. 1 Planata, Burm. Cayennae.
MACROMA, Gor. et Perch., Burm.
ESTENOMENUS, Falderm. ; Campsiura, Hope. 4 Mirabilis, Fald.,B. 2 Bicolor, G. et P., B. 3 Sulcicollis, Srhaum. Scutellala, Schaum, olim. 4 Cognata, Schaum, B. Port Natal
China bor. Thibet. Guinea.
5 Scutellata, F. Senegamb. Scultellaris, G. et P.
6 Bilineala, Buquet. Senegambpb.
7 Nigripennis, Schaum, B. China.
8 Melanopus, Schaum. Assam. Nigripennis, Hope.
9 Javanica, G. et P. B. Java.
PTYCHOPHORUS, Schaum. CymopHorus, Kirby. SECTIO 1. PTYCHOPHORUS, Burm.
4 Spiniventris, B. Senegamb. Spiniventer, G. el P.
2 Leucostictus, Schaum. Caffraria. Undalus, B.
3 Undatus, Kirby.
4 Fluctiger, Schaum.
ÿ; Gambiensis, B. SECTIO 2.
Caffraria. Senegamb. Senegamb.
RHAGOPTERYX, Burm, 1 Brahma, G. et P., B. Java. CENTROGNATHUS, Guérin. 1 Subrugosus, Guë., B, Ind, or. post,
2 Lugubris, F., B. Ind, orient.
Maculatlus, G. et P. HOPLOSTOMUS, Mac Leay, B.
1 Fuligineus, O1? G. el P.,B. Seneg. 2 Cribrosus, G. et P. Senegal.
PILINURGUS, Burm. 1 Hirius, G. el P., Guer., B. Seneg. COENOCHILUS, Schaum, Burm.
1 Maurus, F. Guinea.
2 Paulus, G. et P., B. Senegal.
35 Sulcatus, Schaum, B. Caffraria Maurus, G. et P.
4 Trabecula, Schaum. Malabar.
Senecgalensis, G. et P. 5 Veniricosus, Schænbh., B. Sierra Leona. Brou, G. el P.
TRICHOPLUS, Burm.
1 Laevis, G. et P., B. Cafiraria.
GENUCHUS, Kirby, Mac Leay, Sch., Burm,
1 Hotlentottus, F., OI., G. et P., B. Cap. b. sp var. Sanguinolentus, Mac Leay. var. Cruenlus, F., OI., G. el P. 2 Elongatulus, G. et P. Cap. b. sp. Elongalus, B.
SCAPTOBIUS, Schaum, B.
1 Caffer, Schaum, B. Caffraria. 2 Capensis, G. et P., Schaum, B. Caffraria.
5 Aciculatus, Schaum. Caffraria.
LISSOGENIUS, Schaum.,
1 Planicollis, Schaum. Guinea.
51
CYCLIDIUS, Mac Leay, Schaum, Burm.
4 Elongatus, O1., G. el P., B. Cayen. var. Nero, Mac Leay. 2 Axillaris, G. et P., B. Cayennae. PSILOCNEMIS. Burm.
1 Polita, Schaum. Leucoslicta, Burm.
CREMASTOCHILUS, Knoch, etc.
4 Harrisii, Kirby, Schaum, B. Amer. bor.
Amer. bor.
ANNALES
Castaneae, Kirby, olim, Harris. 2 Castuneae, Knoch, Schaum, B. Amer. bor. Canaliculalus, Kirby. Henlzii, Harris. 3 Mexicanus, Schaum, B. Mexico. 4 Variolosus, Kirby, Schaum, B. : Amer. bor. Sayi, Harris. Castaneae, G. et P.
Espèces de cette famille décrites dans les auteurs et que je n’ai pu rap- porter à aucun des genres précédents.
CETONIA :
4 Aeruginosa, Gronov. Zoophyl.
4224, pl. 15 f. 7. Jadia. 2 Tonkaea, Voet., Herbst. N. 3 Cuprea, F. Surinam.
4 Nilidula, F. Africa. 5 Trilineata, F. Cap. b. sp. 6 Impressa, OI. Ind. orient. 7 Fimbriata, Thunb. Cap. b. sp. 8 Atra, Thunb. Cap. b. sp. 9 Carbonaria, G. et P. Africa. 10 Propinqua, G. et P. Mexico.
11 Gariepina, G. et P. Cap. b. sp. 42 Cretosa, Hope, Trans., of the Zool.
soc. I, p. 98. Ind. orient. 13 Melaena, Mac Leay. Afr. austr. 14 Ficlilis, Newman. Java. 15 Numisma, Newman. N.
DIPLOGNATHA :
4 Holosericea, Bainbridge, Trans., of the Ent. soc. III. Guinea. 2 Admixta, Hope, Annal. of nat. hist. IX, p. 494. Guinea.
EI. TRICHIADÆ.
VALGUS, Scriba, Lepell. et Serv., Gor. et Perch., Müûls., Burm,.
ACANTHURUS, Kirby.
1 Pictus. B. Nepaul. 2 Hemipterus, Lina., etc. Europa. 3 Smithii, Mac Leay. Afric. austr. 4 Canaliculatus, F., Oliv., Knoch, G.et P., Schaum. Variegalus, Beauvois.
Amer. bor. | 10 Argillaceus, Hope, B.
5 Squamiger, Beauvois, G. et P., B. Amer. bor.
var. Selicollis, Beauv., G. et P., B.
6 Parvulus, Schaum, B. Siam. 7 Pygmæus, G. et P. Ind. or. post. 8 Fasciculatus, Schænh., Schaum, B. Caffraria.
9 Javanicus, B. Java. Mysore. 11 Lapeyrousii, G.etP.,B, Nov.Holl.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 55
INCA, Lepell. et Serv., Gor. et Per.
Burm. 1 Clathratus, OI. ? Fabricii, Perty. Weberi, Lepell. et Serv., B. Sommeri, Westw.
5 Pulverulentus, O1., B. Brasilia. Barbicornis, Latr., G. et P.
4 Bifrons, F., O1.,G.et P., B. Cayen. B. Brasil.
5 Bonplandi, Schænh., Fascialus, Kirby. Tapujo, Perty, Serricollis, G. et P.
2 Tricuspis, Drapiez. var. Inscriptus, Kirby.
6 Beskii, Schaum, B.
7 Lineola, Wes(w.
OSMODERMA, Lepell. et Serv., Gor. et Perch., Müûls., Burm. GyYMmNopus, Kirby.
1 Eremita, Scop., Lian., etc. Europ.
Coriarius, de Geer. ® Eremilica, Knoch, Gyl1l. 2 Eremicola, Knoch, Say, G. et P.,
Brasilia.
B. Amer. bor. 3 Scabra, Beauvois, G. et P., Baimpb. B Amer. bor.
Foveala, Kirby.
4 Rugosa, Kirby, Sch., B. Amer. b. Beauvois. Bainbridge. Scabra, G.elP.
PLATYGENIA, Mac Leay, Gor. et Perch., Burm.
1 Barbata, Schænh., B. Guinea. Zairica, Mac Leay, G. et P., Guer. ? var? Mac Leaii, White.
COELOCRATUS, Buarm. 1 Rufipennis,G.etP.,B. Brasil.int.
Amer. mer. Ynea, Web., F. (Gelonia), G. et P.
Mexico.
2 Irroratus, Chevrol., G. et P., B. Brasil. inter.
GNORIMUS, Lepell., et Serv.. Gor.
et Perch., Müls., Burm. TRICHIX ALEUROSTICTI, Kirby.
4 Nobilis, Linn., elc. Europa. Viridulus, De Geer. Auralus, Rœæsel. 2 Subcostatus, Ménétries, Fald., B. Armenia. 5 Variabilis, Linn., Oliv., Curtis, Müls., B. Europa. Octopunctatus, F., Payk., Gyll., Panz., G. el P. 4 Decempunctatus, Helfer, Schaum, B. Sicilia, 5 Bartelsii, Fald., B. Armenia. 6 Maculosus, Knoch.,B. Amer. bor. Bigsbii, Kirby. Dissimilis, G. et P.
MYODERMA, Burm.
1 Alutacea, SchϾnbh., B. Sordida, G. et P. Ambiqua, Bainbrige.
Guinea.
AGENIUS, Lepell. et Serv. Cameuripus, Kirby, Mac Leay. SECTIO !.
AGENIUS, Gor. et Perch., Burm.
1 Clavus, Schaum. Caffraria. 2 Limbatus, OI., G. et P., B. Caffrar. SECTIO 2. CLASTOCNEMIS, Burm.
4 Maculatus, Schaum, B. Sier. Leo. 'Quadrimaculatus, Schænh. Incurvalus, Mac Leay.
Q Sexgutlatus, Schænh. Seæmaculalus, G. et P.
o6 ANNALES
SECTIO 3.
STRINGOPHORUS, Burm.; STRIPSIFER , Gor. et Perch. 1 Zebra, G. et P., B. var. Niger, G. et P. 2 Flavipennis, G. et P. Caffraria. Horsfieldii, Mac Leay, Schaum, B.
3 Longipes, Swederus, B. Caffraria. Swederi, Schænh.
4 Rufipennis, G. et P. Cafïraria. STEGOPTERUS, Burm. TRICHII TETRAOPHTHALMI, Kirby.
4 Vittatus, F.,G. et P., B. Afric. aus. Tomentosus, De Geer. Zebra, O1., Guër. Surinamensis, Herbst.
2 Suturalis, G. et P., B. Afric. aust.
5 Seplus, Schaum, B. Afric. austr.
4 Obesus, B. Afric. austr.
ERIOPELTASTES, Burm.
Caffraria.
1 Leucoprymnus, B. Caffraria. TRICHIUS, Fabr., elc. SECTIO 1.
TRICHIX LEGITIMI ET TRICHINI, Kirby.
4 Fasciatus, Linn., Herbst., Payk., Gy1l., Müls., Schm., B. Europ. (temp. Succinclus, F., Latr., G. et P. © Bimaculatus, Gebler. var, Fascialus, F. a Gallicus, Heer, Müls. Europ. mer. Abdominalis, Schmidt.
Fasciatus,O1., Latr..G.etP.,Guer. Zonali var. Schaum, B. var. Abdominalis, Ménétries.
35 Zonatus, Germ., Géné, Schaum,
Schmidt, B. Sardinia.
Fasciolatus, Géné olim.
4 Succinctus, Pall., Herb., B. Sibir. Dahuricus, Gebler, G. et P.
5 Bidens, OI. Amer. bor. Bibens, F., G. el P.
6 Piger, F.. OL, G. et P., Schaum,
B. Amer. bor.
var. Drummond, G. el P. Rotundicollis, Kirby.
7 Mulabilis, Schaum. Amer. bor. Variabilis, Schaum olim. Bibens, Burm. var. Affinis, G. el P. Assimilis, Kirby. Viridans, Kirby. 9 Bistriga, Newman. Viridulus, F., OI., Gr el P. Lunulalus, F., OI., G. el P.
SECTIO 2.
TRIGONOPELTASTES, BUrm.: TRICHII ARCHIMEDII ET EUCLIDII, Kirby.
1 Deltoides, Newman, B. Mexico. 2 Della, Forster, Drury, Fabr., etc. Amer. bor. 3 Archimedes, Schaum, B. Mexico. 4 Geometricus, Schaum, B. Mexico. 5 Triangulum, Kirby, G. et P., Sch., B. Brasilia.
6 Linea, B. Mexico.
7 Quadrisignalus, Schaum. Mexico. Quadrigullalus, B.
DE LA SOCIETÉ ENTOMOLOGIQUE. 57
AAA RAA AAA AA AAA AAA A AAA AAA AS SAS AV RAA NA AA AAA AAA AAA AAA AAA AA AA A AAA AAA AAA RAS AAA ANA
NOTE
SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE D'ARANÉIDE APPARTENANT AU GENRE AcCtinopus DE M, PERTY,
Par M. H. LUCAS.
( Séance du À Octobre 1843. )
Ayant publié dans le sixième volume des Annales de la Société entomologique un travail donnant la synonymie des espèces dont se trouve composé le genre Actinopus de M. Perty, j'ai pensé qu’en faisant connaître une espèce nouvelle dans ce même recueil, cette description ne serait pas jelée au hasard puisqu'elle viendrait en quel- que sorte compléter mon travail monographique sur le genre des Actinopus.
Cette espèce, qui habite l'Amérique du Nord, a beau- coup d’analogie avec l’A. Audouinii, Luc., qui à aussi pour patrie cette même partie de l'Amérique; mais elle en diffère par des caractères bien tranchés et que j’exposerai plus loin. Depuis la publication de mon mémoire, qui date de l’année 1837, et dans lequel j'ai fait connaître toutes les espèces du genre Actinopus, Ce travail à été pré- cédé de plusieurs observations sur la synonymie du genre et particulièrement des espèces, qui toutes étaient fort confuses et que j'ai partagées en deux sections, comme
58 | ANNALES
M. Walckenaër, au reste, l’avait déjà fait, afin d’en rendre l’étude plus facile. Les espèces qui composent actuelle- ment celte coupe générique sont au nombre de sept, et toutes jusqu’à présent semblent être propres au continent dés deux Amériques. L'espèce qui fait le sujet de cette notice, et que je dois à l’obligeance de M. F: Prevost, ap- partient à ma section À, c’est à dire aux espèces dont les mandibules ne sont pas arrondies à leur extrémité, mais terminées en pointes ou lames à plusieurs piquants. A ce sujet, je ferai remarquer que pendant mon séjour en Al- gérie j'ai rencontré, dans l’est et l’ouest de nos posses- sions du nord de l'Afrique un genre d’aranéide qui est très voisin de celui d’Actinopus, mais qui s’en distingue par des caractères bien tranchés. Cette coupe générique, que je désigne sous le nom de Cyrtocephalus, ne pourra être confondue avec les Actinopus par son céphalothorax dont la partie antérieure est large et très bossue; par la dispo- sition des yeux, qui sont disséminés et qui occupent sur le céphalothorax un espace assez grand; par les mandi- bules qui sont très grosses, très saillantes et par le plas- tron Sternal qui est étroit et ovalaire; quant aux autres organes, tels que ceux de la locomotion et de la mandu- cation, ils sont entièrement semblables à ceux des Acti- nopus. C’est aux environs de Constantine, sur le versant du Djebel Mansourah, que j'ai rencontré ce nouveau genre (1). J’en ai trouvé une seconde espèce (2) près d'O-
(1) L'espèce type de celte nouvelle coupe générique est le €. lerricola, Lucas.
