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HISTOIRE
DE
L’IMPRIMERIE
EN FRANCE
AU XVe ET AU XVIe SIÈCLE
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HISTOIRE
DE
L'IMPRIMERIE
EN FRANCE
AU XVe ET AU XVIe SIÈCLE
PAR A. CLAUDIN
LAURÉAT DE L’INSTITUT
TOME DEUXIÈME
PARIS
IMPRIMERIE NATIONALE
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HISTOIRE
DE
L'IMPRIMERIE
EN FRANCE
❖«Sx*
XVe SIÈCLE
CHAPITRE XIX
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DE GUILLAUME MAYNIAL
(1487-145°)
Le Missel de Salisbury. — Les Statuts synodaux de Chartres. — Le Rituel de l’église de Chartres.
La nationalité de Maynial.
Guillaume Maynial est un imprimeur très peu connu. 11 existait un Georges Maynial, associé d’Ulrich Gering en 1480, au Soleil d’ Or de la rue Saint- Jacques, après le départ des compagnons de ce dernier, Friburger et Crantz. Guillaume Maynial était probablement un proche parent, le fils ou le neveu de ce Georges Maynial, comme on peut le conjecturer.
Il a imprimé, le 4 décembre 1487, un Missel à l’usage de l’église de Salisbury ( Missale ad iisum S arum ) , pour William Caxton, de Londres. Ce livre, qui porte à la fin la marque de Caxton, est cité par un bibliographe anglais '. Il a été vu depuis par un autre bibliographe anglais, M. Gordon Duff.
Weale (W. EL J. . Bibliographe liturgica : p. 178. Le seul exemplaire connu de ce Missel
Catalogus Mis s alium ritus lat'mi ab aune mcccclxxv est la propriété de Lord Newton, à Lyme Park, impressorum; Londini, B. Quaritch, 1886; in-8°, Disiey, comté de Cheshire ^Angleterre .
il.
Z
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Le 15 mars 1 485) (v. st.), Guillaume Maynial a exécuté l’impression des Statuts synodaux de l’Église de Chartres, dont la copie lui avait été remise par Maître Jean Rémy, pénitencier de l’évêque [procurante discreto viro magistro Johanne Remigii ejnsdem domini episcopi pmitentiario et exarata).
Ce petit in-quarto se trouve à la bibliothèque de Chartres. II ne porte pas de nom d’imprimeur, mais il est composé avec les mêmes caractères que le Rituel de l’Église de Chartres [Monnaie eccles'ue Camotensis ) signé de Guillaume Maynial.
La première page de texte est reproduite ci-dessous en rouge et noir :
cpiftola. foliüU
pojtujôeDucere (alutie: dùeuotum ÿq?lauDabi le fttCctera Inter opéra carttatte bone bolütatts ecdeftaûicos itmplices. ao neceOarto^facerûoti bue cognitionem rcqub fitaj inDucere: noutt ille qutnid)ütgnoîatcûp 0 culDubto ÿ plurimi eoa Ignari fine qutbue. -nec faceroatis nome merem
Otur.qut necobboc funt Æiuerfis poc piecla* a toctie fpernéOi faltem bt rumetperutfleopuf cômumonbus infoimatit culû biiuris feu tnturie bû Doctt poûftnt Cibt cômtilas rif ecctefiaütds majrime eu plebeeDocereetaO quefita ram aîarum in pac camo* feniï refpôDere. Jgitur ip * fen-Otocefi Imtibus feu ba* fe ego penitentiarius prelt büurie got)ésremtgü prêt bat? tametii minus iuffù biterliceiUn Decret ts mini denter Doctue.0oc tDé opu mus îHeueréoi i cbnûo pa « fculu quob mmte paruu? tris t Dfli-Domtni âQilonis nominari opto tanÿ ama Diltets carnoten epifeopi e* io:i ercerptû miflali: § plu gregii iuri s btriuÜB Docto* ribus tamen Doctoç. Door ris litteratiiTimù fua bono mentis refertû. neenon t p rifica beneficentia penité# aDmintûrationeûicramê* tiartusplebem Cuâ parare toç. eccleftaOtcoîû pioutp Domino perfectâ et felici re moDos bfuales infert? cou migio turta bocationej aD tinetur.üQuo etiâ ipfi? ma
bi.
Le portrait et les armes de Milon d’Iliers, évêque de Chartres, se trouvent au commencement. Il est dit, à la fin, que ce Manuel ou Rituel, contenant
ATELIER DE GUILLAUME MAYNIAL 3
les Sacrements de l’Eglise ( Manuale continens Ecclesie Sacramentel ) et la manière de les administrer [et modnm administrandi ea) suivant l’usage du diocèse de Chartres ( secimdum usum diocesis Camotensis ), a été produit à Paris, au moyen de lettres tracées ( exaratnm Parisius ) par l’art et l’impression [arte et impressione) de maître Guillaume Maynial ( magistri Gnilelmi Maynial) , aux frais de maître Jean Rémy, pénitencier de ladite église de Chartres ( impensa vero magistri Johannis Remy pcnitenciarii Camotensis ejusdem ecclesie), et terminé heureusement ( finit féli- citer) l’an du Seigneur mil quatre cent quatre-vingt-dix, et le 2 9 juillet.
Cabula.
pie caftigationütfeffe cotte Decompoto. ctospec Dnm. CoïoÆmen j&eneDtrttonee.
Dtco bobts quicqutû ôtâtes pe* 3nftrtlrtt0nes ptO CUtattS: tttts treotf e qt amp ietie et fief feu cutâ ataçgerentib9- pobfs. ntpepafcaliaUdu# fiptûola. fot.
pa aiieiupa. pottcoîo. Dominica in aûuentu .
DUeceepopuli tutqs fo-eoDem.
Domine benign? eje « De natiuitafe Domtnt. auDhet per puiusbirtutem fort.
Cacramenti pacem tuâ no* Jn etreunaftone Domtnt. bie nüctet putgatt aeris Ce fo.pt. rena trâfqutlttasibt qui De Jn eptppanta Domtnt'. linquéfes berberasipetâ cô foeoDem. fttentibus parcas. pet Do* Dominicain feptuagefG minum. ma.fobtit.
3n Die paca Cceuee. paffto. fojc.
£Û>anuale gtinf e ecctïe fa * De affenfione Domint. fo.
ccamétaetmoDûaDmini* jrft.
fttanDi ea fcdjbfü ûiocefts 3nDtepentpecotte6. fo.
Camotff: eeacatu? pattftf jrftii.
arte et tpiefftôe rngtt guilli Detrinitate. fo.jcbi.
mapntal.3mpéiaberû ma De facramento altacts.
giftei topâni 6 remppenitê fo.ppiii.
ctarti camotn. etufDé ecctïe De beata maria, fo.jtfit.
finit feltdf. 2Umo ûomini. 20t{Ta pzo Deffunctfs fo.
^•CCCC-nonagefimo. mi.
jt^jc.Jutft. jÔeneDtctioaque. fo.
Irtiiii.
tabula put? opettB tapît DebaptifmomaGculoîuj. féliciter. fo.rtbt.
Ces trois impressions sont tout ce que nous connaissons de Guillaume Maynial. Il est à présumer qu’il a imprimé, pendant cet intervalle de trois
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HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
années, d’autres livres qu’il n’a pas signés et que l’on découvrira plus tard. En attendant, M. Gordon Duff lui attribue l’impression d’un Légendaire de Salisbury, dont on ne connaît encore que quelques feuillets trouvés dans une vieille couverture de livre et qui, d’après lui, aurait, de même que le Missel, été imprimé pour Caxton Voici l’alphabet du gros caractère de i 3 points de Maynial :
abcDefgbtmwnopqtîfatinjrp* îeCDdffCfftqj . â b9 9 09 li é t tt9 fl9 tn m? jtôgpjpq$qvti99-Ht9(îû^ x < *
Nous donnons également ci-dessous l’alphabet du caractère plus petit employé dans le Manuale diocesis Carnotensis :
& 'C b %
abcoefgi)tlmttopgrzfôfut))cj>$ ctffft:. âb9p6ee9tft9rmtn9fiôpp/pqqy ytfîvnb
Ces deux types ont passé ensuite chez Jean Higman. On les retrouve, sauf quelques lettres liées ou signes abréviatifs en plus ou en moins, dans les Missels imprimés par ce dernier à partir de 1 4^3-
Nous avons tout lieu de croire que Guillaume Maynial était originaire du même pays que Caxton pour lequel il a travaillé à Paris.
Le prénom de Georges que portait son père ou son oncle, ainsi que le sien, Guillaume, nous font supposer qu’il était Anglais, comme William Caxton.
The printerSj statïoners and hookhindcrs of London in thefifteenth century by E. Gordon Duff; Aberdeen , University Press, 1899; in-8°, p. 15.
CHAPITRE XX
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DE GEORGES MITTELHUS
(l488-I 5OO)
Le premier livre imprimé par Mittelhus. — Date contestée. — Ses débuts réels en 1488. Ses marques typographiques et ses devises.
Georges Mittelhus, imprimeur à Paris, était originaire de Strasbourg. Le livre le plus ancien qui porte son nom, est probablement le Spéculum Christia- nonim , daté du 23 janvier i486 (1487 n. st.) :
33pmiïû rpîanoE
milita bona confinés* ijbumo
De feprem viols capitalibus.
De feptem vtrtutibus bis contrains.
De ocro tabulis eu quibufdâ otôibus cfuotffÏÏmis Demodo feptepatM ad facramétumeucbartfire» De effecru facramenti .
De anricbtifto.
£]epo(Trio otônfs pfiiee eum quodâ bono notabilt Deramis.vij. vidoç capital tfi et eop remedijs* De contentu mundi cum aille notabilités.
Xene infup rigotem in Pifcufïïone iufttde.mtffrfcoî diam auté in ciffinitione fentcntic.^ta clemens efto i ai#s oclictis fleur % tn tuis.Sic aiios iudica.vr ip reiudicaHcupis.Dumetiimindulges.in alieno oe licto t ribi mifereHs. Üejctuateconfringit. 5u dis ciü quod al# s imponis.ipfe po:tabie.5n qua enim menfura menfus fueHs. remertietur cibi et adficief IRuilum indices fufpectionis arbinio ante pioba ? (te iudica»$n ambtguis oei iudicio referas qô noiti tuo quod rïefcfs.Dtutno committe iudicio C^e contempru mundi
85 vis e£ derns ntcbil feculi appetas fg requis métis babebte.fi a ce mundi curas abieceHs Sbfice a ce dequid impedire bonü^pofltû pôt£fto moderacus môdo 1 mudus tibi.XDûdi gflam ranq» motcuus nô afptcias.can^ mouuus ab effectu vite ifiiusrefegaficutfepultus.TBonbabeascurâoe fe culo «§> Piffinit9 ab ot terreno ce purga negocio c5 tépne vûés que pofi motte babere nô potes CIDe elemofina
aBos bsbes bsbeto.ad mîa3.dcquit> tribuiscü affectu trfbue ptebe mîam fine munere TJbtcbe elemofinam fine tedfo»ZDaiot fit beniuotéria $ qô patur. Cale ern tempus tufi qualis ent intério rua. d^uod affecta bono Pifpéfaf.boc accipir oeus.cQui aüt cû tedio pat.mercedem perdet. Wô eft mta vbi non eft beniuoiéria Tflicbli fadas ptoprer Iaudem. IRicbil ptopter rempotalem opinionem /fed ptopt Vitam cternam.Sd qui nos perpucat peus.Smem
C^mpfiont paHfius per 6eo:giü mfttelbus. Ip*cccc*l ïtrn9 menfis ianuarij.Pte.^fii «
M. Proctor conteste cette date et, d’après la comparaison des caractères avec ceux que Mittelhus a employés plus tard, il croit que l’on doit lire 1 \ <p 6 et qu’il y a omission d’un X dans l’achevé d’imprimer daté m cccc lxxxm.
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HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Nous sommes pleinement de son avis. Les bibliographes citent de Mittelhus un autre livre, le Tractants de corpore Christi, daté de 1 4$ 4, m^is c’est encore une erreur. Il faut lire 1 4 5^4 - La date de l’achevé d’imprimer ne laisse subsister aucun doute :
C££jrpltrit Éractatu» coipoite Tpt.$mpfïUm pa/ rifiue per j6eo:gium mtttdbuf.Snno falutie.ZP. cccc .Ijc* jcjttfij.menfia nouêtaic me octaua.
2iau0 fummo régi trtcatur vocibus o:te. cauod iam non ccfïat mercça condigna |aboil0
C’est seulement en 1488 que l’on peut placer, avec quelque certitude, le commencement de l’exercice de Mittelhus. Il a imprimé à cette date le poème de Dominico Mancini, De quatuor Virtutibus , et, sauf le nom et l’adresse, il a copié la formule d’achèvement de l’édition imprimée quatre ans auparavant par Jean Higman dans l’atelier du Soleil d’Or, en répétant que le livre était exécuté par l’ouvrage, l’industrie et l’art [opéra, indu stria, arteque) de Georges Mittelhus, Allemand, dans la royale ville de Pans [in regia urbe Parisioriim ).
Au commencement de son exercice, Mittelhus s’est servi simultanément de deux sortes de caractères. L’un est du romain de 1 1 points ressemblant beaucoup à celui du Soufflet Vert (voir t. Ier, p. 13 1); en voici le spécimen :
&BCD8F<3ILNOPGSTV
abcd c fg hi lm n o pqrsftuvx^ =
à b^<Pë î PfafirP 6 pqq q> cp P t(*ü u*z GU
Nous ne connaissons pas de textes entiers imprimés avec ce caractère; c’est ce qui fait que des lettres manquent dans l’alphabet reproduit ci-dessus.
ATELIER DE GEORGES MITTELHUS
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L’autre est un caractère de p points qui offre une grande ressemblance avec celui de Martin Flach à Strasbourg. Mittelhus l’employa pour ses textes jusqu’en i4p3 environ. Nous en donnons ci-dessous l’alphabet :
B # £ *n
o a -r s % u
aabcbdefgfcij kl m nopqr:f8tuv)cy3 fceto&tBffflpepoflfft*# â to B b9 p ê c9 î é 0Î B î i9 U9 5 m nôpg£pq5#q$qHr$2£ a° t? t\ f u u $ r9 .;////() C
II se servit du type romain pour quelques titres courants et pour les som- maires des chapitres du Consolatorittm theologicum de Jean de Tambaco, qu’il imprima en 1493 :
Prefati'o Fou*
Incipit pfatio in cofolatoriû the ologicü predariffimi virfrmagif tri lohânisde Tâbaco: facrarü littcra rum doctoris.
*Clomârcÿmaplm:quecû<B fcripta fücad nra3 Coctnna q fcripta fût : vtp pfolationé
fcriptura# fpem Ipabcam9. qua fc? fpegaudêtes 1 tribu lariocob quo:ücüq$ trtftfü occaffonêa fptriruali gaudioî bnopttnuâ// to minime oeficiam9.3dcirco pfiderari» mudi pui9 tribu latiôib9ac mftiplicib9tur// bationû caufis feu occafiôito :cogitaui te. in finitie pfolatiôib9ptentis fp licite veUjt:// plicite in fcripturieîqfdâ rédigé rein 15 q// licûqj ope mfcriptJ.2ldbono:ê tripfoUto// rie oprimi z ejcimq.acgtïofe ftgiw'e marie quâ ipfe paradit9fic fecüdau it q> ceû tôt tu s pfolationie noBgenuit :atœ brilfimi i olpâ// nie euâgeltfteq ppfeuâgeuîâdi pftantiam e]rilio religat9: piuine vifiôie z allocutiôie meruit crebzapfolariôe releuari . Tlecnon oîm fctôçiquoe p mftae tribulattôee opo: tuit intrare t regnu ce loç.Bc oem'cg ad pfo lationéofm ipofm ? pcipueaûtilloç qui pie
Nous ferons observer que, dans les alphabets de types que nous présentons, nous prenons de préférence nos spécimens dans les livres dont le tirage est le plus net. Parmi les impressions d’un meme atelier, il arrive parfois que les lettres paraissent plus lourdes et plus épaisses que dans d’autres, au point d’en modifier quelque peu l’aspect dans des pages imprimées. Cet effet, qui peut
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
tromper l’œil à première vue, si i on ne prête pas attention a la forme des lettres qui reste toujours la même, est du a deux causes. Lune peut etre produite par un encrage plus ou moins chargé; I autre provient de 1 usure progressive des lettres, dont l’œil s est aplati par suite de tirages trop répétés, qui ont fatigué le caractère. Tel est le cas avec le Stimulus divini muons de saint Bonaventure, dont nous reproduisons le titre et la fin :
oîm tamozé cbzifti (t>efu iflâmatru9 port eiufde varias impseflïofotcM rcctasvltîate emëdat9 uotrcctwi P ejcmuûm facrepaginc pzofelTozcm XO agiftaim 3ot>anem quctin cano uicumtpenitëtiaruï pifienfem*
Mittelhus a adopté d’abord la marque suivante, qui se voit sur le titre d’un petit traité de grammaire : De quautitate sy liai) arum , sans date :
eftqu1q5.no qzquîqspedes formai# ptineatîf3 tmequiualëter Cotinctetû qttuoz peaæ îteg rosi üuas (ïllabas catbaleticaa q equalët pedi.ficut duo oboli equalët Denario.fed no pftftuût fozmaliî pedë eu no fint p tinue.fîcut nec Duo oboli fozmalfter pftttuût œnartû.£ftaut caÉlpdetica GUabaq poftcertoa petes ftc pëæna eft gmullieoç eft pnuroeranda*
m initie De caufts
vtputa vocau ante vocale in Diuerfia Dictionifo* vtamo ilium vocali poft in Diuerfia Dictiomb?*vt t Uuamo. 3ticôgrua locu// tione quâdo longa filtaba pomf loco bleuis :feu bleuis loco 1$ getjnipofitiôc claufula^iepta piûcti'ôc Dictionu- Sût ta lia mfta q licet no f alfificët vertu :tamê q 1 Oerogant e legantie me// tri cauëda funtXauêdû eftigif ne ponâtut qttuoz fpont» co// tinue fpccialit in fcâfionz metri Dmûcta.fcj quâdo pea eu Di// ctioneîminaf.vt fî biceref ♦ Tlobia quidê fatur verünec nifi potua . Jtc cauendü eft ne in terci’a fede ponaî fpôdeua mît per meturâ Dictionu velcogêteneceflïtate.vt infoztunatoçtft mëa âjcia femg » Jte Dict l'onë recta a Dictione revente non lô geponaa nifi mapmevidena ejepedir e«nec vitra tertiumvel quartü verfumfaltû in pftructionefaaa0.q.fi cauerepoteft.jc* fequi nô faciëazvt parqueppter biffidlêtranfitu. Syllabam qua interdû au rea otfendutur rarogeminea.vt lozicacaftranô eu pare ludfa.£>icttoné monofillabâ in fineno ponaa m'fîfue// nntDue.vtne timeaa Unguâ cui9Detractiolaua eft. Tlec poft Du os pedca fepefitmonoftllaba Dictio.vt. Quifequitur me noabulatin tenebzis. Sequëamedietaa verfus pët^ametri femp Debeta Dictione inciperemec bicatur.*îlon leuiternu// meraretur arenamaris.^tcrionë trilîllabâ in fine pentfcame trirariflTime ponaa.lpcc talia multa que eau fa bzeuitatia fub filcntio traître tecraii cauëda funtvtmetrû elegantFfpatsaf,
£jtplidut régulé grSmaticales. 3mp;efle per£Kozgiûrmttdl?ug*
Cette première marque est formée d’un cœur surmonté d’une croix trilobée, le tout sur fond noir. Au milieu, le monogramme G. M. en lettres de forme bizarre amalgamées ensemble, et au bas le nom de Georgius Mittelhus.
Se quântimte fillabaç
Stimulus..
biuini amoria Deuotiflïrn9.» facto tobane bonauêtuzc editua cozdiu
<£rplirit féliciter
liber qui OiciturStimulua Diuini amozis Domini *6onauenture.£ardinaU'a Deuoti. tferaplpici façre rhéologie pzofcflôzie qd// mtj laudabiliter cozrcctu b .£t panïîua im// pzdfua 3mpenlÎ0ig Æeozgq iDittcllpuc Bnno Dominice mcamanbnisïDillefimo ££££ .jeciij OCDenfia 3pzt lie ♦ £ie.wi.
ATELIER DE GEORGES MITTELHUS
9
La même marque figure sur le titre de XExpositio Canonis Al iss œ, d’Odon , évêque de Cambrai, opuscule in-quarto daté du 10 décembre 1492.
Mittelhus s est servi de la même planche, dans laquelle il a creusé un espace simulant une banderolle autour et au-dessus de la croix. Dans ce vide, il a inséré en gros caractères d’imprimerie cette devise :
Félix /wnestis indiget. — Salve Sancta pareils.
La marque première reparaît dans ce second état sur le titre des Pamdoxa Cicewnis , in-quarto. Cette édition, nouvellement revue et corrigée avec le plus grand soin ( imper sninnui cuni diligentia corncta et emendata j , comme l’annonce Mittelhus, se termine par cette autre devise latine :
Qiii non asuescit virtute diim juyeiiescit A vitiis iiescit discedere qnaiulo senesàt.
Celui qui n’a pas pris l'habitude d’être vertueux pendant qu’il était jeune ne peut renoncer aux vices quand il devient vieux.
tahqpzeditiij fôftfoh* fut omîtes ,5>oti emm pofïïdct reset fructuofae et femptternas : foïiqj; qôeltpropii umx)iuitia^:contenttratreb9fiU8 â>atis efie putanf. qô eft nibtïappetûtnU'a r eegent nitbil fibi bcefte fç tiûtifttcbïl reqrûtjmpîobi autbommes/etauan.q9^ mamincertas et wcafupofitaspofleflïones babent 1 pl’femper appetûtneq^eoçqrçpadbuc rnuent* efteui q$ baberetteflet faits mon modo non copiofifütet bt uttee.fed etiaminopes et pauperes ejaftimâdi fût* £aus beo
Œ.CXiceronïô^d Œ.&zutû ibazadota parifi* impzefîa jber;£mgmæHttelbuf5* et rmper fuma eu otligentia couecta et emenoata féliciter ejcpUcmt»
(E&uinon afuefdt virtute oum tuuenefctf*
4 vitus nefetf bifeedere quando fenefeit*
Mittelhus a employé ensuite une troisième marque entièrement différente des deux précédentes. Elle est formée de ses initiales G. M. enchevêtrées
h. 2
p>a*adora (Ticeronte.
iMi'niMKeiB s.vrioMiÆ.
O
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
en deux très grosses lettres gothiques tourneures, figurées comme des initiales d’enlumineurs :
On trouve ce monogramme pour la première fois à la fin d’une édition latine de l’Imitation, petit in-octavo daté du ier mars 1 4^6 ( l4?7 n* st0 :
©eSmftatîôecrifH
<Bt contemptu munôt tttagtïlrt 0o battis «Scrfon imMiü piftêfj.
<©corgiue.$9ittelfms
tabula.
nos 7 omma noftra oeo cebemue offem/i p:o omnibus otar** ca.tjc»
f2t{ faeracôiooefaciltnSeftreUnquSda ca.x* coipua cbilfti -ïfacra fcHpcura majctme tint aie ftdch neceffarta. ca.jcû
fiâj magna olUgentfa fc bcbeat côicarurus cbzifto piepararc. ca.jctf*
<Ol totoco:dcaîaüeuotacl?:tfHvnfonê mfacramc tum affectare oebet. ca-j:ttf.
Î2>c quoîûdam oeuotozum aixJentt Oefid^rio ad coz? pua cbzî/H. captif*
i %l\ gratis oeuotiome lpumültatt 7 fuijpftua abne^ gattoneacquiritur. ca.jcv*
&l\ neceiïitatea noftras cfaifto aperire-i cîua gFas poftulare Pfbemua. ca.jcvi.
©c ardcnri arnoze 7 vefyemmt affecta fufciptendi cbzifhim. ca.pzif.
bomo non fit curiofoa fcmtato: faeraroentbfed tmmUta ünitaro: cbiifti fubdendo fenfum fuum fas crc fîdei* ca .jcvltf*
fC£ompIetG cft opufculum/ej:aratü<ç ijàarfftf per ioeozgiû ÏDittelbua.îlnno oni mitleflmo quadrin gctcfïmo nonagefïmo fejeto. oie vero pzima martij*
Voici l’alphabet d’un autre caractère de Mittelhus; il s’en est servi dans les Paradoxa Ciceronis , dont nous donnons le fac-similé à la page
abcodefg bümnop qr 1 sftu vjc P3 .:?*/ flffTft
â b9c9C^p Ô ê zfê fô 1 1 9 Tm m9 n n9ô p,p p q q°q q g> çp q$ f £ tt9 û f>
Les lettres capitales sont en partie les mêmes que celles qui se trouvaient dans l’atelier de Pierre Le Dru et Etienne Jehannot, imprimeurs associés.
ATELIER DE GEORGES MITTELHUS
Mittelhus n’a rien imprimé en français et n’a pas fait de livres illustrés. On trouve cependant, dans quelques-uns de ses livres, des petites gravures sur bois qui sont empruntées au matériel d’autres imprimeurs.
La Descente du Saint-Esprit se trouve dans le Spéculum Christianorum , et la petite figure de X Adoration des rois Mages est placée au verso du titre du De Imitatione Cristi de mars 1 4p6 (v. st.). La Descente de croix, que l’on voit à la fin du Tractatus corporis Christi, avait paru dans La Mer des Hystoires de Le Rouge. La Descente du Saint- Esprit, ci-dessous représentée, provient d’Etienne Jehannot.
Eauacrum €o w
fcientte ♦üDmmtms facerdo*
ttbwo fumme vttleac neceffarmm.
fëio.$î.<Ê>eoîgto S0itk\\)ufy
ftegtftrum
Quarts elïufio «>dem
jgàuintaeffulïo.
«Scxtaeffulio.
Septimaeffufïo. fo.c.
Sabbato contemplatlo ce qulnqj gladijs glouofe Virginia. que cû magna mentis oeuottonc oebet ma bitari. codcm
55ecundus gladiue. .fo.c t.
Kcrtiue gladius. fo.c.ii.
©.uartus gladius fo.ciiij.
fâ. uintua gladius. fo.cv.
tëzatio botta ante miflam fo.cvi.
©ratio bona poil nultam. fo.cvil»
tri^ jRegiflrum
(J Jittm rogo omnee ttiafcrîam iftamlegê
tesîvt ob mîam oeU ataç fuaru falutc ab incepto no befiftât oonec ad fmS ipfius perueniant ♦ vt oîa iu eo côtcnta oiligétilTïmc eotdifuo ipiimâti beuote pfuét ÇDiuiditur aût boc o pufculû in vtgîti capitulai ffi qlibet capitulo reptunï cxëpla % ptéplatôes ipaî ma tcriâpcemétia.q omîa tuenics feb) nüerû folfoium.
Ç\Sjcpltctf lauamim confdentie Omni
bus facerdotibus fumme vtile ac nece(Tariu53mp:ef fumnouiter qp>ariri9 impenlïs bonefli virtéeotgij m ittdbuf. Snoo falu tis.ZP.ccccc. Die. xjüj. men fis ©ctobîts.
