nJj «V» t'aLjO^'TL*; — ar - % ^ , p.w.ÿ'N':w • X*! awKÿ /rîVi» pi jm »■ n»jJ WvisK --^ ■ *■„ •v * «** ip ■ 1 vy^Av •v'vvWS * - ■ /Cr* vwVfcRfjLf, v% 4P»* ^ >J3VW^ - ■.« ; * •*“• r f •i*x ^ 7^ y* 1 ? - » •> «rj » M 4p* pi» # # #*• Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN àææ ■&tZ W r ■ . : * * l ** ■. ,, * 11 • ;V\, \jtv. * * * ? ,* i i'P& Çff- ’* *i S^V'VK* 3 B 5 - # Vfc* -Wi > « s» jfR^S • ,» ’ •' Vi ( >' s • U,V\* /. I jS^îrSi •’• • * ! «i*Vu ,» ( 7 Ï"s’î: ils ’ijMV, ' ^ . : .-^, •• - Sfelfe' I*. J •• • W K ÏW, ».'■■ ' s ■ 1 <):> <$ ■ * • .. ù I* * r,' '.ir I ♦ * *» i.v»* i V'* i fi Vgl v : * ' ^ nrj • «a ^r- '*i# ’ J - , » -i •* >// «a .»«•>». <»-«»•. .*».***«•*- bk> , F5ILAS WRIGHT DUNNING Tl ]' BEQUEST >, >j UN 1 VERSITY or MICHIGAN B • * \ GENERAL LIBRARY - - • - ■ ■ - • »•. ... ••Au»'. U* >•*!> ■ " vl *t4fW\ Wl( N l Digitized by Goo^ le from IW^fUsiTY OF MICHIGAN Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN BULLETINS DE LA SOCIÉTÉ DES ANTJQUAIKES DE PICARDIE Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN / * BULLETINS * DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES « DE PICARDIE Tome XXIII. PARIS Librairie de ALPHONSE PICARD, 82, Rue Bonaparte AMIENS Imprimerie YVERT et TELLIER. 37, Rue des Jacobins, et 52, Rue des Trois-Cailloux Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN BULLETIN DE LA.. SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE Année 1908. — l or Trimestre. Séance ordinaire du Mardi là Janvier 1908 Présidence de M. P. Dubois, Président Sont présents : MM. Boquet, Brandicourt, de Calonne, l’abbé Cardon, Collombier, M. Cos- serat, P. Cosserat, Dubois, Durand, Guerlin, de Guyencourt, Ledieu, l’abbé Leroy, Milvoy, de Puisieux, Roux, Schytte et Thorel. MM. de Boutray et Goudallier, membres non- résidants, assistent à la séance. M. de Francqueville, se fait excuser. Correspondance et Administration — La Société archéologique de Tarn-et - Garonne adresse ses souhaits, à l’occasion du Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN % — 314 nouvel an, en trois distiques d’une très belle lati¬ nité. — M. Raoul Poujol de Fréchencourt offre l’ouvrage qu’il vient de publier, sous le pseudo¬ nyme d’Adrien Varloy, sur « les chauffeurs du Santerre » ; cette étude est précédée d’une pré¬ face, par M. Funck-Brentano. — Le tirage à part d’une notice sur la madone d’Auvillers, par M. le chanoine Marsaux, notice extraite du Bulletin de la Société archéolo¬ gique de Clermont-de-l’Oise, est aussi remise pour la bibliothèque. — Des remerciements sont votés aux donateurs. — Sur le bureau sont déposés les ouvrages suivants qui sollicitent particulièrement l’atten¬ tion : 1° Notre Picardie, 2 e année, n° 18. On y trouve un article de M. Pierre Dubois sur le Théâtre d’Amiens, article enrichi de jolies illus¬ trations ; 2° Les publications de la Société d’études histo¬ riques et scientifiques de l’Oise, (Bulletins des années 1905 et 1906), contenant une étude, par M. Bourgier, sur l’industrie de la boucherie dans le département de l’Oise, au xix e siècle ; 3° Plus de 50 volumes, illustrés de belles gra¬ vures, offerts par la commission impériale d’ar¬ chéologie de Saint-Pétersbourg. — La Société d’histoire et d’archéologie du Vimeu annonce la publication de « l’histoire de Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN - 315 — Saint-Valéry, de la Ligue àla Révolution », ouvrage de M. Adrien Huguet, couronné par les Anti¬ quaires de Picardie. — L’Assemblée apprend avec regret la mort de l un de ses membres non-résidants, M. Albert Lenoël, avocat. — Les ouvrages reçus, depuis la dernière séauce, sont inscrits du n° 31,534 au n° 31,572. — Dans une brillante improvisation, M. Du¬ bois remercie la Société de l’avoir maintenu une seconde fois à la présidence, et l’invite à repren¬ dre le cours de ses travaux sans plus tarder. — M. Héren est élu membre résidant, au scru¬ tin secret et à l’uuanimité. — MM. P. Dufrenoy, secrétaire de la Société historique et archéologique de Clermont-de- l’Oise ; Marcassin, notaire A Saint-Riquier, et Rameau, président du Conseil général de la Somme, sont admis comme membres non-rcsi- dants. — L’ordre du jour prévoit le renouvellement des commissions. Celle des impressions comprendra en 1908 : MM. Brandicourt, Durand, Roux, Soyez et de Witasse, élus au scrutin secret, ainsi que M. le président et MM. de Guyencourt et Ledieu, mem¬ bres inamovibles. La Commission des recherches sera composée de MM. Boquet, Collombier, de Guyencourt, Milvoy, Pinsard, Thorel et de Witasse. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 316 Celle de la bibliothèque, de MM. Brandicourt, l’abbé Cardon, de Guyencourt, Schytte et de Wi- tasse. Enfin, la sous-commission dite du legs Janvier sera formée par MM. de Calonne, M. Cosserat, Dubois, Duhamel - Decéjean, Guerlin et l’abbé Mantel. — M. Schytte offre une photographie de l’in¬ térieur de l’ancienne église de Cayeux-sur-Mer, qui va être démolie. Les boiseries du chœur étant enlevées, on y aperçoit, du côté de l’épître, une piscine romane. On remarque aussi l’arc en fer forgé, surmonté d’une croix, sis à l’entrée du chœur, ainsi que quelques statues parmi les¬ quelles une sainte Catherine du xiv e siècle. — M. Boquet, président de la commission des re¬ cherches, convoquera celle-ci pour visiter l’é¬ glise de Cayeux-sur-Mer. — M. de Guyencourt présente un dessin, re¬ produisant un magnifique cadre en bois sculpté, détruit, il y a quelques années, dans l’incendie de l’église de Rumaisnil où il se trouvait. — Dési¬ reux de ne laisser périr aucun des souvenirs qui se rattachent à la confrérie du Puy-Notre-Dame d’Amiens, d’où ce cadre provenait sans doute, M. Ed. Soyez chargea M. P. Ansart d’exécuter la reconstitution de cette œuvre remarquable, au moyen d’une photographie et de quelques croquis très imparfaits. M. Ansart a accompli ce tra¬ vail avec un succès qui dépasse toutes les espé- Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 317 — rances, aussi est-il décidé que son dessin sera publié dans l’album archéologique de la Société. — M. Dubois annonce l’achat, parla Société, de la Patrologie de l’abbé Migne. La Société se propose d’offrir, à titre gracieux, cette collection de 221 volumes à la bibliothèque communale d’Amiens, à la condition que l’ouvrage sera relié. Travaux — M. Thorel donne lecture d’une étude sur « le Rietz-Saint-Sauveur d’Arras, et la Hotoie d’Amiens ». 11 expose les rapprochements que l’on peut faire au sujet des donations supposées de l’un et de l’autre de ces domaines, donations à propos desquelles deux légendes presque iden¬ tiques jouent un rôle assez important. Après cette communication, la séance est levée à 9 heures. Séance ordinaire du ii Février 1908 « Présidence de M. P. Dubois, Président Sont présents : MM. Boquet, Brandicourt, de Calonne, l’abbé Cardon, Collombier, M. Cosserat, P. Cosserat, Dubois, Durand, de Francqueville, Guerlin, de Guyencourt, Héren, Ledieu, l’abbé Leroy, Roux, Schytte, Thorel et de Witasse. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 318 M. Leguillier, membre non-résidant, assiste à la séance. Correspondance — M. le député-maire de la ville d’Amiens et M. le bibliothécaire remercient du don de la Patrologie de Migne, fait à la bibliothèque com- muiiale par la Société. — M. Héren remercie, en excellents termes, de son élection en qualité de membre titulaire ♦ résidant. — MM. Dufrenoy, Marcassin et Rameau, nom¬ més membres non-résidants, adressent aussi leurs remerciements. — M. le conservateur du Musée de Picardie accuse réception d’un fragment de tableau, prove¬ nant de la confrérie du Puy-Notre-Dame, à qui il avait été donné par Pierre Cousin en 1513. — Les ouvrages suivants ont été offerts depuis la dernière réunion : 1° Par M. Pilastre: « Petit glossaire des let¬ tres de Madame de Sévigné » ; 2° Par M. Tremblay, bibliothécaire de la ville de Clermont (Oise) : « La statue de Jean-Domi¬ nique Cassini et le portrait de Geneviève de Laistre, lettres, documents, souvenirs » ; 3° Par M. de Rosny: Deux beaux volumes in¬ titulés, l’un : « Essai sur les ducs d’Aumont, gouverneurs du Boulonnais, 1622-1789. —Guerre ditedeLustucru, 1662, — parleR.P. AlfredHamy, membre titulaire résidant de la Société acadé- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 319 miqu6 de Boulogne, documents inédits » ; l’au¬ tre : ce Notice historique sur Tingry, par M. le chanoine F. Condette, ouvrage couronné par l’Académie d’Arras » ; 4 Par M. Houlé, de Bury-de-l’Oise : « Notice- étude sur des recherches et découvertes archéo¬ logiques dans le département de l’Oise. — Epo¬ que romaine et franque». Cette brochure, extraite des publications de la Société académique de l’Oise, est enrichie de quelques illustrations. — Parmi les autres ouvrages déposés sur le bureau il convient de remarquer : 1° Notre Picardie, 2 e année, n° 19. — Etude sur « le Calendrier » de la Cathédrale, par M. P. Dubois ; 2° Le FieuFinotte. — Conte en patoisboulonnais, par M. H. Caudevelle, édité par les Rosati Picards ; 3° Le Bulletin de la Société d’émulation d'Ab¬ beville. — Notice sur les églises de Mau- tort et de Cambron, par M. R Rodière. — La Société tient à adresser des félicitations \ toutes particulières à l’un de ses membres les plus sympathiques, M. Jules Boquet, dont le grand talent artistique vient d’être consacré par la déco¬ ration de la légion d’honneur. Jamais distinction de cette nature n’a réuni d’approbations plus unanimes. —Le fait, à cause de sa rareté même, devait être signalé. — Il est tout à la louange de notre éminent collègue et pour lui extrêmement flatteur. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 320 — M. le Secrétaire perpétuel signale la trè9 re¬ marquable conférence faite, le 9 février, par M. Pierre Dubois, à la bibliothèque communale d’Amiens, sur les manuscrits qui y sont conservés. — Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont inscrits sous les n os 31,573 à 31,633. A dmin istration — M. le C 1 * Pierre de Waziers est élu membre non-ré9idant. — La parole est ensuite donnée à M. le Tré¬ sorier qui communique son rapport annuel sur l'état financier de la Société. 11 appert de ce compte-rendu que notre situation pécuniaire continue à être excellente, résultat dû incontes¬ tablement aux soins assidus que M. Ledieu ne cesse de prodiguer à nos intérêts M. le Président l’en remercie et désigne MM. de Galonné, Col- lombier et M. Cosserat, pour faire partie de la commission chargée de vérifier les comptes de 1907 et de préparer le budget de 1908, puis la séance est levée à 8 h. 1/2. Séance ordinaire du 10 Mars 1908 Présidence de M. P. Dubois, Président Sont présents : MM. Boquet, Brandicourt, de Galonné, l'abbé Cardon, Collombier, M. Cos¬ serat, Dubois, Durand, de Francqueville, Guerlin, Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 321 • § de Guyencourt, Héren, Ledieu, l’abbé Leroy, de 9 _ Puisieux, Roux, Schytte, Thorel et de Witasse. M. l’abbé Bouvier, membre non-résidant, as¬ siste à la séance. M. P. Cosserat se fait excuser. Correspondance — M. le C te de Waziers remercie de son élec¬ tion en qualité de membre non-résidant. — M. SilTait de Moncourt annonce que des brocanteurs de Paris guettent déjà les richesses artistiques que contient l’abbaye de Valloires, destinée à être prochainement vendue. — La Société vote aux donateurs des remer¬ ciements, à propos d’ouvrages qui lui ont été offerts, à savoir : 1° ParM. le C t8 de Loisne : Le CartulairedesCha¬ pellenies d'Arras, manuscrit de 1282, avec addi¬ tions des xiv® et xv° siècles ; 2* Par M. Lair-Dubreuil : Le très beau Cata¬ logue illustré de la collection de tableaux de M. de P... — Parmi les volumes reçus depuis la dernière réunion, le Secrétaire perpétuel signale: 1° Dans les comptes-rendus de l’Académie des inscriptions et belles-lettres (Novembre 1907), une étude très suggestive de M. Pottier sur « les origines populaires de l’art » ; 2° Dans le Bulletin de l’académie royale d’ar¬ chéologie de Belgique (1907, IV), une longue Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN % — 322 — étude 9ur les oc Céraunies et pierres de foudre », qui ne peut manquer d’intéresser qui s'occupe de préhistoire et de folk-lore ; 3° Dan9 oc Notre Picardie », n° de février 1908, un article sur les trésors d’églises en Picardie, par M. P. Dubois ; 4° Les Comptes-rendus de la 73 e session du Congrès archéologique de France, tenue à Car¬ cassonne et à Perpignan en 1906 ; 5° Les Bulletins de la société d’histoire et d’archéologie du Vimeu (Mars-Novembre 1907) ; 6° Les comptes-rendus et mémoires du Comité archéologique de Senlis, 4“ série, T. X. — On y trouve des renseignements sur des fouilles exécu¬ tées à Morienval et à Champlieu, ainsi qu’une description des Jardins de Betz. — 11 est rappelé que les journaux viennent de signaler la découverte^ Herleville,d’un cimetière mérovingien qui paraît présenter peu d’intérêt. — Les ouvrages, reçus depuis la dernière réunion, sont inscrits sous les n os 31,634 à 31,688. — M. de Guyencourt offre à la Société, pour le musée, deux fragments de peintures, qui sem¬ blent dater du dernier quart du xv® siècle. Ces panneaux, jadis peints sur les deux faces, pro¬ viennent peut-être d’un tableau de la confrérie du Puy-Notre-Dame, mais cela n’est pas certain. L’un d’eux représente une partie de la façade d’une église, ajourée par une fenêtre ogivale au riche remplage, qui s’ouvre au dessus de la toi- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 323 ture d’un porche, dont le pignon était orné d une niche contenant la statue dorée d'un saint évêque. Le second fragment, plus intéressant, montre dans une rue ou une sur place publique, devant la façade d’une construction d’architecture civile en pierres et à fenêtres rectangulaires divisées par des croisillons, deux bourgeois en train de eau- . ser. L’un porte des chausses rouges avec un manteau verdâtre à pèlerine ; son bonnet est rouge. L’autre est habillé de chausses d’un bleu noirâtre et d’un vêtement rouge à manches do¬ rées. Son bonnet est noir doublé de rouge. A sa ceinture pendent une tassette et un poignard. De la porte de l’édifice du fond, une femme regarde le groupe des causeurs. Administration — MM. Deriencourt, le chanoine Dumont et Doucet sont élus membres non-résidants. — Il est décidé que deux exemplaires de la « Bibliographie de la Picardie », par M H. Mac- queron, seront offerts à la bibliothèque communale d’Amiens, pour y être employés à la confection d’un catalogue par fiches d’ouvrages relatifs à la Picardie. — L’ordre du jour prévoit le rapport de la commission des finances qui, par l’organe de M MauriceCosserat,proposed’approuverlescomp- tes de 1907, d’adopter le projet de budgetde 1908, de donner décharge à M. le Trésorier, pour sa Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 324 gestion de l’année dernière, et de lui voter de chaleureux remerciements pour le dévouement avec lequel il gère les finances de la Société. Toutes les propositions de ce rapport sont adoptées et M. le Président y ajoute des remer¬ ciements à l’adresse de M. le rapporteur. Travaux — M. Durand signale deux peintures conser¬ vées à Saint-Riquier. L’une semble dater du xv* siècle, ou du début du suivant, et représente l’Assomption. Par son style, elle rappelle beau¬ coup les peintures du retable de Thuyson, pu¬ bliées dans l’album archéologique de la Société. Malheureusement cette peinture a été profanée par un restaurateur. — L’autre tableau est daté de 1607. Il représente le Christ en croix entre des donateurs et possède une grande analogie avec les peintures de la même époque exécutées pour la confrérie du Puy-Notre-Dame d’Amiens. — M. Guerlin se fait l’interprète des regrets des habitants de Roye au sujet de la mesure prise parla municipalité de cette ville, qui fait vendre ses an¬ tiques remparts pour élever sur leur emplace¬ ment de vulgaires constructions. — Il n’est guère possible de conjurer cet acte de vandalisme, mais on s’efforcera pourtant de faire classer les rem¬ parts de Roye parmi les monuments historiques. — M. Boquet est allé visiter l’ancienne église de Cayeux-sur-Mer, destinée à disparaître inces- Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN - 325 samment. Il est fort regrettable de voir ané¬ antir ce monument, très remarquable par la tech¬ nique de son architecture en damier. — M. l’abbé Bouvier décrit une station pré¬ historique qu’il a découverte à Bertangles et qui lui a fourni une grande quantité d’instruments en silex, dont il fait passer de nombreux échantil¬ lons sous les yeux de l’Assemblée. Ce sont des grattoirs, des lames, des tranchets, des perçoirs, des aiguisoirs, qui caractérisent parfaitement l’é¬ poque dite « campinienne ». C’est donc pendant cette période des temps néolithiques qu’existait le village préhistorique de Bertangles, dont les ha. bitants devaient se procurer de l’eau à divers ruisseaux aujourd’hui taris. — M. le Président rappelle, à ce propos, que M. d’Ault, notre collè¬ gue, est actuellement le savant le plus autorisé de France sur la question campinienne. — M. P. Dubois donne lecture des dernières recherches de M. A. Huguet sur la prise de Saint-Valéry-sur-Somme par les ligueurs en 1592. — Enfin la commission des recherches est au¬ torisée à faire l’acquisition, pour le • musée de Picardie, d’une inscription gallo-romaine, portant le nom du bourg de Rathumagus et découverte jadis à Ilermes (Oise), puis la séance est levée à 9 h. 1/4. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 326 DU MARTELAGE Note par M. A. db Francquhville. Tout chercheur de documents ou de bibelots emporte toujours et partout avec lui sa... manie. Qui de vous, eu admettant qu’il soit comme moi disciple de Saint-Hubert, n’a pas curieusement examiné, un soir de chasse, tout en se reposant des fatigues de la journée, les objets accrochés au mur du fumoir ? Tantôt ce sont de vieilles plaques de garde armo¬ riées du xviu e siècle, coulées ou estampées, gra¬ vées, ciselées, dorées ou argentées. Les vitrines du musée de Picardie en montrent une de l’ab¬ baye du Gard. J’en possède aux armes des ab¬ bayes de Corbie et de Saint-Valéry, qui provien¬ nent de la collection de M. Gédéon Baril. Quant à celles marquées d’écussons de familles picardes, elles se rencontrent fréquemment. Tantôt on découvre un couteau de chasse à la garniture d’argent, tantôt un de ces longs fusils dont se servaient nos grands pères, tantôt enfin un grand et large collier de chien en cuivre avec cette inscription : « J’appartiens à M. X. Seigneur de Z ». Au centre, les armoiries du maître. — Je puis en citer aux armes des familles Blin de Bourdon, de Clermont-Tonnerre, de Miremont et deux ayant appartenu aux Cornet, où les blasons sont remplacés par des médaillons LouisXVI avec initiales. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 327 En cherchant plus attentivement encore, vous trouverez peut-être, au fond d’un vieux bahut, la hachette qui servait à marquer les coupes de bois. Au temps jadis, où tout était minutieusement réglé, on attachait une grande importance au martelage. Pour cette opération on employait le plus souvent un marteau dont un des côtés a la forme d’une hache etdont l’autre présente,en reliof, l’empreinte à marquer. La partie en fer est en¬ fermée dans un étui de cuir et fixée à une ceinture, par une boucle. Quelquefois aussi on se servait d’un coin en fer appliqué sur l'arbre à l’aide d'un maillet de bois. L’édit de 1669 préparé par Colbert, s'en oc¬ cupe longuement, (i) Le garde-marteau pour les domaines de la couronne doit avoir au moins vingt-cinq ans ; il est nommé par le roi après en¬ quête. Le marteau était enfermé dans un coffre fermé de trois clefs. L’une restait entre les mains du grand-maître des eaux et forêts, l’autre dans celles du procureur, et la troisième dans celles du garde-marteau. Ce dernier a-t-il besoin de procéder au martelage ? — car il doit agir en per.-onne — le marteau de la couronne est retiré de son coffre. Le travail terminé il y est réintégré. Le garde- marteau n’était pas seul à posséder cet outil ; le grand-maître marquait de son marteau particulier les pieds corniers, (éptrntaux en picard), et (1) Edit portant règlement général pour les Eaux et Forêts. Août 1669. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 328 les arbres de réserve. Le gruyer (juge spécial) en a un également pour frapper les arbres de dé¬ lits (abattus en fraude) et de chablis (renversés par cas fortuit: vent, foudre, etc.) Enfin, l’arpen¬ teur lui aussi marque, le plus près de terre que faire se peut, un certain nombre de pieds cor- niers. L’amende pour un de ces arbres abattu, marqué de l’empreinte royale, est de cent livres. Je trouve dans les archives départementales quelques indications sur ce sujet: (i)en 1749, let¬ tres de provisions à L. de Roussen, sieur de Gre- denneville, à l’office de garde-marteau de la maî¬ trise particulière des eaux et forêts de Ponthieu ; en 1751, provisions de conseiller du Roy, garde- marteau de la maîtrise d’Amiens, du sieur Mail- lart. Jean-Louis-Charles Baron, obtient la même charge en 1760. Le registre aux chartes, fol. 158, relate un arrêt du Conseil qui « commet le garde-marteau seul, à l’exclusion des autres' officiers, pour la délivrance à faire dans les bois de l’évêchez d’A¬ miens. » Versailles, 19 février 1760. Enfin, au même registre, fol. 113, se trouve un arrêt du Conseil ce qui defTend aux communautés ecclésiastiques et aux particuliers d’abattre au¬ cuns arbres, futaye ou épars marquez du marteau de la marine. » Compiègne, 23 Juillet 1748. (1) Inv. des Arch. Départementales, par M. G. Durand. III, pp. 484, 487 et 488. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Empreintes de marteaux et de coins ayant servi à la marque des bois. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 329 D’après la coutume de Saint-Valéry, « qui- conques... abat, coppe ou esbranche chesne ou aultre arbre qui a esté marqué ou délaissé pour estallon,... commet une amende de LX solz parisis et doit restitution et intérest. » (i) Les particuliers imitèrent l’exemple de la cou¬ ronne et eurent eux aussi leur marque. Tantôt elle ne se compose que de simples lettres isolées ou entourées d’un filet, tantôt le marteau porte les ar¬ moiries de son possesseur (2). On en verra ci-contre quelques échantillons provenant du pays picard. Celui-ci (n° i) est une croix de Malte, dont se servirent, de 1771 à 1790, les gardes du commandeur Charles-François de Calonne d’Avesne, bailli de l’ordre de Malte, pour faire la marque des bois de ses commanderies de Maupas, Villedieu-la-Montagne etSoissons. Mais le commandeur ne devait pas être seul, si j’en crois l’édit cité plus haut, à employer son mar¬ teau, car le grand-maître des Eaux et Forêts de¬ vait assister au martelage des bois de l’ordre de Saint-Jean de Jérusalem. Le n° 2 est aux armes des Guillebon : d’azur à la bande d’or accompagnée de trois besans de même. Elles sont surmontées d’une couronne de comte. Ce marteau se trouve très usé par un long (1) Coutumes du bailliage d’Amiens, Bouthors, I, 423. (2) La collection LeSecq des Tournelles, actuellement exposée aux Arts Décoratifs de Paris, contient plusieurs marteaux et coins intéressants. 2 Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 330 service. 11 est aujourd'hui conservé au château de Remy (Pas-de-Calais), mais il a dû être apporté de Picardie par Albert de Guillebon lors de son mariage avec Mathilde d’Aix. Le suivant provient d'une famille « qui vivait aux confins de notre Picardie » .et dont vous en¬ tretint jadis notre collègue, M. dePuisieux, daus sa jolie étude (t) sur la Comtesse de Miremont (n° 3). Cette maison avait pour armes : d'azur au pal d’argent, fretté de sable, accosté de deux fers de lance du second. Ce sont celles que nous recon¬ naissons sur le coin. Les empreintes 4 et 5 sont celles de marteaux ayant appartenu à une famille alliée à la précé¬ dente, les Montangon, et sont moins intéressantes puisqu’il ne s’agit plus d’écussons. Le n° 4 ce¬ pendant avec ses lettres disposées en mono¬ gramme est curieux. Ces deux outils sont con¬ servés au château de Belval (Aisne). Notre collègue, M. Robert Guerlin, me si¬ gnale un marteau chargé de trois maillets. A-t-il appartenu aux Mailly, qui possédaient de grands bois en Picardie, ou aux de Monchy, qui avaient aussi des maillets dans leurs armes ? 11 existe encore en Artois, un marteau portant la croix an¬ crée des Tramecourt. Une revue illustrée disait dernièrement que dans le centre de la France, lorsqu’on flotte le bois, chaque rondin est marqué à son extrémité, (1) Lecture faite le 8 Mars 1892. Digitized by Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 331 — d’une empreinte faite au marteau et spéciale à l’acheteur ; signe géométrique ou objet usuel, cloche, ancre, etc. Ce procédé n’a, je pense, jamais été employé pourles.bois de Picardie. Gomme on le voit, je n’ai recueilli sur ce sujet que de courtes notes ; mais le but que j’ai visé serait atteint si, en voyant ces empreintes, il ve¬ nait à l’esprit de mes auditeurs ou lecteurs de chercher au fond de leurs armoirep ; certainement ils y découvriraient d’autres marteaux. C’est bien peu de chose, me dira-t-on il est vrai, un faible débris, un insignifiant souvenir du passé, mais d’un passé dont il ne restera bientôt plus trace, grâce à la folie do changement qui s’est emparé de notre siècle. • Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN NICOLAS BLASSET GROSSIER DE POISSONS Note par M. R. Gubrlin. La pièce que je vais avoir l’houaeur de vou9 communiquer, ne constitue pas à coup sûr, un document capital : elle m’a paru, toutefois, méri¬ ter de vous être signalée ; d’abord, parce qu’elle se rapporte à l’un des principaux artistes qu’ait produit notre cité ; puis, parce qu’elle jette un jour assez nouveau sur un côté curieux de9 mœurs de nos pères : la façon dont ils plaçaient leurs épargnes. + Nous savions déjà par divers contrats retrou¬ vés notamment par notre regretté confrère, M. Auguste Dubois, que Blasset n’hésitait pas, le cas échéant, à se transformer en entrepreneur général. C’est ainsi qu’il se rendit adjudicataire des travaux à exécuter au clocher de Saint- Acheul (22 7 bre 1628 : Daiz, not.) ; qu’il se chargea, moyennant 6 livres la toise, de recou¬ vrir à neuf, le côté droit de l’église des Corde¬ liers (Denis, not,) ; de refaire, en ardoises, les clochers de Sainte-Colombe d’Aubigny, d’Engle- belmer, de Dury, de l’Abbaye du Gard... — C’est encore ainsi qu’il fit le dortoir des Célestins et celui de Saint-Acheul, — comme me le signalait M. de Guyencourt, d’après l’ouvrage deM. Roux. — Aux Cordeliers de Doullens, au château de Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 333 Picquigny, à l’Abbaye de Selincourt, il se fit maçon, couvreur, plombier... Mais tout cela, du moins, avait-il quelque rap¬ port plus ou moins direct avec son art, avec la qualité d’architecte que lui donnent certains con¬ trats, qualité que son expertise pour le clocher de la Cathédrale et ensuite, sa direction du travail de modification dudit clocher, lui méritait incon¬ testablement. En revanche, qui eut pensé que Nicolas Blasset, artiste en vedette, sculpteur du Roy, associât les méditations esthétiques de son art sublime, aux préoccupations beaucoup moins éthérées d’un office de Grossier de poissons. 11 en était ainsi, cependant, comme en témoigne l’extrait sui¬ vant des registres aux Saisines des offices patri¬ moniaux de l’Hôtel-de-Ville d’Amiens : « Appert que le 5 juillet 1651, Louis Devaux, (comme acquéreur de Nicolas Blasset, sculpteur du Roy, moïennant 2,500 livres de deniers princi¬ paux, par contrat devant notaires royaux à Amiens, le 1 er dudit mois), a été reçu et ensaisiné dans l’of¬ fice de grossier de poissons, après avoir payé à la recette de la Ville, la somme de 600 francs pour les droits sgaux du dit office. » La connaissance de cette pièce va bouleverser bien des idées. — Il n’y faut voir, cependant, qu’un fait tout ordinaire et complètement dans les mœurs de nos ancêtres. Si l’on veut bien y réfléchir, ceux-ci qui ne pos- Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 33'» sédaient pas comme nous, pour faire fructifier ou pour dissiper leur avoir, tout un choix, — le mot n’est pas très exact — tout un assortiment, une variété de valeurs mobilières ; mines de cuivre, phosphates, tramways, fabriques de dynamite pour apôtres de la fraternité, ou de tuiles pour châteaux en Espagne, nos pères, dis-je, considé¬ raient tout simplement un office comme un place¬ ment de leurs capitaux. Gomment les géraient-ils lors qu’ils en étaient pourvus ? — J’avoue très humblement ne pas avoir élucidé ce point. — Avaient-ils un fondé de pouvoirs ou un sous-traitant? Ou bien la corpo¬ ration dont ils faisaient partie, se chargeait-elle de cette gestion par ses agents ? Je l’ignore. Evidemment, je ne vois pas très bien tel bour- geois notable, pourvu de l’office de mesureur, en- cordeur et porteur de bois et de braise, vaquant quotidiennement aux humbles détails de son em¬ ploi. De môme pour cet autre, à la fois avocat en Parlement et grossier de poissons, ou encore pour ce troisième, enlumineur et aulneur de draps et de linge. Mais ce que je comprends par¬ faitement, c’est qu’ils voulussent du même coup bénéficier d’un placement suffisamment rémuné¬ rateur et sûr, et profiter des avantages qui pou¬ vaient être attachés à ces offices : privilèges ou exemptions. Ges dernières, — alors comme aujourd’hui, — étaient fort appréciées, même par les artistes. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 335 — C’est ainsi que dans un rôle du Guet de 1653 que je possède, je vois : a Rue du beaupuy : Monsieur Nicolas Blasset, sculteur, a exempt (sfc) de M. de Chaulnes. » N’accusons pas notre concitoyen de manquer de chauvinisme : il avait alors 53 ans et chacun devine que monter la faction à cet âge n’a rien de séduisant. D’ailleurs, pourquoi se fût-on montré plus exigeant pour lui que pour l’un de ses auxiliaires qui obtint la même faveur ? En effet, le 5 9 bre 1637 (EE. 53 arch. d’Amiens), Fremin Granthomme, serviteur de Nicolas Blasset, maître sculpteur, demeurant en cette ville d’A¬ miens,[remontre] « qu’il est journellement emploié par le dict Blasset à travailler de son estât, le plus souvent aux champs et maintenant à tra¬ vailler au bourcq de Chaulnes, pour Monseigneur de Chaulnes, à faire un dhome (sic) sur la tour du chasteau du dict Chaulne, à raison de quoy il ne peult allor à la garde aux portes de ceste ville et de nuit sur le rempart. Ce considéré, Messieurs, et attendu sa pauvreté, qu’il vous plaise le descharge de la dicte garde, du moins d’aller aux portes de jour... » Cette dernière pièce nous fait connaître le nom de l’un des collaborateurs de Blasset, de plus elle mentionne des travaux exécutés à Chaulnes et dont Dubois ne parle pas. Pour cette double raison, j’ai cru bon de vous la signaler aussi. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN LES ANCIENNES CROIX D AMIENS AVANT LA RÉVOLUTION Notice par M. Am. Boinbt. Nous présentons, sous ce titre, les notes que nous avons pu recueillir sur les croix qui étaient à Amiens, dans les faubourgs et la banlieue, avant la Révolution. On sait que depuis l’époque gothique on plantait beaucoup de croix dans les villes. Amiens paraît avoir été assez remarquable à ce sujet (1). Parmi les croix que nous signalons, il y en a quelques-unes qui offrent un certain intérêt, soit par leurs sculptures, soit par les questions de topographie et d’étymologie auxquelles elles don¬ nent lieu. Depuis le xin* siècle la figure du Christ était fréquemment sculptée sur les croix. Souvent elle était accompagnée ou doublée au revers de l’i¬ mage de la Vierge (Croix des Jacobins par ex¬ il) La ville de Reims renfermait aussi un grand nombre de croix. Cf. H. Jadart, Les anciennes croix des chemins , carre¬ fours et cimetières, dans le pays Rémois et les Ardennes. Reims, 1888, in-8°, 62 p. (Extrait des Travaux de l'Académie de Reims, t. 91). Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN emple). Les Instruments de la Passion se trou¬ vaient quelquefois représentés (Croix de la Porte Saint-Pierre, érigée en 1686). Les calvaires proprement dits étaient plus rares. Il y en avait un près du couvent des Au- gustins et un, sans doute aussi, à l’entrée du fau¬ bourg de Beauvais, près de la porte de la ville. Les saints locaux figuraient sur certaines croix, tel saint Martin, que l’on voit sur un fragment du Musée d’Amiens. 11 existait aussi ce qu’on appelait les croix couvertes , qui s’abritaient sous un édicule d’ar¬ chitecture (1). Ainsi il y avait près d’Amiens, la Croix de la Fosse Ferneuse, ou Croix couverte, et la croix nommée le Beaurepaire. Nous avons indiqué, dans un paragraphe spé¬ cial, les lieux dits, dont la dénomination a pour origine, selon toute vraisemblance, l’érection d’une croix et, dans un autre, deux croix conser¬ vées au Musée d’Amiens. Nous ne saurions omettre de dire, en termi¬ nant cette courte introduction, que nous avons puisé des renseignements très précieux dans les recueils manuscrits de notre grand père, M. Char¬ les Pinsard. Nous avons été très heureux d’utiliser des matériaux réunis depuis de longues années. (1) Ct. Bayle, Les Croix couvertes. Mémoire présenté au Congrès archéologique d’Avignon. Avignon, 1882, 36 p. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 338 I. Croix qui ôtaient situées à l’intérieur de la ville d’Amiens Croix des Jacobins Cette croix était une des plus belles d’Amiens. * • Les archives municipales nous donnent à son sujet des renseignements très précis et inté¬ ressants. C’est en 1447 qu’elle fut élevée, à l’in¬ tersection de la rue des Jacobins et de la rue Porte-Paris, sur l’emplacement d’une autre qui était en fort mauvais état. Voici ce que nous lisons dans les registres de la ville: ce A Miquelot Luittefort, paintre et tail¬ leur de ymages, demourant à Amiens... pour son sallaire, paine et desserte d’avoir taillié et fait en et sus ung croiseillon de pierre de Croissy, la portraitture et ramembrance de ung Crucefix es- levé à l’un des lez et une portraitture, y mage et ramembrance de Nostre-Dame à l’autre lez, te¬ nant son enfant ; lequel croiseillon on assey sur et au bout de le flecque ou colombe de piet droit estans et posée sur le cauchie en terre ou mil¬ lieu de le rue qui maine des Frères Prescheurs Jacobins à Saint-Denis et à le porte de Paris, à laquelle croix la procession de Nostre-Dame d’Amiens et les habittans d’icelle ville viennent chascun an, le jour de Pasques flouries... A maistre MahieuRégnault, machon,... pour son sallaire... d’avoir taillié et fait une belle croix de pierre de Croissy et soubx ladicte croix Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 339 taillié, en quatre sens, les armes du Roy, nostre Sire, les armes de Mons r le dalphin de France et les armes d’Amiens, entendu aussi à faire et dré- chier ung hourt sur le cauchie autour de le flec- que de ladicte croix, sur lequel hourt ledit mais- tre Mahieu et Jehan le Grant, mâchons, furrent tant à démolir et copper au chisel et au maillet le viez cappittel ou entrepiet de ladicte croix, qui estoit fendu et de nulle valeur et que nécessaire¬ ment il falu copper et oster, pour avoir le bougon de fer qui estoit dedens ladicte flecque, comme à avoir assis et posé seurement ladicte croix neufve sur le bout de ladicte flecque de pierre, et aussi entendu à mâchonner, rempietter et réparer les pas de pierre du piet de ladicte flecque et croix, comme il en estoit neccessité » (1). D’après ce passage, il ressort donc qu’il y avait, avant 1447, une autre croix dont la vétusté obligea la ville à faire de nouveaux frais. En 1535 on dut encore réparer la Croix des Jacobins et refaire les sculptures; à cette date on lit dans un registre des comptes : « Mises faictes... pour avoir racoustré et mis en souflisant estât la croix qui se nomme la Croix des Jacobins, laquelle estoit tombée en décadence... A Fremin, tailleur d’image, pour avoir fait ung Crucefix en croix, avec une ymage de Nostre-Dame de Pitié, pour servir à icelle croix (2). (1) Arch. munie., CC. 34, fol. 101 v°. (2) Ibid. CC. 127, fol. 181, v° et 183 v*. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 340 Nous possédons des anciennes lithographies de la Croix des Jacobins (l). L’une d’elles, due à un dessin de3 frères Duthoit et reproduite dans leurs Monuments anciens et modernes de la ville d'Amiens (2), montre bien qu’il y avait, d’un côté, un Christ et, de l’autre, une figure de la Vierge. Dans le Petit Pagès on trouve une mention relative à notre croix : « La tradition m’apprend que la croix de pierre sur son piédestal, proche (Jes Jésuites, a esté mise dans le temps d’une mission publique, mais je ne scay l’année ; l’on y voit en haut quelques écussons fort endomma¬ gés » (3). Comme on peut le constater, l’auteur était mal renseigné. Nous pouvons supposer que la Croix des Jacobins était en fer à l’origine. Dans un re¬ gistre des archives municipales, à l’année 1455 (4), on trouve en effet citée la Rue de la Croix de fer et, suivant le texte, on voit que c’est la rue des Jacobins, au moins pour la partie comprise entre le Battoir (aujourd’hui la Gendarmerie) et la rue Porte-Paris. De plus, il) CK Macqueron. Iconographie du département de la Somme. (2) Croix des Jacobins en 1500. Nov. 1833. Lith. de Laroche et C ie , place du grand marché à Amiens. Haut. 0,150, larg. 0,113 Voir aussi des reproductions de cette croix dans le Voyage pit¬ toresque... du baron Taylor, (t. 1). (3) Petit Pagès , p. 170. (4) BB. 7, fol. 221 v° Cf aussi BB. 9, fol. 13 v°: < La grant rue de le Croix de fer ». (1461). Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 341 nous avons vu qu'en 1447 il fallut « démolir et copper au chisel et au maillet le viez cappitel ou entrepiet de ladicte croix, qui estoit fendu et de nulle valeur et que nécessairement il falu copper et oster pour avoir le bougon de fer qui estoit dedans ladicte flecque... » Ajoutons pour finir, que, chaque année, le clergé de la cathédrale avait l'habitude de faire une station à la Croix des Jacobins, pendant la procession du dimanche des Rameaux (1). L’évêque Louis- Charles de Machault la fit réparer en 1783 et la bénit solennellement le 5 septembre. Une inscription commémorative et un distique, composé par le R. P. Luc, religieux jacobin, fu¬ rent gravés sur le socle (2). Croix de la. rue Wes le Comte ou du Vidame Elle est citée en 1416 dans les comptes des cens dus à l’Hôtel-Dieu. Croix du Pont de Croix Cette croix était située près du Pont de Croix, dont le nom se trouve ainsi expliqué. Elle est citée dès le xv° siècle, en 1433, sous le nom de cc le Crois ou Cay » (3). En 1482, on lit : « A Guil- (1) Le texte de 1447 nous dit : o. A laquelle croix la pro¬ cession de Notre-Dame d'Amiens et les habitants d’icelle'ville viennent chascun an, le jour de Pasques flouries... » (2) Edm. Soyez, Notices sur tes évêques d’Amiens , p. 316. (3) Arch. mun. CC. 25, fol. 170 v°. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 342 laume Postel, machon, à commenchier les pas de le Croix du Kay »(1), puis, en 1483 : (4) Déplus, le 31 janvier 1717, lors des missions (1) Arch. dèp. G. 1073, f° 60 v«. (2, T. 1, p. 452. (3) Arch. mun. CC. 243, f° 66 v°. (4) Ibid. CC. 261. f®. 69. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 357 faites par les Capucins, on bénit une croix qui venait d’être plantée à la tête du petit faubourg de Beauvais, du côté de la campagne, sur le petit chemin qui conduit d’Amiens au Pont-de-Metz (1). Douchet ajoute : « Cette croix est la seule de toutes celles que cite le manuscrit de Pagès qui soit conservée. » Croix de la porte Saint-Pierre, dite Croix de la Mission Le 28 octobre 1686, les Capucins commencè¬ rent à Amiens une grande mission qui finit à Noël* A cette occasion, on planta,le 29 décembre, sur l’esplanade de la porte Saint-Pierre, entre la citadelle et la ville, une croix de 35 pieds de hau¬ teur, avec la figure du Christ et les Instruments de la Passion (2). Croix de la Hotoie En 1686, on planta une croix à la Hotoie, lors de la mission des Capucins. Son emplace¬ ment n’est pas précisé. Pagès (3) parle en outre d’une croix qui aurait été érigée en 1717, à droite de la grande allée de la Hotoie. (1) Pagès, t. III, 377-378. (2) Cf. P. Daire, t. I, p. 455, et Petit Pagès , p. 4. Voy. aussi Arch. comm., BB. 75, f° 167 v°. (3) T. III, p. 378. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 358 Enfin le P. Daire indique une croix de la Ho- toie, plantée en 1749, et ajoute : « Cette croix fut renouvelée en 1754 et placée à l’entrée du fau¬ bourg de la Hotoie. » (I) Croix de la porte de Noyon Elle avait été érigée en 1717, lors de la mis¬ sion des Capucins, sur le chemin couvert du # fossé de la demi-lune de la porte de Noyon, faisant face à la chaussée du faubourg. Pagès nous dit que c’était une grande croix avec un Christ (2). Croix trouvée dans le cimetière du Petit-Saint-Jean En 1888, on trouva dans le cimetière du Petit- Saint-Jean, un fragment de pied de croix en grès, servant de base à une croix en fer et sur le¬ quel on remarquait : 1°. Un clocher et sa girouette. 2°. Les restes d’une inscription : « La mort ». 3°. Une console avec feuille. 4°. Une feuille, un croissant et une étoile. 5°. Deux os en croix et une petite rosace. 6°. Un chapelet. 7 W . Une marque avec un C et un D. 8°. Une rosace et une plaque carrée. (1) P. Daire, t. I, p. 455. (2) Pagès, t. III, p. 377 et Janvier, op. cit., p. 71. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 359 La colonne avait une forme polygonale à huit faces curvilignes. Cette croix datait sans doute du xvn e ou du xviii® siècle. III. Lieux dits La Croix brisée au chemin de Querrieu Au xv e siècle, l’Hôtel-Dieu possédait des terres dans le faubourg Saint-Pierre, notamment 6 jour¬ naux à « la Croix brisée au chemin de Rierieu ». D’après un compté des recettes de la ville (1527-1528), on voit que la commune per¬ cevait des revenus sur des biens situés à la Croix du chemin de Querrieu, paroisse Saint-Pierre. Enfin, dans les lieux dits du faubourg Saint-Pierre, il y a la Croix brisée. La Croix du Savoyard En 1752, une saisine est donnée à Marie- Ulphe Obré, veuve de Pierre Grenet, pour un journal de terre sis à Longpré-lès-Amiens, au lieu dit « la Croix du Savoyard » (1). Ce lieu dit existe encore. Sur le cadastre de 1813, nous lisons les lieux dits suivants : A la Croix Bissenet (section M, dite du Petit- Rivery, faubourg Saint-Pierre). (1) Arch. dép. B. 217. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 360 1 La Croix de Pierre (section B, dite des San- terres, Longpré-lès-Amiens). La Croix du Pont-de-Metz (section CC, 2* par¬ tie, dite entre la route de Paris et la route de Rouen). La Croix (section G, dite de La Madeleine et de la Citadelle). IV. Croix du Musée d'Amiens Le musée d’Amiens possède deux croix, sur les¬ quelles nous dirons quelques mots. La première, dont nous donnons ici la reproduc¬ tion des deux faces (i), est en partie brisée. De chaque côté est un quadrilobe avec le Christ en Croix, entre la Vierge et Saint-Jean, et saint Martin, partageant son manteau. L’un des bras, qui est resté à peu près intact, a son extrémité couverte d’un feuillage assez délicat. Le style de ce fragment accuse le plein xv e siècle. Bien que nous n’ayons aucun renseignement sur l'origine de cette croix, il est permis de supposer, par suite de la présence de saint Martin, qu’elle vient du couvent de Saint-Martin- aux-Jumeaux ou de l’église de Saint-Martin-au- Bourg Toutefois, il ne faut pas oublier que saint Martin était très populaire à Amiens et qu’on le représentait un peu partout. (1) Grâce à deux photographies obligeamment communiquées par notre conlrère M. Georges Durand. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Digitized by Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 361 La seconde croix du musée d’Amiens est en grès ; elle a été trouvée, il y a une vingtaine d’an¬ nées, encastrée dans la maçonnerie d’un mur, rue du Petit faubourg de Noyon (rue Wulfran- Warmé actuellement). Nous n’en avons que la partie supérieure. D’un côté, on voit le Christ en croix, vêtu d’un simple linge autour des reins ; la date de 1589 est inscrite à ses pieds. De l’autre, est un per¬ sonnage qu’il semble difficile d’identifier. Il est debout, vêtu d’un manteau, tenant peut-être un livre de la main gauche et levant l’autre légère¬ ment. De chaque côté de la tête, on remarque, à droite, un S, et, à gauche, un E gravé à l’envers. Cette figure est-elle celle d’un saint ? C’est ce que nous ne saurions dire avec certitude. 4 Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN OUVRAGES REÇUS PENDANT LE l #r TRIMESTRE DE L’ANNÉE 4 908 I. Le Ministère. « 1° Nouvelles archives des Missions scientifiques et littéraires T. XIV, fasc. 4 ; T. XV, fasc. 3. — 2° Bulletin historique et philologique du Comité des travaux historiques et scientifiques 1906 n°* 3-4. — 3° Catalogue général des manuscrits des bibliothèques publiques de France. Bibliothèques de la Marine, par Ch. de la Roncière. — 4° Comité des travaux historiques et scientifiques ; Liste des membres. — 5° Journal des Savants, 1908, n°* 1 et 2. — 6° Revue historique, T. XCV1I, fasc. 1, 1908. II. Les Auteurs. 1° Fourrière (M. l’abbé).— Revue d’exégèse mythologique, novembre-décembre 1907. — 2° Houlé (M.) — Notice-étude sur des recherches et découvertes archéologiques dans le départe¬ ment de l’Oise. — 3° Lair-Dubreuil (M.) Collection de Ma¬ dame de P. ; Tableaux anciens ; (Catalogue). — 4° Loisne (C tc de). — Le Cartulaire des chapellenies d’Arras, manuscrit de 1282 avec additions des XIV et XV e siècles. — 5° Pilastre (M.) — Petit glossaire des lettres de Madame de Sévigné. — 6° Tremblay (M.) — La statue de Jean-Dominique Cassini et le portrait de Geneviève de Laistre, lettres, documents, souvenirs. III. Dons divers. 1° Rosny (M. de). — Essai sur les ducs d’Aumont gouver¬ neurs du Boulonnais, 1622-1789 ; Guerre dite de Lustucru, 1622, par le R. P. Hamy, membre titulaire résidant de la Société académique de Boulogne (Documents inédits). — Notice historique sur Tingry par le chanoine Condette. IV. Sociétés françaises. 1° Académie d’Aix. — Séances publiques (quatre années). — 2° Académie de Besançon. — Bulletin, 1907, n°* 1-4. — 3° Aca¬ démie de Caen. — Mémoires, année 1907. — 4° Académie de Clermont-Ferrand. — Bulletin de l’Auvergne, année 1907, n°* 9 et 10. — 5° Académie de Mâcon. — Annales, 3* série, T. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 363 — XI. — 6° Académie des inscriptions et belles-lettres. — Comp tes-rendus des séances, octobre et novembre 1907. — 7® Asso¬ ciation des Rosati Picards. — Le Fieu Finotte, par M. H. Caudevelle. — 8° Association pour l'encouragement des études grecques. — Revue des études grecques, T. XX, novembre- décembre 1907. — 9° Comité archéologique de Senlis. — Comptes-rendus et mémoires, 4® série, T. X, 1907.—10® Com¬ mission archéologique de Narbonne. — Bulletin T. X, n® 1, 1908. — 11® Société archéologique de Bordeaux. - Publica¬ tions, T. XXVI et T. XXVIII fasc. 1. — 12® Société archéolo* gique de l’arrondissement d’Avesnes. — Mémoires T. VII._ 13® Société archéologique de Touraine. — Bulletin T. XVI, n®» 2-3, 1907 : Mémoires T. XLV, Histoire des guerres de religion à Loches et en Touraine, première partie.— 14® Société artistique, scientifique et littéraire de Béziers. — Bulletin, 3° série, T. VII, n° 1. — 15° Société d’agriculture de Boulogne- sur-Mer. — Bulletin, 2® série, T. VIII, n® 6 ; T. IX, n® 1. — 16® Société d’agriculture, sciences et arts de la Sartbe. — Bulletin, 2 e série, T. XXXII1, fasc. 2. — 17® Société d’agricul- culture, etc., d’Indre-et-Loire. — Bulletin, T. LXXXVII, 1907, n®* 1-2. — Société d’archéologie et de statistique de la Drôme. — Bulletin, 1908, n° 1. — 19® Société d’archéologie Lorraine. — Bulletin mensuel, 1907, n® 12 ; 1908, n°® 1-2. — 20® Société d’Avranefaes et de Mortain. — Revue de l’Avranchin, T. XIII, n° 8, 1907. — 21® Société de la Diana. — Bulletin, avril-sep¬ tembre 1708. — 22® Société de l’école des chartes. — Biblio¬ thèque de l’école des chartes, T. LXVIII, n 08 5-6, 1907. — 23® Société de l’histoire de France. —Annuaire-bulletin, 1906. — 24® Société de l’histoire de France. — Mémoriaux du conseil de 1661, T. III (publiés par M. de Boislisle). — Mémoires du Comte de Souvigny, T. II (publiés par M. de Contenson). — 25® Société de l’histoire de Normandie. — Bulletin, 1907, feuilles 19 à 25. — 26® Société d’émulation d’Abbeville. — Bulletin, 1907, n oa 3-4. — 27®Société d’émulation de Montbéliard. — Mémoires, T. XXXIV. — 28® Société d’émulation du Bour¬ bonnais. — Bulletin, juin-décembre 1907. — 29® Société d’ému- latiou du Doubs. — Mémoires, 8 e série, T. I, 1906. — 30° Société de S^-Jean. — Notes d’art et d’archéologie, T. XIX, n® 12 ; T. XX, n°* 1 et 2. — 31® Société des Antiquaires de la Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 364 Morinie. — Bulletin historique, T. XII, 1907. n°* 3 et 4 ; Re¬ gestes des évêques de Thérouaune, 500-1553 par l'abbé O. Bled, T. II, 1, 1415-1558. — 32° Société des antiquaires de l’Ouest. — Bulletin, 3* série, T. I, n° 3, 1907. — 33° Société des archives historiques de Saintonge et d’Aunis. — Revue de Saintonge et d’Aunis, T. XXVII, n° 1. — 34° Société des études, etc., du Lot. —Bulletin, T. XXXII, n°* 1-4, 1907. — 35° Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze. — Bulletin, année 1907, n° 4. — 36° Société des sciences de l’Yonne. — Bulletin, T. LX. 1906. — 37° Société des sciences morales, des lettres, etc., de Seine-et-Oise. — Revue de l’histoire de Versailles, F® année, 1907.— 38° Société d’études historiques et scientifiques de l’Oise. - Bulletin, T. I, n®* 1-3, 1905 ; T. II n®« 1-3, 1906; L’industrie de la boncherie dans le département de l’Oise au xix» siècle, par M. H. Bourgin. — 39° Société d’histoire et d’archéologie de Langres. — Bulletin, T. VI, mars 1908. — 40° Société d’histoire et d’archéologie du Périgord. — Bulletin, T. XXXIV, n® 6 ; T. XXXV, n® 1. — 41° Société d’histoire et d’archéologie du Vimeu. — Bulletin'mensuel, n°» 22-27. — 42° Société Dunkerquoise. — Mémoires T. XLV, 1907. — 43° So¬ ciété Dunoise. — Bulletin, janvier 1908. — 44° Société florimon- tane d’Annecy. — Revue Savoisienne, 1907, 4 e trimestre. — 45° Société française d’archéologie. — Congrès archéologique de France, 73* session, (Carcassonne et Perpignan) 46° Société historique et archéologique de Clermont de l’Oise. — La Ma¬ done d’Auvillers par M. le Ch n ® Marsaux. — 47° Société histo¬ rique et archéologique de S*-Malo. — Annales, 1907. — 48° Société historique et archéologique du Gatinais. — Annales 1907, n° 4. — 49° Société industrielle d’Amiens. — Bulletin, T. XLV, n°* 4-5, 1907. — 50° Société internationale de musique. — Bulletin français, 4* année, 1908, n°* 1 et 2 ; L’évolution lyrique au théâtre dans les différents pays, par M. de Curzon. — 51° Société nationale des antiquaires de France.— Mettensia, T. V. — 52® Société régionale des architectes du Nord de la France. — L’architecture et la construction dans le Nord T. XVIII, n°* 1 et 2. — 53° Société Savoisienne, etc. — Mémoires et documents, T. XLV, n°* 2 et 4. — 54° Société scientifique, historique et archéologique de la Corrèze. — Bulletin, T. XXIX, n® 4. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 365 Y. Sociétés étrangères. i 1° Société royale des sciences de Gœtlingue. — Nachrichten, 1906, n° 2 ; 1907, n° 3. — Académie de Munich. — Sitzungs- berichte phil.-phil. und hist. klasse,1907, n ° 2. — Abhandlungen, T. XXIY n°2. — Wilhelm von Christ, par M. Otto Crusius. — 3° Société historique de la Styrie. — Zeitschrift, 5* année, 1907, n°* 1-4. —« 4° Académie d’archéologie de Belgique. — Bulletin, 1907, n°® 3 et 4. — 5° Société d’archéologie de Bruxelles. — Annales, T. XXI, n 08 3-4, 1907. — 6° Société des Bollandistes. — Analecta bollandiana, T. XXVII, n° 1, 1908* — 7® Société royale de Numismatique de Belgique. — Revue belge de numismatique, année 1908, fasc. 1. — 8° Société «paléontologique et archéologique de Charleroy. — Documents et rapports, T. XXIX. — 9° Société d'histoire et d’archéologie de Gand. — Bulletin, T. XV, 1907, n® 7 ; T. XVI, n® 1, 1908. — 10® Société archéologique de Namur. — Rapport sur la situation en 1906. — Annales, T. XXV, fasc. 4.— 11° Académie de Modène. — Mémoires, 3 e série, T. VI. — 12° Musée uor- disque.— Fataburen, 1997, n 08 1-4. — 13® Académie impériale de S^Pétersbourg. — Bulletin, 6 e série, n® 1, 1908. — 14® Société impériale d’archéologie de S^Pétersbourg.— Matériaux pour l’archéologie russe, n® 8 22 à 30. — 15® Institution Smithsonienne. — Rapport sur les accroissements du Musée national des Etats-Unis, au 30 juin 1907. — 16® Société de numismatique de Montréal. — The canadian antiquarian, etc., 3 e série, T. V. n° 1. — 17® Musée de Mexico. — Anales, 2* série, T. IV, n°* 9-10 ; Los calendarios mexicanos, etc. VI. Périodiques. 1® Archives de la France monastique ; Revue Mabillon, 3® année, n® 12, février 1908. — Les dépendances de l’Abbaye de S^Germain-des-Prés par Dom Anger, T. II, Seine-et-Oise. — Mélanges et documents publiés à l’occasion du deuxième cente¬ naire de la mort de Mabillon. — 2® Annales de l’Est et du Nord ; T. IV, 1908, n® 1. — 3° Bulletin historique du diocèse de Lyon, T. VIII, novembre-décembre 1907. — 4® La revue héraldique, T. XXV, n 08 5 et 6. — 5® Le dimanche 5, 12, 19, 26 janvier; 2, 9, 16, 23 février ; 1, 8 mars 1908. — 6® Notre Picardie. — Janvier et février 1908. — 7® Revue des questions historiques, 42* année, janvier 1908. — 8® Revue numismatique, 4® série, T. XI, 1907, n® 4. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN $ BULLETIN DE LA. 0 SOCIÉTÉ DES ANTIQUAI UES DE PICARDIE Année P.)08. 2 mo et 3 me Trimestres. Séance ordinaire du Mardi lit Avril 1908 Présidence de M. P. Dubois, Président Sont présents: MM. Brandicourt,l’abbé Gardon. Collombier, M. Cosserat, P. Cosserat, Dubois, Durand, de Francqueville, de Guyencourt, Héren, Ledieu, de Puisieux, Roux, Schytte, Thorel et de Witasse. MM. de Boutray et Deriepcourt, membres non résidants, assistent à la séance. M. l’abbé Leroy se fait excuser. w. 0 Correspondance et A dministration — MM. Deriencourt, Doucet et le chanoine Dumont remercient de leur admission à titre de membres non résidants. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 368 — — M. Michel accuse réception de deux exem¬ plaires de la Bibliographie Picarde de M. Mac- queron, destinés à contribuer à la formation, pour la bibliothèque communale d'Amiens, d'une bibliographie alphabétique par fiches. — MM. Héron de Villefosse, l'abbé Hamard et Alb. Jumel donnent divers renseignements relatifs à l'inscription dite de Ratumagus, découverte jadis à Hermes (Oise). — M. Esperandieu emprunte, pour le publier dans la Revue épigraphique, le cliché de l’ins¬ cription gallo-romaine du Pont-de-Metz qui a figuré autrefois dans le Bulletin des Antiquaires de Picardie. — Depuis la dernière réunion, les ouvrages suivants ont été offerts pour la bibliothèque, à savoir : 1° Par M. l’abbé Leroy, « l’Histoire des Chape¬ lains de la Cathédrale Notre-Dame d’Amiens, » tirage-à-part de l’étude publiée dans nos mé¬ moires in-8°; 2° Par le R. P. de la Croix, une brochure in¬ titulée : « A propos de Saint-Philibert de Grand- lieu, réponse à une critique de M. J.. Maître » ; 3° Par M. l’abbé Fourrière, le n° 95 de sa Revue d’exégèse mythologique. La Société adresse ses remerciements à tous les donateurs. — 11 convient de remarquer aussi les ouvrages suivants, reçus depuis la dernière séance : Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN i° Notre Picardie, n° de mars 1908. — II con¬ tient la suite d’une étude sur les trésors d’églises en Picardie, par M. P. Dubois et une notice bio¬ graphique, par M. Florisoone, sur notre collègue, M. J. Boquet — Le n° d’avril renferme d’inté¬ ressantes remarques, aussi de M. P. Dubois, sur des miniatures de manuscrits de la bibliothèque d’Amiens ; 2° Le Bulletin monumental. — Le volume de (906 publie des recherches sur a le Cimetière franc de Soues, » et sur « les Lannoy, Folleville et l’Art italien dans le nord de la France » par M. Georges Durand, (ce mémoire a déjà été si¬ gnalé à la Société). — Le volume de (907 con¬ tient des remarques sur « la Cathédrale d’Amiens et les raffinements de M. Goodyear, » par M. John Bilson, avec cinq planches et deux figures, et surtout, une « Dissertation sur la ma¬ nière d’écrire la monographie d’une église », par divers auteurs, parmi lesquels figure M, Georges Durand. — M. le Secrétaire perpétuel mentionne la conférence sur les vieilles maisons du nord de la France faite avec un très grand succès, par M. P. Dubois, le 28 mars, au musée du Trocadéro. — La Société a eu le malheur de perdre deux de ses membres non résidants : M. Gamounet, dé¬ cédé le 9 avril, et M. l’abbé Vatinelle, curé de Bubempré, mort le 11 du même mois. — La perte de ce vénérable collègue, si bon, si dévoué à la Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 370 — Société et si assidu à ses réunions, sera vivement ressentie par tous les Antiquaires de Picardie qui, sans exception, professaient pour M. l’abbé Vatinelle la plus sincère et la plus vive sympa¬ thie. — Les ouvrages reçus depuis la séance du mois de mars sont inscrits du n° 31,689 au u° 31,745. — Grâce à une généreuse subvention de M. Collombier, la Société a pu acheter à M. Alb. Jumel, pour le musée de Picardie, une célèbre inscription gallo-romaine trouvée en 1877, à Hermes (Oise), par M. l’abbé Hamard. Le bloc de calcaire sur lequel fut gravé ce texte épigra¬ phique, qui fait connaître une localité appelée Ratumagus , servit à l’époque mérovingienne pour façonner un sarcophage. On a donné plusieurs interprétations de l’ins¬ cription, dont toutes les lignes (1) sont mutilées à leurs deux extrémités et que voici : • • • • • • • • • • • • + • • • • • • • • • • • • • • • • # • • 0 DOM. D. I. O. M. ET !!:; X. ET. VIC. RATVM -T". M. SEX. FABIVS. AS :i : .= S. MEDIC. D S. P. F. ::i: Nous reproduisons seulement la traduction sui¬ vante : « En l’honneur de la maison divine, (c’est-à-dire de la famille impériale', à Jupiter très bon, très grand et à . et aux dieux du (1) Les lettres D et O, au début de la première ligne, sont liées. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 371 vicus de Ratumagus, Sextus Fabius Asclepiades, médecin, fit faire ce.de ses deniers. » A la seconde ligne, après la mention de Jupiter très bon, très grand, devait se trouver le nom lati¬ nisé et comportant la lettre X, d'un dieu gaulois. On a proposé celui d’Hercule Saxanus justifié par l’existence de nombreuses carrières de pierres dans les environs de Hermes, puis, au lieu des mots : « Aux dieux du vicus de Ratumagus, » peut-être doit on comprendre : « Aux habitants du vicus de Ratumagus. » Ce dernier nom, avec ses variantes, est assez fréquent dans la toponymie gallo-romaine. Le Rotomagus des Veliocasses est devenu Rouen. Un Ratumagus existait, selon Ptolémée, chez les Silvanectes, et son emplacement, selon M. Lon- gnon, doit être cherché dans les environs de Pondron, (jadis : Pont-de-Ron), entre Compiègne et Crépy. Le Ratumagus relaté par notre inscription semble avoir appartenu au pays des Bellovaques. C’est très probablement le nom antique de Hermes, à 17 kilomètres de Beauvais, où elle fut découverte. La bibliographie des travaux qu’elle a motivés est abondante et le « Corpus » en donne la liste. A cette première pierre, M. Jumel a bien voulu en joindre deux autres. L’une, trouvée aussi à Hermes, provient de la décoration d’un édifice gallo-romain luxueux. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 372 Elle avait été utilisée dans une sépulture, comme l’inscription de Ratumagus, et fut reproduite en lithographie dans les mémoires de la Société académique de l’Oise (T. XI), mais depuis, elle a été très mutilée. — Sa surface, légèrement con¬ cave, porte, sculpté en faible relief, mais très habilement, un méandre qui enserre dans ses re¬ plis un masque scénique à la physionomie jeune et à la chevelure flottante. L’autre, recueillie au môme endroit, représente, simplement gravée au trait et de grandeur na¬ turelle, la silhouette d’uqe hache, peut-être mé¬ rovingienne, mais dont la forme et la monture font songer à une hallebarde du moyen âge. 11 est probable que, pour exécuter ce graflite, on ap¬ pliqua simplement sur la pierre l’arme à repré¬ senter, et qu’on se borna, à l’aide d’une pointe acérée, à en suivre les contours. — M. Dubois mentionne la découverte, faite près de Doullens, par M. Deflesselle, de cinq statues de pierre, mais les renseignements à leur sujet font complètement défaut. f Travaux — M. de Francqueville signale, dans le bois de Conty, un groupe de quatre grosses pierres, qui donne l’impression d’un monument mégali¬ thique. Ces blocs sont à demi enfouis et irrégu¬ lièrement alignés. — Ils sont connus dans le pays sous le nom de « l’Tabe as leups, » et l’on Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 373 remarque sur leur surface des cavités où, dit-on, étaient autrefois disposées des lumières, lorsque la jeunesse venait danser auprès d’eux. Selon la tradition, les sorciers des environs s’y réunis¬ saient aussi. Une fouille serait nécessaire pour élucider l’origine de ces pierres. — M. Thorelétudie dans ses moindres détails, et particulièrement au point de vue philologique, l’inventaire dressé après le décès d’Adrien de Zelandre, cultivateur, maraîcher et vigneron, — mais non pas a hortillon », car il n’employait pas de barque pour se rendre à ses travaux, —qui, à la fin du xv® siècle et au début du suivant, exploi¬ tait des terrains voisins du moderne hippodrome d’Amiens; puis la séance est levée à 9 h. 1/4. Séance ordinaire du Mardi i2 Mai i908 Présidence de M. P. Dubois, Président Sont présents : MM. Brandicourt, de Galonné, l’abbé Cardon, Collombier, M. Gosserat, Dubois, Durand, de Francqueville, Héren, Ledieu, Milvoy, Roux, Schytte, Thorel et de Witasse, membres titulaires résidants, ainsi que M. Beaurain, mem¬ bre non résidant. MM. P. Cosserat, de Guyencourt et l’abbé Leroy se font excuser. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 374 Correspondance — La Société Archéologique de Sens adresse ses félicitations aux Antiquaires de Picardie, à l’occasion de la beauté de leurs publications. — La ville d’Abbeville remercie au sujet d’ou¬ vrages offerts à sa bibliothèque. — Depuis la dernière réunion les œuvres sui¬ vantes ont été offertes : l 1° Par M. de Guyencourt. — Compte-rendu des travaux de la Société pendant l’année 1906-1907 ; 2° Par M. P. Dubois. — Plusieurs brochures éditées jadis par la Société ou extraites de ses œuvres, parmi lesquelles une seule faisait défaut dans nos collections. C’est un rapport sur les fouilles à entreprendre dans le département de la Somme, lu dans l’assemblée générale du 8 juil¬ let 1838, par M. Garnier, (tirage-à-part extrait du T. Il des Mémoires in-8°). — L’Assemblée apprend avec regret la mort de M. Frédéric Scellier, élu membre non résidant au mois de décembre 1890. — Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont inscrits du n° 31,747 au n° 31,797. — MM. Joseph et Louis Henin, ainsi que M. N Dupont, offrent un registre de commerçant daté de 1761. Ce mauuscrit est remarquable par la représentation du fameux signe marchand en forme de 4, que le négociant traçait sur tous Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 375 ses envois et qu’il reproduit sur son livre» chaque fois que l’occasion s’en présente. — M me Lupart et M. le docteur Morgand sont élus membres non résidants. Travaux — M. Beaurain décrit d’anciennes caves qui existent à Hornoy. — 11 en a visité six qui sont voûtées ou creusées à même de la marne. Elles sont plus ou moins profondes, de plan plus ou moins compliqué et plus ou moins vastes. La ma¬ çonnerie en pierre de plusieurs d’entre elles est extrêmement soignée, mais il est difficile de les dater. On peut cependant admettre qu’elles ont été creusées entre le début du xvi® siècle et le milieu du xvm*. — M. Georges Durand a remarqué, chez un brocanteur, une sculpture sur pierre, de dimen¬ sion assez restreinte, qui proviendrait, pense-t-on, de l’ancien couvent des Glarisses d’Amiens, et représente Moïse sur l’Horeb ou le Sinaï. Cette scène est traitée en faible relief sous une arcade Renaissance. — La Société en décide l’acquisition. — M. Durand ajoute qu’après les avoir plus amplement étudiées, il fera une communication sur des pierres recouvertes de peintures décora¬ tives représentant des bouquets de narcisses des près, qui viennent d’être découvertes à Saint- Riquier; puis la séance est levée à 8 b. i/2. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 376 Séance ordinaire du Mardi g Juin i908 Présideoce de M. P. Dubois, Président Sont présents : MM. Brandicourt, de Calonne, l’abbé Cardon, Collombier, M. Cosserat, P. Cos- serat, Dubois, Durand, de Francqueville, Guerlin, de Guyencourt, Ledieu, Roux et Schytte, mem¬ bres résidants. M. Héren se fait excuser. Correspondance — M. le Conservateur du Musée de Picardie accuse réception des pierres de Hermes, anté¬ rieurement signalées, et de plusieurs fragments de peintures. — M me Lupart et M le docteur Morgand re¬ mercient de leur admission comme membres non résidants. — M. le maire d’Abbeville et M. le président de la Société d’Emulation invitent les Antiquaires de Picardie à se faire représenter, le 7 juin 1908, à l’inauguration d’un monument érigé en l’hon¬ neur de Boucher de Perthes. — M. Guerlin a ac¬ cepté d’y être le délégué de la Société. — M. Goudallier revient sur le nom du lieu- dit la a Raque-à-Maurepas » sisàSaint-Domingue, pour déclarer que ce n’est point dans l’ouvrage de Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 377 M. Brunot sur la langue française qu’il a relevé une remarque à son sujet, mais dans une cor¬ respondance adressée d’Haïti au Journal des Débats et publiée dans le n° du 10 septem¬ bre 1907. — Depuis la séance du mois de mai les ou¬ vrages suivants ont été offerts: 1° Par M. le B on de Baye. — Les Tombeaux des Goths de Grimée ; 2 ° Par M. Emile Delignières. — Laureus Bomy, peintre abbevillois (16.. - 1661). — Brochure illustrée, extraite du compte-rendu de la réunion des Sociétés des Beaux-Arts des Départements, en 1907 ; -m 3° Par M. Thorel. —Jules Verne. —Discours de réception prononcé à la séance (de l’Académie d’Amiens) du 10 février 1908, par M. Ch Lemire. — La réponse est l’œuvre du donateur. — Cette très intéressante brochure, extraite des Mémoires de l’Académie d’Amiens, a été exceptionnellement munie de quelques gravures, qui n’existent pas dans le reste de l’édition, et en font un exem¬ plaire précieux ; 4° Par M. l’abbé Fourrière. — Le dernier numéro de la Revue d’exégèse mythologique. — Il faut remarquer parmi les ouvrages dé¬ posés sur le bureau : Notre Picardie (1 er mars 1908) avec une Notice sur Folleville, par M. P. Dubois ; Les Mémoires de l’Académie d’Amiens, T.LI V. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN I — 378 — Ce volume ne contient que des œuvres dues à plusieurs de nos compatriotes ; Le Bulletin de la société archéologique histo¬ rique et scientifique de Soissons, 3 a série, T. XIII. Cet ouvrage renferme des travaux d’un réel intérêt local ; Quelques ouvrages offerts par la Société d’é¬ mulation de Bruges avec laquelle les Antiquaires de Picardie sont entrés en relation depuis peu de temps ; Les Archives de la France monastique qui, dans le n° du 1 er mai 1908, publient une étude sur dom Pierre Guarin et Masclef, d’Amiens ; Un nouveau fascicule du dictionnaire des anti¬ quités grecques et romaines, comprenant les mots commençant par les lettres RAD jusqu’à ceux commençant par la syllabe SAC. — Ce fascicule a été acquis par la Société. L’Indicateur du musée germanique de Nurem¬ berg pour l’année 1907, rempli de jolies gra¬ vures. Le « Compte-rendu de la fête du samedi 15 fé¬ vrier 1908 en l’honneur de M. Jules Boquet, etc. » et « l’Eclairage des rues d’Amiens à travers les âges, etc, » par M. J. Thomas; brochures pu¬ bliées par les Rosati picards. — Depuis la dernière réunion la Société a eu le malheur de perdre un de ses membres non- résidants, M. A. Piteux, mort le 14 mai 1908. — M. Boquet a fait transporter au Musée de Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Picardie lun des derniers vestiges de l’abbaye de Saint-Martin-aux-Jumeaux d’Amiens. C’est un corbeau de pierre sur lequel est grossièrement sculptée une tête humaine — Cette sculpture, qui semble dater de la fin du xiv 6 siècle, se trou¬ vait dans la muraille, actuellement en démolition, qui séparait le terrain du palais de justice de l’ancienne école Saint-Martin. — Le 7 juin, M. Guerlin a bien voulu repré¬ senter la Société à l’inauguration de la statue de Boucher de Perthes, à Abbeville, et à cette occa¬ sion il a prononcé, au nom des Antiquaires de Picardie, les paroles suivantes : Messieurs, Parmi les villes qui pouvaient être plus particulière¬ ment désignées pour prendre part à cette inauguration, celle d’Amiens se trouvait, ce me semble, qualifiée d’une façon toute spéciale N’est-ce pas, en ellet, sur son territoire, que celui dont vous célébrez aujourd’hui le souvenir, a accompli une part très importante de ses premières découvertes, de celles qui lui ont permis d’établir les fondements de la science nouvelle dont il s’était fait le champion, je veux dire l’archéologie préhistorique ; et la gloire que Boucher de Perthes recueillit de ces décou¬ vertes, n’a-t-elle pas quelque peu rejailli sur le vieux nom de notre St-Acheul, déjà célèbre dans l’antiquité à d’autres égards. Vous avez donc pensé, .Messieurs, que les Amiénois Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 380 seraient heureux de participer à la solennité de ce jour et vous avez eu raison. Vous vous êtes dit aussi que la Société des Anti¬ quaires de Picardie, qui est plus particulièrement la gardienne du trésor des souvenirs de notre cité, tiendrait à honneur d’accompagner sa doyenne, la Société d’Emulation d'Abbeville, au pied de ce monu¬ ment et, sur ce point encore, vous ne vous êtes pas trompés. Mes collègues, sensibles à cette délicate attention, m’ont fait l’honneur de me désigner pour déposer en leur nom devant l’image de celui qui fut membre de notre Société, en même temps qu’il présidait la vôtre, l’hommage respectueux de leur pieux souvenir. Mais ce n’est pas seulement comme archéologue que Boucher de Perthes a droit de revivre dans la mémoire des Amiénois. Il ne s’est pas consacré exclusivement aux recherches scientifiques ; les questions économi¬ ques et l’amélioration du sort des travailleurs furent également sa constante préoccupation. Sous ce rapport aussi, il fut un précurseur ! N’en soyez point surpris, Messieurs, les sciences historiques et les sciences sociales sont unies entre elles par des liens fort étroits et quand l’étude du passé nous a révélé les épreuves supportées par nos devanciers et permis de pénétrer, en même temps, les causes de ces épreuves, nous sommes instinctivement portés à faire profiter nos contemporains de cette connaissance et à les diriger dans la voie qui doit les rendre à la fois meilleurs et plus heureux. Cette noble cause, Boucher de Perthes l’a servie par ses écrits et par sa parole. Rappellerai-je ses discours sur la Charitèy sur Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 381 VEducation du Pauvre , sur le Travail des femmes et sa rémunération y et ce Discours aux Ouvriers qui, dès 1833 , embrasse d’une vue en quelque sorte pro¬ phétique les expositions universelles dont le cycle ne devait s’ouvrir que quelque vingt ans plus tard. Boucher de Perthes a voulu que ses actes fussent en harmonie avec ses généreuses convictions; de là ses libéralités que j’ai d’autant moins le droit de passer sous silence qu’Amiens a bénéficié de l’une de ses fondations. La mémoire de votre illustre concitoyen subsistera donc, Messieurs, à un double titre parmi nous : il vivra comme savant: il vivra comme philanthrope et, dans l’avenir, les générations futures, suivant l’exemple que nous leur donnons aujourd’hui, viendront à leur tour s’incliner respectueusement devant sa statue, devant cette image si expressive, due à l’initiative de la Société d’Emulation qui, jalouse, à juste titre, de perpétuer la gloire des membres qui l’ont illustrée, s’applique noblement la belle devise de la capitale du Ponthieu : « Semper fidelis , Toujours fidèle » ! — La séance de juillet devant avoir lieu le mardi 14, jour de fête légale, est renvoyée au lendemain, conformément au règlement. — Les ouvrages reçus depuis la réunion du mois de mai sont inscrits du n° 31,798 au n° 31,844. — M. Charles Faton de Favernay est élu mem¬ bre non résidant. — M. le Président, considérant que les der¬ nières excursions n’ont pas été couronnées de # Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 382 succès, propose de décider que désormais la Société ne prendra plus l’initiative d’une de ces promenades archéologiques, à moins qu’elle ne soit réclamée par demande écrite et signée de quinze adhérents. M. Collombier voudrait, comme cela se fait dans plusieurs sociétés, limiter leur nombre à dix, mais avec obligation pour eux de verser une certaine somme qui servirait à diminuer les frais d’orga¬ nisation en cas de défaillance de leur part. — Après un échange d’observations, l’Assemblée se rallie à la proposition de M. le Président qui est adoptée. Travaux — M. Schytte présente une curieuse estampe dont on ne connaît que ce seul exemplaire. 11 perpétue le souvenir d’un « feu d’artifice, tiré à Amiens la fête (sic) de St Louis 1749, par le sieur Carlo Genovigny, artificier romain ». — Après la signature du traité de paix d’Aix-la- Chapelle, le 18 octobre 1748, de grandes ré¬ jouissances avaient eu lieu à Paris, et ce feu d’ar¬ tifice en était un écho. — M. le C te de Loisne adresse la liste d’une vingtaine de manuscrits précieux, relatifs à la Picardie et provenant de la bibliothèque de sir Thomas Philipps. Ces volumes viennent d’entrer . à la Bibliothèque Nationale. L'Assemblée vote l’impression de cet intéressant travail, dont elle entend la lecture avec le plus vif intérêt. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 383 — M. Georges Durand signale divers objets, provenant de l’ancienne église de Cayeux-sur- Mer, qu’il serait peut-être possible de sauver. La Société lui donne mandat pour réaliser cette œuvre de conservation. — Enfin M. P. Dubois dit quelques mots au sujet d’un Musée de la parole qu’il est question de créer à Paris, puis la séance est levée à 9 heures. Séance ordinaire du Mercredi 15 Juillet 1908 (i) Présidence de M. P. Dubois, Président. Sont présents : MM. Brandicourt, de Galonné, l’abbé Gardon, Collombier, M. Cosserat, Dubois, Durand, de Guyencourt, Héren, Josse, Ledieu, l'abbé Mantel, de Puisieux, Roux et Thorel. M. l’abbé Armand, membre non résidant, as- « * siste à la séance. MM. P. Cosserat et l’abbé Leroy se font excuser. Correspondance — M. Ch. F’aton de Favernay remercie de son élection en qualité de membre non résidant. (1) Séance reculée d’un jour en vertu de l’art. 26 du règle¬ ment. 2 Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 384 — — M. le Proviseur du Lycée annonce que, cette année, l’élève Rodolphe van den Herreweghe a mérité le prix du Cange, décerné par la Société. — Les ouvrages suivants ont été offerts depuis la dernière réunion : 1° Par M. Duchaussoy : Visite des Usines Frédéric Bayer et G ie , à Elberfeld et Leverkusen ; 2° Par M. Libouton, représentant officiel des chemins de fer de l’état belge : Un guide en Belgique ; 3° Par M. le D r Lebloud : i , Denise de la Caille, la possédée de Beauvais ; les crises de possession démoniaque, scènes d’exorcismes et de conjurations (1612-1613), et 2°, instruction aux députés de l’hôtel de ville de Beauvais allant à Senlis pour le fait des monnoies, 27 juillet 1435 ou 1440. — Parmi les ouvrages adressés par les sociétés correspondantes, ou dans les périodiques, on re¬ marque tout spécialement : 1° Dans la Revue épigraphique, T. V, n° 121, une note de M. Héron de Villefosse, au sujet de l’inscription sur bronze du Pont-de-Metz ; 2° Dans les Mémoires de la Société d’émula¬ tion d’Abbeville (4 e série, T. VI, l re partie), des recherches sur les Créquy dans le Vimeu, par M. le C* de Richoufftz, et des notes pour servir à l’histoire d’Airaines, par feu M. l’abbé Marchand ; 3° Dans le Bulletin de la classe des Lettres, Sciences et Beaux-Arts de l’Académie royale de Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 385 — Belgique (1908, n° i), quelques lignes relatives au travail de M. Hénaultsur les Marmion ; 4° Dans le Bulletin de l’Académie royale d’Ar¬ chéologie de Belgique (1908,1.), la mention d’une critique des travaux de M. Goodyear sur la Cathé¬ drale d’Amiens ; 5° Dans « Notre Picardie », n° de juin 1908, un article sur les tourbières de la Somme, par M. P. Dubois ; 6° Un envoi du musée de Mexico, comprenant un album de lithographies in-f®, coloriées, avec le texte explicatif. Cette publication, éditée par la Société colombienne de Mexico, en l’honneur de Christophe Colomb, à l’occasion du 4 e cente¬ naire de la découverte de l’Amérique, reproduit en fac-similé divers manuscrits précolombiens et d’autres contemporains des premiers conquérants espagnols ; 7° Dans le Bulletin monumental (LXX1I, 1-2,) des remarques sur les voûtes d’ogives de Morien- val par M. Bilson ; — M. le Secrétaire perpétuel annonce que deux manuscrits lui ont été adressés pour les concours de 1908. L’un est intitulé : « Diploma¬ tique des comtes de Ponthieu, » et l’autre : « His¬ toire d’Abbeville des origines jusqu’à sa réunion à la couronne, en 1369. » M. le Président dési¬ gne MM. l’abbé Cardon, Roux et Soyez pour exa¬ miner ces manuscrits. — Un petit bas-relief, signalé par M. Durand Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 386 - et représentant Moïse sur le Sinaï, a été acquis pour le Musée, et déposé entre les mains de M. le Conservateur. — Les Antiquaires de Picardie ajoutent leurs félicitations à la médaille d’argent que la Société française d’archéologie vient de décerner à M. Roux, en reconnaissance de ses travaux archéologiques. — MM. Yvert et Tellier offrent un vase du xvi® siècle, — peut-être une lampe, de fabri¬ cation beauvaisienne, malheureusement en très mauvais état. Cet objet, en terre blanchâtre re¬ couverte d’un vernis vert et orné d écussons de France, a été trouvé rue des Jacobins à Amiens. — Divers journaux de la région viennent d’an¬ noncer la découverte, à Rogy, d’un cimetière an¬ cien, au sujet duquel les renseignements font défaut jusqu’ici. — La Société adresse ses félicitations à M. l’abbé Le Sueur à l’occasion du prix décerné par l’Académie des Inscriptions et Belles-Lettres à son ouvrage intitulé : « Le Clergé picard et la Révolution. » — Les ouvrages reçus depuis la dernière réu¬ nion sont inscrits sous les n os 31*845 à 31,904. — La prochaine séance est fixée au mardi 20 octobre. — M. Victor Plé, maire d’Estrées-les-Crécy, est élu membre titulaire non résidant. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 387 Travaux — M. Georges Durand décrit des statues de bois, sculptées par J.-B. Carpentier, qui ornent l’église de Barly. — Ce sont des œuvres assez remarquables, représentant saint Pierre, saint Paul et saint Antoine, exécutées en 1775. Elles proviennent vraisemblablement d’une église d’A¬ miens. — M. Josse appelle aussi l’attention sur une statue de sainte Anne, conservée dans l’église de Templeux-la-Fosse. — Cette œuvre d’art, datée de 1607, représente la Sainte, portant sur le bras la Vierge, qui elle-même tient l’Enfant Jésus de la même manière. — M. Thorel fait connaître un dessin prove¬ nant de la collection Dusevel et représentant la Trinité d’après un tableau qu’on voyait autrefois dans l’église de Saint-Riquier. Les trois personnes divines y apparaissent sous la figure humaine et ont chacune la main appuyée sur un unique triangle. On a donné au Saint-Esprit l’aspect d’un vieillard qui tient une colombe. Après cette communication la séance est levée à 8 h. 1/2. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 388 — LE PRIEURÉ D’HORNOY » ET SON PRIEUR AU COMMENCEMENT DU SEIZIÈME SIÈCLE Notice par M. G. Bbaubain Les prieurés étaient, avant la Révolution, extrêmement nombreux. 11 est assez rare cepen¬ dant de trouver des documents, un peu anciens et suffisamment explicites, qui permettent de se faire une idée de leur organisation intérieure et de leur vie de chaque jour. C’est ce qui m’a paru donner quelque intérêt à un compte de recettes et de dépenses du Prieuré d’Hornoy, pour l’année 1522-1523, qui se trouve dans la Série H, (1) non encore inventoriée, des Archives départementales de la Somme. Ce Compte forme un cahier de 37 folios en pa¬ pier, cousus dans une page de manuscrit en par¬ chemin recouverte de fines écritures à lettrines multicolores du treizième siècle, sans autre intérêt. La matière en est divisée d’une façon méthodique Elle comprend naturellement d’abord les deux grands chapitres : Recettes et a Mises d. Les mises y sont inscrites à peu près pêle-mêle, avec (1) N® provisoire : H, XXXJX. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN - 389 la seule division d’un compte en deniers et d’un compte en matières. Mais le chapitre des recettes se recoupe en plusieurs sous-divisions, suivant aussi la nature des recettes et la résidence des redevables. La rédaction en est soignée. Nous allons en voir les diverses particularités. I. Noms de lieux On remarquera, pour commencer, les formes orthographiques des noms de lieux dont quelques- unes demeurées archaïques. Comme au temps plus ancien, on écrit: Linchoeul, Moroeul , pour Lincheux (l) et Moreuil, (2) Verrignez pour Vrai- gnes, (3) Dronmnisnil pour Dromesnil (4). On dit Camps-en-Amignois, (5) Villers-sur-Canssart,(6) Saint-Mauvilz, (7) Aubmalle (8). Le hameau d’Hornoy : Blanchemaison se met au pluriel. On qualifie « Ville » Hornoy, Tronchoy, (9) Gouy- l’Hôpital, (10) Bezencourt, (il) par pure fantaisie de scribe. (I) Lincheux, c on Hornoy. (2j Moreuil, ch.-l. c on , arr. Montdidier. (3) Vraignes, c on Hornoy. (4) Dromesnil, de même. (5) Camps-en-Amiénois, c on Molliens-Vidame, arr. Amiens. (6) Villers-Campsart, c on Hornoy. (7/ Saint-Maulvis, c on Oisemont, arr. Amiens. (8) Aumale, ch.-l. c on , arr. Neufchâtel, Seine-Inlérieure. (9) Tronchoy, c on Hornoy. (10) Gouy-l’Hôpital, de même. (II) Bezencourt, com. Tronchoy. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 390 Il est d’autres vocables, noms de rues, noms de lieux-dits. Nous n’en citerons que quelques-uns : à Hornoy, la « rue du Bos » et la a rue de Mo- liens » ; à Tronchoy, la a rue daubmalle ». Quelques maisons ont un nom particulier: à Tronchoy, la a masure normande ». Quelques fiefs : à Hornoy, a la Cabotière », fief ancien, qui donna son nom à une famille au dou¬ zième siècle, (l) et dont le nom commence seu¬ lement de nos jours à tomber un peu en désuétude dans la désignation d’une rue et d’un quartier ; cepveur de Hornoy s r Franchois de Hodenc... (1° 34 v.). (3) « Tout ce qu’un chanoine prélevait de son bénéfice en fruits principaux et non par distribution i> (Godefroy). (4) Item a este baille au cure de Hornoy pour son gros de lan de ce présent compte, le nombre de douze sommes de ble mesure dud. Hornoy, pour ce... (1° 35 v.). Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 414 payait six sommes (72 boisseaux) de blé et six sommes d’avoine (1). 7° Les Moines du Prieuré. Les moines résidant au Prieuré avaient été peut-être plus nombreux autrefois et notamment en J149, lors d’un arrangement survenu entre eux et les chanoines de Selincourt (2). Mais en 1522-1523, ils n’étaient plus que deux. Nous connaissons leurs noms, ce qui est rare. 11 y avait d’abord ce « dampt Nicolle du Maisnil, prieur ancien » que nous avons vu sous-afîermer les dîmes de la Cabotière. L’autre s’appelait « dampt Jehan Dolliger ». Logés au Prieuré, ils y étaient nourris concur¬ remment par le Prieur et son fermier. Cette nour¬ riture coûtait annuellement soixante quatre livres, trente-deux livres par moine (3). Ils étaient aussi vêtus par les soins du Prieur. Cet habillement ne coûtait que douze livres seize sols, six livres huit sols par moine (4). (1) Item a este baille au cure de Tronchoy pour sou gros... six sommes de ble et six sommes davoiue mesure daubmalle... (f° 34 v.). (2) Bibl. com. ville d’Amiens, Cartul. de l’abb. de Selincourt, ms. 528, charte XXXV, f° 18, col. II. (3) Item a este paie auxd. prieurs pour avoir nourry les deulx rellierieux de la priore la somme de . lxiiij . livres ~~ (f* 33 r.). (4) Item a este paie aulx deulx relligieulz pour leurs ves¬ tiaires de lan de ce présent compte, la somme de . xij . livres . xvj . sols (f° 33 r.). Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 415 Ils jouissaient de quelques gratifications. On a vu que les fermiers leur devaient des « gants ». Le Prieur leur en donnait aussi, mais lui, payait en nature. Et c’était une somme de blé par moine (i). On donne encore à dampt Dolliger deux boisseaux de blé pour confectionner ces pe¬ tits pains ou brioches connues, parmi les gens d’église de la région d’Amiens, sous le nom de « cuignet » (2). 8° Le receveur du Prieuré . Enfin, il y avait un receveur général du Prieuré. Il se nommait Antoine de Bailly, dont le Cartu- laire de l’abbaye du Gard a fait . — Abanier, dans Roquefort, Gloss . Roman,Ebanier (s’), se réjouir, — Dans Corblet, Gloss. Picard , abanier (s’) flâner. — Dans Godefroy,' op. cit. V° Esbanoier , trente formes diverses du même mot, au sens de s’amuser, s’égayer. (1) Van Drivai, Dict. kist. et arch. du P.-de-C.; 1873; arr 1 . d’Arras, t. I, p. 114. (2) Le Gentil, Le viel Arras , 1877, p. 569. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 430 cienne voie romaine, Hautoie, Haute voie = alta wa,*qni la traversait dans toute sa longueur ? D’après Pagès, ce nom lui viendrait de ce que la donatrice de la prairie y alloit et la hantuit; d’où hautoie , par corruption de langage. Dom Grenier avait pensé d’abord à Hautes oieSy comme équivalent synonymique des cygnes entretenus par la Ville ; puis il a préféré et avec raison le chemin surélevé, Valta via (1). Enfin de bons esprits ont proposé l’étymologie suivante : La Hautoie serait le lieu, le champ de Mars, où l’osf, Xhost (2) s’exerçait au maniement des armes et hostoyait. Il y a plus. Non seulement l’étymologie du mot Hotoie est ténébreuse, mais l’origine même de cette promenade est inconnue. Gomme pour Arras, les titres qui la concernent ne remontent qu’à la fin du xiv e siècle. Cette la¬ cune historique, l’imagination populaire l’a com¬ blée; et voici de quelle façon. « Ou racontait, qu’une certaine Marie de la « Hotoye, d’autres disaient Marguerite Pigmée, « d’autres encore une religieuse Clarisse, nommée « Sainton, aurait donné cette prairie à la jeu- *< nesse d’Amiens pour servir à ses jeux et diver- « tissements. Comme preuves : des références « aussi vagues que mystérieuses. » (1) Dom Grenier. Introd. à l’Hist. de la Picardie, p. 486. (2) Ost, host, armée. Corblet et après lui Godefroy signalent en Picard, le mot ost ou host (haspiré, prononcé o), au sens de troupeau. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 4*1 Jean Pagès 1 1655*1723) enregistra cette tradi¬ tion locale, sans en garantir l’authenticité. (1) Mais le père Daire (1757) s’empara du fabuleux récit, l’étaya d’une fiction généalogique, simula une formule d’aéte et dit avec autorité : a La Hotoye est une promenade agréable dans « le faubourg de ce nom, qui provient d’une fa- « mille considérable, d’où sortit Marie de la « Hotoye qui donna ce terrein. La donation est « conçue en ces termes : Je donne le lieu de la « Hotoie pour égaudir la jeunesse » (2). Cette légende n’est-elle pas le prototype de celle d’Arras ; la contrefaçon est flagrante. Harba- ville n’a rien inventé, sauf la date. 11 a copié le père Daire, en substituant le français esbaudir au picard égaudir et le Rietz de Saint-Sauveur à la Hotoie d’Amiens (3) Et M. Guesnon conclut en ces termes : a C’est ce là une opération frauduleuse dont il importait « de faire justice, puisqu’elle a faussé la vérité « historique, égaré l’opinion et tenu en échec le « droit incontestable de la ville d’Arras. » (1) Louis Douchet, Ms de Pagès , Amiens, 1856, t. III, p. 387. — Cf. Aug. Lenoir, La Hotoie, Amiens, Yvert, 1902. Bib. Anliq. de Picardie. (2) P. Daire, Ilist. de la Ville d'Amiens , 1757, t.I, Appendice. (3) Esbaudir, esgaudir , égaudir , se réjouir, s’amuser. Voir note précédente. Adde : le changement de B eD G est assez rare dans notre patois. On peut citer cependant les formes parallèles : Gobelin, goguelin, diable, farfadet ; Borrier , gorrier , bourrelier; Bove, frove, cave non maçonnée. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 432 Ainsi l’histoire du Rietz de Saint-Sauveur, a pris sa source dans le plagiat d’un auteur qui ne veut pas rester à court de documentation ; mais la donation de M 1U de la Hotoie reste toujours aussi énigmatique. Sans doute l’imagination populaire peut bien créer de toutes pièces des légendes galantes qui se propageront chaque fois qu’elles retrouveront le cadre dont était entourée la première. Ainsi nous avons pu constater surtout notre littoral que la légende de Froideville ne demande pour éclore qu’une haute falaise, d’où puissent se jeter deux amants contrariés dans leurs desseins (1). Mais, pour les légendes qu’on pourrait appeler historiques et qui ne s’appuient sur rien, quel évènement a bien pu leur donner naissance et longue vie ? Ne serait-ce pas une chanson, ou une complainte, riche de détails capables de frapper l’esprit du peuple et qui, colportée de bouche en bouche, perd peu à peu le caractère d’une fiction, s’infiltre dans les mémoires et finit par s’imposer comme une vérité ? M lle de la Hotoie, Catherine de Lisse (2) et Marie Chrétienne (3) sont, jusqu’à preuve contraire, des héroïnes d’une mythologie Picarde. (Il Oct. Thorel, Lettre sur Mers , etc. Amiens, Hecquet 1891 ; La légende de Froideville , p. 52. (2) V. le Baron de Calonne : Hist. d'Amiens , Amiens, Piteux, 1899; t. I, p. 457. (3) Ed. David : Marie-Chrétienne, légende Amiénoise en vers patois; Amiens, imp. Picarde, 1903; Préface. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 433 — Mais revenons à nos deux donations, Harba- » ville a bien pu copier le père Daire, mais pas d’assez près cependant pour que les situations juridiques d’Arras et d’Amiens soient absolument les mômes. La Jeunesse d’Arras, si tant est qu’elle ne soit pas une personne morale était au moins la béné¬ ficiaire taxativement dénommée du pré de Saint- Sauveur, et les mots « pour sy esbaudir » cons¬ tituent bien , moins une condition pouvant entraîner la révocation de la donation pour inexécution de cette clause, qu’un vœu émis par la disposante. Et dès lors, on comprend — car tout est plaidable — comment l’acte de 1436 a pu tenir pendant très longtemps en échec le droit de la ville d’Arras, prétendue détentrice du pré dont s’agit à titre précaire. La donation de M 11 ' de la Hotoie, non datée, ne porte môme pas le nom du donataire de la pro¬ menade où la jeunesse pourra s’égaudir. La Ville ne figure pas non plus dans l’acte apo¬ cryphe dont s’agit. Mais comme, depuis un temps immémorial, elle a fait sur la Hotoie des actes géminés, affermissant son animus domini, elle en est devenue, si elle ne l’a toujours été, la propriétaire incommutable et n’a point, comme Arras, à redouter d’actions en revendication. * Oct. Thorel. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN PIISE DE Hir-HLEtl PH LES LHHS en 1592 Note par M. Adrien Huguet. On doit à M. Charles Bréard la découverte d’uu % important document pour l'histoire de la Ligue à Saint-Valéry C’est l’acte de reddition, en date du 12 janvier 1592, de la garnison royaliste pla¬ cée dans cette ville par le duc de Nevers. Cette pièce, extraite des manuscrits de la Bibliothèque Nationale, et qui a fait l’objet d’une intéressante communication à la Société des Antiquaires de Picardie en 1894, porte quatre signatures des partisans du roi de Navarre, celles des capitaines JDelmenim, Focthum, Charlet, et Philippe de Boussesse, et trois signatures d'officiers ligueurs, celles de G d# Damerval, A. de Vauthoult, et Le Grubault. (1) Elle permet de préciser la date d’un événement qui fit sans doute quelque bruit, puisqu'il est le sujet d'une estampe allemande que M. Ernest Prarond a signalée dans plusieurs de ses ou¬ vrages (2) et que M. Charles Bréard a attribuée (1) BuRelin de la Société des Antiquaires de Picardie, Année 1894, n° 1, p. 363. (2) Histoire de cinq villes et de trois cents villages, Saint- Valéry, T. I, p, 388 ; La Ligue à Abbeville, T. II, p. 357. Digitized by Google Original from ’ UNIVERSITY OF MICHIGAN 435 à François Hogenberg. Elle donne ensuite, sur le fait de la reddition, quelques renseignements qui ne sont pas sans intérêt. Les gentilshommes et capitaines royalistes, retirés en la tour de l’Echevinage après la sur¬ prise de la Ville et du château, sortirent chacun avec un cheval et leurs épées pour toutes armes. Les soldats avec la baguette de leurs armes à feu. Il leur fut promis sous serment, aux uns et aux autres, que le sieur d’Ecle les accompagne¬ rait et les conduirait sans leur causer aucun dé¬ plaisir, jusqu’à Mayoc ou Saint-Firmin, sur l’au¬ tre rive de la Somme. Les enseignes et tambours demeurèrent en la ville. Pris isolément, le précieux document dont nous venons de rappeler succinctement le con¬ tenu , peut laisser supposer que la garnison royaliste se rendit sans combattre et que la sou¬ mission était une chose prévue et en quelque sorte convenue à l'avance. Les commentaires dont l’auteur a fait précé¬ der la publication de l’acte de capitulation n’in- ftrment pas cette hypothèse. a À la nouvelle du mouvement offensif dirigé ù travers l’Amiénois et le Vexin (par le duc de Parme), dit M. Ch. Bréard, on devait s’attendre à voir les petites places fortes, restreintes à leurs seules forces, isolées les unes des autres et en proie à des divisions intestines, on devait s’at¬ tendre, disons-nous, à les voir ouvrir leurs portes Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 436 aux Ligueurs. C’est ce qui arriva pour Saint- Valery-sur-Somme dès les premiers jours de janvier 1592 : des soldats de sa garnison trahis¬ sant la cause royale, livrèrent la ville et le ch⬠teau au capitaine d’Amerval, qui y commandait quelques mois auparavant. » 11 nous a paru intéressant de rapprocher de ce document la version donnée par dom Rupert de Burnonville dans son Histoire chronologique de l’Abbaye Royale deSaint-Valery-sur-la-Mer, (1) important manuscrit de la Bibliothèque Nationale consulté fructueusement par M. l’abbé Caron, pour son Histoire de Sain t- Valéry . Voici comment s’exprime le religieux : « oc Le premier janvier en suivant, qui estoit l’an 1592, un habitant de Saint-Valéry, zélé pour la religion catholique, s’accosta d’un caporal de la campagnie du sieur de Verrinne, qui gaigna tous ses compagnons à la réserve d’un qu’ils tuèrent, ils rendirent le chasteau à M. le duc (I) Bib. Nat. Fonds latin, Ms \ 21d\.Monasticonbenedictinum. Nous avons trouvé, à la Bibliothèque nationale, dans un vo¬ lume différent de la même collection, (ms 12701), une seconde copie de dom Rupert de Burnonville dont l’existence ne nous paraît pas avoir été jamais signalée. Elle est intitulée : « Abrégé de la fondation du monastère de Saint-Walery sur la Mer, e* de ce qui est arrivé de plus considérable jusques à l’establis" sement des religieux de la congrégation de Saint-Maur, avec la liste des abbés et des bénéfices qui en dépendent, » et est datée de 1665. Nous n’avons pas eu le loisir de la collationner avec la précédente, mais, d’après les simples comparaisons que nous avons faites, elle nous a paru être exactement semblable. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 437 d’Aumale qui estoit à Abbeville et s’estoit ap¬ proché la nuict pour cet effet, auquel temps ladite compagnie devoit estre en garde ; Ledit sieur d’Amerval s’estant présenté au chasteau on le laissa entrer ; le sieur de Verrinne, s’éveillant au bruit, vint nud en chemise avec une pertuisanne en main pour faire résistance, mais il fut bien tost tué. Et le dict sieur duc d’Aumale dans la ville où plusieurs lansquenets furent tues et d’aul- tres prisonniers, quelqu’uns s’estans retirez dans l’église eurent quartier et sortirent libres par composition. On remist pour gouverneur du chasteau ledit sieur d’Amerval, à la charge de mieux faire, et de faire fortifier et achever les plattes formes que le duc de Nevers avoit com¬ mencées. » On voit que, d’après dom Rupert de Burnon- ville, l’affaire ne se passa pas sans effusion de sang, qu'au contraire la résistance sérieuse des défenseurs de la ville occasionna la mort de plu¬ sieurs d’entre eux. Ce qui peut engager à donner créance au récit du religieux, c’eU qu’il est parfaitement d’accord avec l’acte de reddition, en ce qui concerne les détails de la retraite en l’église et les conditions du traité. Nous avons du reste comparé le récit qu’il fait des sièges de Saint-Valéry de 1591 à 1593 avec les documents publiés par M. Ernest Prarond dans la Ligue à Abbeville sur ces mêmes sièges Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 438 — et nous avons trouvé les deux versions constam¬ ment d’accord dans les grandes lignes, jusqu’en l’année 1592. Il existe de sérieuses erreurs de date pour les faits de l’année 1593. Malgré ses inexactitudes, le manuscrit de ce religieux, écrit très probablement sur des docu¬ ments qui existaient encore à l’Abbaye, et sans doute aussi sur des souvenirs plus ou moins fi¬ dèles, conservés dans le monastère, nous parait d’une importance considérable pour l’éclair¬ cissement des événements militaires locaux de¬ meurés si obscurs en raison de la perte des ar¬ chives de Saint-Valéry antérieures à 1593. Nous croyons trouver dom Rupert de Burnon* ville deux fois en défaut dans le court extrait que nous venons de rapporter. La date du 1 er janvier 1592 pour la surprise du château ne paraît pas admissible, puisque la ca¬ pitulation est datée du 12 du même mois. Il n’est pas vraisemblable que la garnison ait résisté douze jours réfugiée dans l’église et la tour de l’Echevinage. Le non du sieur de Verrinne, Commandant du château, mérite d’être contrôlé. Un gentilhomme avait été placé à Saint-Valéry par le duc de Nevers, après le siège que l’ancien gouverneur de Picardie avait fait de la ville. Or, nous voyons, dans les Lettres missives de Henri IV, que l’offi¬ cier désigné pour commander à Saint-Valéry est un sieur Douymes. Plusieurs lettres parlent de ce Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Gravure allemande représentant la prise de Saint-Valéry par les Ligueurs, en 1592. Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 439 capitaine, et Tune, du 17 décembre, porte que « ledit sieur Douymes pourra garder la dicte place avec lesdites trois compagnies de gens de pied et la sienne de chevaulx légers en laquelle il y a plus de quarante maistres. » Une autre lettre, du 18 décembre, mentionne encore cet officier comme gouverneur, mais cette fois, le nom est écrit Dwuysmes, ce qui donne lieu à cette re¬ marque de l’éditeur des Lettres missives qu’il s’agit sans doute d’un personnage anglais. Il est donc à peu près certain que le capitaine du château, lors du coup de main de janvier 1592, était un sieur Douymes ou Dwuysmes. Dom Rupert de Burnonville semble avoir con¬ fondu le commandant placé par les soins du duc de Nevers en 1591 avec celui mis en juin 1592 par le maréchal de Biron, et qu’il appelle de Voi- sinne, « escossois qui y demeura environ six mois, » La prononciation du w anglais a pu rendre difficile la transmission du nom sous sa véritable forme. % M. Charles Bréard a établi d’une façon indis¬ cutable l’identité du principal personnage de l’affaire, Godefroy d’Amerval, écuyer, porte- enseigne de cinquante hommes d’armes, capitaine de Saint-Valéry, qui avait épousé en 1561, Fran¬ çoise Le Greffier. Dom Rupert de Burnonville accuse cet officier d’avoir rendu la ville à composition au duc de Nevers en 1591 sous la condition qu’on tirerait Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 440 cent coups de canon à la volée, pour le mettre à couvert, a II fut beaucoup blâmé par M. le duc d’Aumale, gouverneur de la province pour la Ligue, de s’estre rendu si laschement ». Le moine ajoute qu’après l’affaire de janvier 1592 dont nous avons examiné les péripéties, « le 2 juin, le maréchal de Biron vint assiéger pour le roi la ville de Saiut-Walery, qui fust rendue le 11* par ledit sieur d’Amerval sans attendre qu’on tirast un coup de canon, de quoy, le duc d’Aumale, indigné, lui fit refuser l’entrée dans Abbeville ». Nous ignorons si ce dernier détail est exact. Constatons simplement que Godefroy d’Amerval s’était retiré à Montreuil avant la cessation com- plète des guerres; il y résidait en août 1593 (1). M. Charles Bréard a pris le sieur d’Ecle dont il est parlé dans l’acte de capitulation, pour un officier de la Flandre Wallonne venu mettre son épée au service de la cause catholique et du parti espagnol. Nous sera-t-il permis de ne pas par¬ tager cet avis ? Nous croyons reconnaître, en cet officier, l’un des plus zélés ligueurs du Ponthieu, intimement mêlé aux événements de l’époque, et notamment aux incidents survenus à Abbeville en 1591 lors de la prétendue trahison de M. de Ron- cherolles de Pont-Saint-Pierre, nous voulons parler de Antoine de Monthomer, seigneur d’Escles, allié à Catherine de Belleval, dame (t) Les gouverneurs de Montreuil de la maison des Essarts de Maigneulx, par M. Roger Rodière, deuxième partie, p. 162. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 441 d’Aigneville et de Catelinval, par contrat du 4 no¬ vembre 1585 (1). L’un des signataires ligueurs de l’acte de capi- tulation, dont M. Charles Bréard n’a pu établir l’identité, le capitaine Le Grubault,nous paraît être le lieutenant du gouverneur de Rue, également mêlé aux événements d’Abbeville dont nous venons de parler, Jehan d’Ohier, écuyer, sieur de Grébault ou Grubault (2). H nous reste une simple remarque à formuler sur l’estampe allemande, datée : « Am. January 1592 », et portant l’inscription : Valeri auff der Sonn, que M. Charles Bréard croit l’œuvre du graveur François Hogenberg. Cotte gravure, non signée, dont M. Ernest Prarond a donné une description d’une scrupu¬ leuse exactitude dans son Histoire de cinq villes, offre de grandes analogies avec les estampes sorties du fameux atelier de Cologne, fondé en 1570 par François Hogenberg, de Malines. Si on la compare, notamment, avec la Sédition à Hnsselt en {567, qui est l’œuvre personnelle de cet artiste, on découvre une similitude complète dans les procédés. # (1) Voyez Chronologie d‘Abbeville et du Comté de Pontkieu, page 424, en noie, et Nobiliaire de Ponthieu et de Vimeu , par M. de Belleval, col. 718. (2) Chronologie d'Abbeville, p. 424, en note, et les Gouver¬ neurs de Montreuil de ta Maison des Essarts de Maigneulx , p. 156. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 442 On ne saurait cependant attribuer la paternité de la gravure représentant la prise de Saint-Valéry en 1592 à François Hogcnberg, puisque ce graveur mourut en 1590. La Biographie nationale de Belgique (1), et plusieurs auteurs allemands sont d’accord sur cette date. Elle ne pourrait être que de ses continuateurs, Jean Hogenberg, Ambroise et Fernand Arsénius, Georges Hoefnaghel, Chay- mox, Limbourg ou Simon Van Nouvel. (I) Tome IX, p. 439. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN OUVRAGES REÇUS PENDANT LES 2* ET 3 e TRIMESTRES DE L’ANNÉE 1908 I. Le Ministère. 1 # Nouvelles archives des missions scientifiques, XV, 4 ; XVI, 1. — 2* Bibliographie annuelle des travaux historiques et archéologiques publiés par les sociétés savantes de la France etc., 1904-05. — 3* Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques, 1907, n" 2 et 3. — 4* Discours de MM. H. Cordier et Doumergue au congrès des sociétés savantes, 1908. — 5 S # La revue historique, XCVI, supplément et XCVII, n° 2. — 6* Journal des savants, 1908, 3-9. — 7* Revue de l’histoire des religions LVI, 2, 3, LVII, 1. — 8° Annales du musée Guimet, Bibliothèque d’études, XIX ; Le Népal etc., par S. Levi, III ; XXIV, 1, Etudes sur le calendrier égyptien, par M. Mahler. — 9* Revue historique XCVIII, 1 et 2. II. La Préfecture de la Somme. 1* Conseil général de la Somme. Rapports du Préfet, etc.. Procès-verbaux des séances, 1" session ordinaire de 1908. III. Les Auteurs. 1 • Baron de Baye. — Les tombeaux des Goths en Crimée. — 2* M. E. Delignières. — Laurens Bomy, peintre abbevillois (16...-1661). — 3° M. Demailly. — Inventaire d’une série inédite de monnaies des évêques des innocents, papes des sots, enseignes, médailles et autres petits monuments de plomb trouvés en Picardie et principalement à Amiens. — 4' M. P. Dubois. — Les maisons de campagne de la banlieue d’Amiens au XVIII* siècle. — 5* M. Duehaussoy. — Visite des usines Frédéric Bayer et C u , à Elberfeld et Leverkusen. — 6 e L’abbé Fourrière. — Revue d’exégèse mythologique, XVII, janvier-juin 1908. — 7 4 M. de Guyencourt. — Compte¬ rendu des travaux de la Société des Antiquaires de Picardie, année 1906-07. — 8* R. P. de la Croix, S. J. — A propos de Saint Philibert de Grandlieu ; réponse à une critique de M. L. Maître. — 9* D' V. Leblond. — Denise de La Caille, la possédée de Beauvais. — Instruction aux députés de l’hôtel de ville de Beauvais allant à Seplis « pour le fait des monnoies ». — 10* L’abbé Leroy. — Histoire des Chape¬ lains de la Cathédrale d’Amiens. — 11* M. Alf. Mazière. — La bibliothèque d’un Noyonnais. — 12* M. Perche val. — Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 444 La tradition gothique dans l’imagerie populaire ; Les images éditées à Amiens. — 13' C u de Richoufftz. — Les Créquy dans le Vimeu, 1573-1721. IV. — Dons divers. 1* Don de M. P. Dubois. — Rapport sur les touilles à entreprendre dans le département de la Somme, lu dans l’Assemblée générale (de la Société des Antiquaires de Pi¬ cardie) du 8 juillet 1838, par M. Garnier. — 2* Don de M. Libouton. — Guide en Belgique. — 3° Don de M. Thorel. — Jules Verne. — Discours de réception prononcé à la séance (de l’Académie d’Amiens) du 10 février 1908, par M. Ch. Lemire. — Réponse de M. Oct. Thorel. V. Acquisitions. 1* Dictionnaire des Antiquité grecques et romaines, etc., par MM. Daramberg, Saglio et Pottier, de R A D à S A C. VI. Sociétés françaises. 1* Académie d’Amiens. — Mémoires, LIV, 1907. — 2* Aca¬ démie de Clermont-Ferrand. — Bulletin historique et scien¬ tifique de l’Auvergne, 2* série, 1-7, 1908. — 3* Académie de l’Oise. — Mémoires, XX, 1. — Compte-rendu des séances 1907. — 4° Académie Delphinale. — Bulletin, 5* série, I, 1907. — 5* Académie de Mâcon. — Comptes-rendus des travaux 1833-40 et 1841-47. — Annales, 2* série, II et III. — 6* Aca¬ démie de Marseille. —Mémoires 1906-07. — 7* Académie de Montpellier. — Mémoires de la section des Lettres, 2* série, V, 1. — 8* Académie de Rouen. — Précis analytique des travaux, 1906-07. — 9* Académie des Inscriptions et Belles- Lettres. — Comptes-rendus des séances ; décembre 1907 ; janvier-juin, 1908. — 10* Académie de Stanislas. — Mémoi¬ res, 6* série, V. — iy Académie de Toulouse. — Mémoires, 10* série, VII. — 12° Académie de Vaucluse. — Mémoires, 2* série, VII, 1-2, 1907 ; VIII, 1-2, 1908. — 13* Académie du Var. — Bulletin, LXXV* année, 1907. — 14;* Association des Rosati Picards. — Compte-rendu de la fête du samedi 15 février 1908, en l’honneur de M. Jules Boquet, président de la Société, etc. — L’éclairage des rues d’Amiens à travers les âges, par M. J. Thomas. — 15 e Association pour l’encou¬ ragement des études grecques, XXI (janvier-juin 1908). — 16° Commission archéologique de Narbonne. — Bulletin X, 2, 1908. — 17° Commission des Antiquités de la Seine-Infé¬ rieure. — Bulletin XIV, 2. — 18* Commission des Antiquités du département de la Côte-d’Or. — Mémoires, XV, 1, 1906-07. — 19° Commission historique du département du Nord. — A propos du deuxième centenaire du siège de Lille et de sa citadelle, 1708-1908. — 20* Conseil d’hygiène départemen- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 445 tal et des commissions sanitaires du département de la Somme. — Travaux 1907. — 21* Société Académique de Boulogne-sur-Mer. — Essai sur les ducs d’Aumont, gouver¬ neurs du Boulonnais, 1622-1789. — Guerre dite de Lustucru, 1662, par le R. P. A. Hamy.— Documents inédits. — Bulletin VII, 1904-07. — 22° Société académique de l’Aube. — Mé¬ moires, 3* série, XLIX, 1907. — 23” Société académique de l’Oise. — Comptes-rendus des séances, années 1892 à 1902 et 1907. — 24° Société académique de Nantes. — Annales, 8* sé¬ rie, VIII, 1907. — 25” Société académique de Poitiers. — Bulletins, n“” 272, 291 et 312. — 26” Société agricole, scienti¬ fique et littéraire des Pyrénées-Orientales. — 49” volume. — 27” Société archéologique de Bordeaux. — Album d’objets d’art existant dans les églises de la Gironde. — 28” Société archéologique de Nantes. — Bulletin, XLVIII, 2, 1907. — 29” Société archéologique de Provence. — Bulletin, 10-11. — 30” Société archéologique de Touraine. — Bulletin et mémoires, XLVI. — Bulletin trimestriel, XVI, 1, 4, 1907, 1, 1908. — 31” Société archéologique d’Ille-et-Vilaine. — Bulletin et mémoires, XXXVII, 2. — 32” Société archéologique du dé¬ partement de Constantine. — Recueil des notices et mé¬ moires, XLI, 4* série X. — 33“ Société archéologique du Finistère. — Bulletin ’XXXIV, 1907. — 34” Société archéolo¬ gique du Midi de la France. — Bulletin, nouvelle série, n;* 37.— 35” Société archéologique et historique de Clermont- de-l’Oise. — Bulletin 1907. — 36" Société archéologique et historique de l’Orléanais. — Bulletin, XIV, 3-4, 1907 ; XV, 1, 1908 ; Mémoires, XXXII. — 37” Société archéologique et his¬ torique du Limousin. — Bulletin, LVII, 2. — 38” Société ar¬ chéologique, historique et scientifique de Soissons. — Bul¬ letin, 3” série, XIII, 1905-06. — 39” Société Belfortaine d’ému¬ lation. — Bulletin, n” 27, 1908. — 40” Société d’agriculture d’archéologie, etc., de la Manche. — Notices, mémoires et documents, XXV. — 41” Société d’agriculture de Boulogne- sur-Mer. — Bulletin, 2' série, IX, 2-4. — 42” Société d’agri¬ culture, etc., de la Haute-Saône. — Bulletin, 1907. — 43“ So¬ ciété d’agriculture, sciences et arts de la Sarthe. — Bulletin, 2* série, XXXIII, 3.-44” Société d’aTchéologie Lorraine. — Mémoires, LVII (4” série, VII) 1907 ; Bulletin, 2” série, II, 1902 ; VII, 1907, 4 et 11 ; VIII, 1908, 3-7. — 45“ Société d’archéo¬ logie, sciences, lettres et arts de Seine-et-Mame. — Bulletin, T. X, supplément, et T. XI. — 46” Société d’Avranches, etc. — Revue de l’Avranchin XIV, 1. — 47” Société de la Diana. — Bulletin, XVI, 1. — 48” Société de l’école des Chartes. — Bibliothèque de l’école des Chartes, LXIX, 1-2. — 49* Société de l’histoire de France. — Récits d’un ménestrel de Reims au xiii” siècle, par Natalis de Wailly. — Mémoires de du Plessis-Besançon, par Hoirie de Beaucaire. — Mémoriaux du Conseil de 1661, par M. de Boislisle, 3 vol., plus intro- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 446 duction. — Mémoires du cardinal de Richelieu, etc., T. I, 1600-1615. — Rapports et notices sur l’édition des mémoires du cardinal de Richelieu, etc., (fasc. IV, 1” du T. II). — Annuaire-bulletin, 1907-, 4 ; 1908, 1-2. — 50 e Société d’émula¬ tion d’Abbeville. — Mémoires, 4* série, VI, 1. — Bulletin, 1908, 1-2. — 51* Société d’émulation de Roubaix. — Mémoi¬ res, 4* série, VI, 1907. — 52 # Société d’émulation du Bour¬ bonnais. — Bulletin 1908, 1-7. — 53' Société départementale d’archéologie et de statistique de la Drôme. — Bulletin, avril-juillet 1908. — 54* Société de St-Jean. — Notes d’art et d’archéologie, XX, 3-8, 1908. — 55* Société des Amis des sciences de Rochechouart. — Bulletin XVI, 2, 1907. — 56' So¬ ciété des antiquaires de la Morinie. — Bulletin historique, XII, 1, 2, 1908. — 57' Société des antiquaires de l’Ouest. — Bulletin historique, 3* S. I., 4, 1907. — 58' Société des archi¬ ves historiques de Saintonge, etc. — Revue XXVIII, 2, 1908. — 59* Société des lettres, sciences et arts de la Corrèze. — Bulletin 1908, 1-2. — 60* Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne. — Bulletin LX, 1906. — 61* Société des sciences naturelles et archéologiques de la Creuse. — Mémoi¬ res, XVI, 1. — Table générale des quinze premiers volumes du bulletin. — 62* Société d’histoire et d’archéologie de Langres. — Bulletin VI, juillet 1908. — 63* Société d’histoire et d’archéologie de Touraine. — Annales, nouvelle S. XI et XII. — 64' Société d’histoire et d’archéologie du Maine .— Revue du Maine LXII, 1907, 2* semestre. — 65' Société Dunoise. — Bulletin, n" 153 et 154, 1908. — 66" Société Eduenne. — Mémoires, nouvelle S., XXXV, 1907. — 67* So¬ ciété florimontane d’Annecy. — La revue savoisienne, 49* année, 1908, 1-2. — 68* Société française d’archéologie. — Bulletin monumental, LXXI et LXXII. — 69' Société fran¬ çaise de numismatique. — Revue numismatique, 4* S., XII, 1-2, 1908. — 70)' Société havraise d’études diverses. — Re cueil des publications 1905, 2-4 ; 1906, 1-4 ; 1907. — 71* Société historique et archéologique du Gatinais. — Annales XXVI, 1-2. — 72* Société historique et archéologique du PérigOTd. — Bulletin XXXV, 2-4. — 73* Société industrielle d’Amiens. — Table générale des bulletins, 4* série décennale. — Bulle¬ tin XLV, 4, 1907 ; XLVI, 1, 1908. — 74* Société internationale de musique. — Bulletin français IV, 3-8, 1908. — 75' Société linnéenne du nord de la France. — Bulletin XVIII, septem-. bre-octobre, 1907. — 76* Société nationale, etc., d’Angers. — Mémoires, 5* série, X, 1907. — 77* Société nationale des an¬ tiquaires de France. — Bulletin 1907. — Mémoires, 7* série, VII, 1907. — 78* Société philomatique Vosgienne. — Bulletin, 33' année, 1907-08. — Société polymatique du Morbihan. — Bulletin, 1-2, 1907. — 80* Société régionale des architectes du Nord de la France. — L’Architecture et la construction dans le Nord. — XVIII, 3-8, 1908. — 81' Société scientifique Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN historique et archéologique de la Corrèze. — Bulletin, XXX, 1-3, 1908. VII. Sociétés étrangères. 1° Académie royale de Bavière. — Sitzunsberichte (philos.- philol. und hist. Klass.) 1907, 3, 1908, 1-6. — 2° Musée germa¬ nique. — Anzeiger, 1907, 1-4. — 3° Société de Bonn. — Jahr- bucher, heft, 116. — 4' Société royale des sciences de Gœuttingue. — Nachrichten, geschaftliche Mitteilungen, 1907, 2 ; 1908, 1. — Nachrichten, Phil.-hist. Klasse, 1908, 1-4. — 5" Société de Wiesbaden. — Annalen, XXXVIÎ, 1907. — 6° Société d’histoire de Thuringe. — Zeitschrift, nouvelle série, XVIII, 2. — 7* Société historique du Grand-Duché de Hesse. — Beitrâge zur hessischen Kirchengeschichte, III, 3. — Quartalblâtter, IV, 6-8, 1907. — 8* Société pour la conser¬ vation des monuments historiques d’Alsace. — Bulletin, 2* série, XXII, 2. — 9 # Académie royale de Belgique. — Bio¬ graphie nationale, XIX, 2. — Bulletin, classe des lettres, sciences morales et politiques et beaux-arts, 1907, 9-12 et 1908 1-2. — Mémo-ires in-8' de la classe des lettres, sciences morales et politiques et beaux-arts, 2* série, III, 2 et IV, 1. — Annuaire LXXIV, 1908. — Mémoires in-4" de la classe des lettres, etc., 2* série, XXII, 2. — 10” Académie royale d’archéologie de Belgique. — Annales, 5* série, IX, 3-4. — Bulletin 1907, 5 ; 1908, 2. —11 "Cercle archéologiqued’Enghien, — Annales, VI, 4. — 12° Cercle archéologique du pays de Waas. — Annales, XXVI, juin 1908. — 13° Commission royale d’art et d’archéologie de Belgique. — Bulletin, 42* et 43* an¬ nées. — 14° Institut archéologique Liégeois. — Bulletin, XXXVIII, 1-2, 1907. — 15' Société archéologique de l’arrondis¬ sement de Nivelles. — Annales, IX, 1. — 16° Société archéo¬ logique de Namur. — Annales, XXVII, 1. — 17" Société d’ar¬ chéologie de Bruxelles. — Annuaire, XIX, 1908. — Annales, XXII, 1-2, 1908. — 18" Société d’art et d’histoire du diocèse de Liège. — Bulletin, XV, XVI et XVII, 1. — Leodium, TT. IV, V et VI. — 19° Société d’émulations de Bruges. — Compte-rendu des travaux du congrès tenu à Bruges, les 22-25 août 1887, etc. — Journal d’évènements divers et remarquables (1767-1797), rédigé par Robert Coppieters, etc. — Tables générales des Annales, T* et 2* séries et 3" série. — Annales, LVIII, 2, mai 1908. — 20' Société des Bollandistes. — Analecta hol- landiana, XXVII, 2-4. — 21' Société d’histoire et d’archéo¬ logie de Gand. — Bulletin, XVI, 2-3. — 22' Cercle historique et archéologique de Courtrai. — Mémoires I. — Bulletin, 5* année, 1907-08, 1-2. — 23' Société royale de numismatique. — Revue belge de numismatique, LXIV, 2-3, 1908. — 24* So¬ ciété scientifique et littéraire du Limbourg. — Bulletin, XXV. — 25° Société de Leeuwarden-Friesische papsturkunden, etc., par H. Reimers. — 79*, Verslag. — 26* Académie royale de 6 Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 448 — Modène. — Mémoires, 3* série, VII. — 27* Musée de Vérone. — Madonna Verona. — Bulletin du Musée de Vérone, II, 1. — 28* Institut grand-ducal de Luxembourg. — Publications de la section historique, LV. — 29* Académie impériale de Saint-Pétersbourg. — Bulletin, 6* série, 1908, 4-9. — 30* So¬ ciété impériale d’archéologie de Saint-Pétersbourg. — Za- piaskia, XVIII, 1. — 31* Société des Antiquaires de Zurich. — Mitteilungen, LXXII. — Histoire de la peinture sur verre en Suisse, 2* .partie, xv* siècle. — 32* Société d’histoire et d’archéologie de Genève. — Bulletin, III, 2. — 33* Société historique du canton de Berne. — Archives, XVIII, 3. — 34* Société numismatique et archéologique de Montréal. — The canadian antiquarian and numismatic journal, 3* série, V, 2. — 35* Institution smithsonienne. — Classifled list of smithsonian publications, etc. — Antiquities of the upper Gila and sait river valleys in Arizona and New Mexico, par W. Hough. — Annual report, 1906, 1. — Skeletal remains, etc., in North America. — 36* Musée de Mexico. — Anales, IV, 12, V, 1-4. — Hommage à Christophe Colomb. — Antiqui¬ tés du Mexique, publiées par la Société Colombienne de Mexico à 1’oc-casion du quatrième centenaire de la décou¬ verte de l’Amérique ; texte et planches. VIII. Périodiques. % 1* Annales de l’Est et du Nord, IV, 2-3, 1908. — 2* Archi¬ ves de la France monastique. — Revue Mabillon, IV, 1, 1908. — 3* Bulletin historique du diocèse de Lyon, IX, 1-4, 1908. — 4* La Revue héraldique, 5* série, I, 1-5. — 5° Le dimanche, 15 mars-27 septembre 1908. — Notre Picardie, 3* année, n** 21 à 27. — 7* Revue de l’art chrétien, 5* série, IV, 1-4, 1908. — 8* Revue des questions historiques, n** 166 et 167. — 9° Revue épigraphique, T. V, n* 121. — 10* Analectes pour servir à l’histoire ecclésiastique de la Belgique, 3* série, IV, 1. / Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN BULLETIN DE LA SOCIÉTÉ DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE Année 1908. — 4 ,ne Trimestre. Séance ordinaire du Mardi 20 Octobre i90S Présidence de M. P. Dubois, Président Sont présents : MM. Brandicourt,l’abbé Cardon, Collombier, M. Cosserat, P. Cosserat, Dubois, Durand, Guerlin, de Guyencourt, Héron, Ledieu, l’abbé Leroy, l’abbé Mantel, de Puisieux, Roux, Schytte, Thorei et de Witasse, membres titu¬ laires résidants, ainsi que MM. de Boutray^JBrunel et Poujol de Molliens, membres non résidants. Correspondance, Chronique et Administration — M. V. Plé, maire d’Estrées-les-Crécy, re¬ mercie de son admission en qualité de membre non résidant. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 450 — — M. le directeur de9 Archives Nationales sollicite, pour la bibliothèque de cet établisse¬ ment, un exemplaire des « Documents sur la ville et le bailliage d'Amiens », par M. Maugi9, ouvrage édité par la Société. — M. Degardin, architecte à Paris, fait don d’un plan du château et de l’enceinte du Crotoy avant le démantèlement, fac-similé de la pièce ori¬ ginale conservée au ministère de la guerre et dressée en 1710 par de la Vallée. — M. le Préfet de la Somme envoie le volume contenant les travaux du conseil général pendant sa première session ordinaire de 1908. —- M. Percheval offre son étude intitulée « La tradition gothique dans l’imagerie populaire. — Les images éditées à Amiens » et M. l’abbé Fourrière, le n° 97 de sa revue d’exégèse my¬ thologique. — M. Demailly donne le tirage-à-part de son « Inventaire d’une série inédite de monnaies des innocents, papes des sots, enseignes, médailles et autres petits monuments de plomb trouvés en Picardie ». — M. Alfred Mazière fait aussi parvenir « La bibliothèque d’un Noyonnais. » — C’est le catalogue de la bibliothèque léguée à la ville de Noyon, par M. Mazière père, qui fut notre col¬ lègue pendant plus de 50 ans. — Cette biblio¬ thèque, exclusivement composée d’ouvrages et Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN de pièces relatives à Noyon et au Noyonnais, constitue une très précieuse collection locale. — La Société de l'Histoire de France, ayant bien voulu mettre à la disposition des sociétés avec lesquelles elle est en relation des volumes conservés en trop grand nombre dans sa réserve, nous a attribué : 1° Les Récits d’un ménestrel de Reims ; 2° Les Mémoires de du Plessis- Besançon et 3° Les Mémoires du conseil de 1661, qui manquaient à notre bibliothèque. — Enfin M. le C u de RichoufTtz offre oc Les Créquy dans le Vimeu, 1573-l 7 2l ». — Cette étude, extraite des Mémoires de la Société d’Emulation d’Abbeville, dépeint les Créquy du Vimeu sous les traits de véritables bandits. — Nous devons encore à M. Plessicr : « Le Va- loys royal, extrait des mémoires de M. Bergeron, advocat en Parlement à La Royne de Navarre duchesse du pays de Valoys, etc. », jolie bro¬ chure extraite des œuvres de la Société historique de Compiègne ; à M. le lieutenant d’Anchald, une « Notice généalogique sur la famille du Liège en Picardie » et à M. l’abbé Arcelin, « Le Verman* dois et les temps préhistoriques ». — Parmi les ouvrages déposés sur le bureau, le secrétaire perpétuel signale : 1° Notre Picardie, n°* 25, 26, 27 et 28 : Notices sur l’abbaye de Valloires, sur la baie de Somme et sur Lucheux, par M. P. Dubois, etc., etc. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 452 2° La Revue de l’Art chrétien, juillet 1908. — Raffinements architecturaux, par M. Goodyear.— L’auteur y insiste en particulier sur l’évasement des parties hautes de la Cathédrale d’Amiens. On trouve aussi dans ce numéro le compte rendu de notre dernier bulletin de 1907. 3° Le Bulletin Archéologique du comité des travaux historiques, etc., 1907, n° 3. — Note par M. Pilloy, sur une sépulture par incinération du 2 e siècle, à Bertaucourt-Pontru (Aisne). 4° Les Annales de La Société Historique et Ar¬ chéologique de Tournay, N lle Série, XI1. — Les Tournaisiens et le roi de Bourges, par M. Hou- tart. 5° Le Bulletin de la Société Académique de Boulogne-sur-Mer. 6° Le Bulletin de la Société d’Emulation d’Abbe¬ ville, 1-2, 1908. — Notice sur la paroisse Saint- Wulphy de Rue, par M. l’abbé Saguez. 7° Le Journal des Savants, Août 1908. — L’or¬ ganisation professionnelle à Amiens. — Compte¬ rendu par M. Fagniez, des cr Recherches sur les transformations du régime politique et social de la ville d’Amiens, etc. » et de « La Saieterie à Amiens, etc. », par M. Maugis. 8° Le Tome LXV1I, des Mémoires de La So¬ ciété Nationale des Antiquaires de France. — Etudes sur les enceintes antiques du département de l'Aisne, par M. Vauvillé et sur des signatures de miniaturistes, par M. de Mesly. Dans cet arti- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 453 cle il est question de plusieurs artistes picards et de manuscrits de la bibliothèque d’Amiens. 9° A propos du deuxième centenaire du siège de Lille et de sa Citadelle, 1708-1908. — Opuscule offert par la Commission historique du départe- % i * ment du Nord. » 10° Le Bulletin de La Société de Clermont-de- l’Oise, 1907. — On y trouve une intéressante* monographie de l’église de Maignelay. 11° Le Livre noir de la. ville d’Amiens, par M. V. Jou n dain, publication des Rosati picards. * 12° Un Essai de biographie de Jean de Fol- * • •• leville, prévôt de Paris, sous Charles VI, dans la bibliothèque de l’école des Chartes, (LX1X, 3-4). — Depuis la dernière réunion deux fragments des volets d’un triptique ont été acquis, pour le Musée. Ces peintures sur bois semblent dater de la seconde moitié du 16° siècle. Elles ont été découvertes au cours de travaux exécutés dans la maison portant le n° 59, rue d’Engoulvent à Amiens, au mois de Juin 1908. Extérieurement, les volets de ce triptique pré¬ sentaient les images des Evangélistes, peintes en grisaille dans le genre des imitateurs de Michel- Ange. L’un de nos fragments porte quelques tra¬ ces d’un Saint Jean et l’autre, — le plus impor- tant, — celles d’un Saint Luc. Au point de vue artistique, ces peintures sont médiocres comme exécution, mais elles ne man¬ quent pas de style. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Sur le moindre fragment, on distingue, du côté intérieur et au premier plan, un roi vu de dos, la tète tournée de profil. H porte la couronne fleur¬ delisée ouverte. — Barbe et cheveux noirs ; vête¬ ments de dessous d’un vert très sombre broché d’or ; long manteau de brocard d’or, semé de quintefeuilles d’azur et doublé d’hermine, qui se relève sur le bras droit comme une chasuble an- tique ; pèlerine d’hermine sur laquelle broche une chaîne d’or; jambes nues ; bottes écarlates à lambrequins et crevés. — Est-ce Saint Louis ? Près de ce personnage on voit un second roi, ou plutôt un empereur à longue barbe grise, la tête couverte d’un chapeau brunâtre, à bord ra¬ battu, sauf sur le devant où il se relève en ba¬ taille pour former une sorte de visière doublée de blanc. La calotte ovoïde de cotte coiffure est en¬ serrée par le cercle fleurdelisé et les quatre branches d’une couronne fermée en or. Ce mo¬ narque — Charlemagne peut-être, — porte une double chaîne d’or autour du cou et tient une grande épée nue appuyée contre son épaule droite. — Derrière ces deux principaux person¬ nages, on distingue les têtes de plusieurs hom- ' mes d’armes casqués,qui portent des hallebardes. Celte foule est assemblée dans un appartement dallé soutenu par une colonne d’un style dorique bâtard. L’autre fragment, plus intéressant, montre, sous un portique soutenu par de riches colonnes Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 455 de marbre, dont les bases posent sur de hauts piédestaux, dans le goût de la Renaissance ita- ■ lienne, un jeune homme pourvu d’une moustache naissante, d’une légère barbiche et d’une cheve¬ lure noire, courte et frisée. Ce personnage de¬ bout est nimbé et porte le costume d’un grand seigneur contemporain de François I er . — Chaus- « ses cramoisies très collantes ; vêtement de des¬ sous en velours de même couleur ; col do linge rabattu ; triple chaîne d’or retombant en collier sur la poitrine ; chaussures cramoisies à crevés ; manteau en brocard d’or semé de fleurettes d’a¬ zur, doublé de fourrure blanche, ouvert par de¬ vant et tombant un peu plus bas que les genoux. Ce jeune Saint, — dont les mains sont d’un dessin particulièrement défectueux, — semble argu¬ menter en s’aidant d’un grand in-folio qu’un ange, vêtu de blanc à l’antique et à demi age¬ nouillé, tient ouvert devant lui. Au second plan, une femme assise semble s’entretenir avec uno voisine qui a disparu. Par une baie cintrée, ouverte à l’extrémité du portique, on distingue les maisons — dont une avec enseigne pendante, — qui bordent la rue d’un bourg. A l’extrémité de cette voie, s’élève un petit édifice circulaire à coupole, flanqué de mul¬ tiples contreforts et entièrement blanc, dont l'as¬ pect fait songer à quelque « marabout » ori- * • , • entai. On ne sait quel nom attribuer au Saint ici re- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 456 présenté/ mais il faut remarquer le manque de synchronisme qui, dans cette peinture probable¬ ment d’origine amiénoise, existe entre l’architec¬ ture presque classique des fabriques et les cos¬ tumes des personnages, encore quelque peu go¬ thiques. Il est à peu près certain que ces fragments ne proviennent pas d’un tableau de la confrérie du Puy-Notre-Dame. — Les Journaux ont annoncé le classement de « l’église de Roye, au nombre des monuments his¬ toriques. — Le Secrétaire perpétuel rappelle qu’un des plus jeunes membres de la Société, M. Georges Mulliez, a trouvé accidentellement la mort, au cours des dernières vacances, dans des circons¬ tances particulièrement douloureuses qui sont connues de tous. Les Antiquaires de Picardie adressent à sa famille l’expression de leurs plus sincères condoléances. * — Les ouvrages reçus depuis la dernière séance sont inscrits sous les n os 31 905 à 32.044. — MM. le général de Chauvenet et le lieute¬ nant d’Anchald sont élus membres titulaires non résidants. Travaux — L’ordre du jour prévoit l’installation en qualité de membre résidant de M. E. Héren qui, Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 457 à cette occasion, donne lecture de l’étude sui¬ vante relative au folk-lore picard : Messieurs, En un coin du musée de Picardie est un discret asile, ignoré de la foule, et au seuil duquel n’arrive même pas le bruit des dissensions du dehors. Cependant, de ce paisible sanctuaire, qui est votre lieu de réunion, émane une vive lumière dont l’éclat franchit non seulement les bornes de la province, mais encore celles de l’état, car la Société des Anti- quaires de Picardie, comme la Renommée que chante Virgile, acquiert des forces dans sa course. Les prodiges que vous avez réalisés, vous et vos devanciers, Messieurs, il est superflu de les rappeler ; mais, comme chacun voit les choses d’un œil parti¬ culier, je dois vous dire comment m’apparaît à l’heure présente la docte Compagnie qui m’accueille. Ce qui me frappe le plus en elle, c’est la loyaulé, l’impartialité qu’elle apporte à l’étude de notre his¬ toire locale. Vous comprenez, en effet, qu'on ne peut rien louer ni rien blâmer systématiquement. Si chaque époque et chaque société ont leurs qualités qui les honorent, elles ont aussi leurs tares qui les amoindrissent. Les contrastes existent en tout et partout : à Rin- gois s’oppose Agache; à frère Cordellon, frère Louis de la Boulle. Il semble qu’un dieu malicieux se com¬ plaise à nous appliquer sans cesse ce que le Phrygien disait des langues : « L’homme, c’est tout ce qu’il y a de meilleur ; l'homme, c’est tout ce qu’il y a de pire ». Sages que vous êtes, vous savez tout cela. Vous Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 458 — dites simplement de ce qui est bien : « c’est bien ! » et de ce qui est mal: « c’est mal! », conservant aux hommes, aux évènements et aux choses leur véritable physionomie. Ainsi concourez-vous à la reconstitution de l’histoire selon la belle définition qui en fait la connaissance du passé et la leçon de l’avenir. De sorte qu’à votre devise : nosce Patriam , vous pouvez ajouter cette autre : paix et vérité ! et que le nou¬ veau venu à qui vous ouvrez vos rangs se sent dou¬ blement honoré, et par votre science et par votre caractère. Si ÿous exaltez nos héros, nos chefs-d’œuvre,' nos grands faits, vous savez réserver dans vos études une place pour le grand anonyme, le peuple, et pour les manifestations de son existence. Ainsi, pendant que M. de Francqueville nous con¬ serve le souvenir des vieux moulins et des vieilles maisons rurales de Picardie, M. de Guyencourt en chante Yatrinquillage dans la langue des habitants, fille encore très ressemblante de la lingua romana rustica , et M. Thorel, tel un savant bactériologiste penché sur ses bouillons de culture, scrute minutieu¬ sement rébus et inventaires, infinimeut petits qui nous révèlent, ceux-ci une phase de la vie intime, ceux-là un côté de l’état d’âme de toute une humble population. Je devrais vous citer tous, mais je n’aurai garde d’oublier M. Boquet, antiquaire militant du pinceau. Car la Société joue un rôle militant qui en double la vitalité. Ce rôle, je le vois dans les séances pu¬ bliques de plus en plus courues, et dans les travaux des membres qui intéressent plus spécialement les Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 459 — masses. Les visiteurs et les touristes épellent les beautés de notre merveille ogivale, Cette ample tragédie aux cent actes sublimes , dans la Monographie abrégée de M .Durand ; et Y Histoire de la ville d’Amiens de M. de Calonne a le mérite, immense et peut-être insoupçonné, d’avoir su forcer les portes des bibliothèques populaires de quartiers. Enfin, notre Président, M. Pierre Dubois, non con¬ tent de faire entendre dans les centres populeux une parole qui est une sauvegarde peur tout ce que nous aimons, entraîne à sa suite les groupements d'anciens élèves pour leur faire admirer les œuvres que nos ancêtres nous ont léguées. Puisse l’admiration être le commencement du respect, puisse cette croisade paci¬ fique contribuer à la conservation d’un passé artisti¬ que que l’indifférence, l’incurie, voire la haine, hélas ! amoindrissent chaque jour. # Messieurs, en faisant cet examen rétrospectif, je me disais que vous avez le droit d’exiger beaucoup de ceux que vous admettez parmi vous. Et je ne suis ni érudit, ni savant; je sais fort bien m’appliquer moi- même ce vers de Voltaire : Il compilait, compilait, compilait. Mais vous avez pensé que le labeur pouvait suppléer en partie au savoir, et vous m’avez élu. Je ne saurais adresser à des antiquaires mieux qu’un merci d’anti¬ quaire. Aussi laissez-moi, pour vous exprimer mes sentiments de gratitude et de respectueux attache- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN » ment, emprunter la devise d’une bague de la fin du xv e siècle, chère à la fois à MM. de Guyencourt et Thorel, et répéter a la Société : (1) ; Bulletins, Tome IX, p. 322, note de M. Lefèvre- Marchand sur « un reste de fétichisme dans le Santerre # (à Fresnes, à Mazancourt, on préserve les bestiaux de la foudre et des épizooties en suspendant dans les étables des haches de pierre trouées), etc... (2) Le seul essai d’étude générale de folklore picard est l’ouvrage confus, partial, de Dieudonné Dergny, Le Livre des Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 475 Que de coins encore inexplorés, que d’interro¬ gatoires et de dépouillements indispensables ! Rap¬ pellerons-nous, pour nous procurer une excuse trop facile et toute relative, que pas une province de France, même parmi les plus riches de traditions, comme la Bretagne ou l’Auvergne, n’a encore clé l’objet d’une telle enquête générale et scientifique¬ ment conduite ; qu’il n’existe pas pour la France, qu’il ne peut encore exister d’ouvrage comparable à celui, classique, d’Adolf Wuttke : Der deutsche Volks- aberglaube der Gegenwart f synthèse de toute une bibliothèque de monographies régionales ; bien plus, qu’il n’existe pas en France de centre d’enseignement où les enquêteurs provinciaux pourraient s’initier aux difficiles méthodes, à la littérature du folklore ? (1) Ces enquêteurs ne seront-ils prêts que trop tard ? Des deux sources du folklore, observation directe, consultation des écrits anciens, la première sera bientôt tarie. Le dernier vieillard sera mort, qui al¬ lait chaque année, le 29 juin, « loier chés fieuves » aux arbres du petit cimetière de Saint-Pierre-Divion choses curieuses, Abbeville, Winckler, 2 vol. 8°, 1887. Cer¬ tains travaux non spéciaux renferment des documents abon¬ dants et précieux, tels Y Hagiographie du Diocèse d'Amiens de l’abbé Corblet, les Actes de l’église d’Amiens de M* r Mioland, etc.. . Mais les mines les plus riches sont bien certainement les diverses archives. (I) Le folklore est enseigné dans presque toutes les uni¬ versités allemandes : il l’est à Oxford, à Christiania et à Hel- singtors. Ancune chaire en France ne lui est directement ni spécialement attribuée. Mais, en fait, depuis une dizaine d’an¬ nées, deux conférences de folklore sont dirigées, à la Section des Sciences religieuses de l'Ecole des Hautes-Etudes (Sor¬ bonne) par MM. Henri Hubert et Marcel Mauss. - * Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 476 près d'Albert ; les valets ont déjà conduit pour la der¬ nière fois les chevaux à la « messe de Saint Eloi » à Bacouel, près de Breteuil. à Grandfresnoy ou à Bouvresse ; « bientôt la vieille lilandière contera aux petits de ses fils accroupis devant J’âtre le dernier des contes de fées qui sont de beaux poèmes religieux ou¬ bliés par les hommes et retenus par les pieuses aïeules à la longue mémoire. » (IJ Si notre Société entreprend quelque jour cette en- ^ ^ quête très vaste, très complexe, mais certainement féconde, qui ne peut plus être retardée, elle ne dis¬ posera jamais de trop d'associés, scrupuleux, rompus à la pratique des deux procédures utiles : l’interro¬ gatoire des paysans dans leur langue propre et le dépouillement des archives. Vous joignez à ces qua¬ lités de savant un culte de vrai Picard pour sa pro¬ vince et vous avez aidé déjà ceux qui veulent la mieux connaître. Vous aviez si bien marqué votre place parmi nous qu’il est inutile qu'en employant le terme « rituel », dirait un folkloriste, je vous prie de vous « y installer ». — Ces deux discours sont vivement applaudis, puis M. Thorel donne lecture de ses recherches sur « l’équipement d’un pèlerin picard à Saint- Jacques-de-Compostelle ». Cette communication est immédiatement désignée pour figurer au pro¬ gramme de la séance publique. (I) Anatole France, Dialogue sur les Contes de fées dans « Le Livre de mon ami ». Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — M. le Président signale, dans une maison du Marché Lancelles, quelques taques de cheminées qui devraient entrer au Musée de Picardie; M. Durand fait la même observation au sujet d'anciennes cloches, non utilisées, qu’il a remar¬ quées à l’Hôtel-Dieu d’Amiens, puis la séance est levée à 9 h. 3/4. Séance ordinaire du 10 Novembre 1908 Présidence de M. Dubois, président Sont présents : MM. Brandicourt, l’abbé Cardon, Collombier, M. Cosserat, P. Cosserat, Dubois, Durand, de Guyencourt, Héren, Ledieu, l’abbé Mantel, Milvoy, Roux, Schytte, Thorel et de Witasse. M. de Boutray, membre non résidant, assiste à la séance et M. l’abbé Leroy se fait excuser. Correspondance et Administration — M. le directeur des Archives Nationales re- » mercie au sujet d’un ouvrage offert à cet établis¬ sement. — M. le général de Chauvenet et M. le lieute¬ nant d’Anchald font aussi parvenir leurs remer¬ ciements à l’occasion de leur élection en qualité de membres non résidants. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN - 478 — — M. l’abbé Cardon veut bien offrir : 1% un mandement de l’évéque d’Amiens à l’occasion de l’élévation de Napoléon I er à l’Empire ; 2% un aver¬ tissement de l’administration municipale d’A¬ miens aux citoyens composant la garde natio¬ nale sédentaire du canton (anV de la République), et 3*, un avertissement des commissaires de la caisse patriotique d’Amiens du 3 juin 1791. La Société adresse des remerciements au do¬ nateur. — M. le Secrétaire perpétuel annonce que, le 4 novembre, la Société a eu le malheur de perdre un de ses membres non résidants, M. Maurice Percheval. — Doué d’un esprit extrêmement délicat et d’un tempérament de poète, M. Per¬ cheval était moins antiquaire que littérateur. Ce¬ pendant on ne peut oublier que, lors de la séance du mois d’octobre, on a remarqué son étude sur « l’imagerie populaire à Amiens », qui, précisé¬ ment venait d’être déposée sur le bureau. La Société offre à la famille de M. Perche- val le témoignage de sa bien vive condoléance. — Les ouvrages reçus depuis la dernière réunion sont inscrits du n° 32.045 au n° 32.084. — MM. l’abbé C. Vignon, l’abbé Billoré, C. Delaunay, A. Tenaillon, l'abbé Cardon, vicaire à Albert, Ch. Feret et E. Vassel, sont élus mem¬ bres non résidants. — La séance publique est fixée au mercredi 16 décembre et se tiendra dans la grande salle de la Société industrielle. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 479 — Travaux 4 Au nom de la Commission des concours, M. Roux fait un rapport verbal sur les deux ma¬ nuscrits qui lui ont été soumis. L’un, portant pour devise le mot « Labor », n’a pas paru mériter une récompense ; l’autre; dont le titre est : « Di¬ plomatique des comtes de Ponthieu », est au con¬ traire un ouvrage de haute valeur et la Commis¬ sion propose de lui décerner la totalité du prix Le Prince, soit une médaille de vermeil de cinq cents francs. — La Société adopte ces conclu¬ sions et l'enveloppe correspondant à ce dernier manuscrit ayant été ouverte, M. le Président pro¬ clame le nom du lauréat, M. Clovis Brunei, d’Amiens. — M. le Secrétaire perpétuel donne ensuite lecture du rapport sur les travaux de l’année qui doit figurer au programme de la séance publique, puis la séance est levée à 9 h. 1/4. Séance ordinaire du 8 Décembre i908 Présidence de M. Dubois, président Sont présents : MM. Brandicourt, l’abbé Cardon, Collombier, M. Cosserat, P. Cosserat, Dubois, Guerlin, de Guyencourt, Héren, Ledieu, l’abbé Leroy, Milvoy, Roux, Schytte, Thorel et de Witasse. M. de Boutray, membre non résidant, assiste à la séance. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN - '.80 - Correspondance et Administration MM. Delaunay, Tabbé Billoré, Féret, Tenaillon, l’abbé Vignon, l abbé Cardon et Eusèbe Vassel, remercient de leur admission comme membres non résidants. — M. Cl. Brunei, fait aussi parvenir des remer¬ ciements à l’occasion du prix décerné par la Société à l’un de ses ouvrages. — Depuis la dernière réunion, les publications suivantes ont été offertes : 1° Par M. Beaudry. — Conférence de M. Eu¬ gène Lefèvre-Pontalis, sur l’habitation au Moyen- Age. — Une lettre autographe de l’abbé Tondu, curé de Neuilly-sous-CIermont (1776-1790). 2° Par M. l’abbé Fourrière. — Le n° 98 de sa revue d’exégèse mythologique. 3° Par M. Lair-Dubreuil. — Le Catalogue magnifiquement illustré de la vente de la col¬ lection Henri Say. 4° ParM. Carbon. — Le Catalogue illustré de la vente d’antiquités égyptiennes, grecques et romaines, du mercredi 11 mai 1904; M. Léman, expert. 5° Par M. Eusèbe Vassel. — La littérature po¬ pulaire des Israélites tunisiens. — Satire judéo- tunisienne contre les Juifs de Djerba (texte, tra¬ duction et notes). — Le Juif tunisien. — Cinq stèles puniques. — Sur un fragment de dédicace punique. — Lettre ouverte à Monsieur le rési¬ dent général (en Tunisie) sur la création d’un Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 4Ô1 Musée. — Notes sur quelques stèles puniques. — Aïn-Garci, légende tunisienne. — L'émancipation de la femme en Egypte, par Kassem Amin-Bey, conseiller à la Cour d’Appel du Caire, (traduit de l’Anglais) etc. 6° Par M. Pilastre. — La religion au temps du duc de Saint-Simon, d’après ses écrits, etc. La Société vote des remerciements à tous les donateurs. — M. le Secrétaire perpétuel annonce que la Société vient encore d’avoir le malheur de perdre deux de ses membres non résidants, MM. Albert » Bouchez et A. Coquillard. — Les ouvrages reçus depuis la dernière réu¬ nion sont inscrits du n° 32.085 au n°32.l45. — M. le Président rend compte d’un léger in¬ cident provoqué par la publication, dans notre bulletin, d’une étude sur le Prieuré d’Hornoy, par M. G. Beaurain. — Un article publié dans « le Dimanche, semaine religieuse du Diocèse d’A¬ miens », sous les initiales O. B , avait semblé à ce dernier mériter quelques rectifications, et il en avait de plus attribué la paternité à M. le cha¬ noine O. Bled, de Saint-Omer. Or, celui-ci n’en est pas l’auteur, d’où, réclamations de sa part, suivies d’explications de M. Beaurain, qui ont clos l’incident à la satisfaction générale. — M. l’abbé Chopart, curé de Domleger, est admis comme membre non résidant — L’ordre du jour prévoit les élections pour 3 Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 482 le renouvellement des membres amovibles du bureau, pour l’année 1909. Sont élus au scrutin secret : Président : M. de Francqueville ; Vice-Président: M. Thorel ; Secrétaire annuel: M. P. Cosserat. * Après la proclamation du scrutin, M. le Secré¬ taire perpétuel communique une lettre qu’il vient de recevoir de M. de Francqueville, d’où il appert que celui-ci, à cause de son état de santé, semble¬ rait hésiter à accepter la charge de la présidence, dans le cas où les suffrages de la Société se porte¬ raient sur son nom, mais l’Assemblée refuse de prendre cette lettre en considération, le vote étant acquis, et forme en même temps des vœux pour le prompt et complet rétablissement de son nouveau président. Travaux — M. le Président donne connaissance de l’étude qu’il doit lire, en séance publique, sur « les granges d’abbayes aux xn e et xni* siècles, dans le Beauvaisis, le Laonnais et le Senlisis », puis la séance est levée à 9 heures. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN - m - Séance publique du 16 Décembre 1903 Présidence de M. Dubois, président La séance est ouverte à 8 h. 20, dans la grande salie de la Société industrielle, devant un audi¬ toire choisi et peut-être plus nombreux encore que de coutume. M. le maire de la ville d’Amiens et un grand nombre de notabilités veulent bien honorer la réunion de leur présence. MM. Brandicourt, de Calonne, l’abbé Cardon, Collombier, M. Cosserat, P.. Cosserat, Dubois, Durand, Guerlin, de Guyencourt, Ledieu, Milvoy, Roux, Thorel et Schytte sont présents, ainsi que beaucoup de membres non résidants. Conformément à l’ordre du jour, M. le Prési¬ dent donne lecture de son étude sur les granges d’abbayes aux xii 6 et xm e siècles dans le Beau- vaisis, le Laonnais et le Senlisis. Des projections très réussies rehaussent l’intérêt de cette savante communication. M. le Secrétaire perpétuel donne ensuite le compte-rendu des travaux de l’année et proclame, en finissant, le nom du lauréat du concours d’his¬ toire (Prix Le Prince), M. Cl. Brunei, qui vient d être nommé archiviste du département de la Lozère. L’éloignement empêche malheureusement M. Brunei de venir recevoir lui-même la mé¬ daille qu’il a obtenue et qui est la plus haute ré¬ compense décernée par la Société. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 484 - La séance se termine par une humoristique conférence de M. Thorel sur « l’équipement d’un pèlerin picard à Saint-J acqucs-de-Compostelle », conférence agrémentée de nombreuses projec¬ tions ; aussi l’assistance a-t-elle témoigné par son attention soutenue et, à plusieurs reprises, par ses applaudissements tout l’intérêt qu’elle avait pris à nos travaux et sa sympathie pour notre Société. La séance fut levée à 10 heures. Assemblée générale du il Décembre 190S Présidence de M. Dubois, président La Société se réunit à 2 heures dans la salle ordinaire de ses séances au Musée de Picardie. Sont présents : MM. de Calonne, Tabbé Cardon, Coliombier, M. Cosserat, P. Cosserat, Dubois, Durand, Guerlin, de Guyencourt, Héren, Ledieu, de Louvencourt, l’abbé Mantel, Milvoy, Roux, Soyez et de Witasse — MM. l’abbé Armand, l’abbé Arselin, de Bonnault, Deriencourt, Eug. Gallet, Le Noir de Méraucourt, de Montbas et Plessier, membres non résidants, assistent k la séance. — MM. Brandicourt, Duhamel-Decéjean et l’abbé Leroy se fout excuser. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 485 - — M. le Président prie M. Plessier, ancien président de la Société historique de Compïègne, de prendre place à sa droite. Correspondance — M*' l’évêque d’Amiens, MM. le Procureur général, le préfet de la Somme et le général com¬ mandant le 2* corps d’armée, s’excusent par let¬ tres de n’avoir pu assister à la séance publique. Ont fait de même : MM. l’abbé Porée, Vallée, député, l’abbé Debout, le général d’Heilly et Brière, membres de la Société. — M. de Francqueville remercie la Société de l’avoir élu président pour l’année 1909. 11 accepte cette charge et se félicite d’avoir M. Thorel, pour collaborateur. — M. l’abbé Chopart adresse aussi des re¬ merciements à l’occasion de son élection comme membre non résidant. — M. le chanoine Porée offre une brochure intitulée : Quelques lettres de peintres français. — M. le Secrétaire perpétuel annonce le décès d’un collègue non résidant, M. Ed. Bizet, négo¬ ciant à Bray-les-Mareuil. — Les ouvrages reçus depuis la dernière séance figurent au catalogue, sous les n e> 32.146 à 32.158. A dmin istration Sur l’initiative de plusieurs membres de la Société, l’Assemblée est appelée à délibérer sur Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN » - 486 - l’opportunité de reprendre dans l’avenir la publi¬ cation des rapports présentés par les commissions des concours. Depuis plusieurs années cet usage a été suspendu, d’où impossibilité pour les con¬ currents de connaître les observations faites au sujet de leurs œuvres. Après délibération, il est simplement décidé que les rapports en question devront toujours être écrits, mais qu’une analyse qui en reproduira la substance sera seule insérée au bulletin. En second lieu, l’auteur d’un ouvrage, présenté à un concours devra spécifier clairement au début de son œuvre, en cas d’impression, que la Société n’est pas responsable des théories qu’on pourra y rencontrer. — L’Assemblée vote ensuite, pour les années 1909 et 1910, le maintien du programme tel qu’il existait pour les années 1908 et 1909. Travaux 4 • — M. Héren décrit un fragment de polissoir recueilli à Molliens-au-Bois. C’est un petit bloc de grès pourvu d’une concavité remarquablement polie par le frottement et destiné sans doute à donner à des instruments de silex, particulière¬ ment soignés, la dernière perfection. Primitive¬ ment cc polissoir devait être un peu plus volumi¬ neux que dans son état actuel. * • 9 9 9 m — Cette communication donne à M. l’abbé i r 1 t • * Armand l’occasiondesignaler,à Ainval-Septoutre, un gisement où l’on a recueilli des objets qui s’é- Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 487 chelonnent entre les temps préhistoriques et l’é¬ poque gallo-romaine inclusivement. — Enfin M. X. de Bonnault ajoute quelques détails ou variantes, recueillies en Espagne, à la légende du a pendu de saint Jacques» racontée par M. Thorel, en séance publique, à propos d’une peinture de l’église d’Etaples. Voici le résumé de cette intéressante communication. Un père, une mère et leur fils allaient en pèle¬ rinage à Saint-Jacques-de-Compostelle. Le jeune homme, dans une hôtellerie, fut accusé, par une servante, de méfaits calqués sur ceux que la femme de Putiphar reprochait à Joseph, et d’un vol reproduisant l’incident de la coupe de ce dernier, dérobée par Benjamin. Traduit devant le juge, l’accusé fut, malgré son innocence, con¬ damné à être pendu et exécuté. Les parents n’en continuèrent pas moins leur pèlerinage, puis quelques jours plus tard, après l’avoir accompli,# repassèrent par l’endroit témoin du supplice de leur fils et se rendirent au gibet. Là, ils constatè¬ rent que la victime était encore en vie. Immé¬ diatement ils se rendirent chez le juge pour lui signaler le fait. — Celui-ci, assis devant son âtre, contemplait une volaille qui cuisait à la broche. Il refusa d’ajouter foi au récit que lui firent les malheureux parents et s’écria qu’il le croirait seulement si le poulet qui rissolait devant son feu revenait à la vie. A peine avait-il parlé que le rôti se débrocha spontanément, sauta sur Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 488 — un meuble et se mit à chanter. Inutile d’ajouter que le juge convaincu fit aussitôt décrocher le pendu protégé par saint Jacques En commé¬ moration de ce prodige, on entretenait jadis, dans une dépendance de l’église de Compostelle, des volailles issues, diton, du coq justicier. Après cette communication la séance est levée à 3 heures. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN COMPTE-RENDU DES TnAVATJX DE LA SOCIÉTÉ PENDANT l’AnNÉE 1907- 1908 Par M. R. de Guybxcourt, Secrétaire perpétuel. Mesdames, Messieurs, # Une crainte m’étreint en commençant ce rap¬ port ; celle de paraître bien vulgaire en annon¬ çant, de prime abord, une nouvelle qui, — je n’en doute pas, — est pourtant de nature à vous réjouir : ce compte-rendu sera d’une longueur modérée. — Ce n’est pas que les communications faites à la Société des Antiquaires de Picardie aient été peu nombreuses en 1908, ce n’est pas que notre zèle se soit ralenti, mais une coutume déplorable tend à s’implanter parmi nous : on né¬ glige de rédiger des notices et l’on se contente d’improviser, — souvent avec beaucoup de science et de charme, — sur le sujet adopté. Cela fait le plus grand honneur au talent ora¬ toire de nos collègues, mais verba volant , 9 et leur analyse, à défaut de notes tironiennes, doit forcément s’en ressentir. Vous me permettrez, après cette déclaration, de rentrer dans le cadre ordinaire de nos comptes- rendus. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 490 Une pieuse tradition exige qu’au début de chacun d’eux, soient rappelés les noms des mem¬ bres de notre Société, morts pendant l’exercice écoulé. Gette année ils sont trop nombreux en¬ core, puisque je dois évoquer la mémoire de MM. Albert Lenoël, avocat ; Léon Gamounet, négociant ; Frédéric Scellier, ancien percepteur ; Alexandre Piteux, imprimeur ; Alb. Bouchez ; Achille Coquillard et Ed. Bizet, négociant à Bray-lès-Mareuil, mais il convient de mentionner particulièrement les regrets unanimes causés par le décès de M. l’abbé Vatinelle, curé de Rubem- pré, un vrai type de Picard, un sympathique entre tous. Il était grand, maigre, mais son visage d’ascète s’illuminait d’yeux pétillants d’esprit et de bonté. Très assidu à nos réunions, M. l’abbé Vatinelle écrivait peu, bien qu’il sut le faire avec finesse et talent. En dehors de sou ministère sacré, il n’a¬ vait en elîet qu’un seul plaisir : assister à nos séances. A leur issue, il retournait pédestrement à travers la nuit dans sa paroisse, à 16 kilomè¬ tres d’Amiens.. Une fois même, surpris par la neige, il eut un pied très gravement gelé. Pour¬ tant, quelques mois plus tard, cet intrépide re¬ prenait ses courses et reparaissait parmi nous. Aurai-je encore le triste courage de raviver l’émotion profonde ressentie par notre ville en¬ tière, lorsqu’elle apprit le terrible accident dont fut victime l’un de nos plus jeunes collègues, Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN M. Georges Mulliez, qui nous fut enlevé à vingt- six ans ? Hélas ! A nous aussi de dire : « Athènes a perdu son printemps !» Que n'est-il permis de clore enfin cette liste funèbre? Je ne le puis, car M. Maurice Percheval était aussi des nôtres. Esprit d’élite, poète d’une exquise sensibilité, il s’était senti attiré par la mélancolie des choses anciennes. Ses recherches sur l’imagerie populaire à Amiens ont même révélé en lui un véritable antiquaire et, selon son • , b > , expression, sa mémoire parmi nous ne sera pas . une ombre qui s'efface Sur le mur gris du souvenir. Malgré la douleur que nous causent de tels deuils, nous sommes heurtux de constater que les recrues nouvelles nous sont venues très nom¬ breuses. — En adhérant à nos statuts, M m * Lupart a voulu maintenir sur nos contrôles le nom de son regretté mari, puis nous avons ouvert nos rangs à MM. Heuduin, pharmacien honoraire à Roye ; Marcassin, notaire à Saint-Riquier ; Rameau, président du conseil général de la Somme; Du- fresnoy, demeurant à Clermont (Oise) ; le C u Pierre de Waziers, maire de Lignières-en-Vimeu ; Dou- cet, de Paris ; le chanoine Dumont, d’Aulnay- sous-Bois (Seine-et-Oise); Deriencourt, docteur en droit, à Amiens ; le D r Morgand, aussi notre compatriote; Charles Faton de Favernay, en ré- sidance à Raincheval ; Victor Plé, maire d’Es- trées-lès-Crécy ; le générai de Chauvenet ; Ch. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 492 Delaunay, d’Amiens ; l’abbé Billoré, curé de Gueschart ; Tenaillon, de Roye ; l’abbé Vignon, curé de Brailly-Cornehotte ; Féret, agréé à Li¬ bourne ; le lieutenant d’Anchald ; l’abbé Cardon, « vicaire à Albert ; Vassel, résidant à Maxula- Radès (Tunisie) et l’abbé Chopart, curé de Domléger. Enfin nous avons eu la joie d’accueillir à titre de membre résidant M. Ernest Héren, plu¬ sieurs fois lauréat de nos concours, un fervent de la préhistoire et du vieux langage de notre Pi¬ cardie, un fervent aussi du folklore local, il nous l’a bien prouvé par son discours d’installation. Puissent ces nonveaux collègues passer de longs jours parmi nous pour le plus grand profit de la science et pour Fhonneur de la Société. Je viens de faire allusion aux temps préhisto¬ riques. — : M. l’abbé Bouvier, curé de Bertangles, se complaît aussi à sonder leurs mystères, et ses recherches ont abouti à la découverte, sur le ter¬ ritoire de sa paroisse, d’une station de l’époque campinienne qui ouvre l’ère néolithique. De cet âge extrêmement reculé datent les innombrables instruments en silex taillé, qui y furent recueillis et nous ont été présentés par l’inventeur. Ces outils prouvent, dès l’origine la plus loin¬ taine, la présence sur le territoire de Bertangles d’une population assez dense, qui, dans le voisi¬ nage, devait s’approvisionner à quelque source actuellement tarie de l’eau indispensable à la vie, Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 493 — Nous classerons à l’autre extrémité du néoli- thique, un rognon de grès trouvé à Molliens-au- bois et décrit par M. Héren. — Ce bloc porte des stries étroites qui résultent probablement du po¬ lissage d’objets préhistoriques en os. — A la même époque très reculée semble aussi apparte¬ nir un groupe de pierres brutes, un monument mégalithique peut-être, reconnu par M. de Franc- queville dans les bois de Conty où on l’appelle : « l’tabe as leups ». C’est une réunion de quatre gros blocs irrégu¬ lièrement alignés et pourvus de plusieurs cavités où, dit-on, des lumières étaient disposées lorsque la jeunesse venait en ces parages se livrer au plaisir de la danse. Selon la tradition, cet aligne¬ ment servait aussi de lieu de rendez-vous aux sorciers du voisinage. Bien des siècles se sont écoulés sans doute en¬ tre le moment où l’on dressait « l’tabe as leups » et celui où l’on forait les puits funéraires gallo - romains signalés à Grattepanche par M. l’abbé Moy. Ces excavations, plus larges au fond qu’à l’orifice et profondes de deux métrés environ, ont fourni différents objets et surtout des monnaies romaines qui permettent de les dater du 11 e siècle de notre ère. Mais voici qu’une brèche immense s’ouvre de¬ vant nous. Franchissons-là pour atteindre le xni° siècle, le sièclè béni des archéologues. — C’est à lui qu’appartient une pierre tombale dessinée en Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 49 j — 1872 et décrite par M. Hakspill. — On admet généralement qu'elle recouvrait la sépulture d’Henri, sire d’Airaines, où toujours on la con¬ serve en l’église du prieuré. — Mais combien n’eut-elle pas à souffrir depuis trente-six ans ! — Le dessin de M. Hakspill est donc devenu bien précieux, et les remarques au sujet des pièces qui composent l’armure du chevalier représenté en gravure sur la dalle, ajoutent une nouvelle valeur à la communication de notre correspon¬ dant. Heureux les monuments qui ont seulement pâli des injures du temps, moins terribles que celles de l’homme ! Chaque jour le vandalisme fait de nouvelles victimes en notre région. L’une des dernières fut la vénérable église de Cayeux-sur- Mer, ce rare spccimen d’architecture en damiers de silex. — A diverses reprises, MM. Boquet, Durand et Schytte nous ont décrit les belles boi¬ series et les objets d’art qu’elle renfermait, mais ce qui la rendait particulièrement intéressante, c’était sa structure même, dont bientôt il ne res¬ tera guère que le souvenir. Les antiques murailles de la ville de Roye vont subir un sort aussi déplorable. —M. Guerlin s’est constitué leur éloquent défenseur, mais, ici ou là, quel argument faire prévaloir contre cette ullinxa ratio de toutes les administrations : « Que ceux qui veulent conserver achètent ». Parfois les éléments se liguent avec les hommes Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN « — 495 — pour anéantir les plus rares merveilles. — C’est ainsi que disparaissait, il y a quelques années, dans l’incendie de l’église de Rumaisnil, un in¬ comparable cadre en bois sculpté, digne de riva¬ liser avec le plus beau de ceux qui, de Févêché d'Amiens, sont passés au musée de Picardie. Heureusement notre ville possède un petit ne¬ veu des frères Dulhoit, les derniers « ymagiersde France »>. * Sur l’initiative de M. Soyez, M. Pierre Ansarta donc bien voulu tenter de reconstituer par le dessin et presque sans documents le cadre dé¬ truit. Grâce à son habile crayon, le résultat obtenu fut inespéré, et l’on a pu admirer à l’exposition organisée par la Société des amis des Arts, une magnifique image du chef-d’œuvre ressucité de ses cendres, comme l’antique phénix. Trêve donc aux lamentations ! Ce fait doit les bannir, puis l’enjouement n’est-il pas de rigueur quand il s’a¬ git d’analyser les œuvres de M. Oct. Thorel ? S’il compare les donations légendaires du Riez-Saint-Sauveur à la ville d’Arras et de la Hautoie à celle d’Amiens, s’il étudie, dans ses moindres détails, l’inventaire dressé après le dé¬ cès d’Adrien de Zélandre, cultivateur, maraîcher et vigneron, qui, à la fin du xv* siècle et au début du suivant, émondait ses vignes et choyait ses salades, sur les bords de la Selle, en des terrains englobés dans le moderne quartier Saint-Roch, notre collègue sait toujours émailler son récit, Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 4 % étayer ses preuves de citations pittoresques et de remarques humoristiques, qui, tout en prê¬ tant un grand charme à des recherches naturel¬ lement arides, font revivre de façon parfaite un passé souvent très lointain et invitent à l’étude après avoir amusé. Par profession et par goût, le savant archiviste de la Somme, M. Georges Durand, est aussi un grand explorateur d’inventaires. L’un d’eux lui a dernièrement révélé l’usage auquel était destinée certaine gravure sur bois du xvi* siècle, beaucoup plus haute que large, et portant les armes ainsi que le nom de la ville d’Amiens. C’est tout simplement une estampille destinée à distinguer des autres, les satins amiénois, et l’on peut considérer cette gravure, dont l’unique exemplaire connu fut découvert à Angers (Maine- et-Loire), par M. le chanoine Urseau, comme la plus ancienne marque de fabrique usitée en notre ville. Notre érudit collègue s’est aussi complu à dé¬ crire les débris d’une fresque découverts dans l'é¬ glise de Saint-Riquier —Cette peinture décorative représentait des bouquets de narcisses des prés, disposés en quinconce sur fond d’un vert sombre. — 11 nous a signalé, par surcroît, deux tableaux conservés au presbytère du même bourg. L’un, peint vers la fin du xv e siècle ou le début du sui¬ vant, représente l’Assomption ; l’autre, daté de 1607, montre le Christ en croix, accompagné de Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 497 dédicants. Cette dernière œuvre d’art n’est pas sans analogie avec les panneaux contemporains du Puy-Notre-Dame d’Amiens. Du reste, il fut assez souvent question de peintures anciennes au cours de nos séances. Moi-même j’ai tenté d’en décrire plusieurs, et M. Thorel nous a fait con¬ naître, d’après un ancien dessin, une composition représentant la Trinité, qui jadis se trouvait aussi dans l’église de Saint-Riquier. Dans cette peinture, les personnes divines po¬ saient chacune la main sur un triangle unique, et la troisième, figurée sous les traits d’un vieil¬ lard vénérable, tenait en plus une colombe. C’est une façon assurément peu commune de repré¬ senter le Saint-Esprit. Semblable remarque peut s’appliquer, dans l’église de Templeux, à la statue de sainte Anne, décrite par M. Josse. Cette sculpture montre la sainte portant sur le bras la Vierge, qui, à son tour, tient de la même manière l’enfant Jésus. C’est un groupement bizarre et rarement usité dans le nord de la France, mais qu’on voit assez souvent en Espagne. Puisque nous passons en revue les statues si¬ gnalées pendant nos séances, il convient, sans plus tarder, de citer celles de saint Pierre, de saint Paul et de saint Antoine, que M. Durand a retrouvées dans l’église de Barly. Elles datent seulement de l’année 1775, mais elles sont si¬ gnées par J.-B. Carpentier, qui comptait alors 4 Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN - 498 parmi les meilleurs artistes de notre province. Plus ancien de quelques années, est l’exem¬ plaire unique d’une estampe découverte par M. Schytte et représentant un feu d’artifice, tiré à Amiens en 1749, lejourdela fête de saint Louis, par Carlo Genovigny, artificier romain, à l’occa¬ sion de l’exécution complète du traité d’Aix-la- Chapelle. La pièce principale de ce feu d’artifice se com¬ posait d’un portique orné de colonnes, de guir¬ landes, de vases, d’obélisques et de figures em¬ blématiques qui encadraient la statue équestre de Louis XV, et le spectacle dut vraiment être ma- gnifique, si le beau temps voulut bien se mettre de la partie. Moins haut que les fusées s’envolaient les balles lancées par les joueurs de « battoir », —ces an¬ cêtres des paumistes, au moins dans nos villages picards, — mais cela se produisait plus souvent. Pas n’était besoin d’un traité de paix pour provoquer leur essort. La fête patronale, un sim¬ ple dimanche, suffisaient pour le motiver. M, de Mérocourt nous a décrit ce divertisse¬ ment, très populaire encore, voici cent ans à peine, dans les environs de Péronne. — C’était un jeu comparable à notre moderne longue paume, mais plus bruyant et plus gai. Pourtant, il n’était pas exempt de danger, pour l’un des joueurs au moins, — le serveur, — sans cesse exposé à recevoir, à toute volée sur la joue, le battoir de celui à qui la Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 499 balle était lancée. Cet emploi était donc peu re¬ cherché ; parfois même il y eut disette de serveurs. Pour le remplacer, on inventa la « robinette », sorte de catapulte qui suppléait que bien que mal à ses fonctions, sans jamais conquérir l’estime absolue des véritables dilettanti. Après avoir si longtemps plané dans les es¬ paces éthérés, sur l’aile des balles et des chan¬ delles romaines, il s’agit maintenant de pénétrer dans les entrailles de la terre. Sachons pourtant modérer notre ardeur, et arrêtons-nous, bien sagement,... dans les caves du village d’Hornoy, que M. Beaurain va nous faire visiter. — Plus ou moins vastes, plus ou moins profondes, les unes sont voûtées et muraillées, les autres ont été simplement creusées dans la craie vive, d’autres enfin procèdent de ces deux modes de construc¬ tion. — On a relevé quelques grafites qui per¬ mettent d’attribuer le plus ancien de ces souter¬ rains au milieu du xvi c siècle et les plus récents à la fin du xvm®. De la cave à la bibliothèque la distance n’esl pas infranchissable, car il existe entre elles plusieurs analogies ; certains profanes donnent même à leurs caves, quand elles sont bien gar¬ nies, le nom de bibliothèques, et préfèrent celles- là à toutes les autres, fût-ce la Nationale. Inutile de dire que nous jugeons ces hérétiques dignes des plus terribles anathèmes, et que nous sommes reconnaissants à qui veut bien Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 500 - nous renseigner sur les nouvelles richesses en¬ trées dans notre grand dépôt national, surtout quand ces documents concernent la Picardie. — Cette année, M. le C w de Loisne a bien voulu se charger de ce soin et nous envoyer des notes sur vingt manuscrits provenant de la bibliothèque de Sir Thomas Phillips, qui sont devenus la pro¬ priété de la France. Parmi eux, le cartulaire de la commanderie d’Eterpigny, celui de la baillie de Fiefîes et un recueil de chartes des xiu* et xiv e siècles, rela¬ tives à la ville d’Amiens, offrent un intérêt spé¬ cial, parce qu’ils nous touchent de plus près, mais les dix-sept autres, tous relatifs à notre vieille pro¬ vince,ont aussi,à nos yeux, une inestimable valeur. Peut-être, au cours de ce rapport, a-t-on re¬ marqué un fait insolite. Toutes les communica¬ tions qu’il résume sommairement relèvent beau¬ coup plus de l’archéologie que de l’histoire. Cela doit être noté, car chez nous le contraire se pro¬ duit ordinairement, mais cette année, un seul mémoire purement historique nous a été présenté. 11 émane de M. Adrien Huguet et traite de la prise de Saint-Valery-sur-Somme par les Ligueurs, le 12 janvier 1592. Désastreuse pour la garnison royaliste de Saint-Valéry, cette capitulation dont le texte fut retrouvé par M. Bréard, avait été préparée par quelque traître. Pourtant elle ne s’accomplit pas sans effusion de sang. Un récit de dom Rupert de Burnonville, très digne de foi malgré quelques Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 501 — % erreurs, le prouve surabondamment. Ajoutons que, le li juin suivant, la ville fut reprise par les royalistes et que l’étude de M. Huguet identifie d’une façon absolument satisfaisante les noms, douteux jusqu’ici, de plusieurs guerriers qui pri¬ rent part à cette lutte. Mesdames, Messieuhs, Non contents de se livrer à des recherches his¬ toriques ou archéologiques, les Antiquaires de Picardie se sont encore imposé l’obligation de recueillir les vestiges du passé et d’assurer leur conservation. C’est pourquoi, dans les limites de leurs moyens, ils s’efforcent de faire entrer au Musée le plus possible d’objets anciens, intéres¬ sants pour l’histoire de la région. On sait avec quel engouement l’attention s’est portée depuis quelque temps vers les peintures primitives. Ce n’est donc pas sans une certaine satisfaction que nous avons pu augmenter nos collections municipales de plusieurs panneaux dûs aux pinceaux de vieux maîtres picards, quoi¬ que ces œuvres ne soient pas d’une très haute va¬ leur artistique. L’une d'elles cependant provient indubitablement de la confrérie du Puy-Notre- Üame. Une inscription antique qui depuis 1877, épo¬ que de sa découverte à Hermes (Oise), fut l’objet d’innombrables mémoires, a aussi trouvé un asile au Musée de Picardie, grâce à la générosité Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 502 de M. Collombier. — Je fais allusion à l’inscrip¬ tion dite de « Ratumagus », parce qu’elle fait connaître une cité détruite qui portait ce nom. — Du même endroit proviennent un fragment de sculpture décorative gallo-romaine représentant un méandre qui enserre dans ses replis un mas¬ que scénique, et une pierre sur la quelle est gra¬ vée la silhouette d une hache antique. Je profite de l’occasion qui se présente ce soir pour remercier au nom de notre Société M. Alb. Jumel, dona¬ teur de ces deux derniers documents. Un intéressant bas-relief, où l’on reconnaît Moïse sur le mont Sinaï, fut aussi recueilli par nous. Cette petite œuvre de la Renaissance serait, pense-t-on, d’origine amiénoise et fut découverte par M de Francqueville chez un brocanteur. Enfin M. Boquet a préservé de la destruction, en lui procurant un abri au Musée, l’un des der¬ niers vestiges de l’antique abbaye de Saint- Martin-aux-Jumeaux. 11 s’agit d’un corbeau de pierre, orné d’une tête humaine, jadis encastré dans la muraille qui séparait le terrain du Palais-de-Justice de l’école Saint-Martin. Nous ajouterons donc des remerciements aux félicita¬ tions dûes à notre éminent collègue, à l’occasion de sa promotion dans l’ordre de la légion d’hon¬ neur, distinction qui est venue définitivement con¬ sacrer, avec l’approbation universelle, un magni¬ fique talent artistique, entièrement composé de poésie intime et de sincère émotion. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN L’ËQDIPEHEIT D'H PËLEKII PIGAKD à St-JACQUES DE COMPOSTELLE Lecture faite à la séance publique du 16 Décei II bre 1908 Par M. Oct. TH0REL Mesdames, Messieurs, Qui pourrait croire qu’un méchant bibelot pût devenir, un jour, l’occasion non d’un discours,— ce serait trop ! — mais d’une causerie à bâtons rompus : — c’est déjà bien assez ? Voici comme : J’ai sous ma grand’porte une vieille boîte en fer, agrémentée de demi-reliefs en étain. Elle m’intrigua fort longtemps, jusqu’au jour où j’en retrouvai un prototype au grand por¬ tail de notre Cathédrale et un spécimen beaucoup plus récent à la fontaine saint Jacques. Nous allons donc partir en pèlerinage, pour planter le bourdon en ces trois endroits, où nous attend St Jacques de Compostelle (l). ♦ (1) Compostelle, de Campus stellae, à cause des étoiles qui, en 812, révélèrent à l’évêque Théodotnir le tombeau de saint Jacques-le-Majeur, dans la ville romaine de Liberum donum Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN — 504 Ce travail ne vous était pas destiné : nous ver¬ rons en effet que le voyage de Galice était souvent une peine infligée à de grands coupables. Notre comité de lecture, en vous l’imposant aujourd’hui, surtout sous ma conduite, ne pouvait plus mal reconnaître votre assiduité à nos séances. Mais rassurez-vous. Les préparatifs du départ se borneront au strict nécessaire ; et, sans trop quitter Amiens, aux trois étapes annoncées, nous étudierons exclusivement : l’Equipement d'an pèlerin picard à St-Jacques de Compost elle. Patrie de Pierre l’Hermite, peu de pays de¬ vaient, à l’origine des voyages faits par dévotion à quelque lieu consacré, fournir autant de pèle¬ rins que le nôtre. Les stations pieuses en Picardie étaient nom¬ breuses aussi, notamment celles de St Jean- Baptiste, à Amiens ; de St-Valery-sur-Somme ; de St-Acheul ; du St-Esprit, à Rue ; de Notre-Dame de Liesse ; de Saint Eloy, à Noyon et de Notre- Dame de Boulogne, etc. (1). Les voyages au Mont-Saint-Michcl au péril de la mer et à saint Martin de Tours n’étaient point, on le comprend, accessibles à tous les fidèles. A plus forte raison en était-il de ceux de 'San- (!) A. Janvier, Petite hist. de Picardie ; Amiens, Douillet, 1889, Dict. r® pèlerinage. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 505 tiago, de Lorette, de Rome et surtout de celui de Jérusalem. Mais, chose étrange ! bien que, étymologique¬ ment parlant, les Romei ou Roumieax, revenant de Rome, et les Palmati ou Paumiers, rappor¬ tant de la Terre-Sainte des branches de palmiers, fussent incontestablement des pèlerins (i), néan¬ moins Dante, « au sens exact du mot, n’entend par « pèlerins que ceux qui vont à saint Jacques et en « reviennent » (2). Les autres, au grand siècle du moins, n’étaient guère considérés que comme des pèlerins de* balle (3). On sait combien était vive et féconde la foi de nos pères. Aussi, à des époques fort reculées, s’étaient fondées à Amiens de nombreuses confré¬ ries de piété, de lettres et de métiers. Nos archives en mentionnent quatorze (4), Du- (1) Littré, Dict. v° pèlerin, Etym. Peregrinus , de per , outre, au delà, et ager y champ. — En picard, Prinage, forme con¬ tractée de pèlerinage. Cf. Bourrier pour bourrelier, Corrier, pour corroyer, etc. (2) ffist. litt. de la France , T. XXI, p. 287. (3) Cf. Molière, Les Femmes savantes , A. III ; sc. 5. « Allez , rimeur de balle, opprobre du métier. (4) Confréries du St-Sacrement, de saint Maur et de saint Fiacre, de monsieur saint Sébastien, de l’annonciation Notre- Dame, de saint Ladre, de saint Eloy, des Trépassés, de saint Quentin, de saint Denis, de Notre-Dame de Liesse, de l’As¬ somption, de Notre-Dame du Puy. enfin les « maîtres, frères et sœurs de l’Hôte)-Dieu ». G. Durand, Inv. arck. comm., Amiens, Piteux, 1894, T. II. S. B. B. passim. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 506 sevel quatre (1) ; et l’abbé Corblet vingt et une(2); soit au total, trente-neuf, sans doubles emplois. Sur cette liste figurent seulement deux confré¬ ries de pèlerins, sous les vocables, l’une de saint Jacques et l’autre de saint Michel. Il est permis de supposer que la première avait copié en petit les règlements de la puis¬ sante confrérie parisienne, fondée au xn e siècle, qui élisait ses administrateurs, avait son clergé, son église, son cimetière, scs fêtes et dont l’hô¬ pital, en la seule année 1368, recevait dix-sept mille pèlerins (3). Si l’on possède quelques documents précis, (1) Confréries du Royaume renouvelé, des Cinq plaies, des saints Antoine et Claude, des saints Cosme ét Damien. Dusevkl, IJist. d Amiens , Amiens, Caron, 1848 ; passim. (2) Confréries de saint Adrien, de sainte Anne, de Jésus cru- cilié sous le vocable de saint Barthélemy, de saint Biaise, de sainte Catherine, de sainte Cécile, de saint Christophe, de saint Eloi, de saint Eustache, de saint Fiacre, du cordon de saint François, de saint Jacques , de saint Jean Baptiste, de saint Luc, de saint Michel-au-Mont, de la ceinture sainte Monique, de saint Pierre-ès-liens, de saint Roch. de saint Simon, de la bonne mort, de saint - Yves. Corblet, ffag* dioc. Amiens , Paris. Dumoulin. 1874 ; passim. (3) H Bokdibb : La Confrérie des pèler. de St-Jacques et ses Archives ; Mém.Soc. Hist.de Paris et de l’Ile-de-France ; T. I et II, passim. — D’après Sauvai ; — Ap. La. Fons-Mélicocq, gloss, manusc. Bibl., Amiens. (2) Em. Delicnières ; Excursion à Abbeville ; Abbeville, Lafosse, 1908 ; p, 19. (3) La première mention du bâtonnier remonte à 1602 ; Che- ruel op. cit. v° bâton. — Le bâton des avocats était orné d’un statuette non de saint Yves, leur patron, mais de saint Nicolas. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 511 qu'aucun lieu saint ne fut jamais visité par déplus illustres personnages : Charlemagne, Jean de Brienne, roi de Jérusalem, tous les rois et grands d’Ë3pagne, et le Cid, pour ne relever que ceux-là. Le pèlerinage étant, en soi, un acte de purifi¬ cation, il n’est pas étonnant de le voir devenir, au Moyen-âge, une sanction pénale proportionnée tout à la fois à la gravité de la faute commise et à la condition sociale du délinquant. Deux exemples seulement. « Les premiers Compiégnois qui allèrent à « St-Jacques, furent les deux fils d’Herbert, dit a l’Escrivain, qui, pour avoir vilainé Giart le et Boucher, furent condamnés, par arrêt du Par- « lement de Paris, du 28 mai 1*284, à faire ce oc pèlerinage » (1). Le menu peuple, vilains, manants et bourgeois, n’allaient pas si loin. Nos archives le prouvent. Le 21 novembre 1497, les maire et échevins sont assemblés à l’hôtel des Clocquiers et le grand compteur expose que : « Marie Delattre, femme « Thibaut de Duremort, est condamnée pour tar¬ ot çin, à faire ung pelrinage à Notre-Dame de a Boulogne, où elle sera tenue de présenter ung « cierge d’une livre pour être ars, et de ce rap- « porter certification à mesdits seigneurs » (2). (1) B" de Bonnault d’Houet ; Pèl. d'un paysan picard à St - Jacq. de Comp. Montdidier, Radeoez, 1890 ; Introd. p. XIV. (2) Arch. comm. Amiens, Détib. de l'Echev. Ë. B. 18. i° 9. — Ars, brûlé du lat. ardere, arsi, arsum. — Cf. Jouancoux, gloss, pic. v° azir. m Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 512 L’échevinage n’avait donc qu’une confiance très limitée dans la probité de la femme Thi¬ baut qui, suivant une expression d’argot, était bien capable de Iruc/ier sur le coquillard (L). Quant aux gens riches, ils pouvaient se rache¬ ter du pèlerinage par le versement d’une somme d’argent, qui était arbitrée suivant les cas (2). Après ces trop longues généralités sur les hos¬ pices et les confréries formées en Picardie sous le vocable de saint Jacques et les voyages de Galice, ayant un caractère pieux ou pénal, nous pouvons étudier le pèlerin individuellement au point de vue plus spécial de son costume et de son équipement. Les pèlerins, avant de partir p*our la Terre- Sainte, allaient prendre le bourdon, le bâton, et Xécharpe, la bourse, qu’ils recevaient des mains d’un prêtre dans une église et parfois chez eux. C’est ce que fit Joinville en 1248. Nons ne pou¬ vons résister au plaisir de citer ce passage de (t) Cf. Jargon, 1628 ; « Coquillards sont les pèlerins de St- « Jacques. La plus grande part sont véritables et en viennent ; Commun, de M. Em. Deli- gnières d’Abbeville. — Cf. Une verrière moderne à l’église St-Jacques de Dieppe. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 517 La légende du pèlerin pendu nous eut conduits devant le vitrail de 1520, bien endommagé, de l’église de Roye (l) et le curieux tableau polyp- tique sur bois de l’église St Michel à Etaples, dont M. Souquet a interprété scrupuleusement les douze panneaux (2). 11 n’est pas de légende où un récit populaire ait eu son fond historique plus profondément mais aussi plus élégamment altéré. Jugez-en : I. Vers 1550 , père , mère et fils partent d,'Eta¬ ples, passent les Pyrénées, se rendant en pèlerinage. II. Ils arrivent dans une hôtellerie où la ser¬ vante , voulant se venger du fils qui Va dédaignée , profite de son sommeil , pour placer dans son sac de voyage une coupe d'argent (3). III. Les alguazils sont envoyés à sa poursuite. IV. Reconnu coupable , il est condamné au gibet. V. Les parents n'en font pas moins leur pèle¬ rinage et arrivent à Compostelle. VI. En revenant , ils retrouvent leur fils vivant et coupent la corde (4). (1) V. Bull, des arts et mon. T. Il, p. 125 et ss. (2) V. Epig. du Pas-de-Calais, canton d’Etaples. p. 39. — Il paraît qu’aux environs de Berck se chante encore une com¬ plainte sur cet événement. (3) Réminiscences certaines de l’histoire de Joseph. (4) Dans le vitrail de Roye, le fils est représenté pendu, mais soutenu par saint Jacques, qui aurait ainsi empêçhé sa strangulation, pendant l'absence des parents, Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 518 — VII. Ils retournent à Santiago et consacrent leur fils à Dieu. VIII. Par une permission divine , dans une dépen¬ dance de l'église y un coq et une poule leur font le récit des circonstances qui ont fait condamner leur fils . IX. Ils conduisent leur fils au lieu choisi pour se consacrer au Seigneur. X. Ils reviennent dans Vhôtellerie avec les ma¬ gistrats qu'ils interpellent , pendant que la servante fait cuire à la broche un coq et une poule . XI. Les volailles se décrochent d'elles-mêmes et apparaissent toutes vivantes sur la ta¬ ble où elles renouvellent leur récit de¬ vant les magistrats stupéfaits (1); et la servante fut condamnée à être brûlée dans son foyer. XII. Le père et la mère retournent à Etaples et , en reconnaissance y font cadeau à l'église St-Michel de ce tableau relatant les mira¬ cles opérés en leur faveur (2). Mais il me tarde d’arriver à notre première station, le grand portail de la Cathédrale, où notre distingué confrère, M. G. Durand, nous pré¬ sente « saint Jacques-le*Majeur bien reconnais- « sable à la sacoche ou panetière carrée et garnie (1) D’après une autre tradition, le coq et la poule auraient été, en souvenir de ce miracle, nourris eux et leur progéniture, dans un couvent de Compostelle (Comm. de M. le Baron de Bonnault). (2) Dans La Légende dorée, par Jacques de Voragink, Paris, Gosselin, 1843, se trouve une légende de saint Jacques-le* Majeur, sans aucun rapport avec celle du pèlerin pendu, # Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 519 M\ II 1/ 1 / « de coquilles qu’il porte en bandoulière et qui « rappelle le pèlerinage de Compostelle. « Son visage ovale est agrémenté d’une longue « barbe légèrement ondulée ; les « cheveux de même. Il tient une « épée dans sa gaine, autour de la « quelle le baudrier est en¬ te roulé. Il fut décapité par ordre « d’Hérode Agrippa » (I). M. Durand, dans un travail es¬ sentiellement archéologique, ne devait, après les avoir identifiées, que donner les grandes lignes des nombreuses figures qui décorent notre basilique : l’abondance des détails n’eût pu que nuire à l’u¬ nité et à l’ampleur de son œuvre. Le micrographe n’a pas de ces scrupules et peut, au contraire, s’attarder aux minuties. Donc la bandoulière parait être eu étoffe épaisse ainsi que la pa¬ netière. Sur la première sont cou¬ sues six coquilles et sur la seconde huit, posées de haut en bas, 2-3-3, De plus la panetière, très plate, est ornée dans sa partie inférieure de • ••■liait « • • trois bouffettes, ce qui permet de voir en elle un prédécesseur de la tassette. (1) G. Düra.nd. Monog. Cath. Amiens: Amiens. Yvert, 1901, T. I, p. 323, et id. 1903, T. III. Atlas planche XXVIII. — \ iÜ 4 Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 520 Ces particularités se rattachent directement à notre sujet, cette statue étant contemporaine des croisades dont les pèlerinages à l’étranger de¬ vaient devenir les succédanés moins périlleux. On peut s’étonner de ne point y trouver le b⬠ton du pèlerin ; mais il ne faut pas oublier que saint Jacques n’a pas été pèlerin et que ce sont ses reliques seules, à Santiago, qui étaient l’objet d’un culte tout particulier de nos aïeux. Il suffi¬ sait donc, au point de vue iconographique, que sa personnalité fut affirmée par l’escarcelle, au sens large que nous donnerons désormais à ce mot. Sans doute l’abbé Corblet a écrit : « que la pa- « netière est l’attribut de Jésus-Pèlerin, de saint « Jacques, de saint Roch. » (1). 4 L'extérieur de la Cathédrale offre deux autres statues de saint Jacques-le-majeur : 1° Sur le linteau du portail de la Vierge Dorée : « Saint Jacques, fièrement campé, coiffé d'un chapeau i Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 537 pas (1) ont plus de deux mètres de longueur. Cette dimension concorde bien avec celle du bâton à crosse si disgracieux du St Jacques mo¬ derne du clocher à la cathédrale. Elle est même dépassée dans cette minuscule reproduction du même saint appartenant à M. Robert de Guyencourt. Dans une chapelle de voyage, écrin en cuir rouge aux fers élégants, deux gracieuses guirlandes de feuilles et de fleurs en argent doré encadrent une statuette de même métal, ayant sept centimètre^ de hauteur. L’en¬ semble très harmonieux est d’un travail espagnol, imbu ou inspiré de notre style Louis XVI. Le saint est debout, tête nue, revêtu d’une cape à grand collet, sans coquilles. De la main droite, il tient un bourdon démesurément long armé d’un crochet en métal, auquel est pendue une gourde, et, de l’autre main, un gros livre (2). Le bourdon de la fontaine St Jacques est droit, sans crosse recourbée ni crochet en fer. 11 est classique et conforme à la description de P. Palliot (3) : « orné de deux grosses pommes un « peu distantes l’une de l’autre, dont l’une fait « le bout d’en haut, le bout d’en bas étant finy (1 ) Maukepas, village delà Somme ; arr. de Péronne, cant. de Combles. (2) Cf. les petites icônes, en bois sculpté, sur fond argenté ou doré, si répandues dans toute la Russie. (3) P. Paillot, op. cit. v° bourdon. Adde : V. Bouton, Nou¬ veau traité des armoiries ; Paris, Dentu, 1887, p. 556. — Cf. le bourdon d’un des pèlerins d’Emmaüs, de Paul Véronèse, au musée du Louvre. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 538 (i). C’est bien là celui des « armes parlantes des La « Bourdonnaye : « de gueu- « les à 3 bourdons d’argent ». Pour en terminer avec le bourdon, deux mots encore sur l’étymologie très discu¬ tée de ce mot. Dériverait-il du mot latin burdo, àne ou mulet, le b⬠ton qui soutient le pèlerin ayant été assimilé au mulet qui le porte, ou plutôt, comme dit Du Cange (2) « les pèlerins allant souvent sur « des ânes ou sur des mulets, et le nom de l’a- a nimal qui les portait étant resté au bâton dont « ils étaient munis ? » Littré préconise l’étymologie : Behort , joute à la lance en vieux français; et, à ce sujet, il relève excellemment ce passage d’^myot: était synonyme de : € Faisons vœu de quelque pèlerinage. $ — Victor Hugo : Odes et Ballades, La Fiancée du Timbalier. « Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 553 gique, c’est que, dans toutes ces métamorphoses de l’écharpe, le peuple a affirmé, non point, comme on pourrait le croire, sa tyrannie aveugle, mais son implacable logique en matière de langage. 11 l’a prouvée dans un autre ordre d’idées. A l’origine de la typographie, l’imprimeur, en véritable pèlerin, allait de ville en ville, répan¬ dant son art et ses procédés. Aussi « tout ce qui a avait trait aux pèlerinages était tellement entré « dans l’esprit social, que les attributs du pèle* « rin voyageur passèrent tout naturellement à « l’imprimeur pèlerin » (1). On sait qu’une coquille est une faute de typo¬ graphie résultant de ce qu’une lettre occupe acci¬ dentellement dans un mot la place d’un autre (2). Un C se fourvoyé dans le cassetin des S ; et cela suffit pour qu’on ait pu lire dans une gazette du 16 août 184. « M. le maire a passé hier en « revue la compagnie des sapeurs-pompièrs avec a sa cui.., non ! sa suite habituelle ». Mais pourquoi appeler cette faute une coquille ? C’est que la coquille, emblème de purification adopté, depuis des siècles, par le pèlerin, a été prise par le typographe, pour indiquer que le texte doit, lui aussi, être mondé, purifié (3). (1) Manuel Roret, Typog. ; Paris, Mulo, 1897 ; p. 98et 99 ; art. de M. Loca.ro. V. Cheruel, op. cit. Imprimerie. (2) Cf. Coquille ) eu picard, mâche, salade, d’où méli - mélo, macédoiae, mélange, confusion de lettres. (3) Dans La Thiérache, Bull. Soc. arch. Vervins, 1904-1905 p. 127, M. Cannelom, rapporte une scène de conjuration où la Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 554 Il y a mieux. En termes d’imprimerie, le bour¬ don est une omission dans un texte composé. Or cette faute, le correcteur l’indique en marge par un bâton surmonté d’une boule ; et ce faire des bourdons » a pour locution synonyme, dans le langage do l’atelier : ce aller à Compostelle » (1|. Enfin, et c’est par là que je termine, dans cette étude se rencontre une nouvelle application du vieil adage : Sunt lacrymae rerum. A l’écharpe a succédé l’escarcelle, à l’escarcelle la panetière, à la panetière la boîte en fer, à la boîte l’oubli. N’est-ce point là, dans sa déliquescence, l’image toujours la même des choses évanouies ? Ces leçons échappent aux yeux indifférents ou distraits des profanes Mais, heureusement, j’ai aujourd’hui des compagnons de route, pour qui le rapprochement des lointains et l’évocation du passé ne laissent point d’avoir toujours un regain d’intérêt et une particulière saveur. célèbre démoniaque de Vervins, Nicole Obry, appelle fami¬ lièrement : Ma Coquille , lêvêque Jean de Bours qui l'exorcise. Ce mot .aurait-il été inspiré par la forme de la mitre de l’é¬ vêque ? L’auteur pense plutôt que Nicole faisait allusion aux armes du prélat où entraient des coquilles. N’est-il pas plus simple de voir là une expression dont la grossièreté ressort de certains passages de Rabelais, de Le Roux, op. cit. de Roger de Collbryb. V. Lacurne de Ste Palaye, dict. de l’anc. long, franç. et Godbfrot, op. cit. v° coquille. (1) L’étymologie de Composteur, baguette sur laquelle le typographe aligne ses lettres, est cependant absolument étran¬ gère à Compostelle , et dérive, d’après Littré, de Composer. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 555 LES GRANGES D’ABBAYES AUX XII e ET XIII 0 SIÈCLES en Picardie et en Flandre Etude par M. P. Dubois Depuis que la curiosité de formes nouvelles de l’histoire, prenant intérêt à toutes les moda¬ lités de la civilisation, s’est adjointe et presque substituée au goût naguère exclusif de3 événe- nements politiques, religieux et militaires, l’ar¬ chéologie s’est mise à étudier des monuments tout autres que les églises et les châteaux, seuls objets, jadis, de son attention. Elle s’est aperçue « que, pour l’illustration de l’histoire complète, qui est son but, elle tirait autant d’enseignementa d une vieille maison, d’un manoir ou d’un pont que d’une collégiale et d’une forteresse. Les humbles témoins de la vie d’autrefois sont rares dans notre région ; la valeur de ces vestiges n’a pas manqué d’être comprise par certains d’entre nous : vous avez eu communication ici-même, il y a cinq ans, de la fructueuse enquête de M. Amédée de Francqueville sur Les anciennes Habitations rurales de Picardie. (I) A l’une des séances mensuelles de 1906, il faisait un relevé (1) Séance publique du 17 Décembre 1903. Bulletin , XXI (1901-3), p.p. 660-698. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 556 — aussi attrayant de nos Vieux Moulins,{ i) Je vou¬ drais ce soir vous présenter, avec, certes, moins de méthode et d’érudition, des exemples conser¬ vés en Picardie d’autres constructions rurales du moyen-âge : ce sont des granges de fermes élevées, aux xn e et xm* siècles, par des abbayes et faisant partie de ces a colonies » monastiques qui étaient les prieurés. Près de Beauvais, autour de Senlis ou de La Fère, nous en découvrirons quelques-unes (2 : il ne sera sans doute pas in¬ signifiant de les rapprocher de monuments ana¬ logues, mieux respectés, qui s’élèvent dans les dunes ou les prairies de la Flandre belge. C’est un des chapitres les plus importants et, malgré de grandes lacunes, les mieux connus, de l’histoire de l’agriculture que celui qui traite de l’action des moines sur le sol : elle s’exerce dès l’origine de l’ordre bénédictin. La journée des moines était partagée, selon l’expresse volonté du fondateur, entre la prière et le travail manuel (3), surtout agricole. « Si autem nécessitas (1) Bulletin , XXIII (1907-9) pp. 27-115. (2) Quelques-uns des clichés projetés à la séance publique nous avaient été obligeamment communiqués par notre collègue M. F. Martin-Sabou et par M. Commessy, instituteur à Allonnes près Beauvais. Nous sommes heureux de leur expri¬ mer ici toute notre gratitude. (3) A. de Monlalembert, Les Moines d’Occident , VI, p. 273. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN - 557 — loci disait la Règle (i), autpaupertas exigent ut ad fruges colligendas per se occupentur, non contristentur quia tune vere monachi sunt si labore manuum suarum vivunt ». On sait quel fut le grand labeur des premiers Bénédictins, ceux des vu 6 et vm e siècles, dans les forets ou mieux dans la forêt continue qui couvrait toute la Picardie, enserrant les anciennes agglomérations gallo-romaines et barbares à demi-ruinées. Les moines « essarteurs » de Saint- Riquier ont donné ou rendu le Ponthieu aux hommes et à la civilisation, ce pendant que ceux de Corbie faisaient du Santerre la région fertile qu’il n'a plus cessé d’être. C’est, selon le mot de leur historien, Montalembert, « l’éternelle gloire » des moines d’avoir disputé le sol de toute l'Europe occidentale aux ronces et aux bêtes sauvages. « Religieux et colons, a écrit Anatole France, à propos de notre saint Valéry et de ses compagnons (2), ils ont pétri de leurs rudes mains et la terre où nous vivons et les âmes de ses anciens habitants : ils ont creusé dans le sol de la France une indestructible empreinte. 11 n’est pas indifférent pour nous que ces hommes apos¬ toliques aient existé. Nous leur devons quelque chose : il reste dans le patrimoine de chacun de nous quelques parcelles des biens qu’ils ont légués à nos pères. Ils ont lutté contre la (1) Chapitre 48 (2) Pierre Nozière , p. 218 Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 558 — barbarie.., ils ont défriché la terre ; ils ont apporté à nos aïeux sauvages les premiers arts de la vie et de hautes espérances. » De fréquentes donations étendaient cette prise de possession de la terre par les moines : les trop rares listes de biens qui nous sont parvenues dans les « polyptyques » et les cartulaires nous le prouvent. Mais les troubles sociaux, les appa¬ ritions des envahisseurs normands, faisaient reculer ou anéantissaient cette action civilisatrice. C’est à partir du* xn e siècle que, profitant de la relative paix publique — elle se fortifie au siècle suivant par l’institution des baillis royaux, la suppression des guerres privées, — les abbayes organisent l’exploitation de leurs domaines et rebâtissent ou fondent leurs prieurés. (I) Les Bénédictins ont alors des émules : quelques rares seigneurs laïques et surtout des instituts monastiques récents qui eu^ aussi imposent à leurs associés le travail manuel, le travail de la terre. Le plus actif de ces ordres est en Picardie celui de Prémontré : ce sont les moines de Saint-Jean d’Amiens qui ont tracé des routes et des clairières à travers les bois, dont le plus épais était la forêt de La Vicogne, reliant la forêt de Crécy, vers l’ouest, à celle d’Arrouaise, l 'horrida Silva , vers l’est. La plupart des vil¬ lages des cantons d’Acheux, de Villers-Bocage (1) Flach, L'origine historique de l'habitation et des lieux habités en France , 1899, p. 73 Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN * ê - 559 — et de Picquigny ont les conynencements de leur histoire enregistrés dans les cartulaires de Saint-Jean et les premières annales des villages des cantons de Roisel et de Combles sont écrites dans les cartulaires des chanoines réguliers d’Arrouaise. Mais ces précieux recueils sont encore à peu près inédits ; seul un des fondateurs de notre compagnie, Bouthors, a pris dans le « fonds » de Saint-Jean aux Archives départemen¬ tales de précieuses notes qu’il a utilisées pour rédiger les introductions aux diverses séries de son édition des coutumes du bailliage d’Amiens ( l) Les guerres ont si bien dévasté la région nord de l’Amiénois, où s’était dépensée l’ardeur des moines-pionniers, que pas une pierre n’est restée de leurs fermes et de leurs chapelles au Valvion, à Septenville, au Val-de-Maison, à La Vicogne, à Olincourt..., que ces prieurés n’ont pas laissé plus de traces que l’abbaye elle-même dans la partie d’Amiens qui est aujourd’hui le quartier Saint-Boch. Un bâtiment, remanié jusqu’à n’avoir plus grande signification, que la tradition locale ap¬ pelle la « Grange aux Moines » à Bussu près de Saint-Riquier (2), un autre, peut-être de l’époque (1) Ct. spécialement, Coutumes locales du Bailliage d’Amiens (dans la collection in-4° de Documents publiés par la Société) I, p. 273 et 8uiv. ; Duchaussoy, Beauquesne, Abbeville, 1898, p. 16. (2) Communication de M. Henri Macqueron. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 560 — • • romane, en bon état à Brunehautprc près deGam- pagne-lès-Hesdin (Pas - de - Calais), épave d’un prieuré des Prémontrés de Saint-André-aux- Bois (1), sont à notre connaissance les seuls restes • % d’architecture monastique du moyen-âge (2), hors des abbayes elles-mêmes, dans la Picardie cen¬ trale. Il nous faut conduire notre enquête, pour la rendre profitable, plus loin d’Amiens, vers les frontières, assez imprécises, de notre province. Ici, pour nous enseigner le rôle d’autres grandes abbayes picardes, des monuments vien¬ nent illustrer les textes latins touffus et monotones de leurs cartulaires. Cèlle autour de laquelle on rencontre le plùs grand nombre de ces documents archéologiques e3t l’abbaye cister¬ cienne de Chaalis, près d’Ermenonville, à deux lieues au sud-est de Senlis. Fondée en 1126, elle possédait encore à la veille de la Révolution une très vaste église du xm e siècle, un dortoir et un réfectoire dont les dimensions, la magnificence (1) A. de Calonoe, Arrondissement de Montreuil dans le Dictionnaire historique et archéologique du Pas-de-Calais, p. 29 ; le même, Histoire des abbayes de Dommartin et de Saint-André-aux-Bois, Arras 1874, p. 106. (2) Les bâtiments du prieuré de Saint-Denis d’Airaines datent du xvi e siècle. Cf. La Picardie historique et monumentale Tome I, p. 385 (notice de M. de Guyencourt). Digitized by Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 561 • * • étaient célèbres (l). Mais surtout la « chapelle du roi » devait être un exceptionnel exemple de l’art somptueux de la Renaissance, du temps où « de très grands personnages, les cardinaux de Ferrare et d’Este, s’étaient succédé à la direction • # de l’abbaye : Le Primatice avait personnellement travaillé à la décoration de cette chapelle. • • Le temps a eu plus d’égards pour les archives que pour les constructions de Chaalis, mais il les a éparpillées à la Bibliothèque nationale, aux Archives nationales, à Beauvais, au Château de Chantilly et en divers cabinets. C’est ce qui explique peut-être que l’histoire de Chaalis n'est pas encore écrite. Les recherches partielles publiées par nos confrères du Comité archéolo¬ gique de Senlis ne sont que des pierres d’attente de la future monographie. Dans nos propres mémoires (2), Cocheris a donné l’analyse de (L) A. de Longpérier-Grimoard, Notice historique sur l'abbaye de Chaalis, Senlis, 1887, in-8°, plan ; Eug. Lefèvre- Pontalis, L'Église abbatiale de Chaalis, dans le Bulletin monumental, LXVI (1902), (2) Cf. H. Cocheris, Catalogue analytique . des manus¬ crits . relatifs à l’histoire de la Picardie dans les Mémoires de la Société des Antiquaires de Picardie Tome XII p. 458 (Tome I. p. 314 du tirage à part); Flammermont, Recher¬ ches sur les sources de rhistoire de l’abbaye de Chaalis , dans les Mémoires du Comité archéologique de Senlis , 1876. p. 35-39 ; la collection de ces Mémoires (Procès-verbaux passim)... Pour l’histoire spéciale des granges de Chaalis, les documents les plus importants sont contenus dans un cartulaire de 1398 (Bibliothèque nationale, Ms. lat. 11003) Cf. Delisle, Le cabinet des Manuscrits Tome II, p. p. 349-50. 8 Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 562 — plusieurs cartulaires et chartes isolées qui per¬ mettent de suivre l'extension du temporel de l’abbaye aux xii* et xm* siècles. Après chaque acquisition importante, les Cis¬ terciens de Chaalis, suivant l'usage constant de leur ordre et même de tous les ordres, faisaient choix dans le domaine nouveau du point le plus propice pour y établir le siège de l'exploi¬ tation agricole. Un groupe de moines, six ou huit, étaient détachés de la maison et placés sous la direction d’un chef, d’un prior : aidés de paysans, attirés par la sécurité, les avantages de droit que procurait le patronage des moines, la colonie avait vite construit les bâtiments indispensables au prieuré naissant. Viollet-le- Duc a publié (1) le plan d’un prieuré bourguignon, qui montre quels étaient ces éléments premiers : la modeste habitation du prieur, des frères et de quelques aides laïques, la chapelle, les étables, les écuries, le pressoir, la grange sous laquelle s’étendent parfois les celliers lorqu’ils ne forment pas une construction distincte. Si la grange devient trop petite, d’autres, moins larges et moins hautes sont élevées aux environs : ce sont les bordæ ou bordariæ (2). Un mur souvent pourvu de défenses délimite le prieuré, à l’imita¬ tion de l’abbaye elle-même. La porte unique, (1) Dictionnaire raisonné d'architecture ; Tome I, p. 275. (architecture monastique) ; Cf. Tome VI p. 43 (grange). (2) Ducange, Glossarim , aux mots : borda et bordaria. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 563 plus rarement les deux portes, sont fortifiées. Le prieuré de Saint-Leu-d’Esserent près de Creil, peut fournir le type d’une telle entrée.. L’abbaye de femmes de Saint-Jean-aux-Bois, sise au cœur de la forêt de Gompiègne, possède encore les deux portes et une partie du fossé de l’enceinte : l’entrée principale souvre entre des tours couron¬ nées de mâchicoulis de pierre; l’autre, remaniée, est plus pittoresque qu’imposante. Les maisons de paysans viennent s’adosser à la muraille du prieuré, sous sa protection. C’est bientôt un village dont la chapelle de la ferme sera la paroisse (l). Le prieuré se complète aussi rapidement d’une infirmerie pour les moines et les ouvriers ou d’un a6ri pour les voyageurs et les pèlerins, d’une « hôtellerie ». La ferme de l’abbaye flamande des Dunes à Bogaerde près de Fûmes sera tout à l’heure un exemple de cette organisation développée. Ne retenons qu’un des bâtiments primitifs, le (1) Flach, étude citée p. 63 et Origines de l'ancienne France Tome II, p. p. 151 et suivantes. — a Les métairies ou granges (grangix) éloignées d’au moins un mille des lieux les plus voisins devinrent des exploitations agricoles complètes Un maître dirigeait les frères convers, bergers, bouviers, labou¬ reurs, charretiers, forgerons, laitiers... portant de longues barbes et des costumes rustiques. Il n’y avait pas plus de huit ou dix frères par grange. Les granges formaient un paral¬ lélogramme avec une cour au milieu et deux grandes portes d’entrée... Les granges ont été l’origine de beaucoup de hameaux et de villages ..a Quantio, Carlulaire général de l’Yonne, Tome I, p. XXXV, cité par Flach. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 564 — seul qui souvent a résisté, la grange, et revenons à Chaalis,dont sept granges priorales sont encore debout. Aucune n’est très éloignée de l’abbaye : le temporel était en quelque sorte* centralisé. 11 était toutefois ordinaire que des abbayes pos¬ sédassent des terres dans de lointaines régions de la France ou en pays étrangers ; Saint-Valéry eut des prieurés dans le comté d’Essex, Saint- Riquier autour de Liège ; Saint-Bertin de Saint- Omer essaima des moines à travers la Flandre et Corbio était riche de ce qu’un moderne appellerait un petit empire colonial au centre de l’Allemagne. _ • • _ Cinq des granges de Chaalis : Fay, Le Four- cheret, Borest (1), La Grange aux Noues et Vaule- rand sont dans le Senlisis ou dans la partie con- tigüe de l’Ile de France. La plus belle, par ses dimensions et sa parfaite intégrité est celle de Vau- lerand, à deux kilomètres de Louvres, en Seine- ct-Oise. Les règles des administrations monas¬ tiques prescrivaient d’élever ces bâtiments suivant un même plan, que leur destination suffisait d’ail¬ leurs à recommander : il existe donc un modèle commun (2) de la grange d’abbaye, au moins de la grange cistercienne. Si nous comparons à Vau- (1) Les mémoires du Comité archéologique de Senlis, 1895, p. XVII, mentionnent une élude de M. Diogène Maillarl sur Borest, dont la communication fut suivie d’une discussion sur les « fermes de type cistercien de l'abbaye de Chaalis et de Montmartre jd. Cette élude est encore, croyons>nous, inédite. (2) Voir Philippe Lemaître, Quelques granges dimières de l'Eure. (Le Bec, Bonneville, Le Bec-Hellouin, Marbeuf) dans le Bulletin monumental, tome XV (1851) p. 193. Digitized by Google Original from UNIVÈRSITYOF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Digitized by Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 565 lerand la grange d’une autre abbaye du Parisis, l’abbaye de Maubuisson près de Saint-Ouen- l’Aumône, l’analogie des dispositions ne man¬ quera pas de nous frapper. La construction de Vaulerand étant de l’avis de tous la plus belle application qui subsiste de ce plan, décrivons la à grands traits et nous pour¬ rons éviter, à l’occasion des granges suivantes, d’inutiles répétitions. Le plan (1) est un parallélo¬ gramme de 70 mètres de long sur 18 de large dans œuvre. Vingt-quatre piliers carrés le divisent en trois nefs.' Ils reçoivent à une dizaine de mètres du sol des arceaux en tiers point. Ces deux lignes d’ar¬ ceaux supportent une énorme charpente très sim¬ plement disposée : pour le débit de cette suite de fermes et de chevrons, toute une forêt a été em¬ ployée. La nef centrale est éclairée par quatre fenêtres groupées deux à deux dans le pignon de la façade: celles du bas sont percées en plein cintre, celles du dessus en tiers point. A côté de la porte charretière en arc surbaissé s’ouvre une porte basse. Aucune autre ouverture, pour la sor¬ tie des voitures déchargées, n’existe dans le pignon opposé ou dans les murs latéraux. Une élégante tourelle se dresse à droite de la grand’ porte. Elle abrite un escalier en vis qui conduit à une chambrette, à un poste de guetteur dominant la campagne. Un lit y devait trouver place. Le (l) Voir Verdier etCattois, Architecture civile et domestique au Moyen-Age et à la Renaissance, tome II, p. 226. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 566 cartulaire de Notre-Dame de Paris renferme un contrat de 1234 (l) pour la construction d’une grange du Chapitre à Vernou en Seine-et-Marne. Ony prévoit que \ Turricula inpignaculoposteriori larga ad unum lectum erit et gradus ad ascen - dendum. Erit autem de bono merreno , forti et grosso, et de bona tegula. Un frère passait donc la nuit dans cette tourelle. Ne fallait-il pas avoir les yeux à tout instant sur cet amoncellement de récoltes où grands étaient les risques et terribles auraient été les conséquences d’un incendie ? On appelle couramment toutes ces granges des « granges dîmeresses ». Le terme est, dans nombre de cas, inexact. Nous croyons qu’une construction de la grandeur de celle de Vaulerand était faite pour recevoir la totalité des céréales produites dans une assez vaste exploitation et non pas seulement un quantième perçu sur cette production. Sans doute il. existe encore des granges fiscales (2), toutes plus petites que celle que nous venons de visiter. A Parnes (3), dans (1) Guérard, Cartulaire de l'Eglise Notre-Dame de Paris (publié dans la Collection des documents inédits de l’Histoire de France tome II, p. 236). Cf. Denis, Lectures sur l'histoire de l’agriculture dans le département de Seine-et-Marne, Meaux, 1881, p. 140. (2) C'est une grange fiscale qne mentionne Suger dans le chapitre II du De Rebus in administratione sua geslis ( Cf. ch. 21. ) : a In introïtu villæ novam curiam cum granchia nova erigi facimus ut in ea campipars universalis... reponeretur.s. (3) Louis Régnier, Notice archéologique sur la commune de Parnes dans les Mémoires de la Société académique de l'Oise, Tome XIX, 1™ Partie (1904) p. 230. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN le canton de Chaumont - en - Vexin, l’abbaye d’Ouche ou de Saint-Evroult, au diocèse de Lisieux, possédait une grange longue de 34 mètres, construite à la fin du xn e ou au début du xiii* siècle, et dont l’intérieur est comme une réduction de celui de Vaulerand. La très fameuse abbaye de Saint-Denis a en France » avait, à Ully-Saint-Georges (l), près de Mouy dans l’Oise, un prieuré dont la grange, étayée, comme toutes, par de puissants contreforts, était, elle aussi, accostée d’une tourelle. Il faudrait les quadru¬ pler l’une et l’autre pour obtenir une surface couverte égale à celle de Vaulerand. Encore que moins vastes, celles du Fourcheret entre Baron et • • Montépilloy, et du Fay près de Saintines, toutes deux dans le Senlisis et dépendances de Chaalis, sont assez importantes pour être rangées dans notre groupe des granges d’exploitation. A la direction de chaque grange était préposé un moine du prieuré, afTecté à ce seul service particulier, le grangiarius ou grangerius (2‘. La belle pierre blanche de la vallée de l’Oise _ • • n’a souffert à Vaulerand comme au Fay d’aucune atteinte et l’on peut appliquer à ces fermes du (1) Graves, Précis statistiques des cantons de l’Oise, canton de Neuilly-en-Thelle, p. 90. (2) Ducange, Glossarium , à ces mots, renvoie aux chapitres 81*111 du Liber usuum Ordinis cisterciensis. Cf. Alb. Lenoir, Architecture monastique (dans la Collection des documents inédits de l'Histoire de France ), tome II, p. 412. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 568 xni e siècle ce que M. de Calonne a écrit (1) de l’ensemble des établissements agricoles monas¬ tiques du xviii 0 siècle : « Largement conçue, solidement bâtie, véritable ferme modèle, la ferme d’abbaye demeure à travers les âges, enseignant par un témoignage irrécusable com¬ ment les moines entendaient jadis le progrès et le confort agricole. » Les monuments que nous recherchons furent presque tous élevés au plus beau temps de l’architecture gothique : les profils des baies y sont manifestement très purs. Mais la destination même des granges ne provoquait et les conditions des devis n’autorisaient aucun luxe, aucune décoration. Les supports sont des colonnes que couronnent quelques moulures banales ou bien des piliers dont le plan est un rectangle aux angles simplement abattus. Tout au plus, à Troussures-Sainte-Eusoye (2) près deFroissy, où Chaalis construisit une grange de cinquante mètres, qui est la plus éloignée du siège même de l’abbaye, apercevons-nous sur le pignon posté¬ rieur, à travers les plus hautes branches des arbustes, un quatrefeuille élégamment tracé, serti dans un chanfrein comme la petite fenêtre qui le domine. A Troussures un spécialiste (1) La vie agricole dans le Nord de la France sous l'ancien régime , p. 192 de la 3 m# édition. (2) Cf. Chanoine Muller, Course archéologique... dans les Mémoires de la Société académique de l’Oise, tome XVII, 2 e partie (1896), p. 296. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 569 trouverait une occasion d’étude dans la couverture qui doit être en grande partie ancienne. Parfois la grange était établie au dessus de celliers ou d’étables : c’est le cas de la très belle grange de l’abbaye de Yauclair (i), dans l’Aisne, entre Laon et La Fère ; ses murs épais de près d’un mètre limitent une surface de 68 mètres sur i 3, divisée en deux nefs de quatorze travées ; sous la grange de l’abbaye dn Saint-Martin-aux-Bois (2), près de Maignelay dans l'Oise, un rez-de-chaussée voûté servait et sert encore de bergerie et de vacherie. Vers l’entrée de la ferme, le pignon, crénelé « à pas de moineaux », est percé de deux fenêtres à meneaux d’un très beau dessin. Les exemples actuels de celliers isolés (3) ne sont pas picards ; mais u’avons-nous pas les ma¬ gasins de ville d’une abbaye vigneronne, dans le Refuge de l’abbaye du Gard, impasse Barbafust à Abbeville ? Cette doyenne des maisons picardes à date certaine est dressée sur des caves aux voûtes (1) Cf. F. Verdier et Caltois, ouvrage cité, Tome I. p. 93 ; Poquet, Excursion archéologique à l'abhaye de Vauclair dans le compte-rendu du XVlll * Congrès archéologique de France (1851-2) p. p. 66-73 ; Piette, Histoire de Vabbaye de Foigny. Vervins, 1847, p. 276 : notice sur la grange de Vauclair consi« dérée comme un spécimen des granges de Foigny. — Dans ce dernier ouvrage on trouvera une série de curieuses notices sur les prieurés importants de l’abbaye cistercienne de Foigny, près de Vervins, fondée en 1121. (2) . Verdier et Cattois, ouvrage cité, tome II, p. 224. (3) Liste dans Enlart t Manuel d'archéologie française , tome II, 40. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 570 magnifiques, véritables chaix ingénieusement établis dans le voisinage du port fluvial d’expor¬ tation (I). Deux autres groupes d’établissements ruraux de l’ancienne France comprenaient des granges que l’on peut rapprocher de celles de9 prieurés : ce sont les commanderies des ordres militaires du Temple ou de l'Hôpital, fermes appelées dans certaines régions de France des loges , et les lépro¬ series ou maladreries. Dans notre département, nous trouvons un exemple satisfaisant de grange de commanderie élevée au xiv° siècle sur la rive gauche de la Somme, entre Ham et Péronne, à Eterpigny. Comme la grange de la léproserie amiénoise de la « Madeleine au lait » sur la route de Saint- Vaast, est aujourd’hui une bâtisse du xvm e siècle saus caractère, c’est dans l’Oise, si riche en monuments de tous genres, que nous irons visiter deux lépro¬ series. Aux portes de Beauvais, colle de Saint Lazare d’Àllonnes est complète (2). La grange est très (1) . Voir La Picardie historique et monumentale , tome III, p. Il, (notice de M. H. Macqueron). (2) Elle porte parfois le nom de maladrerie de Voisiolieu qui est le faubourg de Beauvais sur lequel elle est située. Mais par une bizarrerie administrative, Voisinlieu fait partie de la commune d’AlIonnes. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 571 - vaste : on y pénètre par deux portes qui donnent accès au bas-côté sud, le bâtiment étant divisé en trois nefs, d’après un plan que nous connaissons déjà. La léproserie comme le prieuré avait une chapelle ; ses dimensions lui donnaient souvent, comme à Abonnes, l’aspect d’une véritable église. La porte de celle-ci a un tympan très curieuse¬ ment imbriqué de petits carreaux céramiques. Les divers éléments du prieuré primitif,que nous a indiqués le schéma de Viollet-le-Duc, se re¬ trouvent tous dans une autre léproserie de Saint- Lazare, aux portes de Clermont. Le voyageur qui suit ltf ligne de Paris peut apercevoir la porte, le faîte de la chapelle et la grange : seuls les bâtiments d’habitation ont été reconstruits à l’usage du fermier qui a succédé aux pauvres ladres. Ce fermier a transformé en seconde grange la petite chapelle percée de fenêtres étroites et peu nombreuses qu’y ont pratiquées les constructeurs romans. Pendant que Chaalis disséminait dans le pays de Senlis ses fermes de pierre blanche, une abbaye flamande, de l’ordre de Citeaux comme Chaalis, dressait en Flandre des fermes de briques C’était l’abbaye de la Vierge, dite des Dunes (1), fondée en 1107 entre Fûmes et Coxyde, sur le littoral même de la mer du Nord. Quatre granges énormes (1) Un Picard, Gilles de Roye, l'auleur des Annales Belgici en fut abbé au xv« siècle. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 572 indiquent encore la situation de quatre prieurés : elles ont été « découvertes », il y a trois ans, par un érudit gantois, M. Armand Heins, qui est aussi un fort habile dessinateur. La vue de ses croquis dans le Bulletin de la Société d’histoire et d'ar¬ chéologie de Gand (l) m’avait inspiré le désir de connaître les monuments eux-mêmes : j’ai dû mal¬ heureusement en négliger deux, Hemme et Allartshuisen. La carte ci-contre indique où se trouvent ces hameaux par rapport aux villes voi¬ sines, Dunkerque, Ostende et Bruges. (1) 13 e année (1905) n° 2,x>. p. 65 à 1C8 : Les granges monu¬ mentales des anciennes Abbayes des Dunes et de Ter Doest dans la Flandre maritime (xiu* siècle), avec notes historiques de V. Fris. Il existe un tirage à part in-18 carré (Gand, N. Heins) sans les notes, sous ce titre : Au pays des dunts. Excursions pittoresques aux anciennes granges monumentales delà Flan• dre maritime . Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Original fr< VERSITYOF MICHIGAN (Cl. Pierre Dubois). range de l’Abbaye de Ter Doest (Flandre Occidentale). Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 573 Ter Doest, d’abord prieuré des Dunes, devint une véritable abbaye filiale. Les chartes romanes l’appelle l’abbaye de Thosan, de tous les Saints ou de la Toussaint. La brique permet sans frais, mieux que la pierre, quelques dispositions décoratives et l’on connaît, aprèsavoir vu des façades brugeoises ou gantoises (1), l’habileté, à toutes les époques, des Flamands pour plier à leurs caprices les tablettes d’argile cuite qui seules étaient à leur disposition. Entre les contreforts du pignon de la grange de Ter Doest, ils ont appliqué de grandes arcades aveugles divisées en deux lancettes avec, dans chaque pointe, un oculus. La charpente intérieure est portée non plus par des piliers maçonnés mais par de gros troncs de chênes, dressés sur des blocs qui sont les seules pierres de la construction. La ferme de Bogaerde, à trois kilomètres au nord de Fûmes, mériterait un long examen ; de la grange il ne reste que les pignons opposés : distants de 45 mètres, ils sont percés d’ouver¬ tures en plein cintre et d’autres en tiers point, juxtaposition que nous avons notée déjà et qui trahit le début du xm e siècle. Ces pignons aujour¬ d’hui découronnés, limitent une aire considérable dont une grange moderne ne couvre qu’une par¬ tie. Bogaerde devait avoir un des plus vastes greniers que des moines aient jamais construits. (1) Un des exemples les plus célèbres est un pignon de rhôpital de la Byloke à Gand. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 574 Les briques employées sont des grandes dimen¬ sions : celles des corniches sont moulurées. Le long du bâtiment se développait une suite d’ar¬ ceaux cintrés reposant sur des appuis saillants très comparables aux modillons des nefs romanes. Dans le corps à cinq baies aveugles en tiers point, séparées par des contreforts, qui fait vis-à- vis à la grange, M. Heins reconnaît une infirmerie pour les membres, religieux et laïques, de cette colonie agricole. Mais ce qui suffirait à attirer à Bogaerde les curieux de vestiges rares, c’est une simple niche à chien, la plus vieille sans doute qui existe puis¬ qu’elle daterait du temps de saint Louis : son entrée est encadrée de briques moulurées. Le fond, de l’autre côté du petit mur où elle est en¬ castrée, est une sorte d’absidiole en cul de four. d Les proportions, les ligaes architecturales et les matériaux, ajoute M. Heins (l), ne peuvent laisser de doute quant à son âge ». La ferme proprement dite, l’habitation, n’est plus de l’époque de l’établissement du prieuré. Rebâtie au xvi e siècle, elle se présente sous l’aspect d’un manoir. La silhouette des différents logis aux pignons à gradins est dominée par une tourelle svelte : c’est une cage d’escalier qui con¬ duit à uu poste pour l’observation du voisinage. Nous avons vu que les tourelles des granges du xiii* siècle servaient déjà à cet usage. (I) P. 92 du Bulletin et 44 de l'édition spéciale cités. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Parce qu’ils n’ont pas cessé d’avoir leur utilité première, immuable, ces gigantesques greniers de pierres et de briques ont été préservés depuis huit cents ans. Les gens de guerre de tous les siè- cles,oubien les envoyés du roi, les ingénieurs d’un Richelieu,puis les larrons dematériaux tout taillés, ont mis en fâcheux état les châteaux dont les tours, les courtines se dressaient au-dessus de ces fermes, leurs contemporaines. Un simple tertre de gazon marque souvent la place d’une forteresse qui était aussi un palais. Quelques murs délabrés, sous des taillis, sont ce qui reste d’une abbaye riche et populeuse. Et les piliers, les charpentes des granges sont intacts. Les yeux,ici, ne sont pas émus par l’expression d’une statue ou amusés par les « histoires » déroulées à la corbeille d’un chapiteau, par les sarments dévidés sur une frise. Mais ne peuvent- ils être surpris, si nous y pénétrons avant la moisson, par la grandeur de ces nefs où, entre l’épaisseur des ombres, les raies de lumière filtrée meurent en taches éclatantes ? Si le hasard des excursions, à travers la Picardie « ou la Flandre, vous conduit auprès d’une de ces granges d’abbaye, elle vous donnera, j’imagine, avec une claire leçon d’histoire, l’impression de sa beauté spéciale que le temps à soulignée. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 576 OUVRAGES REÇUS PENDANT LE 4® TRIMESTRE DE L’ANNÉE 1908 I. Le Ministère» 1° Annales du Musée Guimet, T. XXI, 1-2. —"2° Musée Guimet; Bibliothèque de vulgarisation; exposition temporaire au musée Guimet ; conférences. — 3° Revue de l’histoire des religions, LVII, 2-3. — 4° Bulletin archéologique du comité des travaux historiques et scientifiques, 1908, 1. — 5° Bulletin his¬ torique et philologique du comité des travaux historiques, Année 1907, 1-4. — 6° Journal des savants, 1908, 10-11. — 7° Revue des études grecques, XXI, juillet-octobre, 1908. — 8® Revue historique y XCIX, 1-2, 1908. II. Les Auteurs. 1° M. le lieutenant d’Anchald — Notice généalogique sur la famille du Liège, en Picardie. — 2° L’abbé Arcelin. — Le Ver- mandois et les temps préhistoriques. — 3° L’abbé Baudry. — Une lettre autographe de l'abbé Tondu, curé de Neuilly-sous- Clermont (1776-1790). — Conférence de M. Eugène Lefèvre- Pontalis, etc., sur 1 habitation au Moyen-Age. — '»° L’abbé Fourrière. — Revue d’exégèse mythologique, n° 98. — 5° M. Lair-Dubreuil. — Collection Henry Say. — 6® M. Pilastre. — La religion au temps du duc de Saint-Simon, d’après ses écrits, etc, — 7° M. Plessier. — Le Valoys royal, extrait des mé¬ moires de M. Nicolas Bergeron, advocat en Parlement, etc. — 8° L’abbé Porée. — Quelques lettres de peintres français. — 9° M. E. Yassel. — L’Emancipation de la femme en Egypte, par Kassem Emin-Bey (traduction). — Ain-Garci, légende tunisienne, — Note sur quelques stèles puniques. — Lettre ouverte à M. le résidant général sur la création d’un musée (à Tunis). — Sur un fragment de dédicace punique. — Cinq stè¬ les puniques. — Le Juif tunisien. — Satire judéo-tunisienne contre les Juifs de Djerba. — La littérature populaire de Juifs tunisiens, etc Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 577 III. Don. M. Carbon. — Antiquités égyptiennes, grecques et ro- maines (Catalogne illustré d’une vente). IV. — Acquisition. 1° Table générale de l’Album Caranda, par M. Pilloy. V. Sociétés françaises. 1° Académie de Clermont-Ferrand. — Bulletin d’Auvergne, 2* série, 190B, 8. — 2° Académie de Nantes. — Annales, 8® sé¬ rie, IX, 1. — 3® Académie de Nîmes. — Mémoires, 7 e série, XXX, 1907. — 4° Académie des inscriptions et belles lettres. — Compte rendu des séances, juillet-septembre, 1908. — 5° Académie de Vaucluse. — Mémoires, 2 e série, VIII, 3. — 6° Académie nationale dè Reims. — Travaux, CXX et CXXI. — 7° Association des Rosati picards. —• Le livre noir de la ville d’Amiens, par V. Jourdain. — En Laonnais, par A. Rostand. — 8® Commission des Antiquités et des Arts de Seine-et-Oise, T. XXVIII. — 9° Commission historique du dép. du Nord. — Jules Finot, etc — 10° Société académique de Laon. — Bulle¬ tin, XXXII, 2. — 11° Société archéologique de Sens. — Bulle¬ tin, XXIII.— 12® Société archéologique de Tarn-et-Garonne. — Bulletin, XXXV, 1-4, 1907. — 13° Société archéologique de Vervins. — La Thiérache, XXI, 1904-1905. — 14® Société ar¬ chéologique du département d’Ille-et-Vilaine. — Bulletin et Mémoires, XXXVIII, 1. — 15° Société archéologique et histo¬ rique de Clermont (Oise). — Mémoires I, 1904. — 16° Société archéologique et historique de l’Orléanais. — Bulletin, XV, 2, 1908. — 17® Société archéologique du Limousin. — Bulletin, LVIII, 1. — 18® Société d’agriculture de Boulogne-sur-Mer.— Bulletin, 2® série, IX, 5. — 19® Société d'archéologie lorraine. — Bulletin, 1907, 11 ; 1908, 8-11. — 20° Société d’archéologie, etc., d’Avranches et de Mortain. — Revue de l’Avranchin, T. XIV. — 21® Société de la Diana. — Bulletin, XV, 8. — 22° Société de l’école des Chartes. — Bibliothèque de l’école des Chartes, LXIX, 3-4. — 23® Société de l’histoire de Paris et de l’Ile-de-France. — Mémoires ; XXXIV, 1907. — Bulletin, XXXIV, 1907. — Légende de St Denis, par M. H. Martin. — 9 Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 578 - 24° Société d’Emulalion de Cambrai. — Mémoires, T. LX1I. — 25° Société d’émulation du département des Vosges. — Anna¬ les, LXXX1V. — 26* Société départementale d'archéologie et de statistique de la Drome. — Bulletin, octobre, 1908 — 27o Société de Sl-Jean. — Notes d’art et d'archéologie, XX, 9-11 — 28° Société des archives historiques de Saintonge, etc. — Re¬ vue de Saintonge, etc., XXV111, 3-6, 1908. — Table alpha¬ bétique des matières contenues dans les volumes publiés par la Société. — 29° Société des lettres, sciences et arts de la Cor¬ rèze. — Bulletin, 1906, 3. — 30° Société des lettres, sciences et arts de l’Aveyron. — Procès-verbaux, 1858-1860, 1860-1862, 1906-1907. — 31° Société des sciences historiques et naturelles de l’Yonne. — Bulletin, XLI. — 32° Société d’histoire et d’ar¬ chéologie de Chalon-sur-Saône. — Mémoires, 2* série, II, 2. — 33° Société florimontane d’Annecy. — La revue savoisienne, 49* année, 3, 1908. — 34° Société française d’archéologie. — Bulletin monumental, LXXI1, 3-4. — 35° Société française de numismatique. — Revue de numismatique, 4* série, XII, 3, 1908. — 36° Société historique et archéologique de Château- Thierry. — Annales, 1907. — 37° Société historique et arché¬ ologique du Gâtinais. — Documents, V ; Recueil des chartes de l’Abbaye de St-Benoît-sur-Loire. — 38° Société historique et archéologique du Périgord. — Bulletin, XXXV, 5. — 39° So¬ ciété industrielle d’Amiens.— Bulletin, 1908, 2. — 40° Société libre d’émulation, etc., de la Seine-Inférieure. —Bulletin, 1907. — 41° Société nationale des Antiquaires de France. — Mel- tensia, V, supplément. — 42° Société régionale des Architectes du Nord de la France. — L’architecture et la construction dans le Nord, XVIII, 10, 11. VI. Sociétés étrangères. 1° Société de Gœttingue. — Nachrichlen, phil-hist. Klass. 1908, 5. —2° Académie de Metz. — Mémoires, 3 e série,XXXIV. — 3° Société d’histoire et d'archéologie lorraine. — Jahrbuch, 19* année, 1907 — 4* Société des Antiquaires de Londres. — Proceedings, 2* série, XXI, 2. — Archacologia, 2 e série, LX, 2. — 5° Académie rayale d’archéologie de Belgique. — Annales, 5 e série, X, 3. — Bulletin, 1908, 11. — 6° Société d’émulation de Bruges. — Mélanges, I ; La Légende de Troie à la cour de Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Bourgogne, etc. — Annales, LYII, 1-4, 1907 et LVIII, 1-3, 1908. — Recueils de documents; Inventaire diplomatique des archives de l'ancienne école Bogarde, I et II. — Cartulaire de l'ancienneestaple de Bruges, 1*1 V.—Cartulaire de l’anciefTgrand tonlieu de Bruges. — 7° Académie royale de Belgique. Bulle¬ tin de la classe des lettres, sciences morales, etc., 1908, 3-5. — 8° Société historique et archéologique de Courtrai. — Bulletin, V, 3. — 9° Société d'histoire et d'archéologie de Gand. — Bul¬ letin, XVI, 9-11. — Annales, VIII, 3. — 10° Analectes pour ser¬ vir à l’histoire ecclésiastique de la Belgique, 3 e série, IV, 2. — 11° Académie royale d'Amsterdam. — VerhandeHngçn, nou¬ velle série, VIII, 4-5 ; IX ; X, 1. — Jaarboek, 1907. — Ad conventum hagensem de publica pace. — 12° Société d'Utrecht. — Verslag, juin 1908. — Aanteekeningen, juin, 1908. — 13° Université de Christiania. — Skrifter, 1907, hist.-filosof. Klass. il. — 14° Université d’Upsal, — Bidrag till tolkning af Rok-inscriften, etc. — Urkunder till Stockholms historia,. 1, 3, Stockholms stads privilégié. — La France et la Suède, — 15° Académie impériale de St Petersbourg. — Bulletin, 6 e série, année 1908, 12-16. — 16° Société d’histoire et d’archéologie de Genève. — Registre du conseil de Genève, par Rivoire, 1, II, — Documents sur l'escalade de Genève, etc. — 17° Société de Montréal. — The Canadian Antiquarian and numismatic jour¬ nal, 3 e série, V. 3. — 18° Musée de Mexico. — Anales, V, 5, 6, 7, 8. VII. Périodiques. 1° Annales de l’Est et du Nord. IV, 4. — 2° Archives de la France monastique. — Revue Mabillon, n° 15. — 3° Bulletin historique du diocèse de Lyon, n° 53. — 4° Le dimanche, 4, 11, 18, 25 octobre ; 1, 8, 15, 22, 29 novembre 6, 13 décembre, 1908. — 5° Notre Picardie. — Octobre, novembre et décembre, 1908. — 6° Revue de l’art chrétien, 5* série, IV, 5. 1908. — 7° Revue des questions historiques. — 43 e année, n° 168. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN TABLE DES MATIÈRES A Abbaye du Gard, 128, 215. Adhésion à un vœu pour la conservation des œuvres d’art, 19, 22. Ainval-Septoutre, 486. Airaines. — Pierres tombales, 226. Anchald (M. le l l d'), élu membre non résidant, 456. Arcelin (M. l’abbé), élu membre non résidant, 22. Armand (M. l'abbé). — Gisement archéologique, 486. Atelier préhistorique à Bertangles, 225. Authie (la baie d’), 139. B Bague gallo-romaine de Vaux, 18. Barly, 386. Bas-relief de la famille Cornu, 17. Battoir (Jeu de), 227. Baudry (M. l’abbé), membre non résidant, 138. Beaumont (M m ® la C 1 * 888 de), membre non résidant, 22. Beaurain (M. G.).— Bas-relief de la famille Cornu, 17, 184. — La vie de château en Picardie, 124. — Caves à Hornoy, 375. — Le Prieuré d’Hornoy, 389, 481. Bertangles. — Station préhistorique, 225, 325. Biendiné (M.), élu membre non résidant, 132. Billoré (M. l’abbé), membre non résidant, 478. Bizet (M.).— Sa mort, 485. Blasset (Nicolas), grossier de poissons, 129, 332. Bled (M. l’abbé), 481. Boinet (M. Am.). — Les anciennes croix d'Amiens, 139, 336. Digitized by Google Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN 581 Boiseries de l’Abbaye du Gard, 215. Bonnault (B on X. de). — Le pendu de saint Jacques, 487. Boquet (M. J.), de la commission des recherches, 2. — Discours en quittant la présidence, 3. — Chevalier de la Légion d’Honneur, 319. — L’Eglise de Cayeux-sur-Mer, 324. — Don d’une sculpture, 378. Bouchez (M. A.). — Sa mort, 481. Boulanger (M. C.). — Note sur un rhyton gallo-romain, 133. Bouvier (M. l’abbé). — Atelier préhistorique à Bertangles, 225, 325. Brandicourt (M.), de la Commission des impressions, 2, 315. — De la Commission de la Bibliothèque, 3, 316. — Les Mioimesses d’Abbeville, 12, 150. — Présente une bague gallo-romaine, 18. — Présente des manuscrits, 21. — Discours aux obsèques du chanoine Yitasse, 24. — Notice sur M. le chanoine Yitasse, 124. — De la Commission des concours de 1907, 138. Brasserie (la) à Amiens, 206. Brunei (M. C.), élu membre non résidant, 16. — Lauréat de la Société, 479. Bussy (F.-J. Le Clerc de), 17, 23, 129. C Cadre de Rumaisnil, 316. Calonne (M. de), de la Sous-Commission dite du legs Janvier. 3, 316. - — De la Commission des finances, 16. — Le livre de raison de Le Clerc de Bussy, 17, 23 , 129. — Lauréat de l’Académie française, 137. Cambriolage du Musée de Picardie, 225. Cardon (M. l’abbé), de la Commission de la Bibliothèque, 3,316. — De la Commission des concours, 385. Cardon (M.l’abbé), vicaire à Albert, membre non résidant, 478. Carpentier (J.-B), sculpteur amiénois, 386. Caumartin (M. R.), élu membre non résidant, 16. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 582 Caves & Hornoy, 375. Cayeux-sur-Mer. — L’Eglise, 316, 324, 383. Chauvenet (M. le g** de), membre non résidant, 456. Chokes (Hugues de). — Son sceau, 21. Chopart (M. l’abbé),, membre non résidant, 481. Cimetière de Fresnoy-au-VaL, 139. Cimetière de Rogy, 385. Cimetière d’Herleville, 322. . . Clabault (Gautier). — Son sceau, 18. Collombier (M.),.dela Commission des recherches, 3. — De la Commission des finances, 17, 320. — Le cimetière de Fresnoy-au-Val, 139. — Signale quelques découvertes, 210, 211. Compte-rendu des travaux de l’année 1906-07, 228. — — de l’année 1907*08, 489. Concours, 486. Congrès à organiser à Amiens, 212, 227. Conty. — Groupe de pierres dans le bois, 372. Coquillard (M.), — Sa mort, 481, Corbeau sculpté, 378. Cornu (la famille). Bas-relief la concernant, 17. Cosseral (M. Maurice), de la Sous-Commission dite du legs Janvier, 3, 316. — De la Commission des finances, 17, 320. — Rapport sur les finances, 22, 323. Cosserat (M. Pierre), réélu secrétaire annuel, 221, 482. Croix d’Amiens, 139, 336. D Degardin (M.), membre non résidant, 22. Dégradations à la cathédrale, 125, 132. Delacourt (M.),.membre non résidant, 132. Delassus (M.), sa mort, 2. Delaunay (M>), membre non résidant, 478. ■ Delgove (M.), sa mort, 220. Deriencou'rt (M.), membre non résidant, 323. Dessirier (le D r ), élu membre non résidant, 16. Discours de M. Boquet en quittant la présidence, 3. Digitized by Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 583 Discours de M. Brandicourt aux obsèques du chanoine Vitasse, 24. — de M. Dubois en installant M.Héren, 471. — de M. Dubois en prebant la présidence, 4. — de M. Guerlin à l’inauguration de la statue de Bou¬ cher de Perthes, 379. — % d'installation de M. Héren, 457. , Dominois (M.), obtient le prix Du Gange, 135. Doucet (M.), membre non résidant, 124. Douchet (M.), membre non résidant, 124. Dubois (M. P.). — Discours en prenant la présidence, en 1907,.4 — Remarques sur un sou mérovingien d'Amiens, 22. 0 — Note sur les Marmion, 125. — Congrès à organiser à Amiens, 212, 227. Réélu président*pour 1908, .221, Les maisons de campagne de la banlieue d’Amieus, 287. — Paroles au début de l’année 1908, 315. — De la sous-commission dite du legs Janvier, 31G. — Règlement pour les excursions, 381.' — Le Musée de la parole, 383. — Discours en installant M. Héren,- 471. * — . Les Granges d’Abbayes, 555. Dufresnoy (M.), membre non résidant, 315. DuhameUDecéjean. — Note sur une maison à Nesle, 134. — De la sous-commission dite du legs Janvier, 316. s * Dumont (M. l’abbé}, membre non résidant, 323. . , Durand (M. Georges), de la commission des impressions, 2, 315 — Dégradations à la Cathédrale, 125. — Etiquette pour les satins, 226. — La peinture-sur verre en Picardie, 251. — Peintures anciennes, 324. — Signale un bas-relief et des peintures anciennes, 375. — L’Eglise de Cayeux-sur-Mer, 383. — Statues par J.-B. Carpentier, 386. Durand (M. le conseiller), élu membre non résidant, 2. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN — 584 — E Equipement d'un pèlerin, 503. Etiquette pour les satins awiénois, 226. Excursions. — Règlement les concernant. 381. F Famille Cornu, 185. Faton de Favernay (M. Ch.), membre Don résidant, 381. Féret (M.), membre non résidant, 478. Feu d’artifice tiré à Amiens, 382. Finances, 16, 22, 320, 323. Folk-lore picard, 457. Fouilles dans l’église de Saint-Riquier, 133. Fouilles rue de Lameth, 128. Francqueville (M. de). — Les vieux moulins de Picardie, 27. — Des marteaux pour marquer les arbres et du martelage, 132, 326. — De la commission des concours, 138. — Réélu vice-président, 221. — Mégalithe de Conty, 372. — Elu président, 482. Fresnoy-au-Val. — Cimetière mérovingien, 139. O Gambier (M. l’abbé). — Membre non résidant, 215. Gamounet (M.), sa mort, 369. Gard (Abbaye du), 128, 215. George (M Ue ). — Son portrait, 21. Gisement archéologique à Ainval-Septoutre, 486. Gothiques et Japonais. 170. Goudallier (M.). signale des thèses relatives à la Picardie, 17. — Signale une biographie du conventionnel Saint- Just, 18. — Note sur la baie d’Aulhie, 139. — Note sur les débuts de la guillotine, 139. — Gothiques et Japonais, 170. — Note sur la déformation des édifices gothiques, 212 . Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 585 — Observation sur le mot « raque », 212. — La « Raque-à-Maurepas », 376 Granges d’Abbayes, 555. Grattepanche. — Puits funéraires, 226. Guerlin (M.), délégué de la Société, 126. — Nicolas Blasset, grossier de poissons, 129, 332. — Note sur les collections de M. Corby, 212. — De la Commission dite du legs Janvier, 316. — Les murailles de Roye, 324. — Délégué à Abbeville, 376. Guillotine (débuts de la), 139. Guyencourt (M. de), de la Commission des recherches, 3, 315. — Stèles gallo-romaines trouvées à Amiens, 123. — Fouilles rue de Lamelh, 128. — Note sur une peinture du Puy-Notre-Dame, 219. — Compte-rendu des travaux de l’année 1906-07, 228. — De la Commission de la Bibliothèque, 316. — Le cadre de Rumaisnil, 316. — Peintures anciennes, 322. — Compte-rendu des travaux de l’année 1907-08, 489. Hackspill (M.).— Note sur des pierres tombales à Airaines,226. Héren (M. E.), lauréat de la Société, 217. — Polissoir de Molliens-au-Bois, 226. — Elu membre titulaire résidant, 315. — Discours d'installation, 457. — Second polissoir trouvé à Molliens, 486. Herleville. — Cimetière mérovingien, 322. Heuduin (M.), membre non résidant, 220. Hodent (M.), nommé officier d’Académie, 13. Hornoy. — Le Prieuré, 375, 389, 481. Hotoie (la), 317, 426. Huguet (M.), autorisé à publier un ouvrage, 220. — Prise de Saint-Valéry, 325, 434. I Inscription gallo-romaine de Ratumagus, 325, 368, 370. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 586 J 0 , Japonais (Gothiques et), 170. Jeudi-Jeudiot (Fête du), 211. Josse (M.). — Statue à Templeux, 386. ti m La Roche-Guyon (M. le duc de), membre uou résidant, 22. Laruelle (M. l’abbé), membre non résidant, 211. Ledieu (M.). — Rapport sur les finances, 16, 320. — De la Commission des concours, 138. Leguillier (M E ), membre non résidant, 215. Lenoël (M.), sa mort, 315. Le Sueur (M. l'abbé).— Félicitations, 385. Livre de raison de F. J. Le Clerc de Bussy, 17, 23. Loisne (C* de). —■ Note sur des manuscrits, 382. Lupart (M.), sa mort, 220. Lupart (M me ), membre non résidant, 375. M Macquet (M. P.), membre non résidant, 220. Maison ancienne à Nesle, 134. * Maisons de campagne de la banlieue d'Amiens, 287. Mallet (M. A.), membre non résidant, 138. Mantel (M. l'abbé), de la commission dite du legs Janvier, 3, 316 Marcassin (M.), membre non résidant, 315. Manuscrit provenant du Puy-Notre-Dame, 220. Manuscrits relatifs à la Picardie, 382. Marmion (Les), peintres amiénois, 125. Marsaux (M. l'abbé), sa mort, 13. Marteaux pour marquer les arbres, 132. Martelage (du) 326. Mazières (M. L.), sa mort, 206. Mazières (M. A.), membre non résidant, 215. Mérocourt (M. de) — La fête du Jeudi-Jeudiot, 211. — Le Jeu de Battoir, 227. Messio (M. l’abbé), sa mort, 214. Michel (M.), renvoie divers mémoires manuscrits, 136. * • * . • - - * • Milvoy (M.), de la commission des recherches; 3, 345 t " Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Minimesses d'Abbeville, 12, 150. Ministère (le) autorise la publication de cartes, 206. Molüens-au-Bois. — Polissoirs préhistoriques, 226, 486. Morgand (le D r ), membre non résidant, 375. . . Moulins de Picardie (Les vieux), 27. Moy (M. l’abbé). — Puits funéraires, 226. Mulliez (M. G.), membre non résidant, 128. — Sa mort, 456. . Murailles de la Ville de Roye, 324. N Normand (M. l’abbé). — Sa mort, 2. O Obsèques de M. le chanoine Vitasse, 53. Ouvrages présentés aux concours, 137. Ouvrages reçus, 116, 196, 308, 362, 443, 576. • • p Patrologie de Migne. -- Don à la Bibliothèque communale, 317, 318. Peintures anciennes, 322, 324, 453. Peinture du Puy-Notre-Dame, 219. Peinture sur verre en Picardie, 251. Pèlerin .4 Composlelle, 503. Pendu de saint Jacques (le),*487. Percheval (M.), — Sa mort, 478. Pierre relative à la famille Cornu, 185. « Pierres tombales à Airaines, 226. Pinsard (M.), de la Commission de la Bibliothèque, 3. — De la Commission des recherches, 3, 315. Piteux (M.), — Sa mort, 378. Plé (M. V.), membre non résidant, 385. Poiret (M. E.), membre non résidant, 128.. Polissoirs de Molliens au-Bois, 226, 486. Pont-de-Metz.— Trouvaille d’objets gallo-romains, 131. — Découverte d‘un tombeau, 210. - Portrait de.M l - W George,-24 .'• * *• _ ; - Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Prieuré d’Hornoy, 481. Prise de Saint-Valéry, 325, 434. Prix du Cange, 135, 138. Programme des concours, 225, 486. Puits funéraires, 226. R Rameau (M.), membre non résidant, 315. Rapport sur les concours de 1907, 216. Rapport sur les concours de 1908, 479. Rapport sur les concours ; Règlement, 486. Rapport sur les finances, 16, 22, 320. Raque. — Observation sur ce mot patois, 212. Raque-à-Maurepas (la), 376. Ratumagus, 325, 368, 370. Règlement relatif aux tirages à part, 124. Repas du Verd (le), 138, 140, Requin (M. l’abbé), membre honoraire, 16. Rhyton gallo-romain, 133. Rietz-Saint-Sauveur (le) à Arras, 317, 426. Rogy. — Cimetière ancien, 385. Roux (M.), de la Commission des impressions, 2, 315. — De la Commission des concours, 385. — Lauréat de la Société française d'archéologie, 386. — Rapport sur le concours de 1.908, 479. Roye. — Murailles de la ville, 324„ Rumaisnil. — Le cadre, 316. S Saint-Just (le conventionnel). — Notes biographiques, 18. Saint-Valery-sur-Somme, 325, 434. Sarot (M. l’ahbé), membre non résidant, 128, Sceau de Gautier Clabault, 18. Sceau de Hugues de Chokes, 21. Scellier (M.), — Sa mort, 374. Schytte (M. E.j, élu membre résidant, 2. — Note sur l’Abbaye du Gard, 128. — Signale des dégradations à la cathédrale, 132. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 589 — Delà Commission de la Bibliothèque, 316. — L’Eglise de Cayeux-sur-Mer, 316. — Présente une ancienne estampe, 382. Séance publique, 1907, 221. Séance publique, 1908, 483. Seminel (M.), membre non résidant, 138. Simonnot (le D r ), membre non résidant, 137, Sou mérovingien d’Amiens, 22. Soyez (M.), delà Commission des impressions, 2, 315. — Le cadre de Rumaisnil, 316. — De la Commission des concours, 385. Station préhistorique de Bertangles, 325. Stèles gallo-romaines trouvées à Amiens, 123 T Tableaux du Puy-Notre-Dame, 2. Templeux-la-Fosse, 386. Tenaillon (M.), membre non résidant, 478. Thorel (M. Oct.), de la Commission des recherches, 3, 315. — Le Portrait de M 1,e George, 21. — De la Commission des concours, 138. — Le repas du Verd, 1-38, 140. — Rapport sur les concours de 1907, 216. Le rietz de Saint-Sauveur d’Arras et la Hotoie d’Amiens, 317, 426. — Adrien de Zelandre, 373. — Dessin représentant la Trinité, 386. — Vice-président, 482. — L’équipement d’un pèlerin, 503. Tirages à part. — Règlement, 124. V Van den Herreweghe (M. R.), mérite le prix du Cange, 304. Vassel (M. E.), membre non résidant, 478. Vatinelle (M. l’abbé), — Sa mort, 369. Vaux-en-Amiénois. — Bague qui y fut trouvée, 18. Vie de château en Picardie, 124. Vignon (M. l’abbé), élu membre non résidant, 478 Vitasse (M. le chanoine). — Ses obsèques, 23. Vœu pour la conservation des oeuvres d’art, 19, 22. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 590 W Waziers (le C l ® de), — Sa mort, 130. Waziers (C u Pierre de), membre noo résidant, 320. Witasse (M. de), de la Commission des impressions, 2, 315. — De la Commission de la Bibliothèque. 3, 316. — De la Commission des recherches, 315. Z Zelandre (Adrien de), 373. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN TABLE DES PLANS, PLANCHES EJ GRAVURES % Moulin préhistorique, 29. Débris d’un moulin gallo-romain, 30. Moulin à bras, 33. Arrête-sac, 74. Moulin, sculpture des stalles de la cathédrale d'Amiens, 75. — sculpture des stalles de la cathédrale d'Amiens, 76. — à la clôture du chœur de la cathédrale d’Amiens, 77. — de Crécy, 78. — de Frucourt, 102. — Passe-Avant, à Amiens, 104. — d'Eperlecques, 108. Sauterelles, guêpe, mouche, libellule, 174. Chiens de bateleur, écrevisse, 175. Cygne, ours, 176. Homard, cygne, ours, chat, 177. Sangliers, lapin, chat, 178. Lapin, chouette, 179. • Perroquet, hibou, 180. Perroquet, cerf, 181. Mouton, lévrier, 182. Autruches, oiseau en plein vol, 183. Jongleur, 184. Maison de campagne par Rousseau, 300. Maison de campagne de Rousseau, détails, 302. Château d’Argoeuves, 306. Empreintes de marteaux et de coins pour la marque des bois, 328. Fragment d’une croix, 360. Prise de Saint-Valéry, 438. St Jacques, statue de la cathédrale d'Amiens, 519. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN 592 Pèlerin, stalles de la cathédrale d’Amiens, 523. Armes aux attributs de St Jacques, 524. Armes de la famille Romieu, 525. Bénitier aux attributs de St Jacques, 528. Statuette assise représentant St Jacques, 530. Mascaron en plomb, 534. Mascaron de la fontaine St-Jacques, à Amiens, 536. Statuette de St Jacques, travail espagnol, 536. Armes de la famille de la Bourdonnaye, 538. Boîte à papiers d’un pèlerin, 540. St Jacques guerrier, 542. St Jacques, image populaire amiénoise, 543. Un pèlerin, 544. Grange de Yaulerand, 56&. — d’AUonnes, 571. Carte des granges de l’Abbaye des Dunes, 572. Grange de Ter-Doest, 573. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Supplément au Bulletin n° 4, 1908 • DES ANTIQUAIRES DE PICARDIE —» »— PROGRAMME DES CONCOURS DE 1009 Sl 1910 Prix d’Histoire. — Fondation Le PRINCE Une médaille d’or de la valeur de &OO fr. à l’auWur du meilleur Mémoire manusciit sur un sujet d histoire relatif à la Picardie , antérieur à 1789 , laissé au choix des concurrents (Histoire civile, religieuse, militaire, artistique ou littéraire ; même celle des légendes et des chansons en dialecte picard, en 9 _ patois ou en français ; Etude du Commerce et de l'Industrie en Picardie ; Description des costumes usités en Picardie ; Publi¬ cation de textes antérieurs au xiv® siècle ; etc). L’auteur, qui choisira pour sujet un groupe de communes, devra prendre un groupe historique ou administratif ancien ou moderne, comme Pagus, Doyenné, Seigneurie, Canton, Arron¬ dissement. La Société a décidé, dans son assemblée générale de 1902, que, bien qu’aucun de» travaux présentés ne doive traiter de questions postérieures à l’année 1789, on peut y citer, accessoirement, des faits qui se sont produits depuis cette époque. Prix d’Archéologie. — Fondation Le DIEU Une médaille d’or de la valeur de tSOO fr. à l’auteur du meilleur Mémoire manuscrit d'archéologie, concernant la Picardie , au choix des concurrents. (Description archéologique r d’une église, d’un monument civil ou militaire. — Epigraphie. — Numismatique. — Tapisseries. — Vitraux. — Collection de dessins et relevés archéologiques inédits, etc.). Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN CONDITIONS GÉNÉRALES Les Mémoires seront adressés avant le 13 Juillet 1909, pour le premier concours, ou avant le 12 Juillet 1910 pour le second, à M. le Secrétaire perpétuel de la Société des Anti¬ quaires de Picardie, à Amiens : ils ne seront point signés et porteront une devise qui sera répétée sur un billet cacheté renfermant le nom et l’adresse de l’auteur. Les mémoires présentés ne doivent point contenir de dédicace. Ils devront être inédits et n’avoir point été présentés à d’au¬ tres Sociétés. L’auteur qui se fera connaître sera, par ce seul fait, exclu du concours. Tout mémoire présenté au Concours deviendra la propriété de la Société; l’auteur ne pourra le retirer, ni le faire imprimer sans l’autorisation ex¬ presse de la Société et sans spécifier expressément au début de l’ouvrage, que la Société n’est pas responsable de son contenu ; mais il aura la fa¬ culté d'en garder, d’en prendre ou d’èn faire pren¬ dre copie sans déplacement du manuscrit. Cepen¬ dant l’auteur d’un travail non récompensé pourra, en se faisant connaître, rentrer en possession de son manuscrit. — Désormais les rapports sur les mé¬ moires présentés au concours ne seront pas lus en séance publique où l’on proclamera seulement les noms des lauréats, mais une brève analyse, qui en donnera la substance, sera insérée dans le bul¬ letin de la Société. La Société ne prend en aucune façon l’engage¬ ment de publier & ses frais tout mémoire récom¬ pensé ou même couronné. Digitized by Google Original from UNIVERSITYOF MICHIGAN Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN Digitized by Original from UNIVERSITY OF MICHIGAN [ Original from IIVERSITY OF MICHIGAN