(2) C’est avec doute que je place cette espèce dans ce genre, elle pourrait bien servir de type à une autre nouvelle coupe générique, mais jusqu’à présent n’ayant pas été à même d’en faire une étude bien approfondie, je la désignerai en attendant sous le nom de €. maurilanicus.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 59
ran et qui se plaît sur le versant est du Djebel Santa-Cruz. Ces aranéides sont très difficiles à rencontrer; elles habi- tent des trous très profonds en terre dans lesquels elles se tiennent pendant le jour; je crois que ces espèces sont nocturnes et qu’elles ne vont à la recherche de leur nourriture que pendant la nuit. Par la grande analogie que cette coupe génériquea avec les Actinopus elle semble- rait représenter ces aranéides américaines dans cette par- tie de l’Afrique. Je n’ai pas cru devoir m'étendre beau- coup sur les caractères de ce nouveau genre; C’est un travail que je me propose de reprendre lorsqu'on aura définitivement décidé la publication des travaux de la commission pendant son séjour en Algérie,et si dans cette notice j'ai dit quelques mots sur cetie coupe nou- velle, c’est afin de faire connaître combien est grande, malgré la différence des positions géographiques, l’analo- logie qui existe entre ces deux divisions génériques
M. Westwood, dans les Annals and magazine of natural history, february 1811, n. 39, rapporte au genre Actinopus de M. Perty une aranéide qu’il a reçue vivante de Barba- rie (Tanger); d’après la description qu’en donne ce savant entomologiste, il est difficile de dire si c’est bien au genre des Actinopus que doit être rapportée cette aranéide ou à la nouvelle coupe générique que je viens de signaler. D’a- près les quelques lignes de description données par M. Wesiwood au sujet de cette aranéide, je suis porté à croire que les deux espèces que j'ai désignées plus haut sont différentes de l’Actinopus œdificatorius de l’entomolo- giste anglais.
60 ANNALES
Actinopus Pertyi, Lucas. Long. 16 1/2 millim. Larg. 7 4/2 millim.
A. cephalothorace rufo-nitido, anticé gibbosissimo ; mandibulis, maxil- lis, palpis pedibusque rufescentibus; sterno rufescente, orbiculari ; abdomine fusco , transversim- subrugoso, pilis flavescentibus vestito; fusulis flavescentibus.
Le céphalothorax d’un roux brillant, entièrement lisse, plus gibbeux antérieurement que celui de l’A. Audounü, présente à cette même partie des poils raides, allongés, d’un brun foncé. Les organes de la vue n’offrent rien de remarquable. Les mandibules d’un roux un peu plus foncé que le céphalothorax, sont terminées par deux prolonge- ments épineux assez allongés; les crochets des mandi- bules sont noirs. Les mâchoires, les palpes, les pattes et la lèvre sont d’un roux clair. Le plastron sternal orbicu- laire est de même couleur que les mâchoires. L’abdomen, légèrement ridé transversalement, est d’un brun foncé et revêtu de poils soyeux, jaunâtres. Les filières, ainsi que les ouvertures de la respiration sont d’un jaune clair.
Cette espèce, que j'ai dédiée à M. Perty, auteur du genre Actinopus, ressemble beaucoup à l’A. Audouinii, Luc., dont elle ne diffère que par la partie antérieure de son cépha- lothorax qui est beaucoup plus gibbeux, et surtout par le plastron sternal qui est de forme orbiculaire.
Habite l'Amérique du nord.
Explication de la figure 1" de la planche 4".
Fig. 4. Actinopus Pertyi, Lucas, 4 a. Disposition des yeux.
4 b. Plastron sternal.
1 c. Filières vues en dessous.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 61
AA AA ENV AA AA AAA NV AA AA A A A A AA AA AA A AA AAA AAA VU AS AV AUS AY NU
NOTE
SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE D'ARACHNIDE QUI APPARTIENT AU GENRE Îxodes, ET QUI VIT DANS LE CONTOUR INTERNE DE
LA CAVITÉ ORBITAIRE DU Python Sebæ, DUMÉRIL ET BIBRON (Coluber Sebæ, GMELIN) ;
Par M. H,. LUCAS.
( Séance du 21 Février 1844. )
Le fait non encore signalé que je vais faire connaître dans cette notice est fort remarquable et mérite de fixer l’altention du naturaliste observateur et ami de l’ento- mologie. C’est à la classe des Arachnides, déjà si féconde en faits intéressants, qu'appartient le petit animal arti- culé qui fait le sujet de cette notice, et c’est dans le genre Ixodes, proprement dit, que vient se ranger cette espèce qui est nouvelle. On sait que les Arachnides appelées par l’historien des insectes des environs de Paris (4) Tique, et Ixodes par les naturalistes modernes, sont des animaux
(1) Geoffroi, Hist. nat. des inst., tom. 2, p. 619. (1800.)
62 ANNALES
qui vivent dans les bois, qui se tiennent sur les plantes el attendent, simplement accrochés avec deux de leurs pattes et tenant les autres étendues, qu’un mammifère quelconque vienne à passer pour se fixer sur lui et se nourrir ensuite de son sang. Telles sont les conditions les plus ordinaires dans lesquelles on trouve ces animaux; aussi n’est-il pas rare de rencontrer ces Arachnides sur les chiens de chasse et de les voir particulièrement sur les oreilles et autour de ces organes, qui sont les parties sur lesquelles elles se fixent le plus souvent. Ces Arachni- des se fixent aussi sur les bœufs et sur les moutons; elles pullulent tellement sur ces animaux, qui sont conduits par les Arabes pour paitre dans les bois, particulièrement dans le cercle de la Calle, que pendant mon séjour en Algérie, j'ai vu de ces ruminants tellement couverts d'Ixodes qu’ils en succombaient presque, tant ils étaient maigres et affaiblis. L'homme lui-même n’en est pas exempt, et il est peu d’entomologistes qui, en chassant dans les bois, n’aient nourri l’Ixodes ricinus, qui ordinai- rement se place sur le ventre, sous les aisselles, sur le cou, etc. À la ménagerie du Muséum, j'ai été dernière- ment témoin de la présence de ces Ixodes sur des ani- maux que leurs écailles devraient mettre à l’abri des at- taques de ces Arachnides ; mais la nature, dans sa pré- voyance infinie, a voulu que tous les êtres qu’ellea créés vivent et se reproduisent, et tout en privant de facultés intellectuelles les animaux placés le plus bas’ dans l’é- chelle zoologique, elle leur a donné cependant assez d’instinet pour pourvoir à leur nourriture et surtout à re- chercher les parties propres à la leur fournir. Le gardien, M. Vallée, qui est chargé spécialement du soin des repti- les, à la ménagerie du Muséum, me donna, il y a quelque temps, des Jxodes qui, disait-il, vivaient très près des
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 63
yeux d’un Boa constrictor, Linné. Curieux de connaître celte particularité, je visitai ces ophidiens et j’examinai ce que leur gardien m'avait communiqué. Aidé par M. Val- lée, qui a pour ces animaux un soin tout particulier, je visitai plusieurs Boas et j'aperçus en effet une certaine quantité d’Ixodes fixés dans le contour interne, supérieur et inférieur de la cavité orbitaire, parties qui, dépourvues d’écailles, permettent à ces Arachnides d’yÿ erifoncer leur suçoir et de se nourrir du sang de ces reptiles. Quelque- fois ces petits parasites sont au nombre de quatre ou cinq individus dans chaque cavité orbitaire, et lorsqu'ils ont atteint une certaine grosseur, ils obligent les bords exter- nes de cette cavité, garnie de peau, à se relever, ce qui‘ permet alors d’apercevoir la partie postérieure de leur abdomen. Les individus que je me suis procurés et que je communique à mes collègues de la Société, ont été re- tirés de la cavité orbitaire au moyen de brucelles par M. Vallée, et cette opération se fait d'autant plus diffici- lement, que le serpent atiaqué par ces parasites s’y prête fort peu, et qu’ensuite, leur suçoir pénétrant profondé- ment dans les chairs, leur cause, lorsqu'on veut les en extraire, une douleur si vive que, quand l’opération vient à manquer, l'animal irrité s’y refuse complétement ou oppose une résistance qui serait difficile à surmonter. Si on laissait multiplier ces Ixodes, je crois que les organes de vision chez les Ophidiens attaqués par ces animaux auraient beaucoup à souffrir, et ces parasites, par leur trop grande multiplicité, pourraient fo:mer dans les ca- vités orbitaires de petites tumeurs qui leur devieadraient très nuisibles. Je pense que l’introduction de cet Ixodes qui, suivant M. Vallée, n'avait jamais été vu à la ména- gerie des Reptiles, et qui maintenant s’est multiplié sur les Boa constrictor, Linné, est due à la présence d’un Python
GA ANNALES
du Sénégal (P. Sebæ, Duméril et Bibron), Coluber Sebeæ, Gmélin, qui a été donné dernièrement au Muséum.
Cet Ixodes, qui forme une espèce nouvelle, estremarqua- ble par les dilatations latérales de son abdomen et se dis- tingue facilement de ses congénères, par son corps trans- versale au lieu d’être arrondi ou ovalaire, forme qui se présente le plus ordinairement chez les espèces renfer- mées dans celte coupe générique.
Ixodes transversalis, Lucas. Long. 1 472 millim. Larg. 2 412 millim. (1)
L. corpore multo latiore quam longiore, suprä infräque cineraceo ; tho- race capiteque fusco-rubris; palpis flavescente rubris; pedibus robustis, parüm elongatis, flavescente rubro-tinctis: tarsis albido flavescentibus.
Le corps beaucoup plus large que long, arrondi sur les côtés, est entièrement lisse, d’un gris cendré foncé, et ne présente à sa surface aucune dépression. La plaque écail- leuse ou thoracique est assez développée, lisse, d’un rouge brun; elle est beaucoup plus longue que large, très
(1) Gette espèce peut acquérir des dimensions beaucoup plus grandes surtout lorsque les femelles sont repues et remplies d'œufs. Dans celle condilion, cet Ixode abandonne le contour in- terne de la cavité orbilaire où il se tient ordinairement, et va à la recherche d’un lieu propice au développement des œufs qu’il dé- pose soil dansles interslices quelaissentlesécailles entre elles, soit dans les couvertures dont ces Ophidiens sont enveloppés. Ce qui me fait supposer qu’il en est ainsi lorsque la ponte doit avoir lieu, c’est que tout dernièrement une femelle remplie d'œufs, longue de 5 millimètres et large de 8 514 millimètres, a été surprise er- rante sur la région dorsale d’un des grands Pylhon Sebæ que pos- sède la ménagerie du muséum. ,
DE LA SOCIÉËTÉ ENTOMOLOGIQUE, 65
arrondie postérieurement et présente à sa partie anté- rieure, de chaque côté, une petite dilatation qui dépasse la partie médiane de cette plaque écailleuse et forme une échancrure profonde dans laquellela tête vient s'engager. Cette dernière, d'un rouge brun en dessus, d’un jaune rougeâtre en dessous, est petile, tronquée à sa base et ar- rondie à son extrémité. Le suçoir est assez allongé, d'un jaune légèrement teinté de rouge; les palpes, de même couleur que le suçoir, ne dépassent pas ou très peu ce dernier en longueur. Le corps en dessous est de même couleur qu’en dessus, c’est à dire d’un gris-cendré foncé. Les pattes presque de même longueur entre elles, robus- tes, peu allongées, sont d’un jaune sale avec l’extrémité des divers articles qui les composent légèrement teintés de rouge en dessus et en dessous ; les tarses sont d’un blanc jaunätre.
Le mâle diffère de la femelle par son abdomen qui est dessus, et de la même couleur que la plaque thoracique, et de même consistance que cette dernière. Après un séjour assez prolongé dans l'alcool, cette espèce devient d’une belle couleur rouge carmin.
Le Python Sebæ, Dumér. et Bibr. (Coluber Scbæ, Gmel.}, sur lequel j'ai trouvé l’Ixodes transversalis, mihi, provient du Sénégal, et ayant été placé près des Boa constrictor, Linné, cette nouvelle espèce d’Ixodes s’y est développée, et il n’est pas rare actuellement de la rencontrer au nom- bre de quatre ou cinq individus dans le contour interne de la cavité orbitaire de cet Ophidien.
Explication des fiqures 3° de la planche 1°.
Fig. 3 Ixodes transversalis, Lucas.
Ja Le mâle vu en dessous. 3b La grandeur naturelle. 2° Série, TOM. 1. à
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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 67
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NOTICE
SUR UNE NOUVELLE ESPÈCE D'ARANÉIDE APPARTENANT AU GENRE Scytodes DE M. WALCKÉNAËR ;
Par M. H. LUCAS.
(Séance du 22 Févirer 1844.)
Quoique la classe des Arachnides attire peu l’attention des amis de l’Entomologie, et quoique le nombre de ceux qui s’en occupent soit très petit, cette classe cependant n'a pas été négligée, et par les récents travaux anatomi- ques de MM. L. Dufour et Dugès, et ceux purement zoolo- giques de M. Walckénaër, ces animaux, d’après l’état ac- tuel de nos connaissances,occupent dans la série des êtres une place assez naturelle. Parmi cette classe intéressante composée d'animaux de mœurs si singulières et si va- riées, il existe souvent entre les sexes, comme cela a lieu particulièrement chez la plupart des hyménoptères, une si grande différence que quelquefois on est tenté de placer dans un tout autre genre une espèce qui, bien souvent,
68 ANNALES
n’est qu'un sexe différent, et cette grande dissemblance entre individus de même espèce se présente souvent chez les mâles. Cependant elle ne se montre pas dans tous les genres qui composent l’ordre des Aranéides ; mais dans ceux où elle se présente elle est fort remarquable, et comme exemple je pourrai citer les genres que renferme la famille des Théraphoses de M. Walckénaër et surtout les Aranéides désignées sous le nom de Attus par ce même savant. Quoique toutes les coupes génériques qui actuel- lement composent l’ordre des Aranéides aient été assez bien étudiées par le petit nombre d’entomologistes qui s'occupent de ces animaux, il existe cependant encore quelques genres où les mâles ont échappé à leurs inves- Ligations. Il y a fort peu de genres où un seul sexe soit connu, et chez ceux ou ce cas se présente, les espèces qui les composent sont la plupart exotiques, et ce qui explique de suite ce cas que l’on peut dire insolite, c’est queles natu- ralistes voyageurs n’attachent pas une grande importance à la recherche de ces animaux. Cependant ce fait insolite se renconire pour une espèce assez Commune dans notre pays, et que l’on trouve particulièrement dans nos habitations, on n’en connaît encore que la femelle, et cette Aranéide est la Scytodes thoracica, espèce qui estrestée longtemps le seul représentant de cette coupe générique. (4) Cette arai-
(1) A ce sujet je pourrai encore citer la Filislala Bicolor, ara- néide qui habile le midi de la France et dont le mâle est {rès rare el encore fort peu connu. Pendant mon séjour en Algérie, j’ai été assez heureux pour me procurer un mâle de celle aranéide, et qui comme la plupart des araignées de ce sexe dans la tribu des thé- raphoses est remarquable par la longueur el la gracililé des palpes, organes qui bien souvent chez les animaux de celte famille dépas- sent de beaucoup en longueur le génual de la première paire de pattes et atteignent même quelquefois le milieu de l’article sui-
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 69
gnée qui est très petite, habite ordinairement les lieux ra- rement visités, tels que les derrières de nos biblioth®ques et de nos armoires ou nous plaçons nos livres et nos boi- tes de collections. Cette araignée essentiellement lucifuge établit dans ces endroits retirés et peu visités des fils là- ches placés çà et là et s’entrecroisant. Dans le midi de la France, on rencontre communément cette araignée sous les pierres, (1) tandis que vers le nord on la trouve très rarement dans cette condition. La Scytodes thoracica non seulement habite notre pays, mais elle a été aussi rencon- trée en Égypte, car M. Savigny, dans les planches du grand ouvrage sur l'Égypte, en à donné une excellente figure (2). Pendant mon séjour en Afrique, j'ai souvent trouvé dans mes excursions cette Aranéide, je lai prise surtout aux environs d'Alger et d'Oran; dans l’est, c’est à dire aux environs de Philippeville, de Constantine, de Bône et de la Calle, elle paraît être très rare. Cette espèce vit iso-
vant ou le tibial. Toutes les Filistala que j'ai prises habitent l’est de nos possessions dans le nord de l’Afrique; je les ai rencon- {rées aux environs d'Alger, mais plus particulièrement dans les maisons, à Constantine ; la femelle est sédentaire et établit dans les fissures et les anfractuosités des murailles une toile sembla- ble à celle des Ségestries, c’est à dire en forme de tube el à l’em- bouchure duquel sont dirigés extérieurement des fils comme au- tant de rayons divergents ; quant au mâle je l’ai rencontré errant. J'ignore si cetle Filistale habile aussi l’ouest de nos possessions d'Afrique, mais pendant le séjour que j'ai fait dans la province d'Oran, je n’ai jamais rencontré cette aranéide.