Nous donnons ci -après les titres de deux livres sans date. Le traité de Nicolas de Lyre, Contra perjidiam Judæorum , porte le nom de Mittelhus au bas
2
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
du titre, et à la fin son monogramme. (Voir p. i o.) Le traité De Phitonicis inulie- ribns ne porte pas son nom, mais il est imprimé avec les mêmes caractères :
IDtTputatfomagu
ftri .TBicoIap De lyra facre tbeologie «pfeflbrie ejctmiï oe ozdine mine? cô tra çfidtâ tudeop. m qua oftcdif per fcriptiuae facrae abiptstudetsap* p:obata9*r recep tas dfirn nrm lefum *P5veç Dettavcp boîe5 fmïïe.-têpufcp fue Icarnattomô pteriïfle . arg umétf iubeoç t oppofitum factia folutia et confumie .
^ractatusürilisz
«ecccllaritta b wamtr»aJo0i motcilogiîScptjitomciB muliect bus. Unacu? quooatn pacuotca ctatulo Docttirimi et acutiflKmt in facta pagina Docto?is Jotjainiia begecCo no cancellatif part Renfla ©e pjobattone fptcituum.
Cabula et capitula
pjefentietcactatuB
<£>eorgms $j)ttfdf)uff
Le Liber Cathonis, daté du 20 août
ÎÔ?imum cap<mium\)ttumejc farfo ittcatUatricu ï fooperatiotic ôemonu poftïttt jjuocan gratibmee: mut tic acpluttieinlcfioticmtccrc SKcunDü capïtulüztotrû incantatricc» poflïtit a&iu tozio ô tabou tjomib 9et infantib 9nocere:ac mojbos et'f bem mfcrre.’eof&ë ftebth'farc Certiücapitulum:ptrû bictemuUercs poflïttf fart ts tjonunûin alias formas ïmmutare.
1500, est, avec le Layacrum Conscient ie
du 20 octobre de la même année, un des derniers livres qui portent son nom :
CXiberCatbcmia cum glofa finit féliciter fmp^ITu^ et biligcterno; uiflîme caitigatua panYïuo:per 6eoigtum mitfelbnf * Snno.'zc.mille fimo qwneentcrimoZDenfis 3uguftbï>ie vicefima*
Les petits caractères dont cet imprimeur s’est servi à la fin de son exercice sont des fontes qui étaient en 1495 chez Jehannot et chez Bocard.
Mittelhus indique sa demeure rue Saint-Jacques, dans fhôtel de Hacque- ville, à l’enseigne de la Clef cP Argent \ près du Petit Pont {in cedibits Hacque- yille , Clayis Argenteœ intersignio , in yico S. Jacobi prope Paryum Pontein ).
De 1488 à 1500, Mittelhus a imprimé un grand nombre de petits traités de théologie et des livres d’écoliers. M. Proctor, dans son Index to early printed boots, énumère vingt-sept éditions à son nom, soit au Musée Britannique ou à la Bodiéienne, et il est loin de les avoir indiquées toutes.
Le propriétaire de la maison était, en 1467, non pas libraire, comme la avancé Lottin. Il était sire Jacques de Hacqueviile, marchand drapier, et, en meme temps marguillier de ia paroisse de Saint-
en 1490, Raoul de Hacqueviile, drapier aussi et Séverin. Renouàrd, Imprimeurs parisiens, p. 1 - 3 .
CHAPITRE XXI
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
(l488-I 5OO)
Les premiers livres de Pigouchet. — Ses livres d'heures illustrés. — Heures à l'usage de Paris. — Heures de Rouen. — Heures de Lyon. — Grandes Heures à l’usage de Rome imprimées pour Simon Vostre. — Détail des illustrations. — Heures à l’usage d’Amiens. — Nouvelle ornementation. — La Danse des Morts représentée dans les cadres de bordure. — Livres de littérature française et autres imprimés par Pigouchet.
Philippe Pigouchet était un ancien ouvrier de Patelier de Caillaut et Mar- tineau. 11 est nommé en 1483, avec ses patrons et d’autres collaborateurs, dans des pièces de vers en acrostiches qui sont placées à la fin du Miroir d’or de r âme pécheresse . (Voir t. Ier, p. 2^7.) Cinq ans après, en 1488, Pigouchet s’éta- blit à son propre compte, rue de la Harpe, devant l’église Saint-Côme et Saint-Damien, dans des locaux qui lui furent loués par le collège de Dain- vi Ue (/// locagiis Collegïi yul ganter nu ncupati de Dainyille).
Quelques bibliographes ont prétendu que Pigouchet aurait commencé à imprimer dès i486. A l’appui de cette assertion, on cite de lui des Heures à la date du 5 janvier i486. L’année commençant alors à Pâques, ce serait tout au plus à 1487 (n. st.) qu’il faudrait remonter, mais l’erreur est plus grave. O11 a mal lu les chiffres romains de la fin en prenant pour un V le der- nier X, de sorte qu’au lieu de m cccc lxxxvi (1 186) il faut lire m cccc lxxxxi (1491), ainsi que nous avons pu nous en assurer sur l’original. Le 8 jan- vier 1 4p 1 (v. st.) nous ramène à l’année 1 492 (n. st.), suivant notre manière actuelle de compter les années d’après le calendrier grégorien.
Pareille inadvertance avait été commise pour d’autres Heures imprimées par Pierre Le Rouge pour Vincent Commin, dont la véritable date a été ainsi rétablie. (Voir t. Ier, p. 457-158.)
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Le premier livre que l’on connaisse au nom de Philippe Pigouchet est daté du i 6 septembre 1488. Ce sont des Heures a l’usage de Rome qu’il imprima pour le compte du libraire Simon Vostre. «Cette édition, nous dit Brunet, n’a dans le texte que quelques gravures moyennes et petites, et les bordures sont de simples ornements en arabesques souvent répétées b»
En 1 4 8ç> , Philippe Pigouchet imprima encore d’autres Heures illustrées de gravures d’un style très archaïque.
En meme temps qu’il était imprimeur, Pigouchet était libraire de l’Univer- sité de Paris. Il imprima une édition du Manipulas Cumtorum ou Manuel des Curés, par Guy de Montrocher, datée du 22 septembre 1489. Sur le titre du Manipulas Cumtorum, on voit la marque aux armes de France et de la ville de Paris avec un encadrement portant la devise : Ung Dieu, ung Roy, ungne Loy, ungne Foy, qui a été employée en même temps par Antoine Caillaut et est restée définitivement dans l’atelier de ce dernier. (Voir t. Ier, p. 301, 302 et 304). Ici cette marque porte la date de 1485?. On ne la trouve pas avant 1492 dans les livres de Caillaut qui ont une date, et, chez ce dernier, elle paraît déjà ébréchée dans les filets de l’encadrement.
La plupart des impressions de Caillaut n’étant pas datées, il se pourrait néanmoins que cette marque eût été en sa possession quelque temps aupa- ravant, car nous l’avons vue sur des volumes tels que des Heures (voir t. Ier, p. 313), les Sennones qnattuor Novissimorum et le Traictié des eaux artificielles
' Malgré toutes nos recherches, nous n’avons pu retrouver ce livre. On doit s’en rapporter à l’au- torité de Brunet qui le décrit exactement au Ma- nuel du libraire (t. V, col. 1575, n° 1 4) » d’après un exemplaire qu’il a vu autrefois à la Bibliothèque nationale et qui a disparu depuis. Le meme biblio- graphe en indique un autre exemplaire à la Biblio- thèque de Parme, qui, d’après lui, aurait 96 feuillets au lieu de 95 dont se composait celui qu’il a tenu en mains. Vérification faite, l’exemplaire de Parme est d’une autre édition. Le titre porte bien l’indi- cation du xvie jour de septembre, mais la date de l’année, après le millésime et les centaines, a été grattée de telle façon qu’il est impossible de la pré- ciser. De pareilles falsifications ont été opérées sui- des exemplaires de diverses éditions d’heures dont les almanachs commencent en 1488, afin de faire remonter leur impression à cette date. — L’alma-
nach qu’on voit en tète des anciens livres d’heures fut d’abord dressé pour vingt années à partir de i488, et reproduit plusieurs années de suite sans changements, de sorte qu’on ne peut déterminer meme approximativement la date de l’impression autrement que par le style des gravures, la nature et le nombre des sujets qui en composent les bor- dures. - Les Heures du 16 septembre 1 4 B 8 , décrites par Brunet, sont de style archaïque et dans la toute première manière de Pigouchet. Celles de la Bibliothèque de Parme, qui con- tiennent des bordures historiées plus finies et mieux ouvragées, dénotant de façon certaine la seconde manière de Pigouchet, ne sauraient être aussi anciennes. Il ne faut donc voir qu’une simple coïncidence de jour dans la date du 1 6 septembre qu’elles portent sur le titre et qui n’est pas suivie de celle de l’année h laquelle appartient l’édition.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
1 5
(voir t. Ier, p. 3 3 i), où elle paraissait en première épreuve exactement comme dans le Manipulas au nom de Pigouchet. Ce dernier ne s’en est servi, à notre connaissance, que cette seule fois, et en a adopté ensuite une autre plus per- sonnelle représentée par un homme et une femme sauvages, postés autour d’un arbre, qui soutiennent un écusson à ses initiales avec son nom au bas, marque qu’il n’a pas changée depuis. (Voir p. 26, 45 et 54.)
(T)amp»lu8 cutatotum
CXtfn*
£a.iti.quot requfrütut ab ietunitt facienDum. cüi.
j£a,iiii.quot botta faett ieiunium: cm.
£a.iiii.pimcipale ïjuius quarti ttactafas.Æffc De oiatioe que eft terfta pars fofiffafioma. cüî.
^a.D.Oemenfucapemtentte, ctiti.
jTa.bt.bfmm bttus poCTit fatiffacete pio alto . ctriü.
attf cuits fiDri.ct De pzcceptis ûecalogt. t jèvtia pars püttripaUs ïjuius libiéin qua agitur De ac
ttculis fiDei.et l)ie que pertinent aD populi tnfotmatio nem Diuioituc in quatuoi capitula. cir.
jTa.i.OeattlculisfiDei. _ ci*.
£a. ti.De petitionibus oiationis Dnice. ejeû
jTa.tn.q6 noué çf inet pottiôes ë DeDecêpceptÇlegis. cjrbiii. £a.tüi.eft oeDotibus beatozum, cjrjcitt.
Celebetttmi btri Domini 0utDonis De monte toctyeriili^ ber qui (^antpuluscuratomm mfcribitunbna cum tabula eiufDem finit fdiciter.£jcaratufq5 parifii. perpbtltppum pt gouet)et.8nno Domini ^ÜlefimoquaDnngentefimooctuage fim onono .bicefimafecunoa Ote fept emtnte.
Le caractère clu Manipulas Curatorum est entièrement neuf et le tirage d'une netteté et d’une beauté remarquables.
A première vue, ces types ressemblent, à s’y tromper, à ceux du Lotluirius de 1483, imprimé par Caillaut et Martineau, les anciens patrons de Pigouchet; mais, en y regardant de très près, on trouve des différences dans quelques lettres capitales qui sont copiées en partie sur les types du même atelier. D’autres lettres de forme identique ne se différencient que par des points de détail presque imperceptibles; la majuscule M se termine, dans le Manipulas , par une queue recourbée en crochet qui n’existe pas dans la fonte de Caillaut.
6
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Voici l’alphabet de ce premier caractère de Pigouchet, que l’on comparera avec celui de Caillaut et Martineau (voir fac-similé, t. Ier, p. 298):
a# £ 'B £ if £> ^ 31k £ a? rc d n i> % *d
abcD£f$t)if:lmnopqr;0Hutup3 ffOTCt
â b9 Ô c z ç? u9n9m m9 n n9ô p p p q q qp q> q$ î i> û . : i f /
En 1491, nous voyons Pigouchet se servir d’un petit caractère gothique dont la ressemblance est parfaite avec celui que Georges Wolff employa pour l’impression du Bréviaire de Paris, achevé en mai 1492 c^ans 1 atelier du Soleil d’ Or :
a© ^ ôibj tlïdib ss ^ u a* r z
abcfcdefgbiklmnopqneftuvjcYî ITftfffl 1154. 567890 â b9c(p d9é é e9x îi°rh tu9n n9
ôp#gqqQ>Q>cprrlçfftJt*n?(>ël9 . i* */C
C’est avec ces caractères d’environ 8 points que Pigouchet imprima en 1 49 1 le traité d’Isidore de Séville : De Summo bono. Les folios sont en chiffres arabes :
Jliber.
pmiü/an adfuppliriü tranfeâti&uidâ aüt electi in fînefuo purganf a Iculbuaquibufdâ peccatia.qui:; dam vero In ipo ejrttu fqo bilarcfcüt cj: eternoç co; templatôebonojMÊiuâuie enim quifep In bac vita fitiuftuaîtn&umejc coipeiftoegrediF ptimcfctt:ne bignuefupplicto fiMRulluseft eut bomo abfq? pec cato.necquifcg poteftoe bei fecurueelTefndtciorcO ettam a beociofie verbisreddêdafit ratio, ^inem iulto? optimû vocatio trâquilla pmendattvt eje co îteUiganffctÔy bre pfoîtiû angeloç:e;: quo ab boc co:po:efine vejratoe buratollunf u^iauoaaütbo mineeapolïate angeli ejecipiunt monentea. vteia fînt tpito2to:ea in penie/q fuerut fuaforea in vitiia Et fi pictas^p befu nette fiddibueflereitibeat'.fîdee tn,p de lugere vetat.^JUi en» beplomdi funt t mozs te:quoemiferoe infcrnnecjc bac vita recepit:non quoeceldtieaula jepi letificandoeincludit. Ibiceft cni ppiatie mifer atoieafFectue:vt,pvrtoquo<p moz tuo facrtfici û oeo offemf ndc cft qt5 feriptû eft.£t moîtuo ne fraudes mifericozdiâ.
5ffdo:i bvOpalenfte epi tractatue oe fum mobonorfinitfelicitcr.Jmpflusq^aH^ füqibcrq^bilippû pigouebet.
ZD.cccc.pci.
Le 20 octobre 1492, Georges Wolff imprima, pour son confrère et pour Enguiibert de Marnef, libraire, une édition de Térence.
En sa qualité de libraire de l’Université, Pigouchet vendait des livres de classe aux écoliers. Nous connaissons de lui un petit livret de grammaire : Les
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
r7
Principes en françois, portant sa marque et que l’on peut voir à la Bibliothèque nationale.
Pigouchet s’est ensuite servi de caractères gothiques de bâtarde française de deux grosseurs différentes, qui tous deux sont d’une grande beauté et d’une régularité parfaites ( character uitulissimns et jiiciiiidissinms 1 ) , et avec ces deux corps de caractères, il imprima principalement des livres d’heures pour différents éditeurs
Le ier décembre x 4 9 1 parurent des Heures a P usage de Paris. Cette nou- velle publication, d’une exécution remarquable, fut imprimée par Pigouchet à frais communs avec Geoffroy de Marnef, dans le format petit in-quarto. Le texte des Heures fut imprimé avec le plus gros caractère de bâtarde tout fraîchement fondu dont voici l’alphabet :
a0c8efg0î&fmrijnijopqrieftttflpj>j na°pîi^e9(îgfîi9^ffim9fîô jjppp^qq i
fffîfl V 9 *
Toutes les pages, ainsi que le calendrier qui accompagne le texte, sont entourées de bordures historiées divisées en petits compartiments renfermant d’élégantes compositions. Au commencement de chaque office, on a placé des figures plus grandes que dans le courant du volume. La gravure de plusieurs de ces grandes figures est tellement fine et les tailles si rapprochées, qu’il ne paraît pas possible qu’elles aient pu être gravées sur bois. La plupart de ces illustrations, ainsi que quelques bordures, doivent avoir été gravées en relief, sur cuivre ou sur quelque autre métal, comme les Heures de Jean Du Pré.
L’exemplaire des Heures de Paris, de décembre 1491, exposé dans les vitrines de la Bibliothèque Mazarine, est imprimé sur vélin et n’a pas été colorié, ce qui permet d’en apprécier la gravure. Il est tel qu’il sortit des presses, merveilleux de tirage et de netteté. Les caractères du texte paraissent tout neufs, et les traits des grandes gravures sont venus dans toute leur pureté.
Ce sont les qualificatifs que Pigouchet lui- s'ils charactere nitidissimo et jucundissimo. ( La Caille, meme leur donne à la fin de quelques-unes de ses Histoire de l’ Imprimerie et de la Librairie, page 66; impressions : Impressum autem fuit opus prefatum Pari- ouvrage cité. )
11 * 3
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Nous donnons comme spécimen une page entière des Heures à l usage de Paris, dont le sujet principal représente la Visite de sainte Anne a la Vierge :
Malheureusement, les traits s’écraseront légèrement et s’épaissiront un peu au fur et à mesure des tirages, dans les éditions subséquentes des Heures que publiera Pigouchet; il deviendra alors difficile de distinguer les sujets qui ont été réellement gravés sur métal d’avec ia gravure sur bois.
Dans ce premier tirage, particulièrement soigné, on perçoit aisément les différences; la délicatesse des tailles apparaît comme dans une médaille ou une monnaie frappée à fleur de coin.
Nous y joignons un fac-similé des bordures de la dernière page, qui contient l’achevé d’imprimer ainsi formulé : Ces présentes Heures a l’usage de Paris furent achevées le premier jour de décembre mil quatre cent £ quatre vingt ç et un%e par Philippes Pigouchet, imprimeur, demeurant en la rue de la Harpe, devant Saint -
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
'9
Cosme, en l’ostel du Colli'ege de Dinville. Qiii en vouldra avoir, il en trouvera audit lieu et devant Saint -Yves, a l’enseigne du Pellican, en la rue Saint -.laques.
Süi
£ee piefettfee Çeutee a tufaqe 8e patte f u vent acfjeueee te premier lourde decemdxe mit quatre cent? quatre Strtgtj et Sn^e pat p^iftp pee piqoucfyet tmpitmeuc demeurant et)ia rue 8e fa Çacpe 8euartf fatnt cofnte et) toftet 8u cof tieqededlnmîte.fàuiet) 5ouf8ia auott if et) ftouueta au8tf fieu et dernnt f xint jwee a fen fetgtte 8u pefftcat) et) fa tue faine taquee.
iuejjfperttae
eftttanfltoîial)
lRtltuuntt>i
Le 5 janvier 1492 (n. st.), Pigouchet imprime les Heures de la Vierge selon l’usage de Rome, dont nous avons parlé au commencement de ce chapitre, pour Simon Vostre, libraire demeurant à Paris, «en la rue Neufve Nostre- Dame, devant la grant église ». Il exécute encore d’autres livres d’heures dans le courant de la même année. Le 1 1 mars 1492 (1493 n* st-)> ü termine l’im- pression d’ Heures à l’usage de Rouen, pour Pierre Régnault, libraire de l’Univer- sité de Caen, «demourant audit lieu, à l’enseigne Saint-Pierre en Froide Rue».
Ci-après nous donnons des spécimens des figures un peu archaïques de la première manière de Pigouchet; elles avaient déjà paru dans les éditions pré- cédentes de ses Heures. Les traits des figures, qui commencent à s’aplatir, ressemblent davantage à la gravure sur bois.
3*
i
PHILIPPE PIGOUCHET. - HEURES DE ROUEN (1492)
L’Apparition aux Bergers. Le Massacre des Innocents.
PHILIPPE PIGOUCHET.
HEURES DE ROUEN (,49a)
folia ttBibne.
Ifl tffo tempoxe )£ecum8entt69 JL nbect bifcipufte ap* païutt iffie t'cfu6(T ep ^ pxoBxautt mctebuftta tett)tffop (rburtctati) llP^lcoxbie/quia^ieq^ j berâfeuç tefutteptfje Inô aebibetât.etbiptt ete. Æunteetrçmîlbû
ISmuetf un) pxebtcate euâçefm omm ctea Pÿ tute.i&utctebtbettt etBaptijutuefuerit: m fafuueettt. ££htt “Seto nô ctebtbetitcôbè P naBttut. Aligna autê eoequt ctebtberint ^ Çec fequertf.^li) nomïe meo bemonta ctict ent/ftnçute foquen£ noute/fetpentee \ f ent/et ft moxttfetû qb 6t6erit;not) ete no* J ce6 tt. £)up eçtoe manue tmponèt (t 6ene L Ça6e6unt.^tbHequibeit)tefu0pofîq>fo|n j cutue efï ete affumpt9 eft it) cefïï ef f ebet a / J) beptrie bei.Jlfft autë ,pfertt pxebicaucttlt| J ^ 536tq5 btîo coopetâte et f etmonè côfttmâ 3 te fequenttôusftgnie. jge o gtatiae. | f
glatit lumïa; riaîfirmam; toccli. 7~ -
û) ouëte^entm^ü munett69aboxate eft Hubtee aût Çetobce tep ft3at9eft (t ote Çie 5j tofoftma cil tffojBf ççteçâe oëe pitctpef (g facetbotd (t fcttôaf pptï:f ctf cttaBa? a6 eîf Ip S6t mjï9 naf cetet. £t tfft btjperflf et. ^It) §£ 6etÇfe€ mbe.^)tcenî fcnptü c g .ppÇetâ. P fBtt u ÔctÇfee texxa tuba nequaq? mtmma ee î piîctpt6qiuba te ent epiet bup qui ft
teçatpopufü meu tftaef. 3£unc fletobeeljy cfâSocatÇmaçie btft$ëfet btbtfctt a6 ete |g tpüe fEeffc^ appatuttete.Æ;f mittëe eof î| fe
IÔetÇfeë bipit.yte (i inhoçate btftçenë be | pueront cil iuenetttÇ tenticiafe mtcÇfôf J ete$o tentée aboxë eu. glut cüaubiflef > te$ë a6tetüt.i£f ecce fîeffa qua libérât î s oxiëte âtecebeôaf eoe55fq5 bûSeniëe fia* ï tet fupxa S8t état puet.étbëfee aüt ftef* fâ ma$t çautfi fût çaubto ma^no^afbe fEt îtrâtee bomü ïueuerüt puepcû mattct matre et9 fct ^ctbètes aboxauerût m*& aptie tÇef aune f ute o6fufetuf et munera autû/tÇue:(î mtttâ.^f cHfo accepf o î fo* me ne tÆttët ab Çetobe: pet aftS *5î3 te^ uetft funt tt) tegtoné f u3. H>eo gtde . 1
tta ftftï ejpcuffoxon). f ) eatue Stt qui tm . pfeuit beftbe ttutt) fuutt)ejo tpfte not) con^ J ftmbetut cü foquetut mtmtcte fuie ity pox g 1 ta&toxiapam^icütetat. pe. ^ omne6 timent bomtmm) ^
qutam6ufant erue^a8o - tee manutl tuamnt quta manbucaôte: 8e u atueeeetBenetiStettt^oxtuaftcut^t V Ufapeîicûcta tieaôunbanen^fcifetiôuebomuente. \ 1 ogaairafttri fP tfri tut fiait noueffe oftuatu;i>) citcuk c ^ mcnfe fic 6enebtcetut Çomo: «
qut timetbommiî.Ôeitebtcat ei6i bomtV t nue eja fyotpp ^tbeae 6ona Çtetufafè om \ btefiue ‘Site tue JET 1 55tbeae ftfioe f * fiftOttui) tuoçtpatetp fupectftaef. 0fo^ r
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Cce pxef ititee Çeutce a iïtfaçe beKou | et) futent acÇeucee fe .joi . tout be mate. U #ai) C^tf.£^iCC*quattte.^.rt.^u.|ï pout ÿ>tettetcgnaufe iTt6xatce befunt^| uetftte be ^aet).bemoutantaubif fieu a fettf ritjne fatnet fbtecte et) ftoibe rue.
PHILIPPE PIGOUCHET. — HEURES DE LYON (1495)
PHILIPPE PIGOUCHET. — HEURES DE LYON (,49j)
PHILIPPE PIGOUCHET.
HEURES DE LYON (i 4ç
9l||fMÉÉl>C
S>fîe tefu ppe aboxo k l rture pé* benfô (r coxonawj fptneâ itj capite
ca5if baôif rffi brie be9 febé bauib pa* il Sucs muli trie eiue (i regnafiif û) bomo iaco6 ri) eter* plrcentur fti nurî)(T tegni eiue nô errt finie. JBipitaüt Per terrain, maria ab angefiL £}uô fief ifîub quonrâ ‘Sirü nô cognofcox' £t tefpôbée angefue bip if ei.^pirifufTcfûe fupuenief î fe fue affiflimr O0il6xa0if fiBi.^Jbeoqj (Z nafcef ep tcfanctü 1)oca6itur frfiue ber.
£t ecce eCÿaÔetÇ cogna fa fua @ rpa cote' ^ Vtfjï fo? pif fifiû irj fenecfufe fua. p 0rc méfie ef? fe ; OTm pfue rffi que lîoca? ficrifie.qj nô erif tpof dâ f r6ife aprtb beû omne ‘BerBQ. ^iprf aufè hÿ mam.£cce a nerf fa bfinfiaf mic$t febn] jjlL 55er6ûfuun).j9eografiae.
£)cÔti} mat$eü*0Cotia frSibüe. fi
i -y îarfTofpe.^a yfCj -A nat9 effet fefue rqBet^feeti) tube if) bie Bue ffctobte tegre/ecce magi aB ozienfe 53ene^ VJ m/v? runtjierofofpmôbicé lift® __ tee 5l>6i efl qui nat9efl Wl/rl 1 wii teprubeo^&tbfmue Whi 1 enrfîeffâeiuerrçozren J#W Jte (ï15enim9a} rnune^ m&h riBueabozate efl.flubiene autett) fjerobee Ml ïS
lîzoue fr°unôe ee ef ripfaree que nofîte j Benoit fauueur refuc^rifï fapparuf^ne ( f0*6 a feignent faict gregoite frtp cfiât :
r ef) ^fe'pfaf iô au ferrer be fa mcfje.j'pe quef ^
itwl 9fàccant 3 toute (efficace bc fa temifkot) J INI t ôcepec^^ceboif bu mérité be fa paffiof) <i Jpq bôna qirato^emifireane be^xapparbof) 1
a to? ‘xkare edfee (r tcpéfâe q fee genoufj v ffeeffoef) ferre beuôt fa cepfenfafioqbe fa ( ©«>io5Fmr ^eno,fc Paff»ot) beuotemenf birôf feptfoie te minctum $afer n,°^ec/(?; Sue maria auec fce orai* ; puerûiftum . fonequt fenfuiuenf. j^fbe puie pfufreure , 7f^T~p aufree papce y et) ont abioupfegranbe h', \ Êm tIïe montanf comme fer>freuue parefcrrpf < a ^uac2re(î fV m,Tfe aneou enuirorç.pat SjgM no(Ier. Bue maria» :
+
i
f; infetnnef part icipen) me factae cekftiuti} gaubioxurt). pxe/îanfeeobew) bomino no ftto iefu rfiiflo qmUiuit ef cegnaf it) fecu fa fecufoiuri), Um&)* |>atet no/let ♦ Kue
jCee pxefenfee Rentes a fufage be iEiot) furent aefleueee par ^Çifippe pigouc^et fi Bxaire be funiuerfite be pacieYe penuftime ioutbe 31uiffet.mif,cccc,uirpp.et quin5e* pour touffarne bemôfiap fiBxaire bemou tâf et) fa tue be fa 0etpe pxee f atnt £ofme.
clt lejc oiuta mopU t>ata vern'ce frna.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
2 5
Le texte des Heures de Rouen et de celles de Lyon, dont on vient de voir plusieurs fac-similés, est composé avec une fonte de la petite bâtarde de Jean Du Pré, que ce dernier avait inaugurée en 1488. (Voir t. Ier, p. 243 .)