(1) En chassant dans les environs de Toulon vers le milieu de décembre 1839, j'ai rencontré souvent cetle aranéide en très grand nombre; je la trouvais sous les pierres et particulièrement sur le versant de ia montagne qui regarde la ville de Toulon;je l'ai prise aussi assez communément aux environs de Port-Vendres.
(2) Savigny, Descript. de l’Egypt., Arachn, PI.5,fig 1.
70 ANNALES
lée sous les pierres; j'en ai pris un très grand nombre d'individus et jamais je n’ai pu me procurer de mâle. M. Walckénaër dans le tomepremier de son histoire natu- relle sur les insectes aptères, page 271, semble n’avoir connu que la femelle de cette Aranéide, car dans ce tra- vail il ne décrit que ce sexe. Dans l’état actuel où sont nos connaissances sur les animaux articulés, on peut dire que c'est un fait bien insolite de ne connaître encore qu’un seul sexe d’une araignée commune dans nos habi- tations et qui surtout n’est pas rare dans nos contrées méridionales. On sait que les mâles dans toutes les Ara- néides sont beaucoup plus rares que les femelles, que leurs manières de vivre sont très différentes et que 1a plupart n’approchent et ne cohabitent avec leurs femelles que dans le moment de l’accouplement et pour satisfaire seulement l’acte auquel la nature les a destinés. Leur vie peu sédentaire et surtout le danger auquel ils échappent rarement après l’accouplement est sans doute, je crois, les seules raisons que l’on puisse donner de la rareté des mâles en général chez les Aranéides et en nes chez la S. thoracica.
M. Walckénaër, dans l’ouvrage que j'ai cité ci-dessus a fait connaître un mâle d’une Scytode américaine qu’il désigne sous le nom de S. fusca, Walck., p. 272; jusqu’à présent c'était le seul mâle connu dans cette coupe gé- nérique.
La Scytode que je vais faire connaître dans cette petite notice provient aussi de l’Amérique, et les circonstances dans lesquelles elle est arrivée au Muséum sont assez remar- quables. C’est en déballant des plantes qui venaient du Mexique, que le chef des serres chaudes du Muséum, M. Neumann, rencontra cette Aranéide, qu’il envoya de suite au laboratoire d’entomologie. Au premier aspect, et
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 74
ne connaissant pas surtout de mâle de Scytodes, je crus d’abord que cette Aranéide devait former une nouvelle coupe générique, mais après l’avoir examinée avec le genre Scytodes, je m’aperçus que la diposition des yeux, la forme des mandibules et des mâchoires, la longueur relative des pattes, que tous ces organes enfin (excepté l'abdomen qui est oblong (1), étaient tout à fait sembla- bles à ceux des Scytodes, mais seulement dans des pro- portions beaucoup plus grandes. J'ai été à même d’obser- ver vivante cette Aranéide que j’ai nourrie pendant quel- ques jours ; elle est très lente et dans ses mouvements, elle ressemble beaucoup au Pholcus phalangioïdes ; à l’état de repos, toutes ses pattes sont ramassées le long de son corps et de son céphalothorax, et dans la boîte où je l’a- vais placée, elle avait tendu çà et là quelques fils de soie d’un blanc éclatant.
Scytodes longipes, Lucas.
S, Omninû subfulvescens ; cephalothorace fusco maculato, vittis nigris in medio longitudinaliter ornato; pedibus palpisque fusco annulatis: abdomine supràä infrà que nigro maculato; fusulis fulvescentibus, (Marum tantum novi.)
Long. 7492 millim. Long.3 172 millim.
Le céphalothorax d’un fauve clair est orné sur ses par- ties latérales de quelques taches brunâtres, et sur sa par-
(4) Cette conformation se voit ordinairement chez les mâles des aranéides, ainsi dans les genres Tegenaria, Epeira, etc., elc., où l'abdomen des femelles est ordinairement très renflé et plus ou moins orbiculaire, chez les mâles cet organe au contraire est toujours très petit et la forme en est souvent très différente.
72 ANNALES
tie médiane, il présente deux bandes longitudinales très fines, d’un brun foncé et qui se réunissent postérieure- ment ; l’intervalle qui existe entre ces deux bandes est parsemé d’atomes brunâtres qui, sur les côtés internes de ces deux bandes, forment des taches orbiculaires et qui antérieurement représentent deux autres bandes affectant la lettre V, et dont chaque branche vient aboutir aux deux dernières paires d’yeux. Les yeux sont très saillants et semblent être portés sur de petites tubérosités. Les man- dibules d’un fauve clair, sont teintées de brunâtre à leur naissance avec les crochets de ces organes d’un roux clair à leur base et noirs à leur extrémité. Les mâchoires sont d’un fauve clair, teintées de brun sur les côtés externe et interne. Les palpes sont d’un fauve clair, tachés de brun et hérissés de poils de cette dernière couleur ; le dernier article allongé à sa naissance est piriforme, tandis qu’à son extrémité il est grèle et tout à fait filiforme ; à partir du point où cet article est renflé, est annexé un sixième article également piriforme et à extrémité filiforme et très pointue; ce sixième article, qui est rougeâtre, est l’organe mâle ou au moins celui qui prépare les voies de la copulation. Les pattes, d’une longueur extrême, très grèles, sont d’un fauve clair, annelées de brun, couleur qui surtout est très prononcée à l'extrémité de la hanche et au génual; les ongles sont d’un brun foncé : des poils assez allongés, peu serrés, d’un brun clair, hérissent les organes de la manducation et de la locomotion. La lèvre est d’un fauve clair, tachée de brun dans sa partie mé- diane. Le plastron sternal d’un fauve clair est taché de noir foncé à sa partie antérieure. L’abdomen est oblong et égale en longueur le céphalotorax, il est d’un fauve clair en dessus et tout piqueté de brun foncé; en dessous il est de même couleur qu'en dessus, maïs il présente des
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taches noires très prononcées sur les ouvertures stygma- tiformes et dans l'intervalle qui existe entre ces organes ; postérieurement on aperçoit trois autres taches égale- ment d’un noir foncé, dont la première ou celle qui oc- cupe la partie médiane ressemble à la lettre V, les deux autres sont situées tout à fait postérieurement et de cha- que côté des filières; ces derniers organes sont d’un fauve
clair. . Cette espèce, que j'ai observée vivante et qui vient se
placer près de la S. fusca, Walck., a été rapportée avec des plantes venant du Mexique,
Explications de la figure 2° de la planche 1".
Fig. 2 Scytodes longipes, Lucas.
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ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 75
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NOTES
POUR SERVIR A L'HISTOIRE DES INSECTES QUI VIVENT DANS LE CHARDON PENCHÉ (Carduus nutans),
PAR M. LE COLONEL GOUREAU.
(Séance du 17 avril 1844.)
Le chardon penché est fort commun le long des che- mins et dans les terrains incultes et arides. Sa fleur violette est entourée d'un involucre imbriqué dont les écailles sont terminées par de longues épines et dont le réceptacle charnu est d’un goût qui n’a rien de désagréa- ble. Il fleurit en juin et juillet, et commence à se dessé- cher dès les premiers jours d’août. Ses graines tombent en septembre et octobre emportées par le vent qui fait tourbillonner leurs aigrettes. Chaque tête de cette plante peut être regardée comme un pays occupé par une po- pulation très-variée dont je vais essayer de faire connaître les principaux habitants en donnant sur chacun d'eux les détails qui sont parvenus à ma connaissance.
76 ANNALES
$ 4. LÉPIDOPTÈRES.
1° Catoptria carduana, Guéné.
Le 3 août 1843, j'ai récolté plusieurs têtes de Chardon penché qui étaient remplies de larves et de chrysalides : je les ai renfermées dans des cornets de papier après les avoir dépouillées de leurs épines et découpées en mor- ceaux.
En commençant l’examen de ces têtes par la partie la plus inférieure du réceptacle, j'ai. trouvé une petite chenille qui s’était établie auprès de l’attache du pédon- cule et qui vivait isolée et à l’aise dans un logis qu’elle s’y était construit. L'intérieur de ce logis , ainsi qu’une pe- tite ouverture au dehors , étaient remplis par des grains noirs, Comme on en.voit dans les fruits attaqués par les vers; ces grains sont les excréments qu’elle a rendus. Tirée de son habitation elle est très-vive, marche en avant ou en arrière, s’allonge ou se raccourcit à volonté. Cette chenille ne m'a pas donné son lépidoptère. Deux individus que j'ai voulu conserver sont morts , l’un dans un cornet de papier, l’autre dans son habitation, proba- blement parcequ’ils n’ont pas trouvé de terre pour s’y enfoncer et s’y chrysalider. Je suppose , d’après les habi- tudes de cette chenille, qu’elle peut appartenir à la tribu des Pyralites et à un genre voisin des Carpocapsa (1). Voici sa description : long. 9 mill., douze anneaux sensi- blement de la même dimension sauf le dernier, qui est plus petit; de couleur brune en dessus, ornée de quatre lignes longitudinales jaunâtres , deux de chaque côté du vaisseau dorsal. Tête ronde, écailleuse, luisante avec les
(4) Voir une note à la fin du mémoire.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. Ti
parties de la bouche tirant au rougeûtre. Cette tête en partie recouverte par le premier anneau qui paraît mince, écailleux, luisant, et qui porte un trait jaune au milieu. Il semble que l’on voit par transparence la forme de l’occi- put. Six pattes écailleuses jauneâtres, les huit membra- neuses blanches occupant les sixième, septième, huitième et neuvième anneaux. La poitrine brune et le ventre blanchâtre.
Il semble à l'inspection de l’animal mort qu’il est privé de pattes anales. Je crois cependant qu’il en possède une paire, en me fondant sur l’observation d’une autre chenilletrouvée dans le réceptacle du Carduus crispus, ayant les mêmes habitudes que la précédente et la tête recou- verte par le premier anneau du corps; ce qui me fait supposer qu’elle est du même genre ou au moins de la même tribu. La chenille du Carduus crispus porte deux pattes anales d’une structure qui m’a semblé différente de celle des pattes membraneuses et qui se rapproche des mamelons rétractiles dont sont pourvues certaines larves de coléoptères. Ces pattes, qui s’oblitèrent à la volonté de l'animal , se terminent par une vésicule de couleur jau- nâtre, transparente comme une goultelette de liquide que l'animal fait rentrer dans l’intérieur du pied et qui lui sert de plante. Ce ne sont pas des gouttelettes gluan- tes, ainsi qu’on serait tenté de le croire au premier aspect, car elles ne laissent aucune trace sur le plan où il marche.
$ 2. COLÉOPTÈRES. 1° Rhinocyllus latirostris.
Le centre du réceptacle du chardon penché est occupé
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par des cellules faisant protubérance, non visibles à l’œil à cause des filaments cotonneux qui les couvrent, mais très sensibles au doigt qui les touche. Ces cellules, au nombre de cinq ou six, plus ou moins selon les têtes, sont formées d’une substance solide, noirâtre , que l’on peut comparer, pour l’aspect et la consistance, au jus deréglisse. Les semences y sont enchâssées et parfaitement dévelop- pées. Chaque cellule renferme une larve que l’on juge, à son aspect, devoir appartenir à un curculionite. C’est en effet au Rhinocyllus latirostris qu’elle donnera naissance.
On sait par l’histoire des hyménoptères de la tribu des Gallicoles, que les excroissances dans lesquelles vivent leurs larves sont produites par une blessure envenimée que la femelle fait avec sa tarrière à quelque partie des végétaux. La plaie sécrète une humeur qui enveloppe d’abord l’œuf et produit une petite galle, dans laquelle se nourrit la larve, dont la dent irrite de nouveau la blessure et fait grossir la galle. On pourrait penser qu’il en est de même ici, et que les larves du curculionite en mordant et blessant le réceptacle occasionnent une extravasation de sève qui produit leurs cellules. Il n’en est pas ainsi. Les petites larves au sortir de l’œuf s’insi- nuent dans la substance charnue du réceptacle ; elles s’y creusent chacune une petite loge, qu’elles agrandissent à mesure qu’elles croissent. La substance même qu’elles enlèvent dans ce travail sert à leur nourriture. Elles de- meurent à découvert jusqu’au moment où elles se dispo- sent à leur transformation ; leur première opération pour exécuier ce changement est de fermer leur cellule ou de construire leur coque ; ce qu’elles font en dégorgeant une matière noirâtre qui sert à fermer l’éntrée et à enduire les parois de la cellule. Ce fait m’a été révélé par l’obser- vation suivante. Ayant retiré une larve de sa cellule en-
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core fraiche le 45 août, dans l'intention de l'observer, je la vis d’abord se plier en deux, puis faire des mou- vements de contraction assez violents procédant de la région postérieure et se propageant jusqu'à la tête. Après plusieurs de ces efforts, elle rendit par vomissement une massé noirâtre, gluante, qu’elle déposa à l’extrémité de son corps ; elle reprit aussitôt une partie de cette masse, et après de nouveaux efforts elle en rendit une seconde qu’elle colla à la première. Ces deux masses se durcirent promptement et prirent la couleur et la consistance de la coque. Il me sembla que la larve essayait de se construire une nouvelle cellule et qu’elle y serait parvenue si la matière ne lui avait pas manqué ; mais ayant déjà épuisé son magasin dans la fabrication de sa première coque, elle ne put qu’indiquer son intention en commençant la seconde. Ainsi le curculionite en question ne produit pas une véritable galle sur le réceptacle du chardon comme le font d’autres insectes, mais il y construit une coque, c’est ce qu’il était facile de conjecturer en voyant les graines empâtées dans la matière qui forment Îles loges présentant tous les caractères de graines arrivées à leur entière perfection. Si cette habitation était une galle, dans le sens attaché à ce mot, la plante serait désorga- nisée en ce point et ne produirait pas de graines.