Les Heures de Lyon furent imprimées en 1495, par Pigouchet, pour Toussaint de Montjay, un de ses voisins. On y retrouve les illustrations des livres précédents et les figures de la légende des Trois Morts et des Trois Vifs} placées en regard Tune de Pautre. Elles sont reproduites page 23.
Les bordures du Calendrier se composent de sujets qui avaient déjà paru auparavant, mais il y en a de nouveaux qui sont d’une conception originale.
D’autres bordures représentent des sujets tirés des histoires de l’Ancien et du Nouveau Testament. La figure de la célébration de la Messe, avec le haut sur fond noir étoilé, se voit déjà dans les Heures de Paris, de 1 4 9 1 • Elle reparaîtra souvent isolée dans d’autres publications de Pigouchet.
Pigouchet, qui était l’imprimeur attitré de Simon Vostre, changea ensuite tout à fait sa manière. Les Heures à l’usage de Rome, du 22 août 1498, donnent l’échantillon de son nouveau genre d’illustration. Le dessin est moins archaïque et plus correct; les tètes des personnages sont moins grosses, les contours moins raides; il y a, dans le burin, de la souplesse et une certaine grâce calme et tranquille, qui dénote le faire d’un artiste expérimenté, maître de son outil.
Les grandes planches sont encadrées de colon nettes feuillagées et de vous- sures flamboyantes. « Le dessin, d’un naturel précieux dans les airs de fête, dans les gestes, dans les vêtements, attrape des expressions charmantes de piété, de bonhomie et d’individualité, avec de nombreuses figures adroitement agencées dans des fonds richement garnis de végétaux et d’édifices. L’effet y est obtenu d’une manière uniforme, mais suffisante, et sans que l’enluminure intervienne, au moyen d’un trait net et fort dans les contours, dans les plis, et de hachures fines distribuées par places dans les fonds. Dans plusieurs de ces scènes, les qualités de l’art les plus élevées sont déjà atteintes; il suffit de citer en exemple rassemblée des Apôtres et des Saintes Femmes au milieu de laquelle descend le Saint-Esprit; plus de seize figures y sont distribuées par groupes avec toute la variété et tout le savoir requis dans un art encore placide et dévotieux «
Renouvier (Jules . Des gravures sur bris dans les livres de Simon Vostre , libraire d‘ Heures, avec un avant-propos par Georges Duplessis; Paris, A. Aubry (Lyon, imprimerie L. Perrin), 1862; petit in-8°, p. 9).
n. • 4
IMPRIMERIE nationale.
26 HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN ERANCE
Voici d’abord le titre de Ces présentes Heures h l usaige de Romme , avec la marque de l’imprimeur. Un homme et une femme sauvages, dans un portique tout fleuri, tiennent suspendue à un pin la targe ou écusson au double P qui forme les initiales de Philippe Pigouchet, dont le nom est inscrit en entiei dans une banderolle qui se déroule en dessous.
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Les bordures historiées qui entourent ces deux pages ont leur note gaie et champêtre dans ce milieu sévère.
La grande marge est ornée de rinceaux garnis de personnages en cos- tumes rustiques. Ce sont des bergers et des bergères qui dansent avec leurs houlettes, au son de la musette, ou se jouent au milieu des branchages.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
27
Vient ensuite la coupe du Saint-Graal ou calice de la légende, portée sous un dais par deux anges; les bordures nous montrent des scènes champêtres; des damoiseaux grimpent à l’arbre et une damoiselle reçoit dans son tablier les fruits que ceux-ci lui jettent; une autre cueille des fleurs. Dans le bas, les jeunes gens s’amusent à un jeu qui est peut-être celui que Rabelais appelle Je m'assis.
Ces petites compositions sont ravissantes dans leur simplicité.
Dans le Calendrier qui suit, les compartiments du bas représentent les occupations de l’année et les signes particuliers aux mois. Les bordures exté- rieures sont formées de petits compartiments rapportés, contenant des scènes tirées des histoires de la Bible ou de la vie et du martyre des Saints.
4-
28
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Janvier- Février. — La bordure extérieure est divisée en cinq compartiments, dont les scènes se rapportent aux principales fêtes de ces mois :
La Circoncision (ier janvier). — L’Épiphanie ( 6 janvier); les trois mages viennent offrir leurs présents à l’Enfant Jésus. — Saint Sébastien (20 jan- vier) lié à un arbre et percé de flèches. — Saint Antoine ( 1 7 janvier) résis- tant aux démons. — Sainte Agnès (21 janvier), vierge et martyre.
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La bordure inférieure nous montre le mois de Janvier symbolisé par le bourgeois à table; le signe du Verseau s’applique à Février.
Le compartiment d’angle représente Esther, comme pour Mai-Juin.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
29
Mars- Avril. — Des cinq compartiments composant la grande marge, le premier est rempli par des grotesques sur fond criblé-, le dernier renferme un archange sonnant la trompette du Jugement dernier.
Les trois autres compositions se rattachent à cette partie du Calendrier :
Le pape saint Grégoire (12 mars) agenouillé devant l’autel. — L’Annon- ciation (25 mars). — Saint Marc écrivant son Evangile (25 avril).
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Le double compartiment du bas représente le mois de Mars, époque de la taille des arbres; le signe du Bélier se rapporte à Avril.
Dans l’angle, la sibylle phrygienne tient la bannière de la Croix.
3°
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Mai-Juin. — Quatre compartiments sur les cinq de la grande marge sont réservés aux principales fêtes de ces mois :
Voici saint Jacques (icr mai) avec son aumônière. — Saint Jean Porte- Latine (6 mai), patron des typographes. — Saint Nicolas, avec les trois enfants légendaires. Une fête de saint Nicolas se célébrait le c, mai, date de sa trans- lation à Bari. — Saint Pierre et saint Paul (251 juin).
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ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
3 1
Juillet- Août. — Les petits tableaux de la marge rappellent tous des saints fêtés pendant ces deux mois :
Sainte Marguerite (20 juillet). — L’Assomption ( 1 5 août). — Sainte Anne (26 juillet) apprend à lire à la Vierge enfant. — Saint Laurent ( 10 août) sur son gril. — La décollation de saint Jean-Baptiste (29 août); la tête du saint est placée par le bourreau sur un plat tjue soutient la danseuse Salomé.
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La bordure inférieure représente, à gauche, pour juillet, un moissonneur se désaltérant; à droite, pour août, le signe du Lion.
La sibylle phrygienne occupe l’angle droit du bas.
32 HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Septembre-Octobre . — Sur les six compartiments de la marge principale, trois tableaux renferment les principaux saints de ces mois :
Saint Denis [p octobre), tenant sa crosse de la main gauche et portant sa tète de la main droite; il est accompagné de deux anges. Saint Luc ( 1 8 oc- tobre) écrivant son Évangile. — Saint Michel (ip septembre), foulant aux pieds le démon qu’il combat avec une croix en guise d épée.
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Les sujets du bas sont : à gauche, les semailles pour le mois de Septembre; à droite, le signe de fa Balance pour Octobre.
L’angle de gauche est occupé par la sibylle Europe, qui tient un glaive.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
33
Novembre-Décenibre. — Les principales fêtes de la fin de Tannée sont repré- sentées dans les cinq compartiments de la grande marge :
La fête des Trépassés (2 novembre) est figurée par la Mort frappant le pape de sa flèche; un cardinal est déjà terrassé. — Sainte Catherine (25 no- vembre). — Sainte Colombe (21 novembre), décapitée. — La Nativité de Jésus (25 décembre). — La lapidation de saint Étienne (2 6 décembre).
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La bordure inférieure nous montre, pour le mois de Novembre, les porcs conduits à la glandée. A droite, le Sagittaire. Dans Tangle, la sibylle de Delphes tenant d’une main la couronne d’épines.
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34
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
La série des grandes figures des Heures imprimées par Pigouchet pour Vostre se compose ordinairement de quatorze planches qui ont été énu- mérées par J. Renouvier.
Nous donnons les échantillons de quatre des illustrations qui se trouvent dans Tédition des Heures à l’usage de Rome, du 22 août 1 4^8 : / Apparition aux bergers , la Faite en Égypte , lésas crucijiê entre les deux larrons et la Descente du Saint-Esprit.
Dans la première de ces planches, les bergers regardent au ciel les deux anges qui leur annoncent la venue du Messie.
Les grandes marges nous montrent les épisodes de divers miracles de la vie de Jésus-Christ.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
3J
La seconde planche représente la Sainte Famille fuyant en Égypte. La Vierge, tenant sur ses genoux l’Enfant Jésus, est montée sur un âne conduit par Joseph.
Au second plan, derrière un rocher qui dissimule les saints personnages, un moissonneur est questionné par les soldats d’Hérode pour savoir si quelque nouveau-né n’est point caché dans les blés.
Les épisodes du Massacre des Innocents et de la Fuite en Égypte sont répétés en détail dans la marge extérieure.
L’artiste, sans tenir compte de l’époque du Massacre des Innocents, repro- duit encore la scène du moissonneur que les sicaires interrogent.
5-
36
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
La composition du Christ en croix est bien traitée. Les Saintes Femmes sont au premier plan, puis la Vierge les mains jointes; Madeleine agenouillée entoure de ses bras le pied de la croix.
Les deux larrons, attachés par des cordes, ont les membres rompus. La foule et les soldats en armes entourent la scène. Au dernier plan, la ville de Jérusalem profile ses monuments.
Les compartiments des grandes marges nous représentent Jésus les mains attachées par des cordes : d’abord devant Caïphe, ensuite insulté par ses bourreaux, et enfin chez Pilate.
Dans P angle de droite, on a placé la sibylle de Tibur.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
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Voici maintenant la Descente du Saint-Esprit représenté sous la forme d’une colombe rayonnante de lumière et posant ses langues de feu sur la tête des personnages.
Tous sont assis dans une attitude recueillie. La Vierge occupe le milieu de la composition; elle tient sur ses genoux un livre ouvert, les mains jointes et la tête légèrement inclinée.
Quatre des principaux épisodes de la Passion occupent la marge extérieure et celle du bas de la page : Jésus comparaissant devant Ponce Pilate, Jésus portant l’instrument de son supplice, les préparatifs du Crucifiement et le voile de sainte Véronique.
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HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Dans une autre édition des mêmes Heures à P usage de Rome, publiée le i 6 septembre 1498, on voit, parmi les grandes planches, la Visitation et la Présentation au Temple , qui sont, ainsi que d’autres, traitées dans le même style que celles dont nous venons de donner des spécimens.
Voici la scène de la Visitation avec Marie et Élisabeth au premier plan. Au loin, un vieillard, sans doute Zacharie, est assis au bord de la route.
Les bordures de gauche représentent des épisodes de la vie du Christ : la Cène ou l’institution du sacrement de l’Eucharistie; Judas recevant le prix de la trahison de son Maître; Jésus lavant les pieds de ses disciples, et le Sauveur au Jardin des Oliviers.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
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Quarante jours sétant écoulés depuis la naissance de Jésus, Marie alla au Temple pour présenter son fils. Elle donna, pour le sacrifice, deux tourte- relles : c’était l’offrande des pauvres.
L’artiste qui a composé cette scène en a rendu scrupuleusement tous les détails. La jeune femme qui porte les tourterelles dans son panier tient un cierge de la main droite. Siméon reconnaît le Sauveur attendu :
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Diverses scènes de la vie de Jésus occupent les compartiments des grandes bordures : on y remarque la femme adultère, le miracle de la multiplication des pains, la résurrection de Lazare et une des scènes de la Passion. Dans l’angle du bas, la sibylle phrygienne.
4o
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Dans une autre scène, l’artiste a traité un sujet plus mondain. Bethsabée nue est plongée jusqu’à mi-corps dans la vasque d’une fontaine. Ses servantes s’empressent autour d’elle. L’une tient un miroir où se reflètent les charmes de la baigneuse; d’autres lui apportent des fruits. Au fond, le roi David apparaît à la fenêtre. Là percent d’une façon piquante la recherche du cos- tume et la gentillesse des physionomies toutes françaises de cette planche :
Comme antithèse à la mondaine Bethsabée, couronnée de perles, la grande marge nous montre quatre scènes de l’histoire de la chaste Suzanne; la tête de la jeune fille est ornée du nimbe des saintes. Les deux compartiments du bas la représentent entre les deux vieillards.
ATELIER DE PHILIPPE P1GOUCHET
4 1
C’est ensuite Lazare le lépreux qui, les cliquettes à la main, vient mendier son obole dans la maison du mauvais riche, pendant que celui-ci est confor- tablement installé à table.
Au fond, le dressoir de la salle à manger; les domestiques servent les plats et versent à boire, sur l’ordre du maître d’hôtel qui se tient à gauche du dres- soir et dirige le service.
Il n’y a, sur la table, que des couteaux; on ne se servait pas encore de fourchettes :
Le riche, courroucé, enjoint à Lazare de sortir et le fait chasser par un garde qui, Pépée au côté, précédé de deux chiens, n’ose trop s’approcher du lépreux, de crainte de contagion, et le repousse de loin en lui faisant des deux mains le geste de s’en aller.
Seul, un chien s’avance en ami vers Lazare et lui lèche les ulcères de ses jambes nues.
Par la fenêtre ouverte, on aperçoit un pauvre tombé d’épuisement.
Cette scène est pleine de vie et de mouvement; c’est une page intéressante de la vie de famille au moyen âge.
6
n.
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
42
La Vie de l'Enfant prodigue se déroule dans deux bordures comprenant huit petites scènes très joliment ouvragées et disposées avec goût :
Les sacrements de TÉglise : le Baptême, la Confirmation, la Pénitence, le Mariage, l’Ordination, l’Eucharistie et l’Extrême- Onction, sont figurés par de petites compositions dont les sujets ressortent sur leur fond criblé :
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HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Des grotesques sur fond criblé servent de motifs d ornementation dans les bordures latérales et dans les compartiments du bas des pages :
La fantaisie de l’artiste s’est donné pleine carrière. Des personnages fan- tastiques accompagnent, dans leur chevauchée, des chimères de toute sorte, le tout brochant sur une flore incomparable : telles sont ces bordures d’une exquise conception.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
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Pigouchet imprime ensuite des Heures a l’ usage d’Amiens, Voici le spécimen du titre avec la marque de l’imprimeur, l’adresse et l’enseigne du libraire :
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Ces Heures, qui parurent vers i 500, ont, dans les bordures du Calendrier que nous reproduisons en entier, quelques-uns des mêmes sujets que l’on voit dans les Heures précédentes; mais les compartiments du haut et du bas contiennent des compositions nouvelles pour les occupations et les signes des divers mois de l’année.
La mise en scène est égayée et avivée par des jeux divers, tels que le colin- maillard, ta main chaude, le cheval fondu, le jeu de balle à la paume, les boules de neige, etc., le défilé d’une noce et autres petits sujets traités avec un sentiment artistique plein d’entrain, de naturel et d’esprit, qui en font comme autant de petits tableaux de mœurs de l’époque.
Les caractères des Heures d’Amiens sont les mêmes que ceux employés par Pigouchet pour les Heures à l’usage de Paris, de décembre 1491*
PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS. — CALENDRIER
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PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS. — CALENDRIER
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PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS. — CALENDRIER
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ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET
49
Avec les spécimens suivants, on peut se faire une idée de rornementation qui a présidé à la confection des livres d’heures imprimés par Pigouchet pendant une dizaine d’années. Le style de l’illustration est différent de celui des Heures de Du Pré, de Vérard et des autres éditeurs de ces sortes de livres, qui ont copié plus ou moins habilement les mêmes figures. Il est un fait certain, c’est que les Heures de Pigouchet, exécutées pour Simon Vostre, ont fait de tout temps l’admiration des bibliophiles et des connaisseurs. Elles portent le cachet artistique de la vieille École française. « Le dessinateur, dit J. Renouvier, est entré d’emblée dans le plan de l’iconographie gothique; il place aux premières pages les représentations que le sculpteur mettait aux marches de l’église, sur les côtés du portail, et il ajoute de son gré des motifs plus familiers et plus gais, de petits sujets de mœurs dont la gentillesse nous touche d’autant plus que nous en voyons la tradition fidèlement observée par les campagnards et par les enfants1.» On n’a rien fait de semblable à l’étranger; c’est de l’art français par excellence. En tournant ces feuillets, on se croirait transporté sous les nefs de nos vieilles cathédrales gothiques. On sent vibrer, dans ces images de la vie du Christ, des Sacrements, des Signes de la fin du Monde et de la Danse macabre, la foi naïve et robuste de nos pères.
Outre les bordures dont nous avons présenté des échantillons, la plupart des livres d’heures exécutés pour Simon Vostre dans la seconde manière de Pigouchet, en contiennent d’autres figurant la Danse macabre des Hommes et des Femmes . Le cycle complet de la Danse des Morts se compose de soixante- six sujets ; trente scènes sont contenues dans dix bordures pour la Danse des Hommes, et trente-six scènes en douze bordures pour la Danse des Femmes. Ce sont les mêmes personnages qui figurent dans la Danse macabre de Guy Marchant. Le dessinateur dispose adroitement ses couples dans un petit espace. Il drape la Mort d’un bout de linge, lui donne pour instruments le pic et la pelle, plutôt que la faux qui tiendrait trop de place, et il la fait grimacer comme un singe en présence d’un partenaire merveilleusement signalé par son costume. C’est un vif dialogue, une mimique piquante qu’ont, avec la Mort, le Bourgeois, l’Usurier, le Médecin, l’Enfant, la Reine, la Chambrière, la Mignote, la Femme de village, tous entraînés vers la danse finale.
1 Des gravures sur bois dans les livres de Simon J. Renouvier, excellent juge en la matière, dont
Vostre (p. 8), ouvrage cité. Nous avons emprunté nous adoptons toutes les théories, qui sont on ne
plusieurs des idées émises dans ce chapitre, à peut plus justes.
7
11.
PIGOUCHET. — HEURES A L’USAGE D’AMIENS
Le Baiser de Judas .
L’Ensevelissement de Jésus.
PIGOUCHET. — LIVRES D’HEURES. — DANSE MACABRE DES FEMMES
54
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Philippe Pigouchet n’a pas fait que des livres d heures : il a édité des traites de théologie, des classiques latins et des livres de littérature française, tels que Le Blason des faidccs amours; Les Faintises du Monde ; Le Chasteau d amour ; Les Cent Histoires de Troye, de Christine de Pisan; Les Lunettes des Princes > de Meschmot, dont nous donnons ci-dessous le fac-similé, et bien d autres ouvrages.
nee funettes bce pnncee auec aucunes Bafabee et abb jetons nouettemët côpofeee g noBfeJom me Jefjat) mefcginof fBfcuiet: et) foi) Gluant géant mat/fre bjfaftef be fa &opne beÿtwnce
GLaemençetapki £a pa/ïure SSLuetteï
ISXuî pxeBfft* f cet factet £at te ne feap meiiïeut ttomet piînce
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giuopï élue te ccop
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que bteu ctea pour no9 famée
cat te nefeap metffeur ttomet
finirent îee tanettee bee pitncee J mpztmeee abatte parpÇeftppe pigocÇet. $atj mit. ££££* quatre ^rngtj (T qutnje.ipout fpmot^ofïre £idiaite bemouranf erçfa rue neuuenoftre bame a fenfet'gne famcf 31egat) feuangeftpe.
Le caractère avec lequel Pigouchet a imprimé ce dernier livre est la petite bâtarde de Jean Du Pré (voir alphabet, t. Ier, p. 243), dont il s’est servi pour des livres d’heures, et qu’il a employé de préférence pour les livres en français. Parmi ceux-ci, nous signalons tout particulièrement Le Chasteau de Labour ; de Pierre Gringoire, achevé le 3 1 décembre 1499, pour Simon Vostre, et qui finit par ce quatrain relatif à la chute du pont Notre-Dame :
Le vendredi de devant la Toussaincts,
Vingt et cinquiesme octobre du matin Mil cccc. nonante neuf, rien mains Le noble pont Nostre-Dame print fin.
ATELIER DE PHILIPPE PIGOUCHET ^
Ce volume petit in-octavo est illustré d’une façon remarquable. On y voit le combat des Vertus et des Vices, compositions empruntées aux livres d’heures de Simon Vostre. D’autres gravures, d’un excellent dessin, représentent des artisans travaillant de leur métier. Nous donnerons des fac-similés de ces gravures, au chapitre des éditeurs, à la fin de ce volume.
Pigouchet s’est encore servi, pour les livres latins, d’une gothique compacte d’un œil très petit, de 6 points et demi, dont voici l’alphabet :
a:scc TD'fzf&v 3 % 0 ^ <aacR© % ux
abcbdefgbijklmnopqr:eftuvpY5 frfUTd
âb9pôce9x§5gU^I'l,?rfj m9n n9ôi3g,pq4qq(}>(gq3f r<r9£
Hftlüu’frJ? { €L
c ^st avec ccs caiactercs qu il a imprime les Flores beciti Bcniuydi :
b eata maria vfrgine,
ad^uilbelmü abbatemfancti tbeodor rici.£rroi eft büane métis non modo bonum putare malü i malum bonum aut verum falfü/etecôuerfo: fedettam certa recipere pzo bûbijs/bubia $ ce n tie.£jc tozta feu coacta licentia non eft licentia fedviolentia.tüuodcütç autes ita p lacet vt fi rec te fieri nô pofïït:pl3s ceat tamé fîeri.eo etias modo quo fas non efl nimiseft:acpert?oc quiaiam benenô fit:bonü noneft.Stultus bum nonloQuitunfapiêsputatur.nagmon loquiturnôrenfuainopia:f5bumilita; tis effe euftodia creditur. 3ndoctus fi prefumat bocere quod nefcit:nid?il i ru doctius agttur.ferués fpüs 'zvebemës befideriû :aperiri fola lingua non fuffi= cit ."Recta facerea inuttlemfe reputare apud paucos inuenitur./îon oms pa; cifiri qui bomefticimec omnes amici d videntur.ljabetvera amicicia nônü^? obiurgationëradulationé nim&%eui9 reozverecundia apud boies periclitari condênari apud beu filencioveri ta^ citumitate'z abfcôfïone iulticie. <&uid tuftius/quid iocüdius:vtquë repzebê dereintendis plus cômendes. vt pco= îtijspzocôuialsvtaris nefciusretvoî lens betral?ere laudes iuuitus.atego net indignisvifuperarionibus moueot nec idebitas recipio laudes ."Res plena equitatea laudebigna: vt be mëdacio nemo lucref. <üutd magie contra ratio nemcprationérationeconari tranfeen dere^t quid magis côtrafidé credere nolte quiccfd ratione n5 polïït attinge= rerXDalü fi ppzimas tuü: reputabitur hbiadiufticiâ.fialienu adgloziâ:nec flerilisverecûdia grata eft-.nec bumilù tas p^terveritatèlaudabilis. Huma- na temeritas audet repzebèdere qô mi aime côp:el?êdere valet: fie fe t?abent moîtaliû cozda: quod feim9 cü necefTe non eft: in neceflïtate nefeimus. /Ji^i l eycipitur vbi biftinguif nicl?tl.gn alto non altü faperefed î?umiUb9côfentire: mlbeocanus:mlrartusapud botes, gntereft ad banda rerû certitudinê dd incerta iactet opinio-.quidcp opus eui densreddat indubitatü.Ciuod autein
certiusptobamus: f?oc ïpiedkamue fecurius.Soli filfi ire nô fentiüt nec tri ftantur triftibus:fed Ictâturz eyultant in rebus pelTimis .tegi apud quende* fapientê.nô efivir foztis cui nô crefaê animus in ipfarenrç bifficultate.£go autem bico ftdeli bommi magis i inter flagella fldendû. tMj cozdiseft cedere impoztunitati-.que ad id quod opottet adducinô patitur. ilemo(vt aitbtüs ambîofiuslinuitusberte facitetiamfi bonum eft qôfacit: quia nil?il pzodeft fpiritus fimozisvbi nô eft fpüs canta: tis. /îô eft paru pericuUfciëtie furripi et jelum bozmirenllud ejeeufat ignozât tia:boc négligent! a inejxufabile facit. £go plagie côfciêtiemeenullû iudico accômodatiusmedicamentü p:ob:is etcôtumelijs.Supbisrefifterc'z bumt libus baregratiâ:familiareeftbormo, flon bebet efle par pena: vbi bifpar eft caufa.gnterbonos bonü eft efle faluté l?abet inter malos vero i laudé. 3 llud tante facilitatis efhquâte ifecuritatÇ. b,oc tante virf utis:quante % biffïcnlta; t is. i3ec nouü n ec mirum eft bumanu3 ammum:pofie fallivel falere.Cauem dum et bec et illud:quia vtrobuç péri culum.
<Tbabes lectot fuauifiime mellii fluos biui Sernardt ftozes'.tnquibus optima queque ep operibuseius ftu* diofifiïme eycerpta retondûtur: ptnde fi omnia eius fanctifiimivin feripta bo na funt: l?ec optima eiïeequifiïmo iure biteris. 3mpzeffum eft autem pzefens opusfolertiopa t>bilippi pigouebeti 3mpenfis vero cômunibus eiufdem et Smrâdi gerleri aime vniuerfitatis f>a rifiënffs libzanozum.anno fa lutta nos ftre.t o99,ïij. calendas JDecêbzis. Sit omnipotenti gloiia.
C5floiida melliflui Bernardi pzata peragrâs. 1?inc tibi nectareas collige lectotopes.
Ce livre présente cette singularité, qu’il est daté de i opp au heu de 1499 par suite d’une coquille typographique.
56 HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE
Dans quelques-unes de ses impressions, Pigouchet, à I exemple de Guy Marchant et de la plupart de ses confrères, a inséré des planches ayant servi ailleurs. C est ainsi que dans le dialogue de Jean Gerson, De pafectione cordis, sans date, mais avec sa marque de Pigouchet, on retrouve, au verso du titie, la figure du prêtre à l’autel des Heures de Lyon. (Voir fac-similé, p. 2,4.) Une autre, placée à la fin, représente Louis XII tenant son fit de justice :
Cette petite illustration n’a aucun rapport avec l’ouvrage de Gerson et n’est mise là que comme remplissage.
Philippe Pigouchet fut un typographe des plus distingués, qui fait honneur au nom français. Il a travaillé non seulement pour Simon Vostre, mais aussi pour Enguilbert de Marnef, Toussaint de Montjay, Jean Petit, Durand Ger- lier, Jean Richard, et pour Pierre Régnault de Caen et Jacques Huguetan de Lyon. Son exercice s’est prolongé jusqu’en 1512 environ.
Le local du Collège de Dainville, où il avait établi son imprimerie, faisait face à la rue des Mathurins. L’emplacement de l’atelier de Pigouchet formait le coin de l’ancienne rue de l’École-de-Médecine, qui a été démoli depuis pour livrer passage au boulevard Saint-Michel. La femme de Pigouchet se nommait Jeanne Du Pont ou Ponceau. Il eut d’elle deux filles : l’une fut mariée à Poncet Le Preux, libraire, rue Saint-Jacques, au Pot d’ Étain, près de la chapelle Saint-Yves; l’autre à Pierre Attaignant, qui succéda à son beau- père et fut le premier imprimeur spécial de musique à Paris.
CHAPITRE XXII
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DE PIERRE LE DRU
(i 488-1 ^OO)
Exercice de Pierre Le Dm plus ancien qu’on ne le supposait. — La première édition des G est a
Francorum de Gaguin. — Autres impressions de Pierre Le Dm. — Les Stahilimenta Rhodi. —
Association de Le Dru avec Étienne Jehannot.
On 11e connaît pas de livres imprimés au nom de Pierre Le Dru avant 1494-1495; cependant il est certain qu’ii était imprimeur dès 1488. La preuve en resuite d un document médit tiré du registre d’écrou du Châtelet. Le 25 octobre de cette année-là, il était appréhendé au corps et amené prisonnier par les sergents. Il fut arrêté et mis en prison sur la plainte d’un ouvrier tondeur de draps qu’il avait battu et blessé, à la tête d’une bande, près Saint-Innocent, trois mois auparavant. Dans la note qui le concerne, il est qualifié d’« imprimeur de livres», et son domicile est indiqué rue Saint- Jacques, près les Mathurins
C’est là effectivement où nous trouvons Pierre Le Dru établi quelques années plus tard.
H a dû, dans cet intervalle, imprimer des livres qui ne portent pas son nom et dont l’identification n’a pas encore été faite.
1 « Samedy xxv octobre iiijc im*x et huit. — sieurs navreures et playes en sa personne le xxiiie jour
Pierre Le Dru, imprimeur de livres, demourant de juillet derrain passé iiijc iinTX et huit, Iuy estant
près les Mathurins en la rue S1 Jacques, et Jehan à la place aux Chatz, près Saint Innocent, ledit
Potier, varlet tondeur de draps , demourant en I’ostel Pierre accompaigné de xxv à xxvi de ses complices
de maistre Guillaume de Cerisay, près les Augus- et allyés comme il dit jusques à ce qu il ait nomme
tins, amenés prisonniers par Jehan Lallemant, Fou- sesdiz compaignons et ledit Jehan a la requeste
quet Paris et Guillaume Mesnaige, sergents à verge. dudit Pierre, pour mettre le cas au vray et sur
C’est assavoir ledit Pierre à la requeste dudit Jehan ce ester à droit. » (Archives nationales, Y 5 2 66,
pour ce qu’il est l’un de ceux qui lui ont fait plu- fol. 133 v°.)
11.
5^
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Pierre Le Dru était maître ès arts l. Son premier livre connu : Nyder; Consolatorium timomtœ conscientiœ, est daté du 3 1 janvier 1 495 (n* st0* ^ ^im- primait le même ouvrage moins de trois mois après (le 2 4 avril) :
CICantimtfecofolaHonetimozateflfcientfeüiptfTe
fufffdat.B cufufmodl c5p(la«ortc ft qu(fq5 quodfuu eft rcdpere vctlt md?il aut modlcu aufori manebtt.
CT£Jcaratumqu<ppe efl »?oc opufculum ffîaritttiB per XDagiftroro i^etrum le 0m . 2Jtvw mUlelimo cccc.jccv.viceftmaquartaoie SpriUa*
A la fin des Oppositiones Magistri Joannis Juvenis, petit in-quarto à deux colonnes, daté du 15 mai. Le Dru se qualifie déjà d’imprimeur très expéri- menté [impressor expertissimus). Le 3 1 septembre 1 4 5? 5 > d terminait hâtivement la première édition des Gesta Francomm , de Robert Gaguin :
X)e origine et gefïia ffeweoîum CompenOtnm.-
Sous ce titre on lit les vers suivants :
Mb libmm fmimroberftg^
£uini€nmm.
y .quo qutfqj fut bîfertoz et aura ‘SoraBit iorafuc cric foitc.bânaücxe foife.fcb omnt parte nicpiC tef onutt> eut not) odmutmmet egee ^eutpet if) af tenue feftet ftuoi Çonote. jfyfo ti&t aimf ueîaubt f uxbaftet inertes £luoe pttue 0aub5$mcae/(p rubete ceflef afeffus; diminue ce comptue;aut Ser6t examine comte: ^rc f ortie oinaBunt franco^ iffuftria teguirç & gcfïa et ‘Btrtue.fjie icmj bcfenfne aBifo,
L’édition était pleine de fautes. Gaguin s’en plaignit amèrement dans une lettre à Laurent Bureau. Sa mauvaise étoile, dit -il, l’a conduit chez un
1 Sur le registre de nominations aux bénéfices des maîtres ès arts de la Sorbonne, Le Dru est d’abord inscrit en 1 493 SOLls rectorat de Cor- neille de Delf, commencé au ier mars (2e rôle) : «Le Dru. Petrus Le Dm in artibus magister se nommât ad collationem et omnimodam dïspositionem epïscopi et capïtuh Belvacensis tant coniimctim quant
divisim . » — Sa seconde inscription est de 14^8 : « Le Dru. Petrus Le Dru in artibus magister se noini- nat ad collationem , dïspositionem , etc. , épis copi, decani et capituli Parisiensis tant conjunctim quant divisim. Item ad presentationem a b bâtis et conventus Sancti Maglorii Parisiensis ordinis Sancti Bénédictin tain conjunctim quant divisim . » (Archives de l’Université.)
ATELIER DE PIERRE LE DRU
59
imprimeur [Ita evenit nt impressorem sinistro sydere adirer) funeste aux lettres [male de litteris merentem ) et tout à fait insouciant de ses intérêts et de sa réputation [et sui quidem commodi fameqne apprime incurium)
A la fin de ce volume, de format in-folio, on lit les vers suivants :
Pétri prela Drui mntatis sedibus urgent Querere nos vario tecta domosque solo .
Ergo [dintiirno ne forte errore yagemnr)
Delige qnem tecum precupis ire donnait.
Les presses de Pierre Le Dru vont très prochainement changer de place. Nous chercherons un nouvel abri sur un autre sol et dans d’autres maisons. En consé- quence, pour ne pas te tromper à tout moment, choisis la maison où tu désires aller.
Nous donnons ci-dessous le fac-similé de ce passage :
CÆrôetempfoîettî «tfoqmttm
peftî piefa biupCmutafie febiflue^igent te nos *5arto tecta bomofq5fofo.
<£tgo(înuturno ne foi te ettoie ^agemut) i0c querç teewî) pxecupîe ùc bomurç .
Voici l’alphabet des caractères qui ont servi a l’impression du texte :
aBcbScfgÇt'ûfmnjiinopqrtef ? ffffft
aPd?(ïïfï« qÿ? ç a* %
Le 2 7 novembre i495> Le Dru imprimait le Modns legendi abreviaturas in ntroque jure :
(£oî>u8legenî>im btroqj iure.ab tjis que olimtumîiitni nute/cumfupetflue in eopoft ta fuere:etactt(r(ma nupet Dit Ugenti aemenbatus.
Le titre est exécuté avec une grosse gothique de i4 points, la meme que celle des premières lignes de titre du Gaguin.
Ri’berti Gaücjini eyisulæ , craùmes et carnmui; édition d A mit é Boc.ud, 149b, in [
fol. XLiiii.
8.
6 o
HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE
Le caractère du texte est exactement le même que celui dont Étienne Jehannot, qui fut l’associé de Le Dru, se servit à partir d octobre 1 4 9 5 • (Voir p. 241-243, et alphabet, p. 250.)
Iftonus.U.
giecmuia.ljejetffi.
&ndccinw0.\n&ii(i SmodedmuB.ljrfif. f££t{unt fimuI.vti.c.UU.
Cf Suterrticoçt fiuc nouellap conftttuttomim. Ç'q^rimacoUatio babctti.tü. ëxatnda.pl.
ICertia.vii.
0uarta.vltt- Ûàu wto.prfi{*
&ejcta .jdiii.
0eptima.tjc.
0ctmâ.%,
IBona.jrtC
C£tfurctftmul.;rcvtU
C©ectmacollitfio.Sutettttco£fhie nouellaiijconf' tuttonum/autüber fiue vfue fcudop babct titulos
l mi*
Ç^nHiftitfonum
» . .. ■ * —• “ILBccüdue.ttvt
£jrpUdt lîbcUus bccene modfi fhidendi t \e$Zdi contentaacabb2ariatax>triufq3 turte tam canomri çpdullieùnfe ptinme tituloa fiue rubticas eiuCdem torts 'foarifiue <mp«flua per magtftrum^etrutrt
le bm Srnto bfU2T.C££ir:..rcv.^vi{tfiouembiîa
Le Dru employait plus particulièrement ce caractère pour ses livres de petit format, comme la Dicta Salutis de saint Bonaventure, dont nous repro- duisons l’achevé d’imprimer daté du 30 septembre 1 45>7 :
<t Sancti Bortauenture boctoHa ejeirnri be bfeta fatums vnacum tractatube refûrrectione bommie a peccato et pîeparattone adgrattamfratfatua emen? dâtue nupcr et recoçnitus . efî tabula Qaratiiïitne confecta feUâter finit. /\$arifiue impîdTue per magt (hum ^etmle&îu. Snrto bmïDiUefimo. ££tC£- jtcvü.&le vltimamenfla 0eptemb2is.
Pierre Le Dru a travaillé pour l’éditeur Claude Jaumar, son voisin, qui demeurait alors rue Saint-Jacques, a 1* Image Saint-Claude .
Dans l’achevé d’imprimer de X Anthidotarius animanun , Le Dru dit que ce volume a été terminé [adimpletus] aux frais de ce marchand avisé [astuti mer- catoris ), le 15 novembre 1496. II donne en même temps l’adresse de son atelier, à l’enseigne du Cornet, près des Mathurins [in intersiguio Cornu prope Matunnos ), qu’il indique ailleurs «devant la maison de Clugny ».
Le titre de X Anthidotarius anima, avec une figure du Christ en croix, est tiré entièrement en rouge ainsi que la bordure qui l’encadre. Le texte est disposé
ATELIER DE PIERRE LE DRU
6 1
à deux colonnes. Le caractère nous a paru être copié exactement sur celui dont Pierre Levet se servait dans son second atelier de la Croix d’ Or, établi au faubourg de Saint-Germain-des-Prés. (Voir alphabet, t. Ier, p. 447*)
cîtum amoîem.nullambefide ret^folatlonem nullâ admit/ tat vrtcp Délectation* . milium ciiret f?onorej .millam ttmeat crudcltatem. €£BUa ^v£reniiïima et tnclita ma* r^Dommi noflrî 3*fu dprifli XDaria que eundem creatot* omnium creatura? i tuo facra tüïtmo vtero Olgnafutfti pot/ tarecuiua veracilïimumcottf pua etfâguinëfïïpfi.Bd Ipro jp meintercedereoignare vt quicquid in eiua meffabiUfa# cri fia o ignozamcr négligent aut accidentalüer omtfi ml* d?i Digne* tuta fanais piecb bus indulgere i me ad virant e ternam perducere . cStul cum Deopatrivtult.
C «0f o oe fancto rocfoo côtra motbomepiditnie oicenda.
0& qui es gloitofuslglo riafancroç.et ornais ad eotum patrodnia côfugiétib* f ue pettttonla falutar i pzeflae cffectu.?cede plepi tue vt infcc d&ebeatorocfro côfeflbïetuo quel ri* celebtltatefe Dénota Œbibet.alanguote epldtmle quamlfuoeoîpoîe,ptui nota glotta pafliis iUt libéra i tuo not (emcfitDeuota.'rtberDftj
CpKtti
C^'Hnimarumjtpi ftdelium. ButbidotariG falutiferfi quo tegrotantes adoptatamfani maté refhrui .et fane (n ipfa fanitate coferuarf valeât . I?ic fine fumpfilTe cernés olector Deuotliïime Oeo cûcti potéti cît fuie côregnatibua gras âge. BctCqî DiUgêti adt?ibtta et :a mfnatfone ipenflsafhiti mer catotls Claudtt 3Jaumar in intertigniocoinn ptope mafu rfnos vbl adimpletus fuit. Bnno Oomlniceincarnafiôis XD.cccc.jrcvi.jrv. vero Die me fisTHouembtia.
€f 31 te liber qui Bntfoidota* rfue animarum oldmr fuma ntopere emendatus atqs oUl* pîecedittb9 mutto cotrectio: 3mp:dTus partffus per magi flrum ^trûle ©tu p Claur* dio ^aumarcômoianti tnvb co fanctt Jacobl ad intçrflü gniû fanctitClaudii piopema wrtnoe.
Le Dru a imprimé pour Durand Gerlier, libraire juré de l’Université de Paris, le traité des Insolubilia de Pierre d’Ailly.
Le titre est en grosse gothique, comme dans le Modiis legendi in utroque jure et autres livres :
©eqnSturef coticepfuset ittf olubdtaacuftfftmi tntçrpte tisOeftibealyaco tcutlibjm f cientiamm fafïtgttim fifectu vo abmoôum accômo baf a/ttu* perq$ fumma cumbtgilanfia cafïigata.
A la fin, on dit que l’ouvrage fut terminé et achevé ( absolutum peraciumque) par l’œuvre et l’industrie ( opéra industriaque) de Pierre Le Dru, maître ès arts libéraux et maître très diligent dans l’art d’impression ( artium libcralium et artis impressorie diligentissimi magistri).
Le correcteur est ensuite nomme, cest Claude Clerard, maître es arts, qui
6z
HISTOIRE DE LTMPRIMERIE EN FRANCE
a prodigué sa sueur en corrigeant ce livre avec le plus grand soin [nuper alitent insudatione Claudii Clerardi artium magistn accuratissime emendatum).
€£Sbfolutum/eacmmq5«tfât fa*
opufculum ; tamfrnipUcmm termf * noium: varlts modia adinukem
conncjtowiîi notloné mlrüimmodü z argotam z fubtüem/moduqj qoeri dam folucndarum/quaa poftert in* folubttea vocanc/p2opo(ltionu$ : pû ma f route olffldUmumîarreetfa ta* men Interloîum fenluum aurlbua fe fepzebentem in pzimis eaptu facile: complcctêa: opéra induftriane tri le bjtt % artium Uberaüuj z artie <mp:eiïo:ie oillgenffflïml maglflri: impenfle vero ^urandi gerlertiaU me pariüom^acbademieiuratibt* bliopole : nuper autem infudatione claudii £lerardi artium magtftri accuratiflîme emendatum.
Le Dru imprimait encore beaucoup d’autres livres à l’usage des étudiants, ainsi que des traités de théologie.
Nous lui attribuons l’impression des Stabilimenta Rhodi , volume in-folio dont la première page est ornée d’une bordure historiée et à la fin duquel on trouve les initiales P L que Brunet, l’auteur du Manuel du Libraire , croit être celles de Pierre Levet.
De son côté, M. Monceaux attribue cette impression à Pierre Le Rouge. II fait erreur. Les caractères de ce volume ont, en effet, une très grande ressemblance avec ceux des Expositions des Evangiles , imprimées à Chablis par Guillaume Le Rouge, en 1 489, types qui ont été employés par Pierre Le Rouge pour l’impression du Missel de Tout, à Paris, en 1493 (n. st.); mais, vérification faite, ce ne sont pas les memes. (Voir t. Ier, p. 48 5.)
Les caractères des Stabilimenta Rhodi sont identiques aux fontes que Pierre Le Dru employa pour les titres de plusieurs de ses livres que nous avons reproduits ci-dessus (p. 58, 59 et 6 1). Les mêmes caractères se retrouvent à Provins et ont servi à composer La Réglé des Marchons, premier livre connu comme étant imprimé dans cette ville par Guillaume Tavernier, à la date du icr octobre 1 49G
Le volume des Stabilimenta Rhodi est sans date, mais nous avons des élé- ments suffisants pour le circonscrire dans des limites assez étroites. Les Statuts des chevaliers de Rhodes, rédigés d’abord dans la langue latine en 148^ à Rhodes même, furent ensuite traduits en français et confirmés par une bulle papale donnée à Rome le 4 juillet 1492. Iis furent, en dernier lieu, pro- mulgués par le grand maître de Rhodes, Pierre d’Aubusson , le 5 août 1493.
ATELIER DE PIERRE LE DRU
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Ce n'est donc qu’en 1 4p4 au plus tôt ou en 1 495 qu’ils ont pu être imprimés à Paris. A ce moment, Pierre Le Rouge avait cessé d’imprimer depuis deux ans, et Guillaume Tavernier n’était pas encore en possession du caractère.
(t <8ïoîbium inbolnmen fïabilimétoî^îRpo bi ozîi miti tS facrioîbinia pofpifalis fâriitopânia iperofolimifam.
îRafetpefma baubuffonmiferafione Diny na facto fancfe romane ecclefte fancti abzia ni biaconna carbinaliaac facte bom* |>ofpi talia fanctivotjânia iperofolimitani magi^
fïer twnulis pauperüq} ipefu cpzifïicufïoa
<&t noa ba iuliut ptiozea pzecepf otea et ftafrea capitnlu* generale celebzanf ca iorouer fia et fingulia benerabiltb? bailmia pxioubua preceptozib? et fratnb? ozbutia nofïri bbilibet cbfütütie pzefentibua et fufuria ^alufé et bere beatitubinia affequntioné due ponotem bei becuaozbtV Inia et birectionem reltgi ofozü nofïroîü côcemere btgtto^ Ifcunfur becentifTtmû cenf en bebet cômumcari et ab noti ciambebuceretoerûquiabariiabernaculialingttiacômi! lifonea nofïri # genitalta f olimote btunturnec latine fa miliarea epifïuntbenrçmiliciepîo cpîifïinomine fancto etercitio intéti funt ^eceffum fuitbolumen fïabilimew totûlinguaiatinaebitüinbemaculamlinguâbertetein quoip interpzetatione nii biff onü bariû et mut atn epifïit febep oziginalib9 apofïolicta litteria berapetfifïente feu tenfia funtpfu et collattonatü bt qnilibet particepa legu munictpaliü et confuefubinü efficiatut Jitubeât igitur ftàtice nofïri pis bti i recta biam amplecti $ofum itaq* reriepîefentiûauctoiitatecaptfuIarifunctrfacimuaqua iter puiufmobi fïabilimentoç.bolunten in gallicanâ Un quant berfnm et apofîolicta Utteria fumpfütper nofïtû
64
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Les compartiments de la première page et les autres bordures historiées appartiennent au matériel d’illustration de Guy Marchant. On les retrouve en partie dans le Compost et Kalendrier des Bergiers et dans le Compost et Kalen- drier des Bergères de cet imprimeur, auquel Pierre Le Dru les avait empruntes.
La capitale I ornée sur fond noir, placée horizontalement au bas de la bordure, appartient à Jean Tréperel, imprimeur sur le pont Notre-Dame, à B Image Saint-Laurent , qui l’employa dans le livre de La Science de bien mourir , par Jean Gerson, imprimé le 21 juillet 14^5, et dans d’autres ouvrages.
La bordure de gauche et celle de tête, qui est placée verticalement, sont tirées d’un livre d’heures au nom de Vérard.
L’existence de ces bois étant ainsi constatée à cette époque, nous attri- buerons l’impression des Stabilimenta Rhodi à Pierre Le Dru, de préférence à l’imprimeur provinois Guillaume Tavernier, qui s’est servi, il est vrai, des mêmes caractères, mais dont les initiales ne correspondent pas à celles pla- cées à la fin du volume et qui s’appliquent plutôt à Pierre Le Dru.
Après avoir travaillé d’abord seul, Pierre Le Dru s’est associé avec Étienne Jehan not, maître ès arts comme lui.
Ils ont imprimé ensemble le livre suivant, dont nous reproduisons le titre. On reconnaîtra encore dans ce fac-similé les caractères des Stabilimenta :
|Deriucwn&u$(muemim quoq* my mmtmobftùemulcée atoa)l ibell9quë 5Jugaram majrirmam îmitis&letm ôer intitulât ^mjpffns pariût opéra ep actiŒmaqj; DiliQUiaMeppmiiepm not et pétri le D m art magtô# et tn
çilmtittimoipmp((o%.pmcfi paruo numnrifmatecôparate cupio Demies inbico fctfjacobi tepeties f Domo qbiî ante tnatpttrinoa ftta wtfa carmficej fam(fimaa(pwmaito jp cotge) carnes beDentem
adressa au sujet de 1 incorrection et de la négligence avec laquelle il avait imprimé son dernier ouvrage, car il a soin de mettre, à la fin du Libellas Nu- garum, que lui et son associé sont des imprimeurs très vigilants (vigilantissimi impressores ), c’est-à-dire attentifs à la correction de leurs livres.
ATELIER DE PIERRE LE DRU 65
Nous attribuons aux presses de Pierre Le Dru la Complainte très piteuse sur la mort de Charles VIII; le caractère a quelques lettres capitales mélangées :
Æompiai'nfe ftefptfeufe de dame De dois iepotf gtiefueméf me copiante
cbielltenf e fut la tnozf du f europ Jûatpleuts g plats et g lartttce me platdie
(parles pmliefme. <£riet gémir et faire gtatts regret y
53e dots ie potf mô cueur adeul confrafdîe 513e dots te pott mô pif eur cueur éptatote Oesgransfoutptrspotgnâs tftefaigre* j®nc il np eut entre frotens et gtec^
J>t granf douleur que celle quete pozte Æasap ietoîttiieme defconfotfe.
4>t te lamente me deue^dous blafmer SDefotf gémir mes enfans tous enpotfe. <fi:ar laitance des creftiens ettmotfe Ea faulfe mozf la fait r otde pafmcr.
36 elle flora ce piemier tour de map Clue^eppirus fa donne le beau map. «Sfquondeuoif faire ioieufe cpere. 5î3ousauons eu poutdiefte cpanf ou lap jèemtlTemenf tant declerc que delap. <£5tbas de nou s fefonf tire? arriéré 5CJousauonsbeu la cottfriffablebiete Ourepofele cozps denottrerop 5D0U8 auons beu le pifettp defarrop €1 ue mozf a fait en ce pats de ftance.
La figure du catafalque, entouré de prêtres et de pleureuses, est empruntée aux Heures royales publiées par Vérard le 20 août 1 4p°-
Voici l’alphabet régulier du gros caractère de Le Dru, moins la capitale B, qui manquait dans le volume d’ou nous avons tiré cet alphabet :
03 515 OJOCîRJjC tojt abcdcfgbililmnopqnsftubppj ffffjl . '/ / 8b9pfttfl9mm9nn9Ôo9p,pçqqq>q*r£t ït9u &
Le Dru n’a pas imprimé, que nous sachions, de livres illustrés à son nom avant son association avec Étienne Jehannot. On voit cependant, en tête de la plupart des livres de théologie que ce dernier imprimait pour le libraire Jaumar, la figure du Christ en croix que nous reproduisons page 242.
h. 9
îriUMERLE NATIONALE.
66
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Dans le traité de Pierre d’Ailly, De duodecim honoribiis Sancti Joseph , sorti des presses de Le Dru, se trouvent de petites gravures sur bois1. On y remarque, entre autres, une Adoration dans la Creche de Bethléem , représentée en plusieurs compartiments". Cette planche est tirée des Heures royales impri- mées pour Antoine Vérard. On la retrouve dans les Heures de Nostre Dame, en vers, que nous attribuons à Jehannot.
Pierre Le Dru a continué d’imprimer après Étienne Jehannot en 1498, et son exercice s’est prolongé dans le xvie siècle. Quelques livres français portent son nom, entre autres Le Mistere dn Viel Testament par personnages, avec figures sur bois, qu’il a imprimé pour Geoffroi de Marnef vers 1500.
Pour plus de détails sur les illustrations de ' Elle est tout à fait dans le style de la planche cet opuscule, qui n’a que i 6 feuillets, consulter le de la Fuite en Égypte des Heures à la marque de
Catalogue des incunables de Besançon, par A. Castàn, Caillaut, que nous avons reproduite (t. Ier, p. 3 1 7),
(n° 45 » P- 303 0» ouvrage cité. et paraît être de la même main.
CHAPITRE XXIII
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DE WOLFGANG HOPYL
(1489-1 500)
Les débuts de Wolfgang Hopyl. — II change de demeure. — Son association avec Jean Higman.
— Soins méticuleux de correction apportés à ses éditions. — Le Missel d’Utrecht. — La
marque d'Hopyi.
Wolfgang Hopyl, originaire de la Haye, au diocèse d’Utrecht, ou des envi- rons, s’établit à Paris en 1489, rue Saint-Jacques, a T Image Sainte-Barbe. Le premier livre de cet imprimeur est un commentaire latin de Jean Buridan sur la Morale et la Politique d’Aristote, qu’il imprima en deux parties in-folio, le i 4 juillet 148p. Voici le titre de son second livre :
TRACTATVS CONSEQVENTI A R VM MAGISTRI MARTINI MAGISTRI.
Hopyl se servit d’abord du petit romain de Gering, comme on le voit dans ce fac-similé de la fin du Tractants Consequentiamm de Martin Le Maître :
A d fextâ 1 cofir atÔ3 & fr Ad vii.negaf ans. Ad.pbattonë dr q> eft,pp6 copulatia. Ad,pbatio né dr q> I3 in cathegoricis requ i raf idctitas copule total non tn inipothcticis.Ethec dcqftione
Finis
Impreirû eft hoc opufculû in ce leberrimavrbe Parif invico Ici facobi ad interfignid fcé barba re pervuolfgangd hopiïl.
Anno M.CCCCLXXXIX
Une fonte de ce caractère était entre les mains de son confrère Jean Higman (voir t. I", p. 407), avec lequel il s’associa par la suite et auquel il avait pu l’emprunter.
9-
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HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Le 26 mai i45?°> Hopyl imprime encore, à l’adresse de 1* Image Sainte- Barbe, l’ouvrage de Gui Jouveneau sur les élégances de la langue latine ( Gaidonis Juvenalis in latin eu linguœ elegantias interprétatif dilucida ), in-quarto.
En octobre 1490, nous le trouvons installé dans une maison beaucoup plus vaste, derrière la Sorbonne, la maison du Tresteau et de l’ymaige Sainct Georges, en face de 1* liostel de l’ Estoile. II employa ensuite des caractères gothiques 1 qui sont les memes que ceux de Jean Higman. (Voir t. Itr, p. 4°p-4IO0
Il avait un plus petit caractère gothique de 8 points dont il se servait soit isolément, soit concurremment avec le premier, comme dans le Textus abre- viatus Aristotelis du professeur Bricot, et dont voici le spécimen :
a m s % ? z
abcoefgl?ij lil mnop qrîfs tu vn3 ffflfTft ( ) a b9 ? c* p é e9 £ * » t>9 cî ê gj B ï i9 F ni fi ô m* ç $ ç # p’ q § q? § ? ? tf f i ï ti &] . t * G
Il a fait encore usage d’un caractère de 1 1 points dans lequel sont intercalées trois capitales romaines, et qu’il employa même dans le petit in-quarto, comme dans le Mercurii Trismegisti Liber, daté du 3 1 juillet 1 4<?4 ? en voici l’alphabet :
aBCCB£f 0 B *3 I 7L Æ IR <0 M
S £ B V
abcdt>efgbijhlmnopqr:f0tuvjc?5
. : / * ( ) i C
Hopyl réimprimait la traduction latine de cet ouvrage, par Marsile Ficin, publiée auparavant à Florence.
Ces caractères, mélangés avec deux ou trois les Libri Remimdï pii eremitœ. (Voir t. Ier, p. 4oi .) sortes ajoutées aux capitales A et C, se retrouvent La fonte était passée entre les mains de ce dernier chez Guy Marchant qui s’en sert pour imprimer après la mort de Jean Higman.