La larve du Rhinocyllus arrive assez promptement au terme de sa croissance, puisqu'elle commence ses évolu - tions dès les premiers jours d'août et que la tête de char- don n’est guère en état de la recevoir avant le mois de mai ou peut-être celui de juin. Elle passe peu de jours sous la forme de chrysalide , car on trouve des insectes révélés dès le onze du mois d'août. Ceux-ci mettent longtemps à s’affermir, à se colorer et à percer leur prison pour en sortir; ils semblent engourdis et répu-
*
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gner au mouvement. Il y en a qui après avoir ouvert leur cellule y sont restés ; d’autres en sont sortis ; un seul a percé le cornet où il était prisonnier et s’est échappé ; les autres y ont vécu dans un état de demi léthargie jus- qu'au mois de janvier, époque à laquelle ils sont morts de faim, à ce que je suppose. Il est probable que dans leur état de liberté ils se comportent un peu autrement, el qu’ils cherchent une légère nourriture en attendant le moment de leur hibernation. Cependant, comme cet insecte est gras et succulent au sortir de sa cellule, ila besoin de peu de nourriture pour atteindreles premiers froids de l’hiver qui l’engourdissent. Il reprend son essort au printemps suivant pour s’accoupler et propager son espèce. Mais lorsqu'il est gardé dans un appartement chaud, il ne s’engourdit pas et la déperdition qu’il fait alors quelque peu considérable qu’elle soit l’épuise à la longue et il périt d’inanition. C’est ce qui est arrivé à tous ceux que j'ai voulu conserver; ils sont morts dans le mois de janvier.
Cette observation contredit une opinion populaire qui regarde les hivers rigoureux comme funestes aux insectes, et les hivers doux comme favorables à leur propagation. Elle peut être vraie pour certaines espèces, mais je crois qu’elle ne l’est pas pour celles qui hivernent et qui périssent de faim ou de maladies lorsqu'elles ne s’en- gourdissent pas.
La larve du Rhinocyllus latirostris a 5 à 6 mill. de long. Elle est blanche, molle, apode, glabre, composée de douze segments sans compter la tête. Gelle-ci est jaunä- tre, ronde avec les parties supérieures de la bouche noi- râtres. On y distingue un episitome, un labre, deux man- dibules. Les antennes manquent. Le dessous de la tête est renflé, comme goîtreux. Je ne distingue pas les parties
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inférieures de la bouche qui sont les mâchoires, les palpes et la lèvre, lesquelles paraissent sous l’äspect de petites pointes. Les trois anneaux thoraciques ont un plus grand diamètre que les autres et présentent en dessous trois mamelons. Les autres anneaux en offrent aussi, mais beaucoup moins apparents. Les stigmates dorsaux ne correspondent pas aux inférieurs ; ils en sont séparés par une sorte de carène latérale sur laquelle s'ouvrent les stigmates. Les anneaux du dos paraissent divisés au moins en deux segments. Cette disposition, qui permet à la larve de se courber en arc et même de se plier en deux, la tête touchant l’extrémité opposée ainsi que les ca- rènes latérales, s’observe sur un grand nombre de larves de coléoptères et d’hyménoptères. Je crois apercevoir les stigmates sur les 1°", 4°, 5* et 11° anneaux. Ces ouvertures sont si petites que Ja loupe n’est pas suffisante pour les signaler avec certitude. On voit aussi à travers le corps une ligne noirâlre qui s’étend dans le sens de la longueur et qui est probablement le tube intestinal,
La chrysalide est blanche. Les quatre pattes antérieu- res sont repliées sur les élytres, les deux postérieures sont cachées dessous. Les antennes sont rejetées sur les côtés du thorax et le rostre est profondément canaliculé. Les élytres sont striées. On distingue une ligne de petites épines rangées transversalement sur chacun des deux derniers anneaux de l’abdomen. A l'aspect de cette chry- salide on juge qu’ele doit donner naissance à ua coléop- tère à rostre Court et à antennes en massue.
L’insecte parfait, qui est le Rhinocyllus latirostris, est commun en été. Il est très longtemps à s’affermir après sa métamorphose. Il est d’abord blanc; il devient rou- geâtre ensuite, puis brun et enfin noir. Dès qu’il com- mence à passer au fauve on distingue sur son corselet et
2° Série, TOM. 11. (E
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sur ses élytres des touffes de petits poils qui y forment des taches blanches, lesquelles passent au jaunâtre lors- qu’il a pris sa couleur naturelle.
j'ignore comment il dépose ses œufs; mais en considé- rant qu’il est dépourvu d’oviducte, je suppose qu’il les pond au moment où le calice du chardon est ouvert, et où les fleurons n'étant pas encore épanouis forment une table plane sur laquelle l’insecte se promène à son aise. Les œufs étant placés entre les fleurons les petites larves qui en sortent s’insinuent entre eux et pénétrent jus- qu'aux réceptacle où elles s’établissent.
$ 3. HÉMIPTÈRES. 4° Anthocoris fuscus.
J'ai peu de choses à dire de cette Géocorise qui est l’une des plus petites espèces de nos contrées. On voit sa larve dans les têtes du chardon penché au mois d’août; la nymphe s’y montre dans les premiers jours de septem- bre, et l’insecte parfait pendant tout le courant de ce mois. Sa dépression et l’exiguité de sa taille lui permet- tent de voyager entre les fleurons et leurs aigrettes, pour y chercher sa nourriture. La larve et la nymphe ont une forme ovalaire plus raccourcie que l’insecte parfait, et l'abdomen de la première est tout à fait orbiculaire.
Je ne sais de quelle nourriture fait usage ce petit hé- miptère; je ne l'ai jamais surpris à prendre son repas. Je conjecture qu’il ne la puise pas dans les sucs végétaux extraits du chardon même, car j'en ai trouvé dans des têtes de cette plante presqueentièrement desséchées, mais je pense qu’il vit aux dépens de petits vers rouges que l’on voit abondamment entre les fleurons du chardon, lesquels
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donnent naissance à une petite mouche du genre Cecydonia. J'ignore aussi de quelle façon l'espèce se perpétue d'une année à l’autre. On peut conjecturer que les œufs sont dé- posés sur quelque partie de la tête du chardon où ils pas- sent l'hiver ; ou, ce qui est plus probable, que l’insecte hiverné dans une retraite qu’il se choisit pour reparaître au printemps suivant, s’accoupler et pondre sur les fleurs nouvelles. Quoi qu’il en soit du mode de sa reproduction, voici le signalement de l’insecte parfait qui appartient à la famille des Ligéens et au genre Anthocoris.
Long. 2 mill., noir luisant; élytres päles au milieu et le long du bord extérieur, très noires à l'extrémité contre la membrane : antennes et pattes noires; jambes et tarses antérieurs pâles.
On trouve en même temps que cette espèce une va- riété entièrement d’un noir luisant, avec les jambes et les tarses antérieurs pâles.
$ 4. DIPTÈRES. 4° Urophora cuspidata.
On a dit précédemment que le Rhinocyllus latirostris s’é- tablit au centre des fleurs du chardon et que ses cellules s'élèvent en petits monticules au milieu des aigrettes des semences et du duvet du réceptacle. Le contour de ce dernier est occupé par un joli diptère de la tribu des Ti- phritides et du genre Urophora, qui vit en parfaite harmo- nie avec ses voisins que l’on vient de nommer.
En découpant en fragments des têtes de chardon qui commençaient à se dessécher, je ne tardai pas à rencon- trer à la circonférence des pupes ovoïdes, un peu allon- gées, placées verticalement dans des cellules de mêmes dimensions qu’elles, et des larves ayant la même posi- tion. Les cellules n’offrent aucun accident; ce sont de
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simples loges ovoïdes ouvertes par le haut et dont l’entrée est cachée par le duvet du réceptacle dont les fiamentsse sont rapprochés pour la couvrir. Leur substance est de même nature que le cœur du chardon qui semble avoir pris de l’accroissement pour les former ; on peut dire que ce sont de véritables galles ouvertes par un bout ou des demi-galles.
La larve qui vit dans cette habitation s’y tient la tête en bas pour ronger etsucer la substance du cœur du chardon, et le derrière en haut pour respirer librement ; car c’est à cette extrémité que sont placés ses stigmates. Elle est très à l’étroit dans sa cellule et il semble qu’il est impos- sible qu’elle puisse s’y retourner. Il faut cependant qu’elle exécule cette manœuvre; car les pupes ont la tête en haut et le derrière en bas, ce qui se reconnaît au disque écail- leux qui caracrérise cette extrémité dans ces deux états de l’insecte. A l’époque du 9 août, où j'ai ouvert des têtes de chardon pour la première fois, j'y ai vu des pupes bien formées et des larves contractées prêtes à se métamor- phoser, présentant cette position renversée. Je ne sais comment la larve s’y prend pour exécuter cette manœu- vre ; tous mes soins pour la surprendre dans le moment où elle l’exéute ont été sans résultat ; la seule chose qu’il m'a été permis de voir, c’est que si l’on met à découvert une larve en ouvrant sa cellule longitudinalement, elle finit par en sortir à la suite de mouvements très lents qui échappent à l’œil le plus attentif; elle emploie quel- quefois plus d’un jour pour se mettre en liberté.
C’est dans la première semaine d’août que les Urophora cuspidata commencent à prendre leur essort; elles conti- nuent à sortir jusqu’au 21 du même mois avec pius ou noins d’abondance, et même encore pendant quelques jours au-delà. La mouche ouvre sa coque en faisant sauter
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le petit bout de la pupe au moyen de sa vessie frontale, puis elle sort dela coque, et se glissant entre les fi'aments dés aigrettes qui recouvrent l’ouverture de sa cellule et qui s’écartent pour la laisser passer, elle paraît au jour.
Toutes les larves ne se transforment pas en pupes et toutes les pupes ne se changent pas en mouche pendant le mois d’août ; il reste une partie de la génération en ré- serve, probablement pour pourvoir aux accidents, et qui ne subira ses métamorphoses que dans les mois d'avril et de mai de l’année suivante. Cette réserve ne contient qu’une petite fraction du nombre total des individus. Ceux de ces derniers qui sont sortis se répandent dans la campagne, s’accouplent et viennent pondre sur les têtes de chardon dont la floraison à été tardive. Les larves qui en résultent ont le temps d’arriver à leur entier accrois- sement avant l’hiver et passent cette saison soit à l’état de larve, soit à l’état de pupe dans les tètes des chardons qui restent attachées aux tiges desséchées ou qui roulent dans les champs poussées par les vents. Lorsque les an- nées sont très sèches et les étés sans pluies, les Uroplora du mois d’août ne trouvent plus de chardons en fleur pour y déposer leurs œufs, et tout l’espoir de la généra- tion à venir repose sur la réserve dont on vient de parler. On voit ici un nouveau trait de la sagesse infinie qui pré- side à cet univers et l’un des moyens qu’elle emploie pour assurer la perpétuité des espèces.
On lit dans l’histoire des diptères de M. Macquart (tom. 2, p. 449), que : « les larves des Téphritides, à leurs « naissance, altirent autour d’elles une surabondance de « sève qui détermine Ja formation de galles semblables à « celles des Cynips. Lorsque le moment de passer à l'é- « tat de nymphe arrive, elles quittent les plantes et s'en- « foncent dans la terre. L’insecte adulte qui ne parait
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« quelquefois que l’année suivante, revient alors à sa « plante, etc... » On a pu voir par les détails dans les- quels je suis entré, que la larve de l’'Urophora cuspidata ne forme pas une véritable galle; mais une sorte de tuyau ovoiïde dans les têtes du chardon penché, et qu’elle ne s’enfonce pas dans le trou pour y subir sa métamorphose ; qu’elle reste au contraire dans la cellule où elle a vécu. Il en est de même pour l'Urophora quadrifasciata qui vit dans le bluet (Centaurea cyanus), et pour l’Urophora stylata qui se développe dans le chardon frisé (Carduus crispus). Ainsi les généralités que je viens de rapporter d’après M. Macquart doivent être modifiées pour diverses espèces de Téphritides. Je dois ajouter que la larve de cette der- nière espèce, dont je n’ai pu examiner qu'un seul indi- vidu, m’a semblé contenu dans une cellule fermée de toute part, d’une substance très dure, presque ligneuse, et que jene comprends pas comment la mouche peut la percer pour en sortir après sa métamorphose. Peut-être que, ramollie par les pluies de l'hiver et par son contact avec la terre, elle s’ouvre d’elle-même pour livrer passage à l’insecte; peut-être que la larve a la prévoyance de ron- ger une portion de sa cellule et de ne laisser qu’une mince cloison que la mouche détache avec sa vessie frontale, peut-être aussi que, n'ayant vu qu’une seule cellule, Pou- verture naturelle m'a échappé. Quoi qu’il en soit, il reste quelque chose à voir sur ce point.
Réaumur qui a observé la mouche du chardon (Uro- phora cardui), tom. 5, pag. 456, nous donne fort peu de détails sur cet insecte; il dit que les larves vivent plu- sieurs ensemble dans des galles qui croissent sur diflé- rentes parties du chardon hémorrhoïdal (Serratula arven- sis), mais dans des cellules séparées, que l’insecte parfait se montre à la fin d’août, et qu’on trouve des lar-
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ves jusqu’en janvier. Il fait remarquer la solidité de ces galles presque ligneuses et ne dit rien sur la manière dont la mouche s'y prend pour s’en retirer. Son obser- vation confirme les deux époques d’éclosion dont j'ai parlé.
Cent ans avant Réaumur, Goedart, l’auteur des métamor- phoses des insectes, avait déjà observé cette mouche, qui nait, dit-il, du fruit d’une plante renommée pour la guéri- son des hémorrhoïdes. Il ajoute que ce fruit possède une telle vertu réfrigérente qu’il est d’un grand secours contre les fièvres ardentes et les maladies inflammatoires. Cette vertu est due, suivant quelques-uns, moins à la subs- tance du fruit qu’au ver qu’il renferme, C’est pourquoi on recommande de le cueillir le 16 octobre; car le ver y demeure jusqu’au mois de juin de l’année suivante; au- quel temps il se change en mouche qui s’envole par un trou qu’elle y pratique. Cet auteur ne dit rien non plus sur le moyen que la mouche emploie pour percer ce trou; sur ce point nous ne sommes pas plus avancés que du temps de Goedart.
Lorsque la larve de l’'Urophora cuspidata à pris tout son développement et qu’elle s’est contractée, ce qui a lieu vers le 9 août, elle a trois millimètres et demi de long sur deux millimètres de diamètre; sa forme cylindrico- conique ; sa Couleur est blanche, légèrement teinte de verdâtre et luisante. Elle est formée de onze anneaux peu distincts; le petit bout se termine par un trait rougeâtre qui représente les deux crochets de la bouche, lesquels sont rentrés ainsi que la tête et peut-être aussi le premier anneau dans l’intérieur du deuxième, dans ce cas on de- vrait compter douze anneaux, la tête non comprise. Le gros bout est terminé par un disque écalleux, noirâtre sur le- quel on distingue deux tubercules égaux, symétriquement
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placés, que je suppose percés chacun d’une ouverture stigmatique.
Les deux crochets de la bouche sont les dents avec les- quelles la larve râpe la pulpe du réceptacle et la broye pour s’en nourrir.
L’insecte parfait est l’Urophora cuspidata décrit par M. Macquart dans les suites à Buffon. L'abdomen de la femelle se prolonge en une queue droite, tubulaire, lon- gue comme l’abdomen, qui renferme l’oviducte, lequel en sort d’une longueur double de celle dela queue; cetoviducte est formé de deux pièces qui rentrent l’une dans l’autreet peuvent, par conséquent, s’y cacher. La moucheavec cette espèce de longue sonde peut déposer ses œufs jusque sur le réceptacle du chardon en l’introduisant et l’insinuant entre les fleurons jusqu'à leur base; ce qui me fait conjec- turer que le moment-de la ponte correspond à celui où les fleurons sont épanouis.
Dans l’accouplement le mâle est placé sur la femelle dont il relève et soutient le tube candal avec ses pattes postérieures en même temps qu'il y introduit l’organe de son sexe.