ATELIER DE WOLFGANG HOPYL 69
Le titre est suivi son livre :
d’un appel aux acheteurs, dans lecpiel l’imprimeur vante
Cdbercurq Crtfmegtfti TLibcr oc ibote date et Sapicntta Bei:'jË>er übarftlium f tcmum traductuotao Cofrnû Abcdicê
cCu quicuq5 es/qut bec legi0;fiue ©râmaticus: ft uc 0*ator.feuibbdofopbu0:aut Cbeologue: fct to.^Ibercurtuo Itrifmegiftif fum : quem ftogulart mea Doctrinal tbeotogtca:£gyptiï puuezJôarba rümojc Cbafttam antiqut tbeologiangenti ftupo^e àttoiuti/adrmratt fuot.e&uare ft me emee/t legeo : boc ttbt erit commodt : q> paruo erc comparatif : fumma te legentem voluptate/'Wüttate afftetam. Cum mca Ooctrtna cutcuttq^ aut medtomter erudi to:aut oocttflïmo placeat/jbarce oto:ftvcrum rn'ce rc non pudet/nec pigetXege modo me: % fatcberc non mcntitum:f zo ü femel legco:rurfum relcgea:ct cctcris confulcsmt me emant/et legatJôencHalc
Voici l’achevé d’imprimer avec la nouvelle adresse de Wolfgang Hopyl :
c^mpteflum m almaTjbariftop acadcmta:anno Cba fttptj faluatoîf/regeneratottfq} noftri.mxccc.xcuq. padte kaf.auguftt:Impîe(fozc vuolffgâgo bopfl m pa go duu Iacobi % apuo inftgnc fanctî iSco^gif
On cite encore, pour 1495 , les Synonirna de Jean de Garlande et le Liber Festivalis , faits tous deux pour Nicolas Le Comte, libraire français établi à Londres, devant le cimetière de l’église Saint-Paul. Le 1 o janvier \/\<y6 (n. st.) , Hopyl publie un Traité sur la confession, de son compatriote Wilhelm de Wert :
ti&uatuioz pcccata clamanna anreocum pzovtooicta.
fjomtrioium peccarum contra naruram
(Oamitat in cdtevojc fanguiniatct fooomo:um
pauperum a potentfbus oppteflotum quanoo labo:gntlb*non folutf
^lojc oppacflàzumimercco oetenta labotum douent funtpcccam aüena.
lubere altfsvt ©are conflits oltert ©are côfefum altert tnalafaciant vtoamnû inférât a© malefacicnofî
5u(Tto confilmm confcnfue
lauoare raptozem bofpitare furee aut maleficoe
vet altû peccatozë etoefenoere eos
lp>alpo rccurfua
babere partent ©e oolofefructûvel non refïltèqul&o line
bonis ablatis raptnâfacere pertculo facerepoflet
•jMrtiripans mutu0 non obftan*
non reulare et manlfettare rem ablataro quanoo etvbl poflet ■Bon mamfcftano.
CT$**fcns opnfcnlü feclioe tabule port nanfragifi iCÔfelïïôlo pu ta luce darl9 rrpltcatiufi tam pfelïotl <p pfirCti fum ope neceffarifrmiti iCômêto et ©me legis canonlb9 a rtiffro ôutUermo ©evuert ot©lnatif lime côpllato.#artfto?lnScaoemtainvlco fanai 3acobt a© Interfi gneolui dbeozgtf permeOuolfgangû Ipopyl ©tUgêtlflïmc(©#sbene iuuâtibus)impfftonefimtü eft . Snno fatutts.jccv.fupw mlUeltmum quaoiingcnrefirount quarto tous Januartas.
7°
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
En juillet 1496, Hopyl s’associe avec Jean Higman, et ils impriment ensemble (voir t. Ier, p. 408-411) des ouvrages de philosophie, de mathé- matiques, de théologie, des missels et autres livres latins auxquels ils donnent des soins de correction tout particuliers. Hopyl avait pour principe que l’on vient à bout des plus grands travaux non par la force, la précipitation et la vitesse matérielles, mais par la réflexion, la sagesse et l’énergie [non yiribus aut yelocitatibiis aut celeritate corpomm res magna* gennitnr , scd consilio , sententia et auctoritate ).
En 1 496 et j 4975 il avait pour correcteur un Ecossais, David Laux, d’Édimbourg, qui est nommé à la fin de deux livres sortis de ses presses :
Clfeae cuae Æluaoriutf partes et artimn Uberaltum pzedpuae at<p bucee cum qulbufoam am inb culartfe aoiectie:eurarunt vna fozmulie emenbadlTime manpart aP ftuPtpîum vtttttatem ^cannes IDîgmanue/et Uolgançue IfcopÜius fufe grauifTïmf 0 labozlbus ? impenfie l£arl?ifï/ Snno falufte pominUquioïamnumeroatqjbarmoruafozmauft 1495 abfolufücprePPiPerunteoPem annoîbie vlceWmafecunPa?ullft fuoe labozee vbicuntç valebun t femper ftubtofte Petiouentea,£t ipcm quocp facit ^a«iPjlauxfiîs®zFtannu0£pmbur0enft8:vb^ejcard?dFpoPiU0en0opert0reco0nito?.
Lucas Vautier de Conti, Guillaume Gontier, Jean Grietan et Pierre Grisele avaient auparavant été ses correcteurs.
Un des principaux labeurs produits par Hopyl est un Missel de l’Eglise d’Utrecht, qu’il avait fait exécuter par Jean Higman dans son atelier de /’ Image Suint-Georges. L’impression en fut achevée le 30 novembre 1497 :
C-^Uufquis in fjoc preffo/Diiiù na Polumme tractas
btrectojte te rogo ifttDe près
C Cnrauit libenfer qita Paluit btligêfia : PPolffgâgus boptlt? eyPtctafo ejcêplari bocopusreû berecattigafn : marte amo?e pa trtepmotus. UmprdTû îbartft; inpago Dtut Hacobi/ ab inftgne Cet geo?gtj per toijânê btgmanü Hnno t)fufl0.cccc.rrbi/.p?itiie &F.becemb?is.
Hopyl en a fait entièrement les frais par amour de son pays natal ( maxime amore patrie vromotus), ainsi qu’il le déclare. La part prise par son associé Higman dans l’exécution du livre est mentionnée à la fin, ainsi que les soins apportés à la correction du texte, qui a été établi avec toute la diligence
ATELIER DE WOLFGANG HOPYL
7 1
possible et debarrassé des fautes de l’original, grâce à la libéralité d’Hopyl ( curavit libenter qua yaluit diligentia Wolfgangiis Hopilius ex viciato exemplari hoc opus reddere castigatum ) .
C^ttale infigntsecriefie ^taiertêfistopftmis eatarteribus (Ptpatet)eicarattt/l)oct)nocctecae]CCclUt:(pofiSrfa que in cete= risfolaannotattone catep ob boc nô fmemagno plerücp in t%- quirêbo laboze) befignata font: tn eo ab plénum befertb Stuc* abtunctisipriusecclefie côttitutionibus atcpcôfoetubinibus: fingulifep fettiuitatib? cum fuis p?ofiscetft abecâf ) abiectis/ac fuu ab locâaj)pofitis:$ titulisinumerisiet mêfibuscôciliatisi btfemp ab cofttmlesnumecosinumeruscôfimtlisrefpôbeaf: btfacilecelefoarebolêtibusfingttlaoccureât.îSDeemenbatio* nebero ac impjeCTione/alüs iubtcanbu berelinquo: ib bnû ta- menrogo / ne ipfum opus bânent : nifi pRus fingula biligétec infpiciât/antea g? iubicenf : £â nil tam refonu cui non obmuc muret egec.femper in alteriusfelici lwo?bono?e.
Ditticboti
filui bucts bultus et nô bibes ilia libêfec fi) mnibus inuibeas liuibememo tibi
Le Missel d’Utrecht, dont nous venons de reproduire le titre, est un fort beau livre imprimé en rouge et noir.
72
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Les caractères de ce Missel ne sont point les memes que ceux des autres missels imprimés par Higman, comme on serait tenté de le croire. Le carac- tère de Higman est celui de l’imprimeur Guillaume Maynial, qui a exercé à Paris de 1487 à 1490. (Voir p. 4-) Le gros caractère de 14 points employé par Hopyl était une fonte neuve qui lui appartenait en propre et dont voici l’alphabet :
abcûefgl)ï)blmnopqrî0ftw\)]cpj
Les types en sont exactement copiés sur ceux du Psalterium ad usinn Pari- siensem de 1494-1495, imprimé par Ulrich Gering et Berthold Renbolt. (Voir fac-similés, t. Ier, p. 100- 102.) La forme des lettres est la même. Il y a cependant de très légères différences de détail qui les distinguent; ainsi la capitale D a deux petites barres longitudinales à l’intérieur dans l’alphabet de Hopyl, tandis qu’il n’y en a qu’une dans la lettre de Gering et Renbolt, qui a en plus deux autres barres transversales, lesquelles n’existent pas chez Hopyl. Dans le Psautier de Paris imprimé au Soleil d’ Or de la rue de la Sorbonne, la queue de la capitale M se termine par un petit crochet que l’on ne voit pas dans le Missel d’Utrecht. La lettre T majuscule n’est pas tout à fait la même pour les deux alphabets. II y a encore d’autres nuances presque imperceptibles dans d’autres lettres et dans les signes abréviatifs que nous ne signalons pas ici. Nous donnons l’alphabet du petit caractère de 1 2 points de ce Missel :
Z 28 £ & Æ 31 B # rn K rc m abc&efçtyijlmnopqnôftut)*?? ff ffflu: i * I âb^Ô ée9$u* P mm9nn95 pj) p $ 4 # $ q? t ? ifü JS
Wolfgang Hopyl n’a pas imprimé de livres français, que nous sachions. Il a édité des livres en langue flamande, dont des Heures de la Vierge , petit in-quarto, et une traduction de La Légende dorée de Jacques de Voragine, dans
ATELIER DE WOLFGANG HOPYL
73
le format in-folio. Pour l’illustration de ce dernier livre, Hopyl emprunta la grande planche de la Cour céleste, avec tous les saints du Paradis, qui avait paru pour la première fois dans U Ordinayre des Cres tiens, imprimé par le Petit Laurens. (Voir fac-similé, p. i 1 c>.) Les Heures flamandes, achevées d’imprimer le 10 septembre 1500, après que Higman eut cessé sa collaboration avec Hopyl, sont composées avec les caractères du Missel d’Utrecht, auxquels fut ajouté le W de l’alphabet flamand, inusité dans le latin :
C SOefc gljettiüen ftfn çtjep?ent te fat (aer otis beren Ô0 .ccccc* <£beepnt>t jc*tmcl)bâ â>eptêbeth i^oppl
Wccft tyoltcb Mbî laitue leuett iecft U)cltbtlt>i altttt tyo lie ibefert
Un exemplaire enluminé de ce livre imprimé sur vélin fait partie des col- lections de la Bibliothèque nationale à Paris. Les figures qu’on voit en tête des Offices paraissent être les mêmes que celles des Heures imprimées par Gering et Renbolt en 1 499 (n. st.).
Il n’y a point de bordures historiées, mais une simple bande un peu large sur le côté de la marge extérieure, avec des ornements très simples sur fond noir.
La Nef des Fol en flamand, sortie des presses de Guy Marchant le 6 juin 1500 (voir t. Ier, p. 402,-404), ci passé jusqu’à présent pour le pre- mier livre composé dans cette langue à Paris.
M. Proctor vient de découvrir des Heures de la Vierge, en flamand, que nous 11e connaissions pas, exécutées en 1497 par Higman. La Nef des Fol \ n’occupe plus alors que le second rang, et les Heures imprimées par Hopyl, le troisième.
M. Henri Stein a consacré à l’imprimeur Hopyl une fort intéressante monographie, à laquelle nous renvoyons le lecteur1.
Wolfgang Hopyl s’est servi de la marque dont nous donnons ci -après le fac-similé. Dans l’écusson, que soutiennent deux dogues à oreilles courtes, au-dessus d’un tronc d’arbre coupé, on voit à droite la cigogne figurant dans les armoiries de la ville de la Haye et rappelant le lieu de naissance de
1 Henri Stein, L’atelier typographique de Wolfgang Hopyl a Paris; Fontainebleau, E. Bourges, impri- meur, février 1891; in -4° de 30 pages. Tiré à 100 exemplaires non mis dans le commerce.
SATtOXÀLK»
74 HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
l’imprimeur1. Son monogramme se trouve à gauche. La bordure renferme ces deux devises : Minière vivit amor. Celât sua furta Venus :
L’atelier de Hopyl était en pleine activité à la fin du xve siècle et con- tinua de fonctionner jusque dans le premier quart du xvie. Les relations de cet imprimeur étaient surtout fréquentes avec les libraires étrangers, auprès desquels il s’était fait une réputation pour l’impression des missels.
1 La Haye a dépendu du diocèse d’Utrecht jusqu’en i 584. La cigogne se voit souvent sur les plats dorés de reliures en vélin des éditions de clas- siques latins, cum notis Variorum, donnés en prix dans les écoles hollandaises aux xvne et xvme siècles. La cigogne est encore indiquée dans l’armorial d’Ablaing comme figurant sur l’écusson d’une petite localité nommée Zwaag, dans la Hollande du Nord.
2 La première de ces devises est empruntée à TihuIIe : Celari vult sua furta Venus (livre I , élégie 2 , vers 36). — Un autre poète a dit : Minier e vivit amor. — Jean de La Caille, dans son Histoire de l’Imprimerie, p .65, ouvrage cité, a mal lu les mots inscrits dans la bordure et donne le texte suivant : Sua aurita Venus minière vivit; amor cælat , qui est inintelligible.
CHAPITRE XXIV
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DE PIERRE LE CARON (1489-1 500)
Premiers livres imprimés par Le Caron. — Ses changements successifs d’adresses et de marques. Ses publications populaires. — Sa veuve lui succède.
Pierre Le Caron a imprimé, en 1489, Les Fais Maistre Alain Chartier, notaire et secrétaire du Roy Charles VI‘. Le titre, reproduit ci-dessous, débute par une grande initiale historiée, remarquable par son originalité :
76
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
La lettre L est formée de traits de plume à boucles de calligraphe. Par- devant viennent se greffer deux tètes à visages grotesques, montées I une sur l’autre et paraissant faire partie d’un même tronc. Au-dessus s élance un corps de poisson fantastique, dont la queue s’enchevetre en des replis noues qui se marient et se confondent avec les fioritures de la lettre elle-même, et dont la tête est armée d’un long bec qui saisit par le cou une tete pour la séparer de l’autre.
Cette illustration typique a été employée dans plusieurs livres publies au nom d’Antoine Vérard; elle a été copiée par Guillaume Le Rouge, en tete de La Danse Macabre qu’il a imprimée à Troyes, en 1491; elle fut ensuite imitée par les imprimeurs lyonnais.
Sctrontreffait ÎDeuc} 6antr gDigueif foxfaft Refait pamk 3om8xe et Suit fUme^s eue) &eokfe8eu<3 èanegrantoemour HCom coneeue^ Hopaf antouc
£6c0ie}troutiC5 Æeparmiej i>fop8emout Strate quepxencj JLopaf amour
3mouteufepilnceffe 2tf)a8amea8fteSoit ffiut maf penfet ne ccffe /fie Boue peut Sereuoir parreffu) ounorç Boit £ort) mauuate efcon&tc Jbicteuff tous mauf8itt Jbueiffe fe 8ieu 8ee 8tcu£ H Sng mot fane pfue Strt cueuxrtitgieug
piinccpatfatt topni? jDtp foi} (epoue}(ice ^ErouuerejefSiôftrtiÿ £>oit 6ùi) ou mai e|W <£>} (ueuc teftgteuç
£e pxefmt ( iürc ou quef e(ï traittk See faie mainte afanj tÇactiu a e(îe/ 3 tnpiîme fa Biffe 8e pacte par ponnouraBfefJomnu mainte piètre te catorç expert et} fartBe tm pte|jtot}5emoutantet}fajgtianf tue Su tan pfe iomgnnt a fainctt auope faifât fe coing 8e fa rue gefftop fangeutt} .He.B..iour & fep tembig.Jlaj} mLiüjUiifZiJttnowf
La mention suivante se lit à la fin du volume : Ce présent livre , onqnel est tmittié des fais Maistre Alain Chartier, a esté imprimé en la ville de Paris par hon- no arable homme Maistre Piene Le Caron, expert en Part de impression, demonrant en la grain me du Temple joingnant a S ai acte Avoye , faisant le coing de la me Geffroy
ATELIER DE PIERRE LE CARON
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Laugeviit, le v' jour de septembre l’an mil ïiif iiij “ et uoenf. Voici l’alphabet de ce premier caractère de Pierre Le Caron :
a » £ <rlD & $ (5 § 3 jl m Jtt p
K Jb "<£ b T& JLt a 0 c S e f<j 0 i f m nj tnjopqriôftuBppj Rtâ6Vê(t3ÇH9 fm^rin’Spç^ÿÿtf^îtÇPû* . : / ff fl
II n est pas bien régulier et les lettres paraissent un peu tremblées.
Le Caron imprima avec ces types la traduction des Commentaires de César par Robert Gaguin, édition faite pour Vérard, sans date ni nom d’impri- meur. On y retrouve les illustrations appartenant à Jean Bonhomme, dont s’était servi Levet pour le même livre en 1485 (voir t. Ier, p. 4 1 9-4 2 0’ ma^s on n’y voit pas la planche de la présentation, par Robert Gaguin, des Com- mentaires au Roi. (Voir t. Ier, p. 4 18.) Elle est remplacée par une autre plus lourde d’exécution, placée en tête des Politiques d’Aristote, dans laquelle Nicolas Oresme est représenté offrant sa traduction au Roi.
L’édition en question n’est pas signée de Le Caron; mais M. R. Proctor, qui a fait une étude spéciale et approfondie des types usités au xve siècle, l’attribue à cet imprimeur. Nous avons vu ce livre au Musée Britannique à Londres, et nous sommes absolument de l’avis du bibliographe. On a donné déjà (voir t. Ier, p. 423) un fac-similé de l’achevé d’imprimer de cette édition de César; reproduisons-ie ici de nouveau, afin qu’on puisse plus facilement le comparer avec les pièces d’identification :
^mpîtmeaparte par ScrafS
fifiaatte armomant fut U pont nojheSomc a îymagzfainct 3o§ai}leuangdiflc/ouaupa fais cmmzmiapïktn&ta£iantfatkpiœ îa cÇapptffcou or} cfjâte fameffe bmefaisnM uxôîcepiefiSme.
Le Caron imprima avec les mêmes caractères un petit in-quarto sans date, auquel il n’a pas mis non plus son nom, le Liber super tractatn coroner mysticœ . C’est le seul livre latin que nous connaissions pour être sorti de ses presses. Au verso du titre, on voit une image de la Vierge gravée sur bois.
78
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
Le Caron quitte la «grant rue du Temple», et, le i 6 décembre i 4 9 3 ’ nous le trouvons établi dans la rue Quincampoix, à l’enseigne de la Croix Blanche . C’est alors qu’il imprima le Traicté de l’ amour par faicte de Guisgardus et Sigismonde, fille de Tancredus , petit in-quarto de 20 feuillets, et, le 22 avril i4ÿ4> L* Aguillon d'amour divine, de saint Bonaventure, dont nous reprodui- sons ci-dessous le titre avec une nouvelle lettre grotesque :
ton&amotrcirt
urne
Ce dernier ouvrage est mentionné par plusieurs bibliographes sous la date de 1 47 A- Si cette date était exacte, L' Aguillon d'amour divine serait le pre- mier livre français qui aurait été imprimé; mais, après examen, cette date, fautivement exprimée, doit être lue 1494? car le livre est à l’adresse de la rue Quincampoix, seconde demeure de Pierre Le Caron.
Cÿ f]WP fefeiuffotj 8amowt 8imnc imprime a pane par pierre fe caroij Semourant et) fa rue Se quiquâpoie a fewfeigne fie fa croip fifanc §e , fe jp^ii.iour Saurif^ifîccce.pypp, etçiiu.aptee pafquea*
Le Caron ne paraît pas avoir conservé, rue Quincampoix, la première fonte de ses caractères. II s’est servi d’un autre type gothique plus régulier,
ATELIER DE PIERRE LE CARON
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comme on peut facilement en juger par le fac-similé de la première page de L Aguillon d amour divine que nous donnons ci-dessous :
fuciîîct 9eu$tefme
Ct cÔmcnce fc fuofogue 9c faguiffotj 9amout tiium/fait pat Ce 9ocfeur ferapÇic famt naucntatc.&t tranffafe 9e îatii) ci) franco?** pat 9e 9onne mémoire maiflte jje^an getfotj S iinftmctioi) 8c fa fcut/ou 9e fa fiffe 9e con fcffiot) M faqueffeefl a9zeffe ce piofoguerfa Sicfettanffaaotj,
tvcfcÇimfiïîc 9efirant (ttequetdt patar a 8ant 9eftt que foies Srape cfpoufe 9e tefuctifl Souf&ietsap îttcpxim ccftc faBowneufe oeu ute/9e tcanffater p 9efcttpte faguiffoq ôamour oiwne 6e fatirç ci) f tancoie /nompao 9e mot a mot : ni aïe par Ceffe mam'ete que ci) Ce foïitakcmcnt Cifant feras pfenl a tôt) amc corne 9octeur a 9ifctpfe . &t a 9ieu feras ta piefenfec comme efpoufc rampe famtfiete 9e foi)fib> U ffoufpiefus.
0fue occis fSonteufement/amerement naute i 6emqne top innocent cvtft . Cfpoufe pute 9a^
moût 8iuine piefîement oûeiffant auy côtnatt 9emene 9e 9ieu. refilant flertueufement au*) tcmptaï ciotto 9es ennemps / mifertcoze au<p in9içens/ at9anf et) c$atite/$i$oteufe a foi) cozps/topeufe et) a9uetfife atttcmpcc ci) piofpetite/8iCi%enteei) donnes opetaciôs effeuee ci) contcmpîacioi )/ Qtancfye pat pute effaftete/ effrange au monde/ ttanffoimee ci) ccucifip/ Çum6fc 9e cueut./ innocent et) penfet/ fodze et; padet/ iufte et) ouutet/mitoetepempCaite 9e famefe été. iSfpeciafe^ met fiancer loin 9 te (i traite a fop pat fpirituef mariage ceffui qui cft foi) Srap efpoup fans fen9re a autre,
a u
Le Caron imprima avec ces caractères, pour le compte du libraire Antoine Vérard, Le Mistere de Bien advisc et Mal advisé :
iZp ftntft Ce mtftctc 9 e&ië a9uife(imaf atiaiftÿmpil me a parts rparfDterre fecatôîPour ant^oine $etaz9 ftôzairedemouranfapartsfut Ce pont noffredame a ftmage fatnt Qefyax) feudgefifte: £)u au pafats au pze mter ptffiei 9euant fa cÇapppffe ou fei) c^dte fa meffe 9e meffetgneurs fes pzefrôcne*
Une partie des bois de Pierre Levet est passée chez Le Caron, entre autres la marque de Vérard, qui se trouvait dans batelier et dont la planche
8o
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
était usée. Pour l’utiliser, Le Caron fit disparaître les initiales qui se trou- vaient dans le cœur au milieu, et coupa la partie de la bordure du bas qui contenait le nom Anthoine Vérard, tout en conservant la devise entière de ce dernier dans le pourtour, comme on peut s’en rendre compte par le fac- similé ci-après.
La marque de Vérard, ainsi modifiée avec les vides que nous indiquons, se voit au recto du dernier feuillet de L Aguillon d’ amour divine :
raton
Au verso, on trouve une planche du matériel de Levet, avec le nom de Pierre Le Caron, en gros caractères, placé au-dessous.
L’ancienne marque de Vérard, avec la suppression du monogramme de cet éditeur et la coupure que nous venons d’indiquer, dans l’espace de laquelle on a inséré le nom de Pierre Le Caron en caractères mobiles d’imprimerie, paraît encore sur le titre d’une édition des Lunettes des Princes , de Jean Meschinot, ainsi que dans une autre édition des Fais Maistre Alain Chartier, toutes deux sans date, mais portant l’adresse de la rue Quincampoix, seconde demeure de Pierre Le Caron.
La lettre historiée à figures grotesques de X Alain Chartier de 1489 passe
4
jpterrele
ATELIER DE PIERRE LE CARON
8 j
chez Vérard. On la retrouve, en 1493 1 dans l’atelier de Jean Morand, impri- meur rue Saint -Victor, où elle sert d’en -tète aux Croniques de France , ainsi qu’à d’autres publications de Vérard faites postérieurement.
Le 23 novembre 1495? Le Caron imprime un livret petit in-octavo inti- tulé Le Blason de toutes armes . Il indique alors son atelier en la me Neufve Sainct Many (sic) apres L enseigne des Rat Il publie, vers la même époque, la Vie , légende 3 miracles et oraison de Monseigneur saint Rock , glorieux amy de Dieu , avec la figure de saint Roch et de son chien sur le titre.
laljtc leffé^
StmitacfcGpoiatfot) 8emotifefgntfawt 0 tieupamp8e8ieupoutfe6mettte6 mtetceffioï) 8u qucf Sien a ottrope aSngcÇafcm) Seuotement h xîil amant Kemc8c contre toute pefîtfcncc.
cepifïiquan8o te (ifieratutya pefïe pet angefuru feu ftfü x£t pet tffu8 fafutifetüaucie figtiacufa quo8 Ucutt) 1 1) came crefcene Stuue geff ifït » & t pet il fuS in8efe(funjptetati6o0fequiurri quo8 omette pefïe fanguenttôuei mpenSifL St mtcÇt et omm6ue it) te con(t8enti6u0 atq3 fperâfrôue mo;e tue piefafte fuc cuttae: et a mo^ttfeta pefïe petfeuecan8o cufïoStae meq$ tan8etu et omîtes i)tc tue ^feettouts feuft mu nitoe et Sefenfoe auptfio tecumpofï 0oc tpiUun) a8 cefepe conututtï tua fawft([tma pxece factae petue mce.Hmei), ®. SDetfue. £>utp;ono6te 6eate pafettocÇe. fct 8tgntftmu6 et meteamut pce
fetuari a pefîe eptSimte, Æ>cemus
0£t9n pot eue fempiterne 8eue patet mifeticot Siatü et 8eus totinaconfoîationia moxté? pec cafoRe nofeite : fe8 magie St conuetfatut etStuaÉ qui Beat ntt) zocÿurt) cortfeffo^ett) tuutt) contra moy/ tadtatie et pefïtfencie pfagari) pattonü ac 8efenJo^ retu no6te mtfettcoj8tfet pteui8t(ït.conce8e4>pictue St eiue metifie et ptectflue mojf tfetan^ epp8tmie pe fïert) eua8ere;8ignoeq3 pemtécte ftuctus iij Sta pte feuti pet tuatij gtatiart) peragete Safeamus. pet 8ominutt)(tc* pafetnofïet, Sue maria
iTçfiritflfaSiefairtttocÇ.gmptimec a patte pat ptette fe Catoq Semou tant et) fa tue neufue ji îiint mertp . ou a fou ouutoitafenttee 8efapo;te 8u pafate.
Cette impression, de format petit 111-quarto, est sans date, mais elle est du même temps que Le Blason de toutes armes , car on y fait mention de cette troisième demeure de Le Caron suivie d’une adresse complémentaire : ou à sou ouyroir, c’est-à-dire à sa boutique ouverte a Centrée de la Porte du Palais.
NATIO>ALE.
82
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Le Caron a encore imprimé, dans son atelier de la rue Neuve-Saint-Merry, Le Grant Blason de fatdses amours , composé par frère Guillaume Alexis, religieux de l’abbaye de Lyre en Normandie et prieur de Busy.