2 Cecydomia....….
J'ai déjà dit que l’on trouve des petits vers rouges entre les fleurons des têtes de chardon; ils y sont en assez grand nombre et paraissent se tenir de préférence au point où l’aigrette s’attache à l’ombilic de la graine, ce qui me fait conjecturer qu'ils se nourrissent de la substance même de la graine encore tendre. Des vers semblables pour la forme, la couleur et l’exiguité de la taille se voient dans les fleurs des autres chardons, dans celles de la Serratula arvensis, et dans les épis de blé et probablement des au'res céréales. L'œil simple et même l’œil armé de la loupe ne
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sauraient établir de différence entre eux ni avec celui qui
»* vit dans les jeunes bourgeons du saule, qu’il fait gonfler en galle irrégulière, si ce n’est que ce dernier est un peu plus grand que les premiers. Les vers du chardon penché peuvent avoir deux millimètres de longueur sur un tiers ou deux tiers de millimètre de diamètre; comme ils sont susceptibles de s'étendre ou de se raccourcir, ces dimensions ne sont que des à peu près. Leur forme est cylindrique, atténuée aux deux bouts, mais un peu plus effilée du côté de la tête; ils n’ont ni jambes ni mamelons apparents; ils se meuvent par les contractions successives qu’ils donnent aux anneaux de leur Corps et en prenant un point d'appui avec leur tête, à ce qu'il m’a semblé, la- quelle est blanche, marquée de deux taches noires, qu’on est porté à regarder comme les yeux, et terminéeen pointe en forme de bec.
Je n’ai pas vu leur chrysalide et je ne sais si elle est nue ou enveloppée d'un cocon très mince de soie blanche, comme celle qui se tient dans les bourgeons du saule; ces objets m'ont échappé à cause de leur exiguité et de la diffi- cultédeles séparer du duvet cotonneux desaigrettes. Je suis portéà croire, eu égard à la très grande ressemblance des in- sectes parfaits et à l'identité apparente des larves, quela Ce- cydomia des chardons doit avoir la même histoire que celle du saule. L’insecte parfait se montre dèsla première quin- zaine d'août. Sa longueur est de un millimètre environ;les antennes, la tête et dos du corselet sont noirâtres; la poi- trine et l'abdomen sont roses; les pattes sont pâles avec des nuances brunes, les balanciers blancs, et les ailes obscures bordées d’un trait brun tout autour. La femelle a l'abdomen ové-conique duquel il sort un oviducte aussi long que le corps, formé de trois articles, deux courts et un long très effilé, rentrant l’un dans l’autre et
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tous les trois dans l’abdomen. C’est à l’aide de cet ovi- ducte qu’elle place ses œufs à la base des fleurons; j’i-" gnore comment l’espèce se propage d’une année à l’autre; je suppose qu’elle passe l’hiver à l’état de chrysalide.
Il est à remarquer que les couleurs roses de l’insecte vivant disparaissent à sa mort et qu’elles deviennent jau- nâtres ou pâles.
$ 5. HymÉNOPTÈRES (Parasites). 4° Bracon urinator.
Si la nourriture abondante que renferment les cœurs de chardon attire de nombreux insectes qui viennent y établir leur demeure, ceux-ci sont à leur tour le but des recherches de parasites qui savent les découvrir et les immoler. Ces derniers sont fort difficiles à observer par- ceque leur vie est mystérieuse, qu’ils se tiennent cachés non seulement dans les coques constrüites par leurs vic- times, mais dans leurs entrailles mêmes. Aussi ce que nous en savons se réduit à peu de chose : à dire que telle espèce vil aux dépens detelle autre; et cette connaissance, toute générale qu’elle est, nous manque pour les neuf dixièmes des espèces au moins.
Le premier dont j’ai à parler attaque le Rhinocyllus lati- rostris.
Le 8 août, en ouvrant une cellule construite par ce curculionite, j'en vis sortir une larve étrangère qui avait mangé le légitime propriétaire dont elle avait cependant épargné la tête et la peau, qui était plissée et repoussée contre Ja tête; ce qui semble indiquer que le parasite suce ou ronge l’intérieur seulement. Je pense qu’il est intérieur et que le curculionite le porte dans son sein depuis son enfance et longtemps avant qu’il ne soit enfermé dans sa cellule; car je n’ai pas aperçu delarve parasite attachéeaux
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jeunes larves du Rhinocyllus. Il en sort lorsqu'il l’a dévorée.
Lorsque la larve parasite à pris toute sa croissance, ce qui a lieu vers le 11 août, elle se file un cocon de forme cylindrique arrondi aux deux bouts de cinq à six millimè- tres de longueur, sur deux et demi à trois millimètres de diamètre qui remplit en entier la cellule du curculionite et qui adhère plus ou moins à ses parois. Ce cocon est tissu d’une première enveloppe de soie blanche très serrée et fort difficile à déchirer , qui recouvre une deuxième enveloppe plus mince, plus fine et de la même couleur. La larve se tient couchée en arc dans son ber- ceau, où elle passe l'hiver et où elle se contracte peu à peu. Vers le 45 décembre, sa tête est penchée sur la poi- trine et retirée en partie dans l’intérieur du premier an- neau du corps; elle paraît encapuchonnée. La larve dont j'ai parlé précédemment qui n’avait pas consommé en entier celle du curculionite, placée dans un cornet de papier, y a filé son cocon qu’elle a attaché à l’une des parois du cornet. Ce cocon est moins volumineux que ceux que l’on trouve dans les cellules du Rhinocyllus filés par des larves qui ont absorbé en entier toute leur provi- sion; ce qui me porte à croire que cette première larve n’était pas encore arrivée à Loule Sa Croissance.
Elle s’enferme dans son cocon vers le 11 août, comme on l’a dit, et se change en chrysalide dans les environs du 27 mars de l’année suivante; ce que j'ai reconnu en ouvrant des cocons à cette époque, On y voit une chrysa- lide blanche, molle, ayant tous les caractères d’une ré- cente métamorphose.
L'insecte parfait a pris son essort, chez moi, dès le 4 avril, et plus abondamment pendant le mois de juin.
La larve du parasite en question parvenue à toute sa taille a cinq millimètres de long. Elle est blanche, molle,
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apode, glabre, atténuée aux deux bouts, formée de douze anneaux sans compter la tête, qui sont séparés par des incisions bien prononcées formant comme des mamelons sur le dos et une carène latérale de chaque côté. La tête, située au bout le plus atténué, est petite, ronde, d’une substance écailleuse et luisante; on y distingue un trait transversal noirâtre, que je suppose être les mandibules.
La chrysalide a cinq millimètres de long. Elleestépaisse, à corselet gibbeux, de la grandeur de l’abdomen. Les ailes, les pattes et les antennes sont placées comme on les voit sur les autres chrysalides d’hyménopières. Les antennes s'étendent en ligne droite jusqu’à l’extrémité de l’abdo- men. La tarrière de la femelle est relevée et appliquée sur le dos où elle s'étend jusqu’au premier segment.
L’insecte parfait appartient à la famille des Ichneumo- niens, à la division des Braconides, et me paraît être le Bracon urinator. Voici son signalement :
® Longueur cinq millimètres, noir; abdomen jaune-fauve mar- qué de trois ta-hes noires sur le dos des trois premiers segments; sommet des tibias fauve-brun. Ailes noires à stigma grand et très noir. Tarrière de la longueur de l'abdomen.
On trouve une variété dont le dos du mésothorax est rouge. On lit dans l’histoire naturelle des Insectes de M. Blanchard que les métamorphoses des Bracons n’ont pas encore élé observées: ce que je viens de dire de celles de l’urinator peut donner une idée de l’histoire du genre qui paraît vivre aux dépens des curculionites du genre Rhynocillus et peut-être des genres voisins. La longue tar- rière dont la femelle est armée lui permet d'atteindre les larves de ces insectes dans le fond des loges qu’elles se creusent dans le cœur des chardons avant qu'elles ne se soient enfermées dans la coque où elles subissent leurs métamorphoses.
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2° Eurytoma verticillata.
Je passe maintenant sux parasites de l’Urophora cuspi-
data qui sont nombreux et beaucoup plus difficiles à étu- dier que le précédent. Ils appartiennent tous à la tribu des Chalcidites dont quelques espèces sont regardées comme vivant aux dépens d’espèces qui sont elles-mêmes parasites; d’où il résulte un parasitisme du second ordre; et, comme les larves sont cachées dans les corps de leurs victimes, on ne sait pas, en vovant sortir l’insecte parfait, s'ila vécu aux dépens de cette victime ou s’il a dévoré un premier parasite qui s’y trouvait établi avant lui.” # Les urytoma, Si je m'en rapporte à l'Histoire des” Insec- tes de M. Blanchard, vivent parasites de différentes larves de petits Hyménoptères; l’Eurytoma serratulæ se développe dans la larve du Microgaster liparidis qui appartient à la famille des Ichneumoniens et qui est par conséquent lui-même un parasite. On serait porté à croire, d’après ces faits, que l'Eurytoma verticillata devrait tirer son origine d’une larve d’hyménoptère. Sans pouvoir affirmer positi- vement le contraire, je peux dire que j'ai trouvé une chry- salide dece Chalcidite dans une pupe d'Urophora cuspidata; que j'ai vu sortir d’autres pupes un assez grand nombre de mâles et de femelles du même Eurytoma, et que je n’ai pas vu sortir de ces pupes des hyménoptères assez gros pour fournir la nourriture suffisante au développement des larves d’Eurytoma; ce qui rend très vraisemblable la conjecture que je forme, savoir : que les insectes de ce genre vivent directement des pupes d’Urophora ou au moins l’espèce dont il est ici question.
Le 8 décembre, en disséquant une tête de chardon frisé (Carduus crispus) j'ai trouvé deux larves renfermées dans deux cellules semblables à celles que se construisent
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les Urophora. L'une d’elles s’est changée en chrysalide Île 99 avril suivant. Le 43 juin, en ouvrant une pupe d’Uro- phora quadri-fasciata, j'en ai retiréune chrysalide semblable à la première, qui s’est changée en Euryloma; ce qui me paraît établir l'identité de l’espèce sous ses trois formes.
La larve en question a trois millimètres de long. Elle est blanche avec une légère teinte verdâtre, comme on la voit sur les larves d'Urophora; molle, glabre, apoae, atténuée aux deux bouts, formée de douze anneaux sans compter la tête, qui est blanche, luisante, en partie rentrée sous le premier anneau; on y distingue un trait brun transversal qui indique les mâchoires. {1 n'existe aucun renflement autour du thorax, mais on voit une petite carène longitu- dinale sur les côtés, formée par la réunion des segments du dos avec ceux du ventre. |
Quant à la chrysalide, celle que j’ai observée le 43 juin a trois millimètres de long; elle est noire; le corselet est gros et bossu; l’abdomen, comprimé sur les côtés, est terminé par une pointe obtuse; les antennes, les ailes et les pattes, placées comme à l'ordinaire, sont blanches. Les couleurs dépendent de l’âge de la chrysalide, qui est entièrement blanche au premier moment de sa métamorphose et qui noircit à mesure qu’elle approche de sa transformation en insecte parfait.
Ce dernier varie beaucoup pour la taille selon que la larve a trouvé une nourriture plus ou moins abondante ; ainsi les individus qui se développent dans l'Urophora qua- dri-fasciata qui vit dans le bluet, sont beaucoup plus petits que ceux qui sortent de J'Urophora cuspidata. On remarque encore une différence notable dans la longueur de la queue qui termine l’abdomen des femelles; chez les unes elle forme une petite pointe presque horizontale, chez les autres elle se relève en suivant la courbure du ventre et
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 95
monte à la hauteur du dos. Le mâle et la femelle diffé- rent considérablement entre eux par les formes exté- rieures, et l’on serait porté à les prendre pour deux es- pèces distinctes si on ne les avait pas vus se livrer aux poursuites de l'amour. Cette espèce se montre à la fin du mois d'août etaucommencement deseptembre. Pendant ce dernier mois on voit les femelles sur les fleurs du chardon penché occupées à la recherche des larves d'Urophora dans lesquelles elles doivent pondre pour propager leur espèce dans l’année suivante; elles ne déposent qu’un seul œuf dans chaque larve. Elles sont armées pour les atteindre d’une longue tarrière cachée en partie dans un canal qui, partant du milieu de l’abdomen, s’étend sousla queue; le reste de la tarrière est renfermé dans l’abdomen où elle est roulée en spirale; la forme lenticulaire de ce dernier est parfaitement propre à cet usage. Elles introduisent cette tarrière entre les fleurons, la font entrer dans l’ou- verture de Ja cellule et atteignent la larve que leur ins- tinct leur a fait découvrir. Voici le signalement du genre:
Antennes de neuf articles ; le premier iong, arqué; les autres pédicellés et velus; le dernier long, atténué parais- sant formé de trois anneaux {#); de neuf articles, coudées; le premier long, logé dans une raînure frontale, les au- tres bien séparés, le dernier en massue paraissant formé de trois anneaux (? ); abdomen à pédicule très apparent (&); lenticulaire à très court pédicule ($).
L'espèce peut être définie de Ja manière suivante :
Long 3112.—2 mill. (%) Noir; tête et thorax granuleux et mate, abdymen luisant terminé par une queue pointue, un peu relevée dans le prolongement de la courbure du ventre; paites noires à articulations fauves; ailes limpides. (S') Semblable à la femelle; abdomen ové-conique, petit, s’'élevant carrément au dessus du pédicule.
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La granulation est formée par des gros points enfoaicés, réguliers, desquels il sort une pubescence blanche qui se voit aussi sur l’abdomen dans le voisinage de la queue. Les tibias antérieurs de la femelle sont quelquefois un peu pâles en dedans, et les articulations des pattes du mâle sont d’un fauve moins vif que celles de la femelle.
o° Semiotus diversus?
Ce nouveau parasite, dont je n’ai qu’un mot à dire, est éclos le 4 septembre des têtes de chardon renfermant des pupes d’Urophora cuspidata. Ce qui me confirme dans l’o- pinion qu’il a vécu aux dépens de ce diptère, c’est qu’il en est éclos un du même genre et peut-être de la même espèce des pupes de l’Urophora quadri-fasciata qui vit dans le bluet. Je ne connais ni sa larve ni sa chrysalide; l’in- secte parfait me paraît appartenir à la tribu des Piéroma- lites et au genre Semiotus de M. Walker dont voici les ca- ractères pris sur l’insecte même :
(9) Antennes coudées, légèrement renflées à l’extrémité, insérées au milieu de la face, de dix articles; le premier long, les autres serrés, le dernier paraissant formé de deux anneaux, prothorax Court; sutures apparentes; abdomen caréné et anguleux en dessous, terminé en pointe conique.
L’espèce a de la ressemblance avec le diversus de l’au- teur anglais; elle peut se définir ainsi :
Long. 4 412 mill. Vert; tête et corselet penchées ct mats; pro- thorux et écusson vert-cuivreux; abdomen lisse luisant à bord postérieur des segments cuivreux ; queue bleudtre ; hanches et cuisses vertes; tibias bruns, les extrémités et les articulations fauves; ailes limpides.
L’extrémité conique de l’abdomen est fendue en dessous pour recevoir la tarrière qui est logée en très grande par- tie dans l’abdomen.
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4° Trigonoderus amabilis?