Icpmt
blafons
fait $ compofe par 0ere (gurtlaume &lertst Kcltgt eux îe $yre et piteux te&ufy
® fôuiecene 6ute
jb aine Betfiuee
(joçeufeeftoute
TLcfte ftgure
yLçuevpxocutt
dCiittz 8e pîoute
U pfaifiiG conte
% onguee douîoute
iBtcz %opant ic Bwetf contfutc
£Te 6f< afot) 8e fcmffee amours
0ufîemenf monfkant que feefours
S>ont tef$ quoi} net) Sort auotr eu te
jLv ftntïl le grât blafon ce ^aulfen amours jmpztmeu paris p i Me Caron Crmoiat en la me fait merrp ou au pa Im&lupmivepoite
Le Caron ne date plus ses livres après 1495 ; il abandonne la vieille marque tout à fait usée de Vérard, et en fait graver une nouvelle qui représente un bois entouré de murailles crénelées, avec les initiales P C au milieu d’un écusson soutenu par un aigle et un lion; au-dessous, le mot Franboys\
Cette marque servira à distinguer des autres la quatrième série des publica- tions de Le Caron; il quitte la rue Saint-Merry pour installer son imprimerie plus près de sa boutique, dans l’île du Palais, rue de la Juivene, à l’enseigne de la Rose. La rue de la Juivene était alors une des artères principales de Paris. Située entre le pont Notre-Dame et le Petit Pont, dans la Cité, elle conduisait, en passant par le marché Palu, à la «grant rue Saint-Jacques».
1 La Caille, dans son Histoire de l’Imprimerie (p. 6 1 ), ouvrage cité, interprète le mot Franboys par franc-bois ou bois clos . Ne serait-ce pas une allusion au parc de Hesdin, le Versailles du xve siècle, célèbre dans l’Artois et la Picardie, sur la frontière de laquelle il était situé l Originaire d’Auxi-Ie~Châ- teau ou des environs, Nicolas Le Caron, le pre- mier imprimeur d’Amiens, était peut-être un parent
de Pierre Le Caron, de même que Guillaume Caron ou Le Caron, libraire à Paris, qui s’associa en i4$9 avec Jean Du Pré pour la publication de livres liturgiques. Plusieurs Le Caron figurent dans les listes de maîtres ès arts de la Sorbonne à la même époque. L’un d’eux était principal du col- lège de Boncourt en iJ8 i. Tous sont originaires de Picardie ou d’Artois.
ATELIER DE PIERRE LE CARON
La nouvelle marque de Le Caron orne le titre du Livre de la Chasse du grand seneschal de Normendie.
le ttiive
ÏDe fa cf}a|Je Su grant fenefcÇaf Ôe iftojmerrôie. &the8it$du6ot) cfytt) jouffratftquïfuf au tog foge Se jfimttftiïtcznotii
On la trouve aussi sur un Grant herbier en français, in-folio avec figures sur
bois de plantes et d’animaux.
ÎC>e£ra(îo;eo
l
La figure ci-dessus représente le castor, animal amphibie autrefois fort commun dans les fleuves et rivières de France.
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
GRANT HERBIER EN FRANÇOIS IMPRIME PAR PIERRE LE CARON
Spécimen d’une page illustrée
flQoifueüictôoîU
veuceft toute trencjjeecümefeoqfeuffc mozfe* £t filent aucuns que fe fiiafifc patenuiequifauoif pouict <\ ffe efioit fie fi grant$ertu comme effe cft fa mox fift ainftpout fa 8e(tru£te,£)q fappef* fe auttement fuccufe , &iît aoift et; fteupSmfixageup (i moites;(i eqfiofca^ ges,(t a fueiffesfemfifafifes a fueiuee Se 6o*rac$es/mais cffee ne font pas fi §efues:(t fi font pfue fermes ^ pfus ai grès (rôngpeu 8efrencÇeee: (i croiff fa fiaufteur fiuq fixas: a a ffeur qui a cou feut fue fe fletmeif. Contre apoftu* me fantmeup appeffe antrap: que au^ cuneappeffent femaffaintcriftoffe, foit ferfie ptfee (imifefus/etque oq fa tenouueffe fouuentîfansfioufite effe fe garifL j£ffeScwftauffi côtre fioufeur fie fa mattice fe oq fa mengue ou fe oq Soif feStq ou effe aura cupt
ÜDrtmamufcata
■)Dfcafa$er6e mufcote/ou $er fie 8e mufc*2ffe efl ain fi appeffee pour ce que effe a ofieur fie mufc.lBt et) efl
ÎD* mufeafa.
fie trois manferee.ïa granfie/fa peû * te a fa mopenne,<t toutes fes trois ont cnfemfifeSerftt Ce(fe fierfie croifï et) fteup fafifonneup, %a granfie a fueifr fes fongues/ comme fa fongueuc fiune pautme. a poxfeSnc petite ffeur fem^ fifafife a fetfie que oq appeffe pie fie cou fomfi; ^poxfeSSne femence quiapoint tes comme aguiffes,i£ffe eft appeffee fa granfie pour ce que effeapfufgrant üerfuque fesautres+â©ufcafafape^ fite a mouft fie fueiffes petites qui ref? féfifent a piperneffe* C efte §c tfie qu&f a toutes fes trots manteresaSerfucfi tre fa fioufeur fies nerfs: (i contre toute goûte. <i pouxee fa met oq eq foignent^f fitt metciafoq/qutSauff aup c^ofes fief fuffitefes .ta granfie mufeate fait cuite eq$iq puis foit mife fus fes fieupfiou fans/ou que oq eqface empfajlre auec greffe fie oure/^puis foit mps fus fes nerf$ (t autres fieup fioufansuieqolîe ra fa fioufeur
2>c SÇJtffcfofio
ATELIER DE PIERRE le CARON
8ï
Le Caron a imprime des relations de cérémonies et de fêtes publiques eu MjjS, telles que l’entrée de Louis XII à Paris:
enfreetm rot
3De 'f tante (cefrijîeftfen Soja Sou^efmeSece no tria fa Garnie affe Sr potis/flwcqiree ta w«p( lotj Se funluctfite Se patte, j suffi Se mon^t Se parts/ (t fefouper qui fut foft au patate,
^fafcfefai) (pSiil,fe iunSl.it. tour Se fuiffef.
Il exisic trois éditions de cette pièce historique. Celle qui est probable- ment ia première débute par ces trois lignes :
ctïceim
ircfcjjiefftetj 3îoç 8 ffrmieeUope Souÿcfme Se ce mm a f a BonneStffe Gc porto
Elle n’a pas de figure en tête et sou titre contient moins de détails que les deux autres éditions. Le titre de la troisième est en six lignes.
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Le jc ci t du tournoi ou des J amies f dictes h Paris en h rue Saint An t/ml ne huyt jours apres Pentcce du Roy Loys drmçfesuie de ce nom est sorti tics mêmes presses. Nous avons constaté F existence de deux éditions.
La première édition de ce pas d'armes, qui eut lieu pies de I hôtel des Tourne! les, commence au haut de la page par un simple titre de départ en trois lignes sans ia date; le texte suit immédiatement après :
les toutes
jfétttsapatfo cijfamfatnfonrgotrie fuff fours (tpice îtiïtm fa Jtof ïojs faujf cfmc face nom
B ^ pour feepae $ toufïcs qui fjupf tours o pjes fenfret fa JLoçs fa parfois oouÿefme fa ce non) ï lopfa fronce fut pftmf c$ng fie aufomtfaettfjce ci) fogranf tue (btirtan* (Çoinc o(fcj picsfa fou Çofïcf fae (oumeffes/fa fa fan tout fa fmtfc pïc3 fa fo ng/o fa potote faquef tï pofcnitffp freinons: a eftafaït)faxufp Çng efui pfn^ famf, Bufqut^ tfàyftciU ftgueees fes ormes fae fefgneues qu; ofuce fenfupuenttpouî tenir Tefa pas fondes contre fous fanons; ou fopttip aSuçncm# fa i^opnofhcfa rdsfauc/Ccffoffouof c £@onfrf gneur fe confr fa fignp,
^©ojifetgnejtrrc conte fa .(Tîcucee,
Ægonfclgnem: fe maequfe fclgfe fa zfttizup, ^0€(ftepftne fa JDuç ftfgncuc fe Jfîegne pof feignait fa fo roffe pot Ætmtffïrefofe fagcfauffff feÉgflrfafanfacourt*
€îfffcnj ff aufaffusfaceuf^fï^ffcufmts ou cf ïopenf feffaf5eftU3 pensons ouoif Çng fie foaf tfponp/ J^u 0«ef çffoff Çng w fart:au Çouff faquef c(loït pote faignoflte efeu fa fronce o (rois ffeitcefa fye&n: rte cgemtnfDûjfa foufaufoucfajqrofJec fafojSufatt tcC
La seconde débute par un titre spécial en quatre lignes, qui porte la date de LVw/ mil cccc qnattre vingt £ rt Æv é/^Y.
Au-dessous, une gravure sur bois représente le combat à la barrière, à la suite duquel le seigneur de La Roc lie Pot est proclamé vainqueur.
On \oit, eu (ace, le Roi qui assiste aux joutes dans sa tribune. Dans les
ATELIER DE PIERRE LE CARON
87
loges, à dioite et .1 gauche, se pressent les princes, les seigneurs et les dames de la cour.
les tourtes
ftfrfre* Patte ci) ta zm faint ont Çofnf %<fourô npice fentree Bu ro£ ïoçe Bou ÿefme 5e ce nonji
Il ne faut pas chercher des œuvres d’art dans ces naïves figures sur bois grossoyées à la hâte.
Ce sont toutefois de précieux documents iconographiques dessinés par des témoins oculaires, qui nous ont conservé fer souvenir de fêtes populaires du vieux Paris,
Pierre Le Caron, qui avait établi son premier atelier en ville, en dehors du quartier de l’Université, ne s’adressait pas aux étudiants et aux profes- seurs, mais plutôt au grand public. Il ne cherchait pas à faire des livres aussi artistiques et aussi soignés que plusieurs de ses confrères, mais à produire rapidement, selon les circonstances du moment.
Ces feuilles volantes, véritables gazettes on journaux du temps, qu’il ven- dait ;ï son « ouvron s du Palais ou aux passants, eurent un succès extraordi- naire, au point qu’il fut obligé den faire des éditions coup sur coup, comme nous venons de le constater.
fifi HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Le programme de fa pompe funèbre de Charles V 1 1 1 , sorti des mêmes presses, comporte trois éditions \ La première est certainement eelfe qui est intitulée : Ordonnance faim par Messin Pierre il Vf chevalier or a ni mnyer de France ainsi (pie audit grain escnyer appartient de faire pain P enterrement du corps du bon Roy Charles hnytiesnte. H y a, an bas dn titre, une petite image d’1111 cercueil recou- vert d'un drap funèbre avec deux cierges allumés, et entouré de prêtres et de religieux :
rbônancc
fakte par meffïu ptem fraf* riîetraftet gtfff c|W pcrSefnnweafofïque êuftît granUfcuptrappartitiiC 5t faire pour fermement BuroipftîuGaq Iflop Cf)arfe& Çuçfle|me que 8tettdGfrtffc+*£t faSirt w Saiwncc fcuca auctoîiyK patmflfefgneut fr fa mrifTt pKmltr rtjamGeffmj- ffeuCetiatif fiiéRoj « ac5 paquet feSif roipft* aufll pat fieconfetf 5c mcfftfÿ
tpmice fcB c^âScffct h b ?. autres qf emît auccfja ru p t
Une autre édition imprimée avec les deux types de Le Carnu se trouve a la Bibliothèque de Dresde. Elle présente quelques différences dans le titre, et le bois tpii se voit au bas est brisé a t angle gauche.
La troisième édition commence par ce titre tpi dtp ic peu different du pre- mier : La Traie ordonnance fiicte par Mess ire Pierre il Vf. L'intitulé de la pièce est disposé typographiquement en dix lignes, tandis qu’il n’y en a que neuf pour la première édition. Dans la troisième, la petite image du cercueil est accom- pagnée de f’écu royal aux armes de France.
Ces pitres rarissimes sijije mmies dans deux- Mn&irine; Tantre, qn| provient dji célèbre biblio- rccnciis différents que nous avons pu comparer phile Jacques-Auguste de Thon , esl mie des perles enue en?;. Lhnt est consenè à la Bibliothèque de U hihliothèqjie Sainte- Cenevin e.
ATELIER DE PIERRE LE CARON
89
Le filet tle la première gravure, qui est brise dans fe bas à gauche, donne ainst la preuve materielle d'un tirage postérieur :
Bonimncc^afrfeisif meflîrt fDfctit 8utfe tÇcaafac gtanf c feupet 8e fronce ofnff que aufiïf çtanf cfcupce a pparff tnt 5c faf ce po ue fente rteme nt 8 w tmn& Su §3 3^o^C$arreeÇi{plfcfnteque8ieu afifofffe, £t(a? 8lcfc tuSomidnce feue poMcfotf^e pae rmwfefgm wt 8e fa ^rlmotffc pîemleetfjomôcffati j fteu tenant Bw 21îûp aacompalgiter fcSlt cojpe* &t aufft pot fécond fcï f Bcmeflciflneate feo t^âfcfffcp au ifcee qttif ntiolt fi ig
Ces deux petites figures gravées sur bois sont placées au bas du titre :
Les memes bois reparaissent sur Les Epitaphes des fh/^ roys Loys uuyjcsme de cc nom et de Charles sou avec une semblable marque de détérioration :
$Dle&8eefeu5Mpô lope 5tt*icfme Bcrenott) £ 8c C Çacfee foi> 5filk 6c cc nom que Bfeu a6ÿ fol ffe* &t fa pite u fe to tnpfril itfc 6e Bamc a eft tett fe futfamoi(6ufeuiop CÇatfteauccfatttn# pMntt 6e6ftOTec(î«t5*
HISTOIRE DE I/IMPRIMERIE EN FRANCE
90
La relation du Sam du Ruj Lnys rm ciiresrim fait h Reims, reproduite ci- des- sous, est ornée dhine gravure sur bois :
îïop ï-ope frefc$«f!Éeij folf ardme £*>) mtî quaftte tem quotf rrôtngt; j pSiÉLIr patâttjout Se mtfp*
Æ f comment feô 6pii$c jiete Se ^fraiif? Sofas tt \fcnt Unu^îfttt ou fonce commis auétt fuc$f V} faSrts- f ff fe Se tdme djetfeuq foff^fcqMfpi ^teouefea 6 w; ? tonfoe flufft royaume 8e fronce : g fefquef^ font q«f tiennent memmtd font moçtt) 6uJlîoptioftssfïre*e^ fefqtufj fmtf qtif tlwwenf pattemeyet) oauftHE «iitfï que pfueop&tfijq; opue fera Serforc,
Nous poil 110ns le lac simdc de la première édition. L’autre est décrite dans le Catalogue de LigncroIIes (11* 2558), où Ion trouvera le titre avec la même gravure, mais la lettre initiale diffère ^ c'est celle de R Entrée du Ro}\
Les impressions populaires de Pierre Le Caron ont une physionomie toute spéciale, qui sert a les faire reconnaître entre toutes. La première ligne du titre est toujours disposée en lettres gothiques énormes de 52 points, d'une forme particulière, qni attirent fceit comme une affiche et qui sont hors de proportion avec les autres caractères du texte. Cette disposition, imitée ensuite par les imprimeurs lyonnais, 11e se rencontre pas chez les typographes pari- siens. Toutes ces pièces sont imprimées avec le second caractère de Le Caron, exactement copié sur celui de Levet, mais qui présente quelques légères drf-
ATELIER DE PIERRE LE CARON 91
férences, noiammcnt dans la ïeure capitale C, plus large et moins droite chez Le Caron; la lettre E esi moins hame chez cc dernier, (Voir tome I", p, 4\ 8,) Voici I alphabet du type de Le Caron :
«flcSefefji fifinrçnrçüpqriGftulïp:^ ff fl ft - : / ^
Le Caron a imprimé le poème du Trmmphe et exaltation des Dames avec une gravure sur bois icnam presque tome la page du dire ;
r 2 ,
9*
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
La fin du volume donne la dernière adresse de Le Caron eu la me de la Jnyfrk à r enseigne de la Rose :
tefctteffvte afenÿ
fritte# w/fc/ow **> fi» wmtopafrpe <*#* pmtettpofle*
La nouvelle marque de Le Caron figure A la fin de L’ Abu %é eu court f de Pierre Michauk. Le line de ce volume débute par une grande Icurc ornée à boucles ei à visage grotesque, différente de celle des Fai^ d'Alain Chartier :
abu
jeencouït.
CT parfe <t Aurai r
£Di sStraa faporKr&emJfoglètwfafuspîinaiTffraïf au Cieuauqtitfrftt mfltfAîcqfffmltianf meraioff pourarpar fa mantffef e lift e Gaiïfa be fa u t rf co f\ e "3nr po ren« en fa mai ^ ^raffuemepour/ïuwoi'tmopmon/ïMiii ai ouf fr hoppmaftt ïnf mi i enofr &e fe& mainafa i ?(i& ère# fC pjfne pafien
«{Tiwfijparti'e/^tiouecçnfafmeisaii repaire àea fmifrcura qui etj coi i et ont fr contrai rr p qtif p fr« <3i/enr a Blet} feiï
mi que aflmtefo^gnea/^iïuWflfeîîTgar&pr comme (e fua il r t? qwef triuinp f k i mm ai t fie u auqu ef trouuf tu tn a e* £0mmmCfA0it£tftit mené a fofpfjat
tîaemaut»(:ffiet|^eut0utf ma'Steftfa ÇStttfte &r ntop fQ tf/p comme fe fus mene a fofpïtaf pour fe jj uerto ri &e tnatvfc ru i c ep fa rf cotu pen fe îtf m o$ rampe per&u *tS mue f fifre f o pp Ce& atttrre ê\ a f i rc ■Soutf efïîflf rre pfn fcj mf f u fpp S m riffri i re $rure tfiïofînefflft quetenap fattaumittiia acF/feSartflttrfttfraff# fene9oueûfTmtrç be taquet?* fenf peu &e faigeepet/orinftf <ui &an$«\<£f p<mrtf fr gaifoquifr apmera.
Cçpptftif,
Le liwc est orné de petites figures sur bois dont nous venons de donner ci-dessus un spécimen.
La marque de Le Caron avec la devise Fmnlmys est placée sur le titre du Gmm lesta ment de Villon et le Petit, sur les Vigil/es de la mort du feu roy Charles VII > par Martial d'Auvergne, et sur d'antres livres.
ATIiUËR DE PIERRE LE CARON
93
Le Caron s' est servi, pour Le Triumphe tics Dames et pour U Ahn%è en court , de types gothiques de bâtarde differents de ceux qu'il avait employés jus- qu alors. Voici l'alphabet de ce troisième caractère de 10 points :
atic&efg 0iftntijTtijopqri*(ttt^îp ff (TP
âd?irïdfi£,p44iî * ?f C
Citons, parmi les livrets les plus curieux sortis des presses de Le Caron, une édition du plus ancien des indicateurs de Paris, sous ce titre que nous reproduisons tout au long : Les Ruts et Eglises Et Paris, avec la despeace qui si fait chacun jour; le tour et P eue/ os de ladite ville , avec Peaclas du bois de Vinceanes et les èpytaphes de la grosse tour dudit bois, qui la fonda, qui la purfst et acheva; et avec ce, la longueur, la largeur et la hauteur de lu gant église de Paris , avec le hlasoa de ladite ville et aucuns des cris que ton crie par la ville .
Le Caron a encore imprimé des facéties, teiies que L* Epitaphe de défnnct n misère Jehan Trôner, chef de îa bande des Enfuis sans soncy, mort rue Saint- Denis, a Paris.
La marque de Le Caron figure à la fin de ceue pièce.
On doit encore â Le Caron la publication de nouvelles de l'expédition tlltalie. Parmi cefles-ci, nous citerons: LJ Appui ntement de Rome avec les Lettres du Roy envoyées h Monsieur de Bourbon, 4 feuillets, et La Bataille qui a esté faicte a Naples et comment le Roi Penaud a este desconftt, 2 feuillets seulement qui se trouvent à la Bibliothèque nationale.
HISTOIRE DE i; IMPRIMERIE EN FRANCE
94
L;j veuve de maître Pierre Le Caron } Marion de Mabmnoy, dite la Garonne > lui succéda vers 1500, k la meme adresse de la rue de la Juivcric, à l'enseigne de la Rose, et tint également après lui son «onvroir», k la première porte du Palais. On lui doit une édition de Maistre P km Parhdin hystoriè\ c'est-à-dire illustré de figures , et une Vie de saint Mathmin .
Un livret sans date, de 8 feuillets petit in-octavo, imprimé en gothique, intitulé Ndils nouverntlx, porie à la fin cette mention : Imprime a Paris pour la Cmronne a
M. Henry Havrisse, bibliographe américain, s'est occupé de l'imprimeur Le Caron dans les Excerpta Gduuduukma3. Il a établi , comme nous et d'après les memes données , ses différents changements d'adresse, mais il n'a pu citer, dans f;J chronologie de ces éditions, quunc partie de celles que nous venons d’indiquer, et qui sont loin de comprendre tout ce qui est sorti de scs presses. M. Robert Proctor dit qu'on ne connaît encore que fort peu de livres de Le Caron, tons échelonnés à de longs intervalles, et il suppose avec raison qu'il a du en imprimer un bien pins grand nombre.
Grâce aux recherches de M. Havrisse, nous savons que l'atelier fondé par Pierre Le Caron en 1 4B9 a été continué, après sa veuve, par Guillaume Nyverd et ses descendants, qui se sont succédé pendant une période d'au moins soixante ans dans le cours du xvie siècle.
Le seul exemplaire connu de cette rarissime édition, découvert dans la bibliothèque du mar- quis d’Àix, :ï la Serra, en Savoie, a passé chez Amlnoise Firmin Diilui, qui la Lit relier, et, à la vente de cet aniaiciir, le livre est aile prendre |>[:ice dans Li collection du baron James de Roth schilil. C'est un petit in qnartn île 30 feuillets, à lo lignes pr page, imprime avec le troisième tjpe de petite bâtarde gothique de Le Carun. Le lexte débine par une initiale S sur fond noir, il 11 même alphabet de lenres ornées que la letire J. du Sut,: dit P y Lys. (Voir |i. 90.} Au-dessous du litre, on voil mie figure sur buis i eprêsentani Patlielin chez le drapier. Il se termine par le libellé suivant : Cy jim la jarre de Al Sistre Pierre Pathelm,
imprimée a Paris prr Al ad m dû Aîabnmy, Ftjiv de feu Maistre Pierre Le Car,w, demeurant en la rue de fa . hiyfriû , tï L enseigne de la Rose, en an Pabys, à la première prie. — Four pltis amples delà ils biblio- graphiques, consulter le Catalane de ta bibliothèque du harem James de Rothschild , rédigé par M. Emile Ficot (t. I I , n° 1 083 , p. 2ii2; ouvrage cite J. On y verra 1111 fiic similé il 11 litre et du commencement du lexte.
IlrvuxET, Alarme/ du Libraire t t. 1 1, ml. i yo.j : ouvrage cité-
* HakriSSü, Excerpta Calimibimaua ; Bibliogra- phie de 4oo pièces gmhiqni§i francises, italiennes et latines du xri5 siècle, non décrites jnsqiMcî. Paris, Welter, 1 S 3 gr. in-8” (p. xxxvi -xxxvm).
CHAPITRE XXV
L’IMPRIMERIE A PARIS
ATELIER DE GEORCES WOLFF (j 490-j joo)
Dthuis Je Wolff an So/cif d'Or <u dans la jjjaison de Chdstcaupers. — Ses associations successives.
Son nom dans les bordures d\m livre d'heures eu j ' — Fac-similés de ses signatures.
Georges NÉolff était originaire de Eadeji [Badaisi j). Il travailla d'abord ait Soleil d* Or de la me de Sorbonne, dans la maison de son compatriote Ulrich Gering, avec le matériel de batelier que ce derjiier avait mis à sa disposition. La première impression portant le nom de ’Wolff est une traduction latine de la Politique et des Économiques d'Aristote, exéentée avec les caractères romains dti Virgile de 1 478, et qui fut terminée le janvier tiyo (1 4 des calendes de févner v. st.) pour le compte de Durand Gerlier, libraire,
demeurant rue des Mathurms, à l'enseigne de FEsmile Fanxyeau . Le secojid bwe, daté du 28 janvier de la meme année (5 des calendes de février), est le Recueil des Sermons prêches en latin par Robert Cara/zoh deLitio. Ce volume est exécuté à deux colonnes, avec une petite gothique d’à pane 8 points qm ne paraît pas avoir appartenu à Gering et qui 11’a été employée, à notre connaissance, que par Wolff. En voici l’alphabet :
oispan © sîti x
0bt&ef0fcihtmn0p<irjiirt«ip*p> i &b*ptf0^ïiîtfnpnprâm9fttfïip.pFFt>?flMïtQ'Qî ft c: * ^
Ce caractère offre beaucoup de ressemblance avec nu de ceux qui ont été employés quelque temps après par Gering, lors de son association avec Rem boit, mais les lettres majuscules ou capitales sont différentes.
96
HISTOIRE DE LJ IMPRIMERIE EN FRANCE
An milieu de la première page blanche, ou voit la marque au Pélican dEn- guilbert de Martiefi Le colophou porte que le livre a etc imprime avec le plus gn mdsom { acaminssimc) p a r A\vo Iff, à Pans, au S olàl 4 Ch de la rue de Sorbonne :
rarfvoîutï ncttibrrnarutRdoicl (nr fiipn t gnftutôto- *Jti «lefti ni <8 pal rfa vitra «(Tettliale pitmfffcû rortatnr auréola que Dttn ïnoctoit bus tu qnat^(mP|^oeet>eiai«)i- bnsftncfcüâ m fcrmotie oefsuu to petro marim. Cicereftacp poilu- itmaüld pfalmirte. 2Dagna eftflo ria eiim :ma^na v I i tp ïr eccfa mi lr tante mafoi m I cctia irfampbaRlt. D.oare i ortuenie ni' de i pfo i ferre poflUm* quoD oe patrie bêre
imla in fini vil a 1>leri* ftnfit. ôf mipi i'n4- tecfioniopi l'ont Dna t>i" tfnare f côceoere magie di# ri l u- nicampaulfcil ipr is^fcw: itacl fonetf ternart n # rtgum piirpu rajeuni ÿftt,. fins. Depieceirter go tort eenvl per ntcrila t*nti far eti bkitoa eflfcïat roo fua gra . fit tanuÉ ao yit4 i sauçai ef nà, Jtmen.
F 7 71 *J &
ÜJ^arlflÜni' ac ceteberrinn" pieco nte j^ntrïs Robertf <Tara30W oc ïfdivOJtnniffmmomm: ponlifi cio âqm'Ratfa :opnu oc lar mb^Tan cioinm apurai uïïme fer &\ oïgiü 'ITOOlLp. parfüfs in (oleaurto vtri Ib&ontcf lmpteiïum: Mn no a nataîCjpüano .ïD.ccct. Iftxit. fituitito lattoas fétu war tau.
OeoOratiflO.
Nous uc savons pas an juste dans quelles conditions Wolff travaillait aie i Soleil 4* Or, soit que ce fût à titre d'aide ou d'associé temporaire, soit qu'il ait simple- ment loué une partie du local avec le droit de se servir des caractères et des presses de Gering. Le bail de la maison passé avec la Sorbonne, dont nous avons donné copie (voir t. Ier, p. tjo-^3 ), fait mention d une galerie sur laquelle il sera fait un plancher et une cheminée, «afin que de ladicte galerie haulte 011 si misse servir de chambre ou petite salle». C’était peut-être là que \Mff s'était installé, et en ce cas il prenait la place que Higmau venait de quitter.