Ce petit parasite est sorti le 22 août des têtes du char- don peuplées de pupes d’Urophora cuspidata. Je ne pos- sède aucun renseignement particulier sur ses mœurs. I me paraît appartenir à la tribu des Ptéromalites, comme le précédent, et de plus au genre Trigonoderus, ce qui se reconnaît à son prothorax allongé et rétréci au bord an- térieur. En le comparant aux espèces décrites par M. Wal- ker je trouve qu’il a de l’analogie avec le Trigonoderus clarus : je crois que c’est une espèce nouvelle que je nomme Trigonoderus amabilis.
Voici la description de celui dont il est question ici :
Long. 3 mill. Vert-doré brillant; tête et corselet finement ponctués; abdomen lisse; genoux, extrémités des tibias et tarses blanchätres; le milieu des tibias et les ongles bruns
9° Entedon?.…
Je passe à un autre petit hyménoptère dont je n’ai rien à dire, si ce n’est qu’il est sorti le 11 septembre d’une tête de chardon penché contenant des pupes d'Urophora Cuspi- data. Une espèce du même genre, et qui a quelque analo- gie avec celle-ci, est sortie d’une pupe d'Urophora quadri- fasciata qui se développe dans le bluet; ce qui confirme l'opinion que la première est véritablement parasite de la mouche du chardon. Je le rapporte à la tribu des FEulo- phites, sans pouvoir assigner bien positivement le genre qui lui Convient; car n'ayant qu’un seul individu que je crois être une femelle, je ne peux savoir si le mâle a les antennes rameuses ou simples, et si l’espèce fait pa-tie du genre Eulophus où du genre Entedon. Cependant, comme il est moins svelte et moins élancé que les Eulophes, je le placerai, pour lui assigner un rang dans le genre Entedon.
2° Série, TOM. 1. 7
98 ANNALES
Le signalement générique peut s’exprimer ainsi :
© Antennes coudées, renflées en massue, insérées au milieu de la face, de six articles; le premier grand, le dernier fusiforme; abdomen terminé en pointe conique, non anguleux en dessous.
L'espèce est définie par cette phrase:
$ Long. 2413 mill. Vert-noirâtre luisant, partie inférieure de la tête, prothorax, deux lignes sur les épaules, écusson, jau- nes; abdomen marqué d’un point jaune sur l’avant-dernier seg- ment; deux lignes de lamême couleur sur chaque segment; pattes blanches; le sommet des cuisses taché de vert; ailes limpides.
6° Entedon…
Le dernier parasite de l’'Urophora cuspidata dont il me reste à parler vit en famille au nombre de cinq ou six individus dans une même pupe de ce diptère. Le 12 sep- tembre, en disséquant une tête de chardon penché qui avait produit un grand nombre d’'Urophora et tous les parasites dont je viens de donner la liste, je trouvai deux nichées de ce petit hyménoptère, de six individus chacune. Il est probable que l’état de dessiccation et de dureté de la plante ne leur avait pas permis de sortir de leur berceau, et qu’ils étaient morts sans avoir vu le jour.- Je ne peux rien dire avec certitude sur les premiers états de cet insecte, qui me paraît appartenir à la tribu des Eu- lophites et probablement au genre Entedon.
Voici le signalement générique qu’il présente :
Antennes de sept articles, coudées, insérées au milieu de la face; le premier grand, les autres assez gros, sépa- rés, ornés de longs poils rares, le dernier en massue pa- raissant formé de deux anneaux (a); de six articles en mas- sue, le dernier formé de deux anneaux (©) : tête courte, transverse : abdomen terminé en pointe conique obtuse.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 99
Quant à l'espèce, on peut la définir ainsi :
Long.1 4j2mill. Noir-bleuâtre mat; antennes et pattes noires; genoux, extrémités des tibias et Larses pâles, excepté les bouts qui sont noirs; ailes limpides.
S'il était permis de faire des conjectures en entomolo- gie je serais disposé à croire que cette espèce tire son ori- gine de larves semblables à celles que j'ai trouvées dans une cellule d'Urophora cuspidata. Ces dernières étaient au nombre de trois seulement, roulées l’une sur l’autre et formant un petit paquet; on aurait dit que leur corps était visqueux tant on avait de peine à les séparer. Elles se présentaient de la même manière que celles de l'Eulophus ramicornis qui vivent dans la larve du Pytonomus rumicis. Le bluet, ou plutôt la larve de l'Uro- phora quadrifasciata, m'a donné un semblable paquet de cinq larves, desquelles il est sorti des Chalcidites de la même taille que celui dont il vient d’êre question, à an- tennes velues, mais qui me paraissent appartenir à un autre genre. Les trois larves en question se sont montrées le 21 septembre. Voici leur description :
Long.2112 mill. Blanche, molle, apode, luisante, formée de douze segments; atténuée aux deux bouts, mais moins à celui qui porte la tête, laquelle forme le treizième seg- ment; celle-ci paraît blanche et de consistance écailleuse. On distingue une nuance brune dans l’intérieur du corps, qui représente probablement le tube intestinal. Je n’ai pu distinguer les parties de la bouche.
Deux de ces trois larves se sont desséchées et sont mor- tes ; la troisième s’est changée en chrysalide vers le 41 avril, et n’a pu arriver à sa perfection, en sorte que je n'ai pas vu l’insecte parfait.
La chrysalide a 2 2j3 mill. de long. La tête et le tho- rax ont une teinte brunâtre; l'abdomen est blanchâtre et
100 | ANNALES
de forme conique, Toutes les parties sont disposées comme on les observe ordinairement sur les autres chry- salides d’hyménoptères.
La dimension {le la chrysalide est un peu forte pour l’'Entedon qui précède; aussi ie ne donne que comme une conjecture très hasardée le rapprochement que j'ai fait.
6° Cynips nitidula.
Enfin pour terminer cette longue énumération des insectes qui vivent dans le chardon penché je dois faire mention d'un très petit Cynips qui a paru le 9 sep- tembre dans la boîte où je tenais enfermées des têtes de ce chardon qui y étaient depuis le 43 juillet.
On sait que les insectes de ce genre, à l’état de larve, vivent dans des galles que la piqûre de la mère a fait naïi- tre sur diverses parties des végétaux. D'après cela, il me paraît très probable que celui dont il a été question à vécu et s’est transformé dans une galle crûe sur une partiede la fleur ou sur son pédoncule, les seuls fragments renfermés dans la boîte; mais je n’ai pu trouver cette galle, qui m’aura sans doute échappé étant mêlée avec les débris de la tête du chardon. ’
Le genre Cynips est très facile à reconnaître à cause de ses ailes pourvues de cellules et beaucoup plus longues que l’abdomen; de ses antennes longues et filiformes et de son corselet bossu.
Voici le signalement de celui qui vit sur le chardon penché :
Long. ! mill. Noir, luisant; les cinq premiers articles des antennes jaures, les autres noirs; pattes à crochets bruns; ailes limpides.
Cette description s'accorde avec celle du Cynips nitidula,
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 101
si je m'en rapporte à l'Histoire des Insectes de M, Blan- chard.
Tels sont les insectes qui sont sortis des têtes du char- don penché que j'ai renfermés dans des cornets de papier ou dans des boîtes. Ils sont au nombre de douze espèces, dont cinq au moins se nourrissent de la substance même de la plante, et les sept autres dévorent les premiers. Il est probable que je n’ai pas vu toutes les espèces qui ha- bitent ce chardon, et qu’il en est d’autres qu’on y décou- vrira en l'étudiant avec plus de soin et d’attention que je ne lai fait; mais le plus grand profit qu’on retirera de cette étude c’est la connaissance des mœurs de plusieurs chal- cidites, petites espèces trop négligées, d’une étude très difficile, mais très intéressantes par le rôle qu’elles jouent dans la série entomologique (1).
(1) Notre collègue M. Guéné, qui a fait une étude approfondie des Mierolépidoptères, a bien voulu me faire connaître l’espèce dont la chenille vit dans le cœur du chardon. C’est la Caloptria carduana de la (ribu des Grapholitodes, faisant partie de la grande division des Tortrix de Linné. Cet insecte est décrit comme espèce nouvelle dans son catalogue des Microlépidoptères.
. 4
2 Eupæcilia hybridellana, Guéné.
On trouve encore dans la même plante, mais vivant à la base des aigreltes et rongeant le germe des graines, une autre espèce de chenille plus petite que la précédente. Celle-ci passe sa vie en- {ière dans le chardon: elle s’enveloppe, à l'arrière saison, dans un léger cocon lissu de soie mêlée au duvet cotonneux de la plante. Au mois d'octobre elle est parvenue à loute sa grosseur etse cons- truit son habitation d'hiver, où elle doit se transformer en chrysa= lide. Je n’ai pas obtenu le papillon qu'elle donne. Voici la des- cription’de la chenille :
Long. 7 mill. cylindrique, un peu déprimée et un peu alténuée aux deux extrémités. Têle brune, cornée, luisante; le premier seg- ment luisant. brun en dessus, recouvrant l’occiput: les autres an neaux blanchâtres. un peu rosés: seize pattes; les écaijleuses brunes: la plaque anale tachée de brun: les stigmates punctifor- mes, bruns; quelques poils sur les côtés da £orps.
Selon M. Guéné, le lépidoptère qu’elle produit appartient, comme le précédent, à la grande division des Tortrix de Linné, à la tribu des Cochylides el au genre Eupæcilia. C'est l'Eupœcilia hy- bridellana de son catalogue. Ce qui porte à treize le nombre des espèces qui vivent dans le chardon penché.
102 ANNALES Explication des figures du n° 11 de la planche 2.
4. Fragment de {ête de chardon dépouillée de son involucre pour faire voir les cellules du Rainocyllus latirostris et de l’Urophora cuspidala.
a. Cellules du Rhinocyllus lalirostris brisées.
b. Cellules de l'Urophora cuspidata entières.
4 a. Mesure de la grandeur de la tête de chardon.
2. Chenille de la Catoptria carduana, Guéné.
3. La même pour faire voir la tête et les premiers anneaux.
4. Larve da Rhinocyllus latirostris, de grandeur naturelle.
5. Chrysalide de id., de grandeur naturelle. 5
6. La partie ant. de la même, grossie p. montrer le canal du rostre.
7. Derniers anneaux de la même grossis pour faire voir les deux ligues de spinules dont ils sont armés.
8. Larve de l’Urophora cuspidala, de grandeur naturelle.
9. Le disque du dernier anneau de la même.
40. Aile de l’Urophora cuspidala un peu grandie.
10 a. Mesure de sa grandeur naturelle.
41. Cocon du Bracon urinator , de grandeur naturelle.
142. Larve du même, avant qu’elle ait construit son cocon.
13. La même enfermée dans son cocon : grandeur naturelle,
14. Chrysalide de la même, vue du côté du dos.
14 a. Mesure de sa grandeur naturelle.
15. Euryloma verlicillata ©.
45 a. Mesure de sagrandeur naturelle.
16. La même grossie pour montrer les sutures thoraciques.
17. Euryloma verticillata %.
47 a. Mesure de sa grandeur naturelle.
18. Antenne du même grossie.
49. Chrysalide de l’Eurytoma verlicillala Q.
19 a. Mesure grandeur naturelle.
20. Semiolus diversus ©.
20 a. Mesure de sa grandeur naturelle.
214. Le même vu de côté pour montrer l’abdomen.
DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 103
AAA AAA AA AAA PA AAA PPS AA AA AS RADARS APN APP PA AAA PA AAA AA AA AAA PA AA AA RAA
DESCRIPTION
D'UNE NOUVELLE ESPÈCE DE CARABE DE LA CHINE,
PAR M. LE BARON FEISTHAMEL.
(Séance du 13 Novembre 1844).
CARABUS LAFOSSEI.
Oblongus, elongatus ; capite thoraceque nigro-cyaneis; elytris conveæis nigris, cyaneo marginatis, productis acutisque, punctis inæqualibus elevatis seriatim dispositis ornatis,
Long. mas. — 38 millim., fœmina. — 42 millim. Larg. — — 13 millim., — —15 millim.
Tête d’un bleu noir, allongée, finement rugueuse et pointillée, avec une impression longitudinale de chaque côté du chaperon et une ride oblique entre les yeux: an- tennes dépassant le corselet, brunes, les quatre premiers articles noirs, ainsi que les palpes et les mandibules. Corselet bleu foncé, à reflets violacés, un peu plus large que long, en forme de cœur tronqué, rebordés surtout aux côtés postérieurs, finement rugueux transversale- ment; ligne médiane à peine distincte : angles posté- rieurs peu prolongés, arrondis, avec deux faibles im pressions qui se joignent l’une à l’autre par une dépres- sion peu marquée. Écusson noir, petit, plus large que long. Elytres presque parallèles, ayant une fois et demie la largeur du corselet, noires, avec les bords d’un bleu plus ou moins violacé, garnis de tubercules et d’impres- sions : disque convexe, couvert de très petits points élevés
404 ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE.
lisses et de sillons irréguliers peu marqués : sur cha- que élytre trois lignes longitudinales de points élevés lisses et luisants, allongés en forme de larmes, et quatre lignes de point élevés, mais beaucoup plus petits, alter- nant avec les premières : l'extrémité des élytres est pro- longée, un peu relevée, aigüe, et les deux points sont écartées l’une de l’autre. Le dessous du corps et les pat- tes sont noirs: seulement les côtés du corselet ont un re- flet bleuâtre, ainsi que le rebord des élytres. Mâle.
La femelle est plus grande; le corselet est plus al- longé; les élytres sont plus larges, plus rugueuses; les lignes de petits points sont moins marquées, et les poin- tes des élytres sont moins aiguës.
Ce bel insecte a la plus grande analogie avec le Caru- bus smaragdinus, dont sa patrie le rapproche encore; il en diffère par la couleur, la forme plus allongée, les points des élytres plus saillants et plus oblongs el par leur extrémité saillante et aiguë.
Cette espèce faisait partie d’une collection ramassée à Chusang, par M. Lafosse, lieutenant de vaisseau à bord de l'Érigone, capitaine Cécile. Cet officier, tombé dangereuse- ment malade, fut transporté à Manille, et après de longues souffrances se trouva enfin en état d’être embarqué pour la France. Malheureusement il ne put revoir sa patrie, Car il mourut pendant la traversée, aux approches des Açores, le 9 juin 1543, sur le navire l’Orient, de Bordeaux. La inort de M. Lafosse, connu dans la marine par sa bravoure et son mérite, est une perte pour l'armée comme pour les sciences naturelles dont il était un amateur zélé.
Explication des figures du n° 1 de la planche 2.
4 Carabus Lafossei , Feisthamel. 1 a élytre. 2 Carabus Lafossei ® , Feisthamel. 2 a élytre.
ANNALES DE LA SOCIÉTÉ ENTOMOLOGIQUE. 105
ANA AN A AV AVE AAA A MAUV LAS UV VV AV VAS VV AVE RAY A AU VV ALL VU AMV AU LAS A GA
ESSAI SUR UNE NOUVELLE CLASSIFICATION
MICROLEPIDOPTÈRES
ET CATALOGUE DES ESPÈCES EUROPÉENNES
CONNUES JUSQU'A CE JOUR.
Par M. A. GUENÉE (de Châteaudun. } (Séance du 5 Juin 1844.)
INTRODUCTION.