Quelque temps après, nous trouvons Wolff travaillant à une autre adresse, vueBordeile, dans la maison de Pierre de Cliasteai ipers {achïguum wcahuh gaUko au Chastcau Per s), près du collège de Boncourt [prope çolkgïum Boncv Curial) f
Cel immeuble étaii appelé le ClÛle&u Pers> Cest-â-dine le Ghîût'ü tu Bà'tfj du tiom dciiu de ses aiuiens propriétaires, et non de celui c^nne en seigne. Nous eti avons fa preuve d^pres un acic d çusaisincmeiil de lamaisoti voisin e t eu fyvn POr^ t|ui en fixe l' e 11 1 |i lacement, et dom voici un exilait:
« Du premier jour d’avril iiiic un11 ei irais. Vénc rallie et discrète personne Maislrc Pierre Caron t bachelier en lhcologie, mai s Ere du collège de Bon- cuiirt fondé a Paris. . . a esté mis en possession t sauf te us droits, d^ine maison ainsi vpt^ellese ce ni porie où ptnd pour enseigne le Lyon d'Gr, assise
ATELIER DF. GEORGES WOLFF
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Il y imprime les SophLwutta Albert! de Saxonht, dont voici le titre en deux lignes dnn caractère différai r de ceux du Soleil d* Or :
^optûfmata aiterti De ê>an> onia ttup ÿemeDateJmpieOa*
Louvrage, de former périt i ji -qnarto, est disposé à deux colonnes, comme les Smuones Rvbeni Cara^üli de Lino > er imprimé avec les mômes caractères. Il esr daté de 1490, sans indication de mois :
ponÊff$ noitlUfn pl atc rfoertl 10 to cb* eerl I ffeare rrtoetitg qripl! vcl i l -? fie endetta pce&iit t nid rn DC us fie «cl ïfietf: utf i nom itî b a pcrtl io:i1i m l>ac cblijil 6nc rnata toî c fit ccrtuo^ jbl a que fu pfici 1 1 C 01 cta fi drca iftaa qi tuoifpec k ea obi ijahom a.f.ïïn pencm roues t>c pfcm x pthonem pi a il igç afao' Ifltïff Ti b en q n ito fît di h ntofl c uv» al iao uuafl fptcice obi igati ou i e ,û toubital foncm d fil verum.
(ETCôpJetafül frptafmaU'.obUga tioue b ac i loi ub iïia itj utifîïm i vi rïJfàatiSlbertf toe&wcorctarurn nTamli'sêtfacmêtoal a.Opa BO^rf ©eûîffii vuotf ÆaMfi aparjfii a \ * pm. Bft fîgnü vocabulo jal Itro: au chafteaii pera jjpccoll Cflïn bouc c u rle.Enno Tlonatf tfi mo fup lOi UC' fimflquatcrtpcêl tfimnm*
GT£abul a fopbiTm aJdBI berti oc ©adonis. £1 pdnnopc pjiaparte.
OJabScftotebismo. 1.
omnfeftnijrrrt. ft
ûÉalal fini in arche noc. mû Ofaaprïtoelfâl touoDcrïm* fin. Edi vcriîbeft verrt er nôcftmfi vnuinaci vnfl b.tnrtquahïcmin cp b fi snif ic ni efft . alïtfnlfïcni eS c t ccomra.uamenalffiuïfcni ali^li l ce cift qrr b nonflfftilftcai ef. v* Ole afi nabote currtt. vi.
Oïa pc pf 1 a f rm ï pai c c. v il.
Jtnfuftî afinpboleoicrf| . vi 1 i . Olab5TClaftMpcurrft. tjt.
QmuùM>ptfi tio Vf I ci? etozi aï vera. j.
D^uboîetrfiïl afinfc vtf bolea % ifi nifiltafinf. n.
OJawaifaMa^pptonüt* riL Ûïflb3Tafiiï?currw. x\U
oéaïalïalùitoabiUofllimani' roali*. pu.
Cé vftilTtoeiÆ ftofal. rv. Dlaouoi Iriafâl quinq*.
O I a ïiG x cuo bolea fuu t m ea .r vu . OlatrôïaE ^bomofiiû jtüi.
OgririifîHpoHlbilcfLtveç. %i%, Oi alal ndïofotocl apftnr- t%* Ol $ bâ qn i È al b^fuml . tpi.
omne cita cu i1 quel j paca moue F: mfrudur. jjcm.
Ol 0 pïopô copalal l u a cm p<juci i bî pecltTera:^^a. rrhû
Omni 0 caméra que curri'l moue*
I UT. J JEfl'lï
Blal efofâ7ifïn?êllliî. j*v. Bnim il non en japi a z al nus rft i\ lnto. ^vi
O-uobbi a'ialfft f^tcazplalouj cftilltito. JJtTIÏ.
Ojioïïïï S a J al n £ tft fotf c a et p Wl 0 ntocrtilluto. avili,
aiiquiaboinoî Tquilitod bomoe il le. _ aij.
SI iqui a bomo cfl et n ull?bom 0 cfl flic. ja-
Ortintatoomo bnbcimcqtm3 ccjtat ilium. jjri
Ornma botrtb F animal: t ifitoilef l'IJuto* ,
Eli quoto eudci abi le è f al fJ: t ûl no nccio cft vemm * % wm i.
Ol a lx^ af: ï fn?afmpair; il .jtai mi Oleb3viDctft. xjtv.
O I a ji p^ cfl vera: vcl ei^ ^tof ctmi a cfl vera* Wjvl.
Otepwpde vera vcl ei^ptofeioita ellfaira. Knvti
Xlifcp iTtoi?:? l'Ttoçt. jcjtjviïû
lUfqîi'IlOïPOilaUapitof. ^ff- Xlfqp iTtq^fcil acitomelùfî* jl. tïlcr^ifloiumrcil fcplcjartcairf bcraica. jrii.
îliîceirto^ pu^tal vÉTlcatfejlll. Eb vtroq? Ulwrnnrnfki itum è ve rum. Fl I il .
■Ufqîrtlü9r«î?3vfafinJî* xlfiH. iCot^foil c a é minoi foîtC ♦ ?\v.
Eot?roctepïefffojtiff. jtîvf* rct^toiunejreftfahff. jItiï* zm Di n unctiaacflvera cm ? a ne
Wolff ne tarda pas à revenir an Soleil d' Or. En i 49 1 , il signe, dans cer ate- lier, deux aunes livres, le Gregoni Papa liber XI Homiluimm er les Ubri Salomouis,
h Parii en Ij rue tfe ia Porte Hordelkj tenant d'une parc du costc iTicdle pnne aia hoirs de te« de ChasteauperS et iTantre audit vendeur Maislre Jehan Dm Hmi)* abonilssant |^r derrière aux murs
du doz de l'église Madame Saiucie Geneviève an Moiit iie-Parisj en la censive tHeelle église . . . » f A rch i v es nat i o n a I es . Ertsjtsmetn en es Je Sdhite- Ga\e- i- lire j S 1 64$), fol. 93 v°.)
HISTOIRE DE ©IMPRIMERIE EN ERANCE
?»
qu'il imprime avec le gros caractère romain de Gering. (Voir les fac-similés* t. I", p. 96 et $y.)
Le 1 1 mai 1 45?^ (5 des ides), il date encore du Soleil d*Or un Bréviaire de l'Eglise de Paris* petit in-octavo à deux colonnes, pour lequel il se sert d un petit caractère gothique nouveau, qui reste dans le matériel de I atelier :
SfanieeMI larfâfujtta cm cem ff iï ob ti* pafltott? aolen
rj Cflbat maf » us
K& emei ïgcfrif mpfa Du penefetat rtli*-
/Ciipabm flÊmtlÈ ^triftâfÉT twUtr ptrSfiDfr «tarima Æî5 trifhc T afflirta ftilt Qla bRditta motenmigeiuri (ÊHnrmerchiti wtebatc très mcbût cû utdctial natf penaa
inclfti-
l&tiiaert borno quL nofltrrt cbifni ntatrê Tïflderct in tâte TappIiciP*
IfSrp petto tue eftlcuW it toj in fîaflÉÎltpfnbdiEfl.
GLdii fuUrmlci natû moi tété
fcefoUs vârmifiï fpm*
£pa maf forts am oii a me/ps tircwl rn «folia faevt tedi f u? gcurn-
^aorttnd^ «itîtÉÜfama? do trffrt (Ipf erpla«d
Sai maf iffèagaa mjdfui fige plà^ao ;>tdi tneovalidc* K ut ruhvuLrtcran i £ trtgnàiG tl.-piomepalipio n ~ peu au tuuide.
5 or mette teciï fier* mjriflto pdolert nonce eg^Ycrcr
nteeiüs Lsttemetplagaere*
eolete*
-f ac tn e plagîvülîitrari cracC bac incbilari ob amoté FUu*
!m defcnlua in de fodiril* *3[a c me ciuçe cuftwprl motte tpi pmimiTÎ?fatim£fa (Srfi cntp^imnit? fài aie tw ficturporadiflfif^îtm 7b. Zva lôi^aîamBtfaflfbitgïafl diti 0* r>. tli roîetcuf eje ïtftj coidf b^cijffitûtSfU eau*
IIRte miat pio oobw q9 bnenGCTlnboto îrnrcrm ap&foi demetfâ titâtiso ma ns rnsr1 tuaeuL^foctatirnma* ataj Lu fcoxipa ?atue i>ofo ria gtadiuaprïirinl&|iYÉm* (OrmnctK^patei ^?ro KJ om^a d coctemi FUi tui moue moîté rupaa-ÊdaraoU cendirexiDa fsmuïia tulÿtri bit (ftf ^avi bHdfcte mf is eiuf aofoïi e coido gladfo * ai maa ntealn rtobia meduLLit^ trSt figiùîeî <rucê clauoa en Lan ? ce* ^bcria c ârfa mf /Ferla oa? eitt noa goctfta ^£1^ in B ftadlo titi trtûpb tm ilo feii citer fïncnâdi*']&er efidé*
ÿu^ta cm«) tmi ftere me U* ^mp/lïï itifûa ad fol? auratff twi ter Codîr( in pîauctuwfi utcifoiboniei ©pa dero' mgtfvuoifî^id^ms Suno
^ irgo tfgJn a $clar$ mib* ia j bfi i iReu i gefitt io fciSo fuptfl ü fî? atu ara foe me U ' piâ '^ülelïir 'fi ^ qj «êLefïm u m
f aevf pot te tf ’fuoiié polTto?
Après l’impression de ce Bréviaire, Georges "Wolff quitte définitivement l'atelier du Soleil d’Or.
11 travaille ensuite pour Philippe P'gonchct et, le 20 octobre 1492, il imprime pour ce dernier, demeurant alors rue de la Harpe, près de l’église Samt -Côme et Saint-Damien, et pour Enguilbevt de Marnef, libraire rue Saint-Jacques, à l’enseigne du Pélican , près Saint-Yves, une édition des Comé- dies latines de Terence, avec le commentaire de Guy Jouveneau {a>m cota- mmtü Guïdonïs Jumuilîs]
^ En 1 4^3, nous trouvons Wblff rue Saint-Jacques, près de la prison de Saint-Benoît, h l’Image Sainte-Barbe, dans une petite maison occupée précé- demment par Wolfgang Hopyl.
Le 1 6 avril, d termine à cette adresse l'impression des Éthiques d'Aristote,
ATELIER DE GEORGES WOLFF
99
traduction latine d’Argyroponlos de Byâttice, revue par Gilles de Delft, doc- teur de Sorbonne :
Pcr orffum foriû Sciboirtcfï: Htqj linpidTiim per maçtrtrûiÉcoïgiïï ïËluolf lu fnterfïgnto fi cic Bat üare>2ltmo t?nt JÆ>accc.£cti[*FFl.Oic aplus*
Le 30 mai 1493» il achève, avec les memes caractères de 1 1 points et dans le même format, pour les frères de Marnef, éditeurs, l’impression d’un texte latin des Satires de Juvénal, sans commentaire.
Voici l’alphabet des caractères employés alors par \Pblff :
flbcdocfsbi U mn op^nfetuv^yî # ff <x ITlt Ib93d9é£ïb<>tl9m'ïn*ô,pE4tfq?3îr
tF ü \Pp C ) . ; i
Georges \foIff a fut usage tic la marque suivante, composée de son mono- gramme surmonte de la croix avec le signe de maître :
Une grande lettre tourneure G, initiale de son prénom, renferme les lettres W, O, L, F* placées de droite à gauche, en forme de triangle, qui forment son nom.
00
HISTOIRE DE L'IMPRIMER JE EN FRANCE
Pendant les années i4p4 et U95, Wolff est associé avec Jean-Philippe de JCreusnach.
Le zo avril iJp4, ils achèvent l'impression de la Snmmnla Pmtpemm de frère Adam, de l'ordre des Frères mineurs :
üeftapamjjnumeris primo defctiprafuerüt*
El teüïcotecûut pectine mufra dauid.
Eftopetepretium do armas nofeere cunctas;
Quas gerit îHe libei :nulla pudendâ ^anens,
Sumntula pauperib’ bfcuisiftadicatur egents Plurima canonicidcgmaiamrishabês.
Non uidco quod opus decraorum ltudiofis Vl ilius ualea r dogma re fore uir is ♦
Noneftiftius folum caputinfpicienduiru Cumtalx/et nentet tint in honore magis.
De milia doc tus uii débet dicere lege;
Ni to tam penitu s legerit ip fe prius.
Extractus gemino fuit hic ex codice codex*
Pt efens L c h appus multiplicauit op u s*
Matetias qp locis cunctas nonabfcp labore ApiisbüTeptempet capitelladedit.
Ota natatf repma tut nemoptophera.
Ptefermtqpuemsfepcpoetanouo.
Non ideo fcripnxm fpernas: <j> fît tib i no tus Sctfptor.opus proprium comprobatatttficé.
ImprefRï Parîfïî In fignofacte Barbare Vici fcilacobi.Opa G. V Volfdohimfqï de Ctuc^é' nach. /WdniAl.CCCCtXGIIL Die*XX, Aprïl
Wolff avait alors pour correcteur, dans son imprimerie, Jean Chappus ou Chapptiis, de Bourges.
A la fin de ce livre, se trouve une longue pièce de vers, ci-dessus repro- duite en fac-similé, dans laquelle on vante futilité de fourrage et les soins apportes à sa correction. On y lit ce passage :
P me ns J „ Chappus muhiplicavh opus.
Le mot nntlnplicavk y qui était alors synonyme A' impressir, comme on a pu le voir a la fin de certains livres sortis de l'atelier de Gtty Marchant (voir t. Ier, P1 3J?9)? Slgi:ilfi£ que Chappuis, ici présent au tirage du livre, a coopéré
ATELIER DE GEORGES WOLFF
LO
d'une certaine façon à son impression, cfest-â-dirc à ïa multiplication des exemplaires produits par la typographie. Le livre était imprimé avec 1111 très beau caractère romain de l t points, dont voici f alphabet :
ABCDEFGHIIMNOPQRSTVXS abcdcfghiklinnopqisftuxyj âb9pddcç&^rtnm,nn,ôpipp^q(|qqg?qt^ri i æffflceff ft
L édition est dédiée par Jean Chappuis à son ancien précepteur et com- patriote, maître Michel Symon. L'épître dédicatoire, en trois pages, est exé- cutée avec le petit caractère gothique du Bréviaire de Paris, imprimé par Wolff dans batelier de Gering. (Voir fac-similé, p. 98.)
L'association paraît avoir été rompue vers la fin de 1 4 5? 5 , car nous voyons Jean Philippe travailler setd à la même adresse de Sainte- Barbe, en 1496.
En l 497, maître Georges Wolff s'associe avec Thiclmau Kerver, deCoblentz, qui n était alors que libraire; il lui apporte son type romain, ainsi qu'un second de même famille, plus petit, de 9 points, dont voici le spécimen :
ABCDEFGHIKLMNOPQRSTVXZ
abcdefgbîhlinnopqrsftuvxyj àb'Vrptfè* &i mqn n,Ôpippp?qqqtjqKp
f iLït’tfü* ■: i j/OC aeffflCEffft
Les lettres de ces deux alphabets, copiées sur celles d'Ulrich Gering, sont d'une très grande netteté. Les livres imprimés par 1 association Wolff et Kervcr avec ccs nouveaux types romains sont remarquables par la régularité de ['im- pression et la beauté du tirage* Georges Volff paraît avoir gravé, pour son nouvel associé, les planches composant riüustration d'im livre d'heures a l'usage de Rome, qui parut au mois d octobre 1498.
La signature G. Wolf sc lit dans les quatre petites bordures du haut qui accompagnent les sujets suivants entourés de compartiments relatifs a la vie du Christ et des Saints : B Annonce de la naissance du Messie aux Bergers, la Bi- se matin n an Temple, la Descente dn Saint-Esprit, E Homme flagellé par le Diable .
t 02
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
La .scène principale de l' Annonce aux Bergen nous montre un groupe de pasteurs gardant leurs troupeaux. Un ange apparaît an ciel; if soutient une banderole contenant les premiers mots du cantique de gloire.
Dans un des compartiments de la marge principale, ou remarque le Christ couronné d'epînes; dans mi angle, la sibylle hellcspontîaque.
Dans la Présentation au Temple, la Vierge est agenouillée, Simeon contemple le Sauvcui, Joseph se tient dans une respectueuse attitude; plus loin, 1111c femme porte les deux tourterelles du sacrifice, offrande des pauvres.
Dans la grande marge, entre autres sujets, on voit sainte Véronique pré- sentant son voile avec la figure du Christ, une Descente de croix. La sibylle libyque a I angle, et saint Georges, patron de Volff . dans la petite marge.
ATELIER DE GEORGES WOLFF
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Voici la Descente du Saint- Esprit. Les disciples de Jésus, rassemblés avec fa Vierge le jour de la Pentecôte, cinquante jours après la Résurrection, voient paraître des langues de feu.
Parmi les sujets de la grande marge, on distingue saint Pierre, saint Paul et saint Laurent avec leurs attributs. Au Las, la sibylle I ici lespon fiaquc.
Terminons par E Homme flagellé par le Diable. Cette gravure est placée, comme les compositions précédentes, sous une arcature surbaissée de style flamboyant. Dans les compositions de la grande marge, on remarque Jésus monté sur un âne. Deux autres scènes nous montrent un homme pleurant sur le sort que le Christ avait prédit à la ville de dérusalem.
Georges Wolff fut élu procureur de la Nation germanique à l'Université
HISTOIRE DE L’IMPRIMERIE EN FRANCE
I 04
de Finis en 1490 (n, $t,) r, En 1494. il fut nommé receveur de ceire association > Par ses fonctions, il était en relations avec scs confrères Pierre Wagener ou Wagner, dit Cesaris, Simon Boitiger, dit Dolcnrom, et Jean Philippe, Voici le fac-similé de ses signatures comme procureur et comme receveur :
Bien que son nom soit orthographié le plus souvent Wolf ou Vuolff [t. I", ph 95-9^), nous avons cru, en dernier lieu, devoir adopter de préférence la forme Wour, donnée par ses signatures qui font foi,
H ne fuit pas confondre, comme l’ont fait la plupart des bibliographes, Georges \VbIff, de Baden, imprimeur a Paris, avec Nicolas Wolff, dit Lu pi, imprimeur a Lyon 2,
Ce dernier, originaire de Lutter, au duché de Brunswick, était imprimeur, graveur et fondeur de caractères. (Voir 1. Ier, p, 9^, noie 1.)
H Voici le |i ru ccs-i eri>:il île ses deux élections : Maili min uni vîgilia Sauciî Mailiei a|iosioli ei evaii’
& Ekctit Mftgistri Ge^rgii W ilff de B&dew, dteeesxs gclisle super n ori recopions eleciione. Iiatjnt elegii
Spyfl jvi'.i’ W? d 11 in il? \Ih\ striss n n T p 1 1 1 dpi s AiarcMeu i'j i i a $p i ri 1 1 1 s Su n cl i M agi s i r 1 1 ni G eorg i n n i Wo IfF
Gkmt me tenpms pdeniMth* — Anno do Badensem diocesis Spirensis qui fecii recelas ei
niiiii Millesimo t|iiRdiïngcn icsinio ocinagesimo impenses Ml inferins pielui. « 'Arcli ives de bUiii-
110 110 cçmgregata fiiii aji nd SancLnni Malurin uni vers! le. L)v\ e des rccet'mrs de ld Ad/uii gernidiiî<pie ,
Farisins \eneranda Àlemanoriim naiio |ireci|iue de 1 4p4 à 1530, fcb 1
siipei dnolins arliciilis, Priniimi Jnii siqicr n ori pro- ' I. es coiilinnaienrs de Berty uni cnn fondu H eiEraloriseleciion e am ai Liqni eu min naiion e- Qnoad comme plusieurs ;uilresH Georges ai ce Nicolas.
|i ri m jilacnii toie naiioni ad novi procnraloris Ils oui faii une erreur bien jilns grave en |ilaç;nu
eleciitnieni procedere, Frocessil iLiqne ei elecins Taielier de ^'olft il h Afaistnt des Rats, faisan 1
esi lia Spiriles Sancii n tiiiine réclamante , Magis- le coin seplenlriti i al de la rue du Foin, el en
lcr Gcorgius Wbllï de Baden, dioccsis Spirensi|||> disani que cel imprimeiii claîl eiabli auparavant
^rcliii es de [HDiiiversiié Registre des ciucfasb/us de dans le Cia lire Sjmil Beiitjîi diix 7~fah 7Tvm^iVj
id ger\\\d\\uf\\e ^ des années 147É à i4pz) d'tirgeut* Oesl Nicolas Vaultier, libraire, qui a
loi. 184 ei 1 — & An 110 ab in camatione Jesu demeure aux deux adresse.1! que nous inen lion nous
Clirisii sulraiüris uoslri noingesimo quanti siqira ici, el non U'olfb ' L/epopMe ^VmÏc/il' du Vhwx
Millcsimum quateique ceiiiesiniiuu veneranda Ale Paris; régir 11 cenliale de fUnircrsiié, p. \rj^\ naiïo tnii cou gregaia apud ouvrage ciié.
nmiorum
CHAPITRE XXVI
L’IMPRIMERIF À PARIS
ATELIER DE DENIS MESLIER (1490-1495)
La première demeure de Denis Mesiier et sa marque. — Ses deux livres d'heures. Changement d'adresse. — Ses autres publications.
Denis Mesïicr est un libraire- imprimeur dont les productions sont très rares et fort peu connues. H demeura d'aoord rue de la Harpe, au Pilier Vent dont il prit l'enseigne pour marque :
Des Heures de ïa Vierge à f usage de Rome f Hom Beata* Mariœ Vïrghùs ad usiim Romanum') sont le livre le plus ancien, avec date certaine, a son nom.
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L'IilHtiHE fri [ lÜAiLE-
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HISTOIRE DR L'IMPRIMERIE EN FRANCE
On lit à la fin du volume : Ces présentes Heures fureni achevées le xnf jour élu mois de février fan m. cccc. un xx et ix pour Denis Mcslkr, date correspondant au 1 3 février 1 4<?o (n. st.J.
Ces heures, de petit format, sont d'un style particulier. Les bordures, for- mées de fleurs, d'oiseaux et de feuillages, sont gravées sur cuivre en relief. On y retrouve les illustrations des premiers livres de Jea.n Du Pre, dont nous avons déjà présenté plusieurs spécimens. (Voir t. Ier, p. 254-257-)
Le livre a pu être imprimé par ce dernier pour le compte de Denis Mes lier, ou bien encore Du Pré lui a loué son materiel d illustration, comme cela se faisait alors entre confrères1.
M. Henri Stein cite mi exemplaire de la seconde partie des Qiiresnoues de Martin Le Maistre {Marùims Magistri), qui porte à la fin la marque de Denis Meslier. Le volume, imprimé en caractères romains, serait sorti des presses de Wolfgang Hopyl en octobre t4po2.
La Bibliothèque nationale possède des Heutes à l’usage de Bourges, impri- mées sur vélin, qui proviennent de la collection de feu Ambroisc-Firmin Didot, à la fin desquelles on trouve la mention suivante : O, prétextes Heures à F usage de Bourgh (sic) furent achevées le vu F jour du moys de may par Denis Meslier . L'année de la publication du livre n’est pas indiquée.
Le calendrier, qui commence en 1488 et va jusqu'en 1508* tic suffit pas pour en préciser la date. L’almanach, qui se trouve en tête des anciens livres d'heures, fut d'abord dressé en 1 /88 pour vingt années et reproduit sans changement pendant assez longtemps, de sorte qu’on ne peut déterminer d'une façon approximative la date de l'impression autrement que par le style
On ne connaît, jusqu'à présent, qu'un seul ! Dans fexem plaire signalé par M. Stein comme exemplaire de cette édition qui a été signalée pour se trouvant dans les collections île la Bibliothèque
la première fois dans [a deuxieme partie du Cata- nationale, on lit à la fin de la première partie, au
logue de la bibliuthèqne de lord Ash buruham , lien île l'achevé d'imprimer, mi nom de Hopyl,
vendue aux enchères à Londres, du 6 au 1 1 dé’ oetie m en lion qui lui a été substituée : Jmpressnm
cembre 1 par AI M. Sotheby, Wilkinson ei per Dnraudimi Gerkr}. Henri Stein. L'Alelier type- Hixfge. Ce précieux volume, annoncé sous le grapfùqne de Wdjgem* tiepyl, h Paris f p. i 6; on
ii4 2023, est dêcrii connue renfermant quinze vrage cilê.) Or ou sait pci tiueinment que Dman d
grandes figures et un grand nombre d'autres petites Gerlier n'a jamais été imprimeur, mais simplement
d'un style remarquable (ef a remarkabie charmer). libraire-éditeur. C'est une preuve de la facilité avec
Il commence par la figure de I h oui me anatomique, laquelle on donnait le titre dJi;n primeur à ceux
au verso dnqtid est place I almanach pour vingt ans, qui n’avaieii t d'antte choit à cette qualification que
de 1 4 S S ?i 1508. Bien que le livre fiît incomplet, celtti de payer les frais d'impression d'un livre. Tel
il a été vendu un prix fort élevé. est le cas, notamment pour Antoine Vérard.
ATELIER DE DENIS MESLIER
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des illustrations. Nous croyons néanmoins cj ne l'édition a dû paraître vers i4ÿi ou 1492.
Les Heures de Bourges, au nom de Denis Mes! 1er, sont d'un style archaïque peu ordinaire et méritent l’attention des curieux. On y trouve quatorze figures généralement bien composées, occupant les deux tiers de la page, La dou- zième planche représente Us Trois Morts et Us Trois Vifs :
La scène, généralement figurée en deux planches se faisant suite et placées Tune en face de f autre dans la plupart des autres livres d'heures, est ici repro- duite en une seule composition homogène, gravée sur ïa même planche. C'est ainsi qu'elle est représentée dans une des éditions en petit format des plus anciennes Heures éditées par Jean Du Pré, sur laquelle elle semble avoir été copiée en partie, sauf quelques détails dans la perspective, particuliers
U-
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HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
à l'artiste qui a dessiné l'illustration des Heures de Bourges. Nous donnons ci-après les fiic-similés de deux pages décos Heures avec leurs bordures. Lime d'elles représente U Apparition aux Bergm ;
Les bordures entourant chaque page paraissent avoir été gravées sur cuivre en relief, tant elles sont bien exécutées, dit Brunet ’. Elles offrent des figures do religieux, de religieuses et d'autres personnages des deux sexes et aussi quelques sujets de l'Histoire sainte. Les physionomies des personnages sont remarquables par leur expression.