Il y a déjà plus d’un an que j'ai annoncé comme prêt à paraître le travail que j’adresse seulement aujourd'hui à la société, et je lui dois compte sans doute des motifs de ce retard , quoique le désir de donner au public entomologique un ouvrage moins imparfait en soit l'unique cause. Depuis lors en effet je n’ai cessé de m'en occuper , mais une nou- velle veine s'est ouverte et ce n’est que peu de temps après la séance du 16 novembre 1842, où je donnais quel- ques détails sur cet opuscule, que j'ai eu connaissance des écrits, alors récents, des entomologistes allemands sur cette matière. Je veux parler ici principalement d’un mé- moire fort remarquable de M. Zeller, de Glogau , inséré dans l’/sis de 1839 et intitulé : Versuch einer Naturge-
2e Série, TOM. I. 7 b.
166 ANNALES
massen, Eintheilung der Schaben | Essai sur une classifi- cation naturelle des Teignes) et d’un autre travail du même auteur sur les Ptérophorides, inséré dans le recueil de 1841 du même journal ; mais malgré toutes les peines que je me suis données, je n’ai pu obtenir que fort tard le premier de ces deux ouvrages, et ce n’est qu'après m'être adressé inutilement à Vienne, à Zurich et à Leipsick, que je suis parvenu à me le procurer. Dans l'intervalle, j'ai pratiqué des relations avec M. Fischer von Rôüslerstamm, l’entomo- logiste allemand le plus capable en pareille matière, et auteur du bel ouvrage intitulé : Abbiüldungen zur Beri- chtigung und Ergaenzung der Schmetterlingskunde , que nous devons tous regretter de voir se terminer au premier volume. Les nombreuses notes que ce savant m'a fait parvenir, la traduction et l'étude des ouvrages que je viens de citer et une méditation plus attentive des anciens auteurs dans laquelle ils m'ont engagé, la détermination des espèces nouvelles qui me sont parvenues de plusieurs points, etc.; voilà les causes de ce retard dont je demande pardon à la société.
Mais, maintenant que la science a marché, maintenant que les classifications sont devenues plus nombreuses , que des opinions très-diverses ont été émises sur les lois à suivre dans la nomenclature des microlépidoptères, main- tenant enfin qu'il cireule des catalogues classificatifs (1),
(4) Je veux surtout parler du catalogue imprimé de M. Jos. Mann,. naturaliste et marchand de microlépidoptères à Vienne. C’est ce catalogue que cite fréquemment M. Duponchel dans son supplément, en l’attribuant à tort à M. Pareyss. Ce n’est au reste qu’une liste des espèces connues jusqu'ici en Allemagne, el rangées, pour les Pyrales et les Tordeuses, suivant la méthode de M, Treitschke et, pour les Teignes, suivant celle de
M. Zeller (op, cit,)
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je ne puis livrer celui-ci sans préface , comme je j'avais d'abord annoncé, et je me trouve obligé de dire pourquoi je viens en offrir un nouveau au public entomologique, et d'exposer à mon tour les règles que j'ai suivies dans son exécution. Ce sera d’ailleurs pour moi une occasion de me justifier du reproche qu’on m'a adressé à l'avance de n'être pas entré dans un examen critique des classifications qui ont précedé la mienne et de les avoir déclarées insuffisantes sans apporter de preuves à l’appui de cette opinion. Je ferai donc une analyse rapide de ces classifications et j'in- diquerai sommairement les points principaux par où elles me semblent pécher, sans entrer daus une discussion cri- tique régulière, qui excéderait les bornes d’une préface.
LiINNÉ n’a établi dans les espèces qui nous occupent que trois grandes divisions : Tortriæ, Tinea et Alucita compre- nant en tout 158 espèces. Ces divisions de l’immortel auteur du Systema naturæ sont encore suivies aujourd’hui et forment les trois grandes familles des microlépi- doptères (1).
ScopoLx n’a rien changé à la classification de Linné et, comme il se borne à décrire les insectes d'une contrée fort restreinte , le nombre des microlépidoptères est fort petit dans son ouvrage. li a pourtant créé proportionnellement une grande quantité d’espèces nouvelles, mais, à l'exemple de l’auteur du Systema Naturæ, il a cru devoir abréger ses
(4) Les allemands en comprennent une quatrième sous la même déno- mination, celle des Pyralis ; mais, dans ma méthode, ces dernières se placent entrent les Noctuélides et les Phalénides, ainsi que je l’aidit Annal, tom. X page 234, et ne sont point comprises dans ce travail, Mon intention est pourtant de les donner avec la seconde partie du présent catalogue, afin qu’en le réunissant à l’index de M. Boisduval, lesamateurs
puissent avoir la série complète des espèces européennes,
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descriptions, souvent trop minutieuses dans les Diurnes , au fur et à mesure que la taille des insectes diminuait, et c’est peut-être, en général, l'inverse qu’il aurait fallu faire. 11 en résulte que plusieurs des espèces qu'il a établies n'ont pas été reconnues et que, par suite, ses nomssont peu adoptés quoique venant, par ordre de date, immédiate- ment après ceux de Linné, et quoique son Entomologia Carniolica soit pleine d'ordre, de précision et d’obser- vations pratiques.
Les auteurs du WIENERGEGEND VERZEICHNISS ont aussi adopté les divisions Linnéennes sans y rien changer; seulement , ils y ont établi des sous-divisions basées sur les couleurs et qui, en général, ne sont pas heureuses, à l'exception de la Fam. À des Tortrix qui répond à notre genre Halias, et de la Fam. A des Teignes qui comprend les Psyche. 1 suffit, je crois, de jeter un coup-d’æil sur les autres, pour me dispenser d’un plus long examen.
Je n’ai pas besoin, du reste, de faire observer que je ne parle ici du Wienergegend Verzeichniss que sous le rapport de la méthode et seulement en ce qui concerne les micro— lépidoptères ; quant à la partie spécifique de ce consciencieux ouvrage , on verra quel respect je professe pour elle. Mal- heureusement la brièveté äes phrases descriptives y est encore plus grande que dans Linné et nous dérobe souvent la connaissance des espèces que les auteurs onteues en vue. Schiffermüller a, il est vrai, laissé une collection qui peut servir à les expliquer, mais sur l'intégrité de laquelle planent malheureusement quelques soupçons que M. Fischer ( Abbild. pag. 165 et suiv.) n’a pu parvenir à dissiper entièrement. Mais, toutes les fois que j'ai eru retrouver les types et que Îles renseignemens que j'ai pu obtenir par correspondance ou que j'ai trouvés consignés dans Îles
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auteurs allemands sont venus confirmer ou éclaircir la courte phrase spécifique des Thérésiens, je me suis toujours fait un devoir d’adopter leurs noms, immédiatement après ceux de Linné.
FABRICIUS à d’abord changé peu de choses aux genres de Linné, si ce n'est les noms : 1l nomme , on ne sait pour- quoi, les Tortrix : Pyralis (et cela tout en laissant les vraies Pyrales réunies aux Géomêtres) et les Alucita Pterophorus. Toutefois , sous ce nom d’Alucita, il isole des Teignes un groupe assez nombreux qui est des plus hété- rogènes, et qui n’a été adopté que par quelques compila- teurs. On peut donc dire que Fabricius, pour les microlé- pidoptères, a plutôt gàté que rectifié la méthode de son maître.
Plus tard , cependant, dans le supplément de son Ento- mologia systematica, il créa les genres Galleria, Phycis, Crambus et Ypsolophus qui sont restés dans la méthode, ou dont, pour mieux dire , les méthodistes, plus justes envers l’entomologiste de Kehl que celui-ci ne l'avait été envers Linné, ont conservé les noms; car ces genres, tels qu'ils sont composés dans l’Entomologia systematica , ne sont pas soutenables.
Pour ce qui concerne les espèces, Fabricius en a beau- coup augmenté le nombre, mais il les a décrites sur tant de collections différentes sans pouvoir les comparer entr'elles, et il a eu si peu d’égard à leurs affinités en les plaçant l’une auprès de l’autre, que son ouvrage ne sert presque qu’à expliquer celui de Schiffermuller sur le musée duquel il a principalement travaillé. Quant aux descriptions qu'il a prises dans les collections d’Allioni, en Italie, de Clairviile, en Suisse, de Lund et de Francillon, en Angleterre , de Sehestedt, à Keh!, de Paykull, en Suède et
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même de Bose, en France, on ne trouve que très-rarement à les appliquer.
Il faut donc dire que Fabricius, quelque soit d’ailleurs son mérite, occasionne aux microlépidoptéristes plus de recherches inutiles qu’il ne leur offre de véritables res- sources.
Hugner n'a point publié de texte pour ses Tortrix. Quant aux Tine®, il en a donné une classification assez compliquée. Cet auteur a été trop décrié comme métho- diste, au moins en ce qui concerne les espèces euro- péennes, et je n’en veux pour preuve que son texte des Bombyx dont toutes les divisions sont adoptées aujourd’hui comme genres (1). — Dans celui des Teignes il y a aussi de bonnes indications : ainsi, dans sa première tribu , sa famille A comprend , comme celle du Wien. Verz., le genre Psyche ; sa Fam. B répond à ma tribu des Epigraphides. — Dans la seconde, la Fam. A est exactement le genre Galleria, B répond au genre Crambus, C au genre PAycis. — Dans sa troisième tribu, A est notre genre Hæœæmylis, B le genre Yponomeuta, C D ma tribu des Ypsolophides. — Dans la quatrième, A comprend le genre Palpula, D le genre Adela, ete.; mais le reste est bien confus et l’on ne peut songer à se servir de son texte comme d’un ouvrage mé- thodique régulier.
(4) Je ne parle ici que du texte qui accompagne les figures d'Hubner. Quant à son Ferzeichniss belannt Schmetterlinge, À y a multiplié les genres d’une manière vraiment incroyable, et les espèces n'en sont pas pour cela mieux réparties. On a peine à se persuader que l’auteur de ce fatras soit le même que celui du texte que je viens de citer. Aussi, jusqu'ici, personne n’a-t-il tenu compte de ce catalogue qui doit être considéré comme non avenu quant à la méthode, Il faut en dire autant de sa classification des Lépidoptères exoliques, que M.Boisduval a traitée comme elle Je mérite.
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M. FRoELiCH n'a traité que des Tortrix qu sont, il est vrai, la partie des microlépidoptères la plus difficile à distribuer méthodiquement. Ici nous voyons enfin appa- raître des groupes naturels, quoique l'auteur n'ait point jugé à propos de leur donner de noms génériques. Pour- tant l’ordre ne s’insinue encore que faiblement dans cette masse jusques-là si compacte et si mêlée. Ainsi, ses grandes divisions des Veræ Tortrices | speculares, metallicæ, pisci- pelles, etc. etc.) ne peuvent former des tribus naturelles parce que l’auteur, préoccupé de l'idée de trouver un caractère exclusif, après lavoir inutilement cherché, comme il le dit lui-même, dans les palpes, la forme des ailes , etc., a voulu le trouver dans les dessins et les cou- leurs, où il n'existe pas plus qu'ailleurs. Ses autres coupes, quoique très-multipliées, contiennent des espèces assez disparates ; mais malgré ces défauts, fort difficiles encore à éviter aujourd'hui dans le genre Tortrix de Linné, età plus forte raison au temps où écrivait M. Frælich , son ouvrage n’en est pas moins le premier où l’on trouve une méthode utile et détaillée, et il mérite sous ce rapport d’être sérieu- sement étudié.
Je n'ose point en dire autant de la partie spécifique. La plupart des descriptions d'espèces nouvelles que nous a laissées M. Frœælich sont insuffisantes pour nous les faire reconnaître et on donne aujourd’hui de nouveaux noms à beaucoup d’entr’elles , faute de pouvoir appliquer les siens. Peut-être M. Frœlich eut-il évité cet inconvénient en choi- sissant mieux ses points de comparaison, et en attachant aux expressions latines dont il se sert une signification plus rigoureuse. Ainsi pour nous décrire la taille de l'Unguicana il nous dit : dimidio major Siculana ! à propos de Nœvana , il dit : inter minores; puis à la suivante /Aduncana), ik
ajoute : dimidio minor prœcedente ! — Il est difficile qu'on se fasse une idée de la taille d’un Lépidoptère d’après des données si peu exactes. Et puis. M. Frœlich n’attache pas assez d'importance aux nuances dans la couleur, et abuse parfois des superlatifs. Pourquoi appeler niveus ce qui est d’un blanc sale, niger ce qui est brun, albus ce qui est gris? Pourquoi: dire d’une espèce qui a seulement quelques légers rapports avec une autre : simillima prœcedenti? Je sais que les anciens auteurs sont remplis de ces exagérations ; mais il ne faut pas perdre de vue que les espèces étaient, de leurtemps, infiniment moins nombreuses etconséquemment bien plus faciles à désigner. Aujourd'huiquetel Lépidoptère , qui était seul autrefois de son groupe et dont l'aspect était ainsi très-tranché, a été dédoublé pour ainsi dire en quatre ou cinq espèces, tellement voisines, qu'il faut une extrème attention pour les distinguer {je citerai par exemple la Wahlbomiana, la Variegana, etc.), nous sommes tenus à bien plus de précision , et des équivalens ne suffisent plus. Enfin M. Frælich a encore imité les anciens dans un autre de leurs défauts, c’est-à-dire qu’à l'exemple de Fabricius . après avoir donné une phrase diagnostique où il décrit l'aspect général et les caractères principaux de l’insecte, il répète de nouveau ces caractères en d’autres termes dans la courte description qu'il ajoute à cette phrase, au lieu d'entrer exclusivement dans les particularités accessoires et secondaires de l'espèce. Tous ceux qui ont étudié l'en- tomologiste de Keh! ont sans doute regretté cette répétition, car elle tient la place de renseignemens essentiels, qui nous seraient bien utiles aujourd’hui. Il ne fallait donc pas limi- ter en cela.
Je me hâte d'en finir avec M. Frœælich , en répétant que tous ces défauts, qui sont loin de lui être particuliers,
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n’empêchent point que son Enuimeralio Tortrieum ne soit une œuvre pleine de conscience et d'esprit de méthode et digne à tous égards de l'estime des microlépidoptéristes. M. TREITSCHKE a profité de toutes les divisions des deux auteurs que je viens d'examiner pour former ses genres, en quoi il était certainement dans son droit ; mais il a né- gligé l'exemple qu'ils lui avaient donné de partager ses microlépidoptères en tribus, ce qui est un défaut capital. Au reste, si l’on étudie sa méthode, on s'aperçoit bien vite que l'esprit de synthèse y est tout à fait étranger. A voir les Halias suivre les Ennychia, les Teras séparés des Tortrix par huit genres, les Cochylis passer aux Scardia, les Yponomeuta aux Hæmylis, les Adela aux OEcophora, les Harpipteryx isolés des Ypsolophes par trois genres dont un comme le &. Chauliodus , ete. etc., on se convainc pleine- ment qu'il n’a point vu sa distribution d'assez haut, Si l’on passe de là aux genres, on verra que beaucoup d’entr’eux sont des ramassis où il réunit des espèces qui n’ont pas entr'elles la moindre analogie. Il me suffira de citer son genre Tortrix dont la division B comprend Cinctana, Hamana et Gnomana ; la division C Hartmanniana , Roselana , Gouana ; la division ÿ Lathoniana, Sylvana, Kliugiana, Plumbana ; — son genre Grapholitha où Hohen- warthiana, Minutana, Nebritana, Argyrana se trouvent entassées ; — son genre Rhinosia qui réunit Fasciella, Verbascella, Fissella, Ferrugella, Tinctella; — son genre Lampros où Faganella marche à côté de Majorella ; — son genre Adela où Cygnella coudoie Calthella, OEmulella Geoffroyella, Podevinella Oppositella, etc. ete., pour prouver qu'il n’a pas mieux saisi les analogies des espèces que celles des genres. Je laisse enfin à apprécier à ceux qui ont cherché à reconnaître de plano et sans renseignemens 2° Série, TOM. n1. 8
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de tradition une espèce dans son ouvrage, le soin de dire si les descriptions sont mieux traitées que la méthode dans cet auteur qui est pourtant en Allemage la principale auto- rité en fait de microlépidoptères.
Il serait injuste pourtant de ne pas savoir gré à M. Treitschke de quelques rapprochemens heureux et de quelques genres assez naturels, mais il faut reconnaître que nous ne saurions nous en tenir à sa classification.
M. DUPONCHEL, qui a commencé l’histoire des microlé- pidoptères en se défiant de ses propres forces, et qui a cherché un modèle dans les auteurs qui l'avaient précédé, est malheureusement tombé sur celui que je viens d’exami- ner. Il a certainement introduit quelques changemens heureux dans la méthode de Treitschke qu'il a, commeil en convient lui-même, adoptée en la modifiant, mais, proportion gardée , il faut bien reconnaître qu’il a adopté aussi ses défauts. Je suis obligé encore de lui repro- cher l'absence de vérification dans sa synonymie qu'il a prise dans l’auteur allemand pour ainsi dire de confiance, et la trop grande légèreté avec laquelle il a publié des espèces sans examiner préalablement avec assez de soin si elles n’avaient pas été décrites par d’autres, ou même par lui, antérieurement, sous d’autres noms. D’autres fois, M. Duponchel a cru reconnaître dans Treitschke un micro- lépidoptère; mais, induit en erreur par une mauvaise description de ce dernier, il nous a décrit, sous le même nom, une espèce différente, en y joignant l'Habitat et l’histoire des mœurs ou des premiers états de la véritable, traduits de l'Allemand. Enfin, il faut regretter à chaque page que M. Duponchel n'ait pas été davantage lui-même , et que, faute de vérification suffisante, ilnous ait transmis les erreurs de ses modèles, et même souvent celles de ses
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simples correspondans. Son ouvrage étant, du reste , dans les mains de tous les entomologistes français, parce que, à tout prendre, il est indispensable à consulter pour tous ceux qui s’occupent de microlépidoptères; on me dispen- sera de citer des exemples des imperfections que je signale ici, afin de ne pas allonger démesurément cette préface. Ils résulteront d’ailleurs de la lecture du catalogue qui va suivre ; l'auteur, avec lequel je suis lié d’une amitié dont je m'honore, m’ayant généreusement et franchement donné les moyens de relever ces erreurs, en m’ouvrant sa propre collection. Je sais enfin, par expérience, combien une étude aussi longue et aussi minutieuse que celle des micro- lépidoptères exige de temps, et je comprends mieux que tout autre que celui que M. Duponchel dispute à ses nom- breuses occupations n’y puisse suffire ; mais je suis pourtant obligé de conclure en répétant que la méthode de Treitschke, même telle qui l'a remaniée, ne peut plus nous suffire aujourd'hui.
Le catalogue de M. STEPHENS n’a point remédié à ces inconvéniens. Ses genres, pour être plus nombreux que ceux de ses devanciers, ne sont pas pour cela plus naturels ; un seul coup-d’œil jeté sur son Systematic Catalog me dis- pensera encore d'en citer des preuves que je pourrais multiplier à l'infini. Quant aux grandes divisions , la seule qu'il ait établie /Tineidæ et Yponomeutidæ) , est tout-à-fait arbitraire. Mais ce qu’on ne saurait trop lui reprocher, c'est d’avoir encombré la nomenclature d’une foule de noms sans descriptions ni citations qui puissent faire reconnaître les espèces auxquelles ils se rapportent. On se trouve perdu dans cet Océan de dénominations de fabrique anglaise, que l’auteur substitue même quelquefois aux noms le plus anciennement connus et le plus généralement
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adoptés. Je ne crois donc pas être trop sévère en disant que le travail de M. Stephens, fût-il bon, manque de signifi- cation et ne peut être approprié à l’usage des entomologistes français.
M. FISCHER DE ROESLERSTAMM nous à dotés d’un ouvrage aussi clair et aussi explicite que plusieurs des précédens sont obscurs et incomplets. Synonymie exacte, bien vérifiée et accompagnée presque toujours d’une discussion judi- cieuse et intéressante, figures bonnes pour la plupart, excellentes quelquefois, surtout dans les dernières livrai-— sons, histoire des mœurs et des premiers états bien observée et consciencieusement rapportée, tout s'accorde pour faire de l'ouvrage de M. Fischer un livre où le talent égale le travail et où le savoir n’est surpassé que par la conscience ; mais, par uvre modestie que tout nous porte à regarder comme exagérée , l’auteur s’est réduit au rôle d’historien et a constamment évité d'aborder la méthode. Ce serait donc en vain qu'on chercherait une classification dans son excellent livre où les faits abondent, mais sans aucune espèce d'ordre.
Vient enfin l’'Essai de M. ZELLER auquel, pour ce qui regarde la synonymie et la détermination des espèces, je n’ai à donner aussi que des éloges. C’est là une de ces œuvres qui, sous un petit volume, contiennent un immense travail, et il eût été à désirer que l’auteur l’eût écrite en latin, afin de la rendre accessible aux lépidoptéristes de tous les pays. On voit, en étudiant ce travail, que M. Zeller a lu ses auteurs avec fruit, qu'il a nommé ses es- pèces en conscience et qu’il n’avance rien, soit sur leurs mœurs, soit sur leur synonymie, sans l'avoir vérifié par lui-même. Quelques phrases spécifiques plus détaillées ou plus complètes, quelques mots pour justifier la synonymie
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quand elle est douteuse (ce qui aurait remplacé avec avan- tage les indications de lieu et de rareté, qui n’ont d'intérêt que pour ceux de ses compatriotes qui sont à portée d’en profiter comme chasseurs), et son Essai, quant à la partie spécifique, ne laisserait, je le répète, rien à désirer. Voyons, maintenant, ce qui concerne la méthode.
Je sais que M. Zeller s'occupe en ce moment même d’un travail analogue sur les Tortrix, et je lui aurais bien volontiers , dans la crainte de faire un double emploi, sacrifié celui que je publie aujourd’hui, si ses idées, en fait de classification , répondaient aux miennes; mais, par le hasard le plus singulier, tandis que j'ai adopté la mé- thode complexe des Allemands, M. Zeller a quitté la voie dans laquelle ses compatriotes ont marché jusqu'ici, pour suivre la méthode française; c’est-à-dire que sa classifi- cation repose en entier sur les insectes parfaits et mème sur certains organes considérés isolément. Ainsi, et pour prendre un exemple, il a divisé l’ancien genre Phycis en six genres nouveaux , caractérisés exclusivement d’après la forme des antennes et des palpes que la nature s’est plue à diversifier dans ce groupe le plus capricieusement du monde. Aussi en est-il résulté un genre Myelois, où la Pudorella, la Cribrella, Y'Achatinella, la Suavella, la Ceratoniella sont entassées pêle-mêle, malgré leurs formes toutes différentes et les mœurs tout opposées de leurs chenilles; un genre Nephopteryx , où l’Argyrella avoisine la Roborella, un genre Pempelia, où la Palumbella et la Carnella marchent de compagnie, etc., et tout le reste de la méthode se ressent plus ou moins du même vice. — En outre, M. Zeller, tout en signalant l'avantage des grandes divisions , les a très-peu multipliées, puisqu'il ne divise le grand genre Teigne de Linné qu’en deux groupes, T'ineacea
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et Crambina.— Enfin, ila rattaché , à tort selon moi, quel- ques genres et espèces exotiques à sa méthode que cette addition dépare , vu le peu de matériaux qu’il a amassés. Il ne valait pas la peine d'introduire une demi-douzaine d'exotiques au milieu de six cents européens; et la science ne peut guère plus gagner à cette tentative incomplète qu'à la publication isolée de quelques espèces exotiques qu’on introduit de nosjours dans les recueils entomologiques, pour avoir le droit de les baptiser de noms nouveaux, ou l’occa- sion de nous donner des images enluminées de couleurs éclatantes.
Telles sont en partie les raisons qui m'ont décidé à continuer mon travail sur les microlépidoptères et à le donner au public, malgré ceux qui l'ont précédé. Je crois n'avoir pas besoin de dire que, loin d’avoir la prétention de donner un ouvrage inaccessible à la critique, j'y dé- couvre moi-même chaque jour bien des imperfections, qui tiennent autant, je le crains, à mon inhabileté qu’à l’ab- sence de renseignemens suffisans et à l’état d'enfance de la science microlépidoptérologique , et je supplie la société et les entomologistes en général, de croire que je n’ai signalé les défauts que je crois avoir remarqués chez les autres mé- thodistes , que pour me justifier de venir entreprendre après eux une tâche où, tout en échouant, ils ont rendu bien des services à Ja science , et où, probablement, en échouant comme eux, j'arriverai à en rendre quelques-uns aussi. Telle, est la condition du progrès en histoire naturelle comme en beaucoup d’autres choses ; je la connais et je m'y soumets d'avance.
Je dois maintenant, pour faciliter l'intelligence de mon
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travail, entrer dans quelques détails sur les dénominations que j'ai cru devoir adopter et sur les règles que je me suis tracées a cet égard. S'entendre, est aujourd'hui le premier point à obtenir en microlépidoptérologie , et nous n’y arri- verons qu’en précisant et discutant les lois à suivre, et, une fois d'accord , en en subissant invariablement toutes les conséquences. Voici, pour ma part, quelles sont mes opi- nions à ce sujet.
L.
Et, d’abord, la loi qui domine toutes les autres est celle- ci : le nom imposé, soit à un genre, soit à une espèce, par le premier inventeur, doit être conservé, quoiqu'il arrive.
Cette loi, qui est à la fois la consécration de la justice due’à tout inventeur, le stimulant le plus puissant pour le progrès de la science et, pardessus tout cela, la plus forte digue à opposer à l’un des plus grands fléaux de l'Entomo- logie — la confusion — réunit aujourd’hui tousles suffrages ; mais elle est, comme les meilleures lois, susceptible d'exceptions et chacun y en apporte à sa manière. Les allemands poussent si loin le respect de la priorité, qu’ils adoptent souvent un nom de collection de préférence à un nom publié, si le premier est le plus ancien. Les français, au contraire, préfèrent le dernier , parce que la publication seule met tous les entomologistes en demeure de le con- naître et lui donne, en outre, une date précise, en sorte que la question de priorité peut être décidée et vérifiée en tout temps. Je suis de ce dernier avis, ce qui ne m’empêche pas quand deux noms, tous deux inédits, viennent à ma connaissance , de rechercher quel est le plus ancien et de l’adopter de préférence.
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Je reconnais ensuite la nécessité de deux autres exceptions. La première est relative à ces noms sanctionnés par l'usage depuis si longtemps, et désignant des espèces si générale- ment connues, que leur suppression au profit d’un nom tout-à-fait inconnu, quoique réellement plus ancien, serait en quelque sorte une innovation dangereuse plutôt qu’une restitution nécessaire. Il me paraît surtout inutile de faire remonter la priorité au-delà de Linné avant lequel il n’y a point de véritable nomenclature. Si l’on réfléchit du reste que le Wienerg.-Verzeich. et Fabricius sont venus presque immédiatement après lui, et que la plupart des auteurs an- ciens qui ont suivi ces trois autorités, se bornent souvent à les relater et à les commenter et créent fort peu d’espèces nouvelles, on verra que les limites sont presque naturel- lement tracées quant aux espèces anciennes et laissent fort peu de prise à l'arbitraire, en ce qui concerne les micro- lépidoptères.
La seconde exception est relative aux espèces publiées plus nouvellement, sous la forme de descriptions isolées , accompagnées ou non de figures, mais que ne recommandent ni une histoire spéciale des mœurs ou des premiers états, ni une discussion synonymique intéressante, ni l'intention de compléter un groupe déjà nombreux et bien circonscrit, ou la faune d’un pays exploré à fond, en un mot, qui n’offrent pour tout intérêt que la mise en lumière d'une ou plusieurs espèces nouvelles. Une pareille œuvre , dans une science aussi peu avancée en découvertes que la Microlépi- doptérologie, ne me paraît pas mériter d'entrer en concur- rence avec celle d’un monographe ou d’un auteur sérieux qui a publié un corps d'ouvrage, même postérieurement au premier. Sans doute , tout entomologiste qui se mêle d'écrire est obligé de prendre connaissance de tout ce qui
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a été publié avant lui sur la matière et ne saurait prétexter cause d’ignorance, mais je ne puis consentir à pousser cette obligation jusqu'à l'étude de la moindre feuille volante publiée par le premier venu; ce serait, je crois, lui faire perdre en recherches de pure érudition un temps qu'il peut employer plus utilement pour la science. C’est d’ailleurs rendre service à celle-ci que de ne tenir aucun compte de pareilles œuvres; car, en procédant ainsi, ou on décourage complétement ceux qui ne sont propres qu’à de semblables productions , ou on tourne vers des travaux utiles les efforts de ceux qui sont capables de faire mieux. Je sais que l’on peut objecter que c’est encore là une porte ouverte à l'arbitraire, mais je me hâte d'ajouter qu'il existe fort peu de ces œuvres parasites en Microlépidoptérologie et que, là encore, il est assez facile de saisir les limites qui séparent l'usage de l'abus.
J'espère, au reste, qu’on reconnaitra que, pour ma part, je n’ai usé de ces deux exceptions qu'avec une ex- trême circonspection.
JE.
Quand il y à une très-grande probabilité, mais sans cer- titude complète , qu’une espèce est celle d’un ancien auteur , et que son nom a passé en habitude chez les lépi- doptéristes, je crois qu'il faut le conserver plutôt que de lui en imposer un nouveau. Je regrette de me trouver à ce sujet en opposition avec M. Dejean (Ann. soc. Ent. 1842, pag. 286); mais je crois que le système contraire nous ménerail à renouveler presque en entier la nomenclature. Il y à bien rarement certitude complète sur les espèces de Linné et de Fabricius , à cause de la briéveté de leurs des- criptions, et d’ailleurs M. Dejean avoue qu'on ne peut
2e Série, TOM. 111. 8 b.
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Facquérir que par la comparaison des insectes même qui ont servi de type. Or, presque tous ces microlépidoptères sont détruits et ceux qui restent sont hors de la portée de la presque totalité des entomophiles. D'ailleurs les collec- tions subissent des altérations et des bouleversemens, et perdent ainsi leur caractère d'authenticité. C’est ce qui est arrivé pour le musée de Schiffermuller, qui était notre principale ressource, et que les Allemands vénèrent encore à légal d’un livre. Quelques étiquettes déplacées par une main malveillante ou inhabile ont suffi, sinon pour l’al- térer en totalité, au moins pour nous ôter la pleine con- fiance en lui et jeter du doute sur toutes les questions qu'il plaira d'élever à son sujet.
Les