Dans l'autre page, le roi H érode, à cheval, à ia tête de ses soldats, le visage courroucé, ordonne le Massacre des Innocents.
Adamtel du libraire, t. V, col. 1 66 y f 3 3 5 > ouvrage cité.
ATELIER DE DENIS MESLIER
Au fond, on voir la Fuite en Égypte, Dans un chemin creux, la Vierge, montée sur un âne, tient dans ses bras l’Enfant Jésus, tandis que Joseph, son mari, suit à pied et porte sur le dos le léger bagage de la famille :
Le 15 novembre 1 49 L Mesliev imprima un volume petit in-quarto, La Destruction de Jérusalem et la Mort de Pilate f dont voici l’ achevé d'imprimer :
fmffï rt piefcnf fmictit mrifufefrt befftuett ot) de ifytrufahtt) famoit be ptfafcjmprimc a parie partKntemcfFierffemourantcrç fa tue be fa 0ctpe a fen feigne ffu ptffe be noucm&K. laïj
mu,(|uatm<te quatre Smgj etonje*
Aucune autre des éditions de Denis Meslier, que nous avons pu découvrir, n est datée.
1 ÏO
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Denis Meslier a imprimé le roman de chevalerie de Paris et Vienne, avec figure sur Lois sur le titre :
Canseflitetine
Le seul exemplaire que nous en connaissons fait partie de la bibliothèque du Musée Condé, à Chantilly, et provient de la collection de Richard Heber, bibliophile anglais. La figure d'un chevalier et de sa dame, qui se voit sur le titre, est répétée au verso. U y a encore d'autres illustrations d'un caractère naïf placées au milieu du texte imprimé. En voici un spécimen :
fT Comment paria vint veofr vienne ch lapaifoh tî tournent
ellelmcongnettf*
ATELIER DE DENIS ME S LIE R
I ! E
Le volume est à l’adresse de la nie de la Harpe ci à l’enseigne du Pilier Vert. A la dernière page, Denis Meslicr csi positivement qualifié d’imprimeur ;
C Cf finlft Irftoire ou vaillant * noblcebeualier pi rfecroe la belle vienne fille ou oaulpbin oeviêno jb ampiime a parte en fa rue oe la berpea le nfeigneoti pille vert par ©enir meflter Jmpilmeur*
Mcslier change ensuite de demeure. h s installe rue Sami-Jacqu.es, à 1 en- soigne des Trois Pigeons. 11 avait conservé la marque du Pilier Vert, qu’il mettait sur ses livres. Cette marque était encore intacte en novembre U?'. lorsqu’il imprimait la Destruction de Jérusalem.
Après ccite date, elle esi fêlée dans le sens longitudinal. On la irouve dans cct état sur le titre de la vie de saint Fabien ei saint Sébastien :
CjEa trie ^aint fabi'en
tt&fnffrtafttoi
-y gbafHenfu t wtg bSme trtfcbîefH pi en oe lignage oenarbone (51 fut _ -J ftampbeblodca^ etmapmlÊ cm .pereur® quiljluy bûiîlcrcnt la feigucu/ rtc oc la pnuereppaignieoc® cbcualter® et^urtcmanoerenftoufioureadtreOe/
I uê t eu ]p jg t c eflu]p pond t ta n r fe u 1 1 m ê t lemâreloelacbeualerfe/affinqufl peuft .conforter te® eme®oee tbicftfcne quil
1 ^ Jlfveoft oeffoillfr c® tourmen® (2t fi corne
jee benoitjet rtefnobk® bommee marccllfen cr marc frere® eftcienr lugesaeftre oecolleî pour iefu cbilft* leur® parensvfnorenta euljtpourle® citer oe leur® bS ptopo® et la vint leur mere lea cbeueulr oefrépuj îles
veltemcnaoctfiVcï et leur môltroirfc® mamelles leur
oifolt Jbaba ^efooulxftlî onquearetle malleurete ne eouint afcmtne comme amoj> ne pleur fifort afouffrir* Italie tbetlueie per® me® fftj qultfoft fila mort oc leur grc Iciquelj feelnenra le®meofêM3ta foiceiele® fup noie parmp la bataille fils fufrftencoiesenla tbartre (e tarôprope oeulfeiemourir celtvne madère nouuelle &e mou riripar la qlle la leu nefTeoe roee fil* clt perou c oc leur grc en la 4lle-lc® bourreauïjt f ont pdej qull* fi crcnteroeflTïremeltreperlbeïlamoireft aomoncltce oevenlrceftooncuouueauplear ettiouuellernaleurete parquop la ieunefle oe me® filjeit perouc oc leur gr« pareillement lavlellefle mileruble oe® paretmdt rôtrai ctef vfurc.lEtiteômela mm olfolîte lepere qui cftoit andcnfuramcneparfcsfcruCtcuro fon ebief arroufic oepouore oîfant telles parollc® au rfel^efü^mnu B mesfilïflllâsala mortocleurgrepourofrc moult oe cb ica: iCar ccquefauofe appareille pour ma fepultu re conu i en r il que iemalcureuj:oefpcnüeen la fepultu re oe me® fil* 0 fllj bâton oc ma vlellelTe.cîfaooublc lumicrcoe me: entraUk®;pourqBoj> armes vous tant
a:
Fui tête de la première page de texte, on voit une petite figure du martyre dç saint Sébastien-
I I %
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Voici la fin du livre et l'achevé d’imprimer avec la nouvelle adresse de Den is Meslicr, rue Saint-Jacques, à l’enseigne des Trois Pigeons :
Be feint ftKMfïien anfttnm (bic t (l wrc non fz qui ùiocbiUH nornfne fenguf ne? ruuPtfuDltqufmlnaatuWfum non timuft net ter rené oignitatfagfadanquenuH ft&aDcddWa régna fcifci ter penienH-^iSJoïiaftbono^coîonameunioomine jp l nftftitiîM euro Aipct opéra manu u m tua ritift-
- . mmk
■ nfimitotmnoftrmwfyict omropotene oe* r^-etiqufa ponDiia piop lit action fa grauat bcatf fabfanfmartpifatulatqjpontifïcfa fn ter ccfTto gtosio fatiofirpwi ïaPî>^cbrtftum
£y tint ta vie tje fafnt fabfeni cl fa fat fabaftfen fmprfmcc 0 parts par oenfa m eü 1er oeroouranren fa rue fafnt faqura a lcrt fefane Dca tropo PPtona-i
Denis Meslier a imprimé une pièce en vers intitulée : La Vie er Légende de saina Futcre en Brie t patron des jardiniers :
CSenfmYfr SfecffegenfcfDe (ami fiatvtttjtinu
C^oufain/itüfmne fafafet iffruft 5ea perte poutine a %ûia Üu centre Du fofdf qui fupf peneftaEutemcnfeiifn;
Renoua fioufonefatfusaffet J3Du "paiifnic 5e pars &te ïeefaihcÇnemDeutme appeffet &t fupute feura fattft tt feureDitfôi cpoutfanteffcd)o(eDecente fainrç De paraDtc tongnmfïre &t feutooeuum £ac ccfï fa faute ©uenoueptufccnparaDte m rtte Stmefutâ'Soufu entremettre iBî) ttfanneur De fatrinlte foc Défaut fa par mettre
foungfafacr Devront quêtante Cefftu famet flatte eft nomme ÏDeDieu itonfetfeuretÇctmfte frefgtoucuÿ et renomme mme fa fegenD t reri te tant e/ï De fut gran t f e mérita ffluepouc feDefcrite Du tout tante/ï ma faeu eeperi t IQuÆminttç feauropeaffout fl^atôamoÿ/ïmpfe enfenbmtent
âiifrtmemenf eij parfecr
tatotfôue fpfiuo pmptdaee f&fltaglM ft>er Dorotnurçno/fcun},
CpfintfffaÇteeffegfitDe Defaftttf fiacre en 0tpe*jfmpirinec a parie par De nie meffter;
ATELIER DE DENIS MESLIER
3
On connaît encore une autre vie de sainte, en prose, sortie des memes presses : La Vk de Madame sainte Geneviève t patronne de Paris, Cest un format petit in-quarto comme ceux que nous venons de citer,
La Bibliothèque Mazarine possède une édition du poème De Contmpm Mmtdi, attribué à saint Bernard, avec ia marque de Denis Mcslier sur le titre, La planche porte les traces de ia brisure que nous avons signalée plus haut, Nous reproduisons ci-dessous la première page de texte de ce poème :
ïtffec
Hrtufa ttt g fffii mSSat Éîtfttfe fafutcf ptuira5ibceiei0i,fjn3mcaffâarcfufcô ÏDufdafuîittik/bfflfiaqucfiei manfïo $ebp:oftïfm1mtm(ï fentes ffte ogftîTo flDue meaSetOanuniSf tunofifatbmScnfo iTorffteîftiire fonenf et (tctcfiïtfwmcmenfo ÏDf fi0i grande Ûmûnofiti momt9opmntur peeqj ffti bontïtifii ccficaregnaparenfur £0enfi ficctepofpf fjetflafla pfoccrc 0octt« ofïenftttquotnübigfoitflUnWt
# I Jt} «0ue mtmji <ï caufft bit ç eimSï
quie amat p prç mflfîfl ti0 btfigif ifïnnj ^ef? quafi fttozttt} fpernens \ t ftue tuitoïc»? tëftîmat o0fenfl qff miïbtiettef? atamenü /ï£oftw) StfcfcftqqutÇioîficntfcfcit ÏDitatfettenâïîeciiG ÎCmûifafeEcnaitwj âfîkrtoqj foiie femo omtafie amotie Sbrcgtm^ reSfufpirflt mente fffiei jfamq^ fïS'c pfena paraît fîfprtflt amena 'fcixq uoq^ fvû ter if a <arm s œ ni agi a $ita EfpfaccGrrtfïûmtmDo buty Suite ujtfïo JQeefi0t /intente tceaffnkÇifiinjreDiture ^Duectfofa0nnturm(ignoqjfft0attpeftUiit jUccmfl feterte quta fozfSL tme mouette ünffuetatt) foiftôcuipaccanfîiTiaifftmotde pet mifKfoitÊ poterie SepefTere motHtfy jCur caco fefafucqiua flermte tfca patafttt Jlîuïicfoaiôefï ffenSufocue c|ïp errata fticn b f
ait.
On y remarque une petite lettre ornée, assez originale, sur fond criblé. Il y a encore d'autres lettres de même genre. En voici le fac-similé :
Le volume 11e renferme pas i alphabet entier; nous 11 "avons pu trouver les autres lettres parmi les impressions que nous connaissons de Denis Meslier,
ji.
1 5
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
j 1 4
Le caractère dont Mcslier s'est servi pour ce volume est une bâtarde de i i points. Cest la même que celle du volume de Lu Destruction 4e Jérusalem , daté de 149c et de Lu Vie et légende de salue £ Fiacre. En voici I "alphabet :
aÆîDiM© j 0? ï n
aâc&ffefgÇifmiftti rjGpqnefttJÏÏjpj^ ff ff fl
a6*£eMii6flg;pf>!’Q4q’ÿf*â
Nous n'avons pas trouvé une seule lettre B capitale dans ces deux volumes, maïs on peut voir cette lettre dans une partie de page des Heures a F usage de Bourges > qui nous paraît être exécutée avec les mêmes types. (Voir p. 109.)
Ce caractère ressemble, à s'y tromper, au deuxième alphabet de bâtarde de Pierre Le Caron. (Voir fac-similé, p. 91.) Il n y a de différence appréciable à l'oeil que dans ia lettre majuscule I, qui est differente, et a par-devant un long trait qui n'existe pas che7 Mcsiier; la capitale C est aussi pins renversée en arrière die/ ce dernier, et (e plein supérieur un peu plus long en avant. Il y a encore quelques légères différences presque imperceptibles dans d'autres lettres et dans les signes abréviatifs.
Nous attribuons à Denis Meshçr j édition du Testament de Villon t dont nous donnons ci-dessous la fin avec I achevé' ^imprimer :
jTf ftnffïfe çtanf tîfamtrt ma& ffcr/TmcopBftffoi) ^ûrf coùtdffe/ ctfee fiaffoS ee:i 4 iargo^ tBt fc pef if t î flamtnf Jmpilme a pmm
Cette édition, dont 011 11e connaissait pas encore ['imprimeur* est composée avec les caractères dont nous venons d'indiquer les particularités. Elle a passé, jusqu'à ce jour, pour être la première de Villon; mais, étant donné que Meslier n'a commencé à exercer quen 1490* elle ne saurait être antérieure à celle de Pierre Levet, datée de 1 4 8^ 1 . (Voir t. Ier, p. 439-441.)
Cette édition était considérée comme la pins an tienne par l'abbé Prmiips.mlt., ['éditeur de Villon . Ou 11 en tonimssair, jusqu'à ces derniers temps, qu'un seul exemplaire t celui de b Bibliothèque nationale* dans le recueil ente V 44°4 (Réserve).
Un second exemplaire bit partie de b bibliothèque Rothschild. H est déenr dans le catalogue rédigé par M. Émile J^icor (l. Ier* p. 256-2^7, 11 ° ^50 }. C'est un petit in-quarto de feuillets, dont les pages les pins pleines colportent 25 lignes.
ATELIER DE DENIS MESLIER n;
Le titre, que nous reproduisons ci-après en fac-similé avec La première page, débute par une grande initiale L calligraphique, en traits de plume enchevêtrés, avec muscarons et têtes de dragons fantastiques. Cette lettre a été copiée, en 1495, par un imprimeur du nom de Guillaume Mignart, demeurant rue Saint-Martin, qui s*en est servi en téie des Complaintes et enseignements de François Guérin , marchant de Lyon , et par Étienne Jehan not qui fa employée pour L! Oreloge de dévotion, de Jean Quentin,
Cprômence fegwttf codtriftV (Ueffamfr maffïre frfitüfBSiffiî
iérffüt) de moi) fttnftefmeaage ffiue toutcemca^onftôteii^eiieB fie du tout fof enroi m faige /loi) oBfïant mûmfeepemesfues 2 efqueffeafap toutes tfteueo ^üuffjfa maci) ffjtfiauft Ûûn/ftgnp âe euefque tf eff feignant fes tues fflSutfüiffemteijtefetegnp
fi©on feignait neff ne mdcucfquc Sou05 fui ne tien» ftf neft eij fdtge ^iop ne fut dofôandmagc auetque Je ne fut o fa ij «efne fa eifrtje fDeu ma Ûurtepetife m\t§z Æfde frütûe eaue tout Sng efïe 2atgeou cfïtoftmouftmc futacÿc ^cf fut fût t dieu qutf ma efïe
Æf far mnj meSüufüitt*pîend:e gt, dite que te fe mauf dis flot) faiefe 0terj fe [ïetenten&ze &t) xitr) de fui te ne mefdte Suoicp tout f e ma f que tel] die Sif ma efïe mifcckoiô
a,it
Parmi les antres impressions de Denis Meslier non encore identifiées jus- quicij nous citerons Le Débat de deux bous serviteurs', qui a cette grande lettre du Testament de Villon > et Le Débat du Vieux et du Jeune L Sur le titre de cette dernière pièce on voit [a figure de Paris et Vienne (voir p, 1 10), légèrement ébréchée dans le filet du bas, La marque de Meslier, fendillée comme dans La Vie de saint Fabien , se trouve sur une édition non citée des Rues et Eglises de Paris arec la despence qîù si fait chacun jour, dont un exemplaire est conservé à
lon/tk pétition CüMallc-Jpemrgoii fialaûes.
Catalogue Je Li bibliothèque Rothschild, t. 1 1 il ha 2.587, — Idem, l, HT, n° 2588.
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HISTOIRE DE L IMPRIMERIE EN FRANCE
la Bibliothèque royale de Dresde. Comme son confrère Le ( aron, Meslier a imprimé des pièces Yoiam.es et des relations du temps que Ton identifiera tôt on tard. Outre le caractère de bâtarde dom nous avons donne ci-dessus le spécimen, cet imprimeur a fait usage d’un type gothique d un œil assez large de i o points j avec lequel il a exécuté le roman de Paris et Vienne et ensuite La Vie de saint Sebastien, Nous en donnons l’alphabet ci-dessous :
abcDCfGfoitmnopqrzôftuVïpî * : t C
La maison du Pilier Vert, rue de la Harpe, dans laquelle Denis Meslier avait établi son premier atelier, était près de la rue des Deux- Portes ] . Celle des Trois Pigeons t rue Saint -Jacques, où il vint en su il e, se trouvait presque au coin de la rue du Cimetière- Saint -Ben oit, près du collège de Cambrai'.
Il ne nous a pas été possible de fixer d’une manière exacte l’exercice de cet imprimeur. Nous n’avons que les daies de 1490 et [4pl Slir deux de ses livres. Il a certainement exercé après 149 U mais nous ne croyons pas qu’il ait dépassé les années i4p4 ou l4p$- Ses caractères de bâtarde passent, en 1499, chez Nicole de La Barre.
’ Les couiinuatcnrs île Beriy nous dorment les renseignements suivants : « Ma\sm du Pilier Vcrd, ayant du, selon foute apparence, foire aussi partie de pourpris de l'H&el dePürej^ ; elle avait h peuplés au- tant de profondeur que la Nef d* Argent et le jardin qui la continuait. . . » Deux notes recueillies par Berty et perdues dans ses papiers soni ainsi conçues: k Trois corps d’host'd, deux de va ut et un derrière: k Pilier l^erd. Le Pilier Vérdf lenant d’une part h Grégoire, d’autre part a René Perrin, aboutissant â Gilles de Berty. . . * La NefrPÀvgeut dm a sa position d’angle d’être bâtie ayant les autres et détachée du ponrpm de P Hkd de F&re^ ei toutes les maisons cor. prises enire k rue des Deux Portes el le cimetière des Juifs, ei ayant leur façade sur la rue de la Harpe, ont pnur origine [e lotissement
des terrains de l’Jiûtel. ( Tepegrap/Àe histûtiq ue du Vieirx Paris. Région occidentale de l’Université, p. 4°4; ouvrage cité.)
La maison des Trais Pige&us v. doil être la même que celle des Treis Ceukus. Elle s’appelait la ALaisan aux Trois Coi\kns en 1320, et fa Addisan du Cn i/tn en 1380. Pour celui qui remontait la rue, elle était la troisième avant la maison faisant le coin septentrional de la rue du Ci meliëre- Saint- Benoît, dans laquelle elle aboutissait. Elle fermait la limite du collège de Cambrai, leuait vers le nord à la maison de la Hausse- Gilet A et vers le sud à k maison de PHbtel de P Etoile ou de la Couture. » V. Berty. ALaiseus les faxuewx tuiprhueurs t dans ï1 Annuaire  1 Bibliophile } de L. La cour, auuée 1 86 1 , p. 1181 1 9
CHAPITRE XXVII
L’IMPRIMERIE À PARIS
ATELIER DU PETIT LAURENS (1490-1 500)
Première1; impressions du Petit Laurens datées. — Ses livres illusirés. — V Ordhiayre des Cresiietts.
■ — La Danse macabre hyslorUe. — La Nef des Folles. — Ses autres publications. — Le Roman de la Rose. - — Rareté des productions de cet imprimeur. — Sa marque et sa devise.
Le Petit Laurens n'a pas signé de livres avant 1 4 5? 1 > Ü a peut-être com- mencé un peu auparavant, mais nous n'en avons pas de preuve absolument certaine. Voici sa marque d'imprimeur, qu'on voit sur le titre de LOrdhuiyre des Cmtkns, qu’il a exécuté pour François Régnault :
.Æoîûmapre Des aeîtiem
pont jjtmçop icgnwiEt
Le Petit Laurens a publié une édition in-quarto des Chroniques des Rois de France t datée du icr décembre i^is et il imprima ensuite, le 20 mars 1 4^9 1
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
f f8
(i 4p2i n. .st.), Le Del? m du religieux, er de domine mondain, pièce en vers de i 2 feuillets. Presque tous les livres qui sont sortis de ses presses sont des [ivres français, dont plusieurs ont des figures sur bois; mais, de même que T reperd et plusieurs autres, il ne fes a point datés, de sorte qu d n est pas possible d’en dresser la chronologie exacte.
Lé Ordinayre des Cresàeus , dont nous venons de donner le titre à la page pre- cedente, est un livre illustré. La plupart des gravures sont ies memes que celles qui avaient déjà paru dans U An de bien livre ci de bien mourir, publié par Verard en i4p2; d'autres en sont des copies ou des réductions, comme celles des Apôtres reproduite ei-dessous, et du Sacrement de Baptême. (Voir p. 120.)
Lllhistratron la plus remarquable de ce volume est une grande planche, qui se trouve vers la fin, représentant la Cour céleste. Ce sujet avait déjà été traité dans I édition de Verard, an chapitre final des Joycs de Paradis; le dessi- nateur s’en est évidemment inspiré, niais ce 11 est pas une copie servile. La composition artistique vi le groupement des figures sont differents; les per- sonnages sont pins nombreux et leurs attitudes ne sont pas les mêmes.
Cette planche, qui peut soutenir la comparaison avec l'original, est signée d'un monogramme de graveur dans le fut de soubassement des colonnes, ci droite et à gauche.
La meme planche reparut, en 14991 chez de La Barre, dans La Légende dorée, puis chez Hopyl, dans le même livre imprime en flamand, à Paris,
ATELIER DU PETIT LAURENS l}1
en 1505, Auparavant, elle était passée à Lyon chez Jean de Vingle, dans une autre Légende dorce du 20 juillet 1 4 97. Elle reparaît encore en 1529, chez Josse Bade, dans l 'Encominm Trii/m Alnnarnni. En voici le fac-similé :
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HISTOIRE DE L’IMFRfMERfE EN FRANCE
Le Périr Laurens a utilisé, pour l'encadrement de ses pages, des bordures de diverses provenances, tirées notamment des livres d'heures de Du Pré et de Vérard, et jointes bout à bout, comme on peut le voir dans l'illustration qui suit représentant le Sacnmenr de Baptême :
On remarque les memes combinaisons d ornementation autour des deux planches de la Mort et Rêmnrction du Chrétien t
ATELIER DU PETIT LA U R EN S
l 2 T
Ces deux planches reparaîtront» sans leurs bordures» dans deux autres livres sans date» signes du Peiit Lanreus : La Dame aux Aveugles, de Pierre Michault, et IJ Introduction an sacrement de Pénitence.
Ce dernier ouvrage est la traduction française de \* Erndkorium penhentiale que nous avons attribué à Antoine Caillant. (Voir L Ier, p. 320,) On y retrouve les bois qui illustraient ! édition latine» ainsi que la planche du roi assistant à la messe qui figure dans Le Livre de honnir meurs, imprimé par Caillant en 1487, (Voir fac similé» L 1er» p. 307.)
A le Petit Laureus po ressemble exactement
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HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
Pierre Levet paraît setrc servi le premier. II n en diffère que par une seule lettre, FI majuscule, qui u’est pas le même, ainsi qu’on peut le constater d apres le fac-similé suivant de Fadicvé d’imprimer :
■TpySrçfip tmffïptlf? feinte (i îiii*apefec5m^emc(Pffwnfii«
1 1 fcfmgSr,jSffm)mliraccc,foiyarifEffiy.fey^tLjoiitSeffl(ipapg
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notifflÏTnte w'é btie ififlbûi c# culofa.fl-tbi.iff. ©enkt quale liôfuftcFtfitjcquo
genres effecrpcïi
vfcpadJ^oiilud. t>af).ttt.3Q?uiaff5t vocail paucf vero dccK.ZPaib*ff*C
jÇimftfe FimxnSmcfojSmaiteScef^cfïtcnenouucffeiiimf 0pfïoiie+3mpilmc a patte patfcpefif ïautene;poiîtftan cope tegnaufffifiïaiuSeinoutSfflHSifpatteeqfattiefaïf Jaqiieeafptna^cfamtfifawSfp
Parmi les éditions illustrées sorties des presses du Petit Laurcns, nous men- tionnerons, eu première ligne, une édition petit in-folio de La Danse macabre hhfrmce, dont le seul exemplaire connu se trouve à la bibliothèque de la ville de Poitiers. Il est sans date; mais, ainsi que nous l’établirons tout à Fheure, il est postérieur à l’année 1 4<?4-
On y trouve vingt-deux scènes, comme dans la dernière édition de Lv Danse Macabre imprimée par Guy Marchant. À première vue, les illustrations paraissent être les memes; mais, en y regardant de ires prés et eu les com- parant entre elles, on s’aperçoit que ce sont des planches differentes1, en tout cas celles du Petit Laurcns sont d’excellentes copies.
Les planches nom pas tout à Elit les memes dimensions. Il y a une diffé- rence de 5 a 6 millimètres, tant en hauteur qu’en largeur, dans la planche qui représente l’auteur assis dans une chaise gothique.
Les détails, tout en restant les memes, sont légèrement agrandis dans le
ATELIER DU PETIT LA U lî EN S
dessin de l'édition qui est an nom du Peut Laurens; les différences se per- çoivent dans les accessoires, tels que les livres posés sur le pupitre ic plus élevé de droite * qui ne sont pas dessinés de la même minière, et dans la balustrade supérieure de la chaire et du pupitre faisant face a fauteur, dont les petits chapiteaux paraissent ici sur fond noir, tandis qu'ils sont ajourés dans la planche de Guy Marchant. (Voir fac-similé, t. Ier, p. 338.)
Les traits des physionomies de fauteur et de fange qui déroule le ruban du philactère, au-dessus de la tète et du pupitre de fauteur, ne se ressemblent pas. Le milieu de cette handcroHc est vidc^ dans 1 édition de Guy Marchant, elle est remplie par deux vers latins :
Pour la première planche de la Danse, qui représente le Pape et P Empereur, f écart ifest que de 1 millimètre de hauteur en plus et de 4 en largeur Les différences sont presque imperceptibles.
HISTOIRE DE L'IMPRIMERIE EN FRANCE
À gauche, la figure grimaçante de la Mort qui entraîne le Pape n est pas [a meme, ( Voir fac-simiîe, t, I", p. 34°-)
toaÇ* ccr(aqiiï§cttj:^ffft((ftC fffa ^ûmotrqtilSamrijqiioSf^emrpaSefdmaïl,
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J&aty pape 0oue commence ree Jeneftous faitay p ae 9c rriere.
iLomme fe pfne Signe feignent jôoue ne pouce pfue feignent»
Gn ce point fionuoiee feree Jemmeyne tout ce fï mamaniett
Su granf mai /F reefî ©eu fonrtcur ÿce fit} a Sanj fauft tous mourir
Æcpape ^empereur
Jfya fauft if que fa Qanfemayne lenefcapÔeuanf qtriidppefTe,
Æe premier qui fuie ©ieu en texte ©e fa moif quanfi me Semenc
0ap en ©ignife fouucraine Srmerme fauft ©e pic ©epefft
G V fcgfi fe comme faint piette Cf ©ttnfinfeuf.ee me fi grartf peine»
Cf c3me autre moif m e 0tenf qu erre ^mrtouaaj> eu gran Scu r m onSajne Cncaiee mourir ne cniSaffe Cf mode me fauft pour f ouf g âge
£0aisfa mo:f a foqe m aine guerre ÈDueffe ©ece mo:fef©ommaine- pcuSauff^onneurqaififo^paffe ^eegranencfonfpaeSauanfaige
ai//
Celle de droite ressemble davantage à l'original